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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Mondialisation et capitalisme
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<dc:subject>Mondialisation
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		<description>Pour le mouvement altermondialisation, il ne semble pas y avoir l'ombre d'un doute : la &#171; mondialisation n&#233;o-lib&#233;rale &#187; serait la marque distinctive de notre &#233;poque. C'est sur ce constat que se fondent ses critiques. Mais c'est sans doute aller un peu vite en besogne. &lt;br /&gt;La &#171; mondialisation &#187; est d'abord un terme que les &#171; lib&#233;raux &#187;, les chantres actuels du grand capital, ont popularis&#233; en la pr&#233;sentant comme une extension des lois du march&#233; &#224; l'&#233;chelle mondiale. Les lib&#233;raux - mais&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Altermondialisation-reforme-ou-revolution-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Altermondialisation : r&#233;forme ou r&#233;volution ?
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Mondialisation-+" rel="tag"&gt;Mondialisation
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour le mouvement altermondialisation, il ne semble pas y avoir l'ombre d'un doute : la &#171; mondialisation n&#233;o-lib&#233;rale &#187; serait la marque distinctive de notre &#233;poque. C'est sur ce constat que se fondent ses critiques. Mais c'est sans doute aller un peu vite en besogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; mondialisation &#187; est d'abord un terme que les &#171; lib&#233;raux &#187;, les chantres actuels du grand capital, ont popularis&#233; en la pr&#233;sentant comme une extension des lois du march&#233; &#224; l'&#233;chelle mondiale. Les lib&#233;raux - mais sont-ils les seuls ? - parlent en effet volontiers d'&#171; &#233;conomie de march&#233; &#187; pour faire oublier que le capitalisme est d'abord structur&#233; par des classes sociales. Quant au terme &#171; n&#233;o-lib&#233;ral &#187;, il est le plus souvent utilis&#233; par les critiques r&#233;formistes de ladite &#233;conomie de march&#233;, manifestement obs&#233;d&#233;s par l'id&#233;e qu'on aurait affaire &#224; une nouvelle p&#233;riode, caract&#233;ris&#233;e par le recul des Etats face &#224; la dictature de ces m&#234;mes &#171; march&#233;s &#187;. Cette affirmation accr&#233;dite surtout l'id&#233;e qu'un retour &#224; l'intervention des Etats - soucieux de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral - pourrait ramener davantage de rationalit&#233; et d'&#233;quit&#233;. En r&#233;alit&#233;, le vocabulaire des uns et des autres n'est pas neutre et contribue &#224; distiller de fausses id&#233;es sur la nature m&#234;me des &#233;volutions en cours.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La mondialisation au c&#339;ur du capitalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne nouveau : c'est un processus inscrit dans la longue dur&#233;e, que l'on peut sans doute faire commencer &#224; l'&#233;poque des grandes d&#233;couvertes au XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, avec l'essor d'un capitalisme commercial incluant le pillage de continents entiers et la traite des esclaves venus d'Afrique. Mais c'est au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle que l'&#233;tape d&#233;cisive a eu lieu, avec la r&#233;volution industrielle. En r&#233;volutionnant les moyens de production, la bourgeoisie a transform&#233; la mondialisation en un processus n&#233;cessaire au d&#233;veloppement du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes sont certes motiv&#233;s par le d&#233;sir de s'enrichir, mais soumis &#224; la concurrence, leur lutte pour le profit est avant tout une lutte pour accumuler sans cesse davantage de capital, et pour &#233;largir sans cesse leurs d&#233;bouch&#233;s. De l&#224; d&#233;coule une contradiction plus fondamentale : en cherchant &#224; faire du profit sur la base d'une accumulation toujours plus gigantesque de capitaux, la classe capitaliste est confront&#233;e &#224; ce que Marx appelait la &#171; baisse tendancielle du taux de profit &#187; : une tendance &#224; la baisse de la rentabilit&#233; de ses investissements, facteur de crises et de d&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui permet de comprendre l'imp&#233;rialisme comme &#233;tant une &#233;tape essentielle dans l'histoire du capitalisme : &#224; l'issue d'une longue d&#233;pression &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le capitalisme dans les principaux pays d'Europe et aux Etats-Unis s'est en effet profond&#233;ment restructur&#233;, en favorisant la concentration du capital et la constitution de monopoles, l'intervention permanente des Etats, la croissance des investissements &#224; l'&#233;tranger et la qu&#234;te de nouveaux d&#233;bouch&#233;s, de nouveaux approvisionnements et de main d'&#339;uvre bon march&#233; afin de poursuivre cette accumulation &#224; moindre frais et r&#233;tablir autant que faire se peut le taux de profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incontestablement, le capitalisme d'aujourd'hui est comme &#224; cette &#233;poque bien plus celui de l'imp&#233;rialisme et des monopoles, que celui du lib&#233;ralisme, f&#251;t-il &#171; n&#233;o &#187;. Ce qui ne veut pas dire non plus que rien n'aurait chang&#233; depuis un si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une forme exacerb&#233;e de mise en valeur du Capital&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; d'Attac, si la d&#233;nonciation de certains effets d&#233;vastateurs de l'&#233;volution du capitalisme est juste sur bien des points, elle est rarement reli&#233;e &#224; la compr&#233;hension du fonctionnement du capitalisme dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de l'altermondialisation d&#233;noncent ainsi &#224; juste titre le poids des grandes institutions financi&#232;res avec leurs crit&#232;res de rentabilit&#233; proprement usuraires ; l'ouverture croissante des fronti&#232;res aux marchandises et aux capitaux (qu'il faut cependant relativiser si on compare &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle) ; le r&#244;le des Etats imp&#233;rialistes et des institutions internationales pour forcer le passage en cas d'obstacle tout en prot&#233;geant leurs propres int&#233;r&#234;ts par un protectionnisme qui va &#224; l'encontre du discours officiel sur la lib&#233;ralisation des &#233;changes (qui ne fonctionne par cons&#233;quent qu'&#224; sens unique ! ) ; le r&#244;le qu'a jou&#233; la crise de la dette pour accro&#238;tre l'emprise de la bourgeoisie imp&#233;rialiste sur des secteurs de l'&#233;conomie mondiale qui tentaient de se d&#233;velopper - sans y parvenir - &#224; l'ombre des Etats issus de la d&#233;colonisation ; le d&#233;mant&#232;lement syst&#233;matique et concert&#233; de toutes les protections sociales partout dans le monde au nom de la concurrence. Mais ces exemples montrent surtout la convergence et la logique r&#233;elle de ces politiques : une tentative pour r&#233;tablir le taux de profit apr&#232;s la crise des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi faudrait-il pr&#233;ciser &#233;galement et m&#234;me insister sur le fait qu'une telle tentative ne favorise pas que les Etats-Unis (et certainement pas la classe ouvri&#232;re de ce pays soumise &#224; une v&#233;ritable r&#233;gression sociale !), en laissant entendre qu'il y aurait un mod&#232;le europ&#233;en plus convenable. Bien plus, cette tentative men&#233;e conjointement par les bourgeoisies des autres pays imp&#233;rialistes n'emp&#234;che pas non plus la bourgeoisie des pays domin&#233;s de s'enrichir avec quelques miettes, comme c'&#233;tait d&#233;j&#224; le cas dans le pass&#233; : ce qui interdit par cons&#233;quent de raisonner uniquement en terme de &#171; Nord &#187; et de &#171; Sud &#187; en oubliant qu'il y a des classes sociales dans ces pays&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi l'Argentine est en cessation de paiement, mais les sommes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce n'est pas non plus une tentative qui favoriserait uniquement les financiers adeptes de la sp&#233;culation, auxquels il faudrait opposer une bourgeoisie industrielle cens&#233;e &#234;tre plus vertueuse et qui chercherait d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; investir, car cette opposition est en r&#233;alit&#233; tr&#232;s artificielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux Etats, mieux vaudrait souligner qu'ils sont totalement d&#233;vou&#233;s &#224; ces int&#233;r&#234;ts des classes poss&#233;dantes, et certainement pas &#224; leur corps d&#233;fendant. Il faudrait &#233;galement insister sur la place consid&#233;rable qui est la leur dans l'&#233;conomie, agissant comme toujours en socialisant les pertes sans pouvoir pour autant pr&#233;venir les crises, sans oublier leur r&#244;le proprement militaire afin de se partager et repartager des zones d'influence comme au Moyen Orient ou en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout du compte, si les critiques formul&#233;es par le mouvement altermondialiste sont les bienvenues, il faut aussi dire que le capitalisme &#224; notre &#233;poque n'a finalement que peu de choses &#224; voir avec l'illusion doucereuse d'une &#171; mondialisation lib&#233;rale &#187; qu'il serait facile de dompter, gr&#226;ce &#224; des Etats cens&#233;s &#234;tre au service des citoyens et de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, comme le pr&#233;tend ou le laisse entendre - c'est selon - l'abondante litt&#233;rature d'Attac. Il y a manifestement une contradiction au sein de ce mouvement, pour des raisons politiques et id&#233;ologiques, &#224; ne surtout pas aller jusqu'au bout d'une analyse qui devrait amener &#224; remettre en cause l'existence m&#234;me du capitalisme par les m&#233;thodes de la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'imp&#233;rialisme au XXI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est incontestable que la deuxi&#232;me moiti&#233; du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle a vu s'att&#233;nuer les rivalit&#233;s entre imp&#233;rialismes, cause des deux guerres mondiales, mais il est aussi incontestable qu'elles n'ont pas disparu : les pays d'Afrique en savent quelque chose aujourd'hui - transform&#233;s en v&#233;ritables champs de bataille - m&#234;me si la propagande officielle gomme volontairement cette responsabilit&#233; en ne s'int&#233;ressant qu'aux seules rivalit&#233;s inter-ethniques ! Car s'il n'y a plus pour l'instant la m&#234;me opposition frontale pouvant d&#233;boucher sur un conflit g&#233;n&#233;ralis&#233; entre imp&#233;rialismes rivaux, si les zones d'influence sont d&#233;sormais moins rigides depuis la d&#233;colonisation, on assiste quand m&#234;me &#224; une sorte de gu&#233;rilla permanente entre les bourgeoisies imp&#233;rialistes, qu'elles m&#232;nent cyniquement par alli&#233;s interpos&#233;s, et qui s'est manifestement aviv&#233;e avec la fin de la guerre froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait sans doute d&#233;terminant &#224; l'&#233;chelle de l'&#233;conomie mondiale est qu'il existe pour l'instant des perspectives de croissance et de profits suffisantes pour qu'aucune fraction de la bourgeoisie imp&#233;rialiste puisse s'estimer profond&#233;ment l&#233;s&#233;e dans le partage du march&#233; mondial entre grandes &#171; multinationales &#187; (qui portent mal leur nom dans la mesure o&#249; le capital de ces grands groupes sauf exception appartient &#224; des capitalistes nationaux attach&#233;s au service que peut encore leur procurer un Etat particulier). Mais toute r&#233;gression brutale pourrait faire resurgir les vieux d&#233;mons d'une confrontation plus directe entre bourgeoisies rivales. Or l'instabilit&#233; du syst&#232;me est &#233;vidente, &#224; commencer par son syst&#232;me financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la capacit&#233; du capitalisme &#224; d&#233;velopper sur le long terme les forces productives, c'est-&#224;-dire les moyens d'&#233;largir durablement les capacit&#233;s de production, il semble que les tendances &#224; l'&#339;uvre restent tr&#232;s contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement, l'imp&#233;rialisme, ce &#171; stade supr&#234;me &#187; du capitalisme, comme disait L&#233;nine, n'exclut pas des phases de croissance, non seulement de la production mais des forces productives : le capitalisme n'est pas &#224; bout de souffle, m&#234;me si ses tendances parasitaires prennent de plus en plus le dessus. Par contre, il continue &#224; n'engendrer qu'un d&#233;veloppement toujours plus in&#233;gal, en marginalisant compl&#232;tement des pans entiers de l'humanit&#233;. Il offre encore des opportunit&#233;s aux capitalistes de r&#233;tablir dans une certaine mesure leurs taux de profit, y compris en trouvant de nouveaux d&#233;bouch&#233;s, favorisant ici l'&#233;mergence d'une &#171; classe moyenne &#187; de 100 ou 200 millions de consommateurs en Inde ou en Chine par exemple, tout en profitant d'une main d'&#339;uvre bon march&#233;. Mais dans les m&#234;mes pays, des centaines de millions de pauvres restent d&#233;nu&#233;s de tout, sans aucune possibilit&#233; de s'en sortir, et c'est un frein &#224; plus long terme pour d&#233;velopper r&#233;ellement les forces productives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut &#233;galement insister sur d'autres tendances : la croissance de la classe ouvri&#232;re &#224; l'&#233;chelle du monde, c'est &#224; dire la mondialisation de l'exploitation et potentiellement de ses luttes ; les nouveaux rythmes et modalit&#233;s de l'accumulation du capital, du moins par rapport aux d&#233;cennies d'apr&#232;s guerre, qui remettent en cause un certain &#171; compromis salarial &#187; dans les m&#233;tropoles imp&#233;rialistes. C'est au bout du compte le &#171; risque &#187; de r&#233;volution qui reste &#224; l'horizon du capitalisme, tandis que les guerres inter-imp&#233;rialistes, y compris mondiales, comme solution de dernier recours ne sont jamais &#233;cart&#233;es tant les risques d'effondrement &#233;conomique restent pr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque de la mondialisation imp&#233;rialiste, l'alternative entre r&#233;volution socialiste et barbarie capitaliste reste bien le terme en fonction duquel il faudrait construire son engagement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raoul GLABER&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ainsi l'Argentine est en cessation de paiement, mais les sommes judicieusement plac&#233;es par la bourgeoisie argentine dans les banques europ&#233;ennes et am&#233;ricaines sont &#233;quivalentes &#224; la dette ext&#233;rieure de ce pays et lui permettent d'&#233;chapper aux cons&#233;quences de la crise comme aux cons&#233;quences de la subordination croissante de l'&#233;conomie &#171; nationale &#187; aux int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Mondialisation et internationalisme
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		<description>&#171; Le marxisme proc&#232;de de l'&#233;conomie mondiale consid&#233;r&#233;e non comme la simple addition de ses unit&#233;s nationales, mais comme une puissante r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante cr&#233;&#233;e par la division internationale du travail et par le march&#233; mondial, qui &#224; notre &#233;poque domine tous les march&#233;s nationaux. Les forces productives de la soci&#233;t&#233; capitaliste ont depuis longtemps d&#233;pass&#233; les fronti&#232;res nationales &#187;. Ces phrases &#233;crites par Trotski en 1929 dans la R&#233;volution permanente n'&#233;taient qu'un simple&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le marxisme proc&#232;de de l'&#233;conomie mondiale consid&#233;r&#233;e non comme la simple addition de ses unit&#233;s nationales, mais comme une puissante r&#233;alit&#233; ind&#233;pendante cr&#233;&#233;e par la division internationale du travail et par le march&#233; mondial, qui &#224; notre &#233;poque domine tous les march&#233;s nationaux. Les forces productives de la soci&#233;t&#233; capitaliste ont depuis longtemps d&#233;pass&#233; les fronti&#232;res nationales &#187;. Ces phrases &#233;crites par Trotski en 1929 dans la R&#233;volution permanente n'&#233;taient qu'un simple rappel des bases du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ironie de l'histoire a voulu qu'elles deviennent en quelque sorte le manifeste de naissance du &#171; trotskisme &#187;. A l'origine lanc&#233; comme une insulte par Staline, ce qualificatif devenait celui du seul courant politique capable de d&#233;fendre &#224; contre-courant de tous les chauvinismes l'id&#233;e que la construction du socialisme ne peut se faire qu'&#224; l'&#233;chelle mondiale. La fondation de la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale en 1938 n'&#233;tait qu'un drapeau plant&#233; &#224; la veille de la barbarie de la seconde guerre mondiale. La survie des v&#233;ritables id&#233;es communistes et internationalistes &#233;tait pourtant en jeu. Le m&#233;rite en revient au courant trotskiste, si petit et si divis&#233; soit-il, dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Socialisme dans un seul pays&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1917, L&#233;nine et les bolcheviks voyaient dans la r&#233;volution russe la premi&#232;re &#233;tape de la r&#233;volution mondiale. La fondation de la III&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale en 1919 fut la traduction de cette perspective internationaliste inh&#233;rente au marxisme. La Russie &#233;tait un des pays les plus arri&#233;r&#233;s de la plan&#232;te, il &#233;tait vital que l'Allemagne, au moins, un des pays les plus industrialis&#233;s et les plus avanc&#233;s techniquement, bascule rapidement &#224; son tour dans la r&#233;volution. La prise en main des moyens de production d'un tel pays, par une classe ouvri&#232;re nombreuse et organis&#233;e, &#233;tait la condition &lt;em&gt;sine qua non&lt;/em&gt; pour que le reste du monde puisse acc&#233;der rapidement &#224; un stade sup&#233;rieur de d&#233;veloppement &#233;conomique, et ainsi rendre possible le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais apr&#232;s le reflux de la vague r&#233;volutionnaire de l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre et l'&#233;chec de la r&#233;volution allemande, l'isolement de l'URSS eut pour cons&#233;quence la confiscation du pouvoir par la bureaucratie. En d&#233;fendant la possibilit&#233; de construire le &#171; socialisme dans un seul pays &#187; Staline se faisait le porte-parole de cette couche sociale parasite qui tirait ses privil&#232;ges de l'existence d'un Etat ouvrier au sein d'un monde rest&#233; capitaliste. En m&#234;me temps cette m&#234;me bureaucratie allait faire servir la puissance de cet Etat &#224; enrayer tout d&#233;veloppement de la r&#233;volution et contribuait ainsi au maintien et au d&#233;veloppement du capitalisme dans le monde (la bourgeoisie, elle, ne s'&#233;tant jamais embarrass&#233;e de construire &#171; le capitalisme dans un seul pays &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Mondialisation capitaliste !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Finalement, c'est donc l'&#233;volution m&#234;me du capitalisme qui confirme aujourd'hui la justesse des id&#233;es marxistes et trotskistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on rassemble sous le terme &#171; mondialisation &#187;, c'est-&#224;-dire l'internationalisation croissante des &#233;changes, le d&#233;veloppement des firmes multinationales, la concentration du capital, et l'autonomie accrue du capital financier a entra&#238;n&#233; une augmentation des richesses en m&#234;me temps qu'elle accroissait les in&#233;galit&#233;s entre les poss&#233;dants et les exploit&#233;s et entre les pays riches et les pays pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup l'id&#233;e que les m&#233;faits du capitalisme doivent &#234;tre combattus &#224; l'&#233;chelle internationale a repris vie. Elle a trouv&#233; son expression politique dans le mouvement &#171; anti-mondialisation &#187; qui s'est d&#233;velopp&#233; depuis quelques ann&#233;es dont les gigantesques manifestations lors des sommets du G7 (G&#234;nes), de l'Union Europ&#233;enne (Barcelone) ou des n&#233;gociations de l'OMC (Seattle) ont montr&#233; la force. Le slogan f&#233;d&#233;rateur du mouvement, &#171; un autre monde est possible &#187; comme le fait que les luttes des paysans sans-terre du Br&#233;sil ou des Indiens du Chiapas aient autant d'&#233;chos parmi une fraction de la jeunesse des pays imp&#233;rialistes sont r&#233;v&#233;lateurs d'une prise de conscience de la nocivit&#233; des d&#233;cisions prises dans le secret par une poign&#233;e de chefs d'Etats, de banquiers et de dirigeants de firmes multinationales et de leurs r&#233;percussions sur la vie de milliards d'individus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Internationale sans internationalistes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A l'heure actuelle, les &#171; anti-mondialistes &#187; repr&#233;sentent un courant politique existant &#224; l'&#233;chelle internationale, se donnant des objectifs de lutte contre les m&#233;faits du capitalisme &#224; cette m&#234;me &#233;chelle. Il n'est pourtant en rien une nouvelle &#171; internationale &#187;&#8230; et pas seulement parce qu'il ne se situe pas sur le terrain du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est franchement visible lorsqu'il pr&#233;conise des mesures protectionnistes, au nom de certaines &#171; sp&#233;cificit&#233;s nationales &#187;&#8230; qui reviennent &#224; d&#233;fendre le maintien des fronti&#232;res et donc les int&#233;r&#234;ts d'une bourgeoisie contre une autre. De m&#234;me demander le &#171; contr&#244;le citoyen &#187; sur des institutions comme le FMI ou la Banque mondiale, responsables de l'aggravation de la mis&#232;re dans les pays les plus pauvres, la taxation des capitaux ou encore la suppression des paradis fiscaux, de plus sans poser le probl&#232;me de qui pourrait imposer ces mesures, est au mieux utopique et au pire annoncer d'avance qu'on se r&#233;signe &#224; cette mis&#232;re pour peu de voir quelques petites r&#233;formes. Il est significatif que l'exp&#233;rience de &#171; budget participatif &#187; men&#233;e par la municipalit&#233; de Porto Alegre g&#233;r&#233;e par le Parti des travailleurs br&#233;silien soit devenue un des symboles des &#171; anti-mondialistes &#187; et donn&#233;e par eux en exemple dans le monde entier comme si leur seule perspective &#233;tait le partage de la mis&#232;re ! Quel changement en effet : dans une ville d'une des r&#233;gions les plus pauvres de la plan&#232;te, domin&#233;e par le march&#233; capitaliste, la population peut donner un avis consultatif sur l'attribution de 10 &#224; 20 % des subventions municipales !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est loin d'une r&#233;volution mondiale qui permettrait de b&#226;tir une autre organisation sociale, dont les bases mat&#233;rielles existent d'ores et d&#233;j&#224; gr&#226;ce &#224; la mondialisation justement ! Un autre monde est possible, oui. Mais il suppose d'abolir l'exploitation, de mettre en commun les richesses, de donner &#224; tous un travail, de supprimer la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, autrement dit de renverser le capitalisme. Et pour ce faire d'organiser la force qui peut remplir cette t&#226;che. Et quelle peut-elle &#234;tre hormis le prol&#233;tariat, cette classe existant &#224; l'&#233;chelle du monde, sans attache ni int&#233;r&#234;t dans cette soci&#233;t&#233; capitaliste plan&#233;taire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie DARWEN&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Mondialisation : faits et m&#233;faits
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Capitalisme
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		<description>La mondialisation c'est d'abord un d&#233;veloppement sans pr&#233;c&#233;dent des &#233;changes mondiaux. Entre 1960 et 1973, ils ont tripl&#233;. Le taux d'exportation pour l'ensemble des pays d&#233;velopp&#233;s est pass&#233; de 9 % avant 1967 &#224; 14 % au d&#233;but des ann&#233;es 70, pour rester ensuite sensiblement constant au long des ann&#233;es 80 et 90. Du coup, le commerce international a continu&#233; &#224; cro&#238;tre plus vite que les productions nationales (5,3 % par an contre 1,9 % de 1984 &#224; 1994 dans l'ensemble des pays de l'OCDE).&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Dossier-Combattre-la-mondialisation-ou-le-capitalisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Combattre la mondialisation ou le capitalisme ?
