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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
	<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> D&#233;c&#232;s de l'&#233;crivain Russell Banks, un auteur engag&#233;
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Deces-de-l-ecrivain-Russell-Banks-un-auteur-engage</link>
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		<dc:date>2023-01-13T14:27:23Z</dc:date>
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		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Livre
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		<dc:subject>Ecrivains et &#233;crivaines
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Russell Banks est mort le 7 janvier 2023 &#224; l'&#226;ge de 82 ans, d'un cancer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sent&#233; comme l'&#233;crivain de la classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine, des petites gens, il en racontait les difficult&#233;s &#224; travers des personnages qui luttent contre la pauvret&#233; et l'injustice. Ses livres d&#233;peignent des personnages &#233;cras&#233;s par le poids de l'histoire. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-du-site-" rel="directory"&gt;Les articles du site
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Livre-+" rel="tag"&gt;Livre
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Ecrivains-et-ecrivaines-+" rel="tag"&gt;Ecrivains et &#233;crivaines
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton19982-2beab.jpg?1787844576' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Photo : Russell Banks en 2011. Larry D. Moore, &lt;a href=&#034;https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Russell_banks_2011.jpg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;wikimedia&lt;/a&gt;)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Russell Banks est mort le 7 janvier 2023 &#224; l'&#226;ge de 82 ans, d'un cancer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sent&#233; comme l'&#233;crivain de la classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine, des petites gens, il en racontait les difficult&#233;s &#224; travers des personnages qui luttent contre la pauvret&#233; et l'injustice. Ses livres d&#233;peignent des personnages &#233;cras&#233;s par le poids de l'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Des origines modestes et un pass&#233; d'activiste de gauche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Russell Banks est n&#233; le 28 mai 1940 &#224; Newton dans le Massachusetts, dans une famille ouvri&#232;re. Son p&#232;re et son grand-p&#232;re &#233;taient plombiers. Il n'y avait pas de livres &#224; la maison et son enfance a &#233;t&#233; marqu&#233;e par la violence et l'alcoolisme du p&#232;re. C'est par la lecture et la fr&#233;quentation des biblioth&#232;ques qu'il est venu &#224; l'&#233;criture. Il a d'abord voulu &#234;tre peintre, car il aimait dessiner. Mais son d&#233;part de chez lui, &#224; l'image de nombreux &#233;crivains am&#233;ricains qui prenaient la route, l'&#233;cole du terrain, va lui ouvrir des horizons. Il vit de petits boulots, celui de plombier notamment, qu'il a appris en observant son p&#232;re, puis va finalement &#224; l'universit&#233;. On est en 1964, il rejoint les rangs des &#233;tudiants engag&#233;s dans la lutte pour les droits civiques puis dans la lutte contre la guerre du Vietnam. Il s'arr&#234;tera l&#224; dans le militantisme radical, disant de lui qu'il &lt;em&gt;&#171; n'&#233;tait pas un vrai r&#233;volutionnaire &#187;&lt;/em&gt;. Il devient professeur &#224; l'universit&#233;, &lt;em&gt;&#171; l'enseignement est plus facile que la plomberie et j'&#233;tais plus dou&#233; pour &#231;a de toute fa&#231;on. J'&#233;tais meilleur enseignant que plombier &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les citations de Russell Banks sont extraites d'un entretien publi&#233; dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et publie un recueil de nouvelles dans une petite maison d'&#233;dition militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le d&#233;but de sa carri&#232;re d'&#233;crivain. Il a &#233;crit des nouvelles, de la po&#233;sie et des romans ; le dernier publi&#233; aux &#201;tats-Unis en novembre 2022, &lt;em&gt;The Magic Kingdom&lt;/em&gt;, n'a pas encore &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crivain, il reste un citoyen engag&#233;. Il pr&#233;side ainsi plusieurs ann&#233;es le Parlement international des &#233;crivains, fond&#233; par Salman Rushdie et cr&#233;e le r&#233;seau nord-am&#233;ricain d'entraide aux &#233;crivains r&#233;fugi&#233;s, qui fournit un asile aux &#233;crivains menac&#233;s dans leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'oppose &#224; la guerre en Irak, affirme qu'en dehors du symbole, important, de &lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;lection d'un Noir &#224; la t&#234;te du pays, les mandats d'Obama n'ont rien chang&#233; &#224; la politique des &#201;tats-Unis et soutient la campagne de Bernie Sanders.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la question de savoir s'il se d&#233;finit comme un &#233;crivain am&#233;ricain, il r&#233;pond : &lt;em&gt;&#171; je suis citoyen am&#233;ricain&#8230; mais je ne me sens pas nationaliste, en aucune fa&#231;on&#8230; Le nationalisme est une forme de maladie mentale. C'est tr&#232;s important pour les auteurs de prendre position contre le nationalisme, de ne pr&#234;ter all&#233;geance aux int&#233;r&#234;ts d'aucun &#201;tat en particulier. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une &#339;uvre tr&#232;s diverse faite de romans ancr&#233;s dans une r&#233;alit&#233; sociale et historique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Russell Banks &#233;crivait car &lt;em&gt;&#171; c'est un moyen de voyager dans le temps, et g&#233;ographiquement c'est un moyen d'entrer dans la vie des gens. Je suis toujours curieux de la vie des gens, surtout ceux qui sont diff&#233;rents de moi. &#201;crire de la fiction me donne acc&#232;s &#224; une compr&#233;hension plus profonde de certaines questions. &#187;&lt;/em&gt; Il a donc abord&#233; dans ses romans des sujets tr&#232;s divers, dont un des points communs est l'origine sociale modeste de ses personnages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Continents &#224; la d&#233;rive&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt; (1985), met en parall&#232;le les destins d'un r&#233;parateur de chaudi&#232;re d'une petite ville du New-Hampshire qui abandonne son quotidien mis&#233;rable pour la Floride, attir&#233; par ce nouvel avatar du r&#234;ve am&#233;ricain et d'une jeune Ha&#239;tienne qui fuit la violence et la pauvret&#233; de son pays pour rejoindre l'Am&#233;rique de ses r&#234;ves. Destins qui finiront par se croiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Affliction&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt; (1989), raconte l'effondrement d'un homme ordinaire, pris au pi&#232;ge d'une vie rat&#233;e depuis l'enfance &#224; cause de la tyrannie paternelle. Il d&#233;nonce les valeurs viriles mythifi&#233;es par une certaine culture am&#233;ricaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;em&gt; &lt;strong&gt;De beaux lendemains (1991)&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;, est le r&#233;cit de l'arriv&#233;e d'un avocat dans un village o&#249; de nombreux enfants sont morts dans un accident d'autocar. Il monte les habitants les uns contre les autres, ce qui r&#233;veille des douleurs enfouies. Le roman a &#233;t&#233; adapt&#233; au cin&#233;ma sous le m&#234;me titre par Atom Egoyan en 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;strong&gt;Pourfendeur de nuages (1998)&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;, raconte par la voix de son fils Owen la vie de John Brown, abolitionniste (militant pour l'abolition de l'esclavage), responsable du massacre de Pottawatomie (l'assassinat au Kansas de cinq partisans de l'esclavage en 1856), puis de l'attaque de Harpers Ferry (attaque arm&#233;e de l'arsenal f&#233;d&#233;ral en Virginie en 1859). Brown et ses fils furent pendus. Brown, personnage r&#233;el, &#233;tait consid&#233;r&#233; par Malcolm X et d'autres, comme un h&#233;ros de la lutte contre l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt; &lt;strong&gt;American Darling&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt; (2004), une femme de pr&#232;s de 60 ans revient sur sa vie, de sa jeunesse militante pour les droits civiques &#224; sa fuite au Liberia en Afrique, et s'interroge sur son engagement. Il y est question des d&#233;sillusions et impasses d'un certain activisme r&#233;volutionnaire qui enflamma les &#201;tats-Unis des ann&#233;es 1970, mais aussi, et beaucoup, du Liberia, et de sa population livr&#233;e aux guerres sanglantes entre clans militaires (150 000 morts dans une guerre civile entre 1989 et 1997), sur fond de liens de d&#233;pendance du pays et plus largement de l'Afrique avec les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;Lointain souvenir de la peau&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt; (2011), suit un jeune exclu, accus&#233; de p&#233;dophilie. C'est l'occasion pour Banks de d&#233;noncer le puritanisme de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, mais aussi l'exclusion des d&#233;linquants sexuels, condamn&#233;s par la justice puis frapp&#233;s d'interdiction d'une vie &#171; normale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons malheureusement pas &#233;num&#233;rer tous les titres d'une &#339;uvre immense. Russell Banks pensait que les livres ne changent pas la soci&#233;t&#233; mais qu'ils peuvent transformer les gens. Les siens en tout cas marquent leurs lecteurs en les entrainant dans des univers diff&#233;rents et d&#233;paysants, mais toujours profond&#233;ment humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Liliane Lafargue&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Article paru sur le site du &lt;a href=&#034;https://nouveaupartianticapitaliste.fr/deces-de-lecrivain-russell-banks-un-auteur-engage/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nouveau parti anticapitaliste, https://nouveaupartianticapitaliste.fr&lt;/a&gt;)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les citations de Russell Banks sont extraites d'un entretien publi&#233; dans &lt;em&gt;L'Am&#233;rique des &#233;crivains&lt;/em&gt;, de Pauline Gu&#233;na et Guillaume Binet, publi&#233; chez Laffont en 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Alan Sillitoe, en immersion dans la classe ouvri&#232;re britannique
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Alan-Sillitoe-en-immersion-dans-la-classe-ouvriere-britannique</link>
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		<dc:date>2020-07-22T09:36:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Livre
</dc:subject>
		<dc:subject>Royaume-Uni
</dc:subject>
		<dc:subject>Ecrivains et &#233;crivaines
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#192; l'occasion des dix ans de la disparition d'Alan Sillitoe, les &#233;ditions L'&#233;chapp&#233;e proposent une nouvelle &#233;dition de &lt;em&gt;Samedi soir, dimanche matin&lt;/em&gt;, le premier roman de l'auteur britannique. Alan Sillitoe a insuffl&#233; un ton plus social et contestataire &#224; la litt&#233;rature anglaise dans les ann&#233;es 1950-1960, avec ses camarades des &lt;em&gt;Angry Young Men&lt;/em&gt;, les jeunes hommes en col&#232;re. Ses r&#233;cits d&#233;peignent le quotidien des milieux populaires anglais de l'&#233;poque, et plus particuli&#232;rement de la r&#233;gion de Nottingham d'o&#249; vient l'auteur. Il a largement influenc&#233; la culture anglaise, que ce soit la musique ou le cin&#233;ma, &#224; l'image de ses deux &#339;uvres les plus connues, &#233;crites en 1958 et 1959, &lt;em&gt;Samedi soir, dimanche matin&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La solitude du coureur de fond&lt;/em&gt;, toutes deux adapt&#233;es pour le cin&#233;ma au d&#233;but des ann&#233;es 1960. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L120xH150/arton13670-51c8e.jpg?1787842256' class='spip_logo spip_logo_right' width='120' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Photo : Alan Sillitoe en 2009. Source : &lt;a href=&#034;https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Alan_Sillitoe_(2009).jpg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;wikimedia&lt;/a&gt;, Walsyman.)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion des dix ans de la disparition d'Alan Sillitoe, les &#233;ditions L'&#233;chapp&#233;e proposent une nouvelle &#233;dition de &lt;em&gt;Samedi soir, dimanche matin&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions L'&#201;chapp&#233;e, 2019, 282 pages, 20 &#8364;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, le premier roman de l'auteur britannique. Alan Sillitoe a insuffl&#233; un ton plus social et contestataire &#224; la litt&#233;rature anglaise dans les ann&#233;es 1950-1960, avec ses camarades des &lt;em&gt;Angry Young Men&lt;/em&gt;, les jeunes hommes en col&#232;re. Ses r&#233;cits d&#233;peignent le quotidien des milieux populaires anglais de l'&#233;poque, et plus particuli&#232;rement de la r&#233;gion de Nottingham d'o&#249; vient l'auteur. Il a largement influenc&#233; la culture anglaise, que ce soit la musique ou le cin&#233;ma, &#224; l'image de ses deux &#339;uvres les plus connues, &#233;crites en 1958 et 1959, &lt;em&gt;Samedi soir, dimanche matin&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La solitude du coureur de fond&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En poche : Points, 96 pages, 5 &#8364;.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, toutes deux adapt&#233;es pour le cin&#233;ma au d&#233;but des ann&#233;es 1960.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec sa plume franche et dr&#244;le, Alan Sillitoe critique vigoureusement la soci&#233;t&#233;. Son style sarcastique pointe le fait que suivant sa classe sociale, le chemin est trac&#233; et pour beaucoup il n'y a rien &#224; attendre. Ses personnages &#171; en bas de l'&#233;chelle &#187; en sont conscients, d&#233;sabus&#233;s mais non moins r&#233;volt&#233;s. Ils voient bien qu'ils sont brim&#233;s, mais ils ne r&#233;signent pas. Ils d&#233;gagent de la fiert&#233; vis-&#224;-vis de leur situation, une volont&#233; farouche de ne pas plier le genou dans un monde qui ne tourne pas pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1749 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L363xH600/39638_couverture_hres_0-876d1.jpg?1787842256' width='363' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt;La solitude du coureur de fond&lt;/em&gt;, le personnage principal, Smith, se retrouve en maison de correction apr&#232;s s'&#234;tre fait pincer par les policiers &#224; la suite d'un vol. Il n'a l'autorisation d'en sortir que pour aller courir et s'entra&#238;ner pour une course dans laquelle il repr&#233;sentera les couleurs de sa maison de correction. Et courir, il conna&#238;t &#231;a, il est bon, il n'a fait que &#231;a devant les flics jusque-l&#224; ! Au-del&#224; du jeu de poker menteur entre Smith et les policiers, ou entre lui et la direction de la prison, cette nouvelle a une dimension tr&#232;s m&#233;taphorique et l'histoire du h&#233;ros ouvre &#224; des r&#233;flexions sur d'autres situations de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1750 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH585/samedi_soir_dimanche_matin_alan_sillitoe-f90b8.jpg?1787842256' width='400' height='585' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Samedi soir, dimanche matin&lt;/em&gt; nous fait suivre la trajectoire d'Arthur Seaton, un jeune ouvrier dans une usine de v&#233;lo dont l'existence est rythm&#233;e par le travail, les sorties au pub et les aventures amoureuses. Une vie ponctu&#233;e de moments sympathiques et de gal&#232;res, for&#231;ant Arthur &#224; &#234;tre malin pour &#233;viter de voir son salaire rogn&#233; ou pour accompagner tant bien que mal sa petite amie dans la dure &#233;preuve de l'avortement, &#224; une &#233;poque o&#249; il est proscrit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une forme de r&#233;currence du rapport &#224; l'ordre &#8211; ou du rejet de l'ordre &#8211; dans ses histoires. Un &#171; ordre &#187; qui se manifeste sous diff&#233;rentes formes : l'ordre social avec les attentes de la soci&#233;t&#233;, l'ordre institutionnel par le rapport &#224; l'&#201;tat, et bien s&#251;r l'ordre patronal avec la discipline au sein de l'entreprise. Les personnages connaissent tout &#231;a et &#339;uvrent pour y &#233;chapper et r&#233;cup&#233;rer quelques instants de libert&#233;. Loin d'&#234;tre des utopistes en qu&#234;te de la soci&#233;t&#233; id&#233;ale, ils cherchent juste &#224; tracer leur route et faire leurs propres choix pour exploiter les br&#232;ches d'un environnement qui semble clos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Simon Couderc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#201;ditions L'&#201;chapp&#233;e, 2019, 282 pages, 20 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En poche : Points, 96 pages, 5 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> Doris Lessing, une femme libre
</title>
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		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Ecrivains et &#233;crivaines
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		<description>(Photo : Doris Lessing, en 2006, &#224; Cologne. Elke Wetzig, ) &lt;br /&gt;Une vie digne d'un roman (1919-2013) &lt;br /&gt;N&#233;e Doris May Tayler le 22 octobre 1919 &#224; Kernanshah, en Perse (dans l'Iran actuel), Doris Lessing, &#233;crivaine britannique, a &#233;t&#233; engendr&#233;e par la guerre selon ses propos. Ses parents, anglais, ont vu leur vie boulevers&#233;e par le conflit : sa m&#232;re y a perdu son premier amour ; son p&#232;re en est sorti amput&#233; d'une jambe et mutil&#233; de guerre. Ils se sont rencontr&#233;s dans un h&#244;pital de guerre o&#249;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Du-cote-d-ecrivains-et-ecrivaines-505-" rel="directory"&gt;Du c&#244;t&#233; d'&#233;crivains et &#233;crivaines...
