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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Derri&#232;re le rejet du cinqui&#232;me mandat, la r&#233;volte sociale
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Alg&#233;rie
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		<description>Les Alg&#233;riens auraient enfin &#171; bris&#233; le mur de la peur &#187; en descendant manifester dans la rue contre le cinqui&#232;me mandat. Toute la presse a brod&#233; sur ce th&#232;me. Et les journalistes comme les politiciens des deux c&#244;t&#233;s de la M&#233;diterran&#233;e d'insister sur ce slogan de &#171; silmiya, silmiya &#187; (&#171; pacifique, pacifique &#187;), scand&#233; dans les manifestations et qui les rassure. Car c'est bien plus leur propre peur qu'ils veulent ainsi conjurer : la peur que le mouvement, qui ne s'est pas arr&#234;t&#233; apr&#232;s&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les Alg&#233;riens auraient enfin &lt;em&gt;&#171; bris&#233; le mur de la peur &#187;&lt;/em&gt; en descendant manifester dans la rue contre le cinqui&#232;me mandat. Toute la presse a brod&#233; sur ce th&#232;me. Et les journalistes comme les politiciens des deux c&#244;t&#233;s de la M&#233;diterran&#233;e d'insister sur ce slogan de &lt;em&gt;&#171; silmiya, silmiya &#187;&lt;/em&gt; (&#171; pacifique, pacifique &#187;), scand&#233; dans les manifestations et qui les rassure. Car c'est bien plus leur propre peur qu'ils veulent ainsi conjurer : la peur que le mouvement, qui ne s'est pas arr&#234;t&#233; apr&#232;s l'entourloupe du retrait de la candidature de Bouteflika prolongeant de fait son mandat, ne se contente pas non plus des promesses de &lt;em&gt;&#171; transition pacifique &#187; &lt;/em&gt;&#224; on ne sait trop quelle nouvelle mouture du r&#233;gime ; et leur peur surtout que ce mouvement, d&#233;clench&#233; par la reconduction d'un pr&#233;sident qui n'est plus que le paravent du pouvoir r&#233;el, de l'opacit&#233; du r&#233;gime et de sa corruption, se prolonge en r&#233;volte contre toutes les injustices, mette en avant les revendications sociales des couches les plus d&#233;munies, des travailleurs sous-pay&#233;s, des ch&#244;meurs et des jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, des centaines de manifestations, de gr&#232;ves, d'&#233;meutes ont explos&#233; toutes ces derni&#232;res ann&#233;es en Alg&#233;rie. Il est donc bien difficile d'affirmer que le peuple alg&#233;rien et en premier lieu ses jeunes aient &#233;t&#233; paralys&#233;s par une peur dont ils ne sortiraient qu'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Qui brandit le spectre
des ann&#233;es noires ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1992-1998 de guerre entre l'arm&#233;e et les groupes islamistes dont toute la population a &#233;t&#233; victime (140 000 morts), sans qu'on ait jamais pu savoir dans les attentats, massacres ou assassinats de militants politiques ou syndicalistes, ce qui relevait des groupes arm&#233;s islamiques ou des provocations d&#233;lib&#233;r&#233;es des services secrets de l'arm&#233;e, a &#233;t&#233; un cauchemar pour la population alg&#233;rienne. Dont le souvenir est toujours l&#224;. Mais c'est le pouvoir qui, pour faire cesser les manifestations de ces derni&#232;res semaines, s'est empress&#233; de brandir la menace de retour &#224; ces ann&#233;es sombres. Le pouvoir et l'un de ses serviteurs le plus z&#233;l&#233;, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la conf&#233;d&#233;ration syndicale officielle, l'UGTA (principal syndicat du pays, et souvent le seul, notamment dans l'industrie) : celui-ci a brandi contre les manifestants cette menace : &lt;em&gt;&#171; Vous voulez revenir aux jours de sang et de larmes, et des maisons incendi&#233;es ? &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si ces &lt;em&gt;&#171; ann&#233;es noires &#187; &lt;/em&gt;avaient &#233;t&#233; la cons&#233;quence in&#233;luctable du soul&#232;vement d'octobre 1988. Parti de la gr&#232;ve dans la zone industrielle de Rouiba (banlieue d'Alger) r&#233;prim&#233;e par la police, suivi de la r&#233;volte de la jeunesse, ce soul&#232;vement avait &#233;branl&#233; le r&#233;gime. Il avait &#233;t&#233; suivi pendant plus d'un an de mouvements de contestation contre les potentats locaux des mairies ou des wilayas, de gr&#232;ves pour licencier un directeur, voire pour chasser un responsable syndical UGTA trop li&#233; au r&#233;gime ou &#224; la direction de l'entreprise. Et c'est bien faute d'autres perspectives &#224; ce profond mouvement social que celle d'attendre patiemment les prochaines &#233;lections, que les islamistes sont apparus aux yeux de millions de pauvres comme les seuls contestataires et qu'ils ont remport&#233; l'&#233;lection promise pour d&#233;cembre 1991 (trois ans apr&#232;s, patience !) face aux candidats du parti au pouvoir, le FLN, et aux multiples politiciens nouveaux venus (ou ex-FLN reconvertis) qui ne r&#234;vaient que de prendre la rel&#232;ve. L'annulation