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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> 1968-2008 : 40 ans de prol&#233;tarisation de la soci&#233;t&#233; et de luttes de classe
</title>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Prol&#233;tariat
</dc:subject>

		<description>En un demi si&#232;cle, le monde du travail s'est transform&#233;. Il y a moins d' &#171; ouvriers &#187; : 24 % des emplois contre 39 % au d&#233;but des ann&#233;es 1960. L'accroissement de la productivit&#233;, les d&#233;localisations et la fermeture des mines en ont fait chuter le nombre. Mais la d&#233;sindustrialisation n'est pas aussi forte que certains discours le disent. Les int&#233;rimaires ne sont souvent pas compt&#233;s, ni l'externalisation de t&#226;ches annexes comme le m&#233;nage ou la restauration d'entreprise, qui a fait&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En un demi si&#232;cle, le monde du travail s'est transform&#233;. Il y a moins d' &#171; ouvriers &#187; : 24 % des emplois contre 39 % au d&#233;but des ann&#233;es 1960. L'accroissement de la productivit&#233;, les d&#233;localisations et la fermeture des mines en ont fait chuter le nombre. Mais la d&#233;sindustrialisation n'est pas aussi forte que certains discours le disent. Les int&#233;rimaires ne sont souvent pas compt&#233;s, ni l'externalisation de t&#226;ches annexes comme le m&#233;nage ou la restauration d'entreprise, qui a fait passer certains de la cat&#233;gorie &#171; personnel de l'industrie &#187; &#224; la cat&#233;gorie &#171; services &#187;, sans rien changer &#224; la r&#233;alit&#233;. De nouveaux secteurs, longtemps rest&#233;s aux mains de l'artisanat, ont m&#234;me &#233;t&#233; conquis derni&#232;rement par l'industrie, en particulier les plats pr&#233;par&#233;s ou l'ameublement. Cela dit, la majorit&#233; des ouvriers travaillent maintenant dans le tertiaire, &#224; piloter des trieuses de courrier, r&#233;parer des rames de m&#233;tro...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce demi si&#232;cle, le d&#233;veloppement du tertiaire a aussi accru la cat&#233;gorie &#171; employ&#233;s &#187;, pass&#233;e de 18 % des emplois &#224; 29 %. La plupart sont des femmes n'ayant ni un revenu plus &#233;lev&#233; ni un milieu social diff&#233;rent des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tertiarisation et robotisation des t&#226;ches n'ont pas rendu le travail plus facile pour la majorit&#233; des travailleurs du rang. Le travail non qualifi&#233; prend un nouvel essor depuis 1994 et d&#233;passe son niveau du d&#233;but des ann&#233;es 1980. C'est la multiplication des petits emplois du tertiaire : assistantes maternelles (car les femmes travaillent davantage), caissiers, agents d'entretien, manutentionnaires, agents de s&#233;curit&#233;, serveurs, plongeurs (la restauration rapide s'est d&#233;velopp&#233;e avec l'&#233;loignement domicile-travail).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les progr&#232;s technologiques ont pouss&#233; au d&#233;veloppement d'emplois tr&#232;s qualifi&#233;s. Depuis une cinquantaine d'ann&#233;es, les cadres et professions intellectuelles sont trois fois plus nombreux, tandis que les techniciens, agents de ma&#238;trise, infirmiers, fonctionnaires de cat&#233;gorie B ont doubl&#233;. L'ensemble est pass&#233; de 16 &#224; 38 % des emplois. Ils n'ont pas pour autant pris la place de l' &#171; ex&#233;cution &#187;, dont la baisse est rest&#233;e limit&#233;e (53 % d'ouvriers et employ&#233;s contre 57 % au d&#233;but des ann&#233;es 1960). Ce sont les travailleurs ind&#233;pendants (artisans, commer&#231;ants, agriculteurs et petits patrons) qui sont en voie de disparition : ils ne repr&#233;sentent plus qu'un dixi&#232;me des emplois, contre le quart &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salariat est plus nombreux que jamais. Les salari&#233;s tr&#232;s qualifi&#233;s, parfois bien r&#233;mun&#233;r&#233;s, subissent &#224; leur fa&#231;on le joug du capital, voient leurs conditions de travail se d&#233;grader, avec une pression morale et des cadences accrues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, quelques milliers de cadres am&#233;liorent leurs revenus avec des actions ou un patrimoine immobilier, qui leur permettent de recevoir quelques miettes des profits du capital. Le clivage est grand, au sein du salariat, entre la grande majorit&#233; qui gagne juste assez pour couvrir ses d&#233;penses courantes et la poign&#233;e qui a pu &#233;pargner pour se doter d'un petit patrimoine. En revanche, on est loin des &#233;lucubrations sur l'&#233;pargne salariale, la participation, l'actionnariat salari&#233; ou encore le &#171; salari&#233; capitaliste &#187; d'autant plus capable de comprendre le point de vue du capital qu'il en partagerait les profits. Dans la r&#233;alit&#233;, l'immense majorit&#233; n'acc&#233;dera jamais &#224; la moindre parcelle de vie de rentier (et n'en r&#234;ve pas non plus !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re n'est pas en voie d'extinction. Bien au contraire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maurice SPIRZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Nous sommes tous des travailleurs du monde !
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Nous-sommes-tous-des-travailleurs-du-monde</link>
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		<dc:date>2008-05-13T21:50:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Prol&#233;tariat
</dc:subject>

		<description>Avec 50 000 &#224; 80 000 emplois supprim&#233;s dans le secteur manufacturier chaque ann&#233;e en France depuis cinq ans et l'expatriation d'industries ou de services (centres d'appel, informatique...), le spectre des d&#233;localisations hante la France. Les coupables tout d&#233;sign&#233;s : le co&#251;t du travail et les 35 heures. &lt;br /&gt;Des coupables un peu trop parfaits ! &lt;br /&gt;Ce qui importe pour un capitaliste, c'est le co&#251;t unitaire de production, qui unit le co&#251;t salarial et la productivit&#233; du salari&#233;. Or en France,&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec 50 000 &#224; 80 000 emplois supprim&#233;s dans le secteur manufacturier chaque ann&#233;e en France depuis cinq ans et l'expatriation d'industries ou de services (centres d'appel, informatique...), le spectre des d&#233;localisations hante la France. Les coupables tout d&#233;sign&#233;s : le co&#251;t du travail et les 35 heures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des coupables un peu trop parfaits !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui importe pour un capitaliste, c'est le co&#251;t unitaire de production, qui unit le co&#251;t salarial et la productivit&#233; du salari&#233;. Or en France, il est avantageux : par rapport aux autres pays industrialis&#233;s car les salaires sont assez bas ; par rapport aux pays dits &#171; &#233;mergents &#187; car la productivit&#233; est tr&#232;s forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La productivit&#233; fran&#231;aise est parmi les meilleures du monde, en termes de richesses cr&#233;&#233;es par travailleur (PIB/emploi) ou par heure de travail (PIB/heure travaill&#233;e) et elle d&#233;passe largement celle des pays &#233;mergents. Pour les patrons, les travailleurs fran&#231;ais ne co&#251;tent pas si cher, car ils rapportent beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Quelques comparaisons &#224; la France (base 100). &lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; (Source : Organisation Internationale du Travail PIB en parit&#233; de pouvoir d'achat. Ann&#233;e 2006). &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class='table spip'&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id43bc_c0'&gt;Pays&lt;/th&gt;&lt;th id='id43bc_c1'&gt;PIB/emploi&lt;/th&gt;&lt;th id='id43bc_c2'&gt;PIB/heure travaill&#233;e&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id43bc_c0'&gt;France&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id43bc_c1'&gt;100&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id43bc_c2'&gt;100&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id43bc_c0'&gt;&#201;tats-Unis&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id43bc_c1'&gt;139&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id43bc_c2'&gt;101&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id43bc_c0'&gt;Japon&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id43bc_c1'&gt;100&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id43bc_c2'&gt;71&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id43bc_c0'&gt;Allemagne&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id43bc_c1'&gt;89&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id43bc_c2'&gt;84&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id43bc_c0'&gt;Cor&#233;e du Sud&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id43bc_c1'&gt;81&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id43bc_c2'&gt;50&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id43bc_c0'&gt;R&#233;publique tch&#232;que&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id43bc_c1'&gt;52&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id43bc_c2'&gt;34&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id43bc_c0'&gt;Mexique&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id43bc_c1'&gt;35&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id43bc_c2'&gt;26&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id43bc_c0'&gt;Chine&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id43bc_c1'&gt;28&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id43bc_c2'&gt;Non chiffr&#233;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id43bc_c0'&gt;Br&#233;sil&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id43bc_c1'&gt;26&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id43bc_c2'&gt;23&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id43bc_c0'&gt;Inde&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id43bc_c1'&gt;12&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id43bc_c2'&gt;Non chiffr&#233;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Cette propagande aussi vieille que le capitalisme permet d'accro&#238;tre l'exploitation. De ce point de vue, les &#201;tats-unis sont incontestablement un mod&#232;le du &#171; travailler plus &#187;. Les classes populaires n'y sont pas plus prosp&#232;res, mais les entreprises am&#233;ricaines en extraient davantage de profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s am&#233;ricains travaillent en moyenne 1 804 heures dans l'ann&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gilbert Cette, Productivit&#233; et croissance en Europe et aux &#201;tats-Unis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pour 1 535 en France. Mais ce &#171; retard &#187; fran&#231;ais (dans l'exploitation, pas dans le progr&#232;s !) n'existe que par rapport aux &#201;tats-Unis et non par rapport &#224; l'Europe occidentale. En Allemagne, par exemple, on travaille 1 435 heures en moyenne : il n'y a pas eu &#171; les 35 heures &#187;, mais il y a 22 % de temps partiels !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre diff&#233;rence entre les &#201;tats-Unis et la France r&#233;side dans l'emploi des jeunes et des plus &#226;g&#233;s (la scolarit&#233; ch&#232;re et les retraites trop basses, voire inexistantes pour certains, les poussent au travail). Les 25-54 ans travaillent autant dans les deux pays (environ 80 %), mais si on &#233;largit aux 15-64 ans, on travaille plus outre-atlantique (72 %) qu'en France (62 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le patronat am&#233;ricain parvient &#224; surexploiter sa classe ouvri&#232;re, l' &#171; atout fran&#231;ais &#187; r&#233;side dans la productivit&#233; horaire. Augmenter le temps de travail (jusqu'&#224; &#233;puisement) et faire travailler davantage les jeunes (inexp&#233;riment&#233;s) et les vieux (fatigu&#233;s), cela fait baisser la productivit&#233; moyenne. Pour le patronat fran&#231;ais, ce sont moins des priorit&#233;s que d'augmenter les cadences (d'o&#249; la loi sur les 35 heures). L'objectif des derni&#232;res r&#233;formes est surtout d'amputer les retraites et de contraindre les jeunes &#224; se laisser payer encore plus au lance-pierres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Travailleurs de tous les pays, unissons-nous !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le patronat fran&#231;ais s'est maintenu en bonne position dans la concurrence mondiale en d&#233;laissant des activit&#233;s industrielles anciennes pour des activit&#233;s &#224; haute valeur ajout&#233;e, qui rapportent plus. C'&#233;tait pr&#233;tendument une protection pour l'emploi en France. Certains groupes &#8211; Renault en Roumanie (Dacia), Axa en Inde (services informatiques), Safran au Maroc (pi&#232;ces pour l'a&#233;ronautique)&#8230; &#8211; construisent des usines avec double avantage pour eux : bas salaires et productivit&#233; &#224; l'occidentale. De plus en plus, les salari&#233;s, m&#234;me assez qualifi&#233;s, des sites fran&#231;ais sont expos&#233;s &#224; une concurrence effectivement redoutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le fondement m&#234;me du capitalisme : la mise en concurrence des travailleurs. La seule r&#233;ponse est politique. C'est l'internationalisme, la solidarit&#233; avec les gr&#233;vistes vietnamiens de Nike et roumains de Renault-Dacia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard RUDELLI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gilbert Cette, &lt;em&gt; Productivit&#233; et croissance en Europe et aux &#201;tats-Unis &lt;/em&gt; (Rep&#232;res, La D&#233;couverte).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> Mi-temps et quart de paye ?
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Mi-temps-et-quart-de-paye</link>
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		<dc:date>2008-05-13T21:50:11Z</dc:date>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;carit&#233;
</dc:subject>

		<description>19&lt;span class='base64GUILL' title='PHN1cCBjbGFzcz0idHlwb19leHBvc2FudHMiPg=='&gt;&lt;/span&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : la pr&#233;carit&#233; &#233;tait la norme &lt;br /&gt;R&#233;gi par le Code civil, le contrat de travail n'engageait le travailleur que pour un temps ou une mission d&#233;termin&#233;e. En 1890, fut introduit un contrat de louage de services sans d&#233;termination de dur&#233;e et pouvant &#234;tre rompu unilat&#233;ralement par une des parties, avec un pr&#233;avis et une indemnit&#233; en cas de cong&#233;diement &#171; abusif &#187;. Apr&#232;s 1928, le licenciement devait &#234;tre motiv&#233;, sans trop de contraintes. &lt;br /&gt;C'est &#224; la fin des ann&#233;es 1950 que le&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;19&lt;span class='base64GUILL' title='PHN1cCBjbGFzcz0idHlwb19leHBvc2FudHMiPg=='&gt;&lt;/span&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : la pr&#233;carit&#233; &#233;tait la norme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;R&#233;gi par le Code civil, le contrat de travail n'engageait le travailleur que pour un temps ou une mission d&#233;termin&#233;e. En 1890, fut introduit un contrat de louage de services sans d&#233;termination de dur&#233;e et pouvant &#234;tre rompu unilat&#233;ralement par une des parties, avec un pr&#233;avis et une indemnit&#233; en cas de cong&#233;diement &#171; abusif &#187;. Apr&#232;s 1928, le licenciement devait &#234;tre motiv&#233;, sans trop de contraintes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la fin des ann&#233;es 1950 que le contrat de travail introduit la dur&#233;e minimale de pr&#233;avis en 1958, l'indemnit&#233; minimum en cas de licenciement en 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; stabilisation &#187; du contrat de travail r&#233;pondait aux besoins du patronat qui, dans une p&#233;riode de forte croissance et de quasi-plein emploi &#8211; mais aussi d'exploitation d&#233;brid&#233;e &#8211;, cherchait &#224; attirer et stabiliser une main-d'&#339;uvre insuffisante dans bien des secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Milieu des ann&#233;es 1980 : le ch&#244;mage s'envole&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur fond de ralentissement de la croissance, le ch&#244;mage atteint son maximum de 3 millions de ch&#244;meurs officiels au d&#233;but des ann&#233;es 1990. Bien install&#233;, il conna&#238;t quelques oscillations au fil des courtes reprises &#233;conomiques puis vagues de licenciements, sans pour autant se r&#233;sorber, malgr&#233; l'autoglorification des gouvernements &#224; chaque l&#233;g&#232;re baisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ch&#244;mage de masse constitue bien entendu le premier facteur de pr&#233;carit&#233;. C'est aussi un moyen de pression dont use le patronat d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1980 pour geler les salaires, avec l'encouragement du gouvernement de gauche, et &#233;roder le CDI (dont les &#171; rigidit&#233;s &#187; seraient un frein &#224; l'embauche&#8230;). Sont alors cr&#233;&#233;s, ou explosent, les contrats dits &#171; atypiques &#187; : assouplissement du CDD sous la droite en 1979, temps partiel sous la gauche en 1982 (pudiquement appel&#233; &#171; travail &#224; temps choisi &#187;), ainsi qu'une kyrielle d'&#171; emplois aid&#233;s &#187;, c'est-&#224;-dire subventionn&#233;s par l'&#201;tat, qui sous couvert d'&#171; inciter &#224; l'emploi &#187; permettent d'embaucher des pr&#233;caires &#224; bas prix. Qui s'ajoutent &#224; l'int&#233;rim croissant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Stabilisation de&#8230; la pr&#233;carit&#233; !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 30 ans, ces contrats d'exception, juridiquement encadr&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les CDD, par exemple, doivent &#234;tre motiv&#233;s par &#233;crit, ne pas remplacer un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, se multiplient. Entre 1983 et 2005, on passe de 1,4 &#224; 3 millions d'emplois pr&#233;caires, soit un salari&#233; sur sept : 548 000 int&#233;rimaires, 1 713 000 CDD (dont un tiers dans le public), 434 000 emplois aid&#233;s et 335 000 apprentis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut y ajouter les &#171; temps partiels &#187;, favoris&#233;s par des exon&#233;rations massives (50 % sous le socialiste B&#233;r&#233;govoy, ramen&#233;es &#224; 30 % par Balladur). Entre 1992 et 1995, leur proportion passe de 11 % &#224; 17 % des salari&#233;s, dont 85 % sont des femmes. Des branches enti&#232;res se ruent sur l'aubaine, comme la grande distribution o&#249; le temps partiel devient la r&#232;gle (loin du volontariat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le total des emplois pr&#233;caires et du sous-emploi touche ainsi&#8230; 25 % des travailleurs. Mais 34 % des jeunes et 43 % des moins qualifi&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Et avec la pr&#233;carit&#233;, la pauvret&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La part des salari&#233;s au Smic horaire a doubl&#233; en dix ans (17 % aujourd'hui) et ces derni&#232;res ann&#233;es, on &#233;valuait le salaire mensuel net moyen, en tenant compte du ch&#244;mage et du temps partiel, &#224; 985 &#8364; pour les ouvriers, et 925 &#8364; pour les employ&#233;s. La raison de cette &#171; smicardisation &#187; des salaires ? Encore des all&#232;gements de charges sociales, allant jusqu'&#224; 26 % du salaire brut au niveau du Smic, d&#233;gressifs jusqu'&#224; 1,6 fois le Smic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;carit&#233; et bas salaires ne sont plus un passage oblig&#233; pour les seuls jeunes. Ils perdurent pour de nombreux travailleurs : 30 % des pr&#233;caires le restent d'une ann&#233;e sur l'autre, contre 20 % dans les ann&#233;es 1980. Si on regarde trois ann&#233;es cons&#233;cutives, ceux qui ne connaissent que ch&#244;mage ou bas salaires sont 17 % pour la p&#233;riode 1998-2000, contre 7 % quinze ans avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pauvret&#233; g&#233;n&#233;rale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En France, le seuil de pauvret&#233; est fix&#233; &#224; 50 % du revenu m&#233;dian (seuil de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a baiss&#233; depuis les ann&#233;es 1970 (12 % en 1970, 6,6 % en 1990, 6,2 % en 2004). Ce sont surtout les vieux travailleurs qui &#233;taient pauvres alors. Avec le minimum vieillesse et l'arriv&#233;e des premiers retrait&#233;s &#224; carri&#232;re compl&#232;te au d&#233;but des ann&#233;es 1980, la moyenne s'est am&#233;lior&#233;e (27,3 % de retrait&#233;s pauvres en 1970, 3,7 % en 1984), mais se d&#233;grade &#224; nouveau (3,8 % en 2001). Et la pauvret&#233; sp&#233;cifique des salari&#233;s augmente : 3,9 % en 1970, 4,6 % en 1984 et 5,4 % en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &#171; Entre ch&#244;mage, sous-emploi, incertitude de l'activit&#233; et pr&#233;carit&#233; financi&#232;re des &#171; travailleurs pauvres &#187;, &lt;/em&gt; r&#233;sume Jacques Rigaudiat dans son ouvrage &lt;em&gt; Le Nouvel Ordre prol&#233;taire &lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;3 Le Nouvel Ordre prol&#233;taire, Le mod&#232;le social fran&#231;ais face &#224; l'ins&#233;curit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;em&gt; , c'est tr&#232;s vraisemblablement entre le quart et le tiers de la population, entre 15 et 20 millions de personnes &#8211; 7 millions de pauvres et 8 &#224; 12 millions de pr&#233;caires &#8211; qui ont, de fa&#231;on durable, des conditions de vie marqu&#233;es du sceau de l'extr&#234;me difficult&#233; &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agathe MALET&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNThmNWY4IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjh6TVRBZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MM0J5WldOaGNtbDBaUzV3Ym1jbklIZHBaSFJvUFNJek1EQWlJR2hsYVdkb2REMGlNVGd6SWlCaGJIUTlKeWNnTHo0S1BDOW1hV2QxY21VK0Nqd3ZaR2wyUGc9PSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les CDD, par exemple, doivent &#234;tre motiv&#233;s par &#233;crit, ne pas remplacer un licenciement &#233;conomique dans les 6 mois et &#234;tre limit&#233;s &#224; deux contrats et 18 mois maximum. Des r&#232;gles qui n'emp&#234;chent pas dans nombre d'entreprises et pas des moindres, des abus massifs peu sanctionn&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En France, le seuil de pauvret&#233; est fix&#233; &#224; 50 % du revenu m&#233;dian (seuil de ressources partageant en deux la population : la moiti&#233; dispose de plus, l'autre de moins &#8211; soit 1314 &#8364; par mois). 3,6 millions de personnes (6,2 % de la population) r&#233;pondent &#224; ce crit&#232;re. Un crit&#232;re al&#233;atoire&#8230; l'Europe fixant ce seuil &#224; 60 % du revenu m&#233;dian. Ce qui ferait passer le nombre de pauvres en France &#224; 7,2 millions de personnes, pr&#232;s d'un Fran&#231;ais sur huit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;3 Le Nouvel Ordre prol&#233;taire, Le mod&#232;le social fran&#231;ais face &#224; l'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique, Autrement, Paris, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Big Brother est de retour !
