<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
	<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
		<url>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L144xH18/siteon0-6badf.png?1787993460</url>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
		<height>18</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title> Italie : &#224; quand le &#171; non &#187; dans la rue et par la gr&#232;ve ?
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Italie-a-quand-le-non-dans-la-rue-et-par-la-greve</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Italie-a-quand-le-non-dans-la-rue-et-par-la-greve</guid>
		<dc:date>2016-12-12T16:56:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Italie
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;f&#233;rendum
</dc:subject>

		<description>En Italie, le r&#233;f&#233;rendum constitutionnel du 4 d&#233;cembre a provoqu&#233; la d&#233;mission du chef du gouvernement, Matteo Renzi, qui avait eu la mauvaise id&#233;e d'annoncer qu'il partirait si les &#233;lecteurs votaient non. Ce qu'ils ont fait. &lt;br /&gt;Il faut dire que Renzi avait men&#233; une violente politique anti-ouvri&#232;re, notamment en facilitant les licenciements et en g&#233;n&#233;ralisant la pr&#233;carit&#233; (par le &#171; Jobs Act &#187;, l'&#233;quivalent italien de la loi Travail), ainsi que par des suppressions massives d'emplois&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Breves-" rel="directory"&gt;Br&#232;ves
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Italie-+" rel="tag"&gt;Italie
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Referendum-+" rel="tag"&gt;R&#233;f&#233;rendum
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Italie, le r&#233;f&#233;rendum constitutionnel du 4 d&#233;cembre a provoqu&#233; la d&#233;mission du chef du gouvernement, Matteo Renzi, qui avait eu la mauvaise id&#233;e d'annoncer qu'il partirait si les &#233;lecteurs votaient non. Ce qu'ils ont fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que Renzi avait men&#233; une violente politique anti-ouvri&#232;re, notamment en facilitant les licenciements et en g&#233;n&#233;ralisant la pr&#233;carit&#233; (par le &#171; Jobs Act &#187;, l'&#233;quivalent italien de la loi Travail), ainsi que par des suppressions massives d'emplois publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la gauche &#224; l'extr&#234;me droite, les politiciens qui veulent prendre sa place ne valent gu&#232;re mieux que lui, qu'ils aient appel&#233; &#224; voter &lt;em&gt;oui&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;non&lt;/em&gt; au r&#233;f&#233;rendum. Les travailleurs italiens, pour vraiment leur faire remballer tous leurs sales coups, devront cette fois se mobiliser sur leur terrain, celui de la lutte de classe, tout comme ici.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> De Villepin : cent jours ! Suffisant, en effet...
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/De-Villepin-cent-jours-Suffisant-en-effet</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/De-Villepin-cent-jours-Suffisant-en-effet</guid>
		<dc:date>2005-09-20T19:26:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;f&#233;rendum
</dc:subject>

		<description>Ah, la belle victoire du monde du travail et de la gauche que le succ&#232;s du Non au r&#233;f&#233;rendum ! Aussit&#244;t l'&#233;pisode &#233;lectoral achev&#233; et le nouveau gouvernement de Villepin constitu&#233;, l'offensive anti-ouvri&#232;re reprenait de plus belle. Et d&#232;s juin, de Villepin annon&#231;ait les mesures &#171; pour l'emploi &#187; (c'est-&#224;-dire pour les employeurs et contre les employ&#233;s) qu'il allait instaurer par ordonnances cet &#233;t&#233;. &lt;br /&gt;Les mauvais coups de l'&#233;t&#233; &lt;br /&gt;Le coup le plus rude est la cr&#233;ation du Contrat nouvel&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-41-septembre-octobre-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 41, septembre-octobre 2005
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Referendum-+" rel="tag"&gt;R&#233;f&#233;rendum
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ah, la belle victoire du monde du travail et de la gauche que le succ&#232;s du Non au r&#233;f&#233;rendum ! Aussit&#244;t l'&#233;pisode &#233;lectoral achev&#233; et le nouveau gouvernement de Villepin constitu&#233;, l'offensive anti-ouvri&#232;re reprenait de plus belle. Et d&#232;s juin, de Villepin annon&#231;ait les mesures &#171; pour l'emploi &#187; (c'est-&#224;-dire pour les employeurs et contre les employ&#233;s) qu'il allait instaurer par ordonnances cet &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les mauvais coups de l'&#233;t&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le coup le plus rude est la cr&#233;ation du Contrat nouvel embauche (CNE). C'est un contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e, para&#238;t-il, mais qui peut &#234;tre interrompu &#224; tout moment par l'employeur dans les deux premi&#232;res ann&#233;es. Celui-ci n'a pas alors &#224; motiver le licenciement, juste &#224; verser une indemnit&#233; de pr&#233;carit&#233;. Et celle-ci est inf&#233;rieure &#224; celle pr&#233;vue en cas de fin de CDD. Apr&#232;s la rupture du CNE, un patron peut reprendre un autre salari&#233; au m&#234;me poste imm&#233;diatement, et m&#234;me reprendre le m&#234;me salari&#233; s'il daigne attendre 3 mois. Autrement dit, rompre un CNE est plus ais&#233; encore que de cong&#233;dier un CDD ou un int&#233;rimaire en fin de contrat. C'est vraiment le contrat super-pr&#233;caire. Enfin, si initialement de Villepin annon&#231;ait que le CNE ne concernerait que les entreprises de moins de 10 salari&#233;s, il touche finalement celles employant moins de 20 salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres ordonnances &#171; pour l'emploi &#187; sont de la m&#234;me veine. Une pr&#233;voit que les jeunes de moins de 26 ans ne comptent plus dans les effectifs des entreprises. Le but de la man&#339;uvre : dispenser certaines entreprises d'obligations qui se d&#233;clenchaient automatiquement jusqu'ici d&#232;s qu'elles atteignaient les seuils de 10, 20 ou 50 salari&#233;s, en particulier pour des questions de repr&#233;sentation de personnel et de droit syndical, mais aussi en ce qui concerne certaines cotisations sociales. Une autre exon&#232;re les entreprises d'entre 10 et 20 salari&#233;s de certaines obligations en cotisations sociales, en particulier pour le fonds d'aide au logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas &#234;tre en reste avec le gouvernement, la droite a fait passer quelques amendements aux textes adopt&#233;es courant juillet. Ainsi, dans une loi portant sur &#171; l'aide aux PME &#187;, un article &#233;tend le syst&#232;me du forfait-jours. Celui-ci &#233;tait applicable aux seuls cadres : il concerne d&#233;sormais une plus large fraction de salari&#233;s. Dans ce syst&#232;me le temps de travail se compte en jours et non pas en heures, ce qui permet aux patrons de contourner les 35 heures et le paiement des heures suppl&#233;mentaires. Et dans la m&#234;me loi, on a augment&#233; de deux &#224; quatre ans la dur&#233;e des mandats des d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel et des CE. Cherchez le rapport avec l'aide aux PME !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ch&#244;meurs, habituels souffre-douleurs des attaques contre l'ensemble du monde du travail, n'ont pas plus &#233;t&#233; oubli&#233;s cette fois. Alors qu'une nouvelle convention Unedic est en pr&#233;paration, les contr&#244;les et la r&#233;pression ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; accrus : un d&#233;cret pr&#233;voit une sanction de 15 jours de non-paiement d'allocations en cas de refus d'emplois, puis des sanctions plus lourdes en cas de &#171; r&#233;cidive &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Mais ce n'est qu'un d&#233;but...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour bien marquer que les attaques contre les travailleurs n'allaient pas cesser, de Villepin a encore enfonc&#233; le clou dans sa conf&#233;rence de presse de rentr&#233;e. Il faut rendre le travail attractif par rapport aux minima sociaux, nous dit-il. Bien entendu, cela ne signifie pas hausser les salaires ou le Smic. Tout au plus, il fait miroiter une hausse de la prime pour l'emploi (300 &#8364; de plus pour un salari&#233; au Smic, soit... 25 &#8364; par mois). En revanche, il a promis d'importantes r&#233;ductions d'imp&#244;ts sur le revenu. On sait que ce genre de mesure profite surtout aux plus riches, &#224; la rigueur aux classes moyennes (et en g&#233;n&#233;ral plut&#244;t les moyennes hautes que les moyennes basses). D'ailleurs Villepin pour illustrer son propos a pris l'exemple d'un c&#233;libataire gagnant 30 000 &#8364; par an (qui verrait, para&#238;t-il, son imp&#244;t r&#233;duit de 15 %), pas celui d'un smicard, &#233;videmment ! Et on sait maintenant qu'il r&#234;ve comme toute la droite d'une v&#233;ritable r&#233;forme de l'Imp&#244;t sur la fortune au profit des millionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, face &#224; la hausse du prix de l'essence, notre premier ministre s'est red&#233;couvert une fibre &#233;cologiste : pour affirmer qu'une intervention de l'&#201;tat pour baisser les prix &#224; la pompe &#233;tait &#224; &#233;carter car elle favoriserait une hausse de la consommation. Il pr&#233;f&#232;re expliquer aux salari&#233;s qu'il faut rouler moins vite... Sauf pour les transporteurs routiers qui b&#233;n&#233;ficieront d'un all&#232;gement de la taxe professionnelle : les bonnes paroles pour les travailleurs, des cadeaux bien sonnants pour les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Attendre 2007 ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Parti socialiste d&#233;nonce bien les mesures de Villepin, mais c'est pour offrir pour seule perspective de voter pour son candidat en 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camp du &#171; &lt;em&gt;Non de gauche&lt;/em&gt; &#187;, apr&#232;s avoir fait croire que le Non au r&#233;f&#233;rendum serait une d&#233;faite politique majeure pour Chirac, doit bien reconna&#238;tre que la politique anti-populaire n'a pas chang&#233; et se serait m&#234;me plut&#244;t aggrav&#233;e. Pourtant le PCF, chef de file du front qui va d'une fraction du PS &#224; la LCR, continue gaillardement &#224; faire un signer une p&#233;tition pour demander au gouvernement de &#171; respecter le verdict populaire &#187;. On peut toujours esp&#233;rer que Sarkozy et de Villepin, les soi-disant vaincus du r&#233;f&#233;rendum, qui se livrent &#224; une surench&#232;re sur un programme des plus r&#233;actionnaires (expulsions de sans-papiers, &#233;vacuations violentes sans relogement de familles pauvres, r&#233;forme de l'imp&#244;t sur la fortune, service minimum, etc.) vont en mourir d'&#233;tonnement... sinon de rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la gauche du Non aussi, il n'y a au fond d'autre perspective que 2007.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les syndicats &#224; reculons&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les conf&#233;d&#233;rations syndicales ont annonc&#233; une journ&#233;e d'action pour le 4 octobre. Mieux vaut tard que jamais, certes. Et il faut souhaiter que cette journ&#233;e d'action soit massivement suivie et qu'elle marque le coup face aux attaques gouvernementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peut-on vraiment esp&#233;rer que les centrales syndicales aient envie de lui donner une suite, elles qui l'ont engag&#233; avec tant de retard et apr&#232;s tant d'atermoiements ? La CFDT acceptait en juin le Contrat nouvelle embauche comme base de discussion avec le gouvernement. FO refusait toute mobilisation avant l'&#233;t&#233; et Jean-Claude Mailly s'est rendu courtoisement &#224; l'universit&#233; d'&#233;t&#233; du Medef pour discuter du &#171; &lt;em&gt; r&#233;enchantement du monde&lt;/em&gt; &#187;. La CGT a bien pris l'initiative de manifestations et gr&#232;ves le 21 juin, mais sans conviction ni mettre tout son poids dans sa balance. Bernard Thibault semble plus pr&#233;occup&#233; du congr&#232;s &#224; venir que de la construction d'une mobilisation. Et de pr&#233;ciser aussi que le but de cette journ&#233;e d'action n'est pas d'entamer la lutte d'envergure qui serait n&#233;cessaire mais, encore une fois, d'obtenir de &#171; vraies &#187; n&#233;gociations avec le patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute &#233;vidence, si cela ne d&#233;pend que des conf&#233;d&#233;rations syndicales nous aurons, au mieux, un nouveau 10 mars, quand les manifestations pour les salaires, pour l'emploi et contre la r&#233;forme des 35 heures avaient rassembl&#233; un million de salari&#233;s, du public comme du priv&#233;. Une belle journ&#233;e, mais rest&#233;e sans lendemain, sauf... la campagne du Non au r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour impulser le n&#233;cessaire mouvement d'ensemble de la classe ouvri&#232;re qui pourrait seul renverser la situation, on ne peut pas plus compter sur les chefs syndicaux ou politiques apr&#232;s la victoire du Non qu'avant. Heureusement, il n'a jamais &#233;t&#233; en leur pouvoir d'emp&#234;cher les initiatives de la base, militants et travailleurs conscients et combatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 septembre 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel CHARVET&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Front de gauche ou front de lutte ?
