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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Chez Fiat, les attaques contre les travailleurs continuent
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		<description>Apr&#232;s l'usine Fiat de Pomigliano d'Arco pr&#232;s de Naples, c'est au tour de celle de Mirafiori &#224; Turin d'&#234;tre &#171; restructur&#233;e &#187;. Une usine hautement symbolique de l'essor industriel mais &#233;galement des combats de la classe ouvri&#232;re italienne. &lt;br /&gt;&#192; Pomigliano, la direction de la Fiat avait, en juin dernier, soumis la reprise d'activit&#233; &#224; l'approbation par r&#233;f&#233;rendum d'une aggravation des conditions de travail (voir CR n&#176;71). &#192; Mirafiori, le PDG du groupe Sergio Machione a d'abord fait part&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s l'usine Fiat de Pomigliano d'Arco pr&#232;s de Naples, c'est au tour de celle de Mirafiori &#224; Turin d'&#234;tre &#171; restructur&#233;e &#187;. Une usine hautement symbolique de l'essor industriel mais &#233;galement des combats de la classe ouvri&#232;re italienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Pomigliano, la direction de la Fiat avait, en juin dernier, soumis la reprise d'activit&#233; &#224; l'approbation par r&#233;f&#233;rendum d'une aggravation des conditions de travail (voir CR n&#176;71). &#192; Mirafiori, le PDG du groupe Sergio Machione a d'abord fait part de son intention de produire le nouveau mod&#232;le monospace non pas &#224; Turin, mais en Serbie. Reprochant aux syndicats de ne pas se plier aux &#171; exigences de la productivit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il a annonc&#233; sa d&#233;cision de changer compl&#232;tement les &#171; r&#232;gles du jeu &#187;. Les travailleurs de Pomigliano et Mirafiori seraient r&#233;embauch&#233;s, par une nouvelle &#171; joint venture &#187; Fiat-Chrysler qui verrait le jour en 2012. Cela bien s&#251;r &#224; de nouvelles conditions. Le Contrat collectif national du travail ne serait plus appliqu&#233; &#224; l'int&#233;rieur de l'entreprise. Marchione a d'ailleurs d&#233;clar&#233; que la joint venture sortirait de la Confindustria (organisation patronale italienne). Elle n'y reviendrait que si un nouvel accord &#233;tait trouv&#233; dans l'automobile, en place de l'accord actuel concernant toute la m&#233;tallurgie... et bien s&#251;r si celui-ci se faisait aux conditions de la Fiat. En attendant, le personnel sera mis en ch&#244;mage pendant toute l'ann&#233;e 2011, &#224; l'exception de ceux qui pourraient &#234;tre rappel&#233;s en cas de commandes suppl&#233;mentaires de certains mod&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'accord Fiat-syndicats &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; Mirafiori, comme au printemps &#224; Promigliano, les syndicats &#224; l'exception de la FIOM (F&#233;d&#233;ration de la m&#233;tallurgie de la CGIL) ont sign&#233; le 23 d&#233;cembre l'accord propos&#233; par la direction. Il pr&#233;voit entre autres :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la diminution des pauses (sur les cha&#238;nes : trois pauses de 10 minutes, au lieu de deux pauses de 15 minutes et une de 10 minutes) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; en cas d'absent&#233;isme : non paiement du 1&lt;span class='base64GUILL' title='PHN1cCBjbGFzcz0idHlwb19leHBvc2FudHMiPg=='&gt;&lt;/span&gt;er&lt;/sup&gt; premier jour d'absence en cas d' arr&#234;t maladie inf&#233;rieur &#224; 5 jours accol&#233; &#224; un week-end ou &#224; un jour de repos, ou si le taux d'absent&#233;isme est sup&#233;rieur &#224; 4 %. Puis apr&#232;s 2012, non paiement des 2 premiers jours d'arr&#234;t si le taux d'absent&#233;isme est sup&#233;rieur &#224; 3,5 % ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; le quota annuel d'heures suppl&#233;mentaires passerait de 40 &#224; 120 heures, auxquelles pourraient se rajouter encore 80 heures n&#233;goci&#233;es avec les syndicats ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la gr&#232;ve serait interdite contre les dispositions de l'accord ainsi que pendant les jours travaill&#233;s en heures suppl&#233;mentaires ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; en cas de ch&#244;mage pour rupture d'approvisionnement les travailleurs devraient r&#233;cup&#233;rer sur leurs jours de repos.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En outre, le droit syndical est enti&#232;rement remis en cause. Seules les organisations signataires de l'accord seraient consid&#233;r&#233;es repr&#233;sentatives. La FIOM qui est le premier syndicat en serait donc exclu. Dans la pratique, c'est le droit des travailleurs d'&#233;lire leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s qui dispara&#238;trait.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Chantage &#224; l'emploi &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En cas d'acceptation de cet accord, un milliard d'euros serait investi dans l'usine et la fabrication de nouveaux mod&#232;les Alfa Romeo et Jeep se ferait &#224; Mirafiori. Selon la direction, cela permettrait &#224; l'usine de tourner &#224; sa pleine capacit&#233;, alors qu'elle conna&#238;t, depuis des ann&#233;es, des p&#233;riodes de ch&#244;mage &#224; r&#233;p&#233;tition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Je ne veux obliger personne &#224; travailler, a d&#233;clar&#233; Marchione, mais si la r&#233;ponse est n&#233;gative, les investissements ne se feront pas &#187;&lt;/em&gt;, ajoutant qu'il ne voulait pas faire de menaces, mais que &lt;em&gt;&#171; &#233;videmment pour Mirafiori, il existe un plan B &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la classe politique, de Berlusconi &#224; l'opposition de centre gauche s'est f&#233;licit&#233;e de cet accord. Les uns criant victoire et les autres estimant que &#171; le bon sens l'a emport&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la CGIL, son soutien &#224; sa F&#233;d&#233;ration de la M&#233;tallurgie est des plus mod&#233;r&#233;s. Dans une interview au &lt;em&gt;Corriere della Sera&lt;/em&gt;, la secr&#233;taire conf&#233;d&#233;rale, Susanna Camusso, tout en jugeant l'accord n&#233;gatif a d&#233;clar&#233; qu'il faudrait de toute fa&#231;on respecter le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum et que si le &#171; oui &#187; l'emportait, la FIOM devrait accepter de donner une sorte de &#171; signature technique &#187;. Elle a par ailleurs reproch&#233; &#224; la FIOM de se consid&#233;rer comme une avant-garde et d'oublier qu'un syndicat ne pouvait ignorer les craintes des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Vers une gr&#232;ve de la m&#233;tallurgie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que, les 13 et 14 janvier, les 5 500 travailleurs de Mirafiori ont &#233;t&#233; appel&#233;s &#224; se prononcer par r&#233;f&#233;rendum sur l'accord. La participation au vote a &#233;t&#233; de 95 %. Malgr&#233; le chantage &#224; l'emploi et les pressions de tous les milieux politiques, le &#171; oui &#187; ne l'a emport&#233; qu'&#224; une petite majorit&#233;, 54 %. Surtout d&#251; au vote des employ&#233;s et des cadres. Car parmi le personnel ouvrier, et en particulier sur les cha&#238;nes de montage, le &#171; non &#187; &#233;tait majoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FIOM et des syndicats &#171; de base &#187; appellent &#224; une gr&#232;ve dans toute la m&#233;tallurgie et &#224; des manifestations le 28 janvier, contre les attaques du patronat et en premier lieu celle de la direction de la FIAT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T.F.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Les bonnes affaires de la Fiat en Serbie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On coupe&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fiat a choisi la Pologne et la Serbie pour d&#233;localiser une partie de sa production. L'ancienne usine d'automobile Zastava &#224; Kraguejevac, proche de Belgrade, a &#233;t&#233; scind&#233;e en deux en f&#233;vrier 2010. D'une part la Fiat Auto Serbia, devenue propri&#233;t&#233; du groupe Fiat, qui a embauch&#233; avec un nouveau contrat un millier d'ouvriers et effectue aujourd'hui le montage de la Punto, Fiat s'&#233;tant r&#233;serv&#233; le privil&#232;ge de s&#233;lectionner sur la base de tests le personnel qu'elle souhaitait garder. De l'autre la Zastava Auto, toujours propri&#233;t&#233; publique, mais dans les faits &#171; coquille vide &#187;, bien que les quelque 1 600 travailleurs non embauch&#233;s par la Fiat en fassent encore partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; on licencie&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment le ministre de l'&#233;conomie, Mladan Dinkic, a annonc&#233; la fermeture de la Zastava Auto &#224; compter du 5 janvier. Des mesures &#171; d'accompagnement &#187; sont pr&#233;vues pour les travailleurs qui sont &#224; moins de cinq ans de la retraite, les 938 autres n'auront droit qu'&#224; une indemnit&#233; de licenciement de 300 euros par ann&#233;e d'anciennet&#233; (sachant que le salaire moyen chez Zastava Auto est d'environ 260 euros par mois). L'&#201;tat de son c&#244;t&#233; leur versera une compensation mensuelle d'un peu moins de 200 euros la premi&#232;re ann&#233;e et moins de 150 euros la deuxi&#232;me, et il paiera les charges sociales pendant ces deux ans. Le taux de ch&#244;mage en Serbie &#233;tant de pr&#232;s de 20 %, il est probable que ces travailleurs ne retrouvent pas de travail avant longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; on empoche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de la Fiat, elle, affirme que l'effectif de Fiat Auto Serbia pourrait atteindre 2 500 personnes &#224; la fin 2012 mais qu'elle n'a aucune obligation de r&#233;embaucher les travailleurs licenci&#233;s. Leur sort selon elle regarde le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre elle a obtenu la partie la plus rentable de Zastava, avec un personnel dont le salaire moyen est de 320 euros. Elle a de plus b&#233;n&#233;fici&#233; d'aides du gouvernement, dont une prime de 1 000 euros vers&#233;e en 2010 pour chaque achat d'une voiture neuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T.F.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Martinique : d'une justice coloniale&#8230; au proc&#232;s des exploiteurs
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Martinique-d-une-justice-coloniale-au-proces-des-exploiteurs</link>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Martinique
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		<description>Le 15 d&#233;cembre &#224; Fort-de-France en Martinique s'est d&#233;roul&#233; un proc&#232;s intent&#233; &#224; Ghislaine Joachim-Arnaud, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de l'organisation syndicale CGTM et repr&#233;sentante de Combat ouvrier, suite &#224; une plainte du repr&#233;sentant patronal Jean Fran&#231;ois Hayot l'accusant de racisme pour avoir utilis&#233; dans ses propos &#224; la t&#233;l&#233;vision le refrain repris par des milliers de manifestants de f&#233;vrier et mars 2009 : &#171; Matinik s&#233; ta nou, Matinik s&#233; pa ta yo ! An ban b&#233;tj&#233;, pwofit&#232;, vol&#232; : nou&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-73-janvier-fevrier-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 73, janvier-f&#233;vrier 2011
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Martinique-+" rel="tag"&gt;Martinique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 15 d&#233;cembre &#224; Fort-de-France en Martinique s'est d&#233;roul&#233; un proc&#232;s intent&#233; &#224; Ghislaine Joachim-Arnaud, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de l'organisation syndicale CGTM et repr&#233;sentante de &lt;em&gt;Combat ouvrier, &lt;/em&gt; suite &#224; une plainte du repr&#233;sentant patronal Jean Fran&#231;ois Hayot l'accusant de racisme pour avoir utilis&#233; dans ses propos &#224; la t&#233;l&#233;vision le refrain repris par des milliers de manifestants de f&#233;vrier et mars 2009 : &lt;em&gt;&#171; Matinik s&#233; ta nou, Matinik s&#233; pa ta yo ! An ban b&#233;tj&#233;, pwofit&#232;, vol&#232; : nou k&#233; fout&#233; yo dew&#242; &#187;&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;&#171; La Martinique est &#224; nous, la Martinique n'est pas &#224; eux, une bande de b&#233;k&#233;s profiteurs, voleurs, on les mettra dehors &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs centaines de personnes &#233;taient pr&#233;sentes ce jour-l&#224; devant le tribunal. Le proc&#232;s pr&#233;vu le matin a &#233;t&#233; report&#233; &#224; l'apr&#232;s-midi. Toute la matin&#233;e des prises de paroles se sont succ&#233;d&#233;. Certains sont m&#234;me rest&#233;s jusqu'&#224; minuit et demi devant le palais de justice. Il y avait des tambours et des chants aussi. Le climat &#233;tait tendu car la veille les gr&#233;vistes de &#171; Mr Bricolage &#187; de Martinique (entreprise du groupe Hayot) avaient &#233;t&#233; violemment charg&#233;s par les gendarmes. Un gr&#233;viste avait &#233;t&#233; bless&#233; par flash ball et hospitalis&#233;. Un regroupement s'en &#233;tait suivi devant le commissariat pour exiger la lib&#233;ration des gr&#233;vistes en garde &#224; vue. Ce qui fut fait. Ils sont venus devant le palais de justice le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#232;re public a requis contre Ghislaine Joachim-Arnaud une amende de 1 500 euros. Le tribunal a mis sa d&#233;cision en d&#233;lib&#233;r&#233; au 2 mars 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous publions dans ce qui suit quelques extraits de la d&#233;claration G.J. Arnaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;(&#8230;) Au del&#224; de l'accusation port&#233;e contre moi par M Hayot, ce proc&#232;s est une sorte de prolongement, sur le plan judiciaire, du grand conflit social qui a marqu&#233; l'ann&#233;e 2009. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; (...) Il est &#233;vident que ce n'est pas le soi-disant pr&#233;judice de mon suppos&#233; racisme, qui a motiv&#233; la plainte de Mr Hayot ; mais le r&#244;le social et syndical que j'ai jou&#233; dans la gr&#232;ve de 2009. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; (&#8230;) Les b&#233;k&#233;s, nous dit-on ici et l&#224;, ne poss&#232;dent pas toute l'&#233;conomie de la Martinique ! &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Mais qui ne le sait pas ? Il est vrai que m&#234;me si M. Bernard Hayot du groupe GBH est la 146&lt;span class='base64GUILL' title='PHN1cCBjbGFzcz0idHlwb19leHBvc2FudHMiPg=='&gt;&lt;/span&gt;e&lt;/sup&gt; fortune de France, il est encore bien loin derri&#232;re les gros propri&#233;taires et actionnaires de la grande distribution comme Carrefour-Promod&#232;s, des TOTAL, Bouygues, BNP-Paribas, et autres propri&#233;taires de grosses fortunes&#8230; qui s&#233;vissent ici. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Nous savons bien aussi que certains de nos exploiteurs sont eux-m&#234;mes descendants d'esclaves noirs ou encore d'&#233;migr&#233;s chinois. Les Lancry, Parfait et autres Ho Hio Hen, sont aussi connus comme ayant b&#226;ti leur fortune sur la sueur, l'usure, l'exploitation et le m&#233;pris de centaines de salari&#233;s, et la pwofitation sur la population en pratiquant des marges d&#233;mesur&#233;es sur les articles de la vie courante. C'est contre tous ceux-l&#224; que nous appelons les salari&#233;s et les pauvres &#224; se battre ! Alors je le r&#233;p&#232;te, nous faisons une distinction de classe et non de race ! &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; (&#8230;) &lt;/em&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;Qui est ou n'est pas raciste en Martinique ?&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;em&gt; Qui a men&#233; sa vie, construit ses maisons dans des zones compl&#232;tement &#224; part de la population noire ou m&#233;tis ? Qui a son ghetto de Blancs vers Cap Est ! Qui a dit qu'il fallait pr&#233;server sa race, autrement dit se tenir &#224; l'&#233;cart de toute vie sociale et culturelle au sein de la population majoritaire ? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; (&#8230;) Le peuple, les masses travailleuses (&#8230;) disent qu'ils ne veulent plus &#234;tre exploit&#233;s par &#171; une bande de B&#233;k&#233;s vol&#232; &#233; exploit&#232; &#187;. Ils n'en ont pas apr&#232;s tous les B&#233;k&#233;s mais, avec raison, ils en ont apr&#232;s ceux-l&#224;. Je remarque encore que M Hayot est sensible &#224; mon suppos&#233; racisme et &#224; celui des manifestants, mais il est aveugle concernant un racisme vieux de plusieurs si&#232;cles qui perdure et qui prend m&#234;me la forme d'un racisme officiel ! Et qui cr&#232;ve pourtant les yeux en Martinique quand on regarde de bas en haut la hi&#233;rarchie &#233;conomique, sociale et administrative. Plus on monte dans cette hi&#233;rarchie, moins il y a de Noirs, d'Indiens ou de M&#233;tis dans les postes de direction des entreprises priv&#233;es ou m&#234;me des administrations publiques ! &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; (&#8230;) Que M. Hayot, et tous ceux qui le soutiennent dans le camp patronal, ne se fassent aucune illusion sur les effets de leur tentative d'intimidation judiciaire ! Bien loin de nous faire peur, elle a eu surtout pour effets d'&#233;largir l'audience de nos propos et de faire connaitre encore plus largement les buts et les id&#233;es des militants syndicalistes et communistes r&#233;volutionnaires dont je me r&#233;clame&#8230;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.G.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Belgique : Les m&#233;thodes patronales de la Brink's&#8230; et des autres
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		<dc:subject>Belgique
</dc:subject>

		<description>La Brink's est une entreprise de transport de fonds et de diamants, qui emploie 60 000 travailleurs dans le monde (dont 450 en Belgique). &#192; l'issue de 25 jours de gr&#232;ve en Belgique, en octobre et novembre derniers, les syndicats avaient obtenu la promesse qu'il n'y aurait ni les licenciements ni le changement du statut des salari&#233;s annonc&#233;s en attendant un &#171; repreneur &#187; pour une partie de ses activit&#233;s. Moins de deux mois apr&#232;s la fin de la gr&#232;ve, retour &#224; la case d&#233;part. &lt;br /&gt;Chantage&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-73-janvier-fevrier-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 73, janvier-f&#233;vrier 2011
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Belgique-+" rel="tag"&gt;Belgique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Brink's est une entreprise de transport de fonds et de diamants, qui emploie 60 000 travailleurs dans le monde (dont 450 en Belgique). &#192; l'issue de 25 jours de gr&#232;ve en Belgique, en octobre et novembre derniers, les syndicats avaient obtenu la promesse qu'il n'y aurait ni les licenciements ni le changement du statut des salari&#233;s annonc&#233;s en attendant un &#171; repreneur &#187; pour une partie de ses activit&#233;s. Moins de deux mois apr&#232;s la fin de la gr&#232;ve, retour &#224; la case d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Chantage patronal et bonne volont&#233; syndicale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine du conflit, l'annonce par la direction, pour cause de &lt;em&gt;&#171; difficult&#233;s financi&#232;res &#187;&lt;/em&gt;, du licenciement de 60 travailleurs et du passage de tous les travailleurs du statut d'employ&#233; &#224; celui d'ouvrier. C'est la premi&#232;re fois qu'une entreprise exige un changement de r&#233;gime collectif dans ce sens. Les travailleurs sont imm&#233;diatement partis en gr&#232;ve. Sur la question des statuts des employ&#233;s (que de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale le patronat belge veut remettre en cause), les syndicats de la Brink's se sont, d&#232;s l'ouverture des n&#233;gociations, d&#233;clar&#233;s pr&#234;ts &#224; accepter le changement propos&#233;, &#224; condition qu'on ne touche pas &#224; la dur&#233;e du pr&#233;avis de licenciement. Omettant la baisse des salaires et le recours au ch&#244;mage temporaire. La direction est rest&#233;e inflexible : elle tenait, pour ses autres restructurations &#224; venir, aux r&#233;ductions de pr&#233;avis de licenciement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Complicit&#233; de la ministre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux semaines de gr&#232;ve, le 12 novembre, la direction de Brink's Belgium d&#233;posait le bilan, accusant les travailleurs en gr&#232;ve d'avoir pr&#233;cipit&#233; la faillite. Or, elle venait d'isoler son activit&#233; la plus rentable, le transport de diamants, dans une nouvelle soci&#233;t&#233;, Brink's Diamond &amp; Jewellery Service (BDJS). C'est ce qui mettait tous les compteurs dans le rouge ! Le tribunal de commerce a d&#251; reconna&#238;tre la faillite frauduleuse et nommer deux administrateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre-temps, la ministre de l'Int&#233;rieur avait accord&#233; une licence temporaire de transport de fonds &#224; la toute nouvelle BDJS, tentant ainsi de casser les reins aux gr&#233;vistes. Elle n'est pas revenue dessus malgr&#233; une manifestation de 1 000 travailleurs devant son minist&#232;re. Il a fallu l'avis de faillite frauduleuse annulant la vente de BDJS, pour rendre caduc l'octroi de cette licence.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des promesses&#8230; &#224; la case d&#233;part&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 22 novembre, les syndicats ayant n&#233;goci&#233; avec les administrateurs provisoires qu'il n'y aurait ni licenciement ni changement de statut, la gr&#232;ve s'arr&#234;tait. Depuis, un accord a &#233;t&#233; sign&#233; (le 13 janvier) : la faillite sera prononc&#233;e le 31 janvier et les 13,5 millions d'actifs de Brink's serviront &#224; payer des indemnit&#233;s. En &#233;change, les syndicats renoncent &#224; contester en justice la cession de l'activit&#233; la plus rentable de transport de diamants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au repreneur, une seule offre est venue, qui pr&#233;voit une reprise des activit&#233;s le 1&lt;span class='base64GUILL' title='PHN1cCBjbGFzcz0idHlwb19leHBvc2FudHMiPg=='&gt;&lt;/span&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier prochain, avec seulement la r&#233;embauche de 300 ou 320 personnes sur 400 et le passage de 265 travailleurs du statut employ&#233; vers le statut ouvrier ! &#192; peu de choses pr&#232;s, les m&#234;mes conditions pour lesquelles les travailleurs de Brink's &#233;taient partis en gr&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Trusts de tous les pays unissons-nous&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Simultan&#233;ment, en Belgique, se d&#233;roulent les n&#233;gociations pour l'Accord interprofessionnel (AIP). Celles-ci ont lieu tous les deux ans entre patrons et syndicats et l'accord qui en r&#233;sulte sert de cadre de r&#233;f&#233;rence pour des n&#233;gociations ult&#233;rieures, par secteur ou par entreprise du secteur priv&#233;. Un instrument pour maintenir la paix sociale car les syndicats se portent garants que les revendications des salari&#233;s n'iront pas au-del&#224; de cet accord. Cette ann&#233;e, en plus des augmentations salariales pour 2011 et 2012, les discussions portent aussi, pr&#233;cis&#233;ment, sur l'harmonisation des statuts entre employ&#233;s et ouvriers. Vers le bas, veulent l'ensemble des patrons belges. Le principal concurrent de Brink's, Groupe 4, emploie ses salari&#233;s sous statut ouvrier. Il y a un an, Carrefour a utilis&#233; les m&#234;mes armes que la Brink's : un savant montage juridique avait rendu d&#233;ficitaire sa filiale belge, pr&#233;texte au licenciement de centaines de travailleurs, avec pertes de salaires pour ceux qui restent pouvant aller jusqu'&#224; 300 euros par mois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien &#224; l'&#233;chelle interprofessionnelle (et interr&#233;gionale, l'exploitation ne connaissant pas l'artificielle fronti&#232;re Flandre-Wallonie, ni aucune autre fronti&#232;re d'ailleurs) que les travailleurs pourront mettre un coup d'arr&#234;t &#224; cette nouvelle attaque. Pas par les parlottes syndicales, mais par la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruxelles, le 15 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Louise CHIMAY&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Strasbourg &#8212; Portbou : le jour le plus long