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La mondialisation c'est d'abord un d&#233;veloppement sans pr&#233;c&#233;dent des &#233;changes mondiaux. Entre 1960 et 1973, ils ont tripl&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bilan du Monde, 1997&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le taux d'exportation pour l'ensemble des pays d&#233;velopp&#233;s est pass&#233; de 9 % avant 1967 &#224; 14 % au d&#233;but des ann&#233;es 70, pour rester ensuite sensiblement constant au long des ann&#233;es 80 et 90&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La mondialisation, au-del&#224; des Mythes, Cordelier, Editions La D&#233;couverte. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Du coup, le commerce international a continu&#233; &#224; cro&#238;tre plus vite que les productions nationales (5,3 % par an contre 1,9 % de 1984 &#224; 1994 dans l'ensemble des pays de l'OCDE). On a retrouv&#233; des taux d'exportation du m&#234;me niveau qu'avant la premi&#232;re guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'expansion des firmes multinationales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'internationalisation des firmes a &#233;t&#233; au d&#233;part la principale marque de la mondialisation. Elle a &#233;t&#233; due &#224; la volont&#233; d'installer la production dans des pays &#233;mergents pour b&#233;n&#233;ficier du march&#233; int&#233;rieur autant qu'&#224; celle de profiter d'une main d'&#339;uvre bon march&#233;. Du coup une bonne partie de l'accroissement du volume du commerce est tout simplement due aux &#233;changes internes aux multinationales, bon nombre de celles-ci fonctionnant comme une gigantesque entreprise qui aurait des ateliers sur les diff&#233;rents continents. Il faut donc relativiser le chiffre des &#233;changes cit&#233; plus haut : augmentation du commerce ne signifie pas augmentation &#233;quivalente de la production. Ainsi l'investissement transnational, entre 1983 et 1990, aurait augment&#233; trois fois plus que le commerce mondial et quatre fois plus que la production mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas depuis 1980, cette internationalisation ne s'est jamais d&#233;mentie faisant passer le stock mondial d'investissements directs &#224; l'&#233;tranger de 719 milliards de dollars au d&#233;but des ann&#233;es 80 &#224; 1889 milliards de dollars en 1990 et &#224; 6314 milliards de dollars en 2000&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alternatives Economiques, num&#233;ro hors s&#233;rie, deuxi&#232;me trimestre 2002. Un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les firmes multinationales (FMN), d&#233;velopp&#233;es dans les ann&#233;es 60, ont connu un nouvel essor au milieu des ann&#233;es 80. Mais cet essor a aussi &#233;t&#233; favorable &#224; de nouvelles entreprises, souvent au d&#233;part plus petites &#233;videmment. En 1993, on estimait &#224; 35 000 le nombre de FMN dans le monde et les cent principales disposaient d'&#224; peu pr&#232;s 16 % des moyens de production mondiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trusts multinationaux sont neuf fois plus nombreux qu'il y a trente ans. Nombre d'entre eux comme Exxon ou General Motors sont autant sinon plus riches et plus puissants que des Etats. Ils disposent de v&#233;ritables gouvernements, avec des r&#233;seaux d'information et d'action et se paient parfois de v&#233;ritables bandes arm&#233;es qui maintiennent des populations et des pays entiers sous leur coupe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La concentration du capital&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A partir du milieu des ann&#233;es 90, la concentration des entreprises capitalistes a pris de l'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance du volume des fusions-acquisitions a &#233;t&#233; continuelle et de plus en plus rapide : 130 milliards de dollars en 1994, 200 milliards de dollars en 1995, 550 milliards de dollars en 1998, 1100 milliards de dollars en 2000. Ces sommes consid&#233;rables repr&#233;sentaient un pourcentage du PIB mondial de 1% en 1997 et presque 4 % en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette concentration a fait passer la part des dix premi&#232;res multinationales (hors secteur financier) dans les ventes internationales des cent premi&#232;res soci&#233;t&#233;s de 25,8 % en 1995 &#224; 29,2 % en 1999. Elle touche cependant in&#233;galement les secteurs d'activit&#233;. Elle est fondamentale dans quatre secteurs : mat&#233;riel &#233;lectrique et &#233;lectronique, automobile, industrie p&#233;troli&#232;re et alimentation. Viennent ensuite ceux de la pharmacie et la chimie. Elle l'est beaucoup moins dans les autres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La puissance du capital financier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Encore plus que dans les autres secteurs, le mouvement de concentration des entreprises financi&#232;res internationales s'est acc&#233;l&#233;r&#233; dans la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 90. Le montant des fusions-acquisitions dans le secteur financier est pass&#233; de 24,3 milliards de dollars en 1994 &#224; 82,6 milliards de dollars en 1997 et &#224; 241,3 milliards de dollars en 2000. Selon la Banque des R&#232;glements Internationaux, la BRI, il n'y a plus mondialement qu'une vingtaine de grandes banques qui g&#232;rent tous les transferts de devises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement les flux de capitaux &#224; court terme ont explos&#233;, supplantant de plus en plus et de tr&#232;s loin les investissements &#224; but industriel et commercial. En 1997, 1300 milliards de dollars &#233;taient &#233;chang&#233;s chaque jour, contre dix &#224; vingt milliards dans les ann&#233;es 70. Et en 2000, c'est 2000 milliards de dollars qui sont &#233;chang&#233;s chaque jour soit cent fois plus que le volume des &#233;changes de biens et de services. L'essentiel a un caract&#232;re sp&#233;culatif, 82 % des op&#233;rations durant moins de 7 jours. Autant &#233;videmment qui ne s'investit pas dans l'&#233;conomie productive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus cette &#233;volution a connu deux phases distinctes. Pendant les d&#233;cennies 1960 et 70, les flux internationaux de capitaux suivaient un axe &#171; Nord-Sud &#187; (par l'investissement priv&#233; dans la dette publique des pays du tiers-monde) mais dans la v&#233;ritable explosion des march&#233;s financiers, qui a suivi la crise de la dette des pays pauvres de 1982-83, les flux sont devenus essentiellement &#171; Nord-Nord &#187;. C'est &#224; cette &#233;poque que les obstacles &#224; la libre circulation des capitaux ont &#233;t&#233; lev&#233;s en Am&#233;rique du nord, dans l'Union Europ&#233;enne et au Japon, la r&#233;glementation des march&#233;s financiers &#233;tant assouplie au Japon, aux USA et en Grande-Bretagne. Rien d'&#233;tonnant &#224; ce qu'avec la cr&#233;ation d'un march&#233; unique des capitaux, ce soient les USA et la Grande-Bretagne qui aient re&#231;u les plus grands flux d'investissements. Ainsi apr&#232;s avoir entra&#238;n&#233; plusieurs crises catastrophiques dans des r&#233;gions du Tiers-Monde, ces capitaux ont contribu&#233; &#224; accentuer l'in&#233;galit&#233; de ce Tiers-Monde avec les pays industrialis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L' accroissement des in&#233;galit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation a repr&#233;sent&#233; une phase d'accroissement de la richesse globale, multipli&#233;e par 2,8. Mais elle ne s'est pas fait &#233;galitairement, contribuant au contraire &#224; accro&#238;tre la richesse aux p&#244;les les plus riches et la pauvret&#233; aux p&#244;les les plus pauvres. Si le PIB des pays industrialis&#233;s a plus que tripl&#233; en vingt ans, celui des pays moyens n'a progress&#233; que de 2,2 fois et celui des pays les plus pauvres seulement de 1,5 fois. Et au sein de chacun d'entre eux, pays pauvres surtout mais aussi dans les pays riches, ce n'est qu'une part, parfois bien faible, de la population qui a vu son revenu s'am&#233;liorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le d&#233;veloppement des investissements dans les pays pauvres n'a pas n&#233;cessairement repr&#233;sent&#233; un d&#233;veloppement durable pour eux. Bien souvent les revenus des investissements &#233;trangers ont repr&#233;sent&#233; une sortie de capitaux plus importante que ceux qui y sont rentr&#233;s. Ces mouvements &#233;tant aggrav&#233;s par la volatilit&#233; des capitaux sp&#233;culatifs et l'&#233;normit&#233; de la dette publique et donc des int&#233;r&#234;ts &#224; rembourser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation est donc loin d'&#234;tre synonyme de l'uniformisation du monde, encore moins de son &#233;galisation. Des r&#233;gions et m&#234;me des pays entiers sont exclus de la nouvelle donne. L'Am&#233;rique latine et le continent africain ne repr&#233;sentent respectivement que 4,5 % et 2,2 % du commerce mondial. Les cartes &#233;conomiques qui repr&#233;sentent chaque pays en fonction de son importance &#233;conomique rayent pratiquement de la plan&#232;te une grande part de l'Afrique, de l'Am&#233;rique du sud et de l'Asie. Au sein de chacun de ces pays, une ou deux zones sont &#233;conomiquement actives, ce qui est appel&#233; cyniquement l'Alg&#233;rie &#171; utile &#187; ou le Chili &#171; actif &#187;, les autres demeurant parfois quasiment en dehors du fonctionnement capitaliste, souvent dans une mis&#232;re croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'&#233;cart entre riches et pauvres comme l'&#233;cart entre pays riches et pays pauvres ne s'est pas r&#233;sorb&#233;, bien au contraire. Le monde tout entier a beau &#234;tre entra&#238;n&#233; dans le tourbillon capitaliste, une fraction de la plan&#232;te ne vit toujours pas dans les circuits de l'argent, faute d'en poss&#233;der, et ne subsiste que gr&#226;ce au troc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une globalisation relative&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'internationalisation des firmes, l'&#171; entreprise globale &#187; est encore une exception, que l'on consid&#232;re cela du point de vue des salari&#233;s, des capitaux ou des ventes. Les plus grandes firmes industrielles am&#233;ricaines ont encore la majorit&#233; de leurs emplois aux USA. Seule Ford, faisant figure d'exception, emploie plus de 50 % de ses salari&#233;s &#224; l'&#233;tranger. Au Japon, seule Sony est dans le m&#234;me cas avec aussi 50 % de l'emploi &#224; l'&#233;tranger. Certes ce n'est pas le cas des multinationales de petits pays comme les Pays-Bas, la Su&#232;de ou la Suisse, Nestl&#233;, Electrolux, ABB ou Volvo. Mais m&#234;me celles-ci s'appuient toujours sur leur Etat national d'origine. Ou encore, en particulier en ce qui concerne les firmes europ&#233;ennes, sont parmi les plus fermes partisans de la constitution d'une Europe susceptible de faire pi&#232;ce et tenir t&#234;te aux Etats-Unis ou au Japon. Pierre Veltz peut donc &#233;crire &#224; bon droit dans La mondialisation, au-del&#224; des mythes : &#171; Le cadre national reste et restera sans doute longtemps encore un r&#233;f&#233;renciel de premier rang y compris pour les grandes firmes, leur actionnariat, leur strat&#233;gie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de la Banque Mondiale de d&#233;cembre 2001 affirmait : &#171; La mondialisation a souvent &#233;t&#233; un facteur tr&#232;s important de r&#233;duction de la pauvret&#233; mais trop de pays et d'individus sont rest&#233;s en marge &#187;. Et en effet plus que de mettre en relation le monde entier, la mondialisation a surtout tiss&#233; des liens entre des &#238;lots de richesse. La production de Tokyo se compare aujourd'hui &#224; celle du Royaume-Uni, elle vaut deux fois celle du Br&#233;sil dont plus du quart est concentr&#233; &#224; Sao Paulo et Rio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, m&#234;me dans les pays pauvres qui ont &#233;t&#233; grand ouverts &#224; la mondialisation, elle est bien loin de repr&#233;senter un d&#233;veloppement de la prosp&#233;rit&#233; pour les peuples. Les exemples r&#233;cents de la Turquie, de l'Afrique du Sud et de l'Argentine le montrent bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extension de la sph&#232;re d'action du capital signifie aussi et surtout l'extension de sa ponction sur les richesses du monde. Cela explique que les in&#233;galit&#233;s se soient accrues au sein de la population des pays riches comme entre pays riches et pays pauvres. Selon le Bilan du monde 2002 &#171; 2 milliards de personnes font figure d'exclus de la mondialisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Le basculement du monde Michel Beaud &#233;crit : &#171; Jamais tant de richesse, jamais tant de pauvret&#233; &#187;. Et effectivement, une part consid&#233;rable de la plan&#232;te reste pauvre alors que le produit mondial par habitant est pass&#233; de 360 dollars par personne en 1900 &#224; 1500 dollars 1975 et &#224; 4500 dollars en 1994. Le d&#233;veloppement capitaliste n'a fait que mondialiser l'exploitation et, &#224; l'occasion, les crises. Pas de surprise. Ce sera au d&#233;veloppement de la lutte de classe de mondialiser la r&#233;volution et le progr&#232;s pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simone CANETTI&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Les nouvelles majors du p&#233;trole&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2000, les principales op&#233;rations dans le secteur p&#233;trolier ont &#233;t&#233; la fusion des deux majors am&#233;ricains Chevron et Texaco pour constituer le quatri&#232;me groupe mondial apr&#232;s ExxonMobil, Royal-Dutch/Shell et British Petroleum (BP), l'acquisition du premier ind&#233;pendant am&#233;ricain, Arco, par le groupe BP, l'acquisition, par L'ENI italienne, des grands ind&#233;pendants britanniques British Born&#233;o et surtout Lasmo. Ces op&#233;rations font suite aux grandes concentrations ant&#233;rieures : BP-Amoco en 1998 ; Exxon-Mobil en 1998-1999 ; Repsol-YPF puis TotalFina et Elf en 1999. Ces 3 ann&#233;es de concentration ont donc profond&#233;ment modifi&#233; la configuration de l'industrie du p&#233;trole. Un important &#233;cart s'est install&#233; entre les 5 &#171; super-majors &#187; et les soci&#233;t&#233;s qui suivent imm&#233;diatement. Ces 5 majors assurent plus de la moiti&#233; des productions d'hydrocarbures du secteur priv&#233; et d&#233;tiennent 74 % de ses r&#233;serves.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt; L'accumulation des richesses et de la pauvret&#233; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1960, les 20 % les plus riches de la population mondiale disposaient de trente fois le revenu des 20 % les plus pauvres. En 1997, ce rapport atteignait 74 contre un. (Rapport 1998 du PNUD, programme des nations unies pour le d&#233;veloppement)&lt;br class='autobr' /&gt;
En 30 ans, la part des 20 % les plus pauvres est pass&#233;e de 2,3 % &#224; 1,4 % des richesses du monde et la part des 20 % les plus riches est pass&#233;e de 70 % &#224; 85 %. Et ces riches de la plan&#232;te englobent un grand nombre de personnages fortun&#233;s des pays pauvres. Les 225 personnes les plus riches du monde poss&#232;dent plus de mille milliards de dollars soit l'&#233;quivalent du revenu annuel de 2,5 milliards de personnes, presque la moiti&#233; la plus pauvre de la plan&#232;te. Les trois personnes les plus riches du monde poss&#232;dent une fortune sup&#233;rieure aux PIB combin&#233;s des 48 pays les plus pauvres. (Rapport mondial sur le d&#233;veloppement humain du PNUD).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bilan du Monde, 1997&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La mondialisation, au-del&#224; des Mythes, Cordelier, Editions La D&#233;couverte. Une partie des chiffres cit&#233;s dans cet article sont tir&#233;s de cet ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Alternatives Economiques, num&#233;ro hors s&#233;rie, deuxi&#232;me trimestre 2002. Un autre ouvrage qui a fourni une partie des chiffres cit&#233;s ici.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Anti-mondialisation : habits neufs et vieilles lunettes
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Anti-mondialisation-habits-neufs-et-vieilles-lunettes</link>
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		<dc:date>2002-03-31T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Altermondialisation
</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation
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		<description>Que des centaines de milliers de jeunes &#8211; et moins jeunes d'ailleurs &#8211; fassent rena&#238;tre &#224; G&#234;nes un petit parfum de 68, que des milliers de d&#233;l&#233;gu&#233;s venus de dizaines de pays diff&#233;rents se retrouvent ensemble pour organiser des r&#233;sistances communes contre les exc&#232;s du capitalisme tout en affirmant qu'un &#171; autre monde est possible &#187; est &#233;videmment assez r&#233;jouissant et il n'y a pas de raison de bouder son plaisir. &lt;br /&gt;Certes on trouve vraiment de tout dans l'actuel mouvement&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Dossier-Combattre-la-mondialisation-ou-le-capitalisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Combattre la mondialisation ou le capitalisme ?