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Front-de-gauche-ou-front-de-lutte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Front-de-gauche-ou-front-de-lutte</guid>
		<dc:date>2005-09-15T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Extr&#234;me gauche
</dc:subject>
		<dc:subject>LCR
</dc:subject>
		<dc:subject>Gauche
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;f&#233;rendum
</dc:subject>

		<description>Il est vraiment f&#226;cheux que le premier ministre ne lise pas soigneusement, &#224; moins que ce ne soit pas du tout, la litt&#233;rature de la gauche du Non. Car de toute &#233;vidence ni lui ni le gouvernement ni la droite ni le Medef n'ont pris la mesure de leur d&#233;faite, n'ont conscience du coup re&#231;u ni n'ont compris que leur syst&#232;me &#233;tait en crise depuis le 29 mai dernier. &lt;br /&gt;Certes, si l'on en croit certains camarades de la LCR, ce ne serait qu'une fuite en avant de tout ce beau monde. Il faudrait&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans Lutte de classe
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Extreme-gauche-+" rel="tag"&gt;Extr&#234;me gauche
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-LCR-+" rel="tag"&gt;LCR
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Gauche-+" rel="tag"&gt;Gauche
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Referendum-+" rel="tag"&gt;R&#233;f&#233;rendum
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est vraiment f&#226;cheux que le premier ministre ne lise pas soigneusement, &#224; moins que ce ne soit pas du tout, la litt&#233;rature de la gauche du Non. Car de toute &#233;vidence ni lui ni le gouvernement ni la droite ni le Medef n'ont pris la mesure de leur d&#233;faite, n'ont conscience du coup re&#231;u ni n'ont compris que leur syst&#232;me &#233;tait en crise depuis le 29 mai dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, si l'on en croit certains camarades de la LCR, ce ne serait qu'une fuite en avant de tout ce beau monde. Il faudrait alors reconna&#238;tre qu'il sait d&#233;guiser son d&#233;sarroi sous une belle arrogance, nous dirions presque avec panache si ce n'&#233;tait, h&#233;las, aux d&#233;pens de notre classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais gouvernement n'a multipli&#233;, ou aid&#233; le patronat &#224; multiplier, autant de coups contre le monde du travail en aussi peu de temps et en tellement de directions : le temps de travail, les salaires, les droits sociaux, les droits syndicaux, les derni&#232;res protections contre la pr&#233;carit&#233;, tout ce qui reste des &#171; acquis &#187; (dont on voit bien que dans cette soci&#233;t&#233; d'exploitation, ils n'en sont que tant que les travailleurs ont la force et la volont&#233; de les faire respecter), tout passe &#224; la moulinette. Et toutes les cat&#233;gories : les jeunes qui arrivent sur le march&#233; du travail, les salari&#233;s qu'on presse comme des citrons avant de les jeter sur le pav&#233;, les ch&#244;meurs qu'on contr&#244;le toujours plus pour les indemniser de moins en moins, les retrait&#233;s dont les perspectives redeviennent de plus en plus sombres. Sans oublier les tr&#232;s mal log&#233;s, travailleurs la plupart d'origine immigr&#233;e, que Sarkozy pr&#233;textant l'ins&#233;curit&#233; expulse en fanfare - chassant ainsi sur les terres de Le Pen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais premier ministre, de gauche ou de droite, n'a sembl&#233; plus libre de d&#233;velopper une politique anti-ouvri&#232;re que ces trois derniers mois, depuis que Dominique de Villepin a remplac&#233; Jean-Pierre Raffarin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'aurait-il donc fait si le Oui &#233;tait sorti victorieux du scrutin ? Instaur&#233; un r&#233;gime carr&#233;ment fasciste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est peut-&#234;tre temps de d&#233;griser. En tout cas pour toute la gauche et l'extr&#234;me gauche qui a appel&#233; &#224; voter Non. Et de prendre conscience que la bataille du r&#233;f&#233;rendum n'en &#233;tait pas une, qu'il &#233;tait acquis d'avance que rien ne changerait, pour personne (si on excepte quelques ministres qui ont perdu ou gagn&#233; leur poste, et encore, les changements en question &#233;taient sans doute d&#233;cid&#233;s avant le r&#233;sultat !). Il est de plus en plus &#233;vident, avec le recul, que le seul r&#233;sultat dudit r&#233;f&#233;rendum a &#233;t&#233; de donner &#224; la gauche et aux centrales syndicales le pr&#233;texte (m&#234;me s'il est vrai que sans le r&#233;f&#233;rendum, elles en auraient trouv&#233; un autre ou se seraient pass&#233;es de pr&#233;texte) pour ne donner aucune suite &#224; la journ&#233;e du 10 mars. Pourtant quelques signes avaient alors montr&#233; qu'une mobilisation des salari&#233;s &#233;tait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous cet angle, pour Chirac, Raffarin ou Villepin et le gouvernement de droite, le r&#233;f&#233;rendum a &#233;t&#233; un plein succ&#232;s. On pourrait ajouter aussi pour tous les politiciens de gauche, qu'ils aient appel&#233; &#224; voter Oui comme Hollande ou Non comme Fabius. En fait pour tous ceux qui entendent &#233;viter que le m&#233;contentement se traduise par des luttes, dans les gr&#232;ves ou dans la rue. Oui, ce r&#233;f&#233;rendum a &#233;t&#233; un succ&#232;s pour tous ceux qui, d&#233;faits ou victorieux au soir des pr&#233;sidentielles et des l&#233;gislatives, nous demandaient de regarder imm&#233;diatement &#224; l'horizon des r&#233;gionales et des europ&#233;ennes, puis d&#232;s la sortie de celles-ci appelaient &#224; s'investir dans le r&#233;f&#233;rendum, et apr&#232;s celui-ci nous sugg&#232;rent de mettre tous nos espoirs dans... les nouvelles pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives de 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, vraiment, pourquoi de Villepin, la droite ou les patrons ne se sentiraient-ils pas aussi libres depuis ce printemps qu'avant ? Quels obstacles, quelles oppositions trouvent-ils depuis devant eux et leur politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les conf&#233;d&#233;rations syndicales ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le 10 mars n'a pas eu de suite, elles en sont les premi&#232;res responsables. Qu'elles aient appel&#233; explicitement &#224; voter, Oui pour la CFDT, Non pour la CGT, ou pas, toutes par leur attitude ont indiqu&#233; qu'il s'agissait de passer de la rue aux urnes. Et toutes surtout ont accueilli avec satisfaction les propositions de n&#233;gociations, dont la date d'ailleurs &#233;tait parfois fix&#233;e pour trois mois plus tard, apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum. Il leur a suffi de cela pour geler &lt;em&gt;de facto&lt;/em&gt; toute id&#233;e de continuer un mouvement &#224; peine commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette rentr&#233;e, toutes les centrales se sont mises d'accord pour une journ&#233;e nationale d'action le 4 octobre sur les th&#232;mes du pouvoir d'achat et de l'emploi. Ce sont bien en effet les deux principaux probl&#232;mes du monde du travail. Mais avec quelle volont&#233; de faire autre chose qu'un nouveau 10 mars sans plus de lendemain que celui-ci ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 mai pass&#233;, et alors que le nouveau gouvernement annon&#231;ait tout de suite clairement la couleur (contrat nouvelle embauche, pressions accrues sur les ch&#244;meurs, volont&#233; de proc&#233;der par ordonnances), toutes les conf&#233;d&#233;rations se sont ru&#233;es vers Matignon qui leur faisait de l'oeil. Pour se plaindre ensuite que le premier ministre n'avait tenu compte en rien de leurs suggestions dans la r&#233;daction desdites ordonnances, mais aussi pour remettre &#224; septembre la mise sur pied de toute r&#233;action. Certes, l'&#233;t&#233; n'est gu&#232;re propice &#224; l'organisation de mouvements de protestation. Mais que n'ont-elles propos&#233; de r&#233;agir avant, d&#232;s le mois de juin, puisque d&#232;s la premi&#232;re semaine qui suivit le r&#233;f&#233;rendum, tout le monde connaissait les intentions r&#233;elles de Villepin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aujourd'hui que proposent-elles d'autre comme objectif au 4 octobre sinon encore une fois de n&#233;gocier ? Evoquent-elles une suite &#224; donner &#224; cette journ&#233;e ? Pas la moindre, alors que tout le monde sait qu'il faudra un mouvement d'envergure dans l'espace comme dans le temps pour faire reculer gouvernement et patronat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc pas de ce c&#244;t&#233; que le gouvernement peut se sentir entrav&#233;. Esp&#233;rons quand m&#234;me, bien s&#251;r, que le 4 octobre ne reste pas sans lendemain. Mais pour que ce soit le cas, pour que les centrales syndicales, ou certaines d'entre elles, se r&#233;solvent &#224; lui donner une suite, imm&#233;diate et non dans six mois ou un an, voire apr&#232;s les prochaines &#233;lections (sans vergogne, toutes font maintenant r&#233;f&#233;rence au 10 mars &#224; propos du 4 octobre !), il faudra une sacr&#233;e pression des travailleurs, voire une menace de se passer d'elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gauche du Non ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'universit&#233; d'&#233;t&#233; du PRS (Pour une R&#233;publique Sociale de Jean-Luc M&#233;lenchon), en passant par le rassemblement des Collectifs du Non et l'Universit&#233; d'&#233;t&#233; de la LCR, jusqu'&#224; la f&#234;te de &lt;em&gt;L'Humanit&#233;&lt;/em&gt;, la m&#234;me brochette des leaders de la gauche du Non est apparue et r&#233;apparue ensemble pour se f&#233;liciter de leur succ&#232;s du 29 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne discutons pas ici du bien fond&#233; de s'attribuer celui-ci, en oubliant quasiment que les voix de droite et d'extr&#234;me droite y ont quand m&#234;me contribu&#233; pour une part importante m&#234;me si elle ne peut &#234;tre chiffr&#233;e. La vraie question est de savoir ce qu'ils entendent faire de cette victoire sur les partisans de l'ultra-lib&#233;ralisme, puisque victoire il y a eu, para&#238;t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Transformer l'essai &#187; ont clam&#233;, chacun dans le style qui est le leur, Jean-Luc M&#233;lenchon, Marie-George Buffet, Yves Salesse, Francine Bavay ou Olivier Besancenot. Excellent objectif. Mais quelle traduction ? Ont-ils profit&#233; de la nouvelle stature que leur combat et leur victoire dans cette bataille du r&#233;f&#233;rendum leur ont donn&#233;e, pour fixer des objectifs de lutte et les proposer au mouvement