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Strasbourg-Portbou-le-jour-le-plus-long</link>
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		<dc:date>2011-01-29T08:21:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>SNCF
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>Vingt-huit heures de train pour aller de Strasbourg &#224; Portbou et Nice. L'affaire a fait grand bruit. Comment un encha&#238;nement &#8211; pas si incroyable &#8211; d'incidents de plus en plus ordinaires a-t-il entra&#238;n&#233; le plus long des retards jamais enregistr&#233;s &#224; la SNCF ? Nous avons pu mener notre enqu&#234;te aupr&#232;s de cheminots ! &lt;br /&gt;26 d&#233;cembre, 21 h 23 : le train de nuit 4295 pour Portbou et Nice part de Strasbourg avec une heure de retard. &lt;br /&gt;La rame utilis&#233;e &#233;tait arriv&#233;e avec huit heures de retard &#224;&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vingt-huit heures de train pour aller de Strasbourg &#224; Portbou et Nice. L'affaire a fait grand bruit. Comment un encha&#238;nement &#8211; pas si incroyable &#8211; d'incidents de plus en plus ordinaires a-t-il entra&#238;n&#233; le plus long des retards jamais enregistr&#233;s &#224; la SNCF ? Nous avons pu mener notre enqu&#234;te aupr&#232;s de cheminots !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;26 d&#233;cembre, 21 h 23 : &lt;/strong&gt;&lt;em&gt;le train de nuit 4295 pour Portbou et Nice part de Strasbourg avec une heure de retard. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rame utilis&#233;e &#233;tait arriv&#233;e avec huit heures de retard &#224; Strasbourg. En cause, un encha&#238;nement tr&#232;s compliqu&#233; de man&#339;uvres qui g&#233;n&#232;re presque toujours des d&#233;lais mais que la direction n'a jamais modifi&#233; par souci d'&#233;conomie. La rame arrive en deux morceaux sur deux trains diff&#233;rents &#224; Dijon, o&#249; les conducteurs doivent jouer &#224; T&#233;tris pour la reformer, avant de l'acheminer &#224; Strasbourg. Probl&#232;me : Dijon est en gr&#232;ve. La direction le sait pourtant depuis au moins cinq jours, dur&#233;e du pr&#233;avis obligatoire. Mais c'est au dernier moment que ces man&#339;uvres d&#233;licates sont transf&#233;r&#233;es &#224; Lyon&#8230; o&#249; un seul conducteur de man&#339;uvre est disponible, suppressions de postes obligent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce retard de huit heures n'a eu comme cons&#233;quence qu'un d&#233;calage d'une heure au d&#233;part du 4295... parce que la direction a escamot&#233; la maintenance, le ravitaillement et le nettoyage. La locomotive est donc fragile, il n'y a pas assez d'eau ni de nourriture &#224; bord et les toilettes sont d&#233;j&#224; sales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;26 d&#233;cembre, 23 h 00 : &lt;/strong&gt;&lt;em&gt;escale &#224; Belfort. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s le planning, le conducteur qui a achemin&#233; la veille la rame &#224; Strasbourg devait reprendre le train &#224; Belfort. Impossible : avec tous les retards accumul&#233;s, il a fini sa journ&#233;e le matin m&#234;me &#224; 9 h 00. Il est donc d&#233;planifi&#233;, mais aucun rempla&#231;ant n'a &#233;t&#233; sollicit&#233;. P&#233;py, le PDG, a qualifi&#233; cela &lt;em&gt;&#171; d'erreur majeure &#187;&lt;/em&gt; du service de commande et de planification du personnel. Mais ces services sont partout compl&#232;tement d&#233;bord&#233;s : leurs effectifs diminuent alors qu'ils ont mille fois plus de probl&#232;mes &#224; g&#233;rer &#224; cause des suppressions de postes de conducteurs. La direction fait fonctionner en flux tendu les services qui sont charg&#233;s d'organiser le flux tendu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;27 d&#233;cembre, 6 h 35 :&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;d&#233;part de Belfort apr&#232;s plus de sept heures d'attente. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;quipes charg&#233;es de pallier les d&#233;fections de derni&#232;re minute, les r&#233;serves, ont &#233;t&#233; les premi&#232;res victimes des suppressions de postes. &#192; cela s'ajoute la progression de la &#171; s&#233;paration par activit&#233;s &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le dossier du CR n&#176; 67.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : un conducteur affect&#233; &#224; une r&#233;serve &#171; TER &#187; ne peut plus d&#233;panner un train &#171; Grandes Lignes &#187;, m&#234;me s'il a la formation pour le faire. Il a donc fallu attendre 2h50 pour trouver un conducteur autoris&#233; &#224; Lyon, &#224; trois heures de route de Belfort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;27 d&#233;cembre, 7 h 40 : &lt;/strong&gt;&lt;em&gt;deux heures d'attente en pleine voie.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4295 est bloqu&#233; par un TER tomb&#233; en panne. Une attention sp&#233;ciale doit &#234;tre port&#233;e &#224; la maintenance en p&#233;riode de grand froid. Mais l&#224; aussi, la conjugaison d'un mat&#233;riel vieillissant et d'effectifs en chute libre implique des pannes de plus en plus fr&#233;quentes. Il n'est d&#233;sormais pas rare qu'une rame entre &#224; l'atelier pour maintenance, et reparte rouler aussi sec, sans m&#234;me avoir &#233;t&#233; examin&#233;e ! Quant aux r&#233;visions en profondeur, autrefois programm&#233;es tous les six mois sur certains mat&#233;riels, elles sont parfois espac&#233;es de plus d'un an. La direction appelle &#231;a &lt;em&gt;&#171; augmenter le pas de visite &#187;&lt;/em&gt;, dans le cadre de sa politique de &lt;em&gt;&#171; risque calcul&#233; &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;27 d&#233;cembre, 14 h 00 :&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;deux heures d'attente &#224; Tournus. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois c'est la locomotive du 4295 qui tombe en panne. Diagnostic : pr&#233;sence de neige et d'eau dans le moteur depuis Strasbourg. Car dans les op&#233;rations de maintenance escamot&#233;es au d&#233;part du train, figurait le s&#233;chage du compartiment moteur. Commentaire de la patronne de la branche Grandes Lignes : &lt;em&gt;&#171; On a peut-&#234;tre essay&#233; de trop bien faire &#187;&lt;/em&gt;. En faisant courir des risques aux passagers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; bug &#187; du 26 d&#233;cembre, fut seulement du concentr&#233; de toute la politique de la SNCF : s&#233;paration par activit&#233;s et suppressions de postes. Concentr&#233; en une seule journ&#233;e de ce que les cheminots, tous autant qu'ils sont, subissent toute l'ann&#233;e. Et ce n'est qu'un d&#233;but, les d&#233;g&#226;ts continuent&#8230; du moins si on les laisse faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rapha&#235;l PRESTON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LTYwZjVhMGYzIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgxTVRNZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MM051WTJZdE15NXdibWNuSUhkcFpIUm9QU0kwTURBaUlHaGxhV2RvZEQwaU1qZ3pJaUJoYkhROUp5Y2dMejRLUEM5bWFXZDFjbVUrQ2p3dlpHbDJQZz09Ij4='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-SNCF-du-monopole-d-Etat-au-trust-multinational-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;dossier du CR n&#176; 67&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La Poste : l'ouverture &#224; la concurrence : un &#233;pouvantail contre les travailleurs
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-Poste-l-ouverture-a-la-concurrence-un-epouvantail-contre-les-travailleurs</link>
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		<dc:date>2011-01-29T08:21:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>La Poste
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>Le 1&lt;span class='base64GUILL' title='PHN1cCBjbGFzcz0idHlwb19leHBvc2FudHMiPg=='&gt;&lt;/span&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2011, la fin du monopole public sur le courrier de moins de 50 grammes a &#233;t&#233; la derni&#232;re &#233;tape dans l'ouverture &#224; la concurrence des activit&#233;s postales. L'op&#233;ration est pass&#233;e quasiment inaper&#231;ue, et pour cause : aucune v&#233;ritable concurrence ne se profile &#224; l'horizon. &lt;br /&gt;Des attaques en boucle contre les postiers &lt;br /&gt;La pseudo-menace de la concurrence sert en fait &#224; justifier les suppressions d'emplois et les fermetures de bureau. Depuis 2003, 64 000 emplois ont &#233;t&#233;&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-73-janvier-fevrier-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 73, janvier-f&#233;vrier 2011
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-La-Poste-+" rel="tag"&gt;La Poste
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 1&lt;span class='base64GUILL' title='PHN1cCBjbGFzcz0idHlwb19leHBvc2FudHMiPg=='&gt;&lt;/span&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2011, la fin du monopole public sur le courrier de moins de 50 grammes a &#233;t&#233; la derni&#232;re &#233;tape dans l'ouverture &#224; la concurrence des activit&#233;s postales. L'op&#233;ration est pass&#233;e quasiment inaper&#231;ue, et pour cause : aucune v&#233;ritable concurrence ne se profile &#224; l'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des attaques en boucle contre les postiers&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La pseudo-menace de la concurrence sert en fait &#224; justifier les suppressions d'emplois et les fermetures de bureau. Depuis 2003, 64 000 emplois ont &#233;t&#233; supprim&#233;s et La Poste pr&#233;voit d'en &#233;liminer 50 000 autres d'ici 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la distribution, les sacs de courrier sont de plus en plus lourds et les tourn&#233;es de plus en plus longues. Aux guichets, les horaires sont rallong&#233;s et, avec le nouveau &#171; look &#187; des bureaux, des postiers doivent rester debout toute la journ&#233;e derri&#232;re leurs stands. Au tri, les centres ferment, les cadences s'acc&#233;l&#232;rent et les nouveaux horaires de nuit ruinent la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fermetures de bureaux p&#232;sent lourdement sur la vie des salari&#233;s, comme &#224; Lauzet, un petit village des Alpes, o&#249; les facteurs sont en gr&#232;ve depuis novembre contre un regroupement de bureaux qui les obligera &#224; faire 95 kilom&#232;tres suppl&#233;mentaires chaque jour sur des routes de montagne pour aller chercher le courrier le matin et ramener la voiture de service apr&#232;s la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les quatre souris de l'&#233;cole des cadres &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; r&#233;organisations successives, techniques de conditionnement de la hi&#233;rarchie. En t&#233;moigne un diaporama de formation &#224; destination d'encadrants, r&#233;v&#233;l&#233; fin d&#233;cembre par le journal M&#233;diapart. Il raconte l'histoire de quatre souris, Flair, Fl&#232;che, Baluchon et Polochon, dont le fromage &lt;em&gt;&#171; dispara&#238;t sans raison &#187;&lt;/em&gt;. Flair et Fl&#232;che &lt;em&gt;&#171; s'adaptent &#187;&lt;/em&gt; et partent aussit&#244;t trouver un nouveau fromage. Baluchon se lamente, mais finit par se lancer lui aussi, tandis que Polochon se sent vieux, n'a pas envie de changer ses habitudes et reste sur place en pleurant sur son fromage disparu. Morale de l'histoire ? &lt;em&gt;&#171; Celui qui refuse le changement creuse sa propre tombe &#187;&lt;/em&gt; et Polochon a une attitude &lt;em&gt;&#171; suicidaire &#187;&lt;/em&gt;. Tout est dit !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La strat&#233;gie du salami &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les luttes collectives sont fr&#233;quentes. Mais La Poste a depuis longtemps une strat&#233;gie d'&#233;talement. Les restructurations, et du coup les gr&#232;ves, se font bureau apr&#232;s bureau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profitant de l'isolement des gr&#233;vistes, La Poste mise de plus en plus sur le pourrissement des luttes. Exemple, depuis novembre, le bureau de distribution du 2&lt;span class='base64GUILL' title='PHN1cCBjbGFzcz0idHlwb19leHBvc2FudHMiPg=='&gt;&lt;/span&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Marseille est en gr&#232;ve &#224; 100 %, cadres compris et, malgr&#233; plus de 100 jours de gr&#232;ve, la direction refuse toute n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Poste n'h&#233;site pas non plus &#224; multiplier les provocations verbales et physiques pour sanctionner les gr&#233;vistes et les militants. Dans les Hauts-de-Seine, apr&#232;s deux gr&#232;ves dures en 2009 et 2010, la direction a demand&#233; le licenciement d'un syndicaliste contractuel (refus&#233; par l'inspection du travail, mais en recours aupr&#232;s du ministre du Travail) et mis &#224; pied deux autres pour un et deux ans, dont six mois avec sursis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris, un permanent de SUD vient &#233;galement d'&#234;tre mis &#224; pied pour deux ans, dont six mois avec sursis. En cause : prises de parole dans un bureau (&#224; la pause), distributions de tracts &#171; non au&#173;to&#173;ri&#173;s&#233;es &#187; et solidarit&#233; avec les gr&#233;vistes des Hauts-de-Seine et d'Alternative Post, c'est-&#224;-dire des activit&#233;s syndicales rien de plus normales !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bureau de distribution du 11&lt;span class='base64GUILL' title='PHN1cCBjbGFzcz0idHlwb19leHBvc2FudHMiPg=='&gt;&lt;/span&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris, La Poste a voulu bafouer le droit de gr&#232;ve en sanctionnant les gr&#233;vistes par une cinquantaine d'avertissements (sur la gr&#232;ve, lire &lt;em&gt;Convergences R&#233;volutionnaires&lt;/em&gt; n&#176; 71). La direction a d&#251; les retirer face &#224; la mobilisation, mais un gr&#233;viste a &#233;t&#233; licenci&#233; et les facteurs continuent de se mobiliser pour d&#233;fendre la secr&#233;taire CGT menac&#233;e de mise &#224; pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses murs, La Poste a tout pouvoir et les conseils de discipline ne sont que des parodies de proc&#232;s. Les recours juridiques prennent des mois ou des ann&#233;es, durant lesquels La Poste active son rouleau compresseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule solution reste de compter sur la combattivit&#233; des postiers et de les convaincre que la coordination des luttes et leur d&#233;termination sont leur seule force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#61472;Maurice SPIRZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Alg&#233;rie : Pour que la r&#233;volte porte enfin ses fruits
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Algerie-Pour-que-la-revolte-porte-enfin-ses-fruits</link>
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		<dc:date>2011-01-29T08:21:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie
</dc:subject>

		<description>Le 18 janvier, &#224; la Bourse du travail d'Alger, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicat officiel, l'UGTA, r&#233;unissait quelque 1 000 syndicalistes de la r&#233;gion. Il les appelait &#224; maintenir un &#171; climat sain et serein dans le milieu professionnel &#187; et les mettait en garde &#171; contre tout d&#233;rapage &#187; , car, ajoutait-il, &#171; quelles que soient les difficult&#233;s et les probl&#232;mes auxquels nous sommes confront&#233;s, aucune personne n'a le droit de perturber le pays &#187;. &lt;br /&gt;Et Sidi Sa&#239;d de d&#233;noncer les m&#233;dias&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 18 janvier, &#224; la Bourse du travail d'Alger, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicat officiel, l'UGTA, r&#233;unissait quelque 1 000 syndicalistes de la r&#233;gion. Il les appelait &#224; maintenir un &lt;em&gt;&#171; climat sain et serein dans le milieu professionnel &#187;&lt;/em&gt; et les mettait en garde &lt;em&gt;&#171; contre tout d&#233;rapage &#187;&lt;/em&gt; , car, ajoutait-il, &lt;em&gt;&#171; quelles que soient les difficult&#233;s et les probl&#232;mes auxquels nous sommes confront&#233;s, aucune personne n'a le droit de perturber le pays &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Sidi Sa&#239;d de d&#233;noncer les m&#233;dias &#233;trangers qui d&#233;nigrent l'Alg&#233;rie ainsi que &lt;em&gt;&#171; la mondialisation dangereuse &#187;&lt;/em&gt; qui est &lt;em&gt;&#171; une tentative de recolonisation sous une autre forme, notamment celle de pousser le peuple &#224; l'&#233;meute sous le beau slogan de la d&#233;mocratie. Il est immoral d'appeler &#224; la r&#233;volte &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte, qui semble l'inqui&#233;ter autant qu'elle inqui&#232;te Bouteflika, avait d&#233;j&#224; explos&#233; deux semaines plus t&#244;t, les 4 et 5 janvier &#224; Oran et Alger avant de s'&#233;tendre pendant plusieurs jours dans tout le pays. Sans aucun appel. Encourag&#233;e seulement par la r&#233;volte de la jeunesse tunisienne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La goutte d'eau &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est probablement une nouvelle hausse brutale des prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; : des augmentations de 20 % pour l'huile, 80 % pour le sucre en quelques semaines, les portant respectivement &#224; 180 dinars le litre, 140 dinars le kg, soit en gros 1,4 &#8364; et 1,8 &#8364;, pratiquement les m&#234;mes prix qu'ici, alors que le Smic alg&#233;rien est &#224; 15 000 dinars soit 150 &#8364;. Il en est de m&#234;me pour la farine, la semoule, la viande, les l&#233;gumes et fruits. La r&#233;pression des forces de l'ordre qui a fait 3 morts, des centaines de bless&#233;s et des milliers d'arrestations au cours de ces cinq &#224; six jours d'&#233;meutes, a encore attis&#233; la col&#232;re, sans intimider pour autant les manifestants. Plus de 1 300 personnes arr&#234;t&#233;es lors des &#233;v&#232;nements sont maintenant pass&#233;es en justice dans des proc&#232;s exp&#233;ditifs. Mais le m&#233;contentement social et le sentiment d'injustice est profond, que ne pourront enrayer ni les incarc&#233;rations, ni les vagues promesses que vient de faire le gouvernement de faire baisser les prix (en commen&#231;ant par baisser les taxes aux grossistes dans l'espoir qu'ils veuillent bien le r&#233;percuter, comme ici la baisse de la TVA sur les restaurants !), ni les appels au calme ou les ridicules d&#233;nonciations de la main de l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les mille raisons de la col&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle flamb&#233;e des prix n'a &#233;t&#233; que la goutte de trop. Il ne se passe pas une semaine en Alg&#233;rie sans que, ici ou l&#224;, on assiste &#224; un rassemblement devant une sous-pr&#233;fecture ou une mairie, un blocage de carrefour ou de route nationale pour des raisons aussi multiples qu'une coupure de courant, le manque d'eau ou les crit&#232;res totalement occultes, voire la corruption claire et nette, dans la distribution des logements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des Alg&#233;riens qui a tent&#233; ces derniers jours de s'immoler, &#224; l'exemple du jeune ch&#244;meur, le 12 janvier &#224; Bordj Menaiel (70 km &#224; l'est d'Alger), &#233;tait un employ&#233; territorial, p&#232;re de six enfants, d&#233;sesp&#233;r&#233; de se voir refuser une nouvelle fois un logement. Heureusement il n'y a pas que le d&#233;sespoir. Mardi 28 d&#233;cembre, une semaine avant les &#233;meutes g&#233;n&#233;ralis&#233;es qui ont marqu&#233; l'actualit&#233;, des centaines de jeunes bloquaient une grande route et affrontaient les forces de l'ordre &#224; Baraki, une des banlieues pauvres d'Alger, pour r&#233;clamer les logements d&#233;cents qu'on leur promet depuis des ann&#233;es. Une &#233;meute &#171; ordinaire &#187; en quelque sorte. Elle avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e la veille par des protestations semblables dans d'autres quartiers pauvres, &#224; Laquiba, et &#224; Rouiba dans la zone des &#171; chalets &#187;, ces baraquements provisoires install&#233;s pour reloger les victimes du s&#233;isme de 2003 qui sont encore l&#224; sept ans apr&#232;s, totalement d&#233;labr&#233;s. &#192; la mi-d&#233;cembre un rassemblement d'habitants de la ville de Yellel (dans l'ouest du pays) devant le si&#232;ge de la &#171; da&#239;ra &#187; (&#233;quivalent de nos sous-pr&#233;fectures) r&#233;clamait l'affichage public des attributions de logements. Fin novembre, dans la petite ville de Tagzout (pr&#232;s de Bouira &#224; 120 km au sud-est d'Alger), les enseignants des coll&#232;ges, les instituteurs et les conducteurs de bus se mettaient en gr&#232;ve pour soutenir deux p&#232;res de famille en gr&#232;ve de la faim pour avoir &#233;t&#233; exclus de la liste des relogements. Pour citer quelques exemples r&#233;cents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et partout le probl&#232;me essentiel, le ch&#244;mage : officiellement de 10 %, il touche en r&#233;alit&#233; 60 % de la population active de moins de 30 ans. Sans parler des femmes qui sont pratiquement absentes des statistiques, puisque seul un million d'entre elles, sur une population de 35 millions, sont comptabilis&#233;es dans la &#171; population active &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Manne p&#233;troli&#232;re et creusement des in&#233;galit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1991-2000 de la guerre entre arm&#233;e et groupes islamistes, par la pression qu'elle exer&#231;ait sur l'ensemble le la population, la terreur qu'elle faisait r&#233;gner, sans oublier les militants syndicaux assassin&#233;s (dont bien malin celui qui pouvait dire si c'&#233;tait par des islamistes ou par l'arm&#233;e), ont facilit&#233; bien des attaques contre les travailleurs, notamment le d&#233;mant&#232;lement d'une bonne partie des entreprises d'&#201;tat, confi&#233;es ensuite au priv&#233; avec des fourn&#233;es de licenciements &#224; la cl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux recettes engrang&#233;es par l'&#201;tat alg&#233;rien gr&#226;ce au cours &#233;lev&#233; du p&#233;trole au cours des ann&#233;es 2000, elles n'ont rien apport&#233; &#224; la population pauvre. Elles ont b&#233;n&#233;fici&#233; &#224; une petite minorit&#233; d'affairistes de la haute soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne et surtout aux banques occidentales auxquelles l'&#201;tat alg&#233;rien &#224; revers&#233; quelque 40 milliards de dollars (sans parler des int&#233;r&#234;ts vers&#233;s annuellement) pour r&#233;duire sa dette et &#171; gagner la confiance &#187; d'investisseurs qu'il cherchait &#224; attirer dans le pays. La politique de grands travaux de ces derni&#232;res ann&#233;es ou la construction de quelques grands h&#244;tels pour hommes d'affaires, ce n'&#233;tait pas pour les plus d&#233;munis. Pas plus que le programme de construction de logements confi&#233; &#224; des entreprises chinoises amenant leurs ouvriers encore moins pay&#233;s qu'un ouvrier alg&#233;rien. Il ne s'agissait pour l'essentiel pas de logements sociaux, mais de logements mis en location-vente, avec des aides de l'&#201;tat, pour cibler la petite bourgeoisie du pays. Cette petite bourgeoisie qui a pu aussi b&#233;n&#233;ficier en partie des multiples aides &#224; la cr&#233;ation d'entreprises accord&#233;es par le gouvernement. Soit dit en passant, bien des cadres islamistes, qui se sont recycl&#233;s sous les auspices de la r&#233;conciliation nationale d&#233;cid&#233;e par Bouteflika, ont profit&#233; de cette manne pour se faire une place au soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi d'&#233;tonnant que lors des journ&#233;es d'&#233;meutes de ce d&#233;but janvier, les jeunes ne s'en soient pas seulement pris &#224; ce qui &#224; leurs yeux repr&#233;sente l'&#201;tat, sous-pr&#233;fectures, gendarmeries, b&#226;timents publics ou cabines t&#233;l&#233;phoniques, mais aussi aux vitrines rutilantes d'une agence Renault ou d'un marchand de t&#233;l&#233;viseurs Samsung &#224; &#233;crans plats.