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Ecrivains-et-ecrivaines-+" rel="tag"&gt;Ecrivains et &#233;crivaines
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH123/arton13263-6d803.jpg?1787842256' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='123' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Photo : Doris Lessing, en 2006, &#224; Cologne. Elke Wetzig, &lt;a href=&#034;https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Doris_lessing_20060312.jpg&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://commons.wikimedia.org/wiki/...&lt;/a&gt;)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une vie digne d'un roman (1919-2013)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;N&#233;e Doris May Tayler le 22 octobre 1919 &#224; Kernanshah, en Perse (dans l'Iran actuel), Doris Lessing, &#233;crivaine britannique, a &#233;t&#233; engendr&#233;e par la guerre selon ses propos. Ses parents, anglais, ont vu leur vie boulevers&#233;e par le conflit : sa m&#232;re y a perdu son premier amour ; son p&#232;re en est sorti amput&#233; d'une jambe et mutil&#233; de guerre. Ils se sont rencontr&#233;s dans un h&#244;pital de guerre o&#249; sa m&#232;re &#233;tait infirmi&#232;re et a soign&#233; son p&#232;re. La jeune Doris est marqu&#233;e par l'&#233;v&#233;nement mondial :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;tais une enfant tr&#232;s perturb&#233;e, ultrasensible. J'aurais pu dire que c'&#233;tait parce que ma m&#232;re aimait mon fr&#232;re et pas moi, mais c'est tellement banal. Je pense que mon mal-&#234;tre tenait davantage du discours r&#233;p&#233;titif de mon p&#232;re sur la guerre.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans un article du Figaro, de Bruno Corty, du 17 novembre 2013.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Elle est aussi un produit de l'empire colonial britannique puisque ses parents s'installent dans un premier temps en Perse o&#249; son p&#232;re est employ&#233; de banque, puis en 1924, en Rhod&#233;sie du Sud (l'actuel Zimbabwe). Son p&#232;re esp&#232;re faire fortune en cultivant le ma&#239;s et le tabac et en cherchant de l'or&#8230; Il ne trouvera que la malaria, la dysenterie, un travail p&#233;nible et finira par faire faillite. L'&#233;chec du mirage colonial, du r&#234;ve vendu par l'Empire &#224; des milliers de petits blancs a profond&#233;ment marqu&#233; Doris Lessing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle grandit donc dans un d&#233;cor solitaire de collines et plaines qui entourent la ferme familiale, une vie dure et &#226;pre, mais avec une grande libert&#233; de mouvement. Elle va &#224; l'&#233;cole dans un pensionnat catholique de Salisbury (nom de la capitale de la Rhod&#233;sie coloniale, aujourd'hui Harare), et se prend de passion pour la religion catholique, jusqu'&#224; ce que sa m&#232;re (protestante) lui raconte le sort r&#233;serv&#233; aux protestants pendant l'Inquisition&#8230; Doris perd alors la foi. Alors qu'elle adore la lecture, elle quitte l'&#233;cole &#224; 14 ans, estimant qu'elle a trop de choses &#224; apprendre et que l'&#233;cole la freine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses relations tr&#232;s conflictuelles avec sa m&#232;re, femme autoritaire, conformiste, contrari&#233;e par l'ind&#233;pendance dont fait preuve sa fille, la poussent &#224; partir du foyer familial, d'abord pour travailler, comme jeune fille au pair, puis comme standardiste. Elle &#233;crit alors deux nouvelles qui sont accept&#233;es par un magazine sud-africain. Elle se marie en 1939, &#224; vingt ans, seule fa&#231;on pour une femme de son &#233;poque et de son milieu de se lib&#233;rer de sa famille. Elle a deux enfants avec Franck Wisdom, un fonctionnaire, mais la vie tr&#232;s conventionnelle d'&#233;pouse et m&#232;re l'ennuie beaucoup&#8230; et elle divorce en 1943, laissant ses deux enfants, dont elle estime qu'ils seront mieux avec quelqu'un d'autre qu'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle vient de rencontrer le milieu communiste de Rhod&#233;sie et Gottfried Lessing, r&#233;fugi&#233; juif allemand communiste. Elle l'&#233;pouse, disant que c'&#233;tait un &lt;em&gt;&#171; acte r&#233;volutionnaire d'&#233;pouser quelqu'un dont les origines durant la guerre, risquaient de lui cr&#233;er de graves probl&#232;mes &#187;&lt;/em&gt;.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem que 1&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a un enfant avec lui, Peter, malgr&#233; son peu d'int&#233;r&#234;t affich&#233; pour la maternit&#233;. Ils divorcent en 1949 et elle quitte l'Afrique pour la Grande-Bretagne avec son fils. Gottfried Lessing, lui, rentre en Allemagne, plus pr&#233;cis&#233;ment en RDA, et elle apprend plus tard, quand il est tu&#233; dans un attentat &#224; Kampala, qu'il &#233;tait un espion du KGB !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie &#224; Londres, encore marqu&#233;e par les destructions de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale et les privations, lui semble bien morne. Elle y fait un travail de secr&#233;tariat, mais le succ&#232;s de ses deux premiers ouvrages lui permet de vivre de son &#233;criture &#224; partir de 1951.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une &#339;uvre prot&#233;iforme qui lui apporte une reconnaissance tardive&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Doris Lessing est l'auteure d'une &#339;uvre foisonnante de soixante ouvrages environ : des nouvelles, des romans, des autobiographies, de la po&#233;sie, du th&#233;&#226;tre et des essais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses romans, elle explore le r&#233;alisme comme le fantastique et l'imaginaire, et &#233;crit une s&#233;rie de romans de science-fiction o&#249; elle dit vouloir faire de la sociologie. Ces cinq ouvrages, regroup&#233;s sous le titre de &lt;em&gt;Canopus dans Argos : Archives&lt;/em&gt;, traitent du th&#232;me de la survie et du futur terrestre. L'id&#233;e d'un d&#233;sastre final, d'une apocalypse &#233;cologique la hantait et se retrouve dans plusieurs de ses romans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les th&#232;mes qu'elle aborde sont aussi tr&#232;s vari&#233;s : le colonialisme et l'anticolonialisme, le racisme, l'engagement politique au Parti communiste, la condition f&#233;minine, la maternit&#233;, la folie, la d&#233;sillusion, les relations amoureuses, l'&#233;criture et la cr&#233;ation. Elle s'int&#233;resse aussi aux philosophies orientales, tel le soufisme. Sa vie a nourri son &#339;uvre et elle s'interroge sur la mani&#232;re de concilier le refus d'une subjectivit&#233; trop &#233;troite et sa n&#233;cessit&#233; en &#233;criture. &#171; &lt;em&gt; Il faut reconna&#238;tre, dit-elle, que rien n'est personnel dans la mesure o&#249; rien, ni &#233;motion, ni d&#233;couverte ne vous appartient en propre. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans l'article de Christine Jordis consacr&#233; &#224; Doris Lessing de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; L'&#233;crivain doit faire un travail d'&#233;puisement du moi, du sujet unique, personnel pour arriver &#224; l'universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses th&#232;mes et personnages sont donc repr&#233;sentatifs d'un moment de l'histoire. Certains de ses personnages sont des arch&#233;types et elle les pr&#233;sente ainsi dans sa pr&#233;face au &lt;em&gt;Carnet d'Or&lt;/em&gt; (dont il sera question plus loin) : &lt;em&gt;&#171; M. Dogme et M. Je-Suis-Libre-Car-Je-N'Ai-Nulle-Attache, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; Je-Veux-L'Amour-Et-Le-Bonheur et M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Je-Dois-Faire-Parfaitement-Tout-Ce-Que-Je-Fais, etc. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle &#233;crit deux ouvrages autobiographiques &lt;em&gt;Dans ma peau&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La Marche dans l'ombre&lt;/em&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'&#226;ge de 75 ans, dans lesquels elle se d&#233;crit comme un processus, un mouvement d&#233;stabilis&#233; qui s'invente au contact de l'histoire. Dans un article, &lt;em&gt;&#201;crire son autobiographie&lt;/em&gt;, paru dans la revue de Philippe Sollers, L'infini, elle affirme :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si j'avais &#233;crit mes m&#233;moires &#224; l'&#226;ge de 20 ans, &#231;a aurait &#233;t&#233; un document belliqueux et combattif, &#224; 30, confiant et optimiste, &#224; 40 d&#233;bordant de culpabilit&#233; et de justification, &#224; 50 confus, plein de doutes et &#224; 60 et plus, on commence &#224; voir ses &#233;tats ant&#233;rieurs avec du recul. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Elle n'ajoute pas de troisi&#232;me tome &#224; son autobiographie, estime qu'elle n'a rien &#224; dire de plus, continuant &#224; se raconter &#224; travers ses romans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, la sortie de son roman &lt;em&gt;Les Grands-M&#232;res&lt;/em&gt; fait scandale car elle y raconte l'aventure sexuelle que deux amies, femmes m&#251;res, ont, chacune avec le fils de l'autre. Cela choque et elle r&#233;pond qu'il s'agit &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; [d']&lt;em&gt;une aventure qui n'est pas autobiographique cette fois et je le regrette ! &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'on parle d'elle pour le prix Nobel de litt&#233;rature depuis 1985, elle l'obtient en 2007, et ironise en ces termes :&lt;em&gt; &#171; Ils ont pes&#233; l&#224;-bas les Su&#233;dois : celle-l&#224; a d&#233;pass&#233; la date de p&#233;remption et elle n'en a plus pour longtemps. Allez on peut le lui donner ! &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem que 1&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Elle a par contre toujours refus&#233; d'&#234;tre anoblie par la reine d'Angleterre&#8230; Ce qui n'est pas &#233;tonnant de la part d'une femme engag&#233;e qui a d&#233;nonc&#233; toutes sortes de conformismes tout au long de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'Afrique et l'anticolonialisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique, que Doris Lessing a quitt&#233;e &#224; l'&#226;ge de 30 ans, l'a marqu&#233;e profond&#233;ment et est le sujet de nombre de ses ouvrages, o&#249; la beaut&#233; des paysages et la libert&#233; qu'elle y a connue sont c&#233;l&#233;br&#233;s. La situation d'oppression des populations africaines par les colons blancs, le traitement inflig&#233; aux serviteurs noirs sont un sujet d'indignation tr&#232;s t&#244;t dans sa vie. Elle est horrifi&#233;e par le manque d'empathie de ses parents et des autres colons envers les Africains noirs. Ce sentiment se fait conscience politique lorsqu'elle rencontre le milieu communiste de Rhod&#233;sie, form&#233; de gens travaillant dans l'aviation et d'immigr&#233;s allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses deux premiers ouvrages, &lt;em&gt;Vaincue par la brousse &lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Nouvelles africaines&lt;/em&gt;, portent sur les relations entre les Blancs et les Noirs. L'Afrique y devient un personnage, v&#233;cue comme une menace par des Blancs apeur&#233;s pour qui la nature est oppressante, &#233;touffante de chaleur. La nature les tue m&#234;me, &#224; l'instar de Mary, personnage principal de &lt;em&gt;Vaincue par la brousse&lt;/em&gt;, qui ne supporte pas sa vie dans cette brousse, &#224; c&#244;t&#233; d'un mari qui l'indiff&#232;re. Mary est obs&#233;d&#233;e par un domestique noir dans une fascination-r&#233;pulsion. Elle ne peut avoir de d&#233;sir pour lui car tout dans sa mentalit&#233; le lui interdit et ce d&#233;sir refoul&#233; devient une terreur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lessing d&#233;nonce la soci&#233;t&#233; coloniale blanche, tr&#232;s r&#233;actionnaire, tr&#232;s provinciale et conformiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'extrait du &lt;em&gt;Carnet d'or&lt;/em&gt; ci-dessous, Paul, jeune militant communiste, parodie les clich&#233;s coloniaux dans un dialogue avec sa logeuse, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Boothby :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Votre cuisinier est avec vous depuis des ann&#233;es, bien s&#251;r [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Oui c'est un bon gar&#231;on, je dois le dire, il a toujours &#233;t&#233; tr&#232;s fid&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Il fait presque partie de la famille, j'imagine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Oui, je le consid&#232;re comme tel. Et il nous aime beaucoup j'en suis s&#251;re. Nous, nous l'avons toujours bien trait&#233;. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont exactement des enfants lorsqu'on les comprend. Ils aiment &#224; &#234;tre trait&#233;s comme on traite un enfant, avec fermet&#233; mais &#233;quitablement. M. Boothby et moi-m&#234;me croyons &#224; la n&#233;cessit&#233; de traiter les Noirs avec &#233;quit&#233;. Ce n'est que justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Mais d'autre part il ne faut pas non plus les laisser abuser, dit Paul, sinon ils perdent tout respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Je suis heureuse de vous l'entendre dire, Paul, parce qu'en g&#233;n&#233;ral, vous, les jeunes qui venez d'Angleterre, vous avez toutes sortes d'id&#233;es fantaisistes sur les Cafres. Mais c'est vrai ils doivent savoir qu'il existe une ligne &#224; ne jamais franchir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ainsi de suite, interminablement. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement lorsque Paul d&#233;clara [&#8230;] : &lt;em&gt;&#171; Et bien entendu des si&#232;cles d'&#233;volution les s&#233;parent de nous, ce ne sont jamais que des babouins, en fin de compte &#187;&lt;/em&gt;, qu'elle rougit et d&#233;tourna les yeux. Babouins &#233;tait devenu un mot trop cru pour la colonie, alors qu'il &#233;tait encore acceptable cinq ans plus t&#244;t, m&#234;me dans la presse. (De m&#234;me que le mot &lt;em&gt;Caffre&lt;/em&gt; allait, dix ans plus tard, conna&#238;tre une &#233;volution analogue).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Elle se montre, dans cet extrait, ironique et tr&#232;s consciente des rapports de force qui s'inscrivent dans la langue. Sa d&#233;nonciation du colonialisme, du caract&#232;re impossible et mortif&#232;re du projet imp&#233;rial comprend aussi une description r&#233;aliste des petits blancs, victimes collat&#233;rales de la colonisation, manipul&#233;s par l'espoir d'une vie nouvelle et meilleure en Afrique et qui n'y trouvent pour la plupart d'entre eux, &#224; l'image de son p&#232;re, que souffrance et d&#233;sillusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son engagement anticolonialiste, puis anti-apartheid, vaut &#224; Doris Lessing une interdiction de s&#233;jour au Zimbabwe comme en Afrique du Sud. Elle y revient plus tard, dans les ann&#233;es 1990, puis sera &#224; nouveau interdite de s&#233;jour au Zimbabwe &#224; cause de ses critiques implacables du dictateur Mugabe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une &#233;crivaine politique et engag&#233;e au Parti communiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Doris Lessing rencontre donc des militants du Parti communiste li&#233; &#224; Moscou au d&#233;but de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, en Rhod&#233;sie, milite avec eux jusqu'&#224; son d&#233;part pour la Grande-Bretagne et finit par adh&#233;rer au Parti communiste &#224; Londres, en 1951, &#171; pour agir &#187;, alors qu'elle a d&#233;j&#224; des doutes sur le dogmatisme, la bureaucratie. Elle fait notamment un voyage en URSS qui alimente cet &#233;tat d'esprit. Elle quitte le parti en 1956, apr&#232;s l'&#233;crasement de la r&#233;volution hongroise par les chars sovi&#233;tiques. Elle dit de ses camarades : &lt;em&gt;&#171; Nous avions tous l'&#233;toffe de ces assassins &#224; la conscience nette &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos rapport&#233; dans l'&#233;mission de France Culture du 15/03/2014 Une vie, une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; (en r&#233;f&#233;rence aux crimes staliniens).&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet engagement et la d&#233;sillusion qui a suivi &#8211; comme nombre de personnes de sa g&#233;n&#233;ration, elle a cess&#233; de militer dans un parti politique &#8211;, sont au c&#339;ur de plusieurs de ses romans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas de la fresque en cinq volumes des &lt;em&gt;Enfants de la violence&lt;/em&gt;, tr&#232;s inspir&#233;e de sa propre vie, o&#249; son h&#233;ro&#239;ne Martha Quest se marie tr&#232;s jeune pour &#233;chapper &#224; sa famille, en Rhod&#233;sie, puis divorce en renon&#231;ant &#224; ses droits sur sa fille et rencontre des communistes (entre autres un &#233;tudiant qui est une caricature de jeune stalinien) avec qui elle milite, car, gr&#226;ce &#224; eux, elle ne se sent plus excentrique et isol&#233;e sur son refus du monde dans lequel elle vit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment Martha est pr&#233;sent&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est gr&#226;ce &#224; ses livres que Martha avait acquis une image pr&#233;cise d'elle-m&#234;me : elle &#233;tait adolescente donc forc&#233;e d'&#234;tre malheureuse, anglaise donc mal &#224; l'aise et m&#233;fiante, vivant dans la quatri&#232;me d&#233;cennie du xxe si&#232;cle donc in&#233;vitablement confront&#233;e aux probl&#232;mes de race et de classes sociales, de sexe f&#233;minin donc oblig&#233;e de r&#233;pudier toutes les femmes esclaves du pass&#233;. Elle &#233;tait tourment&#233;e par la responsabilit&#233;, la culpabilit&#233; et la conscience de soi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La conscience politique et l'action sont une source d'exaltation, d'espoir :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les trois jeunes femmes travers&#232;rent ensemble le parc, en parlant de l'Union sovi&#233;tique, de la r&#233;volution, de &#171; apr&#232;s la guerre &#187; &#8211; lorsque, comme ils le supposaient tous, commencerait une nouvelle phase de la R&#233;volution, dans laquelle ils seraient tous des combattants de premi&#232;re ligne, des combattants comme L&#233;nine, n'ayant peur de rien, et tous arm&#233;s d'une compassion totale &#224; l'&#233;gard de l'humanit&#233; enti&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;(Extrait du tome 2 de &lt;em&gt;L'&#201;cho lointain de l'orage&lt;/em&gt;, deuxi&#232;me partie des &lt;em&gt;Enfants de la violence&lt;/em&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le parti est aussi le lieu des compromissions (participation &#224; des comit&#233;s avec des lib&#233;raux et travaillistes dans le cadre de la grande alliance contre le fascisme) et du sectarisme (discussions sur tous les &#171; d&#233;viants &#187;, dont des trotskystes), de la langue de bois, du mensonge. Ainsi cette d&#233;claration &#233;difiante de Anton, que Martha &#233;pouse :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; Un communiste peut toujours se faire &#233;lire. Nous sommes toujours les meilleurs, pour n'importe quelle fonction. Nous sommes toujours s&#251;rs, ponctuels, et pr&#234;ts &#224; travailler davantage. Si nous ne sommes pas meilleurs que les autres, nous ne sommes pas des communistes. Nous ne m&#233;ritons pas ce nom. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;(Extrait de l'ouvrage pr&#233;c&#233;demment cit&#233;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Le Carnet d'or, c'est la d&#233;sillusion qui domine :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; 3 janv.1952. Je constate que tout ce que j'&#233;cris vise &#224; critiquer le Parti. Et pourtant j'y suis toujours. Molly aussi. Trois amis de Michael ont &#233;t&#233; pendus hier &#224; Prague. Il a pass&#233; la soir&#233;e &#224; m'en parler &#8211; ou plut&#244;t &#224; s'en parler &#224; lui-m&#234;me. Tout d'abord, il m'expliquait comment il &#233;tait impossible que ces hommes aient pu trahir le communisme. Puis il m'expliquait, avec une grande subtilit&#233; politique, pourquoi il &#233;tait impossible que le Parti puisse manigancer des complots contre des gens innocents et les pendre ; et comment ces trois hommes s'&#233;taient peut-&#234;tre involontairement trouv&#233;s dans des positions &#171; objectivement &#187; antir&#233;volutionnaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rents romans rendent bien compte de l'&#233;lan qui a port&#233; de nombreux intellectuels vers les PC, des d&#233;bats qui s'y tenaient et de l'assimilation du communisme au stalinisme et &#224; tous ses avatars, les conduisant, pour la plupart d'entre eux, &#224; se ranger derri&#232;re d'autres r&#233;formistes comme les travaillistes en Grande-Bretagne ou &#224; se contenter d'une posture humaniste. Doris Lessing est pass&#233;e &#224; autre chose, continuant d'exercer son esprit critique dans ses ouvrages, en observatrice vigilante de la r&#233;alit&#233; qui d&#233;monte les m&#233;canismes sociaux, les conditionnements familiaux de notre soci&#233;t&#233; patriarcale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un chef-d'&#339;uvre, &lt;em&gt;Le Carnet d'Or&lt;/em&gt;, et la question du f&#233;minisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;em&gt;Carnet d'or&lt;/em&gt;, publi&#233; en Angleterre en 1962 (mais traduit en France en 1976 seulement !) est consid&#233;r&#233; comme le chef-d'&#339;uvre de Doris Lessing. Elle l'&#233;crit pendant plusieurs ann&#233;es &#224; partir de 1954, tout en travaillant aussi sur une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre et sur d'autres textes, alors qu'elle partage une maison avec une amie et suit une psychanalyse, car sa vie sentimentale est un d&#233;sastre et elle a peur de devenir alcoolique. Au niveau politique, elle quitte le Parti communiste dans le contexte de la guerre froide, de la d&#233;stalinisation. Elle a l'impression que tout craque autour d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pav&#233; (945 pages dans l'&#233;dition de poche fran&#231;aise) aborde tous les th&#232;mes qui passionnent l'auteure : la lutte contre le racisme et la colonisation, l'engagement communiste et sa d&#233;ception, le combat f&#233;ministe et la complexit&#233; des rapports humains. Sa forme m&#234;me est originale : Doris Lessing m&#234;le &#171; l'h&#233;ritage r&#233;aliste des romans du &lt;span style=&#034;font-variant:small-caps;&#034;&gt;xix&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#224; des techniques litt&#233;raires post-modernes (r&#233;cit &#233;clat&#233;, composition stylistique sophistiqu&#233;e, collage, mise en abyme, m&#233;tafiction et jeu du roman dans le roman, digressions verbales, consid&#233;rations du cr&#233;ateur sur son &#339;uvre) &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem que 3&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &#192; travers la fragmentation du r&#233;cit, elle cherche &#224; rendre celle du r&#233;el, comme un roman cubiste offrant des angles de vue diff&#233;rents &#224; un m&#234;me personnage, Anna Wulf. Celle-ci, &#233;crivain, personnage central d'un roman intitul&#233; &lt;em&gt;Femmes Libres&lt;/em&gt; qui est le squelette, selon les mots de Doris Lessing, du &lt;em&gt;Carnet d'or&lt;/em&gt;, n'arrive plus &#224; &#233;crire alors qu'elle vient de conna&#238;tre le succ&#232;s avec un roman et note les diff&#233;rents aspects de sa vie dans quatre carnets de couleur (noir pour l'&#233;criture et les souvenirs d'Afrique, rouge pour la politique, bleu pour son journal intime et sa psychanalyse et jaune pour un roman qu'elle &#233;crit, avec un personnage qui est son alter-ego) &lt;em&gt;&#171; parce qu'elle &#233;prouve le besoin de s&#233;parer les choses, par crainte du chaos et de l'informe &#8211; de l'effondrement. &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;face au Carnet d'or &#233;crite par Doris Lessing en 1971.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Les extraits des carnets sont ench&#226;ss&#233;s dans les diff&#233;rentes parties du roman &lt;em&gt;Femmes libres&lt;/em&gt;. Quant au carnet d'or, c'est un joli petit carnet dor&#233; qu'Anna ach&#232;te pour ne plus &#233;crire que sur un seul carnet :&lt;em&gt; &#171; Moi toute enti&#232;re dans un seul carnet. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est une synth&#232;se en quelque sorte mais donne l'impression d'un r&#234;ve &#233;veill&#233;. On s'&#233;loigne du r&#233;alisme comme s'il fallait en passer par la folie (qui est un &#233;tat r&#233;v&#233;lant des choses essentielles selon l'auteure), la fragmentation pour se ressaisir et gu&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce roman embrasse l'existence d'une femme et ses probl&#232;mes. C'est le climat intellectuel et moral d'un pays &#224; une p&#233;riode donn&#233;e qui se trouve ainsi capt&#233; et analys&#233; &#224; travers les pr&#233;occupations d'Anna. Et le lien entre diff&#233;rents combats et oppression des femmes. Le livre a eu un impact tr&#232;s fort sur des g&#233;n&#233;rations de lectrices. Ainsi, pour Joyce Carol Oates, &#233;crivaine am&#233;ricaine contemporaine : &lt;em&gt;&#171; On ne dira jamais assez combien ce livre a compt&#233; pour les jeunes femmes de ma g&#233;n&#233;ration. Il a chang&#233; radicalement notre conscience. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;em&gt;Carnet d'or &lt;/em&gt; est donc devenu un livre culte pour les f&#233;ministes et Doris Lessing une auteure &#171; f&#233;ministe &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Doris Lessing prend ses distances avec un certain f&#233;minisme qu'elle consid&#232;re comme &lt;em&gt;&#171; dogmatique &#187;&lt;/em&gt;, manquant d'humour, &lt;em&gt;&#171; horrible avec les hommes &#187;&lt;/em&gt; ! Ce qui ne manque pas de piquant quand la plupart de ses personnages masculins ne se distinguent pas par leur valeur ! Plus s&#233;rieusement, elle reproche au f&#233;minisme son &#171; diff&#233;rencialisme &#187; (le fait de penser que les femmes auraient en soi des qualit&#233;s sup&#233;rieures &#224; celles des hommes), mais aussi son &#233;chec, car, alors que les femmes ont conquis leur libert&#233;, certaines ne songent qu'&#224; trouver un mari ! On retrouve dans ses d&#233;clarations, qui ont fait beaucoup de bruit, cet esprit libre, voire libertaire, qui est le sien :&lt;em&gt; &#171; Je d&#233;teste cette &#233;tiquette qu'on me colle volontiers dans le dos. Je suis un &#233;crivain, c'est tout. Et je n'appartiens &#224; aucun camp. J'aime trop la v&#233;rit&#233;. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doris Lessing est une grande conteuse d'histoires, originale, visionnaire, dont l'&#339;uvre r&#233;v&#232;le les choix, questionnements et d&#233;sillusions d'une intellectuelle r&#233;formiste et anticonformiste du &lt;span style=&#034;font-variant:small-caps;&#034;&gt;xx&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle dont elle est un t&#233;moin lucide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Liliane Lafargue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; dans un article du &lt;em&gt;Figaro&lt;/em&gt;, de Bruno Corty, du 17 novembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Idem que 1&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; dans l'article de Christine Jordis consacr&#233; &#224; Doris Lessing de &lt;em&gt;L'encyclop&#233;die Universalia&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Idem que 1&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Propos rapport&#233; dans l'&#233;mission de France Culture du 15/03/2014 &lt;em&gt;Une vie, une &#339;uvre&lt;/em&gt; consacr&#233;e &#224; Doris Lessing.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Idem que 3&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pr&#233;face au &lt;em&gt;Carnet d'or &lt;/em&gt; &#233;crite par Doris Lessing en 1971.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Annie Ernaux : &#201;crire la vie
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Annie-Ernaux-Ecrire-la-vie</link>
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		<dc:date>2020-04-21T22:30:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Livre
</dc:subject>
		<dc:subject>Ecrivains et &#233;crivaines
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Annie Ernaux est une &#233;crivaine fran&#231;aise contemporaine, n&#233;e le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; septembre 1940 &#224; Lillebonne, en Normandie, dans une famille tr&#232;s modeste. Son p&#232;re et sa m&#232;re ont tous les deux &#233;t&#233; ouvriers (&#224; 12 ans) avant d'ouvrir un caf&#233;-&#233;picerie &#224; Yvetot (Normandie toujours) au-dessus duquel ils habitaient dans un quartier tr&#232;s populaire, pauvre m&#234;me dans la France d'apr&#232;s-guerre encore marqu&#233;e par les restrictions et la faim. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Du-cote-d-ecrivains-et-ecrivaines-505-" rel="directory"&gt;Du c&#244;t&#233; d'&#233;crivains et &#233;crivaines...
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Livre-+" rel="tag"&gt;Livre
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Ecrivains-et-ecrivaines-+" rel="tag"&gt;Ecrivains et &#233;crivaines
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton12845-e7ae0.jpg?1787842256' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;(&lt;/em&gt;&#201;crire la vie &lt;em&gt; est le titre choisi par Annie Ernaux pour l'anthologie de ses &#339;uvres publi&#233;es chez Quarto par Gallimard en 2011. &lt;/em&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Photo : &lt;em&gt;juillet 2016, Elena Vozzi, &lt;a href=&#034;https://commons.wikimedia.org/wiki/File:EV_-_Annie_Ernaux_Strega_2016.jpg&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://commons.wikimedia.org/wiki/...&lt;/a&gt;.)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Annie Ernaux est une &#233;crivaine fran&#231;aise contemporaine, n&#233;e le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; septembre 1940 &#224; Lillebonne, en Normandie, dans une famille tr&#232;s modeste. Son p&#232;re et sa m&#232;re ont tous les deux &#233;t&#233; ouvriers (&#224; 12 ans) avant d'ouvrir un caf&#233;-&#233;picerie &#224; Yvetot (Normandie toujours) au-dessus duquel ils habitaient dans un quartier tr&#232;s populaire, pauvre m&#234;me dans la France d'apr&#232;s-guerre encore marqu&#233;e par les restrictions et la faim.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Enfant unique, elle d&#233;couvre par hasard qu'elle est la deuxi&#232;me : une fille est n&#233;e huit ans avant elle, morte de la dipht&#233;rie &#224; l'&#226;ge de six ans &#8211; &#171; elle &#233;tait beaucoup plus gentille que celle-l&#224; &#187; &#8211;, explique sa m&#232;re &#224; une cliente, ignorant que sa fille l'entend. Forte femme, f&#233;ministe sans le savoir mais aussi tr&#232;s croyante, sa m&#232;re la pousse &#224; lire et &#233;crire, la fournissant en livres et alimentant ainsi l'envie d'ailleurs. Bonne &#233;l&#232;ve, elle part en pension &#224; Rouen, chez les religieuses, puis &#224; l'&#233;cole normale d'institutrices&#8230; qu'elle quitte au bout de trois mois. Elle a expliqu&#233; depuis &#171; avoir eu le sentiment d'avoir &#233;t&#233; bris&#233;e dans un &#233;lan de savoir &#187; dans cette &#233;cole tr&#232;s &#171; infantilisante &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien avec Laure Adler le 14 juin 2010 dans l'&#233;mission &#171; Hors-Champs &#187;.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle part donc comme jeune fille au pair en Grande-Bretagne avant de revenir &#224; Rouen en fac de lettres. Elle devient prof de lettres dans le secondaire et le restera jusqu'&#224; la retraite afin de pouvoir &#234;tre ind&#233;pendante financi&#232;rement, ne pas d&#233;pendre de succ&#232;s commerciaux, et &#233;crire ce qu'elle veut et comme elle veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle commence &#224; &#233;crire dans les ann&#233;es 1960, sans trouver d'&#233;diteur pour son premier texte et c'est en 1973 que sa carri&#232;re litt&#233;raire d&#233;bute avec &lt;em&gt;Les Armoires vides&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute son &#339;uvre est b&#226;tie sur le r&#233;cit de soi, sur la m&#233;moire de sa propre vie. Il n'est pas question de fiction. Diff&#233;rents th&#232;mes y sont d&#233;velopp&#233;s et reviennent dans ses ouvrages : la question des classes sociales, du transfuge de classe qu'elle dit &#234;tre ; la question du f&#233;minisme et de la f&#233;minit&#233; ; et enfin celle du temps et de la m&#233;moire. L'engagement, politique et soci&#233;tal, est aussi important pour elle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#171; &#201;crire c'est le dernier recours quand on a trahi &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette citation emprunt&#233;e &#224; Jean Genet est plac&#233;e en exergue &#224; &lt;em&gt;La place&lt;/em&gt;, ouvrage consacr&#233; par Annie Ernaux &#224; son p&#232;re, publi&#233; en 1983. &#201;crit apr&#232;s la mort de celui-ci, elle y dit son sentiment d'avoir trahi sa classe, celle de gens issus de milieux tr&#232;s pauvres, qui sont devenus des petits commer&#231;ants mais faisaient partie des &#171; domin&#233;s culturellement &#187;. Or elle, devenue &#171; prof &#187; fait partie des &#171; dominants culturellement &#187;. &#201;crire sur son p&#232;re, c'est renouer avec ce qu'elle a reni&#233;, revenir &#224; ce qu'elle a v&#233;cu pour mieux comprendre d'o&#249; elle vient. Car en se formant intellectuellement, en adh&#233;rant aux valeurs de l'&#233;cole, elle s'est retourn&#233;e contre ses parents &#171; qui parlaient mal, aimaient des films populaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa d&#233;couverte de la sociologie de Pierre Bourdieu dans les ann&#233;es 1970 a &#233;t&#233; tr&#232;s importante dans ce processus. Elle s'est &#224; la fois comprise &#224; la lumi&#232;re des th&#233;ories du sociologue sur les in&#233;galit&#233;s culturelles, mais elle les a aussi valid&#233;es par son exp&#233;rience. Elle a fait selon ses mots &#171; la preuve par le corps &#187; de ce qu'il disait. Avec &lt;em&gt;La Place&lt;/em&gt;, elle inaugure le &#171; r&#233;cit de filiation &#187;, r&#233;cit dans lequel on part du pr&#233;sent pour reconstruire une vie, r&#233;cit qui prend la forme d'une enqu&#234;te sur quelqu'un qui n'a pas beaucoup parl&#233;. Elle fera la m&#234;me chose avec sa m&#232;re dans &lt;em&gt;Une femme&lt;/em&gt; en 1987 et dans &lt;em&gt;La honte&lt;/em&gt; o&#249; elle parle d'un geste de violence de son p&#232;re envers sa m&#232;re, une tentative d'assassinat. Dans ses ouvrages courts, elle donne &#224; voir ce milieu, sa dignit&#233;, sans mis&#233;rabilisme mais sans l'embellir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son &#233;criture y est neutre, plate, par refus du romanesque, pour &#234;tre quasiment dans le documentaire et &#171; &#233;crire au ras des choses, de l'exp&#233;rience &#187;. Cette apparente simplicit&#233; demande en fait beaucoup de travail, avec pour objectif de pouvoir &#234;tre lue de tous les publics (par exemple et y compris son p&#232;re).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#202;tre une fille&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre d'Annie Ernaux t&#233;moigne de ce que c'est qu'&#234;tre une fille, avant l'&#233;mancipation des ann&#233;es 1970. C'est passer d'une domination (celle des parents) &#224; une autre (celle d'un homme), c'est attendre d'&#234;tre occup&#233;e, par les hommes, les enfants. Elle-m&#234;me a fait ce qu'on attendait d'elle jusqu'&#224; 35 ans : elle s'est mari&#233;e, pour pouvoir partir de chez ses parents. C'est le th&#232;me de &lt;em&gt;La Femme gel&#233;e&lt;/em&gt; : sa vie d'&#233;pouse et m&#232;re de famille, dont l'extrait suivant donne un aper&#231;u saisissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Je d&#233;teste Annecy. C'est l&#224; que je me suis enlis&#233;e. Que j'ai v&#233;cu jour apr&#232;s jour la diff&#233;rence entre lui et moi, coul&#233; dans un univers de femme r&#233;tr&#233;ci, bourr&#233; jusqu'&#224; la gueule de minuscules soucis. De solitude. Je suis devenue la gardienne du foyer, la pr&#233;pos&#233;e &#224; la subsistance des &#234;tres et &#224; l'entretien des choses. [&#8230;] Les mots maison, nourriture, &#233;ducation, travail n'ont plus eu le m&#234;me sens pour lui et pour moi. Je me suis mise &#224; voir sous ces mots rien que des choses lourdes, obs&#233;dantes, dont je ne me d&#233;barrassais que quelques jours, au mieux quelques semaines par an. [&#8230;] Papa va travailler, maman range la maison, berce b&#233;b&#233; et elle pr&#233;pare un bon repas. Dire que je croyais ne jamais &#234;tre concern&#233;e par le refrain du cours pr&#233;paratoire. [&#8230;] Vingt-cinq ans. Comment avais-je pu penser que c'&#233;tait &#231;a la pl&#233;nitude. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Annie Ernaux a divorc&#233; et est devenue une femme libre et ind&#233;pendante. Elle a t&#233;moign&#233; aussi de ses passions amoureuses, sexuelles, dans plusieurs textes dont le plus connu est &lt;em&gt;Passion simple&lt;/em&gt; en 1991. Elle y raconte son histoire avec un diplomate russe rencontr&#233; lors d'un voyage d'&#233;crivains dans les pays de l'Est (elle est alors proche du Parti communiste) : &#171; &#192; partir du mois de septembre l'ann&#233;e derni&#232;re, je n'ai plus rien fait d'autre que d'attendre un homme, qu'il me t&#233;l&#233;phone et qu'il vienne chez moi &#187;. Ce r&#233;cit o&#249; elle parle crument de la passion amoureuse, du d&#233;sir f&#233;minin, surprenant apr&#232;s des ouvrages consacr&#233;s &#224; la d&#233;chirure sociale, a choqu&#233; et &#233;t&#233; re&#231;u par certains critiques comme &#171; obsc&#232;ne &#187; ! Cette exploration de la passion est pourtant une exploration de soi, qui s'ouvre &#224; l'exp&#233;rience commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; d&#233;licieux enfer &#187;, ce m&#233;lange de souffrance et de bonheur que constitue la passion amoureuse est trait&#233; aussi, de mani&#232;re diff&#233;rente dans &lt;em&gt;Se perdre&lt;/em&gt; en 2001. Il s'agit de la publication du journal intime qu'elle tenait &#224; l'&#233;poque de sa liaison avec S (l&#224;, c'est sa vraie initiale). C'est la vie qui s'&#233;crivait alors, dit-elle, &#171; le roman vrai de chaque individu quand il vit &#231;a, il ne vit plus par procuration &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos tenus dans l'&#233;mission &#171; Du jour au lendemain &#187; en 2001.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, &#234;tre une fille avant 1975, c'est souvent faire l'exp&#233;rience d'un avortement clandestin. Annie Ernaux l'a v&#233;cu &#224; la fac, en 1963, et a consacr&#233; un ouvrage &#224; cet &#233;pisode traumatisant, &lt;em&gt;L'&#233;v&#233;nement&lt;/em&gt;, en 2000. &#171; Depuis des ann&#233;es je tourne autour de cet &#233;v&#233;nement de ma vie. Lire dans un roman le r&#233;cit d'un avortement me plonge dans un saisissement sans images ni pens&#233;es, comme si les mots se changeaient instantan&#233;ment en sensation violente. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#171; Sauver quelque chose du temps o&#249; l'on ne sera plus jamais &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est par cette phrase que s'ach&#232;ve &lt;em&gt;Les Ann&#233;es&lt;/em&gt;, publi&#233; en 2008. Cette id&#233;e que tout va dispara&#238;tre et que tout s'oublie, la peur de la perte de ce qui s'est pass&#233;, de ce que nous avons v&#233;cu, ensemble et s&#233;par&#233;ment, est &#224; l'origine de cet ouvrage, plus long que les pr&#233;c&#233;dents. Il constitue un travail sur l'histoire, d&#233;clinant toutes les d&#233;cennies depuis 1940, scand&#233;es par des photographies d&#233;crites minutieusement et des d&#233;jeuners de famille, avec les conversations qui s'y tiennent. La grande histoire y est &#233;voqu&#233;e, mais se perd dans des conversations plus banales, sur les objets par exemple, dessinant une histoire du quotidien. Le livre capture l'esprit du temps (chansons, micro-&#233;v&#233;nements, publicit&#233;s) et l'essence du temps (un flux continu dont on ne peut pas se retirer, qui se mesure aux photographies dat&#233;es et marqu&#233;es socialement). Une m&#233;moire collective en &#233;merge, commune et disparate, gr&#226;ce &#224; un va-et-vient entre la m&#233;moire individuelle d'Annie Ernaux (les &#233;l&#233;ments autobiographiques, les marqueurs affectifs et sociaux) et la m&#233;moire commune (g&#233;n&#233;rationnelle, sexu&#233;e et sexuelle). L'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise depuis l'apr&#232;s-guerre se dessine par petites touches dans ce r&#233;cit qui n'est ni narcissique ni autocentr&#233;. &#201;crit &#224; la troisi&#232;me personne du singulier, avec aussi l'utilisation de &#171; nous &#187; et &#171; on &#187;, il porte un regard presque ext&#233;rieur sur la femme que l'auteure &#233;tait. Il s'en d&#233;gage une beaut&#233; m&#233;lancolique, accentu&#233;e par les fragments tr&#232;s brefs, &#224; la Georges Perec de &lt;em&gt;Je me souviens&lt;/em&gt; (le roman de souvenirs &#233;pars), hors de toute actualit&#233; et chronologie, qui ouvrent et ferment le r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une &#233;crivaine engag&#233;e&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Proche du Parti communiste pendant longtemps, se disant marxiste, Annie Ernaux estime que l'&#233;criture est un moyen de faire advenir un peu plus de justice, et que les &#233;crivains doivent s'engager dans les d&#233;bats de soci&#233;t&#233;, dans la lutte pour une autre soci&#233;t&#233; (&#171; pourquoi ce que moi j'ai, les autres ne pourraient pas l'avoir &#187; se demande-t-elle). Cela passe pour elle par la volont&#233; de rendre visible un monde qui ne l'est pas toujours, celui des classes domin&#233;es, des exclus, mais aussi par le d&#233;sir de l&#233;gitimer comme objets litt&#233;raires des lieux qui ne le sont pas &#224; priori comme les supermarch&#233;s et le RER. Habitant &#224; Cergy-Pontoise depuis 1975, elle prend beaucoup le RER et a d&#233;crit ce qu'elle y observe dans son &lt;em&gt;Journal du dehors &lt;/em&gt; ou des textes brefs. Elle a consacr&#233; au supermarch&#233; Auchan du centre commercial des Trois Fontaines &#224; Cergy un r&#233;cit, &lt;em&gt;Regarde les lumi&#232;res mon amour&lt;/em&gt;, en 2014, expliquant que 130 nationalit&#233;s sont pr&#233;sentes &#224; Cergy et qu'elles ne se c&#244;toient nulle part autant qu'au supermarch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re est aussi un de ses moteurs d'&#233;criture : elle a produit ou sign&#233; des tribunes r&#233;guli&#232;rement (contre Sarkozy, sur la GPA &#8211; gestation pour autrui &#8211; par exemple). En 2012, elle a &#233;crit un texte, &lt;em&gt;Richard Millet, le d&#233;shonneur de la litt&#233;rature fran&#231;aise&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Richard Millet a publi&#233; un pamphlet en 2012, &#201;loge litt&#233;raire d'Anders (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qui a &#233;t&#233; sign&#233; par une centaine d'&#233;crivains et &#233;crivaines et a fait du bruit&#8230; D'autres, essentiellement de droite ou d'extr&#234;me droite l'accusant de pratiquer la censure, en stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout r&#233;cemment, le 30 mars, pour la matinale de France Inter, elle a &#233;crit un texte sur le mod&#232;le de celui de Boris Vian (&#171; Monsieur le pr&#233;sident/Je vous fais une lettre/Que vous lirez peut-&#234;tre/Si vous avez le temps &#187;), adress&#233; &#224; Macron o&#249; elle lui dit que nous ne sommes pas &#171; en guerre &#187;, parle de &#171; tous les invisibles qui font fonctionner la soci&#233;t&#233; &#187; et termine en disant &#171; nous ne vous laisserons pas voler nos vies &#224; nouveau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre d'Annie Ernaux, fond&#233;e sur sa propre vie puisque rien n'y est invent&#233;, est n&#233;anmoins une &#339;uvre litt&#233;raire universelle, qui vaut &#224; l'auteure une grande proximit&#233; avec ses lectrices et lecteurs qui lui &#233;crivent beaucoup pour lui dire qu'ils se sont reconnus dans ses ouvrages, qu'ils auraient pu les &#233;crire. Loin d'en &#234;tre vex&#233;e, elle consid&#232;re que c'est un compliment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Liliane Lafargue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Entretien avec Laure Adler le 14 juin 2010 dans l'&#233;mission &#171; Hors-Champs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Propos tenus dans l'&#233;mission &#171; Du jour au lendemain &#187; en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Richard Millet a publi&#233; un pamphlet en 2012, &lt;em&gt;&#201;loge litt&#233;raire d'Anders Breivik&lt;/em&gt;, dans lequel il parle du norv&#233;gien d'extr&#234;me droite qui a tu&#233; 77 personnes en Norv&#232;ge sous l'angle de la &#171; beaut&#233; litt&#233;raire &#187; de son geste. Annie Ernaux relie ce texte &#224; celui avec lequel il a &#233;t&#233; publi&#233;, &lt;em&gt;Langue fant&#244;me&lt;/em&gt;, dans lequel il d&#233;plore l'affaiblissement de la langue fran&#231;aise dont serait cause l'immigration&#8230; et d&#233;nonce ses propos racistes et d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Goliarda Sapienza : la r&#233;volte &#224; fleur de peau
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		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Livre
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		<dc:subject>Italie
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		<dc:subject>Ecrivains et &#233;crivaines
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		<description>Goliarda Sapienza (1924-1996) consid&#233;rait l'&#233;criture comme un &#171; travail charnel et mental &#187;. On ne saurait mieux d&#233;crire l'attachement qu'on noue pour les personnages, un attachement presque physique, qui bouleverse notre vision des choses. M&#233;connue de son vivant, cette &#233;crivaine italienne n'a trouv&#233; la reconnaissance qu'apr&#232;s sa mort, avec la traduction en France du roman L'art de la joie en 2005. Trente ans apr&#232;s sa sortie dans l'oubli, le roman est devenu un best-seller traduit&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Du-cote-d-ecrivains-et-ecrivaines-505-" rel="directory"&gt;Du c&#244;t&#233; d'&#233;crivains et &#233;crivaines...
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton12807-1d0f8.jpg?1787842256' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Goliarda Sapienza (1924-1996) consid&#233;rait l'&#233;criture comme un &lt;em&gt;&#171; travail charnel et mental &#187;&lt;/em&gt;. On ne saurait mieux d&#233;crire l'attachement qu'on noue pour les personnages, un attachement presque physique, qui bouleverse notre vision des choses. M&#233;connue de son vivant, cette &#233;crivaine italienne n'a trouv&#233; la reconnaissance qu'apr&#232;s sa mort, avec la traduction en France du roman &lt;em&gt;L'art de la joie&lt;/em&gt; en 2005. Trente ans apr&#232;s sa sortie dans l'oubli, le roman est devenu un best-seller traduit dans quinze langues et a fait son retour en Italie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Une enfance berc&#233;e par les id&#233;es socialistes et le th&#233;&#226;tre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Goliarda Sapienza est n&#233;e &#224; Catane en Sicile, deux ans apr&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir de Mussolini. Fille de militants socialistes, elle a pass&#233; son enfance berc&#233;e par les id&#233;es r&#233;volutionnaires de son p&#232;re, Giuseppe, surnomm&#233; l'avocat des pauvres, figure du Parti socialiste en Sicile, et de sa m&#232;re, Maria Giuddice, r&#233;dactrice en chef du journal socialiste turinois &lt;em&gt;Le cri du peuple&lt;/em&gt;, dont un des r&#233;dacteurs &#233;tait Antonio Gramsci, l'un des fondateurs du Parti communiste italien. Il faut dire que le Parti socialiste italien, avant la Premi&#232;re Guerre mondiale, et m&#234;me pendant, ne ressemblait en rien &#224; ce qu'on conna&#238;t aujourd'hui&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Parti socialiste italien &#233;tait une organisation ouvri&#232;re de masse. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Avec la venue au pouvoir de Mussolini, la m&#232;re de Goliarda Sapienza a &#233;t&#233; assign&#233;e &#224; r&#233;sidence et son fr&#232;re Goliardo vraisemblablement noy&#233; par des fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goliarda est tr&#232;s vite d&#233;scolaris&#233;e par ses parents qui redoutaient un embrigadement fasciste ; c'est avec son entourage qu'elle nourrit son go&#251;t pour la litt&#233;rature et se passionne pour le th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; seize ans, elle obtient une bourse pour entrer &#224; l'Acad&#233;mie nationale d'art dramatique &#224; Rome. Avec la guerre, Goliarda doit interrompre sa formation d'actrice. C'est &#224; la lib&#233;ration qu'elle commence &#224; jouer, au th&#233;&#226;tre et au cin&#233;ma ; elle devient une figure du th&#233;&#226;tre italien, jusqu'&#224; &#234;tre compar&#233;e &#224; Sarah Bernhardt.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Tout abandonner pour &#233;crire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1950, Goliarda met fin &#224; sa carri&#232;re d'actrice pour se consacrer &#224; l'&#233;criture. Elle publie quelques r&#233;cits autobiographiques avant de se lancer dans l'&#233;criture de&lt;em&gt; L'Art de la joie&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Art de la joie, Le tripode, 27 octobre 2016.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, la grande &#339;uvre de sa vie. Pendant huit ans, elle travaille sans rel&#226;che et sans revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son compagnon Angelo Pellegrino, avec qui elle a pass&#233; une partie de sa vie, raconte que, lorsqu'ils se sont rencontr&#233;s, Goliarda s'est mise &#224; pleurer : elle avait peur de ne pas venir &#224; bout du roman si elle tombait amoureuse. Inqui&#233;tudes vite oubli&#233;es ; un an apr&#232;s, le manuscrit &#233;tait termin&#233; et Angelo l'a soutenu quand il a fallu trouver une maison d'&#233;dition. Le roman ne rencontre pas le succ&#232;s escompt&#233; et Goliarda essuie refus sur refus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Us&#233;e, d&#233;&#231;ue, elle se fait arr&#234;ter pour vol de bijoux en 1980, elle a alors 56 ans. Elle aurait s&#251;rement pu &#233;chapper &#224; la prison, mais elle n'essaie pas de se d&#233;fendre &#8211; aurait-t-elle vol&#233; pour retrouver du sens &#224; sa vie ? Elle est alors incarc&#233;r&#233;e dans une prison pour femmes. Elle se lie d'amiti&#233; avec ses cod&#233;tenues, prisonni&#232;res de droit commun, junkies, voleuses, mais aussi jeunes r&#233;volutionnaires. C'est le r&#233;cit de son s&#233;jour carc&#233;ral que Goliarda nous livre dans son premier roman &#224; succ&#232;s, &lt;em&gt;L'Universit&#233; de Rebibbia&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Universit&#233; de Rebibbia, Le Tripode, 3 janvier 2019.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Ses romans autobiographiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; sa sortie de prison, Goliarda continue d'&#233;crire, nourrie de ses exp&#233;riences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle raconte son enfance dans l'entre-deux-guerres en Sicile dans &lt;em&gt;Moi, Jean Gabin&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Moi Jean Gabin, Le Tripode, 30 ao&#251;t 2012.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le titre est n&#233; de son admiration pour l'acteur Jean Gabin, personnage rebelle et g&#233;n&#233;reux, qu'elle a d&#233;couvert avec le film &lt;em&gt;P&#233;p&#233; le Moko&lt;/em&gt;. Elle dresse le portrait de son quartier, des empailleurs, des marionnettistes, des boxeurs, de sa m&#232;re qui lui apprend qu'elle &lt;em&gt;&#171; ne doit jamais se soumettre &#224; personne, et moins que quiconque &#224; son p&#232;re ou &#224; sa m&#232;re. Si quelque chose ne te convainc pas, rebelle-toi toujours &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son s&#233;jour en prison est sorti le roman &lt;em&gt;L'Universit&#233; de Rebibbia&lt;/em&gt;. On y d&#233;couvre le quotidien de la vie en prison, la salet&#233;, la violence. Il se d&#233;gage de ce r&#233;cit sur l'univers carc&#233;ral &#8211; qui, pour reprendre ses mots, &#171; &lt;em&gt;a toujours &#233;t&#233; et sera toujours la fi&#232;vre qui r&#233;v&#232;le la maladie du corps social &#187;&lt;/em&gt; &#8211; un sentiment contradictoire d'ouverture et de libert&#233; dans les r&#233;cits de vie de ses cod&#233;tenues. &#192; 56 ans, c'est le premier roman qui lui apporte le succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, elle retrouve par hasard une de ses anciennes cod&#233;tenues, Roberta, militante politique radicale. Commence alors une histoire d'amour et d'amiti&#233;, avec les rues de Rome pour toile de fond. C'est avec le r&#233;cit de cette rencontre dans &lt;em&gt;Les Certitudes du doute&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Certitudes du doute, Le Tripode, 26 mars 2015.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; que Goliarda Sapienza cl&#244;t le cycle autobiographique &lt;em&gt;Autobiographie des contradictions&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa vie, l'autrice la raconte aussi dans ses &lt;em&gt;Carnets&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carnets, Le Tripode, 3 janvier 2019.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, des notes prises au jour le jour pour continuer &#224; &#233;crire apr&#232;s avoir achev&#233; &lt;em&gt;L'Art de la joie&lt;/em&gt;. Habitude qu'elle gardera jusqu'&#224; sa mort en 1996.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt; &lt;em&gt;L'Art de la joie&lt;/em&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ce roman fleuve (800 pages), Goliarda Sapienza dresse le portrait de la vie de Modesta, qui est l'alter-ego de l'auteure : elles ont toutes les deux grandi en Sicile, &#224; Catane. Ce sont deux femmes rebelles, remettant constamment en question le monde qui les entoure, encore que l'auteure consid&#233;rait qu'elle n'arrivait pas &#224; la cheville de son personnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit commence avec la Modesta &#226;g&#233;e de quatre ou cinq ans, qui vit son enfance dans la pauvret&#233;, entour&#233;e de sa m&#232;re et de sa s&#339;ur handicap&#233;e. Elle conna&#238;t ensuite le couvent, avant d'&#234;tre recueillie dans une famille noble et de se marier avec le fils trisomique, celui qu'on appelle &#171; le monstre &#187;, pour &#233;chapper d&#233;finitivement &#224; son milieu. Ces quelques &#233;l&#233;ments ne constituent que le d&#233;but de l'incroyable histoire de Modesta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;ro&#239;ne est guid&#233;e par une force et un d&#233;sir insatiable de vivre et d'encourager les personnes qui l'entourent &#224; &#234;tre libres. Elle m&#232;ne sa vie comme si les id&#233;es re&#231;ues n'avaient pas de prise sur elle et aborde sans fard des tabous aussi diff&#233;rents que l'homosexualit&#233;, l'inceste, ou la masturbation. Modesta ne choque pas, elle interroge. Ses aventures sont l'occasion d'une r&#233;flexion sur l'amour, la culpabilit&#233; ou encore l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Modesta c&#244;toie les milieux du PCI, mais ne milite pas directement dans une organisation. Elle en n'est pas moins engag&#233;e ; ses convictions f&#233;ministes et antifascistes la poussent &#224; faire des choix courageux, jusqu'&#224; se retrouver incarc&#233;r&#233;e par le r&#233;gime fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goliarda Sapienza &#233;tait impr&#233;gn&#233;e des id&#233;es gauchisantes qui connaissaient un certain succ&#232;s dans les ann&#233;es 1960, ce qui peut expliquer sa fascination pour le monde des prisons et des voyous. Id&#233;es nettement moins en vogue dans le monde de l'&#233;dition. Ce livre a &#233;t&#233; refus&#233; par tous les &#233;diteurs de son vivant. Son compagnon Angelo Pellegrino parvient finalement &#224; le faire publier deux ans apr&#232;s sa mort en 1998 mais il reste m&#233;connu jusqu'&#224; sa traduction en fran&#231;ais en 2005. Il conna&#238;t alors le succ&#232;s qu'il m&#233;rite, comme toute l'&#339;uvre de l'auteure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Zoe Liazo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Parti socialiste italien &#233;tait une organisation ouvri&#232;re de masse. N'ayant pas eu l'occasion de succomber &#224; la pression de l'&#171; union nationale &#187; comme ses homologues fran&#231;ais ou allemand (l'Italie n'est entr&#233;e en guerre qu'&#224; la toute fin du conflit), sous la pression de la mont&#233;e r&#233;volutionnaire, le PS a m&#234;me rejoint, dans un premier temps, l'Internationale communiste en 1919. Ses militants, aux c&#244;t&#233;s de militants anarchistes, ont &#233;t&#233; largement impliqu&#233;s dans la vague de gr&#232;ves insurrectionnelles qui a travers&#233;, en ao&#251;t-septembre 1920, la p&#233;ninsule, en particulier &#224; Turin o&#249; militait la m&#232;re de Sapienza. La scission avec le Parti communiste n'a eu lieu qu'en 1921, la direction du PSI, apr&#232;s avoir r&#233;ussi &#224; &#233;teindre les gr&#232;ves de 1920, entra&#238;nant le parti dans la voie de la capitulation contre la mont&#233;e du fascisme. Le PS, comme le PC, ont &#233;t&#233; compl&#232;tement interdits par Mussolini en 1926.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;L'Art de la joie&lt;/em&gt;, Le tripode, 27 octobre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;L'Universit&#233; de Rebibbia&lt;/em&gt;, Le Tripode, 3 janvier 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Moi Jean Gabin&lt;/em&gt;, Le Tripode, 30 ao&#251;t 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Les Certitudes du doute&lt;/em&gt;, Le Tripode, 26 mars 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Carnets&lt;/em&gt;, Le Tripode, 3 janvier 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Richard Wright, une voix de col&#232;re &#224; la recherche d'espoir
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Richard-Wright-une-voix-de-colere-a-la-recherche-d-espoir</link>
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		<dc:subject>Racisme
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		<dc:subject>USA
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		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Ecrivains et &#233;crivaines
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		<description>&lt;p&gt;En 1947, &#224; l'&#226;ge de 39 ans, Richard Wright quittait l'Am&#233;rique pour Paris, o&#249; il est rest&#233; jusqu'&#224; sa mort en 1960, esp&#233;rant fuir le racisme am&#233;ricain et les attaques du FBI, comme bien d'autres intellectuels, notamment noirs, l'avaient fait avant et l'ont fait apr&#232;s lui. Prenant la mesure de la place des Noirs aux &#201;tats-Unis, il a ainsi quitt&#233; le pays qui l'a vu na&#238;tre et se battre. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Du-cote-d-ecrivains-et-ecrivaines-505-" rel="directory"&gt;Du c&#244;t&#233; d'&#233;crivains et &#233;crivaines...
