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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> L'h&#244;pital malade, vu par celles et ceux qui le font fonctionner
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		<dc:subject>H&#244;pital
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		<dc:subject>Entreprises
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		<description>En ce mois de novembre 2012, on a donc vu des m&#233;decins &#171; pigeons &#187;, aux dents ac&#233;r&#233;es eux aussi, se mettre en gr&#232;ve contre l'encadrement gouvernemental des d&#233;passements d'honoraires. Un encadrement tr&#232;s timide, au demeurant, qui les autorise &#224; faire payer jusqu'&#224; deux fois et demi le tarif rembours&#233; par la S&#233;curit&#233; sociale. Manifestement, la sant&#233; de l'h&#244;pital les pr&#233;occupe moins que celle de la m&#233;decine dite lib&#233;rale, c'est-&#224;-dire priv&#233;e. &lt;br /&gt;On a vu &#233;galement les internes des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce mois de novembre 2012, on a donc vu des m&#233;decins &#171; pigeons &#187;, aux dents ac&#233;r&#233;es eux aussi, se mettre en gr&#232;ve contre l'encadrement gouvernemental des d&#233;passements d'honoraires. Un encadrement tr&#232;s timide, au demeurant, qui les autorise &#224; faire payer jusqu'&#224; deux fois et demi le tarif rembours&#233; par la S&#233;curit&#233; sociale. Manifestement, la sant&#233; de l'h&#244;pital les pr&#233;occupe moins que celle de la m&#233;decine dite lib&#233;rale, c'est-&#224;-dire priv&#233;e. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a vu &#233;galement les internes des h&#244;pitaux manifester pour leurs propres revendications actuelles&#8230; et leur avenir en m&#233;decine lib&#233;rale ! Certes, eux aussi subissent la casse du service public de sant&#233;, comme l'a r&#233;v&#233;l&#233; il y a peu la publication d'une enqu&#234;te de leur principal syndicat. Ces &#233;tudiants de 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; cycle, propuls&#233;s m&#233;decins pour combler le manque de personnel m&#233;dical, se voient imposer d'endosser toutes les responsabilit&#233;s et d'accumuler les heures de travail. Une situation critique qui ne peut que pousser &#224; l'erreur. Mais on aurait pr&#233;f&#233;r&#233; les voir se mobiliser aupr&#232;s du reste du personnel hospitalier, plut&#244;t que d'embrasser la cause des nantis de la m&#233;decine priv&#233;e. Car le personnel des h&#244;pitaux &#8211; agents de services, d'entretien, aides-soignants et infirmi&#232;res, administratifs &#8211; sont confront&#233;s aux m&#234;mes types de probl&#232;mes (sans les m&#234;mes perspectives de carri&#232;re !). Et c'est peu dire. Lot commun de services satur&#233;s, manque d'effectifs et de mat&#233;riel, les conditions de travail ne cessent de se d&#233;grader, avec des records pulv&#233;ris&#233;s en mati&#232;re de d&#233;passement du temps de travail l&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la presse a multipli&#233; les reportages sur la condition des internes, et d&#251;ment relay&#233; les r&#233;criminations des m&#233;decins et chirurgiens, elle reste &#233;tonnamment discr&#232;te sur la situation de la majeure partie du personnel hospitalier. En particulier sur ceux qui assument les t&#226;ches les plus ingrates tout en &#233;tant au contact quotidien des malades. Ces hommes et ces femmes qui en plus de leurs t&#226;ches techniques, assurent au fil des heures un lien humain fondamental avec les patients. Une fonction &#171; relationnelle &#187; qui serait d&#251;ment r&#233;mun&#233;r&#233;e dans n'importe quel cabinet de psys, mais qui rel&#232;ve du simple b&#233;n&#233;volat et du d&#233;vouement de la part de salari&#233;s pay&#233;s au Smic ou &#224; peine plus, le plus souvent invisibles aux yeux de la hi&#233;rarchie m&#233;dicale et hospitali&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dossier de &lt;em&gt;Convergences r&#233;volutionnaires&lt;/em&gt; parle donc de l'h&#244;pital malade. De sa casse programm&#233;e par les diff&#233;rentes r&#233;formes gouvernementales de la derni&#232;re d&#233;cennie. Certains m&#233;decins clairvoyants ont alert&#233; l'opinion &#224; ce sujet dans de bons livres et en ont d&#233;cortiqu&#233; bien des aspects financiers et techniques. Mais ici, nous avons surtout tenu &#224; d&#233;tailler cette d&#233;gradation de l'h&#244;pital public du point de vue de ceux qui le font fonctionner au quotidien : les infirmi&#232;res bien s&#251;r, mais aussi les aides-soignants et les agents de service. Leurs t&#233;moignages en disent long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela ne va pas sans r&#233;actions. Il n'est pas de semaine sans qu'un mouvement localis&#233; ait lieu dans tel ou tel service, tel h&#244;pital, telle ville, telle r&#233;gion. Mais, comme partout ailleurs, ces mobilisations restent dispers&#233;es et donc, pour l'heure, inefficaces. Ce qui n'a rien de fatal. La contagion sociale peut &#233;galement saisir les h&#244;pitaux. Comme en t&#233;moigne (voir le dernier article de ce dossier) le mouvement explosif des infirmi&#232;res, rejointes par une bonne partie des autres personnels, en 1988. 24 ans apr&#232;s, en ces temps de crise, une m&#234;me col&#232;re d&#233;passant cette fois tous les clivages corporatistes, pourrait enflammer la nouvelle g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 15 novembre 2012 &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_633 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH561/privatisation_hosto1-6ffef.png?1787860788' width='400' height='561' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> L'h&#244;pital mis &#224; mal
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>H&#244;pital
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>Files d'attentes aux urgences, d&#233;lais d'attente des examens d&#233;cupl&#233;s, fermetures de lits, d&#233;serts m&#233;dicaux, suppressions de postes, soignants &#233;puis&#233;s&#8230; L'h&#244;pital public va mal. &lt;br /&gt;Et pour cause. Depuis une trentaine d'ann&#233;e, les gouvernements successifs n'ont vis&#233; qu'&#224; le d&#233;manteler afin d'offrir toujours plus de place aux capitaux priv&#233;s dans les secteurs o&#249; la rentabilit&#233; peut &#234;tre assur&#233;e. Les derni&#232;res r&#233;formes &lt;br /&gt;de ces dix derni&#232;res ann&#233;es ont acc&#233;l&#233;r&#233; la casse du syst&#232;me de sant&#233;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Files d'attentes aux urgences, d&#233;lais d'attente des examens d&#233;cupl&#233;s, fermetures de lits, d&#233;serts m&#233;dicaux, suppressions de postes, soignants &#233;puis&#233;s&#8230; L'h&#244;pital public va mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour cause. Depuis une trentaine d'ann&#233;e, les gouvernements successifs n'ont vis&#233; qu'&#224; le d&#233;manteler afin d'offrir toujours plus de place aux capitaux priv&#233;s dans les secteurs o&#249; la rentabilit&#233; peut &#234;tre assur&#233;e. Les derni&#232;res r&#233;formes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de ces dix derni&#232;res ann&#233;es ont acc&#233;l&#233;r&#233; la casse du syst&#232;me de sant&#233; publique en lui imposant gestion d'entreprise, logique de rentabilit&#233; et restrictions budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;2004 : Tarification &#224; l'activit&#233;
et rentabilisation&#8230; des malades !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2004, sous pr&#233;texte de &#171; principe d'&#233;galit&#233; &#187;, le gouvernement exige que le mode de financement des h&#244;pitaux s'aligne sur celui du secteur priv&#233;. Il met en place la Tarification &#224; l'activit&#233; (la &#171; T2A &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tarification &#192; l'Activit&#233; : TAA, ce qui devient dans le jargon maison, la T2A.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). S'appliquant principalement &#224; l'activit&#233; M&#233;decine, Chirurgie, Obst&#233;trique, elle vise &#224; terme &#224; s'appliquer &#224; l'ensemble des secteurs de la sant&#233;. Ce mode de financement est d'embl&#233;e total pour les &#233;tablissements priv&#233;s. Pour les h&#244;pitaux publics, sa mise en place est progressive (elle devient quasi totale en 2008). Auparavant, le budget des h&#244;pitaux &#233;tait constitu&#233; d'une dotation globale, budget allou&#233; en d&#233;but d'ann&#233;e en fonction des d&#233;penses de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente mais qui sous-&#233;valuait d&#233;j&#224; leurs besoins. &#192; partir de 2004, les h&#244;pitaux sont petit &#224; petit financ&#233;s en fonction du nombre d'actes qui y sont accomplis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette T2A, donc, consiste &#224; financer les &#233;tablissements en fonction de leur activit&#233;. Un tarif correspond &#224; chaque patient hospitalis&#233;, dans lequel interviennent le s&#233;jour, les examens, les interventions effectu&#233;es, etc. Mais les tarifs sont loin de toujours correspondre aux co&#251;ts r&#233;els. Certains actes sont sous-&#233;valu&#233;s, d'autres sur&#233;valu&#233;s. Certains malades deviennent plus rentables que d'autres. La nouvelle tarification, entre autres, met en place un forfait pour une dur&#233;e d'hospitalisation donn&#233;e avec une borne minimale et maximale en fonction notamment de la pathologie du patient. Il est ainsi possible, pour chaque pathologie, de calculer la dur&#233;e d'hospitalisation optimale d'un point de vue financier. Un patient