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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> O&#249; va le Venezuela ?
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		<dc:subject>Monde
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		<description>La panne d'&#233;lectricit&#233; qui a commenc&#233; le 7 mars au Venezuela a plong&#233; une grande partie du pays dans le noir pendant plusieurs jours, et plus d'une semaine apr&#232;s, le courant n'est pas r&#233;tabli partout. &lt;br /&gt;Cette panne intervient alors que le pays conna&#238;t une situation &#233;conomique et sociale particuli&#232;rement dramatique. Mais aussi dans le contexte d'un affrontement entre le pouvoir de Nicol&#225;s Maduro, le successeur de Hugo Ch&#225;vez mort en 2013, et une opposition men&#233;e par Juan Guaid&#243;, qui&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La panne d'&#233;lectricit&#233; qui a commenc&#233; le 7 mars au Venezuela a plong&#233; une grande partie du pays dans le noir pendant plusieurs jours, et plus d'une semaine apr&#232;s, le courant n'est pas r&#233;tabli partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette panne intervient alors que le pays conna&#238;t une situation &#233;conomique et sociale particuli&#232;rement dramatique. Mais aussi dans le contexte d'un affrontement entre le pouvoir de Nicol&#225;s Maduro, le successeur de Hugo Ch&#225;vez mort en 2013, et une opposition men&#233;e par Juan Guaid&#243;, qui s'est autoproclam&#233; pr&#233;sident l&#233;gitime du Venezuela le 23 janvier dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juan Guaid&#243; pr&#233;side l'Assembl&#233;e nationale o&#249; domine une coalition de partis de droite, la MUD, depuis 2015. Son parti, Volont&#233; Populaire, compte parmi ses leaders ceux qui d&#233;j&#224; en 2002 avaient tent&#233; un putsch contre le gouvernement de Ch&#225;vez, au pouvoir depuis les &#233;lections de 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit Trump, Macron, l'Union europ&#233;enne ou les pays de l'accord de Lima, tous ont reconnu Guaid&#243; comme calife &#224; la place du calife et se font les chantres de la d&#233;mocratie et de l'urgence humanitaire. Ils m&#232;nent actuellement une pression politique, les USA en premier lieu, pour mettre &#224; bas le r&#233;gime de Maduro. Trump et Mike Pence, son vice-pr&#233;sident, y vont de leurs d&#233;clarations va-t-en-guerre, demandant la chute du r&#233;gime par tous les moyens, mena&#231;ant y compris d'une intervention militaire m&#234;me si celle-ci reste une menace en parole (certainement trop risqu&#233; politiquement et militairement).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Avant et au temps d'Hugo Ch&#225;vez
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Venezuela
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		<description>Hugo Ch&#225;vez a &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident pour la premi&#232;re fois en 1998, apr&#232;s une p&#233;riode marqu&#233;e par la crise de la dette en Am&#233;rique latine, par l'explosion des in&#233;galit&#233;s suite &#224; des plans d'aust&#233;rit&#233; et par des affrontements sociaux durs. &lt;br /&gt;Apr&#232;s le choc p&#233;trolier de 1974 : &lt;br /&gt;la &#171; Venezuela Saudita &#187;, un mod&#232;le de d&#233;mocratie pour les riches &lt;br /&gt;Le Venezuela avait connu une p&#233;riode assez faste dans les ann&#233;es 1970, surtout apr&#232;s le premier choc p&#233;trolier de 1974 qui avait fait s'envoler le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Hugo Ch&#225;vez a &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident pour la premi&#232;re fois en 1998, apr&#232;s une p&#233;riode marqu&#233;e par la crise de la dette en Am&#233;rique latine, par l'explosion des in&#233;galit&#233;s suite &#224; des plans d'aust&#233;rit&#233; et par des affrontements sociaux durs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Apr&#232;s le choc p&#233;trolier de 1974 :
&lt;p&gt;la &#171; Venezuela Saudita &#187;, un mod&#232;le de d&#233;mocratie pour les riches&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Venezuela avait connu une p&#233;riode assez faste dans les ann&#233;es 1970, surtout apr&#232;s le premier choc p&#233;trolier de 1974 qui avait fait s'envoler le prix du p&#233;trole, ce qui lui a valu le surnom de &#171; Venezuela Saudita &#187; (en r&#233;f&#233;rence &#224; l'Arabie Saoudite). Son &#233;conomie et le budget de l'&#201;tat, totalement d&#233;pendant des exportations de p&#233;trole et des redevances qui en d&#233;coulaient &#233;taient soumis aux al&#233;as du prix de l'or noir. Durant cette p&#233;riode dite faste, des programmes sociaux avaient pu &#234;tre mis en place, logement, sant&#233; ou subvention de produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; pour les classes populaires. Mais le pays est rest&#233; tr&#232;s in&#233;galitaire et c'est surtout la bourgeoisie qui s'est enrichie. Apr&#232;s la fin de la dictature militaire