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Big-Brother-est-de-retour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Big-Brother-est-de-retour</guid>
		<dc:date>2008-05-13T21:50:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Conditions de travail
</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>

		<description>En 2007, une s&#233;rie de suicides au centre technique Renault-Guyancourt (78), dans une centrale EDF ou au sein du groupe Peugeot-Citro&#235;n a jet&#233; une lumi&#232;re crue sur les conditions de travail. Les m&#233;dias ont soudain d&#233;couvert l'exploitation et le &#171; harc&#232;lement moral &#187;, quand ses cons&#233;quences ont aussi touch&#233; les cadres, techniciens, ing&#233;nieurs que l'on croyait au-dessus du lot commun. &lt;br /&gt;Tous pressur&#233;s ! &lt;br /&gt;Le suppl&#233;ment &#171; Enjeux &#187; du quotidien Les &#201;chos titrait en avril 2008 : &#171; Le&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-1968-2008-40-ans-de-" rel="directory"&gt;DOSSIER : 1968-2008 : 40 ans de prol&#233;tarisation de la soci&#233;t&#233; et de luttes de classe
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Conditions-de-travail-+" rel="tag"&gt;Conditions de travail
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2007, une s&#233;rie de suicides au centre technique Renault-Guyancourt (78), dans une centrale EDF ou au sein du groupe Peugeot-Citro&#235;n a jet&#233; une lumi&#232;re crue sur les conditions de travail. Les m&#233;dias ont soudain d&#233;couvert l'exploitation et le &#171; harc&#232;lement moral &#187;, quand ses cons&#233;quences ont aussi touch&#233; les cadres, techniciens, ing&#233;nieurs que l'on croyait au-dessus du lot commun.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Tous pressur&#233;s !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le suppl&#233;ment &lt;em&gt; &#171; Enjeux &#187; &lt;/em&gt; du quotidien &lt;em&gt; Les &#201;chos &lt;/em&gt; titrait en avril 2008 : &lt;em&gt; &#171; Le manager rattrap&#233; par le taylorisme &#187;. &lt;/em&gt; Le magazine pointe &lt;em&gt; &#171; le r&#233;tr&#233;cissement de leurs marges de man&#339;uvre &#187; &lt;/em&gt;. Selon une enqu&#234;te du minist&#232;re du Travail, 17 % des cadres subissaient en 2005 un rythme de travail marqu&#233; par des normes ou d&#233;lais &#224; respecter inf&#233;rieurs ou &#233;gaux &#224; une heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; entendre les gourous du nouveau management du d&#233;but des ann&#233;es 1980, il s'agissait de fonder la productivit&#233; des cadres sur &#171; l'imp&#233;ratif de motivation &#187;. L'implication, la cr&#233;ativit&#233; et le talent de chacun devant permettre &#224; l'entreprise de l'emporter sur ses concurrentes ! Toutes sortes de vieilles m&#233;thodes appliqu&#233;es aux ouvriers furent recycl&#233;es pour les cadres (&#224; commencer par le &#171; bonus individuel &#187;). De nouvelles furent invent&#233;es, avec pour principe que le salari&#233; doit int&#233;rioriser les contraintes de productivit&#233;, se fixer lui-m&#234;me des objectifs, s'&#233;valuer, rendre compte sans cesse, se sentir responsable de l'&#233;chec et de la faillite &#233;ventuelle de son groupe. Les salaires ont partout &#233;t&#233; individualis&#233;s, et en m&#234;me temps la pression du groupe sur chaque individu syst&#233;matiquement organis&#233;e (si on perd la prime, c'est &#224; cause de toi !). Un boulevard pour la g&#233;n&#233;ralisation du stress et du &#171; harc&#232;lement moral &#187;. Avec pour &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s : le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233; des contrats, les restructurations comme mode d'existence de l'entreprise, l'externalisation de certaines activit&#233;s, la mise en cascade des sous-traitances pour accentuer la pression sur les co&#251;ts et les d&#233;lais de livraison et donc la mise au pied du mur de chaque travailleur, qualifi&#233; ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cadres n'ont pas &#233;chapp&#233; &#224; la pression accrue du capital, d'o&#249; le constat amer du magazine d&#233;j&#224; cit&#233;, qui les voit soumis &#224; &lt;em&gt; &#171; une injonction paradoxale, &#234;tre autonomes tout en se soumettant &#224; des proc&#233;dures extr&#234;mement d&#233;taill&#233;es dans la plupart des situations &#187; &lt;/em&gt;. Lesdits cadres passant de plus en plus de temps &#224; faire du &#171; reporting &#187; (rendre des comptes) archi d&#233;taill&#233; ou &#224; se sentir &#233;pi&#233;s par &lt;em&gt; &#171; la g&#233;n&#233;ralisation des progiciels de gestion int&#233;gr&#233;e &lt;/em&gt; (sic !) &lt;em&gt; permettant une remont&#233;e quasi instantan&#233;e des informations concernant la production &#224; la direction&#8230; &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#233;thodes, invent&#233;es &#224; l'occasion de la g&#233;n&#233;ralisation de l'informatique ou emprunt&#233;es aux industries classiques (notamment chez Toyota d&#232;s la fin des ann&#233;es 1960), ont &#233;t&#233; peu &#224; peu appliqu&#233;es &#224; tous les &#233;chelons. Quelle que soit la paye, nul ou presque n'y &#233;chappe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNThmNWY4IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjh6TVRJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MMk52Y21SbExuQnVaeWNnZDJsa2RHZzlJak13TUNJZ2FHVnBaMmgwUFNJeU16Y2lJR0ZzZEQwbkp5QXZQZ284TDJacFozVnlaVDRLUEM5a2FYWSsiPg=='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Vieux taylorisme + nouveau management&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces nouvelles formes d'exploitation ne remplacent pas le bon vieux taylorisme, le travail &#224; la cha&#238;ne, le travail post&#233;, les gestes r&#233;p&#233;titifs, les charges lourdes, les cadences et l'absence d'autonomie dans le rythme et la conception du travail. Elles s'y ajoutent ! Malgr&#233; bien des id&#233;es re&#231;ues, ces fa&#231;ons de travailler surtout d&#233;velopp&#233;es en France &#224; partir des ann&#233;es 1950, ont continu&#233; de s'&#233;tendre. En 2005, selon le minist&#232;re du Travail, plus d'un ouvrier sur quatre voit son rythme de travail impos&#233; par le d&#233;placement automatique d'un produit ou d'une pi&#232;ce, ou par la cadence automatique d'une machine. Ce n'est pas une tenace survivance, c'est un record historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contraintes habituellement associ&#233;es au travail des ouvriers d'usine sont plus pr&#233;sentes que jamais dans les services, et chez les employ&#233;s. Les cadences s'acc&#233;l&#232;rent, augmentent le stress, la charge mentale et les maladies musculo-squelettiques (25 000 cas en 2005 contre 650 en 1985). Les horaires flexibles se sont multipli&#233;s. Un quart des ouvriers et employ&#233;s ne connaissent leurs horaires qu'une semaine &#224; l'avance, et un sur dix la veille. Pour faire tourner les machines &#224; plein, sans m&#233;nagement pour la sant&#233;, le travail habituel de nuit a doubl&#233; en quinze ans et touche 7,5 % des salari&#233;s, le m&#234;me nombre y &#233;tant contraint occasionnellement. Depuis les ann&#233;es 1980, presque toutes les formes de p&#233;nibilit&#233; physique augmentent. 57 % des employ&#233;s de commerce et 64 % des ouvriers portent des charges lourdes, contre 29 % et 40 % en 1984. Une caissi&#232;re peut manipuler 3 tonnes en une journ&#233;e. La p&#233;nibilit&#233;, c'est aussi rester debout pendant des heures (comme trois quarts des ouvriers et la moiti&#233; des employ&#233;s), tenir des positions inconfortables, subir les secousses des machines (comme un tiers des ouvriers) ou &#234;tre assourdi par un bruit permanent. Sans compter qu'en 2003, encore un travailleur sur sept &#233;tait expos&#233; &#224; des produits canc&#233;rig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les temps modernes&#8230; ou archi modernes !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la condition de prol&#233;taire moderne, c'est le vieux taylorisme plus le harc&#232;lement manag&#233;rial sophistiqu&#233;, sur fond d'ins&#233;curit&#233; li&#233;e au ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs souffrent-ils davantage de l'exploitation, dans leur chair, et dans leurs nerfs, qu'il y a 30 ans ? Pos&#233;e ainsi, la question n'a gu&#232;re de sens. Mais la gestion des entreprises passe par l'isolement de chaque salari&#233;, et c'est cette solitude, cet individualisme consciencieusement entretenu par les directions, qui avivent la souffrance physique et psychologique au travail. Avec un seul antidote possible : l'organisation des salari&#233;s pour briser l'isolement et refuser les charges de travail qui leur sont impos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard RUDELLI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Souriez, vous &#234;tes &#233;cout&#233;s !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La &#171; taylorisation des services &#187; r&#232;gne dans les centres d'appel. Des compagnies a&#233;riennes aux grands services de l'&#233;nergie, en passant par les cabinets m&#233;dicaux, l'ANPE ou les banques et assurances, le recours massif aux plateformes t&#233;l&#233;phoniques est un moyen pour supprimer des emplois dans les activit&#233;s d'accueil et de contact avec les clients et usagers. En 8 ans, France Telecom a r&#233;duit ses services de renseignements, pass&#233;s de 4 500 salari&#233;s dans 110 sites &#224; 1 000 dans 40 sites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Marseille, Cegetel emploie plus de 400 salari&#233;s, plut&#244;t dipl&#244;m&#233;s, plut&#244;t des femmes, qui r&#233;pondent &#224; des r&#233;clamations, r&#233;parations, probl&#232;mes de factures. Les appels sont minut&#233;s, les phrases format&#233;es, les employ&#233;s mis sous &#233;coute. On ne peut pas se &#171; d&#233;loguer &#187;, c'est-&#224;-dire sortir de la cha&#238;ne, sans se justifier. La baisse de cadence implique p&#233;nalit&#233; ou suppression de primes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut en outre retenir le client par le bon ton de voix et le baratin qui l'accompagne&#8230; ingr&#233;dient indispensable d'une bonne &#171; productivit&#233; &#187;. Il faut vendre des produits et services annexes : carte de fid&#233;lit&#233;, cr&#233;dit usurier, etc. L'encadrement organise des r&#233;unions de &#171; coaching &#187; pour remonter les bretelles d'employ&#233;s pr&#233;tendus d&#233;motiv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouveaux salari&#233;s des services p&#226;tissent de ce dont souffrent les ouvriers d'industrie depuis des d&#233;cennies : flicage des petits chefs, pression au rendement, parcellisation des t&#226;ches, m&#233;canisation d&#233;shumanisante, petits salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne HANSEN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNThmNWY4IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjh6TVRFZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MMjUxYldWeWJ5NXdibWNuSUhkcFpIUm9QU0kwTlRBaUlHaGxhV2RvZEQwaU1qWXpJaUJoYkhROUp5Y2dMejRLUEM5bWFXZDFjbVUrQ2p3dlpHbDJQZz09Ij4='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Services publics : quantit&#233; et qualit&#233; exig&#233;es !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rentabilisation maximum aussi dans les services publics. Depuis 20 ans, les dizaines de milliers de suppressions d'emplois &#8211; Sncf, h&#244;pitaux, Poste, voirie &#8211; y entra&#238;nent intensification et flexibilisation du travail. L'augmentation de la productivit&#233; est un v&#233;ritable enjeu : l'&#201;tat doit les rendre app&#233;tissants pour les capitaux priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; grand bond en avant &#187; de la productivit&#233; s'est produit avec le passage aux 35 heures : pas d'embauches pour compenser, temps de pause et de repas non compt&#233;s dans les horaires. Selon le minist&#232;re du Travail, deux tiers des salari&#233;s d&#233;clarent qu'apr&#232;s le passage aux 35 heures, les effectifs ont stagn&#233; ou baiss&#233;, la moiti&#233; ont des t&#226;ches en plus, et, cons&#233;quence, deux tiers estiment travailler &#224; la va-comme-j'te-pousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet de l'hypocrisie est atteint avec la mise en place de &#171; primes qualit&#233; &#187; et de &#171; challenges &#187; impossibles &#224; tenir. &#192; la fatigue se joint le stress, parfois la d&#233;pression. Cette pression pour faire du chiffre est d'autant plus mal v&#233;cue qu'elle entra&#238;ne une d&#233;gradation de la vie quotidienne de tous, et en particulier des plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.H.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNThmNWY4IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjh6TVRNZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0NpQThZU0JvY21WbVBTSkpUVWN2Y0c1bkx6RTVNekF5TURBM0xuQnVaeUlnSUdOc1lYTnpQU0p6Y0dsd1gyUnZZMTlzYVdWdUlHMWxaR2xoWW05NElpQjBlWEJsUFNKcGJXRm5aUzl3Ym1jaVBnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MekU1TXpBeU1EQTNMbkJ1WnljZ2QybGtkR2c5SWpRd01DSWdhR1ZwWjJoMFBTSTRNak1pSUdGc2REMG5KeUF2UGp3dllUNEtQQzltYVdkMWNtVStDand2WkdsMlBnPT0iPg=='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Tous cloisonn&#233;s, mais tous semblables !
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Tous-cloisonnes-mais-tous-semblables</link>
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		<dc:date>2008-05-13T21:50:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Sous traitance
</dc:subject>

		<description>&#171; Je ne suis pas de la bo&#238;te . &#187; Combien l'ont entendu, de travailleurs entrant dans une entreprise ? La politique men&#233;e par le patronat depuis 30 ans, d'&#233;clatement en sites &#224; taille r&#233;duite, de sous-traitance et prestation de services, de contrats pr&#233;caires, CDD, int&#233;rim... a pour effet insidieux que des travailleurs se sentent &#233;trangers les uns aux autres. &lt;br /&gt;Pendant longtemps en France : le primat des grandes entreprises &lt;br /&gt;&#192; ses d&#233;buts, le capitalisme a partiellement unifi&#233; et&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-1968-2008-40-ans-de-" rel="directory"&gt;DOSSIER : 1968-2008 : 40 ans de prol&#233;tarisation de la soci&#233;t&#233; et de luttes de classe
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Sous-traitance-+" rel="tag"&gt;Sous traitance
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt; Je ne suis pas de la bo&#238;te &lt;/em&gt;. &#187; Combien l'ont entendu, de travailleurs entrant dans une entreprise ? La politique men&#233;e par le patronat depuis 30 ans, d'&#233;clatement en sites &#224; taille r&#233;duite, de sous-traitance et prestation de services, de contrats pr&#233;caires, CDD, int&#233;rim... a pour effet insidieux que des travailleurs se sentent &#233;trangers les uns aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Pendant longtemps en France : le primat des grandes entreprises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; ses d&#233;buts, le capitalisme a partiellement unifi&#233; et regroup&#233; la classe ouvri&#232;re : des ateliers aux manufactures, puis aux usines, jusqu'aux villes-usines de l'apr&#232;s deuxi&#232;me guerre mondiale telles Renault Billancourt ou Peugeot Sochaux, avec quelque 40 000 ouvriers chacune. En m&#234;me temps, la m&#233;canisation d&#233;qualifiait le travail, rendant les ouvriers interchangeables. Les premiers syndicats, organis&#233;s en m&#233;tiers (cordonniers, charpentiers&#8230;), ont d&#251; laisser la place aux syndicats d'industrie, organisant l'ensemble des travailleurs d'une branche et entreprise. En France, cette transformation s'est faite &#224; la fin du xixe si&#232;cle, sous l'impulsion de syndicalistes r&#233;volutionnaires, d'initiateurs des bourses du travail, puis de la CGT. C'est-&#224;-dire de l'avant-garde syndicale de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes usines ont &#233;t&#233; le terrain d'implantation privil&#233;gi&#233; des organisations ouvri&#232;res. En cas de gr&#232;ve, des milliers de travailleurs en lutte donnent du retentissement &#224; un conflit. Ce n'est pas pour rien si on disait dans les ann&#233;es 1950 : &#171; &lt;em&gt; Quand Billancourt &#233;ternue, c'est toute la France qui s'enrhume &lt;/em&gt; &#187;. M&#234;me pour les groupes trotskistes, la pr&#233;sence dans ces grandes entit&#233;s a &#233;t&#233; n&#233;cessaire et d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, la tendance s'est invers&#233;e. En 1975, 1 salari&#233; sur 5 travaillait dans un &#233;tablissement de plus de 500 salari&#233;s (1 sur 3 pour l'industrie). Aujourd'hui, c'est seulement 1 sur 10 (1 sur 5 pour l'industrie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que la m&#234;me production se fait avec moins d'ouvriers, mais le patronat a aussi &#233;clat&#233; les usines, d&#233;velopp&#233; la sous-traitance et d&#233;localis&#233; une partie de la production. Par exemple, fin 2003 en &#206;le-de-France, les 50 900 salari&#233;s de l'automobile se r&#233;partissaient dans 376 &#233;tablissements. Renault Guyancourt et Peugeot Poissy, avec respectivement 12 000 et 9 200 salari&#233;s, sont parmi les plus grands. On est loin de Billancourt&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tertiaire a toujours &#233;t&#233; plus dispers&#233;, proximit&#233; avec le client oblige. R&#233;cemment, des grands centres sont apparus : centres d'appel, en plein boom, ou de vente par correspondance. Mais on reste loin des effectifs de l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un maillage &#224; tisser&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'elle n'en soit pas la seule raison, la disparition progressive des grandes usines a contribu&#233; &#224; la baisse du nombre de syndiqu&#233;s. Les conf&#233;d&#233;rations ont peu de militants dans les nouveaux sites du tertiaire et le rayon d'action des militants qui en &#233;mergent, comme de ceux qui restent en usine, s'est r&#233;tr&#233;ci. L'impact des gr&#232;ves est g&#233;n&#233;ralement plus r&#233;duit quand l'entreprise est petite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut pourtant trouver les moyens de d&#233;passer ces carcans et d'unifier les luttes. Car les attaques qui se d&#233;clenchent concernent tous les salari&#233;s, ceux qui appartiennent formellement &#224; l'entreprise comme les int&#233;rimaires, les prestataires et les sous-traitants. Quand Airbus r&#233;duit ses co&#251;ts sur le dos du personnel, salari&#233;s d'Airbus et sous-traitants sont d&#233;log&#233;s &#224; la m&#234;me enseigne. Des sites importants existent toujours, voire ont surgi, avec d'&#233;normes concentrations ouvri&#232;res, comme l'a&#233;roport de Roissy qui compte 80 000 salari&#233;s ou la plate-forme de La D&#233;fense qui en compte 150 000, mais les salari&#233;s y d&#233;pendent d'une myriade d'entreprises. Et si les probl&#232;mes sont plus que jamais les m&#234;mes pour tous, la conscience n'en est pas forc&#233;ment au rendez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus qu'avant, les travailleurs ont besoin de nouer des contacts, avec les prestataires, avec les entreprises alentours et les autres sites de l'entreprise. Le d&#233;veloppement de r&#233;seaux de militants est une des t&#226;ches essentielles pour rompre l'isolement, pour que l'information sur les luttes circule, pour que les sous-traitants et les diff&#233;rents sites d'une entreprise se coordonnent, pour que les petites victoires soient des exemples suivis et encourageants. Il faut souvent passer &#224; c&#244;t&#233; des structures syndicales, qui sont insuffisantes et parfois des obstacles au d&#233;veloppement de tels r&#233;seaux, m&#234;me si les militants les plus combatifs sont aussi dans les syndicats. Les premi&#232;res internationales ouvri&#232;res ont exist&#233; &#224; une &#233;poque o&#249; la pr&#233;carit&#233; et l'&#233;clatement de la classe ouvri&#232;re &#233;taient la norme. Il n'y a donc rien d'impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maurice SPIRZ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNThmNWY4IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjh6TVRRZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MMlJwZG1semFXOXVMbkJ1WnljZ2QybGtkR2c5SWpNME9TSWdhR1ZwWjJoMFBTSXpNalFpSUdGc2REMG5KeUF2UGdvOEwyWnBaM1Z5WlQ0S1BDOWthWFkrIj4='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> L'&#233;cole ne fait pas changer de classe... sociale
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-ecole-ne-fait-pas-changer-de-classe-sociale</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Enseignement
</dc:subject>

