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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Le soul&#232;vement au Chili
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		<dc:date>2019-12-10T22:11:23Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Chili
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		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis le 18 octobre 2019&lt;/strong&gt;, les manifestations massives ont fait basculer le Chili dans une situation in&#233;dite aux allures de soul&#232;vement. Tout a commenc&#233; avec une augmentation d&#233;risoire du ticket de m&#233;tro. Une augmentation de trop. En passant &#224; 850 pesos c'est toute une accumulation d'injustices dans une soci&#233;t&#233; marqu&#233;e par les in&#233;galit&#233;s sociales qui s'est cristallis&#233;e. &lt;span class=&#034;a&#034;&gt; (...)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Chili-+" rel="tag"&gt;Chili
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cet article a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; &#224; partir de rencontres avec des militants chiliens en Europe et leurs r&#233;seaux au pays, suite &#224; des &#233;changes avec des groupes trotskistes &#224; Santiago, Valpara&#237;so et Concepci&#243;n, et un certain nombre de militants r&#233;volutionnaires ou libertaires isol&#233;s ou non affili&#233;s. Les informations &#233;chang&#233;es ont &#233;t&#233; recoup&#233;es par des militants chiliens qui ont milit&#233; sans discontinuer sous la dictature jusqu'&#224; aujourd'hui. Leur recul et leur exp&#233;rience ont permis de riches discussions sur la situation et de r&#233;diger au fil des jours les comptes-rendus qui suivent.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis le 18 octobre 2019&lt;/strong&gt;, les manifestations massives ont fait basculer le Chili dans une situation in&#233;dite aux allures de soul&#232;vement. Tout a commenc&#233; avec une augmentation d&#233;risoire du ticket de m&#233;tro. Une augmentation de trop. En passant &#224; 850 pesos c'est toute une accumulation d'injustices dans une soci&#233;t&#233; marqu&#233;e par les in&#233;galit&#233;s sociales qui s'est cristallis&#233;e. Le m&#233;tro de Santiago est le plus important d'Am&#233;rique latine avec ses 147 kilom&#232;tres de r&#233;seau. Il transporte pr&#232;s de trois millions de voyageurs par jour dans cette capitale de plus de neuf millions d'habitants. Ce vendredi 18 octobre les lyc&#233;ens ont lanc&#233; la mobilisation, reconnaissables entre tous avec leurs uniformes noirs et blancs. Autour de leurs bastions comme l'&lt;em&gt;Instituto Nacional,&lt;/em&gt; ils ont lanc&#233; une op&#233;ration de fraude massive en for&#231;ant les barri&#232;res de p&#233;age entra&#238;nant les voyageurs et d&#233;bordant par leur nombre la police du m&#233;tro. Ce furent ensuite des blocages de stations enti&#232;res, et des attaques de rames de m&#233;tro vides suivies d'incendies. Tr&#232;s vite les autorit&#233;s ont d&#251; fermer l'ensemble du r&#233;seau, semant une pagaille sans nom, et amor&#231;ant une explosion de col&#232;re sans pr&#233;c&#233;dant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La r&#233;volte sociale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite cela s'est senti au niveau des slogans : &lt;em&gt;&#171; Ce n'est pas une histoire de 30 centimes, c'est pour ces 30 ans ! &#187;,&lt;/em&gt; et sur les murs &#8211; toujours tr&#232;s loquaces au Chili &#8211; on voyait fleurir partout : &lt;em&gt;&#171; Ils nous ont tout pris m&#234;me la peur ! &#187;.&lt;/em&gt; Les manifestants devenus tr&#232;s nombreux ont reli&#233; naturellement l'ensemble des revendications. Le gouvernement n'a pas pris tout de suite la mesure de la crise. Sa suffisance &#233;tait &#224; la hauteur de l'&#233;tat de la soci&#233;t&#233; chilienne, &#233;cras&#233;e par la pr&#233;carit&#233;, l'exploitation et la peur. Quinze jours auparavant, le pr&#233;sident conservateur Sebasti&#225;n Pi&#241;era avait d&#233;clar&#233; &#8211; en pensant au soul&#232;vement populaire en &#201;quateur &#8211; que le &#171; &lt;em&gt;Chili &#233;tait une oasis de paix et de stabilit&#233; &lt;/em&gt; &#187;. Pour les plus riches c'est indiscutable, mais la polarisation sociale a vite fini par d&#233;mentir cette impudence politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes le Chili a le revenu par habitant le plus &#233;lev&#233; d'Am&#233;rique latine, avec 20 000 dollars, mais il est aussi class&#233; 118&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; sur 122 au rang des in&#233;galit&#233;s sociales selon un rapport de l'ONU. Cinq familles (notamment dans l'exploitation du cuivre, dont le Chili est le premier exportateur mondial) d&#233;tiennent 25 % des richesses du pays. Le pr&#233;sident Pi&#241;era, qui ne fait pas partie des premi&#232;res fortunes du pays, se contente d'un modeste patrimoine de 2,8 milliards de dollars. Un pays riche de mati&#232;res premi&#232;res peupl&#233; de pauvres, un pays premier exportateur agricole de l'h&#233;misph&#232;re Sud qui ne peut nourrir sa population, voil&#224; la r&#233;alit&#233; crue qui ne peut plus &#234;tre masqu&#233;e. Selon un institut de statistiques militant, la fondation &lt;em&gt;SOL&lt;/em&gt;, avec un salaire minimum pour les travailleurs de 301 000 pesos (environ 400 euros), 21 % passe dans les transports, 40 % des pensions des retrait&#233;s ; or 54,3 % des travailleurs gagnent moins de 350 000 pesos, et 17 % moins de 20 000. Le code du travail est issu de la dictature : 15 jours de vacances, une demi-heure de pause d&#233;jeuner, licenciement sans motif exig&#233; (qui p&#233;nalise les femmes enceintes entre autres), des r&#232;gles de n&#233;gociation l&#233;gales tr&#232;s restrictives, pas d'assurance maladie, amplitude horaire indicative de 45 heures, etc. Une pareille pyramide invers&#233;e des revenus et des conditions sociales ne pouvait plus tenir en &#233;quilibre &#233;ternellement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;De la d&#233;mocratie des riches&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'explosion sociale pendant le week-end des 19 et 20 octobre a &#233;t&#233; violente apr&#232;s tant de retenue, et la semaine suivante fut de la m&#234;me trempe. Le m&#233;pris social n'y est pas &#233;tranger. Les ministres se sont pr&#233;cipit&#233;s sur les plateaux pour dispenser leurs conseils : &#171; &lt;em&gt;On ne fait pas tant d'histoire quand on augmente le prix des tomates&lt;/em&gt; &#187; ou le subtil &#171; &lt;em&gt;En prenant les transports plus t&#244;t &lt;/em&gt;(entre cinq et sept heures les tickets sont moins chers)&lt;em&gt;, les travailleurs peuvent faire des &#233;conomies&lt;/em&gt; &#187;, ont suscit&#233; des r&#233;actions de col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violences, bien que spontan&#233;es, ont &#233;t&#233; cibl&#233;es. Les locaux &#224; Valpara&#237;so du quotidien &lt;em&gt;El Mercurio&lt;/em&gt;, fervent soutien du coup d'&#201;tat de 1973 contre le gouvernement d'Unit&#233; populaire, ont &#233;t&#233; saccag&#233;s et br&#251;l&#233;s ; le building de la compagnie italienne Enel &#224; Santiago (qui contr&#244;le 40 % de la distribution de l'&#233;nergie du pays) a lui aussi &#233;t&#233; enti&#232;rement incendi&#233;. La presse officielle fait &#233;tat de &#171; pillages &#187;. La r&#233;alit&#233; est autre et plus inspirante : des op&#233;rations de saisies de nourriture ont &#233;t&#233; organis&#233;es, souvent au sein de la famille &#233;largie des milieux populaires, parfois par des organisations sociales. C'est pourquoi les filiales de Wallmart et des magasins de v&#234;tements ont &#233;t&#233; cibl&#233;s en majorit&#233;. Les militants r&#233;volutionnaires de plusieurs courants rapportent les t&#233;moignages de sc&#232;nes o&#249; les habitants interpellent les voleurs de produits d'&#233;lectrom&#233;nager (notamment les t&#233;l&#233;visions) pour les leur saisir et les jeter au feu en criant qu'on est ici pour partager.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#8230; &#224; la d&#233;mocratie casqu&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'en &#233;tait trop pour Sebasti&#225;n Pi&#241;era. Le pr&#233;sident chilien n'est pas un politique, c'est un homme d'affaires surtout lorsqu'elles sont faciles. D'o&#249; sa suffisance qu'il confond avec l'assurance, et sa brutalit&#233; qu'il prend pour de la fermet&#233;. Ancien propri&#233;taire de la compagnie chilienne de transport a&#233;rien, il a fait fortune en introduisant l'usage de la carte bleue gr&#226;ce aux faveurs de son fr&#232;re, haut responsable de la dictature militaire de Pinochet, qui lui en a assur&#233; le monopole. Sans doute agac&#233; par le fait d'avoir &#233;t&#233; indispos&#233; par des habitants, en pleine nuit d'&#233;meutes &#224; Santiago, lorsqu'il mangeait tranquillement des pizzas pour l'anniversaire de ses petits-enfants, il d&#233;clara le soir m&#234;me l'&#233;tat d'urgence. Il le fit en mettant en sc&#232;ne une intervention t&#233;l&#233;vis&#233;e tardive en annon&#231;ant que : &lt;em&gt;&#171; le Chili est en guerre&#8230; contre un ennemi puissant et organis&#233; &#187;&lt;/em&gt;. De quoi rappeler les heures de la dictature et la chasse &#224; &#171; l&lt;em&gt;'ennemi int&#233;rieur&lt;/em&gt; &#187;. Cela a choqu&#233;, pas seulement les manifestants. Le g&#233;n&#233;ral Iturriaga charg&#233; du commandement de Santiago pendant l'&#233;tat d'urgence, plus prudent, s'est d&#233;solidaris&#233; publiquement de cette d&#233;claration. Les joueurs de football internationaux, au Real ou au Bayern, s'y sont publiquement oppos&#233;s. &lt;em&gt;The Economist&lt;/em&gt; et le &lt;em&gt;Wall Street Journal&lt;/em&gt; ont condamn&#233; cette d&#233;cision et mis en garde contre les cons&#233;quences d&#233;sastreuses (pour leurs affaires) de telles d&#233;clarations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La repr&#233;sentation nationale, qui si&#232;ge &#224; Valpara&#237;so, eut beau annuler les mesures de hausses des tarifs, rien n'a frein&#233; la d&#233;termination de la population. Les pourparlers pr&#233;tendument secrets que laisse filtrer la presse n'ont tromp&#233; personne. La presse officielle a &#233;t&#233; prise &#224; partie par les manifestants. La presse alternative quant &#224; elle, a re&#231;u des coups de feu de la police, comme le montrent des images virales sur les r&#233;seaux sociaux. Anecdote piquante : la presse officielle est tellement en difficult&#233;, faute de pouvoir faire des reportages&#8230; qu'elle a d&#251; payer des com&#233;diens pour jouer les manifestants et faire des interviews.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les forces traditionnelles en pr&#233;sence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si la polarisation sociale au Chili est flagrante, bien des secteurs de la petite bourgeoisie ont prosp&#233;r&#233; depuis plusieurs d&#233;cennies et sont des fid&#232;les soutiens du r&#233;gime. Bien qu'embryonnaires, des groupes d'autod&#233;fense se sont constitu&#233;s pour d&#233;fendre la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, ironie de l'histoire&#8230; en portant des gilets jaunes. Bien entendu l'arm&#233;e, les grands propri&#233;taires, les patrons des mines, tout cela constitue un bloc social solide sur lequel la grande bourgeoisie chilienne a su toujours compter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de ce bloc conservateur, il y a l'ensemble des forces d'opposition l&#233;gale, qui se pr&#233;sentent comme une force d'alternance et critiquent le r&#233;gime&#8230; jusqu'&#224; un certain point. On y trouve la gauche sous ses diff&#233;rentes expressions, avec en premi&#232;re ligne le Front large (&lt;em&gt;Frente Amplio&lt;/em&gt;) et le Parti communiste chilien (qui contr&#244;le la puissante Centrale unitaire des travailleurs &#8211; la CUT &#8211;, et dispose de militants ayant de l'influence). Elles ont &#233;t&#233; prises de court, et apr&#232;s une d&#233;claration timide le dimanche 20 octobre de la centrale syndicale, une gr&#232;ve pour le mercredi fut &#233;voqu&#233;e (laquelle a eu lieu). Ces forces de gauche discutent entre elles d'une sortie institutionnelle, bien s&#251;r pour pr&#233;server la paix sociale. L'attaque de la cath&#233;drale de Valpara&#237;so par les manifestants a servi de pr&#233;texte &#224; l'&#201;glise catholique pour revenir sur la sc&#232;ne en appelant &#224; la &#171; paix sociale &#187;, elle qui a toujours su, malgr&#233; ses dissensions, se pr&#233;senter comme le garant d'une solution l&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'&#233;mergence d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration militante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2006 le mouvement lyc&#233;en avait annonc&#233; ce r&#233;veil. Les luttes pour l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation (une ann&#233;e de fac co&#251;te en moyenne 4 000 euros) ont fait &#233;cho aux luttes pour l'acc&#232;s aux soins, pour les retraites, contre la destruction des &#233;cosyst&#232;mes, pour des salaires justes, des logements. Ce qui domine dans la jeunesse, et pas seulement scolaris&#233;e, c'est l'action directe avec toute la force de la spontan&#233;it&#233; et ses limites. Le mouvement en &#201;quateur&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En &#201;quateur, le mouvement initi&#233; le 2 octobre suite &#224; des hausses des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; a indiscutablement donn&#233; du courage aux jeunes Chiliens. C'est l'ensemble du continent qui est travers&#233; de contradictions sociales. Mais cette jeunesse en lutte a influenc&#233; des secteurs syndicaux combatifs (comme l'Union portuaire qui d&#233;filait d&#232;s le dimanche 20 octobre, ou les syndicats d'enseignants) mais aussi les structures corporatistes et puissantes (comme les syndicats du cuivre no 1 de l'Escondida, et no 2 de Chukikamata).