par l'arm&#233;e de cette &#233;lection, avant m&#234;me son second tour et la guerre pour le pouvoir entre arm&#233;e et groupes islamistes ont &#233;t&#233; le r&#233;sultat de cette absence de politique pour la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors s'il est une crainte que le souvenir des ann&#233;es 1990 devrait inspirer, c'est que tout le monde des politiciens, ceux du r&#233;gime ou de l'opposition dite d&#233;mocrate, &#224; coup de gouvernement provisoire, de promesse de nouvelle &#233;lection l&#233;gislative, de r&#233;vision de la Constitution ou d'Assembl&#233;e constituante de beaux parleurs, lanternent une fois de plus les aspirations &#224; plus de justice sociale qu'exprime la r&#233;volte d'aujourd'hui. Et qu'ils ram&#232;nent par l&#224; le pays &#224; la case d&#233;part, voire &#224; pire. Comme on a enterr&#233; par les m&#234;mes m&#233;thodes les r&#233;volutions de janvier f&#233;vrier 2011 en &#201;gypte et en Tunisie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une col&#232;re sociale accumul&#233;e
depuis pr&#232;s de 20 ans&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est en r&#233;alit&#233; en 2001, pas longtemps apr&#232;s la fin des &lt;em&gt;&#171; ann&#233;es noires &#187;&lt;/em&gt;, qu'avait &#233;clat&#233; une r&#233;volte de la jeunesse en Kabylie, dont la cause premi&#232;re &#233;tait le ch&#244;mage. Sauvagement r&#233;prim&#233;e par la gendarmerie (127 morts) elle &#233;tait, &#224; la diff&#233;rence de l'explosion de col&#232;re d'aujourd'hui, rest&#233;e cantonn&#233;e &#224; la seule Kabylie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans toute l'Alg&#233;rie, ces quinze derni&#232;res ann&#233;es ont &#233;t&#233; ponctu&#233;es de manifestations, barrages routiers, blocages de mairies ou si&#232;ges de Willaya (l'&#233;quivalent de nos pr&#233;fectures) tournant &#224; l'&#233;meute &#224; l'arriv&#233;e de gendarmes, ainsi que de gr&#232;ves pour des raisons aussi diverses que le favoritisme dans l'attribution de logements sociaux, les refus d'embauches, les coupures d'&#233;lectricit&#233; ou les blocages des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour n'en citer que quelques-unes, r&#233;centes et caract&#233;ristiques des probl&#232;mes sociaux de l'Alg&#233;rie d'aujourd'hui, rappelons les &#233;meutes de 2009-2010 dans le quartier populaire de Diar Echems, &#224; Alger. Pendant deux jours, fin octobre 2009, les jeunes du bidonville ont manifest&#233; parce qu'ils ne figuraient pas sur la liste des personnes devant b&#233;n&#233;ficier d'un relogement ; ils ont affront&#233; la police qui bouclait le quartier pour les emp&#234;cher de gagner les rues abritant des si&#232;ges de banques, d'entreprises, et un minist&#232;re. Fin novembre le gouvernement annon&#231;ait un plan de construction de 1,2 million de logements sociaux d'ici 2014. Mais les &#233;meutes reprirent en f&#233;vrier &#224; Diar Echems, les attributions de logement ne venant pas. Et en mars, la col&#232;re explosait dans d'autres quartiers pauvres de la capitale, le jour du lancement d'une op&#233;ration de relogement de 10 000 familles alg&#233;roises : &lt;em&gt;&#171; On a commenc&#233; par reloger les habitants de Diar Echems, parce que les habitants de ce quartier ont fait des &#233;meutes, barr&#233; la route et br&#251;l&#233; des pneus &#187;&lt;/em&gt; disaient les manifestants, selon le journal &lt;em&gt;Libert&#233; &lt;/em&gt;du 17 mars 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le grand sud alg&#233;rien, &#224; Hassi Messaoud, Hassi R'mel et Ouargla, dans cette r&#233;gion qui produit la plus grande richesse du pays, le p&#233;trole et le gaz (97 % des exportations du pays), cela fait pr&#232;s de huit ans, depuis 2012-2013 que les ch&#244;meurs ne cessent de faire des sit-in, de bloquer les routes ou la pr&#233;fecture pour exiger de l'embauche. Les arrestations, tortures, emprisonnements et les licenciements de ceux qui ont tent&#233; de monter des syndicats sur les bases p&#233;troli&#232;res (certains d'entre eux sont devenus les animateurs des comit&#233;s de ch&#244;meurs), ne sont pas venus &#224; bout de la contestation. En juillet dernier encore, une manifestation de ch&#244;meurs dans les rues de Ouargla, violemment r&#233;prim&#233;e, tournait &#224; l'&#233;meute. Le 15 septembre ils &#233;taient des milliers (5 000 selon la police, 25 000 selon les organisateurs &#8211; on connait, comme ici, ces fourchettes de comptage) &#224; manifester &#224; nouveau dans les rues de la ville. Et des milliers aussi ce vendredi 15 mars, selon le reportage du journal &lt;em&gt;El Watan&lt;/em&gt;, pour dire &lt;em&gt;&#171; Non au mandat prolong&#233; &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Situation sociale aggrav&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La situation sociale s'est encore aggrav&#233;e en Alg&#233;rie avec la chute du cours du p&#233;trole. Les services publics, et notamment l'h&#244;pital, qui partaient d&#233;j&#224; de bien