		<description>Le niveau scolaire des milieux populaires a augment&#233; depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Les fils d'ouvriers vont plus longtemps &#224; l'&#233;cole et sont g&#233;n&#233;ralement plus cultiv&#233;s que leurs parents. Mais le syst&#232;me &#233;ducatif reste un lieu de reproduction des classes sociales. &lt;br /&gt;En 1950, 5 % d'une classe d'&#226;ge atteignait le bac, aujourd'hui c'est pr&#232;s de 70 %. Il y a vingt ans, 15 % des jeunes quittaient le syst&#232;me scolaire au niveau &#171; bac + 2 &#187;, aujourd'hui 40 %. Pourtant &#224; 18 ans,&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le niveau scolaire des milieux populaires a augment&#233; depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Les fils d'ouvriers vont plus longtemps &#224; l'&#233;cole et sont g&#233;n&#233;ralement plus cultiv&#233;s que leurs parents. Mais le syst&#232;me &#233;ducatif reste un lieu de reproduction des classes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1950, 5 % d'une classe d'&#226;ge atteignait le bac, aujourd'hui c'est pr&#232;s de 70 %. Il y a vingt ans, 15 % des jeunes quittaient le syst&#232;me scolaire au niveau &#171; bac + 2 &#187;, aujourd'hui 40 %. Pourtant &#224; 18 ans, 30 % des enfants d'ouvriers ont d&#233;j&#224; stopp&#233; leurs &#233;tudes, 5 % seulement d'enfants de cadres. Ces derniers r&#233;ussissent trois fois plus au bac que les premiers et huit fois plus au &#171; bac S &#187;, qui a la meilleure r&#233;putation. &#192; la moindre difficult&#233;, les enfants d'ouvriers sont orient&#233;s vers des fili&#232;res professionnelles, quand ceux des plus riches suivent des cours particuliers payants. R&#233;sultat : 45 % des enfants de cadres vont &#224; l'universit&#233; ou en classe pr&#233;paratoire pour seulement 9 % des enfants d'ouvriers. Les in&#233;galit&#233;s scolaires ont des origines sociales. Les milieux ais&#233;s ont plus de facilit&#233; pour accorder un soutien scolaire (parental ou priv&#233;), mais ont surtout un mode de vie favorisant l'acc&#232;s &#224; des activit&#233;s culturelles, sociales et des loisirs donnant aux jeunes un bagage.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Bagage ou pas, le ch&#244;mage frappe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, triste nouveaut&#233; de ces derni&#232;res ann&#233;es : tous les jeunes sont concern&#233;s par le ch&#244;mage, y compris ceux issus de l'enseignement sup&#233;rieur (6 % des bac +2). Beaucoup doivent accepter des emplois en dessous de leur qualification, en particulier dans la fonction publique, devenue un refuge face au ch&#244;mage : 64 % des recrut&#233;s du public ont un dipl&#244;me sup&#233;rieur au niveau demand&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, pour s&#233;lectionner 300 candidats parmi 4 000, la &lt;em&gt; Propret&#233; de Paris &lt;/em&gt; a instaur&#233; un concours. Certains s'&#233;tonnent du r&#233;sultat : 15 % des 6 900 &#233;boueurs sont des bacheliers, 60 % des CAP et BEP. Reste que par ces temps difficiles, ces concours permettent &#224; ce jour d'acqu&#233;rir une stabilit&#233; professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La discrimination sociale aussi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;tendu &#171; ascenseur social &#187; est bloqu&#233; aussi par les discriminations et pr&#233;jug&#233;s de la soci&#233;t&#233;. Malgr&#233; leurs dipl&#244;mes, des jeunes sont victimes du racisme, de la r&#233;putation de leur quartier d'origine et du sexisme. &#192; dipl&#244;mes &#233;gaux, les femmes trouvent un premier emploi &#224; temps partiel 2 &#224; 3 fois plus souvent que les hommes. Des enqu&#234;tes r&#233;p&#233;t&#233;es mettent en lumi&#232;re la discrimination ethnique, ou li&#233;e au lieu de r&#233;sidence jug&#233; &#171; &#224; mauvaise fr&#233;quentation &#187;. Dans les quartiers populaires baptis&#233;s &#171; Zones urbaines sensibles &#187; (ZUS), le ch&#244;mage est de 11 % pour les &#171; bac + 2 &#187; contre 6 % sur l'ensemble du pays. Avec un bac ou moins, le ch&#244;mage est 2 &#224; 3 fois plus &#233;lev&#233; dans ces zones que la moyenne nationale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Apprendre oui, pour l'&#233;mancipation de sa classe !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un dipl&#244;me est toujours mieux pour &#171; s'en sortir &#187;, mais il est loin d'&#234;tre un s&#233;same. Au final, nombre de jeunes des milieux populaires qui pensaient avoir r&#233;ussi restent cantonn&#233;s aux emplois du bas de l'&#233;chelle. La d&#233;ception est d'autant plus grande qu'on leur a fait miroiter une meilleure condition sociale. L'&#233;cole n'a pas fait dispara&#238;tre les in&#233;galit&#233;s, elle les a juste d&#233;plac&#233;es. D'o&#249; le rejet de l'&#233;cole par certains jeunes des quartiers populaires. La lutte pour une &#233;ducation de qualit&#233; pour tous, adapt&#233;e aux difficult&#233;s des milieux populaires, est pourtant n&#233;cessaire. Pour les enfants des classes populaires, mieux vaut savoir lire, &#233;crire, compter, raisonner, d&#233;tenir la meilleure part de culture. Mais surtout pour comprendre les rouages de cette soci&#233;t&#233; d'exploitation et avoir des armes pour la combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hersh RAY&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNThmNWY4IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjh6TVRZZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MMlpwYkhOZlpHOXRaWE4wTFRJdWNHNW5KeUIzYVdSMGFEMGlOREF3SWlCb1pXbG5hSFE5SWpRek1TSWdZV3gwUFNjbklDOCtDand2Wm1sbmRYSmxQZ284TDJScGRqND0iPg=='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Des chiffres et des luttes
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-chiffres-et-des-luttes</link>
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		<dc:date>2008-05-13T21:49:58Z</dc:date>
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>

		<description>Ces 20 &#224; 30 derni&#232;res ann&#233;es, la classe ouvri&#232;re n'a pas trouv&#233; la force de stopper l'offensive de la bourgeoisie contre l'emploi et les salaires. La situation sociale, comme le reflet qu'en donnent les statistiques du minist&#232;re du Travail, n'indiquent pourtant aucun &#233;lectroenc&#233;phalogramme plat. &lt;br /&gt;Les syndicats ont du mal &#224; recruter. Dans les ann&#233;es 1980, leurs effectifs ont d&#233;gringol&#233; de 20 % des salari&#233;s aux 7 &#224; 8 % d'aujourd'hui. La France est class&#233;e au dernier rang de l'Europe &#224;&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-1968-2008-40-ans-de-" rel="directory"&gt;DOSSIER : 1968-2008 : 40 ans de prol&#233;tarisation de la soci&#233;t&#233; et de luttes de classe
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces 20 &#224; 30 derni&#232;res ann&#233;es, la classe ouvri&#232;re n'a pas trouv&#233; la force de stopper l'offensive de la bourgeoisie contre l'emploi et les salaires. La situation sociale, comme le reflet qu'en donnent les statistiques du minist&#232;re du Travail, n'indiquent pourtant aucun &#233;lectroenc&#233;phalogramme plat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont du mal &#224; recruter. Dans les ann&#233;es 1980, leurs effectifs ont d&#233;gringol&#233; de 20 % des salari&#233;s aux 7 &#224; 8 % d'aujourd'hui. La France est class&#233;e au dernier rang de l'Europe &#224; 25 pour son taux de syndicalisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le Paradoxe du syndicalisme fran&#231;ais &#187;, Dares, Premi&#232;res Synth&#232;ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourtant, si les &#233;quipes militantes ont fondu, plus de la moiti&#233; des salari&#233;s disent avoir un syndicat dans leur entreprise et la France est 10&lt;span class='base64GUILL' title='PHN1cCBjbGFzcz0idHlwb19leHBvc2FudHMiPg=='&gt;&lt;/span&gt;e&lt;/sup&gt; pays europ&#233;en pour cette &#233;tendue. D'apr&#232;s la Dares (la direction statistique du minist&#232;re du Travail), en 2006, les syndicats sont intervenus dans le d&#233;clenchement de 74 % des conflits collectifs (43 % impliquant la CGT, loin devant les autres syndicats), qu'ils les aient souhait&#233;s ou simplement appuy&#233;s. En France, l'adh&#233;sion &#224; un syndicat, en particulier dans le secteur priv&#233;, reste un signe d'attachement &#224; quelques perspectives de lutte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon la Dares, 48 % des salari&#233;s syndiqu&#233;s d&#233;clarent participer aux arr&#234;ts (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et les syndicats gardent des capacit&#233;s d'action&#8230; m&#234;me si celles-ci consistent finalement moins &#224; encourager aux combats n&#233;cessaires qu'&#224; signer des accords dommageables pour les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des causeries de salon en courbe ascendante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Gouvernements et patronat n'ont pas m&#233;nag&#233; leurs efforts pour circonvenir les appareils syndicaux en esp&#233;rant limiter et d&#233;sarmer les luttes. En 1982, la loi Auroux instaure les accords d'entreprise d&#233;rogatoires aux accords de branche sur les salaires, permettant aux patrons d'obtenir un rapport de force plus favorable contre les travailleurs isol&#233;s dans leur entreprise. Entre 1983 et 1990, le nombre d'accords d'entreprise passe de 1 955 &#224; 6 496 par an. Puis, sous l'effet des 35 heures, il monte &#224; plus de 19 000 dans l'ann&#233;e 2003, avec des pointes &#224; 35 000 et 30 000 en 2000 et 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directions syndicales se sont empress&#233;es de jouer au &#171; dialogue social &#187;. Sarkozy leur en fournit en veux-tu, en voil&#224; ! Au point que certaines se plaignent du rythme soutenu des sollicitations les impliquant dans les reculs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'emp&#234;che pas les employeurs de jouer davantage du b&#226;ton. Ils ont eu recours aux sanctions contre la contestation sociale dans 72 % des sites entre 2002 et 2004, pour 66 % entre 1996 et 1998.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des gr&#232;ves en courbe descendante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; luttes, les chiffres de l'Inspection du Travail sur les gr&#232;ves du secteur priv&#233; montrent qu'elles ont d&#233;clin&#233; depuis la fin des ann&#233;es 1970 (bien qu'une large part ne lui soit pas signal&#233;e et &#233;chappe au recensement). Dans ce secteur, le nombre annuel de jours de gr&#232;ve recens&#233;s a &#233;t&#233; divis&#233; par cinq depuis la fin des ann&#233;es 1970. La crainte du ch&#244;mage et la multiplication des statuts pr&#233;caires p&#232;sent beaucoup, mais aussi l'absence de perspective et la d&#233;ception des gouvernements de gauche auxquels se sont associ&#233;s les syndicats. N&#233;anmoins, les salaires restent le motif de &#171; retours de flammes &#187; gr&#233;vistes cycliques : 1986-1989, printemps 1995... et plus r&#233;cemment depuis 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la fonction publique, les gr&#232;ves n'ont pas diminu&#233; autant. Des conflits d'ampleur &#233;clatent m&#234;me r&#233;guli&#232;rement : cheminots en 1986 et 2007, infirmi&#232;res en 1988, imp&#244;ts en 1989 et 2000, profs en 1999 et 2003 et cheminots, profs, postiers et d'autres ensemble en 1995. Le service public est concern&#233; par plus de 60 % des gr&#232;ves, alors qu'il ne repr&#233;sente que 20 % des salari&#233;s. Pas tant qu'il soit plus attaqu&#233;, mais il reste &#224; ce jour plus prot&#233;g&#233; et en situation de r&#233;agir sans craindre autant pour son emploi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Col&#232;re et contestation bien visibles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte de faible mobilisation, des coups de col&#232;res &#233;clatent, m&#234;me dans le priv&#233;. On a r&#233;guli&#232;rement vu la situation sociale se tendre ces derni&#232;res ann&#233;es, obligeant les syndicats &#224; l&#226;cher de la vapeur &#224; coups de journ&#233;es d'action. &#192; la rentr&#233;e 2005, la gr&#232;ve de la SNCM, suivie par celle de la RTM, a peu pes&#233; dans les statistiques. Pourtant, elle avait cr&#233;&#233; une certaine ambiance. En 2006, avec le mouvement contre le CPE, 3 millions de travailleurs et &#233;tudiants ont manifest&#233; pour faire reculer le gouvernement, sans que cela compte dans les chiffres de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comparant les p&#233;riodes 1996-1998 et 2002-2004, la Dares a remarqu&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La n&#233;gociation collective 2006 , partie n&#176;3, dossier n&#176;4 : &#171; Les conflits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que les petits conflits sont plus nombreux : p&#233;titions, d&#233;brayages, refus d'heures suppl&#233;mentaires, manifestations. Principalement sur les salaires et le temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mathieu PARANT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;em&gt; Le Paradoxe du syndicalisme fran&#231;ais &lt;/em&gt; &#187;, Dares, Premi&#232;res Synth&#232;ses n&#176;16.1, avril 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon la Dares, 48 % des salari&#233;s syndiqu&#233;s d&#233;clarent participer aux arr&#234;ts de travail et 48 % aux autres formes de lutte, contre respectivement 12 et 14 % des non syndiqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;em&gt; La n&#233;gociation collective 2006 &lt;/em&gt;, partie n&#176;3, dossier n&#176;4 : &#171; Les conflits collectifs du travail dans les entreprises au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie &#187;, 26 juin 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> 1955-1968 : Poids des appareils syndicaux et combativit&#233; ouvri&#232;re&#8230; ne pas confondre
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/1955-1968-Poids-des-appareils-syndicaux-et-combativite-ouvriere-ne-pas</link>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>Syndicats
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		<description>La p&#233;riode qui va de 1955 &#224; 1968 illustre, &#224; sa fa&#231;on, dans quelle mesure ch&#244;mage (ou plein emploi), pr&#233;carit&#233; (ou renforcement des r&#232;gles concernant les licenciements), influence et importance des organisations politiques et syndicales des salari&#233;s sont loin d'avoir un lien direct entre eux, et avec la combativit&#233; ouvri&#232;re. &lt;br /&gt;Cette p&#233;riode s'est caract&#233;ris&#233;e par l'absence de ch&#244;mage et une certaine am&#233;lioration du pouvoir d'achat des travailleurs. En France, les guerres coloniales&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La p&#233;riode qui va de 1955 &#224; 1968 illustre, &#224; sa fa&#231;on, dans quelle mesure ch&#244;mage (ou plein emploi), pr&#233;carit&#233; (ou renforcement des r&#232;gles concernant les licenciements), influence et importance des organisations politiques et syndicales des salari&#233;s sont loin d'avoir un lien direct entre eux, et avec la combativit&#233; ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;riode s'est caract&#233;ris&#233;e par l'absence de ch&#244;mage et une certaine am&#233;lioration du pouvoir d'achat des travailleurs. En France, les guerres coloniales furent pour beaucoup dans ce plein emploi. Au moment de &#171; Mai 68 &#187;, le ch&#244;mage avait fait sa r&#233;apparition mais n'atteignait pas encore le nombre de 400 000. Les caisses de l'assurance ch&#244;mage mises en place par De Gaulle apr&#232;s sa venue au pouvoir en 1958 &#8211; fournissant aux bureaucraties syndicales des postes de gestionnaires &#8211;, &#233;taient largement pleines avec un taux de cotisation quasi indolore pour les salari&#233;s. Et ce plein emploi permettait bien souvent aux travailleurs, en changeant de patron, d'am&#233;liorer leur salaire plus efficacement que par l'action des organisations syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier organis&#233; &#233;tait domin&#233; par le Parti communiste fran&#231;ais. Celui-ci revendiquait plusieurs centaines de milliers de militants et adh&#233;rents. Il &#233;tait &#224; la direction de la CGT, dont les effectifs d&#233;passaient largement le million de syndiqu&#233;s, et omnipr&#233;sent &#224; tous les niveaux de la conf&#233;d&#233;ration. Sa capacit&#233; militante couvrait la plupart des grandes entreprises du pays.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les accords d'entreprise &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1955-1968 ne fut pas pour autant une p&#233;riode de grandes luttes. Au contraire. Elle fut caract&#233;ris&#233;e par la pratique dite des &#171; accords d'entreprises &#187;, qui fixaient les conditions de salaires et de travail pour l'une ou l'autre d'entre elles. &#192; l'oppos&#233; des &#171; conventions collectives &#187; de l'apr&#232;s &#171; Juin 36 &#187;, r&#233;glementant celles-ci pour tous les salari&#233;s d'une branche d'industrie. Cette politique fut inaugur&#233;e chez Renault apr&#232;s les grandes gr&#232;ves dans la construction navale de Nantes et Saint-Nazaire en 1955. Elle divisait les travailleurs en n'accordant des &#171; avantages &#187; que pour une minorit&#233; et favorisait le fractionnement des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les clauses de ces accords, tout en conc&#233;dant quelques miettes aux travailleurs, engageaient les syndicats signataires &#224; garantir une certaine paix sociale. C'est dans ce cadre que les organisations ouvri&#232;res dominantes, inscrivirent les &#171; luttes &#187; de cette p&#233;riode. Les gr&#232;ves appel&#233;es par les syndicats n'&#233;taient que des d&#233;brayages limit&#233;s et r&#233;p&#233;t&#233;s, d'une heure, d'une demi-heure, d'un quart d'heure. Parfois par centaines et s'&#233;talant sur des semaines, voire des mois, comme chez Chausson (hiver 1959-60) ou &#224; la Thomson (printemps 1959, puis printemps 1961), ne contraignant les patrons qu'&#224; des concessions insignifiantes au regard des revendications des travailleurs. Il n'y avait en dehors de cette agitation que des &#171; journ&#233;es d'action &#187; de temps en temps, voire avec manifestation, souvent par branche ou exceptionnellement nationale (mais pratiquement au rythme annuel pour ces derni&#232;res et bien entendu sans lendemain). Pas de quoi faire peur aux poss&#233;dants. Est-ce que les travailleurs auraient &#233;t&#233; pr&#234;ts &#224; se battre &#224; un autre niveau ? Toujours est-il que les directions syndicales n'ont surtout pas voulu le v&#233;rifier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Dure situation, face &#224; un &#171; pouvoir fort &#187; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1958, les dirigeants du PCF et de la CGT justifiaient cette tactique par le fait que la classe ouvri&#232;re &#233;tait en pr&#233;sence d'un &#171; pouvoir fort &#187;, celui de De Gaulle. Ni la gr&#232;ve illimit&#233;e ni la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale n'&#233;tant selon eux alors possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re exception &#224; cette tactique de d&#233;brayages limit&#233;s dite, selon ses promoteurs, &#171; gr&#232;ves &#224; l'&#233;conomie &#187; (lesquelles finissaient cependant par co&#251;ter assez cher &#224; ceux qui les suivaient) fut le mouvement des mineurs de mars 1963. En dehors du probl&#232;me des salaires pos&#233; par les syndicats de ce secteur, le gouvernement pr&#233;parait la liquidation des mines. Les centaines de milliers de mineurs qui crevaient &#224; la t&#226;che et dont la retraite fix&#233;e &#224; 50 ans ne b&#233;n&#233;ficiait qu'&#224; une partie d'entre eux et gu&#232;re longtemps, la plupart &#233;tant atteints de silicose, allaient se voir renvoy&#233;s aux conditions des autres travailleurs (retraite &#224; 65 ans &#224; l'&#233;poque), perdant en grande partie les &#171; avantages &#187; li&#233;s &#224; leur terrible labeur. C'est l'appel &#224; la gr&#232;ve de FO et de la CFTC, minoritaires dans les mines comme dans l'ensemble du pays, qui &#224; l'&#233;poque for&#231;a la main &#224; la CGT et fut ainsi &#224; l'origine de la gr&#232;ve illimit&#233;e. Elle dura plus d'un mois (38 jours), bravant un ordre de r&#233;quisition de De Gaulle. Malgr&#233; l'&#233;cho de cette gr&#232;ve et un m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral dans la classe ouvri&#232;re, les syndicats se gard&#232;rent d'appeler les autres secteurs &#224; se joindre aux mineurs. La gr&#232;ve se termina avec une augmentation de 11 %, sans emp&#234;cher &#224; terme la liquidation des mines.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Pr&#233;mices de 1968&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y eut &#233;galement, de 1966 au d&#233;but 1968, plusieurs mouvements spectaculaires, avec d&#233;brayages et manifestations de rue, voire heurts avec la police. Notamment &#224; Rhodiaceta o&#249; l'annonce de ch&#244;mage partiel avait suscit&#233; la col&#232;re, o&#249; apr&#232;s une s&#233;rie de d&#233;brayages limit&#233;s, d&#233;marra &#224; l'usine de Besan&#231;on une gr&#232;ve avec occupation qui dura 5 semaines (f&#233;vrier-mars 1967), entra&#238;nant &#224; son tour l'usine de Lyon. Elle fut suivie d'autres conflits, notamment dans la m&#233;tallurgie, aux Chantiers navals de Saint-Nazaire et &#224; Sud-aviation Nantes, &#224; l'usine Berliet de Lyon, chez les mineurs de fer de Lorraine. Cette ann&#233;e 1967, on commen&#231;ait &#224; voir une remont&#233;e des gr&#232;ves, que les statistiques &#233;valuent &#224; 4,2 millions de jours d'arr&#234;ts de travail alors qu'&#224; l'exception de l'ann&#233;e 1963, ce chiffre tournait entre 1 et 2,5 millions par an sur la douzaine d'ann&#233;es consid&#233;r&#233;e. Une combativit&#233; que les directions syndicales s'ing&#233;niaient &#224; d&#233;tourner et user par des actions limit&#233;es et r&#233;p&#233;t&#233;es et quelques journ&#233;es nationales d'action, tr&#232;s largement suivies, mais sans perspective. En octobre 1967 ce sont les ouvriers de Mulhouse et du Mans qui affrontaient les CRS dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte des &#233;tudiants de Mai 68 allait donner au m&#233;contentement ouvrier l'occasion d'exploser, bousculant tous les verrous syndicaux. On entrait dans une nouvelle p&#233;riode de la lutte gr&#233;viste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Louis Guilbert&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNThmNWY4IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjh6TVRjZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MM1J5WVhaaGFXeHNaWFZ5WkdseVpXTjBhVzl1Y3k1d2JtY25JSGRwWkhSb1BTSXpNREFpSUdobGFXZG9kRDBpTkRVNElpQmhiSFE5SnljZ0x6NEtQQzltYVdkMWNtVStDand2WkdsMlBnPT0iPg=='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> 1968 : la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale tue l'ennui !