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Santiago, Valpara&#237;so et Concepci&#243;n, des tentatives d'assembl&#233;es d&#232;s le mercredi 23 octobre et les jours suivants ont commenc&#233; rapidement &#224; voir le jour. Les minorit&#233;s r&#233;volutionnaires, qui n'en sont pas encore &#224; travailler ensemble, essayent sur leurs points d'implantation dans la jeunesse et les lieux de travail d'organiser les forces.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;div class=&#034;slogan_centre&#034;&gt;La semaine d'octobre o&#249; tout a bascul&#233;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En une semaine, la derni&#232;re d'octobre&lt;/strong&gt;, le Chili s'est m&#233;tamorphos&#233;. Il ne s'agit pas seulement d'une accumulation de col&#232;res, d'une addition de revendications ou d'une diminution de la peur. Cette pouss&#233;e venue de la base de la soci&#233;t&#233;, des plus jeunes au d&#233;part, a bris&#233; le consensus politique de la &#171; &lt;em&gt;transition d&#233;mocratique&lt;/em&gt; &#187; initi&#233;e en 1988. Cette d&#233;mocratie bourgeoise parlementaire, in&#233;galitaire jusque dans ses termes &#8211; o&#249; par exemple la sant&#233; et l'&#233;ducation sont consid&#233;r&#233;es non comme des droits mais relevant de la libert&#233; priv&#233;e &#8211; n'&#233;tait que la poursuite de la dictature de Pinochet sous d'autres formes, la continuation de la guerre sociale par d'autres moyens. Les millions de manifestants au cours de ces journ&#233;es d'octobre ont mis un terme &#224; cette fiction. Ce soul&#232;vement contre les in&#233;galit&#233;s et le r&#233;gime qui les cr&#233;e, et qui r&#233;sonne avec ceux de Porto Rico, Ha&#239;ti, &#201;quateur, ressemble &#224; un r&#233;veil politique et social profond qui s'accorde bien avec le printemps austral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les balles, les enl&#232;vements, les viols et la matraque. Comme le dit l'&#233;crivain chilien Luis Sep&#250;lveda, &#171; &lt;em&gt;Il n'existe pas de r&#233;pression, si dure et criminelle soit-elle, qui puisse entraver un peuple qui se l&#232;ve &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article de Luis Sep&#250;lveda, dans le Monde diplomatique de d&#233;cembre 2019, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &lt;/em&gt;C'est peut-&#234;tre la fin d'un long cycle politique. Le Chili a vu na&#238;tre le n&#233;o-lib&#233;ralisme (un nom peu pr&#233;cis pour d&#233;signer une des formes contemporaines du capitalisme) au tournant des ann&#233;es 1970 et verra son d&#233;clin &#8211; semblent dire les manifestants d'Antofagasta &#224; la Patagonie &#8211; &#224; partir d'octobre 2019. Ce pari qui &#233;tait r&#233;serv&#233; &#224; des minorit&#233;s r&#233;volutionnaires, libertaires et marxistes, est d&#233;sormais une discussion ouverte par des millions de travailleurs : un nouveau consensus est n&#233;, celui d'en finir avec ce r&#233;gime et oser penser construire autre chose. Avec tous les espoirs, malgr&#233; les confusions in&#233;vitables &#224; cette &#233;tape de la lutte, de nouvelles perspectives r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;20-26 octobre &#8211; Le d&#233;but de l'intervention des masses&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#232;s le dimanche 20 octobre&lt;/strong&gt;, les importantes sections de l'Union portuaire (qui syndique l'ensemble des travailleurs et sous-traitants des ports, des dockers &#224; la logistique et des transports) ont d&#233;cid&#233; de manifester, en premier lieu &#224; Concepci&#243;n et Talcahuano, o&#249; ils l'ont fait &#224; 20 000 en colonnes serr&#233;es. Le m&#234;me jour, la plupart des villes ont vu des manifestations significatives malgr&#233; la r&#233;pression. Au cours de la journ&#233;e, la Centrale unique des travailleurs (CUT) fait une d&#233;claration tr&#232;s timor&#233;e, qui sera rejet&#233;e par la base et des branches importantes (dont le syndicat no 1 de la mine de cuivre de la Escondida, la plus grande mine de cuivre priv&#233;e du monde, mais aussi des secteurs comme la Sant&#233;, l'&#201;ducation, et l'Union portuaire d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lundi 21&lt;/strong&gt;, la CUT appelle finalement via un regroupement &#233;largi &#224; des associations sociales de lutte (la Mesa de Unidad Social) &#224; une gr&#232;ve nationale de 48 heures. Il semblait clair, au regard des d&#233;clarations publiques, que la direction de la conf&#233;d&#233;ration ne croyait pas &#224; un mouvement d'ampleur. Le mouvement des &lt;strong&gt;mercredi 23 et jeudi 24 octobre&lt;/strong&gt; fut pourtant exceptionnel. M&#234;me la presse du gouvernement conc&#232;de 1,2 million de personnes dans la rue &#224; Santiago ; sur 18 millions d'habitants et en comptant l'ensemble des villes, on fr&#244;le les 2,5 millions de manifestants. Les manifestations furent massives, familiales, populaires. Joyeuses aussi, avec des caricatures d'Aliens pour se moquer des d&#233;clarations de l'&#233;pouse du Pr&#233;sident qui avait qualifi&#233; les &#233;v&#233;nements &#171; &lt;em&gt;d'une situation hors de contr&#244;le et d'une invasion d'extra-terrestres &lt;/em&gt; &#187;. Travailleurs sous contrat, secteurs informels, auto-entrepreneurs, motards, p&#234;cheurs, b&#251;cherons, mineurs, toutes les tranches d'&#226;ge, avec une majorit&#233; &#233;crasante des quartiers populaires, montraient le visage de ce bloc social qui d&#233;fiait la r&#233;pression et l'&#233;tat d'urgence. Les universit&#233;s et les lyc&#233;es &#233;taient ferm&#233;s administrativement, la jeunesse scolaris&#233;e fut massivement pr&#233;sente, faisant la jonction avec celle des quartiers qui affrontait depuis plusieurs jours l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve fut largement suivie, au-del&#224; du p&#233;rim&#232;tre syndical des 500 000 membres de la CUT, sans toutefois d&#233;border le cadre des consignes, sans occupations et avec de rares assembl&#233;es de travailleurs initi&#233;es souvent par des militants r&#233;volutionnaires. Les combats de rue eurent lieu &#224; Valpara&#237;so devant le Parlement : Pi&#241;era dut donner l'ordre d'&#233;vacuer&#8230; devant le nuage de lacrymog&#232;ne qui avait envahi l'h&#233;micycle. Depuis les manifestations se succ&#232;dent, alternant concerts et affrontements. Et depuis le vendredi 25 octobre blocages de routes (l'arme des pauvres en Am&#233;rique latine) ont commenc&#233; dans le Sud et se diffusent autour de Santiago.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;27-28 octobre &#8211; Les premiers r&#233;sultats du soul&#232;vement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ils sont de deux ordres, d'abord ce qui perturbe le jeu institutionnel et surtout l'&#233;volution et la dynamique du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau institutionnel, on peut compter : l'annulation de la manifestation de l'extr&#234;me droite initi&#233;e par le s&#233;nateur Kast pr&#233;vue pour le dimanche 27 octobre ; les excuses publiques des ministres ; la d&#233;mission forc&#233;e de l'ensemble du gouvernement ; la fin de l'&#233;tat d'urgence depuis le lundi 28 octobre sur l'ensemble du pays (mesure hypocrite puisque les militaires dirigent directement par d&#233;cret les grandes villes du pays).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les &#233;tapes et les m&#233;thodes de lutte la chronologie montre trois phases distinctes :&lt;/p&gt;
&lt;ol class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'&#233;tape initiale fut marqu&#233;e par l'action directe des milieux politis&#233;s puis tr&#232;s pauvres du prol&#233;tariat : soit des op&#233;rations de r&#233;cup&#233;ration (transports, alimentation) impliquant des milliers de participants, soit des destructions cibl&#233;es (si&#232;ges de multinationales, postes de police). Les incendies de supermarch&#233;s semblent de plus en plus provenir de provocations polici&#232;res (o&#249; on d&#233;nombre beaucoup de victimes) et d'op&#233;rations de la part des directions pour garantir les remboursements (les contrats au Chili assurent les incendies&#8230; et non les pillages !) ;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;ol class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; une phase de gr&#232;ve nationale, incluant les secteurs traditionnels de la classe ouvri&#232;re combatifs mais souvent corporatistes, puis d&#233;bordant sur les milieux populaires en dehors du canevas syndical ; avec quelques exemples partiels de coordination &#224; Valpara&#237;so, Concepci&#243;n, Santiago et Antofagasta ;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; une phase de manifestation massives, qui se p&#233;rennisent, deviennent nationales et qui voient les premi&#232;res exp&#233;riences d'assembl&#233;es encore embryonnaires.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Avec le recul l'encha&#238;nement para&#238;t naturel, mais il a surpris largement les &#233;quipes militantes souvent exp&#233;riment&#233;es avec le travail clandestin, et c'est avec amusement que beaucoup se souviennent, quelques jours avant le d&#233;but du mouvement, des s&#233;ances de cin&#233;ma o&#249; &#224; Valpara&#237;so notamment, le public avait applaudi debout le film &lt;em&gt;Le Joker&lt;/em&gt;. Le mouvement est prol&#233;tarien dans sa composition, mais &#224; ce jour il n'a pas encore d'expression politique ind&#233;pendante. Il regroupe les diff&#233;rentes couches populaires, des secteurs d&#233;class&#233;s de la petite bourgeoisie urbaine et rurale et des milieux intellectuels. Les objectifs de lutte sont aujourd'hui centr&#233;s sur les in&#233;galit&#233;s, le changement de r&#233;gime (symbolis&#233; par la demande de d&#233;mission de Pi&#241;era) et largement partag&#233; au-del&#224; des milieux militants, l'aspiration &#224; un nouveau syst&#232;me et une nouvelle d&#233;mocratie, confus&#233;ment assimil&#233;e &#224; une autre Constitution. L'enjeu de la lutte politique pour les minorit&#233;s r&#233;volutionnaires est de trouver le chemin entre la d&#233;nonciation spontan&#233;e et populaire de cette d&#233;mocratie des riches et la mise en place de contre-pouvoirs pouvant esquisser une d&#233;mocratie ouvri&#232;re, un pouvoir de classe alternatif.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les options de la bourgeoisie : les limites de la r&#233;pression &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'en difficult&#233; s&#233;rieuse, la bourgeoisie chilienne poss&#232;de des marges de man&#339;uvre et n'est pas encore dans une situation impossible. La Bourse de Santiago a peu souffert de la crise pr&#233;sente et il n'y a pas de fuite de capitaux. L'arm&#233;e est solidaire du r&#233;gime (le fait qu'elle touche 10 % de la rente du cuivre assure au r&#233;gime sa fid&#233;lit&#233; ; et ironie de l'histoire, l'&#201;tat lui garantit les retraites dans un syst&#232;me par ailleurs totalement privatis&#233;). Les milieux propri&#233;taires, rentiers et leurs d&#233;pendants lui sont toujours fid&#232;les. Cela dit, la violence de la r&#233;pression n'a pas eu les r&#233;sultats esp&#233;r&#233;s (ce qui donne une id&#233;e de la force de la contestation sociale), mais son recours permet de mesurer la d&#233;termination de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les alli&#233;s de circonstance du gouvernement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le renouvellement d'un tiers du gouvernement le lundi 28 octobre a permis de sortir le d&#233;test&#233; ministre de l'Int&#233;rieur Andr&#233;s Chadwick (un cousin de hasard de Pi&#241;era), et le ridicule ministre des Finances Felipe Larra&#237;n (le po&#232;te d&#233;licat qui conseillait aux pauvres qui ne pouvaient consommer d'acheter des fleurs brad&#233;es). Mais cela ne trompe personne. Tout comme les hausses d&#233;risoires du minima des pensions de retraite, du salaire minimum, le blocage partiel des prix de l'&#233;lectricit&#233; et des transports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si Pi&#241;era est en difficult&#233; il peut compter sur des alli&#233;s de circonstance qui, tout comme lui, cherchent des solutions institutionnelles et l&#233;gales. La solution pourrait &#234;tre une r&#233;activation du mod&#232;le dit d&#233;mocratique, une remise en selle du jeu parlementaire. La d&#233;mocratie chr&#233;tienne et le Parti socialiste (et ses diverses scissions) sont des b&#233;quilles utiles mais peu attrayantes pour celles et ceux qui sont sortis exprimer leur col&#232;re. Le Parti communiste et le Frente Amplio (FA, &#8216;Front large', coalition r&#233;unissant des fragments de la gauche r&#233;formiste) jouent un jeu tr&#232;s institutionnel en usant du cr&#233;dit de leurs militants. Ils se comportent comme les v&#233;ritables garants de la stabilit&#233; politique du pays. De vrais partenaires se voulant responsables. Au nom d'un pr&#233;tendu &#171; r&#233;alisme politique &#187;, leur politique articule une radicalit&#233; de fa&#231;ade (demande de destitution de Pi&#241;era) &#224; un jeu parlementaire &#171; constructif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une demi-session parlementaire le 23 octobre, au moment m&#234;me des tirs contre des milliers de manifestants,&lt;em&gt; &lt;/em&gt;les neuf d&#233;put&#233;s du PC ont fait voter une loi instaurant en principe les 40 heures hebdomadaires, et la recherche d'une &#171; sortie politique &#187; &#224; la crise avec la convocation d'une Assembl&#233;e constituante. R&#233;duire l'action des masses aux &#233;lections, voil&#224; un projet qui est loin d'&#234;tre novateur. Cette orientation n'est pas nouvelle mais n'est pas sans cons&#233;quences internes : les tensions