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La contestation ouvri&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, presque jour pour jour, le 12 janvier 2010, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'UGTA d&#233;clarait d&#233;j&#224; que les travailleurs &lt;em&gt;&#171; doivent int&#233;grer la sagesse et la civilit&#233; dans leur action &#187;&lt;/em&gt;. Il s'agissait de pr&#234;cher la reprise du travail aux deux plus gros centres industriels du pays. Les 7 000 ouvriers du complexe sid&#233;rurgique d'El Hadjar, pr&#232;s d'Anaba, ancienne entreprise publique devenue en 2001 propri&#233;t&#233; du groupe Arcelor-Mital, &#233;tait en gr&#232;ve contre la menace de fermeture d'un des ateliers, la cockerie, et le licenciement de 350 salari&#233;s. Sourds aux appels &#224; la sagesse, ils ont eu gain de cause. Simultan&#233;ment, l'usine automobile de Rouiba (dans la banlieue d'Alger), une entreprise toujours publique de 5 000 travailleurs, qui produit bus et camions, &#233;tait en gr&#232;ve contre l'accord salarial &#171; tripartite &#187; que venaient de passer patronat, gouvernent et UGTA, portant le salaire minimum de 12 000 dinars &#224; sa valeur actuelle de 15 000 dinars. Cette augmentation paraissait d&#233;risoire aux ouvriers au regard de la hausse du co&#251;t de la vie. Que dire aujourd'hui apr&#232;s les hausses vertigineuses de prix de l'ann&#233;e ! Les ouvriers de la SNVI avaient entra&#238;n&#233; avec eux quelque 5 000 autres travailleurs des entreprises voisines de la zone industrielle de Rouiba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'ann&#233;e 2010 a &#233;t&#233; ponctu&#233;e en Alg&#233;rie de gr&#232;ves dans de nombreux secteurs, enseignants, forestiers, ouvriers d'une cimenterie Lafarge, cheminots&#8230;, anim&#233;es par des militants locaux de l'UGTA passant outre les appels au calme ou propositions de m&#233;diation de la direction nationale, ou dans le milieu enseignant par des militants des syndicats autonomes plus ind&#233;pendants du gouvernement. Jusqu'au d&#233;clenchement en ce d&#233;but janvier, au moment m&#234;me des &#233;meutes, d'une gr&#232;ve de plusieurs centaines de dockers d'Alger contre des suppressions de postes, cette fois en butte aussi &#224; l'accord pass&#233; entre la direction et des responsables syndicaux locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est bien l&#224; la force qui pourrait donner des perspectives &#224; la jeunesse en r&#233;volte : unifier toutes les luttes &#233;parses sur les logements, les conditions de vie, le m&#233;pris des autorit&#233;s et la corruption. Si des travailleurs prenaient le chemin de la r&#233;volte et rendaient leurs luttes aussi rapidement contagieuses que l'ont &#233;t&#233; les &#233;meutes de la jeunesse. Car octobre 1988 est encore dans les m&#233;moires, rappelant comment un mouvement, celui qui a fini par avoir la peau du r&#233;gime de Chadli, peut &#234;tre escamot&#233; par quelques politiciens d&#233;mocrates, avant de tourner au cauchemar lorsque des d&#233;magogues r&#233;actionnaires et religieux apparaissent finalement comme les seuls opposants radicaux, faute de militants proposant une politique de classe aux opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O.B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LTYwZjVhMGYzIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgxTVRZZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MMk5oZFdOb1pXMWhjaTV3Ym1jbklIZHBaSFJvUFNJME1EQWlJR2hsYVdkb2REMGlNalV6SWlCaGJIUTlKeWNnTHo0S1BDOW1hV2QxY21VK0Nqd3ZaR2wyUGc9PSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Orange et Jasmin
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		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Orange-et-Jasmin</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
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		<dc:subject>Orange
</dc:subject>

		<description>La Tunisie a beau &#234;tre le pays de l'orange et du jasmin, pour Orange, Aubade, T&#233;l&#233;performance, Alstom et quelques autres, elle a surtout l'odeur de flouze. Mais avec les &#233;v&#232;nements actuels, pour les patrons fran&#231;ais comme pour les notables tunisiens, &#231;a sent le roussi. &lt;br /&gt;Mauvaise saison pour Air Liquide qui venait juste d'ouvrir en d&#233;cembre dans ses usines tunisiennes une nouvelle unit&#233; de production d'oxyg&#232;ne et azote liquide d'un co&#251;t de 10 millions d'euros et une autre de gaz&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Tunisie a beau &#234;tre le pays de l'orange et du jasmin, pour Orange, Aubade, T&#233;l&#233;performance, Alstom et quelques autres, elle a surtout l'odeur de flouze. Mais avec les &#233;v&#232;nements actuels, pour les patrons fran&#231;ais comme pour les notables tunisiens, &#231;a sent le roussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mauvaise saison pour Air Liquide qui venait juste d'ouvrir en d&#233;cembre dans ses usines tunisiennes une nouvelle unit&#233; de production d'oxyg&#232;ne et azote liquide d'un co&#251;t de 10 millions d'euros et une autre de gaz sp&#233;ciaux de haute puret&#233; destin&#233;s aux Laboratoires et Analyses de la zone Maghreb et Egypte. Inqui&#233;tude pour Val&#233;o qui emploie pr&#232;s de 4 800 salari&#233;s dans ses trois usines et venait juste d'annoncer, le 3 janvier, la constitution d'une nouvelle soci&#233;t&#233;, Val&#233;o Tunisie, sp&#233;cialis&#233;e dans la fabrication, pour l'exportation de mat&#233;riels et &#233;quipements de commutation &#233;lectrique et de capteurs pour l'industrie automobile. Et Alstom avait sign&#233; il y a &#224; peine quelques mois, en juillet dernier, un contrat de 58 millions pour la prolongation et la maintenance du r&#233;seau de tram de Tunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alstom faisait d&#233;j&#224; partie, comme Airbus, des principaux b&#233;n&#233;ficiaires des contrats sign&#233;s lors de la visite de Sarkozy &#224; son ami Ben Ali en avril 2008 : un contrat de 360 millions pour la construction d'une centrale thermique, pour le premier, une commande de 19 avions pour le second, pour la livraison desquels le groupe s'inqui&#232;te aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EADS, Faurecia (filiale de PSA), Zodiac, Sagem, les banques BNP ou Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, les compagnies d'assurances comme Groupama qui a 35 % dans la principale compagnie d'assurance tunisienne, les cha&#238;nes de supermarch&#233; Carrefour, Monoprix (toutes deux en collaboration avec des hommes d'affaires&#8230; de la famille Ben Ali) profitent des franchises accord&#233;es par le gouvernement et des bas salaires : un Smic &#224; 120 &#8364; pour 40 heures ou 140 &#8364; pour 48 heures par semaine.. Sans oublier bien s&#251;r le Club M&#233;diterran&#233;e. Tourisme, entreprises textiles et centres d'appels sont les principales activit&#233;s du pays : pr&#232;s de 7 millions de touristes par an, 190 000 ouvriers dans le textile, 130 centres d'appel d&#233;localis&#233;s en Tunisie, dont les seuls centres d'appels fran&#231;ais emploient 12 000 personnes &#224; des salaires d&#233;fiant toute concurrence (dont 4 000 pour le groupe Teleperformance).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 1 250 entreprises en Tunisie, exploitant plus de 100 000 salari&#233;s, la France est le premier fournisseur et le premier client de la Tunisie (client donc souvent de ses propres entreprises install&#233;es l&#224;-bas). On comprend l'affection du pr&#233;sident fran&#231;ais (ou plut&#244;t des pr&#233;sidents successifs) pour son homologue tunisien, et les fleurs que les deux camarades socialistes Strauss-Kahn et Ben Ali s'envoyaient : le pr&#233;sident du FMI fait l'&#233;loge de &lt;em&gt;&#171; l'&#233;conomie tunisienne qui va bien, malgr&#233; la crise &#187; &lt;/em&gt;et serait &lt;em&gt;&#171; bon exemple &#224; suivre pour beaucoup de pays &#187;&lt;/em&gt;, le pr&#233;sident tunisien le d&#233;core en &#233;change de la rosette de Grand officier de l'ordre de la R&#233;publique. Accolade devant les cam&#233;ras de t&#233;l&#233;vision. Coupez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils n'avaient pas pr&#233;vu les d&#233;boires d'aujourd'hui. Qui commencent d&#233;j&#224; avec ceux de France Telecom. Le groupe avait cr&#233;&#233; en Tunisie sa filiale Orange Tunisie en association&#8230; avec Marwan Mabrouk, l'un des gendres de Ben Ali. Filiale qui, encore le 16 d&#233;cembre dernier, inaugurait son tout nouveau centre de d&#233;veloppement des applications mobiles en pr&#233;sence du ministre des technologies de Ben Ali. Interpell&#233; par les syndicats de France-T&#233;l&#233;com sur l'avenir d'Orange-Tunisie, dont le gendre d&#233;tient 51 %, la compagnie fran&#231;aise 49 %, le directeur Strat&#233;gie et Innovation de France T&#233;l&#233;com a r&#233;pondu, mardi 18 janvier, que, contrairement aux rumeurs, &lt;em&gt;&#171; Marwan Mabrouk est en Tunisie et il n'a jamais fui &#187;&lt;/em&gt;&#8230; mais gageons qu'il se planque. Ce grand strat&#232;ge ne voit donc aucun probl&#232;me sauf, reconna&#238;t-il, quelques &lt;em&gt;&#171; incertitudes juridiques &#187;&lt;/em&gt;. Orange am&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O.B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LTYwZjVhMGYzIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgxTVRjZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MM1IxYm1semFXVXVjRzVuSnlCM2FXUjBhRDBpTXpBd0lpQm9aV2xuYUhROUlqUXlOQ0lnWVd4MFBTY25JQzgrQ2p3dlptbG5kWEpsUGdvOEwyUnBkajQ9Ij4='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La gr&#232;ve de Gafsa en 2008&#8230; une exp&#233;rience encore fra&#238;che dans les m&#233;moires
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-greve-de-Gafsa-en-2008-une-experience-encore-fraiche-dans-les-memoires</link>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<dc:subject>R&#233;volutions arabes
</dc:subject>

		<description>Le samedi 22 janvier, 300 manifestants partaient de la ville de Menzel Bouziane, &#224; 280 km au sud de Tunis, pour une marche vers la capitale, demandant la d&#233;mission du gouvernement. Via Regueb o&#249; plusieurs centaines d'autres manifestants les attendaient, alors que d'autres marches partaient le m&#234;me jour de Thala et Kasserine, trois villes o&#249; les 8 et 9 janvier la police a tir&#233; sur la foule faisant au mois 14 morts. Une autre marche est partie de Gafsa, un peu plus au sud, le centre du&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le samedi 22 janvier, 300 manifestants partaient de la ville de Menzel Bouziane, &#224; 280 km au sud de Tunis, pour une marche vers la capitale, demandant la d&#233;mission du gouvernement. Via Regueb o&#249; plusieurs centaines d'autres manifestants les attendaient, alors que d'autres marches partaient le m&#234;me jour de Thala et Kasserine, trois villes o&#249; les 8 et 9 janvier la police a tir&#233; sur la foule faisant au mois 14 morts. Une autre marche est partie de Gafsa, un peu plus au sud, le centre du bassin minier o&#249; a eu lieu, il y a un peu plus de deux ans, l'une des plus grandes gr&#232;ves qu'ait connues le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gr&#232;ve des mines de potasse de Gafsa avait d&#233;but&#233; le 5 janvier 2008. Apr&#232;s plusieurs restructurations les effectifs de la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG), principale activit&#233; de toute la r&#233;gion, avaient &#233;t&#233; r&#233;duits de 14 000 &#224; 5 000. Il fallait r&#233;ussir un concours d'embauche pour faire partie des heureux qui y trouvaient un emploi. Et c'est la publication ce jour-l&#224; des r&#233;sultats visiblement frauduleux de ce concours qui a fait exploser la col&#232;re. La gr&#232;ve allait durer pr&#232;s de six mois, touchant tout le bassin minier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction centrale de l'UGTT n'&#233;tait pas l&#224; pour soutenir les gr&#233;vistes : elle commen&#231;ait la nouvelle campagne &#233;lectorale de Ben Ali. Mais pas plus la direction r&#233;gionale, devenue (selon les termes d'un reportage du Monde Diplomatique) &lt;em&gt;&#171; le centre d'une oligarchie qui ne fait plus b&#233;n&#233;ficier que ses amis et parents des miettes de la rente phosphati&#232;re &#187;&lt;/em&gt;. Ces miettes consistent en la distribution des emplois, des fonds de reconversion et primes de b&#233;n&#233;fices cog&#233;r&#233;s par la direction de la CPG et la petite coterie qui dirige l'UGTT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'&#224; cela ne tienne, les gr&#233;vistes allaient s'en passer. &#192; Redeyef, l'autre grande ville du bassin minier, pr&#232;s de la fronti&#232;re alg&#233;rienne, les gr&#233;vistes occup&#232;rent de force le local de l'UGTT de la ville et, malgr&#233; des tentatives d'expulsion, en firent le QG de la gr&#232;ve. Ils &#233;taient &#233;paul&#233;s par nombre de militants syndicaux de base, non seulement des mines, mais des autres secteurs, certains aussit&#244;t exclus ou &#171; suspendus &#187; par la direction de leurs syndicats, comme l'enseignant Adnane Hajji, l'un des leaders du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plagiant les affiches de la campagne &#233;lectorale pr&#233;sidentielle &lt;em&gt;&#171; Ben Ali 2009 &#187;&lt;/em&gt;, des affichettes &lt;em&gt;&#171; Ben Ali 2080 &#187; ou &#171; Ben Ali 2500 &#187;&lt;/em&gt; fleurirent sur les murs du bassin minier. Finalement, Ben Ali n'aura d&#233;pass&#233; 2010 que de quelques jours !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette m&#234;me ville de Redeyef, encercl&#233;e par la police, que le 7 mai 2008 des femmes d&#233;cidaient de faire leurs bagages et partir toutes ensemble avec leurs familles : &lt;em&gt;&#171; Ils veulent cette ville, on la leur laisse &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Menac&#233;es par les autorit&#233;s d'&#234;tre consid&#233;r&#233;es comme &lt;em&gt;&#171; tra&#238;&#173;tres &#187;&lt;/em&gt; si elles s'approchaient de la fronti&#232;re alg&#233;rienne, elles finirent par revenir apr&#232;s leur coup d'&#233;clat reprendre le cours de la lutte. Une r&#233;sistance de pr&#232;s de six mois qui s'est termin&#233;e, outre deux morts, par l'arrestation en juin 2008 d'une quarantaine de militants syndicaux animateurs du mouvement, condamn&#233;s en d&#233;cembre &#224; des peines allant de un &#224; dix ans de prison &#8211; mais lib&#233;r&#233;s plus t&#244;t gr&#226;ce aux campagnes de protestation.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut trouver un dossier sur cette gr&#232;ve rassembl&#233; par le Comit&#233; pour le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re tunisienne ne manque ni de d&#233;termination ni d'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O.B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LTYwZjVhMGYzIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgxTVRnZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MMkZzYkdsdmRDNXdibWNuSUhkcFpIUm9QU0l6TURBaUlHaGxhV2RvZEQwaU5EQXpJaUJoYkhROUp5Y2dMejRLUEM5bWFXZDFjbVUrQ2p3dlpHbDJQZz09Ij4='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut trouver un dossier sur cette gr&#232;ve rassembl&#233; par le Comit&#233; pour le respect des libert&#233;s et des droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT) et la F&#233;d&#233;ration des Tunisiens pour une Citoyennet&#233; des deux Rives (FTCR) &#224; l'adresse internet : &lt;a href=&#034;http://berthoalain.files.wordpress.com/2008/07/dossier-ftcr-crldht-final-3.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3M9ImJhc2U2NC1jZjhiZWY5MyIgdGl0bGU9ImFIUjBjRG92TDJKbGNuUm9iMkZzWVdsdUxtWnBiR1Z6TG5kdmNtUndjbVZ6Y3k0dUxpND0iPg=='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Tunisie : &#171; Ils ont vol&#233; nos richesses, ils ne voleront pas notre r&#233;volution &#187;
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<description>&#171; Ils ont vol&#233; nos richesses, ils ne voleront pas notre r&#233;volution &#187;, c'est l'un des slogans que les marcheurs, venus des villes de province sur Tunis, criaient le dimanche 23 janvier sous les fen&#234;tres du gouvernement de Mohamed Ghanouchi. &lt;br /&gt;Le peuple tunisien semble toujours bien d&#233;cid&#233; &#224; ne pas se laisser usurper sa r&#233;volution. Ni les concessions tardives de Ben Ali le 13 janvier (promesses de 300 000 emplois et de ne pas faire un nouveau mandat), ni sa chute le 14, ni la formation&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Ils ont vol&#233; nos richesses, ils ne voleront pas notre r&#233;volution &#187;,&lt;/em&gt; c'est l'un des slogans que les marcheurs, venus des villes de province sur Tunis, criaient le dimanche 23 janvier sous les fen&#234;tres du gouvernement de Mohamed Ghanouchi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple tunisien semble toujours bien d&#233;cid&#233; &#224; ne pas se laisser usurper sa r&#233;volution. Ni les concessions tardives de Ben Ali le 13 janvier (promesses de 300 000 emplois et de ne pas faire un nouveau mandat), ni sa chute le 14, ni la formation d'un gouvernement &#171; d'union nationale &#187; le 17, incluant plusieurs ministres de l'opposition et de la centrale syndicale UGTT, n'ont r&#233;ussi &#224; calmer la rue. Elle a continu&#233; &#224; manifester contre un gouvernement de mascarade, dirig&#233; par l'ancien premier ministre de Ben Ali, et o&#249; son parti, le RCD, gardait tous les postes cl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le nouveau gouvernement provisoire&#8230; trop vu trop connu !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 17 janvier, d&#232;s l'annonce de la composition du nouveau gouvernement, l'un des cort&#232;ges de manifestants auquel &lt;em&gt;&#171; ont pris part beaucoup de femmes et surtout des syndicalistes &#187;&lt;/em&gt; (selon le reportage du journal alg&#233;rien El Watan) s'est dirig&#233; vers le si&#232;ge de l'UGTT qui &lt;em&gt;&#171; se vide rapidement de ses cadres qui semblent fuir de peur d'affronter les militants de l'union &#187;&lt;/em&gt;. Le seul membre du bureau ex&#233;cutif qui se fait &lt;em&gt;&#171; coincer &#187;&lt;/em&gt; s'empresse de s'excuser en affirmant que ce gouvernement &lt;em&gt;&#171; est charg&#233; juste d'assurer la transition et pr&#233;parer les &#233;lections ; par la suite ce sera &#224; celui qui a le plus de popularit&#233; de l'emporter &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si nombre de militants syndicaux et responsables locaux ont jou&#233; un r&#244;le dans le d&#233;veloppement du mouvement qui a renvers&#233; Ben Ali, la direction de l'UGTT a plut&#244;t jou&#233; celui de frein. Certes le syndicat unique tunisien n'a pas &#233;t&#233; tout au long de son histoire inf&#233;od&#233; au pouvoir politique, comme l'est l'UGTA en Alg&#233;rie. Un de ses fondateurs, Habib Achour, avait m&#234;me &#233;t&#233; condamn&#233; aux travaux forc&#233;s sous Bourguiba pour participation aux &#233;meutes de 1978. Mais la direction d'aujourd'hui, qui avait appel&#233; &#224; voter Ben Ali &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2009, l'a quasiment soutenu jusqu'au bout. Le 12 janvier encore, en sortant d'une rencontre avec Ben Ali, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral d&#233;clarait avoir &lt;em&gt;&#171; trouv&#233; aupr&#232;s du Pr&#233;sident de la R&#233;publique une vision profonde des principaux probl&#232;mes et de leurs causes et une volont&#233; de les r&#233;soudre &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ou plut&#244;t aux journ&#233;es de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales dans certaines villes ou r&#233;gions, comme &#224; Sfax le 12 janvier o&#249; 40 000 personnes ont envahi les rues, qui ont contribu&#233; &#224; la chute du r&#233;gime, la centrale n'y a pas franchement appel&#233; : elle s'est content&#233;e de donner le feu vert aux initiatives des instances locales ou r&#233;gionales. &#192; Tunis m&#234;me l'appel officiel &#224; la &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; n'&#233;tait que de 2 heures le 14 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le mardi 18, devant l'hostilit&#233; de la rue et de leurs propres militants, les trois repr&#233;sentants de la centrale syndicale qui avaient accept&#233; des postes de ministres donnaient leur d&#233;mission : &lt;em&gt;&#171; cette composition n'est pas en harmonie avec les aspirations et les attentes des travailleurs &#187;&lt;/em&gt; d&#233;couvrait le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la conf&#233;d&#233;ration. Il &#233;tait temps, les prestations de serment des quatre ministres d&#233;missionnaires &#233;taient d&#233;j&#224; enregistr&#233;es, mais pas encore pass&#233;es &#224; la t&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;D&#233;mocrates de service&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la journ&#233;e un autre ministre suivait leur exemple : le pr&#233;sident du Forum d&#233;mocratique pour le travail et la libert&#233; qui avait accept&#233; le minist&#232;re de la sant&#233; (le FDTL est membre consultatif de l'Internationale Socialiste, le RCD de Ben Ali en &#233;tant jusqu'au 18 janvier le membre titulaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ladite Internationale socialiste, certes ombre de son ombre, ayant exclu Ben (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Ce Mustafa Ben Jaafar avait jou&#233; la mauvaise carte : vu &lt;em&gt;&#171; l'ampleur du rejet &lt;/em&gt;[&#8230;] &lt;em&gt;il faut un gouvernement de rupture &#187;&lt;/em&gt;, se ravisa-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef de file d'Ettajdid (ancien Parti communiste tunisien rebaptis&#233; &#171; Renouveau &#187;), devenu ministre de l'enseignement sup&#233;rieur, se contentait de menacer de partir si &lt;em&gt;&#171; le Premier ministre et le pr&#233;sident par int&#233;rim ne se retirent pas du parti de Ben Ali, le Rassemblement constitutionnel d&#233;mocratique &#187;.&lt;/em&gt; Qu'&#224; cela ne tienne, le pr&#233;sident et tous les ministres ont d&#233;missionn&#233;&#8230; du RCD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est rest&#233; sur son strapontin (de secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la jeunesse et aux sports) le petit roi du web, ce jeune codirigeant d'une petite soci&#233;t&#233; d'informatique qui aurait, dit-on, attis&#233; de son compte Twitter la r&#233;volution du jasmin, cyber-r&#233;volution du XXI&#176; si&#232;cle. Il en a tir&#233; un poste et se sent bien au milieu des anciens ministres de Ben Ali : on a besoin d'eux, affirme-t-il, &lt;em&gt;&#171; si vous voulez des gens qui ont du m&#233;tier&#8230; &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est rest&#233; aussi le fondateur du Parti d&#233;mocratique progressiste (PDP). Pr&#233;sent&#233; il y a peu comme le principal parti tunisien d'opposition, il d&#233;clare aujourd'hui que vouloir bannir le RCD n'a pas de sens : &lt;em&gt;&#171; La rue peut r&#233;clamer ce qu'elle veut mais il ne faut pas r&#233;pondre &#224; ses exigences si elle a tort. