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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Le syndicalisme face &#224; la crise
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		<dc:subject>Licenciements
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Syndicats
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		<dc:subject>Crise
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		<description>Aujourd'hui, paradoxalement, au moment o&#249; les travailleurs subissent les effets de la plus grande crise depuis 1929, o&#249; pour d&#233;fendre leurs conditions d'existence le besoin d'une organisation au plus haut niveau serait une n&#233;cessit&#233;, l'absence de r&#233;ponse des directions syndicales est flagrante. Ce n'est pas la premi&#232;re fois. Car de la naissance des syndicats comme organisations de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, mat&#233;riels et moraux des travailleurs, souvent ill&#233;gaux et pourchass&#233;s,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, paradoxalement, au moment o&#249; les travailleurs subissent les effets de la plus grande crise depuis 1929, o&#249; pour d&#233;fendre leurs conditions d'existence le besoin d'une organisation au plus haut niveau serait une n&#233;cessit&#233;, l'absence de r&#233;ponse des directions syndicales est flagrante. Ce n'est pas la premi&#232;re fois. Car de la naissance des syndicats comme organisations de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, mat&#233;riels et moraux des travailleurs, souvent ill&#233;gaux et pourchass&#233;s, aux conf&#233;d&#233;rations institutionnalis&#233;es d'aujourd'hui, subventionn&#233;es, ayant leurs places dans une flop&#233;e de commissions ou organismes de gestion (en r&#233;alit&#233; de simples strapontins &#233;jectables), le syndicalisme a bien chang&#233;. Et depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si Sarkozy, Fillon, Parisot tiennent tant &#224; faire signer, en &#233;change de concessions d&#233;risoires, par les leaders des conf&#233;d&#233;rations syndicales l'acceptation de leurs mesures anti-ouvri&#232;res, de la r&#233;forme des retraites ou de la s&#233;curit&#233; sociale aux divers plans de licenciements (surnomm&#233;s PSE, &#171; Plans de Sauvegarde de l'emploi &#187;), c'est qu'ils ont besoin de leur caution. Car les organisations syndicales sont toujours aujourd'hui dans les entreprises la forme d'organisation la plus large du monde du travail (m&#234;me si elle ne regroupe en France que 7 % de salari&#233;s), celles o&#249; se retrouvent les plus actifs des militants ouvriers. Des militants de base que les appareils forment (ou d&#233;forment) souvent peut-&#234;tre au ronron syndical, mais qui partagent les coups de col&#232;re de leurs camarades de travail et en sont m&#234;me parfois les organisateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par quels m&#233;canismes les appareils syndicaux se sont-ils transform&#233;s d'instruments de la lutte de classe en amortisseurs des luttes sociales ? Comment le patronat et l'&#201;tat, en les reconnaissant et en les l&#233;galisant, les ont-ils utilis&#233;s pour la d&#233;fense de leur syst&#232;me d'exploitation ? Mais aussi comment dans ces conditions des travailleurs peuvent-ils, et doivent-ils, continuer &#224; militer syndicalement sans se laisser entra&#238;ner sur le terrain de la collaboration de classes ? Quelle politique les militants r&#233;volutionnaires ont &#224; y d&#233;fendre ? Telles sont les questions auxquelles ce dossier se propose d'apporter quelques &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Du syndicalisme de &#171; proposition &#187; &#224; la bonbonne de gaz, un mouvement pas toujours contr&#244;lable par ses dirigeants
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		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Du-syndicalisme-de-proposition-a-la-bonbonne-de-gaz-un-mouvement-pas-toujours</link>
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		<dc:subject>Licenciements
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Les licenciements massifs qui se sont acc&#233;l&#233;r&#233;s depuis la crise financi&#232;re, le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, la baisse des salaires et du niveau de vie des travailleurs et des plus pauvres, les attaques contre tous les services publics et en particulier contre le syst&#232;me de sant&#233;, tout cela aurait m&#233;rit&#233; &#8211; et m&#233;rite toujours &#8211; une toute autre r&#233;ponse que deux journ&#233;es d'actions espac&#233;es de deux mois, entrecoup&#233;es de palabres avec le gouvernement et le patronat. D'autant que les journ&#233;es des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les licenciements massifs qui se sont acc&#233;l&#233;r&#233;s depuis la crise financi&#232;re, le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, la baisse des salaires et du niveau de vie des travailleurs et des plus pauvres, les attaques contre tous les services publics et en particulier contre le syst&#232;me de sant&#233;, tout cela aurait m&#233;rit&#233; &#8211; et m&#233;rite toujours &#8211; une toute autre r&#233;ponse que deux journ&#233;es d'actions espac&#233;es de deux mois, entrecoup&#233;es de palabres avec le gouvernement et le patronat. D'autant que les journ&#233;es des 29 janvier et 19 mars derniers, par leur succ&#232;s de participation, laissaient esp&#233;rer en une mobilisation d'ensemble pour une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e &#8211; comme en Guadeloupe ou en Martinique &#8211; montrant qu'elle &#233;tait non seulement possible mais aussi souhait&#233;e par un grand nombre de travailleurs. Mais les direction syndicales n'ont pas voulu d'un crescendo, et ni le 26 mai ni le 13 juin qui ont suivi n'ont &#233;t&#233; organis&#233;s pour &#234;tre des succ&#232;s &#8211; bien au contraire, m&#234;me si Bernard Thibault et d'autres ont le culot aujourd'hui de rejeter la responsabilit&#233; de leur &#233;chec sur la combativit&#233; insuffisante des travailleurs. En fait ces directions ont peur de tout ce qui pourrait conduire &#224; terme &#224; un mouvement d'ensemble de l'ampleur de Juin 36 ou Mai 68, perspective redout&#233;e par le gouvernement et le patronat. Un danger qu'elles se sont efforc&#233;es d'&#233;carter, au grand soulagement des hommes du pouvoir qui n'ont pas manqu&#233; de louer &#171; l'esprit de responsabilit&#233; &#187; des dirigeants des conf&#233;d&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quels buts poursuivent les directions syndicales ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'objectif des directions syndicales, celui qu'elles affichent &#8211; en particulier pour la plus influente d'entre elles, la CGT, pour ne pas parler de celui de la CFDT ou des autres &#8211; n'est pas d'aller vers une vraie gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, action que leurs repr&#233;sentants les plus en vue d&#233;signent sous l'expression m&#233;prisante de &#171; Grand soir &#187;. Il n'est m&#234;me pas de rendre plus efficace le combat de ces milliers ou dizaines de milliers de travailleurs, qui le dos au mur partout dans le pays, sont entr&#233;s en lutte les uns ind&#233;pendamment des autres contre des licenciements, des &#171; restructurations &#187; et des fermetures d'usine, dont la vague n'a pas cess&#233; de s'amplifier depuis pr&#232;s d'un an. Rien au niveau des instances dirigeantes n'a &#233;t&#233; tent&#233; pour coordonner ces luttes, additionner et donc multiplier leurs forces. Bernard Thibault dans ses r&#233;centes interventions fait la le&#231;on aux travailleurs qui, pour aborder la p&#233;riode de ch&#244;mage angoissante qui s'ouvre devant eux, r&#233;clament des indemnit&#233;s de licenciement, leur opposant que la lutte pour le maintien de l'emploi est l'objectif. Certes ! Les travailleurs qui se battent isol&#233;ment sont les premiers &#224; savoir que leurs probl&#232;mes ne seront pas r&#233;solus par l'indemnit&#233; qu'ils r&#233;ussiront &#224; arracher, quel qu'en soit le montant. Thibault ou Ch&#233;r&#232;que ne leur apprennent rien&#8230; mais surtout ne leur ouvrent aucune autre perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une r&#233;alit&#233; que face &#224; la crise du syst&#232;me, face au ch&#244;mage, la vraie et unique solution serait d'arracher le pouvoir &#233;conomique et politique &#224; la classe capitaliste qui dirige la soci&#233;t&#233; et l'entra&#238;ne &#224; sa perte, pour l'emp&#234;cher d&#233;finitivement de nuire. Une mobilisation d'ensemble pourrait &#234;tre un pas vers la prise en mains par les travailleurs de la soci&#233;t&#233; et de leur propre destin. Et elle