bas, se sont d&#233;grad&#233;s avec la baisse des cr&#233;dits. Le taux de change du dinar alg&#233;rien s'est effondr&#233; : il y a un peu plus de dix ans, un euro &#233;tait l'&#233;quivalent de 100 dinars, aujourd'hui il se rapproche des 300 dinars. Les prix sont mont&#233;s en fl&#232;che. Et il ne faut pas mesurer cette hausse du co&#251;t de la vie seulement &#224; l'aune du taux officiel de l'inflation, d&#233;j&#224; important : 6,7 % en 2016, 8 % en 2017, un peu moins en 2018, 4,5 % avou&#233;s par les statistiques officielles. C'est du c&#244;t&#233; des produits de base que les prix ont le plus augment&#233;. Car, fin 2017, la d&#233;cision a &#233;t&#233; prise de suspendre l'importation de 900 produits, des produits alimentaires, mais aussi du papier, du ciment, pour r&#233;duire le d&#233;ficit commercial. Elle a fait grimper en fl&#232;che le prix de ces produits. Le pouvoir a &#233;galement adopt&#233; une politique de rigueur avec l'augmentation des prix des carburants et l'abandon de certains projets d'infrastructure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre les salaires des fonctionnaires n'ont pas augment&#233; depuis 2012, date &#224; laquelle le gouvernement avait d&#233;cid&#233; de les relever face aux gr&#232;ves de cette p&#233;riode, pour &#233;loigner le spectre du &#171; Printemps arabe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pensions des retrait&#233;s avaient &#233;galement &#233;t&#233; pouss&#233;es &#224; la hausse en 2012 et les entreprises publiques invit&#233;es &#224; faire un geste envers leurs travailleurs. Mais depuis, pensions et salaires n'ont plus boug&#233;. Si bien que le pouvoir d'achat des ouvriers et m&#234;me de couches de la petite bourgeoisie, les enseignants par exemple, a &#233;t&#233; s&#233;rieusement &#233;corn&#233;. Alors qu'en 2014 un travailleur parvenait &#224; faire vivre sa famille avec un salaire moyen de 37 000 dinars (sachant que le smic est &#224; 18 000 dinars soit 134 &#8364; mensuels), en 2018 il fallait au minimum 45 000 selon les estimations conjointes de certains syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, pour compenser la baisse des r&#233;serves de change, le gouvernement s'est adress&#233; au secteur &#233;conomique informel : sans facture et en argent comptant, le commerce informel repr&#233;senterait un tiers de la masse mon&#233;taire du pays et &#233;chappe &#224; l'imp&#244;t. En 2016, le pouvoir a propos&#233; aux tenants de ce secteur une amnistie fiscale : l&#233;galisez vos affaires et, moyennant une petite taxe de 7 % vos p&#233;ch&#233;s sont effac&#233;s. Vous voil&#224; hommes d'affaires respectables. Ce cadeau ne concerne pas le vendeur &#224; la sauvette, mais les gros poissons du secteur, lesquels b&#233;n&#233;ficiaient de complicit&#233;s dans la police et la douane pour leurs importations et peuvent avoir avantage &#224; l&#233;galiser &#224; peu de frais leur magot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au taux de ch&#244;mage toujours tr&#232;s &#233;lev&#233;, il a encore grimp&#233; ces toutes derni&#232;res ann&#233;es : parmi la cat&#233;gorie des 16 &#224; 24 ans, il s'&#233;l&#232;ve &#224; 29,1 % aujourd'hui, contre 28,3 % un an plus t&#244;t et 26,7 % en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est toute cette col&#232;re accumul&#233;e depuis des ann&#233;es qui explique l'ampleur des manifestations provoqu&#233;es par l'annonce du 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier Belin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Bouteflika : 20 ans de r&#232;gne
</title>
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		<dc:subject>Alg&#233;rie
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		<description>Abdelaziz Bouteflika a &#233;t&#233; &#233;lu pour la premi&#232;re fois pr&#233;sident le 16 avril 1999 avec le score de 73,79 % des voix, se retrouvant candidat unique en fin de campagne. Les six autres candidats avaient invoqu&#233; des fraudes &#233;lectorales pour se retirer. Mal &#233;lu, il aura quand m&#234;me perdur&#233; 20 ans &#224; la t&#234;te de l'Alg&#233;rie, terminant son r&#232;gne par une prolongation de mandat sans &#233;lection. Avec les f&#233;licitations au moins de Macron. &lt;br /&gt;Peu importe le mode de scrutin qui l'avait port&#233; &#224; la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abdelaziz Bouteflika a &#233;t&#233; &#233;lu pour la premi&#232;re fois pr&#233;sident le 16 avril 1999 avec le score de 73,79 % des voix, se retrouvant candidat unique en fin de campagne. Les six autres candidats avaient invoqu&#233; des fraudes &#233;lectorales pour se retirer. Mal &#233;lu, il aura quand m&#234;me perdur&#233; 20 ans &#224; la t&#234;te de l'Alg&#233;rie, terminant son r&#232;gne par une prolongation de mandat sans &#233;lection. Avec les f&#233;licitations au moins de Macron.