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait plus qu'&#224; tenter de bannir la rue. Jeudi 20, le premier acte du nouveau gouvernement a &#233;t&#233; de d&#233;cr&#233;ter trois jours de deuil national en l'honneur des victimes de la r&#233;pression. Dans l'espoir de vider &#224; cette occasion la rue des manifestations qui s'y poursuivaient toujours.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Se charger du nettoyage soi-m&#234;me&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant que se tenait sa premi&#232;re r&#233;union, les manifestants envahissaient le si&#232;ge du RCD, ce parti qui r&#233;unissait jusque-l&#224; tous les dirigeants petits ou grands du pays, des maires de villages aux hommes d'affaires (ou mafieux) bien plac&#233;s, et affichait officiellement plus de 2 millions de membres (sur 10 millions d'habitants). Les manifestants bazardaient du toit de l'immeuble l'embl&#232;me, que pr&#233;sident et ministres avaient tout juste eu le temps eux-m&#234;mes de laisser tomber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus concr&#232;te fut la chasse faite non seulement aux membres notoires du clan Ben Ali mais aussi &#224; nombre de notables du r&#233;gime, dont la presse cite plusieurs exemples : des officiers de police pourchass&#233;s, un maire destitu&#233; par ses administr&#233;s, des PDG vir&#233;s de leurs postes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vendredi 21 janvier, drapeaux en bernes et versets du Coran &#224; la radio, le deuil d&#233;butait. Sans paralyser tous ceux qui estimaient avoir mieux &#224; faire. Des centaines de manifestants d&#233;filaient &#224; nouveau sur la principale art&#232;re de Tunis en scandant leur refus de ce gouvernement. 400 autres se rassemblaient devant le si&#232;ge de la Compagnie des transports tunisiens : elle &lt;em&gt;&#171; abrite des gens corrompus et il est temps de reprendre nos droits&#8230; On ne va pas se taire &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car on assiste aussi dans des entreprises &#224; la chasse men&#233;e par des salari&#233;s contre des patrons ou directeurs compromis avec le pouvoir. Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales se multiplient pour discuter et contr&#244;ler ce qui se passe. Et il y a de quoi faire, du PDG de la compagnie Tunisair, &lt;em&gt;&#171; dont le nom figure dans un livre &#224; charge sur la famille Ben Ali &#187;&lt;/em&gt; (selon le journal &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt;) et que ses employ&#233;s ont pris &#224; partie, aux directeurs de la soci&#233;t&#233; de t&#233;l&#233;communications Orange Tunisie, d&#233;tenue &#224; part &#233;gale par France T&#233;l&#233;com et une soci&#233;t&#233; tunisienne appartenant &#224; un gendre de Ben Ali.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend que de peur de passer lui aussi &#224; la casserole, le directeur de la branche tunisienne de la soci&#233;t&#233; de restauration Sodexo s'empresse de montrer qu'il ne mange d&#233;sormais plus de ce pain-l&#224;. Pr&#233;sident du Centre des jeunes dirigeants (CJD), il demande au nom de son organisation de jeunes patrons la d&#233;mission du pr&#233;sident de l'UTICA, le Medef tunisien, &lt;em&gt;&#171; afin de permettre &#224; l'organisation patronale de jouer son r&#244;le dans la crise actuelle &#187;.&lt;/em&gt; Chose faite mercredi 19 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est plus difficile de savoir, au travers des seuls reportages de la presse, ce que repr&#233;sentent r&#233;ellement les comit&#233;s de vigilance ou comit&#233;s d'auto-d&#233;fense qui (selon &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 18 janvier)&lt;em&gt; &#171; ont pouss&#233; comme des champignons&#8230; dans les villes et villages &#187;&lt;/em&gt;. Ils sont probablement de toutes sortes, allant de ceux qui se sont organis&#233;s spontan&#233;ment pour prot&#233;ger leurs quartiers des pillages ou des exactions de groupes arm&#233;s fortement soup&#231;onn&#233;s d'&#234;tre li&#233;s &#224; la police, &#224; ceux qui ont d&#233;cid&#233; de ne faire confiance qu'&#224; eux-m&#234;mes, &#224; leurs voisins ou camarades de travail pour faire la police et contr&#244;ler tout ce qui se passe, y compris aux postes de police ou dans les comptes de la mairie. En passant par ceux qui, comme cet &#233;tudiant cit&#233; par &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 18 janvier, pensent que &#171; &lt;em&gt;les soldats ne sont pas assez nombreux, il faut les aider &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est bien en s'organisant elle-m&#234;me, en contr&#244;lant elle-m&#234;me voire en s'armant elle-m&#234;me, que la population se donne les moyens de ne pas se laisser usurper sa premi&#232;re et spectaculaire victoire. Pas en s'en remettant &#224; un gouvernement de rechange ou &#224; des g&#233;n&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LTYwZjVhMGYzIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgxTVRVZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MMkZ5YldWbExuQnVaeWNnZDJsa2RHZzlJalF3TUNJZ2FHVnBaMmgwUFNJeE5Ua2lJR0ZzZEQwbkp5QXZQZ284TDJacFozVnlaVDRLUEM5a2FYWSsiPg=='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Le mythe de l'arm&#233;e populaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une arm&#233;e tunisienne qui, &#224; la diff&#233;rence d'une police incontr&#244;lable et corrompue, serait du c&#244;t&#233; du peuple et l'aurait prot&#233;g&#233;, est un mythe. Son r&#244;le ces derni&#232;res semaines a certes cr&#233;&#233; des illusions. M&#233;dias et monde politique, y compris d'opposition, les ont largement cultiv&#233;es. Oubliant de rappeler que Ben Ali &#233;tait g&#233;n&#233;ral, avait &#233;t&#233; plac&#233; par Bourguiba &#224; la t&#234;te de la s&#233;curit&#233; nationale &#224; la suite des sanglantes &#233;meutes du pain de 1984, avant de devenir ministre de l'Int&#233;rieur, puis d'&#233;vincer trois ans plus tard le vieux pr&#233;sident gr&#226;ce &#224; son poids dans l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'arm&#233;e tunisienne n'est pas intervenue dans la r&#233;pression, c'est que l'&#201;tat major a finalement fait le choix de l&#226;cher Ben Ali. Les pressions des &#201;tats-Unis (&#233;videmment pas de Sarkozy ni d'Alliot-Marie) pour trouver une &lt;em&gt;&#171; solution pacifique &#187;&lt;/em&gt; parce que &lt;em&gt;&#171; nous sommes inquiets quant aux troubles et &#224; l'instabilit&#233; &#187;&lt;/em&gt;, selon les termes de la Secr&#233;taire d'&#201;tat Hillary Clinton, n'y sont pas pour rien. L'arm&#233;e est donc rest&#233;e en marge, son chef d'&#201;tat-major, le g&#233;n&#233;ral Rachid Ammar s'illustrant par son refus de faire tirer sur les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne faudrait pas s'y laisser prendre. Blanchie ainsi, l'arm&#233;e est en meilleure position pour assurer la stabilit&#233; de l'&#201;tat, des banques et des affaires. Tout simplement. Et en meilleure position aussi pour &#233;ventuellement trancher entre les concurrents au pouvoir, ou assurer le pouvoir elle-m&#234;me, si les professionnels de la politique n'arrivaient pas &#224; trouver entre eux une combinaison capable de gouverner. C'est le souci primordial d'assurer l'ordre contre les pauvres et la stabilit&#233; pour les affaires, qui am&#232;ne les partis politiques &#224; encenser l'arm&#233;e. C'est vrai de tous les partis politiques, d'opposition ou pas, qui se sont mis sur le devant de la sc&#232;ne, qu'ils aient accept&#233; ou refus&#233; de tremper dans ce premier gouvernement de coalition. D'autant qu'en Tunisie l'autre pilier du pouvoir, la police, est pour l'instant d&#233;consid&#233;r&#233;e. M&#234;me si elle tente ces derniers jours de se r&#233;habiliter : responsables mis &#224; l'arri&#232;re plan, confessions publiques et demande des policiers de base &#224; l'UGTT de se syndiquer, et m&#234;me manifestations de policiers en quelque sorte d&#233;froqu&#233;s dans la rue. Mais il est certain que le principal rempart du pouvoir des classes riches et du monde des banques, tour-operators ou industriels implant&#233;s en Tunisie reste cette arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les partis en lice ne r&#234;vent que de ramener aux urnes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certains des partis d'opposition, se voulant plus radicaux, mettent en avant l'id&#233;e d'une &lt;em&gt;&#171; constituante &#187;&lt;/em&gt; qui romprait vraiment avec le r&#233;gime Ben Ali. C'est y compris ce que d&#233;fend le Parti communiste des ouvriers (PCOT, ex-mao&#239;ste) dont le dirigeant Hamma Hammami, jusque l&#224; contraint &#224; la clandestinit&#233;, avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; au d&#233;but des &#233;v&#232;nements et qui critique non seulement la participation de partis d'opposition &#224; ce gouvernement mais aussi l'attitude g&#233;n&#233;rale des dirigeants de l'UGTT. Arguant que la constitution avait &#233;t&#233; &lt;em&gt;&#171; maintes fois amend&#233;e &#224; son profit &#187;&lt;/em&gt;, il estime qu'&lt;em&gt;&#171; il nous faut donc un nouveau texte &#187;&lt;/em&gt; et que &lt;em&gt;&#171; pour pr&#233;parer l'assembl&#233;e constituante, nous avons besoin d'un gouvernement form&#233; d'hommes et de femmes sans liens avec l'ancien r&#233;gime &#187;&lt;/em&gt; afin de &lt;em&gt;&#171; jeter les bases d'une d&#233;mocratie en Tunisie, dans un d&#233;lai de trois &#224; six mois, si le climat politique le permet &#187;&lt;/em&gt;. Tout comme, suivant le train de tous les autres partis, il se f&#233;licite du r&#244;le jou&#233; par l'arm&#233;e qui&lt;em&gt; &#171; s'est donn&#233; pour mission de prot&#233;ger les populations civiles et les biens publics et priv&#233;s. Son r&#244;le a &#233;t&#233; positif &#187;&lt;/em&gt;. M&#234;me s'il souligne qu'une prolongation de l'&#201;tat d'urgence constituerait &lt;em&gt;&#171; &#233;galement une menace pour le processus d&#233;mocratique &#187;&lt;/em&gt; et demande &lt;em&gt;&#171; que l'arm&#233;e rentre dans les casernes le plus t&#244;t possible, d&#232;s que l'ordre sera r&#233;tabli &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre qui d&#233;fendrait les int&#233;r&#234;ts de pauvres, c'est celui que peuvent imposer les travailleurs qui contr&#244;lent les rues, les quartiers et les entreprises. Rien de ce qui a chang&#233; si rapidement en Tunisie n'est venu du gouvernement ou des institutions. Tout est venu de la mobilisation elle-m&#234;me, parce qu'elle n'a pas faibli et au contraire s'est approfondie. Un des pi&#232;ges bien connu des classes dominantes dans pareille r&#233;volution est de faire abandonner aux classes populaires leur propre intervention sur leur terrain de classe, pour les ramener sur le seul terrain des urnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la revendication d'une assembl&#233;e constituante par certains partis d'opposition ressemble davantage &#224; l'envie d'un rapide repl&#226;trage, d'une tentative d'aiguillage du mouvement sur un terrain institutionnel (f&#251;t-il &#171; constituant &#187;) qui changerait peut-&#234;tre les r&#232;gles du jeu entre les partis candidats au pouvoir, mais pas le jeu de dupes pour les travailleurs et les couches pauvres qui s'y laisseraient prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LTYwZjVhMGYzIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgxTVRRZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MM1Z5Ym1VdE1pNXdibWNuSUhkcFpIUm9QU0kwTURBaUlHaGxhV2RvZEQwaU1qRXpJaUJoYkhROUp5Y2dMejRLUEM5bWFXZDFjbVUrQ2p3dlpHbDJQZz09Ij4='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;La force de la mobilisation populaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour pr&#233;server la libert&#233; qu'elle vient d'acqu&#233;rir, pour faire avancer ses revendications &#233;conomiques, un emploi, un meilleur salaire, une vie d&#233;cente, pour se d&#233;barrasser non seulement du pillage exerc&#233; par la famille Ben Ali, mais de l'exploitation en g&#233;n&#233;ral, celle des patrons tunisiens et des trusts mondiaux, et pour imposer le maximum de libert&#233;s d&#233;mocratiques, la population ne peut compter que sur ses propres forces. On voit la mobilisation &#224; l'&#339;uvre au jour le jour, et son efficacit&#233;. La classe ouvri&#232;re tunisienne, dont sa jeunesse, y joue un r&#244;le, elle qui a un riche pass&#233; de luttes. Et les &#233;v&#232;nements des semaines pass&#233;es ont montr&#233; que pourrait venir &#224; la rescousse la r&#233;volte des travailleurs et classes populaires d'Alg&#233;rie, et d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BELIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ladite Internationale socialiste, certes ombre de son ombre, ayant exclu Ben Ali et son parti de ses rangs le 18 janvier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Editorial : Le vent r&#233;volutionnaire qui nous vient de Tunisie
</title>
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		<dc:date>2011-01-29T08:21:16Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tunisie
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		<description>En quelques semaines, par leur mobilisation crescendo, nos fr&#232;res et s&#339;urs de Tunisie ont sacr&#233;ment balay&#233; sur leur passage. Exit Ben Ali, dictateur f&#233;roce install&#233; depuis 23 ans, chef d'un clan &#171; bling-bling &#187; qui a b&#226;ti ses fortunes sur l'exploitation et l'oppression forcen&#233;es. Exit l'arrogance des nombreux amis de Ben Ali dans le monde et en France, de Sarkozy &#224; Strauss-Kahn, en passant par Alliot-Marie et Fr&#233;d&#233;ric Mitterrand, sans oublier les noms du capitalisme fran&#231;ais qui font&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

-
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/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Revolutions-arabes-+" rel="tag"&gt;R&#233;volutions arabes
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En quelques semaines, par leur mobilisation crescendo, nos fr&#232;res et s&#339;urs de Tunisie ont sacr&#233;ment balay&#233; sur leur passage. Exit Ben Ali, dictateur f&#233;roce install&#233; depuis 23 ans, chef d'un clan &#171; bling-bling &#187; qui a b&#226;ti ses fortunes sur l'exploitation et l'oppression forcen&#233;es. Exit l'arrogance des nombreux amis de Ben Ali dans le monde et en France, de Sarkozy &#224; Strauss-Kahn, en passant par Alliot-Marie et Fr&#233;d&#233;ric Mitterrand, sans oublier les noms du capitalisme fran&#231;ais qui font du fric l&#224;-bas. Quelques-uns bredouillent des regrets d'avoir joui de leur villa &#224; Carthage sans entendre les voix d'opposants livr&#233;s aux tortionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Ben Ali, c'est fini. En quelques semaines, la col&#232;re populaire a explos&#233; contre un r&#233;gime qui ne donnait ni pain ni travail ni libert&#233; et promettait pire avec la crise. Une col&#232;re qui n'a cess&#233; de grandir et s'enhardir, malgr&#233; 100 morts et d'innombrables bless&#233;s sous les balles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, avec une conscience et une audace qui forcent l'admiration de tous les travailleurs et pauvres du monde arabe mais aussi d'Europe, les r&#233;volt&#233;s de Tunisie refusent les repl&#226;trages et grosses ficelles du camp d'en face. Leur r&#233;volution, ils l'ont faite mais surtout ils la poursuivent et ne l&#226;chent pas leurs propres armes, leur propre force mobilis&#233;e et organis&#233;e, dans la rue, les quartiers et les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La r&#233;volution, pas question de se la faire confisquer !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ben Ali parti ? Certes mais il en reste d'autres ! &#192; commencer par ce &#171; gouvernement provisoire d'union nationale &#187;, loin d'&#234;tre tout beau et tout nouveau ! Il est form&#233; d'anciens ministres de Ben Ali aux postes cl&#233;s, avec le m&#234;me premier ministre ! Sous la pression populaire, trois bureaucrates de l'UGTT (syndicat unique acoquin&#233; au pouvoir sous Ben Ali) qui s'&#233;taient engouffr&#233;s au gouvernement en sont ressortis. Sous la pression populaire encore, le premier ministre a d&#233;missionn&#233; du RCD (le parti unique de Ben Ali), puis dissout le RCD. Sous la pression de la rue, toujours, qui en ce lundi soir malgr&#233; l'appel de l'arm&#233;e &#224; rentrer chez soi poursuit le si&#232;ge du gouvernement, celui-ci parle d'un &lt;em&gt;&#171; remaniement minist&#233;riel imminent &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est la d&#233;mission du gouvernement qu'exigent les manifestants. Des milliers de manifestants dont les rangs grossissent sous les fen&#234;tres du Palais gouvernemental &#224; Tunis, venus de tout le pays, bravent le couvre-feu et demandent son d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas tout. Dans les quartiers, des comit&#233;s de vigilance ou d'autod&#233;fense se sont organis&#233;s, armes de fortune &#224; la main, pour se prot&#233;ger contre les exactions polici&#232;res mais aussi pour parer aux urgences alimentaires. Dans un nombre croissant d'entreprises, dont des banques, des grands journaux ou cha&#238;nes de t&#233;l&#233;, des salari&#233;s se dressent ensemble, &#224; l'initiative ou pas de militants locaux de l'UGTT, pour faire d&#233;guerpir les PDG li&#233;s &#224; Ben Ali. Les travailleurs et les jeunes n'attendent pas que des droits d&#233;mocratiques leur soient octroy&#233;s. Ils les prennent eux-m&#234;mes. Ils installent des jalons pour leur propre pouvoir. C'est cela la r&#233;volution, venue de tr&#232;s profond et donc tr&#232;s large. Et ce n'est pas fini. Tandis que le gouvernement appelle au retour &#224; une &#171; vie normale &#187;, entre autres &#224; la r&#233;ouverture des &#233;coles, les enseignants du primaire appellent &#224; la gr&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un petit &#233;v&#233;nement symbolique : des librairies de Tunis &#233;talent des livres hier interdits, devant des badauds &#233;bahis. Mais ils co&#251;tent 10 % des quelque 150 euros d'un Smic tunisien. Comme quoi les travailleurs et les jeunes, pour profiter de cette nouvelle libert&#233; qu'ils viennent d'arracher, doivent imposer toutes leurs revendications : non seulement d&#233;mocratiques mais &#233;conomiques, de survie face au ch&#244;mage et aux hausses de prix des carburants ou produits alimentaires de base. Et pour cela poursuivre dans la voie qu'ils ont spectaculairement emprunt&#233;e, d'action et d'organisation sur leur terrain de classe. Souhaitons que les travailleurs de Tunisie qui ont derri&#232;re eux une riche tradition de luttes, m&#234;me sous les pires dictatures, profitent de la libert&#233; gagn&#233;e pour mettre en avant un programme d'urgence, tant sur le plan social que politique, pour tous les exploit&#233;s et opprim&#233;s du pays, du monde arabe voire de l'Europe, auxquels exploiteurs et affameurs m&#232;nent la m&#234;me guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure en tout cas, la r&#233;volution tunisienne et sa contagion font que la peur change de camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 24 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LTYwZjVhMGYzIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgxTVRrZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MM05oY210dmJHa3VjRzVuSnlCM2FXUjBhRDBpTkRBd0lpQm9aV2xuYUhROUlqTXdOaUlnWVd4MFBTY25JQzgrQ2p3dlptbG5kWEpsUGdvOEwyUnBkajQ9Ij4='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> L'Europe de la crise : M&#234;mes attaques, m&#234;mes col&#232;res
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-Europe-de-la-crise-Memes-attaques-memes-coleres</link>
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		<dc:subject>Europe
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		<dc:subject>Monde
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		<description>En ces temps de crise &#233;conomique, la bourgeoisie europ&#233;enne d&#233;cline l'&#171; aust&#233;rit&#233; &#187; ou l'&#171; ajustement structurel &#187; dans toutes les langues. En ce sens, elle fait effectivement sienne la devise de l'Union europ&#233;enne, In Varietate Concordia (Unis dans la diversit&#233;). En face, les luttes sociales se d&#233;clinent &#224; l'&#233;chelle internationale, allant de formes embryonnaires comme en Grande-Bretagne et en Italie avec une partie de la jeunesse &#233;tudiante qui se met en mouvement, en passant par des&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ces temps de crise &#233;conomique, la bourgeoisie europ&#233;enne d&#233;cline l'&#171; aust&#233;rit&#233; &#187; ou l'&#171; ajustement structurel &#187; dans toutes les langues. En ce sens, elle fait effectivement sienne la devise de l'Union europ&#233;enne, &lt;em&gt;In Varietate Concordia&lt;/em&gt; (Unis dans la diversit&#233;). En face, les luttes sociales se d&#233;clinent &#224; l'&#233;chelle internationale, allant de formes embryonnaires comme en Grande-Bretagne et en Italie avec une partie de la jeunesse &#233;tudiante qui se met en mouvement, en passant par des journ&#233;es de gr&#232;ve et de manifestations massives comme au Portugal, en Espagne ou en France, jusqu'&#224; de v&#233;ritables explosions de col&#232;re comme en Gr&#232;ce. Gouvernement de gauche ou de droite, partout la m&#234;me politique offensive contre le monde du travail. La pr&#233;sidence socialiste de Dominique Strauss-Kahn au FMI ne d&#233;pare pas ce tableau consensuel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le socialisme pour les riches, le capitalisme pour les pauvres&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Commission Europ&#233;enne a &#233;valu&#233; &#224; 4 589 milliards d'euros l'aide pour sauver les banques de l'Union depuis 2008, auxquels il faudrait ajouter des aides masqu&#233;es de recapitalisation dans le cadre de fusions et lesdits plans de relance. Cette g&#233;n&#233;rosit&#233; bien comprise des &#201;tats &#224; l'&#233;gard des banques et des entreprises a permis de gagner du temps, juste avant de pr&#233;senter l'addition aux classes populaires. Au premier mouvement, que l'on pourrait qualifier de &#171; socialisme pour les riches &#187; succ&#232;de de tr&#232;s pr&#232;s celui du &#171; capitalisme pour les pauvres &#187;, c'est-&#224;-dire les attaques en r&#232;gle, concert&#233;es, frontales contre la classe ouvri&#232;re. Remise en cause des contrats de travail, des protections sociales, augmentation de la flexibilit&#233; et des cadences, baisse nette des salaires et des pensions, restrictions des droits de gr&#232;ve, durcissement policier et juridique. En un mot, aggravation de l'exploitation. Un pays souvent cit&#233; en exemple pour sa comp&#233;titivit&#233;, l'Allemagne, a vu en moins de cinq ans une croissance d'un million suppl&#233;mentaire d'emplois pr&#233;caires, avec plus de 5 millions de travailleurs pay&#233;s 400 euros &#224; temps partiel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Avec ou sans euro, les m&#234;mes politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fonction de l'euro &#233;tait de permettre aux grandes multinationales europ&#233;ennes de jouer dans l'ar&#232;ne de la comp&#233;tition du march&#233; mondial, en cr&#233;ant une zone de libre-&#233;change, un bloc commercial. Les grands sp&#233;culateurs financiers y ont vu la possibilit&#233; de jouer la crise. Les travailleurs grecs en firent les frais les premiers, suivis des Irlandais, des Espagnols. Le plan n&#233;goci&#233; par le gouvernement socialiste grec, l'Union Europ&#233;enne, la Banque Centrale Europ&#233;enne, et le FMI annonce le menu pour les suivants (voir notre article sur la Gr&#232;ce). Pour les pays pauvres hors de la zone euro la situation est pire encore : en Roumanie les salaires de la fonction publique baissent de 25 %, les retraites de 15 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'existence de l'euro ne prot&#232;ge pas les travailleurs de la crise, son absence n'en procure aucun b&#233;n&#233;fice. Le Royaume-Uni subit le pire plan de rigueur depuis la Seconde Guerre mondiale, &#224; faire p&#226;lir Madame Thatcher (voir notre article sur la Grande-Bretagne). Simple illustration parmi toutes les autres mesures, les aides au logement vont baisser au point que le maire de Londres, pourtant tr&#232;s &#224; droite, a pu dire avant de se r&#233;tracter qu'il craignait une expulsion des plus pauvres, &#171; un nettoyage social &#224; la Kosovo &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures d'aust&#233;rit&#233; n'ont pas pour but de r&#233;ussir &#224; sauver le syst&#232;me dans son ensemble, mais visent &#224; redynamiser les seuls secteurs jug&#233;s rentables, quitte &#224; mettre &#224; la rue et d&#233;sesp&#233;rer une large fraction du prol&#233;tariat, avant qu'il n'en vienne &#224; la solution r&#233;volutionnaire, comme en Tunisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quelques articles de ce dossier sur les r&#233;actions populaires en Italie, Espagne, Gr&#232;ce, Portugal et Grande Bretagne, bien loin de relater toutes les r&#233;actions des travailleurs europ&#233;ens, y compris dans les pays de l'Est, donnent une id&#233;e des possibilit&#233;s et des t&#226;ches &#224; court terme du mouvement ouvrier. Reste au prol&#233;tariat &#224; rassembler ses forces, &#224; s'&#233;manciper des bureaucraties politiques et syndicales qui accompagnent peu ou prou les mesures gouvernementales et &#224; s'organiser pour une v&#233;ritable contre-offensive&#8230; r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tristan KATZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> &#192; lire