venant pour une intervention technique courte, comme une chirurgie de la cataracte, et qui lib&#232;re la chambre rapidement, sera d'un meilleur rapport qu'un patient qui pr&#233;sente un &#233;tat fragilis&#233; qui restera plusieurs semaines pour un traitement m&#233;dical faiblement r&#233;mun&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le principe d'in&#233;galit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors que les cliniques priv&#233;es peuvent se concentrer sur les activit&#233;s rentables et font le tri des patients (sans risque de complications pour qu'ils lib&#232;rent la chambre rapidement par exemple), les h&#244;pitaux, de par leur mission de service public, se doivent d'accueillir tous les malades. Ils ont &#224; leur charge les patients &#171; non rentables &#187; qui co&#251;tent plus que ce que le tarif &#224; l'activit&#233; leur alloue. Le principe d'&#233;galit&#233; mis en avant par le gouvernement en 2004 est donc d'embl&#233;e fauss&#233; et la concurrence avec le priv&#233; d&#233;loyale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;De Charybde en Scylla&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec l'ancien mode de financement (la dotation globale), les services ne pouvaient plus faire certains actes s'ils avaient d&#233;pens&#233; l'argent allou&#233; avant la fin de l'ann&#233;e. Les services cherchent d&#233;sormais &#224; multiplier les actes pour &#234;tre financ&#233;s. Pouss&#233;s &#224; diminuer les dur&#233;es de s&#233;jour et privil&#233;gier les activit&#233;s lucratives, l'h&#244;pital tend &#224; adopter une logique plus financi&#232;re que m&#233;dicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le serpent se mord la queue. L'enveloppe globale, l'Ondam (Objectif national des d&#233;penses d'assurance maladie) vot&#233; dans le cadre de la loi de financement de la S&#233;curit&#233; sociale, dont une partie est destin&#233;e aux d&#233;penses relatives aux &#233;tablissements tarif&#233;s &#224; l'activit&#233;, reste ferm&#233;e. Si les tarifs sont cens&#233;s repr&#233;senter les co&#251;ts de prise en charge en fonction d'une moyenne statistique, le niveau des tarifs est aussi fix&#233; en fonction des moyens allou&#233;s par l'Ondam. Donc, si l'activit&#233; globale augmente, l'enveloppe finan&#231;ant les tarifs &#233;tant ferm&#233;e, les tarifs sont revus &#224; la baisse. Ainsi, l'augmentation globale d'activit&#233; hospitali&#232;re de 3 % en 2010 a conduit &#224; une baisse des tarifs de 0,8 % en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;2009 : la loi Bachelot, ou la casse programm&#233;e &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le sous-financement chronique des h&#244;pitaux, obligeant les h&#244;pitaux &#224; emprunter, coupl&#233; &#224; l'instauration de la Tarification &#224; l'activit&#233;, a entra&#238;n&#233; l'explosion des d&#233;ficits des h&#244;pitaux et leur endettement. Alors, en 2008, le gouvernement Sarkozy fixe l'imp&#233;ratif d'un retour des h&#244;pitaux publics &#224; l'&#233;quilibre financier pour 2012 (objectif finalement repouss&#233; car inatteignable), mais sans nouveaux financements ! D'o&#249;, &#224; l'ordre du jour : taille dans les effectifs (les salaires repr&#233;sentent environ 70 % des frais de fonctionnements des h&#244;pitaux) ; fermetures de lits, de services et m&#234;me d'h&#244;pitaux. Et, pour encadrer cette acc&#233;l&#233;ration de la casse du syst&#232;me de service publique, la loi HPST (H&#244;pital, Patient, Sant&#233;, Territoire), dite loi Bachelot, voit le jour en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renfor&#231;ant la mainmise gouvernementale sur les h&#244;pitaux, cette loi acc&#233;l&#232;re la politique de fusions, regroupements et fermetures d'&#233;tablissements. D&#233;j&#224;, en 2004, des &#171; p&#244;les d'activit&#233; &#187;, regroupant plusieurs services, se devaient d'&#234;tre rentables : donc suppressions de postes et mise en commun du personnel. Cette loi HPST (ou &#171; loi Bachelot &#187;), quant &#224; elle, cr&#233;e des Communaut&#233;s hospitali&#232;res de territoires, au nom desquelles on &#233;limine les services en &#171; doublon &#187;, on regroupe ou on ferme des &#233;tablissements, notamment ceux de proximit&#233;. Les Agences r&#233;gionales de sant&#233; (ARS), qui regroupent les anciens services &#233;tatiques en charge de la sant&#233; et ceux de l'Assurance maladie, ont pour mission de r&#233;percuter les pressions budg&#233;taires nationales au niveau des r&#233;gions. Leurs directeurs, nomm&#233;s en Conseil des ministres, appliquent d'autorit&#233; la politique gouvernementale. Leurs comp&#233;tences, s'appliquant tout &#224; la fois &#224; l'hospitalisation publique, priv&#233;e et &#224; la m&#233;decine de ville, leurs permettent de mieux r&#233;duire la premi&#232;re au b&#233;n&#233;fice du secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, cette loi offre encore plus de place aux capitaux priv&#233;s l&#224; o&#249; l'activit&#233; peut &#234;tre rentable, par le biais de la coop&#233;ration public/priv&#233; en termes de moyens techniques, locaux ou autre. Le priv&#233; peut d&#233;sormais assurer des missions de services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Casse du service public hospitalier, d&#233;serts m&#233;dicaux, d&#233;gradation de l'offre de soins et des conditions de travail des personnels hospitaliers, les mesures successives n'ont &#233;t&#233; b&#233;n&#233;ficiaires qu'au secteur priv&#233;, lequel fait ses affaires sur le dos de la S&#233;curit&#233; sociale. Marisol Touraine, nouvelle ministre de la Sant&#233; pr&#233;tend d&#233;fendre l'h&#244;pital. Pourtant, sans revenir r&#233;ellement sur les mesures prises par les gouvernements pr&#233;c&#233;dents et en votant un Ondam (l'enveloppe financi&#232;re globale) de nouveau &#224; la baisse, le Parti socialiste pr&#233;voit de faire 657 millions d'&#233;conomie sur les h&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alice THOMAS et Lisa HAGEN&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_642 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH258/refusedecede-c7103.png?1788743198' width='300' height='258' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 questions r&#233;ponses &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Qu'est-ce qu'un patient rentable ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est un patient dont la pathologie est &#171; bien cot&#233;e &#187; &#224; la tarification &#224; l'activit&#233;, c'est-&#224;-dire que le tarif allou&#233; pour sa prise en charge correspond au moins aux d&#233;penses r&#233;elles. Ce sont par exemple les activit&#233;s m&#233;dicales techniques standardis&#233;es pour des pathologies moyennement graves, comme une dialyse ou la pose d'un pacemaker. Pour que le patient reste rentable, il faut de plus que sa dur&#233;e de s&#233;jour reste courte. Il faut donc que le patient ne soit pas trop &#226;g&#233; pour s'en remettre rapidement, qu'il ne pr&#233;sente pas de complications, ne n&#233;cessite pas d'&#233;ducation th&#233;rapeutique et qu'il ne demande pas de convalescence ou de r&#233;&#233;ducation dans des &#233;tablissements, trop peu nombreux, dont les temps d'attente sur la liste prolonge les dur&#233;es d'hospitalisations, surtout s'il a la CMU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains actes &#233;tant mieux rembours&#233;s que d'autres, la tentation est grande pour en privil&#233;gier certains, ind&#233;pendamment de leur utilit&#233; m&#233;dicale. Les c&#233;sariennes sont par exemple mieux rembours&#233;es que les accouchements par voie basse (et plus facilement programmables). Ainsi, l'augmentation des c&#233;sariennes dans certaines cliniques priv&#233;es interroge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, pour &#171; optimiser &#187; les co&#251;ts, certains &#233;tablissements &#171; externalisent &#187; des examens compl&#233;mentaires faits avant l'op&#233;ration afin qu'ils ne soient pas &#224; leur charge. Les patients doivent donc faire, avant leur admission, prise de sang, radio, etc. en ville.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Que fait-on d'un patient qui n'est pas rentable ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En pratique, on le garde souvent hospitalis&#233;, mais certains m&#233;decins d&#233;rogent &#224; cette r&#232;gle humaine et m&#233;dicale &#233;l&#233;mentaire et trouvent des &#171; alternatives &#187; pour &#233;viter de creuser le budget de leur service, autrement dit le moyen de s'en d&#233;barrasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le professeur Andr&#233; Grimaldi dans son livre &lt;em&gt;L'h&#244;pital malade de la rentabilit&#233;,&lt;/em&gt; cite le cas d'un m&#233;decin pneumologue ayant con&#231;u un logiciel lui permettant de calculer &#224; partir de combien de jours d'hospitalisation un patient n'est plus rentable pour son service, soit le moment o&#249; il commence &#224; co&#251;ter plut&#244;t que rapporter au service&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Grimaldi, L'h&#244;pital malade de la rentabilit&#233;, ed.Fayard, 2009, p.48&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce qui lui permet de programmer sa sortie, en mettant de c&#244;t&#233; toute consid&#233;ration d'ordre m&#233;dical. Aux orties, le serment d'Hippocrate !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et certaines cliniques ne se privent pas d'envoyer &#224; l'h&#244;pital des patients qui se d&#233;gradent pour ne pas avoir &#224; en supporter les frais.