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peu importe le mode de scrutin qui l'avait port&#233; &#224; la pr&#233;sidence, du moment qu'il &#233;tait l'&#233;lu de l'arm&#233;e, l'homme du compromis entre les clans. Et il aura profit&#233; de deux circonstances : la paix &#224; l'issue des ann&#233;es sanglantes, et la hausse du prix du p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#171; Homme de la paix &#187;&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les principaux responsables de l'arm&#233;e, avaient annul&#233; l'&#233;lection de d&#233;cembre 1991 qu'avaient gagn&#233;e les partis islamistes, en premier lieu le FIS (Front islamique du salut). Puis ils men&#232;rent une guerre sans merci contre leurs groupes arm&#233;s, avant de signer un compromis avec eux. Suite aux diverses manipulations et cr&#233;ations de contre maquis par les services secrets, l'&#233;tat-major proposa une tr&#234;ve, sign&#233;e le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; octobre 1997 par l'Arm&#233;e islamique du salut, bras arm&#233;e du FIS. Aux termes de celle-ci les combattants islamistes et les membres du FIS furent &lt;em&gt;&#171; exon&#233;r&#233;s des poursuites &#187;&lt;/em&gt; et jouirent &lt;em&gt;&#171; de la pl&#233;nitude de leurs droits civiques &#187;&lt;/em&gt;. Charge &#224; Bouteflika de passer de la tr&#234;ve &#224; la paix et de s'en faire l'ex&#233;cuteur civil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut l'objectif de la loi sur la &lt;em&gt;&#171; concorde civile &#187; &lt;/em&gt;que Bouteflika fit pl&#233;bisciter par r&#233;f&#233;rendum le 16 septembre 1999. Un pl&#233;biscite qui ne pouvait qu'&#234;tre gagn&#233; d'avance. Peut-on vraiment &#234;tre contre la paix ? Le premier gain de popularit&#233; du r&#233;gime de Bouteflika.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que le &#171; oui &#187; au r&#233;f&#233;rendum b&#233;n&#233;ficiait de l'appui non seulement du FLN, le parti du pouvoir depuis l'ind&#233;pendance, mais aussi de la plupart des autres partis, jusqu'au RCD (Rassemblement pour la culture et la d&#233;mocratie, essentiellement kabyle) consid&#233;r&#233; jusque-l&#224; comme parti d'opposition mais qui visait des postes minist&#233;riels. Il les obtint. Les islamistes qui d&#233;pos&#232;rent les armes et se rendirent aux autorit&#233;s b&#233;n&#233;fici&#232;rent de larges compensations mat&#233;rielles et d'une amnistie totale. Les anciens combattants pour un &#201;tat islamique se recycl&#232;rent dans les affaires et demeurent depuis dans les all&#233;es du r&#233;gime auquel ils ne manquent pas de faire all&#233;geance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Homme de la paix retrouv&#233;e, oui, cette image lui donnait un certain cr&#233;dit. Mais homme de la poursuite de la guerre contre les pauvres, comme l'a vite montr&#233; la violente r&#233;pression en 2001 des &#233;meutes de la jeunesse en Kabylie contre le ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#8230; et du p&#233;trole &#224; 100 $&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'autre chance du r&#233;gime de Bouteflika a &#233;t&#233; la remont&#233;e du cours du p&#233;trole quelques ann&#233;es plus tard, ce qui a donn&#233; &#224; son gouvernement une certaine marge de man&#339;uvre : constructions de logements (dont la distribution se faisait souvent au copinage et suscitait bien des contestations), &#171; acc&#232;s &#224; la propri&#233;t&#233; &#187; aid&#233;s par l'&#201;tat (&#224; usage de la petite bourgeoisie) et des aides aux cr&#233;ations de mini-entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces aides, dont ces pr&#234;ts que l'on pouvait s'abstenir de rembourser, ont profit&#233; essentiellement &#224; la petite bourgeoisie. De quoi s'acheter un commerce, ou deux ou trois minibus pour monter son petit service de transport urbain et obtenir une ligne &#224; assurer, rempla&#231;ant les transports urbains publics d&#233;laiss&#233;s. Les travailleurs, les jeunes ch&#244;meurs restaient les laiss&#233;s pour compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des petits cadres du mouvement islamiste, notamment, en ont profit&#233; pour se r&#233;int&#233;grer dans la soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne. Le parti islamiste qui pr&#233;domine aujourd'hui est celui du courant qualifi&#233; de &#171; mod&#233;r&#233; &#187;, MSP (Mouvement de la soci&#233;t&#233; pour la paix), proche du Ennhadha qui fait partie de la coalition gouvernementale en Tunisie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;R&#233;gime de pr&#233;dateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La popularit&#233; du r&#233;gime de Bouteflika dans ces milieux n'est qu'un aspect du b&#233;n&#233;fice tir&#233; des recettes p&#233;troli&#232;res du pays. Mais ce sont les liens avec le milieu des grands hommes d'affaires ayant profit&#233; de la manne p&#233;troli&#232;re, qui ont permis d'asseoir le clan Bouteflika face aux clans rivaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'ont renforc&#233; les nouveaux cadeaux offerts aux grandes compagnies p&#233;troli&#232;res, notamment avec cette