en 1958, un syst&#232;me d'alternance politique &#224; l'am&#233;ricaine gouvernait. Les responsables des deux partis qui se partageaient le pouvoir, l'AD (Action d&#233;mocratique, social-d&#233;mocrate) et le Copei (Comit&#233; d'organisation politique &#233;lectorale ind&#233;pendante, d&#233;mocrate-chr&#233;tien), ont profit&#233; de cette p&#233;riode pour se servir all&#232;grement dans les caisses de l'&#201;tat tout en continuant d'exercer une violence politique contre toute opposition. M&#234;me la &#171; nationalisation &#187; du secteur p&#233;trolier en 1976 (avec indemnisations substantielles aux majors) a &#233;t&#233; en fait une mani&#232;re de faire de la compagnie PDVSA (P&#233;troles du Venezuela SA) une sorte de multinationale, avec des filiales &#224; l'&#233;tranger, comme le r&#233;seau de distribution Citgo aux USA, qui ne payaient pas d'imp&#244;ts au Venezuela et qui ont servi notamment &#224; Carlos Andr&#233;s P&#233;rez, de l'AD, &#224; alimenter des comptes secrets personnels aux USA. La corruption, l'enrichissement personnel qui aujourd'hui gangr&#232;ne l'&#201;tat et l'arm&#233;e v&#233;n&#233;zu&#233;lienne d'autant plus que la crise s'approfondit, ne sont pas une nouveaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;En 1989, la r&#233;volte populaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1980, le pays se retrouve hypoth&#233;qu&#233;, les banques et le FMI ont exig&#233; le remboursement des dettes (comme dans beaucoup de pays dits du tiers monde notamment en Am&#233;rique latine). C'est suite aux privatisations sauvages et &#224; la mise en place d'un s&#233;v&#232;re plan d'aust&#233;rit&#233; au Venezuela &#8211; doublement des prix dans les services publics, de l'essence, des transports &#8211; que la r&#233;volte (le &lt;em&gt;Caracazo&lt;/em&gt;) va &#233;clater. En f&#233;vrier 1989, dans les cinq plus grandes villes, des &#233;meutes &#233;clatent &#224; l'annonce du doublement des tarifs des bus, des manifestations, des pillages de supermarch&#233;s, etc. La r&#233;pression a fait 300 morts officiellement, mais plus de 2 000 d'apr&#232;s certaines estimations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Hugo Ch&#225;vez, des armes aux urnes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cela va ouvrir une p&#233;riode d'instabilit&#233; sociale o&#249; le retour des militaires au pouvoir est envisag&#233; comme avant 1958. Mais cette fois-ci, c'est une organisation d'officiers subalternes, le MBR (mouvement bolivarien r&#233;volutionnaire), cr&#233;&#233; en 1982, dont le chef est Hugo Ch&#225;vez, avec un discours tourn&#233; vers les masses pauvres, qui va faire une tentative de putsch en 1992. Ch&#225;vez se retrouve en prison avec 1 200 autres militaires. Lib&#233;r&#233; en 1994, jouissant d'une popularit&#233; croissante, il se candidate aux pr&#233;sidentielles de 1998 &#224; la t&#234;te de son parti rebaptis&#233; &#171; Mouvement pour la 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique &#187; en s'associant des petits partis de gauche dans un front patriotique et gagne &#224; 57 %, alors que les partis traditionnels (AD et COPEI) s'effondrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; son accession au pouvoir, le ch&#244;mage, la pauvret&#233;, &#233;taient au plus haut, les budgets sociaux au plus bas (- 70 % pour l'&#233;ducation et le logement en 15 ans !). Pas &#233;tonnant qu'il ait soulev&#233; de grands espoirs dans les quartiers populaires et parmi les paysans pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son programme, plus que mod&#233;r&#233;, se r&#233;sumait &#224; un &#171; capitalisme &#224; visage humain &#187;, pas question d'annulation de la dette ou de reprise en main imm&#233;diate de la compagnie p&#233;troli&#232;re dont l'essentiel des redevances ou royalties n'allaient plus au fisc &#224; la fin des ann&#233;es 90 (70 % en 1981, 38 % en 1999). Mais son discours anti-imp&#233;rialiste, le fait qu'il se retrouve &#224; la t&#234;te d'une des plus grosses puissances p&#233;troli&#232;res du monde, le fait qu'il se rapproche de Cuba, tout cela a fait que d&#232;s le d&#233;part, la bourgeoisie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne et le gouvernement am&#233;ricain ont vu d'un tr&#232;s mauvais &#339;il l'accession au pouvoir de cet officier subalterne, d'origine indienne, au langage marxisant. Les partis de droite et d'extr&#234;me droite dont font partie aujourd'hui les principaux leaders opposants &#224; Maduro, Capriles ou Guaid&#243;, ainsi que l'&#201;glise, ont combattu pied &#224; pied tout ce que pouvait dire ou faire Ch&#225;vez, ils en avaient les moyens m&#233;diatiques en tout cas vu que les grandes familles bourgeoises d&#233;tenaient tous les m&#233;dias importants et c'est encore le cas aujourd'hui (groupe Cisneros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1999, pour asseoir son pouvoir Ch&#225;vez s'est appuy&#233; sur son cr&#233;dit dans les classes populaires. Il a lanc&#233; une &#233;mission &#171; Al&#243; Presidente &#187;, d'abord &#224; la radio puis &#224; la t&#233;l&#233;vision, gr&#226;ce &#224; laquelle il s'adressait &#224; la population pendant des heures avec questions et r&#233;ponses en direct. Il encourageait ce qu'il appelait la &#171; d&#233;mocratie participative &#187; qui se r&#233;sumait surtout &#224; de bonnes paroles mais soulevait des espoirs. Par ce biais, par voie d'&#233;lections et de r&#233;f&#233;rendums qu'il remporta haut la main, il va asseoir son pouvoir politique ; l'autre versant de sa politique c'est aussi de donner plus de pouvoir &#224; l'arm&#233;e (les militaires obtiennent le droit de vote, et des postes importants dans le gouvernement et l'administration leurs sont confi&#233;s), dans ce que Ch&#225;vez appelait une alliance &#171; civico-militaire &#187;. Ses premi&#232;res mesures phare sont de renforcer la s&#233;curit&#233; sociale pour les plus pauvres (travailleurs au noir par exemple), lancer des programmes de sant&#233;, &#233;ducation, logement ou distribution de nourriture (Plan Bolivar 2000).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le coup d'&#201;tat &#233;chou&#233; de 2002&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs lois vont d&#233;finitivement m&#233;contenter la bourgeoisie fin 2001 : une loi sur la terre pourtant timide, il s'agissait de faire un inventaire des propri&#233;t&#233;s inoccup&#233;es et de taxer les grands propri&#233;taires qui en laissaient trop en friche afin de relancer la production locale (70 % de l'alimentation &#233;tait import&#233;e). Et aussi la loi sur la gestion de l'entreprise p&#233;troli&#232;re PDVSA, un v&#233;ritable &#201;tat dans l'&#201;tat, sur lequel le gouvernement de Ch&#225;vez voulait prendre le contr&#244;le effectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 avril 2002, suite &#224; un coup d'&#201;tat, avec le soutien des principaux m&#233;dias priv&#233;s et celui des &#201;tats-Unis, le pr&#233;sident du patronat du Venezuela (Fedecamaras) se retrouva &#224; la t&#234;te du pays. Mais seulement pendant 48 heures, car le gros de l'arm&#233;e et des manifestations monstres sont descendues des &lt;em&gt;barrios&lt;/em&gt; pour ramener Ch&#225;vez au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non satisfaite, l'opposition organisa une gr&#232;ve du p&#233;trole et d'autres secteurs clef avec l'aide de la bureaucratie syndicale de la Conf&#233;d&#233;ration des travailleurs du Venezuela (CTV, li&#233;e &#224; l'ancien pouvoir) pour mettre &#224; bas Ch&#225;vez, en payant y compris les gr&#233;vistes ! Mais l&#224; encore, ce fut un &#233;chec et le r&#233;gime chaviste en profita pour prendre le contr&#244;le de la compagnie p&#233;troli&#232;re PDVSA en licenciant et rempla&#231;ant tous les responsables et une partie du personnel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les &#171; missions &#187; de Ch&#225;vez&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es qui ont suivi, &#224; la faveur du prix du baril qui allait monter jusqu'&#224; 150 dollars &#224; certains moments, Ch&#225;vez put mener &#224; bien des programmes sociaux, les &#171; missions &#187; en y allouant 7 % des redevances du p&#233;trole : programmes d'&#233;ducation dans les &lt;em&gt;barrios&lt;/em&gt;, de sant&#233; avec l'aide de 20 000 m&#233;decins cubains, subvention des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; gr&#226;ce &#224; un syst&#232;me parall&#232;le de distribution de 7 000 coop&#233;ratives, une r&#233;forme agraire qui a concern&#233; 3 millions d'hectares (sur 30 millions) et a concern&#233; quelque 200 000 familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique, m&#234;me limit&#233;e, lui a valu une grande popularit&#233;, et c'est peut-&#234;tre encore en partie gr&#226;ce &#224; cela que Maduro a tenu jusque l&#224;. Mais elle ne remettait aucunement en cause les fortunes de la bourgeoisie v&#233;n&#233;zuelienne (la banque n'a jamais &#233;t&#233; nationalis&#233;e ; les propri&#233;taires terriens ont continu&#233; leur politique d'agriculture tourn&#233;e presque exclusivement vers les exportations).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Atteint d'un cancer, Ch&#225;vez avait d&#233;sign&#233; son vice-pr&#233;sident Nicol&#225;s Maduro, pour lui succ&#233;der. Lorsque Ch&#225;vez meurt en 2013, l'&#233;lection pr&#233;sidentielle anticip&#233;e est remport&#233;e par Maduro, avec seulement 50,6 % des voix. Maduro, qui avait milit&#233; dans des organisations de gauche et syndicales (il a &#233;t&#233; chauffeur de bus &#224; Caracas) avant de rejoindre le mouvement de Ch&#225;vez, ne b&#233;n&#233;ficie pas de la popularit&#233; de ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout la politique redistributive de la manne p&#233;troli&#232;re n'a pu tenir que du temps des prix &#233;lev&#233;s du baril. Depuis, la p&#233;nurie s'est install&#233;e, et il ne reste plus grand-chose des programmes sociaux mis en place dans les ann&#233;es 2000.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Ch&#225;vez, un adversaire des luttes ouvri&#232;res