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Altermondialisation-+" rel="tag"&gt;Altermondialisation
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Mondialisation-+" rel="tag"&gt;Mondialisation
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que des centaines de milliers de jeunes &#8211; et moins jeunes d'ailleurs &#8211; fassent rena&#238;tre &#224; G&#234;nes un petit parfum de 68, que des milliers de d&#233;l&#233;gu&#233;s venus de dizaines de pays diff&#233;rents se retrouvent ensemble pour organiser des r&#233;sistances communes contre les exc&#232;s du capitalisme tout en affirmant qu'un &#171; &lt;em&gt;autre monde est possible&lt;/em&gt; &#187; est &#233;videmment assez r&#233;jouissant et il n'y a pas de raison de bouder son plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes on trouve vraiment de tout dans l'actuel mouvement &#171; anti-mondialisation &#187; : des associations, des ONG, des syndicats, et m&#234;me des partis politiques (d'ailleurs tr&#232;s pr&#233;sents &#224; Porto Alegre). Mais pour ses participants, c'est justement l'une de ses qualit&#233;s d'&#234;tre capable de f&#233;d&#233;rer toutes ces &#233;nergies : c'est le cas par exemple lorsque autour d'un projet de barrage, on retrouve c&#244;te &#224; c&#244;te des militants qui d&#233;noncent les atteintes &#224; l'environnement, les expulsions de paysans pauvres, le m&#233;pris envers les peuples indig&#232;nes, l'absence de protection m&#234;me minimale pour des ouvriers surexploit&#233;s, la toute puissance des multinationales, et la rapacit&#233; d'actionnaires pr&#234;ts &#224; tout pour obtenir leur 15 % de rendement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ensemble ? Ouais ! Et tant mieux si ces luttes locales s'ins&#232;rent elles-m&#234;mes dans un r&#233;seau de luttes souvent identiques men&#233;es ailleurs dans le reste du monde. Tant mieux si cela peut acc&#233;l&#233;rer une prise de conscience plus globale sur des m&#233;canismes &#233;conomiques qui perp&#233;tuent effectivement partout la m&#234;me oppression et la m&#234;me exploitation d'un bout &#224; l'autre de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est &#233;videmment qu'un aspect. Le mouvement &#171; anti-mondialisation &#187; est aussi une sorte de grand bazar, avec ses comit&#233;s d'experts (ou pr&#233;tendus tels) et ses luttes de travailleurs pauvres confront&#233;s &#224; la r&#233;pression ; ses organisations habitu&#233;es au lobbying dans la plus pure tradition nord-am&#233;ricaine aupr&#232;s des groupes parlementaires et des instances internationales, et d'autres qui se veulent plus &#171; radicales &#187; et parfois expertes &#224; occuper la rue. Or &#224; vouloir &#234;tre &#171; tous ensemble &#187;, la tentation est grande de rechercher un projet assez consensuel pour r&#233;unir tout ce monde, et du coup ne retenir que les propositions les plus platement r&#233;formistes, m&#234;me si elles sont agr&#233;ment&#233;es de quelques formules apparemment radicales contre &#171; l'ultralib&#233;ralisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'auberge espagnole&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ainsi &#171; l'appel des mouvements sociaux &#187; adopt&#233; &#224; l'issue du deuxi&#232;me forum social mondial est de ce point de vue assez significatif. Comme le mouvement lui-m&#234;me, c'est un peu l'auberge espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte semble &#233;viter certains &#233;cueils. Ainsi la tentation du protectionnisme (qui n'est rien d'autre que la d&#233;fense d'une fraction de la bourgeoisie contre une autre) et celle qui consiste &#224; attaquer les institutions internationales pour mieux d&#233;douaner les gouvernements en place existe toujours au sein du mouvement. Mais elles ne s'expriment gu&#232;re dans cet appel. C'est au contraire la responsabilit&#233; des gouvernements qui est mise en cause (c'est &#233;galement le cas dans le manifeste publi&#233; par ATTAC en janvier dernier). La condamnation de la guerre men&#233;e par les grandes puissances en Afghanistan est aussi explicite m&#234;me si elle n'a pas d&#251; &#234;tre &#233;vidente pour tout le monde. Enfin certaines propositions comme l'annulation pure et simple de la dette du Tiers-Monde donnent &#224; cet appel une allure radicale (m&#234;me si ce genre de mesure ne r&#233;soudrait rien sur le fond... en admettant qu'elle p&#251;t &#234;tre impos&#233;e) qui peut plaire et attirer tous ceux que le capitalisme et la politique des Etats imp&#233;rialistes r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce radicalisme tombe vite &#224; plat. Car ce qui est en cause selon cet appel, c'est le &#171; mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral &#187; et l'absence de d&#233;mocratie, de transparence et de contr&#244;le des &#171; peuples &#187; sur &#171; leur &#187; gouvernement ou Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un vieux d&#233;bat. Mais c'est surtout une duperie. Peut-on r&#233;ellement encadrer le capitalisme, l'amender, et finalement l'obliger &#224; servir un peu mieux l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ? Peut-on compter pour cela sur les &#233;lections, sur le parlement, et croire que les gouvernements et les Etats peuvent devenir autre chose que des instruments au service de la domination d'une seule classe ? Ou penser que l'ONU puisse &#234;tre un instrument de &#171; m&#233;diation internationale &#187; capable de s'opposer aux logiques de guerres d&#233;nonc&#233;es par ailleurs ? Comme si l'ONU pouvait &#234;tre autre chose qu'une feuille de vigne destin&#233;e &#224; l&#233;gitimer les interventions des puissances imp&#233;rialistes !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Avec un gros zeste d'illusion d&#233;mocratique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui peut para&#238;tre nouveau et prometteur dans ce mouvement &#224; l'allure prot&#233;iforme est justement ce qui peut &#234;tre aussi un pi&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi beaucoup de gens sont attir&#233;s en croyant notamment qu'ils pourront y faire de la politique autrement, et que leur engagement ne sera pas r&#233;cup&#233;r&#233;, d&#233;voy&#233;, par de gros appareils ayant surtout des ambitions politiciennes. Les arguments sont toujours les m&#234;mes : parce que ce n'est pas un parti politique, parce qu'il n'aspire pas &#224; prendre le pouvoir mais &#224; &#234;tre un &#171; contre-pouvoir &#187;, parce qu'il fonctionne en r&#233;seau, en permettant &#224; chacun de prendre les initiatives qui lui semblent utiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'extr&#234;me-gauche, on nourrit &#233;galement quelques illusions &#8211; pas exactement les m&#234;mes mais avec bien souvent les m&#234;mes arguments &#8211; en pensant notamment que la trajectoire politique de cette n&#233;buleuse en mouvement &#8211; qui semble se radicaliser de Seattle &#224; G&#234;nes &#8211; est loin d'&#234;tre trac&#233;e &#224; l'avance. Tout serait donc possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui dirige r&#233;ellement ? Les militants d'ATTAC r&#233;unis au Z&#233;nith au mois de janvier en savent maintenant quelque chose, d&#233;couvrant le jour m&#234;me o&#249; ils sont invit&#233;s &#224; le distribuer, le manifeste de leur organisation, sans avoir eu la moindre possibilit&#233; auparavant de le critiquer et encore moins de participer &#224; son &#233;laboration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc une organisation qui pr&#233;tend soumettre la bourgeoisie mondiale au contr&#244;le d'une &#171; d&#233;mocratie participative &#187;, et qui accepte pour commencer de se soumettre &#224; la dictature de ses membres fondateurs et autres pr&#233;tendus experts, incontr&#244;lables et inamovibles, bien plus soucieux &#224; l'&#233;vidence de se faire recevoir par leurs amis socialistes au parlement que de rendre des comptes aux groupes locaux ! Ces derniers peuvent toujours prendre les initiatives qu'ils veulent, et tenir tous les discours qu'ils veulent &#8211; ils sont libres, certes oui ! &#8211; mais les dirigeants d'ATTAC, les Cassen, Tartakowski ou Susan George sont bien plus libres encore de dire ce qu'ils veulent et imposer leurs vues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est aussi vrai &#224; l'&#233;chelle de tout le mouvement. Toute sa strat&#233;gie consiste &#224; faire entendre soi-disant la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; aupr&#232;s des Etats et des instances internationales, en fait &#224; intervenir au travers de ses r&#233;seaux de parlementaires et autres sp&#233;cialistes en lobbying. Il peut bien y avoir &#224; c&#244;t&#233; quelques grandes messes et autres forums virtuels sur le Net, on peut m&#234;me laisser certains s'agiter et tenir la rue, en pensant qu'il est toujours utile de construire un rapport de force. Mais qui fera la politique dans cette histoire ? Avec quels moyens de contr&#244;le ? Bien des dirigeants du monde imp&#233;rialiste savent sans doute &#224; quoi s'en tenir et sont pr&#234;ts &#8211; Jospin en t&#234;te &#8211; &#224; offrir des strapontins dans les instances gouvernementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, toutes ces personnalit&#233;s si diverses qui &#224; Porto Alegre se sont r&#233;pandues en d&#233;nonciations virulentes contre tel ou tel aspect du monde actuel, que font-elles donc une fois rentr&#233;es &#224; la maison pour faire participer les citoyens et traduire leurs discours en acte ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Pour la construction d'un parti mondial de la r&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La social-d&#233;mocratie officielle a acc&#233;d&#233; au pouvoir dans de nombreux pays au cours de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es (pas seulement en Europe) sans faire autre chose que g&#233;rer le syst&#232;me tel qu'il est, se faisant m&#234;me l'artisan des r&#233;formes n&#233;o-lib&#233;rales ! Elle a donc forc&#233;ment &#224; c&#244;t&#233; d'elle bien des d&#233;&#231;us &#8211; qui ont l'impression d'avoir d&#233;j&#224; donn&#233; &#8211; et des jeunes qui d&#233;couvrent l'oppression et l'exploitation mais n'ont gu&#232;re d'espoir dans les Jospin, Schr&#246;der ou autre Blair, m&#234;me s'ils gardent toujours des illusions sur les solutions r&#233;formistes. C'est justement le r&#244;le d'un mouvement comme ATTAC d'entretenir ses illusions en marge de la social-d&#233;mocratie aujourd'hui... pour &#233;ventuellement ramener tout le monde au bercail demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il ne serait pas juste &#8211; de notre point de vue de r&#233;volutionnaire &#8211; de d&#233;daigner l'actuel mouvement &#171; anti-mondialisation &#187; sous pr&#233;texte qu'il ne ferait que d&#233;noncer les exc&#232;s du capitalisme sans rien remettre en cause radicalement. Apr&#232;s tout, il y a peu de chances que les organisations r&#233;volutionnaires gagnent de l'influence sur fond de calme plat. Tant mieux donc si ce mouvement existe et s'il prend une certaine ampleur, m&#234;me si ce sont d'autres mouvements, d'une autre nature, qui seraient aussi n&#233;cessaires. Mais pour gagner de l'influence, il y a int&#233;r&#234;t &#224; ne pas prendre des vessies pour des lanternes. C'est malheureusement une tentation r&#233;currente au sein de l'extr&#234;me-gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas notamment lorsque les camarades de la LCR laissent entendre &#8211; parfois explicitement &#8211; qu'une nouvelle Internationale r&#233;volutionnaire pourrait na&#238;tre &#224; partir de l'actuel mouvement &#171; anti-mondialisation &#187;. Or si il y a une chance d'influencer et de gagner &#224; notre programme des militants qui d&#233;couvrent ou red&#233;couvrent la politique au travers de cette mouvance de la social-d&#233;mocratie, c'est d'abord parce que nous existerons par nous-m&#234;mes, avec la volont&#233; de construire des organisations qui existent r&#233;ellement sur le terrain des luttes de la classe ouvri&#232;re, avec un programme clairement communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raoul GLABER&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;La mondialisation &#171; ma&#238;tris&#233;e &#187; de Jospin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A la veille du 2&#176; Forum anti-mondialisation, Jospin s'est naturellement fait l'avocat d'une mondialisation &#171; ma&#238;tris&#233;e &#187;. Mieux : c'est une sorte de &#171; programme &#187; qu'il a sembl&#233; esquisser devant le Conseil &#233;conomique et social le 30 janvier, au travers d'un certain nombre de mesures &#224; la fois d&#233;risoires et qui ne l'engagent pas beaucoup : un &#171; conseil &#233;conomique et social &#187; au sein de l'ONU afin d'arbitrer entre les r&#232;gles multilat&#233;rales concurrentes ; des &#171; d&#233;l&#233;gations parlementaires aux institutions internationales &#187; &#224; l'image de celles qui existent pour les affaires europ&#233;ennes au S&#233;nat et &#224; l'Assembl&#233;e nationale dans un &#171; souci de transparence &#187; ; une &#171; commission de surendettement &#187; pour les pays &#233;mergents au bord de la faillite ; une allocation exceptionnelle de &#171; droits de tirages sp&#233;ciaux &#187; par le FMI pour les pays tr&#232;s endett&#233;s ; et bien s&#251;r la cerise sur le g&#226;teau : un &#171; grand forum citoyen &#187; sur Internet&#8230; N'en jetez plus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au Conseil &#233;conomique et social, il doit publier prochainement un rapport d&#233;j&#224; &#233;vent&#233; sur les mesures qui pourraient rapprocher l'OMC de la soci&#233;t&#233; civile, et lier commerce international et d&#233;veloppement &#233;conomique : la mise en place d'une &#171; conf&#233;rence parlementaire &#187; et d'un &#171; forum repr&#233;sentatif de la soci&#233;t&#233; civile &#187; aupr&#232;s de l'OMC ; l'implication de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) dans les travaux de l'OMC ; l'engagement des pays riches &#224; consacrer au moins 0,7 % de leur PIB &#224; l'aide publique au d&#233;veloppement (une vieille mesure jamais appliqu&#233;e mais r&#233;guli&#232;rement mise &#224; l'honneur) ; ou encore la cr&#233;ation au sein de l'ONU d'un &#171; organe de coordination &#187; des &#171; questions li&#233;es aux aspects &#233;conomiques et sociaux de la vie internationale &#187; afin de &#171; parvenir &#224; une meilleure gouvernance mondiale &#187;&#8230; Ouf ! Que les puissants tremblent !&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt; Experts en recyclage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;ATTAC rassemblant les foules au Z&#233;nith, &#224; Paris, puis le succ&#232;s du Forum social de Porto Alegre, forc&#233;ment &#231;a s'agite dans le bocal. Extraits :
&lt;br /&gt;&#8212; Vincent Peillon, porte-parole du Parti socialiste (21/01) : &#171; &lt;em&gt;Les pr&#233;occupations qui sont celles du mouvement ATTAC sont tout &#224; fait s&#233;rieuses (&#8230;) La lutte contre la mondialisation exclusivement financi&#232;re est aussi au c&#339;ur de nos pr&#233;occupations&lt;/em&gt; &#187;.
&lt;br /&gt;&#8212; Fran&#231;ois Hollande, premier secr&#233;taire du Parti socialiste (02/02) : La mondialisation &#171; &lt;em&gt;doit &#234;tre un sujet de campagne &#233;lectorale (&#8230;) Il faut que l'Internationale socialiste s'adapte &#224; ce qui se passe&lt;/em&gt; &#187;.
&lt;br /&gt;&#8212; Henri Weber, s&#233;nateur socialiste et bras droit de Fabius (04/02) : &#171; &lt;em&gt;Voil&#224; un mouvement social historique dont l'articulation avec la gauche gouvernementale est fondamentale. (&#8230;) D'ailleurs, ni Lutte ouvri&#232;re ni le Parti des travailleurs ne sont l&#224;. C'est la preuve qu'ils ne comprennent pas ce qui se passe&lt;/em&gt; &#187;&#8230; Vraiment ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Combattre la mondialisation ou le capitalisme ?
</title>
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		<dc:date>2002-03-31T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme
</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation
</dc:subject>

		<description>La mondialisation &#8211; vocabulaire d&#233;finitivement et unanimement adopt&#233; aujourd'hui, du moins par ceux que h&#233;risse le terme de globalisation, traduit directement de l'anglais, plus chic mais qui sentirait trop l'acceptation de la domination am&#233;ricaine &#8211; n'est rien d'autre que la description de l'&#233;volution et des transformations du capitalisme depuis vingt ans. Et il est vrai que, poursuivant son &#339;uvre entreprise depuis des si&#232;cles, l'expansion capitaliste a continu&#233; &#224; bouleverser la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La mondialisation &#8211; vocabulaire d&#233;finitivement et unanimement adopt&#233; aujourd'hui, du moins par ceux que h&#233;risse le terme de globalisation, traduit directement de l'anglais, plus chic mais qui sentirait trop l'acceptation de la domination am&#233;ricaine &#8211; n'est rien d'autre que la description de l'&#233;volution et des transformations du capitalisme depuis vingt ans. Et il est vrai que, poursuivant son &#339;uvre entreprise depuis des si&#232;cles, l'expansion capitaliste a continu&#233; &#224; bouleverser la face du monde et la conscience qu'ont les hommes et les femmes de l'&#233;tat de celui-ci. En bien et en mal. Car avec le capitalisme tout progr&#232;s se paie. Lourdement. Et surtout en g&#233;n&#233;ral il se paie par ceux qui ne sont pas ceux qui b&#233;n&#233;ficient des progr&#232;s : les pauvres de la plan&#232;te, les travailleurs, la masse &#233;norme des opprim&#233;s et des exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant donc &#224; ce que la mondialisation suscite un peu partout &#8211; au Nord comme au Sud, suivant l&#224; aussi le vocabulaire courant pour d&#233;signer pays industrialis&#233;s et Tiers Monde &#8211; une telle lev&#233;e de boucliers. Les m&#233;faits du capitalisme sont innombrables. C'est bien le moins que les r&#233;voltes et les combats le soient aussi. On ne peut m&#234;me que les souhaiter bien plus nombreux encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et souhaiter que, avec la prise de conscience que tant de maux ont en derni&#232;re analyse une m&#234;me origine et un m&#234;me coupable &#8211; la mondialisation donc &#8211; toutes ces luttes convergent et se rassemblent. Or, c'est l&#224; que les mots prennent toute leur importance mais aussi peuvent trahir. Ou plut&#244;t ceux qui les manient. Ainsi la guerre &#224; la &#171; mondialisation n&#233;o-lib&#233;rale &#187;, m&#234;me quand elle pr&#233;tend rassembler les opprim&#233;s du monde entier, sert &#224; leur vendre les vieilles et trompeuses solutions r&#233;formistes, &#224; peine relook&#233;es, et surtout &#224; &#233;viter de d&#233;signer clairement l'ennemi &#224; abattre, le capitalisme, et la seule voie pour cela, la r&#233;volution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Croissance et mondialisation : des raisons pour une reprise de l'offensive ouvri&#232;re
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Mondialisation