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Comment les cliniques choisissent-elles leurs patients ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il leur suffit de choisir des activit&#233;s &#171; bien &#187; cot&#233;es par la Tarification &#224; l'acte, dont la &#171; r&#233;mun&#233;ration &#187; est sup&#233;rieure aux d&#233;penses. Par exemple, les hernies discales seront op&#233;r&#233;es en clinique, mais les tumeurs vert&#233;brales sont le plus souvent prises en charge dans les h&#244;pitaux. Actes plus longs qui n&#233;cessiteront plus de soins. Selon Andr&#233; Grimaldi, les &lt;em&gt;&#171; activit&#233;s m&#233;dicales techniques programm&#233;es, pour des pathologies de gravit&#233; moyenne, relevant d'une proc&#233;dure standardis&#233;e &#187;&lt;/em&gt;, comme la dialyse, l'ablation d'un m&#233;lanome ou la pose d'une proth&#232;se de hanche, activit&#233;s correctement r&#233;mun&#233;r&#233;es par la tarification, repr&#233;sentent &lt;em&gt;&#171; 80 % de l'activit&#233; des cliniques commerciales, mais seulement 30 % de l'activit&#233; des h&#244;pitaux publics &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Grimaldi. Le financement des h&#244;pitaux : un choix politique. Dans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, certaines cliniques effectuent un tri plus ou moins avou&#233; et compl&#232;tement ill&#233;gal des patients en fonction de leur couverture sociale. Exemple : un patient se pr&#233;sente aux urgences de l'h&#244;pital public. 18 heures d'attente. Il demande donc &#224; &#234;tre redirig&#233; vers les urgences de la clinique voisine, qui le refuse &#224; son arriv&#233;e car il b&#233;n&#233;ficie de la CMU. Retour aux urgences de l'h&#244;pital o&#249; il sera finalement pris en charge apr&#232;s une longue attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fatou KAMARA &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;La travers&#233;e des d&#233;serts&#8230; m&#233;dicaux &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques semaines, une jeune femme du Lot a perdu son b&#233;b&#233; en le mettant au monde sur l'autoroute. Elle se rendait en voiture &#224; la maternit&#233; de Brive, en Corr&#232;ze &#8212; &#224; plus d'une heure de route de son domicile &#8212;, la plus proche depuis la fermeture de celle de Figeac en 2009. De nombreux soignants avaient alors tent&#233; d'alerter sur les risques que ne manqueraient pas de courir les patientes de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les 1 370 maternit&#233;s fran&#231;aises de 1975, il n'en reste aujourd'hui que 535. Certains arguent du d&#233;ficit de s&#233;curit&#233; que pr&#233;senteraient les petites maternit&#233;s pratiquant peu d'actes. C'est s&#251;r qu'accoucher dans sa voiture, une ambulance ou un taxi para&#238;t beaucoup plus s&#233;curisant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort heureusement, il n'est pas rare que soignants et habitants se mettent en branle contre les projets de fermeture d'h&#244;pitaux de proximit&#233;. On se souvient de la longue mobilisation en 2008 &#224; Carhaix, en Bretagne, pour emp&#234;cher la fermeture du service de chirurgie et de la maternit&#233;. Plus r&#233;cemment, en septembre dernier, une manifestation &#224; Vire, une petite ville de 15 000 habitants dans le Calvados, a rassembl&#233; 1 800 personnes contre la fermeture de la maternit&#233;. Et jeudi 25 octobre, apr&#232;s la fermeture des soins continus de l'h&#244;pital de Sarlat, en Dordogne, 500 usagers et soignants sont venus manifester contre la restructuration d'autres services comme la chirurgie. Autant de tentatives de sauver l'h&#244;pital de proximit&#233; qui ne doivent pas rest&#233;es des pr&#234;ches&#8230; dans le d&#233;sert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nicky PROMAK&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_634 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH419/deserts-medicaux-52b72.png?1788743198' width='400' height='419' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;- Tarification &#192; l'Activit&#233; : TAA, ce qui devient dans le jargon maison, la T2A.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;- Andr&#233; Grimaldi, L'h&#244;pital malade de la rentabilit&#233;, ed.Fayard, 2009, p.48&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;- Andr&#233; Grimaldi. Le financement des h&#244;pitaux : un choix politique. Dans la revue Forum (&#233;dit&#233;e par Force Ouvri&#232;re), octobre 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> L'art de &#171; faire vivre l'h&#244;pital &#224; cr&#233;dit sur le dos des soignants &#187; : L'exemple des Hospices civils de Lyon
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-art-de-faire-vivre-l-hopital-a-credit-sur-le-dos-des-soignants-L-exemple-des</link>
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		<dc:date>2012-11-28T19:44:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>H&#244;pital
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>L'h&#244;pital est malade. Mais tous n'ont pas les m&#234;mes rem&#232;des. &#171; Ma&#238;triser les d&#233;penses tout en am&#233;liorant la qualit&#233; des soins &#187;, tel est le discours officiel, &#233;conomie de march&#233; oblige. &#171; Am&#233;liorer la qualit&#233; des soins &#187;, cela reste &#224; voir. Les salari&#233;s de l'h&#244;pital, &#224; commencer par ceux qui sont quotidiennement au plus pr&#232;s des malades, ont surtout vu une importante d&#233;gradation de leurs conditions de travail non sans r&#233;percussion sur la qualit&#233; de prise en charge des patients.&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-L-hopital-malade-vu-par-" rel="directory"&gt;DOSSIER : L'h&#244;pital malade, vu par celles et ceux qui le font fonctionner
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Hopital-+" rel="tag"&gt;H&#244;pital
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'h&#244;pital est malade. Mais tous n'ont pas les m&#234;mes rem&#232;des. &lt;em&gt;&#171; Ma&#238;triser les d&#233;penses tout en am&#233;liorant la qualit&#233; des soins &#187;&lt;/em&gt;, tel est le discours officiel, &#233;conomie de march&#233; oblige. &lt;em&gt;&#171; Am&#233;liorer la qualit&#233; des soins &#187;&lt;/em&gt;, cela reste &#224; voir. Les salari&#233;s de l'h&#244;pital, &#224; commencer par ceux qui sont quotidiennement au plus pr&#232;s des malades, ont surtout vu une importante d&#233;gradation de leurs conditions de travail non sans r&#233;percussion sur la qualit&#233; de prise en charge des patients. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Voici la r&#233;alit&#233; telle qu'elle est v&#233;cue par le personnel hospitalier de la r&#233;gion lyonnaise, en r&#233;alit&#233; tr&#232;s repr&#233;sentative de la situation de l'h&#244;pital public dans tout le pays.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 2009 &#224; 2012, 35 000 postes ont &#233;t&#233; supprim&#233;s dans la fonction publique hospitali&#232;re. Par exemple, le plan 2009/2013 de retour &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire des Hospices civils de Lyon (HCL&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec plus de 5 400 lits et places, les HCL, 2e CHU de France, emploient 23 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;) se traduit par la suppression de 200 postes par an. Toujours plus de t&#226;ches avec toujours moins de personnel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'am&#233;nagement du sous-effectif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La direction supprime des postes mais les services doivent &#171; faire de l'activit&#233; &#187;. Pour que &#231;a tourne, reste &#224; &#171; optimiser &#187; le sous-effectif. C'est la t&#226;che de la direction hospitali&#232;re. Les &#233;quipes sont r&#233;duites au minimum. Les &#171; pools &#187; de remplacements (sur plusieurs services) sont r&#233;duits comme peau de chagrin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il remplacer un coll&#232;gue en arr&#234;t ou en cong&#233; ? La situation se complique. Tout est bon pour faire assumer la situation par les autres agents. Changements de plannings incessants dans certains services ; rappels sur jours de repos ; culpabilisation des agents r&#233;tifs (&lt;em&gt;&#171; pensez &#224; vos coll&#232;gues tout de m&#234;me ! &#187;&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre moyen, &lt;strong&gt; &lt;em&gt;la mutualisation des services&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; : un agent peut &#234;tre d&#233;tach&#233; de son service pour en aider un autre. Vous &#234;tes en maxillo-faciale et on vous demande de travailler une journ&#233;e en cardiologie ? &#192; vous d'apprendre sur le tas les sp&#233;cificit&#233;s du service. Plus simplement, les arr&#234;ts ne sont pas forc&#233;ment remplac&#233;s. Un coll&#232;gue de moins ? D&#233;brouillez-vous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;Les heures sup' s'accumulent&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;. La direction refuse de les payer et il est impossible de toutes les r&#233;cup&#233;rer, au nom du devoir des fonctionnaires d'assurer la continuit&#233; du service. Certaines &#233;quipes peinent m&#234;me (voire n'arrivent pas) &#224; poser trois semaines de cong&#233;s cons&#233;cutives en &#233;t&#233;. Une directrice des ressources humaines des HCL l'a reconnu oralement : &lt;em&gt;&#171; L'h&#244;pital vit &#224; cr&#233;dit sur le dos des soignants &#187;&lt;/em&gt; ! Bon r&#233;sum&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Travail &#171; &#224; la cha&#238;ne &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce sous-effectif organis&#233; va de pair avec une importante surcharge de travail, notamment dans les services de soins, o&#249; le personnel est amen&#233; &#224; travailler &#171; &#224; la cha&#238;ne &#187;. Le volet relationnel du travail (pourtant indispensable), passe par la force des choses &#224; la trappe. Faire ou aider &#224; la toilette des patients, refaire les lits et le m&#233;nage des chambres, distribuer les repas et aider les plus d&#233;pendants, administrer les traitements et effectuer les surveillances m&#233;dicales n&#233;cessaires, g&#233;rer les entr&#233;es et sorties de patients, les envois aux blocs ou examens des uns et des autres, les soignants en ont &#224; peine le temps. Difficile de trouver un moment pour parler avec les patients ou leurs familles, &#233;couter leurs angoisses ou tout simplement leurs questions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#171; Vite &#187; d'abord, &#171; bien &#187; ensuite&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#232;gle, c'est comme &#224; l'usine : travail &#224; flux tendu ! Faire plus avec moins. Les soins doivent &#234;tre faits mais &#171; vite et bien &#187; ! D'autres attendent derri&#232;re. Comme tous ne peuvent attendre, les interruptions dans les soins sont fr&#233;quentes. Il faut &#171; prioriser &#187;. Pas toujours facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire &#171; vite et bien &#187; ? Le temps imparti ne le permet pas toujours. Des stagiaires entendent r&#233;guli&#232;rement de la part des soignants qui les encadrent : &lt;em&gt;&#171; Bon, normalement, il ne faut pas faire &#231;a comme &#231;a, mais l&#224;, je n'ai pas le temps &#187;&lt;/em&gt;. Insatisfaction, impression de mal faire, de ne pas &#234;tre &#171; un bon soignant &#187;, voil&#224; des sentiments largement partag&#233;s. Et l'encadrement ne se g&#232;ne pas pour faire retomber la responsabilit&#233; sur les agents. Vous n'y arrivez pas ? C'est que vous &#234;tes mal organis&#233; ! Sans parler de certains cadres qui se permettent de sermonner : &lt;em&gt;&#171; On n'a pas le droit de dire &#224; un patient &#8216;je n'ai pas le temps'. Du temps, &#231;a se trouve ! &#187;&lt;/em&gt; On se demande bien o&#249;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'hypocrisie des protocoles et r&#232;gles de bonnes pratiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La qualit&#233; des soins et la prise en charge des patients en prennent un coup. La direction peut faire &#233;diter autant de protocoles ou r&#232;gles de bonnes pratiques &#224; respecter, d&#233;finir des programmes comme celui contre les infections nosocomiales, cela ne change rien. L'un de ses quatre objectifs centraux, dans le cadre du projet d'&#233;tablissement 2009-2013 des HCL, serait d'&lt;em&gt;&#171; am&#233;liorer la qualit&#233; et la s&#233;curit&#233; des soins aux patients et, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, l'&#233;coute aux besoins des usagers &#187;&lt;/em&gt;. Belle hypocrisie. Mais ces textes gardent une utilit&#233; : faire retomber la faute sur les agents en cas de probl&#232;mes. Les textes sont l&#224;, vous devez les respecter !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Augmentation des accidents du travail et maladies professionnelles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;curit&#233; des patients mais aussi du personnel, est mise &#224; mal : surcharges de travail, sous-effectifs, fatigue accumul&#233;e. Le cocktail est explosif. Cette situation accro&#238;t consid&#233;rablement les risques d'erreurs professionnelles. Quant &#224; la sant&#233; des agents hospitaliers, elle en p&#226;tit aussi. Selon le bulletin de pr&#233;vention n&#176; 9 du Fonds National de Pr&#233;vention de la CNRACL&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La CNRACL, Caisse nationale de retraites des agents des collectivit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, de 2008 &#224; 2010, les accidents de travail des personnels hospitaliers en France ont augment&#233; de 9,21 %, les accidents de trajet de 33,33 % et les maladies professionnelles de 25 %. Et pour cause. Par exemple, il est maintenant rare de r&#233;ussir &#224; travailler en bin&#244;me aupr&#232;s des patients. Surcharge de travail oblige, de plus en plus de t&#226;ches sont faites en &#233;tant seul. Quand il s'agit de tourner sur le c&#244;t&#233; un patient grabataire pour lui laver le dos ou installer au fauteuil un patient qui ne tient pas bien sur ses jambes, le risque de se faire mal au dos et la maltraitance inflig&#233;e ne sont jamais tr&#232;s loin. Le risque de se piquer avec une aiguille usag&#233;e augmente fortement lorsque les agents travaillent &#224; flux tendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est identique dans tous les HCL. Les agents doivent faire face &#224; une d&#233;gradation programm&#233;e de leurs conditions de travail. Ce qui ne va pas sans r&#233;actions. En septembre dernier, face &#224; de nouvelles attaques de la direction, des travailleurs de l'h&#244;pital de la Croix-Rousse (dans le 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Lyon) se sont r&#233;unis r&#233;guli&#232;rement en Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale et ont manifest&#233; leur col&#232;re lors de plusieurs actions : gr&#232;ve, manifestations, diffusions de tracts... Pour le coup, ils ont fait la mutualisation des services &#224; leur fa&#231;on, le seul rem&#232;de qui puisse gu&#233;rir l'h&#244;pital : tous ensemble pour d&#233;fendre nos emplois et nos conditions de travail !&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Convergences R&#233;volutionnaires n&#176; 83, article &#171; L'h&#244;pital malade de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 novembre 2012, Lisa HAGEN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_635 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH278/auxiliaire-d3235.png?1788755197' width='400' height='278' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 questions r&#233;ponses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour les infirmi&#232;res et les aides-soignantes, que signifie prioriser les soins ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Infirmi&#232;res ou aides-soignantes, nous sommes contraintes de &#171; prioriser &#187; nos soins. Nous choisissons de faire ce pansement plut&#244;t qu'un autre, de ne changer ce cath&#233;ter que le lendemain car on n'a pas le temps et qu'il fonctionne encore. Les soins dits &#171; techniques &#187; sont r&#233;alis&#233;s, mais au d&#233;triment des soins relationnels tout aussi importants dans la prise en charge des patients. Exemple : on vient d'annoncer &#224; un patient un diagnostic grave. Je lui fais sa prise de sang en esp&#233;rant qu'il ne commence pas &#224; parler, car il y a le pansement du voisin et l'antibiotique de l'autre, puis la toilette d'un autre encore&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les services o&#249; beaucoup de patients sont d&#233;pendants, les soignants ne peuvent consacrer que peu de temps &#224; chaque patient pour la toilette. Alors, il nous arrive de devoir faire des toilettes de &#171; chat &#187; (visage, aisselles et toilette intime). Les shampoings et soins de bouche passent souvent &#224; la trappe. Ne pas pouvoir changer les draps souill&#233;s d'un patient faute de temps ni avoir le temps de discuter avec ceux qui en auraient eu besoin, voil&#224; ce &#224; quoi la direction nous contraint. Alors, quand on sort du boulot, forc&#233;ment, on est frustr&#233; et humainement, c'est loin d'&#234;tre satisfaisant.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le sous-effectif &#224; l'h&#244;pital, cela se vit comment ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;C'est &#234;tre seule au lieu de deux pour 22 patients et s'inqui&#233;ter de ne pouvoir assurer ni la s&#233;curit&#233;, ni la qualit&#233; des soins, car ils n'ont trouv&#233; personne pour remplacer ta coll&#232;gue malade. Ce sont des postes d'aides-soignants assum&#233;s par des agents de service (moins pay&#233;s et non form&#233;s, avec glissement de t&#226;ches). C'est se retrouver &#224; deux infirmi&#232;res et deux aides-soignantes pour 20 &#224; 22 lits de matin, l&#224; o&#249; elles &#233;taient trois auparavant dans un service d'h&#233;pato-gastro surcharg&#233; par des patients tr&#232;s lourds &#224; prendre en charge ; avec des surveillances de bloc &#224; faire toutes les deux heures et des patients instables qui doivent &#234;tre mut&#233;s en r&#233;animation ou retourner au bloc en urgence quand leur &#233;tat se d&#233;grade. C'est le licenciement des contractuels qui servent de variable d'ajustement quand la direction baisse les effectifs d'un service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est surtout une pression permanente, l'&#233;puisement ,et bien souvent, un sentiment de culpabilit&#233; qui arrange bien la direction pour laisser la situation se d&#233;grader.