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Ecrivains-et-ecrivaines-+" rel="tag"&gt;Ecrivains et &#233;crivaines
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L119xH150/arton12768-bc27f.jpg?1787842256' class='spip_logo spip_logo_right' width='119' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Photo : Richard Wright photographi&#233; by Carl Van Vechten, en 1939)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1947, &#224; l'&#226;ge de 39 ans, Richard Wright quittait l'Am&#233;rique pour Paris, o&#249; il est rest&#233; jusqu'&#224; sa mort en 1960, esp&#233;rant fuir le racisme am&#233;ricain et les attaques du FBI, comme bien d'autres intellectuels, notamment noirs, l'avaient fait avant et l'ont fait apr&#232;s lui. Prenant la mesure de la place des Noirs aux &#201;tats-Unis, il a ainsi quitt&#233; le pays qui l'a vu na&#238;tre et se battre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Dans le Sud de la mis&#232;re&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Parmi les premiers auteurs engag&#233;s noirs &#224; acc&#233;der &#224; une reconnaissance nationale avec ses &#171; protest novels &#187;, ou romans engag&#233;s, Wright nous parle des l&#226;chet&#233;s de la morale humaine dont il a fait l'exp&#233;rience et les frais pendant son enfance. N&#233; &#224; deux pas des rives du Mississippi, dans l'&#201;tat du m&#234;me nom, il d&#233;crivait son Sud natal comme &lt;em&gt;&#171; un immense ghetto noir, une immense prison dans laquelle les Blancs sont les ge&#244;liers et les Noirs les d&#233;tenus &#187;&lt;/em&gt;. De ces premi&#232;res ann&#233;es dans les d&#233;cennies 1910 et 1920, Wright nous a notamment livr&#233; Les Enfants de l'Oncle Tom (1938), un recueil de nouvelles sur le Sud rural, et Black Boy (1945), son autobiographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans celle-ci se c&#244;toient la faim de nourriture et la soif de litt&#233;rature, au milieu des &#233;glises, des combats ill&#233;gaux et des bars. Ballott&#233; d'&#233;cole en &#233;cole au rythme des drames familiaux, il a fini par acc&#233;der &#224; la litt&#233;rature, d&#233;couvrant que les mots peuvent &#234;tre mani&#233;s comme des &#171; armes &#187; et par obtenir un premier dipl&#244;me avant de chercher du travail, alternant les emplois de gar&#231;on d'h&#244;tel, livreur, ou &#8216;boy' &#224; tout faire dans des commerces &#8211; avant de rejoindre le Nord en 1928 : il avait alors 20 ans. Cette autobiographie, qui nous montre la cruaut&#233; du r&#233;gime de s&#233;gr&#233;gation raciale au travers des yeux d'un enfant, fut qualifi&#233;e d'&#171; obsc&#232;ne &#187; par le s&#233;nateur d&#233;mocrate du Mississippi Theodore Bilbo lors de sa parution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les nouvelles de Wright, le climat de terreur provoqu&#233; par les exactions de supr&#233;macistes blancs, souvent transmis avec des pr&#233;cisions saisissantes, ont pour pendant la mise en valeur des moments de courage humain permettant d'y faire face, trop peu nombreux et pourtant si n&#233;cessaires. On per&#231;oit l'organisation d'une communaut&#233;, l'entraide qui y r&#232;gne pour survivre, mais aussi l'impensable r&#233;sistance individuelle, parfois simplement morale, parfois aussi accompagn&#233;e d'un fusil charg&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#8230; jusqu'au Nord des prol&#233;taires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme plus d'un million d'Afro-Am&#233;ricains dans les ann&#233;es 1920 et 1930, Wright a beaucoup d&#233;m&#233;nag&#233; au gr&#233; des opportunit&#233;s (et des expulsions), puis a fini par quitter le Sud pour Chicago o&#249; il a travaill&#233; dans des emplois peu qualifi&#233;s. Caract&#233;ristique de l'&#233;poque : alors qu'il avait pass&#233; avec succ&#232;s une premi&#232;re s&#233;lection pour devenir postier, il rata l'examen m&#233;dical pour devenir fonctionnaire, car trop ch&#233;tif du fait de sa malnutrition. Il est donc retourn&#233; dans les arri&#232;re-cuisines pour faire la plonge &#8211; avant de finalement acc&#233;der au poste l'ann&#233;e suivante. Il fr&#233;quentait alors un groupe litt&#233;raire local, mais se sentait &#233;tranger &#224; ces jeunes qui, bien que vivants les m&#234;mes quartiers du fait de la s&#233;gr&#233;gation, &#233;taient issus de milieux petits-bourgeois et ne connaissaient ni la promiscuit&#233; des logements populaires, ni les cafards dans l'&#233;vier. Une exp&#233;rience lui r&#233;v&#233;la tout particuli&#232;rement le d&#233;nuement dans lequel vivaient ses camarades de classe et de couleur : alors qu'il faisait du porte-&#224;-porte pour vendre des polices d'assurances (une activit&#233; normalement juteuse mais discutable, ce qui l'amena &#224; arr&#234;ter ce travail), il a d&#233;couvert l'int&#233;rieur de dizaines d'appartements de plus en plus d&#233;grad&#233;s &#224; mesure que la crise prenait de l'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1930, les travailleurs am&#233;ricains se radicalisaient, et les intellectuels aussi. &#192; l'instar des grands noms de la litt&#233;rature afro-am&#233;ricaine &#8211; tels que Langston Hughes ou, plus tard, Ralph Ellison qu'il a encourag&#233; &#8211;, Wright rejoignit les clubs litt&#233;raires du Parti communiste (le &#171; John Reed Club &#187;) puis le parti tout court en 1934, comme de nombreux ouvriers et m&#233;tayers afro-am&#233;ricains, que les militants du PC cherchaient &#224; organiser. La crise frappant durement les ghettos du South Side de Chicago, il se retrouva &#224; naviguer entre divers emplois, d'ouvrier sur des chantiers de travaux publics &#224; employ&#233; d'h&#244;pital, ou encore balayeur de rue. Il fut finalement embauch&#233; dans un centre pour jeunes d&#233;linquants du South Side, puis par la Federal Writer's Association (issue du volet culturel du New Deal, qui visait principalement &#224; &#233;tablir des guides de tourisme et &#224; laquelle de nombreux &#233;crivains collabor&#232;rent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pendant ces ann&#233;es, sa carri&#232;re litt&#233;raire d&#233;colla : il participait aux congr&#232;s litt&#233;raires et politiques organis&#233;s par le Parti communiste, publiait dans les revues de celui-ci, rencontra l'intelligentsia de gauche, et d&#233;vorait les &#233;crivains am&#233;ricains, les r&#233;alistes russes ou fran&#231;ais, tout en publiant des po&#232;mes contre les discriminations, l'exploitation de la classe ouvri&#232;re noire ou encore les lynchages&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y en avait encore plus d'un par mois durant toute la p&#233;riode des ann&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le jeune Richard Wright d&#233;non&#231;ait, avec force. Il s'est fait relativement peu l'&#233;cho des luttes collectives des travailleurs, dans les comt&#233;s ruraux ou contre les &#233;victions, mais a pr&#233;f&#233;r&#233; mettre en lumi&#232;re le &#171; combat des individus en Am&#233;rique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Voyages et succ&#232;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1937, il s'&#233;loigna du Parti communiste de Chicago du fait de son d&#233;saccord avec certaines de leurs pratiques, et rejoignit les militants de New-York et leurs comit&#233;s de r&#233;daction. Les dissensions politiques n'&#233;taient pas tr&#232;s loin : prenant d'abord position contre l'entr&#233;e en guerre des USA, il s'est &#233;loign&#233; du Parti qui a d&#233;fendu l'intervention militaire d&#232;s l'attaque de l'URSS par l'Allemagne en 1941. Il faut dire qu'une grande majorit&#233; de la population am&#233;ricaine, en particulier dans les milieux populaires, &#233;tait alors hostile &#224; l'entr&#233;e en guerre des &#201;tats-Unis. Comme tant d'autres, il a rejoint la cohorte des bellicistes apr&#232;s l'attaque par l'aviation japonaise de la base am&#233;ricaine de Pearl Harbor. Cependant, il d&#233;non&#231;ait inlassablement les discriminations raciales dans l'arm&#233;e &#8211; et rendit sa carte lorsque les militants du PC refus&#232;rent de soutenir la marche du militant des droits civiques Philipp A. Randolph en 1942.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la fin de sa vie, il est rest&#233; critique de l'ambition totalitaire des staliniens et de leur volont&#233; de soumettre la cr&#233;ation litt&#233;raire &#224; des objectifs politiques pr&#233;cis. Ces &#233;l&#233;ments sont pr&#233;sents dans la deuxi&#232;me partie de son autobiographie &lt;em&gt;American Hunger&lt;/em&gt; (publi&#233;e de mani&#232;re posthume en 1977, bien qu'&#233;crite en m&#234;me temps que la premi&#232;re partie de son autobiographie, car consid&#233;r&#233;e comme moins int&#233;ressant par ses &#233;diteurs &#8211; &#224; raison peut-&#234;tre ?&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une faim d'&#233;galit&#233;, Gallimard, 1979.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). Dans ce livre, Wright revient sur la vie dans le South Side au temps de la crise, sur la r&#233;volte n&#233;cessaire et l'envie de comprendre le monde dans toute sa complexit&#233;. Ici comme ailleurs&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme dans son texte d'adieu au PC &#171; I Tried To Be a Communist &#187; (1942) ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, il raconte aussi sa d&#233;couverte des id&#233;es communistes (telles que d&#233;fendues par le PC en tout cas) qui lui ont offert une porte de sortie de la &#171; Black Belt &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;gion du Sud des &#201;tats-Unis o&#249; l'esclavage fut majoritaire, et la terreur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, en lui faisant entrevoir un futur d&#233;barrass&#233; du racisme tout en &#233;voquant aussi les relations malsaines avec les militants du PC, d&#233;crits de mani&#232;re peu flatteuse. Ce parcours fut celui d'autres &#233;crivains, comme Ralph Ellison avec &lt;em&gt;Invisible Man&lt;/em&gt;, qui, tout en d&#233;non&#231;ant le racisme aux &#201;tats-Unis, finiront par rompre avec le PC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les succ&#232;s sont venus les voyages : retour &#224; Chicago pour &#233;crire un article de sociologie, voyage au Mexique avec Steinbeck, pour des projets cin&#233;matographiques ou th&#233;&#226;traux, ou encore dans le Sud des &#201;tats-Unis pour alimenter un r&#233;cit photographique sur l'histoire du peuple noir am&#233;ricain. Dans ce livre, &lt;em&gt;12 Million Black Voices&lt;/em&gt; (non traduit en fran&#231;ais), o&#249; des photographies de la Grande D&#233;pression s&#233;lectionn&#233;es par le photographe Edwin Rosskam appuient le lyrisme du texte, Wright d&#233;nonce la continuit&#233; de l'oppression du peuple noir : du &#171; passage du milieu &#187; (travers&#233;e de l'Atlantique des futurs esclaves) &#224; l'esclavage ; la parenth&#232;se qui a suivi la Guerre de S&#233;cession o&#249; les anciens esclaves ont pu d&#233;velopper une activit&#233; politique et &#233;conomique autonome ; le retour violent de l'oppression &#224; travers le syst&#232;me de m&#233;tayage au service de la &#171; reine Coton &#187;, puis l'exploitation capitaliste du Nord. La force de Wright, dans ce livre comme dans d'autres, est de montrer combien cette oppression est intemporelle et d'en d&#233;signer les coupables r&#233;els : les &#171; Lords of the Land &#187; (les seigneurs de la terre) et leurs alli&#233;s, les &#171; Bosses of the Buildings &#187; (les patrons des immeubles), propri&#233;taires blancs des terres, des usines et des logements.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Comprendre pour transformer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Int&#233;ress&#233; par la psychanalyse, Wright nous a aussi donn&#233; &#224; voir les errements m&#233;taphysiques et politiques d'hommes &#224; qui toute humanit&#233; a &#233;t&#233; ni&#233;e. Dans &lt;em&gt;Lawd Today !&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bon Sang de Bonsoir, Ed. Gallimard, 1980.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Jake, mari violent qui tra&#238;ne sa vie dans une &#233;poque de mis&#232;re &#233;conomique, cherche dans l'id&#233;ologie fasciste une potentielle &#233;mancipation (en parall&#232;le &#224; la mont&#233;e en puissance fulgurante du Parti communiste parmi la population afro-am&#233;ricaine, les groupes reprenant l'esth&#233;tique des bandes fascistes se d&#233;veloppent &#224; l'approche de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale). Wright fouille au plus profond de la conscience humaine... quoi qu'on y trouve : dans sa nouvelle de 1942,&lt;em&gt; L'homme qui vivait sous terre&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fait partie du recueil de nouvelles Eight Men, traduit en fran&#231;ais sous le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, le personnage central, oblig&#233; de se cacher dans les &#233;gouts de la ville pour fuir la police, y fait un voyage tout autant m&#233;taphorique que r&#233;el au milieu des rats et des cachettes. Wright s'est particuli&#232;rement int&#233;ress&#233; aux criminels par d&#233;faut, qui n'h&#233;sitent pas &#224; tuer pour sauver leur peau : car, en Am&#233;rique, chaque homme noir est en sursis, criminel tout simplement parce que per&#231;u comme tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Son plus grand succ&#232;s, &lt;em&gt;Native Son&lt;/em&gt; (1940)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un Enfant du Pays, Gallimard, 1988&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, met en sc&#232;ne Biggie, jeune homme qui, par peur d'&#234;tre vu dans la chambre de la fille de ses employeurs (qu'il ram&#232;ne apr&#232;s une soir&#233;e arros&#233;e en compagnie d'un militant du PC, brisant ainsi un des tabous les plus tenaces), l'assassine et se retrouve au centre d'une chasse &#224; l'homme de toute la ville de Chicago. Le long plaidoyer de son avocat contre le syst&#232;me qui produit ces criminels indique la route &#224; suivre (avec un style que l'on pourrait trouver pesant) : si l'on veut que la situation change, il va falloir comprendre, examiner, analyser. Alors que son autobiographie avait provoqu&#233; l'apitoiement de l'Am&#233;rique lib&#233;rale bien-pensante, avec&lt;em&gt; Native Son&lt;/em&gt;, Wright a cherch&#233; &#224; &#233;radiquer toute piti&#233;. Il s'agissait de lever le voile sur l'Am&#233;rique blanche, qu'elle soit au PC ou lib&#233;rale, mais sans mi&#232;vreries : prendre parti, c'&#233;tait le faire pour le renversement complet du syst&#232;me qui alimente cette oppression, sans craindre de montrer la civilisation am&#233;ricaine dans toute sa laideur&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notons tout de m&#234;me que ce livre fut consid&#233;r&#233; par son cadet litt&#233;raire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Hors d'Am&#233;rique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	S'&#233;loignant enti&#232;rement de l'id&#233;ologie v&#233;hicul&#233;e par le Parti communiste am&#233;ricain, particuli&#232;rement stalinien sans avoir l'implantation de masse d'autres PC, c'est vers les existentialistes qu'il s'est tourn&#233; &#224; son arriv&#233;e en France, dans le pays dont il admirait tant les auteurs. Dans le Quartier latin de 1947, il fr&#233;quentait Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, tout comme les autres intellectuels am&#233;ricains pr&#233;sents &#224; Paris, tel James Baldwin. En est sorti &lt;em&gt;The Outsider &lt;/em&gt; (1953)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Transfuge, Ed. Gallimard, 1955.&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, roman d&#233;nigr&#233; par la critique. Sa vision politique a aussi &#233;volu&#233; et il s'est int&#233;ress&#233; de pr&#232;s aux luttes de lib&#233;ration nationale, m&#234;me si la peur d'&#234;tre renvoy&#233; l'emp&#234;chait de critiquer ouvertement la politique fran&#231;aise en Alg&#233;rie. Il fut vivement impressionn&#233; par la conf&#233;rence des pays dits non-align&#233;s de Bandung&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La situation internationale de l'&#233;poque &#233;tait caract&#233;ris&#233;e par la guerre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, &#224; laquelle il participa en 1955, et d'o&#249; il tirera &lt;em&gt;The Color Curtain&lt;/em&gt;. Au d&#233;but des ann&#233;es 1950, ses projets se multipliaient : voyage en Am&#233;rique du Sud, o&#249; il a particip&#233; &#224; un tournage, publication d'essais comme &lt;em&gt;White Man, Listen !&lt;/em&gt;, tir&#233; de discussions avec des soldats noirs am&#233;ricains stationn&#233;s en Allemagne de l'Ouest, voyage en Afrique de l'Ouest en 1953 qui lui a inspir&#233; son livre &lt;em&gt;Black Power&lt;/em&gt;, ou encore en Espagne (&lt;em&gt;Pagan Spain&lt;/em&gt;). Alors qu'il pr&#233;parait un deuxi&#232;me voyage en Afrique de l'Ouest, il est mort &#224; Paris en 1960, min&#233; par la maladie et le soup&#231;on constant qui pesait sur lui dans les milieux intellectuels de gauche et afro-am&#233;ricains d'&#234;tre &#224; la solde du FBI et de la CIA. Ces officines l'espionnaient jusque chez lui au 14, rue Monsieur-le-Prince. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'anticommunisme du MacCarthysme am&#233;ricain avait largement travers&#233; l'Atlantique, et le PCF le qualifiait de ren&#233;gat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comme tant d'autres intellectuels dans le monde, Richard Wright a &#233;t&#233; un compagnon de route des partis communistes, croyant sans doute rejoindre un mouvement de lib&#233;ration de toutes les oppressions quand ces partis ne faisaient que d&#233;fendre une politique li&#233;e aux int&#233;r&#234;ts de la bureaucratie sovi&#233;tique. Mais tout son parcours t&#233;moigne d'un attachement visc&#233;ral &#224; la r&#233;volte des travailleurs par-del&#224; leurs divisions. Son &#339;uvre est essentielle pour comprendre le racisme &#224; l'am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Voici la fin d'un po&#232;me de Richard Wright de 1934 sur le combat commun des travailleurs noirs et blancs : I Have Seen Black Hands&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;I am black and I have seen black hands&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Raised in fists of revolt side by side with the white fists of white workers,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;And some day-and it is only this which sustains me &#8211;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Some day there shall be millions and millions of them,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;On some red day in a burst of fists on a new horizon !&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Je suis noir. J'ai vu des mains noires,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Poings lev&#233;s de la r&#233;volte aux c&#244;t&#233;s des poings blancs de travailleurs blancs&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Un jour viendra &#8211; seule pens&#233;e qui me tienne en vie &#8211;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Un jour viendra o&#249; ils seront des millions, oui des millions&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Un jour rouge du jaillissement des poings dress&#233;s vers un nouvel horizon !&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selma Timis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1470 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L405xH485/wright_illus-a3499.jpg?1787842256' width='405' height='485' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il y en avait encore plus d'un par mois durant toute la p&#233;riode des ann&#233;es 1920 et 1930, avec un pic en 1924 o&#249; 30 lynchages ont eu lieu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Une faim d'&#233;galit&#233;&lt;/em&gt;, Gallimard, 1979.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Comme dans son texte d'adieu au PC &#171; I Tried To Be a Communist &#187; (1942) ou son roman qui restera son plus grand succ&#232;s, &lt;em&gt;Native Son &lt;/em&gt; (1940).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;R&#233;gion du Sud des &#201;tats-Unis o&#249; l'esclavage fut majoritaire, et la terreur blanche la plus forte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Bon Sang de Bonsoir&lt;/em&gt;, Ed. Gallimard, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fait partie du recueil de nouvelles &lt;em&gt;Eight Men&lt;/em&gt;, traduit en fran&#231;ais sous le titre de &lt;em&gt;Huit Hommes&lt;/em&gt;, chez Gallimard, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Un Enfant du Pays&lt;/em&gt;, Gallimard, 1988&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Notons tout de m&#234;me que ce livre fut consid&#233;r&#233; par son cadet litt&#233;raire James Baldwin comme particuli&#232;rement st&#233;r&#233;otypique, notamment dans sa description de personnages noirs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Le Transfuge&lt;/em&gt;, Ed. Gallimard, 1955.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La situation internationale de l'&#233;poque &#233;tait caract&#233;ris&#233;e par la guerre froide entre les deux &#171; super-puissances &#187; qu'&#233;taient l'URSS et les &#201;tats-Unis. Les dirigeants nationalistes d'un certain nombre de pays tent&#232;rent de surfer sur l'&#233;quilibre pr&#233;caire entre les deux &#171; Grands &#187; pour desserrer l'&#233;tau de l'imp&#233;rialisme sur leur pays dont la bourgeoisie nationale se voyait priv&#233;e d'un certain nombre de ressources. &#192; la conf&#233;rence de Bandung particip&#232;rent de nombreux pays (qualifi&#233;s, suite &#224; la conf&#233;rence, comme faisant partie du &#171; tiers-monde &#187;), dont l'Inde, le Pakistan, l'Indon&#233;sie, l'&#201;gypte, la Chine, et m&#234;me le Japon. Malgr&#233; la participation de mouvements de lib&#233;ration nationale comme le FLN alg&#233;rien, les id&#233;es de la conf&#233;rence &#233;taient loin de celles qu'on qualifiera plus tard de &#171; tiers-mondistes &#187;. Mais les discours nationalistes de dirigeants comme Nasser ont exerc&#233; une certaine fascination sur les milieux intellectuels occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Martin Winckler, m&#233;decin f&#233;ministe et romancier
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Martin-Winckler-medecin-feministe-et-romancier</link>
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		<dc:date>2020-04-13T11:24:37Z</dc:date>
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		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233;
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		<dc:subject>Ecrivains et &#233;crivaines
</dc:subject>

		<description>Martin Winckler est n&#233; Marc Zaffran, le 22 f&#233;vrier 1955 &#224; Alger, dans une famille juive d'origine espagnole. Son p&#232;re &#233;tait m&#233;decin et a d&#251; quitter l'Alg&#233;rie en 1961, avec sa famille car il &#233;tait menac&#233; par l'OAS. &lt;br /&gt;Une vie aux itin&#233;raires et int&#233;r&#234;ts vari&#233;s &lt;br /&gt;Apr&#232;s un bref passage en Isra&#235;l o&#249; la famille ne reste pas, faute de travail pour le p&#232;re, c'est l'arriv&#233;e en France, dans le Massif central d'abord puis &#224; Pithiviers. &lt;br /&gt;Winckler fait de fr&#233;quents s&#233;jours en Angleterre, et aux&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Du-cote-d-ecrivains-et-ecrivaines-505-" rel="directory"&gt;Du c&#244;t&#233; d'&#233;crivains et &#233;crivaines...