nouvelle loi sur les hydrocarbures (2012) accroissant leurs droits d'exploitation des p&#233;troles alg&#233;riens. &lt;em&gt;&#171; L'Alg&#233;rie ambitionne de devenir le premier producteur de p&#233;trole du continent africain et d'assurer ainsi aux &#201;tats-Unis la s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique suppl&#233;mentaire dont ils ont besoin &#187;&lt;/em&gt;, &#233;crivait alors Bouteflika lui-m&#234;me dans le &lt;em&gt;Washington Times&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#232;re des r&#232;glements de compte pouvait commencer, jusqu'&#224; ce que Bouteflika mette &#224; la porte le tout puissant chef de la S&#233;curit&#233; militaire en poste depuis 25 ans. Avec les r&#232;glements de compte, les scandales du r&#233;gime commenc&#232;rent &#224; filtrer dans la presse, montrant l'ind&#233;cence de ce monde des riches et des coteries au pouvoir, alors qu'on s'en prenait aux r&#233;gimes de retraites, aux services publics (gr&#232;ve des cheminots sur les salaires, gr&#232;ves des enseignants, d&#233;gradation des h&#244;pitaux publics&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier la chasse aux immigr&#233;s venus d'Afrique sub-saharienne, parqu&#233;s dans des camps, puis reconduits de l'autre c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re, en plein d&#233;sert.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Du 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; au 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; mandat, l'usure du r&#233;gime&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2014, la candidature d'un Bouteflika d&#233;j&#224; grandement affaibli par un AVC, pour un 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; mandat avait d&#233;j&#224; soulev&#233; maintes r&#233;actions, cantonn&#233;es surtout aux politiciens et aux milieux politis&#233;s de la petite bourgeoisie. C'est le retournement de la conjoncture &#233;conomique, la politique d'aust&#233;rit&#233; d&#233;cid&#233;e par le gouvernement, la hausse des prix, la d&#233;gradation des services publics, l'accroissement du ch&#244;mage qui ont donn&#233; son ampleur au ras-le-bol provoqu&#233; par l'annonce du 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; mandat. Un ras-le-bol non seulement de Bouteflika mais du r&#233;gime lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O.B.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/png/boutef1.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH294/boutef1-f08ed.png?1788714230' width='500' height='294' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Les rats quittent le navire&#8230; &#224; la recherche d'un nouveau capitaine
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		<dc:date>2019-03-29T18:27:39Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Alg&#233;rie
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		<description>Les coteries dirigeantes, dont la famille de Bouteflika n'est qu'un des clans, n'avaient pas r&#233;ussi &#224; s'entendre sur le choix du successeur. Le statu quo (faire avaliser un cinqui&#232;me mandat pour Bouteflika) faisait office de solution. Pourvu que le peuple ne s'en m&#234;le pas. Manque de chance, jeunes et moins jeunes sont sortis par centaines de milliers dans la rue. Du coup, dans les couches dominantes aussi il devenait utile d'y montrer le bout de son nez, pour ne pas risquer d'&#234;tre&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les coteries dirigeantes, dont la famille de Bouteflika n'est qu'un des clans, n'avaient pas r&#233;ussi &#224; s'entendre sur le choix du successeur. Le statu quo (faire avaliser un cinqui&#232;me mandat pour Bouteflika) faisait office de solution. Pourvu que le peuple ne s'en m&#234;le pas. Manque de chance, jeunes et moins jeunes sont sortis par centaines de milliers dans la rue. Du coup, dans les couches dominantes aussi il devenait utile d'y montrer le bout de son nez, pour ne pas risquer d'&#234;tre assimil&#233; &#224; ce r&#233;gime qui prenait l'eau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Des d&#233;mocrates convertis&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les dissensions dans l'arm&#233;e ne s'&#233;taient ouvertement manifest&#233;es que par la candidature d'un g&#233;n&#233;ral peu connu jusque-l&#224;, le g&#233;n&#233;ral-major Ali Ghediri, qui clamait dans son programme que &lt;em&gt;&#171; L'autoritarisme emp&#234;che l'&#233;mergence d'une r&#233;elle d&#233;mocratie &#187;&lt;/em&gt;. Il serait l'artisan de cette d&#233;mocratie, lui qui n'&#233;tait qu'un proche du g&#233;n&#233;ral Medi&#232;ne, chef de la s&#233;curit&#233; militaire de 1990 &#224; 2015 et responsable de toutes les r&#233;pressions pendant ces 25 ans, avant d'&#234;tre licenci&#233; par Bouteflika.