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fatou KAMARA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui se charge d'informer les patients ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;En chirurgie cardiaque, urgences obligent, les patients les plus fragiles sont op&#233;r&#233;s en priorit&#233;. Encore faut-il que les patients hospitalis&#233;s pour une intervention programm&#233;e soient inform&#233;s des contretemps &#233;ventuels. Mais il semblerait que seul le personnel soignant au chevet des malades, en contact permanent avec eux, doive se plier aux exigences de la &#171; Charte du patient hospitalis&#233; &#187; voulant que le malade soit trait&#233; avec le respect qui lui est d&#251;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple v&#233;cu dans un service de chirurgie cardiaque en r&#233;gion parisienne : un patient doit subir une intervention programm&#233;e ce jour. L'op&#233;ration est report&#233;e. Le patient est furieux, il le manifeste &#224; l'&#233;quipe soignante. Le chirurgien lui assure qu'il sera op&#233;r&#233; le lendemain. Le lendemain, le patient reste &#224; jeun jusqu'&#224; 19 heures. En vain, car ni l'&#233;quipe m&#233;dicale ni les cadres du service n'ont pris la peine de venir l'informer d'un nouveau changement de planning. Les infirmiers et aides-soignants r&#233;clament l'intervention de la hi&#233;rarchie aupr&#232;s du patient. Peine perdue. Ils doivent se charger eux-m&#234;mes du &#171; sale boulot &#187; et encourir une nouvelle fois les foudres du patient exc&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas tout. C&#244;t&#233; encadrement, on convoque un des aides-soignants sur le front ce jour-l&#224;. Et le chef d'en appeler au bien-&#234;tre du malade et de rappeler le devoir de l'agent de &#171; demander de l'aide &#187; &#224; la hi&#233;rarchie. Un comble quand on voit les appels r&#233;it&#233;r&#233;s et royalement ignor&#233;s des aides-soignants. Si tout vise &#224; faire de l'agent son &#171; propre manager &#187; pour lui faire assumer les risques, en mati&#232;re de flicage et d'intimidation, par contre, certains cadres n'en loupent pas une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julia SAMI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_636 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L198xH500/histoire-473ae.png?1788755197' width='198' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;- Avec plus de 5 400 lits et places, les HCL, 2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; CHU de France, emploient 23 000 professionnels dont 5 000 m&#233;decins. Ils sont compos&#233;s de quatorze &#233;tablissements hospitaliers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;- La CNRACL, Caisse nationale de retraites des agents des collectivit&#233;s locales, r&#233;gime sp&#233;cial de la S&#233;curit&#233; sociale, est la caisse de retraite des agents issus de la fonction publique hospitali&#232;re et territoriale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Convergences R&#233;volutionnaires n&#176; 83, article &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-Hopital-malade-de-la-Croix-Rousse-Lyon-Les-services-ne-meurent-pas-tous-mais' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; L'h&#244;pital malade de la Croix-Rousse (Lyon) : Les services ne meurent pas tous, mais tous sont frapp&#233;s &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Paroles d'agents de services hospitaliers (ASH)
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Paroles-d-agents-de-services-hospitaliers-ASH</link>
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		<dc:date>2012-11-28T19:44:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>H&#244;pital
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>Les ASH, agents de services hospitaliers, exercent une profession indispensable &#224; l'h&#244;pital mais m&#233;connue du grand public. Ils assurent l'entretien des locaux et des chambres des patients, la distribution des repas, les courses &#224; travers les locaux, parfois le transport des patients, les commandes... autant de t&#226;ches essentielles au bon fonctionnement des services. &lt;br /&gt;Au contact des patients, ils sont souvent l'oreille attentive qui recueille les demandes des malades, les pleurs et la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-L-hopital-malade-vu-par-" rel="directory"&gt;DOSSIER : L'h&#244;pital malade, vu par celles et ceux qui le font fonctionner
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Hopital-+" rel="tag"&gt;H&#244;pital
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les ASH, agents de services hospitaliers, exercent une profession indispensable &#224; l'h&#244;pital mais m&#233;connue du grand public. Ils assurent l'entretien des locaux et des chambres des patients, la distribution des repas, les courses &#224; travers les locaux, parfois le transport des patients, les commandes... autant de t&#226;ches essentielles au bon fonctionnement des services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contact des patients, ils sont souvent l'oreille attentive qui recueille les demandes des malades, les pleurs et la souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux HCL travaillent environ 850 agents de services. En d&#233;but de carri&#232;re, un agent de services est pay&#233; au smic, 1 118 euros net. Soit 230 euros de moins que les 1 350 euros (qui ne sont d&#233;j&#224; pas la panac&#233;e) des aides-soignants dipl&#244;m&#233;s (les ASD) dont ils effectuent souvent le travail en raison des glissements de t&#226;ches engendr&#233;s par le manque de personnel.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;La journ&#233;e de Flora, ASH
&lt;/h2&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;8 heures. Je dois &#234;tre en tenue dans le service&lt;/strong&gt;. Ma journ&#233;e de travail commence. Je n'ai pas de casier individuel, du coup je me change directement dans le service, dans la r&#233;serve, la lingerie ou dans le bureau de la cadre, absente le week-end. Il n'y a pas de vis-&#224;-vis mais peu de ces salles ferment &#224; cl&#233;. Pr&#233;paration du petit-d&#233;jeuner des patients. Je dois prendre en compte les diab&#233;tiques, ceux qui doivent rester &#224; jeun. Avec la mutualisation des services, on peut &#234;tre envoy&#233; dans plusieurs services. Pour le suivi des malades, ce n'est pas l'id&#233;al. Moi, par exemple, je suis sur deux services. Du coup, je dois toujours chercher de nouveau les informations sur l'alimentation des patients et leurs pathologies. Je demande aux infirmi&#232;res quels patients ont des examens dans la matin&#233;e et ne peuvent donc pas prendre leur repas avant.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Ensuite, je passe dans les chambres distribuer petit-d&#233;jeuner et carafes d'eau.&lt;/strong&gt; Avec l'aide d'une coll&#232;gue, j'installe les patients qui ont besoin d'&#234;tre boug&#233;s pour pouvoir manger. J'en profite pour demander si &#231;a va, si la nuit s'est bien pass&#233;e.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Pendant le laps de temps o&#249; les patients mangent, je pr&#233;pare mon chariot de m&#233;nage :&lt;/strong&gt; d&#233;sinfectants, cr&#232;mes &#224; r&#233;curer, lingettes d&#233;tergentes, etc. Ensuite, je d&#233;barrasse le petit d&#233;jeuner. En passant, je v&#233;rifie qu'ils ont bien pris leur traitement. Quand tout cela est fini, il peut &#234;tre entre 9 heures et plus de 10 heures. C'est assez variable selon le nombre de ceux qui doivent rester &#224; jeun, qui ont des bilans, etc. Je place la vaisselle sale dans le lave-vaisselle, je d&#233;sinfecte mon chariot, je recompose mes plateaux pour le petit d&#233;jeuner du lendemain. Je m'avance sur le repas du midi en roulant les couverts dans une petite serviette. Il est 10 h 30, je m'accorde une pause pipi.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;C'est l'heure du m&#233;nage&lt;/strong&gt;. Je nettoie le local poubelle, la salle de d&#233;contamination (o&#249; sont lav&#233;s les bassins des patients), l'office (petite cuisine o&#249; le personnel prend sa pause), les toilettes du personnel, les locaux o&#249; est rang&#233; le mat&#233;riel. Soit dit en passant, les locaux sont souvent inadapt&#233;s. Des douches avec une marche, par exemple, pour des personnes qui &#233;prouvent des difficult&#233;s &#224; se d&#233;placer&#8230; Il y a d'autres probl&#232;mes &#224; g&#233;rer au quotidien comme le manque fr&#233;quent de mat&#233;riel de nettoyage.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Puis je passe aux chambres.&lt;/strong&gt; Il y a dix-huit lits par service donc dix-huit chambres &#224; faire. Pour faire une chambre, je vais du plus propre au plus sale : toutes les surfaces, sans oublier tout ce que les patients peuvent toucher (t&#233;l&#233;commandes, interrupteurs, poign&#233;es de porte) puis la salle de bains. Ensuite, je fais les sols.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Je dois avoir fini &#224; 11 h 50 afin de commencer &#224; servir le repas de midi. M&#234;me topo que pour le petit-d&#233;jeuner ! je me renseigne sur les patients qui ont des examens, qui n'ont pas droit au sucre, etc.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Normalement, apr&#232;s cela, j'ai une pause de quarante minutes&lt;/strong&gt;, pendant laquelle je dois toutefois r&#233;pondre aux appels des patients. Cela fait quelques mois que je travaille dans ce service et je n'ai encore jamais pris mes quarante minutes. Entre les t&#226;ches &#224; accomplir dans certains d&#233;lais et les appels des patients, la pause s'envole vite&#8230;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ma pause, je dois d&#233;barrasser et descendre le chariot repas au rez-de-chauss&#233;e avant 14 heures afin que les plateaux retournent en cuisine. De 14 heures &#224; 14 h 30, je participe &#224; la rel&#232;ve. Je transmets aux soignants les informations que j'ai recueillies aupr&#232;s des patients : lesquels ont mang&#233;, lesquels n'ont pas touch&#233; &#224; leur repas.