ouvrier, &#224; la gauche, &#224; l'ensemble des travailleurs ? Pour proposer les nouveaux combats, cette fois hors des urnes, qui terrasseraient d&#233;finitivement les partisans du lib&#233;ralisme &#224; qui ils auraient d&#233;j&#224; fait mettre un genou &#224; terre le 29 mai ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant chacun s'est content&#233; d'inviter les autres &#224; partager la tribune que sa propre organisation a dress&#233;e au cours de l'&#233;t&#233;. Et l&#224; de se f&#233;liciter que chacun r&#233;ponde avec empressement aux invitations des autres et manifeste la volont&#233; de rester tous ensemble. Au mieux de discuter les alli&#233;s qu'ils devraient se trouver : &#224; Besancenot qui fait &#224; juste titre la moue, M&#233;lenchon vante les m&#233;rite de Fabius ; &#224; la LCR qui ne jure que par la &#171; gauche de la gauche &#187;, le PCF r&#233;pond &#171; toute la gauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se trouver de nouveaux alli&#233;s et &#234;tre unis, pourquoi pas ? Mais pour quel but ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; que la plupart des chefs de la gauche de la gauche se r&#233;v&#232;lent effectivement bien... de gauche. C'est-&#224;-dire qu'ils n'entendent par lutte politique que lutte &#233;lectorale et qu'au fond ils se m&#233;fient, au moins autant que les chefs syndicaux, d'une mobilisation des travailleurs ou des masses populaires. Comment alors pourraient-ils donc la proposer, voire en parler autrement que par quelques formules ronflantes mais sans traduction concr&#232;te dans les discours ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Marie-George Buffet se risque dans cette direction, c'est au mieux pour appeler &#224; se joindre &#224; la journ&#233;e syndicale du 4 octobre, &#224; laquelle de toute mani&#232;re tous les militants de la gauche du Non sont d&#233;j&#224; bien d&#233;cid&#233;s &#224; participer. Mais sans critiquer les timidit&#233;s des conf&#233;d&#233;rations syndicales, et sans faire, &#224; la place de celles-ci qui sont d&#233;faillantes, de propositions pour la n&#233;cessaire suite &#224; donner. Cette suite pour la chef du PCF se limite &#224; de nouvelles r&#233;unions de la gauche pour discuter de comment et sur quel programme cette gauche pourrait... se r&#233;unir : un grand rassemblement national du &#171; tous ensemble &#187; le 22 octobre ; un grand forum national le 26 novembre pour faire le point sur la construction d'un programme de gouvernement populaire et citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Buffet pense donc bien &#224; la suite, mais dans la seule perspective des &#233;lections de 2007, dans un an et demi, pas du tout en terme de luttes et de mobilisations, sauf celle des &#233;lecteurs. Inutile sans doute d'&#233;piloguer sur les perspectives des autres membres de la bande, M&#233;lenchon, Bavay, Salesse ou Bov&#233; quand il d&#233;clare au soir m&#234;me de la f&#234;te de &lt;em&gt;L'Huma&lt;/em&gt; sur les ondes de RTL qu'il est pr&#234;t &#224; assumer &#171; &lt;em&gt;un r&#244;le de passerelle entre les Non de gauche&lt;/em&gt; &#187;... pour rassembler d'ailleurs au-del&#224; de ces m&#234;mes Non puisqu'il &#171; &lt;em&gt;pense notamment aux Verts&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compter sur ces hommes et femmes politiques de la gauche du Non pour impulser la mobilisation et les luttes ? Pas davantage que sur les Bernard Thibault, Jean-Claude Mailly ou Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La LCR ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant ce que feint de croire la LCR qui inlassablement propose et repropose depuis trois mois de constituer un &#171; front social et politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ce front, dans l'esprit des camarades de la LCR - son porte-parole le r&#233;p&#232;te &#224; chacune de ses rencontres avec les autres leaders de la gauche du Non - aurait aussi comme objectif de promouvoir les luttes. Mais cela ne fait qu'ajouter &#224; l'ambigu&#239;t&#233; de sa proposition. Si la LCR allait jusqu'au bout de sa d&#233;marche et si celle-ci se concr&#233;tisait, cela ne pourrait que l'amener &#224; se ranger, pour un temps ou d&#233;finitivement, dans un camp peut-&#234;tre &#171; anti-lib&#233;ral &#187; mais certainement pas prol&#233;tarien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la base politique de ce front, en effet ? Ni la participation commune &#224; des combats sociaux, ni un programme lutte de classe, mais le seul vote Non au dernier r&#233;f&#233;rendum. Ce seul vote, dont les raisons &#233;taient plus que confuses et contradictoires, m&#234;me si on ne parle que de celles des seuls &#233;lecteurs de gauche, permet &#224; la LCR de se jeter dans un m&#234;me sac, p&#234;le-m&#234;le avec des r&#233;formistes qui ne cachent pas leurs distances d'avec le camp de la classe ouvri&#232;re ou d'anciens ministres de Jospin, fiers de l'avoir &#233;t&#233; et se r&#233;clamant de leur pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce monde pourrait-il se retrouver &#233;ventuellement au coude &#224; coude dans la lutte comme les y invite avec obstination Olivier Besancenot ? Peut-&#234;tre. De toute mani&#232;re il est juste de le leur proposer ne serait-ce que pour les mettre au pied du mur devant les travailleurs qui ne pourraient comprendre qu'on &#233;carte a priori, pour des raisons qui appara&#238;traient alors de rivalit&#233; entre boutiques politiques, ceux qui parlent de se joindre au mouvement. On peut d'ailleurs leur faire confiance pour le faire d'eux-m&#234;mes, ne serait-ce que pour mieux contr&#244;ler et &#224; terme arr&#234;ter un mouvement qui se d&#233;velopperait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur de la LCR n'est donc pas de leur proposer de lutter ensemble, pour aider &#224; la mobilisation, par exemple, pour arracher l'augmentation de 300 euros mensuels pour tous ou l'interdiction des licenciements, de constituer donc un front si l'on veut mais sur des objectifs pr&#233;cis. Mais ce n'est pas &#231;a que proposent, meeting commun apr&#232;s meeting commun, les leaders de la LCR &#224; leurs alli&#233;s. Ce &#171; front social et politique &#187; est con&#231;u par eux comme une alliance permanente et globale avec pour finalit&#233; de construire un programme commun. On imagine d'abord le salmigondis que ce programme pourrait &#234;tre, m&#234;me si M&#233;lenchon ou Buffet consentaient &#224; y introduire quelques pinc&#233;es de radicalisme r&#233;volutionnaire. Et puis surtout, il ne pourrait avoir qu'un objectif &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alli&#233;s de la LCR ne cachent d'ailleurs pas que leur but, en constituant plus ou moins formellement ce front, est de se mettre en meilleure position pour nouer d'autres alliances &#233;lectorales ou gouvernementales avec le reste de la gauche, celle que la LCR continue &#224; appeler social-lib&#233;rale, voire une partie de la droite (mais qui distingue vraiment aujourd'hui la droite de la gauche quand elles sont au gouvernement ?). M&#233;lenchon va r&#233;p&#233;tant &#224; chaque occasion que Fabius est le seul candidat possible de toute la gauche, gauche de la gauche incluse ; Buffet milite ouvertement pour la r&#233;conciliation avec les deux ailes du PS, celle du Oui et celle du Non. Et Alain Krivine et Olivier Besancenot eux-m&#234;mes ont &#224; plusieurs reprises laiss&#233; entendre que la LCR ne serait pas oppos&#233;e &#224; entrer dans un gouvernement. Peuvent-ils l'imaginer sans le PS, alors que tous les autres participants de leur front social et politique ne le jugent ni pensable ni souhaitable ? Certes, ils ajoutent imm&#233;diatement que ce serait &#224; la condition &lt;em&gt;sine qua non&lt;/em&gt; que ce gouvernement d&#233;fende les int&#233;r&#234;ts des travailleurs. Mais quel homme de gauche a jamais dit, avant d'aller au pouvoir, qu'il n'y mettait pas cette condition rigoureuse ? Ah, les discours de Mitterrand sur ce th&#232;me avant 1981 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas ce que la LCR propose, l&#224; consciemment, c'est bien la constitution d'un parti de la gauche de la gauche (pas r&#233;volutionnaire, cela ne fait de doute pour personne, et en fait, vu la majorit&#233; des politiciens qui le composent, m&#234;me pas r&#233;formiste non plus). C'est le but, il faut le reconna&#238;tre, poursuivi depuis longtemps par une aile de la LCR qui a sans doute vu dans l'&#233;pisode du r&#233;f&#233;rendum l'occasion de pousser ses pions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on l'appelle front ne change rien ; pas plus le fait qu'il soit compos&#233; de sous-partis et de fractions qui gardent une grande autonomie. Il a d&#233;j&#224; exist&#233; bien des partis semblables. Nous avons encore l'exemple tout r&#233;cent du Parti des travailleurs du Br&#233;sil. Il &#233;tait n&#233; pourtant sous des auspices autrement combatifs et m&#234;me prol&#233;tariens que le front social et politique qu'on nous propose aujourd'hui en France. Cela ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de jouer, vite et mal, un remake de la social-d&#233;mocratie. Un exemple sur lequel les camarades de la LCR devraient se pencher, eux qui, il y a peu encore, approuvaient assez chaudement l'entr&#233;e de certains de leurs camarades br&#233;siliens dans le gouvernement de Lula. Certes le front social et politique a sans doute moins d'avenir que le PT. Mais si, par hasard il en avait un... ce ne pourrait &#234;tre que celui-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LCR s'efforce sans doute de r&#233;pondre au d&#233;sir sinc&#232;re de nombreux militants de gauche ou du mouvement ouvrier de voir na&#238;tre un front des luttes. Mais cela n'en rend que la man&#339;uvre plus n&#233;faste. Car si la LCR persistait dans cette politique, en s'appuyant sur ce d&#233;sir l&#233;gitime, elle ne ferait qu'aider &#224; leur faire avaler un produit frauduleux qui n'a rien &#224; voir avec la n&#233;cessaire unit&#233; dans le combat, une nouvelle mouture d'un parti de gauche &#233;lectoraliste, parlementaire et collaborationiste de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ou Lutte Ouvri&#232;re ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; sa d&#233;cision d'appeler finalement au vote Non (que nous continuons &#224; d&#233;sapprouver), Lutte ouvri&#232;re n'a pas march&#233; dans cette man&#339;uvre. Elle ne s'acoquine pas avec les M&#233;lenchon, Buffet ou autre Emmanuelli sur les m&#234;mes tribunes. Dans de telles circonstances la politique de la chaise vide est sans aucun doute la meilleure. A