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Ecrivains-et-ecrivaines-+" rel="tag"&gt;Ecrivains et &#233;crivaines
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Martin Winckler est n&#233; Marc Zaffran, le 22 f&#233;vrier 1955 &#224; Alger, dans une famille juive d'origine espagnole. Son p&#232;re &#233;tait m&#233;decin et a d&#251; quitter l'Alg&#233;rie en 1961, avec sa famille car il &#233;tait menac&#233; par l'OAS.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Une vie aux itin&#233;raires et int&#233;r&#234;ts vari&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un bref passage en Isra&#235;l o&#249; la famille ne reste pas, faute de travail pour le p&#232;re, c'est l'arriv&#233;e en France, dans le Massif central d'abord puis &#224; Pithiviers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Winckler fait de fr&#233;quents s&#233;jours en Angleterre, et aux &#201;tats-Unis, et en garde un go&#251;t prononc&#233; pour la culture populaire anglo-saxonne (les s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es notamment sur lesquelles il a &#233;crit). Il ma&#238;trise l'anglais et est aussi traducteur. Son enfance et sa jeunesse sont berc&#233;es par la lecture, de romans, de science-fiction, mais aussi de magazines. Il h&#233;site &#224; devenir journaliste puis, encourag&#233; par son p&#232;re, s'engage dans des &#233;tudes de m&#233;decine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devient m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste, dans la campagne sarthoise puis &#224; l'h&#244;pital du Mans, de 1983 &#224; 2008. Parall&#232;lement, il intervient dans un centre de planification des naissances o&#249; il pratique des avortements. Il vient &#224; l'&#233;criture d'abord par des revues (dont &lt;em&gt;Que choisir&lt;/em&gt;) puis par le roman. Son premier succ&#232;s est &lt;em&gt;La maladie de Sachs&lt;/em&gt;, publi&#233; en 1997 (adapt&#233; au cin&#233;ma ensuite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a depuis publi&#233; de nombreux romans, sous le pseudonyme de Martin Winckler, choisi en r&#233;f&#233;rence &#224; Gaspard Winckler, un des h&#233;ros de &lt;em&gt;La vie, mode d'emploi&lt;/em&gt;, roman de Georges Perec qu'il aime particuli&#232;rement. Il a aussi &#233;crit des polars &lt;em&gt;In vitro&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Camisole&lt;/em&gt;, o&#249; il est question de sombres machinations et manigances de l'industrie pharmaceutique&#8230; une de ses b&#234;tes noires, &#171; le mal du si&#232;cle &#187; dit-il. La chronique qu'il tenait sur France Inter a &#233;t&#233; stopp&#233;e par la radio, sur pression des trusts pharmaceutiques. C'est peu apr&#232;s que Winckler a quitt&#233; la France pour le Canada o&#249; il intervient dans des universit&#233;s, McGill &#224; Montr&#233;al notamment, dans des programmes de formation des soignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur a aussi &#233;crit de nombreux essais, dont un des derniers, &lt;em&gt;Les brutes en blanc ; pourquoi y a-t-il tant de m&#233;decins maltraitants ?&lt;/em&gt; est paru chez Flammarion en 2016 et lui a valu un communiqu&#233; scandalis&#233; du Conseil de l'ordre des m&#233;decins. Il y d&#233;nonce les comportements de nombreux m&#233;decins qui, du haut de leur savoir, maltraitent leurs patients, les m&#233;prisent, les engueulent, les jugent et les punissent en leur faisant mal (&#171; puisque c'est comme &#231;a, je ne renouvelle pas votre prescription &#187;), et trouvent &#231;a normal !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela s'explique selon lui par la formation re&#231;ue par les futurs m&#233;decins : celle de membres d'une caste privil&#233;gi&#233;e, impatients pour la plupart d'int&#233;grer cette pr&#233;tendue &#233;lite sociale, f&#233;rue des sciences de la pathologie, du diagnostic et de la th&#233;rapeutique. Le soin est l'affaire des aides-soignantes, infirmi&#232;res, sages-femmes, kin&#233;s et psychologues. Aux m&#233;decins, le &#171; savoir et le pouvoir qui en d&#233;coule &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une &#339;uvre romanesque qui est une plong&#233;e dans l'univers m&#233;dical et un plaidoyer pour une autre m&#233;decine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'auteur passe en revue toutes les questions qui touchent &#224; la sant&#233;, donc &#224; la vie et &#224; la mort, &#224; travers des r&#233;cits qui mettent en sc&#232;ne des personnages en souffrance, malmen&#233;s par la vie, attachants car vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;La maladie de Sachs &lt;/em&gt;est le quotidien d'un m&#233;decin de campagne qui nous est cont&#233;, inspir&#233; bien s&#251;r de l'exp&#233;rience de Winckler mais aussi de son p&#232;re et d'autres m&#233;decins qu'il a c&#244;toy&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Trois m&#233;decins&lt;/em&gt; est une version moderne et m&#233;dicale librement inspir&#233;e du roman &lt;em&gt;Les trois mousquetaires&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;En souvenir d'Andr&#233;&lt;/em&gt; est un plaidoyer pour le droit &#224; mourir librement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Abraham et fils &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;Les histoires de Franz &lt;/em&gt;sont deux romans librement inspir&#233;s de la vie de l'auteur, bouleversants et passionnants (le troisi&#232;me de la s&#233;rie est &#224; para&#238;tre prochainement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des engagements importants de Martin Winckler est son f&#233;minisme. Il l'a v&#233;cu &#224; travers sa pratique de l'avortement mais aussi par un blog, qu'il anime toujours bien qu'il n'exerce plus la m&#233;decine, dans lequel il r&#233;pond aux questions de milliers de femmes, sur la contraception notamment. Deux romans, publi&#233;s &#224; dix ans d'intervalle (et qui t&#233;moignent de la persistance de l'engagement f&#233;ministe de Winckler) se r&#233;pondent. On y retrouve des personnages et les th&#232;mes chers &#224; l'auteur : d&#233;nonciation de la fa&#231;on dont les femmes sont trait&#233;es par la m&#233;decine en France d'un c&#244;t&#233;, manifeste pour une autre pratique de la m&#233;decine de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le ch&#339;ur des femmes &lt;/em&gt;a &#233;t&#233; publi&#233; en 2009 ; &lt;em&gt;L'&#233;cole des soignantes&lt;/em&gt; en 2019.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1471 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH500/choeurfemmes-19336.jpg?1787842256' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt;Le ch&#339;ur des femmes&lt;/em&gt;, le personnage principal est Jean Atwood, brillante jeune interne, une battante, d&#233;termin&#233;e &#224; se sp&#233;cialiser en chirurgie gyn&#233;cologique, qui est envoy&#233;e pour son dernier semestre d'internat dans un service de m&#233;decine, l'unit&#233; 77, consacr&#233; &#224; la m&#233;decine des femmes (avortement, contraception, violences conjugales, maternit&#233;s adolescentes, accompagnement des cancers gyn&#233;cologiques en phase terminale). Elle y va &#224; reculons car au lieu de pratiquer la chirurgie, elle se retrouve &#224; &#233;couter des femmes parler d'elles-m&#234;mes &#224; longueur de temps. Mais elle d&#233;couvre peu &#224; peu que les patientes lui apprennent son m&#233;tier, c'est un roman de formation. Le style veut refl&#233;ter la logorrh&#233;e des patientes, parfois sans ponctuation ou tr&#232;s peu, car elles se livrent d'un souffle, d'une traite. Cela transpire la sinc&#233;rit&#233;, l'esp&#233;rance, l'humilit&#233; et la souffrance. La pratique de la gyn&#233;cologie en France y appara&#238;t comme maltraitante (dans la fa&#231;on m&#234;me de pratiquer l'examen, tr&#232;s diff&#233;rente de la mani&#232;re anglo-saxonne). Des sujets comme l'intersexualit&#233; y sont abord&#233;s (ce qui &#233;tait rare dans la litt&#233;rature fran&#231;aise il y a dix ans) avec la question des b&#233;b&#233;s intersexes qui subissent &#171; pour leur bien &#187; des mutilations en vue d'une r&#233;assignation sexuelle, souvent impos&#233;e par les m&#233;decins &#224; des parents d&#233;munis ou ignorants. Le lecteur reste en haleine car chaque chapitre s'interrompt brutalement, comme les s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es, et on attend la suite. Pour reprendre un commentaire &lt;em&gt;online&lt;/em&gt; : un livre &#171; d'utilit&#233; publique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans plus tard, Winckler reprend le personnage de Jean Atwood pour livrer sa vision de ce que devrait devenir la m&#233;decine, avec &lt;em&gt;L'&#233;cole des soignantes&lt;/em&gt;, utopie r&#233;aliste qui se passe en 2039. L'h&#244;pital dans lequel se d&#233;roule le r&#233;cit est une enclave dans l'univers hospitalier que nous connaissons. Tous les professionnels de la sant&#233; y sont pass&#233;s par les m&#234;mes apprentissages, des gestes de soins de base jusqu'&#224; la sp&#233;cialisation de certains pour des gestes plus techniques. Il n'y a pas de hi&#233;rarchie parmi eux, pas de rapport de pouvoir. Les soign&#233;es, le terme de patients est abandonn&#233;, sont &#233;cout&#233;es. C'est l'itin&#233;raire que Martin Wincler s'&#233;tait impos&#233;, lui qui a commenc&#233; comme aide-soignant pendant ses vacances lors de ses premi&#232;res ann&#233;es d'&#233;tude de m&#233;decine, puis a fait des remplacements d'infirmi&#232;re. Il estime que les soignantes lui ont tout appris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curiosit&#233; et humour bien plac&#233; de l'auteur : Winckler a d&#233;cid&#233; d'utiliser le f&#233;minin pour l'ensemble de ses personnages car 90 % des soignants sont des femmes &#171; quand vous f&#233;minisez tout le monde, on cherche les hommes, dans le cas inverse, pas du tout &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion de la crise sanitaire actuelle, il a &#233;t&#233; interview&#233; plusieurs fois et cela a &#233;t&#233; l'occasion pour lui de r&#233;affirmer ses critiques de la hi&#233;rarchisation, des rapports de pouvoir dans l'exercice du soin, en h&#244;pital comme en Ehpad, qu'il qualifie de &#171; version &#224; peine &#233;volu&#233;e du mouroir &#187;. Il concluait de la sorte une tribune dans &lt;em&gt;Elle&lt;/em&gt; du 27 mars : &#171; t&#244;t ou tard, la pand&#233;mie prendra fin. Les soignantes, elles seront toujours l&#224;. C'est gr&#226;ce &#224; elles que le pire sera pass&#233;. Et je souhaite vivement qu'elles sortent de cette crise confort&#233;es dans leur col&#232;re, leurs engagements et leurs aspirations. Et qu'elles ne s'arr&#234;tent pas l&#224;, mais en profitent pour renverser le patriarcat m&#233;dical, &#233;tablir de nouvelles priorit&#233;s fond&#233;es sur les besoins de la population et red&#233;finir le syst&#232;me de sant&#233;. Bref, qu'elles fassent la r&#233;volution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Liliane Lafargue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Joyce Carol Oates, une &#233;crivaine am&#233;ricaine
</title>
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		<dc:date>2020-04-07T18:07:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Livre
</dc:subject>
		<dc:subject>Ecrivains et &#233;crivaines
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Joyce Carol Oates est une &#233;crivaine am&#233;ricaine contemporaine tr&#232;s prolifique (elle a &#233;crit autour de deux cents ouvrages : romans, nouvelles, pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, essais et recueils de po&#233;sie, certains sous des noms d'emprunt), qui maitrise tous les genres possibles d'&#233;criture. Raconteuse d'histoires hors-pair, &#224; l'imagination d&#233;bordante, elle a le don de faire vivre des personnages dans lesquels elle se fond compl&#232;tement, disant n'avoir pas de &#171; personnalit&#233; propre &#187;&#8230; ce qui est bien s&#251;r faux ! Sa personnalit&#233; r&#233;side pr&#233;cis&#233;ment dans sa connaissance du genre humain. D'o&#249; des r&#233;cits biographiques &#224; la fois r&#233;alistes et romanesques et des faits divers revisit&#233;s. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton12667-98626.jpg?1787842256' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;(Photo : Joyce Carol Oates en 2013. Cr&#233;dit photo : SLOWKING, licence CC BY-NC).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joyce Carol Oates est une &#233;crivaine am&#233;ricaine contemporaine tr&#232;s prolifique (elle a &#233;crit autour de deux cents ouvrages : romans, nouvelles, pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, essais et recueils de po&#233;sie, certains sous des noms d'emprunt), qui maitrise tous les genres possibles d'&#233;criture. Raconteuse d'histoires hors-pair, &#224; l'imagination d&#233;bordante, elle a le don de faire vivre des personnages dans lesquels elle se fond compl&#232;tement, disant n'avoir pas de &#171; personnalit&#233; propre &#187;&#8230; ce qui est bien s&#251;r faux ! Sa personnalit&#233; r&#233;side pr&#233;cis&#233;ment dans sa connaissance du genre humain. D'o&#249; des r&#233;cits biographiques &#224; la fois r&#233;alistes et romanesques et des faits divers revisit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une &#233;crivaine typiquement am&#233;ricaine, qui, &#224; travers des destins individuels, d&#233;crit les &#201;tats-Unis contemporains (de la crise de 1929 &#224; nos jours), marqu&#233;s par la violence, le racisme, l'individualisme, les in&#233;galit&#233;s, la loi du plus fort et la puissance de l'argent notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joyce Carol Oates est n&#233;e en 1938 &#224; Lockport, dans l'&#201;tat de New-York, dans une famille d'origine allemande ayant fui le nazisme, une famille modeste. Son p&#232;re est ouvrier et sa m&#232;re au foyer. Elle est la premi&#232;re &#224; obtenir un dipl&#244;me d'enseignement secondaire puis, gr&#226;ce &#224; une bourse, &#224; acc&#233;der &#224; l'universit&#233;. Elle devient professeur de litt&#233;rature et de cr&#233;ation litt&#233;raire, enseignant &#224; l'universit&#233; de Princeton de 1978 &#224; 2014, date de son d&#233;part &#224; la retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande lectrice d&#232;s l'enfance, elle commence &#224; 14 ans &#224; &#233;crire des histoires sur la machine &#224; &#233;crire que sa famille lui a offerte. Par l'exploration du crime, elle appr&#233;hende les myst&#232;res de l'&#226;me humaine. Elle est fascin&#233;e par la perte de l'innocence, l'irruption du mal dans la vie ordinaire, le comportement moral qui peut basculer dans le crime. Ses personnages sont des &#234;tres humains tortur&#233;s, ambigus, n&#233;vros&#233;s, aux prises avec les dysfonctionnements du couple, de la famille et de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour elle, le r&#234;ve am&#233;ricain n'existe pas, ou en tout cas n'est pas accessible &#224; tous. Elle aime les parall&#232;les avec la boxe o&#249; nombreux sont les tr&#232;s bons, qui travaillent beaucoup mais n'y arrivent pas ! &#171; La r&#233;alit&#233; est celle d'une &#233;norme concurrence. Comme dans la boxe, on s'en prend plein la figure et on finit au tapis &#187;, disait-elle lors d'un entretien enregistr&#233; sur France culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joyce Carol Oates a une grande empathie pour ses personnages, victimes la plupart du temps de violences &#233;conomiques mais aussi de violences sexuelles ou physiques. La pr&#233;sence importante du viol dans son &#339;uvre, dont les femmes sont victimes mais aussi les enfants, s'explique par l'agression sexuelle dont elle-m&#234;me a &#233;t&#233; victime enfant. Cela rend la lecture de ses ouvrages difficile, parfois insoutenable. Sa vision du monde est noire, mais l'espoir est l&#224; pourtant, dans les actions individuelles de ses personnages. Le monde peut finir par aller mieux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quoi lire chez Joyce Carol Oates si on ne la conna&#238;t pas, ou peu ?