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'apr&#232;s-midi, je finis les t&#226;ches que je n'ai pas pu achever le matin, notamment les chambres que je n'ai pas eu le temps de faire. Je fais les chambres &#224; fond quand il y a des d&#233;parts afin qu'elles soient impeccables pour accueillir les nouveaux. Cela prend plus de temps, en moyenne trente minutes quand je suis toute seule. &#192; deux, bien-s&#251;r, on va beaucoup plus vite. Qu'il n'y ait pas de d&#233;part ou qu'il y en ait quatre, on a le m&#234;me temps pour faire le travail. Alors, quand il faut que les chambres soient pr&#234;tes pour une heure pr&#233;cise, la fin de matin&#233;e par exemple, parce que de nouveaux patients vont arriver, il faut se d&#233;p&#234;cher.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;D'autant plus que je suis souvent interrompue dans mon travail au cours de la journ&#233;e. Car, quelle que soit ma t&#226;che en cours, les patients ont souvent des demandes quand je rentre dans leur chambre, et c'est bien compr&#233;hensible. Nous avons un vrai r&#244;le de transmission entre les malades et les soignants.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Ensuite, je range, je pr&#233;pare les plateaux pour la soupe du soir.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Vers 16 heures, j'ai fini ma journ&#233;e. Fatigu&#233;e bien s&#251;r, d'autant plus que j'habite loin et que je vais devoir faire la route.&lt;/strong&gt; Mais &#233;galement contente de moi, du travail que j'ai effectu&#233; pour am&#233;liorer le quotidien des coll&#232;gues et des patients. J'essaie de m'impliquer dans mon travail. En revanche, je comprends sans probl&#232;me les coll&#232;gues plus &#226;g&#233;es qui n'ont plus ni l'envie ni le physique pour s'investir &#224; fond. Souvent frustr&#233;e aussi. Je n'ai pas eu le temps de faire du relationnel. Mes coll&#232;gues ASD et infirmiers non plus d'ailleurs. On entre dans la chambre de patients souvent angoiss&#233;s, inquiets. Ils sont en demande de discussions avec nous. Et nous n'avons pas toujours le temps. Il faut distribuer d'autres repas, faire d'autres chambres&#8230; Alors, souvent c'est &#171; bonjour, au revoir &#187;. Ce serait pourtant si simple d'humaniser l'environnement des patients, avec des effectifs en plus. Cette comp&#233;tence, nous l'avons largement. Tout le monde sait bien que c'est &#224; nous que revient le contact quasi permanent avec les patients. Alors quoi ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_638 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH126/avenirsante-c599b.png?1787864136' width='300' height='126' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Interview&lt;/h2&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Les HCL envisagent de donner au secteur priv&#233; le m&#233;nage qui &#233;tait effectu&#233; par les agents de services hospitaliers. Qu'en penses-tu ?&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Faire le m&#233;nage dans un h&#244;pital, dans des chambres o&#249; il y a des patients, ce n'est pas la m&#234;me chose que dans une entreprise. Il y a des gestes techniques li&#233;s aux risques de contamination &#224; ma&#238;triser. Et il y a beaucoup de t&#226;ches que nous accomplissons aujourd'hui qui retomberont sur les aides-soignants. Cela va sensiblement accro&#238;tre leur charge de travail.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Quelle est la formation des agents de services hospitaliers ?&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En th&#233;orie, tous les agents de services hospitaliers doivent avoir une formation en bio-nettoyage. En th&#233;orie seulement car les agents qui ont des contrats &#224; la journ&#233;e ne sont bien &#233;videmment jamais form&#233;s. Sinon il y a des formations en interne d'hygi&#232;ne, de s&#233;curit&#233; incendie, sur les gestes d'hygi&#232;ne. Globalement, la formation des agents de services hospitaliers d&#233;pend beaucoup des parcours individuels. Moi, par exemple, j'ai appris sur le tas quand j'ai commenc&#233; &#224; travailler, dans une maison de retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, on fait des formations pour faire &#233;voluer sa carri&#232;re, mais aucun poste ne nous est attribu&#233; &#224; l'issue de cette formation. La formation et l'&#233;volution de carri&#232;re sont des droits. Les cadres de direction devraient les respecter. Ce qu'ils font rarement.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Aux HCL, les agents de service se retrouvent souvent &#224; effectuer des t&#226;ches d'aide-soignant. Es-tu concern&#233;e par des glissements de t&#226;ches ?&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Oui. En plus des t&#226;ches habituelles, le week-end, comme il y a moins d'aides-soignants, j'effectue aussi des soins : je change les patients, je fais des soins de pr&#233;vention escarres, des soins de bouche, je prends les constantes. Je fais m&#234;me du brancardage. Les cadres du service m'avaient demand&#233; si cela me d&#233;rangeait quand ils m'ont embauch&#233;e. J'ai r&#233;pondu que non. &#201;videmment, nous n'avons ni le salaire, ni la formation qui vont avec.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Est-ce que c'est difficile d'organiser sa vie quand on travaille aux HCL ?&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Oui c'est difficile car on travaille toujours &#224; flux tendu. Les cadres changent nos roulements au dernier moment pour remplacer des coll&#232;gues. On a parfois l'impression de n'&#234;tre que des num&#233;ros ou des matricules interchangeables et que c'est normal de devoir s'organiser &#224; la derni&#232;re minute. Et encore, je n'ai pas d'enfant. Nos RTT sont supprim&#233;es. Pour poser des jours de cong&#233;s, c'est la croix et la banni&#232;re. Il est tr&#232;s difficile d'obtenir de jours de repos group&#233;s. On ne peut pas se reposer vraiment quand on n'a qu'un jour par-ci par l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Quelle &#233;volution as-tu constat&#233;e depuis quelques ann&#233;es aux HCL ?&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Globalement, une d&#233;t&#233;rioration de l'offre de soins et des agents de plus en plus stress&#233;s. La direction ne cesse d'augmenter la pression. Dans ce service, je fais peu d'heures suppl&#233;mentaires mais dans celui d'avant j'en faisais. Les aides-soignantes et les infirmi&#232;res en font &#233;norm&#233;ment. Or, on ne peut pas &#234;tre aussi attentif et ne pas commettre d'erreur quand, la veille, on est sorti &#224; minuit de l'h&#244;pital parce qu'il manque du personnel.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Tu as particip&#233; au dernier mouvement de protestation des agents des HCL contre l'organisation du sous-effectif, le gel des RTT. Qu'en as-tu pens&#233; ?&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Je suis d&#233;&#231;ue que le mouvement se soit essouffl&#233; car je pense vraiment qu'il faut que les choses changent &#224; l'h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Qu'est-ce que tu penses qu'il faudrait pour am&#233;liorer l'h&#244;pital ?&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait que l'h&#244;pital cesse de fonctionner avec un tel sous-effectif. Et pour obtenir cela, il faudrait un gros mouvement de tous les agents hospitaliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Nicky PROMAK et Fatou KAMARA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_637 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH505/taylorisation-hop-713e4.png?1787864136' width='400' height='505' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La marche vers la privatisation et les effets de l'externalisation : un avant-go&#251;t venu d'Allemagne
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-marche-vers-la-privatisation-et-les-effets-de-l-externalisation-un-avant</link>
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		<dc:date>2012-11-28T19:44:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Allemagne
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>

		<description>L'externalisation des agents de service &lt;br /&gt;Aux Hospices civils de Lyon, la direction a d&#233;cid&#233; de privatiser le travail de tous les agents de services hospitaliers (ASH), sous pr&#233;texte que cela ferait faire 49 % d'&#233;conomies sur le budget affect&#233; aux ASH dans les services de soins &#8211; selon les devis faits par des soci&#233;t&#233;s ext&#233;rieures. Il s'agit donc de confier le m&#233;nage des chambres &#224; une bo&#238;te priv&#233;e, la GSF (Groupe Services France). Cette soci&#233;t&#233; s'occupe d&#233;j&#224; d'une partie du m&#233;nage dit&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-L-hopital-malade-vu-par-" rel="directory"&gt;DOSSIER : L'h&#244;pital malade, vu par celles et ceux qui le font fonctionner
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Allemagne-+" rel="tag"&gt;Allemagne