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Chavez-un-adversaire-des-luttes-ouvrieres</link>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Venezuela
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		<description>Le gouvernement de Ch&#225;vez a r&#233;prim&#233; de nombreuses gr&#232;ves et fait la chasse aux militants syndicaux les plus combatifs. &lt;br /&gt;Apr&#232;s 2002, une nouvelle centrale syndicale, en opposition &#224; la bureaucratie syndicale de la CTV, se constitue l'UNT (Union nationale des travailleurs). Les chavistes comptaient bien contr&#244;ler cette nouvelle centrale et s'en servir comme d'un relais dans la classe ouvri&#232;re. Sauf que dans l'UNT, les militants trotskistes qui animaient le courant C-CURA (courant&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement de Ch&#225;vez a r&#233;prim&#233; de nombreuses gr&#232;ves et fait la chasse aux militants syndicaux les plus combatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 2002, une nouvelle centrale syndicale, en opposition &#224; la bureaucratie syndicale de la CTV, se constitue l'UNT (Union nationale des travailleurs). Les chavistes comptaient bien contr&#244;ler cette nouvelle centrale et s'en servir comme d'un relais dans la classe ouvri&#232;re. Sauf que dans l'UNT, les militants trotskistes qui animaient le courant C-CURA (courant classiste unitaire r&#233;volutionnaire et autonome) avaient une audience certaine, et les chavistes craignaient de se retrouver en minorit&#233; dans l'UNT. Ils utiliseront toutes les man&#339;uvres possibles pour les &#233;carter (comme celle de tenir un congr&#232;s de l'UNT dans une caserne de l'arm&#233;e), en n'h&#233;sitant pas &#224; s'allier avec des bureaucrates syndicaux qui sentaient le vent tourner et qui avaient quitt&#233; la CTV pour rejoindre l'UNT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 2007, la direction de l'entreprise p&#233;troli&#232;re PDVSA licenciait Orlando Chirino, un des principaux animateurs du courant syndical C-CURA. Un licenciement qui a &#233;t&#233; jug&#233; ill&#233;gal depuis mais sa r&#233;int&#233;gration n'a jamais &#233;t&#233; appliqu&#233;e. Huit militants de C-CURA ont &#233;t&#233; assassin&#233;s, tr&#232;s probablement par des hommes de main des bureaucrates syndicaux, notamment dans l'&#201;tat d'Aragua en 2008. Si Ch&#225;vez avait promis que toute la lumi&#232;re serait faite sur ces crimes, il n'en a rien &#233;t&#233;. En fin de compte, les chavistes ont fini par fonder leur propre centrale syndicale, la CBST (Centrale bolivarienne socialiste des travailleurs), en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, une longue lutte marque l'actualit&#233;, celle de l'usine Sidor, la plus grande usine sid&#233;rurgique du Venezuela qui employait alors 15 000 salari&#233;s dans l'&#201;tat de Bolivar, dont une majorit&#233; avec un statut pr&#233;caire. Cette entreprise avait &#233;t&#233; privatis&#233;e dans les ann&#233;es 1990, et les travailleurs se battaient pour des hausses de salaires, pour l'application de la convention collective &#224; tous les salari&#233;s, ainsi que pour la renationalisation de l'entreprise. La premi&#232;re r&#233;ponse fut l'envoi de la Garde nationale en mars 2008, le ministre du travail avait m&#234;me qualifi&#233; la gr&#232;ve de &#171; putschiste &#187; mais cela n'arr&#234;ta pas la lutte. Au bout de trois mois de conflit, le gouvernement r&#233;pondit &#224; certaines demandes : Ch&#225;vez se mettait en sc&#232;ne comme venant en aide aux travailleurs, licenciait le ministre du travail et renationalisait Sidor. Mais loin d'avoir &#233;t&#233; sauv&#233;s par Ch&#225;vez, les travailleurs de Sidor ont d&#251; &#224; plusieurs reprises se remettre en gr&#232;ve depuis, en particulier pour faire face &#224; des r&#233;ductions d'effectifs importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2009, une intervention polici&#232;re contre une occupation de l'usine Mitsubishi (&#224; Barcelona) fit deux victimes parmi les gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2009, face &#224; une possible gr&#232;ve du m&#233;tro de Caracas, Ch&#225;vez d&#233;clarait : &lt;em&gt;&#171; Je fais un appel aux travailleurs car il y a encore des vices du pass&#233;, du syndicalisme irresponsable. Ceux du m&#233;tro de Caracas ont parl&#233; d'arr&#234;ter le m&#233;tro, je leur ai dit : s'ils arr&#234;tent le m&#233;tro, je le militarise, je n'accepterai pas qu'ils l'arr&#234;tent. &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Un pays qui s'enfonce dans la crise
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Venezuela