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les manifestations de rue, c'est le g&#233;n&#233;ral en retraite Lamine Zeroual, ancien ministre de la d&#233;fense puis pr&#233;sident de la r&#233;publique de 1994 &#224; 1999, qui est sorti sur le pas de sa porte saluer les protestataires dans sa ville de Batna, capitale des Aur&#232;s, l'une des r&#233;gions les plus pauvres d'Alg&#233;rie. Plus t&#233;m&#233;raire, Ali Benflis, chef du gouvernement de 2000 &#224; 2003, donc sous la pr&#233;sidence de Bouteflika mais depuis en bisbille avec lui, a carr&#233;ment particip&#233; &#224; la manifestation d'Alger le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mars. C'est pourtant lui qui avait sign&#233; en 2001, en tant que premier ministre, un d&#233;cret interdisant les marches &#224; Alger. C'&#233;tait au moment des &#233;meutes en Kabylie. Cher d&#233;mocrate !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations ont eu d'autres invit&#233;s surprises. En premier lieu le plus riche de tous les patrons priv&#233;s d'Alg&#233;rie, le nomm&#233; Issad Rebrab, lui aussi, il est vrai, d&#233;j&#224; en bisbille ouverte avec le gouvernement en place auquel il reproche trop de bureaucratisme, trop de contr&#244;les tatillons freinant la marche de ses affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal patronal fran&#231;ais &lt;em&gt;Les &#201;chos&lt;/em&gt;, quant &#224; lui, a trouv&#233; un autre acteur potentiel de la d&#233;mocratie en Alg&#233;rie : un patron de moins grande envergure, Slim Othmani, poss&#233;dant une entreprise de jus de fruits de 500 salari&#233;s, NCA Rouiba, dans la banlieue industrielle d'Alger, grand id&#233;ologue d'un &lt;em&gt;think tank&lt;/em&gt; pour patrons alg&#233;riens dans le vent, le Cercle d'action et de r&#233;flexion pour l'entreprise. &lt;em&gt;&#171; Les entrepreneurs vivaient dans la peur et l'humiliation au quotidien d'un pouvoir qui leur faisait croire qu'ils lui devaient m&#234;me l'air qu'ils respiraient &#187;&lt;/em&gt;, dit-il pour expliquer son opposition au 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; mandat, et m&#234;me au 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Son grief essentiel ? Les entraves &#224; l'investissement : &#171; &lt;em&gt;Quand vous essayiez de faire avancer un dossier, m&#234;me le plus subalterne, votre interlocuteur pointait silencieusement le doigt vers le haut pour dire &#8216;&#231;a se d&#233;cidera au sommet' &#187;&lt;/em&gt;. Trop de contr&#244;le, trop de fonctionnaires &#224; qui graisser la patte, un acc&#232;s trop limit&#233; aux dollars du p&#233;trole pour financer ses importations. Vive la libert&#233;, Wallah !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1176 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH338/cocotteminute-4d50f.png?1788667882' width='500' height='338' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Les fortunes b&#226;ties
&#224; l'ombre de l'arm&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si les classes populaires subissent au quotidien &#171; le syst&#232;me &#187; alg&#233;rien avec son lot de malheurs, les businessmen du s&#233;rail se portent &#224; merveille. Officiers sup&#233;rieurs, ou leurs fils, sont devenus hommes d'affaires. Mais c'est aussi &#224; l'ombre de l'arm&#233;e que les entrepreneurs priv&#233;s ont b&#226;ti leurs fortunes, au point que les plus grands d'entre eux font aujourd'hui jeu &#233;gal avec les g&#233;n&#233;raux dans le clan des d&#233;cideurs. Et ils sont adul&#233;s des patrons fran&#231;ais. Macron n'a-t-il pas tenu &#224; rencontrer en novembre dernier cet Issad Rebrab dans les Ardennes, o&#249; le patron alg&#233;rien &#233;tait pr&#233;sent&#233; comme un &#171; sauveur d'emploi &#187; depuis que son groupe, Cevital, entend cr&#233;er une entreprise de quelques centaines d'emplois dans d'anciens locaux de PSA, avec l'aide de l'&#201;tat fran&#231;ais &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Alg&#233;rie, ce sont en particulier les ann&#233;es 1990, celles qu'on a appel&#233;es les &lt;em&gt;&#171; ann&#233;es noires &#187;&lt;/em&gt; qui ont &#233;t&#233; pour eux les ann&#233;es fastes : la guerre entre les groupes islamistes arm&#233;s et le pouvoir a &#233;t&#233; un terrain propice pour encourager le march&#233; informel, s'accaparer terrains, biens et richesses avec l'assentiment des chefs militaires, pour aussi acc&#233;l&#233;rer les privatisations, fermetures d'entreprises d'&#201;tat et licenciements, autant de mesures entreprises depuis les ann&#233;es 1980 sur consignes du FMI. La guerre pour &lt;em&gt;&#171; d&#233;fendre la jeune d&#233;mocratie alg&#233;rienne &#187;&lt;/em&gt; contre les int&#233;gristes, aidait &#224; &#233;touffer toute protestation populaire et &#224; occulter les d&#233;tournements de milliards de dollars de la rente p&#233;troli&#232;re, pour accorder aux nouveaux hommes d'affaires les devises qu'ils d&#233;siraient pour leurs grands contrats d'importation et d'exportation, contre perception de commissions par les hauts responsables de l'&#201;tat si compr&#233;hensifs. Au point qu'en Alg&#233;rie ces nouveaux riches sont appel&#233;s &#171; affairistes de l'import-import &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;&#233;chelonnement