au sein des Jeunesses communistes, et certains secteurs combatifs du Frente Amplio s'expriment un peu plus ouvertement chaque jour. Ces man&#339;uvres donnent corps &#224; une franche hostilit&#233; des Chiliens en lutte vis-&#224;-vis des partis politiques d&#233;j&#224; discr&#233;dit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;31 octobre et 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; novembre, jours f&#233;ri&#233;s : un mouvement au carrefour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les jeudi 31 octobre et le vendredi 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; novembre &#233;tant f&#233;ri&#233;s au Chili, cela a permis de faire le point. Les manifestations se sont poursuivies avec une moindre intensit&#233;, mais les discussions ont eu lieu en commen&#231;ant &#224; poser des &#233;l&#233;ments d'orientation. Cela a pris toutes les formes possibles, &#224; l'exception de la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action gr&#233;viste, sans &#234;tre sous-estim&#233;e, doit &#234;tre replac&#233;e dans le contexte d'un pays &#224; l'arr&#234;t depuis 14 jours. Les supermarch&#233;s qui n'ont pas br&#251;l&#233; ferment &#224; 14 heures, toutes les activit&#233;s des entreprises sont perturb&#233;es voire arr&#234;t&#233;es. L'&#233;conomie est &#224; l'arr&#234;t, au point que les pr&#233;l&#232;vements fiscaux, qui sont mensualis&#233;s pour les particuliers et les entreprises, ont baiss&#233; fin octobre de 20 %, selon les chiffres du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de ces jours f&#233;ri&#233;s, les mobilisations ont pris diff&#233;rentes formes : par exemple des manifestations d&#233;tendues en v&#233;lo (&#224; plusieurs milliers) pour pouvoir atteindre la maison priv&#233;e du pr&#233;sident Pi&#241;era dans le quartier hupp&#233; de Las Condes. &#192; Santiago on a vu des manifestations de milliers de femmes en deuil pour les victimes. Des rassemblements et des actions symboliques ont eu lieu dans le Sud, &#224; Concepci&#243;n, Temuco et Valdivia, comme la d&#233;capitation de statues de conquistadors espagnols ; les manifestants d&#233;pos&#232;rent leur t&#234;te au pied de la statue du h&#233;ros et chef de guerre mapuche Caupolican ayant r&#233;sist&#233; &#224; la conqu&#234;te europ&#233;enne. Dans un pays o&#249; il n'est pas rare de voir des marchands Mapuche chass&#233;s violemment des march&#233;s, leurs leaders assassin&#233;s impun&#233;ment pour avoir r&#233;sist&#233; aux expulsions, sans parler du profond racisme entretenu par le r&#233;gime &#224; leur &#233;gard, ces gestes ne sont pas des d&#233;tails. Cette population m&#233;tiss&#233;e constitue d&#233;sormais un secteur souvent majoritaire des quartiers populaires, des bidonvilles et du prol&#233;tariat pas seulement informel. Et si la violence des manifestations a diminu&#233; dans ses formes ext&#233;rieures, la r&#233;pression des forces de l'ordre se maintient &#224; un niveau &#233;lev&#233;. Presque chaque quartier a connu au moins un jour d'affrontements massifs pendant ce long week-end.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coupures de route se poursuivent parfois sur de petits axes avec des &#233;quipes d'une quinzaine de personnes. Mais l'essentiel s'est d&#233;roul&#233; dans des r&#233;unions de quartiers, dans les entreprises au cours de discussions souvent informelles, focalis&#233;es sur les suites &#224; donner et la pr&#233;paration de la marche du lundi 4 novembre &#224; 17 heures.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1239 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH530/chilib-bd9ae.png?1788112337' width='500' height='530' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;D&#233;but novembre&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;slogan_centre&#034;&gt;L'&#233;tat des mobilisations&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le tableau g&#233;n&#233;ral du mouvement et sa dynamique se pr&#233;cise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement est d&#233;sormais national, massif et ancr&#233; dans les milieux populaires, tout au long de ce pays de 5 000 kilom&#232;tres de long. Dans chaque quartier, dans presque chaque entreprise, on ne discute que de la situation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression qui demeure malgr&#233; la lev&#233;e de l'&#233;tat d'urgence n'a pas entam&#233; la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les man&#339;uvres du gouvernement (remaniement minist&#233;riel, baisse des traitements de la repr&#233;sentation nationale, loi de 40 heures, mesures de revalorisation des retraites et des salaires minima) ne suffisent pas &#224; &#233;teindre la contestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crasante majorit&#233; de population en mouvement exige le d&#233;part du pr&#233;sident Pi&#241;era (un institut de sondage connu pour sa complaisance estime la cote de confiance de ce dernier &#224; un stratosph&#233;rique 4 % d&#233;but d&#233;cembre dans le grand quotidien du Sud &lt;em&gt;El Bio Bio&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;R&#233;activations militantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lors d'&#233;changes avec des militants trotskistes et libertaires, l'explosion sociale &#233;tait attendue mais plus tard, au regard des possibles d&#233;s&#233;quilibres internationaux sur les march&#233;s des mati&#232;res premi&#232;res dont le Chili est tributaire. L'ampleur a bien entendu surpris, mais c'est surtout la m&#233;moire militante qui leur semblait perdue, et qui est r&#233;apparue avec efficacit&#233; et vigueur. La p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente amorc&#233;e en 2006, puis en 2011, par les luttes de la jeunesse autour des revendications pour l'acc&#232;s &#224; l'enseignement pour tous, de la lutte des femmes (le droit &#224; l'avortement est tr&#232;s r&#233;duit, les in&#233;galit&#233;s tr&#232;s accentu&#233;es, et la violence &#224; leur &#233;gard d'une grande ampleur) ont &#233;t&#233; une s&#233;quence de pr&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;En ce d&#233;but novembre, bilan de la progression du mouvement depuis octobre : d'innombrables formes de mobilisation et d'organisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes, scolaris&#233;s ou des milieux populaires, sont le moteur de l'action&lt;em&gt;.&lt;/em&gt; L'organisation massive des occupations, des fraudes dans les transports, des op&#233;rations de r&#233;cup&#233;ration de vivres, de d&#233;fense des manifestations, de lib&#233;ration de militants arr&#234;t&#233;s au cours des affrontements, de dispensaires de fortune pour les soins et d'organisation d'assembl&#233;es, toutes ces actions n'auraient pu durer sans l'activit&#233; de la jeunesse&lt;em&gt;. &lt;/em&gt;Car cette jeunesse, souvent issue des milieux populaires et aussi &#233;tudiante, n'a pas seulement &#233;t&#233; un facteur d&#233;clencheur et ne s'est pas content&#233;e de r&#233;veiller des formes spontan&#233;es de r&#233;sistance. Ces jeunes ont milit&#233; en permanence par dizaines de milliers quotidiennement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Valpara&#237;so&lt;/strong&gt;, les t&#233;moignages de militants trotskistes d&#233;crivent des assembl&#233;es regroupant plusieurs centaines de participants des quartiers populaires autour des associations de professeurs et de parents d'&#233;l&#232;ves dans les &#233;coles, qui d&#233;bouchent d&#233;but novembre sur des actions concr&#232;tes &#224; l'&#233;chelle de quartiers. Dans le lyc&#233;e no 2 pour filles Matilde Brandau de Ross, foyer militant connu, c'est une v&#233;ritable coordination qui s'est tenue avec des repr&#233;sentants de presque tous les quartiers de la ville. Toujours &#224; Valpara&#237;so, dans les quartiers les plus pauvres, ce sont autour des associations sportives et des clubs de supporters de clubs professionnels que le m&#234;me genre de canevas se d&#233;ploie pour organiser les loisirs des plus jeunes, assurer le ravitaillement. Ces clubs de &lt;em&gt;hinchas&lt;/em&gt; (supporters) ne sont pas des espaces de jeunes hommes d&#233;s&#339;uvr&#233;s : en fin de journ&#233;e ils font venir des familles enti&#232;res aux manifestations de l'apr&#232;s-midi ou &#224; des discussions plus informelles qu'au sein des &lt;em&gt;cabildos &lt;/em&gt;(les assembl&#233;es populaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Concepci&#243;n&lt;/strong&gt;, des t&#233;moignages de militants anarchistes d&#233;crivent les m&#234;mes initiatives autour des soupes populaires g&#233;r&#233;es par les habitants ; dans certains quartiers, des rondes sont organis&#233;es pour prot&#233;ger le quartier des exactions de la police et de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Santiago,&lt;/strong&gt; la capitale, ces &lt;em&gt;cabildos&lt;/em&gt; coexistent avec des assembl&#233;es tenues par le Parti communiste et le Front large (&lt;em&gt;Frente Amplio&lt;/em&gt;) qui orientent sans surprise les discussions vers une sortie institutionnelle de la crise. &#192; noter que cela suscite parfois des d&#233;bats tendus entre la base et les directions. Sur les murs des quartiers populaires, et peut-&#234;tre en &#233;cho, on a vu depuis le samedi soir 2 novembre appara&#238;tre &#224; plusieurs reprises le slogan : &#171; &lt;em&gt;Souvenez-vous futurs dirigeants, c'est comme la r&#233;volution fran&#231;aise, on a commenc&#233; sans vous et ils ont tous perdu leur t&#234;te !&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Partage des t&#226;ches au sein de la bourgeoisie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les assembl&#233;es populaires, c'est ce qui fait peur &#224; la bourgeoisie. Et la voil&#224; qui d&#233;nonce sur les m&#233;dias depuis dimanche 3 novembre la &#171; &lt;em&gt; d&#233;magogie assembl&#233;iste &lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;deracion de la Produccion y Comercio, le Medef chilien, par la voix de son principal dirigeant Alfonso Swett avait l&#226;ch&#233; du lest le 29 octobre en &#233;voquant &#171; la n&#233;cessit&#233; pour le patronat de faire des sacrifices pour assurer le retour &#224; la normale &#187;. Mais ces concessions de forme ne doivent pas &#234;tre pris pour argent comptant : une partie cons&#233;quente du grand patronat (li&#233;e au secteur agro-minier pour faire court, par opposition relative au secteur financier qui &#8211; du fait de l'endettement des foyers chiliens &#224; 75 % de leurs revenus annuels &#8211; cherche une solution plus stable pour r&#233;cup&#233;rer sa mise), du gouvernement et de l'arm&#233;e soutiennent une option dure de r&#233;pression. Plut&#244;t un partage des r&#244;les qu'une division au sein de la bourgeoisie. Sa crainte ne r&#233;side pas dans la peur de l'affrontement. Ces derni&#232;res d&#233;cennies, sa position et son enrichissement ont &#233;t&#233; consolid&#233;s et affermis par le sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crainte de se retrouver isol&#233;e face &#224; la contestation est plus consistante. Une bonne partie de la petite bourgeoisie propri&#233;taire, industrielle, commerciale, celle qui fournit une large part des capacit&#233;s du march&#233; des transports, est m&#233;contente et d&#233;&#231;ue par ses choix &#233;lectoraux. La grande bourgeoisie a &#233;t&#233; trop gourmande, y compris au d&#233;triment de ses alli&#233;s naturels. Au point que ce secteur s'est mis en position d'attente (au d&#233;but des patrons des transports avaient particip&#233; au mouvement), protestant contre les &#171; abus &#187; de l'ancien r&#233;gime, et &#339;uvre pour un nouveau compromis social qui lui soit favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alliance de classes, qui assurait la stabilit&#233; politique au bloc social conservateur, est provisoirement fragilis&#233;e : en ne sortant pas d'un syst&#232;me bas&#233; sur la rente mini&#232;re (et d'autres mati&#232;res premi&#232;res), le noyau central de la bourgeoisie n'a pas su m&#233;nager un espace pour des secteurs p&#233;riph&#233;riques agissant sur le march&#233; national. De quoi remettre en cause l'efficacit&#233; de l'alternance &#233;lectorale entre ce bloc conservateur et la gauche &#171; raisonnable et responsable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233; l'extr&#234;me droite, ouvertement fasciste et directement reli&#233;e &#224; la dictature, forte dans les milieux catholiques traditionalistes et un secteur important de l'arm&#233;e, autour du d&#233;put&#233; Jos&#233; Antonio Kast, n'arrive pas &#224; ce jour &#224; mobiliser publiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que le prestige du r&#233;gime chilien aupr&#232;s du capitalisme mondial n'est plus ce qu'il &#233;tait : apr&#232;s l'annulation de la Cop 25 au Chili (transf&#233;r&#233;e &#224; Madrid en d&#233;cembre) et de la conf&#233;rence &#233;conomique interr&#233;gionale (l'Apec), la seule victoire m&#233;diatique du pouvoir quant &#224; son prestige international a &#233;t&#233;&#8230; la tenue de la finale de la &lt;em&gt;Copa Libertadores&lt;/em&gt; (Flamengo vs River Plate). Finalement m&#234;me pas, la finale de football se jouera &#224; Lima au P&#233;rou, par peur des manifestations politiques des clubs de supporters en direct &#224; la t&#233;l&#233;vision !