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Mai 1968
</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement ouvrier
</dc:subject>

		<description>&#171; C'est d&#233;gueulasse, on est noir, on est des vrais charbonniers quand on sort de l&#224; ! &#187; proteste une ouvri&#232;re devant la porte de l'usine Wonder de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), le 10 juin 1968, alors que syndicalistes et patrons engagent les ouvriers &#224; reprendre le travail. &#171; Non, j'y foutrai plus les pieds dans cette taule !... On a rien&#8230; &#187; , continue-t-elle. Mais &#171; il [le patron] a recul&#233;&#8230; &#187; , r&#233;plique un syndicaliste. &#171; Eh oui il a recul&#233;, tiens ! &#187; , r&#233;plique-t-elle. &#171; &lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt; &#171; C'est d&#233;gueulasse, on est noir, on est des vrais charbonniers quand on sort de l&#224; ! &#187; &lt;/em&gt; proteste une ouvri&#232;re devant la porte de l'usine Wonder de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), le 10 juin 1968, alors que syndicalistes et patrons engagent les ouvriers &#224; reprendre le travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La sc&#232;ne a &#233;t&#233; film&#233;e par un &#233;tudiant &#171; gauchiste &#187; de l'&#233;cole de Cin&#233;ma de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;em&gt; &#171; Non, j'y foutrai plus les pieds dans cette taule !... On a rien&#8230; &#187; &lt;/em&gt;, continue-t-elle. Mais &lt;em&gt; &#171; il &lt;/em&gt; [le patron] &lt;em&gt; a recul&#233;&#8230; &#187; &lt;/em&gt;, r&#233;plique un syndicaliste. &lt;em&gt; &#171; Eh oui il a recul&#233;, tiens ! &#187; &lt;/em&gt;, r&#233;plique-t-elle. &lt;em&gt; &#171; C'est pas fini, c'est une &#233;tape... Faut pas avoir tout d'un seul coup&#8230; &#187; &lt;/em&gt;, rajoute l'homme &#224; la cravate (fils de Raymond Guyot dirigeant du PCF) qui parle au nom du parti. &lt;em&gt; &#171; C'est qu'il y a une section syndicale forte qui veille&#8230; 200 syndiqu&#233;s maintenant... Et c'est l&#224; la victoire &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le savon est arriv&#233;, au lendemain de mai 68, chez Wonder. Les syndicats aussi, qui n'ont pourtant pas emp&#234;ch&#233; la fermeture de l'usine, en 1985, par Bernard Tapie qui avant de prendre des responsabilit&#233;s dans un gouvernement de gauche, s'&#233;tait fait sp&#233;cialit&#233; et fortune du rachat d'entreprises, pour liquidation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;De la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; la farce du &#171; d&#233;bouch&#233; politique &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &#171; La France s'ennuie [&#8230;] La jeunesse s'ennuie [&#8230;] Les &#233;tudiants fran&#231;ais se pr&#233;occupent de savoir si les filles de Nanterre et d'Antony pourront acc&#233;der librement aux chambres des gar&#231;ons [&#8230;] Quant aux jeunes ouvriers, ils cherchent du travail et n'en trouvent pas&#8230; &#187;, &lt;/em&gt; &#233;crivait le directeur du journal &lt;em&gt; Le Monde &lt;/em&gt;, le 18 mars 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins de 2 mois plus tard, &#224; la suite de la jeunesse &#233;tudiante, la classe ouvri&#232;re montrait les dents : des millions de gr&#233;vistes paralysaient le pays. Les syndicats, en premier lieu la puissante CGT, avaient en vain tent&#233; d'enrayer l'incendie. CGT et Parti communiste, dominants alors dans la classe ouvri&#232;re, n'avaient g&#233;n&#233;ralis&#233; la gr&#232;ve, pied sur le frein, que par crainte d'&#234;tre &#233;vinc&#233;s de sa direction comme leur courant l'avait &#233;t&#233; chez les &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrons et banquiers &#233;taient inquiets et le r&#233;gime gaulliste &#233;branl&#233;. De Gaulle un jour tonnait contre la &lt;em&gt; &#171; chienlit &#187; &lt;/em&gt; qui envahissait les rues, un autre annon&#231;ait un r&#233;f&#233;rendum qu'il retirait, ou courait voir le g&#233;n&#233;ral Massu pour explorer un recours &#233;ventuel &#224; l'arm&#233;e. Il n'eut finalement besoin que de la gauche et des leaders syndicaux, qui vendirent la gr&#232;ve contre le plat de lentilles qu'on leur offrait : la dissolution du parlement et de nouvelles &#233;lections. Le plat leur est pass&#233; sous le nez, avec un nouveau parlement plus &#224; droite que le pr&#233;c&#233;dent, une fois l&#226;ch&#233;e la principale arme de la classe ouvri&#232;re : la gr&#232;ve. Mais pas question pour les politiciens de gauche en 1968, &#224; la diff&#233;rence du g&#233;n&#233;ral de droite en 1958, de devoir leur pouvoir &#224; la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, ce n'est pas la combativit&#233; ouvri&#232;re qui fit d&#233;faut en 1968. Dans ces usines, ces bureaux, ces grands magasins, qui se mettaient en gr&#232;ve sans que personne ne le leur demande, il a manqu&#233; des militants et un parti d&#233;fendant les int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, qui l'aident &#224; s'organiser, &#224; cr&#233;er sa propre direction contestant celle autoproclam&#233;e des appareils syndicaux r&#233;formistes, qui lui donnent des perspectives, y compris de pouvoir au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, Georges S&#233;guy, se fit siffler par les gr&#233;vistes de Renault-Billancourt en annon&#231;ant le r&#233;sultat des accords de Grenelle avec le patronat. Mais faute de direction concurrente, il suffit aux leaders syndicaux d'attendre encore 8 ou 10 jours pour faire reprendre le travail. Usine par usine, secteur par secteur. Quitte &#224; raconter dans telle usine, ou d&#233;p&#244;t RATP ou SNCF, pour convaincre peu &#224; peu que la reprise &#233;tait in&#233;vitable, que le travail avait repris dans tel autre. M&#234;me si c'&#233;tait faux. Car les travailleurs n'avaient ni direction propre, ni m&#234;me simple coordination directe entre eux qui leur permettent de juger par eux-m&#234;mes. Les appareils syndicaux, et surtout la CGT forte de nombreux membres et cadres du PCF, avaient r&#233;ussi &#224; contr&#244;ler ce mouvement qu'ils n'avaient pas voulu, &#224; pousser les travailleurs &#224; faire la gr&#232;ve chez eux, pendant qu'entre &lt;em&gt; &#171; militants responsables &#187; &lt;/em&gt; on occupait l'usine, pour &lt;em&gt; &#171; prot&#233;ger l'outil de travail &#187; &lt;/em&gt;&#8230; et en fermer l'acc&#232;s aux trublions &lt;em&gt; &#171; gauchistes &#187; &lt;/em&gt; qui venaient &#224; la rencontre du monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Apr&#232;s 68, le climat reste chaud&#8230; et des militants ouvriers trotskistes se font conna&#238;tre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mai 68 n'a pas chang&#233; fondamentalement l'&#233;tat d'esprit de la classe ouvri&#232;re. Et les syndicats ont fort peu pay&#233; leur trahison. Ils se sont m&#234;me renforc&#233;s, notamment dans de nombreuses entreprises petites ou moyennes o&#249; ils n'existaient que peu ou pas avant la gr&#232;ve. D'autant que la bourgeoisie leur a fait le cadeau suppl&#233;mentaire de reconna&#238;tre la &#171; section syndicale &#187; d'entreprise et d'accorder de nouveaux avantages &#224; leurs repr&#233;sentants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Changement de paysage syndical pourtant, la CFDT&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La CFDT, nouvelle venue mais issue de la &#171; d&#233;confessionnalisation &#187;, 4 ans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
prenant &#224; la CGT une partie de son influence et de ses voix aux &#233;lections professionnelles les ann&#233;es suivantes. Et changement de climat, &lt;em&gt; &#171; l'esprit de 68 &#187; &lt;/em&gt; continuant &#224; marquer les conflits des ann&#233;es 1970. Avec pour fait notoire l'apparition de l'extr&#234;me gauche sur la sc&#232;ne, et quelques premiers r&#244;les dans des gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En envoyant ses &#233;tudiants &#224; l'usine, le courant mao&#239;ste alors puissant n'y a fait qu'un passage bref, m&#234;me s'il fut parfois marquant. Les trotskistes, en particulier de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire et de Lutte ouvri&#232;re, ont &#224; partir de ces ann&#233;es-l&#224; renforc&#233; leur pr&#233;sence et leur r&#244;le dans la classe ouvri&#232;re. Eux, pour durer, tenter de vraiment s'implanter. Certes avec des politiques diff&#233;rentes qui souvent se sont oppos&#233;es. R&#244;le jou&#233; dans les divers mouvements de la jeunesse scolaris&#233;e du d&#233;but des ann&#233;es 70. R&#244;le de militants d'entreprise de Lutte ouvri&#232;re dans les gr&#232;ves d'OS qui ont marqu&#233; cette p&#233;riode, puis efforts soutenus de ces m&#234;mes militants de Lutte ouvri&#232;re pour que les gr&#232;ves engag&#233;es soient dirig&#233;es par les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes. Des comit&#233;s de gr&#232;ve contestant la supr&#233;matie des bureaucraties syndicales, surgirent ainsi, entre autres, &#224; la Polym&#233;canique &#224; Pantin en 1971, &#224; Ericsson &#224; Colombes en 1972, &#224; Chausson-Gennevilliers en 1975, &#224; Id&#233;al-Standard &#224; Aulnay en 1975, et &#233;videmment au Cr&#233;dit Lyonnais en 1974, o&#249; la gr&#232;ve dirig&#233;e par Arlette Laguiller et ses camarades d&#233;boucha sur une gr&#232;ve des banques. D'autres gr&#232;ves marquantes furent anim&#233;es par des militants ouvriers combatifs, r&#233;formistes sur le plan politique, mais m&#233;fiants &#224; l'&#233;gard des directions syndicales nationales, soucieux de faire participer activement les gr&#233;vistes &#224; l'organisation de leur mouvement. La plus marquante : la gr&#232;ve chez Lip &#224; Besan&#231;on, en 1973, o&#249; les ouvriers menac&#233;s par la fermeture de leur usine ont pendant des mois tenu le coup en r&#233;quisitionnant les stocks, en red&#233;marrant la production, pour vendre eux-m&#234;mes leurs montres afin de payer leurs salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notable donc sur le plan social : la combativit&#233; ouvri&#232;re manifest&#233;e en 1968 ne s'est pas &#233;teinte durant les ann&#233;es 1970. Notable sur le plan politique : l'extr&#234;me gauche trotskiste s'est impos&#233;e dans le paysage, certes faible et divis&#233;e, mais affirmant ses ambitions de battre en br&#232;che le monopole des bureaucraties stalinienne ou social-d&#233;mocrate, y compris dans les entreprises que ces derni&#232;res pr&#233;tendaient &#234;tre leur fief. En 1974, Arlette Laguiller crevait l'&#233;cran en tant que travailleuse trotskyste lors de la campagne pr&#233;sidentielle, d'autant qu'elle venait de diriger la plus grande gr&#232;ve d'employ&#233;s de la d&#233;cennie. En 1978, la LCR qui restait tr&#232;s estudiantine, annon&#231;ait sa volont&#233; de faire un &#171; tournant ouvrier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La gauche sert ses plats r&#233;chauff&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Confront&#233;e &#224; la situation, la CGT ne resta pas les deux pieds dans le m&#234;me sabot. S'il lui fallait se montrer responsable vis-&#224;-vis de la bourgeoisie, elle avait une libert&#233; de man&#339;uvre dans des conflits localis&#233;s qui ne risquaient pas de faire t&#226;che d'huile. Elle prit par exemple l'initiative d'une gr&#232;ve illimit&#233;e avec occupation &#224; l'usine Rateau de La Courneuve en 1974, ann&#233;e o&#249; la direction CGT condamnait &lt;em&gt; &#171; l'aventu&#173;ris&#173;me &#187; &lt;/em&gt; des dirigeants c&#233;d&#233;tistes de la gr&#232;ve de Lip ! D'autant que, l'union de la gauche retrouv&#233;e, avec tous ses retournements de boulevard, les perspectives &#233;lectorales poussaient CGT et PCF &#224; se montrer contestataires face &#224; Pompidou puis Giscard ; face &#224; la concurrence du PS aussi. Quelques journ&#233;es nationales d'action ponctu&#232;rent le calendrier syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cennie s'est cl&#244;tur&#233;e par les luttes des sid&#233;rurgistes du Nord et de Lorraine contre les licenciements massifs programm&#233;s dans ce secteur, o&#249; les travailleurs ont fait gr&#232;ve, affront&#233; la police, et une bonne partie de la population des villes concern&#233;es dans la rue avec eux. Des luttes d&#233;fensives mais tenaces, qui auraient pu &#234;tre le point de d&#233;part d'une offensive de la classe ouvri&#232;re, frapp&#233;e non seulement par les licenciements mais par la hausse vertigineuse des prix, et par les mesures d'aust&#233;rit&#233; prises par le gouvernement de Raymond Barre. Mais la gauche r&#233;ussissait &#224; se requinquer avec son fallacieux &#171; d&#233;bouch&#233; politique &#187;, sa fallacieuse &#171; union &#187; sur un programme de gouvernement adopt&#233; en 1972, pour une victoire &#233;lectorale offerte comme seul horizon : ce ne fut pas gagn&#233; en 1973-1974, pas non plus en 1978, mais ce le fut en 1981 ! Pour qu'enfin au gouvernement, le PS avec Mitterrand, le PC avec ses strapontins, ass&#232;nent &#224; leur tour les coups contre la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BELIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNThmNWY4IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjh6TVRnZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MMlJwZG1GdU5qZ3VjRzVuSnlCM2FXUjBhRDBpTXpVd0lpQm9aV2xuYUhROUlqSXdOQ0lnWVd4MFBTY25JQzgrQ2p3dlptbG5kWEpsUGdvOEwyUnBkajQ9Ij4='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La sc&#232;ne a &#233;t&#233; film&#233;e par un &#233;tudiant &#171; gauchiste &#187; de l'&#233;cole de Cin&#233;ma de Paris (HIDEC), petit court-m&#233;trage (9 minutes) repris 30 ans plus tard dans le film &lt;em&gt; La Reprise &lt;/em&gt; d'Herv&#233; le Roux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La CFDT, nouvelle venue mais issue de la &#171; d&#233;confessionnalisation &#187;, 4 ans plus t&#244;t, de l'ancien syndicat chr&#233;tien CFTC, avait pu sans risque se montrer un peu plus radicale que la CGT ma&#238;tresse du jeu, et su, pour grandir, accueillir dans ses rangs des militants r&#233;volutionnaires ou simplement plus combatifs auxquels la direction de la CGT faisait la chasse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Depuis 1981 : &#224; l'ordre du jour, la riposte collective
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		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Depuis-1981-a-l-ordre-du-jour-la-riposte-collective</link>
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Histoire
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		<description>La victoire de la gauche en 1981 n'a pas prot&#233;g&#233; les travailleurs de la poursuite des licenciements, de l'accroissement du ch&#244;mage, mais a lanc&#233; contre eux en 1982 le blocage des salaires ! Avec le PC au gouvernement, la gauche s'assurait de la complicit&#233; de toutes les directions syndicales, CGT incluse, pour faire passer les mesures anti-ouvri&#232;res. &lt;br /&gt;Les r&#233;actions au blocage des salaires furent nombreuses, au premier rang desquelles des gr&#232;ves en 1983, d'ouvriers essentiellement&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La victoire de la gauche en 1981 n'a pas prot&#233;g&#233; les travailleurs de la poursuite des licenciements, de l'accroissement du ch&#244;mage, mais a lanc&#233; contre eux en 1982 le blocage des salaires ! Avec le PC au gouvernement, la gauche s'assurait de la complicit&#233; de toutes les directions syndicales, CGT incluse, pour faire passer les mesures anti-ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions au blocage des salaires furent nombreuses, au premier rang desquelles des gr&#232;ves en 1983, d'ouvriers essentiellement d'origine immigr&#233;e, dans l'automobile (Citro&#235;n, Renault, Chausson), g&#234;nant les directions conf&#233;d&#233;rales de la CGT et de la CFDT qui ne voulaient d'aucun conflit d'envergure heurtant de front la politique d'aust&#233;rit&#233; du gouvernement. Et Pierre Mauroy Premier ministre, ayant la bassesse de d&#233;noncer ces gr&#232;ves comme manipul&#233;es par des ayatollahs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les licenciements dans la m&#233;tallurgie de l'hiver 1984 provoqu&#232;rent le premier craquement, avec la col&#232;re des sid&#233;rurgistes de Fos et de Lorraine, vite contenues par les syndicats, organisant une manifestation sans lendemain &#224; Paris pour demander &lt;em&gt; &#171; une v&#233;ritable politique industrielle &#187; &lt;/em&gt;. Le PC exprima pour la premi&#232;re fois son d&#233;saccord avec le gouvernement. Mais ce qui motiva son d&#233;part du gouvernement en juillet 1984, fut la note sal&#233;e qu'il commen&#231;a &#224; payer sur le plan &#233;lectoral, aux municipales de 1983 puis aux europ&#233;ennes de 1984.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Coordinations &#224; la SNCF&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1986, apr&#232;s la victoire du mouvement &#233;tudiant et lyc&#233;en contre les projets du ministre Devaquet et sa d&#233;mission, ce sont des cheminots du rang, lass&#233;s des journ&#233;es d'actions syndicales &#224; r&#233;p&#233;tition, qui partent en gr&#232;ve contre le blocage des salaires. Tout de suite aid&#233;s &#224; s'organiser en assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, comit&#233;s de gr&#232;ve locaux, coordinations r&#233;gionales et nationales par des militants d'extr&#234;me gauche. Daniel Vitry, de Lutte ouvri&#232;re, se trouva &#224; la t&#234;te d'une coordination nationale &#171; inter-ca&#173;t&#233;gories &#187;, tandis que la LCR animait une &#171; coordination des roulants &#187; qui restait empreinte de corporatisme. Les syndicats, &#224; commencer par la CGT, s'alarm&#232;rent de la naissance des coordinations et du r&#244;le des trotskistes. La gr&#232;ve s'arr&#234;ta apr&#232;s quatre semaines, sans avoir obtenu grand chose&#8230; si ce n'est, pour une bonne partie des cheminots, d'avoir fait l'exp&#233;rience de l'organisation par eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Coordinations dans les h&#244;pitaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &#171; Ni nonnes, ni bonnes, ni connes &#187; &lt;/em&gt;, fut le slogan choc des infirmi&#232;res dans les rues en 1988. Jusque-l&#224; peu mobilis&#233;es et faiblement syndiqu&#233;es, leur r&#233;volte bouscula le train-train syndical. Elles avaient mis en place en mars une coordination &#224; l'issue d'une premi&#232;re manifestation, qui avait multipli&#233; les contacts et d&#233;velopp&#233; une plateforme de revendications&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tout en mettant en avant des revendications d'augmentation de salaires et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, alors que des d&#233;brayages se multipliaient. &#192; l'automne, &#224; l'appel de la coordination, commen&#231;ait une gr&#232;ve reconductible d'infirmi&#232;res qui dura plusieurs semaines. Malgr&#233; les r&#233;quisitions qui oblig&#232;rent des infirmi&#232;res gr&#233;vistes &#224; travailler, les manifestations furent massives. D'autres salari&#233;s des h&#244;pitaux entr&#232;rent dans le mouvement et &#224; l'initiative de camarades de Lutte ouvri&#232;re, certains s'organis&#232;rent dans une &#171; coordination des personnels de sant&#233; &#187; qui cherchait &#224; contrebalancer le corporatisme de la coordination des infirmi&#232;res. Confront&#233;e &#224; ces nouvelles formes d'organisation, la CGT pr&#233;f&#233;ra composer. Les autres syndicats d&#233;nonc&#232;rent les coordinations&#8230; et sign&#232;rent avec le gouvernement un accord de fin de gr&#232;ve, contre l'avis des gr&#233;vistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de la CFDT jugea particuli&#232;rement inopportune cette gr&#232;ve des h&#244;pitaux, comme celle men&#233;e la m&#234;me ann&#233;e dans les centre de tri et &#171; camions jaunes &#187; de la poste. C'est ce qui pressa sa direction d'en finir avec les pr&#233;tendus &lt;em&gt; &#171; gr&#233;viculteurs &#187; &lt;/em&gt; et &lt;em&gt; &#171; moutons noirs &#187; &lt;/em&gt; des secteurs, selon le secr&#233;taire de la centrale, dont des militants de la LCR et de LO qu'il &#233;tait temps d'exclure. Ce fut l'origine de SUD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des gr&#232;ves &#233;clat&#232;rent cette m&#234;me ann&#233;e pour les salaires &#224; la Snecma, chez Chausson-Gennevilliers, quelques ann&#233;es plus tard contre la fermeture de Chausson-Creil, dirig&#233;es par des comit&#233;s de gr&#232;ve dus &#224; l'intervention de militants de Lutte ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;1995 : Tous ensemble, ouais !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 1995, &#233;clatait la gr&#232;ve des cheminots, qui s'&#233;tendit &#224; la fonction publique. La droite revenue au pouvoir avec Chirac et Jupp&#233;, tenta de faire passer en force une r&#233;forme de la s&#233;curit&#233; sociale et des r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraites. Cette fois, CGT et FO ren&#226;cl&#232;rent, tandis que la CFDT soutenait Jupp&#233; ! La CGT voulait montrer ses biceps d'interlocuteur au gouvernement, et &#233;chaud&#233;e par l'&#233;mergence des coordinations de 1986 et 1988, lan&#231;ait le mouvement, impulsait des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. FO qui voyait sa position &#224; la t&#234;te des caisses de s&#233;cu menac&#233;e au profit de la CFDT, tenait aussi &#224; s'affirmer. Ces syndicats prirent l'initiative d'une extension du mouvement au secteur public. Les travailleurs r&#233;pondirent &#224; l'appel, au-del&#224; probablement des espoirs syndicaux : la gr&#232;ve des cheminots fut populaire, quelle que f&#251;t la g&#234;ne occasionn&#233;e. Des salari&#233;s du priv&#233; se joignirent aux importantes manifestations. En faisant reculer Jupp&#233;, cette gr&#232;ve montra l'efficacit&#233; du &#171; tous ensemble &#187;. Apr&#232;s avoir impuls&#233; et organis&#233; cette gr&#232;ve la plus importante depuis 1968 chez les cheminots, la direction de la CGT n'en d&#233;cida pas moins de l'arr&#234;ter, sans consultation pr&#233;alable des gr&#233;vistes, quand le gouvernement lui proposa en sous-main un &#171; deal &#187;. Il fallut &#224; la bourgeoisie attendre Fillon en 2003-2004 contre les fonctionnaires, puis 2007 contre les cheminots et autres &#171; r&#233;gimes sp&#233;ciaux &#187;, pour resservir le plat des attaques contre la s&#233;curit&#233; sociale et les retraites.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La riposte d'ensemble, plus que jamais indispensable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la dissolution du parlement par Chirac, le retour d'un gouvernement de gauche mit fin &#224; cette fronde syndicale &#233;ph&#233;m&#232;re. Silence d&#233;sormais sur les privatisations, notamment celle de France Telecom, d&#232;s lors que Jospin en &#233;tait l'artisan. Les 35 heures servirent d'alibi pour imposer la flexibilit&#233; des horaires et la &#171; mod&#233;ration &#187; salariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant l'ann&#233;e 2000, des gr&#232;ves se succ&#233;d&#232;rent contre leur application, tr&#232;s &#233;clat&#233;es, m&#234;me l&#224; o&#249; leur unification apparaissait comme une &#233;vidence : dans les h&#244;pitaux ou &#224; La Poste (o&#249; l'on a compt&#233; 2 000 conflits li&#233;s &#224; des n&#233;gociations qui se tenaient parfois bureau par bureau).