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Citons quelques ouvrages :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Chutes,&lt;/strong&gt; roman qui a eu le prix Femina &#233;tranger en 2005, est une saga familiale assez repr&#233;sentative de l'univers fictionnel de Oates. C'est le parcours de trois fr&#232;res et s&#339;urs et de leurs deux p&#232;res (la m&#232;re s'&#233;tant mari&#233;e deux fois) sur fond de drames et de secrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous &#233;tions les Mulvanney&lt;/strong&gt; est aussi une saga, celle d'une famille consid&#233;r&#233;e comme pestif&#233;r&#233;e apr&#232;s le viol de la fille ain&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Blonde,&lt;/strong&gt; un de ses ouvrages les plus connus, n'est pas un roman mais un r&#233;cit sur Marylin Monroe&#8230; ou plut&#244;t sur Norma Jean Baker, petite fille n&#233;e sans p&#232;re et d'une m&#232;re folle, plac&#233;e dans des orphelinats et familles d'accueil o&#249; elle a &#233;t&#233; abus&#233;e, qui devient une star d'Hollywood dont elle subit la violence. Symbole sexuel malgr&#233; elle, elle veut &#234;tre reconnue comme actrice, artiste, femme. L'&#233;criture percutante de Oates r&#233;sume toute sa d&#233;tresse dans cette phrase : &#171; parfois elle oubliait de tirer la chasse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un livre de martyrs am&#233;ricains&lt;/strong&gt; m&#233;rite qu'on s'y attarde. C'est le dernier roman de l'auteure, paru en France en octobre 2019. Posant la question du droit &#224; l'avortement, ce gros pav&#233; (presque 900 pages, &#224; se faire offrir ou emprunter dans les bonnes biblioth&#232;ques en attendant la sortie en poche), traite de la confrontation entre deux Am&#233;riques, une Am&#233;rique fid&#232;le &#224; la Bible et au fusil, qui vit dans la pauvret&#233; (pour une bonne partie d'entre elle) et une Am&#233;rique lib&#233;rale, instruite et plus ais&#233;e. Cette opposition est incarn&#233;e par les personnages principaux, membres de deux familles, les Dumphy et les Voorhees dont les destins se percutent suite &#224; l'assassinat de Gus Voorhees, m&#233;decin pratiquant des avortements dans une clinique de l'Ohio, par Luther Dumphy, fondamentaliste religieux. La construction du livre, riche en d&#233;tails, fait suivre les deux hommes avant le meurtre, pendant le d&#233;roul&#233; du proc&#232;s et enfin dans les ann&#233;es qui suivent, qui sont celles de la vie boulevers&#233;e des deux familles, particuli&#232;rement de celles de Dawn et Naomi, filles de l'assassin et de la victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toujours, Oates se fond avec ses personnages plut&#244;t qu'elle ne les domine, d'o&#249; un r&#233;cit &#233;prouvant qui plonge le lecteur ou la lectrice dans l'univers mental tordu, parano&#239;aque, de Luther, le &#171; fou de Dieu &#187;. Oates r&#233;ussit le tour de force de rendre le personnage moins odieux, du moins ne voit-on plus que le pauvre type ! Qui devient assassin ! La responsabilit&#233; des id&#233;ologues pousse-au-crime que sont les pr&#233;dicateurs et &#171; th&#233;oriciens &#187; du mouvement pro-vie est particuli&#232;rement point&#233;e. Les diff&#233;rents personnages sont des &#171; martyrs &#187; : Luther au service de J&#233;sus et ceux qui l'encensent ; Gus, &#224; celui de la lutte pour les droits des femmes &#224; disposer de leur corps&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve dans ce roman les th&#232;mes chers &#224; l'auteure : les classes sociales, la famille, la boxe (elle a beaucoup &#233;crit sur la boxe, &#171; prisme merveilleux pour observer l'&#226;me humaine car les boxeurs rendent visible ce qui est invisible en nous &#187; selon ses mots) le deuil, la r&#233;silience, la peine de mort (qui donne lieu &#224; une sc&#232;ne d'anthologie !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture est cisel&#233;e, le ton est vivant, vari&#233; selon les diff&#233;rents narrateurs. Elle creuse, cherche &#224; comprendre les motivations de l'autre, &#233;clairant son sujet de multiples points de vue. Une grande dialectique dans la psychologie des personnages. Les longueurs &#8211; car il y en a &#8211;, sont plut&#244;t des ressassements, illustrant les folies et fragilit&#233;s des personnages. &#192; lire en immersion !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Liliane Lafargue&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Romans : Trois romans pour appr&#233;hender l'histoire de l'Iran
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Trois-romans-pour-apprehender-l-histoire-de-l-Iran</link>
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		<dc:date>2020-03-31T09:53:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Iran
</dc:subject>
		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Livre
</dc:subject>
		<dc:subject>Ecrivains et &#233;crivaines
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Issue d'une famille d'intellectuels et d'artistes iraniens, Parisa Reza est arriv&#233;e en France &#224; dix-sept ans, peu avant la r&#233;volution islamique de 1979. &#192; travers trois romans, &#233;crits d'une plume l&#233;g&#232;re sous forme de saga, elle nous offre un aper&#231;u vivant des transformations sociales et politiques de son pays d'origine. Chacun d'entre eux donne envie de se plonger plus profond&#233;ment dans cette histoire riche et pleine de contradictions. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton12562-68353.png?1788708742' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Les jardins de consolation&lt;/em&gt;, Gallimard, NRF, 2015, 21 euros (t&#233;l&#233;chargeable &#224; 14,99 euros).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Le parfum de l'innocence&lt;/em&gt;, Gallimard, NRF, 2017, 20 euros (t&#233;l&#233;chargeable &#224; 14,99 euros).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Les confessions d'un anarchiste&lt;/em&gt;, Gallimard, NRF, 2019, 20 euros (t&#233;l&#233;chargeable &#224; 14,99 euros).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Issue d'une famille d'intellectuels et d'artistes iraniens, Parisa Reza est arriv&#233;e en France &#224; dix-sept ans, peu avant la r&#233;volution islamique de 1979. &#192; travers trois romans, &#233;crits d'une plume l&#233;g&#232;re sous forme de saga, elle nous offre un aper&#231;u vivant des transformations sociales et politiques de son pays d'origine. Chacun d'entre eux donne envie de se plonger plus profond&#233;ment dans cette histoire riche et pleine de contradictions.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les jardins de consolation&lt;/strong&gt; trace le parcours d'un couple de paysans qui d&#233;barque dans la r&#233;gion de T&#233;h&#233;ran pour &#233;chapper &#224; l'arri&#233;ration des lointaines campagnes. On est alors en 1920, la r&#233;publique socialiste du Gilan est en train d'&#234;tre &#233;cras&#233;e au nord et un nouveau Shah s'empare du tr&#244;ne. Ce dernier aspire &#224; r&#233;former le pays pour en faire un &#201;tat capitaliste moderne. Une transformation dont notre famille paysanne sera le t&#233;moin direct. Leur enfant, Bahram, pourra aller &#224; l'&#233;cole, avant de s'&#233;veiller comme tout le pays &#224; la politique, s'enthousiasmant pour le nationaliste Mossadegh&#8230; jusqu'&#224; ce que survienne le coup d'&#201;tat en 1953.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1439 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;141&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L384xH268/shahanshahi2500yearsashkanian1-0247a.jpg?1788300694' width='384' height='268' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Parade &#224; Pers&#233;polis en octobre 1971 pour le 2 500&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire de l'empire perse c&#233;l&#233;br&#233; en grande pompe par le shah Mohammed Reza Pahlavi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le parfum de l'innocence&lt;/strong&gt; se d&#233;roule dans les ann&#233;es 1970. Bahram est devenu professeur d'universit&#233;. Blas&#233; par le r&#233;tablissement de la dictature, il a tourn&#233; le dos &#224; la politique et &#233;l&#232;ve seul sa fille, Elham. La m&#232;re de celle-ci, fille d'un aristocrate communiste, est partie depuis de longues ann&#233;es se soigner en Suisse&#8230; &#224; ce qu'on lui a dit. Angoiss&#233;e par cette fuite maternelle aux allures &#233;nigmatiques (qui ajoute un l&#233;ger suspens au r&#233;cit), Elham plonge dans les contradictions d'un amour pour un &#233;l&#232;ve-officier, fils de g&#233;n&#233;ral et monarchiste convaincu. L'autrice laisse ainsi transpara&#238;tre les divisions internes de la bourgeoisie iranienne entre une intelligentsia d&#233;mocrate &#233;cart&#233;e de toute responsabilit&#233; et les partisans d'une modernisation aux allures grandiloquentes sous la poigne du Shah.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1438 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;88&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L350xH263/tabrizrevolutionaries-77c24.jpg?1788300694' width='350' height='263' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;R&#233;volutionnaires constitutionnalistes &#224; Tabriz, province d'Azerba&#239;djan oriental (Iran)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les confessions d'un anarchiste&lt;/strong&gt; est sans doute le meilleur des trois. &#201;crit comme un journal intime, il nous ram&#232;ne en 1908, au c&#339;ur d'une ville assi&#233;g&#233;e, Tabriz, derni&#232;re place forte de la r&#233;volution constitutionnaliste. Le Shah a bombard&#233; le parlement et s'efforce &#224; mettre fin &#224; cette r&#233;volution d&#233;mocratique. Le narrateur, un anarchiste fran&#231;ais en exil, nous entraine &#224; la suite d'un prince communiste (en Perse les princes sont nombreux). On y d&#233;couvre un peuple qui s'&#233;veille aux id&#233;es politiques, celles des Lumi&#232;res, mais aussi aux id&#233;es communistes apport&#233;es par les sociaux-d&#233;mocrates russes, des voisins qui ont v&#233;cu une exp&#233;rience r&#233;volutionnaire analogue en 1905. Une belle mani&#232;re de d&#233;couvrir cet &#233;pisode m&#233;connu de la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maurice Spirz&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Jim Harrison : Dans les grands espaces, un g&#233;ant de la litt&#233;rature am&#233;ricaine
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Jim-Harrison-Dans-les-grands-espaces-un-geant-de-la-litterature-americaine</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>USA
</dc:subject>
		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Ecrivains et &#233;crivaines
</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Confinement oblige, voil&#224; qui donne envie de parler d'un &#233;crivain am&#233;ricain des grands espaces : Jim Harrison. Surnomm&#233; le &#171; Big Jim &#187;, mais aussi le &#171; Pantagruel du Michigan &#187; ou le &#171; Gargantua yankee &#187; en r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;crivain du &lt;span style=&#034;font-variant:small-caps;&#034;&gt;xvi&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle fran&#231;ais Rabelais, Jim Harrison (n&#233; James Harrison en 1937 et d&#233;c&#233;d&#233; en 2016), est un &#233;crivain, po&#232;te dont l'&#339;uvre importante, quatorze romans, des recueils de po&#233;sie et des r&#233;cits pour enfants, s'inscrit compl&#232;tement dans les espaces naturels des &#201;tats-Unis mais aussi dans leur histoire. Paradoxe que cet ancrage tr&#232;s am&#233;ricain pour un homme qui disait &#171; se &#8216;fiche' du nationalisme en litt&#233;rature &#187; et &#171; croire en une litt&#233;rature mondiale &#187;. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH124/arton12540-a32ff.jpg?1787842256' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='124' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Confinement oblige, voil&#224; qui donne envie de parler d'un &#233;crivain am&#233;ricain des grands espaces : Jim Harrison. Surnomm&#233; le &#171; Big Jim &#187;, mais aussi le &#171; Pantagruel du Michigan &#187; ou le &#171; Gargantua yankee &#187; en r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;crivain du &lt;span style=&#034;font-variant:small-caps;&#034;&gt;xvi&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle fran&#231;ais Rabelais, Jim Harrison (n&#233; James Harrison en 1937 et d&#233;c&#233;d&#233; en 2016), est un &#233;crivain, po&#232;te dont l'&#339;uvre importante, quatorze romans, des recueils de po&#233;sie et des r&#233;cits pour enfants, s'inscrit compl&#232;tement dans les espaces naturels des &#201;tats-Unis mais aussi dans leur histoire. Paradoxe que cet ancrage tr&#232;s am&#233;ricain pour un homme qui disait &#171; se &#8216;fiche' du nationalisme en litt&#233;rature &#187; et &#171; croire en une litt&#233;rature mondiale &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Harrison est n&#233; dans une famille de fermiers d'origine su&#233;doise, dans le Michigan&lt;br class='autobr' /&gt;
Son enfance est marqu&#233;e par un accident survenu alors qu'il a sept ans et qui le rend borgne, donc &#224; moiti&#233; aveugle. La m&#234;me ann&#233;e, il re&#231;oit un manuel de survie o&#249; deux jeunes blancs apprennent &#224; vivre dans la for&#234;t pendant un mois, comme des Indiens. Il s'identifie &#224; eux et d&#233;veloppe deux passions qui ne vont plus le quitter : la premi&#232;re pour la &#171; vie sauvage &#187;, la nature &#224; laquelle il est attach&#233; par les sens et par l'esprit ; la seconde pour la culture indienne. De nombreux personnages d'Indiens sont pr&#233;sents dans ses romans, dont Chien Brun (h&#233;ros de plusieurs r&#233;cits), et l'auteur d&#233;nonce inlassablement les crimes contre l'humanit&#233; qu'ont &#233;t&#233; les guerres indiennes (1770-1890). Il pointe le fait que son pays s'est construit dans le sang, par le massacre des Indiens, qu'il s'est fourvoy&#233; au Vietnam et lui reproche de n'&#234;tre obs&#233;d&#233; que par l'argent : &lt;em&gt;&#171; un Disneyland propret et joli, sans exc&#232;s, politiquement correct o&#249; l'on ne boit pas, ne fume pas. Un Disneyland fasciste &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Jim Harrison entre en litt&#233;rature par la po&#233;sie
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il cherche des trouvailles po&#233;tiques, et fait de nombreux petits boulots pour vivre. C'est par accident qu'il vient au roman (au sens strict car il est bless&#233; et un ami &#233;crivain lui conseille alors ce genre litt&#233;raire). Son premier roman, &lt;em&gt;Wolf&lt;/em&gt;, est un succ&#232;s et Hollywood recrute Harrison comme sc&#233;nariste. Une exp&#233;rience qu'il d&#233;teste, dont il garde un petit papier au-dessus de son bureau, avec la phrase lanc&#233;e par un patron de studio &#171; tu n'es rien qu'un &#233;crivain &#187;&#8230; Mais il en ressort avec suffisamment d'argent (qu'il n'a pas flamb&#233; en alcool et coca&#239;ne) pour &#234;tre libre, parcourir les &#201;tats-Unis et &#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Ses romans ont pour cadre les grands espaces am&#233;ricains&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est la nature dans ce qu'elle a encore de sauvage qu'il d&#233;crit avec lyrisme et avec r&#233;alisme. Ses personnages s'y r&#233;fugient pour chasser, p&#234;cher, fuir leurs d&#233;mons ; prennent la route et errent en qu&#234;te d'eux-m&#234;mes. Ce sont le plus souvent des marginaux, appartenant &#224; des minorit&#233;s (am&#233;rindiens), qui n'ont pas d'histoires particuli&#232;res si ce n'est celles de leurs d&#233;chirures, de leur d&#233;tresse, de leurs maladresses. Des personnages qui nous ressemblent. L'auteur disait d'ailleurs : &lt;em&gt;&#171; Il faut donner une voix aux gens qui n'en ont pas ; c'est la responsabilit&#233; de l'&#233;crivain &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jim Harrison est aussi le peintre du d&#233;sespoir, de la fatalit&#233; et de la nostalgie, qu'il traite aussi par le rire et une &#233;criture truculente (voir le portrait de Chien Brun, son h&#233;ros). Les jouissances de la vie sont &#224; l'honneur dans son &#339;uvre, dans les domaines de la nature, de la nourriture et du sexe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Deux romans de Harrison se d&#233;tachent, consid&#233;r&#233;s comme des chefs-d'&#339;uvre
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de &lt;em&gt;Dalva&lt;/em&gt; (1987) et de &lt;em&gt;La route du retour&lt;/em&gt; (1998). Ils forment un ensemble o&#249; l'on retrouve les m&#234;mes personnages. Il s'agit d'une odyss&#233;e familiale sur cinq g&#233;n&#233;rations am&#233;ricaines, o&#249; se rencontrent des immigr&#233;s d'Europe du Nord et des Am&#233;rindiens. Le r&#233;cit balaye plus d'un si&#232;cle d'histoire des USA, de la fin de la Guerre civile et des guerres indiennes de la deuxi&#232;me moiti&#233; du &lt;span style=&#034;font-variant:small-caps;&#034;&gt;xix&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, aux ann&#233;es 1980, en passant par les guerres de Cor&#233;e et du Vietnam. Une place importante est faite aux carnets de l'arri&#232;re grand-p&#232;re, qui tourna le dos &#224; la politique des dirigeants de son pays et &#224; sa religion pour prendre fait et cause pour les Sioux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt; &lt;em&gt;Dalva&lt;/em&gt;, un beau portrait de femme libre et ind&#233;pendante
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elle part &#224; la recherche de son enfant perdu et revient vivre dans le domaine familial dans le Nebraska. Harrison joue sur les contrastes et les paradoxes, par une &#233;criture &#224; la fois sobre et truculente ; par un ton &#224; la fois ironique et volontairement na&#239;f ; par l'alternance de situations loufoques et dramatiques. C'est une qu&#234;te de soi po&#233;tique mais extr&#234;mement r&#233;aliste, avec toute la palette des relations humaines, dont amoureuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'&#339;uvre de Jim Harrison est publi&#233;e en &#233;dition de poche&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Liliane Lafargue &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;em&gt;Illustration :&lt;/em&gt; image extraite d'un reportage de La grande librairie &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=3OHndmjUHW8&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=3OH...&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Jack London, &#233;crivain, ouvrier, vagabond, r&#233;volutionnaire un temps&#8230;
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Jack-London-ecrivain-ouvrier-vagabond-revolutionnaire-un-temps</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Jack-London-ecrivain-ouvrier-vagabond-revolutionnaire-un-temps</guid>
		<dc:date>2016-12-08T22:35:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>USA