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les discussions militantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les organisations, r&#233;seaux et collectifs r&#233;volutionnaires sont restreints par leur taille, et aucun courant n'a une v&#233;ritable implantation nationale. Avec n&#233;anmoins quelques points forts dans la jeunesse scolaris&#233;e, certains quartiers et secteurs syndicaux (enseignement, quelques entreprises). Parfois, un travail de quartier est reconnu et solide. &#192; noter toutefois l'influence de militants pas forc&#233;ment affili&#233;s dans certains secteurs et quartiers, ce qui &#224; l'&#233;tape actuelle o&#249; tout se passe hors des entreprises n'est pas un obstacle. Bien entendu si la crise sociale s'approfondit il s'agira de passer &#224; une autre &#233;tape. Pour l'heure, les collaborations entre courants et organisations sont rares (le sectarisme n'est pas un p&#233;ch&#233; du seul Ancien monde). Toutefois plusieurs initiatives voient le jour pour faire converger diff&#233;rents collectifs comme El Porte&#241;o de Valpara&#237;so et Werken Rojo de Santiago&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;El Porte&#241;o de Valpara&#237;so et Werken Rojo de Santiago : ces deux collectifs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ; des discussions pour lancer un parti de la classe ouvri&#232;re avec diff&#233;rents groupes marxistes&lt;em&gt;,&lt;/em&gt; trotskistes et ind&#233;pendants ont &#233;galement lieu dans des conditions difficiles. Ces initiatives sont fragiles et n'ont pas encore abouti &#224; des r&#233;sultats p&#233;rennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les discussions militantes sont &#233;videmment travers&#233;es par l'appr&#233;ciation du rythme des mobilisations, leur ampleur et leur contenu politique et bien entendu leurs perspectives. En ce d&#233;but novembre, l'attitude envers les aspirations et les revendications d&#233;mocratiques cristallisent l'essentiel des divergences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces discussions et divergences, au sein des courants libertaires et marxistes, r&#233;activent les diff&#233;rents probl&#232;mes d'orientation et d'organisation (action directe, auto-organisation, plateformisme pour les uns, front unique, parti large ou &#233;troit pour les autres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut r&#233;sumer ces discussions &#224; quelques questions :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Comment augmenter la pression (gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ou poursuite des manifestations &#224; l'encontre de la r&#233;vision constitutionnelle et du processus &#233;lectoral) ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Comment s'organiser et coordonner les forces spontan&#233;es (construire une direction du mouvement) &#8211; Comment envisager la construction de contre-pouvoirs.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Vu le rejet de beaucoup de Chiliens pour les partis politiques discr&#233;dit&#233;s, les militants r&#233;volutionnaires n'ont pas encore acquis l'influence leur permettant de faire entendre d'autres perspectives politiques au cours de la lutte. Au c&#339;ur des discussions se trouve le r&#244;le des assembl&#233;es (&lt;em&gt;cabildos&lt;/em&gt;), souvent &#224; l'initiative de militants, qui ne se sont pas g&#233;n&#233;ralis&#233;es. Mais la question par quoi remplacer ce r&#233;gime est devenue centrale. La gauche PS, PC et FA n'envisagent qu'une transition l&#233;gale, agr&#233;ment&#233;e parfois d'un langage tr&#232;s radical pour certaines composantes du &lt;em&gt;Frente Amplio.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment &#233;viter, si une assembl&#233;e constituante voyait le jour, qu'elle n'incite &#224; embrigader la vague mobilisatrice vers des &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'Union portuaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La petite surprise vient du fait que c'est l'Union portuaire, et non les partis politiques institutionnels, qui donne le ton tr&#232;s politique de la contestation. Cette structure syndicale a particip&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re &#224; une lutte suivie d'une r&#233;novation profonde de sa direction. La direction de l'&#233;poque avait conclu le conflit avec un protocole sans consulter la base, avec peu de revendications gagn&#233;es. Elle fut d&#233;savou&#233;e par cette base &#224; Valpara&#237;so, et une nouvelle direction plus combative fut install&#233;e m&#234;lant des militants de gauche hors des partis, des trotskistes et des anarcho-syndicalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la premi&#232;re vague de mobilisations massives de la fin octobre, l'Union portuaire a pr&#233;sent&#233; seule une motion qui a emport&#233; l'adh&#233;sion, en &#224; peine deux jours, de la coalition dite Unidad Social. Celle-ci regroupe au niveau national, quelque 200 organisations syndicales et populaires : la Centrale unitaire des travailleurs (CUT), des associations de lutte (notamment celle qui s'opposait aux retraites priv&#233;es), des syndicats d'enseignants, de la Sant&#233;, des associations &#233;cologistes radicales d&#233;fendant les biens communs comme l'eau, des associations de locataires, des collectifs de bidonvilles, d'&#233;ducation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette motion exige : la d&#233;mission du Pr&#233;sident, des mesures d'urgence sociale et un changement de r&#233;gime avec une Assembl&#233;e constituante, avec la mise en place d'une direction verticale de gr&#232;ve appel&#233;e Comit&#233; de gr&#232;ve. Bien entendu cette motion, qui semble repr&#233;senter assez bien l'&#233;tat d'esprit des &#233;quipes les plus dynamiques du mouvement &#8211; aux dires de bien des militants r&#233;volutionnaires &#8211; laisse une question ouverte, la plus sensible ! Qui va garantir l'application de cette plateforme ? Quelle serait la nature d'une Assembl&#233;e constituante ? Quels comit&#233;s/assembl&#233;es/collectifs de base centraliseraient r&#233;ellement ledit Comit&#233; de gr&#232;ve ? Derri&#232;re cette motion, beaucoup posent de fa&#231;on encore floue la question de qui exercerait r&#233;ellement le pouvoir, d'un gouvernement des travailleurs. D'autres y verraient au contraire une forme de transition l&#233;galiste au r&#233;gime actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats du Cuivre s'&#233;taient r&#233;unis apr&#232;s la gr&#232;ve du 12 novembre pour voir si leurs instances valident cette orientation. Le syndicat des travailleurs du P&#233;trole semble prendre la m&#234;me orientation. Les journ&#233;es de mobilisation de cette semaine relanceront l'urgence de ce d&#233;fi : pour continuer il va falloir franchir un cap hors de la l&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Bienvenue aux hackers militants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte actuelle occupe tous les champs d'intervention de la vie sociale&#8230; y compris &#233;lectronique. Une &#233;quipe de pirates informatiques ont p&#233;n&#233;tr&#233; le syst&#232;me interne de gestion de la police militaire (&lt;em&gt;Carabineros&lt;/em&gt;). &#192; force de jouer l'&#233;conomie lib&#233;rale des budgets, cela finit par avoir des cons&#233;quences sur la s&#233;curit&#233; des syst&#232;mes de&#8230; s&#233;curit&#233;, s'en amusent ces militants. C'est leur troisi&#232;me attaque depuis le 18 octobre, mais celle-ci a permis d'acc&#233;der &#224; pr&#232;s de 10 000 dossiers. Ils ont rendu publics des dizaines de documents, d&#233;voilant les d&#233;tails des fiches des agents de la S&#233;curit&#233;, de l'arm&#233;e, mais aussi les enqu&#234;tes de la police politique. Cette affaire des &lt;em&gt;Pacoleaks&lt;/em&gt;, (&lt;em&gt;Paco&lt;/em&gt; en argot veut dire flic ou Cond&#233;) a pris une grande ampleur. L'espionnage de masse des milieux militants n'est pas une surprise mais &#224; cette &#233;chelle, cela en a surpris plus d'un. &#201;coutes t&#233;l&#233;phoniques, filatures, provocations sont au programme. Vis&#233;s, les militants de la cause Mapuche surtout, mais aussi de l'environnement, la direction du syndicat des enseignants (co-dirig&#233; avec des &#233;quipes &#224; la gauche du PC), des militants r&#233;volutionnaires bien entendu. On y apprend aussi l'infiltration et le suivi des organisations libertaires notamment du quartier populaire de Franklyn &#224; Santiago, autour de manifestations pour d&#233;noncer la mort d'une jeune ha&#239;tienne Joanne Florvil. Et cerise sur le g&#226;teau&#8230; la description tr&#232;s d&#233;taill&#233;e d'un conflit dans l'agro-alimentaire qui atteste d'une pr&#233;sence directe d'agents infiltr&#233;s, plus un d&#233;but de liste de syndicalistes &#171; propres &#187; et vrais collaborateurs directs de la police et du patronat. On attend la suite avec gourmandise.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1243 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH420/statue_pinochet-e975b.png?1788112337' width='500' height='420' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;Mi-novembre&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;slogan_centre&#034;&gt;Le temps des man&#339;uvres&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En cette mi-novembre, au bout de 26 jours, l'intensit&#233; et la profondeur du mouvement font &#233;merger les probl&#232;mes d'orientation. Toutes les hypoth&#232;ses sont &#233;voqu&#233;es qui vont du maintien de la pr&#233;sidence actuelle (avec des amendements de la Constitution et quelques concessions sociales) &#224; son renversement et &#224; la mise en place d'une Assembl&#233;e constituante, avec les espoirs, les ambigu&#239;t&#233;s et les quiproquos d'une telle formule. Si la rue impose une pression d&#233;cisive, il n'en demeure pas moins que Pi&#241;era &#8211; aid&#233; indirectement par une opposition parlementaire et syndicale d&#233;sireuse d'une issue l&#233;gale &#8211; fait ouvertement le calcul de l'&#233;puisement du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le jeu des appareils&#8230; et la col&#232;re des secteurs en lutte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les organisations politiques, institutionnelles ou non (m&#234;me les organisations r&#233;volutionnaires ont du mal &#224; se faire une place), sont conspu&#233;es par la population mobilis&#233;e. Aucun d&#233;put&#233; de l'opposition &#171; de gauche &#187; n'a pu se pr&#233;senter ouvertement lors des manifestations, et encore moins en prendre la t&#234;te. La gestion de la gauche sous la pr&#233;sidence Bachelet a laiss&#233; des souvenirs amers : matraquages de la jeunesse en lutte, droits des minorit&#233;s indiennes bafou&#233;es, promesses sur le droit &#224; l'avortement non tenues et reculs sociaux pour le plus grand nombre au nom du r&#233;alisme &#233;conomique. Pi&#241;era a accept&#233; d'envisager une r&#233;&#233;criture de la Constitution par les chambres, s'attirant les bonnes gr&#226;ces de la gauche responsable, et une indiff&#233;rence m&#234;l&#233;e de col&#232;re des secteurs en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le triste jeu parlementaire, auquel le PC se livre avec passion, est le terrain le moins favorable pour satisfaire les revendications des travailleurs, et &#224; ce jour une large majorit&#233; de Chiliens en convient. C'est sur le terrain syndical, sans surprise, que les pressions vers une voie n&#233;goci&#233;e sont les plus sensibles, avec des acteurs qui conservent du poids social et un certain cr&#233;dit politique. L'Union portuaire reste &#224; la pointe du mouvement, entra&#238;nant la Mesa de Unidad Social (la plateforme Unit&#233; sociale regroupant la CUT et des collectifs de lutte) sur un terrain combatif. Mais depuis le 5 novembre, l'int&#233;gration &#224; ce front unitaire des syndicats du P&#233;trole (dirig&#233;s par les d&#233;mocrates chr&#233;tiens) et le syndicat des travailleurs d'&#201;tat (dirig&#233; par les socialistes) a recentr&#233; les revendications sur les n&#233;gociations en supprimant le volet politique (d&#233;mission du Pr&#233;sident et Assembl&#233;e constituante).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un dr&#244;le de &#171; comit&#233; de gr&#232;ve &#187;&#8230; sans les collectifs de lutte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette pression conciliatrice s'ajoute la man&#339;uvre de cr&#233;er un &#171; comit&#233; de gr&#232;ve &#187;, en fait une direction bureautique dirig&#233;e par les appareils syndicaux en excluant les collectifs de lutte. Cette pression produit bien entendu des reculs mais aussi des r&#233;actions. Une coalition de syndicats de l'&#233;lectricit&#233; (installations, distribution, production) s'est constitu&#233;e, regroupant quelques dizaines de milliers d'adh&#233;rents, sur des bases proches de l'Union portuaire dans une d&#233;claration du 9 novembre. En revanche, la position des syndicats du Cuivre (Codelco) li&#233; au secteur public est centrale mais plus mod&#233;r&#233;e que celle des syndicats des sous-traitants, lesquels pr&#244;nent des actions dures d'occupation et de blocages.