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001, les licenciements collectifs revinrent sur le devant de la sc&#232;ne : Lu-Danone, Marks &amp; Spencer, AOM, Bata... Des syndicalistes de Lu-Danone, militants d'extr&#234;me gauche, prirent l'initiative d'appeler les entreprises touch&#233;es par des licenciements &#224; se regrouper, et d&#233;j&#224; &#224; organiser une manifestation qui rassembla 20 000 travailleurs &#224; Paris. La CGT refusa d'appeler nationalement, elle ne voulait surtout pas d'une politique permettant de coordonner et d'unifier ces luttes. Pas plus qu'elle ne voulut, la droite revenue au pouvoir, d'un mouvement contre la r&#233;forme des retraites des fonctionnaires en 2003, auquel elle participa de peur qu'il n'explose sans elle, mais sans vraiment &#339;uvrer &#224; son extension et sa r&#233;ussite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte en 2006 contre le Contrat premi&#232;re embauche (CPE), un projet concernant directement le monde du travail, ne fut pas davantage voulue par les conf&#233;d&#233;rations syndicales. Ce sont les &#233;tudiants et les lyc&#233;ens qui se mobilis&#232;rent, trouv&#232;rent &#224; plusieurs reprises le soutien des salari&#233;s dans les manifestations. Mais l&#224; encore, p&#233;dale douce des conf&#233;d&#233;rations syndicales. La d&#233;termination de la jeunesse, et la sympathie qu'elle a trouv&#233;e aupr&#232;s de travailleurs, a fait craindre au gouvernement une contagion et incit&#233; Chirac &#224; l&#226;cher Villepin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des cheminots &#224; la fin 2007, les mouvements depuis le d&#233;but 2008, pour leurs salaires et leurs emplois, d'employ&#233;s de supermarch&#233;s, de saisonniers du ski, de travailleurs de Goodyear, de la Snecma, des Chantiers navals de Saint-Nazaire, de Haribo, de La Redoute, de Coca-Cola et d'autres, auxquels il faut ajouter les gr&#232;ves de travailleurs sans papiers et le mouvement des enseignants et lyc&#233;ens, montrent (&#224; qui en douterait) que ni la classe ouvri&#232;re ni la lutte de classes n'ont disparu. Certes les r&#233;actions sont isol&#233;es, alors que la col&#232;re et les aspirations sont communes. Les travailleurs sont confront&#233;s aux coups durs du patronat et du gouvernement. Mais aussi au verrou des directions syndicales qui non seulement ne font ni agitation ni propagande pour les y encourager, mais manigancent pour &#233;viter sur le terrain toute convergence contagieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande n&#233;cessaire en faveur d'un mouvement d'ensemble, ce sont les r&#233;volutionnaires trotskistes qui la font entendre : Arlette Laguiller depuis sa campagne &#233;lectorale de 1995, en faveur d'un programme d'urgence pour une lutte d'ensemble, Olivier Besancenot &#224; sa suite. Tandis que dans les entreprises et secteurs en lutte, les militants de ces courants (eux surtout &#224; ce jour) pers&#233;v&#232;rent &#224; saisir les opportunit&#233;s d'intervenir en faveur de l'&#233;largissement des luttes. C'est effectivement la priorit&#233; : pr&#233;parer un nouveau 68 que les appareils syndicaux et politiques de gauche ne r&#233;ussiront pas cette fois &#224; noyer dans les urnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel CHARVET&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNThmNWY4IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjh6TVRrZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MMlpwYm1SbGMyZHlaWFpsY3k1d2JtY25JSGRwWkhSb1BTSTFNREFpSUdobGFXZG9kRDBpTWpFMElpQmhiSFE5SnljZ0x6NEtQQzltYVdkMWNtVStDand2WkdsMlBnPT0iPg=='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;&#171; Recentrages &#187; syndicaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le cours &#171; gauche &#187; de la CFDT n'a pas pass&#233; le cap des ann&#233;es 1970. D&#233;&#231;ue par l'&#233;chec &#233;lectoral de l'Union de la gauche en 1978, dont la direction de la centrale, li&#233;e au Parti socialiste, esp&#233;rait glaner une meilleure place au soleil, la CFDT d&#233;cidait de se &#171; recentrer &#187;. Finis les liens unilat&#233;raux avec le PS, puisque la droite restait aux affaires. Sous la droite, puis tous les gouvernements suivants de toute couleur, la CFDT s'est efforc&#233;e (jusqu'&#224; aujourd'hui) de s'afficher la plus z&#233;l&#233;e collaboratrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT eut une longueur de retard. Mais c'est pr&#233;tendument avec le m&#234;me souci de &lt;em&gt; &#171; r&#233;pondre aux &#233;volutions du salariat et aux exigences nouvelles de l'activit&#233; syndicale &#187; &lt;/em&gt; qu'elle d&#233;cidait, &#224; son congr&#232;s de 1995, de jeter par-dessus bord toute r&#233;f&#233;rence, dans ses statuts, &#224; la lutte de classe. Banni du vocabulaire, le mot &lt;em&gt; &#171; ouvrier &#187; &lt;/em&gt;, remplac&#233; par &lt;em&gt; &#171; salari&#233; &#187; &lt;/em&gt;, car &lt;em&gt; &#171; les ouvriers, les employ&#233;s, les ing&#233;nieurs-cadres-techniciens-agents de ma&#238;trise repr&#233;sentent chacun un tiers de l'ensemble du salariat &#187; &lt;/em&gt;. &lt;em&gt; &#171; Nouvelles solidarit&#233;s &#187; &lt;/em&gt; et &lt;em&gt; &#171; pleine citoyennet&#233; &#187; &lt;/em&gt; remplacent la lutte de classe. L'objectif de justice sociale du &lt;em&gt; &#171; syndicalisme moderne &#187; &lt;/em&gt; serait d&#233;sormais de permettre &#224; chacun de &lt;em&gt; &#171; pouvoir r&#233;ussir socialement &#187; &lt;/em&gt;. Au congr&#232;s suivant (1998) le &lt;em&gt; &#171; syndicalisme de contestation &#187; &lt;/em&gt; devait laisser la place au &lt;em&gt; &#171; syndicalisme de proposition &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les statuts corrig&#233;s sont une chose. Les militants dans les entreprises souvent une autre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O.B.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tout en mettant en avant des revendications d'augmentation de salaires et d'embauches, la coordination infirmi&#232;re insistait sur des revendications qui lui &#233;taient propres - reconnaissance du m&#233;tier d'infirmi&#232;re et refus de l'ouverture des &#233;coles d'infirmi&#232;res &#224; des non bacheliers. Fa&#231;on de laisser &#224; l'&#233;cart les autres salari&#233;s des h&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> On nous &#233;crit : Mobilisation r&#233;ussie contre l'expulsion d'un lyc&#233;en &#224; Rennes
</title>
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		<dc:subject>Politique
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</dc:subject>

		<description>Le mardi 4 mars, Julio, un lyc&#233;en orphelin venant Angola, h&#233;berg&#233; dans un foyer pour mineur, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par la Police de l'air et des fronti&#232;res, au retour d'une sortie scolaire &#224; la gare de Rennes. Ses papiers, prouvant qu'il avait 16 ans, n'ont pas plu. Un mineur orphelin comme lui ne pouvant &#234;tre expuls&#233;, la police l'a emmen&#233; faire des examens m&#233;dicaux (osseux, g&#233;nitaux et sur sa pilosit&#233;) qui conclurent qu'il &#233;tait majeur. Des tests scientifiquement contestables car manquant de&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-57-mai-juin-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 57, mai-juin 2008
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-sans-papiers-+" rel="tag"&gt;sans-papiers
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mardi 4 mars, Julio, un lyc&#233;en orphelin venant Angola, h&#233;berg&#233; dans un foyer pour mineur, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par la Police de l'air et des fronti&#232;res, au retour d'une sortie scolaire &#224; la gare de Rennes. Ses papiers, prouvant qu'il avait 16 ans, n'ont pas plu. Un mineur orphelin comme lui ne pouvant &#234;tre expuls&#233;, la police l'a emmen&#233; faire des examens m&#233;dicaux (osseux, g&#233;nitaux et sur sa pilosit&#233;) qui conclurent qu'il &#233;tait majeur. Des tests scientifiquement contestables car manquant de pr&#233;cision. Les erreurs dans la proc&#233;dure se sont accumul&#233;s tout de suite apr&#232;s le test : Julio a &#233;t&#233; trait&#233; comme un majeur par les policiers (interrogatoire sans cam&#233;ra notamment) alors que la police aurait normalement d&#251; attendre la confirmation d'un juge qui devait &#171; officialiser &#187; la recevabilit&#233; des tests. Julio a &#233;t&#233; emmen&#233; en centre de r&#233;tention en attendant d'&#234;tre expuls&#233;, non pas vers l'Angola mais vers un autre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acharnement policier contre Julio a imm&#233;diatement suscit&#233; une forte mobilisation des &#233;l&#232;ves et des enseignants de son lyc&#233;e qui se sont r&#233;unis &#224; plus de 500 d&#232;s le jeudi 6 mars pour manifester et protester contre sa comparution imm&#233;diate. Le mouvement s'est tr&#232;s vite &#233;tendu &#224; d'autres &#233;tablissements. Ils &#233;taient plus de 300 le vendredi, et 1 000 le samedi et le lundi, 300 encore le mardi 11. Devant l'ampleur de la mobilisation, le pr&#233;fet a &#233;t&#233; oblig&#233; de r&#233;gulariser Julio dans la nuit de mardi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.R. et G.R., de Rennes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Irak : sinistre bilan de cinq ans de pr&#233;sence am&#233;ricaine
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Irak-sinistre-bilan-de-cinq-ans-de-presence-americaine</link>
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		<dc:subject>USA
</dc:subject>
		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Irak
</dc:subject>

		<description>Le 9 avril, pour le cinqui&#232;me anniversaire de la chute de Saddam Hussein, Bush se f&#233;licitait : &#171; Les succ&#232;s que nous constatons en Irak sont ind&#233;niables &#187;. Un &#171; progr&#232;s substantiel &#187; aurait &#233;t&#233; enregistr&#233; cette derni&#232;re ann&#233;e dans la stabilisation de la situation. &#192; l'heure de cette d&#233;claration, de violents combats opposaient d&#233;j&#224; depuis plusieurs jours l'arm&#233;e gouvernementale irakienne et les milices d'un dirigeant chiite, Moqtada Al-Sadr, dite Arm&#233;e du Mahdi, dans la ville&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-57-mai-juin-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 57, mai-juin 2008
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-USA-+" rel="tag"&gt;USA
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Irak-+" rel="tag"&gt;Irak
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 9 avril, pour le cinqui&#232;me anniversaire de la chute de Saddam Hussein, Bush se f&#233;licitait : &#171; &lt;/strong&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Les succ&#232;s que nous constatons en Irak sont ind&#233;niables&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;strong&gt; &#187;. Un&lt;/strong&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt; &#171; progr&#232;s substantiel &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;strong&gt; aurait &#233;t&#233; enregistr&#233; cette derni&#232;re ann&#233;e dans la stabilisation de la situation. &#192; l'heure de cette d&#233;claration, de violents combats opposaient d&#233;j&#224; depuis plusieurs jours l'arm&#233;e gouvernementale irakienne et les milices d'un dirigeant chiite, Moqtada Al-Sadr, dite Arm&#233;e du Mahdi, dans la ville p&#233;troli&#232;re de Bassorah au sud du pays et &#224; Sadr City, un quartier pauvre de Bagdad.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, &#224; la fin avril, apr&#232;s presque un mois d'affrontements, alors que les troupes am&#233;ricaines ont pris en grande partie le relais de l'arm&#233;e gouvernementale irakienne, les combats se sont intensifi&#233;s &#224; Sadr City que l'arm&#233;e am&#233;ricaine bombarde &#224; coups de missiles guid&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La multiplication des conflits &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon le commandant du contingent US en Irak, David Petraeus, il serait &lt;em&gt; &#171; impossible d'&#233;liminer, jusqu'&#224; ce jour, les causes principales des conflits, entre autres religieux, qui y &#233;clatent &#187;. &lt;/em&gt; Des chefs de guerre comme Al-Sadr utilisent la banni&#232;re de l'islamisme chiite. Le premier ministre, Nouri Al-Maliki, mis en place par les Am&#233;ricains, &#233;galement. D'autres, comme l'Arm&#233;e Islamique en Irak, utilisent celle du sunnisme. Il n'est ni nouveau ni sp&#233;cifiquement moyen-oriental que des leaders de sectes religieuses b&#233;nissent telle ou telle arm&#233;e. Le pape a lui-m&#234;me apport&#233; son soutien aux troupes am&#233;ricaines en Irak ! Mais il y a derri&#232;re les affrontements des motifs bien plus tangibles qu'une interpr&#233;tation de textes sacr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bassorah, importante ville pour l'industrie du p&#233;trole, est l'un des enjeux des affrontements entre partis chiites, comme l'a &#233;t&#233; en ao&#251;t dernier Karbala, ville sainte chiite qui rapporte &#224; l'industrie du tourisme religieux. M&#234;mes rivalit&#233;s de pouvoir et d'argent derri&#232;re les affrontements entre factions sunnites comme l'Arm&#233;e Islamiste et les groupes li&#233;s &#224; Al-Qaida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est l'occupation am&#233;ricaine qui a fait exploser ces rivalit&#233;s et qui les alimente. Pour sa propre opinion publique, le gouvernement am&#233;ricain a trouv&#233; l'explication commode : derri&#232;re l'arm&#233;e d'Al-Sadr, il y aurait la main de l'Iran. Lors du sanglant attentat du march&#233; des oiseaux de Bagdad le 24 novembre 2007, attribu&#233; par certains &#224; Al-Qaida, les USA avaient d&#233;j&#224; accus&#233; l'Iran. Pourtant, le Dawa, parti du premier ministre, ainsi que le Conseil islamique supr&#234;me d'Irak, autre parti chiite au gouvernement, semblent bien plus proches de l'Iran que les milices d'Al-Sadr ! D&#233;but mars d'ailleurs, c'est Al-Maliki qui a tr&#232;s officiellement accueilli le pr&#233;sident iranien, Mahmoud Ahmadinejad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime iranien pour sa part peut jouer sur deux tableaux, celui du gouvernement irakien en place d'un c&#244;t&#233;, comme celui d'Al-Sadr de l'autre. Mais les USA eux, jouent sur tous les tableaux. Depuis qu'ils ont renvers&#233; Saddam Hussein, ils cherchent sur qui s'appuyer en Irak pour reconstruire un appareil d'&#201;tat capable de tenir la population pauvre en main et de permettre aux trusts p&#233;troliers (am&#233;ricains en premier lieu) d'exploiter sans encombre les richesses du pays.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les rapaces &#224; l'aff&#251;t&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant la guerre, toutes les compagnies mondiales lorgnent les futurs contrats de remise &#224; niveau des installations p&#233;troli&#232;res et de prospection de nouveaux gisements (prospections interrompues depuis pr&#232;s de 30 ans, depuis la guerre Iran-Irak). Le 14 avril dernier, le gouvernement irakien a publi&#233; la liste des 35 compagnies p&#233;troli&#232;res qu'il habilite &#224; postuler &#224; ces contrats, avec aux premi&#232;res loges les compagnies am&#233;ricaines et britanniques, et &#233;limin&#233; celles qui ont tent&#233; de n&#233;gocier avec les autorit&#233;s kurdes des promesses de contrat pour la zone p&#233;troli&#232;re de Kirkouk. Mais la r&#233;alisation de ces contrats, comme la remont&#233;e esp&#233;r&#233;e de la production p&#233;troli&#232;re irakienne de 2 millions de barils par jour actuellement &#224; 6 millions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; titre de comparaison, l'Arabie saoudite et la Russie produisent environ 9 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d&#233;pendent avant tout du contr&#244;le militaire des r&#233;gions p&#233;troli&#232;res et de la s&#233;curit&#233; des pipelines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marchands de b&#233;ton semblent avoir pour l'instant meilleure chance : ils ont touch&#233; depuis 2003 quelque 100 milliards de dollars, d&#233;bours&#233; par les USA, pour des travaux de reconstruction&#8230; dont bon nombre n'ont jamais &#233;t&#233; achev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#201;clatement, apartheid et charia&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La constitution irakienne impos&#233;e en 2005 par les USA pr&#233;voyait un d&#233;coupage &#171; f&#233;d&#233;ral &#187; de l'Irak en trois zones : chiite (au sud), sunnite (au centre) et kurde (au nord). Sans que les fronti&#232;res entre ces trois zones ne soient vraiment d&#233;finies. Un r&#233;f&#233;rendum, sans cesse repouss&#233;, devrait d&#233;cider si Kirkouk, ville industrielle du nord de l'Irak, li&#233;e &#224; l'extraction p&#233;troli&#232;re, ferait ou non partie de la r&#233;gion autonome kurde ; ce qui pousse les groupes nationalistes kurdes &#224; chercher &#224; en chasser les Arabes. Des campagnes de terreur ont aussi &#233;t&#233; men&#233;es contre les chiites dans les zones dites &#224; majorit&#233; sunnite ou contre les sunnites dans les zones consid&#233;r&#233;es comme chiites, si bien que plus de 2 millions d'Irakiens ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la dictature de Saddam Hussein, sanglante certes, de nombreux quartiers mixtes demeuraient dans les grandes villes du pays et m&#234;me des familles mixtes chiites-sunnites. La &#171; purification ethnique &#187; en marche brise des familles, d&#233;place des populations. Et les &#201;tats-Unis ne cessent d'&#233;riger des murs entre les quartiers de Bagdad. Autour d'Adhamiya, un des derniers quartiers sunnites de l'Est de Bagdad, s'&#233;l&#232;ve un mur de 5 kilom&#232;tres de long et de 3,5 m&#232;tres de haut, dont la construction a d&#233;but&#233; en avril 2007. D'autres ont suivi dans cinq autres zones de la capitale. Et c'est aujourd'hui au tour du quartier de Sadr City d'&#234;tre coup&#233; du reste de la ville par la construction d'un nouveau mur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Murs, barbel&#233;s et check-points, en partie contr&#244;l&#233;s par des chefs de guerre rivaux, c'est le visage de l'Irak &#171; pacifi&#233; &#187; par l'arm&#233;e am&#233;ricaine. Quant &#224; ces diff&#233;rents chefs de factions, qu'ils soient oppos&#233;s aux USA ou soutenus par eux (et passant parfois d'un r&#244;le &#224; l'autre), ils pratiquent la surench&#232;re religieuse la plus r&#233;trograde, qui vise tout particuli&#232;rement les femmes. L'actuelle constitution irakienne, adopt&#233;e avec l'aval des autorit&#233;s d'occupation, reconna&#238;t aussi la charia comme source principale du droit.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Socialisme ou barbarie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe de cette sanglante guerre d'Irak est qu'elle est d'autant plus inextricable et chaotique que les USA semblent avoir en face d'eux moins d'ennemis r&#233;els que de candidats rivaux &#224; exercer le pouvoir sous leur houlette. Leur seul v&#233;ritable et insaisissable ennemi, c'est le peuple irakien, en particulier sa classe ouvri&#232;re sur qui p&#232;sent 5 ans de destructions de guerre (qui s'ajoutent &#224; dix ans de blocus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute d'une direction, d'un parti qui leur permette de s'organiser et de se d&#233;fendre, la population s'identifie parfois, comme une partie des habitants du faubourg mis&#233;rable de 2,5 millions d'habitants qu'est Sadr City, au combat de telle ou telle milice lorsqu'elle affronte l'arm&#233;e d'occupation. Ou se laisse bercer par les promesses d'autonomie de nationalistes kurdes. Et se retrouve ainsi prise dans l'engrenage d'affrontements fratricides entre communaut&#233;s dont joue l'arm&#233;e am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il existe un espoir de paix en Irak, c'est dans un soul&#232;vement des couches populaires, toutes confessions, toutes origines confondues, et dans une r&#233;volte de ces ouvriers du p&#233;trole qui occupent une position strat&#233;gique. Le pass&#233; de l'Irak &#8212; qui a compt&#233; il y a certes longtemps un mouvement ouvrier important &#8212;, comme les &#233;v&#232;nements actuels dans d'autres pays du Moyen-Orient, de la gr&#232;ve des ouvriers du b&#226;timent &#224; Duba&#239; en novembre &#224; celle des ouvriers du textile en &#201;gypte, en passant par les luttes des travailleurs d'Iran, rappellent que cela est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 avril 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camille BOUDJAK&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; titre de comparaison, l'Arabie saoudite et la Russie produisent environ 9 millions de barils par jour, les USA 5 millions, l'Iran presque 4 millions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Premi&#232;re victoire sur les salaires &#224; Diehl Aug&#233; d&#233;coupage (Besan&#231;on)
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Premiere-victoire-sur-les-salaires-a-Diehl-Auge-decoupage-Besancon</link>
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		<dc:date>2008-05-13T21:49:31Z</dc:date>
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>Les prix de l'alimentation et de l'&#233;nergie s'envolent. Depuis le mois de f&#233;vrier, il ne se passe pas de semaine sans que des travailleurs ne r&#233;agissent, pour l'instant encore entreprise par entreprise, par des d&#233;brayages ou des gr&#232;ves de quelques jours qui r&#233;ussissent souvent &#224; arracher quelques augmentations. C'est ce qui s'est pass&#233; derni&#232;rement dans une usine de la m&#233;tallurgie &#224; Besan&#231;on, qui est sans doute r&#233;v&#233;lateur d'un climat plus g&#233;n&#233;ral. &lt;br /&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, les 220&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-57-mai-juin-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 57, mai-juin 2008
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Greve-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les prix de l'alimentation et de l'&#233;nergie s'envolent. Depuis le mois de f&#233;vrier, il ne se passe pas de semaine sans que des travailleurs ne r&#233;agissent, pour l'instant encore entreprise par entreprise, par des d&#233;brayages ou des gr&#232;ves de quelques jours qui r&#233;ussissent souvent &#224; arracher quelques augmentations. C'est ce qui s'est pass&#233; derni&#232;rement dans une usine de la m&#233;tallurgie &#224; Besan&#231;on, qui est sans doute r&#233;v&#233;lateur d'un climat plus g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, les 220 travailleurs de l'entreprise ont peu r&#233;agi aux diverses mesures des patrons successifs, subissant le gel des salaires, un plan social en 2005 (95 licenciements) et un allongement du temps de travail de 2h40 par semaine en 2007, compens&#233; seulement pour moiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e les discussions ne manquent pas, centr&#233;es sur l'envol&#233;e des prix et la n&#233;cessit&#233; que les salaires suivent. La premi&#232;re r&#233;action a &#233;t&#233; pour beaucoup de demander individuellement des augmentations, avec &#224; chaque fois un refus au pr&#233;texte que l'entreprise perdait toujours de l'argent. En janvier, les derniers embauch&#233;s (en 2001, 2002) dans un secteur de presses prennent l'initiative de provoquer une r&#233;union de leur atelier avec le responsable de production pour demander 200 &#8364;. La discussion ne donne rien mais renforce l'id&#233;e qu'il faudrait se bagarrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois les ouvriers ne demandent plus d'augmentations individuelles mais s'adressent aux repr&#233;sentants du personnel pour savoir quand ont lieu les N&#233;gociations annuelles obligatoires (NAO). La volont&#233; d'en d&#233;coudre est perceptible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 27 mars, la direction accorde une heure d'information syndicale qui r&#233;unit 160 personnes. Deux r&#233;solutions sont vot&#233;es : r&#233;clamer 200 &#8364; et d&#233;brayer pour tenir une AG &#224; la sortie de la premi&#232;re r&#233;union NAO. &#192; cette r&#233;union la discussion est br&#232;ve, le patron se contentant de proposer 2 %. L'AG qui suit, bien que non autoris&#233;e par la direction, r&#233;unit le m&#234;me nombre de travailleurs. Apr&#232;s avoir revot&#233; les 200 &#8364;, de nombreuses voix s'&#233;l&#232;vent pour pr&#233;parer une gr&#232;ve mais d'autres proposent d'attendre encore la prochaine r&#233;union avec le patron. La d&#233;cision est prise de se revoir en AG dans les m&#234;mes conditions le mardi 22 avril.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;100 &#8364; nets pour les bas salaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 22 avril, m&#234;me nombre de travailleurs qu'aux pr&#233;c&#233;dentes AG et nouveau refus de la proposition du patron. La CGT propose de se retrouver le jeudi pour perturber un conseil d'administration et &#233;ventuellement le vendredi. Une bonne moiti&#233; des pr&#233;sents vote pour. Nous nous retrouvons entre 60 et 70 le jeudi matin, principalement des salari&#233;s de la production travaillant en &#233;quipe, &#224; monter dans les locaux de la direction. L'apr&#232;s midi, solidarit&#233; avec l'&#233;quipe du matin, trente ouvriers d&#233;brayent deux heures. La direction se f&#226;che et propose de r&#233;unir tout le monde en AG. Un directeur r&#233;p&#232;te sa proposition devant la totalit&#233; du personnel, ce qui n'a pour effet que de mobiliser encore plus de monde le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vendredi matin, c'est une centaine de salari&#233;s dont une vingtaine de l'&#233;quipe d'apr&#232;s midi qui se rassemblent et suivent les d&#233;l&#233;gu&#233;s. Apr&#232;s une heure de discussion, dont une interruption pour discuter entre gr&#233;vistes d'une nouvelle proposition de la direction, le patron accepte de donner 100 &#8364; net pour les 100 plus bas salaires (de 1 400 &#224; 2 050 brut), 1 % de la masse salariale partag&#233;e en parts &#233;gales pour les autres (soit environ 50 &#8364; brut), le jour de solidarit&#233; offert pour les femmes et les heures de d&#233;brayage pay&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'annonce du r&#233;sultat des n&#233;gociations, applaudissement g&#233;n&#233;ral en AG. Nous avons le sentiment d'avoir obtenu ce que la majorit&#233; souhaitait d&#232;s le d&#233;part : un effort pour les plus bas salaires. Les yeux brillent de satisfaction et de fiert&#233;, de s'&#234;tre retrouv&#233;s en lutte, solidaires, et d'avoir gagn&#233; pour les jeunes et sur les heures de gr&#232;ve. Au patron maintenant de se m&#233;fier s'il lui prenait l'id&#233;e de pr&#233;parer un mauvais coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 avril 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel GRANDRY&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64GUILL' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNThmNWY4IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjh6TWpBZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MMmR5WlhabGJXRnBMbkJ1WnljZ2QybGtkR2c5SWpNeE5DSWdhR1ZwWjJoMFBTSXlPRFlpSUdGc2REMG5KeUF2UGdvOEwyWnBaM1Z5WlQ0S1BDOWthWFkrIj4='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> La SNCF d&#233;clare la guerre aux conducteurs