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		<description>Ressass&#233; et d&#233;velopp&#233; sur tous les tons, le concept de mondialisation ou de globalisation s'est aujourd'hui impos&#233;. Pour les partisans du capitalisme l'id&#233;e que celui-ci conna&#238;trait un nouvel essor ne fait plus de doute, m&#234;me si les raisons, les caract&#233;ristiques et l'importance de cette mutation sont en d&#233;bat. &lt;br /&gt;Et si il y a encore quelques ann&#233;es, en Europe et en France, beaucoup accueillaient cette mondialisation avec m&#233;fiance, r&#233;ticences et r&#233;serves, aujourd'hui ce n'est plus le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ressass&#233; et d&#233;velopp&#233; sur tous les tons, le concept de mondialisation ou de globalisation s'est aujourd'hui impos&#233;. Pour les partisans du capitalisme l'id&#233;e que celui-ci conna&#238;trait un nouvel essor ne fait plus de doute, m&#234;me si les raisons, les caract&#233;ristiques et l'importance de cette mutation sont en d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si il y a encore quelques ann&#233;es, en Europe et en France, beaucoup accueillaient cette mondialisation avec m&#233;fiance, r&#233;ticences et r&#233;serves, aujourd'hui ce n'est plus le cas. La croissance n'est-elle pas enfin l&#224; ? Pour les &#233;conomistes comme pour les politiciens, de droite comme de gauche, la seule question restante est celle de savoir comment profiter &#224; plein des opportunit&#233;s nouvelles que cette mondialisation apporterait.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La croissance des in&#233;galit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'est certainement pas encore &#233;tabli que nous sommes au d&#233;but d'une nouvelle &#232;re de l'&#233;conomie capitaliste. Les bouleversements et les changements introduits par les &#171; nouvelles technologies &#187; ou Internet sont tangibles. Mais la place de la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187; dans l'histoire n'est pas encore exactement mesur&#233;e. Et la dur&#233;e de la p&#233;riode de croissance dans laquelle nous sommes entr&#233;s reste &#224; voir. Ce n'est que dans les ann&#233;es 70, alors que nous &#233;tions donc d&#233;j&#224; dans ce qu'on appelle maintenant les &#171; vingt piteuses &#187;, que l'on s'est mis &#224; parler des &#171; trente glorieuses &#187; pr&#233;c&#233;dentes. Quel adjectif m&#233;riteront les dix, vingt ou trente ann&#233;es prochaines ? La r&#233;ponse dans dix, vingt ou trente ans sans doute, &#224; moins qu'une catastrophe &#233;conomique et sociale, telle que le capitalisme en a connu &#224; plusieurs reprises durant son histoire, ne la fournisse beaucoup plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a une autre question tout aussi importante, &#224; laquelle nous avons d&#232;s maintenant un commencement de r&#233;ponse. Quelles sont donc les caract&#233;ristiques et les cons&#233;quences de la croissance que connaissent les Etats-Unis depuis dix ans et l'Europe et la France depuis un an ou deux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance permet de r&#233;duire le ch&#244;mage. R&#233;duire, pas supprimer. Loin de l&#224;. Les chiffres officiels, et arrang&#233;s comme partout pour les besoins de la cause, du ch&#244;mage aux Etats-unis montrent que m&#234;me en plein boom il reste un volant de ch&#244;meurs irr&#233;ductible, que les &#233;conomistes ont baptis&#233; &#171; structurel &#187;. Le taux varierait, para&#238;t-il et sans qu'une explication bien claire ne soit fournie, suivant les pays, de 4 ou 5 % aux Etats-Unis, de 6 &#224; 8 % en Europe. Nous sommes encore bien au-dessus en France. Mais de toute fa&#231;on cela fait des millions, et m&#234;me des dizaines de millions de ch&#244;meurs et d'exclus &lt;em&gt;ad vitam capitalistam aeternam&lt;/em&gt; rien que dans les zones du monde les plus avanc&#233;es et prosp&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance se traduit surtout par la croissance des in&#233;galit&#233;s : l'accumulation de nouvelles richesses et de nouveaux capitaux &#224; un bout de la soci&#233;t&#233;, l'extension de la pauvret&#233;, de l'exclusion, d'une exploitation aggrav&#233;e et de conditions de vie mis&#233;rables &#224; l'autre. L'exemple des Etats-Unis depuis dix ans est probant. Celui de la France, o&#249; depuis deux ou trois ans la pr&#233;carit&#233; augmente en proportion de la diminution du ch&#244;mage, tout autant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La mondialisation et l'actualit&#233; du communisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Durant ces &#171; vingt piteuses &#187;, o&#249; le ch&#244;mage n'a fait que cro&#238;tre (m&#234;me quand les profits, eux, augmentaient) la classe ouvri&#232;re, en France comme dans le monde, a &#233;t&#233; essentiellement sur la d&#233;fensive. La faute au ch&#244;mage et &#224; la crise, qui pesaient effectivement lourdement, mais qui furent surtout de formidables excuses pour les pr&#233;tendus leaders syndicalistes ou politiques du prol&#233;tariat pour pr&#234;cher l'acceptation et la r&#233;signation ou, au mieux, des combats d&#233;fensifs. Or les combats d&#233;fensifs, m&#234;me quand ils ont impos&#233; quelques coups d'arr&#234;t momentan&#233;s &#224; l'offensive capitaliste, n'avaient aucune chance de s'opposer &#224; la d&#233;t&#233;rioration de la situation de la plus grande masse des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance revenue, que ce soit momentan&#233;ment ou durablement, cr&#233;e une nouvelle situation. Mais celle-ci ne supprime pas la n&#233;cessit&#233; de lutter si l'on ne veut pas voir les conditions de vie de la majorit&#233; continuer &#224; se d&#233;t&#233;riorer. Et elle ne supprime pas plus la n&#233;cessit&#233; de donner &#224; la lutte un tour offensif si on veut vraiment aboutir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, par exemple, le Plan d'urgence d&#233;fendu par LO et la LCR l'ann&#233;e derni&#232;re &#224; l'occasion des &#233;lections europ&#233;ennes, demeure d'actualit&#233;. Il ne reste pas seulement valable dans ses grandes lignes puisque, croissance ou pas, le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, la pression sur les salaires, la d&#233;t&#233;rioration des services publics et des conditions de vie, l'aggravation de l'intensit&#233; et des conditions de travail continuent. Il reste valable aussi parce qu'il propose un but qui permettrait le regroupement des forces et le d&#233;veloppement d'une lutte enfin offensive. Car c'est bien au moment o&#249; les b&#233;n&#233;fices des capitalistes, les rentr&#233;es budg&#233;taires du gouvernement, les prix des actions en bourse battent partout des records que les salari&#233;s peuvent et doivent revoir &#224; la hausse leurs revendications et leurs exigences et passer &#224; l'offensive (et que leurs organisations et leurs leaders n'ont plus d'excuse pour tourner le dos &#224; celle-ci).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance ne change rien aux t&#226;ches et aux buts fondamentaux que peuvent et doivent s'assigner le mouvement ouvrier et le mouvement r&#233;volutionnaire. La mondialisation non plus. Plus le capital &#233;tend son emprise et s'internationalise, plus l'&#233;conomie de march&#233; se renforce, et plus ils augmentent les richesses du monde mais plus aussi ils les r&#233;partissent in&#233;quitablement. Ainsi la mondialisation, loin de r&#233;habiliter le r&#233;formisme, appelle au contraire une r&#233;volution, une autre organisation sociale, plus juste, le communisme, &#224; qui elle donne les bases mat&#233;rielles de sa r&#233;alisation. Au d&#233;but du vingti&#232;me si&#232;cle la r&#233;volution socialiste en Russie, cantonn&#233;e d'abord par les imp&#233;rialistes ensuite par les bureaucrates &#224; un pays sous-d&#233;velopp&#233; et arri&#233;r&#233;, a sombr&#233; pour n'avoir eu &#224; partager que la mis&#232;re. La mondialisation capitaliste du vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle appelle une nouvelle tentative, qui sera cette fois bas&#233;e sur le partage et l'exploitation des richesses accumul&#233;es &#224; l'&#233;chelle du monde entier, au profit, enfin, de l'ensemble de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Entre impuissance simul&#233;e et r&#234;ve de r&#233;gulation : Le r&#244;le des Etats dans la &#171; mondialisation &#187;
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Etat
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		<dc:subject>Mondialisation
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		<description>De l'Expansion au Monde diplomatique, en passant par l'Humanit&#233;, une id&#233;e fracassante est g&#233;n&#233;reusement r&#233;pandue depuis quelques temps : les &#171; forces du march&#233; &#187; auraient triomph&#233; au d&#233;pens des Etats. Bien s&#251;r les lib&#233;raux saluent cette mondialisation comme un progr&#232;s, tandis que les r&#233;formistes s'inqui&#232;tent de voir leur r&#234;ve d'action publique sur les march&#233;s r&#233;duits &#224; n&#233;ant. Mais la plupart s'accordent &#224; penser que ces forces, bienfaisantes ou malfaisantes, seraient devenues&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De l'&lt;em&gt;Expansion&lt;/em&gt; au &lt;em&gt;Monde diplomatique&lt;/em&gt;, en passant par l'&lt;em&gt;Humanit&#233;&lt;/em&gt;, une id&#233;e fracassante est g&#233;n&#233;reusement r&#233;pandue depuis quelques temps : les &#171; forces du march&#233; &#187; auraient triomph&#233; au d&#233;pens des Etats. Bien s&#251;r les lib&#233;raux saluent cette mondialisation comme un progr&#232;s, tandis que les r&#233;formistes s'inqui&#232;tent de voir leur r&#234;ve d'action publique sur les march&#233;s r&#233;duits &#224; n&#233;ant. Mais la plupart s'accordent &#224; penser que ces forces, bienfaisantes ou malfaisantes, seraient devenues invincibles. Les gouvernements trouvent ainsi &#224; moindre frais une excuse facile pour mener leur politique anti-ouvri&#232;re. Apr&#232;s la &#171; crise &#187; qui expliquerait toutes les politiques de rigueur, voici la &#171; mondialisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les transformations du capitalisme sont bien r&#233;elles, les croyances selon lesquelles les Etats bourgeois subiraient &#224; leur corps d&#233;fendant ce processus sont tout simplement erron&#233;es. Les &#171; march&#233;s &#187; (c'est &#224; dire les capitalistes) n'ont pas impos&#233; leur &#171; dictature &#187; &#224; des Etats soucieux, para&#238;t-il de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Nous avons affaire &#224; des Etats imp&#233;rialistes au service des capitalistes, qui n'ont &#233;t&#233; ni neutres ni impuissants dans le processus de &#171; mondialisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, (mais ce n'est pas nouveau !) il serait tout aussi erron&#233; de pr&#233;tendre que les Etats pourraient par une &#171; bonne politique &#187; r&#233;guler un peu mieux le fonctionnement du capitalisme. Les crises, la sp&#233;culation financi&#232;re, les krachs, font partie du fonctionnement normal du capitalisme et repr&#233;sentent en fait son seul mode de r&#233;gulation. Celui-ci ne se d&#233;barrassera pas de ses &#171; exc&#232;s &#187; &#8211; et pour tout dire de ses contradictions &#8211; gr&#226;ce &#224; l'action miraculeuse de l'Etat. Les Etats imp&#233;rialistes ont certes une fonction &#233;conomique majeure, d&#233;terminante, dans le syst&#232;me capitaliste actuel. Ils socialisent les pertes de l'&#233;conomie de casino, aux d&#233;pens des populations des pays riches comme des pays pauvres ; ils socialisent l'&#233;pargne populaire pour la mettre &#224; disposition de la grande sp&#233;culation financi&#232;re ; ils mettent sous perfusion le capital priv&#233; pour lui permettre de maintenir ses taux de profit et d'assurer son agressivit&#233; sur l'ar&#232;ne internationale. Ils changent les l&#233;gislations &#233;conomiques, sociales et financi&#232;res selon les besoins du moment du grand capital. Ils assurent et m&#234;me g&#232;rent &#224; grande &#233;chelle, comme jamais sans doute, le transfert de la plus-value vers une minorit&#233; de parasites mondiaux. En un mot, ils sont au service de l'&#233;conomie capitaliste. Ils ne la contr&#244;lent pas. Le voudraient-ils d'ailleurs, qu'ils ne le pourraient pas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une d&#233;r&#233;glementation voulue par les Etats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La croissance de la sph&#232;re financi&#232;re &#224; l'&#233;chelle mondiale est consid&#233;r&#233;e &#8211; &#224; juste titre &#8211; par la plupart des commentateurs comme &#233;tant le principal point de fragilit&#233; de l'&#233;conomie mondiale. Mais cette croissance des march&#233;s financiers a &#233;t&#233; accompagn&#233;e et surtout facilit&#233;e par la politique des Etats. Ce qu'on appelle la &#171; globalisation financi&#232;re &#187; a certes &#233;t&#233; une entreprise de destruction de (presque) toutes les r&#233;glementations en ce domaine : suppression des barri&#232;res entre les Etats (fin du contr&#244;le des changes et de la politique d'encadrement du cr&#233;dit, interconnexion des diff&#233;rentes places boursi&#232;res gr&#226;ce au support des nouvelles technologies) ; suppression aussi des barri&#232;res entre les diff&#233;rents intervenants sur les march&#233;s (banques, investisseurs institutionnels, entreprises industrielles ou commerciales&#8230;), chacun pla&#231;ant &lt;em&gt;directement&lt;/em&gt; son &#233;pargne sur des &#171; produits financiers &#187; aux contours de plus en plus ind&#233;finissables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette d&#233;r&#233;glementation a &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'un certain nombre de d&#233;cisions politiques prises par les grand Etats imp&#233;rialistes, notamment au cours des diff&#233;rents sommets du G5 puis du G7 depuis la fin des ann&#233;es 1970, d'abord sous la pression des Etats-Unis qui cherchaient &#224; financer leurs d&#233;ficits par d'autres moyens que par l'inflation, mais aussi parce que les autres Etats avaient le m&#234;me probl&#232;me et ne souhaitaient pas voir les capitaux filer ailleurs. En ordre dispers&#233; mais de mani&#232;re convergente, les principales mesures de d&#233;r&#233;glementation ont &#233;t&#233; adopt&#233;es au cours des ann&#233;es 1980 (en France avec le socialiste B&#233;r&#233;govoy).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les &#233;pongeurs &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Etats et les march&#233;s sont all&#233;s dans le m&#234;me sens. C'est que les premiers avaient d'&#233;normes besoins de financement et &#233;taient int&#233;ress&#233;s au premier chef par cette nouvelle manne de capitaux imm&#233;diatement disponibles sur le march&#233;. La dette publique dans tous les pays a connu une croissance tr&#232;s importante au cours de ces quinze derni&#232;res ann&#233;es (rapport&#233;e au PIB, elle &#233;tait en France de 40,6 % en 1988, 52,7 % en 1993, et 67,4 % en 1999). Et si les Etats ont eu de tels besoins, c'est bien parce qu'ils n'ont jamais cess&#233; d'intervenir dans la vie &#233;conomique pour soutenir les profits des capitalistes avec des moyens toujours plus importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne prendre qu'un exemple, l'Etat japonais en est &#224; son huiti&#232;me plan de relance depuis 1992 (depuis le krach de l'immobilier), et l'aide publique est estim&#233;e annuellement &#224; plus de 180 milliards de dollars (pour donner une id&#233;e de son importance, cela repr&#233;sente plus des deux tiers du budget de l'Etat fran&#231;ais). Avec le d&#233;but de la crise asiatique, il a m&#234;me pris l'initiative de r&#233;organiser 15 banques priv&#233;es en s'y associant parfois &#224; 50 % de participation et en injectant depuis 1997 pr&#232;s de 60 milliards de dollars pour tenter d'assainir la situation dans ce secteur puisque les privatisations n'int&#233;ressent les capitalistes que dans la mesure o&#249; ils sont assur&#233;s de faire des profits !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie dite lib&#233;rale et ultra lib&#233;rale est en fait constamment sous assistance respiratoire et soins intensifs gr&#226;ce aux fonds publics, ceux pr&#233;lev&#233;s par l'appareil d'Etat sur l'ensemble de la population. Et cela en d&#233;pit des professions de foi lib&#233;rales, car les dirigeants des grands Etats sont peut-&#234;tre croyants, mais ils ne sont manifestement pas pratiquants !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Contr&#244;ler ? Mais qui et quoi ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que l'Etat soit indispensable au fonctionnement de l'&#233;conomie capitaliste (il le montre tous les jours !) et qu'il soit utile notamment pour aider &#224; la restructuration du capital et faciliter sa concentration est une chose. Qu'il puisse jouer du m&#234;me coup un r&#244;le de &#171; r&#233;gulateur &#187;, capable d'assurer une croissance durable, &#233;viter une r&#233;cession ou un krach financier en est une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord souligner &#224; quel point les &#233;volutions actuelles ont aggrav&#233; l'une des contradictions majeures du capitalisme : la persistance d'Etats rivaux dans le cadre d'une &#233;conomie toujours plus mondialis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors contr&#244;ler&#8230; pourquoi pas ? Mais quoi exactement ? Et comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un peu d'effort, on pourrait imaginer que les Etats imp&#233;rialistes rivaux mais n&#233;anmoins riv&#233;s &#224; la m&#234;me cha&#238;ne, d&#233;cident tout de m&#234;me de prendre quelques mesures &#171; radicales &#187;, destin&#233;es notamment &#224; &#171; discipliner &#187; les march&#233;s, &#224; les organiser pour mieux les contenir, en fermant par exemple toutes ces places &#171; off-shore &#187;, ces paradis fiscaux par o&#249; transitent, selon certaines estimations, pr&#232;s de la moiti&#233; des flux financiers mondiaux. Mais que se passerait-il alors ? Difficile &#224; dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour prendre un exemple, on ne conna&#238;t aujourd'hui que le tiers des &#233;changes de &#171; produits d&#233;riv&#233;s &#187; (ces &#171; produits &#187; financiers destin&#233;s &#224; supporter les risques inh&#233;rents &#224; toutes les op&#233;rations financi&#232;res et qui sont devenus eux-m&#234;mes des facteurs de risques suppl&#233;mentaires en &#233;tant l'objet d'une intense sp&#233;culation). Ce qui veut dire qu'une partie de la finance mondiale semble &#234;tre aujourd'hui une zone d'ombre m&#234;me pour les sp&#233;cialistes&#8230; Or la plupart de ces produits sont aussi des moyens de contourner les quelques r&#232;gles qui subsistent encore, c'est m&#234;me l'un des ressorts de l'innovation en mati&#232;re financi&#232;re. Difficile dans ces conditions d'imposer un cadre strict &#224; des march&#233;s particuli&#232;rement mouvants, et m&#234;me un peu mutants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Hier et aujourd'hui&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette difficult&#233;, disons plut&#244;t cette incapacit&#233; des Etats &#224; discipliner les march&#233;s n'est pas nouvelle. Pour prendre l'exemple de la monnaie, les innovations financi&#232;res ont certes rogn&#233; le pouvoir des Etats ces derni&#232;res ann&#233;es. Du coup certains ont un peu la nostalgie de cette &#233;poque o&#249; les Etats auraient eu les moyens de leur politique en exer&#231;ant, para&#238;t-il, un contr&#244;le rigoureux sur le march&#233; des changes. Mais de quoi s'agissait-il en fait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 30, la plupart des Etats ont effectivement instaur&#233; un contr&#244;le des changes. Mais c'&#233;tait apr&#232;s que les &#233;changes se furent brutalement contract&#233;s ! Or ce qui semble efficace une fois le mal fait ne l'est plus forc&#233;ment dans une p&#233;riode d'expansion. La r&#233;glementation am&#233;ricaine, h&#233;rit&#233;e des ann&#233;es trente, &#233;tait encore tr&#232;s stricte dans les ann&#233;es soixante. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; une production de plus en plus massive et incontr&#244;l&#233;e d'eurodollars (c'est-&#224;-dire la possibilit&#233; pour des banques install&#233;es en dehors du territoire am&#233;ricain de libeller des cr&#233;dits dans cette monnaie). Le contr&#244;le des changes n'a en fait pas permis d'enrayer une croissance mon&#233;taire d&#233;brid&#233;e qui a fini par provoquer un d&#233;crochage du dollar avec l'or en 1971, mettant ailsi fin au syst&#232;me mon&#233;taire international mis en place apr&#232;s la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc toujours g&#233;mir sur les d&#233;rives actuelles. Mais le vrai probl&#232;me est que l'Etat au service des capitalistes n'a ni les moyens ni la vocation de contr&#244;ler r&#233;ellement l'&#233;conomie, surtout si cela doit g&#234;ner leur recherche effr&#233;n&#233;e de profits. C'&#233;tait vrai dans le pass&#233;. C'est peut-&#234;tre simplement encore plus vrai aujourd'hui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait la v&#233;ritable marge de man&#339;uvre dont dispose la bourgeoisie au travers de son Etat &#8211; outre le fait d'&#233;ponger les pertes aux d&#233;pens de la population en cas de probl&#232;me &#8211; est tout simplement d'aggraver l'exploitation de la classe ouvri&#232;re afin de r&#233;tablir son taux de profit. Et l'un des aspects majeurs de la mondialisation a justement &#233;t&#233; la mise en place de toutes ces politiques destin&#233;es &#224; appauvrir et &#224; pr&#233;cariser le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux d&#233;g&#226;ts de la mondialisation capitaliste, la r&#233;ponse du point de vue des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re n'est donc pas de r&#234;ver &#224; un quelconque repl&#226;trage du capitalisme. Ni de tendre l'oreille aux sir&#232;nes du protectionnisme et du nationalisme. Elle est de pr&#233;parer la riposte sur le terrain des luttes, en faisant converger les int&#233;r&#234;ts des travailleurs du monde entier, en &#233;tablissant un rapport de force permettant d'instaurer un v&#233;ritable contr&#244;le ouvrier, c'est-&#224;-dire de mesures coercitives n'h&#233;sitant pas &#224; s'en prendre au droit de propri&#233;t&#233;, autrement dit au droit d'affamer l'humanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois FABIEN et Raoul GLABER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Face &#224; la mondialisation capitaliste, l'internationalisme r&#233;volutionnaire
</title>
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		<dc:date>2000-03-31T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Internationalisme
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		<dc:subject>Mondialisation
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		<description>Financiarisation, mondialisation, globalisation, crise, ces termes dont on nous rebat les oreilles &#224; longueur de journ&#233;e, ont pour fonction non pas de caract&#233;riser les formes actuelles de la domination du capital et de l'exploitation des travailleurs mais de justifier, de rendre l&#233;gitime un mode d'organisation sociale que l'on pr&#233;sente comme &#233;tant naturel et face auquel il n'y aurait rien &#224; faire, sinon d'en limiter les exc&#232;s. &lt;br /&gt;Les articles pr&#233;c&#233;dents ont montr&#233; que la place et&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Mondialisation-+" rel="tag"&gt;Mondialisation