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'action de la jeunesse&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces man&#339;uvres en coulisse contrastent avec l'activit&#233; transparente des travailleurs et des populations pauvres. Les piquets pour bloquer les routes se sont multipli&#233;s, tout comme les assembl&#233;es et les affrontements. Ce sont les lyc&#233;ens qui ont anim&#233; la premi&#232;re semaine de novembre avec des centaines d'occupations&#8230; et des &#233;vasions collectives de lyc&#233;es catholiques ! Les carabiniers sont intervenus dans les enceintes, ont tir&#233; avec des armes &#224; feu faisant de nombreux bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les actions des lyc&#233;ens ne se cantonnent pas &#224; occuper ni &#224; se d&#233;fendre des forces de l'ordre : ils pr&#234;tent main forte &#224; l'extension du mouvement. Aux actions &#233;voqu&#233;es pr&#233;c&#233;demment, il faut ajouter&#8230; les chansons, les po&#233;sies pour improviser des r&#233;unions dans les bus avec les anciens qui sont hors des r&#233;seaux sociaux. Et par efficacit&#233; aussi. Le compte Instagram de&lt;em&gt; Piensa Prensa&lt;/em&gt;, un site alternatif d'information, a &#233;t&#233; supprim&#233; avec ses 600 000 &lt;em&gt;followers&lt;/em&gt;, il a bien fallu en revenir aux classiques. Et une quantit&#233; de peintures murales, de vid&#233;os amusantes et d&#233;tournements de symboles. Les campus sont ferm&#233;s depuis le d&#233;but du mouvement, ils connaissent une grande activit&#233; au point que les pr&#233;sidences d'universit&#233; veulent avancer les vacances&#8230; et que les &#233;tudiants font gr&#232;ve pour prolonger l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus mesur&#233;s dans leurs actions, cela n'a pas emp&#234;ch&#233; les &#233;tudiants de Santiago de br&#251;ler un p&#244;le universitaire, sous gestion priv&#233;e, qui d&#233;livre des cours de management et de commerce&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeunesse populaire n'est pas en reste : les combats de rue sont quotidiens pour d&#233;fendre les quartiers. &#192; Pe&#241;aolen, une des 34 villes du Grand Santiago, les habitants ont attaqu&#233; le commissariat responsable d'exactions avec des armes &#224; feu faisant six bless&#233;s parmi les policiers. &#192; Arica dans le nord du pays, c'est le local d'un parti pinochetiste qui a &#233;t&#233; saccag&#233; et incendi&#233;. &#192; Concepci&#243;n une pr&#233;fecture a subi le m&#234;me sort. Ces affrontements ont perdur&#233; la semaine enti&#232;re sans discontinuer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les gr&#232;ves ouvri&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations et la gr&#232;ve du mardi 12 novembre expriment toute la force sociale et politique du mouvement ouvrier, et ses limites actuelles. La gr&#232;ve nationale fut tr&#232;s importante par sa surface, par le nombre de secteurs touch&#233;s. Les secteurs les plus mobilis&#233;s furent les travailleurs des ports et l'&#233;crasante majorit&#233; des travailleurs et travailleuses du public (sant&#233;, &#233;ducation, travailleurs d'&#201;tat). Pour les autres ce fut moins visible. Beaucoup de travailleurs n'ont pas pu se rendre sur les lieux de rassemblement faute de transports en bus. Les travailleurs du m&#233;tro soutenaient la gr&#232;ve mais ont pourtant roul&#233; sur quelques lignes pour assurer le transport ; en fait, le gouvernement et le patronat avaient lib&#233;r&#233; toutes les entreprises &#224; 14 heures, presque un lock-out national. Le pays est bloqu&#233;, c'est indiscutable. Les chiffres des gr&#233;vistes donn&#233;s par le gouvernement sont d&#233;risoires (6 % dans l'&#201;ducation alors que les &#233;quipes font des comptages &#224; plus de 70 %), mais l'action limit&#233;e &#224; une seule journ&#233;e touche &#224; ses limites. Les syndicats du Cuivre li&#233;s au secteur d'&#201;tat ont &#171; &#233;conomis&#233; &#187; leur forces selon le discours officiel des dirigeants, mais surtout gard&#233; intact leur pouvoir de n&#233;gocier s&#233;par&#233;ment. Cela suscite une grande m&#233;fiance des travailleurs du rang. Ce corporatisme est souvent d&#233;cri&#233; : sur les murs on voit souvent &lt;em&gt;&#171; Ce mouvement n'est pas pour les primes de fin de conflit (bonos) ! &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir de la gr&#232;ve, en ce 12 novembre, des &#233;quipes militantes ont organis&#233; plusieurs r&#233;unions &#224; plusieurs centaines de militants. Beaucoup, m&#234;me parmi les syndicalistes, ne se reconnaissent pas dans la plateforme d'Unit&#233; sociale. &#192; Santiago, et sans doute ailleurs, on discute parmi ces minorit&#233;s militantes de gr&#232;ve illimit&#233;e. La construction d'une force pour construire ce difficile saut dans l'inconnu est &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;12 novembre &#8211; Le pouvoir cherche un rempla&#231;ant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Pi&#241;era n'est pas seul mais cela y ressemble. Mardi soir 12 novembre &#224; la fin de la journ&#233;e il devait faire une d&#233;claration &#224; 21 heures 30 aux t&#233;l&#233;visions. Rien. Passe presqu'une heure, il parle enfin. Mais ne dit strictement rien. L'id&#233;e premi&#232;re, &#233;tait pourtant claire, loin du vide de cette d&#233;claration. Juste avant celle-ci, il avait convoqu&#233; l'&#233;tat-major, et le week-end pr&#233;c&#233;dent une r&#233;union de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure (&lt;em&gt;Consejo de Seguridad Nacional Cosena&lt;/em&gt;) avec l'arm&#233;e en premier plan. Les r&#233;servistes &#233;taient mobilis&#233;s. Les milieux militants s'attendaient &#224; un retour de l'&#233;tat d'urgence : les affrontements du mardi soir &#224; Santiago avaient &#233;t&#233; tr&#232;s durs, avec des dizaines de milliers d'&#233;meutiers. Les h&#244;pitaux ont &#233;t&#233; d&#233;bord&#233;s par l'afflux de bless&#233;s par chevrotine ; m&#234;me les dispensaires improvis&#233;s par des &#233;tudiants en m&#233;decine n'ont pas suffi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ? L'arm&#233;e a fait filtrer plus tard l'information aupr&#232;s des journalistes : l'&#233;tat-major refusait la demande du pr&#233;sident de ressortir l'arm&#233;e et de proclamer &#224; nouveau l'&#233;tat d'urgence. Les g&#233;n&#233;raux essaient &#224; peu de frais de se racheter une image en se mettant &#224; distance du pr&#233;sident impopulaire. La bourgeoisie chilienne n'a personne &#224; mettre &#224; la place de Pi&#241;era, et cela commence &#224; se voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup d'&#201;tat en Bolivie, le week-end du 11 novembre, marque aussi les esprits au Chili, du moins ceux des minorit&#233;s conscientes. En Bolivie, la chasse aux Indiens, aux opposants, les g&#233;n&#233;raux film&#233;s avec des bibles lors de messes pentec&#244;tistes, la bourgeoisie revancharde qui revient, voil&#224; des images qui marquent : les affrontements majeurs sont peut-&#234;tre devant nous.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;14 novembre&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;slogan_centre&#034;&gt;Le temps de l'ind&#233;cision&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La situation de blocage politique et institutionnel n&#233;cessitait une man&#339;uvre de grande ampleur pour d&#233;tourner la col&#232;re sociale. L'op&#233;ration, puisqu'il s'agit bel et bien d'une op&#233;ration, avait &#233;t&#233; minutieusement pr&#233;par&#233;e. Jeudi 14 novembre, le pouvoir incarn&#233; par Pi&#241;era a mis en sc&#232;ne le dur et le ti&#232;de : une mont&#233;e de la pression avec des d&#233;clarations inqui&#233;tantes sur la r&#233;pression, le d&#233;ploiement ostensible de l'arm&#233;e comme l'infanterie de Marine &#224; Valpara&#237;so, une avalanche de fausses rumeurs sur un putsch en cours qui ont suscit&#233; une vraie panique y compris dans l'immigration chilienne en Europe. Ensuite, ce fut l'annonce du retrait du Pr&#233;sident pendant plus de cinq jours, pour &#233;videmment mettre en valeur une solution institutionnelle tomb&#233;e du ciel. La peur du &lt;em&gt;Cuco&lt;/em&gt; (croquemitaine local) d'un coup d'&#201;tat a un peu march&#233;, mais c'est surtout la concession institutionnelle surprenante et mise en sc&#232;ne qui a marqu&#233; les esprits.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La mascarade de &#171; l'accord de paix &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour ralentir un mois de mobilisations populaires sur l'ensemble du pays, il fallait sortir un atout magistral au moment o&#249; l'on parlait ouvertement &#8211; et au-del&#224; des milieux militants &#8211; de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e. Ce fut donc le 15 novembre un &lt;em&gt;&#171; accord de paix &#187;&lt;/em&gt;, puisque c'est son nom. Un accord entre la majorit&#233; des partis de la Chambre, du gouvernement actuel (avec ses mains pleines de sang et d'argent) et d'une partie de l'opposition de gauche pleine de responsabilit&#233;s et d'amendements. Le&lt;em&gt; Frente Amplio&lt;/em&gt; (cette coalition de la gauche critique, comme ils se pr&#233;sentent) et ses porte-paroles ont mis tout leur poids et leur cr&#233;dit pour obtenir cet accord et &#171; sortir de la crise &#187;.&lt;em&gt; &lt;/em&gt;Le PC et des d&#233;put&#233;s de gauche &#233;cologistes, n'ont pas particip&#233; : ils maintiennent l'id&#233;e d'une destitution (l&#233;gale) du pr&#233;sident. Tout dans ce protocole ne vise qu'&#224; sauver le r&#233;gime et incarner ce qu'on appelle ailleurs en Am&#233;rique latine &lt;em&gt;gatopardismo&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que l'on pourrait traduire par &#171; Gu&#233;pardisme &#187; &#8211; R&#233;f&#233;rence au livre de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;)&lt;/em&gt;, pour dire simplement : &lt;em&gt;&#171; tout changer pour ne rien changer &#187;.&lt;/em&gt; D'abord un accord de paix implique une guerre (ce sont les termes m&#234;mes de Pi&#241;era) ; or l&#224;, on a tir&#233; sur une foule d&#233;sarm&#233;e. Ensuite l'accord pr&#233;voit un pl&#233;biscite en avril 2020 avec deux s&#233;ries de votes. Premi&#232;rement : &lt;em&gt;&#171; Oui ou non, voulez-vous un changement de Constitution ? &#187;&lt;/em&gt;. Deuxi&#232;mement : voulez-vous ce changement de Constitution soit par un vote du Parlement, une consultation du corps &#233;lectoral, ou une solution mixte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, pour sceller cette mascarade, le protocole engage les signataires &#224; reconna&#238;tre la l&#233;galit&#233; constitutionnelle du pouvoir actuel et &#224; exclure son renversement. Le fait de donner l'impression de c&#233;der sur la Constituante, ou plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; la possibilit&#233; d'une r&#233;&#233;criture mod&#233;r&#233;e de la Constitution, a mis pendant 48 heures les mobilisations &#224; l'arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#171; Manger des bulletins de vote en avril ? &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Assez vite pourtant, ce protocole a montr&#233; ses limites (et un discr&#233;dit pour les signataires) : &lt;em&gt;&#171; Renoncer &#224; la d&#233;mission de Pi&#241;era ? &#187;, &#171; Manger des bulletins de vote en avril ? &#187;&lt;/em&gt;, comme disent de nombreux travailleurs dans les r&#233;unions et &lt;em&gt;&#171; Se d&#233;lecter d'ici-l&#224; de promesses ? &#187;&lt;/em&gt; O&#249; sont pass&#233;es les revendications sociales et politiques du mouvement ? Faudrait-il se satisfaire d'un coll&#232;ge mixant parlementaires et soci&#233;t&#233; civile qui rendrait des rapports semestriels et une premi&#232;re mouture de Constitution en octobre ? Il n'a pas fallu deux jours pour constater l'arnaque. Certes, la man&#339;uvre donne un pr&#233;texte aux h&#233;sitants pour se d&#233;mobiliser. Mais Pi&#241;era n'en reste pas moins impopulaire tout comme l'ensemble du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1242 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH411/constitution-d31a2.png?1788112337' width='500' height='411' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Contestations au sein des appareils&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re semaine de novembre a &#233;t&#233; marqu&#233;e par un reflux des manifestations qui ont perdu en nombre (avec tout de m&#234;me deux initiatives comptant plusieurs centaines de milliers de manifestants), ainsi que par une fermentation politique in&#233;dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;em&gt;Frente Amplio&lt;/em&gt; a subi de plein fouet le r&#233;sultat de ses dissensions, entre les calculs de la direction visant une solution institutionnelle et une base d&#233;termin&#233;e &#224; ne pas n&#233;gocier pour si peu. Le maire de Valpara&#237;so, Jorge Sharp, l'a compris le premier. Bien qu'ayant appel&#233; les forces de l'ordre &#224; r&#233;tablir le calme dans sa ville, il a d&#233;missionn&#233; de Convergence sociale (une partie du FA) pour ne pas se discr&#233;diter d&#233;finitivement. Le Parti communiste se divise entre sa vieille garde autour de Carmen Hertz et Guillermo Teillier (l&#233;galiste et soucieuse de pr&#233;server son appareil de d&#233;put&#233;s, de mairies et de client&#232;les &#233;lectorales) d'un c&#244;t&#233;, et de l'autre des secteurs combatifs dans la jeunesse, les milieux populaires et une minorit&#233; syndicale. Si ces divergences ne sont pas rendues publiques, elles se devinent aux h&#233;sitations des d&#233;clarations publiques de la CUT et des organisations larges que le PC influence ; parfois m&#234;me, les annonces sont contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La r&#233;sistance &#224; l'accord institutionnel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;termination des opposants est all&#233;e en se renfor&#231;ant au cours de la semaine. L'Union portuaire en a &#233;t&#233; &#224; la pointe. L'Unit&#233; sociale, constitu&#233;e de 200 organisations syndicales et sociales, s'est rang&#233;e du c&#244;t&#233; du refus des compromis ; la CUT est divis&#233;e, l'Anef (syndicat des travailleurs du public, dirig&#233; par le Parti socialiste) se range aussi du c&#244;t&#233; de ce bloc apr&#232;s un vote tr&#232;s serr&#233; de sa direction. La profondeur de la contestation est telle, qu'elle se r&#233;percute au sein des appareils traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Retour sur le 12 novembre : deux millions de gr&#233;vistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 18 novembre, le Centre de recherche politique et sociale du Travail (CIPSTRA) a rendu publique une &#233;tude r&#233;alis&#233;e aupr&#232;s d'un large panel de syndicalistes et de militants de quartier &#224; propos de la gr&#232;ve du 12 novembre. Les faits sont saisissants, et une fois de plus ont surpris les milieux r&#233;volutionnaires avec une semaine de d&#233;calage. Les manifestations ont eu lieu dans 35 villes, dont 24 ont connu des coupures de route, comme l'embl&#233;matique &lt;em&gt;ruta 5&lt;/em&gt; qui d&#233;verse le flux de marchandises et d'hommes hors de Santiago. Ce sont 253 sites de travail qui ont connu des gr&#232;ves effectives, et des centaines d'autres qui se sont retrouv&#233;s paralys&#233;s, impliquant 130 sections syndicales. Les estimations donnent deux millions de gr&#233;vistes (la plus grande gr&#232;ve depuis 1990, soit un quart de la population active ; pour comparer, cela donnerait en France pr&#232;s de six millions de gr&#233;vistes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Sant&#233; (malgr&#233; les astreintes) a &#233;t&#233; en gr&#232;ve &#224; 90 %&lt;/strong&gt; : depuis le 21 octobre ce secteur lutte pour ses revendications sp&#233;cifiques, mais aussi politiques (acc&#232;s g&#233;n&#233;ralis&#233; aux soins et un budget des services publics rehauss&#233; &#224; 6 % du produit int&#233;rieur brut).