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;L'externalisation des agents de service&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux Hospices civils de Lyon, la direction a d&#233;cid&#233; de privatiser le travail de tous les agents de services hospitaliers (ASH),&lt;/strong&gt; sous pr&#233;texte que cela ferait faire 49 % d'&#233;conomies sur le budget affect&#233; aux ASH dans les services de soins &#8211; selon les devis faits par des soci&#233;t&#233;s ext&#233;rieures. Il s'agit donc de confier le m&#233;nage des chambres &#224; une bo&#238;te priv&#233;e, la GSF (Groupe Services France). Cette soci&#233;t&#233; s'occupe d&#233;j&#224; d'une partie du m&#233;nage dit ext&#233;rieur (lieux communs, couloirs, bureaux, etc.). Concr&#232;tement, la direction proc&#232;de service par service, en &#233;vitant de s'attaquer &#224; tous en m&#234;me temps pour &#233;viter une r&#233;action collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, &#224; l'h&#244;pital de la Croix-Rousse, le b&#226;timent de la maternit&#233; est le premier touch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les agents de service hospitaliers ne font pas que le m&#233;nage des chambres (voir &lt;em&gt;&#171; La journ&#233;e de Flora &#187;&lt;/em&gt;). Toutes leurs t&#226;ches vont donc retomber sur le reste des &#233;quipes soignantes d&#233;j&#224; surcharg&#233;es de travail. On devine le r&#233;sultat, en termes de salaires, conditions de travail et prise en charge des patients, en particulier au vu ce qui se passe en Allemagne o&#249; ce syst&#232;me est d&#233;j&#224; en place depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. K.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'h&#244;pital universitaire berlinois, La Charit&#233;, 15 000 personnes sur 3 sites, a fait passer en 2006 deux mille de ses salari&#233;s dans une filiale, la CFM (Charit&#233; Facility Management). Le nettoyage, l'entretien &#233;lectrique, la cuisine, le transport des malades, la st&#233;rilisation, la logistique, etc. ont &#233;t&#233; r&#233;unis en une seule entreprise, qui appartient aujourd'hui pour 51 % &#224; La Charit&#233;, pour l'heure encore un &#233;tablissement public. Les 49 % restant appartiennent &#224; trois autres entreprises priv&#233;es. Voici ce qu'en pensent les salari&#233;s concern&#233;s. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Moritz&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; (nettoyage) :&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui c'est l'arbitraire le plus complet. Exemple : les coll&#232;gues qui pendant la semaine travaillent 7 heures doivent, pendant le week-end, nettoyer la m&#234;me surface en 5,5 heures. Mais la Charit&#233; paye la CFM toujours au m&#234;me tarif par m&#232;tre-carr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Cem (logistique) :&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Avant 2006, nous &#233;tions toujours 30 dans l'&#233;quipe du matin. Aujourd'hui, nous ne sommes plus que 12 &#8211; quand nous avons de la chance ! Souvent, nous ne sommes que 7. Les coll&#232;gues du ComCenter, charg&#233;s de coordonner les commandes m&#233;dicales et les urgences, ne sont souvent que deux devant une douzaine d'ordinateurs.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Magda (service du nettoyage&lt;br class='autobr' /&gt;
en salle d'op&#233;ration) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me le week-end, nous ne faisons plus de pause. C'est comme &#224; la cha&#238;ne. Quand c'est fini pour un patient, c'est d&#233;j&#224; le suivant qui arrive. Tu ne sais plus o&#249; donner de la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Nathalie (service des st&#233;rilisations) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Pendant le week-end, c'est le pire. Les chefs exigent de l'&#233;quipe du soir de travailler jusqu'&#224; 4 heures du matin. Ou bien on t&#233;l&#233;phone chez toi &#224; 5 heures du matin pour te demander de venir sur-le-champ. Beaucoup d'entre nous le font, h&#233;las ! Il s'agit souvent de coll&#232;gues en CDD. C'est pour les int&#233;rimaires que c'est le pire. Ils doivent toujours boucher les trous. Le comble, c'est que la CFM a cr&#233;&#233; sa propre entreprise d'int&#233;rim, &#224; ses conditions ! &lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Tim (service des ambulances) :&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&#192; la cr&#233;ation de la CFM, tous les salari&#233;s des nombreuses petites entreprises priv&#233;es ont tout simplement &#233;t&#233; repris et on a aussit&#244;t baiss&#233; les salaires. &#192; la CFM, nous n'avons aucune convention collective et sommes embauch&#233;s depuis 2006 &#224; des conditions totalement arbitraires. Au service des ambulances, nous avons en plus une &lt;em&gt;&#171; prime de pr&#233;sence &#187;&lt;/em&gt; de 150 euros, qui se traduit en fait par une amende pour absence : pour chaque jour d'absence, on nous retire 15 euros. Au bout de 10 jours, adieu la prime ! &#192; la fin du mois, tu te retrouves avec tout juste 1 200 euros net.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Moritz (nettoyage) :&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La CFM re&#231;oit 300 euros de la Charit&#233; chaque fois qu'elle proc&#232;de &#224; la d&#233;sinfection d'une chambre ou d'une salle d'op&#233;ration. Et que re&#231;oivent ceux qui sont charg&#233;s de la d&#233;sinfection ? 10 euros !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, il y a un manque constant de mat&#233;riel. Derni&#232;rement, faute de tenue adapt&#233;e, la chef d'&#233;quipe a m&#234;me envoy&#233; un stagiaire sans blouse de protection dans une chambre contamin&#233;e. Ces choses-l&#224; sont monnaie courante. Beaucoup de nos coll&#232;gues n'ont pas de directive quand ils proc&#232;dent &#224; la d&#233;sinfection de chambres contamin&#233;es. En fin de compte, on se borne &#224; nous regarder de haut, nous autres du nettoyage, et &#224; nous prendre pour des ignorants. Mais on ne veut pas non plus que nous soyons comp&#233;tents, on veut simplement que nous fassions le travail sans nous douter de rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sans parler des cons&#233;quences pour les malades : &lt;/strong&gt;aujourd'hui, pr&#232;s de 40 000 personnes meurent chaque ann&#233;e en Allemagne par suite d'infections nosocomiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, nous ne proc&#233;dons qu'&#224; un nettoyage superficiel afin que la chambre paraisse propre et correcte. Les germes pathog&#232;nes ne se voient pas &#224; l'&#339;il nu. Nous ne sommes plus en mesure de faire le travail. Nous nettoyons les chambres puis nous faisons le caf&#233; pour les infirmi&#232;res et les infirmiers et nous faisons leur vaisselle. Hygi&#232;ne est un mot qui, &#224; notre corps d&#233;fendant, nous est devenu &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Tanja (infirmi&#232;re) :&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Nous aussi, nous souffrons des restructurations et des privatisations qui ont eu lieu depuis 2006. Nous devons de plus en plus nous charger d'activit&#233;s qui rel&#232;vent de la m&#233;decine&#8230; et aussi du travail de documentation. Depuis quelques ann&#233;es, nous devons rentrer tous les documents et de fa&#231;on d&#233;taill&#233;e dans l'ordinateur afin que cela finisse par &#234;tre factur&#233; aux caisses de maladie. Pour compenser notre surcro&#238;t de travail bureaucratique, on embauche de plus en plus de personnel de service qui co&#251;te moins cher et assure les simples soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, par-dessus le march&#233;, la direction nous invite, nous, personnel soignant et agents de service, &#224; cesser d'&#234;tre &#171; sympas &#187; avec ceux du nettoyage : en clair, &#224; ne plus donner un coup de main en cas de besoin. La direction tente de renforcer consciemment la division entre nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La physioth&#233;rapie et le labo ont &#233;t&#233; privatis&#233;s. &lt;/strong&gt;Bien des physioth&#233;rapeutes ne viennent plus qu'une fois par semaine au service. C'est insuffisant pour une r&#233;&#233;ducation des malades. Le labo est maintenant une entreprise priv&#233;e. Les prises de sang ne sont effectu&#233;es que le matin et elles ne sont de retour qu'au bout de plusieurs heures parce qu'elles doivent faire un aller-retour en traversant toute la ville.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Moritz (nettoyage) :&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;L'an dernier, nous avons fait une gr&#232;ve de plusieurs semaines contre l'arbitraire de la direction. Mais, pour l'heure, nous avons perdu cette bataille. C'est sans doute partie remise, quand nous descendrons tous ensemble dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Pauline BAUM&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_640 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH415/partenariat_pub_prive-964a9.png?1788310542' width='300' height='415' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;- Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Il y a 24 ans, quand la col&#232;re se propagea &#224; tous les h&#244;pitaux&#8230; 1988 : 100 000 blouses blanches dans la rue : &#171; Ni bonnes, ni connes, ni nonnes ! &#187;
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Il-y-a-24-ans-quand-la-colere-se-propagea-a-tous-les-hopitaux-1988-100-000</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>H&#244;pital
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>Comme il faut assurer la s&#233;curit&#233; du patient, faire gr&#232;ve &#224; l'h&#244;pital se r&#233;sume souvent par le port d'un badge ou d'un brassard &#171; en gr&#232;ve &#187; sur la blouse. Pourtant les personnels se r&#233;unissent parfois dans des assembl&#233;es, d&#233;cident de s'adresser &#224; leurs coll&#232;gues et &#224; la population. Ces mouvements ont lieu r&#233;guli&#232;rement, et dans tout le pays : contre des fermetures de services ou d'un site en &#206;le-de-France, contre des non-remplacements de d&#233;parts en retraite &#224; Montb&#233;liard, contre des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-L-hopital-malade-vu-par-" rel="directory"&gt;DOSSIER : L'h&#244;pital malade, vu par celles et ceux qui le font fonctionner