condition qu'elle ne devienne pas le si&#232;ge du vide politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce front de la gauche de la gauche conna&#238;t quelque succ&#232;s aupr&#232;s de certains militants, pourtant m&#233;fiants tant vis-&#224;-vis de la gauche que des centrales syndicales, c'est parce qu'il r&#233;pond, mal certes mais &#224; un vrai probl&#232;me : comment cr&#233;er les conditions de la contre-offensive ouvri&#232;re et populaire &#224; laquelle ces militants aspirent et qu'ils attendent depuis si longtemps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de la LCR n'est qu'illusions. Mais d&#233;noncer celles-ci n'est pas suffisant si dans le m&#234;me temps on ne tente pas d'en apporter une autre, meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est juste mais pas suffisant de refuser d'aller d&#233;battre d'anticapitalisme avec M&#233;lanchon et Buffet &#224; l'universit&#233; de la LCR, si dans le m&#234;me temps on ne propose pas &#224; celle-ci de voir ensemble quelle riposte on pourrait proposer au mouvement ouvrier face aux attaques du gouvernement et des patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est sans doute pas faux non plus pour Arlette Laguiller de r&#233;pondre au contraire &#224; l'invitation de se rendre &#224; la f&#234;te de &lt;em&gt;L'Humanit&#233;&lt;/em&gt;. Mais le geste n'aurait de sens que s'il &#233;tait accompagn&#233; d'une proposition au PCF de d&#233;battre de la riposte ouvri&#232;re que les communistes et la gauche devraient proposer &#224; la rentr&#233;e. Sinon il se transforme en un simple geste de bonne amiti&#233; bien peu clair politiquement, voire manifestant une volont&#233; de faire partie quand m&#234;me de la grande famille de la gauche. &lt;em&gt;L'Humanit&#233; &lt;/em&gt;du lendemain n'a d'ailleurs pas manqu&#233; de le pr&#233;senter ainsi. Et du coup le refus de s'int&#233;grer dans le &#171; front social et politique &#187; devient difficilement compr&#233;hensible par les militants du PCF comme de la LCR, auxquels il risque bien d'appara&#238;tre un produit du sectarisme organisationnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant plus qu'au final pratiquement LO se trouverait r&#233;duite &#224; participer, comme les autres et dans les m&#234;mes limites, aux initiatives soit des centrales syndicales soit de la gauche, telles que le 4 octobre, voire le 22 octobre, sans s'&#234;tre plus d&#233;marqu&#233;e, sans avoir propos&#233; quoique ce soit d'autre. Il y a plusieurs mani&#232;res de faire du suivisme, pas seulement celle de la LCR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment, il serait grand temps que les organisations r&#233;volutionnaires s'efforcent, &#224; la hauteur de leurs moyens mat&#233;riels et politiques (mais mis en commun, ceux-ci ne sont pas nuls), d'avoir une politique ind&#233;pendante vis-&#224;-vis de la gauche, mais qui colle aussi aux besoins pr&#233;sents du monde du travail et donc s'adresse &#224; l'ensemble du mouvement ouvrier. Sans doute en ces cent premiers jours du gouvernement de Villepin l'occasion en a &#233;t&#233; manqu&#233;e. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 septembre 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Editorial : Les &#233;lections ou les luttes ?
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Les-elections-ou-les-luttes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Les-elections-ou-les-luttes</guid>
		<dc:date>2005-07-04T09:06:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;f&#233;rendum
</dc:subject>

		<description>Curieux cet aveuglement ! Nous ne parlons pas de celui de la gauche du Non : il est volontaire. Mais de la c&#233;cit&#233; de l'extr&#234;me gauche qui depuis des mois a eu pour pr&#233;occupation et occupation essentielles, sinon uniques, de faire campagne pour le Non au r&#233;f&#233;rendum. &lt;br /&gt;Que dire en effet de la LCR, par exemple ? Au sortir des &#233;lections r&#233;gionales et europ&#233;ennes, alors que la droite et le gouvernement largement battus continuent comme si de rien n'&#233;tait, elle est la premi&#232;re &#224; r&#233;clamer un&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-40-juillet-aout-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 40, juillet-ao&#251;t 2005
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Referendum-+" rel="tag"&gt;R&#233;f&#233;rendum
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Curieux cet aveuglement ! Nous ne parlons pas de celui de la gauche du Non : il est volontaire. Mais de la c&#233;cit&#233; de l'extr&#234;me gauche qui depuis des mois a eu pour pr&#233;occupation et occupation essentielles, sinon uniques, de faire campagne pour le Non au r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire en effet de la LCR, par exemple ? Au sortir des &#233;lections r&#233;gionales et europ&#233;ennes, alors que la droite et le gouvernement largement battus continuent comme si de rien n'&#233;tait, elle est la premi&#232;re &#224; r&#233;clamer un r&#233;f&#233;rendum. Un an plus tard, Chirac &#224; nouveau largement d&#233;savou&#233; dans ce r&#233;f&#233;rendum imprime une allure encore plus anti-populaire au gouvernement et surtout &#224; sa politique. Et voil&#224; la LCR qui r&#233;clame, encore plus fort que ses alli&#233;s, la dissolution de l'assembl&#233;e nationale, la d&#233;mission de Chirac... et de nouvelles &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier tour dans les urnes nous avait maintenu Raffarin, un deuxi&#232;me tour nous a ramen&#233; Sarkozy, et il faudrait se donner l'objectif d'en pr&#233;cipiter un troisi&#232;me ? Au risque cette fois d'ajouter de Villiers peut-&#234;tre, voire Le Pen ? Car &#224; force de victoires comme celle que la gauche du Non vient de c&#233;l&#233;brer &#224; l'issue de ce r&#233;f&#233;rendum, en tordant sans vergogne la signification du r&#233;sultat et m&#234;me le sens que bien des &#233;lecteurs ont probablement mis dans leur vote (souvent beaucoup moins antilib&#233;ral et beaucoup plus anti-europ&#233;en que cette gauche l'a pr&#233;tendu) o&#249; ne pourrions-nous aboutir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche, toute la gauche, n'a d'autre perspective que les prochaines &#233;lections. Et n'entend pas s'en donner d'autres. Toutes ses prises de positions &#224; l'occasion de ce r&#233;f&#233;rendum, celle du PS du Oui comme celle du PS du Non, celle du PCF comme celle d'Attac ou de Copernic, &#233;taient moins pour pr&#233;parer l'Europe de 2006 que les pr&#233;sidentielles, les l&#233;gislatives ou les municipales de 2007. Personne ne l'a vraiment cach&#233; d'ailleurs, il faut le reconna&#238;tre. Comme personne ne cache maintenant ni ses vis&#233;es, ni ses tactiques politiques. Ni Hollande ni Fabius (ou d'autres) de postuler pour &#234;tre le candidat du PS au premier tour afin de forcer le rassemblement de toute la gauche sur son nom au second, ni Buffet de regrouper la gauche de la gauche (de Taubira &#224; Besancenot ?) autour du PCF dans un premier temps afin de n&#233;gocier au mieux une nouvelle union avec le PS dans un second.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, pendant que toute cette gauche peaufine les tactiques susceptibles d'avantager au mieux les ambitions personnelles ou de parti, les attaques gouvernementales et patronales redoublent contre les salari&#233;s. Et l'absence de r&#233;actions imm&#233;diates devant les projets du gouvernement enhardit encore celui-ci : au moment o&#249; nous &#233;crivons de Villepin parle maintenant d'&#233;tendre la p&#233;riode d'essai de deux ans pour les nouveaux embauch&#233;s, des entreprises de moins de 10 salari&#233;s &#224; celles de moins de 20. En attendant sans doute, s'il n'y a toujours pas la r&#233;action d'envergure qui s'imposerait, de l'&#233;tendre encore... sans limite. Aucun doute, lui au moins a compris que l'importance du r&#233;f&#233;rendum n'&#233;tait pas dans son r&#233;sultat mais d'avoir permis de geler une mobilisation qui pointait, d'avoir repouss&#233; aux calendes grecques la suite des manifestations du 10 mars, d'avoir laiss&#233; le mouvement lyc&#233;en retomber faute de trouver les soutiens qu'il cherchait du c&#244;t&#233; des travailleurs, en bref d'avoir jou&#233; pleinement son r&#244;le de d&#233;rivatif ou d'exutoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me gauche, &#224; bien peu d'exceptions pr&#232;s, en participant &#224; ce r&#233;f&#233;rendum au lieu de le d&#233;noncer purement et simplement pour ce qu'il &#233;tait, elle aussi s'y est laiss&#233; prendre. Mais c'est maintenant une raison de plus pour redresser la barre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul un mouvement d'ensemble pourrait r&#233;pondre &#224; l'arrogance d'un gouvernement qui annonce qu'il va matraquer par ordonnance, et mettre fin &#224; ses projets contre les travailleurs, les ch&#244;meurs, les immigr&#233;s, les protections sociales, le code du travail, bref tous les aspects de la vie du monde ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes il n'est pas dans les possibilit&#233;s de l'extr&#234;me gauche &#224; elle seule de susciter cette r&#233;action d'envergure, dans la rue, par la gr&#232;ve. Mais il d&#233;pend bien d'elle d'avoir pour seule orientation de militer pour ce mouvement d'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour ce faire d'abord, &#233;videmment, de soutenir, participer, d&#233;velopper quand elle le peut et l&#224; o&#249; elle est, les conflits parcellaires, &#233;parpill&#233;s et limit&#233;s qui en ce d&#233;but de l'&#233;t&#233; se produisent pourtant en nombre sur les salaires, contre les suppressions d'emplois ou pour la d&#233;fense des conditions de travail. Mais aussi de d&#233;velopper une campagne pour un mouvement de tous sur un programme correspondant aux int&#233;r&#234;ts de tous : interdiction des licenciements, augmentation des salaires, fin de la pr&#233;carit&#233;, r&#233;partition du travail entre tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette campagne permettrait de s'adresser aux militants de gauche, politiques, syndicalistes, associatifs, voire de les associer &#224; une activit&#233; commune mais sur un autre terrain et une autre perspective qu'&#233;lectoraux. Et elle n'est pas moins &#224; la port&#233;e de l'extr&#234;me gauche, surtout si celle-ci mettait ses forces en commun, que celle dans laquelle elle vient de gaspiller beaucoup d'efforts &#224; propos d'un r&#233;f&#233;rendum sans enjeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 juin 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Tsunami politique ou vaguelette politicienne ?