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		<description>En 2014, un an apr&#232;s l'investiture de Maduro, la baisse rapide du cours du p&#233;trole sur les march&#233;s mondiaux entra&#238;ne le Venezuela dans une crise qui ne cesse de s'aggraver. Sur les cinq derni&#232;res ann&#233;es, on estime que le PIB a &#233;t&#233; divis&#233; par deux. En 2018, l'inflation atteint la valeur astronomique de plus de 1 000 000 % c'est &#224; dire que les prix ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par plus de 10 000 par an. En janvier 2019, le salaire minimum est mont&#233; &#224; 18 000 bolivars &#171; souverains &#187;, soit 1,8&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2014, un an apr&#232;s l'investiture de Maduro, la baisse rapide du cours du p&#233;trole sur les march&#233;s mondiaux entra&#238;ne le Venezuela dans une crise qui ne cesse de s'aggraver. Sur les cinq derni&#232;res ann&#233;es, on estime que le PIB a &#233;t&#233; divis&#233; par deux. En 2018, l'inflation atteint la valeur astronomique de plus de 1 000 000 % c'est &#224; dire que les prix ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par plus de 10 000 par an. En janvier 2019, le salaire minimum est mont&#233; &#224; 18 000 bolivars &#171; souverains &#187;, soit 1,8 milliards de bolivars &#171; forts &#187; (au taux de change officiel, cela faisait, en janvier 2019, moins de 20 &#8364;). Les billets de banque ne valent plus rien et les paiements se font en carte bancaire&#8230; ou de pr&#233;f&#233;rence en dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout manque, et surtout la nourriture et les m&#233;dicaments. Une statistique pointait qu'en moyenne les v&#233;n&#233;zu&#233;liens ont perdu 8 kilogrammes en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela il faut ajouter les coupures incessantes d'&#233;lectricit&#233;, d'eau, de t&#233;l&#233;communications, notamment dans les quartiers pauvres, les transports publics qui ne fonctionnent quasiment plus, les h&#244;pitaux &#224; qui il manque m&#234;me les compresses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise a suscit&#233; une forte &#233;migration, avec plus de trois millions de V&#233;n&#233;zu&#233;liens qui ont quitt&#233; le pays en quelques ann&#233;es (sur une population d'environ 30 millions d'habitants). La plupart sont dans les pays voisins, en Colombie, en &#201;quateur, P&#233;rou ou au Br&#233;sil. Ils y vivent dans des conditions difficiles, et on a vu au Br&#233;sil l'extr&#234;me droite s'en prendre aux migrants v&#233;n&#233;zu&#233;liens, jusqu'&#224; susciter des attaques contre des camps de migrants &#224; l'&#233;t&#233; 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une situation de plus en plus d&#233;l&#233;t&#232;re, la d&#233;linquance prosp&#232;re, avec des bandes souvent lourdement arm&#233;s, qui vivent de tous les trafics imaginables. Le Venezuela conna&#238;t un des taux plus importants d'homicide au monde. Il y a aussi les interventions polici&#232;res qui sans m&#233;nagement s'abattent dans les quartiers populaires, avec les forces d'actions sp&#233;ciales (FAES) qui n'h&#233;sitent plus &#224; tuer plut&#244;t qu'&#224; arr&#234;ter, en toute impunit&#233;, dans des op&#233;rations qui rel&#232;vent aussi d'une volont&#233; de faire taire toute contestation qui pourrait na&#238;tre dans les quartiers pauvres. Il y aurait autour de 4 000 personnes tu&#233;es par les forces de l'ordre par an (&#224; peu pr&#232;s le m&#234;me chiffre qu'au Br&#233;sil, alors que le Br&#233;sil compte 7 &#224; 8 fois plus d'habitants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les CLAP (comit&#233; locaux d'approvisionnement) organis&#233;s aux niveaux des quartiers, le pouvoir parvient &#224; assurer un acc&#232;s &#224; un strict minimum &#224; la population pauvre. Avec le &#171; carnet de la patrie &#187; (une carte nominative permettant d'acc&#233;der aux programmes sociaux), on peut obtenir &#224; un prix modique un carton de marchandise par mois, avec du riz, de l'huile, de la farine, et quelques autres denr&#233;es. Encore faut-il que les boites arrivent, et qu'elles soient compl&#232;tes&#8230; Car beaucoup sont d&#233;tourn&#233;es et leur contenu revendu au march&#233; noir au prix fort, parfois jusque dans des pays voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maduro accuse les forces capitalistes int&#233;rieures et ext&#233;rieures, en particulier l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain qui m&#232;nerait une guerre &#233;conomique contre le r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les sanctions de Trump&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jusque-l&#224;, les &#201;tats-Unis &#233;taient rest&#233;s le premier partenaire commercial du Venezuela, son premier client en p&#233;trole (40 % des exportations v&#233;n&#233;zueliennes de p&#233;trole vont encore aux &#201;tats-Unis en 2018). Mais la situation va s'aggraver encore avec les nouvelles sanctions annonc&#233;es d&#233;but 2019 par Trump, bien plus s&#233;v&#232;res que les pr&#233;c&#233;dentes prises en 2017. Le Venezuela ne va plus pouvoir vendre directement du p&#233;trole aux &#201;tats-Unis. L'&#201;tat cherche &#224; vendre plus de p&#233;trole en Inde ou en Chine, mais cela va poser bien des difficult&#233;s : la distance d'acheminement, sans compter que le p&#233;trole v&#233;n&#233;zu&#233;lien est un p&#233;trole lourd qui ne peut &#234;tre trait&#233; dans certaines raffineries. Par ailleurs, la filiale am&#233;ricaine de la compagnie nationale v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, Citgo, a &#233;t&#233; coup&#233;e de la maison m&#232;re, son contr&#244;le &#233;tant pass&#233; &#224; des proches du nouveau &#171; pr&#233;sident &#187; Guaid&#243;, reconnu par l'&#201;tat am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La &#171; bolibourgeoisie &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est s&#251;r que la bourgeoisie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne pr&#233;f&#232;re sp&#233;culer que de faire fonctionner une activit&#233; productive, et qu'elle &#171; n'a pas le sens de la patrie &#187; comme le disent les chavistes. Il existe de nombreux trafics o&#249; des riches empochent en d&#233;sorganisant l'&#233;conomie : entre autres des combines pour avoir des dollars pas chers de l'&#201;tat sous pr&#233;texte d'importations, certaines surfactur&#233;es voire carr&#233;ment fictives. Il y a des r&#233;seaux de revente des biens subventionn&#233;s sur le march&#233; noir, voire &#224; l'&#233;tranger (par exemple, tout un trafic d'essence &#224; la fronti&#232;re avec la Colombie). Le r&#233;gime de Maduro comprend lui-m&#234;me bon nombre d'affairistes corrompus, parmi les premiers &#224; s'enrichir. &#192; commencer par l'arm&#233;e et ses responsables qui ont &#233;t&#233; mis aux manettes de nombreux minist&#232;res ainsi que d'entreprises publiques (comme l'entreprise p&#233;troli&#232;re PDVSA). Le terme de &#171; bolibourgeoisie &#187; pour parler de proches du r&#233;gime bolivarien qui s'enrichissent date quasiment des premi&#232;res ann&#233;es de pouvoir de Ch&#225;vez. Il est toujours d'actualit&#233;. Pendant la panne de courant r&#233;cente, cette &#171; bolibourgeoisie &#187; pouvait se r&#233;fugier dans les restaurants des h&#244;tels les plus r&#233;put&#233;s de Caracas qui affichaient complet, o&#249; il y avait l'&#233;lectricit&#233; produit par les g&#233;n&#233;rateurs, de l'air conditionn&#233;, des steaks et des bons vins, &#224; condition de payer en dollars.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quel &#171; socialisme &#187; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De temps en temps, les autorit&#233;s prennent un exemple et sanctionnent une entreprise, &#233;cartent un responsable politique particuli&#232;rement corrompu. Mais pas de quoi changer le syst&#232;me. Et quand Maduro, ou autrefois Ch&#225;vez, pr&#233;tend s'attaquer aux bourgeois en expropriant une entreprise, parfois avec grand bruit, il s'av&#232;re que l'expropriation a &#233;t&#233; faite moyennant une indemnit&#233; substantielle, ou bien que la mesure d'expropriation n'&#233;tait que provisoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre le discours &#171; anti-imp&#233;rialistes &#187; voire &#171; socialiste &#187; de Maduro dans les grands meetings et les allocutions t&#233;l&#233;vis&#233;es et la r&#233;alit&#233; des faits, l'&#233;cart est &#233;norme. Dans les forums &#233;conomiques avec les patrons, le gouvernement se f&#233;licite de fournir du cr&#233;dit facile &#224; des entreprises pour relancer l'&#233;conomie, y compris &#224; des entreprises comme Nestl&#233; (qui a plus de 4 000 salari&#233;s dans le pays).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Trump et l'opposition v&#233;n&#233;zu&#233;lienne pr&#233;tendent que la crise provient du mod&#232;le socialiste ou communiste impos&#233; par Ch&#225;vez, Maduro et les Cubains, c'est &#233;videmment de la grossi&#232;re propagande. L'&#233;conomie est bien s&#251;r domin&#233;e par la compagnie p&#233;troli&#232;re publique PDVSA. Mais les entreprises priv&#233;es, y compris &#233;trang&#232;res, continuent &#224; &#234;tre pr&#233;sentes au Venezuela. Il y a plus d'une centaine de MacDonald's dans le pays. Les multinationales comme Total ou Chevron sont &#233;galement toujours pr&#233;sentes dans le secteur p&#233;trolier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous Ch&#225;vez, quand les prix du p&#233;trole &#233;taient au plus haut, le Venezuela importait largement des produits de consommation courante pay&#233;s en dollars qui abondaient avec la manne p&#233;troli&#232;re. Le choc de la baisse des prix du p&#233;trole de 2014 a &#233;t&#233; d'autant plus violent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont toutes les limites de la politique de Ch&#225;vez et Maduro qui explosent aujourd'hui. Leur politique se contentait de redistribuer un peu de la manne p&#233;troli&#232;re sans transformer ni l'&#233;conomie ni la soci&#233;t&#233;. Le pays restait centr&#233; sur une seule production, le p&#233;trole. Et si les plus pauvres sont sortis (un temps) de la mis&#232;re, le pays est rest&#233; profond&#233;ment in&#233;galitaire, avec une large partie de la population pauvre des villes qui survit de petits boulots (vendeurs de rue, couturi&#232;res &#224; domicile, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute cette situation a de quoi rendre Maduro tr&#232;s impopulaire au sein de la population. D'autant qu'il ose pr&#233;tendre qu'il n'y aurait pas de crise humanitaire, pas de famine&#8230; et que le gouvernement ferait tout au mieux. Tout serait de la faute &#171; des ennemis de la patrie &#187;. Un discours qui ne convainc plus personne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Deux pr&#233;sidents pour le Venezuela