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Hopital-+" rel="tag"&gt;H&#244;pital
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme il faut assurer la s&#233;curit&#233; du patient, faire gr&#232;ve &#224; l'h&#244;pital se r&#233;sume souvent par le port d'un badge ou d'un brassard &#171; en gr&#232;ve &#187; sur la blouse. Pourtant les personnels se r&#233;unissent parfois dans des assembl&#233;es, d&#233;cident de s'adresser &#224; leurs coll&#232;gues et &#224; la population. Ces mouvements ont lieu r&#233;guli&#232;rement, et dans tout le pays : contre des fermetures de services ou d'un site en &#206;le-de-France, contre des non-remplacements de d&#233;parts en retraite &#224; Montb&#233;liard, contre des suppressions de postes &#224; la Croix-Rousse &#224; Lyon, contre le transfert de la st&#233;rilisation vers un secteur purement industriel pour le Groupe Hospitalier Mutualiste de Grenoble, etc. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Mais, dans le secteur de la Sant&#233; comme ailleurs, l'ampleur du mouvement peut tout changer. Le mouvement des blouses blanches, en 1988, nous rappelle que c'est possible.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Ce qui avait mis le feu aux poudres&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 23 d&#233;cembre 1987, la ministre de la Sant&#233; du gouvernement Chirac, sous pr&#233;sidence de Mitterrand, Mich&#232;le Barzach, signe un arr&#234;t&#233; remettant en cause l'obtention du baccalaur&#233;at comme niveau pour rentrer &#224; l'&#233;cole d'infirmi&#232;res. Ce texte va d&#233;clencher une lutte sociale sans pr&#233;c&#233;dent dans le secteur de la sant&#233; en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du printemps 1988, le mouvement se met en place autour de revendications corporatives dont certaines, toutefois, int&#233;ressent tous les hospitaliers : abrogation de l'arr&#234;t&#233; Barzach, reconnaissance de leur statut, mais aussi hausse de salaire de 2 000 francs (autour de 300 euros actuels) tout de suite, des postes suppl&#233;mentaires et une am&#233;lioration des conditions de travail. Des coordinations locales ou des collectifs infirmiers relayent l'information.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La coordination des infirmi&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement s'organise autour de la Coordination r&#233;gionale des infirmi&#232;res de l'&#206;le-de-France, qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e sur le mod&#232;le de celle des cheminots en gr&#232;ve en 1986, par une poign&#233;e d'adh&#233;rents CFDT d'&#206;le-de-France contestant la politique de leur centrale syndicale, de quelques militants de la LCR et d'hospitaliers non organis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle appelle &#224; des manifestations le 29 septembre. 30 000 blouses blanches d&#233;filent derri&#232;re des slogans comme &#171; Salaires An&#233;mi&#233;s, 2 000 F pour les soigner &#187;, &#171; Nous sommes dans la rue pour avoir un Statut &#187; ou &#171; Infirmi&#232;res en col&#232;re, y en a marre de la gal&#232;re &#187;. La gr&#232;ve est bien suivie en province et, tout comme pour la manifestation parisienne, les personnels autres qu'infirmiers sont &#233;galement pr&#233;sents pour demander eux aussi 2 000 F et l'am&#233;lioration de leurs conditions de travail. Si la coordination infirmi&#232;res est pr&#233;dominante dans le cort&#232;ge parisien, en province, ce sont les syndicats qui dirigent les cort&#232;ges. &#192; l'initiative de militants de Lutte ouvri&#232;re, une &#171; Coordination des personnels de Sant&#233; &#187;, non corporatiste et regroupant toutes les cat&#233;gories de personnels, se met en place. Elle restera n&#233;anmoins minoritaire &#224; l'&#233;chelle de l'ensemble du mouvement et ne p&#232;sera sur son d&#233;roulement que de fa&#231;on marginale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Rocard (qui succ&#232;de au gouvernement Chirac en juin) refuse de n&#233;gocier. Le 6 octobre, ce sont 40 000 blouses blanches qui redescendent dans la rue. Arriv&#233;s devant le minist&#232;re de la Sant&#233;, les manifestants apprennent que Claude Evin, ministre socialiste de la Sant&#233;, est pr&#234;t &#224; d&#233;bloquer un milliard de francs... soit 312 F par personne, pour les seules infirmi&#232;res dipl&#244;m&#233;es du secteur public. Pour les manifestants, on est tr&#232;s loin des 2 000 francs demand&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 octobre, 100 000 manifestants battent &#224; nouveau le pav&#233; parisien, venus de la r&#233;gion parisienne, mais &#233;galement de toute la France. Les autres cat&#233;gories, qui permettent de faire fonctionner l'h&#244;pital, manifestent &#233;galement. La Sant&#233; est plus que jamais en col&#232;re. La place de la Bastille est prise d'assaut par une foule qui, tr&#232;s vite, d&#233;borde de partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, Rocard convoque une r&#233;union avec les syndicats et, pour la premi&#232;re fois, la Coordination infirmi&#232;res... &#224; 3 heures du matin dans la nuit du 13 au 14 octobre pour r&#233;p&#233;ter qu'il ne peut pas faire plus. Le gouvernement explique qu'il ne faut pas compromettre le budget de la S&#233;curit&#233; Sociale et celui des &lt;em&gt;&#171; grands &#233;quilibres financiers du pays &#187;&lt;/em&gt; (d&#233;j&#224; !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par sa dur&#233;e et son ampleur, ce mouvement a gagn&#233; la sympathie d'un grand nombre de travailleurs. Les revendications comme 2000 F pour tous et des augmentations d'effectifs peuvent &#234;tre celles des travailleurs du public et du priv&#233;. Et les travailleurs de la sant&#233; montrent que la base peut s'organiser, trouver de sa propre initiative, par elle-m&#234;me, les moyens de se retrouver &#224; converger sur Paris &#224; plusieurs dizaines de milliers. Le gouvernement socialiste craint la contagion et cherche &#224; d&#233;samorcer le mouvement. Il r&#233;pond &#224; la demande de 2 000 F d'augmentation par des manipulations indiciaires allant de 550 F pour les d&#233;butantes &#224; 307 F pour les plus anciennes et promet des &#171; r&#233;flexions &#187; pour tout ce qui touche au statut et aux formations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des hospitaliers n'a pas &#233;t&#233; au bout de ses capacit&#233;s. C'est sans aucun doute faute d'avoir r&#233;ussi, entre autres, &#224; r&#233;ellement d&#233;passer les clivages corporatistes. Mais il a repr&#233;sent&#233; une formidable mobilisation d'envergure nationale. De quoi donner des id&#233;es aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne FONTAINE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_641 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH144/record-25287.png?1788840537' width='300' height='144' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Quelques aper&#231;us du mouvement en Franche-Comt&#233;&lt;/h2&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Au CHU de Besan&#231;on, les organisations syndicales CGT et CFDT, o&#249; la LCR et Lutte Ouvri&#232;re sont pr&#233;sentes, appellent aux Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Celles-ci r&#233;unissent plusieurs centaines de salari&#233;s apr&#232;s le travail, vers 21 heures, et se prolongent jusqu'&#224; minuit dans une salle bond&#233;e. Les d&#233;bats sont anim&#233;s et toutes les cat&#233;gories sont pr&#233;sentes, m&#234;me si les infirmi&#232;res sont majoritaires. Bien que l'atmosph&#232;re soit tr&#232;s cordiale, certaines lancent &#224; des coll&#232;gues quelques remarques tr&#232;s cat&#233;gorielles comme &lt;em&gt;&#171; tu n'as pas &#224; &#234;tre pr&#233;sente, tu n'es pas Bac+3 &#187;&lt;/em&gt;. Pour le petit groupe autour des militants de LO, il &#233;tait &#233;vident que la n&#233;cessit&#233; d'une coordination des personnels de sant&#233; non cat&#233;gorielle s'imposait.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans certains secteurs, comme la r&#233;animation m&#233;dicale et l'un des services de radiologie, les agents ne tiennent aucun compte des r&#233;quisitions de la direction et organisent eux m&#234;me le planning, ce qui permet qu'un maximum de gr&#233;vistes puisse aller manifester&#8230; y compris &#224; Paris !&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#192; Lons-le-Saunier, des infirmi&#232;res font signer des p&#233;titions sur le march&#233; o&#249; elles re&#231;oivent un tr&#232;s bon accueil. Un petit groupe va &#224; la r&#233;union de la Coordination &#224; la Sorbonne pour avoir des informations. Pour aller manifester &#224; Paris le 13 octobre, des aides-soignants, ASH, manip radio, IDE, etc. se retrouvent dans le bus affr&#233;t&#233; par la CGT Sant&#233; d&#233;partementale. &lt;em&gt;&#171; Arriv&#233;s &#224; Paris, nous &#233;tions au milieu d'une mar&#233;e humaine. J'ai &#233;t&#233; infirmi&#232;re pendant 35 ans, et je n'ai jamais rien revu de tel. Pourtant c'est ce qu'il faudrait refaire &#187;&lt;/em&gt; raconte une manifestante.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#192; Belfort, les manifestants sont mont&#233;s dans le train sans billet pour manifester &#224; Paris. Quand le contr&#244;leur est pass&#233;, il a pr&#233;venu l'administration de la gare de l'Est pour qu'on les arr&#234;te. Les militants CGT de la gare l'ont appris et ont organis&#233; une haie d'honneur aux manifestants. Que c'est bon la solidarit&#233; !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;A. F.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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