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mines de cuivre&lt;/strong&gt; ont vu les travailleurs sous-traitants (organis&#233;s en deux f&#233;d&#233;rations, CTC et FMC) se mettre en lutte massivement, les gr&#233;vistes s'organisant pour bloquer la sortie de la production, tandis que les mineurs sous contrat et travaillant sur site fixe, organis&#233;s par la Codeco, sont rest&#233;s en retrait avec leur f&#233;d&#233;ration FTC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs regroup&#233;s dans &lt;strong&gt;les f&#233;d&#233;rations de commerce&lt;/strong&gt; ont eu des taux de 90 % (distribution, restauration, livraisons, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le secteur du b&#226;timent&lt;/strong&gt; a vu les 25 chantiers les plus importants du pays paralys&#233;s (autour du puissant syndicat Sintec) ; des gr&#232;ves de deux heures ont touch&#233; des centaines d'entreprises plus petites et de sous-traitants. Dans ce secteur, les actions ont combin&#233; gr&#232;ves, occupations, manifestations et affrontements organis&#233;s avec la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le secteur des transports&lt;/strong&gt; a vu trois acteurs dans la gr&#232;ve : &lt;strong&gt;les travailleurs des ports&lt;/strong&gt; ont paralys&#233; 25 des 27 ports du pays (leur place strat&#233;gique dans la circulation des flux a &#233;norm&#233;ment perturb&#233; l'ensemble du tissu industriel du pays) ; &lt;strong&gt;les transports publics&lt;/strong&gt; (le mouvement puissant a connu une grande h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; : &#224; Valpara&#237;so la gr&#232;ve du M&#233;tro fut totale, &#224; Concepci&#243;n ce furent les travailleurs en gr&#232;ve qui bloqu&#232;rent les services et facilit&#232;rent les assembl&#233;es, &#224; Santiago les services ont fonctionn&#233; &#224; moiti&#233; sur une plage horaire restreinte, et les actes de sabotage furent tr&#232;s nombreux) ; enfin, &lt;strong&gt;les transporteurs de marchandises&lt;/strong&gt; sur route (une gr&#232;ve importante des &#233;boueurs &#224; Santiago, mais aussi, plus rares pour &#234;tre signal&#233;es, quelques grandes compagnies ont fait des gr&#232;ves deux heures en bloquant les autoroutes, et le syndicat des transporteurs de Coca Cola a fait la gr&#232;ve de 24 heures dans deux r&#233;gions).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoute la gr&#232;ve des enseignants, en gr&#232;ve &#224; 80 %, celle les travailleurs du public, &#224; 90 %, ainsi que celle des travailleurs des finances, &#224; 40 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le secteur industriel&lt;/strong&gt; fut le moins repr&#233;sent&#233; (mais o&#249; il y a le moins de correspondants) &#224; part les travailleurs du P&#233;trole de Valpara&#237;so et l'Union nationale de l'Agro-industrie du grand Santiago.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi sugg&#233;rer l'existence d'&#233;quipes militantes nouvelles et anciennes, dans un pays o&#249; faire gr&#232;ve n'est pas un acte courant. D'autre part, cela t&#233;moigne sans aucun doute d'une effervescence des discussions (au sein de ces m&#234;mes &#233;quipes et aussi entre elles) en amont et en aval des gr&#232;ves. Les contestataires prennent conscience de leur force.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1240 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH322/chilid-6d3b5.png?1788112337' width='500' height='322' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; D&#233;cembre&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;slogan_centre&#034;&gt;La d&#233;mocratie des riches r&#233;prime et assassine &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre, Pi&#241;era a fait des d&#233;clarations tr&#232;s dures appelant &#224; renforcer le dispositif de r&#233;pression l&#233;gale, en avan&#231;ant le recrutement d'officiers de police (plus 4 000 sur le terrain en suppl&#233;ment et 2 000 d&#232;s cette semaine). Le go&#251;t de l'&#233;preuve de force ne les a jamais quitt&#233;s, n'en d&#233;plaise aux d&#233;mocrates soucieux de vendre une paix civile pour trois fois rien. Cette ligne dure est illustr&#233;e par plusieurs exemples, histoire de marquer les esprits et d'intimider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas de Dauno T&#243;toro, dirigeant du Parti des travailleurs r&#233;volutionnaires (PTR) : il est poursuivi au nom de lois issues directement de la dictature de Pinochet, appel&#233;es lois de S&#233;curit&#233; de l'&#201;tat, pour avoir appel&#233;, comme des millions d'autres, &#224; la d&#233;mission du Pr&#233;sident. La cour a cass&#233; la premi&#232;re proc&#233;dure &#224; l'encontre de ce jeune dirigeant r&#233;volutionnaire ; le gouvernement en a relanc&#233; une autre. Un avertissement destin&#233; aux minorit&#233;s r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viennent ensuite les assassinats. Un jeune tu&#233; sur la &lt;em&gt;Plaza de la Dignidad&lt;/em&gt; (et de &lt;em&gt;la Rebeli&#243;n&lt;/em&gt;, ajoutent les libertaires), et les &lt;em&gt;street medics&lt;/em&gt; qui le r&#233;animaient charg&#233;s par les carabiniers. Quelques heures apr&#232;s &#171; l'accord de paix &#187;&#8230; C'est aussi l'assassinat atroce d'une artiste de rue, assassin&#233;e deux jours apr&#232;s l'&#233;tat d'urgence, et dont le cas commence &#224; &#234;tre connu gr&#226;ce au travail de ses proches et du syndicat des artistes. Elle a &#233;t&#233; tortur&#233;e &#224; mort, viol&#233;e, et pendue aux grilles d'un parc &#224; la vue de tous. Que faisait-elle ? Elle mimait. En silence elle faisait rire petits et grands sur les petites et grandes questions de la vie. Comme les murs le crient : &#171; &lt;em&gt;Elle fermait sa gueule pour ouvrir son c&#339;ur&lt;/em&gt; &#187;. Daniela Carrasco, un morceau de silence d&#233;chir&#233;. Voil&#224; les artistes, les enchanteurs de la vie, pr&#233;venus. C'est aussi le cas de l'assassinat de cette journaliste photographe, Albertina Mariana Mart&#237;nez Burgos, retrouv&#233;e morte le 21 novembre, dont on a vol&#233; &#171; par le plus grand des hasards &#187; tous les dossiers, archives et reportages en cours. Pour les journalistes aussi, c'est l'avant-go&#251;t de la nouvelle Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La jeunesse toujours aux avant-postes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les jeunes qui portent, en ce moment d'ind&#233;cision, l'essentiel de l'activit&#233; sur les campus, les lyc&#233;es, mais aussi dans les entreprises et les quartiers ; avec tous ces &lt;em&gt;NiNi&lt;/em&gt;, comme on les appelle au Chili, ni &#233;tudiants, ni travailleurs. Au bout d'un mois d'intense activit&#233; militante, ils tiennent bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des affrontements avec la police militaire, ils font preuve d'un courage insens&#233; : ils montent sur les v&#233;hicules blind&#233;s en mouvement pour ouvrir les sas et y lancer des grenades lacrymog&#232;nes r&#233;cup&#233;r&#233;es. Avec organisation, ils prot&#232;gent les manifestations en constituant cinq lignes de front : la premi&#232;re re&#231;oit le choc et prot&#232;ge (avec des bidons d'acier coup&#233;s en deux en guise de boucliers pour constituer une ligne) ; une seconde est offensive pour riposter avec des frondes et des cocktails Molotov ; la troisi&#232;me &#233;teint les grenades lacrymog&#232;nes, collecte les projectiles, r&#233;pare les barricades ; la suivante soigne et &#233;vacue les bless&#233;s ; la derni&#232;re ligne distribue de quoi tenir face aux gaz, donne les consignes par m&#233;gaphones. Tout ceci s'op&#232;re &#224; plusieurs milliers, et sur toutes les grandes villes ! Mais ces jeunes aiguisent aussi les consciences dans des assembl&#233;es qui se coordonnent d&#233;j&#224; &#224; Valpara&#237;so et qui se r&#233;unissent maintenant &#224; Santiago en reliant 34 assembl&#233;es de quartier. Ce furent aussi les mobilisations des femmes au cours de la journ&#233;e contre les violences et f&#233;minicides et le d&#233;sormais fameux slam qui a fait le tour du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;termination a permis aux secteurs du monde du travail de reprendre courage. Un compromis a &#233;t&#233; obtenu entre les partisans d'une gr&#232;ve illimit&#233;e et ceux d'une de 48 heures : trois jours de gr&#232;ve nationale, les 25, 26 et 27 novembre, avec diff&#233;rentes modalit&#233;s selon les secteurs. La CUT a tard&#233; &#224; donner sa r&#233;ponse, ses annonces publiques sont confuses et indiquent les fissures entre les directions et la pression de la base. La gr&#232;ve fut cons&#233;quente mais ce sont les travailleurs des secteurs publics (sant&#233; et &#233;ducation) qui ont tenu la rampe, les syndicats du Cuivre restant en retrait et les sections des Unions portuaires de San Antonio (le plus grand port d'exportation) et de Valpara&#237;so n'ont pas coordonn&#233; leur actions.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1241 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH387/chilioeil-7e85b.png?1788112337' width='500' height='387' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;3 d&#233;cembre&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;slogan_centre&#034;&gt;Autant de raisons de continuer la lutte&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re semaine de novembre le mouvement a marqu&#233; une pause, malgr&#233; des manifestations encore importantes mais restreintes aux couches les plus politis&#233;es. Les discussions se poursuivent et le nombre des organisations et collectifs oppos&#233;s &#224; l'op&#233;ration constitutionnelle, la &#171; cuisine &#187; disent les Chiliens, ne cesse de grandir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a l&#226;ch&#233; cinq milliards de dollars pour &#233;teindre la col&#232;re (avec des bons de pr&#232;s de 120 euros par famille), de quoi &#233;ponger quelques dettes, mais rien sur le fond et tout le monde en convient. &#192; la veille de l'&#233;t&#233; austral, cette pause n'est qu'apparente. La bourgeoisie laisse filtrer l'id&#233;e de se d&#233;barrasser de &lt;em&gt;Pi&#241;era&lt;/em&gt;. Sa cote de popularit&#233; de 4 % ne l'aide pas. Il incarne avec sa famille tout un monde ancien qui fait vomir une soci&#233;t&#233; enti&#232;re : son fr&#232;re fut le promoteur des retraites priv&#233;es et des fonds de pensions et conseiller &#233;conomique de la junte militaire ; son cousin Andr&#233;s Chadwick, ancien ministre de l'Int&#233;rieur, est menac&#233; de proc&#232;s pour atteintes aux droits de l'Homme ; et un oncle grand eccl&#233;siastique de l'&#201;glise catholique, est accus&#233; de viols sur mineurs. Mais Sebasti&#225;n Pi&#241;era n'aura pas tout perdu : en d&#233;but de semaine, le 3 d&#233;cembre, le magazine &lt;em&gt;Forbes&lt;/em&gt; a donn&#233; le classement annuel des plus riches : Pi&#241;era gagne plus de 50 places&#8230; le pla&#231;ant d&#233;sormais &#224; la cinqui&#232;me place des Chiliens les plus riches avec une fortune estim&#233;e &#224; 2,8 milliards de dollars. Autant de raisons de continuer la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 6 d&#233;cembre 2019 , Tristan Katz&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;div class=&#034;spip_encadre&#034;&gt;
&lt;strong&gt;&#192; l'heure o&#249; nous bouclons cet article, Santiago a connu hier, vendredi 6 d&#233;cembre, au bout de 50 jours de r&#233;volte, une manifestation de 250 000 participants, avec des affrontements tr&#232;s durs. Le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur signale, pour le grand Santiago, 141 attaques organis&#233;es contre la police dont 41 commissariats. Ils &#233;taient &#233;galement des centaines de milliers dans toutes les villes importantes du pays, Valpara&#237;so, Concepci&#243;n, Antofagasta. Le vote du maintien du syst&#232;me des retraites priv&#233;es, avec le soutien de la d&#233;mocratie chr&#233;tienne, ne va pas dissiper la col&#232;re des travailleurs et des pauvres du Chili.&lt;/strong&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En &#201;quateur, le mouvement initi&#233; le 2 octobre suite &#224; des hausses des carburant par le gouvernement de Lenin Moreno a &#233;t&#233; suivi d'une explosion sociale puis d'un couvre-feu sans pr&#233;c&#233;dent depuis la dictature des ann&#233;es 1970. Le parlement de Quito a &#233;t&#233; pris par les insurg&#233;s, le gouvernement a d&#251; fuir sur Guayaquil, c&#339;ur &#233;conomique du pays, avant un accord et une tr&#234;ve sociale entre le gouvernement et les organisations sociales pr&#233;tendument radicales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Article de Luis Sep&#250;lveda, dans le Monde diplomatique de d&#233;cembre 2019, intitul&#233; &#171; Chili, l'oasis ass&#233;ch&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;El Porte&#241;o de Valpara&#237;so et Werken Rojo de Santiago : ces deux collectifs regroupent des militants trotskistes ind&#233;pendants souvent issus de la Ligue internationale des travailleurs (LIT), des marxistes non affili&#233;s, des syndicalistes implant&#233;s dans la ville portuaire et des militants trotskistes du Comit&#233; pour une Internationale ouvri&#232;re (CIO) &#8211; Socialismo Revolucionario, ainsi que de militants issus de scissions de gauche du Parti socialiste pr&#233;sents dans des secteurs syndicaux, tr&#232;s actifs dans la campagne nationale contre les retraites priv&#233;es, et par ce biais pr&#233;sents dans l'Unidad Social).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Que l'on pourrait traduire par &#171; Gu&#233;pardisme &#187; &#8211; R&#233;f&#233;rence au livre de Lampedusa, Le Gu&#233;pard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le poids du pass&#233;, les nouvelles t&#226;ches