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Financiarisation, mondialisation, globalisation, crise, ces termes dont on nous rebat les oreilles &#224; longueur de journ&#233;e, ont pour fonction non pas de caract&#233;riser les formes actuelles de la domination du capital et de l'exploitation des travailleurs mais de justifier, de rendre l&#233;gitime un mode d'organisation sociale que l'on pr&#233;sente comme &#233;tant naturel et face auquel il n'y aurait rien &#224; faire, sinon d'en limiter les exc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles pr&#233;c&#233;dents ont montr&#233; que la place et l'autonomie accrues du capital financier, qui a notamment pour cons&#233;quence un transfert massif de la richesse produite par les travailleurs au profit des classes poss&#233;dantes et un accroissement consid&#233;rable des in&#233;galit&#233;s d'une part entre le Nord et le Sud, d'autre part au sein m&#234;me de ce Nord, c'est-&#224;-dire des pays imp&#233;rialistes, est le produit d'une politique d&#233;lib&#233;r&#233;e dont les gouvernements des pays capitalistes avanc&#233;s ne sont pas les victimes mais au contraire un &#233;l&#233;ment actif.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des mobilisations diverses&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles mobilisations se sont d&#233;velopp&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es lors des sommets du G7, des n&#233;gociations de l'AMI ou celles de l'OMC, la derni&#232;re en date &#224; Seattle. Quelles que soient les intentions des diverses composantes qui ont particip&#233; &#224; ces mobilisations et les revendications avanc&#233;es (elles aussi extr&#234;mement diverses), elles ont eu plusieurs aspects positifs :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; de remettre en cause le secret des n&#233;gociations qui s'y d&#233;roulent alors que les cons&#233;quences des d&#233;cisions qui y sont prises retombent sur les conditions de vie du plus grand nombre &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; de populariser, gr&#226;ce aux organisations syndicales ou aux mouvements de paysans notamment des pays sous-d&#233;velopp&#233;s qui &#171; s'invitent &#187; &#224; de tels sommets, l'id&#233;e qu'il ne faut pas confier aux banquiers, financiers, chefs d'Etat et ministres ces choix &#233;conomiques ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; de mettre en &#233;vidence que les institutions internationales, les gouvernements m&#232;nent les m&#234;mes politiques dites n&#233;olib&#233;rales dans toutes les parties du monde avec les m&#234;mes cons&#233;quences &#224; savoir une augmentation consid&#233;rable des in&#233;galit&#233;s sociales.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces aspects positifs ne suffisent pourtant pas pour d&#233;finir une orientation cons&#233;quente. Car effectivement cohabitent dans ces mobilisations des courants tr&#232;s divers. Certains ont comme objectif de d&#233;mocratiser les institutions internationales comme le FMI, l'OMC ou la Banque mondiale ou de les placer sous un contr&#244;le citoyen, ce qui est totalement illusoire. D'autres sont tent&#233;s par un protectionnisme teint&#233; de nationalisme au nom des sp&#233;cificit&#233;s nationales, en particulier fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'absence du mouvement ouvrier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me majeur auquel nous sommes aujourd'hui confront&#233;s, c'est l'absence de toute r&#233;ponse, m&#234;me embryonnaire, du mouvement ouvrier face aux nouveaux d&#233;veloppements du capitalisme, l'absence de toute perspective anticapitaliste et internationaliste cons&#233;quente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car au niveau des principales organisations du mouvement ouvrier, c'est le fatalisme qui l'emporte. Ce fatalisme non seulement justifie l'immobilisme mais sert &#224; cautionner la politique men&#233;e par les gouvernements sociaux-d&#233;mocrates : il faut s'ins&#233;rer dans la mondialisation sinon c'est les autres (entendu les Etats-Unis ou le Japon) qui vont en profiter et &#171; nous &#187; piquer les march&#233;s. Ce qui ouvre la voie aux r&#233;ponses de type nationaliste qui pr&#233;conisent une politique protectionniste et chauvine en n'h&#233;sitant pas &#224; s'allier ou &#224; reconna&#238;tre des convergences avec des secteurs de la droite la plus r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation et la financiarisation d&#233;multiplient et r&#233;percutent au niveau mondial les effets de la logique capitaliste. Il ne s'agit donc pas de lutter contre la mondialisation mais de lutter contre l'exploitation des salari&#233;s ou de la petite paysannerie, contre les m&#233;canismes qui permettent aux poss&#233;dants d'extorquer les richesses produites par celles et ceux qui travaillent, en clair contre le capitalisme tel qu'il se pr&#233;sente aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chantier est vaste et il serait vain de nier les difficult&#233;s. Elles sont li&#233;es &#224; des situations &#233;conomiques, politiques et sociales extr&#234;mement diverses, sur lesquelles d'ailleurs les poss&#233;dants ne cessent de s'appuyer pour diviser les exploit&#233;s entre eux. Ainsi mener une lutte cons&#233;quente contre le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, la mis&#232;re implique d'en finir avec la croyance que ce seraient les bas salaires des pays du Sud les responsables du ch&#244;mage au Nord. Le ch&#244;mage n'est pas le produit de la d&#233;localisation de la production hors de France, ni de l'envahissement du march&#233; par des produits &#233;trangers. La preuve : depuis plusieurs ann&#233;es, le commerce ext&#233;rieur de la France est tr&#232;s largement exc&#233;dentaire et pourtant le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233; se sont consid&#233;rablement d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un programme r&#233;volutionnaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces difficult&#233;s sont surtout li&#233;es au retard consid&#233;rable d'organisation &#224; l'&#233;chelle internationale et sur une base anticapitaliste des travailleurs et des exploit&#233;s, ce qui est la condition pour &#233;laborer un programme anticapitaliste cons&#233;quent et mener une contre-offensive &#224; la hauteur des enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le mouvement ouvrier n'est pas condamn&#233; &#224; l'impuissance face &#224; la mondialisation et &#224; la financiarisation. Mais &#224; condition de ne pas h&#233;siter &#224; s'en prendre &#224; la toute puissance des capitalistes et des march&#233;s financiers, &#224; condition de faire de v&#233;ritables intrusions dans la propri&#233;t&#233; priv&#233;e en exigeant par exemple la lev&#233;e du secret bancaire ou le contr&#244;le des transactions. A condition donc de se redonner une perspective r&#233;volutionnaire qui propose aux exploit&#233;s et opprim&#233;s du monde entier le renversement du capitalisme et l'instauration d'une soci&#233;t&#233; socialiste et communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, dans cette perspective, un programme qui propose des axes de mobilisation &#224; l'&#233;chelle internationale contre les multinationales, leurs institutions et leurs Etats, mais en commen&#231;ant &#224; l'int&#233;rieur de nos fronti&#232;res contre nos propres capitalistes nationaux et nos gouvernements, prendrait tout son sens. De ce programme nous ne pouvons ici qu'esquisser quelques lignes, en partant de la situation fran&#231;aise (mais &lt;em&gt;mutatis mutandis&lt;/em&gt; elle n'est pas si diff&#233;rente ailleurs) :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Le refus des fonds de pension et du d&#233;mant&#232;lement de la S&#233;curit&#233; sociale.&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; Le refus de la privatisation des services publics et des d&#233;r&#233;glementations qui touchent aussi bien les transports, les t&#233;l&#233;coms que l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;La taxation des revenus financiers.&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;L'expropriation des entreprises qui licencient &#224; commencer par celles qui font des b&#233;n&#233;fices.&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;L'annulation de la dette du Tiers Monde&lt;/strong&gt;. La dette du Tiers Monde a &#233;t&#233; multipli&#233;e par plus de 20 entre 1977 et aujourd'hui. Non seulement une partie importante du revenu de ces pays sert &#224; rembourser la dette et ses int&#233;r&#234;ts, mais son existence permet aux pays capitalistes avanc&#233;s de faire pression pour imposer une politique d'aust&#233;rit&#233; drastique et obliger d'orienter la production de ces pays vers le tout exportation au d&#233;triment d'une production permettant de satisfaire les besoins des populations.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;L'annulation de la dette publique des Etats&lt;/strong&gt; &#224; l'&#233;gard notamment des banques ou des fonds de pension. L'endettement des Etats, qui a connu un bond spectaculaire ces vingt derni&#232;res ann&#233;es est l'un des principaux moyens permettant ce transfert de revenu de la classe ouvri&#232;re vers la rente financi&#232;re au travers notamment des imp&#244;ts directs et indirects. Que des gouvernements dit de gauche ne prennent pas comme mesure imm&#233;diate &#233;l&#233;mentaire ne serait-ce qu'un moratoire du remboursement de la dette publique et de ses int&#233;r&#234;ts montre leur degr&#233; de soumission au capital financier.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;once AGUIRRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> L'Organisation Mondiale du Capitalisme contest&#233;e &#224; Seattle
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-Organisation-Mondiale-du-Capitalisme-contestee-a-Seattle</link>
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		<dc:date>2000-01-31T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>OMC
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		<dc:subject>Mondialisation
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		<description>Le sommet inter-&#233;tatique organis&#233; du 29 novembre au 3 d&#233;cembre &#224; Seattle dans le cadre de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) appara&#238;t comme un &#233;chec cuisant pour ses initiateurs. Cette rencontre entre 135 gouvernements, plac&#233;e sous le patronage bienveillant des deux multinationales embl&#233;matiques de la ville que sont Boeing et Microsoft, &#233;tait solennellement d&#233;finie comme le lancement du &#171; cycle du mill&#233;naire &#187; de ren&#233;gociation des conditions du commerce international. Elle&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-7-janvier-fevrier-2000-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 7, janvier-f&#233;vrier 2000
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-OMC-+" rel="tag"&gt;OMC
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Mondialisation-+" rel="tag"&gt;Mondialisation
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le sommet inter-&#233;tatique organis&#233; du 29 novembre au 3 d&#233;cembre &#224; Seattle dans le cadre de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) appara&#238;t comme un &#233;chec cuisant pour ses initiateurs. Cette rencontre entre 135 gouvernements, plac&#233;e sous le patronage bienveillant des deux multinationales embl&#233;matiques de la ville que sont Boeing et Microsoft, &#233;tait solennellement d&#233;finie comme le lancement du &#171; cycle du mill&#233;naire &#187; de ren&#233;gociation des conditions du commerce international. Elle devait &#233;tablir le contenu et le planning de trois ann&#233;es de discussions, afin d'aboutir &#224; des engagements concrets concernant les r&#232;gles du jeu du march&#233; mondial. Car si il y a un accord g&#233;n&#233;ral des Etats capitalistes pour exacerber la concurrence entre entreprises sur le march&#233; mondial et &#233;tendre cette logique de profits &#224; tous les secteurs publics, cela n'est pas sans contradiction avec le fait que chacun marchande les meilleures conditions pour les firmes plac&#233;es sous sa protection particuli&#232;re. A la Conf&#233;rence de Seattle l'agriculture, les services, l'audiovisuel, les normes sociales et l'environnement &#233;taient confront&#233;s &#224; ces frictions commerciales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une op&#233;ration de propagande boomerang&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui explique l'ampleur qu'a pris l'&#233;chec de Seattle, c'est le fait que les puissances capitalistes ont jou&#233; une partie de poker menteur ; entre elles d'abord, mais aussi face aux associations et syndicats qui ont, par leurs efforts, r&#233;ussi &#224; renforcer une opinion publique critique vis &#224; vis de ce qui &#233;tait en train de se d&#233;cider dans le dos des peuples. En effet les &#171; ma&#238;tres du monde &#187; ont voulu utiliser cette conf&#233;rence pour une op&#233;ration de propagande &#224; grande &#233;chelle. Il s'agit pour eux de montrer qu'en ce tournant du si&#232;cle, le capitalisme du n&#233;olib&#233;ralisme et de la globalisation financi&#232;re est triomphant, tout en contr&#244;lant les exc&#232;s du march&#233; par des institutions transparentes. Une telle op&#233;ration de propagande se justifie par le manque criant de l&#233;gitimit&#233; de ces institutions internationales au fonctionnement opaque, criant depuis l'&#233;chec de l'Accord Multilat&#233;ral sur l'Investissement (AMI) et surtout depuis les crises financi&#232;res asiatique, russe et br&#233;silienne de 1997-98.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or cette tentative s'est totalement retourn&#233;e contre ses initiateurs. L'importance de la conf&#233;rence de l'OMC &#233;tant pour une fois assum&#233;e par les grandes puissances, les feux des projecteurs m&#233;diatiques s'&#233;tant braqu&#233;s sur Seattle, les contradictions du projet sont devenues inextricables. La pr&#233;sence militante des organisations non gouvernementales et des syndicats a d'abord oblig&#233; les officiels &#224; une certaine publicit&#233; des probl&#232;mes pos&#233;s par le commerce mondial tel qu'il est r&#233;ellement, c'est &#224; dire sanctionnant cyniquement des rapports de forces in&#233;gales. Les organisateurs sont apparus enfin sur la d&#233;fensive, et ont d&#251; reconna&#238;tre en grande partie la l&#233;gitimit&#233; de la col&#232;re populaire devant les injustices &#224; l'&#339;uvre dans le monde. Ils n'ont donc pas pu r&#233;primer aussi rapidement qu'ils l'auraient voulu l'action des manifestations qui d&#233;r&#233;glaient le bon ordonnancement de la rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des priorit&#233;s diff&#233;rentes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout cet &#233;clairage public a mis du sel sur les contradictions intercapitalistes. Car les gouvernements ont des priorit&#233;s diff&#233;rentes concernant le type de r&#233;gulation souhaitable pour le commerce international, &#233;videmment li&#233;es aux int&#233;r&#234;ts contradictoires de leurs capitalismes sur le march&#233; mondial, mais aussi aux rapports de forces internes propre &#224; chaque Etat. Et une n&#233;gociation se d&#233;roulant sur la place publique ne facilitait pas les compromis habituels. On a vu ainsi le n&#233;gociateur de l'Union europ&#233;enne Pascal Lamy &#234;tre chahut&#233; non seulement par les repr&#233;sentants des ONG, mais &#233;galement par ceux des gouvernements europ&#233;ens parce qu'il commen&#231;ait &#224; c&#233;der sur l'introduction des Organismes G&#233;n&#233;tiquement Modifi&#233;s dans l'agriculture, ce qui en Europe n'est pas assumable &#224; l'&#233;tape actuelle. On a vu &#233;galement l'intransigeance du gouvernement am&#233;ricain sur les sujets qui seront sensibles pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de l'an prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements des pays domin&#233;s ont eux aussi profit&#233; de ces contradictions pour se montrer plus audacieux que par le pass&#233;. En fait, d&#232;s le second jour du sommet, les organisateurs ont compris qu'il &#233;tait probable qu'ils allaient &#224; l'&#233;chec. Ils ont donc cherch&#233; essentiellement &#224; se d&#233;douaner devant leur opinion publique nationale, tout en pr&#233;parant les conditions d'une reprise ult&#233;rieure des discussions sur des bases moins &#171; passionnelles &#187;, c'est &#224; dire de mani&#232;re plus secr&#232;te... Car si l'&#233;chec de Seattle n'a pas permis la mise en place de nouveaux &#233;l&#233;ments &#224; la panoplie du n&#233;olib&#233;ralisme, il s'agit avant tout d'un &#233;chec de mise en sc&#232;ne, sanctionnant une difficult&#233; id&#233;ologique : le capitalisme plus que jamais dominant au niveau mondial, peine pourtant &#224; convaincre que son efficacit&#233; &#224; d&#233;gager des profits correspond &#233;galement &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. De ce point de vue, les mobilisations anti-OMC ont eu un &#233;cho inesp&#233;r&#233;, compte tenu du rapport de force entre classes. Et il convient de s'en r&#233;jouir sans h&#233;siter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut en m&#234;me temps avoir conscience du fait que ce succ&#232;s est extr&#234;mement limit&#233;. Tout d'abord, chacun des sujets qui devait &#234;tre trait&#233; pour un &#171; commerce plus &#233;quitable &#187; va continuer &#224; &#234;tre l'enjeu d'attaques men&#233;es &#224; partir d'autres positions. Les multinationales &#224; la puissance d&#233;cupl&#233;e par le d&#233;veloppement des march&#233;s financiers, ont de nombreux moyens pour imposer leurs normes de production et de commercialisation dans l'agriculture, l'industrie, les services, les biotechnologies, la communication... Ensuite, chaque gouvernement tente de r&#233;cup&#233;rer le r&#233;sultat de Seattle &#224; son compte. On assiste d&#233;j&#224; &#224; un reformatage des orgues m&#233;diatiques dans ce sens. Tous ces pouvoirs qui cherchent avant tout &#224; am&#233;liorer la position des firmes multinationales bas&#233;es dans leur Etat, jurent la main sur le c&#339;ur que ce qu'ils veulent &#233;viter, comme les ONG et les syndicats, c'est la loi de la jungle, mais que pour cela il faut transformer l'OMC en une force encore plus contraignante. Et on verra rapidement r&#233;appara&#238;tre de nouvelles n&#233;gociations discr&#232;tes, dans d'autres cadres internationaux puis de nouveau dans celui de l'OMC, qui aboutiront &#224; des compromis commerciaux dont on nous dira qu'ils ne sont pas id&#233;aux, mais qu'ils permettent d'avancer dans le bon sens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'indispensable front anticapitaliste international&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re doit trouver, dans les mobilisations internationales comme celle men&#233;e autour de la Conf&#233;rence de Seattle, le chemin de l'action internationaliste en se battant de mani&#232;re intransigeante pour un monde lib&#233;r&#233; de la dictature du profit, de l'exploitation et du chauvinisme. Pour cela il s'agit d'&#233;viter de se laisser embarquer tant dans une &#171; cause nationale &#187; port&#233;e par un gouvernement, que dans une id&#233;alisation de r&#233;formes particuli&#232;res visant &#224; &#171; humaniser &#187; le capitalisme mondial. Car, face &#224; l'offensive capitaliste f&#233;roce qui est men&#233;e de mani&#232;re de plus en plus articul&#233;e contre les travailleurs et les peuples du monde, aucun champ de mesures partielles, qu'elles soient sociales, commerciales, financi&#232;res ou environnementales, ne peut endiguer vraiment la mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s, de la mis&#232;re et de la barbarie. Il s'agit de participer et de d&#233;velopper les mobilisations unitaires mais aussi d'avancer dans la clarification politique que nous devons d&#233;fendre au sein des coordinations s'opposant aux m&#233;faits du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 d&#233;cembre 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian RIALTO&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Mondialisation - L'ar&#232;ne retrouv&#233;e du capital financier