permettrait au moins dans un premier temps de faire payer &#224; un tout autre niveau les frais de la crise au patronat. Ce qui serait un formidable encouragement pour la classe ouvri&#232;re. Mais ce n'est pas ce que visent les directions syndicales. Elles se comportent comme les garantes du maintien d'une certaine paix sociale, celles sur qui les pouvoirs actuels peuvent compter pour emp&#234;cher la confrontation entre travailleurs et patrons, en faisant croire aux premiers que les probl&#232;mes peuvent se r&#233;gler dans le cadre du syst&#232;me. Engag&#233;es sur cette voie, elles se refusent m&#234;me &#224; donner comme objectif la simple &#171; &lt;em&gt; interdiction des licenciements &lt;/em&gt; &#187;, pr&#233;f&#233;rant lui substituer, comme le proposent Thibault et la direction c&#233;g&#233;tiste, entre autres, &#171; &lt;em&gt; la d&#233;fense de l'emploi et de l'outil industriel &lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec de telles &#171; ambitions &#187;, une journ&#233;e d'action de temps en temps suffit effectivement. Cela permet de se rencontrer dans les salons avec le gouvernement ou avec le Medef. Et m&#234;me d'obtenir par exemple la promesse &#171; &lt;em&gt; d'&#233;tats g&#233;n&#233;raux de l'industrie &lt;/em&gt; &#187;, ce que Sarkozy a livr&#233; en &#171; cadeau &#187; &#224; Thibault lors de son dernier entretien &#224; l'&#201;lys&#233;e. La belle affaire ! C'&#233;tait le jour m&#234;me o&#249; &#224; Compi&#232;gne se d&#233;roulait une manifestation &#8211; en absence bien entendu du leader de la CGT &#8211; en protestation aux peines de prison requises contre des travailleurs de &#171; Continental &#187;, accus&#233;s de &#171; saccage &#187;, pour avoir refus&#233; avec tous leurs camarades d'&#234;tre jet&#233;s &#224; la rue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La rentr&#233;e qu'ils nous pr&#233;parent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re manifestation des travailleurs et sous-traitants de l'automobile, particuli&#232;rement touch&#233;s par la vague de licenciements, le 17 septembre &#224; la Bourse &#224; Paris, appel&#233;e par les f&#233;d&#233;rations CGT de la m&#233;tallurgie et de la chimie, n'aurait sans doute pas eu lieu si celles-ci ne s'&#233;taient pas senties press&#233;es de faire mine de r&#233;pondre &#224; la demande d'un certains nombre de militants ou syndicats locaux du secteur automobile. Elle n'aurait surtout pas eu sa tonalit&#233; combative si des sections syndicales, des militants et travailleurs contestataires ne s'en &#233;taient pas empar&#233;s. Avec notamment les banderoles CGT de Renault-Cl&#233;on, Citro&#235;n-Aulnay, Continental, Goodyear, New Fabris, Ford Blanquefort (pr&#232;s de Bordeaux), Freescale-Toulouse et bien d'autres, et si des militants de ces entreprises n'avaient commenc&#233; &#224; se contacter directement dans le but de coordonner leurs efforts. Car la consigne de l'appareil syndical, pour cette journ&#233;e de l'automobile, &#233;tait de n'appeler &#224; aucune gr&#232;ve, juste d'envoyer quelques d&#233;l&#233;gu&#233;s sur heures de d&#233;tachement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, six conf&#233;d&#233;rations se sont entendues &#224; la rentr&#233;e pour, dans le cadre d'une &#171; journ&#233;e mondiale &#187;, appeler &#224; nouveau le 7 octobre &#224; une action interprofessionnelle. Sans en pr&#233;ciser les modalit&#233;s, avec comme objectif un &#171; &lt;em&gt; travail d&#233;cent &lt;/em&gt; &#187;. Le 22 septembre a eu lieu une journ&#233;e &#224; la Poste contre la privatisation. Autre journ&#233;e de la CGT aussi, avec manifestation centrale &#224; Paris le 22 octobre, &#171; &lt;em&gt; pour d&#233;fendre l'emploi et l'outil industriel &lt;/em&gt; &#187;. Une fa&#231;on de para&#238;tre r&#233;pondre &#224; un certain m&#233;contentement qui monte de la base, sans toutefois s'engager davantage sur une suite. Et &#224; coup s&#251;r, plut&#244;t que de pr&#233;parer la n&#233;cessaire riposte d'ensemble, dans le but de r&#233;cup&#233;rer du terrain face &#224; la pression exerc&#233;e par des militants de base pr&#234;ts &#224; organiser la lutte en dehors des directions syndicales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 septembre 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Louis GUILBERT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_417 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L350xH276/gregene-50d0d.png?1787841834' width='350' height='276' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Le prix de la &#171; strat&#233;gie du stylo &#187;
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Syndicats
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		<description>Les syndicats ont besoin pour vivre d'un minimum de ressources financi&#232;res. Une cotisation demand&#233;e aux membres, comme pour toute association, a toujours fait partie des actes fondateurs. Pendant longtemps, c'est sur ces seules cotisations qu'ils ont v&#233;cu. Pourtant, plus l'organisation syndicale s'&#233;tend et se complexifie (unions locales, d&#233;partementales, f&#233;d&#233;rations, conf&#233;d&#233;rations, etc.) &#8211; extension et complexification d'ailleurs justifi&#233;es par la n&#233;cessit&#233; d'&#233;tablir des liens&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les syndicats ont besoin pour vivre d'un minimum de ressources financi&#232;res. Une cotisation demand&#233;e aux membres, comme pour toute association, a toujours fait partie des actes fondateurs. Pendant longtemps, c'est sur ces seules cotisations qu'ils ont v&#233;cu. Pourtant, plus l'organisation syndicale s'&#233;tend et se complexifie (unions locales, d&#233;partementales, f&#233;d&#233;rations, conf&#233;d&#233;rations, etc.) &#8211; extension et complexification d'ailleurs justifi&#233;es par la n&#233;cessit&#233; d'&#233;tablir des liens entre les usines et les secteurs &#8211;, plus le syndicat se transforme en une bureaucratie imposante &#8211; par le nombre sinon par l'efficacit&#233; &#8211; et plus ce besoin se fait sentir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en accroissant la part des ressources fournies par l'&#201;tat ou les patrons (financement direct, mais aussi attribution de locaux ou postes r&#233;mun&#233;r&#233;s dans les institutions&#8230;), jusqu'&#224; la rendre plus importante que celle venant des cotisations des travailleurs, que la bourgeoisie a trouv&#233; un des leviers pour leur int&#233;gration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce financement ne repr&#233;sente qu'une miette pour la bourgeoisie. D'une certaine mani&#232;re il ne constitue qu'une infime part des revenus qu'elle tire de l'exploitation des travailleurs et pourrait ainsi &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un juste retour des choses. Mais rendre le fonctionnement des syndicats d&#233;pendant des ressources accord&#233;es par la classe ennemie et son &#201;tat contribue puissamment &#224; les inciter &#224; la collaboration de classe, &#224; les transformer en interm&#233;diaires &#171; responsables &#187; charg&#233;s de contenir et d'amortir les mouvements des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette int&#233;gration &#171; mat&#233;rielle &#187; se fait selon des modalit&#233;s diff&#233;rentes suivant les pays. Et la France n'est pas le pays o&#249; les organisations syndicales sont les plus riches. Il n'emp&#234;che qu'elles sont, ici aussi, bien li&#233;es et d&#233;pendantes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;De nombreuses sources de financement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parmi celles-ci figurent les indemnit&#233;s du &#171; Conseil &#233;conomique, social et en&#173;vironne&#173;men&#173;tal &#187;. Des repr&#233;sentants syndicaux si&#232;gent dans cette instance, moyennant r&#233;mun&#233;ration : pour la CGT et la CFDT, ces versements repr&#233;sentent pr&#232;s d'un quart du total des cotisations. Il y a &#233;galement des conseils &#233;conomiques et sociaux dans chaque r&#233;gion et au niveau europ&#233;en, avec le m&#234;me syst&#232;me d'indemnit&#233;s.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s l'&#233;tude de Dominique Andolfatto et Dominique Labb&#233;, Sociologie des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;l&#232;vements sur les organismes paritaires sont aussi tr&#232;s importants. Au titre des organismes de formation professionnelle, chaque conf&#233;d&#233;ration a touch&#233; par exemple en 2001 plus de 4 millions d'euros, l'&#233;quivalent pour la CGT du total de la part des cotisations que les syndicats reversent &#224; leurs f&#233;d&#233;rations et conf&#233;d&#233;rations, plus que ces rentr&#233;es de cotisations pour les autres conf&#233;d&#233;rations. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les caisses de retraites compl&#233;mentaires, les caisses de S&#233;curit&#233; sociale nationales et locales (maladie, allocations familiales, ch&#244;mage), les mutuelles, contribuent au financement des &#171; partenaires sociaux &#187; qui si&#232;gent &#224; leurs conseils d'administration.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. page 63.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ajoutent &#224; ces revenus les subventions publiques. En 2005 le minist&#232;re du Travail a, par exemple, vers&#233; &#224; l'ensemble des organisations syndicales 29 millions d'euros pour financer la formation des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux, des &#233;lus du personnel et des conseillers prud'homaux. La seule CGT a ainsi re&#231;u 7,5 millions d'euros, soit 1,8 fois plus que le total des cotisations.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. page 63.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises versent aussi de nombreuses aides, directement ou par le biais du Comit&#233; d'entreprise. Les plus connues sont les ch&#232;ques syndicaux, instaur&#233;s par de grandes entreprises comme AXA ou Casino.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est loin de la CGT des origines, avant 1914, qui ne b&#233;n&#233;ficiait d'aucune aide de l'&#201;tat ni du patronat, et n'avait pour fonctionner que les cotisations de ses 300 000 syndiqu&#233;s, et le d&#233;vouement de ses militants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Du temps en abondance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;S'ajoutent &#224; ces moyens financiers les heures pay&#233;es pour effectuer le travail syndical. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux disposent l&#233;galement de 20 heures par mois, mais dans les grandes soci&#233;t&#233;s ce contingent est souvent augment&#233; par des accords d'entreprise. Administrations et grandes entreprises accordent aussi aux syndicats un certain nombre de postes de permanents, calcul&#233;s en fonction des r&#233;sultats &#233;lectoraux et des effectifs employ&#233;s, des avantages suppl&#233;mentaires qui privil&#233;gient les instances nomm&#233;es par le syndicat par rapport &#224; celles &#233;lues par le personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diminution des effectifs militants conduit souvent au cumul des mandats. Le temps accumul&#233; et accord&#233; ainsi pour l'activit&#233; syndicale tend &#224; faire du syndicaliste un homme (ou une femme) d'appareil, un professionnel de la repr&#233;sentation, qui est moins en contact avec ses anciens coll&#232;gues de travail. Il y a encore, bien s&#251;r, des d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel qui connaissent les m&#234;mes conditions d'exploitation que leurs camarades, se font appr&#233;cier par leur combativit&#233; et n'ont pas trop de leurs heures de d&#233;l&#233;gation pour assumer le plus consciencieusement possible leur mandat. Mais ce ne sont pas ces militants qui font la politique des grandes centrales. Et ils se retrouvent bien souvent &#224; contre-courant des &#233;volutions r&#233;centes et sans vraiment de poids sur ceux qui au contraire sont mont&#233;s dans l'appareil et tiennent le syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une d&#233;pendance qui n'est pas sans cons&#233;quences, m&#234;me en-dehors des luttes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment les patrons font pression pour que ce temps qu'ils accordent aux syndicalistes soit plut&#244;t consacr&#233; &#224; des n&#233;gociations les plus diverses qu'&#224; organiser et pr&#233;parer les luttes. La plupart de ces n&#233;gociations ont lieu &#224; froid, en dehors de toute gr&#232;ve, dans la droite ligne de la politique affirm&#233;e depuis 1999 par Bernard Thibault, selon laquelle il ne faut plus avoir peur de &#171; prendre le stylo &#187; pour parapher les accords avec le patronat ou le gouvernement et passer d'un syndicalisme de contestation &#224; un syndicalisme de proposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau national, ces derniers temps, ces n&#233;gociations se sont multipli&#233;es (d&#233;rogations aux 35 heures, soi-disant &#171; modernisation du march&#233; du travail &#187;, etc.) dont gouvernement et patronat fixent le contenu des discussions et l'agenda. La propension &#224; signer est tr&#232;s &#233;lev&#233;e pour la CFDT, qui signe les trois quarts des accords nationaux, FO (72 %), la CGC et la CFTC (69 %). La CGT reste encore en retrait, mais pour combien de temps ? Elle a en effet d&#233;j&#224; sign&#233; 35 % de ces textes, ce qui repr&#233;sente d&#233;j&#224; trop de mauvais coups contre les travailleurs, comme l'accord de 2003 sur la formation professionnelle, un cadeau v&#233;ritable au patronat puisque la formation se fait hors des heures de travail et &#224; un co&#251;t quasiment nul pour l'entreprise ; ou celui de 2008, donnant la possibilit&#233; de d&#233;roger (&#224; la hausse) au contingent d'heures suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d&#233;j&#224; au niveau des accords d'entreprises, sur des th&#232;mes qui sont l&#224; aussi pratiquement toujours propos&#233;s par les employeurs et qui pour beaucoup accentuent la d&#233;gradation des conditions de travail ou de r&#233;mun&#233;ration, ce clivage s'efface : quand ils sont pr&#233;sents dans l'entreprise, CFDT, CGC, FO ou CFTC approuvent 90 % des textes, et la CGT, 83 %.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s Les syndicats en France , &#233;ditions de la documentation fran&#231;aise, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;pendance vis-&#224;-vis de la politique des patrons et des gouvernements, accept&#233;e par les chefs syndicaux, n'a pas que des raisons mat&#233;rielles et financi&#232;res. Elle est avant tout politique. Mais cette int&#233;gration aux rouages de l'&#201;tat, et les moyens d'existence qu'elle donne aux appareils syndicaux, &#224; une &#233;poque o&#249; le taux de syndicalisation n'est que de 7 % en France (l'un des plus bas des pays industrialis&#233;s) p&#232;se lourdement aussi sur la politique des appareils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lydie GRIMAL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_416 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L350xH357/forts-5f271.png?1788803708' width='350' height='357' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D'apr&#232;s l'&#233;tude de Dominique Andolfatto et Dominique Labb&#233;, &lt;em&gt; Sociologie des syndicats &lt;/em&gt;, &#233;ditions La D&#233;couverte, 2007, page 61.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. page 63.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. page 63.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D'apr&#232;s &lt;em&gt; Les syndicats en France &lt;/em&gt;, &#233;ditions de la documentation fran&#231;aise, 2007, chapitre sur &lt;em&gt; &#171; N&#233;gociation collective, paritarisme et d&#233;mocratie sociale &#187; &lt;/em&gt;, par Dominique Labb&#233; et Gilles Nezosi, page 130.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> Une vieille histoire
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Histoire
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		<description>La strat&#233;gie des directions syndicales face &#224; la crise, avec ses journ&#233;es d'action &#233;parpill&#233;es, a provoqu&#233; un malaise parmi toute une frange de syndicalistes de base et de travailleurs combatifs. Des syndicalistes CGT, affirmant ne plus reconna&#238;tre leur organisation, ont adress&#233; des protestations collectives &#224; leurs instances, exprimant leur incompr&#233;hension, leur m&#233;contentement, voire leur col&#232;re. C'est le cas par exemple lors d'une AG r&#233;gionale de la m&#233;tallurgie CGT dans le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Le-syndicalisme-face-a-la-crise-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Le syndicalisme face &#224; la crise
