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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title>Elections au Br&#233;sil : &#171; Il ne suffira pas de sortir le bouc de la salle &#187;
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		<description>Les 7 et 28 octobre auront lieu au Br&#233;sil les &#233;lections pr&#233;sidentielles, l&#233;gislatives et des gouverneurs des &#201;tats. Elles se tiennent dans un climat d&#233;l&#233;t&#232;re, dans un contexte de crise &#233;conomique et d'augmentation du ch&#244;mage pour les classes populaires ainsi que de scandales judiciaires qui ont r&#233;v&#233;l&#233; depuis quelques ann&#233;es l'ampleur de la corruption dans le monde politique et des affaires. &lt;br /&gt;C'est un candidat d'extr&#234;me droite, Jair Bolsonaro, qui se tient en t&#234;te des sondages, alors&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les 7 et 28 octobre auront lieu au Br&#233;sil les &#233;lections pr&#233;sidentielles, l&#233;gislatives et des gouverneurs des &#201;tats. Elles se tiennent dans un climat d&#233;l&#233;t&#232;re, dans un contexte de crise &#233;conomique et d'augmentation du ch&#244;mage pour les classes populaires ainsi que de scandales judiciaires qui ont r&#233;v&#233;l&#233; depuis quelques ann&#233;es l'ampleur de la corruption dans le monde politique et des affaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un candidat d'extr&#234;me droite, Jair Bolsonaro, qui se tient en t&#234;te des sondages, alors qu'il se r&#233;clame de la dictature qui a s&#233;vi de 1964 &#224; 1985 et se dit ouvertement adepte d'un retour de l'ordre militaire dans le pays. Cet obscur capitaine de r&#233;serve se pr&#233;sente comme un anti-syst&#232;me &#8211; alors qu'il roule en politique depuis 1990 &#8211; et claironne des propos outranci&#232;rement racistes, misogynes et anti-pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce candidat, dont l'&#233;lectorat serait selon des politologues br&#233;siliens plut&#244;t blanc et ais&#233;, parle &#224; l'oreille des patrons petits et grands, notamment ceux de l'agro-business (le Br&#233;sil est l'une des plus grandes puissances mondiales de l'agro-alimentaire) et pr&#233;tend en finir avec les droits les plus &#233;l&#233;mentaires des travailleurs pour &#171; lib&#233;rer &#187; le patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus largement, il surfe &#224; la fois sur le d&#233;go&#251;t que suscitent les partis politiques dont la plupart des responsables, notamment ceux du PT, baignent dans des affaires faramineuses de pots de vin et de trafics d'influence, mais aussi sur le sentiment d'ins&#233;curit&#233; li&#233; &#224; la d&#233;linquance dans les grandes villes (plus de 83 000 meurtres l'ann&#233;e derni&#232;re, un record). R&#233;cemment baptis&#233;, il invoque dieu &#224; chaque d&#233;tour de phrase pour ratisser large dans un pays o&#249; le sentiment religieux est tr&#232;s pr&#233;sent. Et pour couronner le tout, il a &#233;t&#233; poignard&#233; par un d&#233;s&#233;quilibr&#233; se disant menac&#233; par ses id&#233;es lors d'un meeting &#224; Minas Gerais, ce qui lui vaut une certaine notori&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les femmes manifestent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Son succ&#232;s relatif mais mena&#231;ant suscite l&#233;gitimement la peur dans de larges pans de la population. &#192; l'initiative d'un collectif de femmes qui s'est fait conna&#238;tre sur Internet par le mot d'ordre &lt;em&gt;#PasLui (#EleNao),&lt;/em&gt; des manifestations ont &#233;t&#233; organis&#233;es le samedi 29 septembre dans 62 villes du Br&#233;sil. 500 000 manifestants selon les organisateurs, femmes et hommes, se sont joints pour protester contre les propos abjects de ce misogyne notoire dont le colistier, un g&#233;n&#233;ral de r&#233;serve, pr&#233;tend que les jeunes &#233;lev&#233;s seulement par leur m&#232;re deviendraient des d&#233;linquants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;D&#233;sarroi des classes populaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les tensions dans le pays sont patentes, les