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Venezuela
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		<description>En 2015, la droite remportait largement les &#233;lections l&#233;gislatives, une sorte de vote sanction contre Maduro alors que la situation &#233;conomique avait s&#233;rieusement commenc&#233; &#224; se d&#233;grader. M&#234;me si une abstention importante a laiss&#233; la place &#224; l'opposition. Pour l'opposition, c'&#233;tait la grande victoire, le moment de d&#233;faire les mesures de Ch&#225;vez. Leurs espoirs ont &#233;t&#233; vite contredits : l'Assembl&#233;e nationale a &#233;t&#233; mise &#224; l'&#233;cart par Maduro, vite d&#233;pourvue de tout pouvoir. En 2017&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2015, la droite remportait largement les &#233;lections l&#233;gislatives, une sorte de vote sanction contre Maduro alors que la situation &#233;conomique avait s&#233;rieusement commenc&#233; &#224; se d&#233;grader. M&#234;me si une abstention importante a laiss&#233; la place &#224; l'opposition. Pour l'opposition, c'&#233;tait la grande victoire, le moment de d&#233;faire les mesures de Ch&#225;vez. Leurs espoirs ont &#233;t&#233; vite contredits : l'Assembl&#233;e nationale a &#233;t&#233; mise &#224; l'&#233;cart par Maduro, vite d&#233;pourvue de tout pouvoir. En 2017 l'opposition a voulu r&#233;pliquer en descendant dans la rue, dans le but de renverser Maduro. Celui-ci a eu le dernier mot, &#224; coups d'une r&#233;pression dure (plus d'une centaine de morts), mais aussi parce que l'opposition n'avait r&#233;ussi &#224; mobiliser qu'une partie de la population. Maduro a fait &#233;lire une Assembl&#233;e nationale Constituante &#224; la mi-2017, taill&#233;e sur mesure, dans un scrutin boycott&#233; par l'opposition. Cette Assembl&#233;e constituante a pris le relais effectif de l'Assembl&#233;e nationale, m&#234;me si l'Assembl&#233;e nationale n'a jamais &#233;t&#233; dissoute formellement. En 2018, une &#233;lection pr&#233;sidentielle a r&#233;&#233;lu Maduro avec 67 % des voix, mais dans un contexte o&#249; une partie de l'opposition avait appel&#233; &#224; l'abstention (46 % de participation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis d&#233;but 2019, un nouveau bras de fer a d&#233;marr&#233; entre le gouvernement de Maduro et l'opposition, cette fois men&#233;e par Juan Guaid&#243;, soutenu et parrain&#233; par l'administration Trump.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Qui est Juan Guaid&#243; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aucun bout de l'administration de l'&#201;tat, de la police, de l'arm&#233;e, des institutions publiques n'ob&#233;it &#224; Guaid&#243;. Mais il se pr&#233;tend depuis janvier pr&#233;sident du Venezuela, car l'&#233;lection de Maduro serait ill&#233;gitime, donc il lui appartiendrait de diriger par int&#233;rim le pays en attendant de nouvelles &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voluntad popular (Volont&#233; populaire), le parti de Guaid&#243;, cr&#233;&#233; en 2009, d&#233;fend l'&#233;conomie de march&#233;. Son principal dirigeant est Leopoldo Lopez (aujourd'hui en r&#233;sidence surveill&#233;e), issu de la grande bourgeoisie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne. Il a &#233;t&#233; maire de Chacao, la ville cossue de l'agglom&#233;ration de Caracas bastion de la droite, et avait particip&#233; au coup d'&#201;tat de 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juan Guaid&#243;, plus jeune (35 ans), &#233;tait un inconnu pour le grand public, un d&#233;put&#233; de l'opposition parmi d'autres, &#233;lu pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale en janvier 2019 car les partis de l'opposition ont un syst&#232;me de rotation pour ce poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guaid&#243; tente de se pr&#233;senter comme le chef de tous les V&#233;n&#233;zu&#233;liens d&#233;sireux de d&#233;loger Maduro et de convoquer de nouvelles pr&#233;sidentielles. Il n'h&#233;site pas &#224; se montrer avec des dirigeants de diff&#233;rentes forces, jusqu'&#224; des anciens ministres de Ch&#225;vez en dissidence ou des dirigeants syndicaux. Il ne met pas en avant le programme de son parti, mais l'urgence de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une &#171; aide humanitaire &#187;