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La strat&#233;gie des directions syndicales face &#224; la crise, avec ses journ&#233;es d'action &#233;parpill&#233;es, a provoqu&#233; un malaise parmi toute une frange de syndicalistes de base et de travailleurs combatifs. Des syndicalistes CGT, affirmant ne plus reconna&#238;tre leur organisation, ont adress&#233; des protestations collectives &#224; leurs instances, exprimant leur incompr&#233;hension, leur m&#233;contentement, voire leur col&#232;re. C'est le cas par exemple lors d'une AG r&#233;gionale de la m&#233;tallurgie CGT dans le Valenciennois qui a regroup&#233; 350 militants repr&#233;sentant quelques 200 syndicats de la r&#233;gion Nord et Pas de Calais, le mercredi 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait cela fait dix ou quinze ans que ce malaise s'est fait jour dans la CGT et que des opposants expriment leur d&#233;saccord avec leur direction ou la fa&#231;on dont elle se comporte dans les luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, lors de la gr&#232;ve des cheminots d'octobre-novembre 2007 pour d&#233;fendre leur r&#233;gime sp&#233;cial de retraites, lorsque avant m&#234;me le d&#233;clenchement du mouvement Bernard Thibault montre la volont&#233; des dirigeants de la CGT de n&#233;gocier &#224; tout prix en acceptant de dissocier les salari&#233;s de la RATP de ceux de la SNCF, puis quelques jours plus tard le principe d'&#171; harmonisation &#187;, c'est-&#224;-dire l'alignement sur le r&#233;gime g&#233;n&#233;ral. Une main tendue au gouvernement qui reste en travers de la gorge de nombreux militants !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme reste dans la gorge l'attitude des conf&#233;d&#233;rations lors des mouvements de mai-juin 2003, d&#233;j&#224; pour la d&#233;fense des retraites, d&#233;but&#233;s par les enseignants d&#233;but avril, &#233;tendus progressivement dans tout le pays, obligeant les syndicats &#224; organiser une journ&#233;e d'action interprofessionnelle le 13 mai, o&#249; plus d'un million de personnes se retrouvent dans les rues. Le soir m&#234;me la CFDT endosse ouvertement le costume du tra&#238;tre, en signant un accord avec le gouvernement ent&#233;rinant la casse des retraites du public &#8211; hors r&#233;gimes sp&#233;ciaux, afin de dissocier les cheminots du reste des salari&#233;s du public &#8211; en &#233;change de concessions insignifiantes. Mais &#224; peine de nombreux syndicalistes CFDT ont-ils pris soin de se d&#233;solidariser de leur leader, que c'est au tour de ceux de la CGT de prendre une claque des leurs qui combattent la reconduction du mouvement dans les gares, d&#233;p&#244;ts et ateliers o&#249; les gr&#233;vistes r&#233;unis en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale l'ont vot&#233;e. Didier Le Reste, secr&#233;taire de la CGT-SNCF, ira m&#234;me alors jusqu'&#224; assurer le 15 mai qu'il pr&#233;voit des mouvements reconductibles&#8230;&#171; vers d&#233;but juin &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collaboration entre les directions syndicales, le patronat et l'&#201;tat ne date cependant pas de cinq, dix ou quinze ans. M&#234;me s'il subsiste dans l'esprit de nombre de militants syndicalistes aujourd'hui critiques, une nostalgie d'une p&#233;riode mythique o&#249; le PCF et la CGT auraient &#233;t&#233; d'une combativit&#233; ouvri&#232;re exemplaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute depuis deux ou trois d&#233;cennies, et encore plus sp&#233;cialement sous la direction de Bernard Thibault, la CGT s'est&#8211;elle engag&#233;e encore plus r&#233;solument dans la collaboration gouvernementale et patronale, faisant pendant en quelque sorte au cours de plus en plus &#224; droite de la CFDT avec Nicole Notat puis Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que. Mais une &#233;tude critique de l'attitude de la CGT dans un pass&#233; plus lointain, en mai 1968, sur la p&#233;riode de l'apr&#232;s-guerre ou m&#234;me lors de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de juin 1936, montre que dans ces p&#233;riodes de crise, et alors que le pouvoir de la bourgeoisie semblait fragilis&#233;, les syndicats ont jou&#233; un r&#244;le de roue de secours d&#233;cisif. Un bref rappel, quitte &#224; remonter le temps, de ces quelques &#233;v&#232;nements semble donc utile pour aider &#224; la discussion des t&#226;ches et de la politique &#224; mener aujourd'hui dans les syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;En 1968 : noyer la gr&#232;ve dans les urnes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement &#233;clate dans les premi&#232;res usines sous l'impulsion de travailleurs du rang, souvent des jeunes, en plusieurs points du territoire (Sud Aviation &#224; Nantes, Renault Cl&#233;on, et d'autres suivront), la CGT se donne les moyens d'en prendre les r&#234;nes en l'&#233;tendant jusqu'&#224; en faire une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, mais pour le verrouiller. Un responsable CGT explique ainsi que les comit&#233;s de gr&#232;ve, &lt;em&gt; &#171; c'&#233;tait bien &lt;/em&gt;[en juin 36]&lt;em&gt; peut-&#234;tre. En mai-juin 68, (&#8230;) l&#224; o&#249; &#231;a s'est pass&#233;, il y a eu la panique. (&#8230;) C'est pas pensable que des gars qui arrivent tout neufs puissent diriger la gr&#232;ve &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T&#233;moignage de B. S., responsable de l'UL CGT de Saint-Fons, cit&#233; par Xavier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La CGT fait occuper les usines par ses seuls militants, ne convoque le plus souvent les ouvriers qu'&#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale et emp&#234;che les contacts avec les &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression &#171; Grenelle &#187; signifie aujourd'hui pour certains &#171; remise &#224; plat &#187;, voire &#171; conqu&#234;tes sociales &#187;. Le 27 mai 1968, les travailleurs y voient plut&#244;t la &#171; trahison &#187;. Le chef de la CGT Georges S&#233;guy est conspu&#233;. Et pas seulement &#224; Renault Billancourt : les RG de Valenciennes notent qu'&lt;em&gt; &#171; une mar&#233;e de nervosit&#233; et d'acrimonie monte dans les usines &#187; &lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Xavier VIGNA, op. cit., page 58.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En fait, le butin pour 4 semaines de gr&#232;ve est bien maigre. L'augmentation des salaires n'est importante que pour les smicards, le temps de travail reste quasiment inchang&#233; &#224; plus de 40 heures, et les d&#233;crets attaquant la S&#233;cu dont les syndicats demandaient l'abroga&#173;tion avant mai sont maintenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, d&#232;s le 15 mai la CGT avait appel&#233; &#224; la constitution d'un &#171; gouvernement populaire &#187;, et le 19 mai avec le PC &#224; un &#171; programme commun &#187; de la gauche. La CFDT, quant &#224; elle, se donnait des airs plus radicaux en parlant d'&#171; autogestion &#187;, mais dans un sens signifiant autant sinon plus &#171; droit de regard des syndicats dans la marche de l'entreprise &#187; que &#171; pouvoir des travailleurs &#187;, avant de ressortir de la naphtaline le vieux politicien Mend&#232;s-France pour contrer le PC. Les syndicats contribu&#232;rent ainsi &#224; dissoudre la gr&#232;ve dans les urnes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;1945 : la Reconstruction&#8230; des profits&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la Lib&#233;ration, la CGT esp&#232;re jouer un r&#244;le accru dans la gestion de la soci&#233;t&#233;, notamment les caisses de la S&#233;curit&#233; Sociale. Elle donne des gages &#224; la bourgeoisie, en adoptant &#224; la suite du PC, qui participe au gouvernement, le mot d'ordre &lt;em&gt; &#171; Produire d'abord, revendiquer ensuite &#187; &lt;/em&gt; ou encore &lt;em&gt; &#171; la gr&#232;ve c'est l'arme des trusts &#187; &lt;/em&gt;. Maurice Thorez invite la classe ouvri&#232;re &#224; &lt;em&gt; &#171; retrousser les manches &#187; &lt;/em&gt; pour relever l'&#233;conomie du pays, se gardant bien de pr&#233;ciser au profit de quelle classe sociale. Dans le m&#234;me temps, la CGT accepte de fait le maintien des 48 heures hebdomadaires et revendique une augmentation des salaires ne rattrapant que la moiti&#233; de l'inflation depuis 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle contient une col&#232;re ouvri&#232;re profonde. En t&#233;moignent les gr&#232;ves auxquelles le syndicat a tent&#233; de s'opposer, comme celle des rotativistes de la presse parisienne ou la gr&#232;ve Renault-Billancourt d'avril-mai 1947&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lutte Ouvri&#232;re vient de r&#233;&#233;diter le texte de Pierre Bois sur cette gr&#232;ve (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'organisation de manifestations populaires massives n'est l&#224; que pour masquer une politique anti-gr&#232;ve : &#224; Cherbourg par exemple (alors 65 000 habitants), 20 000 personnes d&#233;filent en mai 1946 contre la hausse des prix, tandis que les d&#233;l&#233;gu&#233;s CGT se d&#233;m&#232;nent dans l'arsenal&#8230; pour &#233;touffer les d&#233;parts de gr&#232;ve sauvage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la