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/A-lire-2218</link>
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		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Livre
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		<description>ROMANS Leonardo Padura L'homme qui aimait les chiens 671 pages, 24 &#8364;. &lt;br /&gt;Tous les romans de Padura sont publi&#233;s par les &#233;ditions M&#233;taili&#233;. L'auteur cubain Leonardo Padura est connu pour ses romans policiers qui ont notamment le m&#233;rite de nous faire d&#233;couvrir la soci&#233;t&#233; cubaine, au-del&#224; des clich&#233;s. Cette fois, il s'est attaqu&#233; &#224; une &#339;uvre beaucoup plus ambitieuse : retranscrire les destins parall&#232;les de Trotsky et de son assassin Ram&#243;n Mercader, depuis l'exil forc&#233; de Trotsky &#224; Alma&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-73-janvier-fevrier-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 73, janvier-f&#233;vrier 2011
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Livre-+" rel="tag"&gt;Livre
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;ROMANS&lt;/h2&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Leonardo Padura&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;em&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme qui aimait les chiens&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;671 pages, 24 &#8364;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tous les romans de Padura sont publi&#233;s par les &#233;ditions M&#233;taili&#233;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;L'auteur cubain Leonardo Padura est connu pour ses romans policiers qui ont notamment le m&#233;rite de nous faire d&#233;couvrir la soci&#233;t&#233; cubaine, au-del&#224; des clich&#233;s. Cette fois, il s'est attaqu&#233; &#224; une &#339;uvre beaucoup plus ambitieuse : retranscrire les destins parall&#232;les de Trotsky et de son assassin Ram&#243;n Mercader, depuis l'exil forc&#233; de Trotsky &#224; Alma Ata et son expulsion vers la Turquie en 1928, &#224; la mort de Mercader &#224; Cuba en 1978. Padura prend pour fil conducteur un narrateur, personnage imaginaire qui aurait rencontr&#233; Mercader &#224; Cuba et recueilli ses confidences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie consacr&#233;e &#224; Trotsky est certes fouill&#233;e, mais elle apprendra peu de choses &#224; ceux qui ont lu les diff&#233;rentes biographies, en particulier celle d'Isaac Deutscher &#224; laquelle Padura fait &#224; deux reprises r&#233;f&#233;rence. Le romancier cubain s'en est visiblement inspir&#233; dans la mesure o&#249; il s'efforce de p&#233;n&#233;trer avec plus ou moins de succ&#232;s dans les pens&#233;es intimes de Trotsky. Il lui pr&#234;te d'ailleurs parfois des r&#233;flexions qui entrent plus ou moins en contradiction avec les positions qu'il a d&#233;fendues tout au long de sa vie, par exemple sur le drame de Kronstadt. La partie d&#233;di&#233;e &#224; Mercader est plus originale dans la mesure o&#249; l'itin&#233;raire de ce jeune militant communiste espagnol qui accepta ce r&#244;le de tueur par fid&#233;lit&#233; au stalinisme est assez peu connue. Padura, qui ne se pr&#233;sente pas comme historien, semble avoir pris quelques libert&#233;s avec les faits : ainsi, il imagine Mercader suivant une formation d'espion-tueur &#224; la James Bond en URSS, alors que, du moins d'apr&#232;s le t&#233;moignage de son fr&#232;re Luis, Mercader n'y avait jamais mis les pieds avant de sortir de la prison mexicaine o&#249; il fut enferm&#233; vingt ans. Souffrant du climat (dans tous les sens du terme) qui r&#233;gnait en URSS, en d&#233;pit des honneurs et menus privil&#232;ges dont ses patrons le gratifi&#232;rent &#224; sa lib&#233;ration, il partit quelques ann&#233;es plus tard pour Cuba. Selon Padura, il aurait m&#234;me compt&#233; parmi les conseillers de Castro, ce qui reste difficile &#224; v&#233;rifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit d'une interpr&#233;tation parfois hasardeuse des faits historiques et de simplifications souvent abusives des positions qu'il pr&#234;te &#224; Trotsky, ce gros roman ne manque pas de souffle et nous fait vivre toute une p&#233;riode de combats et de destins tragiques dans le contexte des d&#233;faites successives du mouvement ouvrier et d'isolement de la poign&#233;e de r&#233;volutionnaires trotskystes rest&#233;s fid&#232;les &#224; l'id&#233;al bolchevik. N&#233;anmoins Padura n'est pas ici aussi &#224; l'aise, vivant et truculent que dans ses meilleurs polars, tels &lt;em&gt;Electre &#224; la Havane, Pass&#233; parfait &lt;/em&gt;ou &lt;em&gt;Les brumes du pass&#233;&#8230; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#61472;Georges RIVIERE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Une BD et les livres du m&#234;me auteur sur la classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine&lt;/h2&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Studs Terkel&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Working &#8211; une adaptation graphique.&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;223 pages, 22 euros.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; Working &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;2006, 496 pages, 22 euros.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; Hard Times &#8211; Histoires orales de la Grande D&#233;pression&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;2009, 640 pages, 27 euros.&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; La Bonne Guerre &#187; &#8211; Histoires orales de la Seconde Guerre mondiale &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;2006, 384 pages, 19 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces quatre livres ont &#233;t&#233; publi&#233;s par les Editions Amsterdam.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Animateur d'une &#233;mission de&lt;br class='autobr' /&gt;
radio &#8211; le maccarthisme l'avait&lt;br class='autobr' /&gt;
chass&#233; de la t&#233;l&#233;vision &#8211; quotidienne tr&#232;s populaire de Chicago,&lt;br class='autobr' /&gt;
Studs Terkel &#233;tait l'un des rares &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
tendre son micro vers les simples&lt;br class='autobr' /&gt;
salari&#233;s, les ch&#244;meurs, les victimes de la s&#233;gr&#233;gation raciale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, tous ceux auxquels plus r&#233;cemment l'historien Howard Zinn&lt;br class='autobr' /&gt;
a consacr&#233; son &lt;em&gt;Histoire Populaire&lt;br class='autobr' /&gt;
des &#201;tats-Unis&lt;/em&gt;. Ces entretiens&lt;br class='autobr' /&gt;
nourrissaient au d&#233;part les &#233;missions de l'auteur. Il finit par en faire des livres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Initialement, &lt;em&gt;Working&lt;/em&gt; est compos&#233; de 70 r&#233;cits de salari&#233;s am&#233;ricains exer&#231;ant les m&#233;tiers les plus&lt;br class='autobr' /&gt;
divers, de l'acteur &#224; la serveuse en&lt;br class='autobr' /&gt;
passant par l'ouvrier agricole ou la&lt;br class='autobr' /&gt;
prostitu&#233;e. Terkel s'efface et laisse&lt;br class='autobr' /&gt;
ses interlocuteurs raconter leur&lt;br class='autobr' /&gt;
travail, sa difficult&#233;, ce qu'il leur&lt;br class='autobr' /&gt;
apporte et combien il les fait souffrir. Une s&#233;lection de 27 de ces t&#233;moignages a &#233;t&#233; adapt&#233;e en BD&lt;br class='autobr' /&gt;
par une vingtaine de dessinateurs&lt;br class='autobr' /&gt;
et sc&#233;naristes, dont une bonne partie sont connus outre-atlantique&lt;br class='autobr' /&gt;
pour leur engagement contestataire. Chacun &#224; sa fa&#231;on illustre de&lt;br class='autobr' /&gt;
fa&#231;on vivante une r&#233;alit&#233; aux antipodes du &#171; r&#234;ve am&#233;ricain &#187;, faite&lt;br class='autobr' /&gt;
d'exploitation, d'humiliation, et&lt;br class='autobr' /&gt;
parfois de r&#233;volte. Ceux que&lt;em&gt; Working &#8211; une adaptation graphique&lt;/em&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
laissera sur leur faim peuvent se&lt;br class='autobr' /&gt;
tourner vers l'original. Ils trouveront aussi dans &lt;em&gt;Hard Times&lt;/em&gt;, et &lt;em&gt;La&lt;br class='autobr' /&gt;
Bonne Guerre&lt;/em&gt;, un contre-point int&#233;ressant &#224; l'histoire am&#233;ricaine&lt;br class='autobr' /&gt;
officielle des ann&#233;es 30 et 40.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mathieu PARANT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;ESSAIS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une lecture sans effets secondaires : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Ir&#232;ne Frachon&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Mediator, 150 mg&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Editions-dialogues.fr, Collection &lt;em&gt;Nouvelles ouvertures&lt;/em&gt;, 3 juin 2010, 152 pages, 15,90 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Le laboratoire Servier ayant obtenu du tribunal qu'une premi&#232;re version du livre &lt;em&gt;M&#233;diator. Combien de morts ? &lt;/em&gt;soit censur&#233;e, c'est avec le sous-titre moins accrocheur que l'on peut se procurer &lt;em&gt;M&#233;diator. 150 mg&lt;/em&gt;, petit thriller m&#233;dical qui nous plonge dans les arcanes des autorit&#233;s de contr&#244;le des m&#233;dicaments, des conflits d'int&#233;r&#234;ts et du lobbying de l'industrie pharmaceutique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre clair et concis raconte le combat d'Ir&#232;ne Frachon, pneumologue de Brest, qui se bat depuis 1997 pour faire retirer du march&#233; le benfluorex, principe actif du M&#233;diator, prescrit officiellement comme adjuvant pour l'ob&#233;sit&#233; chez les diab&#233;tiques, et officieusement comme coupe-faim pour tous ceux qui souhaitent perdre quelques kilos. Mise sur le march&#233; en 1976, la mol&#233;cule serait &#224; l'origine de 500 &#224; 2 000 morts. Au fil des pages, d'autopsies en &#233;tudes de cas cliniques, on suit la lente d&#233;couverte de la toxicit&#233; de la mol&#233;cule, d&#233;riv&#233;e des amph&#233;tamines, qui provoque une d&#233;formation grave des valves du c&#339;ur. En menant son enqu&#234;te, Ir&#232;ne Frachon finit par comprendre que le benflluorex est la seule mol&#233;cule de sa classe pharmacologique &#224; ne pas avoir &#233;t&#233; interdite par les autorit&#233;s de sant&#233;. Et qu'elle doit sa longue carri&#232;re d'empoisonneuse impunie &#224; l'habilet&#233; et &#224; la t&#233;nacit&#233; du laboratoire Servier. En manipulant l'information scientifique, les &#233;quipes du labo ont r&#233;ussi pendant des ann&#233;es &#224; faire oublier qu'il s'agissait non pas d'un anti-diab&#233;tique mais d'un anorexig&#232;ne qui, une fois ing&#233;r&#233;, produisait un m&#233;tabolite actif, la norfenfluramine &#8211; bien connue pour ses effets toxiques &#224; l&#8216;origine du retrait du march&#233; de nombreuses mol&#233;cules, dont l'Isom&#233;ride, anc&#234;tre du M&#233;diator, commercialis&#233; aussi par Servier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre se lit facilement et donne un aper&#231;u des liens tenaces entre l'&#201;tat, charg&#233; du contr&#244;le du m&#233;dicament, et les laboratoires pharmaceutiques qui fa&#231;onnent l'opinion m&#233;dicale par le biais de leaders scientifiques sous leur influence. On s'&#233;tonne tout autant de l'horreur quotidienne qu'ils impliquent que du courage et de la na&#239;vet&#233; de celle qui les d&#233;voile avec quelques soutiens rencontr&#233;s en chemin, face &#224; une bureaucratie inf&#233;od&#233;e de longue date aux puissants industriels du m&#233;dicament.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#61472;Lucas BRUGHEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Marc Roche&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;La Banque&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Editions Albin Michel, 2010, 320 pages, 19,50 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t du livre de Marc Roche, correspondant au journal &lt;em&gt;Le Monde,&lt;/em&gt; est de montrer l'interp&#233;n&#233;tration &#233;troite et constante des milieux dirigeants de Goldman Sachs, la plus grande banque du monde, et des gouvernements ou des principales institutions politiques &#8212; et leur connivence pour faire payer la crise aux salari&#233;s. Ainsi Henri Paulson, ancien pr&#233;sident de Goldman Sachs, est-il devenu le secr&#233;taire au Tr&#233;sor de George W. Bush ; l'actuel secr&#233;taire au Tr&#233;sor d'Obama a embauch&#233; un lobbyiste de la banque comme directeur de cabinet. L'homme de gauche, Romano Prodi, a travaill&#233; deux fois pendant plusieurs ann&#233;es pour Goldman Sachs et Tito Mbowni, ancien ministre du Travail de Nelson Mandela, avait effectu&#233; un stage chez Goldman Sachs. Bref, le livre de Marc Roche illustre de fa&#231;on convaincante que les &#201;tats sont bien les &#171; conseils d'administration de la bourgeoisie &#187;, comme l'affirmait Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#61472;Charles BOSCO&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;HISTOIRE&lt;/h2&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Loez&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;14-18. Les refus de la guerre. Une histoire des mutins&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Paris, coll. Folio histoire, 2010, 690 pages, 12,50 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutionnaires n'ont pas attendu ce livre pour analyser les mutineries de 1917 comme la &#171; gr&#232;ve aux arm&#233;es &#187; &#224; laquelle les paroles de l'&lt;em&gt;Internationale&lt;/em&gt; exhortaient les travailleurs bien avant 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi la production universitaire en revanche, il prend &#224; contrepied le point de vue dominant, la &#171; th&#233;orie du consentement &#187;. Les adeptes de celle-ci estiment que les peuples d'Europe sont mont&#233;s au front de leur plein gr&#233; et non contraints. Ils voient dans les mutineries une expression, non du refus de la guerre, mais de la fa&#231;on dont elle est men&#233;e, de son inefficacit&#233; et en fin de compte, une r&#233;affirmation... du patriotisme des soldats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loez ne se contente pas de leur opposer une autre lecture de l'ann&#233;e 1917. En prenant en compte la censure, en utilisant les lettres et les carnets de simples poilus (et non les professions de foi d'&#233;crivains patriotards), l'auteur dessine un tout autre tableau : celui, d&#232;s ao&#251;t 1914, de combattants tout sauf r&#233;sign&#233;s &#224; se faire massacrer, rusant pour &#233;viter les coups sans enfreindre trop ouvertement les r&#232;gles militaires, car la gendarmerie veille. L'ann&#233;e 1917 s'ouvre sur des paroxysmes de boucherie que les soldats supportent d'autant moins qu'on les leur a pr&#233;sent&#233;s comme le dernier effort avant la victoire. Alors se forme un &#171; halo &#187; d'indiscipline. La fermentation sociale provoque en quelques semaines des mouvements de r&#233;volte pas si spontan&#233;s que &#231;a, mais manquant terriblement de coh&#233;sion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Loez restitue tr&#232;s bien en particulier la difficult&#233; que repr&#233;sente pour les soldats la rupture de la discipline. Son analyse emprunte une partie de ses concepts &#224; la sociologie, non pour se noyer dans le monde des id&#233;es, mais pour se rapprocher au plus pr&#232;s des milliers d'anonymes qui risqu&#232;rent leur peau en d&#233;sob&#233;issant, avec l'espoir d'en finir ainsi d'une fa&#231;on ou d'une autre avec la guerre. Adapt&#233; d'une th&#232;se, ce livre est accessible non seulement aux sp&#233;cialistes ou aux amateurs d'histoire, mais aussi au grand public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.P.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Une l&#233;gislation sc&#233;l&#233;rate contre Aurore Martin : le Mandat d'arr&#234;t europ&#233;en (MAE)
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Une-legislation-scelerate-contre-Aurore-Martin-le-Mandat-d-arret-europeen-MAE</link>
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		<dc:date>2011-01-29T08:21:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>R&#233;pression
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Pays basque
</dc:subject>

		<description>Depuis la premi&#232;re quinzaine de janvier Aurore Martin, une jeune femme qui fait partie de la direction de l'organisation de la gauche nationaliste basque Batasuna, se cache dans la r&#233;gion de Saint-Jean-Pied-de-Port dont elle est originaire. Elle entend ainsi &#233;chapper au mandat d'arr&#234;t europ&#233;en lanc&#233; &#224; son encontre par l'Audience nationale d'Espagne (une des plus hautes juridictions du pays), mandat qui a &#233;t&#233; valid&#233; par la Cour d'appel de Pau puis par la Cour de Cassation. &lt;br /&gt;Que lui&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-73-janvier-fevrier-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 73, janvier-f&#233;vrier 2011
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Pays-basque-+" rel="tag"&gt;Pays basque
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis la premi&#232;re quinzaine de janvier Aurore Martin, une jeune femme qui fait partie de la direction de l'organisation de la gauche nationaliste basque Batasuna, se cache dans la r&#233;gion de Saint-Jean-Pied-de-Port dont elle est originaire. Elle entend ainsi &#233;chapper au mandat d'arr&#234;t europ&#233;en lanc&#233; &#224; son encontre par l'Audience nationale d'Espagne (une des plus hautes juridictions du pays), mandat qui a &#233;t&#233; valid&#233; par la Cour d'appel de Pau puis par la Cour de Cassation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que lui reproche-t-on ? Sa participation &#224; une conf&#233;rence de presse et &#224; trois r&#233;unions publiques tenues en territoire espagnol (&#224; Pampelune, en Navarre, et &#224; Salvatierra, en Alava) en 2006-2007 ainsi que la r&#233;daction d'un article d'opinion publi&#233; &#224; la m&#234;me &#233;poque dans le quotidien basque transfrontalier Gara. Pour ces faits, elle risque 12 ans d'incarc&#233;ration dans les prisons espagnoles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Tour de passe-passe juridique &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe de la situation est qu'Aurore Martin est de nationalit&#233; fran&#231;aise, que Batasuna est un parti interdit en Espagne mais parfaitement l&#233;gal en France, et que ce que la justice espagnole lui reproche sont en fait des d&#233;lits d'opinion qui ne peuvent, en tant que tels, faire l'objet de poursuite dans l'Hexagone. Mais le tour de passe-passe juridique, qui permet &#224; la justice espagnole de tenter de se faire remettre une ressortissante d'un autre pays dont le seul crime est de formuler ouvertement ses opinions, a pour nom &#171; mandat d'arr&#234;t europ&#233;en &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adopt&#233; par l'Union Europ&#233;enne dans la foul&#233;e des attentats du 11 septembre 2001, le mandat d'arr&#234;t europ&#233;en permet de priver le citoyen de nombre de garanties juridiques qui existaient pr&#233;c&#233;demment et qui emp&#234;chaient un &#201;tat national d'extrader ses propres ressortissants. D&#233;sormais, gr&#226;ce au MAE, on ne parle plus d'extradition mais de transf&#232;rement. La justice de l'&#201;tat sollicit&#233; ne v&#233;rifie plus la mat&#233;rialit&#233; des faits incrimin&#233;s ni si ces derniers constituent des d&#233;lits en regard de sa propre l&#233;gislation (ce qui n'est pas le cas pour Aurore Martin) mais simplement si la demande de transf&#232;rement est r&#233;dig&#233;e correctement d'un point de vue formel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des travaux pr&#233;paratoires pour d&#233;finir le dispositif du MAE, il avait &#233;t&#233; retenu par les juristes europ&#233;ens que &lt;em&gt;&#171; les personnes susceptibles de faire l'objet d'un MAE devaient remplir plusieurs conditions dont, notamment, celles d'avoir particip&#233; &#224; des actes de terrorisme, de traite d'&#234;tres humains, de corruption, de participation &#224; une organisation criminelle, de faux monnayage, d'homicide, de racisme et de x&#233;nophobie, de viol, de trafic de v&#233;hicules vol&#233;s, de fraude, y compris la fraude aux int&#233;r&#234;ts financiers communautaires &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;vidence Aurore Martin n'entre dans aucune de ces cat&#233;gories. La justice espagnole reproche &#224; Aurore non pas des propos pr&#233;cis mais simplement d'avoir pris la parole et &#233;crit en tant que porte-parole de Batasuna. D'o&#249; le syllogisme des juges espagnols : Aurore se revendique de Batasuna, Batasuna est li&#233;e &#224; l'ETA, l'ETA est coupable de terrorisme donc elle est une terroriste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Mobilisation en faveur d'Aurore Martin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'affaire a suscit&#233; un large mouvement de protestation et de manifestations en Pays Basque fran&#231;ais. Des &#233;lus, syndicalistes et militants politiques de toutes tendances ont demand&#233; l'arr&#234;t des poursuites &#224; son encontre et se sont mobilis&#233;s en sa faveur. En cette p&#233;riode de crise et d'agitation politique et sociale, il suffira &#224; un gouvernement d'invoquer une menace terroriste, r&#233;elle ou suppos&#233;e, ou des troubles &#224; l'ordre public pour justifier qu'on lui remette un militant dont l'activit&#233; le g&#234;nera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos de cette affaire des partis de gauche (PS, PCF, Parti de gauche, NPA) mais aussi le MoDem ont publiquement exprim&#233; leur inqui&#233;tude quant &#224; &lt;em&gt;&#171; l'utilisation politique du mandat d'arr&#234;t europ&#233;en &#187;&lt;/em&gt; sans se rendre compte qu'en l'esp&#232;ce il ne s'agit nullement d'une utilisation politique d'un m&#233;canisme judiciaire mais bel et bien de l'application judiciaire d'un processus politique. C'est pourquoi la seule revendication possible est de demander l'abrogation pure et simple de cette l&#233;gislation sc&#233;l&#233;rate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;o STERN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Congr&#232;s du NPA : quels enjeux ?