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Tsunami-politique-ou-vaguelette-politicienne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Tsunami-politique-ou-vaguelette-politicienne</guid>
		<dc:date>2005-06-23T06:09:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;f&#233;rendum
</dc:subject>

		<description>La victoire du Non au r&#233;f&#233;rendum sur la constitution europ&#233;enne &#233;tait, para&#238;t-il, un tsunami politique. Apr&#232;s son passage, de l'autorit&#233; et du pouvoir de Jacques Chirac, il ne resterait, nous a-t-on dit, qu'un champ de ruines. Et tous de se poser la question de savoir comment le pr&#233;sident pouvait bien r&#233;agir au terrible camouflet que lui avaient inflig&#233; les &#233;lecteurs. &lt;br /&gt;Il n'a pas fallu longtemps pour avoir une r&#233;ponse. Chirac a r&#233;agi exactement comme il fallait s'y attendre, et comme&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans Lutte de classe
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Referendum-+" rel="tag"&gt;R&#233;f&#233;rendum
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La victoire du Non au r&#233;f&#233;rendum sur la constitution europ&#233;enne &#233;tait, para&#238;t-il, un tsunami politique. Apr&#232;s son passage, de l'autorit&#233; et du pouvoir de Jacques Chirac, il ne resterait, nous a-t-on dit, qu'un champ de ruines. Et tous de se poser la question de savoir comment le pr&#233;sident pouvait bien r&#233;agir au terrible camouflet que lui avaient inflig&#233; les &#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a pas fallu longtemps pour avoir une r&#233;ponse. Chirac a r&#233;agi exactement comme il fallait s'y attendre, et comme d'ailleurs il l'avait annonc&#233; d'avance en r&#233;p&#233;tant que - foin du r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum ! - il resterait &#224; son poste. Il a certes assur&#233; les &#233;lecteurs qu'il tiendrait compte de leur vote (quel homme politique a jamais dit le contraire ?), a remerci&#233; Jean-Pierre Raffarin (c'&#233;tait l&#224; aussi pratiquement pr&#233;vu, quel que soit le r&#233;sultat du scrutin du 29 mai) et a mis en place un nouveau gouvernement avec les m&#234;mes hommes &#224; quelques exceptions pr&#232;s pour continuer les m&#234;mes politiques... cette fois sans exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, si &#224; Raffarin l'on ajoute Fabius qui a perdu momentan&#233;ment son poste de num&#233;ro 2 du PS, le tremblement de terre du 29 mai n'aura pas fait plus de deux victimes. Mettons quatre ou cinq si on y ajoute quelques ex-ministres comme Fillon ou Barnier qui n'en finissent pas d'&#233;taler dans les m&#233;dias leur amertume d'avoir &#233;t&#233; vir&#233;s alors qu'ils n'avaient pas fait plus mal que les autres. Quelques bless&#233;s donc, sans doute vite gu&#233;ris, m&#234;me pas de morts car nous ne doutons pas que tous ces personnages r&#233;apparaissent et resservent bien vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut certes toujours esp&#233;rer que ce n'&#233;tait l&#224; que la premi&#232;re secousse et que Chirac apr&#232;s ce &#171; Mai 68 &#233;lectoral &#187; sera emport&#233; &#224; retardement comme De Gaulle le fut un an apr&#232;s le v&#233;ritable Mai 68. En attendant il est toujours en place, la politique anti-ouvri&#232;re et anti-populaire aussi, et m&#234;me aggrav&#233;e. Les vraies victimes morales sont en fait les millions d'&#233;lecteurs populaires qui ont pu croire - tant tous les partis, de l'extr&#234;me gauche &#224; l'extr&#234;me droite, ont contribu&#233; &#224; le leur faire croire ! - que le r&#233;sultat de ce r&#233;f&#233;rendum aurait de l'importance et des cons&#233;quences, sur leur sort, sur la situation de ce pays ou encore sur la situation en Europe. Certes celle-ci n'aura sans doute pas de constitution avant longtemps et les Britanniques et d'autres n'auront pas &#224; se prononcer par r&#233;f&#233;rendum (mais Tony Blair n'avait plus qu'&#224; trouver un pr&#233;texte pour annuler celui-ci). Mais par ailleurs tout continue comme avant. L'Union europ&#233;enne avec ou sans constitution reste le terrain sur lequel, pour la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de leurs petits ou grands bourgeois nationaux, les gouvernements s'empaillent (Tony d&#233;fendant son rabais contre Jacques accroch&#233; &#224; sa Pac) ou au contraire s'entendent sur le dos de leurs classes laborieuses.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quel avertissement ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chirac, et les autres, sont-ils donc sourds, pour ne pas avoir entendu l'avertissement ? Inconscients pour continuer &#224; danser sur le volcan alors que ces 55 % de Non annonceraient l'&#233;ruption ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ont-ils pas plut&#244;t pris la juste mesure de la signification des r&#233;sultats, mieux par exemple que bien des partisans du Non, pris &#224; leurs propres rh&#233;toriques ? Car la victoire du Non ne serait un avertissement que si elle refl&#233;tait une radicalisation de ces couches populaires et particuli&#232;rement de la classe ouvri&#232;re qui, en effet, en ont form&#233; le gros des &#233;lecteurs. Mais qui peut s&#233;rieusement pr&#233;tendre que c'est le cas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, elle a bien refl&#233;t&#233; le m&#233;contentement tant &#224; l'&#233;gard du pr&#233;sident et de son gouvernement que de la situation en g&#233;n&#233;ral. En disant Non, aucun doute, les &#233;lecteurs disaient d'abord merde &#224; Chirac. M&#234;me s'il faut relativiser la port&#233;e des sondages d'opinion, ceux qui quelques jours apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum montrent que le chef de l'Etat conna&#238;t une baisse drastique de sa cote de bonnes opinions dans le pays sont bien une confirmation de tous les signes enregistr&#233;s pr&#233;c&#233;demment. Notons pourtant que si aujourd'hui Chirac est &#224; 28 ou m&#234;me 25 % de bonnes opinions, Mitterrand &#233;tait tomb&#233; encore plus bas, 22 % en 1991, ce qui ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de rester en place encore quatre ans. Autant pour ceux qui pensent que l'impopularit&#233; pousse automatiquement Chirac vers une sortie pr&#233;cipit&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord cette r&#233;probation de Chirac et de sa politique n'allait pas seule. Ceux qui ont vot&#233; Non, les &#233;lecteurs populaires comme les autres, exprimaient aussi bien d'autres sentiments, contradictoires. Mais &#233;tait-ce le sentiment que la constitution qu'on leur proposait &#233;tait trop &#171; lib&#233;rale &#187;, comme veut le croire la gauche du Non ? Ou plus ou moins confus&#233;ment, le pr&#233;jug&#233; que l'Europe &#233;tait la cause de leurs maux ? Un autre sondage, toujours &#224; prendre avec les m&#234;mes pincettes bien entendu, vient de r&#233;v&#233;ler que 70 % de ceux qui auraient vot&#233; Non regrettent que le Franc ait fait place &#224; l'Euro. En m&#234;me temps qu'une terrible confusion sur les causes r&#233;elles de la baisse de leur pouvoir d'achat (attribu&#233;e non &#224; l'exploitation capitaliste accrue mais &#224; ce malheureux euro), n'est-ce pas plut&#244;t la marque d'une nostalgie r&#233;actionnaire et chauvine ? En tout cas, ce n'est certainement pas la volont&#233; de b&#226;tir une autre Europe, moins lib&#233;rale, plus progressive, plus sociale et plus juste. Et pas la volont&#233; non plus de lutter pour celle-ci... ni pour un autre objectif d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'exutoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pas plus que tant d'autres gouvernants europ&#233;ens, Chirac n'&#233;tait oblig&#233; d'organiser un r&#233;f&#233;rendum sur la constitution europ&#233;enne. Il aurait pu se contenter d'un vote du Parlement o&#249; la constitution aurait &#233;t&#233; adopt&#233;e sans vague &#224; une &#233;crasante majorit&#233;. Mais le r&#233;f&#233;rendum, con&#231;u au d&#233;part, au moins en partie, pour fixer l'attention des &#233;lecteurs vers un objet qui n'avait pas grand chose &#224; voir avec leurs probl&#232;mes, est devenu au fil des mois un moyen pour canaliser la col&#232;re vers un objectif o&#249; elle pourrait se dissiper sans effet. Car une col&#232;re qui se lib&#232;re par le d&#233;p&#244;t d'un bulletin dans l'urne n'est pas de celles qui poussent les foules dans la rue. Tout le contraire m&#234;me. C'est d'ailleurs un vieux proc&#233;d&#233; du pouvoir, en particulier de la Cinqui&#232;me R&#233;publique : au plus fort de Mai 68, De Gaulle ne parla-t-il pas d'organiser un r&#233;f&#233;rendum ? Et si celui-ci fut alors remis&#233; au placard, ce fut seulement parce qu'&#224; ce moment-l&#224;, la col&#232;re &#233;tait bien r&#233;elle et pas d&#233;cid&#233;e du tout &#224; se contenter d'un exutoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce printemps 2005 la col&#232;re n'&#233;tait pas &#224; ce niveau. Elle existait certes. Elle commen&#231;ait m&#234;me &#224; monter comme l'a prouv&#233; la journ&#233;e du 10 mars qui a r&#233;uni dans la rue plus de manifestants qu'il n'y en avait eu depuis longtemps. Comme le prouvait aussi la mobilisation des lyc&#233;ens qui durait depuis deux mois. Mais c'est justement &#224; ce moment-l&#224; que la man&#339;uvre r&#233;f&#233;rendaire prit tout son sens, avec l'aide de toute la classe politique de droite comme de gauche. Aux salari&#233;s, c'est le 29 mai qui fut propos&#233; comme prochaine &#233;tape et d&#233;bouch&#233; politique de la lutte qui s'&#233;bauchait. Quant aux lyc&#233;ens, qu'il &#233;tait sans doute plus difficile de faire rentrer en classe sous pr&#233;texte de r&#233;f&#233;rendum... puisqu'ils ne votaient pas, mais dont une bonne minorit&#233; esp&#233;rait une convergence de leur lutte avec celle de la classe ouvri&#232;re, ils furent laiss&#233;s &#224; eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : d&#233;savou&#233; dans les urnes, au plus bas dans l'opinion, forc&#233; d'avaler son chapeau en devant appeler Sarkozy &#224; la rescousse pour conforter son gouvernement, Chirac n'a pourtant au fond gu&#232;re &#224; s'en faire. Pour cela il faudrait qu'il ait affaire &#224; une opposition qui soit pr&#234;te &#224; en d&#233;coudre, &#224; une gauche qui ait envie de se faire le porte-parole de la col&#232;re et des revendications des travailleurs, qui ait envie d'aider les luttes sinon d'en prendre la t&#234;te, qui soit pr&#234;te &#224; faire ce qu'il faut pour les faire aboutir. Le r&#233;f&#233;rendum a montr&#233;, encore une fois, qu'il n'avait affaire qu'&#224; une gauche respectueuse des institutions, qui ne veut entendre parler que d'&#233;lections mais pas de mouvement, que des urnes mais pas de la rue. Pourquoi Chirac se g&#234;nerait-il donc pour poursuivre sa politique !