guerre froide la CGT derri&#232;re le PC entre certes dans une opposition d'autant plus violente qu'elle cherche &#224; faire oublier son attitude pr&#233;c&#233;dente. Ce sont par exemple les gr&#232;ves de 1947-48 dans les mines du Nord, o&#249; les CRS sous les ordres du ministre de l'Int&#233;rieur socialiste Jules Moch investissent les corons ; ou encore les mobilisations contre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain (en particulier contre &#171; Ridgway la Peste &#187; en 1952&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;n&#233;ral am&#233;ricain nomm&#233; &#224; la t&#234;te des forces alli&#233;es en Europe (sous l'&#233;gide (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;), qui donn&#232;rent lieu &#224; une s&#233;v&#232;re r&#233;pression polici&#232;re et co&#251;t&#232;rent cher en licenciements de militants. Ces luttes, radicales en apparence, confinent m&#234;me dans bien des cas &#224; de l'aventurisme mais ne servent pas vraiment &#224; f&#233;d&#233;rer la col&#232;re ouvri&#232;re en un vaste mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;1936 : &#171; ramener dans son lit le torrent &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon l'expression de Daniel Gu&#233;rin &#224; propos de juin 36, &#171; Front Populaire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ouvrier qui d&#233;borde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Juin 36, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale a &#233;clat&#233; sous la conduite ou avec le concours de militants de la CGT, m&#234;me si la centrale n'a &#224; aucun moment lanc&#233; d'appel en ce sens. Mais les accords de Matignon entre le patronat et la CGT sous l'&#233;gide du premier ministre socialiste L&#233;on Blum, en date du 7 juin, pour substantiels qu'ils paraissent aujourd'hui, semblent alors &#224; bon nombre de gr&#233;vistes au-dessous des possibilit&#233;s du mouvement. Le PC soutenait le &#171; gouvernement de Front Populaire &#187; sans y participer. Et si les socialistes de la SFIO d&#233;tenaient les r&#234;nes de la CGT, le PC qui avait dirig&#233; la CGTU &#8211; jusqu'&#224; la fusion en mars 1936 avec le CGT au congr&#232;s de Toulouse &#8211; y avait une influence importante. Derri&#232;re L&#233;on Blum, le n&#176;1 du PC Maurice Thorez attend 4 jours apr&#232;s les accords Matignon pour donner le coup de gr&#226;ce &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale : &lt;em&gt; &#171; Il faut savoir terminer une gr&#232;ve d&#232;s que satisfaction a &#233;t&#233; obtenue. Il faut m&#234;me savoir consentir au compromis si toutes les revendications n'ont pas &#233;t&#233; accept&#233;es &#187; &lt;/em&gt;. Vraiment ? Avant d'avoir tout fait pour v&#233;rifier si elles ne pouvaient pas l'&#234;tre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mathieu PARANT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_418 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L450xH230/evolcgt-a99c8.png?1787885860' width='450' height='230' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;T&#233;moignage de B. S., responsable de l'UL CGT de Saint-Fons, cit&#233; par Xavier VIGNA, L'insubordination ouvri&#232;re dans les ann&#233;es 68, Presses Universitaires de Rennes, 2007, page 56 .&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Xavier VIGNA, op. cit., page 58.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lutte Ouvri&#232;re vient de r&#233;&#233;diter le texte de Pierre Bois sur cette gr&#232;ve qu'il a anim&#233;e &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G&#233;n&#233;ral am&#233;ricain nomm&#233; &#224; la t&#234;te des forces alli&#233;es en Europe (sous l'&#233;gide de l'OTAN) qui s'&#233;tait illustr&#233; pendant la guerre de Cor&#233;e par l'utilisation des armes bact&#233;riologiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Selon l'expression de Daniel Gu&#233;rin &#224; propos de juin 36, &#171; Front Populaire, r&#233;volution manqu&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La nouvelle loi sur la repr&#233;sentativit&#233;
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-nouvelle-loi-sur-la-representativite</link>
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		<dc:date>2009-10-03T22:33:58Z</dc:date>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Syndicats
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		<description>Avant la loi du 20 ao&#251;t 2008, portant sur la &#171; r&#233;novation de la d&#233;mocratie sociale &#187; , cinq conf&#233;d&#233;rations b&#233;n&#233;ficiaient depuis 1966 d'une &#171; pr&#233;somption irr&#233;fragable de repr&#233;sentativit&#233; &#187; . Autrement dit, tout syndicat affili&#233; &#224; la CGT, FO, CFDT, CFTC ou CGC &#233;tait automatiquement consid&#233;r&#233; comme repr&#233;sentatif : il pouvait se pr&#233;senter aux &#233;lections professionnelles, d&#233;signer un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical dans les entreprises de plus de 50 salari&#233;s, b&#233;n&#233;ficier d'un local dans les grandes&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Le-syndicalisme-face-a-la-crise-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Le syndicalisme face &#224; la crise
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant la loi du 20 ao&#251;t 2008, portant sur la &lt;em&gt; &#171; r&#233;novation de la d&#233;mocratie sociale &#187; &lt;/em&gt;, cinq conf&#233;d&#233;rations b&#233;n&#233;ficiaient depuis 1966 d'une &lt;em&gt; &#171; pr&#233;somption irr&#233;fragable de repr&#233;sentativit&#233; &#187; &lt;/em&gt;. Autrement dit, tout syndicat affili&#233; &#224; la CGT, FO, CFDT, CFTC ou CGC &#233;tait automatiquement consid&#233;r&#233; comme repr&#233;sentatif : il pouvait se pr&#233;senter aux &#233;lections professionnelles, d&#233;signer un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical dans les entreprises de plus de 50 salari&#233;s, b&#233;n&#233;ficier d'un local dans les grandes entreprises, participer aux n&#233;gociations et signer des accords. Les syndicats non affili&#233;s &#224; l'une de ces cinq conf&#233;d&#233;rations, comme les syndicats Sud, pouvaient certes voir reconnue leur repr&#233;sentativit&#233; au niveau de l'entreprise. Mais c'&#233;tait un chemin sem&#233; d'emb&#251;ches juridiques n&#233;cessitant bien souvent, pour avoir la seule possibilit&#233; de se pr&#233;senter aux suffrages des travailleurs dans les &#233;lections professionnelles, de s'affronter avec les organisations &#171; repr&#233;sentatives &#187;, gu&#232;re dispos&#233;es &#224; laisser une place &#224; un nouveau venu ou &#224; leurs anciens dissidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; pr&#233;somption irr&#233;fragable &#187; n'existe plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La repr&#233;sentativit&#233; sera d&#233;sormais jug&#233;e sur sept crit&#232;res : le &#171; respect des valeurs r&#233;publicaines &#187;, l'ind&#233;pendance, la transparence financi&#232;re, l'anciennet&#233; (deux ans sont exig&#233;s), l'influence, les effectifs... et surtout l'audience &#233;lectorale. Au niveau d'une entreprise, 10 % des suffrages sont n&#233;cessaires. Au niveau des branches ce seuil est de 8 %, &#224; partir de la totalisation des r&#233;sultats &#233;lectoraux dans les entreprises. Ce n'est pas avant 2013 que la repr&#233;sentativit&#233; au niveau des branches et au niveau interprofessionnel sera d&#233;finie. C'est que depuis 2005, les &#233;lections professionnelles n'ont lieu que tous les quatre ans au lieu de deux pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me volet de la loi concerne la conclusion des accords collectifs. Seuls les syndicats repr&#233;sentatifs peuvent participer aux n&#233;gociations et signer des accords. Un accord sera valable s'il est souscrit par des syndicats repr&#233;sentant 30 % et s'il n'est pas contest&#233; par des syndicats repr&#233;sentant plus de 50 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi reprend l'essentiel d'une &lt;em&gt; &#171; Position commune &#187; &lt;/em&gt; adopt&#233;e en avril 2008 par le Medef et la CGPME d'une part, et la CGT et la CFDT d'autre part, et applaudie par Sarkozy qui y voyait la promesse de l'&#233;mergence de syndicats &#171; forts &#187; et &#171; responsables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;M. C.&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_419 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH190/immeubles-459c4.png?1787982193' width='400' height='190' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> R&#233;forme de la repr&#233;sentativit&#233; : les syndicats en concurrence... pour la m&#234;me politique !