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Congres-du-NPA-quels-enjeux</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>NPA
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>Le NPA, on le sait, est compos&#233; de militants et adh&#233;rents rassembl&#233;s dans une m&#234;me aspiration : lutter contre les m&#233;faits du capitalisme pour se d&#233;barrasser de celui-ci. Mais divis&#233;s sur les voies et les moyens pour parvenir &#224; ce but. &lt;br /&gt;Il y a deux ans, le congr&#232;s fondateur avait surmont&#233; ambigu&#239;t&#233;s et contradictions entre tendances en polissant soigneusement quelques formulations, le &#171; socialisme du XXI&#176; si&#232;cle &#187; ou &#171; la transformation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233; &#187; par exemple,&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le NPA, on le sait, est compos&#233; de militants et adh&#233;rents rassembl&#233;s dans une m&#234;me aspiration : lutter contre les m&#233;faits du capitalisme pour se d&#233;barrasser de celui-ci. Mais divis&#233;s sur les voies et les moyens pour parvenir &#224; ce but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux ans, le congr&#232;s fondateur avait surmont&#233; ambigu&#239;t&#233;s et contradictions entre tendances en polissant soigneusement quelques formulations, le &#171; socialisme du XXI&#176; si&#232;cle &#187; ou &#171; la transformation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233; &#187; par exemple, sous lesquelles chacun a pu mettre ses conceptions particuli&#232;res. Il est certain qu'il serait bien vain de d&#233;finir pr&#233;cis&#233;ment d'avance comment et dans quelles conditions peut se produire le renversement du capitalisme ou la construction d'une soci&#233;t&#233; socialiste et communiste. Mais mettre de c&#244;t&#233; les le&#231;ons de 150 ans de mouvement ouvrier et r&#233;volutionnaire et de ses luttes, ses succ&#232;s et ses &#233;checs, pour occulter des probl&#232;mes ou des oppositions qui resurgiront de toute fa&#231;on &#224; un moment ou &#224; un autre, et pr&#233;tendre tout r&#233;inventer, sous pr&#233;texte de changement de si&#232;cle ou de transformation du capitalisme, est une tout autre m&#233;thode, dont la justification reste &#224; d&#233;montrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPA n'a &#233;videmment pas chang&#233; de nature. Ces deux ans n'ont pas donn&#233;, semble-t-il, de raisons d'abandonner analyses ou objectifs &#224; court comme &#224; long terme des uns ou des autres. Prenons en donc notre parti : il n'y a que les succ&#232;s et les &#233;checs des luttes, petites ou grandes, dans ce pays ou dans le monde, qui peut amener un parti comme le NPA, et ses multiples groupes, tendances et sensibilit&#233;s, &#224; trancher ou se convaincre de quelle voie est la bonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; certaines ambitions annonc&#233;es lors de la fondation, les enjeux du prochain congr&#232;s qui doit se tenir les 11, 12 et 13 f&#233;vrier se borneront &#224; d&#233;finir une orientation pour la p&#233;riode qui vient, qui puisse concilier les diff&#233;rentes sensibilit&#233;s sans les paralyser. Ce n'est pas rien. D'autant plus que ce congr&#232;s est aussi pour chaque militant l'occasion d'&#233;valuer plus pr&#233;cis&#233;ment dans quelle direction les diff&#233;rentes tendances entendent peser, avec quelles forces, et quelles politiques elles entendent proposer au parti, voire mener par elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun d&#233;bat essentiel ne sera donc clos par ce congr&#232;s quitte &#224; ce que le NPA continue d'appara&#238;tre toujours h&#233;t&#233;roclite dans ses activit&#233;s comme dans sa politique. Non seulement il existe souvent bien des divergences parmi les partisans de chacune des diff&#233;rentes plateformes. Mais surtout il est exclu que m&#234;me celle qui pourrait &#234;tre majoritaire &#224; elle seule, s'il y en a une, impose ses orientations aux autres, &#224; moins de vouloir se d&#233;barrasser de tendances, groupes et sensibilit&#233;s minoritaires, ce qui serait de fait sonner la fin du NPA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation, qui n'a pas que des inconv&#233;nients, est sans doute in&#233;vitable dans la premi&#232;re &#233;tape de cette tentative de regrouper jeunes et travailleurs qui aspirent &#224; une autre soci&#233;t&#233;, &#224; un moment o&#249; l'extr&#234;me gauche reste faible et morcel&#233;e (en fait morcel&#233;e parce que faible). La Fraction &lt;em&gt;L'&#201;tincelle&lt;/em&gt; entend donc continuer &#224; militer avec et dans le NPA, sans se renier mais en toute loyaut&#233; comme en toute transparence, comme nous l'expliquions dans la lettre adress&#233;e au CE et au CPN en octobre dernier que nous publions ci-contre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les le&#231;ons de l'histoire imm&#233;diate&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie pas bien entendu que nous renon&#231;ons &#224; combattre au sein du NPA comme dans l'extr&#234;me gauche toute enti&#232;re pour qu'au moins les enseignements soient tir&#233;s du bilan des deux ans &#233;coul&#233;s. Ce congr&#232;s devrait en &#234;tre l'occasion, qui se d&#233;roule quelques mois apr&#232;s la mobilisation contre la r&#233;forme des retraites en France ; au moment m&#234;me o&#249; les travailleurs, les jeunes et les pauvres de Tunisie en chassant Ben Ali ont, nous pouvons l'esp&#233;rer, donn&#233; le signal d'une v&#233;ritable r&#233;volution de l'autre c&#244;t&#233; de la M&#233;diterran&#233;e ; mais aussi &#224; quelques mois d'une ann&#233;e 2012 qui risque d'&#234;tre envahie, voire pollu&#233;e, par les seules pr&#233;occupations &#233;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections dans un pays comme la France et pour un parti comme le NPA, qui s'est constitu&#233; sur un succ&#232;s &#233;lectoral de l'extr&#234;me gauche (mais aussi sur les illusions cr&#233;&#233;es par ce succ&#232;s), peuvent &#234;tre une occasion &#224; ne pas rater. Il n'en demeure pas moins que c'est l'intervention directe des classes populaires qui seule peut &#234;tre d&#233;cisive dans la lutte des classes, pour forcer des changements sociaux ou politiques de taille et donc a fortiori imposer des d&#233;faites d&#233;cisives au capitalisme, &#224; plus forte raison le renverser. Il n'est pas question de renoncer &#224; se pr&#233;senter aux &#233;lections, quand il n'y a pas mieux &#224; faire et &#224; condition de s'en servir pour la seule d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des travailleurs et des classes populaires. Mais le r&#244;le du NPA devrait &#234;tre avant tout d'intervenir dans les luttes pour aider &#224; ce qu'elles aillent jusqu'au bout de leurs possibilit&#233;s objectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore faut-il, pour qu'il puisse remplir ce r&#244;le, que le NPA repr&#233;sente quelque chose aux yeux de ces classes populaires, ait de l'influence aupr&#232;s d'elles gr&#226;ce &#224; ses militants en leur sein. Le mouvement de septembre et octobre 2010 a malheureusement d&#233;montr&#233;, a contrario, que le NPA n'a pu jouer de r&#244;le, sauf ici ou l&#224; &#224; l'&#233;chelle locale, faute d'implantation dans les secteurs d&#233;cisifs de la classe ouvri&#232;re de l'industrie ou du salariat en g&#233;n&#233;ral. Si nous voulons changer cela, &#234;tre &#224; la hauteur de nos pr&#233;tentions, il n'y a pas d'autre moyen que de se donner comme priorit&#233; l'objectif de cette implantation dans le monde du travail, pas seulement sans doute dans les entreprises mais d'abord quand m&#234;me dans les entreprises&#8230; et d'adapter partout nos efforts et nos activit&#233;s, dans les quartiers ou dans la jeunesse, en fonction de cette priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas ce d&#233;but de la r&#233;volution en Tunisie, avec l'irruption des classes populaires sur la sc&#232;ne politique d&#233;cidant de la fin d'un r&#233;gime qui semblait in&#233;branlable, qui peut nous d&#233;mentir. Imagine-t-on la possibilit&#233; l&#224;-bas du moindre r&#244;le pour un parti r&#233;volutionnaire, ou m&#234;me simplement anticapitaliste, qui n'aura su d'abord se lier aux travailleurs et aux classes pauvres et pas aux appareils politiques ou syndicaux qui se pr&#233;tendent aujourd'hui, sinc&#232;rement ou opportun&#233;ment, d&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'autre volet de cette orientation : la n&#233;cessit&#233; de l'ind&#233;pendance r&#233;elle du NPA par rapport aux partis de gauche et aux appareils syndicaux. Et une ind&#233;pendance r&#233;elle, pas seulement proclam&#233;e. L'unit&#233; et les alliances formelles avec ces appareils sont parfois justifi&#233;es et n&#233;cessaires. Elles ne peuvent &#234;tre que dans l'action, circonstancielles, sur des points et &#224; des moments pr&#233;cis, sans engager l'avenir, m&#234;me imm&#233;diat, sur lequel ces partis n'offrent aucune garantie, et certainement pas par leurs seules d&#233;clarations d'intention. L&#224; encore ce n'est pas seulement tout le pass&#233; mais l'histoire imm&#233;diate qui nous l'enseigne. Quelle unit&#233; autre que dans l'action, dans les gr&#232;ves et dans la rue lors des journ&#233;es d'action, fallait-il pr&#233;coniser avec ou derri&#232;re les conf&#233;d&#233;rations syndicales, m&#234;me lorsque un court instant elles ont impuls&#233; le mouvement de l'automne dans le sens que souhaitaient les travailleurs ? Ou encore, aujourd'hui m&#234;me, avec ou derri&#232;re les partis ou les syndicats de l'ex-opposition tunisienne dont une bonne partie, &#224; peine Ben Ali chass&#233;, acceptent de former un gouvernement avec les b&#233;nalistes du RCD ? Heureusement que les pauvres et les jeunes Tunisiens ne semblent pas se laisser prendre &#224; la pr&#233;tendue n&#233;cessit&#233; de l'unit&#233;, m&#234;me sous pr&#233;texte de &#171; p&#233;riode de transition &#187; ou que ce serait le seul &#171; d&#233;bouch&#233; politique &#187; imaginable pour le moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces orientations sont le plus clairement exprim&#233;es dans la plateforme 2. Les militants de la Fraction &lt;em&gt;L'&#201;tincelle &lt;/em&gt;la d&#233;fendent dans les d&#233;bats pr&#233;paratoires comme au congr&#232;s lui-m&#234;me. Mais c'est avec le plus grand nombre des militants NPA, quelle que soit la plateforme &#224; laquelle aura &#233;t&#233; leur vote, qu'ils esp&#232;rent bien pouvoir contribuer &#224; les mettre en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques MORAND&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Lettre de la Fraction l'&#201;tincelle au CPN et au CE du NPA&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Chers camarades, &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; La Fraction &lt;/em&gt;L'&#201;tincelle&lt;em&gt; avait r&#233;pondu &#171; chiche &#187; &#224; l'appel &#224; construire un nouveau parti anticapitaliste lanc&#233; par la LCR. Depuis nous avons particip&#233; aux d&#233;bats relatifs &#224; la cr&#233;ation et &#224; la construction du NPA (lors du congr&#232;s de fondation par exemple), puis &#224; la discussion de ses orientations et de sa politique ces deux derni&#232;res ann&#233;es (autour de la participation aux &#233;lections europ&#233;ennes ou r&#233;gionales, autre exemple). De nombreuses contributions &#233;crites ainsi que les interventions orales de nos repr&#233;sentants observateurs au comit&#233; d'animation provisoire avant f&#233;vrier 2009 et au CPN depuis, en t&#233;moignent. Aujourd'hui la grosse majorit&#233; des militants de la Fraction est membre du NPA et appartient &#224; un de ses comit&#233;s. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; C'est donc bien &#224; juste titre que nous nous consid&#233;rons comme un courant du NPA, parmi tant d'autres. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Nous le sommes par notre participation aux d&#233;bats. Nous le sommes aussi par notre participation concr&#232;te aux activit&#233;s du NPA en direction des lieux de travail et &#224; ses interventions dans les luttes. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; La Fraction en effet, comme vous le savez, s'est donn&#233; cette orientation pour priorit&#233;. Nous pensons qu'un petit groupe se doit d'&#233;tablir des priorit&#233;s et choisir parmi toutes les t&#226;ches qui sont celles du mouvement r&#233;volutionnaire, faute de quoi il risque fort de n'en accomplir vraiment aucune. Nous pensons m&#234;me que, au point o&#249; en est le mouvement r&#233;volutionnaire dans ce pays, c'est ce mouvement tout entier qui devrait se donner cette priorit&#233; d'implantation dans les milieux prol&#233;tariens. Ainsi depuis deux ans, outre la publication de notre propre presse d'entreprise sous le titre de &lt;/em&gt;L'&#201;tincelle&lt;em&gt;, nous participons &#224; la publication de bulletins d'entreprise NPA (et m&#234;me en sommes &#224; l'origine dans un certain nombre de cas) l&#224; o&#249; nous avons rencontr&#233; d'autres camarades du NPA pr&#234;ts &#224; s'y atteler. De m&#234;me dans les luttes, petites ou grandes, o&#249; nos camarades interviennent aux c&#244;t&#233;s d'autres camarades du NPA nous nous sommes syst&#233;matiquement efforc&#233;s de coordonner cette intervention avec eux. Aujourd'hui, en plein mouvement contre la &#171; r&#233;forme &#187; des retraites, en accord sur une orientation fondamentale, en d&#233;pit parfois des nuances de d&#233;tail et de tactique, c'est &#224; l'unisson et en liaison avec les autres camarades du NPA que nous pr&#244;nons, d&#233;fendons et essayons de construire le mouvement d'ensemble et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Dressant ce bilan de deux ans et en vue du prochain congr&#232;s du parti, nous proposons donc, comme beaucoup d'entre vous nous l'avez sugg&#233;r&#233; &#224; de nombreuses reprises, que la Fraction &lt;/em&gt;L'&#201;tincelle&lt;em&gt; passe le l'&#233;tat de groupe observateur &#171; actif &#187; &#224; celui de membre &#224; part enti&#232;re du NPA, parti qui reconna&#238;t dans ses statuts le droit de tendance et de fraction. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Cette adh&#233;sion ne signifie pas adh&#233;sion automatique &#224; toute la politique et l'orientation du parti, pass&#233;e, pr&#233;sente ou &#224; venir. Mais elle signifie notre volont&#233; de participer ensemble &#224; la d&#233;finition de ses orientations et de sa politique ainsi que la volont&#233; de surmonter ensemble &#224; court ou &#224; long terme les diff&#233;rences. Et nous sommes bien conscients qu'elles sont nombreuses non seulement avec nous mais tout autant entre les diff&#233;rents groupes et courants qui composent le parti. C'est d'ailleurs normal pour un parti encore en construction et qui s'est donn&#233; pour but de rassembler tous ceux, fort divers, qui entendent se situer sous la banni&#232;re anticapitaliste. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Lors du congr&#232;s fondateur nous nous &#233;tions prononc&#233;s pour un parti s'affirmant r&#233;volutionnaire nettement et sans ambigu&#239;t&#233;. C'est toujours notre position aujourd'hui. Nous sommes ouvertement et clairement communistes r&#233;volutionnaires, marxistes, trotskystes. Mais nous sommes bien conscients de faire partie d'un NPA o&#249; se c&#244;toient r&#233;volutionnaires et r&#233;formistes radicaux, ou d'autres qui n'ont pas choisi, marxistes et non marxistes, trotskystes et non trotskystes. Nous acceptons cette situation, qui ne rend certes pas facile ni imm&#233;diate la d&#233;finition d'une politique commune, mais en sachant que, partant de la situation actuelle, seule l'exp&#233;rience des luttes et les d&#233;bats entre toutes ces tendances peuvent permettre &#224; la longue de se convaincre, d'&#233;laborer et de trancher du programme et de l'orientation qui m&#232;neront au renversement du capitalisme. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; En conclusion nous demandons l'int&#233;gration de la Fraction &lt;/em&gt;L'&#201;tincelle&lt;em&gt;, groupe communiste r&#233;volutionnaire, au sein du NPA. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &#192; l'instar de tout adh&#233;rent du parti, individuellement, ses membres appartiendront &#224; un comit&#233; du NPA (local ou, pr&#233;f&#233;rence de notre part, d'entreprise). &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Par ailleurs la Fraction maintiendra, en toute transparence vis-&#224;-vis de la direction du parti comme de ses adh&#233;rents, les structures qu'elle juge n&#233;cessaires &#224; son fonctionnement (AG, cellules, secr&#233;tariat ou bureau), ces structures &#233;tant ouvertes &#224; la direction ou aux camarades du NPA qui souhaiteraient y participer. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; La Fraction conservera la possibilit&#233; de ses expressions propres, revue politique, site internet, presse d'entreprise. Pour cette derni&#232;re l'objectif est de surmonter les diff&#233;rences politiques et organisationnelles afin de la publier &#224; terme en commun avec tous les camarades qui militent dans l'entreprise ou en sa direction. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Sans avoir d'exigence a priori en ce domaine, la Fraction pourra avoir des repr&#233;sentants dans les diff&#233;rentes instances dirigeantes, proportionnellement &#224; ses forces militantes. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Voil&#224;, chers camarades, la proposition que nous vous faisons, en esp&#233;rant une r&#233;ponse rapide et positive de votre part, surtout si, comme nous le supposons, le prochain congr&#232;s doit se prononcer. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Fraternelles salutations, &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Le 25 octobre 2010 &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Le bureau de la Fraction &lt;/em&gt;l'&#201;tincelle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Portugal : un gouvernement socialiste d&#233;test&#233;
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Portugal-un-gouvernement-socialiste-deteste</link>
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Portugal
</dc:subject>

		<description>Le 25 mars, le gouvernement portugais a fait voter &#224; l'Assembl&#233;e son plan d'aust&#233;rit&#233;, surnomm&#233; PEC (Programa de Estabilidade e Crescimento &#8211; Programme de Stabilit&#233; et de Croissance) qui pr&#233;voit de nouvelles coupes budg&#233;taires. Un plan recommand&#233; par la Banque Centrale Europ&#233;enne et approuv&#233; par seize chefs d'&#201;tat de la zone euro. R&#233;duction du budget de la sant&#233;, des prestations sociales, attaque sur les retraites (passage de 65 &#224; 67 ans). Le gouvernement socialiste de Jos&#233; Socrates&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-L-Europe-de-la-crise-Memes-attaques-memes-coleres-" rel="directory"&gt;DOSSIER : L'Europe de la crise : M&#234;mes attaques, m&#234;mes col&#232;res
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 25 mars, le gouvernement portugais a fait voter &#224; l'Assembl&#233;e son plan d'aust&#233;rit&#233;, surnomm&#233; PEC (&lt;em&gt;Programa de Estabilidade e Crescimento&lt;/em&gt; &#8211; Programme de Stabilit&#233; et de Croissance) qui pr&#233;voit de nouvelles coupes budg&#233;taires. Un plan recommand&#233; par la Banque Centrale Europ&#233;enne et approuv&#233; par seize chefs d'&#201;tat de la zone euro. R&#233;duction du budget de la sant&#233;, des prestations sociales, attaque sur les retraites (passage de 65 &#224; 67 ans). Le gouvernement socialiste de Jos&#233; Socrates n'en est pas &#224; sa premi&#232;re charrette de mesures anti-sociales. Depuis le retour de la gauche au pouvoir en 2005, il les a encha&#238;n&#233;es, &#224; l'instar de Sarkozy : remise en cause des conventions collectives, possibilit&#233; pour les patrons d'aligner les CDD sans limite, remplacement d'un seul fonctionnaire sur deux partant &#224; la retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le serrage de vis s'est accentu&#233; en 2007. La TVA est pass&#233;e de 19 % &#224; 21 %. Restructurations dans la sant&#233; publique, r&#233;ductions d'effectifs et fermetures de dispensaires dans les banlieues et les petites villes de province. Idem dans l'enseignement, avec l'allongement des horaires des professeurs et leur affectation &#224; toutes sortes de t&#226;ches administratives.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Successions de journ&#233;es de gr&#232;ve : &#171; Toute ma vie en CDD, c'est non ! &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;Mai 2007&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; : journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, dont les h&#244;pitaux et les transports, tr&#232;s mobilis&#233;s, mais aussi les travailleurs de l'usine automobile Autoeuropa de Setubal. L'un des slogans d'alors &lt;em&gt;&#171; Toute ma vie en CDD, c'est non &#187;,&lt;/em&gt; a marqu&#233; les esprits. En octobre de la m&#234;me ann&#233;e, &#224; Lisbonne, la plus grosse manifestation &#8211; plus de 200 000 manifestants &#8211; depuis la r&#233;volution des &#339;illets de 1974.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;2008 &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; : gr&#232;ves des enseignants massives, dont, au plus fort du mouvement, une manifestation de 120 000 professeurs sur les 170 000 existants. Exit la ministre de l'Education, mais les principaux sujets de m&#233;contentement persistent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;4 mars 2010&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; : gr&#232;ve de la fonction publique contre le plan d'aust&#233;rit&#233; actuel. Le secteur hospitalier, infirmiers en t&#234;te, est massivement en gr&#232;ve, apr&#232;s d&#233;j&#224; un mouvement de trois jours bien suivi en janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'annonce du nouveau plan, ce PEC plus draconien que jamais, appel &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le &lt;strong&gt; &lt;em&gt;24 novembre&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; tr&#232;s largement suivie, non seulement par les salari&#233;s des services publics mais aussi par une bonne partie de ceux des grandes entreprises du priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Appauvrissement g&#233;n&#233;ral&#8230; sauf pour les banques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces luttes se produisent dans un contexte d'appauvrissement, de peur du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233; : Smic toujours &#224; 460 euros, 10 % de ch&#244;meurs officiels dont la moiti&#233; ne touche rien, plus de 500 000 travailleurs pr&#233;caires ayant un statut &#233;quivalent &#224; celui &#171; d'auto-entrepreneur &#187; instaur&#233; par Sarkozy, qui ne cotisent ni pour l'assurance maladie ni pour la retraite le plus souvent. Deux millions de travailleurs en dessous du seuil de pauvret&#233; sur une population de 11 millions. Beaucoup reprennent le chemin de l'&#233;migration depuis une dizaine d'ann&#233;es, apr&#232;s un r&#233;pit dans les ann&#233;es 1980 et 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre les banques, Banco Espirito Santo en t&#234;te, affichent des b&#233;n&#233;fices insolents. Ils ont progress&#233; de 13 % entre 2008 et 2009 et le r&#233;sultat de la Banque Centrale a m&#234;me progress&#233; de 24 %. Les banques portugaises, certes bien moins puissantes que les banques am&#233;ricaines, anglaises ou fran&#231;aises, n'en d&#233;ploient pas moins un r&#233;seau, notamment dans les pays d'Afrique anciennement colonies du Portugal, ou au Br&#233;sil. Au moment de la crise des subprimes, elles ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'un renflouement garanti par l'&#201;tat &#224; hauteur de 20 milliards d'euros, dont 1,3 milliard &#224; fonds perdus pour couvrir les pertes frauduleuses d'une seule banque, la BPN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aubaine pour les grandes banques et les groupes capitalistes priv&#233;s : le programme de privatisation des services publics &#8211; Poste, Energie, a&#233;roport, ligne a&#233;rienne nationale&#8230;&#8211; cens&#233; rapporter 6 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations syndicales, tout en appelant &#224; des journ&#233;es de gr&#232;ve, n'en tiennent pas moins un discours sur la n&#233;cessit&#233; d'assainir les finances et de faire des sacrifices. Elles &#233;pinglent plus volontiers les augmentations et primes accord&#233;es aux cadres sup&#233;rieurs (&#224; l'occasion d'une gr&#232;ve des cheminots de la CP) ou aux pilotes de ligne, qu'elles ne mettent en avant des revendications offensives pour les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#61472;Anne HANSEN&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Espagne : La gauche &#224; l'offensive contre les travailleurs