de la dette ext&#233;rieure, adoss&#233; &#224; un plan d'ajustement structurel d'une dur&#233;e de quatre ans de 1994 &#224; 1997 (le service de la dette absorbait &#224; lui seul 80 % du total des recettes d'exportations), s'est traduit par une d&#233;gradation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des conditions de vie, de logement, des soins et des services sociaux ainsi que par la pr&#233;carisation de l'emploi et une paup&#233;risation accrue. Dans le chaos de la &lt;em&gt;&#171; d&#233;cennie noire &#187;&lt;/em&gt;, plus de 1 000 entreprises publiques ont &#233;t&#233; ferm&#233;es supprimant l'emploi de pr&#232;s de 500 000 travailleurs qui sont all&#233;s gonfler l'arm&#233;e de r&#233;serve et vendre leur force de travail &#224; bas prix. C'est sur fond de violence et de lib&#233;ralisme de gangsters que les milliardaires alg&#233;riens qui font la une des journaux ont amass&#233; leurs fortunes. Celles qui leur valent l'honneur de figurer dans le classement du c&#233;l&#232;bre magazine am&#233;ricain &lt;em&gt;Forbes&lt;/em&gt;, o&#249; le premier patron alg&#233;rien, Issab Rebrab, avec une fortune &#233;valu&#233;e de pr&#232;s de quatre milliards de dollars, est class&#233; sixi&#232;me patron d'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1177 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/png/bouteflikatombe.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH307/bouteflikatombe-9fbfa.png?1788667882' width='500' height='307' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Le bon&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le groupe Cevital d'Issad Rebrab, dont l'agro-alimentaire reste la principale activit&#233;, s'est &#233;tendu aux services (il contr&#244;le le port de Bejaia), &#224; la verrerie, &#224; la m&#233;tallurgie (il a rachet&#233; une usine d'aluminium en Espagne en 2013 et le fabricant d'&#233;lectrom&#233;nager Fagor-Brand en France en 2014) et compte aujourd'hui 18 000 salari&#233;s dans le monde. Rebrab s'&#233;tait lanc&#233; dans les affaires dans les ann&#233;es 1970. Il avait fini par obtenir le monopole d'importation de fer &#224; b&#233;ton, planquant ses devises en Suisse par le biais d'une soci&#233;t&#233; offshore domicili&#233;e aux &#206;les Vierges britanniques. Et l'argent empoch&#233; lui a permis de fonder Cevital au d&#233;veloppement fulgurant, en 1998 &#224; la fin des ann&#233;es noires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses pleurnicheries d'aujourd'hui contre cet &#201;tat qui freinerait ses ambitions et son amour pour les cr&#233;ations d'emplois font rire ses adversaires : &#171; &lt;em&gt;il n'a jamais fait autant d'argent que sous Bouteflika ! &#187;&lt;/em&gt; s'offusque un ancien ministre, &lt;em&gt;&#171; vous n'avez qu'&#224; comparer son chiffre d'affaires de 1999 &#224; celui qu'il fait aujourd'hui. M&#234;me les stations d'essence Naftal, publiques, ont confi&#233; la gestion des sup&#233;rettes &#224; Uno, filiale de Cevital.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe, dans sa Kabylie natale, en y promettant un projet mirifique qui cr&#233;erait 100 000 emplois, que bloquerait selon lui le gouvernement, il a r&#233;ussi, au travers de la coordination des comit&#233;s de soutien &#224; Cevital, &#224; organiser des manifestations de travailleurs et de la population. Sans grande peine, car ses arguments sont repris par l'opposition &#171; d&#233;mocratique &#187;, lib&#233;rale et surtout kabylisante : le Rassemblement pour la culture et la d&#233;mocratie (RCD) et le Front des forces socialistes (FFS), plaident &#224; l'Assembl&#233;e populaire nationale (APN) pour le d&#233;blocage des projets de ce bon patron&#8230; Et celui-ci, dans sa largesse d'esprit, a jou&#233; un petit coup de ma&#238;tre en annulant la manifestation de soutien &#224; son groupe initialement pr&#233;vue pour le 5 mars : &lt;em&gt;&#171; l'heure n'&#233;tant pas aux revendications sectorielles &#187;&lt;/em&gt; alors que &lt;em&gt;&#171; le peuple alg&#233;rien est enti&#232;rement mobilis&#233; pour r&#233;clamer un changement de r&#233;gime &#187;&lt;/em&gt;, a-t-il dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patron d&#233;mocrate n'en a pas moins, au fil des ans, impos&#233; le d&#233;sert syndical dans ses entreprises et licenci&#233; les meneurs de gr&#232;ve (16 travailleurs pendant la gr&#232;ve de 2012).