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Reforme-de-la-representativite-les-syndicats-en-concurrence-pour-la-meme</link>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Syndicats
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		<description>L'une des premi&#232;res pr&#233;occupations des militants qui cr&#233;&#232;rent les syndicats fut d'obtenir leur l&#233;galisation et leur reconnaissance comme repr&#233;sentants des travailleurs par les patrons comme par l'&#201;tat. Les premi&#232;res r&#233;actions de la bourgeoisie furent en effet d'employer tous les moyens pour emp&#234;cher la constitution d'organisations des travailleurs, en particulier sur les lieux de travail : associations pourchass&#233;es par la police et la justice, militants chass&#233;s des usines et souvent&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'une des premi&#232;res pr&#233;occupations des militants qui cr&#233;&#232;rent les syndicats fut d'obtenir leur l&#233;galisation et leur reconnaissance comme repr&#233;sentants des travailleurs par les patrons comme par l'&#201;tat. Les premi&#232;res r&#233;actions de la bourgeoisie furent en effet d'employer tous les moyens pour emp&#234;cher la constitution d'organisations des travailleurs, en particulier sur les lieux de travail : associations pourchass&#233;es par la police et la justice, militants chass&#233;s des usines et souvent condamn&#233;s &#224; la prison. Obtenir la l&#233;galisation du syndicat ne prot&#233;geait pas de toute r&#233;pression, mais elle donnait quelques garanties. Elle a &#233;t&#233; un objectif du mouvement ouvrier dans tous les pays, y compris dans les pays dits d&#233;mocratiques comme la R&#233;publique fran&#231;aise, durant tout le xixe si&#232;cle et m&#234;me durant une bonne partie du xxe. Les grandes gr&#232;ves aux &#201;tats-Unis des ann&#233;es 1930 avaient encore pour but, plus que l'am&#233;lioration des conditions de travail ou des salaires, d'imposer aux patrons des grandes usines la reconnaissance de l'organisation syndicale dans l'entreprise et l'obligation de traiter avec elle pour les modalit&#233;s du contrat de travail. De m&#234;me en France, c'est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 1936 qui a impos&#233; les d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel et leur a assur&#233; une certaine protection l&#233;gale&#8230; avec les limites de toute protection l&#233;gale &#233;videmment, qui ne peut jamais &#234;tre compl&#232;tement garantie que par le rapport de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pratiquement partout la reconnaissance des syndicats dut &#234;tre arrach&#233;e, souvent par des luttes f&#233;roces. Pourtant elle allait peu &#224; peu se r&#233;v&#233;ler une arme &#224; double tranchant dont les patrons et les autorit&#233;s bourgeoises, apr&#232;s l'avoir refus&#233;e, allaient se servir pour pi&#233;ger les syndicats, les amadouer pour mieux les int&#233;grer et au bout du compte aider &#224; gommer leurs aspects lutte de classe pour les transformer en instrument de la collaboration de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus n'a pu se r&#233;aliser qu'avec la lente assimilation des partis politiques ouvriers, pris eux-m&#234;mes au pi&#232;ge du parlementarisme et de la participation aux institutions bourgeoises et avec la constitution de puissantes bureaucraties syndicales &#233;chappant de plus en plus au contr&#244;le de ceux qu'elles &#233;taient cens&#233;es repr&#233;senter. En retour la l&#233;galisation et l'octroi de la repr&#233;sentativit&#233; ont &#233;t&#233; des puissants moyens pour acc&#233;l&#233;rer cette bureaucratisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne s'est pas fait partout de la m&#234;me fa&#231;on. Dans beaucoup de pays ce fut par l'octroi du monopole de repr&#233;sentation des travailleurs &#224; un syndicat unique qui, pour d&#233;fendre ce monopole, a &#233;t&#233; de plus en plus pouss&#233; &#224; collaborer avec les autorit&#233;s patronales et gouvernementales. Dans d'autres, en g&#233;n&#233;ral l&#224; o&#249; le syndicalisme avait des traditions r&#233;volutionnaires mieux ancr&#233;es, ce fut au contraire en dispersant cette repr&#233;sentativit&#233; entre plusieurs organisations qui sont entr&#233;es en concurrence pour s'attirer surtout les faveurs du patronat et du gouvernement. Dont la France justement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un tournant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la p&#233;riode de collaboration avec la CGT de l'imm&#233;diat apr&#232;s guerre, puis le d&#233;but de la &#171; guerre froide &#187; et l'&#233;viction du PCF du gouvernement en 1947, le patronat et les gouvernements successifs avaient plut&#244;t favoris&#233; la multiplication des syndicats. Ils cherchaient &#224; affaiblir la CGT en s'appuyant sur les autres conf&#233;d&#233;rations (FO, CFTC, puis CFDT). C'est que la CGT disposait d'une base autrement plus puissante. Et m&#234;me si le PCF, &#224; sa direction &#233;tait un parti stalinien, non r&#233;volutionnaire, ses liens avec l'URSS en faisaient un parti diff&#233;rent que la bourgeoisie essayait d&#233;sormais de tenir &#224; l'&#233;cart du jeu politique. Les liens de la CGT avec le PCF et sa base comportant encore une proportion non n&#233;gligeable de militants ouvriers avec une tradition de lutte de classes en faisaient un syndicat plus difficile &#224; instrumentaliser. Le retour sans heurt du PCF au gouvernement en 1981, la fin de l'URSS, le d&#233;clin du PCF et l'affaiblissement notable de la base de la CGT ont depuis chang&#233; la donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car pour la bourgeoisie l'existence de plusieurs centrales syndicales concurrentes n'a pas que des avantages. Elle favorise aussi les surench&#232;res entre appareils. On a bien vu dans l'apr&#232;s-68 la CFDT chercher &#224; se faire une base parmi les jeunes ouvriers en se donnant un visage soixante-huitard et autogestionnaire pour se diff&#233;rencier de la CGT... Plus r&#233;cemment, Force ouvri&#232;re a pu prendre des postures radicales en rench&#233;rissant m&#234;me sur la CGT et en mettant en avant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Et puis, il est parfois plus simple de traiter avec un appareil plut&#244;t qu'avec cinq... ou davantage dans certains secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, chacune des conf&#233;d&#233;rations n'a qu'une influence assez limit&#233;e, ne syndiquant qu'une faible proportion des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que souhaite la bourgeoisie fran&#231;aise, c'est bien des syndicats plus &#171; forts &#187; et plus &#171; responsables &#187;. Tels qu'ils existent dans de nombreux pays, o&#249; leur int&#233;gration &#224; la soci&#233;t&#233; capitaliste s'est faite avec moins de r&#233;ticences du c&#244;t&#233; patronal, d'autant qu'ils &#233;taient plus ouvertement r&#233;formistes. Parfois avec une seule centrale, comme en Grande-Bretagne ou comme c'est quasiment le cas en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de &#171; d&#233;mocratie &#187; comme le pr&#233;tendent les conf&#233;d&#233;rations signataires, il s'agit de consacrer les appareils syndicaux les plus puissants. Car la repr&#233;sentativit&#233; fix&#233;e par une &#233;lection tous les quatre ans organis&#233;e par des r&#232;gles fix&#233;es par la bourgeoisie, cela n'a v&#233;ritablement rien &#224; voir avec le contr&#244;le par les travailleurs des organisations syndicales... Comme si la population contr&#244;lait ses d&#233;put&#233;s ! Bien plus significatif le fait que les syndicats consid&#233;r&#233;s repr&#233;sentatifs b&#233;n&#233;ficieront de la part du lion des moyens octroy&#233;s par les patrons et l'&#201;tat, et du r&#244;le reconnu de n&#233;gociateur officiel au nom des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;forme &#233;tait donc attendue. La CGT la r&#233;clamait depuis plus d'une dizaine d'ann&#233;es, aux c&#244;t&#233;s de la CFDT. La CGT a donn&#233; des gages pour montrer qu'elle avait chang&#233;... et qu'elle m&#233;ritait la confiance de la bourgeoisie. Elle a modifi&#233; ses statuts pour en finir avec les r&#233;f&#233;rences &#224; la lutte des classes et marqu&#233; ses distances avec le PCF. Elle a sign&#233; des accords &#224; l'&#233;chelle nationale et parfaitement respect&#233; les calendriers de n&#233;gociations fix&#233;s par les patrons et les gouvernements sans rechigner. Jusqu'&#224; convaincre les plus r&#233;ticents des dirigeants bourgeois que l'on pouvait sans crainte placer la CGT comme interlocuteur de premier rang.