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quelle opposition ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apparemment Chirac n'a plus beaucoup de partisans. De tous c&#244;t&#233;s, rien que des opposants. Depuis trois semaines les derniers notables UMP qui pouvaient le pr&#233;f&#233;rer encore &#224; Sarkozy, se succ&#232;dent pour lui signifier, &#224; qui mieux mieux et sur tous les tons, qu'il n'est plus question de le laisser briguer un troisi&#232;me mandat en 2007. Irions-nous donc quand m&#234;me vers la crise politique, voire la d&#233;mission pr&#233;matur&#233;e de Chirac ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A droite, m&#234;me ceux qui sont persuad&#233;s qu'ils assistent &#224; une fin de r&#232;gne n'ont gu&#232;re de raison ou d'envie de rien pr&#233;cipiter. Tout au contraire l'envie doit plut&#244;t &#234;tre d'&#233;viter que la chute de Chirac ne soit aussi celle de la droite. Autant prendre le temps qui est laiss&#233; pour pr&#233;parer tranquillement la transition. Le m&#234;me calcul, alors r&#233;ussi, fut fait apr&#232;s la mise en pi&#232;ces de l'autorit&#233; de De Gaulle par Mai 68. La droite, y compris le successeur aux dents longues Georges Pompidou, a patient&#233; tranquillement jusqu'au moment o&#249; le g&#233;n&#233;ral a pass&#233; la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas &#224; s'&#233;tonner donc du &#171; sacrifice &#187; de Sarkozy acceptant de venir seconder de Villepin, le prot&#233;g&#233; de son ennemi Chirac ! Son int&#233;r&#234;t n'est-il pas de se donner le temps de pr&#233;parer les &#233;lections de 2007, pour lesquelles il s'impose de plus en plus comme le candidat incontestable de la droite ? D'autant plus que c'est pratiquement sans risque : cela lui permet de peaufiner une stature d'homme d'Etat qui sait faire passer les int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux du pays (entendez de sa classe) avant ses int&#233;r&#234;ts particuliers ; si ce gouvernement va dans le mur ce seront de Villepin et Chirac qui en porteront la responsabilit&#233;, bien plus que lui ; et s'il fallait d&#233;clencher une crise politique sans attendre 2007, c'est bien lui, ministre de l'Int&#233;rieur et patron du parti majoritaire, qui reste &#224; tout moment en mesure de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, toutes ces man&#339;uvres et ces calculs ne sont possibles que parce qu'&#224; gauche... on fait les m&#234;mes. Certains ont bien r&#233;clam&#233; la d&#233;mission d'un pr&#233;sident ill&#233;gitime, para&#238;t-il, apr&#232;s son &#233;chec au r&#233;f&#233;rendum. Sans insister beaucoup pour la plupart. Car qui y croit ? Et qui m&#234;me la veut r&#233;ellement ? Qui surtout voudrait y travailler r&#233;ellement, sachant que la droite peut virer Chirac par de petites magouilles dans les coulisses du pouvoir, mais que la gauche ne le pourrait que par un mouvement de masse, autant dire par la rue ? Comme leurs homologues de la droite, ceux de la gauche, aussi bien celle du Non que celle du Oui, tiennent avant tout &#224; montrer qu'ils sont respectueux de l'ordre &#233;tabli, &#224; se comporter en responsables devant les classes privil&#233;gi&#233;es. Et comme eux, ils n'ont d'autre politique que de pr&#233;parer les prochaines &#233;lections, apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum comme avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il fallait s'en convaincre, il suffit de voir leurs r&#233;actions depuis le 29 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes hommes renomm&#233;s au gouvernement par le m&#234;me pr&#233;sident annoncent l'aggravation de la politique pr&#233;c&#233;dente, l'extension de la pr&#233;carit&#233;, de la coercition contre les ch&#244;meurs et de la r&#233;pression contre les immigr&#233;s, la poursuite des privatisations comme des actions en justice contre des postiers qui ont retenu quelques heures leur direction ou des lyc&#233;ens qui se sont heurt&#233;s aux forces de l'ordre, etc. Et que propose la gauche ? De r&#233;agir imm&#233;diatement et sans d&#233;lai ? Au moins de r&#233;pondre &#224; la pourtant timide invitation de la CGT d'organiser une journ&#233;e d'action le 21 juin ? Vous n'y pensez pas ! La gauche du Oui, nul ne s'en &#233;tonnera, ne propose rien, sauf quelques envol&#233;es indign&#233;es de ses parlementaires. La gauche du Non, elle, continue l'action... pour obtenir le retrait d'un trait&#233; constitutionnel que tout le monde sait mis au placard pour des ann&#233;es, sinon d&#233;finitivement, apr&#232;s les Non fran&#231;ais et n&#233;erlandais. Comme si l'urgence &#233;tait de continuer &#224; focaliser l'attention sur un trait&#233; pass&#233; &#224; la poubelle de l'histoire, et d'organiser d&#233;l&#233;gations &#224; Bruxelles ou manifestations &#224; Paris pour exiger que Chirac &#171; respecte la volont&#233; des &#233;lecteurs &#187;, retire la signature de la France au bas du trait&#233; constitutionnel et en ren&#233;gocie un nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; l'affaire br&#251;lante du moment pour la gauche du Non. Ce terrain n'offre aucune perspective pour riposter aux attaques du gouvernement contre le monde du travail. En revanche il permet toutes les alliances, m&#233;salliances, ruptures et rabibochages (des repr&#233;sentants de Fabius ont fait partie du voyage &#224; Bruxelles aux c&#244;t&#233;s de ceux du PCF, des partisans du Oui &#233;taient pr&#233;sents dans la manifestation parisienne organis&#233;e par ceux du Non) en vue des prochaines &#233;lections tant pr&#233;sidentielles que l&#233;gislatives de 2007.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quelle extr&#234;me gauche ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En exigeant la d&#233;mission de Chirac et la dissolution de l'assembl&#233;e nationale, la LCR reste certes au diapason de ses partenaires de la campagne du Non, en rajoute m&#234;me puisque lesdits partenaires ont d&#233;j&#224; mis ces &#171; exigences &#187; en sourdine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette orientation lui permet sans doute, en tout cas pour l'instant, de maintenir la &#171; dynamique unitaire &#187; qui favoriserait le maintien d'un camp de la &#171; gauche de la gauche &#187;. Elle a pourtant l'inconv&#233;nient de la ranger sans distinction avec tous les autres partis dont l'objectif principal est la pr&#233;paration des &#233;lections de 2007. Plus cette gauche de la gauche formalisera son alliance, lui donnera un cadre pr&#233;cis, qui pourrait &#234;tre par exemple les collectifs du Non, ces cartels d'organisations qu'elle a mis en place un peu partout, plus cet objectif &#233;lectoral en sera la vraie raison d'&#234;tre. Comme la seule raison pour laquelle le PCF, durant la campagne r&#233;f&#233;rendaire, a rassembl&#233; autour de lui cette gauche de la gauche, jusqu'aux trotskistes de la LCR, &#233;tait de commencer &#224; mettre sur pied une alliance susceptible de tenir la route face au PS lors du premier tour des prochaines pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives... afin de faire alliance avec lui au deuxi&#232;me, puis participer &#224; son &#233;ventuel gouvernement en cas de victoire de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule cons&#233;quence du tsunami r&#233;f&#233;rendaire aura-t-elle donc &#233;t&#233; d'emporter une partie de l'extr&#234;me gauche dans une d&#233;rive qui la rangera avec armes et bagages, voire ministres (puisque on a pu remarquer que l'id&#233;e de participer &#224; un gouvernement, sous certaines conditions bien s&#251;r, est revenue derni&#232;rement &#224; plusieurs reprises dans les discours d'Alain Krivine ou Olivier Besancenot) derri&#232;re un Fabius, un Hollande ou un Strauss-Kahn ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne serait pourtant pas bien difficile &#224; cette extr&#234;me gauche tout enti&#232;re de garder le cap, de maintenir une ind&#233;pendance politique rigoureuse d'avec la gauche gouvernementale (&#224; qui appartiennent quand m&#234;me la plupart des composantes de la gauche de la gauche) et de poursuivre sans d&#233;vier l'objectif de la constitution d'un parti r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression pour la constitution d'une nouvelle mouture d'Union de la gauche, m&#234;me par &#233;tapes, n'est pas bien forte en dehors du milieu des notables et de l'establishment politique de gauche. Bon nombre de militants du mouvement ouvrier, PCF mais aussi syndicalistes ou associatifs, sont au contraire toujours m&#233;fiants et r&#233;ticents. Ce n'est certainement pas aux r&#233;volutionnaires de les inciter &#224; reprendre un chemin qui a toujours men&#233; &#224; l'impasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au contraire en maintenant rigoureusement notre ind&#233;pendance politique que nous pourrons leur proposer l'alliance mais sur le terrain des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore faut-il qu'avec la pr&#233;occupation et la volont&#233; de proposer l'action et l'intervention commune aux autres courants et militants du mouvement ouvrier, les r&#233;volutionnaires maintiennent cette orientation fondamentale de lutte de classe. Deux conditions qui ne sont nullement contradictoires mais que l'extr&#234;me gauche toute enti&#232;re, &#233;cartel&#233;e entre l'opportunisme des uns et le sectarisme des autres, a semble-t-il toujours bien du mal &#224; faire coexister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 juin 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Editorial : R&#233;f&#233;rendum : ne pas prendre les vessies pour des lanternes