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		<description>Le capitalisme se porte bien. Ses bilans statistiques cr&#232;vent les plafonds. Les bourses du monde entier vont de records en records. Ce qu'on appelle &#171; la croissance &#187; &#233;conomique mondiale, aurait approch&#233; 4 % en 1996, contre 3,5 % en 1995. Ce chiffre recouvre d'&#233;normes disparit&#233;s, certes. Mais la dynamique venue d'Asie et surtout des &#201;tats-Unis redevenus la puissance mondiale la plus comp&#233;titive ajoute &#224; l'euphorie des tenants du syst&#232;me. Ces quinze derni&#232;res ann&#233;es, la richesse totale&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le capitalisme se porte bien. Ses bilans statistiques cr&#232;vent les plafonds. Les bourses du monde entier vont de records en records. Ce qu'on appelle &#171; la croissance &#187; &#233;conomique mondiale, aurait approch&#233; 4 % en 1996, contre 3,5 % en 1995. Ce chiffre recouvre d'&#233;normes disparit&#233;s, certes. Mais la dynamique venue d'Asie et surtout des &#201;tats-Unis redevenus la puissance mondiale la plus comp&#233;titive ajoute &#224; l'euphorie des tenants du syst&#232;me. Ces quinze derni&#232;res ann&#233;es, la richesse totale produite aurait connu une progression sans pr&#233;c&#233;dent. A en croire les &#233;tudes des Nations Unies, de 1973 &#224; 1993, le PIB mondial aura plus que quintupl&#233;, et rapport&#233; &#224; la croissance de la population, le &#171; revenu &#187; par habitant de la plan&#232;te aura presque tripl&#233; ! Miracle des moyennes ! Tout cela, en d&#233;pit du ralentissement de la croissance et de trois r&#233;cessions en vingt ans et autant de kracks financiers.... mais que, divine surprise, les &#201;tats imp&#233;rialistes de cette fin si&#232;cle ont l'air de savoir g&#233;rer, du moins jusque-l&#224;... Un d&#233;veloppement in&#233;gal et chaotique, gros de victimes et de catastrophes pr&#233;sentes et &#224; venir ? Toutes les bonnes &#226;mes du syst&#232;me en conviennent. Mais depuis que les scientifiques ont popularis&#233; l'id&#233;e que le &#171; chaos &#187;, somme toute, faisait partie de toute dynamique &#233;volutive, la bourgeoisie s'est dot&#233;e d'une nouvelle justification id&#233;ologique. Qu'&#224; cela ne tienne, vive le chaos capitaliste ! Pour un peu, elle s'annexerait la dialectique marxiste, si cela lui permettait d'annoncer non pas la fin, mais la p&#233;rennit&#233; de son r&#232;gne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise ? Quelle crise ? Cela fait quinze ans que les taux de profit ont retrouv&#233; les niveaux atteints pendant la p&#233;riode faste de l'apr&#232;s-guerre. Le capital a bien eu quelques angoisses, dans les ann&#233;es 70 : la part des profits sur la richesse produite eut l'air un temps de diminuer. Les crises mon&#233;taires, l'inflation, les chocs p&#233;troliers, la r&#233;cession de 1974, avaient &#233;branl&#233; les certitudes. Mais les &#233;tats-majors imp&#233;rialistes veillaient. Ils &#233;trangl&#232;rent d'abord deux continents entiers, l'Afrique et l'Am&#233;rique latine, pri&#233;s de rembourser plut&#244;t deux fois qu'une int&#233;r&#234;ts et capital &#224; leurs usuriers occidentaux ; puis, dans la m&#234;me foul&#233;e, on mit au pas les populations des m&#233;tropoles imp&#233;rialistes elles-m&#234;mes. Les licenciements massifs, l'aust&#233;rit&#233; salariale, le d&#233;mant&#232;lement des protections sociales, la reconstitution d'une &#233;norme arm&#233;e industrielle de r&#233;serve dans les pays riches, firent merveille. En moins d'une d&#233;cennie, d&#232;s le milieu des ann&#233;es quatre-vingt, les taux de profit retrouv&#232;rent des niveaux semblables &#224; ceux des ann&#233;es soixante, &#224; l'apog&#233;e des dites &#171; trente glorieuses &#187;. Certes, l'accumulation du capital productif proprement dit s'accomplit d&#233;sormais &#224; des taux moins rapides que lors des ann&#233;es qui suivirent la reconstruction d'apr&#232;s guerre. C'est que la centralisation financi&#232;re du capital prend toujours le pas et p&#232;se sur l'accumulation productive, selon la logique contradictoire de la reproduction du capital d&#233;crite par Marx en son temps. Mais qu'importe. Cela fait plus de dix ans que la fr&#233;n&#233;sie de la sp&#233;culation financi&#232;re s'est empar&#233;e de la plan&#232;te. La finance et les profits explosent, le capital conna&#238;t une nouvelle phase de concentration acc&#233;l&#233;r&#233;e, il s'interp&#233;n&#232;tre, s'exporte, s'internationalise... &#224; un rythme qu'il avait perdu depuis 1914. Le contr&#244;le des flux et des entr&#233;es ? C'est bon pour les immigr&#233;s, les pauvres, les corv&#233;ables, les exclus, les humili&#233;s. Aux capitaux et leurs d&#233;tenteurs la libert&#233; sans fronti&#232;res, l'assistance des &#201;tats et la charit&#233; subventionn&#233;e &#224; grande &#233;chelle ! Les rois de la finance mondiale, qui sont aussi ceux de l'armement, de l'automobile, du b&#233;ton, de la chimie, de l'agro-alimentaire, des biotechnologies et de l'&#233;lectronique... se coalisent autant qu'ils s'affrontent, en toute libert&#233; et &#171; d&#233;r&#233;glementations &#187;, sur les vieux march&#233;s europ&#233;ens et am&#233;ricains. Ils divisent leurs effectifs salari&#233;s par deux, par trois, par quatre... dans leur course effr&#233;n&#233;e &#224; la comp&#233;titivit&#233;, puis se bousculent accessoirement vers les quelques march&#233;s &#171; &#233;mergents &#187; qu'ils guignent en Am&#233;rique latine et en Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec tout cela, les riches n'ont jamais &#233;t&#233; aussi riches. Mieux qu'&#224; la Belle Epoque, qu'au temps des Ann&#233;es folles, et c'est peu dire ! Les 358 personnes les plus riches du monde, ont un revenu sup&#233;rieur aux 45 % des habitants les plus pauvres, soit 2,6 milliards de personnes. Chacun de ces milliardaires en dollars p&#232;se plus que 7 millions de pauvres ! Car la nouvelle mondialisation du capital financier, c'est cela : une polarisation sans pr&#233;c&#233;dent de la richesse et de la mis&#232;re, entre continents, entre pays du m&#234;me continent, entre r&#233;gions et classes sociales du m&#234;me pays, y compris au sein de toutes les m&#233;tropoles imp&#233;rialistes. A commencer par les &#201;tats-Unis, la plus puissante, la plus riche, qui viennent de conna&#238;tre six ann&#233;es successives de &#171; prosp&#233;rit&#233; &#187;, mais o&#249; le pouvoir d'achat des ouvriers a baiss&#233; de 15 % en vingt ans quand les salaires des dirigeants de soci&#233;t&#233;s ont grimp&#233; de 220 %. O&#249; l'on se f&#233;licite des &#171; cr&#233;ations d'emplois &#187; et de la baisse statistique du ch&#244;mage, mais o&#249; 41 % des pauvres recens&#233;s en 1992 avaient un travail ! O&#249; la malnutrition r&#233;appara&#238;t, quand le nombre des millionnaires et milliardaires en dollars a battu des records au cours des ann&#233;es quatre-vingt, et 0,5 % de la population d&#233;tient plus de 56 % des moyens de production priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faute au &#171; lib&#233;ralisme &#187; ? Au capitalisme &#171; sauvage &#187; ? A ses exc&#232;s ? A sa &#171; d&#233;r&#233;glementation &#187; ? Non. Au capitalisme tout court, qui &#224; chaque nouvelle phase de d&#233;veloppement et d'expansion accumule de nouveaux prodigieux facteurs de barbarie comme de transition r&#233;volutionnaire vers une soci&#233;t&#233; socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il fallait comparer la situation actuelle du monde capitaliste &#224; un pr&#233;c&#233;dent historique, avec toutes les limites de pareilles analogies, ce ne serait pas tant avec celui de la crise des ann&#233;es trente, en d&#233;pit de l'explosion actuelle du ch&#244;mage, du paup&#233;risme et du sous emploi, qu'avec celui de la fin du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et du d&#233;but du 20&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, avant 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, l'&#233;conomie capitaliste avait connu pr&#232;s de vingt-cinq ans de croissance ralentie, qu'on appela, en France, la &#171; Grande D&#233;pression &#187;, entre le krach de 1873 et 1895. La croissance moyenne, chuta d'un point, passant de 4 &#224; 3 % par an, sans reprendre les taux ant&#233;rieurs jusqu'en 1914. Les reprises &#233;conomiques furent plus molles, les d&#233;pressions plus profondes, mais c'est &#224; cette &#233;poque que le capital financier prit son essor et que l'imp&#233;rialisme bouleversa la plan&#232;te &#224; la vitesse de l'automobile par rapport &#224; la chaise de poste, pour paraphraser L&#233;nine, &#224; laquelle s'en &#233;tait tenu le d&#233;veloppement pourtant non n&#233;gligeable du capitalisme du milieu du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du krach de 1873, les &#171; monopoles &#187; se constituent, de grands groupes industriels absorbent leurs concurrents et se partagent les march&#233;s. Les grandes banques centralisent l'essentiel du capital argent et cessent d'&#234;tre de simples interm&#233;diaires pour devenir les pivots d'un capitalisme financier toujours plus dominant. Le capitalisme de &#171; libre concurrence &#187; entre petits producteurs dispara&#238;t ou tombe sous la coupe des monopoles. Ce capital financier est sous le contr&#244;le d'une oligarchie financi&#232;re qui pr&#233;l&#232;ve son tribut sur l'ensemble de la soci&#233;t&#233; et en particulier au travers de la souscription aux emprunts d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;troit dans les fronti&#232;res nationales, ce capital s'exporte massivement, d'abord en direction des autres pays industrialis&#233;s, mais aussi vers les pays coloniaux ou semi-coloniaux, m&#234;me si c'est de fa&#231;on particuli&#232;rement in&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvrages marxistes de l'&#233;poque (&#171; Le Capital financier &#187; d'Hilferding, 1912 ; &#171; L'accumulation du Capital &#187; de Rosa Luxembourg, 1913 ; &#171; l'&#233;conomie mondiale et l'imp&#233;rialisme &#187; de Nicolas Boukharine, 1915. .. &#171; L'imp&#233;rialisme, stade supr&#234;me du capitalisme &#187; de L&#233;nine, 1916), comme les controverses qui opposaient alors les ailes r&#233;formiste et r&#233;volutionnaire de la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne, prennent aujourd'hui une toute nouvelle actualit&#233;, plus, en fait, qu'ils n'en eurent pendant la p&#233;riode qui s'&#233;tale des lendemains de la Premi&#232;re Guerre mondiale aux ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'internationalisation du capital avait &#233;t&#233; contrari&#233;e par la crise de l'entre-deux guerres, et avait pris dans la p&#233;riode de croissance continue de l'apr&#232;s-guerre un caract&#232;re plus contr&#244;l&#233; : le capitalisme donnait alors l'illusion de pouvoir offrir sa place &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se passe comme si, au bout de ces soixante ann&#233;es marqu&#233;es par les ravages de deux guerres mondiales et l'effondrement &#233;conomique des ann&#233;es trente, l'imp&#233;rialisme ne renouait pleinement qu'aujourd'hui avec la dynamique et les traits essentiels qu'il avait acquis autour de 1910 : concentration monopolistique ; fusion et interp&#233;n&#233;tration du capital bancaire et industriel sous forme de la domination du capital financier ; pr&#233;&#233;minence de l'exportation des capitaux sur l'exportation des marchandises ; concurrence mondiale entre monopoles ; formation d'un march&#233; financier mondial, h&#233;g&#233;monie, parasitisme et agressivit&#233; du &#171; capitalisme rentier &#187; entravant l'accumulation productive... conqu&#234;te de march&#233;s ext&#233;rieurs... D&#233;veloppement acc&#233;l&#233;r&#233; du capitalisme, mais aussi renforcement des in&#233;galit&#233;s et des contradictions de l'&#233;conomie mondiale, des diff&#233;rences de rythme de d&#233;veloppement... pour reprendre les formulations d'Hilferding ou de L&#233;nine, sans oublier celle de Rosa Luxembourg, qui parlait de &#171; la catastrophe comme mode d'existence du capitalisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le capitalisme de &#171; la mondialisation &#187; d'aujourd'hui bute sur les m&#234;mes contradictions fondamentales mises en &#233;vidence par les marxistes r&#233;volutionnaires du d&#233;but du si&#232;cle. A la diff&#233;rence, bien s&#251;r, que tout a chang&#233; d'&#233;chelle et de proportions : la population mondiale a tripl&#233;, l'urbanisation s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e, la productivit&#233; du travail dans bien des secteurs a plus que d&#233;cupl&#233;, le progr&#232;s technique poursuit sa course exponentielle. L'explosion des forces productives qu'il a lib&#233;r&#233;es se heurte avec une violence encore inimaginable au d&#233;but du si&#232;cle, &#224; l'archa&#239;sme de l'appropriation priv&#233;e, bien incapable de tirer socialement partie de la r&#233;volution technologique et industrielle de l'informatique, dans laquelle certains des r&#233;formateurs bourgeois ne voient avec effroi que &#171; la fin du travail &#187; et l'explosion g&#233;n&#233;ralis&#233;e du ch&#244;mage, alors m&#234;me qu'elle annonce tr&#232;s concr&#232;tement la possibilit&#233; pour l'homme de s'&#233;manciper radicalement des t&#226;ches assommantes du travail productif et de celles qui lui sont li&#233;es, donc du travail exploit&#233;, et de sortir enfin de la pr&#233;histoire de l'humanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par certains aspects, tout est reparti... comme en 14, sauf que les contradictions objectives de l'&#233;conomie capitaliste se sont prodigieusement accus&#233;es. Mais, bien s&#251;r, les rapports de forces entre grandes puissances comme l'enjeu de leurs rivalit&#233;s ont en grande partie chang&#233;. Contrairement &#224; l'&#233;poque de L&#233;nine et de Rosa Luxembourg, le probl&#232;me de l'imp&#233;rialisme n'est pas aujourd'hui de se repartager le monde colonial pour le contr&#244;le et le pillage des mati&#232;res premi&#232;res et des ressources naturelles. Loin de se battre pour se partager la plan&#232;te, les principales puissances imp&#233;rialistes, du moins dans la derni&#232;re d&#233;cennie, ont eu plut&#244;t tendance &#224; abandonner des zones enti&#232;res &#224; leur sort (c'est-&#224;-dire au remboursement de leur dette, &#224; l'&#233;tranglement, &#224; la mis&#232;re, donc aux seigneurs de guerre et aux guerres civiles), pour ne parier, et encore avec quelle prudence, que sur les march&#233;s qui semblent offrir suffisamment de s&#233;curit&#233;, de stabilit&#233; et de garanties. Ce qui ne veut pas dire que le processus actuel d'internationalisation du capital, y compris dans le tiers monde, soit pour autant pacifique. Cette nouvelle phase d'expansion ne se m&#232;ne pour l'instant que sous la forme d'une guerre &#233;conomique acharn&#233;e entre imp&#233;rialismes les plus puissants, ceux de la &#171; triade &#187; si bien nomm&#233;s, du nom des trois p&#244;les traditionnels de la mafia chinoise ! chacun imposant dans sa r&#233;gion d'influence ses conditions et une implacable hi&#233;rarchie, en attendant que l'&#233;volution des rapports de forces &#233;conomiques entre les p&#244;les am&#233;ricains, japonais et europ&#233;en, ou l'&#233;clatement d'un v&#233;ritable effondrement &#233;conomique mondial, posent &#224; nouveau le probl&#232;me de la guerre imp&#233;rialiste tout court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout le monde sait combien le capitalisme monopoliste a aggrav&#233; toutes les contradictions du capitalisme &#187;, &#233;crivait L&#233;nine &#224; la fin de son livre sur l'imp&#233;rialisme, en ajoutant aussit&#244;t &#171; ...Mais ce serait une erreur de croire que cette tendance &#224; la putr&#233;faction exclut la croissance rapide du capitalisme ; non, telles branches d'industrie, telles couches de la bourgeoisie, tels pays manifestent &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme, avec une force plus ou moins grande, tant&#244;t l'une, tant&#244;t l'autre de ces tendances. Dans l'ensemble, le capitalisme se d&#233;veloppe infiniment plus vite qu'auparavant, mais ce d&#233;veloppement devient g&#233;n&#233;ralement plus in&#233;gal, l'in&#233;galit&#233; de d&#233;veloppement se manifestant en particulier par la putr&#233;faction des pays les plus riches en capital &#187;. La remarque vaut manifestement pour la p&#233;riode actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme au d&#233;but du si&#232;cle, ce n'est pas la r&#233;alit&#233; de la &#171; mondialisation &#187; capitaliste qui est en cause. L'acc&#233;l&#233;ration actuelle du processus d'internationalisation du capital n'est gu&#232;re contestable, m&#234;me si, comme au d&#233;but du si&#232;cle, l'internationalisation du capital financier, en flux et en volume, pr&#233;c&#232;de de loin celle du capital productif. Reste &#224; prendre la mesure de l'immense co&#251;t &#233;conomique et social du parasitisme financier de l'imp&#233;rialisme, des limites de l'accumulation du capital productif, et &#224; d&#233;truire la fable selon laquelle &#171; la lib&#233;ration des march&#233;s &#187; aurait an&#233;anti le r&#244;le des &#201;tats imp&#233;rialistes et &#233;mancip&#233; les trusts, monopoles, cartels et autres multinationales de leur base nationale. Reste aussi &#224; mesurer l'extr&#234;me s&#233;lectivit&#233; de la p&#233;n&#233;tration actuelle du capitalisme dans le tiers monde, qui suffit n&#233;anmoins &#224; bouleverser la vie sociale de plusieurs milliards de personnes, et &#224; pr&#233;cipiter dans le prol&#233;tariat actif ou en surnombre des populations enti&#232;res, repr&#233;sentant des centaines de millions de personnes, soit au moins autant de prol&#233;taires qu'au sein des m&#233;tropoles imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la discussion sur les faits et m&#233;faits de la mondialisation du capital, elle ressemble assez &#224; celle qui partageait les r&#233;formistes et les r&#233;volutionnaires internationalistes du d&#233;but du si&#232;cle, entre ceux qui pr&#233;f&#232;rent s'en prendre au &#171; lib&#233;ralisme &#187; et au &#171; capitalisme sauvage &#187; comme s'il existait un capitalisme vertueux, et ceux qui voient dans la phase d'expansion actuelle du capital l'accumulation des conditions objectives de l'exacerbation de la lutte de classe et de la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La mondialisation financi&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La forme la plus pouss&#233;e de la mondialisation du capital est celle du capital financier. Les march&#233;s financiers, les syst&#232;mes bancaires, la circulation du capital &#233;taient fortement cloisonn&#233;s, r&#233;glement&#233;s et sous tutelle &#233;tatique dans la p&#233;riode de l'apr&#232;s-guerre. Les &#201;tats avaient renforc&#233; leur contr&#244;le pour pr&#233;venir les d&#233;rives sp&#233;culatives &#224; l'origine du d&#233;clenchement de la crise de 1929. Les &#233;conomistes parlent &#224; ce propos de &#171; finance administr&#233;e &#187;. Les march&#233;s de capitaux n'ont pas jou&#233; un r&#244;le majeur dans l'essor de la production entre 1945 et 1980, les banques se substituant &#224; la Bourse pour avancer par cr&#233;ation mon&#233;taire des capitaux aux industriels. C'&#233;tait particuli&#232;rement le cas en Europe et au Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;sordres mon&#233;taires li&#233;s &#224; l'abandon du syst&#232;me de parit&#233;s fixes entre les monnaies en 1973, les d&#233;s&#233;quilibres commerciaux, la difficult&#233; croissante des capitaux &#224; se valoriser dans la production, puis les politiques de d&#233;sinflation comp&#233;titive men&#233;es par tous les &#201;tats au tournant des ann&#233;es quatre-vingts, ont cr&#233;&#233; une situation propice &#224; l'essor d'une finance de march&#233;. Le r&#233;tablissement des profits des entreprises &#224; coups de blocage des salaires et de vagues de licenciements dopa le march&#233; des actions, tandis que la hausse brutale des taux d'int&#233;r&#234;t assurait une r&#233;mun&#233;ration usuraire aux cr&#233;anciers. Les d&#233;ficits et la dette publics des grands &#201;tats imp&#233;rialistes s'aggrav&#232;rent brutalement dans les ann&#233;es 80. Afin de financer ces d&#233;ficits sans relancer l'inflation, les gouvernements des grandes puissances embo&#238;t&#232;rent le pas aux &#201;tats-Unis et se livr&#232;rent &#224; une concurrence pour attirer l'&#233;pargne mondiale. Ils &#171; modernis&#232;rent &#187; les march&#233;s, lib&#233;r&#232;rent la circulation du capital &#224; l'&#233;chelle internationale, d&#233;r&#233;glement&#232;rent tout le secteur, permirent &#224; tous les acteurs de la finance - banques, compagnies d'assurance, fonds de pension, grandes entreprises - d'intervenir sur tous les march&#233;s. Les titres de la dette des &#201;tats furent l'un des principaux aliments de l'expansion de ces march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur expansion s'explique &#233;galement par la capacit&#233; toujours plus grandes des grandes institutions financi&#232;res &#224; canaliser la moindre &#233;pargne vers la Bourse. Les banques recueillent les salaires ou les prestations sociales de l'ensemble des travailleurs, qui forment les d&#233;p&#244;ts &#224; la base de leurs cr&#233;dits aux investisseurs, ou plut&#244;t aux sp&#233;culateurs, qui lorsque les taux d'int&#233;r&#234;t &#224; court terme sont assez bas, n'h&#233;sitent pas &#224; s'endetter pour sp&#233;culer. Mais de nouveaux acteurs sont devenus pr&#233;pond&#233;rants sur les march&#233;s financiers : les fonds de pension, particuli&#232;rement d&#233;velopp&#233;s aux &#201;tats-Unis et en Grande-Bretagne, drainent les cotisations retraites des travailleurs, et entre autres, les jouent en Bourse. Cette formidable source d'&#233;pargne forc&#233;e sur le tr&#232;s long terme (et les sommes en jeu d&#233;passent largement le budget de l'&#201;tat), mais concentr&#233;e entre les mains des gestionnaires de ces fonds, de propri&#233;t&#233; des salari&#233;s, devient celle de la classe capitaliste. C'est l'une des beaut&#233;s de ce capitalisme de fin de si&#232;cle, d'avoir puis&#233; sa principale source de capital &#224; risque... chez les futurs retrait&#233;s ! En treize ann&#233;es, de 1980 (date de la hausse g&#233;n&#233;rale des taux d'int&#233;r&#234;t) &#224; 1993, la valeur de ces fonds de pension exprim&#233;e en pourcentage de la production nationale est pass&#233;e de 36 &#224; 68 % aux &#201;tats-Unis. Ils g&#233;raient plus de 3500 milliards de dollars d'actifs en 1993, soit davantage que toute la production de la France et du Royaume-Uni r&#233;unis. Par comparaison, les fonds d'investissement, sorte de fonds communs de placement qui collectent l'&#233;pargne pour la placer, ne g&#233;raient &#171; que &#187; 3000 milliards de dollars en 1996, trois ans plus tard. On comprend que la cr&#233;ation r&#233;cente des premiers fonds de pension en France suscite bien des convoitises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de ces fonds, comme les compagnies d'assurance et les banques, qui jouent de plus en plus sur les march&#233;s, placent leurs avoirs en immeubles, mais surtout en actions et en titres de la dette publique. Motiv&#233;s par les gains s&#251;rs et rapides, ils usent de leur poids dans les conseils d'administration pour favoriser la rentabilit&#233; &#224; tr&#232;s court terme. De par leur importance dans le financement de la dette publique de nombreux pays, ces fonds exercent de fait une pression sur le rendement de ces titres, en incitant les gouvernement &#224; mener la politique qu'ils jugent la plus favorable &#224; leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le capital industriel