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Gagnants et perdants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le paysage syndical va donc &#234;tre chamboul&#233; &#224; tous les niveaux. On en a eu un premier exemple &#224; la SNCF : seuls y sont d&#233;sormais repr&#233;sentatifs la CGT, l'UNSA, Sud-Rail, et la CFDT... sauv&#233;e de justesse par une alliance avec le syndicat de conducteurs FGAAC. Par contre, FO, CFTC, CGC sont exclus de la repr&#233;sentativit&#233; et perdent des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux (et donc les heures de d&#233;l&#233;gation correspondantes et des permanents) et ne si&#232;gent plus &#224; certains organismes. &#192; Air France, le SNPL, syndicat des pilotes de lignes risque de perdre sa repr&#233;sentativit&#233;, et a menac&#233; de faire gr&#232;ve pendant l'&#233;t&#233;... mais le gouvernement serait dispos&#233; &#224; faire une entorse &#224; la loi pour les pilotes (la loi pr&#233;voit d&#233;j&#224; des dispositions particuli&#232;res faites sur mesure pour la CGC et le syndicat de journalistes SNJ). La CGT et la CFDT qui disposent de la plus grande surface seront probablement les grands gagnants (m&#234;me si localement et dans certaines branches, certains syndicats CGT ou CFDT perdront leur repr&#233;sentativit&#233;). La CFTC et FO peuvent craindre de faire les plus grands frais de la r&#233;forme et perdre leur repr&#233;sentativit&#233; au niveau national... Pour l'UNSA et Solidaires, qui souhaiteraient bien devenir repr&#233;sentatives, la barre des 8 % para&#238;t aussi bien haute... Mais des alliances sont probables, peut-&#234;tre tr&#232;s inattendues pour ceux qui classent les syndicats suivant la phras&#233;ologie qu'ils emploient et veulent distinguer entre les radicaux et les mod&#233;r&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che de militants voulant implanter un nouveau syndicat dans une entreprise ne sera pas simplifi&#233;e avec cette loi. Auparavant, le fait de se rattacher &#224; l'une des cinq conf&#233;d&#233;rations repr&#233;sentatives permettait d'avoir acc&#232;s &#224; certains droits et moyens facilitant l'implantation&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La loi pr&#233;voit encore quelques moyens pour les syndicats non repr&#233;sentatifs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il faudra d&#233;sormais attendre une &#233;lection pour avoir la possibilit&#233; de prouver la repr&#233;sentativit&#233;, et obtenir le score fatidique. D'ailleurs, m&#234;me le droit &#224; la participation aux &#233;lections professionnelles (qui &#233;tait le premier obstacle pour un syndicat non affili&#233; &#224; l'une des cinq conf&#233;d&#233;rations) reste r&#233;glement&#233;, en particulier avec le crit&#232;re de deux ans d'anciennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi de 2008 va donc favoriser une plus grande institutionnalisation des grands appareils syndicaux dans ce pays, &#224; commencer par celui de la CGT, au d&#233;triment des petits. Mais elle n'emp&#234;chera pas fondamentalement les militants syndicalistes d&#233;cid&#233;s &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des travailleurs de le faire. Apr&#232;s tout les lois, m&#234;me les plus contraires, n'ont jamais emp&#234;ch&#233; les travailleurs de se battre ! Quant &#224; celles qui semblaient favorables, dans le cadre du syst&#232;me bourgeois, il est bien rare que les patrons n'aient pas assez rapidement trouv&#233; le moyen de les tourner ou d&#233;tourner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel CHARVET&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Quand la droite souhaite que les syndicats se renforcent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le d&#233;bat &#224; l'Assembl&#233;e nationale sur la loi, Francis Vercamer, un d&#233;put&#233; du Nouveau centre, s'inqui&#233;tait : &lt;em&gt; &#171; Car, si une fois tous les quatre ans, [les salari&#233;s] se positionnent par rapport &#224; un syndicat national, mais qu'ensuite plus personne n'adh&#232;re et fait des coordinations, on sera bien avanc&#233; en cas de conflits ! Il est donc important que les syndicats aient des adh&#233;rents &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire &#224; ses yeux serait donc que les syndicats ne puissent pas contr&#244;ler les travailleurs et que ces derniers s'organisent eux-m&#234;mes. La loi se contente d'imposer qu'un syndicat repr&#233;sentatif ait plusieurs adh&#233;rents (deux suffisent !). D'autres mesures pour favoriser les adh&#233;sions ont bien &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;es dans la &#171; Position commune &#187; adopt&#233;e par le Medef, la CGT et la CFDT : elles sont d'ailleurs bien significatives du type de syndicalisme recherch&#233;... La premi&#232;re, c'est le souhait que les financements aux syndicats par les entreprises puissent favoriser les adh&#233;sions (en prenant l'exemple du ch&#232;que syndical existant dans certaines entreprises). La deuxi&#232;me est que des accords puissent pr&#233;voir des dispositions r&#233;serv&#233;es aux syndiqu&#233;s : c'est la perspective de constituer des syndicats dit de service (transform&#233;s en fait en simples compagnies d'assurances).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_420 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH333/appel-711bf.png?1787860443' width='300' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La loi pr&#233;voit encore quelques moyens pour les syndicats non repr&#233;sentatifs au niveau des entreprises, accessibles sous certaines conditions, comme la possibilit&#233; de d&#233;signer un &#171; repr&#233;sentant de section syndicale &#187;, b&#233;n&#233;ficiant de quatre heures de d&#233;l&#233;gation mensuelles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La charte sur la reconnaissance du parcours syndical chez AXA
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-charte-sur-la-reconnaissance-du-parcours-syndical-chez-AXA</link>
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		<dc:date>2009-10-03T22:33:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>

		<description>&#192; la suite des &#233;lections professionnelles du printemps dernier chez AXA France, deux syndicats FO (9,8 %) et CFTC (9,5 %) sont donc pass&#233;s sous la barre des 10 % et ont perdu un certain nombre de facilit&#233;s. Force Ouvri&#232;re n'aura pas de locaux ni de d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux nationaux, seulement des Repr&#233;sentants de Section Syndicale de site. C'est l'addition des votes aux diff&#233;rents Comit&#233;s d'&#201;tablissement qui sont pris en compte en application de la loi sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale.&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Le-syndicalisme-face-a-la-crise-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Le syndicalisme face &#224; la crise
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la suite des &#233;lections professionnelles du printemps dernier chez AXA France, deux syndicats FO (9,8 %) et CFTC (9,5 %) sont donc pass&#233;s sous la barre des 10 % et ont perdu un certain nombre de facilit&#233;s. Force Ouvri&#232;re n'aura pas de locaux ni de d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux nationaux, seulement des Repr&#233;sentants de Section Syndicale de site. C'est l'addition des votes aux diff&#233;rents Comit&#233;s d'&#201;tablissement qui sont pris en compte en application de la loi sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale. Les autres syndicats ont obtenus 35 % pour la CFDT, 17 % pour la CGT, 15 % pour l'UNSA et 14 % pour la CGC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, juste avant les &#233;lections, &#224; grand renfort de communication interne et externe, la direction et les f&#233;d&#233;rations auxquelles sont affili&#233;s les syndicats d'AXA (sauf FO qui n'a pas sign&#233;) se sont f&#233;licit&#233;es de la mise en place d'une &lt;em&gt; &#171; charte sur la reconnaissance du parcours syndical dans le d&#233;veloppement de la carri&#232;re et l'&#233;volution professionnelle &#187; &lt;/em&gt;. Il s'agit d'une part d'instituer un rendez-vous annuel entre les &#233;lus, la DRH et leur chef. D'autre part de permettre la promotion des permanents et semi-permanents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette charte va-t-elle changer quelque chose ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois que la direction d'AXA fait des gestes pour amadouer les syndicats. Elle a toujours cherch&#233; des &#171; partenaires &#187; pour l'accompagner dans sa politique &#171; sociale &#187;, signataires des accords dont elle a pu se vanter dans la presse : Formation professionnelle, Gestion Pr&#233;visionnelle des Emplois et des Comp&#233;tence, Handicap, Diversit&#233;-&#201;galit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une gr&#232;ve dure de trois semaines &#224; Rouen dans les ann&#233;es 1970, la direction s'est mise en qu&#234;te d'interlocuteurs &#171; compr&#233;hensifs &#187; parmi les repr&#233;sentants du personnel. Cela s'est traduit par une politique syst&#233;matique : financement des organisations, nomination des d&#233;l&#233;gu&#233;s permanents centraux par les f&#233;d&#233;rations professionnelles, augmentations des permanents et semi-permanents d&#233;finies dans un accord de droit syndical. Ce qui n'a pourtant pas emp&#234;ch&#233; la direction d'AXA de faire de la discrimination syndicale : non progression des salaires, non avancement en carri&#232;re professionnelle des d&#233;l&#233;gu&#233;s. Et des militants de base, pour monter des sections syndicales, n'en ont pas moins &#233;t&#233; en butte &#224; des difficult&#233;s dans leurs services, rencontrant l'hostilit&#233; active de leur chef ou de leur direction d'entreprise ou d'&#233;tablissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui comme hier, la direction n'appr&#233;cie pas les syndicats ou les d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel &#171; remuants &#187;. Mais pas plus sa charte maison que la suppression de droits pour les syndicats minoritaires n'&#233;pargneront &#224; la direction d'Axa la col&#232;re des salari&#233;s. Et c'est le cas aujourd'hui lorsqu'elle veut fermer le site de Montauban et faire travailler le personnel &#224; Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christine SCHNEIDER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les r&#233;volutionnaires doivent-ils (encore) militer dans les syndicats ?