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Referendum-ne-pas-prendre-les</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Referendum-ne-pas-prendre-les</guid>
		<dc:date>2005-05-02T08:23:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;f&#233;rendum
</dc:subject>

		<description>Aucun doute : ce n'est pas sur la constitution que voteront les Non. Et sans doute m&#234;me pas les Oui non plus d'ailleurs. Pour les premiers en tout cas, ce sera pour exprimer leur ras-le-bol, de Chirac et de Raffarin, ou surtout de la vie qu'on impose &#224; la majorit&#233; de la population laborieuse, des licenciements, du ch&#244;mage qui vient de grimper encore &#224; 10,2 %, des salaires qui ne permettent pas de joindre les deux bouts, des conditions de travail qui empirent, du scandale que&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-39-mai-juin-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 39, mai-juin 2005
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Referendum-+" rel="tag"&gt;R&#233;f&#233;rendum
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aucun doute : ce n'est pas sur la constitution que voteront les Non. Et sans doute m&#234;me pas les Oui non plus d'ailleurs. Pour les premiers en tout cas, ce sera pour exprimer leur ras-le-bol, de Chirac et de Raffarin, ou surtout de la vie qu'on impose &#224; la majorit&#233; de la population laborieuse, des licenciements, du ch&#244;mage qui vient de grimper encore &#224; 10,2 %, des salaires qui ne permettent pas de joindre les deux bouts, des conditions de travail qui empirent, du scandale que constitue un PDG qui s'en va avec des indemnit&#233;s de dizaines de millions d'euros au moment m&#234;me o&#249; un autre patron se permet de proposer aux salari&#233;s qu'il vire de les r&#233;embaucher... en Roumanie avec un salaire d'une centaine d'euros, m&#234;me pas le dixi&#232;me du smic fran&#231;ais qui est d&#233;j&#224; un salaire de mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour tout cela que, dans le monde du travail en tout cas, beaucoup diront Non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tenants du Oui, qui pr&#233;tendent d&#233;fendre l'id&#233;e de l'unit&#233; de l'Europe rendent en fait un bien mauvais service &#224; leur cause, ou plut&#244;t rendraient si c'&#233;tait vraiment leur cause (car bien plus que l'Europe ce qui les animent c'est pour certains leur avenir personnel ou celui de leur parti et pour tous la crainte de remous qui pourraient troubler leur agenda politique). N'emp&#234;che, &#224; voir les principaux responsables de la situation actuelle d&#233;fendre le Oui, il est tentant de faire l'amalgame et d'en d&#233;duire que l'Union europ&#233;enne doit bien &#234;tre pour quelque chose dans tous les coups que la classe ouvri&#232;re a d&#251; encaisser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce sentiment est renforc&#233; par l'acharnement des tenants du Non &#224; donner de l'importance &#224; cette constitution, en d&#233;cortiquer les pr&#233;tendues menaces, peindre en noir l'avenir au cas o&#249; elle serait accept&#233;e. Et oublier au passage que les capitalistes fran&#231;ais et europ&#233;ens n'ont pas eu besoin d'elle depuis deux ou trois d&#233;cennies pour cr&#233;er des millions de ch&#244;meurs, d&#233;localiser, licencier, r&#233;duire les salaires, aggraver les conditions de vie et de travail. Oubli qui n'est pas innocent, bien s&#251;r, puisqu'il s'agit, pour la plupart d'entre eux, de politiciens qui ont particip&#233;, eux ou leur parti, &#224; des gouvernements responsables de tous ces maux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vouloir pourtant faire rimer constitution europ&#233;enne et offensive anti-ouvri&#232;re, ce sont finalement les sentiments anti-europ&#233;ens, voire x&#233;nophobes qu'on risque bien de remuer, sinon de susciter. On comprend que cela ne g&#232;ne ni les souverainistes, de gauche comme de droite, ni Chev&#232;nement ni de Villiers, qui cherchent leur fortune politique dans la d&#233;magogie nationaliste sinon x&#233;nophobe, et encore moins l'extr&#234;me droite qui sait qu'au final tout ce qui agite ces sentiments, latents dans une partie des couches populaires, ne peut que profiter &#224; un Le Pen, qui s'est habilement plac&#233; en embuscade dans cette affaire du r&#233;f&#233;rendum, ou ses pareils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussi pourquoi il y aura &#233;galement dans les couches populaires un certain nombre de femmes et d'hommes qui, bien que partageant le m&#233;contentement, la col&#232;re et m&#234;me l'envie d'en d&#233;coudre de ceux qui voteront Non, voteront Oui. Parce qu'ils r&#234;vent &#224; juste titre d'une fraternit&#233; entre les peuples, parce qu'ils ha&#239;ssent toutes les fronti&#232;res et barri&#232;res qui divisent ceux-ci, parce qu'ils esp&#232;rent quand m&#234;me que leur vote aidera &#224; les faire dispara&#238;tre et contribuera &#224; enraciner la paix en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; bien toutes les confusions et toutes les ambigu&#239;t&#233;s du r&#233;f&#233;rendum, confusions comme ambigu&#239;t&#233;s cultiv&#233;es par ceux qui l'ont d&#233;cid&#233; comme ceux qui nous le pr&#233;sentent comme la bataille politique qui va d&#233;cider de notre avenir pour des ann&#233;es, voire des d&#233;cennies. Des Oui &#224; l'Europe seront d&#233;pos&#233;s dans l'urne par des gens qui voudraient aussi dire Non &#224; Chirac, des Non &#224; Chirac ne voudront certainement pas dire Non &#224; l'Europe, mais des Non &#224; Chirac seront aussi d'abord des Non &#224; l'Europe comme des Oui &#224; l'Europe seront d'abord des Oui &#224; Chirac. Et voil&#224;, le tour est jou&#233;. Il permettra &#224; chacun d'en tirer la conclusion qui l'arrange, voire de crier victoire, et surtout &#224; Chirac de dire, comme il l'a d&#233;j&#224; annonc&#233;, que quelque soit le r&#233;sultat il restera &#224; son poste comme si de rien n'&#233;tait advenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il est compr&#233;hensible que des exploit&#233;s veuillent saisir toute occasion pour d&#233;noncer le sort qui leur est fait comme de dire merde &#224; ceux qui le leur font ou le leur ont fait. Y compris dans les urnes pourquoi pas, si celles-ci sont vraiment l'occasion. Mais justement le 29 mai prochain l'occasion est bien trop confuse pour une d&#233;nonciation claire. Si en votant Non nous d&#233;savouerions bien Chirac, Raffarin, Hollande ou Jospin, ne d&#233;douanerions-nous pas de l'autre c&#244;t&#233; Fabius, M&#233;lenchon, Chev&#232;nement, Buffet, tous ex-ministres qui r&#234;vent de le redevenir... pour mener la sinistre politique anti-ouvri&#232;re qui fut d&#233;j&#224; la leur, sinon m&#234;me de Villiers ou Pasqua ? Et de plus un d&#233;saveu sans cons&#233;quence puisque Chirac, avec Raffarin ou un autre, continuera la m&#234;me politique anti-populaire qui fut d&#233;j&#224; celle de Jospin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bel aveu que le r&#233;f&#233;rendum compte en fait pour du beurre et que ceux qui m&#232;nent grand tapage pour que nous lui accordions grande importance nous m&#232;nent en bateau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est le cas de ces leaders politiques de la gauche comme ces chefs syndicalistes qui depuis des semaines ont d&#233;tourn&#233; l'attention des salari&#233;s dont ils pr&#233;tendent d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts vers la bataille du r&#233;f&#233;rendum. Qu'ils appellent &#224; voter Oui comme &#224; voter Non ; les Jospin comme les Fabius, dans le droit fil du triste r&#244;le qu'ils ont d&#233;j&#224; jou&#233; &#224; la t&#234;te du gouvernement ; la CGT comme la CFDT en renon&#231;ant &#224; envisager une suite aux manifestations du mois de mars, qui avaient pourtant montr&#233; qu'un nombre croissant de salari&#233;s, du public mais aussi du priv&#233;, sans parler de la jeunesse des lyc&#233;es, commen&#231;aient &#224; r&#233;pondre &#224; l'appel &#224; une mobilisation dans la rue ou dans la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus qu'un r&#233;f&#233;rendum sans cons&#233;quence c'est la reprise de cette mobilisation qu'il nous faut pr&#233;parer, m&#234;me si son &#233;ch&#233;ance semble maintenant repouss&#233;e et plus lointaine, m&#234;me si les efforts pour y parvenir seront d'une autre ampleur que le geste, qui ne co&#251;te rien... mais ne rapportera rien non plus, de glisser un bout de papier dans l'urne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'il est une campagne &#224; laquelle l'extr&#234;me gauche devrait appliquer son &#233;nergie ce serait plut&#244;t celle pour en convaincre les travailleurs et les militants du mouvement ouvrier, qu'ils s'appr&#234;tent le 29 mai &#224; voter Oui ou &#224; voter Non ou s'abstiennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> R&#233;f&#233;rendum : Non... aux confusions, illusions et d&#233;sillusions !