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Espagne-La-gauche-a-l-offensive-contre-les-travailleurs</link>
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		<dc:date>2011-01-29T08:20:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Espagne
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
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		<description>L'Espagne est un des pays d'Europe les plus fortement touch&#233;s par la crise. Un taux de ch&#244;mage de pr&#232;s de 20 %, qui monte &#224; 30 % dans certaines provinces. Depuis les difficult&#233;s financi&#232;res de la Gr&#232;ce, la bourgeoisie et le gouvernement espagnols ont beau jurer que leur situation n'a rien de comparable (ils ont m&#234;me tenu &#224; apporter des fonds dans le plan de secours &#224; la Gr&#232;ce), les r&#233;formes d'aust&#233;rit&#233; annonc&#233;es en 2010 ressemblent &#224; celles prises en Gr&#232;ce ou au Portugal. On assiste&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Espagne est un des pays d'Europe les plus fortement touch&#233;s par la crise. Un taux de ch&#244;mage de pr&#232;s de 20 %, qui monte &#224; 30 % dans certaines provinces. Depuis les difficult&#233;s financi&#232;res de la Gr&#232;ce, la bourgeoisie et le gouvernement espagnols ont beau jurer que leur situation n'a rien de comparable (ils ont m&#234;me tenu &#224; apporter des fonds dans le plan de secours &#224; la Gr&#232;ce), les r&#233;formes d'aust&#233;rit&#233; annonc&#233;es en 2010 ressemblent &#224; celles prises en Gr&#232;ce ou au Portugal. On assiste &#224; une nette acc&#233;l&#233;ration des attaques gouvernementales contre le monde du travail. Offensive men&#233;e par la gauche, par ce PSOE au pouvoir depuis 2004, de l'actuel chef du gouvernement Zapatero.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;2011 : la crise est toujours l&#224;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il y a une r&#233;duction drastique du budget de l'&#201;tat : r&#233;duction des salaires des fonctionnaires, quasi gel de l'embauche publique, r&#233;ductions de budgets dans de multiples services publics. &#192; la demande du patronat, le gouvernement a mis en place en 2010 une r&#233;forme des contrats de travail, permettant entre autres d'abaisser le co&#251;t des licenciements des r&#233;cents embauch&#233;s et de faciliter les licenciements &#233;conomiques. L'ann&#233;e 2011 a aussi commenc&#233; avec la suppression du &#171; ch&#232;que b&#233;b&#233; &#187; (allocation de 2 500 &#8364; pour la naissance d'un enfant institu&#233;e par Zapatero en 2007), et celle d'une allocation de 426 &#8364; pour les ch&#244;meurs de longue dur&#233;e. La hausse annuelle du salaire minimum a &#233;t&#233; limit&#233;e &#224; 1,3 % (ce qui le porte &#224; 641 &#8364; bruts). Mais la hausse du tarif de l'&#233;lectricit&#233; est de 9,8 % ! Et pour les mois &#224; venir, vient une r&#233;forme des retraites annonc&#233;e en 2010, incluant le passage de l'&#226;ge de d&#233;part de 65 &#224; 67 ans, et des baisses importantes des pensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement socialiste amplifie les mesures anti-ouvri&#232;res&#8230; et son discr&#233;dit ! Les quelques r&#233;formes progressistes, comme la mise en place d'un droit &#224; l'IVG&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant la loi sur l'IVG de 2010, l'avortement n'&#233;tait possible dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou le mariage homosexuel, combattues avec virulence par la droite et l'Eglise, ne servent plus &#224; donner le change. Les &#233;lections au parlement catalan de novembre 2010 ont &#233;t&#233; une d&#233;route pour lui et ses alli&#233;s locaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un (petit) revirement syndical&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, il y a eu quelque infl&#233;chissement de la politique des deux plus importantes centrales, UGT et CCOO&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Union g&#233;n&#233;rale des travailleurs (UGT) est li&#233;e au PSOE depuis sa fondation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Soutiens du gouvernement jusque-l&#224;, elles ont commenc&#233; &#224; &#233;mettre des critiques et proposer des mobilisations. D&#233;but 2010, appel &#224; des manifestations contre les annonces d'aust&#233;rit&#233;. Et le 14 juin 2010, face &#224; la r&#233;forme des contrats de travail, annonce d'une journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, plac&#233;e sous le slogan &lt;em&gt;&#171; Pas ainsi &#187;&lt;/em&gt;, critiquant le manque de dialogue social, et surtout annonc&#233;e pour... le 29 septembre, date d'une journ&#233;e d'action de la CES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Espagne a connu quatre journ&#233;es de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale entre 1985 et 2002, contre le gouvernement socialiste de Gonzalez ou celui de droite de Aznar. Mais bien espac&#233;es ! Le 29 septembre 2010 &#233;tait la premi&#232;re gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale convoqu&#233;e depuis le retour au pouvoir de la gauche en 2004. Quelques mois auparavant, les dirigeants syndicaux en &#233;taient encore &#224; expliquer qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ne pourrait pas cr&#233;er d'emplois et qu'un dialogue social de qualit&#233; la rendait inutile en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs du m&#233;tro de Madrid n'ont pourtant pas attendu septembre pour se mettre en mouvement. Touch&#233;s par des r&#233;ductions de salaires dans le public, ils se sont mis en gr&#232;ve massive fin juin et d&#233;but juillet, en passant outre le service pr&#233;tendument &#171; minimum &#187; impos&#233; par le gouvernement local. Le m&#233;tro est rest&#233; paralys&#233; pendant quatre jours. Le gouvernement de la r&#233;gion de Madrid est revenu sur la baisse des salaires (avec finalement 20 &#8364; de baisse contre les 100 &#8364; initialement pr&#233;vus). Ceci dit, certains travailleurs sont encore aujourd'hui menac&#233;s de sanctions disciplinaires, voire de licenciement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des piquets de gr&#232;ve marchants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toutes les limites pos&#233;es par les centrales syndicales, la journ&#233;e du 29 septembre a &#233;t&#233; largement suivie, en particulier dans l'industrie. Des piquets de gr&#232;ve marchants ont fait le tour des villes, des commerces, des zones industrielles pour appeler les travailleurs &#224; se joindre &#224; la gr&#232;ve. Des manifestations importantes ont eu lieu dans plusieurs villes (500 000 &#224; Madrid d'apr&#232;s les syndicats). Dans les cort&#232;ges, les manifestants reliaient toutes les questions qui touchaient le monde du travail : ch&#244;mage, r&#233;formes, retraites, salaires. Mais depuis, UGT et CCOO n'ont propos&#233; pour seule suite qu'une journ&#233;e de manifestations le 18 d&#233;cembre. Des syndicats issus de la tradition anarcho-syndicaliste (CGT, CNT, Solidarit&#233; ouvri&#232;re) et la faible extr&#234;me gauche se prononcent aujourd'hui pour une nouvelle journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Des syndicats nationalistes appellent &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le 27 janvier au Pays Basque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ELA et LAB, les deux principaux syndicats nationalistes basques, avaient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ainsi qu'en Galice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les conf&#233;d&#233;rations brandissent la menace d'une nouvelle journ&#233;e, elles multiplient surtout les signes prouvant leur bonne disposition &#224; conclure un accord avec le gouvernement et avec le patronat. Et cela, alors que le gouvernement marque &#224; l'occasion d'un conflit avec les contr&#244;leurs a&#233;riens qu'il n'h&#233;sitera pas &#224; recourir &#224; la mani&#232;re forte contre les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel CHARVET&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;La mobilisation de l'arm&#233;e de l'Air contre les contr&#244;leurs a&#233;riens&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 3 d&#233;cembre dernier, le gouvernement faisait passer un d&#233;cret fourre-tout : &#224; c&#244;t&#233; de cadeaux fiscaux aux entreprises, de privatisations et de bien d'autres mesures, venait un article sur le d&#233;compte du temps de travail des contr&#244;leurs a&#233;riens (bien sup&#233;rieur en Espagne &#224; ce qu'il est dans la plupart des pays d'Europe). La p&#233;nurie de personnel fait que les contr&#244;leurs multiplient les heures suppl&#233;mentaires, et re&#231;oivent r&#233;guli&#232;rement par SMS des demandes de leur hi&#233;rarchie pour en faire de nouvelles. En excluant du compte du nombre d'heures de travail &#171; a&#233;ronautique &#187; ce qui y &#233;tait auparavant inclus (cong&#233;s maternit&#233; ou maladie, formations, d&#233;charges syndicales), le d&#233;cret autorisait donc &#224; faire encore plus d'heures. &#192; l'a&#233;roport de Saint-Jacques de Compostelle, quelques contr&#244;leurs avaient d&#233;j&#224; fait le quota l&#233;gal d'heures totales pour 2010 &#224; la fin novembre et refusaient de travailler plus, en exigeant le respect de la r&#233;glementation. En plus, le d&#233;cret pr&#233;voyait la possibilit&#233; de mise sous tutelle militaire des contr&#244;leurs civils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;couvrant la teneur de ce d&#233;cret, le jour m&#234;me dans plusieurs a&#233;roports, des contr&#244;leurs stup&#233;faits et ulc&#233;r&#233;s se sont arr&#234;t&#233;s de travailler. Ils ont fait appel &#224; une loi permettant de se retirer du travail en cas de condition physique ou psychologique non favorable. En quelques heures : arr&#234;t total de la circulation des vols dans l'espace a&#233;rien espagnol, d'autant plus spectaculaire que la direction des a&#233;roports avait anticip&#233; et annul&#233; de nombreux vols. Et le gouvernement a combattu cette gr&#232;ve sauvage par la mani&#232;re forte. Les contr&#244;leurs ont &#233;t&#233; en partie remplac&#233;s par des contr&#244;leurs militaires et les contr&#244;leurs civils ont &#233;t&#233; mis sous tutelle de l'arm&#233;e de l'Air, comme le permettait pr&#233;cis&#233;ment le d&#233;cret qui avait mis le feu aux poudres ! Pour couronner le tout, le gouvernement a d&#233;cr&#233;t&#233; l'&#233;tat d'alarme le 4 d&#233;cembre, proc&#233;dure d'exception qui n'avait jamais &#233;t&#233; utilis&#233;e en pr&#232;s de 35 ans de d&#233;mocratie ! Puis avalanche d'ouverture de dossiers disciplinaires, de menaces de proc&#232;s militaires pour &#171; s&#233;dition &#187; (les ministres faisant de la surench&#232;re sur les sanctions, &#233;voquant des peines de huit ans de prison ou la saisie des biens immobiliers des contr&#244;leurs). Le tout accompagn&#233; d'un d&#233;ferlement de propagande pr&#233;sentant les contr&#244;leurs comme des hyper privil&#233;gi&#233; ne se souciant pas des centaines de milliers de voyageurs attendant leurs avions... Face &#224; cela, les contr&#244;leurs a&#233;riens qui avaient majoritairement exprim&#233; leur col&#232;re en quittant leur poste, l'ont tous repris en moins de 48 heures. Ils sont rest&#233;s jusqu'au 15 janvier soumis aux autorit&#233;s militaires. Des centaines d'entre eux sont encore menac&#233;s de proc&#233;dures judiciaires et disciplinaires. Et le ministre de l'int&#233;rieur, nouvel homme fort du gouvernement, de d&#233;clarer : &lt;em&gt;&#171; Celui qui joue au bras de fer avec l'&#201;tat, perd &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, la privatisation des a&#233;roports est en route. Sont annonc&#233;s des plans d'automatisation des tours de contr&#244;le d'a&#233;roports les moins fr&#233;quent&#233;s, de cessions du contr&#244;le &#224; des compagnies priv&#233;es. L'hyst&#233;rie anti-contr&#244;leurs continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette op&#233;ration muscl&#233;e, le gouvernement a re&#231;u le soutien de l'UGT et des CCOO qui ont d&#233;nonc&#233; le comportement &#171; irresponsable &#187; des contr&#244;leurs et une action n'ayant rien de commun avec une gr&#232;ve. Osant m&#234;me distinguer l'attitude corporatiste des contr&#244;leurs de celle des &#171; syndicats de classe &#187; qu'ils dirigent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.C.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avant la loi sur l'IVG de 2010, l'avortement n'&#233;tait possible dans les textes que sous certaines conditions. N&#233;anmoins, en pratique, l'application de la loi &#233;tait assez lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Union g&#233;n&#233;rale des travailleurs (UGT) est li&#233;e au PSOE depuis sa fondation en 1888. Les Commissions ouvri&#232;res (CCOO) sont n&#233;es sous le franquisme dans la clandestinit&#233;, &#224; l'initiative des militants communistes. Mais cela fait plusieurs ann&#233;es que la direction des CCOO s'est &#233;loign&#233;e du PCE. Les politiques des deux syndicats sont tr&#232;s semblables.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ELA et LAB, les deux principaux syndicats nationalistes basques, avaient refus&#233; de se joindre &#224; la gr&#232;ve du 29 septembre, mais avaient appel&#233; &#224; une gr&#232;ve le 29 juin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Grande-Bretagne : Face au plan d'aust&#233;rit&#233; de Cameron, l'irruption de la jeunesse
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Grande-Bretagne-Face-au-plan-d-austerite-de-Cameron-l-irruption-de-la-jeunesse</link>
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		<dc:date>2011-01-29T08:20:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Royaume-Uni
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		<description>La fin de l'ann&#233;e 2010 a &#233;t&#233; marqu&#233;e en Grande-Bretagne par un mouvement &#233;tudiant d'une ampleur jamais vue dans ce pays depuis les ann&#233;es 1960. La raison de la col&#232;re est le rel&#232;vement des frais d'inscription &#8211; 3 300 livres (3 800 euros) &#224; 9 000 livres (plus de 10 000 euros). Pour la plupart des &#233;tudiants, en particulier les plus modestes, cela signifie avoir recours &#224; des pr&#234;ts bancaires et terminer sa scolarit&#233; avec une dette consid&#233;rable. Le 10 novembre, plus de 50 000 jeunes ont&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-L-Europe-de-la-crise-Memes-attaques-memes-coleres-" rel="directory"&gt;DOSSIER : L'Europe de la crise : M&#234;mes attaques, m&#234;mes col&#232;res
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Royaume-Uni-+" rel="tag"&gt;Royaume-Uni
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La fin de l'ann&#233;e 2010 a &#233;t&#233; marqu&#233;e en Grande-Bretagne par un mouvement &#233;tudiant d'une ampleur jamais vue dans ce pays depuis les ann&#233;es 1960. La raison de la col&#232;re est le rel&#232;vement des frais d'inscription &#8211; 3 300 livres (3 800 euros) &#224; 9 000 livres (plus de 10 000 euros). Pour la plupart des &#233;tudiants, en particulier les plus modestes, cela signifie avoir recours &#224; des pr&#234;ts bancaires et terminer sa scolarit&#233; avec une dette consid&#233;rable. Le 10 novembre, plus de 50 000 jeunes ont manifest&#233; dans les rues de Londres, occupant m&#234;me bri&#232;vement le si&#232;ge du parti conservateur du premier ministre David Cameron. Le succ&#232;s et la radicalit&#233; de cette manifestation ont surpris ses organisateurs, le NUS (syndicat &#233;tudiant) et le CUC (syndicat des enseignants du sup&#233;rieur), qui ont vite cherch&#233; &#224; se d&#233;marquer de ces &#171; d&#233;bordements &#187;. Pendant plus d'un mois, jusqu'aux cong&#233;s de fin d'ann&#233;e, c'est un v&#233;ritable mouvement qui s'est d&#233;velopp&#233; dans de nombreuses universit&#233;s britanniques. Apr&#232;s la manifestation londonienne du 10 et en vue d'une journ&#233;e nationale d'action le 24 novembre, le mouvement a commenc&#233; &#224; s'organiser sur les campus avec, notamment, la multiplication des occupations d'universit&#233;s. Malgr&#233; un certain retrait du syndicat &#233;tudiant, la journ&#233;e d'action du 24 novembre a confirm&#233; dans tout le pays le succ&#232;s initial du mouvement. Les organisateurs estiment entre 35 000 et 45 000 le nombre d'&#233;tudiants du pays impliqu&#233;s dans les diverses actions du 24 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LTYwZjVhMGYzIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgxTVRFZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MM1Z1YVhabGNuTnBkR1ZmWVc1bmJHRnBjMlV1Y0c1bkp5QjNhV1IwYUQwaU5EQXdJaUJvWldsbmFIUTlJalEyTlNJZ1lXeDBQU2NuSUM4K0Nqd3ZabWxuZFhKbFBnbzhMMlJwZGo0PSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;D&#233;veloppement de la contestation... et de la r&#233;pression&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette journ&#233;e a permis au mouvement de prendre une ampleur nationale. Elle a aussi &#233;t&#233; marqu&#233;e par la violence de la r&#233;action polici&#232;re. &#192; Whitehall &#224; Londres, 4 000 manifestants sont rest&#233;s bloqu&#233;s, encercl&#233;s par la police pendant plusieurs heures. Et les journ&#233;es d'actions suivantes, les 30 novembre, 9 et 11 d&#233;cembre, ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par le d&#233;cha&#238;nement de la r&#233;pression. Ni cela ni le vote de l'augmentation des frais d'inscription &#224; la Chambre des Communes le 9 d&#233;cembre n'ont fait faiblir la d&#233;termination. Ainsi, le jour du vote, plusieurs groupes de quelques milliers d'&#233;tudiants chacun sillonnaient le centre de Londres, jouant au chat et &#224; la souris avec une police lourdement arm&#233;e. Et si, lors de la derni&#232;re journ&#233;e d'action du 13 d&#233;cembre (essentiellement lyc&#233;enne, la plupart des universit&#233;s &#233;tant ferm&#233;es), l'&#233;moi qu'avait suscit&#233; la brutalit&#233; de la police a contraint celle-ci &#224; plus de discr&#233;tion, Cameron a annonc&#233; que si le mouvement &#233;tudiant continuait, il n'h&#233;siterait pas &#224; recourir aux canons &#224; eau contre les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la rentr&#233;e de janvier, l'agitation militante a repris sur les campus du pays en vue de la pr&#233;paration de nouvelles journ&#233;es d'action les 26 et 29 janvier. Difficile de savoir aujourd'hui si le mouvement va continuer &#224; se d&#233;velopper. Par contre, l'ampleur qu'il a prise en novembre et d&#233;cembre, la vigueur de la r&#233;action de l'&#201;tat comme la sympathie que le mouvement a suscit&#233;e chez bien des travailleurs sont significatives : ce mouvement &#233;tudiant est le reflet d'un m&#233;contentement plus g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une attaque massive contre les travailleurs britanniques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les mesures que conteste la jeunesse &#8211; augmentation des frais d'inscription ou suppression d'allocations d'&#233;tudes pour les jeunes de milieu populaire &#8211; ne sont qu'une toute petite partie d'un plan d'aust&#233;rit&#233; bien plus large. L'objectif annonc&#233; par Cameron fin octobre, sous pr&#233;texte de combattre le d&#233;ficit du budget de l'&#201;tat, est de baisser les d&#233;penses publiques de 93 milliards d'euros. Pour y arriver, il pr&#233;voit la suppression programm&#233;e de 460 000 emplois dans le public et d'au moins 500 000 dans le priv&#233; suite au d&#233;sinvestissement de l'&#201;tat. Ce plan de rigueur s'accompagne de nombreuses mesures contre les travailleurs : le recalcul &#224; la baisse des pensions de retraite et le passage &#224; la retraite &#224; 66 ans en 2020 ; des sanctions contre les ch&#244;meurs qui refuseraient des &#171; p&#233;riodes de travaux d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187; non pay&#233;es, pr&#233;tendument destin&#233;es &#224; les rendre plus &#171; employables &#187; ; ou encore la suppression d'allocations pour les &#233;tudes ou le logement. L'autre volet est l'augmentation des recettes de 38 milliards par une hausse g&#233;n&#233;rale de la TVA, et donc des prix.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;R&#233;action ouvri&#232;re et inaction syndicale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les jours qui ont suivi l'annonce de ce plan, &#224; la fin octobre, des dizaines de milliers de travailleurs ont manifest&#233; dans les principales villes du pays. Ces manifestations, comme plusieurs luttes locales (par exemple celle des travailleurs du m&#233;tro londonien) montrent qu'il existe au moins une fraction des travailleurs qui ne veut pas se laisser faire. L'ambiance est par contre bien diff&#233;rente du c&#244;t&#233; des sommets syndicaux du TUC (Trade-Union Congress) : la seule r&#233;action de la centrale &#224; l'annonce du plan de Cameron a &#233;t&#233; d'appeler &#224; une journ&#233;e d'action... le 26 mars 2011, cinq mois plus tard !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre Manche comme ailleurs, les travailleurs seraient mal avis&#233;s d'attendre de ces dirigeants l'organisation d'une riposte &#224; la hauteur des attaques. La d&#233;termination du mouvement &#233;tudiant de la fin de l'ann&#233;e pourrait les y encourager. D'autant qu'on a pu constater parmi les militants du mouvement &#233;tudiant, une certaine volont&#233; de s'adresser au monde du travail. En a t&#233;moign&#233; l'action conjointe des jeunes et des travailleurs municipaux de Lewisham au sud de Londres qui ont envahi le conseil municipal du 29 novembre qui s'appr&#234;tait &#224; voter des restrictions budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#61472;Yves LEFORT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LTYwZjVhMGYzIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgxTVRBZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MMkZ1WjJ4bGRHVnljbVV0WTJGdFpYSnZiaTV3Ym1jbklIZHBaSFJvUFNJek1EQWlJR2hsYVdkb2REMGlORGt4SWlCaGJIUTlKeWNnTHo0S1BDOW1hV2QxY21VK0Nqd3ZaR2wyUGc9PSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Gr&#232;ce : Gr&#232;ves en 2010, annonce de gr&#232;ves pour 2011