</dc:subject>
		<dc:subject>Culture
</dc:subject>
		<dc:subject>Livre
</dc:subject>
		<dc:subject>Ecrivains et &#233;crivaines
</dc:subject>

		<description>Il y a un si&#232;cle, le 22 novembre 1916, mourait Jack London. Auteur de &#171; Croc blanc &#187; ou &#171; L'appel de la for&#234;t &#187;, il n'a pas &#233;crit que pour la jeunesse. On oublie souvent son parcours d'&#233;crivain engag&#233;, sorti des quartiers pauvres de Californie, qui a consacr&#233; une partie de sa vie &#224; la d&#233;fense des id&#233;es socialistes r&#233;volutionnaires, m&#234;me s'il s'en est ensuite &#233;cart&#233;. &lt;br /&gt;Tour &#224; tour marin sur les oc&#233;ans, vagabond sur routes aux &#201;tats-Unis, chercheur d'or en Alaska, reporter de guerre,&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a un si&#232;cle, le 22 novembre 1916, mourait Jack London. Auteur de &#171; Croc blanc &#187; ou &#171; L'appel de la for&#234;t &#187;, il n'a pas &#233;crit que pour la jeunesse. On oublie souvent son parcours d'&#233;crivain engag&#233;, sorti des quartiers pauvres de Californie, qui a consacr&#233; une partie de sa vie &#224; la d&#233;fense des id&#233;es socialistes r&#233;volutionnaires, m&#234;me s'il s'en est ensuite &#233;cart&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tour &#224; tour marin sur les oc&#233;ans, vagabond sur routes aux &#201;tats-Unis, chercheur d'or en Alaska, reporter de guerre, photographe, militant socialiste et grand &#233;crivain alcoolique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH601/portraitlondon-604d3.jpg?1788107165' width='500' height='601' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Jeunesse, errance
et petits boulots&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jack London est n&#233; en 1876, en pleine explosion du capitalisme am&#233;ricain, qu'il a v&#233;cue dans un milieu pauvre de Californie. Son enfance est chamboul&#233;e par l'abandon de son p&#232;re, une m&#232;re ab&#238;m&#233;e par ses deux tentatives de suicides et des d&#233;m&#233;nagements &#224; r&#233;p&#233;tition au gr&#233; des diff&#233;rents emplois de son beau-p&#232;re. Le jeune Jack n'en d&#233;couvre pas moins la litt&#233;rature &#224; neuf ans, &#224; la biblioth&#232;que municipale d'Oakland.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il commence &#224; travailler d&#232;s 15 ans dans une usine de conserves. Dur contact avec la brutalit&#233; et l'injustice du sort de la classe ouvri&#232;re. Il fr&#233;quente ensuite les pilleurs d'hu&#238;tres de la baie de San Francisco&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un &#233;pisode de sa vie dont il s'inspirera onze ans plus tard pour &#233;crire son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; avant de s'embarquer &#224; 17 ans comme marin pour une chasse aux phoques sur les c&#244;tes japonaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Jack revient &#224; San Francisco en 1894, une &#233;norme crise &#233;conomique frappe les &#201;tats-Unis. Il travaille dans une fabrique de jute pour un dollar la journ&#233;e de dix heures. Puis il trouve un poste un peu mieux pay&#233; &#224; la centrale &#233;lectrique des tramways d'Oakland. Nuit et jour, il alimente en charbon un fourneau. Il s'aper&#231;oit qu'il fait le travail de deux ouvriers que son contrema&#238;tre a licenci&#233;s un peu plus t&#244;t, poussant l'un d'eux au suicide. Cette d&#233;couverte attise son esprit de r&#233;volte. Il d&#233;missionne et se joint aux manifestations de ch&#244;meurs. Il prend la route avec 2 000 ouvriers de San Francisco vers Washington, puis il continue seul un voyage &#224; travers l'est des &#201;tats-Unis pendant sept mois et fait la dure exp&#233;rience de la prison pour vagabondage&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un p&#233;riple qu'il racontera dans son livre Les vagabonds du rail paru en 1907.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Vers le socialisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s son retour en Californie, &#224; l'&#226;ge de 19 ans, Jack entre au lyc&#233;e d'Oakland. Il vise l'universit&#233;, travaille en m&#234;me temps pour gagner sa vie et commence &#224; s'int&#233;resser aux &#233;crits socialistes. En 1896, il entre au &lt;em&gt;Socialist Labor Party&lt;/em&gt; et commence &#224; d&#233;fendre en public les id&#233;es socialistes r&#233;volutionnaires. Il ne fait qu'un semestre &#224; l'universit&#233;, d&#233;&#231;u des id&#233;es politiques et sociales superficielles &#224; son go&#251;t de ce milieu. Malgr&#233; des difficult&#233;s familiales qui l'obligent encore &#224; un dur labeur dans une blanchisserie, il commence &#224; &#233;crire des nouvelles, des articles pour la presse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Du Grand Nord
aux succ&#232;s litt&#233;raires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; San Francisco, la rumeur d'un Eldorado dans le Klondike (territoire canadien pr&#232;s de l'Alaska) provoque une folie g&#233;n&#233;rale. Des aventuriers partent pour le Grand Nord &#224; la recherche de filons d'or. Jack London en fait partie, en 1897-1898. Encore l'occasion, quelques ann&#233;es plus tard, d'&#233;crire des r&#233;cits d'aventures inspir&#233;es de son p&#233;riple dans ces espaces sauvages &#8211; r&#233;cits qui s&#233;duisent quelques journaux et magazines. Il arrive enfin &#224; &#234;tre publi&#233; et commence &#224; vivre de sa plume. &lt;em&gt;Dans ces m&#234;mes ann&#233;es, Jack London donne des s&#233;ries de conf&#233;rences pour d&#233;fendre le socialisme et la r&#233;volution. Il publie un recueil de nouvelles engag&#233;es : La Guerre des classes.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;En cette premi&#232;re d&#233;cennie du xxe si&#232;cle, les id&#233;es socialistes et r&#233;volutionnaires prennent de l'&#233;lan, la r&#233;volution &#233;clate en Russie en 1905, le parti socialiste am&#233;ricain compte quelque 100 000 adh&#233;rents, m&#234;me si tous ses membres n'en sont pas, comme Eug&#232;ne Debs, &#224; r&#234;ver de &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187;, pour London en tout cas, c'est la p&#233;riode la plus engag&#233;e&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; lire, la nouvelle Le r&#234;ve de Debs, &#233;crite par London en 1909, o&#249; il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le Talon de fer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;C'est la p&#233;riode o&#249; London &#233;crit Le Talon de fer, un livre particuli&#232;rement marquant. Un roman d'anticipation sociale qui d&#233;crit l'histoire future des &#201;tats-Unis, d&#233;vast&#233;s par la crise &#233;conomique, soumis au r&#232;gne des monopoles ; et o&#249; appara&#238;t une nouvelle forme de r&#233;gime policier.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Lu aujourd'hui, ce livre &#233;crit en 1906 appara&#238;t visionnaire par rapport &#224; l'histoire du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle marqu&#233; par la crise de 1929, le r&#232;gne des compagnies g&#233;antes et les r&#233;gimes fascistes.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#192; travers l'un des personnages, London expose avec force sa conception des id&#233;es marxistes sur l'&#233;conomie politique et d&#233;fend la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;volution arm&#233;e contre la bourgeoisie.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Pourtant, il affiche aussi dans cette &#339;uvre une vision pessimiste de l'avenir, qui va choquer ses amis socialistes. D&#233;j&#224; un signe de d&#233;ception, de perte de conviction dans le combat socialiste.&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;London restera une sorte de membre d'honneur du Socialist Labor Party avant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le dirigeant r&#233;volutionnaire russe, L&#233;on Trotsky, d&#233;couvrira ce livre trente ans apr&#232;s sa publication. Le Talon de fer le fascine pour sa puissance &#224; envisager le parcours funeste du mouvement ouvrier men&#233; par le r&#233;formisme et les d&#233;cha&#238;nements de violence qui vont frapper impitoyablement aux d&#233;buts du xxe si&#232;cle. Pour Trotsky, ce livre est profond&#233;ment marqu&#233; par l'&#233;crasement de la r&#233;volution russe de 1905 dans laquelle Jack London avait plac&#233; un grand espoir un an avant la r&#233;daction de son roman.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'homme blanc et le loup&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;London &#233;crivait en 1910 que la camaraderie r&#233;volutionnaire &lt;em&gt;&#171; d&#233;passe les fronti&#232;res g&#233;ographiques et transcende les pr&#233;jug&#233;s raciaux &#187;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce passage est extrait de son texte poignant intitul&#233; R&#233;volution, dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pourtant, son &#339;uvre est entach&#233;e d'ambigu&#239;t&#233;s, &#224; la fois d&#233;fendre le prol&#233;tariat mais &#233;chapper &#224; la &#171; fosse sociale &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Son roman autobiographique Martin Eden, publi&#233; en 1909, est le r&#233;cit le plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et surtout, de plus en plus impr&#233;gn&#233;e de jugements et de propos racistes. Sur les Japonais, les Cor&#233;ens, les Noirs am&#233;ricains, il alimente les pr&#233;jug&#233;s crasses de son &#233;poque sur la hi&#233;rarchie des races et tout particuli&#232;rement la sup&#233;riorit&#233; de l'homme blanc. Dans la m&#234;me veine, sa fascination pour la survie du plus fort et pour une sorte d'individualisme f&#233;roce. London s'est forg&#233; une &#233;trange vision du monde o&#249; les &#234;tres hors du commun jouent souvent le r&#244;le principal.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le go&#251;t de l'aventure et l'esprit de r&#233;volte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jack London, pour le meilleur plut&#244;t que pour le pire, a influenc&#233; toutes les g&#233;n&#233;rations du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle par ses &#233;crits sur la condition ouvri&#232;re, sur l'exploration du monde, sur la science et la science-fiction. Ses nouvelles d'anticipation ont ouvert l'imaginaire, tant&#244;t vers un id&#233;al d'&#233;galit&#233; sociale, tant&#244;t vers l'horreur d'un monde qui bascule dans la guerre bact&#233;riologique, la dictature polici&#232;re, la crise &#233;conomique mondiale voire le r&#233;tablissement de l'esclavage&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; d&#233;couvrir le recueil de nouvelles, Histoire des si&#232;cles futurs, publi&#233; en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut un auteur r&#233;volt&#233;, mordant contre le monde capitaliste, visionnaire quant aux possibilit&#233;s de le changer, mais aussi individualiste forcen&#233;. Il a men&#233; une vie de t&#234;te br&#251;l&#233;e, comme il l'a fait inscrire sur sa tombe au cimeti&#232;re d'Oakland : &lt;em&gt;&#171; J'aime mieux &#234;tre un m&#233;t&#233;ore superbe plut&#244;t qu'une plan&#232;te endormie. La fonction de l'homme est de vivre, non d'exister. Je ne g&#226;cherai pas mes jours &#224; tenter de prolonger ma vie. Je veux br&#251;ler tout mon temps. &#187;&lt;/em&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ilan CARTIER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un &#233;pisode de sa vie dont il s'inspirera onze ans plus tard pour &#233;crire son roman les pirates de la baie de San Francisco.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un p&#233;riple qu'il racontera dans son livre Les vagabonds du rail paru en 1907.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; lire, la nouvelle Le r&#234;ve de Debs, &#233;crite par London en 1909, o&#249; il imagine les m&#233;saventures d'un riche notable perdu et d&#233;sempar&#233; au milieu d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e qui s'&#233;tend &#224; tous les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;London restera une sorte de membre d'honneur du Socialist Labor Party avant de d&#233;missionner en 1916, l'ann&#233;e de sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce passage est extrait de son texte poignant intitul&#233; R&#233;volution, dans lequel il fait l'&#233;tat des forces du mouvement socialiste r&#233;volutionnaire &#224; travers le monde en 1905.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Son roman autobiographique Martin Eden, publi&#233; en 1909, est le r&#233;cit le plus &#233;loquent sur cette contradiction entre solidarit&#233; ouvri&#232;re et d&#233;sir d'ascension sociale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; d&#233;couvrir le recueil de nouvelles, Histoire des si&#232;cles futurs, publi&#233; en 1974 aux &#233;ditions 10-18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Des livres...  : &#192; la red&#233;couverte d'Ir&#232;ne N&#233;mirovsky
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-livres-A-la-redecouverte-d-Irene-Nemirovsky</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-livres-A-la-redecouverte-d-Irene-Nemirovsky</guid>
		<dc:date>2005-07-04T12:51:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Ecrivains et &#233;crivaines
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		<description>Suite fran&#231;aise &lt;br /&gt;Deno&#235;l &lt;br /&gt;Les chiens et les loups &lt;br /&gt;Albin Michel &lt;br /&gt;La vie de Tch&#233;kov &lt;br /&gt;Albin Michel Qui connaissait Ir&#232;ne Nemirovsky avant l'attribution en 2004 du prix Renaudot pour &#171; Suite fran&#231;aise &#187;, 62 ans apr&#232;s sa disparition &#224; Auschwitz ? Ir&#232;ne Nemirovsky n'a &#233;t&#233; un &#233;crivain de renom en France que dans l'entre deux guerres. Paradoxalement, elle fut aussi lou&#233;e en cette p&#233;riode par des milieux d'extr&#234;me droite, lesquels ont fait leur bonheur, non pas de la description en g&#233;n&#233;ral&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-40-juillet-aout-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 40, juillet-ao&#251;t 2005
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Ecrivains-et-ecrivaines-+" rel="tag"&gt;Ecrivains et &#233;crivaines
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Suite fran&#231;aise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deno&#235;l&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les chiens et les loups&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Albin Michel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La vie de Tch&#233;kov&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Albin Michel&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Qui connaissait Ir&#232;ne Nemirovsky avant l'attribution en 2004 du prix Renaudot pour &#171; &lt;em&gt;Suite fran&#231;aise&lt;/em&gt; &#187;, 62 ans apr&#232;s sa disparition &#224; Auschwitz ? Ir&#232;ne Nemirovsky n'a &#233;t&#233; un &#233;crivain de renom en France que dans l'entre deux guerres. Paradoxalement, elle fut aussi lou&#233;e en cette p&#233;riode par des milieux d'extr&#234;me droite, lesquels ont fait leur bonheur, non pas de la description en g&#233;n&#233;ral des rapports des hommes et des femmes &#224; l'argent et de la qu&#234;te de la r&#233;ussite sociale - th&#232;me omnipr&#233;sent dans pratiquement tous ses romans - mais de ce qu'elle en disait entre autres des milieux juifs. Sans pour autant les renier : &#171; &lt;em&gt;C'est cela les miens ; c'est cela ma famille&lt;/em&gt; &#187; &#233;crivit-elle dans &#171; &lt;em&gt;Les Chiens et les Loups&lt;/em&gt; &#187;. Elle-m&#234;me &#233;tait issue d'une famille de banquiers juifs ayant fui l'Ukraine apr&#232;s la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;Suite fran&#231;aise&lt;/em&gt; &#187; est un roman inachev&#233;. Pour cause de d&#233;portation vers les camps de la mort. Il d&#233;peint sans complaisance dans sa premi&#232;re partie &lt;em&gt;l'Exode&lt;/em&gt; de juin 40, lorsque toute une population, &#224; l'exception des plus d&#233;munis, avait fui en d&#233;bandade devant l'avance des troupes allemandes et l'occupation imminente de la capitale. Dans la seconde partie, le livre donne une image des premi&#232;res ann&#233;es de &lt;em&gt;l'Occupation&lt;/em&gt; et des relations des troupes allemandes avec la population fran&#231;aise. On ne peut s'emp&#234;cher de penser que s'il a fallu tant d'ann&#233;es avant que ce roman inachev&#233; paraisse, ce n'est peut-&#234;tre pas d&#251; seulement &#224; la difficult&#233; de remettre la main sur le manuscrit ni &#224; le mettre en forme, mais aussi parce qu'il aurait fortement d&#233;rang&#233; dans les ann&#233;es qui suivirent la fin de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roman &#171; &lt;em&gt;Les chiens et les loups&lt;/em&gt; &#187; commence &#224; Kiev, dans cet empire des Tsars dans lequel la population juive &#233;tait assign&#233;e &#224; vivre dans la &#171; zone de r&#233;sidence &#187; et o&#249; ses ressortissants n'avaient pas le droit d'habiter certaines villes. Il y avait ceux qui s'entassaient mis&#233;rables &#171; &lt;em&gt;dans la ville d'en bas&lt;/em&gt; &#187; et subissaient l'horreur des pogromes, suscit&#233;s par les autorit&#233;s chez les non moins mis&#233;rables populations chr&#233;tiennes. Et il y avait ceux de &#171; &lt;em&gt;la ville d'en haut&lt;/em&gt; &#187;, ces quelques familles auxquelles la r&#233;ussite sociale et l'argent avait permis d'&#233;chapper &#224; la condition de la masse juive. Le destin d'enfants de l'un et l'autre milieu se croise &#224; l'&#233;poque des pires exactions. Dans la seconde partie du roman, les h&#233;ros se retrouvent, adolescents et adultes, avec les barri&#232;res sociales d'origine. Mais il leur reste en commun dans la m&#233;moire un m&#234;me fond, celui de l'oppression du pass&#233;, des pr&#233;jug&#233;s du pr&#233;sent, v&#233;ritable ma&#238;tre d'oeuvre de ce fameux &#171; caract&#232;re juif &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre d'Ir&#232;ne N&#233;mirovsky ne se cantonne pas &#224; d&#233;crire le milieu juif. Nombre de ses romans se rapportent &#224; la bourgeoisie, la petite bourgeoisie fran&#231;aise, li&#233;s ou pas &#224; la finance, ou encore aux ex-propri&#233;taires terriens russes blancs &#233;chou&#233;s en France. Une bonne partie a &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233;e apr&#232;s l'attribution du prix litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; noter &#233;galement, cette fois au chapitre des biographies, &#171; &lt;em&gt;La vie de Tch&#233;kov&lt;/em&gt; &#187; du m&#234;me auteur, une analyse p&#233;n&#233;trante de ce grand de la litt&#233;rature russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis GUILBERT&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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