treize candidats en lice pour la pr&#233;sidentielle sont presque tous issus de partis baignant dans les affaires &#8211; Bolsonaro lui-m&#234;me est habilement sorti tr&#232;s r&#233;cemment du Parti progressiste dont la plupart des responsables sont mis en examen. Geraldo Alckmin, le candidat de l'establishment et du principal opposant au PT, le PSDB, a constitu&#233; une large coalition de droite pour b&#233;n&#233;ficier du financement public de campagne et du temps de parole &#224; la t&#233;l&#233;vision. Mais Lula en prison et Bolsonaro de son lit d'h&#244;pital font plus recette dans les sondages que ce candidat qui repr&#233;sente les &#233;lites arrogantes et une bourgeoisie qui s'est enrichie comme jamais ces quinze derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuel rempla&#231;ant de Dilma Rousseff (l'ex-pr&#233;sidente pour le Parti des travailleurs destitu&#233;e en 2016 pour son implication dans les affaires), Michel Temer, est largement honni. Issu d'un parti de droite alli&#233; du PT, le PMDB, tra&#238;nant lui-m&#234;me encore plus de casseroles pour corruption que l'ex-pr&#233;sidente, il avait orchestr&#233; avec l'aide d'une justice partiale et anti-PT et d'un soutien du staff politique toutes ob&#233;diences confondues un proc&#232;s caricatural contre Dilma Rousseff. Depuis, sa politique de privatisations et de nouvelles coupes budg&#233;taires dans les services publics, contre les retrait&#233;s et de remise en cause de droits des travailleurs l'a totalement discr&#233;dit&#233; aux yeux des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la candidate verte, Marina Silva, militante noire issue d'un milieu pauvre et un temps proche du mouvement des paysans sans terre, elle n'est cr&#233;dit&#233;e que de 7 % des voix. Certes, il y a la pression du vote utile et du &lt;em&gt;Tout sauf Bolsonaro &lt;/em&gt;dans les milieux de gauche. Mais cette ex-ministre de l'Environnement de Lula s'est aussi ali&#233;n&#233;e la sympathie des milieux qui la soutenaient en votant des mesures d&#233;favorables aux travailleurs, en se revendiquant de plus en plus des &#233;vang&#233;listes de l'Assembl&#233;e de Dieu, en se montrant timor&#233;e sur des sujets comme la l&#233;galisation de l'avortement ou en criant avec les loups lors de la destitution de Dilma Rousseff.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1114 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH459/bresil-21719.png?1787895524' width='500' height='459' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Le bilan des ann&#233;es Lula&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si la situation en est arriv&#233;e l&#224;, c'est en grande partie la responsabilit&#233; du PT qui, pendant treize ans, a d&#233;voy&#233; les immenses espoirs des travailleurs et des classes populaires qui l'avaient port&#233; au pouvoir. Ce parti, n&#233; des grandes gr&#232;ves de la fin des ann&#233;es 70, notamment celles des ouvriers m&#233;tallos de la r&#233;gion de S&#227;o Paulo et dont Lula a &#233;t&#233; le principal leader, avait non seulement promis de mettre fin &#224; la corruption qui est depuis longtemps un sport national de la classe politique bourgeoise, mais aussi d'en finir avec la mis&#232;re, le mal-logement, le ch&#244;mage et l'analphab&#233;tisme. Mais d&#232;s son arriv&#233;e au pouvoir, Lula a montr&#233; patte blanche &#224; la bourgeoisie en gouvernant avec des politiciens de droite et m&#234;me avec des adeptes r&#233;actionnaires de l'&#201;glise universelle, une des sectes &#233;vang&#233;liques du Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant toutes ces ann&#233;es, des mesures comme la bourse famille (entre 20 et 50 euros par mois) pour les plus pauvres ont permis certes d'endiguer le fl&#233;au de la faim, des efforts dans l'&#233;ducation ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s et le salaire minimum a &#233;t&#233; doubl&#233;. Mais ces mesures n'ont constitu&#233; qu'une part minime du budget de l'&#201;tat br&#233;silien et surtout des immenses profits que le patronat et les multinationales du Br&#233;sil ont engrang&#233; toutes ces ann&#233;es. Pour