s'est converti rapidement au capital rentier. D&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 80, les firmes industrielles ont renforc&#233; leurs directions financi&#232;res, cr&#233;&#233; ou achet&#233; des banques, afin d'utiliser au mieux une fraction croissante de leurs profits &#224; acqu&#233;rir des titres ou &#224; sp&#233;culer sur les devises ou le march&#233; mon&#233;taire, au d&#233;triment des investissements productifs. Entre 1982 et 1989, les entreprises fran&#231;aises, par exemple, ont utilis&#233; de plus en plus leurs ressources disponibles &#224; l'acquisition de titres (obligations, actions d'autres soci&#233;t&#233;s) : leur part s'est &#233;lev&#233;e de 2,9 % &#224; 35 %, au d&#233;triment de l'investissement productif, dont la part s'est r&#233;duite de 76 &#224; 47 %. Et encore, les groupes industriels ou de services ne se contentent pas de placer leurs exc&#233;dents : ils empruntent sur le march&#233; des capitaux &#224; court terme pour acheter de nouveaux titres. Cette financiarisation croissante des entreprises reste tr&#232;s concentr&#233;e : 400 entreprises seulement d&#233;tiennent 75 % des actifs financiers d&#233;tenus par des entreprises dite &#171; non financi&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les march&#233;s des actions ont connu des hausses sans rapport avec la hausse de la production, ni m&#234;me avec celle des profits. Tokyo avait gagn&#233; 233 % de 1986 &#224; 1989, avant que la capitalisation boursi&#232;re ne se d&#233;gonfle des deux tiers en 1990, la ramenant &#224; un niveau proche de 1986. Wall Street inqui&#232;te &#224; nouveau les autorit&#233;s mon&#233;taires, au dixi&#232;me anniversaire du krach de 1987. En 1992-1993, les bourses fran&#231;aises et allemandes avaient affich&#233;es de bonnes performances, en pleine r&#233;cession ! Le d&#233;gonflement r&#233;current de tout ce capital fictif, ce qu'on appelle l'&#233;clatement des bulles sp&#233;culatives (provoqu&#233; ou non par les banques centrales ou les grandes institutions financi&#232;res) - krach de Wall Street en 1987, krachs obligataires, effondrement du march&#233; de l'immobilier dans la plupart des pays riches et de certains pays dits &#171; &#233;mergents &#187;, variations brutales des cours des devises, des mati&#232;res premi&#232;res... p&#233;nalisent &#224; terme et fragilisent l'ensemble de l'&#233;conomie. Les march&#233;s financiers sont par d&#233;finition instables (et le sont d'autant plus qu'ils sont &#171; lib&#233;r&#233;s &#187; et mondialis&#233;s), et l'instabilit&#233; se paye. Pour contourner cette instabilit&#233;, les principaux acteurs financiers ont d&#233;velopp&#233; de nouveaux &#171; produits &#187; (march&#233; &#224; terme, options, futures...) qui fonctionnent comme des assurances individuelles contre la variation des taux de change ou des taux d'int&#233;r&#234;t. Mais la garantie qu'un industriel ou un fond d'investissement obtient moyennant une commission ne supprime pas le risque, mais le transf&#232;re &#224; un autre acteur qui l'assume ou s'assure lui- m&#234;me contre le risque et ainsi de suite... De l'avis des autorit&#233;s mon&#233;taires et financi&#232;res elles-m&#234;mes (qui avouent savoir tr&#232;s peu de choses sur ces march&#233;s &#224; haut risque et forte r&#233;mun&#233;ration mais particuli&#232;rement opaques), l'essor de ces march&#233;s &#171; d&#233;riv&#233;s &#187; ne contribue qu'&#224; accro&#238;tre le risque de l'ensemble du syst&#232;me financier, donc son instabilit&#233; et sa fragilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent les Banques centrales et les &#201;tats ont pu contenir les krachs, en &#233;mettant massivement de la monnaie et en se portant garant pour les banques ou les institutions financi&#232;res d&#233;faillantes. Mais la r&#233;p&#233;tition de tels chocs pourraient les d&#233;border tr&#232;s largement, sans m&#234;me parler de l'&#233;norme co&#251;t social que repr&#233;sente cette socialisation des &#171; pertes &#187; syst&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre l'instabilit&#233; qu'il communique &#224; l'ensemble de l'&#233;conomie, le m&#233;canisme m&#234;me du capital financier en fait un capital parasitaire par excellence. C'est ainsi que le haut niveau des taux d'int&#233;r&#234;t &#224; long terme depuis pr&#232;s de 15 ans signifie que les propri&#233;taires de capitaux exigent une r&#233;mun&#233;ration tr&#232;s forte de leur capital, autrement dit un retour tr&#232;s rapide de leur capital : rares sont les projets industriels qui assurent des profits aussi &#233;lev&#233;s et une s&#233;curit&#233; suffisante. Les projets industriels qui sont retenus doivent avoir une &#171; profitabilit&#233; positive &#187;, c'est-&#224;-dire rapporter davantage que les placements financiers. C'est dire si la s&#233;lection &#233;limine bien des projets qui r&#233;pondraient sans doute &#224; des besoins &#233;conomiques. La faiblesse de l'accumulation de capital productif limite &#224; son tour la cr&#233;ation de richesses, et c'est ainsi que le tribut pr&#233;lev&#233; par le capital financier sur l'ensemble de la soci&#233;t&#233; devient de plus en plus lourd.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le nouvel essor des multinationales et la centralisation du capital productif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas que le capital financier qui se soit largement internationalis&#233;. Les investissements directs &#224; l'&#233;tranger des firmes multinationales ont &#233;t&#233; le fer de lance d'une recomposition &#224; grande &#233;chelle du capital productif. Ces exportations de capitaux s'inscrivent dans un vaste mouvement de centralisation du capital au sein m&#234;me de la zone imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La moindre croissance des d&#233;bouch&#233;s, la politique de privatisations et de d&#233;r&#233;glementations des &#201;tats, ont conduit les grands groupes &#224; s'accro&#238;tre en rachetant leurs concurrents ou en fusionnant avec eux. Le transport a&#233;rien, l'&#233;nergie, les t&#233;l&#233;communications, la pharmacie ou la d&#233;fense ont &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre d'une recomposition de grande ampleur. En Europe et au Japon, les privatisations nombreuses de secteurs entiers dans les secteurs de base de l'&#233;quipement, l'&#233;nergie, les transports et les t&#233;l&#233;communications, ouvrent la voie &#224; un mouvement comparable &#224; celui qui se poursuit aux &#201;tats-Unis. Le ph&#233;nom&#232;ne des fusions-acquisitions d&#233;j&#224; caract&#233;ristiques des ann&#233;es 80, a fait un nouveau bon dans les ann&#233;es 90. Et &#224; chacune de ces op&#233;rations, le nouveau groupe se d&#233;barrasse d'une fraction de son personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fraction de ces fusions-acquisitions se produit entre firmes &#233;trang&#232;res. Le volume moyen de ces &#171; investissements directs &#224; l'&#233;tranger &#187; (il faudrait plut&#244;t parler &#171; d'acquisitions &#224; l'&#233;tranger &#187;, tant ces &#171; investissements &#187; contribuent peu &#224; la croissance productive) a &#233;t&#233; multipli&#233; par quatre entre les ann&#233;es 80 et 90. Port&#233;e par les multinationales, cette interp&#233;n&#233;tration des capitaux concerne essentiellement les pays imp&#233;rialistes eux- m&#234;mes. En 1994, plus de 90 % du stock d'investissements &#224; l'&#233;tranger &#233;tait le fait des firmes multinationales des pays imp&#233;rialistes et ces m&#234;mes pays en avaient accueilli les trois quarts. Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 90, quelques pays du tiers monde captent une part croissante de ces investissements, essentiellement en Asie et en Am&#233;rique Latine. La Chine, l'Indon&#233;sie, la Malaisie, Singapour, la Tha&#239;lande, Hong Kong, le Mexique et le Br&#233;sil absorbent les 4/5 des investissements directs &#224; destination du tiers monde. Ces pays, de par l'importance grandissante de leur march&#233; int&#233;rieur, r&#233;elle ou anticip&#233;e, offrent ainsi des d&#233;bouch&#233;s r&#233;mun&#233;rateurs pour les capitaux en mal de placements productifs dans les pays riches. Et d&#233;sormais ce ne sont plus les prises de contr&#244;le des sources de mati&#232;res premi&#232;res ou d'&#233;nergie qui attirent les capitaux, mais l'industrie ou les services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le poids des multinationales dans l'&#233;conomie mondiale s'est de fait encore accru au cours de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es, malgr&#233; les licenciements massifs auxquelles elles ont proc&#233;d&#233;. Elles contr&#244;lent de plus en plus le commerce mondial, qui s'effectue entre firmes d'un m&#234;me groupe. Les diff&#233;rentes productions sont r&#233;parties dans les unit&#233;s de production de par le monde, en fonction des avantages qui leur sont offerts dans les pays d'accueil. Mais ces firmes gardent leur base nationale : on est loin de firmes qui n'auraient &#171; plus de patrie &#187;. En revanche, elles peuvent mettre les &#201;tats en concurrence pour l'accueil de leurs unit&#233;s de production, arrachant ainsi subventions et d&#233;gr&#232;vements d'imp&#244;ts &#224; tout va.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La concurrence sur les march&#233;s internationaux r&#233;gionaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'internationalisation croissante de la vie &#233;conomique a &#233;t&#233; confort&#233;e par la cr&#233;ation de l'Organisation Mondiale du Commerce, qui a pris le relais du GATT en 1995. Pour les principaux pays imp&#233;rialistes, et en particulier les &#201;tats-Unis, il s'agit non seulement de lever le maximum d'obstacles &#224; la concurrence internationale, mais aussi de le faire &#224; leurs conditions. Les imp&#233;rialistes veulent bien la libre circulation des marchandises, des services et des capitaux, mais &#224; condition par exemple de se prot&#233;ger des risques &#233;ventuels comme les transferts de technologie en faveur de pays moins puissants ou de pays sous-d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les &#201;tats-Unis et le Japon ont tent&#233; de structurer leur arri&#232;re-cour, en Am&#233;rique comme en Asie. Les accords de libre-&#233;change ou de coop&#233;ration au niveau r&#233;gional se sont multipli&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es : cr&#233;ation de l'APEC en 1989 et de l'ASEAN (en tant que zone de libre-&#233;change) en 1991 (Asie de l'est et Pacifique), de l'ALENA en 1994 (Am&#233;rique du nord et Mexique), et du MERCOSUR en 1995 (quatre pays d'Am&#233;rique du sud dont le Br&#233;sil et l'Argentine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en Asie que l'int&#233;gration r&#233;gionale est la moins formalis&#233;e, mais peut-&#234;tre la plus intense. Le Japon s'y est d&#233;sormais substitu&#233; aux &#201;tats-Unis comme principal pourvoyeur de biens d'&#233;quipements et principal investisseur dans une r&#233;gion qui est aussi la plus dynamique de l'&#233;conomie mondiale depuis plus de dix ans. La d&#233;localisation par le Japon d'une partie de sa production industrielle est un moyen de contrer la baisse de comp&#233;titivit&#233; de ses produits face au concurrent am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union Europ&#233;enne est &#224; la fois la plus ancienne et la plus avanc&#233;e des zones de libre-&#233;change et de coop&#233;ration &#233;conomique. 35 ans apr&#232;s la signature du trait&#233; de Rome, le bilan n'est certainement pas n&#233;gligeable. Aiguillonn&#233;es par la concurrence de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, les bourgeoisies europ&#233;ennes ont &#233;t&#233; amen&#233;es &#224; des concessions mutuelles. Les imp&#233;rialismes de seconde zone, comme la Gr&#232;ce ou le Portugal, b&#233;n&#233;ficient de transferts de fonds de l'Union, transferts dont les trusts allemands, fran&#231;ais, britanniques ou italiens b&#233;n&#233;ficient sous forme de commandes. L'adoption d'une monnaie unique pr&#233;vue par le trait&#233; de Maastricht devrait renforcer consid&#233;rablement l'int&#233;gration &#233;conomique europ&#233;enne tout en rognant la souverainet&#233; des &#201;tats nationaux. C'est l&#224; o&#249; le b&#226;t blesse. Les gouvernements europ&#233;ens sont manifestement pr&#234;ts &#224; accepter un transfert de souverainet&#233; mon&#233;taire, mais se refusent pour l'instant &#224; s'engager dans la voie du f&#233;d&#233;ralisme budg&#233;taire. Or l'un peut difficilement aller sans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les bourgeoisies d'Europe, le crit&#232;re de r&#233;ussite de la construction europ&#233;enne n'est certainement pas la construction d'un bunker face aux Am&#233;ricains ou aux Japonais. Les opportunit&#233;s offertes par exemple par le march&#233; unique europ&#233;en ont suscit&#233; des restructurations qui se sont traduites par de nombreuses acquisitions entre firmes europ&#233;ennes. Mais dans le m&#234;me temps, les entreprises europ&#233;ennes ont encore fortement augment&#233; le nombre de leurs acquisitions hors d'Europe, aux &#201;tats-Unis en particulier. De leur c&#244;t&#233; les entreprises am&#233;ricaines, qui investissent depuis longtemps en Europe, ont sans conteste la possibilit&#233; de profiter largement des avantages du march&#233; unique... La constitution de zones de libre-&#233;change et de coop&#233;ration &#233;conomique au niveau r&#233;gional ne s'oppose pas, pour l'instant, &#224; l'ouverture tous azimuts de ces pays &#224; l'&#233;conomie mondiale. Bien au contraire, les deux ph&#233;nom&#232;nes semblent se renforcer mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les &#201;tats imp&#233;rialistes sous le r&#233;gime de la &#171; dictature &#187; des march&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats des grandes puissances industrielles seraient- ils les victimes de la mondialisation &#233;conomique et financi&#232;re, comme voudrait le faire croire la propagande bourgeoise ? La dictature des march&#233;s les aurait-elle condamn&#233;s &#224; renoncer &#224; leur r&#244;le &#233;conomique, &#224; s'effacer devant le libre jeu de la concurrence capitaliste ? A n'&#234;tre que les laiss&#233;s pour compte, passifs et discrets, de la mondialisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les &#201;tats sont &#171; victimes &#187; (si par exemple leur dette publique les met en concurrence et les incite &#224; adopter des politiques &#233;conomiques et fiscales toujours plus favorables au capital), ce sont des victimes tr&#232;s consentantes, eux qui ont largement contribu&#233; &#224; forger le cadre des march&#233;s financiers et &#224; d&#233;r&#233;glementer la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la fameuse &#171; dictature &#187; des march&#233;s n'existe que par la volont&#233; des &#201;tats imp&#233;rialistes les plus puissants, qui eux-m&#234;mes fixent et imposent les r&#232;gles du nouveau jeu financier aux imp&#233;rialismes de deuxi&#232;me et troisi&#232;me zone sans parler des pays sous-d&#233;velopp&#233;s &#224; &#233;conomie &#171; &#233;mergente &#187; ou pas, qui, eux n'ont jamais eu droit &#224; la parole. La mondialisation du capital financier est extr&#234;mement hi&#233;rarchis&#233;e, et la marge de manoeuvre de chaque &#201;tat d&#233;pend de sa place dans la hi&#233;rarchie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Opposer les &#201;tats imp&#233;rialistes aux march&#233;s rel&#232;ve de la pure fiction. Cela supposerait que les gouvernements d&#233;fendent d'autres int&#233;r&#234;ts que ceux des principaux acteurs de ces march&#233;s. Or rien de tel, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, jamais les &#201;tats n'ont eu un r&#244;le aussi important dans l'&#233;conomie capitaliste que sous la domination des march&#233;s financiers. Ne serait-ce que pour permettre aux dits march&#233;s de continuer &#224; exister et de se relever des krachs bancaires, boursiers, mon&#233;taires, immobiliers qui se sont succ&#233;d&#233; depuis 1982... Qu'en serait-il des march&#233;s, sans la gestion &#233;tatique des krachs successifs, sans la prodigieuse socialisation des pertes prise en charge par les grands &#201;tats, autrement dit par l'ensemble de leur population, sous forme de programmes d'aust&#233;rit&#233;, d'&#233;conomies sur les services publics, d'effondrement des protections sociales et de l'emballement de la dette publique ? Oui, le libre jeu de la finance mondiale se paie tr&#232;s cher. Les &#201;tats ? Mais ce sont les gros bras de la dictature des march&#233;s. Oh, pas d'une dictature anonyme, insaisissable, comme on voudrait le faire croire, mais de la dictature d'un petit milieu d'individus bien connu des dirigeants politiques du monde, qui pr&#233;sident pour le compte du grand capital aux d&#233;cisions des grandes institutions financi&#232;res publiques ou priv&#233;es qui drainent les ressources de toute la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats sont devenus les assureurs tous risques des intervenants des march&#233;s : pile, les d&#233;tenteurs de titres gagnent, face, l'&#201;tat paye, et derri&#232;re l'&#201;tat, la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les assureurs, et les d&#233;biteurs intarissables : la dette publique fournit l'occasion de placements rentables et s&#251;rs. Car il faut bien que l'&#201;tat emprunte apr&#232;s avoir all&#233;g&#233; la fiscalit&#233; sur le capital, qui sort doublement gagnant de l'op&#233;ration : mieux vaut pr&#234;ter son argent &#224; l'&#201;tat que d'en reverser une partie sous forme d'imp&#244;t ! En la mati&#232;re, on n'a rien invent&#233; depuis les Templiers et les rois de France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme est &#224; l'heure actuelle si bien r&#244;d&#233;, les &#201;tats ont si bien pressur&#233; budgets publics et sociaux, que le budget d'un pays comme la France est &#233;quilibr&#233; depuis le milieu des ann&#233;es 1980, si l'on fait abstraction des int&#233;r&#234;ts. C'est la seule charge des int&#233;r&#234;ts qui contraint d&#233;sormais l'&#201;tat &#224; s'endetter &#224; nouveau. Autant dire que le capital rentier a trouv&#233; dans la manne de l'&#201;tat le secret du mouvement perp&#233;tuel....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restent les bonnes &#226;mes, tous ces &#233;conomistes r&#233;formateurs qui voudraient juguler le capital rentier mondial et ses exc&#232;s, et qui appellent de leurs voeux une autorit&#233; supranationale susceptible de redonner l'initiative aux gouvernements, aux &#171; politiques &#187;. Les dirigeants des &#201;tats ne pourraient-ils se concerter pour &#233;dicter des r&#232;gles internationales visant &#224; limiter les effets de la sp&#233;culation ou de la concurrence ? Et de sugg&#233;rer, par exemple, l'instauration d'une taxe (dite &#171; taxe Tobin &#187;) d'un demi pour-cent ou moins sur toute transaction en devises, laquelle taxe serait cens&#233;e d&#233;courager les sp&#233;culations sur les monnaies sans trop p&#233;naliser les mouvements de change &#224; finalit&#233; commerciale ou productive. Ah ! Si seulement les imp&#233;rialismes les plus puissants voulaient se donner la main et rogner les ailes de leurs oligarchies financi&#232;res respectives au nom de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ! L'&#233;conomiste Keynes, le dieu des r&#233;formateurs du capital, pr&#233;conisait dans les ann&#233;es 30 &#171; l'euthanasie des rentiers &#187; ! Ses disciples prient encore aujourd'hui, en oubliant qu'il n'a pas fallu moins qu'un effondrement &#233;conomique international et une nouvelle guerre mondiale, pour que l'imp&#233;rialisme sorti en vainqueur de la tourmente impose ses propres conditions et accessoirement quelques nouvelles r&#232;gles du jeu &#224; la renaissance de l'accumulation du capital.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Anciennes et nouvelles arri&#232;re-cours de l'imp&#233;rialisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si la comp&#233;tition entre capitaux se joue principalement au sein des m&#233;tropoles imp&#233;rialistes, l'ar&#232;ne s'est n&#233;anmoins &#233;largie &#224; de nombreux pays sous-d&#233;velopp&#233;s, tout particuli&#232;rement depuis la fin des ann&#233;es quatre- vingt. La part des investissements directs &#224; l'&#233;tranger &#224; destination du tiers monde, qui &#233;tait tomb&#233;e &#224; moins de 20 % dans les ann&#233;es quatre-vingt, est remont&#233;e au cours des ann&#233;es quatre-vingt-dix &#224; pr&#232;s de 40 %. Plus g&#233;n&#233;ralement, le total des capitaux &#233;trangers &#224; destination des pays pauvres s'est brusquement accru depuis dix ans, tant en Am&#233;rique Latine qu'en Asie (et tr&#232;s r&#233;cemment dans quelques-uns des pays les moins appauvris d'Afrique), sous la forme d'investissements priv&#233;s, mais aussi de prises de participation tr&#232;s minoritaires aux entreprises locales, pour profiter de la hausse des march&#233;s boursiers de ces pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sevr&#233;s de capitaux pendant les ann&#233;es quatre- vingt, la plupart des pays du tiers monde sont d&#233;sormais en concurrence pour l'accueil des investissements et placements occidentaux. Somm&#233;s d'exporter pour payer leur endettement, ils se retrouvent &#233;galement en concurrence les uns par rapport aux autres pour l'acc&#232;s aux march&#233;s riches, ce qui contribue &#224; faire baisser encore les prix de leurs mati&#232;res premi&#232;res ou agricoles et &#224; les fragiliser toujours plus. Les candidats &#224; l'accueil de capitaux sont nombreux, et il y a peu d'&#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'affirme la propagande bourgeoise et nationaliste, ce n'est pas le bas co&#251;t de la main-d'oeuvre qui est le facteur d&#233;terminant des investissements et des &#171; d&#233;localisations &#187; : sinon, pourquoi l'essentiel des investissements se concentreraient-ils dans les pays riches et se d&#233;tourneraient-ils &#224; ce point des pays les plus pauvres d'Afrique ? Quand il s'agit d'investir dans les pays du tiers monde, le co&#251;t de la main-d'oeuvre est pond&#233;r&#233; par sa productivit&#233;, la qualit&#233; des infrastructures et des fournisseurs locaux dont la multinationale peut avoir besoin, ou l'importance du march&#233; local quand il s'agit de vendre sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, neuf pays seulement ont totalis&#233; pr&#232;s des quatre cinqui&#232;mes de ces &#171; investissements directs &#224; l'&#233;tranger &#187; (des investissements qui visent &#224; la cr&#233;ation de nouvelles unit&#233;s de production ou &#224; la prise de contr&#244;le d'unit&#233;s existantes), dont sept en Asie (Chine, Indon&#233;sie, Malaisie, Singapour, Tha&#239;lande, Hong Kong) et deux en Am&#233;rique Latine (Mexique et Br&#233;sil).