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-poids-du-passe-les-nouvelles-taches</link>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Chili
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		<description>Le mythe national &lt;br /&gt;La devise de la r&#233;publique du Chili, d&#233;clin&#233;e sur les monuments publics et les monnaies, est &#171; Por la raz&#243;n o por la fuerza &#187;, par la raison ou par la force ; mais los rotos (&#8216;les moins que rien') savent que ce ne fut jamais la raison qui pr&#233;valu dans cette r&#233;publique des riches. Pourtant, alors que les in&#233;galit&#233;s sont patentes et l'intervention des masses &#233;clatante, l'id&#233;e de lutte des classes n'est pas si partag&#233;e, tant p&#232;se le poids du nationalisme. &lt;br /&gt;Born&#233; par&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Le mythe national&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La devise de la r&#233;publique du Chili, d&#233;clin&#233;e sur les monuments publics et les monnaies, est &#171; &lt;em&gt;Por la raz&#243;n o por la fuerza &lt;/em&gt; &#187;, par la raison ou par la force ; mais &lt;em&gt;los rotos&lt;/em&gt; (&#8216;les moins que rien') savent que ce ne fut jamais la raison qui pr&#233;valu dans cette r&#233;publique des riches. Pourtant, alors que les in&#233;galit&#233;s sont patentes et l'intervention des masses &#233;clatante, l'id&#233;e de lutte des classes n'est pas si partag&#233;e, tant p&#232;se le poids du nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Born&#233; par le d&#233;sert le plus aride au monde au nord, les froides terres australes au sud, ench&#226;ss&#233; entre l'oc&#233;an Pacifique et la barri&#232;re min&#233;rale de la cordill&#232;re des Andes, le Chili se vit comme une &#238;le. Cette configuration g&#233;ographique a aid&#233; la bourgeoisie chilienne &#224; creuser la distance avec les autres peuples et nations voisines en formation, malgr&#233; la proximit&#233; d'une langue commune. Au-del&#224; du r&#233;cit national de l'ind&#233;pendance, le Chili a &#233;t&#233; fait par le sang et les guerres (contre les Mapuche au sud pendant trois si&#232;cles, contre la Bolivie et le P&#233;rou avec la conqu&#234;te des zones de salp&#234;tre et plus tard de cuivre dans le Nord). Cette expansion a consolid&#233; la naissance d'une bourgeoisie ins&#233;r&#233;e depuis toujours dans les grands cycles du march&#233; mondial. Mais la greffe espagnole, bient&#244;t suivie dans le dernier tiers du xixe si&#232;cle d'un peuplement europ&#233;en du Nord, s'est faite sur la d&#233;faite des peuples originaires. En d&#233;pit de ce consensus national et catholique, restent le m&#233;tissage et la part indienne du Chili. Rompre les liens avec la bourgeoisie, qu'incarne ce nationalisme ombrageux, est vital pour r&#233;aliser l'unit&#233; des travailleurs &#224; l'int&#233;rieur du pays (en reconnaissant dans les faits cette identit&#233; plurinationale). Mais aussi au regard du prol&#233;tariat des autres nations de l'Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nationalisme n'est pas seulement visible dans les matchs de football, il est inscrit largement dans la vie sociale du pays : la x&#233;nophobie &#224; l'&#233;gard des Boliviens, P&#233;ruviens, &#201;quatoriens et plus r&#233;cemment Ha&#239;tiens l'atteste chaque jour. La perspective d'&#201;tats-Unis socialistes d'Am&#233;rique n&#233;cessiterait des gestes forts de la part d'un mouvement des exploit&#233;s du Chili : comme, par exemple, permettre &#224; la Bolivie l'acc&#232;s &#224; l'oc&#233;an Pacifique pour d&#233;senclaver ce pays d&#233;pec&#233; avec la complicit&#233; active des puissances imp&#233;rialistes. Et si &#224; ce sujet on ajoute la question des droits des Mapuche, voil&#224; la recette pour g&#226;cher bien des repas de famille.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le mythe r&#233;publicain et d&#233;mocratique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a l'id&#233;alisation par la droite, mais aussi par la gauche, du caract&#232;re r&#233;publicain et d&#233;mocratique du Chili, dont le coup d'&#201;tat de 1973 n'aurait &#233;t&#233; qu'un accident. Pourtant le Chili a connu tous les r&#233;gimes possibles. Ses Constitutions successives ont &#233;t&#233; b&#226;ties sur le d&#233;ni des droits des peuples opprim&#233;s et par une guerre de classe violente men&#233;e par la bourgeoisie depuis sa naissance contre tous les exploit&#233;s, quelles que fussent leurs origines. Ex&#233;cutions sommaires, extermination syst&#233;matique, massacres de gr&#233;vistes comme celui de l'&#233;cole Santa Mar&#237;a de Iquique o&#249; furent massacr&#233;s en 1907 plus de 3 000 mineurs avec leurs &#233;pouses et enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce mythe d&#233;mocratique s'ajoute bien s&#251;r la trag&#233;die du gouvernement de l'Unit&#233; populaire (1970-1973). Soutenu par un gouvernement de coalition de la gauche et d'un secteur de la d&#233;mocratie chr&#233;tienne, Allende avait pr&#233;tendu trouver une voie pacifique vers le socialisme. Son programme social, pourtant mod&#233;r&#233;, a trouv&#233; la bourgeoisie chilienne sur son chemin. Forte de son exp&#233;rience sanglante pass&#233;e, du contexte de guerre froide de lutte contre le communisme, de l'appui de sa presse, desdites classes moyennes et des conseils avis&#233;s du gouvernement am&#233;ricain, la fin brutale et sanglante &#233;tait &#233;crite. Au point que tous les t&#233;moins et militants savaient l'imminence d'un coup d'&#201;tat. La gauche n'a pas mis&#233; sur la mobilisation des travailleurs mais sur les institutions, la l&#233;galit&#233; plut&#244;t que les comit&#233;s ouvriers (&lt;em&gt;cordones industriales&lt;/em&gt;). Pour &#171; &#233;viter la guerre civile &#187; il fallait&#8230; &#171; d&#233;sarmer les travailleurs &#187;, disaient bruyamment les socialistes et les communistes, avec les mots d&#233;mocratie et l&#233;galit&#233; plein la bouche. Le r&#233;sultat fut terrible. Au Chili mais aussi dans le reste de l'Am&#233;rique latine qui se couvrit de dictatures. C'est que les bourgeoisies du continent prennent la lutte des classes au s&#233;rieux : de 1973 &#224; 1985 plus de 350 000 militants de gauche (ou suppos&#233;s) furent assassin&#233;s du Rio Bravo &#224; la Patagonie, dont plus de la moiti&#233; en Am&#233;rique centrale et plus de 30 000 en Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Ce qui se discute aujourd'hui parmi les militants r&#233;volutionnaires chiliens&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les illusions se sont pay&#233;es tr&#232;s cher, par plus d'une g&#233;n&#233;ration. Le l&#233;galisme, le dialogue et le r&#233;formisme ne font plus recette. Reste &#224; fixer les nouvelles t&#226;ches du profond soul&#232;vement social et politique actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, l'aspiration &#224; une authentique repr&#233;sentation d&#233;mocratique de la population se cristallise derri&#232;re la revendication d'une assembl&#233;e constituante, semble-t-il assez largement partag&#233;e. En sachant que chacun met ce qu'il souhaite sous ce mot d'ordre flou. Les assembl&#233;es (cabildos) qui essaiment d&#233;sormais dans le pays pourront-elles pr&#233;figurer de nouveaux contrepouvoirs populaires, jusqu'&#224; se coordonner au niveau national en instaurant un authentique double pouvoir&#8230; et ses suites r&#233;volutionnaires ? Pour l'heure, on en est loin, bien s&#251;r. Reste qu'il existe aujourd'hui de nombreux militants r&#233;volutionnaires, dont trotskistes, dont bon nombre n'ont d'ailleurs plus d'appartenance de groupe, mais qui disposent d'une grande exp&#233;rience et ont pour la plupart tir&#233; les le&#231;ons des ann&#233;es 1970. L&#224; o&#249; ils sont, dans la chaleur de la lutte politique des travailleurs et de la jeunesse, il est sans doute &#224; leur port&#233;e d'inspirer cette d&#233;mocratie &#224; la base. Resterait bien s&#251;r &#224; &#233;laborer un programme politique r&#233;volutionnaire, avec comme fil rouge le contr&#244;le par les travailleurs des &#233;pisodes politiques en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations militantes se c&#244;toient et pourraient faire fusionner leurs exp&#233;riences et offrir de v&#233;ritables perspectives politiques r&#233;volutionnaires. Apr&#232;s tout, c'est aussi dans ces circonstances que peut se cr&#233;er un parti r&#233;volutionnaire capable de se mettre &#224; la t&#234;te d'un tel tsunami social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T.K.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La croissance &#233;conomique au c&#339;ur de la polarisation sociale, de l'explosion des in&#233;galit&#233;s
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-croissance-economique-au-coeur-de-la-polarisation-sociale-de-l-explosion-des</link>
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Chili
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		<description>L'insertion du Chili au march&#233; mondial, son insularit&#233;, en a fait un laboratoire pour les apprentis sorciers de la mondialisation capitaliste. Cette puissance agricole et de mati&#232;res premi&#232;res, du charbon, en passant plus tard par le salp&#234;tre, puis le cuivre et aujourd'hui le lithium, en fait un pays riche peupl&#233; de pauvres, une puissance interm&#233;diaire dans la concurrence internationale. Le pays et son mod&#232;le &#233;conomique dit n&#233;olib&#233;ral a &#233;t&#233; vant&#233; par tous les gouvernements&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'insertion du Chili au march&#233; mondial, son insularit&#233;, en a fait un laboratoire pour les apprentis sorciers de la mondialisation capitaliste. Cette puissance agricole et de mati&#232;res premi&#232;res, du charbon, en passant plus tard par le salp&#234;tre, puis le cuivre et aujourd'hui le lithium, en fait un pays riche peupl&#233; de pauvres, une puissance interm&#233;diaire dans la concurrence internationale. Le pays et son mod&#232;le &#233;conomique dit n&#233;olib&#233;ral a &#233;t&#233; vant&#233; par tous les gouvernements conservateurs pour ses r&#233;gressions sociales : droit du travail minimum et retraites priv&#233;es, avec le d&#233;sormais syst&#232;me plan&#233;taire de fonds de pension. Mais le terme n&#233;olib&#233;ral est trompeur puisqu'il sous entend une disparition du r&#244;le de l'&#201;tat au profit des m&#233;canismes purs du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Au xixe si&#232;cle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Or le Chili s'est construit autour de l'&#201;tat bourgeois n&#233; imm&#233;diatement apr&#232;s l'Ind&#233;pendance, pr&#233;c&#233;dant la formation de la nation chilienne, d'abord comme acteur &#233;conomique et toujours comme garant d'un compromis de classe favorable &#224; l'oligarchie. Le pays avait exp&#233;riment&#233; au d&#233;but du xixe si&#232;cle, sous la pr&#233;sidence de Diego Portales, une modernisation autoritaire par le haut anticipant de quarante ans le mod&#232;le allemand de Bismarck. Mais aussi des exp&#233;riences bas&#233;es sur la stimulation de la demande, &#224; la fin du xixe et avant la Seconde Guerre mondiale, toujours sous l'autorit&#233; de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Sous l'Unit&#233; populaire en 1972&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Moins connue, l'exp&#233;rience de cybern&#233;tique &#233;conomique initi&#233;e par l'Unit&#233; populaire en 1972, avec programmation informatique, gestion &#224; distance de la demande, organisation de cha&#238;nes logistiques. Ces innovations de &#171; gauche &#187; pr&#233;figurent ce que deviendront les r&#233;seaux sociaux, et les commandes d'achats &#224; distance, les forums de discussion. Il y avait l&#224;, venant de la part des r&#233;formistes bien entendu, la volont&#233; de minimiser le poids des transporteurs (oppos&#233;s &#224; l'Unit&#233; populaire) mais surtout de r&#233;guler par l'&#201;tat les besoins sociaux des travailleurs sans leur intervention consciente.