ne citer que quelques mesures impopulaires, sous Lula, celles prises pour baisser les retraites avant lui ont &#233;t&#233; maintenues de force et m&#234;me renforc&#233;es, notamment dans la Fonction publique. L'&#226;ge de d&#233;part a &#233;t&#233; repouss&#233; et des millions de travailleurs br&#233;siliens ne touchent toujours rien. Des accords ont &#233;t&#233; sign&#233;s par la bureaucratie syndicale inf&#233;od&#233;e au PT pour brider les salaires dans l'industrie ou les banques. Aujourd'hui, la part des salaires par rapport aux profits a bien baiss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que des parts du budget de 5 ou 3 % &#233;taient d&#233;di&#233;es &#224; la sant&#233; et &#224; l'&#233;ducation, 36 % allaient au service de la dette en faveur du FMI ou des grandes banques, des centaines de milliards d'aides aux entreprises ont mis la bourgeoisie aux anges. L'agro-alimentaire a &#233;t&#233; particuli&#232;rement g&#226;t&#233; puisque 60 millions d'hectares de terres publiques, en Amazonie notamment, ont &#233;t&#233; c&#233;d&#233;s au priv&#233;. Les paysans sans terre ont vu la police f&#233;d&#233;rale venir aider les milices priv&#233;es des patrons &#224; les r&#233;primer, et des centaines ont &#233;t&#233; tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me sur des sujets de soci&#233;t&#233; comme l'avortement, Lula a conclu un accord avec le Vatican en 2009 pour faire une campagne anti-avortement, s'ali&#233;nant ainsi des milieux progressistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la t&#234;te de la sixi&#232;me puissance &#233;conomique mondiale en 2010, Lula &#233;tait encens&#233; par &lt;em&gt;Time&lt;/em&gt;, Obama, Sarkozy et tout le gratin du sommet de Davos. Alors si le Br&#233;sil a connu sous la gouvernance du PT une croissance dans un contexte mondial qui &#233;tait favorable, c'est aujourd'hui un pays aux in&#233;galit&#233;s encore plus criantes qu'avant, et la violence sociale et politique qui y r&#232;gne est le retour de b&#226;ton.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La force de la contestation au Br&#233;sil&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais tandis que le PT au gouvernement se compromettait jusqu'au cou dans le syst&#232;me corrompu d'achat de d&#233;put&#233;s pour voter sa politique ou de financement du parti et des &#233;lus par les g&#233;ants du BTP local ou par des multinationales mini&#232;res, des gr&#232;ves et des mouvements de contestation se sont organis&#233;s, parmi les professeurs, les fonctionnaires des organismes sociaux mais aussi dans le priv&#233;. En 2013, la goutte d'eau qui a mis un million de manifestants dans les rues &#224; plusieurs reprises, a &#233;t&#233; l'augmentation des transports, indigents mais tr&#232;s chers. Les manifestants ont r&#233;ussi &#224; la faire annuler dans plusieurs villes. Puis en 2014, &#224; la veille du Mondial de football et des JO qui allaient suivre, ce sont les milliards mis &#224; fonds perdus dans l'organisation de ces &#233;v&#232;nements au profit des grands groupes qui ont provoqu&#233; des manifestations et la col&#232;re d'une grande partie de la population. La m&#234;me ann&#233;e, les manigances du groupe Odebrecht (puissante multinationale br&#233;silienne) pour obtenir les chantiers &#224; coups de pots de vin ont &#233;t&#233; mises &#224; jour.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Pourvu que la bourgeoisie tire son &#233;pingle du jeu&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors si aujourd'hui c'est le th&#232;me de la corruption de la classe politique &#8211; bien r&#233;elle &#8211; qui domine la campagne &#233;lectorale, et que cela permet &#224; des r&#233;actionnaires comme Bolsonaro d'essayer de faire peser tout le discr&#233;dit sur le PT, cela permet surtout &#224; la bourgeoisie de tirer son &#233;pingle du jeu et de masquer sa responsabilit&#233; dans la situation : corruption, ch&#244;mage, mise &#224; sac de ce qui reste des services publics, profits ind&#233;cents. Cela, aucun des principaux candidats &#224; la pr&#233;sidentielle ne le d&#233;nonce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir ne peut venir que de la mobilisation consciente des travailleurs et des masses pauvres, de tous ceux qui ne se laisseront pas endormir par des discours qui se contentent, pour tout programme politique, de dire &#171; Tout sauf Bolsonaro &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe des organisations d'extr&#234;me gauche au Br&#233;sil, implant&#233;es, quoique faiblement, dans la classe ouvri&#232;re. Le PSTU, organisation trotskyste autrefois repr&#233;sent&#233;e &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle par un ouvrier de la m&#233;tallurgie, pr&#233;sente une militante ouvri&#232;re, Vera L&#250;cia, qui explique qu'il faudra une mobilisation des travailleurs pour changer la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle utilise une image bien connue au Br&#233;sil : il ne suffira pas de sortir le bouc puant (Bolsonaro) de la salle pour &#233;radiquer le mal et inverser le rapport de forces en faveur des travailleurs et des masses pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 septembre 2018, &lt;strong&gt;Anne Hansen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lettre d'un lecteur de Convergences r&#233;volutionnaires : L'&#233;crasement des travailleurs br&#233;siliens surexploit&#233;s par une infime minorit&#233; : une longue histoire
</title>
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		<description>La situation permet &#224; l'ex-capitaine Bolsonaro, un bateleur minable et d&#233;go&#251;tant, un matador rat&#233; de cour de caserne, raciste et m&#233;prisant envers les femmes, de se pr&#233;senter comme une alternative politique pour des millions de gens, au nom du rejet du &#171; syst&#232;me &#187;. Un syst&#232;me dont lui-m&#234;me reste un pur produit, m&#234;me s'il s'agit d'un produit avari&#233;. &lt;br /&gt;De mani&#232;re peut-&#234;tre un peu plus caricaturale qu'ailleurs, le jeu politicien au Br&#233;sil est un th&#233;&#226;tre de marionnettes dont les discours&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La situation permet &#224; l'ex-capitaine Bolsonaro, un bateleur minable et d&#233;go&#251;tant, un matador rat&#233; de cour de caserne, raciste et m&#233;prisant envers les femmes, de se pr&#233;senter comme une alternative politique pour des millions de gens, au nom du rejet du &#171; syst&#232;me &#187;. Un syst&#232;me dont lui-m&#234;me reste un pur produit, m&#234;me s'il s'agit d'un produit avari&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De mani&#232;re peut-&#234;tre un peu plus caricaturale qu'ailleurs, le jeu politicien au Br&#233;sil est un th&#233;&#226;tre de marionnettes dont les discours ne servent qu'&#224; couvrir (mal) les cris des travailleurs surexploit&#233;s par une infime minorit&#233; parasite d'un des pays les plus riches au monde. Les politiciens br&#233;siliens, corrompus dans leur immense majorit&#233;, changent les &#233;tiquettes de &#171; gauche &#187; et de &#171; droite &#187; comme de chemise. Ils n'ont aucun principe, ils n'ont que des pratiques d'accaparement et de maintien du &lt;em&gt;statu quo&lt;/em&gt; social, c'est-&#224;-dire d'&#233;crasement et de mise &#224; l'&#233;cart de la majorit&#233; de la population. La grande question, c'est comment cette majorit&#233; a &#233;t&#233; syst&#233;matiquement exclue de la marche de la soci&#233;t&#233; dans un pays aussi violent socialement. Cette exclusion a une longue histoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La bourgeoisie br&#233;silienne, depuis 500 ans&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis 500 ans, la bourgeoisie br&#233;silienne a r&#233;ussi l'exploit de garder toujours intacts et de transmettre &#224; sa descendance ses privil&#232;ges, malgr&#233; les bouleversements de l'histoire et les transformations de l'&#233;conomie : d'abord comme colonie de la Couronne portugaise (XVI-XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles), puis sous un empire tropical ind&#233;pendant et esclavagiste (XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle), ensuite au travers d'une r&#233;publique oligarchique gouvern&#233;e par des grands