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Syndicats
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		<dc:subject>Extr&#234;me gauche
</dc:subject>

		<description>Avec des conf&#233;d&#233;rations pratiquant au quotidien la collaboration de classe et ayant pour premier souci de limiter et disperser les luttes, quand elles ne les trahissent pas, les syndicats ne sont gu&#232;re attirants pour les travailleurs. En France cela se traduit d'ailleurs par la lente mais constante diminution de leurs effectifs depuis des d&#233;cennies et par d'innombrables &#233;pisodes de cartes d&#233;chir&#233;es apr&#232;s une gr&#232;ve, quand les plus combatifs ont l'impression d'avoir &#233;t&#233; men&#233;s dans le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Extreme-gauche-+" rel="tag"&gt;Extr&#234;me gauche
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec des conf&#233;d&#233;rations pratiquant au quotidien la collaboration de classe et ayant pour premier souci de limiter et disperser les luttes, quand elles ne les trahissent pas, les syndicats ne sont gu&#232;re attirants pour les travailleurs. En France cela se traduit d'ailleurs par la lente mais constante diminution de leurs effectifs depuis des d&#233;cennies et par d'innombrables &#233;pisodes de cartes d&#233;chir&#233;es apr&#232;s une gr&#232;ve, quand les plus combatifs ont l'impression d'avoir &#233;t&#233; men&#233;s dans le mur par le syndicat &#224; qui ils faisaient confiance. Et il est vrai que si la motivation pour militer syndicalement reposait sur l'ad&#233;quation entre la politique de leurs directions et les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, les plus conscients d'entre eux ne trouveraient gu&#232;re de raison de s'y investir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai aussi qu'il s'est trouv&#233; depuis tr&#232;s longtemps des courants pour tirer du caract&#232;re toujours limit&#233; de leur action comme de leur int&#233;gration toujours croissante, la conclusion que les travailleurs combatifs, et donc a fortiori les militants ouvriers r&#233;volutionnaires, auraient mieux &#224; faire que de se fourrer dans la gal&#232;re syndicale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux &#224; faire mais quoi ? Personne n'a vraiment d&#233;montr&#233; qu'il &#233;tait pr&#233;f&#233;rable d'&#234;tre hors des syndicats pour prendre la direction des luttes et leur donner une orientation juste. En revanche si les gr&#232;ves conduites r&#233;ellement jusqu'au bout de leurs possibilit&#233;s ont &#233;t&#233; bien rares, certaines le furent par des militants r&#233;volutionnaires qui &#233;taient aussi des militants syndicaux. Preuve donc que militer dans les syndicats n'entra&#238;ne nullement le rejet par les travailleurs ni ne compromet irr&#233;m&#233;diablement la possibilit&#233; de mener une politique conforme aux int&#233;r&#234;ts de ceux-ci. C'est d'ailleurs particuli&#232;rement vrai ces derniers mois : les combats qui ont marqu&#233;, Toyota, Continental et quelques autres, et d'une fa&#231;on encore plus &#233;clatante en Guadeloupe avec le LKP, ont &#233;t&#233; men&#233;s par des militants d'extr&#234;me gauche ou proches de l'extr&#234;me gauche qui &#233;taient souvent plus connus des travailleurs comme syndicalistes que comme politiques. D'une certaine fa&#231;on m&#234;me, on peut dire qu'ils n'ont pu prendre la direction des luttes que parce qu'ils &#233;taient des militants syndicaux, et m&#234;me qu'ils occupaient des positions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un cadre d'organisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est que les organisations syndicales ne sont pas que les relais des politiques de collaboration de classes de leurs directions. Elles restent bien souvent encore, malgr&#233; tout, en particulier au niveau des entreprises, des organisations de classe, d&#233;fendant au quotidien les int&#233;r&#234;ts des travailleurs face &#224; l'exploitation, et regroupant ces travailleurs par-del&#224; la diversit&#233; des opinions ou des pr&#233;jug&#233;s philosophiques, politiques ou religieux. C'est fondamentalement pour cela que les militants communistes et r&#233;volutionnaires peuvent et doivent y trouver leur place, peuvent et doivent y militer. Bien entendu &#224; leur mani&#232;re et non &#224; celle que voudraient trop souvent imposer les appareils bureaucratiques. Une mani&#232;re qui commence dans la pratique quotidienne : en cherchant au maximum &#224; se servir du cadre syndical pour r&#233;unir les travailleurs pour leur permettre de discuter et d&#233;cider de tout ce qui les concerne, de devenir leurs propres organisateurs, c'est-&#224;-dire leurs propres ma&#238;tres ; en utilisant les facilit&#233;s militantes qu'offre la l&#233;gislation (mandats et heures de d&#233;l&#233;gation par exemple) ou encore les positions dans la hi&#233;rarchie syndicale non seulement pour d&#233;fendre face au patron syst&#233;matiquement les int&#233;r&#234;ts individuels ou collectifs de leurs camarades mais aussi pour rendre des comptes et soumettre &#224; tous leur activit&#233; et leur action. Bref, en essayant d'animer une vie syndicale r&#233;ellement d&#233;mocratique qui puisse &#234;tre une &#171; &#233;cole de la classe ouvri&#232;re &#187; au travers de laquelle celle-ci apprend &#224; d&#233;fendre elle-m&#234;me ses int&#233;r&#234;ts, &#224; prendre r&#233;ellement ses affaires en main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les possibilit&#233;s pour mener un tel travail sont certainement extr&#234;mement variables selon les entreprises et les secteurs, mais c'est cela qui doit rester fondamentalement l'objectif du militantisme dans les syndicats. D'autant plus que faire vivre une telle activit&#233; d'organisation &#224; la base est finalement le seul moyen d'&#233;viter les pi&#232;ges que r&#233;serve le syndicalisme et de r&#233;sister aux pressions qu'il exerce sur les militants. Car entre les politiques patronales qui cherchent &#224; s'associer les syndicats et une situation o&#249; trop souvent les travailleurs eux-m&#234;mes ne se posent gu&#232;re le probl&#232;me de contr&#244;ler les organisations syndicales et leurs &#233;lus, le risque est grand pour un militant de se retrouver, sans l'avoir voulu, coup&#233; des travailleurs et du coup d&#233;pendant des appareils bureaucratiques et de la politique de collaboration de classe de ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'ind&#233;pendance... de qui et de quoi ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est &#233;videmment surtout dans les luttes que la n&#233;cessit&#233; de l'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des appareils syndicaux pratiquant la collaboration de classe se fait le plus sentir. C'est &#224; ce moment-l&#224; qu'il est plus n&#233;cessaire que jamais de garder l'objectif, de toute fa&#231;on permanent pour les communistes r&#233;volutionnaires, de d&#233;velopper au maximum l'organisation des travailleurs (celui qu'exprime la conviction fondamentale que &#171; l'&#233;mancipation des travailleurs sera l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes &#187;). Un objectif qui demande alors l'instauration de la d&#233;mocratie ouvri&#232;re la plus large &#224; travers les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales souveraines, les comit&#233;s de gr&#232;ves et les coordinations &#233;lus et contr&#244;l&#233;s par les gr&#233;vistes, toutes choses qui d&#233;passent &#233;videmment le cadre syndical habituel. C'est en g&#233;n&#233;ral de cette d&#233;mocratie-l&#224; que les bureaucraties, dont la premi&#232;re pr&#233;occupation est de garder le monopole de repr&#233;sentativit&#233; des travailleurs, ne veulent pas entendre parler. Et c'est l&#224; qu'elles m&#232;nent la guerre la plus dure aux militants, m&#234;me s'ils sont &#224; la t&#234;te de la lutte et reconnus comme ses dirigeants par ces AG et comit&#233;s au contr&#244;le de qui il se soumet. De cela, bien des luttes de ces derniers mois t&#233;moignent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des priorit&#233;s correspondant &#224; des situations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le choix de militer dans les syndicats et comment le faire n'est pas atemporel. Des situations de luttes intenses des travailleurs feront certainement &#233;merger des formes d'organisations plus repr&#233;sentatives, d&#233;mocratiques et finalement bien plus efficaces. Mais il correspond &#224; la situation d'aujourd'hui o&#249;, bien que leur bureaucratisation soit intense, les syndicats sont encore en g&#233;n&#233;ral le premier lieu o&#249; se retrouvent les travailleurs conscients de la n&#233;cessit&#233; de s'organiser, ceux qui cherchent &#224; combattre, m&#234;me &#224; l'&#233;chelle limit&#233;e d'une entreprise, les injustices sociales et les mauvais coups du patron. Les r&#233;volutionnaires doivent donc &#224; la fois militer dans les syndicats et d&#233;fendre, au-dedans comme au-dehors de ceux-ci, la politique qui correspond aux int&#233;r&#234;ts &#224; court comme &#224; long terme des travailleurs. Cela passe d'abord par militer en priorit&#233; dans le syndicat pour en faire un cadre d'organisation d&#233;mocratique, en prenant la pr&#233;caution de ne devoir d'&#233;ventuel mandat qu'&#224; un cr&#233;dit r&#233;el aupr&#232;s de la base et non &#224; la mansu&#233;tude d'un appareil. Cela passe aussi par l'ind&#233;pendance de l'organisation politique par rapport aux syndicats (et non &lt;em&gt; &#171; l'ind&#233;pendance du syndicat par rapport aux partis politiques &#187; &lt;/em&gt;, formule qui aujourd'hui, ne serait-ce qu'&#224; cause de leur faible poids, n'a aucun sens eu &#233;gard aux organisations d'extr&#234;me gauche). D'abord, au niveau des entreprises par la formation de groupes politiques qui se donnent les moyens d'expression et d'intervention propres sans consid&#233;rer que les syndicats, y compris ceux auxquels les membres de ces groupes politiques appartiennent, aient un monopole en ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux volets d'une m&#234;me politique r&#233;volutionnaire sont d'autant plus n&#233;cessaires dans la situation actuelle o&#249;, face &#224; la crise, les conf&#233;d&#233;rations font la d&#233;monstration des limites ou des errements de leur politique et qu'un certain courant de m&#233;contentement se d&#233;veloppe parmi les syndicalistes de base. Ce n'est pas le moment ni de tourner le dos &#224; cette minorit&#233; ni de mettre de l'eau dans le vin de nos critiques et de notre politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yves LEFORT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_421 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH395/syndicat-9d682.png?1788743791' width='400' height='395' alt='' /&gt;
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