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-SNCF-declare-la-guerre-aux-conducteurs</link>
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		<dc:subject>SNCF
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		<dc:subject>Entreprises
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		<description>Le Plan fret, qui poursuit le d&#233;mant&#232;lement de la SNCF et pr&#233;pare la privatisation de nombreuses activit&#233;s, constitue une attaque sans pr&#233;c&#233;dent contre les conditions de travail des conducteurs. Par del&#224; les conducteurs, ce projet vise tous les cheminots. &lt;br /&gt;Les conditions de travail des cheminots, en particulier des conducteurs, sont fix&#233;es par un ensemble de r&#232;glements assez complexes, r&#233;sultat des innombrables n&#233;gociations qui se succ&#232;dent depuis des ann&#233;es. Si complexes que les&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-SNCF-+" rel="tag"&gt;SNCF
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Plan fret, qui poursuit le d&#233;mant&#232;lement de la SNCF et pr&#233;pare la privatisation de nombreuses activit&#233;s, constitue une attaque sans pr&#233;c&#233;dent contre les conditions de travail des conducteurs. Par del&#224; les conducteurs, ce projet vise tous les cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions de travail des cheminots, en particulier des conducteurs, sont fix&#233;es par un ensemble de r&#232;glements assez complexes, r&#233;sultat des innombrables n&#233;gociations qui se succ&#232;dent depuis des ann&#233;es. Si complexes que les cheminots et les syndicalistes eux-m&#234;mes ont parfois du mal &#224; s'y retrouver ! En d&#233;pit de leurs limites, les r&#232;glements en vigueur, et notamment le &#171; RH0077 &#187; qui &#233;tablit la dur&#233;e maximum des journ&#233;es de travail et des repos entre deux services et pr&#233;voit des compensations pour le travail de nuit, repr&#233;sentent une relative protection. Apr&#232;s avoir impos&#233; l'allongement de la dur&#233;e de cotisation retraite, c'est maintenant &#224; ce dispositif que s'attaque la SNCF. Cette offensive patronale s'inscrit dans le cadre du Plan fret, qui va scinder la SNCF en deux : d'un c&#244;t&#233; le fret (le transport de marchandises) qui emploie environ 20 000 salari&#233;s, dont un quart de roulants, de l'autre le transport de voyageurs qui en emploie 145 000. Des cheminots qui travaillaient c&#244;te &#224; c&#244;te vont se retrouver dans deux entreprises diff&#233;rentes, avec des administrations, des comit&#233;s d'entreprise, des d&#233;l&#233;gu&#233;s, etc., diff&#233;rents ! Et aussi des r&#232;glements et des conditions de travail diff&#233;rents. Une division qui, de toute &#233;vidence, pr&#233;pare la privatisation du fret, apr&#232;s un &#171; d&#233;graissage &#187; qui supprimerait 6000 emplois. La nomination r&#233;cente de Pierre Blayau &#224; la t&#234;te du fret est symbolique : c'est l'ancien licencieur de Moulinex !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une augmentation consid&#233;rable de la dur&#233;e du travail&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Objectif d&#233;clar&#233; de la SNCF : augmenter la productivit&#233; du fret de 30 % pour r&#233;sister &#224; la concurrence des nombreuses entreprises priv&#233;es d&#233;sormais pr&#233;sentes sur ce march&#233;. Actuellement, &#224; raison de 35 heures de travail par semaine, et compte tenu des diverses compensations, un conducteur fret effectue en moyenne 1568 heures de travail par an. La direction entend obtenir 1568 heures de conduite effective. Les modifications du RH007 portent donc &#224; la fois sur les compensations du travail nocturne, sur l'amplitude des journ&#233;es de travail et sur le temps de trajet n&#233;cessaire pour prendre son poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, un conducteur prend son poste dans une gare pr&#233;cise. Avec la r&#233;forme, il pourra le prendre dans n'importe quelle gare de sa ligne &#8211; et les lignes, dans le cadre du Plan fret, seront si &#233;tendues qu'un conducteur devra parfois effectuer 100 ou 150 kilom&#232;tres pour se rendre au travail ! G&#233;n&#233;reusement la SNCF se propose de lui rembourser son essence&#8230; Aujourd'hui, quand un conducteur a travaill&#233; de nuit, m&#234;me une courte p&#233;riode, entre 0 heure 30 et 4 heure 30, sa journ&#233;e de travail est limit&#233;e &#224; 7 heure. Avec la r&#233;forme, il faudra travailler au moins 1 h 30 dans cette m&#234;me p&#233;riode pour que la journ&#233;e soit limit&#233;e&#8230; &#224; 8 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est &#224; l'avenant, notamment la diminution brutale des repos de deux jours cons&#233;cutifs qui passerait de 52 par an &#224; 40 et la d&#233;finition de ces repos. &lt;em&gt; &#171; Aujourd'hui, quand j'ai termin&#233; mon travail le vendredi &#224; 19 heure avant un repos double &lt;/em&gt;, explique un conducteur de Villeneuve (d&#233;p&#244;t proche de la Gare de Lyon &#224; Paris)&lt;em&gt; , je prends mon travail le lundi au plus t&#244;t &#224; 6 heure. Avec la r&#233;forme, le patron pourra m'obliger &#224; prendre mon service &#224; 0 heure 1 minute du matin, et n'importe o&#249; sur la ligne ! &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment, les services de la SNCF ont d&#233;j&#224; en compte la nouvelle r&#233;glementation pour &#233;laborer les &#171; roulements &#187; (horaires) qui prendront effet en d&#233;cembre (en fonction de la nouvelle r&#233;glementation).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des miettes pour faire passer la pilule&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La SNCF vient d'annoncer une s&#233;rie de contreparties financi&#232;res : augmentation de la prime de traction (16 % mais en tenant compte du gain de productivit&#233;), rachat des repos non accord&#233;s au tarif forfaitaire de 50 &#8364;, indemnisation des jours de f&#234;te travaill&#233;s (100 &#224; 126 &#8364; selon l'&#233;chelon) etc. Le patron esp&#232;re ainsi opposer notamment les jeunes r&#233;cemment embauch&#233;s, aux plus anciens qui supportent plus difficilement cette aggravation des conditions de travail. Au-del&#224; de la p&#233;nibilit&#233;, ces r&#233;formes repr&#233;sentent un danger consid&#233;rable pour la s&#233;curit&#233;, alors que les incidents et accidents se multiplient depuis plusieurs ann&#233;es, telle la s&#233;rie de collisions qui se sont produites en mars &#224; Villeneuve. Seule r&#233;ponse de la direction : placarder des affiches incitant les cheminots &#224; la vigilance !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Col&#232;re &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elle gronde chez les conducteurs du fret, mais aussi chez la plupart des autres conducteurs, et m&#234;me chez les s&#233;dentaires. Car si la modification du r&#232;glement ne concerne pour l'heure que les premiers, il est clair que la volont&#233; de la direction est de l'&#233;tendre aux autres cat&#233;gories de cheminots. Une riposte r&#233;unissant non seulement les cheminots SNCF, toutes cat&#233;gories confondues, mais aussi les cheminots du priv&#233;, est &#224; l'ordre du jour. Ceux du priv&#233; ont d'ailleurs montr&#233; qu'ils n'&#233;taient pas pr&#234;ts &#224; tout accepter : en mars, les cheminots d'Euro Cargo Rail du d&#233;p&#244;t de Bourg-en-Bresse se sont mis en gr&#232;ve pour exiger le paiement de leurs heures suppl&#233;mentaires et une programmation de leurs horaires permettant de g&#233;rer leur vie personnelle. L'unit&#233; de tous les cheminots est indispensable pour imposer l'alignement par le haut de la protection sociale et mettre un frein &#224; ces attaques. Mais, cette fois, s'ils veulent se donner les chances de gagner, les cheminots ne devront pas laisser la direction de leur lutte &#224; des syndicats qui ont montr&#233; lors de la gr&#232;ve pour la d&#233;fense des retraites que leur objectif &#233;tait davantage d'accompagner les r&#233;formes par des n&#233;gociations bidon que d'affronter la SNCF et l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 avril 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges RIVIERE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNThmNWY4IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjh6TURrZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MM051WTJZdWNHNW5KeUIzYVdSMGFEMGlOVEF3SWlCb1pXbG5hSFE5SWpFM09DSWdZV3gwUFNjbklDOCtDand2Wm1sbmRYSmxQZ284TDJScGRqND0iPg=='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Peugeot Citro&#235;n : La &#171; Gestion pr&#233;visionnelle des emplois &#187;, ou comment licencier &#224; moindre frais
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Peugeot-Citroen-La-Gestion-previsionnelle-des-emplois-ou-comment-licencier-a</link>
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		<dc:date>2008-05-13T21:49:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>PSA
</dc:subject>
		<dc:subject>Licenciements
</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprises
</dc:subject>

		<description>La loi de janvier 2005, dite de &#171; programmation pour la coh&#233;sion sociale &#187; , a rendu obligatoire (&#224; partir du 20 janvier 2008) pour toute entreprise de plus de 300 salari&#233;s la n&#233;gociation tous les 3 ans d'un accord dit de &#171; gestion pr&#233;visionnelle des emplois et comp&#233;tences &#187; , GPEC de son petit nom autour des tapis verts. Selon le ministre d&#233;l&#233;gu&#233; au travail de l'&#233;poque, G&#233;rard Larcher, ceci devait &#234;tre &#171; un facteur d&#233;terminant pour &#233;viter les restructurations brutales &#187; et&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-57-mai-juin-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 57, mai-juin 2008
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-PSA-+" rel="tag"&gt;PSA
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Licenciements-+" rel="tag"&gt;Licenciements
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Entreprises-72-+" rel="tag"&gt;Entreprises
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La loi de janvier 2005, dite de &lt;em&gt; &#171; programmation pour la coh&#233;sion sociale &#187; &lt;/em&gt;, a rendu obligatoire (&#224; partir du 20 janvier 2008) pour toute entreprise de plus de 300 salari&#233;s la n&#233;gociation tous les 3 ans d'un accord dit de &lt;em&gt; &#171; gestion pr&#233;visionnelle des emplois et comp&#233;tences &#187; &lt;/em&gt;, GPEC de son petit nom autour des tapis verts. Selon le ministre d&#233;l&#233;gu&#233; au travail de l'&#233;poque, G&#233;rard Larcher, ceci devait &#234;tre &lt;em&gt; &#171; un facteur d&#233;terminant pour &#233;viter les restructurations brutales &#187; &lt;/em&gt; et permettre &lt;em&gt; &#171; d'&#233;viter les licenciements &#233;conomiques et d'en limiter le nombre &#187; &lt;/em&gt;. Au-del&#224; de tout le fatras des clauses sur la formation, les progressions de carri&#232;res ou la gestion des comp&#233;tences, qui remplissent de promesses les pages de ces accords, le but &#233;tait clairement annonc&#233; : associer les syndicats aux futures restructurations et suppressions d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;5 000 suppressions de postes &#224; Peugeot-Citro&#235;n&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les clauses destin&#233;es &#224; permettre de pousser les travailleurs aux d&#233;parts &lt;em&gt; &#171; volontaires &#187; &lt;/em&gt;, constituent l'un des chapitres, et le seul consistant, de bon nombre d'accords de GPEC sign&#233;s &#224; ce jour. &lt;em&gt; &#171; C'est s&#233;curis&#233;, moins brutal qu'un licenciement &#233;conomique, &#231;a pr&#233;serve le climat social &#187; &lt;/em&gt; explique un avocat du monde patronal, pr&#233;sident du Cercle des DRH, cit&#233; par le journal &lt;em&gt; Entreprises et Carri&#232;res &lt;/em&gt; du 18 mars dernier. Et c'est &lt;em&gt; &#171; inattaquable [&#8230;] un salari&#233; qui signe un accord &#224; l'amiable dans le cadre d'un d&#233;part volontaire ne peut, par la suite, contester la rupture de son contrat de travail &#187;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation que vient d'en faire le groupe Peugeot-Citro&#235;n est parlante. D&#233;but mars 2007 la direction n&#233;gociait au pas de charge un accord de GPEC. Le 6 avril, il &#233;tait sign&#233; par tous les syndicats, sauf la CGT, seule &#224; d&#233;noncer les clauses destin&#233;es aux &#233;ventuelles r&#233;ductions d'effectifs. Les signataires vantaient les m&#233;rites du futur &lt;em&gt; &#171; comit&#233; paritaire &#187; &lt;/em&gt; sur l'&#233;volution de l'entreprise ou de l'&lt;em&gt; &#171; observatoire des m&#233;tiers et des comp&#233;tences &#187; &lt;/em&gt; pour l'adaptation du personnel aux &#233;volutions technologiques. &lt;em&gt; &#171; Entretiens annuels de progr&#232;s &#187; et &#171; bilans de comp&#233;tences &#187; &lt;/em&gt;, devaient favoriser les progressions de carri&#232;res, les &lt;em&gt; &#171; mobilit&#233;s &#187; &lt;/em&gt;r&#233;pondre aux des salari&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal &lt;em&gt; Les &#201;chos &lt;/em&gt; titrait : &lt;em&gt; &#171; les syndicats approuvent le plan de d&#233;parts volontaires &#187; &lt;/em&gt;. Le ministre Larcher demandait &#224; la Commission europ&#233;enne des aides, sur les fonds destin&#233;s aux &lt;em&gt; &#171; victimes de la mondialisation &#187; &lt;/em&gt;, pour les sous-traitant de PSA qui allaient faire aussi les frais de la restructuration. Le 9 mai 2007, la direction de PSA annon&#231;ait la suppression de 4 800 postes en France (1 800 ouvriers, autant de techniciens et de personnels administratifs, et 1 200 cadres), en grande partie dans les centres techniques. Ils faisaient suite au 7 000 suppressions d'emplois en 2006 dans la production. Les d&#233;parts &lt;em&gt; &#171; volontaires &#187; &lt;/em&gt; aux conditions pr&#233;vues dans l'accord de GPEC allaient en &#234;tre l'outil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et PSA ne compte pas s'en tenir l&#224;, annon&#231;ant, le 13 d&#233;cembre 2007, la poursuite du plan notamment sur les sites de Rennes, Aulnay, Mulhouse. 1 000 suppressions de postes programm&#233;es en 2008, majoritairement chez les ouvriers professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Apr&#232;s un an de &#171; Gestion pr&#233;visionnelle &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si, en moins de six mois, la direction a r&#233;ussi &#224; obtenir le nombre de volontaires d&#233;sir&#233; (et m&#234;me un peu plus, 5 090 d&#233;parts d&#233;nombr&#233;s fin d&#233;cembre 2007, plus 590 d&#233;parts &#224; la retraite hors GPEC), les pressions de l'encadrement et les menaces voil&#233;es (il n'y a plus d'avenir ici pour vous !) ont plus jou&#233; que les maigres incitations financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au centre technique de La Garenne, dans la r&#233;gion parisienne, o&#249; le nombre de candidats au d&#233;part s'est accru &#224; la rentr&#233;e de septembre, on notait surtout une certaine r&#233;signation, avec le raisonnement qu'il faut sauver sa peau au mieux de ses int&#233;r&#234;ts avant que la direction n'ait recours &#224; un plan social. Les cons&#233;quences, on les ressent aujourd'hui, avec des effectifs r&#233;duits alors que PSA multiplie les projets de nouveaux v&#233;hicules. Le plan GPEC a eu pour effet de freiner voire de bloquer la mobilit&#233; des salari&#233;s, tant vant&#233;e par l'accord, l'encadrement souhaitant garder le plus possible ses troupes. Et la plupart des services sont d&#233;bord&#233;s, au point que leurs responsables eux-m&#234;mes ne savent plus o&#249; donner de la t&#234;te. Il y a quelques semaines, une des grandes directions techniques, celle des projets moteurs, a estim&#233; sa charge de travail &#224; 5 000 personnes (estimation d&#233;j&#224; en dessous des besoins) alors qu'elle n'en compte plus que 3 500. On nous a alors annonc&#233; le recours accru &#224; la sous-traitance et aux prestataires ext&#233;rieurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les salari&#233;s ayant quitt&#233; PSA, c'est souvent la gal&#232;re. &#192; Sochaux, plus de 200 salari&#233;s se sont retrouv&#233;s aux Assedic apr&#232;s leur d&#233;part. Vu leur nombre et l'&#226;ge, l'administration s'est retourn&#233;e vers PSA pour lui r&#233;clamer la contribution Delalande exig&#233;e dans le cas de licenciements &#233;conomique de salari&#233;s de plus de 50 ans. Pour ne pas la payer, PSA a tent&#233;, par un courrier aux salari&#233;s partis, de les pousser &#224; se d&#233;sinscrire du ch&#244;mage, sous peine de devoir rembourser les primes de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;v&#233;nement le plus dramatique &#224; &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; fin mars : le suicide d'une ex-salari&#233;e du si&#232;ge. Dans une lettre, l'avocat de la famille d&#233;nonce le fait que cette salari&#233;e &lt;em&gt; &#171; d&#233;sesp&#233;r&#233;e s'est retrouv&#233;e seule face &#224; son probl&#232;me d'emploi pendant son cong&#233; de reclassement. Elle n'a pu supporter la pression dont elle aurait &#233;t&#233; victime depuis le mois de septembre 2007 aux fins d'acceptation de la d&#233;cision irr&#233;vocable de son d&#233;part volontaire &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde n'a pas &#233;t&#233; log&#233; &#224; la m&#234;me enseigne. Le directeur du montage de Sochaux est parti avec une prime de plusieurs centaines de milliers d'euros destin&#233;e &#224; faciliter son nouveau projet professionnel : la culture des melons&#8230; dans l'entreprise agricole dirig&#233;e par son fils. &#192; la Garenne, un haut cadre a tir&#233; sa r&#233;v&#233;rence en touchant un pactole GPEC &#224; la hauteur de ses r&#233;mun&#233;rations&#8230; pour r&#233;appara&#238;tre dans l'organigramme du site en tant que consultant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 avril 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian COCHET&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNThmNWY4IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjh6TURnZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MM0JqWVM1d2JtY25JSGRwWkhSb1BTSTFNREFpSUdobGFXZG9kRDBpTVRjNUlpQmhiSFE5SnljZ0x6NEtQQzltYVdkMWNtVStDand2WkdsMlBnPT0iPg=='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Luttes pour les salaires en Europe
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Luttes-pour-les-salaires-en-Europe</link>
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		<dc:subject>Europe
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
</dc:subject>
		<dc:subject>Salaires
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		<dc:subject>Monde
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		<description>La gr&#232;ve victorieuse des salari&#233;s de Dacia, la filiale de Renault en Roumanie qui fabrique la Logan, a &#233;t&#233; suivie avec sympathie par de tr&#232;s nombreux travailleurs en France. Cette solidarit&#233; s'est notamment exprim&#233;e dans le succ&#232;s des collectes organis&#233;es par les syndicats dans les usines du groupe. &lt;br /&gt;Dans toute l'Europe, des prix qui s'envolent, des salaires qui stagnent... &lt;br /&gt;La gr&#232;ve de Dacia souligne aussi &#224; quel point les salaires sont le probl&#232;me num&#233;ro un dans toute l'Europe. Les&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-57-mai-juin-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 57, mai-juin 2008
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Greve-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Salaires-+" rel="tag"&gt;Salaires
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La gr&#232;ve victorieuse des salari&#233;s de Dacia, la filiale de Renault en Roumanie qui fabrique la Logan, a &#233;t&#233; suivie avec sympathie par de tr&#232;s nombreux travailleurs en France. Cette solidarit&#233; s'est notamment exprim&#233;e dans le succ&#232;s des collectes organis&#233;es par les syndicats dans les usines du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Dans toute l'Europe, des prix qui s'envolent, des salaires qui stagnent...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de Dacia souligne aussi &#224; quel point les salaires sont le probl&#232;me num&#233;ro un dans toute l'Europe. Les prix s'envolent partout, avec une inflation qui atteint pour le mois de mars 3,5 % sur un an pour la zone euro mais par exemple 16,6 % en Lettonie, 13,2 % en Bulgarie, 6,6 % en Slov&#233;nie ou 4,6 % en Espagne. Sans parler de l'augmentation des produits alimentaires et des transports qui augmentent en moyenne de 5 &#224; 6 %, avec des pointes &#224; 20, voire 40 % pour le gaz en Lituanie. Dans les pays de l'est de l'Europe, les prix se sont mis aux normes de l'ouest et le co&#251;t de la vie n'est souvent pas bien diff&#233;rent de celui de la France ou de l'Allemagne. Il n'y a que les salaires qui restent &#171; low cost &#187;. Sur l'ensemble de l'Europe, ils ont progress&#233; de 2 % en moyenne sur la m&#234;me p&#233;riode, soit presque deux fois moins vite que l'inflation ! D'apr&#232;s les chiffres de la Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats, il y aurait entre 25 et 30 millions de travailleurs qui gagnent moins de 50 % du salaire moyen europ&#233;en et, entre 2002 et 2007, la part des salaires dans le PIB de l'Europe a diminu&#233; de 6,35 %.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;...et des luttes &#224; l'ordre du jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, la revendication des travailleurs de Dacia, qui revenait &#224; environ 70 % d'augmentation de salaire, n'est qu'un juste rattrapage et la condition de ne pas sombrer dans la mis&#232;re. Leur gr&#232;ve a d'ailleurs eu un &#233;cho imm&#233;diat en Roumanie m&#234;me o&#249; les ouvriers de l'usine Arcelor-Mittal de Galati ont manifest&#233; et fait deux jours de gr&#232;ve pour obtenir le doublement de leur salaire avant que leur mouvement ne soit jug&#233; ill&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes pour les salaires sont &#233;galement &#224; l'ordre du jour dans d'autres pays d'Europe. En Allemagne, les fonctionnaires ont obtenu apr&#232;s plusieurs gr&#232;ves d'avertissement 5,1 % d'augmentation, les m&#233;tallurgistes de certaines r&#233;gions 5,2 % et les conducteurs de train 11 % (certes avec bien des contreparties qui limitent le gain). En Angleterre, 200 000 enseignants se sont mis en gr&#232;ve le 24 avril. En Lituanie, les enseignants ont fait 3 semaines de gr&#232;ve en mars pour r&#233;clamer 50 % de hausse de salaires. Enfin, le 5 avril, une manifestation europ&#233;enne &#224; l'appel de la CES a rassembl&#233; 20 000 personnes &#224; Ljubljana, capitale de la Slov&#233;nie. Ils r&#233;clamaient des &#171; salaires d&#233;cents &#187; et un salaire minimum dans tous les pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe n'a certes plus de fronti&#232;res pour l'exploitation et les profits. Les travailleurs de Dacia viennent de montrer qu'elle n'en a peut-&#234;tre plus pour les luttes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 avril 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vincent BERGER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNThmNWY4IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjh6TURjZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MMkYyWVc1MFlYQnlaWE11Y0c1bkp5QjNhV1IwYUQwaU16VXdJaUJvWldsbmFIUTlJalV4TlNJZ1lXeDBQU2NuSUM4K0Nqd3ZabWxuZFhKbFBnbzhMMlJwZGo0PSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Belgique : Des syndicats de service, mais au service de qui ?