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Grece-Greves-en-2010-annonce-de-greves-pour-2011</link>
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		<dc:subject>Gr&#232;ce
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>

		<description>La semaine du 13 au 20 d&#233;cembre a &#233;t&#233; marqu&#233;e par une succession de journ&#233;es de gr&#232;ve, &#224; l'appel des syndicats du priv&#233; (GSEE) et du public (ADEDY), contre l'avalanche de mesures qui devraient &#234;tre appliqu&#233;es d&#232;s le mois de f&#233;vrier 2011. Pr&#233;tendument n&#233;cessaires pour que la Gr&#232;ce re&#231;oive en mars la quatri&#232;me tranche des 110 milliards d'euros pr&#234;t&#233;s par le FMI &#224; des taux de 5,5 %. L'ann&#233;e 2010 finissait comme elle avait commenc&#233;, par de nouvelles attaques contre les salaires, les&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La semaine du 13 au 20 d&#233;cembre a &#233;t&#233; marqu&#233;e par une succession de journ&#233;es de gr&#232;ve, &#224; l'appel des syndicats du priv&#233; (GSEE) et du public (ADEDY), contre l'avalanche de mesures qui devraient &#234;tre appliqu&#233;es d&#232;s le mois de f&#233;vrier 2011. Pr&#233;tendument n&#233;cessaires pour que la Gr&#232;ce re&#231;oive en mars la quatri&#232;me tranche des 110 milliards d'euros pr&#234;t&#233;s par le FMI &#224; des taux de 5,5 %. L'ann&#233;e 2010 finissait comme elle avait commenc&#233;, par de nouvelles attaques contre les salaires, les retraites, l'emploi. Symbole de la ruine de la ruine : l'Acropole &#233;tant souvent sans surveillance, certains s'accaparent des morceaux de marbre du Parth&#233;non !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des salari&#233;s appauvris&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2010, les mesures d'aust&#233;rit&#233; avaient d&#233;j&#224; consid&#233;rablement appauvri le monde du travail. Entre les coupes salariales, la suppression de primes, la hausse de la TVA, les salaires ont brutalement chut&#233;. La perte annuelle de revenus pour un couple de fonctionnaires est estim&#233;e &#224; 11 000 euros (20 %), pour un couple d'ouvriers dans le priv&#233; &#224; 5 %. Officiellement, le taux de ch&#244;mage atteint 12 %, soit 4 points de plus qu'il y a un an. Mais dans les anciennes r&#233;gions industrialis&#233;es du nord, il est beaucoup plus important. Il atteint 25 % &#224; Thessalonique, la deuxi&#232;me ville du pays et entre 30 et 50 % dans certaines villes comme Kozani, Kastoria, Serr&#232;s ou Naoussa. Le nouveau plan d'aust&#233;rit&#233; devrait s'abattre par l&#224;-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des petits commer&#231;ants ruin&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour maintenir la consommation face &#224; l'appauvrissement de la population, le ministre du d&#233;veloppement, Michalis Chryssohoidis, a aid&#233; les grandes entreprises en leur permettant de baisser le prix de pr&#232;s de 700 produits. La chose est bien plus difficile pour les petits commer&#231;ants. Plus de 400 petits magasins ferment chaque mois dans le pays. Mais de grandes enseignes mettent &#233;galement la cl&#233; sous la porte, comme la FNAC pourtant fra&#238;chement install&#233;e en Gr&#232;ce, ou la cha&#238;ne de supermarch&#233;s Aldi, avec 700 travailleuses et travailleurs &#224; la rue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des syndicats pas &#224; la hauteur &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la brutalit&#233; des r&#233;percussions, les directions syndicales ont appel&#233; en 2010 &#224; des journ&#233;es de gr&#232;ve. Sept journ&#233;es au total, mais des appels sans autre perspective, bref des l&#226;chers de vapeur jouant sur l'essoufflement du mouvement. Pas question pour les directions syndicales du public et du priv&#233; d'aller vers une acc&#233;l&#233;ration des rythmes de mobilisation afin que la col&#232;re des travailleurs grecs d&#233;bouche sur une riposte g&#233;n&#233;rale de tous les secteurs. Les revendications &#233;galement sont rest&#233;es floues et molles. Pas question de retrait de toutes les mesures d'aust&#233;rit&#233; entam&#233;es depuis plus d'un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stathis Anestis, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral adjoint du principal syndicat du pays, la GSEE du priv&#233;, commentait ainsi le mouvement de d&#233;cembre : &lt;em&gt;&#171; Il y a une forte participation &#224; cette gr&#232;ve. Je pense que cela va faire pression sur le gouvernement &#187; (&#8230;) &#171; Nous voulons que le gouvernement retire la derni&#232;re loi sur le travail, qui va nuire aux droits des travailleurs &#187;.&lt;/em&gt; Illusoire pression sur le gouvernement du socialiste Papandr&#233;ou. Par ailleurs, en geste de &#171; bonne volont&#233; &#187; vis-&#224;-vis des petits commer&#231;ants en difficult&#233;, les syndicats ont report&#233; la gr&#232;ve du 24 d&#233;cembre&#8230; mais c'&#233;tait davantage un geste en faveur des grandes surfaces qui r&#233;alisent &#224; cette date une grande partie de leurs b&#233;n&#233;fices. Quant au troisi&#232;me syndicat le plus important et le plus radical en paroles, PAME, tr&#232;s li&#233; au parti communiste grec KKE, il n'organise que ses propres manifestations et refuse toute mobilisation commune avec les autres conf&#233;d&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le malaise est pourtant profond. M&#234;me les pharmaciens (dont le secteur sera &#171; lib&#233;ralis&#233; &#187; et ouvert &#224; la concurrence sous pression du FMI) ont annonc&#233; des gr&#232;ves illimit&#233;es pour janvier. Idem et pour les m&#234;mes raisons pour les routiers, mais aussi&#8230; les avocats et les notaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arthur KLEIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Italie : De la col&#232;re &#233;tudiante &#224; la riposte ouvri&#232;re ?
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Italie
</dc:subject>

		<description>En Italie, comme en Grande Bretagne, c'est l'explosion de col&#232;re des &#233;tudiants qui a marqu&#233; l'automne 2010 et a &#233;t&#233; la premi&#232;re mobilisation massive contre le plan d'aust&#233;rit&#233; du gouvernement. D'octobre &#224; mi-d&#233;cembre les manifestations se sont succ&#233;d&#233;es contre les suppressions de postes et coupes budg&#233;taires, ainsi que les occupations d'universit&#233;s par les &#233;tudiants et chercheurs protestant contre leur r&#233;forme. Car la suppression de 130 000 postes d'enseignants sur 5 ans (plan de&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Italie, comme en Grande Bretagne, c'est l'explosion de col&#232;re des &#233;tudiants qui a marqu&#233; l'automne 2010 et a &#233;t&#233; la premi&#232;re mobilisation massive contre le plan d'aust&#233;rit&#233; du gouvernement. D'octobre &#224; mi-d&#233;cembre les manifestations se sont succ&#233;d&#233;es contre les suppressions de postes et coupes budg&#233;taires, ainsi que les occupations d'universit&#233;s par les &#233;tudiants et chercheurs protestant contre leur r&#233;forme. Car la suppression de 130 000 postes d'enseignants sur 5 ans (plan de suppression mis en route d&#233;j&#224; depuis 2009) est l'un des grands volets du plan d'&#233;conomies sur les d&#233;penses publiques du gouvernement italien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La jeunesse en col&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;S'y est ajout&#233; &#224; l'automne un projet de loi de r&#233;forme des universit&#233;s qui, outre les suppressions de postes, pr&#233;voit la pr&#233;carisation du statut des enseignants-chercheurs (une bonne partie d'entre eux sont d&#233;j&#224; embauch&#233;s en contrats pr&#233;caires), le salaire &#171; au m&#233;rite &#187;, et l'entr&#233;e &#171; d'experts &#187;, c'est-&#224;-dire de repr&#233;sentants du priv&#233;, dans les directions des universit&#233;s. C'est ce qui a fait d&#233;border le vase et monter &#233;tudiants et chercheurs sur les toits. Le mouvement a rassembl&#233; des centaines de milliers de jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a eu bien s&#251;r ses limites. Comme en a eues l'espoir affich&#233; par des responsables du mouvement qui, &#224; la mi d&#233;cembre lors du vote de la loi sur les universit&#233;s, esp&#233;raient se faire &#171; entendre &#187; du pr&#233;sident de la R&#233;publique Giorgio Napolitano (membre de l'ancien PCI, communiste, transform&#233; depuis en PD &#8211; Parti d&#233;mocrate). Le notable les a &#171; &#233;cout&#233;s &#187; mais s'est r&#233;fugi&#233; derri&#232;re son impuissance de pr&#233;sident r&#233;duit &#224; l'inauguration des chrysanth&#232;mes. Les illusions n'ont probablement pas manqu&#233; non plus dans le vaudeville parlementaire de la mi-d&#233;cembre o&#249; Berlusconi, l&#226;ch&#233; par son alli&#233; l'ex-n&#233;ofasciste Gianfranco Fini, risquait un vote de d&#233;fiance : les affiches &#171; Berlusconi dehors &#187; avaient fleuri sur les universit&#233;s occup&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la chambre le 14 d&#233;cembre, l'achat des quelques d&#233;put&#233;s qui lui manquait a suffi au Cavaliere pour sauver son poste. Mais ce m&#234;me jour la d&#233;fiance &#233;tait vot&#233;e par la rue dans toutes les grandes villes du pays, et notamment &#224; Rome devant le si&#232;ge de l'Assembl&#233;e nationale o&#249; des dizaines de milliers d'&#233;tudiants et de jeunes travailleurs pr&#233;caires manifestaient et affrontaient les charges de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adoption d&#233;finitive de la loi de r&#233;forme des universit&#233;s et le petit succ&#232;s de Berlusconi prolongeant son bail&#8230; &#224; la veille des vacances scolaires, ont marqu&#233; une pause de l'agitation &#233;tudiante. Mais n'ont pas eu raison de ces jeunes qui pendant des semaines ont pris leur bapt&#234;me de lutte sociale et politique et ont brandi dans leurs cort&#232;ges, &#231;a et l&#224;, quelques banderoles &#171; &#233;tudiants et travailleurs solidaires &#187;. De m&#234;me que bien des travailleurs de leur c&#244;t&#233; ont vu avec sympathie cette r&#233;volte des jeunes, et se sont joints parfois &#224; leurs cort&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Nouvelles mesures anti-ouvri&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Car le plan d'&#233;conomies de 24 milliards d'euros, adopt&#233; au printemps 2010 par le gouvernement Berlusconi et qui a suscit&#233; une journ&#233;e nationale de gr&#232;ve et manifestations de protestation le 25 juin, ne frappe pas que l'enseignement mais tous les services publics, suppressions d'emplois et gel pour 3 ans des salaires de fonctionnaires, r&#233;duction des budgets r&#233;gionaux notamment sur les d&#233;penses de transport et de sant&#233;. Il comprend d'autres mesures anti-sociales comme le report de certains d&#233;parts en retraite ou l'&#233;chelonnement des primes de d&#233;part (auparavant vers&#233;es en une seule fois tout de suite), ou encore l'aggravation des conditions requises pour l'attribution des pensions d'invalidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois d'octobre une nouvelle loi modifiait le code du travail et introduisait l'apprentissage &#224; 15 ans (abaissant l'&#226;ge de la scolarit&#233; obligatoire), un arbitrage obligatoire dans les conflits entre un salari&#233; et son patron (supprimant au premier la possibilit&#233; d'attaquer son patron en justice) et la possibilit&#233; pour les patrons d'inscrire dans les contrats d'embauche des clauses d&#233;rogeant au code du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; c&#244;t&#233; de ces attaques gouvernementales, il y a l'attaque frontale des patrons contre les travailleurs, dont le PDG de la FIAT, Sergio Marchione, s'est fait le champion, d&#233;cidant de passer carr&#233;ment outre &#224; la l&#233;gislation du travail et &#224; la reconnaissance syndicale pour ses propres usines. Jusqu'&#224; ce que la riposte ouvri&#232;re prenne le relais des r&#233;voltes &#233;tudiantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thierry FLAMAND&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64GUILL' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LTYwZjVhMGYzIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgxTVRJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MMlYxY205d0xXTnZhM1JoYVd3dGJXOXNiM1J2ZGk1d2JtY25JSGRwWkhSb1BTSTBNREFpSUdobGFXZG9kRDBpTXpFMElpQmhiSFE5SnljZ0x6NEtQQzltYVdkMWNtVStDand2WkdsMlBnPT0iPg=='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Avis de temp&#234;te sociale &#224; l'Est
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Avis-de-tempete-sociale-a-l-Est</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>

		<description>Il y a peu encore, l'Europe de l'Est, mis &#224; part la Roumanie, la Bulgarie et les pays de l'ex Yougoslavie, faisait figure de petit miracle capitaliste. Les &#233;conomistes qualifiaient les pays baltes de &#171; Tigres &#187;, parce que leur croissance rappelait celle des pays &#233;mergents d'Asie des ann&#233;es 1990. En fait, un &#171; petit miracle &#187; avec son lot de croissance des in&#233;galit&#233;s et de casse sociale. La Hongrie, la Pologne ou la Slovaquie suivaient le train. Plus dure est la chute. &lt;br /&gt;Entretemps, la&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a peu encore, l'Europe de l'Est, mis &#224; part la Roumanie, la Bulgarie et les pays de l'ex Yougoslavie, faisait figure de petit miracle capitaliste. Les &#233;conomistes qualifiaient les pays baltes de &#171; Tigres &#187;, parce que leur croissance rappelait celle des pays &#233;mergents d'Asie des ann&#233;es 1990. En fait, un &#171; petit miracle &#187; avec son lot de croissance des in&#233;galit&#233;s et de casse sociale. La Hongrie, la Pologne ou la Slovaquie suivaient le train. Plus dure est la chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretemps, la crise est pass&#233;e par l&#224;. Les PIB de tous les pays de l'Est plongent en 2009 de 3 &#224; 10 %, et m&#234;me, sur la p&#233;riode 2008-2010, de 20 % pour l'Estonie et 25 % pour la Lettonie. Seule la Pologne, moins d&#233;pendante des exportations, maintient un taux de croissance positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'automne 2008, les march&#233;s financiers augmentent en effet les taux d'int&#233;r&#234;t pour les &#201;tats situ&#233;s hors de la zone euro. Ceux-ci, juste pour boucler leurs budgets, doivent emprunter au FMI. Les &#201;tats membres de la zone euro ne sont pas plus prot&#233;g&#233;s. L'Estonie, dont la couronne &#233;tait index&#233;e sur l'euro d&#232;s avant la crise en vue de son int&#233;gration &#224; la monnaie unique, a d&#251; par exemple appliquer une politique de coupes sombres dans les budgets sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La crise devient sociale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le ch&#244;mage explose dans les pays baltes, grimpant de 4 ou 5 % de la population active &#224; 15 %. En Pologne, les plans de licenciements se sont multipli&#233;s dans les chantiers navals de Gdynia et Szczecin, chez les sous-traitants auxquels Ikea fait fabriquer ses meubles ou Chantelle sa lingerie, dans les transports, l'industrie automobile ou la t&#233;l&#233;phonie. Le taux de ch&#244;mage a bondi de 8,5 &#224; 13 % depuis septembre 2009. Ces chiffres ne tiennent pas compte du d&#233;veloppement des petits boulots : 3 millions de Polonais seraient &#171; auto-entrepreneurs &#187;, pouss&#233;s dans cette voie par la faiblesse des indemnit&#233;s de ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Baisse des salaires de 10 &#224; 40 % en Pologne, suppression du 13&lt;span class='base64GUILL' title='PHN1cCBjbGFzcz0idHlwb19leHBvc2FudHMiPg=='&gt;&lt;/span&gt;e&lt;/sup&gt; mois et gel des salaires pour les fonctionnaires hongrois, 30 &#224; 50 % de la paye des fonctionnaires lettons amput&#233;e. Les retrait&#233;s sont partout attaqu&#233;s. En Hongrie, ils doivent abandonner soit leur compl&#233;mentaire priv&#233;e soit leur retraite de base par r&#233;partition. En Lettonie, le montant de la pension baisse de 10 %. &lt;em&gt;&#171; En nous affamant, le FMI doit penser qu'on mourra plus t&#244;t &#187;&lt;/em&gt;, commente un retrait&#233; letton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coupes sombres affectent aussi les services publics. En Lettonie, 10 % des &#233;coles vont fermer et le nombre d'&#233;l&#232;ves par classe doubler, tandis que les h&#244;pitaux voient leur budget diminuer de 30 %. Le choc est partout plus violent dans les campagnes que dans les villes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'&#233;migration ou la lutte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant la crise, la jeunesse de nombre de pays de l'Est trouvait dans l'&#233;migration les perspectives d'avenir que leur pays, trop pauvre ou trop petit, ne pouvait leur offrir. Pour combler les vides laiss&#233;s par les 450 000 Lituaniens &#8211; un habitant sur 9 &#8211; partis depuis 1991, le patronat local faisait appel &#224; des Chinois. La crise en Grande-Bretagne ou en Irlande a provoqu&#233; non pas tant des retours qu'une r&#233;orientation de l'immigration vers les Pays-Bas ou le Danemark, moins touch&#233;s par le marasme &#233;conomique. Par exemple, seuls 60 000 des 2 170 000 Polonais expatri&#233;s sont revenus en Pologne. Et les gouvernements encouragent, jusque sur les posters des agences pour l'emploi, cette &#233;migration vue comme une soupape de s&#233;curit&#233; &#224; la fois &#233;conomique, gr&#226;ce &#224; l'argent envoy&#233; par les migrants &#224; leurs familles, et politique, puisqu'elle contribue &#224; limiter les risques d'embrasement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que n'&#233;migre pas qui veut. Les dipl&#244;m&#233;s sont sur-repr&#233;sent&#233;s parmi les migrants, quand bien m&#234;me ils occupent en Europe Occidentale des emplois de baby-sitter ou de plombier. Aussi les travailleurs n'ont-ils d'autre choix que de lutter. En janvier 2009, des manifestations contre l'aust&#233;rit&#233; ont d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en &#233;meutes successivement &#224; Riga, Vilnius et Sofia (capitales de Lettonie, Lituanie et Bulgarie). En ao&#251;t, l'annonce de la fermeture d'un h&#244;pital a conduit les habitants &#224; bloquer les ponts de la ville. Ces &#233;v&#233;nements marquent une rupture dans des pays baltes traditionnellement peu gr&#233;vistes. En Hongrie et en Pologne, la fin de l'ann&#233;e 2008 a &#233;t&#233; marqu&#233;e par des gr&#232;ves respectivement dans les transports (chemins de fer, a&#233;roports) et les mines. Des r&#233;actions pour l'instant pas de taille &#224; faire reculer les gouvernements, mais qui, comme dans le reste de l'Europe, annoncent peut-&#234;tre des turbulences sociales d'une toute autre ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 janvier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mathieu PARANT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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