propri&#233;taires terriens (1890-1930), puis sous un r&#233;gime autoritaire bonapartiste (1930-1953), celui de Vargas, le &#171; Per&#243;n br&#233;silien &#187;, aux accents tant&#244;t fascistes tant&#244;t travaillistes, et enfin durant une dictature militaire pro-am&#233;ricaine et d'extr&#234;me droite (1964-1985). &#192; chacune de ces &#233;tapes, le pouvoir s'est transmis au sein d'un cercle restreint, de mani&#232;re confiscatoire, sans que jamais les travailleurs pauvres ne puissent intervenir, m&#234;me par procuration. Autrement dit, jamais la bourgeoisie n'a eu peur dans sa courte vie de classe parasite, jamais elle n'a senti sur sa nuque le souffle chaud de la contestation sociale. Elle a toujours su n&#233;gocier, naviguer, tergiverser, muter, l&#226;cher du lest pour sauver les meubles, quitte &#224; laisser des d&#233;magogues ou des militaires gouverner &#224; sa place, tout en sachant s'en d&#233;barrasser quand elle n'en avait plus besoin. C'est ainsi que l'esclavage a &#233;t&#233; aboli par l'empereur, que la r&#233;publique a &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;e &#171; par en-haut &#187; ou que bien plus tard les militaires tortionnaires, dont Bolsonaro se r&#233;clame aujourd'hui, ont pu quitter la sc&#232;ne sur la pointe des pieds, sans rendre des comptes, en garantissant leur impunit&#233; et sans que leur succ&#232;de, dans un premier temps du moins, un pouvoir &#233;lu au suffrage universel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Lula et son Parti des travailleurs&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la fin de la dictature militaire, &#224; la fin des ann&#233;es 1970 et au d&#233;but des ann&#233;es 1980, qu'un nouvel acteur est apparu au Br&#233;sil : Lula et son Parti des travailleurs (PT). Aujourd'hui, quarante ans apr&#232;s, on conna&#238;t le fin mot de cette histoire : le projet de Lula et de ses camarades syndicalistes et militants de gauche &#233;tait d&#232;s le d&#233;part un projet de r&#233;forme du capitalisme br&#233;silien post-esclavagiste, pour essayer de le rendre un peu moins barbare et plus acceptable aux yeux des d&#233;sh&#233;rit&#233;s sans jamais toucher aux privil&#232;ges des poss&#233;dants. En somme, un projet de collaboration de classes et surtout pas un projet r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien. Pourtant, on ne peut que constater l'immense espoir que Lula et le PT ont su susciter et entretenir depuis quarante ans et encore aujourd'hui aupr&#232;s des travailleurs. Cet espoir, maintes fois d&#233;&#231;u, le PT sait le faire revivre, comme en ce moment lors des &#233;lections g&#233;n&#233;rales, pour le capitaliser et s'en servir comme monnaie d'&#233;change avec la bourgeoisie. Mais les bourgeois br&#233;siliens n'ont pas de traditions de collaboration de classes : leurs traditions, c'est la rapine et la brutalit&#233; sauvage des n&#233;griers. Les bourgeois br&#233;siliens d&#233;testent le PT, ils mordent cette main qui les nourrit. Ou qui essaye !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'o&#249; vient cette haine ? De la peur des pauvres. D'o&#249; vient cette peur, alors ? De l'espoir et de l'enthousiasme des travailleurs qui s'identifient &#224; l'un des leurs, f&#251;t-il un martyr de la bourgeoisie, pr&#234;t &#224; croupir en prison plut&#244;t que de mener une r&#233;volte qui pourrait le lib&#233;rer mais risquerait rapidement de d&#233;passer le cadre bourgeois. Comment en est-on arriv&#233; &#224; cette impasse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une certaine mani&#232;re et &#224; son corps d&#233;fendant, Lula, par sa simple existence de prolo qui a une t&#234;te de prolo, un corps meurtri de prolo (il a eu un doigt sectionn&#233; par une machine-outil), Lula qui sait parler au c&#339;ur des prolos comme un authentique leader prol&#233;tarien (mais qui sait aussi parler tr&#232;s poliment aux banquiers), Lula rallume la peur ancestrale des esclavagistes, celle d'&#234;tre submerg&#233;s et &#233;gorg&#233;s par leurs esclaves vengeurs. Dit d'une mani&#232;re plus politique, Lula et le PT ont bris&#233; le monopole bourgeois sur le