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Belgique-Des-syndicats-de-service-mais-au-service-de-qui</link>
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		<dc:date>2008-05-13T21:49:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>
		<dc:subject>Belgique
</dc:subject>

		<description>En ce moment, se discute en France la repr&#233;sentativit&#233; future des syndicats dans les entreprises. La situation des syndicats en Su&#232;de ou en Belgique est souvent montr&#233;e en exemple de ce que pourraient &#234;tre les syndicats fran&#231;ais de demain. Que sont vraiment les syndicats en Belgique, comment sont-ils organis&#233;s et sont-ils plus combatifs pour autant ? &lt;br /&gt;Pendant la guerre et au sortir de la guerre, le patronat belge a d&#233;cid&#233; d'associer les syndicats &#224; sa politique, de les faire&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-57-mai-juin-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 57, mai-juin 2008
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Belgique-+" rel="tag"&gt;Belgique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce moment, se discute en France la repr&#233;sentativit&#233; future des syndicats dans les entreprises. La situation des syndicats en Su&#232;de ou en Belgique est souvent montr&#233;e en exemple de ce que pourraient &#234;tre les syndicats fran&#231;ais de demain. Que sont vraiment les syndicats en Belgique, comment sont-ils organis&#233;s et sont-ils plus combatifs pour autant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la guerre et au sortir de la guerre, le patronat belge a d&#233;cid&#233; d'associer les syndicats &#224; sa politique, de les faire participer au travers de conf&#233;rences nationales aux diff&#233;rentes mesures prises pour &#171; reconstruire le pays &#187; tout en &#233;vitant les conflits sociaux. D&#232;s le 24 avril 1944, un &lt;em&gt; &#171; Projet d'accord de solidarit&#233; sociale &#187; &lt;/em&gt; jette les bases de toute la politique sociale &#224; venir associant patronat et syndicats devenus &#171; &lt;em&gt; des partenaires sociaux &lt;/em&gt; &#187;. Ces syndicats sont au nombre de trois. La FGTB, appel&#233;e &#171; les rouges &#187; par r&#233;f&#233;rence &#224; son lien avec le PS ; la CSC, &#171; les verts &#187;, historiquement n&#233;e pour contrer les Socialistes et d'origine catholique ; et la CGSLB, &#171; les bleus &#187; d'inspiration &#171; lib&#233;rale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 4 ans, de 1944 &#224; 1948, neuf conf&#233;rences nationales du travail sont organis&#233;es o&#249; seront mises en place la S&#233;curit&#233; sociale (assurance maladie, assurance ch&#244;mage, retraites etc.&#8230;), les Commissions paritaires (concertation entre employeurs et syndicats), les &#171; Conseils d'entreprises &#187; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les syndicats n'ont jamais cess&#233; de participer &#224; toutes ces commissions et diff&#233;rents organes de gestion tels que : la Banque nationale de Belgique, le Comit&#233; de contr&#244;le du gaz et de l'&#233;lectricit&#233;, l'Onem (qui s'occupe de l'attribution des allocations de ch&#244;mage), le Conseil central de l'&#233;conomie, le Conseil national du travail, les Conseils d'administration de certaines entreprises publiques et divers Comit&#233;s de gestion des organismes de S&#233;curit&#233; sociale etc. &#192; ces organismes s'ajoutent, au niveau des secteurs professionnels, les Commissions paritaires (94) et les sous commissions paritaires (74). Tous ces postes donnent droit &#224; des jetons de pr&#233;sence plus ou moins importants, &#224; des journ&#233;es de d&#233;l&#233;gation et &#224; des mandats syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La gestion du ch&#244;mage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est par le biais des syndicats, le plus souvent, que les ch&#244;meurs (88 % des ch&#244;meurs &#233;taient syndiqu&#233;s en 2004) introduisent une demande d'allocations de ch&#244;mage aupr&#232;s de l'Onem (organisme qui d&#233;cide de l'attribution ou non des allocations de ch&#244;mage) et per&#231;oivent leurs indemnit&#233;s. Une caisse publique existe (la CAPAC), mais elle est moins connue que les caisses syndicales m&#234;me si les syndicats participent aussi&#8230; &#224; la gestion de la caisse publique ! En contrepartie, l'&#201;tat verse aux syndicats une subvention pour le fonctionnement de ces organismes. En 2003, toutes ces caisses ont introduit 12,6 millions de dossiers aupr&#232;s de l'Onem et ont pay&#233; 7,6 milliards d'euros d'indemnit&#233;s. C'est dire les sommes qui transitent par le biais syndical m&#234;me si les comptabilit&#233;s sont s&#233;par&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pouvoir obtenir ce &#171; service des syndicats &#187;, les ch&#244;meurs doivent verser 6 mois de cotisations syndicales. Il est toujours possible de payer les 6 mois en une seule fois au moment de constituer son dossier. Beaucoup de travailleurs s'affilient aux syndicats &#224; ce moment-l&#224; ou en pr&#233;vision d'un ch&#244;mage possible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le supermarch&#233; des avantages syndicaux &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats offrent aussi d'autres avantages. En cas de gr&#232;ve reconnue par le syndicat, pour les travailleurs syndiqu&#233;s depuis 6 mois au moins, le syndicat paie une indemnit&#233; de gr&#232;ve : 125 euros pour une semaine. Entre 1998 et 2000, la CSC a vers&#233; ainsi 70 millions d'euros en indemnit&#233;s de gr&#232;ve, et 200 millions en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CSC verse aussi dans certains secteurs professionnels : une prime de naissance, de mariage ou de d&#233;part &#224; la retraite. Elle offre aussi comme la FGTB une assistance juridique. Le syndicat lib&#233;ral CGSLB propose des r&#233;ductions sur l'essence dans certaines stations, des s&#233;jours en centre de vacances&#8230; C'est le supermarch&#233; des avantages syndicaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certains secteurs professionnels ou dans les administrations locales, la moiti&#233; de la cotisation syndicale est rembours&#233;e par l'entreprise ou l'administration. C'est ce qu'on appelle la prime syndicale&#8230; qui est vers&#233;e directement aux seuls syndiqu&#233;s, contrairement aux ch&#232;ques syndicaux, en France, qui sont vers&#233;s &#224; chaque salari&#233; dans des entreprises o&#249; le syst&#232;me existe pour adh&#233;rer au syndicat de son choix. Ces primes syndicales repr&#233;senteraient, en 2004, une somme de 150 millions d'euros !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;3 millions de &#171; syndiqu&#233;s &#187;&#8230; pour canaliser les gr&#232;ves &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette situation explique, en partie que, depuis de tr&#232;s nombreuses ann&#233;es, les syndicats aient eu de nombreux affili&#233;s &#8211; 3 millions de syndiqu&#233;s (tous syndicats confondus) dans un pays qui compte une population active d'un peu plus de 4 millions de personnes &#8211; que la Belgique se situe parmi les pays les plus syndicalis&#233;s du monde : 6 travailleurs sur 10 sont syndiqu&#233;s (95 % des ouvriers en 2000) ! Cette syndicalisation &#171; de masse &#187; permet aux syndicats CSC et FGTB de percevoir, chacun, de 150 &#224; 200 millions d'euros de cotisations syndicales par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais est-ce parce que les syndicats ont autant d'adh&#233;rents qu'ils sont plus combatifs ? Bien s&#251;r que non. Le nombre de gr&#232;ves men&#233;es par les syndicats n'est pas proportionnel au nombre de ses adh&#233;rents. Dans le syst&#232;me de la concertation sociale, les syndicats sont devenus des partenaires sociaux : gouvernement et patronat comptent sur eux pour encadrer les travailleurs et limiter les gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;rement des gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; sur les salaires surtout en Flandre. Les travailleurs revendiquaient des hausses de salaires pour faire face &#224; la hausse des prix qui augmentent comme en France ; la f&#233;d&#233;ration des patrons (la FEB) est intervenue, directement, par courrier adress&#233; aux syndicats, pour qu'ils mettent fin aux gr&#232;ves. Cela montre les rapports patronat syndicats qui se r&#233;unissent tous les deux ans pour discuter des salaires et &#233;ventuellement signer un Accord Interprofessionnel donnant le cadre g&#233;n&#233;ral des augmentations de salaires &#224; venir dans le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le &#171; Pacte des g&#233;n&#233;rations &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats belges mettent cependant leur force en mouvement de temps &#224; autre, pour montrer qu'ils existent et que le patronat doit compter avec eux. Ou alors, lorsqu'ils sentent qu'il y a une certaine pression de la base. &#192; ce moment-l&#224;, des cars sont affr&#233;t&#233;s par les centrales syndicales, les journ&#233;es pay&#233;es aux gr&#233;vistes, les banderoles confectionn&#233;es. Mais ces manifestations se d&#233;roulent sans slogans (remplac&#233;s par p&#233;tards, sifflets ou musique) et sont sans lendemain. Ce fut le cas lors des mesures gouvernementales visant &#224; reculer, par diff&#233;rents biais, l'&#226;ge de d&#233;part en pr&#233;retraite. Ce qu'on a appel&#233; &lt;em&gt; &#171; le Pacte des g&#233;n&#233;rations &#187;. &lt;/em&gt; Devant le m&#233;contentement de la base, les syndicats ont organis&#233; des manifestations &#224; Bruxelles mais ces manifestations, qui ont &#233;t&#233; une r&#233;ussite, sont rest&#233;es sans lendemain et le &#171; Pacte des g&#233;n&#233;rations &#187;, &#224; part quelques modifications &#224; la marge, a &#233;t&#233; ent&#233;rin&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats belges sont devenus au fil du temps des syndicats dits &#171; de service &#187;, bien int&#233;gr&#233;s dans le concertation sociale. Ils apportent des services aux travailleurs&#8230;. mais un service encore plus grand au patronat et au gouvernement soucieux de la paix sociale. Un mod&#232;le que les patrons fran&#231;ais verraient bien exporter chez eux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 avril 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paul GALLER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La &#171; position commune &#187; sur la repr&#233;sentativit&#233; : aux convenances du Medef&#8230; et des bureaucraties syndicales majoritaires
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-position-commune-sur-la-representativite-aux-convenances-du-Medef-et-des</link>
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		<dc:date>2008-05-13T21:49:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>

		<description>&#171; Je veux rendre hommage aux syndicats, qui ont eu une attitude responsable lors des conflits sociaux r&#233;cents, m&#234;me s'ils n'&#233;taient pas d'accord, ce qui est leur r&#244;le &#187;,a assur&#233; Sarkozy lors de son dernier entretien t&#233;l&#233;vis&#233;, r&#233;it&#233;rant l'hommage en question &#224; plusieurs reprises ! Cette d&#233;claration d'amour n'est pas que platonique. C'est Sarkozy lui-m&#234;me qui avait lanc&#233; la discussion entre &#171; partenaires sociaux &#187; sur la &#171; repr&#233;sentativit&#233; syndicale &#187;, afin de &#171; revivifier la d&#233;mocratie&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-57-mai-juin-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 57, mai-juin 2008
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Je veux rendre hommage aux syndicats, qui ont eu une attitude responsable lors des conflits sociaux r&#233;cents, m&#234;me s'ils n'&#233;taient pas d'accord, ce qui est leur r&#244;le &#187;,&lt;/em&gt;a assur&#233; Sarkozy lors de son dernier entretien t&#233;l&#233;vis&#233;, r&#233;it&#233;rant l'hommage en question &#224; plusieurs reprises ! Cette d&#233;claration d'amour n'est pas que platonique. C'est Sarkozy lui-m&#234;me qui avait lanc&#233; la discussion entre &lt;em&gt; &#171; partenaires sociaux &#187;&lt;/em&gt; sur la &lt;em&gt; &#171; repr&#233;sentativit&#233; syndicale &#187;&lt;/em&gt;, afin de &lt;em&gt;&#171; revivifier la d&#233;mocratie sociale&lt;/em&gt; &#187;. Il s'est d'ailleurs r&#233;joui, dans une tribune du &lt;em&gt; Monde &lt;/em&gt;du 18 avril intitul&#233;e &lt;em&gt;&#171; Pour des syndicats forts &#187;&lt;/em&gt;, de la conclusion de la discussion par une &lt;em&gt; &#171; position commune &#187; &lt;/em&gt; &#8211; en fait un accord &#8211; le 11 avril dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que &#171; &lt;em&gt; la d&#233;mocratie sociale &lt;/em&gt; &#187; soit le cadet de ses soucis, mais que sa pr&#233;occupation soit, comme celle du Medef, &#171; &lt;em&gt; la fluidification des relations sociales &lt;/em&gt; &#187;, pour reprendre l'expression de Gautier-Sauvagnac. Ces gens-l&#224; sont pour un syndicalisme fort&#8230; &#224; condition qu'il leur mange dans la main et soit efficace &#224; amortir les coups venant des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement pr&#233;voit donc de l&#233;gif&#233;rer cet &#233;t&#233; sur la repr&#233;sentativit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se trouve que le paysage syndical a quelque peu chang&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, de nouveaux syndicats sont apparus et ont parfois acquis du poids dans certains secteurs. Les nouveaux venus sont &#171; Solidaires &#187; (SUD), l'UNSA, la FSU&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que Sarkozy et le Medef veulent changer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord red&#233;finir quels syndicats peuvent d'embl&#233;e participer aux diverses &#233;lections professionnelles, d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel ou d&#233;l&#233;gu&#233;s aux comit&#233;s d'entreprises, et le cas &#233;ch&#233;ant lesquels peuvent mandater des d&#233;l&#233;gu&#233;s ou repr&#233;sentants syndicaux. Ces derniers, rappelons-le, disposent tous pour exercer leur fonction, d'heures sur le temps de travail ainsi que de relatives protections l&#233;gales contre les licenciements. Ensuite quels syndicats peuvent participer aux discussions et signer des accords, que ce soit au niveau de l'entreprise, de la branche, ou interprofessionnel. Enfin revoir les r&#232;gles qui accompagnent la &#171; repr&#233;sentativit&#233; &#187; syndicale, avec ses &#171; retomb&#233;es &#187; notamment en mati&#232;re de financement de l'&#201;tat, voire du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La loi actuelle : Pour qui ? Pour quoi ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jusque-l&#224;, seuls les syndicats reconnus repr&#233;sentatifs &#224; l'&#233;chelle nationale ont le privil&#232;ge de pouvoir pr&#233;senter des listes au premier tour dans les &#233;lections de d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel et repr&#233;sentants au comit&#233; d'entreprise, ainsi que de nommer des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux ou le cas &#233;ch&#233;ant des repr&#233;sentants syndicaux au CE. Cela quel que soit leur nombre d'adh&#233;rents. Tous les autres peuvent voir leur liste refus&#233;e par le patron, ou contest&#233;e par les autres syndicats. Il ne reste &#224; ceux qui ne disposent pas de la repr&#233;sentativit&#233; automatique &#8211; dite &lt;em&gt; pr&#233;somption irr&#233;fragable de repr&#233;sentativit&#233; &lt;/em&gt; &#8211; que la possibilit&#233; de se pr&#233;senter &#224; un second tour &#233;ventuel. Ce que permet la loi &#224; condition qu'au premier tour le quorum de 50 % de votants ne soit pas atteint. Ou encore d'aller faire la preuve de leur repr&#233;sentativit&#233; devant les tribunaux, donc d'&#234;tre conduits ainsi &#224; d&#233;voiler le nombre de leurs adh&#233;rents et autres renseignements, sans aucune garantie de gagner leur proc&#232;s. Hors la b&#233;n&#233;diction d'un syndicat dit repr&#233;sentatif, il est presque impossible pour de simples travailleurs de se pr&#233;senter aux suffrages de leurs camarades, comme c'&#233;tait pourtant le cas apr&#232;s Juin 36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes qui r&#233;gissent ce monopole de quelques grandes centrales syndicales r&#233;sultent de l'apr&#232;s-guerre, p&#233;riode &#224; laquelle le PCF, sous De Gaulle, &#233;tait associ&#233; au gouvernement et veillait &#224; ce que la classe ouvri&#232;re s'applique &#224; &#171; &lt;em&gt; produire d'abord, revendiquer ensuite &lt;/em&gt; &#187;, selon son slogan du moment. Les comit&#233;s d'entreprises, organes de collaboration de classes, furent ainsi cr&#233;&#233;s par une loi de f&#233;vrier 1945. La loi soumettait l'&#233;lection des repr&#233;sentants aux CE, comme ensuite celle des d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel par la loi d'avril 1946 &#8211; qui porte le nom du ministre du Travail PCF du moment, Ambroise Croizat &#8211; &#224; la pr&#233;sentation des candidats par un syndicat &#171; repr&#233;sentatif &#187;, en cr&#233;ant ce quasi monopole. Le parti de Maurice Thorez et de Jacques Duclos b&#233;n&#233;ficiait ainsi au travers de la CGT d'un puissant relais syndical au sein des entreprises. Avec la guerre froide, une loi de f&#233;vrier 1950 lui fit partager la &#171; repr&#233;sentativit&#233; &#187; avec d'autres centrales syndicales : CFTC, FO, et CGC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi a &#233;t&#233; revue en 1966. Mais essentiellement pour inclure, parmi les b&#233;n&#233;ficiaires, la CFDT qui venait de se constituer &#224; partir d'une scission de la CFTC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNThmNWY4IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjh6TURVZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MMk52Ym1abFpHVXVjRzVuSnlCM2FXUjBhRDBpTXpBd0lpQm9aV2xuYUhROUlqSTBNeUlnWVd4MFBTY25JQzgrQ2p3dlptbG5kWEpsUGdvOEwyUnBkajQ9Ij4='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;De l'avantage d'&#234;tre &#171; repr&#233;sentatif &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Outre le quasi monopole des &#233;lus, il y a &#233;videmment aussi celui de la signature d'accords avec les organismes patronaux aux diff&#233;rents &#233;tages. Cela s'accompagne d'avantages auxquels les conf&#233;d&#233;rations &#171; repr&#233;sentatives &#187; tiennent beaucoup. Il s'agit de la pr&#233;sence dans les organismes paritaires, comme dans les caisses de l'assurance ch&#244;mage, &#224; la S&#233;curit&#233; sociale, dans les mutuelles, les caisses de retraites compl&#233;mentaires, les organismes de formation professionnelle, etc. Mais aussi dans les conseils &#233;conomiques et sociaux, voire occasionnellement de conseillers dans les minist&#232;res. De quoi assurer de nombreux postes &#224; l'appareil syndical. Sans compter les aides ou subventions directes qui existent d&#233;j&#224; comme celles concernant la formation syndicale, ou de petites subventions patronales au niveau de l'entreprise d&#233;coulant des lois Auroux d'ao&#251;t 1982. Ou encore dans certaines entreprises, &#171; le ch&#232;que syndical &#187; permettant aux patrons de r&#233;mun&#233;rer les syndicats en fonction du nombre de leurs adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Au bonheur de la CGT et de la CFDT&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la discussion sur la repr&#233;sentativit&#233;, les organisations patronales, sauf l'UPA (artisans), affich&#232;rent leur satisfaction. La CGT et la CFDT aussi. La commission ex&#233;cutive conf&#233;d&#233;rale de la CGT a m&#234;me vot&#233; l'approbation &#224; la &#171; position commune &#187; du 11 avril cinq jours plus tard, &#224; l'unanimit&#233;. La CDFT a attendu le dernier moment, la veille du 23 avril, pour annoncer qu'elle signerait mais ce ne fut pas un scoop. Des concessions avaient &#233;t&#233; faites pour faire signer notamment la CGC (que la repr&#233;sentativit&#233; soit mesur&#233;e dans les seules cat&#233;gories que les syndicats cat&#233;goriels ont vocation &#224; repr&#233;senter, en l'occurrence les cadres) et la CFTC (le pourcentage minimum pour la repr&#233;sentativit&#233;, permettant de discuter et de signer des accords, ramen&#233; du seuil de 10 % dans les entreprises &#224; 8 % dans les branches), mais en vain. La CGC comme la CFTC ont finalement annonc&#233; qu'elles ne signeraient pas. FO avait fait conna&#238;tre d&#232;s la fin de la discussion son refus cat&#233;gorique de signer la &#171; position commune &#187;. Ces syndicats craignent avec les nouveaux seuils de perdre leur r&#244;le d'interlocuteurs patent&#233;s dans nombre d'entreprises et dans certaines branches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT et la CFDT revendiquaient la r&#233;vision des r&#232;gles de la repr&#233;sentativit&#233;. Elles aussi au nom de &#171; la d&#233;mocratie sociale &#187;. Au niveau des entreprises, ces syndicats se font souvent &#171; coiffer au poteau &#187; par d'autres concurrents, tout aussi &#171; repr&#233;sentatifs &#187; au niveau de la loi&#8230; que peu repr&#233;sentatifs au niveau du personnel, comme la CGC, FO, la CFTC. La CGT et la CFDT voient d'un mauvais &#339;il les patrons se passer ainsi de leurs services pour avaliser des accords, souvent sans doute en &#171; soutenant &#187; par en dessous les appareils concurrents et minoritaires. Voil&#224; ce qui a pouss&#233; la CGT et la CFDT &#224; r&#233;clamer que la repr&#233;sentativit&#233; soit mesur&#233;e au nombre des suffrages recueillis aux &#233;lections et &#224; demander que les seuls accords valables soient ceux sign&#233;s par des syndicats majoritaires, quitte &#224; permettre &#224; de nouveaux venus &#8211; n&#233;anmoins concurrents &#8211; de devenir repr&#233;sentatifs &#224; certains niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords seront d&#233;sormais valables &#224; partir du 1&lt;span class='base64GUILL' title='PHN1cCBjbGFzcz0idHlwb19leHBvc2FudHMiPg=='&gt;&lt;/span&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2009, dans un premier temps &#224; condition que les signataires repr&#233;sentent 30 % et que les syndicats majoritaires ne s'y opposent pas. Ces seuils ne g&#234;neront la plupart du temps ni la CGT ni la CFDT, ils serviront surtout &#224; mettre sur la touche leurs concurrents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs c'est aussi une r&#233;ponse &#224; la demande des patrons et du gouvernement, pas forc&#233;ment rassur&#233;s quand des accords sont sign&#233;s par des organisations trop manifestement minoritaires, leurs paraphes pouvant ne pas &#234;tre une garantie suffisante au maintien de la &#171; paix sociale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les aspirations des syndicats non reconnus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les nouveaux syndicats souhaitent aussi que les crit&#232;res de repr&#233;sentativit&#233; soient revus. Ils qualifient tous bien s&#251;r la situation actuelle de syst&#232;me antid&#233;mocratique. Il faut cependant y regarder de plus pr&#232;s pour comprendre ce qu'ils entendent par l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Sud par exemple, la d&#233;mocratie sociale passe par &#171; &lt;em&gt; la libert&#233; de pr&#233;sentation au premier tour des &#233;lections professionnelles pour tout syndicat l&#233;galement constitu&#233; et ind&#233;pendant &lt;/em&gt; &#187;. Sud r&#233;clame en mati&#232;re de financement des organisations syndicales, qu'il se fasse &#171; &lt;em&gt; sur des crit&#232;res transparents et sur des principes d'&#233;galit&#233; de traitement entre les organisations syndicales &lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'Unsa, son dirigeant Alain Olive &#171; &#8230;&lt;em&gt; plaide pour un seuil de 5 % qui pourrait augmenter d'une &#233;lection &#224; l'autre &lt;/em&gt; &#187; (interview dans &lt;em&gt; Le Monde &lt;/em&gt;du 3 avril). &#192; la question du journaliste lui demandant quels avantages son organisation tirerait de devenir repr&#233;sentative, il r&#233;pond : &#171; &lt;em&gt; Cela renforcerait la capacit&#233; des partenaires sociaux &#224; n&#233;gocier. Nous serions dans le p&#244;le r&#233;formiste, compl&#233;mentaires &#224; la CFDT, la CFTC, et la CFE-CGC. &lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; d&#233;mocratie sociale &#187; pour ces exclus de la loi actuelle, c'est donc d'abord de leur permettre de monter dans la barque avec les autres organisations reconnues : donner la parole &#224; leur syndicat mais pas directement aux travailleurs, acc&#233;der &#224; tous les financements de l'&#201;tat et du patronat mais pas se battre pour l'ind&#233;pendance des organisations ouvri&#232;res &#224; leur &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le monopole syndical n'a rien &#224; voir avec les int&#233;r&#234;ts des travailleurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le monopole syndical existe actuellement &#224; deux niveaux. Le premier concerne l'&#233;lection des d&#233;l&#233;gu&#233;s. Il n'est pour nous pas acceptable que de simples travailleurs ne puissent se pr&#233;senter aux suffrages de leurs camarades, comme c'&#233;tait le cas apr&#232;s Juin 36, et que les appareils bureaucratiques reconnus &#171; repr&#233;sentatifs &#187; par l'&#201;tat et les patrons aient un droit de veto sur les candidatures. Le second niveau c'est la signature des accords. Lorsque les travailleurs sont en lutte, ce privil&#232;ge syndical donne ainsi des moyens pour en faire &#233;chapper l'issue au contr&#244;le de la base ; et en l'absence de luttes, ces accords consistent en g&#233;n&#233;ral &#224; des remises en cause d'avantages acquis ou servent &#224; donner des garanties de &#171; maintien de la paix sociale &#187; sur des bases favorables au patronat. Nous sommes en cons&#233;quence non seulement contre le monopole de la signature, mais aussi contre le principe de ces accords.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si des d&#233;l&#233;gu&#233;s sans le contr&#244;le d'appareils syndicaux pourraient dans certains cas faire pareil ou pire que ces derniers, ce n'est pas une raison pour patenter les professionnels de la collaboration de classes, voire de la trahison, et leur accorder, ne serait-ce que moralement, un quelconque monopole de la repr&#233;sentation des travailleurs. Car ne l'oublions pas, pour le moment, ce sont les syndicats reconnus, souvent CGT et CFDT en t&#234;te, qui signent des accords, soit en retrait sur les droits existants, soit dans les luttes en dessous de ce que le rapport de forces et la combativit&#233; des travailleurs permettraient d'obtenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que des militants ouvriers dans les entreprises puissent b&#233;n&#233;ficier de moyens et de protection, ce qui a d'ailleurs &#233;t&#233; conquis de haute lutte notamment en Juin 36, c'est bien normal. Mais le financement des organisations ouvri&#232;res par l'&#201;tat et/ou par le patronat, c'est encore autre chose. Nous ne r&#233;clamons rien en ce domaine, car c'est un pas suppl&#233;mentaire dans l'int&#233;gration des appareils syndicaux &#224; l'&#201;tat et &#224; l'ordre social existant. Ce n'est pas gratuitement que Sarkozy propose de revoir le financement des syndicats. C'est pour qu'ils acceptent de jouer le r&#244;le de &#171; partenaires &#187; qu'on leur assigne et non celui de combattants r&#233;solus du syst&#232;me d'exploitation capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Louis GUILBERT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNThmNWY4IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjh6TURZZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkQ0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGN5QnpjR2x3WDJSdlkzVnRaVzUwWDJsdFlXZGxJSE53YVhCZlpHOWpkVzFsYm5SelgyTmxiblJsY2lCemNHbHdYMlJ2WTNWdFpXNTBYMk5sYm5SbGNpYytDanhtYVdkMWNtVWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algybHVibVZ5SWo0S0Nnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmNHNW5MMmR5WlhabFkyOXVabVZrWlM1d2JtY25JSGRwWkhSb1BTSXpOakFpSUdobGFXZG9kRDBpTWpnM0lpQmhiSFE5SnljZ0x6NEtQQzltYVdkMWNtVStDand2WkdsMlBnPT0iPg=='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Editorial : L'unit&#233; des r&#233;volutionnaires : possible ? En tout cas plus n&#233;cessaire que jamais
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		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-unite-des-revolutionnaires</link>
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		<dc:date>2008-05-13T21:49:17Z</dc:date>
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		<dc:subject>NPA
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		<dc:subject>Politique
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		<description>En ce printemps 2008 &#233;voquer l'unit&#233; des r&#233;volutionnaires semble une aimable plaisanterie. &lt;br /&gt;Depuis les r&#233;centes &#233;lections municipales ne sont-ils pas plus divis&#233;s que jamais ? Et, de plus, au moins autant pour des conflits de chapelles que pour des raisons de divergences politiques. &lt;br /&gt;Ainsi Lutte ouvri&#232;re a refus&#233; d'envisager aux municipales l'alliance avec la Ligue communiste r&#233;volutionnaire au pr&#233;texte que celle-ci tente de constituer un Nouveau parti anticapitaliste (NPA) qui ne&lt;span class='base64GUILL' title='PHNwYW4gY2xhc3NAQ1NFR0FMQCJmaW5fYXJ0aWNsZSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-57-mai-juin-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 57, mai-juin 2008
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-NPA-+" rel="tag"&gt;NPA
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Lutte-ouvriere-+" rel="tag"&gt;Lutte ouvri&#232;re
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Extreme-gauche-+" rel="tag"&gt;Extr&#234;me gauche
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce printemps 2008 &#233;voquer l'unit&#233; des r&#233;volutionnaires semble une aimable plaisanterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les r&#233;centes &#233;lections municipales ne sont-ils pas plus divis&#233;s que jamais ? Et, de plus, au moins autant pour des conflits de chapelles que pour des raisons de divergences politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Lutte ouvri&#232;re a refus&#233; d'envisager aux municipales l'alliance avec la Ligue communiste r&#233;volutionnaire au pr&#233;texte que celle-ci tente de constituer un Nouveau parti anticapitaliste (NPA) qui ne serait plus trotskiste. C'&#233;tait pour aller mendier celle d'une gauche, Parti communiste ou Parti socialiste, dont les penchants pour le trotskisme ne sont sans doute plus &#224; d&#233;montrer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LCR n'a propos&#233; cette alliance qu'une fois assur&#233;e qu'elle serait refus&#233;e. Elle avait pris bien soin au pr&#233;alable de proclamer qu'elle lan&#231;ait son NPA sans partenaire, c'est-&#224;-dire avec la volont&#233; de faire cavalier seul. Ainsi elle a refait l'erreur de LO apr&#232;s le succ&#232;s d'Arlette Laguiller aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de 1995, persuad&#233;e &#224; son tour que celui d'Olivier Besancenot en 2007 lui permettait de faire le trou, de distancer sa concurrente d'extr&#234;me gauche et se passer d'elle pour construire toute seule un parti plus large. Ne parlons pas du Parti des travailleurs (lui-m&#234;me ne veut surtout pas &#234;tre class&#233; dans l'extr&#234;me gauche) qui poursuit une politique d'&#233;vitement sinon d'hostilit&#233; &#224; tous les autres groupes r&#233;volutionnaires, politique que le courant trotskiste qui l'anime maintient obstin&#233;ment depuis Mai 68.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous c&#233;l&#232;brent le quaranti&#232;me anniversaire de ce Mai 68. Ils en oublient au moins un des aspects qui ne fut pas le moins marquant : l'importance nouvelle des &#171; gauchistes &#187;, courant dans lequel leurs adversaires class&#232;rent alors en vrac tous ceux qui parlaient de r&#233;volution, est venue du fait que face &#224; la gauche et &#224; ses partis, dont le plus important &#233;tait encore le PCF stalinien, ce courant apparut solidaire et uni dans la volont&#233; de d&#233;velopper toutes les potentialit&#233;s du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes cette unit&#233; entre les groupes, plus nombreux et encore plus id&#233;ologiquement divis&#233;s qu'aujourd'hui, mao&#239;stes, anarchistes, trotskistes, fut impos&#233;e dans l'action et par le mouvement lui-m&#234;me. C'est l'occupation de la Sorbonne et des autres universit&#233;s, puis la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui les forc&#232;rent non seulement &#224; coexister mais &#224; s'entendre&#8230; au moins le temps d'un joli mois. Le mouvement retomb&#233;, les universit&#233;s vid&#233;es de leurs contestataires et les usines remises au travail, cette entente s'est &#233;vapor&#233;e. En t&#233;moigne l'&#233;chec des propositions de Lutte ouvri&#232;re de former ensemble ce parti large au sortir des &#233;v&#233;nements. Depuis, chacun des groupes survivants l'appelle de ses v&#339;ux mais quand il pr&#233;tend ou essaie &#224; son tour de le construire (lambertistes du PT dans les ann&#233;es 1980, LO la d&#233;cennie suivante, maintenant la LCR)... c'est tout seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est certes bien diff&#233;rente aujourd'hui de celle de 1968. Il n'y a pas de mouvement qui d&#233;passe et emporte tout, y compris les mis&#233;rables jalousies des groupes de toute ob&#233;dience, et impose de ne plus jouer solo mais de se pr&#233;occuper d'abord des int&#233;r&#234;ts du mouvement r&#233;volutionnaire et par del&#224; celui-ci du mouvement ouvrier tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; est-elle donc impossible en dehors de ces p&#233;riodes exceptionnelles ? Ne serait-elle pas aussi n&#233;cessaire dans une p&#233;riode qui l'est moins comme aujourd'hui, alors que le m&#233;contentement s'accro&#238;t &#224; la mesure de l'exploitation mais reste sans perspective, avec des travailleurs de plus en plus m&#233;fiants vis-&#224;-vis de la gauche comme des directions syndicales ? Et sommes-nous condamn&#233;s &#224; voir chacun des groupes continuer &#224; suivre son petit bout de chemin, persuad&#233; d'&#234;tre tout seul au bout du compte l'embryon du futur parti (et avec le secret et vain espoir qu'un succ&#232;s quelconque lui donnera l'avantage d&#233;finitif sur les autres, voire les fera dispara&#238;tre de la sc&#232;ne politique) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommes-nous condamn&#233;s &#224; faire tout au plus alliance le temps d'une &#233;lection, mais pas davantage, comme LO et la LCR l'ont fait parfois ces dix derni&#232;res ann&#233;es ? Et comme elles le referont peut-&#234;tre aux prochaines &#233;lections europ&#233;ennes dans 9 mois ? Ce dont la Fraction &#171; l'&#201;tincelle &#187; de Lutte ouvri&#232;re se d&#233;clare d&#232;s maintenant partisan. Ce serait une alliance somme toute plus naturelle que celle avec une gauche qui a rarement &#233;t&#233; aussi &#224; droite. Plus naturelle aussi qu'une alliance pr&#233;tendument technique &#224; un second tour&#8230; qui de toute mani&#232;re n'est pas pr&#233;vu lors de ces &#233;lections europ&#233;ennes. Mais si, encore une fois, l'unit&#233; des deux organisations ne se fait qu'&#224; l'occasion des &#233;lections et dans le seul but de tenter de s'assurer quelques &#233;lus, cette unit&#233; momentan&#233;e n'aura pas plus d'utilit&#233; ni de cons&#233;quence que les pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans les luttes de classe et pour ces luttes que l'unit&#233; des r&#233;volutionnaires serait d'abord et avant tout n&#233;cessaire. L'entr&#233;e dans ce mois de mai 2008, si nous en croyons les commentaires des m&#233;dias, suscite interrogations et inqui&#233;tudes dans les milieux patronaux, politiques et m&#234;me syndicalistes. Pas seulement parce que le quaranti&#232;me anniversaire d'un autre mai ravive des souvenirs douloureux&#8230; ou enthousiastes, c'est selon. Mais surtout parce que les attaques sans pr&#233;c&#233;dents et tous azimuts contre les travailleurs provoquent col&#232;res et m&#233;contentements et que ceux-ci ont d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; susciter eux-m&#234;mes gr&#232;ves et manifestations, chez les enseignants, chez les lyc&#233;ens, chez les sans-papiers mais aussi dans un certain nombre d'entreprises sur les salaires ou pour la d&#233;fense de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La simple &#233;vocation d'une &#233;ventuelle convergence de ces mouvements donne le frisson &#224; beaucoup. Mais ils vont pour l'instant en ordre dispers&#233;, chacun de son c&#244;t&#233;. Les directions syndicales font tout pour cela, en tout cas rien pour qu'il en soit autrement. Le Parti socialiste leur tourne carr&#233;ment le dos. Pour pousser dans une autre direction, celle du mouvement d'ensemble, celle d'un nouveau Mai 68, seul susceptible de renverser les rapports de force et d'imposer les revendications essentielles du monde du travail, il n'y a gu&#232;re que les r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-ci p&#232;seraient d'autant plus qu'ils le feraient ensemble, comme une force unie agissant dans la m&#234;me direction et non simplement chacun dans son coin et son secteur, son entreprise ou sa localit&#233;. Centraliser et unifier est bien le premier r&#244;le d'une organisation nationale, &#224; plus forte raison d'un parti ! Si la Fraction a dit &#171; chiche &#187; &#224; l'initiative de la LCR, s'est affirm&#233;e pr&#234;te &#224; explorer la possibilit&#233; de mettre sur pied un nouveau parti r&#233;volutionnaire (et pas seulement anticapitaliste) et participe aux comit&#233;s d'initiative pour un NPA, c'est &#233;videmment avec l'objectif, et &#224; la condition, qu'un parti (nouveau ou pas) ne s'en tienne pas &#224; chapeauter un r&#233;seau de comit&#233;s locaux se contentant de servir de couvertures politiques aux contestations locales, ce que les listes de la LCR aux municipales se sont la plupart du temps content&#233;es de faire. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux principales organisations &#8211; mais de plus petites aussi &#8211; avancent le m&#234;me programme et proposent au mouvement ouvrier les m&#234;mes objectifs, et cela depuis des ann&#233;es, depuis que la LCR et Olivier Besancenot ont repris &#224; leur compte le &#171; programme d'urgence &#187; avanc&#233;e par LO et Arlette Laguiller. Les deux organisations s'affirment partisans du mouvement d'ensemble, de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et appellent de leurs v&#339;ux un nouveau Mai 68. Qu'est-ce qui les emp&#234;chent de d&#233;fendre et proposer cette orientation ensemble ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 mai 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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