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Du coup d'&#201;tat de Pinochet&#8230; &#224; 2019&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsqu'on parle d'&#233;conomie chilienne, ce sont les exp&#233;rimentations des &#233;conomistes de l'&#233;cole de Chicago et dudit miracle &#233;conomique qui viennent &#224; l'esprit. Pour r&#233;aliser ce programme, il a fallu, avec l'aide de la CIA, un coup d'&#201;tat en 1973, qui n'est pas &#224; proprement parler un retrait&#8230; de l'&#201;tat. Ce putsch a constitu&#233; une restauration dictatoriale de l'ancien ordre social, un renforcement du pouvoir politique central et le pari fr&#233;n&#233;tique de la bourgeoisie chilienne de trouver sa place sur le march&#233; mondial. De la plus brutale des fa&#231;ons, l'&#201;tat a pu aider la bourgeoisie &#224; discipliner la force de travail en &#233;clatant les droits sociaux et les cadres de d&#233;fense collective, &#224; r&#233;duire le poids social et politique de la classe ouvri&#232;re industrielle, &#224; d&#233;velopper les m&#233;canismes financiers d'endettement priv&#233;, &#224; moderniser le syst&#232;me bancaire, &#224; privatiser tout ce qui est possible et imaginable. L'eau est priv&#233;e au Chili, et avec humour on dit encore qu'il est plus facile d'ouvrir une &#233;cole priv&#233;e qu'une boucherie, cette derni&#232;re n&#233;cessitant au moins un certificat v&#233;t&#233;rinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise sociale actuelle n'est pas un sympt&#244;me d'un mauvais fonctionnement du capitalisme chilien. Au contraire, il produit croissance des profits, des in&#233;galit&#233;s en cascade, pillage de la nature, au b&#233;n&#233;fice d'une minorit&#233;. Et l'&#201;tat garantit cet ordre social, c'est bien normal puisqu'il s'agit d'un &#201;tat bourgeois et non d'une institution neutre. Aujourd'hui la Banque centrale du Chili injecte 20 milliards de dollars pour soutenir le peso, et les carabiniers agissent avec fermet&#233; pour assurer cet &#233;quilibre. La croissance &#233;conomique est au c&#339;ur de cette polarisation sociale. Entre 1985 et 2017, le PIB par habitant a cr&#251; de 3,5 % (&#224; l'exception des ann&#233;es 1999 et 2009), la pauvret&#233; absolue (moins de 5,5 dollars par jour) a recul&#233;, passant de 30 % en 2000 &#224; 6,4 % en 2017, mais le travail pr&#233;caire repr&#233;sente 40 % de la force de travail. Les in&#233;galit&#233;s ont explos&#233; en revanche, les 10 % les plus riches gagnent 32 fois plus que les 10 % les plus pauvres et la majeure partie du patrimoine national repose sur quelques familles. Le po&#232;te chilien Nicanor Parra (1914-2018) le r&#233;sumait avec humour, et c'est devenu un adage : &lt;em&gt;&#171; deux personnes ont deux pains, l'une mange les deux et la moyenne fait un pain pour chacune, voil&#224; le Chili &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie est si consciente du r&#244;le de l'&#201;tat qu'elle nous le rappelle avec la r&#233;pression, mais aussi avec les avantages qu'elle procure &#224; son personnel politique. L'historien chilien marxiste Gabriel Salazar parle d'une v&#233;ritable classe politique, et non d'&#233;lite, depuis la naissance de la R&#233;publique. S'il force un peu le trait, bien des exemples lui donnent plut&#244;t raison : la retraite des pr&#233;sidents chiliens est sup&#233;rieure &#224; celle des pr&#233;sidents am&#233;ricains, le pr&#233;sident du S&#233;nat touche plus que le roi d'Espagne, la retraite des militaires&#8230; est publique (l'arm&#233;e touche presque un dixi&#232;me des revenus du cuivre pour se financer), et les d&#233;put&#233;s chiliens touchent 24 000 dollars de traitement (contre pr&#232;s de 6 500 en France). Bref, un &#201;tat bourgeois exemplaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T.K.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Chile Despert&#243; (le Chili s'est r&#233;veill&#233;) en quelques dates
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Chile-Desperto-le-Chili-s-est-reveille-en-quelques-dates</link>
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		<dc:subject>Monde
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		<description>14-17 octobre : d&#233;but des op&#233;rations de fraudes massives des lyc&#233;ens qui prennent de l'ampleur, le 17 avec des difficult&#233;s mais un &#233;cho de plus en plus favorable. 18 octobre : d&#233;but des affrontements massifs avec la Police du m&#233;tro : le mouvement devient massif, populaire, en impliquant des milliers de participants. Blocage du m&#233;tro, et successions d'incendies. 19 octobre : &#201;tat d'urgence pour la premi&#232;re fois depuis la fin de la dictature en 1990. 20 octobre : d&#233;claration du&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 14-17 octobre : d&#233;but des op&#233;rations de fraudes massives des lyc&#233;ens qui prennent de l'ampleur, le 17 avec des difficult&#233;s mais un &#233;cho de plus en plus favorable.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 18 octobre : d&#233;but des affrontements massifs avec la Police du m&#233;tro : le mouvement devient massif, populaire, en impliquant des milliers de participants. Blocage du m&#233;tro, et successions d'incendies.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 19 octobre : &#201;tat d'urgence pour la premi&#232;re fois depuis la fin de la dictature en 1990.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 20 octobre : d&#233;claration du pr&#233;sident Pi&#241;era : &#171; Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant et implacable, qui ne respecte rien ni personne, et avec une violence sans limites &#187;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 25 octobre : la plus grande manifestation nationale qu'ait connu le Chili, plus d'un million &#224; Santiago.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 30 octobre : Cop 25 au Chili et APEC annul&#233;es.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 10 novembre : premi&#232;res ouvertures sur une nouvelle Constitution.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 12 novembre : succ&#232;s de la grande gr&#232;ve nationale interprofessionnelle.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 15 novembre : accord entre les partis qui soutiennent le gouvernement et l'opposition parlementaire (&#224; l'exception du PC) pour une proc&#233;dure et un calendrier pour la r&#233;&#233;criture de la Constitution et la reconnaissance du caract&#232;re l&#233;gal et l&#233;gitime des mesures de r&#233;pression.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 23 novembre : excuses de Pi&#241;era pour &#171; les exc&#232;s &#187; et reconnaissance officielle de 23 victimes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 24 novembre : &#224; nouveau les militaires dans la rue mais sans &#201;tat d'urgence.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 6 d&#233;cembre : une manifestation de 250 000 participants, avec des affrontements tr&#232;s durs.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#192; Santiago : 141 attaques organis&#233;es contre la Police dont 41 commissariats.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Des centaines de milliers dans toutes les villes importantes du pays, Valpara&#237;so, Concepci&#243;n, Antofagasta.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Glossaire et carte
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		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Glossaire-11880</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Chili
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		<description>La Centrale unitaire des travailleurs (CUT) fut recr&#233;&#233;e en 1988. C'est la conf&#233;d&#233;ration syndicale la plus importante du Chili. Forte de pr&#232;s de 500 000 membres, elle est tr&#232;s implant&#233;e dans les secteurs publics, la sant&#233;, les banques. La Mesa de Unidad Social : plateforme d'organisations syndicales dont la CUT, le syndicat de l'&#201;ducation, les syndicats de la Sant&#233;, l'Union portuaire entre autres, et pr&#232;s de 200 organisations de lutte, associations nationales et locales r&#233;unissant&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;La Centrale unitaire des travailleurs (CUT) &lt;/strong&gt; fut recr&#233;&#233;e en 1988. C'est la conf&#233;d&#233;ration syndicale la plus importante du Chili. Forte de pr&#232;s de 500 000 membres, elle est tr&#232;s implant&#233;e dans les secteurs publics, la sant&#233;, les banques.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;La Mesa de Unidad Social&lt;/strong&gt; : plateforme d'organisations syndicales dont la CUT, le syndicat de l'&#201;ducation, les syndicats de la Sant&#233;, l'Union portuaire entre autres, et pr&#232;s de 200 organisations de lutte, associations nationales et locales r&#233;unissant les collectifs contre les retraites priv&#233;es, les groupes &#233;cologistes radicaux de d&#233;fense des biens communs comme l'eau, des r&#233;seaux de d&#233;fense des droits des peuples originaires, des r&#233;seaux de locataires, etc.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Le Parti communiste&lt;/strong&gt; : si l'organisation n'a plus l'audience de masse du temps de l'Unit&#233; populaire, elle garde un cr&#233;dit politique du fait de sa r&#233;sistance (y compris arm&#233;e) &#224; la dictature et de l'implication de nombre de ses militants dans des luttes, comme Camila Vallejo ex-dirigeante &#233;tudiante aujourd'hui d&#233;put&#233;e. Cependant le parti a connu une institutionnalisation depuis le gouvernement de gauche de Bachelet : int&#233;gration dans les mairies (client&#233;lisme et fonctionnaires municipaux), les syndicats de travailleurs et d'&#233;tudiants. 50 000 membres dont pr&#232;s d'un tiers avec des mandats.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Le Frente Amplio (Front large)&lt;/strong&gt; est une coalition &#233;lectorale regroupant des scissions du PC et du PS, allant de l'extr&#234;me gauche au r&#233;formisme lib&#233;ral. Se pose comme une troisi&#232;me force (16 % en 2017 aux &#233;lections l&#233;gislatives), pour casser l'alternance. Des porte-paroles connus, issus du mouvement &#233;tudiant de 2006. Avec une ligne proche de Podemos en Espagne, elle garde un certain prestige politique mais est entr&#233;e dans une crise profonde depuis l'approfondissement du mouvement.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;L'Union portuaire (Union Portuaria de Chile&lt;strong&gt; &lt;em&gt; - &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;UPCH)&lt;/strong&gt; : regroupe les syndicats de 24 ports et terminaux du Chili, organisant les dockers, les travailleurs de la logistique, les chauffeurs. Dans un pays int&#233;gr&#233; au march&#233; mondial par les voies maritimes du Pacifique, ils ont un r&#244;le cl&#233; dans la circulation des marchandises. Si San Antonio est le plus grand port et la plus importante section, c'est celle de Valpara&#237;so &#8211; anim&#233;e par la gauche syndicale ind&#233;pendante du PC et PS &#8211; qui a la ligne la plus combative et qui refuse la sortie institutionnelle de la crise &#224; ce jour.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1245 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/jpg/cartechili.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH876/cartechili-bcb1a.jpg?1788112337' width='500' height='876' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La r&#233;pression
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		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-repression</link>
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		<dc:subject>R&#233;pression
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Chili
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		<description>L'&#233;tat d'urgence a &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233; le 18 octobre pendant quelques jours, dans onze r&#233;gions dont tous les grands centres urbains qui ont subi un couvre-feu, parfois d&#232;s 18 heures ; la capitale Santiago est alors pass&#233;e sous le commandement direct de l'arm&#233;e. Le bilan provisoire est difficile &#224; &#233;valuer avec pr&#233;cision, et les organisations sociales enregistrent seulement les plaintes enregistr&#233;es et les faits sourc&#233;s et recoup&#233;s. Cela explique leur tr&#232;s probable sous-estimation assum&#233;e pour&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;tat d'urgence a &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233; le 18 octobre pendant quelques jours, dans onze r&#233;gions dont tous les grands centres urbains qui ont subi un couvre-feu, parfois d&#232;s 18 heures ; la capitale Santiago est alors pass&#233;e sous le commandement direct de l'arm&#233;e. Le bilan provisoire est difficile &#224; &#233;valuer avec pr&#233;cision, et les organisations sociales enregistrent seulement les plaintes enregistr&#233;es et les faits sourc&#233;s et recoup&#233;s. Cela explique leur tr&#232;s probable sous-estimation assum&#233;e pour assurer leur cr&#233;dibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;nombre pr&#232;s de 26 morts (dont une partie au cours d'incendies provoqu&#233;s par l'arm&#233;e, les vigiles lors d'op&#233;rations de saisie populaires dans des magasins alimentaires ou de v&#234;tements), pr&#232;s de 2 000 bless&#233;s par armes &#224; feu, 241 cas d'&#233;nucl&#233;ation suite aux tirs &#224; la chevrotine, 106 cas de viols, 517 cas de tortures, plus de 18 000 arrestations selon un rapport publi&#233; dans le journal conservateur &lt;em&gt;El Mercurio &lt;/em&gt;le 4 d&#233;cembre. L'usage de l'&#233;tat d'urgence, une premi&#232;re depuis la fin de la dictature, le d&#233;ploiement de pr&#232;s de 10 000 soldats auxquels s'ajoute le corps de la police militaire (&lt;em&gt;Carabineros&lt;/em&gt;) de sinistre m&#233;moire, donnent la mesure du danger pressenti par la bourgeoisie chilienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres sont le plancher, v&#233;rifi&#233; par des enqu&#234;tes, et sont largement en dessous des chiffres r&#233;els qui seront reconstitu&#233;s plus tard. Bien des bless&#233;s ne sont pas venus aux services des urgences pour des raisons de budget ou de s&#233;curit&#233;, des ex&#233;cutions sommaires ont pu &#234;tre document&#233;es dans les banlieues pauvres, des enl&#232;vements provisoires de militants ont &#233;t&#233; mis en sc&#232;ne. Le potentiel de l'appareil d'&#201;tat n'a pas &#233;t&#233; encore pleinement d&#233;ploy&#233;. Reste l'alternative d'un v&#233;ritable raz-de-mar&#233;e prol&#233;tarien, d'une rupture radicale avec l'ordre social issu de la dictature de Pinochet (1973-1988).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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