pouvoir politique central : les partis bourgeois traditionnels, malgr&#233; leurs innombrables relais dans la presse, les &#201;glises et les entreprises, sont incapables de pr&#233;senter un candidat cr&#233;dible contre Lula, m&#234;me apr&#232;s les scandales g&#233;ants de corruption du PT. En 2010, apr&#232;s deux mandats comme pr&#233;sident de la R&#233;publique, et malgr&#233; l'hostilit&#233; massive de la bourgeoisie, Lula, fort d'une popularit&#233; stratosph&#233;rique de 80&lt;em&gt; &lt;/em&gt;% d'opinions favorables (pour un sortant !) a su faire &#233;lire (de justesse) sa dauphine politique, Dilma Rousseff, une bureaucrate insipide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Br&#233;sil, le vote est obligatoire sous peine d'amende. Dans un pays aussi pauvre, ce syst&#232;me a d'abord favoris&#233; les partis bourgeois, capables de &#171; mobiliser &#187; des voix en les achetant. Mais le PT et Lula ont d&#233;tourn&#233; ce syst&#232;me &#224; leur avantage : leur popularit&#233; a sembl&#233; rendre la pr&#233;sidence de la R&#233;publique hors de port&#233;e des bourgeois, une situation in&#233;dite et tr&#232;s anxiog&#232;ne pour eux. Voil&#224; comment l'espoir des pauvres a engendr&#233; la peur des riches. Une peur assez irrationnelle, car ils ont continu&#233; &#224; bien s'enrichir durant les treize ann&#233;es de pouvoir du PT, un parti qui a montr&#233; son respect de l'ordre, de l'imp&#233;rialisme, un parti qui a su envoyer les flics casser des gr&#232;ves, et m&#234;me l'arm&#233;e si n&#233;cessaire. Mais pourtant, en 2013-2014, apr&#232;s leur troisi&#232;me d&#233;faite d'affil&#233;e &#224; la pr&#233;sidentielle, les bourgeois ont d&#233;cid&#233; de l&#226;cher les chiens : la presse, les juges, les d&#233;put&#233;s. Les chiens ont fait leur job : ils ont sem&#233; la rage, ils ont mont&#233; les bataillons de la petite-bourgeoisie contre le PT. Car plut&#244;t que de r&#233;former un syst&#232;me politique vermoulu par la v&#233;nalit&#233; et l'enrichissement des d&#233;put&#233;s, le PT a pr&#233;f&#233;r&#233; faire comme les autres : payer les d&#233;put&#233;s pour qu'ils votent avec leur gouvernement. Les d&#233;put&#233;s corrompus par le PT ont encaiss&#233; leur fric, puis attendu le moment opportun pour vendre la m&#232;che dans la presse et raconter que le m&#233;chant PT les achetait... R&#233;sultat, un sentiment anti-PT s'est cristallis&#233; &#224; la droite et &#224; l'extr&#234;me droite de l'&#233;chiquier, dans un m&#233;lange baroque de tout ce que la soci&#233;t&#233; compte d'arri&#233;r&#233;s, de pourris et de r&#233;actionnaires m&#233;contents d'un syst&#232;me politique que le PT incarnait depuis trop longtemps : flics et militaires &#224; la retraite, pasteurs &#233;vang&#233;liques conservateurs et illumin&#233;s, footballeurs nouveaux riches, routiers et chauffeurs de taxis m&#233;contents, patriotes enrag&#233;s, d&#233;fenseurs homophobes des valeurs familiales. Mais aussi avocats, m&#233;decins, patrons, mus uniquement par la haine de classe, hyst&#233;riques &#224; la seule &#233;vocation des noms de Lula et de Dilma, incarnations de leur impuissance. C'est sur cette vague de fond anti-PT qu'une nullit&#233; comme Bolsonaro a su surfer. Tout cela devant une gauche sociale-d&#233;mocrate compl&#232;tement atone, jusqu'&#224; la campagne pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le Br&#233;sil, ne vit pas &#224; l'abri des grands courants &#233;conomiques et politiques qui traversent le reste du monde. Bien s&#251;r, la mont&#233;e politique des id&#233;es r&#233;actionnaires et d'extr&#234;me droite se fait sentir sur tous les continents. Bien s&#251;r, Bolsonaro fait irr&#233;sistiblement penser &#224; un Trump br&#233;silien par sa violence et la b&#234;tise crasse de ses pr&#233;jug&#233;s. Mais finalement, rien de tout cela n'excuse les trahisons et la l&#226;chet&#233; du PT vis-&#224;-vis de son &#233;lectorat, les travailleurs pauvres du Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Edgar Ulysse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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