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#8230; la brute&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans l'autre camp, celui du clan des Bouteflika, se trouve le patron de l'ETRBH (Entreprise de travaux publics, routes, hydraulique et b&#226;timent), Ali Haddad. Deuxi&#232;me fortune d'Alg&#233;rie, il aime &#224; r&#233;p&#233;ter qu'il a commenc&#233; avec &#171; &lt;em&gt;une brouette et un ouvrier&lt;/em&gt; &#187;. Il a oubli&#233; la pelle&#8230; et un certain g&#233;n&#233;ral. Mais il ne nie pas sa proximit&#233; avec les plus hauts dignitaires du r&#233;gime : &#171; &lt;em&gt;Oui, je suis proche des responsables militaires et civils&lt;/em&gt; &#187;. Ses d&#233;tracteurs attribuent l'ascension fulgurante de son groupe &#224; ses accointances avec la nomenklatura, notamment avec Said Bouteflika, fr&#232;re cadet et &#171; plus influent conseiller &#187; du chef de l'&#201;tat ainsi que Abdelmalek Sellal, ex-premier ministre. Sans oublier le g&#233;n&#233;ral-major Mohamed Touati, longtemps conseiller pour la d&#233;fense du pr&#233;sident Bouteflika. On est d&#233;j&#224; tr&#232;s loin de la brouette et de l'ouvrier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Haddad, aujourd'hui pr&#233;sident du FCE (Forum alg&#233;rien des chefs d'entreprises, le Medef alg&#233;rien qui f&#233;d&#232;re 4000 membres, &#224; la t&#234;te de 7000 entreprises), est une pure cr&#233;ature de la commande publique, et emploie quelque 15 000 salari&#233;s. La fr&#233;quentation des autorit&#233;s militaires et politiques lui ouvre des portes et lui permet d'&#233;liminer ses concurrents, en siphonnant les march&#233;s publics. Au point que deux mois seulement apr&#232;s sa sortie de l'universit&#233;, en 1987, il avait d&#233;j&#224; cr&#233;&#233; son entreprise de BTP. C'est l'&#233;poque o&#249; l'Alg&#233;rie s'ouvrait au secteur priv&#233; : &#171; J&lt;em&gt;e savais alors que nous nous acheminions inexorablement vers l'&#233;conomie de march&#233;&#8230; Il fallait donc &#234;tre pr&#233;sent pour se&lt;/em&gt; &lt;em&gt;pr&#233;parer au grand saut &lt;/em&gt; &#187;. Ce &lt;em&gt;&#171; grand saut &#187;&lt;/em&gt; c'&#233;tait les plans d'ajustement dict&#233;s par le FMI : privatisations, d&#233;valuation massive de la monnaie, qui ont provoqu&#233; la crise et les gr&#232;ves et &#233;meutes de l'automne 1988. En 1993 il d&#233;crochait son premier tr&#232;s gros contrat, un appel d'offres d'un million d'euros pour la r&#233;alisation d'une route nationale dans la r&#233;gion kabyle et l'am&#233;nagement des trottoirs. Des routes qui ne cessent de s'&#233;crouler pour qu'il puisse recommencer, ironise la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e de Bouteflika au pouvoir, les projets se sont multipli&#233;s : l'autoroute est-ouest, les projets ferroviaires, la construction de cimenteries, de raffineries de bitume, lui permettant d'investir ensuite dans le sport, l'h&#244;tellerie, le tourisme, le transport, l'industrie pharmaceutique ou encore l'hydraulique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les &#171; on dit &#187; qui circulent malgr&#233; l'opacit&#233; du pouvoir alg&#233;rien, on lui attribue la capacit&#233; d'organiser les rendez-vous entre hommes d'affaires et politiques, de participer &#224; la nomination des ministres, en bonne entente avec le fr&#232;re du pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#8230; et les truands&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais rien n'est simple dans les guerres de clans, o&#249; trahisons et retournements d'alliances peuvent aller vite. En 2017, le premier ministre en place, Abdelmadjid Tebboune, se lan&#231;ait dans un op&#233;ration d&#233;magogique contre &#171; l'argent sale &#187;. Et l'entreprise d'Ali Haddad se trouvait sur la sellette, se voyant reprocher ses retards dans l'ex&#233;cution d'une vingtaine de projets se chiffrant &#224; 3,4 milliards d'euros. Le bras sauveur du fr&#232;re du pr&#233;sident, Said Bouteflika, et d'un autre fid&#232;le alli&#233; du PDG, Abdelmadjid Sidi Said, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la conf&#233;d&#233;ration syndicale UGTA, l'ont tir&#233; d'affaire. Et c'est le ministre qui a &#233;t&#233; &#171; d&#233;m&#233;nag&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pratiques au sein de la &#171; Mafia avec un drapeau &#187; comme disent les Alg&#233;riens pour d&#233;signer le pouvoir, sont fr&#233;quentes. Le dernier scandale en date (2018), autour de la saisie de 701 kg de coca&#239;ne en provenance du Br&#233;sil, propri&#233;t&#233; d'un certain Kamel, homme d'affaires li&#233; aux islamistes et au r&#233;gime, a conduit &#224; l'incarc&#233;ration de cinq g&#233;n&#233;raux majors, de notaires, de juges et m&#234;me trois procureurs de la r&#233;publique. Les Alg&#233;riens ont cependant du mal &#224; croire que la seule lutte contre la corruption soit le moteur de cette affaire, tant les champions de cette lutte ressemblent aux corrompus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette accumulation de scandales s'est ajout&#233;e au sentiment de m&#233;pris inspir&#233; par la pr&#233;sentation d'un pr&#233;sident incapable de gouverner, &#224; la chert&#233; de la vie et au ch&#244;mage pour provoquer la col&#232;re d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Adel Bela&#239;d&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/png/bouteflika_fauteuil.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH496/bouteflika_fauteuil-8491b.png?1788667882' width='500' height='496' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
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