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;largissement de la p&#233;n&#233;tration mondiale du capital a entra&#238;n&#233; une polarisation toujours plus pouss&#233;e de la richesse et de la mis&#232;re, &#224; toutes les &#233;chelles g&#233;ographiques. Les lignes de fracture s'&#233;largissent non seulement entre les anciennes m&#233;tropoles imp&#233;rialistes et les autres, mais aussi entre les continents du tiers monde, entre pays d'un m&#234;me continent et entre les r&#233;gions d'un m&#234;me pays. Les contrastes d&#233;j&#224; insupportables se sont encore brutalement accus&#233;s depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre- vingt et quatre-vingt-dix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revenus globaux ont ainsi augment&#233; rapidement dans une quinzaine de pays seulement (dont les 9 cit&#233;s plus hauts qualifi&#233;s de &#171; pays &#233;mergents &#187; par les &#233;conomistes), totalisant toutefois avec la Chine 1,5 milliard d'habitants, un quart de la population mondiale. Mais dans le m&#234;me temps, les revenus ont baiss&#233; dans cinq fois plus de pays, totalisant 1,6 milliard d'habitants : dans 70 pays en dessous de leur niveau de 1980, et pour 43 d'entre eux en dessous de leur niveau de 1970 ! Ce plongeon dans la mis&#232;re concerne en particulier les pays d'Afrique, tr&#232;s d&#233;pendants des exportations de mati&#232;res premi&#232;res et totalement marginalis&#233;s dans les &#233;changes, mais aussi une grande majorit&#233; de pays d'Am&#233;rique Latine et des Cara&#239;bes, du Moyen-Orient et de l'ancien bloc sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le sort tr&#232;s incertain des &#233;conomies dites &#171; &#233;mergentes &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des pays comme la Chine, la Malaisie, l'Indon&#233;sie, la Tha&#239;lande, les Philippines... le Vietnam, donc, affichent depuis plusieurs ann&#233;es des taux de croissance compris entre 5 et 10 % par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance de la Cor&#233;e du Sud ou de Ta&#239;wan avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; de cet ordre (et celle du Japon avant eux), sans compter le d&#233;veloppement des villes &#201;tats de Singapour et de Hong Kong. Soit parce qu'ils ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'un soutien &#233;conomique important d&#232;s les ann&#233;es soixante de la part des &#201;tats-Unis, dans le cadre de la guerre froide, soit parce qu'il s'agissait de villes qui focalisaient bien des flux d'&#233;changes dans une vaste r&#233;gion du monde. En Cor&#233;e ou &#224; Ta&#239;wan, les revenus par habitant ne d&#233;passent pas encore celui des pays les plus pauvres de l'Union Europ&#233;enne, bien que leur industrie soit d&#233;j&#224; plus puissante du fait de taux d'accumulation plus &#233;lev&#233;s. Pour contourner le rench&#233;rissement du co&#251;t de leur main-d'oeuvre, les firmes ta&#239;wanaises, cor&#233;ennes ou chinoises de Hong Kong exportent d&#233;j&#224; massivement des capitaux dans les pays moins d&#233;velopp&#233;s de la r&#233;gion, la Chine continentale en particulier. Leurs exportations de marchandises (qui, pour Hong Kong et Singapour, et dans une moindre mesure Ta&#239;wan, sont le fait de firmes multinationales occidentales ou japonaises) sont &#224; elles seules sup&#233;rieures &#224; celles de l'ensemble des autres pays sous-d&#233;velopp&#233;s, totalisant pr&#232;s de 60 % des exportations en provenance des pays du tiers monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de ces quatre &#171; dragons &#187; de l'Asie qui ne totalisent que 70 millions d'habitants, viennent les nouveaux &#171; tigres &#187; asiatiques (selon les m&#233;taphores douteuses des journalistes &#233;conomiques) cit&#233;s plus haut avec leur 1,5 milliards d'habitants, sans parler du &#171; jaguar &#187; chilien ou m&#234;me du &#171; dragon celtique &#187; d&#233;signant l'Irlande, qui a battu tous les records de croissance en 1995 (+ 10 %) en accueillant de nombreuses filiales de multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomies de ces pays sont plus tir&#233;es en avant par leurs exportations que par la dynamique de leur march&#233; int&#233;rieur, &#224; la fois faible et disparate. Or les capacit&#233;s d'absorption des march&#233;s des pays riches sont loin d'&#234;tre extensibles, surtout &#224; l'heure des politiques d'aust&#233;rit&#233; et de pression sur les revenus modestes. Les march&#233;s occidentaux ne constitueront pas le m&#234;me levier de d&#233;veloppement pour la Chine ou l'Indon&#233;sie qu'ils l'ont &#233;t&#233; pour la Cor&#233;e, Hong Kong ou Ta&#239;wan. D'autant que si les &#201;tats imp&#233;rialistes ouvrent leur march&#233;s aux produits que fabriquent leurs propres multinationales, leurs r&#233;flexes protectionnistes tendent &#224; fermer l'acc&#232;s aux hautes technologies &#224; l'industrie de ces m&#234;mes pays qu'ils voudraient &#171; &#233;mergents &#187;. Tous les pays sous-d&#233;velopp&#233;s confondus ne participent aujourd'hui que pour 3 % de la recherche mondiale et rien ne montre que cette proportion puisse &#233;voluer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ores et d&#233;j&#224;, les pays comme la Tha&#239;lande, la Malaisie, l'Indon&#233;sie, qui sont les plus avanc&#233;s de la r&#233;gion apr&#232;s le Japon et les quatre &#171; dragons &#187;, ne suivent pas le m&#234;me chemin que la Cor&#233;e. Les in&#233;galit&#233;s de revenus y sont plus marqu&#233;es, l'effort de scolarisation et d'&#233;ducation plus faible, la ma&#238;trise des industries implant&#233;es sur leur sol davantage entre les mains des groupes &#233;trangers. Autant de handicaps qui fragilisent la croissance, emp&#234;chent la constitution d'un v&#233;ritable march&#233; int&#233;rieur et compromettent tout d&#233;veloppement &#233;conomique un tant soit peu stable et prolong&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une forte croissance est une condition n&#233;cessaire au d&#233;veloppement, elle n'est pas suffisante, surtout quand le niveau de d&#233;part est tr&#232;s bas. Le Br&#233;sil est une puissance industrielle depuis les ann&#233;es soixante-dix, sans &#234;tre parvenu non seulement &#224; modifier &#224; son avantage la hi&#233;rarchie des puissances, mais sans m&#234;me qu'une grande partie de sa population ait vu ses conditions de vie s'am&#233;liorer, au contraire. Et si les revenus sont un peu moins mal r&#233;partis en Asie qu'en Am&#233;rique Latine, les in&#233;galit&#233;s se creusent partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine illustre &#224; elle seule les multiples contradictions de ce d&#233;veloppement. La croissance officielle de sa production (8 % par an sur 15 ans, mais c'est un chiffre qu'il vaut mieux s&#233;rieusement pond&#233;rer tant les autorit&#233;s chinoises sont r&#233;put&#233;es pour forcer les statistiques), lui aurait permis de multiplier sa production et le revenu moyen par plus de trois sur la p&#233;riode. Ce qui a suffi aux journalistes pour extrapoler et pr&#233;dire qu'&#224; un tel rythme, la Chine deviendrait dans les dix ou vingt ans &#224; venir la seconde puis la premi&#232;re puissance du monde par la masse de sa production... Mais m&#234;me dans cette hypoth&#232;se improbable, la population ne serait toujours pas sortie du sous-d&#233;veloppement, avec des niveaux de revenus par habitant qui seraient encore inf&#233;rieurs &#224; ceux de la Malaisie aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor de la production en Chine tient en premier lieu aux contre-r&#233;formes agraires qui ont r&#233;troc&#233;d&#233; la gestion et l'exploitation des terres aux paysans. De 1978 &#224; 1984-1985, l'&#233;cart de revenus entre la ville et la campagne s'est r&#233;duit. Mais ces &#233;carts se sont creus&#233; &#224; nouveau d&#232;s 1985, au sein de la population rurale d'abord, entre la population rurale et la population urbaine ensuite. L'introduction de m&#233;canismes de march&#233; &#224; la campagne s'est accompagn&#233;e d'une ins&#233;curit&#233; accrue et d'un exode rural massif. En second lieu, l'ouverture aux financements et aux investissements &#233;trangers a contribu&#233; &#224; l'essor de la production industrielle et aux exportations de produits manufactur&#233;s, dont la moiti&#233; sont le fait de soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en l'absence d'un v&#233;ritable march&#233; national, les goulots d'&#233;tranglements entre secteurs se multiplient. Les besoins en infrastructures (&#233;nergie, transports, communications.) croissent d&#233;mesur&#233;ment : ce sont des investissements indispensables &#224; terme, mais l'&#201;tat comme les autorit&#233;s locales n'ont plus les moyens ou la volont&#233; de les r&#233;aliser. Le taux d'investissement tr&#232;s &#233;lev&#233; (40 % des nouvelles richesses produites en 1994 seraient consacr&#233;es &#224; l'accroissement du capital, selon les normes comptables en vigueur) s'explique davantage par l'immobilier frapp&#233; d'une sp&#233;culation tr&#232;s forte, que par la modernisation du parc industriel : la Chine investit moins en &#233;quipements nouveaux que l'Inde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance chinoise n'a pas transform&#233; la soci&#233;t&#233; uniquement dans les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res, mais les in&#233;galit&#233;s r&#233;gionales se sont accrues consid&#233;rablement. Les zones franches de la c&#244;te ont attir&#233; de tr&#232;s nombreux investissements de la diaspora chinoise, de Hong Kong, de Taiwan et du sud-est asiatique. Mais ces nouvelles implantations industrielles exportent l'essentiel de leurs production, et plus significatif encore peut-&#234;tre, importent de l'ext&#233;rieur des produits interm&#233;diaires au d&#233;triment des liens traditionnels avec les r&#233;gions de l'int&#233;rieur du pays. Si la bourgeoisie chinoise de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur et les satrapes r&#233;gionaux y trouvent des sources d'enrichissement rapide, l'anarchie de la croissance, ses d&#233;s&#233;quilibres, la soif de profit &#224; court terme... aggravent d'autant les tensions r&#233;gionales et sociales. En 6 ans, la part des 20 % des Chinois les plus riches dans le revenu national a augment&#233; de 5 points, &#224; 33 %, tandis que la part des 40 % les plus pauvres reculait &#233;galement de cinq points, &#224; 25 %. Les disparit&#233;s de revenus selon les r&#233;gions allaient de 1 &#224; 8 en 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les march&#233;s int&#233;rieurs de la plupart de ces pays &#171; &#233;mergents &#187; sont bien trop fragiles et d&#233;s&#233;quilibr&#233;s pour entra&#238;ner par eux-m&#234;mes un v&#233;ritable d&#233;veloppement national. Mais tels qu'ils sont, ils suffisent en revanche &#224; attiser les convoitises occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car &#224; c&#244;t&#233; de la classe ouvri&#232;re se d&#233;veloppe &#233;galement une petite bourgeoisie, petits patrons, encadrement technique et commercial des entreprises, petits commer&#231;ants. Ce sont ces nouvelles couches que visent les entreprises &#233;trang&#232;res quand elles viennent s'implanter sur ces march&#233;s. Disposant d'un pouvoir d'achat suffisant, elles constituent une demande solvable que les entreprises &#233;trang&#232;res ne n&#233;gligent plus : 100 millions d'Indiens ne repr&#233;sentent qu'une petite fraction de la population indienne, mais un march&#233; int&#233;ressant. L'implantation d'unit&#233;s de production &#224; proximit&#233; des march&#233;s est le motif invoqu&#233; le plus souvent par les entreprises multinationales qui s'implantent dans les pays &#171; &#233;mergents &#187;, avant m&#234;me l'int&#233;r&#234;t des bas salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon une &#233;tude du minist&#232;re de l'industrie, 10 % de la population en Asie disposerait d'un pouvoir d'achat comparable &#224; celui des pays occidentaux, ce qui repr&#233;senterait, au total, un march&#233; comparable &#224; celui de l'Europe... au sein d'un oc&#233;an de d&#233;nuement noyant 90 % de la population. Le march&#233; chinois du ciment repr&#233;senterait 20 fois le march&#233; fran&#231;ais, et 6 fois le march&#233; am&#233;ricain. Les grands march&#233;s d'&#233;quipement, des t&#233;l&#233;communications au traitement de l'eau, ou l'immobilier, en proie &#224; une sp&#233;culation effr&#233;n&#233;e, font saliver les firmes multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le capital occidental en mal d'exportations de capitaux, c'est l&#224; l'avantage de ces grands pays tr&#232;s peupl&#233;s de l'Asie. La p&#233;n&#233;tration du capital &#233;tranger ne cr&#233;e ni le r&#233;seau dense d'infrastructures et d'&#233;quipements mat&#233;riels et culturels susceptibles de permettre &#224; l'ensemble de la population d'acc&#233;der ne serait-ce que progressivement au mode de vie occidental, mais permet l'&#233;mergence de ghettos de nouveaux riches assez nombreux pour constituer autant de march&#233;s pour ses multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La prol&#233;tarisation du tiers-monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;faut de v&#233;ritablement industrialiser le tiers monde, le capitalisme en bouleverse toujours plus vite la physionomie sociale. L'urbanisation des populations continue de progresser, puisque pr&#232;s d'un habitant de la plan&#232;te sur deux vit d&#233;sormais en ville. En Chine par exemple, la population urbaine non agricole a augment&#233; de 50 % entre 1982 et 1990 pour atteindre 219 millions. Et cette tendance devrait se poursuivre, malgr&#233; les tentatives du gouvernement central d'interdire l'installation de dizaines de millions de paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, la part de la population employ&#233;e dans l'industrie a augment&#233; dans les pays pauvres, passant de 9 % en 1965 &#224; 16 % aujourd'hui, atteignant 35 % en Cor&#233;e, 23 % en Malaisie, et 15 % en Chine. Ce qui signifie qu'un peu plus de la moiti&#233; des 450 &#224; 500 millions d'hommes qui travaillent dans l'industrie sur l'ensemble de la plan&#232;te, vivent aujourd'hui en dehors des pays les plus riches, et cette proportion cro&#238;t d'ann&#233;e en ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que la classe ouvri&#232;re du tiers monde se constitue et se diff&#233;rencie d&#233;j&#224;. Les pays o&#249; les r&#233;gions les plus dynamiques connaissent une p&#233;nurie de main-d'oeuvre qui permet aux travailleurs de lutter plus efficacement pour l'am&#233;lioration de leurs conditions de vie. En 1987, en Tha&#239;lande et dans les quatre &#171; dragons &#187;, le temps de travail culminait &#224; 2500 heures par an, soit 62 % de plus qu'en France. En 1992, le temps de travail annuel avait baiss&#233; &#224; 2200 heures. La derni&#232;re gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Cor&#233;e du Sud donne la mesure de ce qui est d&#233;j&#224; une tradition de combativit&#233; du prol&#233;tariat de ces pays-l&#224;. Mais les gr&#232;ves, l'agitation dans les usines ont &#233;galement touch&#233; des pays comme l'Indon&#233;sie et la Chine. La mondialisation du capital financier, &#224; d&#233;faut de sortir les populations de la mis&#232;re, pourrait bien contribuer &#224; mondialiser la lutte de classe et apporter son sang neuf au mouvement ouvrier international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf dans quelques rares pays, comme la Malaisie, le ch&#244;mage s&#233;vit partout, et bien au-del&#224; des chiffres officiels de 120 millions pour l'ann&#233;e 1995, puisque ne sont pas comptabilis&#233;s des dizaines de millions de travailleurs qui n'exercent que des m&#233;tiers occasionnels ou pr&#233;caires. La paup&#233;risation devan&#231;ait &#233;galement largement la prol&#233;tarisation dans l'Angleterre du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, m&#234;me si le poids relatif de &#171; l'arm&#233;e industrielle de r&#233;serve &#187; et de sa couronne de paup&#233;risme consolid&#233; n'a jamais &#233;t&#233; si flagrant qu'&#224; notre &#233;poque. Mais cela aussi fait pr&#233;cis&#233;ment partie de la logique contradictoire de l'accumulation du capital, dont la phase actuelle de mondialisation semble faire red&#233;couvrir les lois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un ch&#244;mage et un paup&#233;risme permanents, &#224; la mesure de la nouvelle phase d'accumulation du capital&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a encore vingt ans, la population des pays imp&#233;rialistes consid&#233;rait le ch&#244;mage end&#233;mique, avec son cort&#232;ge irr&#233;ductible de paup&#233;risme et d'&#233;conomie &#171; informelle &#187;, cet euph&#233;misme aseptis&#233; invent&#233; par les &#233;conomistes pour d&#233;signer l'&#233;conomie du d&#233;nuement, avec ses petits boulots et ses mis&#233;rables trafics, comme le propre du tiers monde, le propre du &#171; sous-d&#233;veloppement &#187; en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait contresens. A l'&#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, il &#233;tait m&#234;me de bon ton, chez ceux qui se r&#233;clamaient du marxisme, de pr&#233;tendre que Marx s'&#233;tait tromp&#233; sur un point, avait un peu exag&#233;r&#233; en somme, avec sa th&#233;orie de &#171; la paup&#233;risation absolue &#187;. Certes, on convenait des failles du capitalisme, on d&#233;plorait ses crises, ces accidents de l'&#233;conomie de march&#233; pourvoyeurs de ch&#244;mage et de paup&#233;risme. Mais que le ch&#244;mage et la paup&#233;risation permanente accompagnent la croissance, l'expansion du capital, sa mondialisation et ses euphories boursi&#232;res et financi&#232;res, aurait pass&#233; pour une absurdit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant ! Voil&#224; que depuis vingt ans, est apparu ce ph&#233;nom&#232;ne nouveau et d&#233;routant : crise ou pas crise, r&#233;cession ou relance, le ch&#244;mage et la pauvret&#233; n'ont pas cess&#233; de cro&#238;tre, y compris dans les pays les plus riches, les plus d&#233;velopp&#233;s, dont les banlieues se tiermondisent au moment o&#249; le capital se mondialise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si c'&#233;tait Marx, tout simplement, qui avait raison ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Plus grandissent la richesse sociale, le capital en fonctionnement, l'ampleur et l'&#233;nergie de sa croissance, et par cons&#233;quent aussi la grandeur absolue du prol&#233;tariat et la force productive de son travail, et plus grandit l'arm&#233;e industrielle de r&#233;serve... Mais plus cette arm&#233;e de r&#233;serve est grande par rapport &#224; l'arm&#233;e ouvri&#232;re active, et plus la surpopulation consolid&#233;e... est massive... plus le paup&#233;risme officiel augmente. Ceci est la loi absolue et g&#233;n&#233;rale de l'accumulation capitaliste. (soulign&#233; par Marx). (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la loi qui maintient constamment l''&#233;quilibre entre la surpopulation relative, ou l'arm&#233;e industrielle de r&#233;serve, et l'ampleur et l'&#233;nergie de l'accumulation... implique une accumulation de mis&#232;re proportionnelle &#224; l'accumulation du capital. L'accumulation de richesse &#224; un p&#244;le signifie donc en m&#234;me temps &#224; l'autre p&#244;le une accumulation de mis&#232;re, de torture &#224; la t&#226;che, d'esclavage, d'ignorance, de brutalit&#233; et de d&#233;gradation morale pour la classe qui produit le capital. (...)&#034; Le Capital, livre I.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne d&#233;crirait pas en meilleurs termes aujourd'hui le ph&#233;nom&#232;ne de &#171; la mondialisation &#187;. Il n'est pas besoin de s'efforcer de croire que le capitalisme actuel est &#171; en crise &#187;, pour s'expliquer les ravages sociaux qu'il occasionne. En fait, la crise, la vraie, est probablement devant nous, comme en 1914... Ce &#224; quoi on assiste plut&#244;t aujourd'hui, c'est &#224; une nouvelle phase d'accumulation et d'expansion du capital, hautement instable, formidablement parasitaire, certes, mais se conformant en tous points &#224; &#171; la loi absolue et g&#233;n&#233;rale de l'accumulation capitaliste &#187;, mais &#224; une &#233;poque de r&#233;volutions scientifiques et technologiques posant les bases objectives du communisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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