mise en sc&#232;ne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les quelques chargements d'aide venus par avions (parfois militaires) &#224; la fronti&#232;re colombienne, proviennent surtout de l'USAid, une institution de l'&#201;tat am&#233;ricain, qui sous couvert d'aide humanitaire est un &#233;l&#233;ment de la politique &#233;trang&#232;re am&#233;ricaine. Toute cette &#171; aide humanitaire &#187; repr&#233;sente bien moins que ce que co&#251;te &#224; la population v&#233;n&#233;zu&#233;lienne les sanctions &#233;conomiques am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maduro pouvait difficilement accepter l'entr&#233;e de l'aide, laquelle conforterait la l&#233;gitimit&#233; de Guaid&#243;. Le 23 f&#233;vrier dernier, les fronti&#232;res &#233;taient ferm&#233;es et les camions n'ont pas &#233;t&#233; autoris&#233;s &#224; rentrer. L'un d'entre eux a pris feu. Pour l'opposition et la diplomatie am&#233;ricaine, c'&#233;tait l'occasion de r&#233;p&#233;ter sur tous les tons que le tyran Maduro mettait le feu &#224; de la nourriture et des m&#233;dicaments dont son peuple avait besoin. M&#234;me si, &#224; en croire une enqu&#234;te r&#233;cente du &lt;em&gt;New York Times&lt;/em&gt;, l'hypoth&#232;se la plus cr&#233;dible est que l'origine du feu soit un cocktail Molotov jet&#233; par un partisan de Guaid&#243;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guaid&#243; comptait-il sur un ralliement d'une partie de l'arm&#233;e &#224; l'occasion de cette &#233;preuve de force ? Si quelques d&#233;sertions ont &#233;t&#233; relev&#233;es, l'arm&#233;e reste, pour l'instant du moins, du c&#244;t&#233; de Maduro.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Trump &#224; l'offensive&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant des ann&#233;es, les &#201;tats-Unis, au-del&#224; des discours, restaient circonspects vis- &#224;-vis du Venezuela de Ch&#225;vez et Maduro, voulant &#233;viter de r&#233;p&#233;ter le fiasco du coup d'&#201;tat de 2002. Mais Trump multiplie les d&#233;clarations va-t-en-guerre et ne cesse de dire qu'une intervention militaire n'est pas exclue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont que des menaces &#224; ce jour, mais Trump voudrait pousser &#224; son avantage le fait qu'en Am&#233;rique Latine se sont multipli&#233;s les gouvernements marqu&#233;s &#224; droite (Br&#233;sil, Colombie, Argentine, Chili, etc.), plus dispos&#233;s &#224; coop&#233;rer avec l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Un basculement du Venezuela, autrefois chef de file d'une certaine contestation de l'Am&#233;rique latine, serait symboliquement important. Bien entendu, le pays est &#233;conomiquement crucial, par l'importance de ses r&#233;serves p&#233;troli&#232;res, les plus grandes au monde, &#224; proximit&#233; imm&#233;diate des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Guaid&#243;, parrain&#233; par Trump, r&#233;ussissait &#224; renverser Maduro, la droite revancharde s'en prendrait aux classes populaires pour leur faire payer le prix fort, avec des mesures d'aust&#233;rit&#233;. On ferait appel au FMI, car on pr&#233;tendrait que c'est la seule fa&#231;on de sortir de la crise. Les compagnies p&#233;troli&#232;res verraient une opportunit&#233; de remettre totalement la main sur les richesses du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maduro tente de prouver qu'il a le peuple avec lui, en convoquant r&#233;guli&#232;rement des manifestations, et en jouant sur la corde nationaliste. On peut penser qu'une partie de ceux qui viennent &#224; ces rassemblements ont subi des pressions de la part des responsables chavistes des quartiers qui contr&#244;lent la distribution des aides comme les boites CLAP. Mais il est possible qu'une partie des classes populaires reste attach&#233;e au chavisme (m&#234;me si c'est en distinguant les bonnes ann&#233;es de Ch&#225;vez et celles d'un Maduro &#171; incomp&#233;tent &#187;) et ne veut pas entendre parler de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et de ses alli&#233;s locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime chaviste, de plus en plus nettement appuy&#233; sur l'arm&#233;e, chaque fois plus autoritaire et r&#233;pressif, profond&#233;ment corrompu, n'est absolument pas un alli&#233; des classes populaires. En janvier dernier, plusieurs coups de col&#232;re, parfois sur des questions locales comme l'acc&#232;s &#224; l'eau, se sont exprim&#233;s dans des quartiers pauvres de Caracas et dans d'autres villes : des blocages de rue, des concerts de casseroles, quelques pillages de supermarch&#233;s. La r&#233;pression a &#233;t&#233; f&#233;roce, avec des descentes des forces sp&#233;ciales dans les quartiers et plusieurs morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sortir du marasme, les travailleurs et les pauvres du Venezuela ne peuvent compter que sur leurs propres luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 mars 2019, &lt;strong&gt;Anne Hansen et Michel Charvet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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