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Referendum-Non-aux-confusions-illusions-et-desillusions</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Referendum-Non-aux-confusions-illusions-et-desillusions</guid>
		<dc:date>2005-04-27T20:01:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;f&#233;rendum
</dc:subject>

		<description>Contrairement &#224; certains de ceux qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; - celui sur la transformation du septennat en quinquennat par exemple dont plus personne ne se souvient - le r&#233;f&#233;rendum sur le trait&#233; constitutionnel de l'Union europ&#233;enne semble avoir quelque chance sinon de passionner du moins de ne pas passer dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale et m&#233;rit&#233;e. &lt;br /&gt;La raison en est moins le sujet lui-m&#234;me - m&#234;me si on nous assure que le texte de la future constitution serait l'un des grands succ&#232;s de librairie&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans Lutte de classe
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Referendum-+" rel="tag"&gt;R&#233;f&#233;rendum
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Contrairement &#224; certains de ceux qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; - celui sur la transformation du septennat en quinquennat par exemple dont plus personne ne se souvient - le r&#233;f&#233;rendum sur le trait&#233; constitutionnel de l'Union europ&#233;enne semble avoir quelque chance sinon de passionner du moins de ne pas passer dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale et m&#233;rit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison en est moins le sujet lui-m&#234;me - m&#234;me si on nous assure que le texte de la future constitution serait l'un des grands succ&#232;s de librairie de ces premiers mois 2005 - ni m&#234;me le battage m&#233;diatique qu'entra&#238;nent les divisions et les frictions dans la droite comme la gauche que le climat de m&#233;contentement qui r&#232;gne dans ce pays au moment o&#249; on pr&#233;tend l'interroger sur la construction de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est incontestable que les partisans du Non, majoritaires &#224; ce jour dans les sondages, ont l'intention d'&#233;mettre un vote n&#233;gatif non parce qu'ils seraient heurt&#233;s par les lacunes du texte (que pour l'immense majorit&#233; ils n'ont pas lu et pas l'intention de lire, pas plus qu'ils ne comprennent les explications casuistiques donn&#233;es de part et d'autre) mais pour exprimer l'insatisfaction ou la col&#232;re. Plus qu'un Non &#224; la constitution ce sera un merde &#224; Chirac et Raffarin. Il est incontestable aussi que la majorit&#233; des salari&#233;s, militants de gauche ou syndicalistes qui ont boug&#233; ces derniers mois ont pour l'instant l'intention de voter Non le 29 mai. Ceux-l&#224; voient m&#234;me souvent le r&#233;f&#233;rendum comme une suite aux actions, gr&#232;ves ou manifestations, auxquelles ils ont particip&#233;. Mais c'est justement l&#224; que r&#233;side le pi&#232;ge, un pi&#232;ge qui a d&#233;j&#224; en fait fonctionn&#233; avant m&#234;me que se tienne le r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;De la rue... aux urnes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 10 mars dernier, une journ&#233;e de gr&#232;ves et de manifestations appel&#233;e par les conf&#233;d&#233;rations syndicales avait &#233;t&#233; largement suivie dans l'ensemble du pays par des centaines de milliers de travailleurs. La participation globale bien plus importante que lors de la journ&#233;e pr&#233;c&#233;dente du samedi 5 f&#233;vrier, la pr&#233;sence cette fois de travailleurs du priv&#233; aux c&#244;t&#233; de ceux du public, la concomitance d'un mouvement lyc&#233;en qui montrait sa volont&#233; de se joindre aux manifestations de salari&#233;s, l'&#233;clatement de gr&#232;ves sur la question des salaires, &#224; Citro&#235;n ou &#224; Carrefour entre autres, tous ces indices semblaient indiquer un d&#233;but de mobilisation. Cela pouvait-il &#234;tre le point de d&#233;part pour la construction du mouvement d'ensemble que chacun sait n&#233;cessaire pour faire reculer s&#233;rieusement le gouvernement comme les classes poss&#233;dantes ? C'est ce que nous ne saurons pas puisque aucune suite n'a &#233;t&#233; donn&#233;e et que ni les conf&#233;d&#233;rations syndicales, ni les partis de gauche ne l'ont m&#234;me propos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les premi&#232;res, qui n'ont plus eu d'yeux et d'oreilles que pour les n&#233;gociations que le gouvernement leur a fait miroiter, la seule prolongation au 10 mars fut la manifestation contre la directive Bolkestein le 19 &#224; Bruxelles. C'&#233;tait une &#233;loquente fa&#231;on d'envoyer les revendications salariales... dans les choux. C'&#233;tait aussi une &#233;l&#233;gante transition pour d&#233;vier l'&#233;ventuelle mobilisation sur le terrain du r&#233;f&#233;rendum qui en devenait ainsi la prochaine &#233;tape et le d&#233;bouch&#233; naturel. D'un commun accord tacite, syndicalistes partisans du Oui comme du Non, la CFDT comme la CGT, passaient la balle aux partis afin que ceux-ci jouent sur le seul terrain qu'ils connaissent : celui des urnes. Une transition pr&#233;par&#233;e d'ailleurs depuis quelques temps comme en t&#233;moignaient les nombreux autocollants &#171; Non &#187; dans les cort&#232;ges du 10 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A moins d'un sursaut inattendu venant de la base - le refus de se laisser voler le lundi de la Pentec&#244;te pourrait-il servir de d&#233;tonateur ? - les affaires &#233;lectorales vont occuper l'avant-sc&#232;ne et surtout l'esprit des militants jusqu'au 29 mai, sinon bien au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait dr&#244;le certainement de voir les calculs politiciens de Chirac (d'une part affaiblir la gauche soit en la divisant soit en l'amenant &#224; se rallier &#224; lui, d'autre part forcer ses rivaux de droite, Sarkozy et consorts, &#224; lui faire all&#233;geance malgr&#233; eux) se retourner contre lui. Il serait dr&#244;le de voir une tentative de renouveler la man&#339;uvre du deuxi&#232;me tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2002 et de se faire pl&#233;bisciter, se terminer par le fiasco que serait incontestablement une victoire du Non. Il l'est moins pourtant de voir ce r&#233;f&#233;rendum servir de pr&#233;texte aux soi-disant chefs du mouvement ouvrier et de la gauche pour brider ou d&#233;voyer une &#233;ventuelle mont&#233;e des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal motif de Chirac pour d&#233;cider de ce r&#233;f&#233;rendum n'&#233;tait certainement pas celui-l&#224;. Ce serait attribuer au chef de l'Etat une bien grande prescience ou intelligence politique. Mais ce doit &#234;tre quand m&#234;me pour lui un lot de consolation de constater &#224; quoi son r&#233;f&#233;rendum peut aussi servir. M&#234;me au risque d'un Non, ne vaut-il pas mieux que la contestation sociale trouve un d&#233;rivatif dans les urnes et que la mobilisation sociale se trouve ainsi canalis&#233;e dans des perspectives &#233;lectorales ? Car apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum, que triomphe le Oui ou le Non, nous pouvons compter sur tous pour nous d&#233;signer de nouvelles &#233;lections comme le prochain objectif. Nicolas Sarkozy, Fran&#231;ois Bayrou, Fran&#231;ois Hollande, Laurent Fabius, mais aussi Henri Emmanuelli ou Marie-George Buffet, chacun &#224; sa mani&#232;re, nous expliquent d&#233;j&#224; en quoi le r&#233;sultat de ce r&#233;f&#233;rendum sera important pour pr&#233;parer au mieux les pr&#233;sidentielles ou les l&#233;gislatives de 2007, une ann&#233;e d&#233;cisive... en tout cas pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La faute &#224; la constitution ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il soit de plus en plus &#233;vident que la motivation essentielle des &#233;lecteurs soit d'exprimer une opposition &#224; ce gouvernement de droite, la gauche du Non h&#233;site quand m&#234;me &#224; appeler un chat un chat et &#224; mettre dans l'urne un simple et clair &#171; Non &#224; Chirac &#187;. Elle continue &#224; feindre de prendre au s&#233;rieux le pr&#233;texte officiel de ce r&#233;f&#233;rendum, la future constitution europ&#233;enne. Ainsi elle fournit d'abord des billes &#224; ses adversaires, les partisans du Oui. Ensuite elle accro&#238;t encore la confusion quant &#224; l'importance, en fait l'insignifiance, de cette constitution europ&#233;enne, en faisant de son acceptation ou de son rejet un enjeu de taille pour les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon par exemple - mais ce n'est qu'un exemple, car tous chantent pratiquement la m&#234;me chanson, m&#234;me m&#233;lodie et m&#234;mes paroles - &#233;crit en pr&#233;ambule de son argumentaire, &#233;dit&#233; &#224; un million d'exemplaires sous le label de son association &lt;em&gt;Pour la R&#233;publique sociale&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;&#171; Il s'agit d'un temps fort de notre histoire. Il fixera pour longtemps la nature de la soci&#233;t&#233; dans laquelle nous vivrons. Chacun doit donc prendre sa d&#233;cision et voter en conscience dans le sens qu'il estime juste pour l'avenir commun de tous &#187;&lt;/em&gt;. Et de d&#233;noncer p&#234;le-m&#234;le, apr&#232;s le caract&#232;re non d&#233;mocratique de la convention qui l'a &#233;labor&#233;, un texte coupable de consolider sinon d'introduire en Europe le manque de garanties d&#233;mocratiques, l'absence d'harmonisation sociale par le haut, le triomphe du mod&#232;le lib&#233;ral, la condamnation des services publics, l'impuissance internationale de l'Europe ou encore le m&#233;pris de la&#239;cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et toute la gauche du Non de faire chorus pour d&#233;noncer la r&#233;f&#233;rence &#224; la &lt;em&gt;&#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187;&lt;/em&gt;. Quelle nouveaut&#233;, en effet, que ce principe de concurrence inscrit depuis 1958 dans le trait&#233; de Rome, et surtout depuis bien plus longtemps encore dans... la r&#233;alit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;clin&#233;e avec des slogans chocs du style &lt;em&gt;&#171; oui &#224; la constitution, c'est la casse des services publics &#187;&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;&#171; oui &#224; la constitution, c'est la casse du Code du Travail &#187;&lt;/em&gt;, la campagne des partisans de gauche du Non consiste donc &#224; attribuer au nouveau trait&#233; constitutionnel tous les reculs sociaux qui ont d&#233;j&#224; eu lieu avant lui. Reculs auxquels cette gauche du Non ne s'est oppos&#233;e jusque-l&#224; que bien mollement... quand elle ne les a pas favoris&#233;s lorsqu'elle &#233;tait au gouvernement (apr&#232;s tout, Buffet ou M&#233;lenchon &#233;taient encore ministres il n'y a pas si longtemps !). Et quand un tract du PCF nous invite &#224; rejeter un projet qui vise &#224; &#171; &lt;em&gt;inscrire dans le marbre constitutionnel la politique lib&#233;rale men&#233;e depuis pr&#232;s de deux d&#233;cennies &#187;&lt;/em&gt;, on ne peut pas s'emp&#234;cher de remarquer que c'est-l&#224; l'aveu que cette politique n'a donc pas attendu cette constitution et... n'a donc pas besoin d'elle pour &#234;tre appliqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trait&#233;s europ&#233;ens successifs, que le prochain trait&#233; constitutionnel ne fait que confirmer, ont tous &#233;nonc&#233; des orientations &#233;conomiques r&#233;pondant aux int&#233;r&#234;ts des capitalistes. Si leur caract&#232;re &#171; lib&#233;ral &#187; avait tant g&#234;n&#233; la gauche du Non - de Fabius au PCF - pourquoi les avoir appliqu&#233;s quand elle participait au gouvernement ? Elle s'offusque &#224; l'id&#233;e de voir des reculs inscrits d&#233;sormais dans le &#171; marbre constitutionnel &#187;. Elle ne s'est pourtant pas g&#234;n&#233;e pour les graver dans la r&#233;alit&#233;, ce qui a &#233;t&#233; autrement plus douloureux ! Faut-il rappeler que c'est le ministre PS Paul Quil&#232;s qui a initi&#233; le d&#233;mant&#232;lement des PTT, lequel a conduit &#224; la privatisation de France T&#233;l&#233;com en attendant celle de La Poste avec des dizaines de milliers de suppressions d'emplois &#224; la clef ? Ou encore que le ministre des transports PCF Jean-Claude Gayssot, lui aussi maintenant chaud partisan du Non, a ent&#233;rin&#233; la scission entre la SNCF et RFF, premi&#232;re &#233;tape en vue de l'actuelle lib&#233;ralisation du fret ferroviaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne pour le Non de tous ces gens-l&#224; a d'abord pour but de masquer leurs responsabilit&#233;s pass&#233;es. Mais elle a aussi pour cons&#233;quence de proposer de faux objectifs &#224; tous ceux qui leur pr&#234;tent attention : faire croire que notre sort d&#233;pend de l'adoption ou du rejet d'une constitution qui en elle-m&#234;me n'aggrave ni n'am&#233;liore rien, et faire oublier qu'il ne d&#233;pend que des combats que nous saurons mener sur un autre terrain, celui de la lutte de classe. Mais &#233;videmment ce n'est pas ce message-l&#224; que peuvent d&#233;livrer des gens qui eux-m&#234;mes, s'ils viennent ou reviennent demain au gouvernement, appliqueront la politique qu'ils pr&#233;tendent combattre aujourd'hui. Et cela, que la constitution europ&#233;enne soit adopt&#233;e ou rejet&#233;e. Le PCF, par exemple, qui avait f&#233;rocement bataill&#233; en 1993 contre l'adoption du trait&#233; de Maastricht n'a-t-il pas accept&#233; en 1997 de faire partie d'un gouvernement qui en a appliqu&#233; toutes les cons&#233;quences ? Avis &#224; ceux qui pourraient prendre au s&#233;rieux le combat &#171; anti-lib&#233;ral &#187; des Fabius, Emmanuelli ou Buffet dans cette campagne !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les Non de l'extr&#234;me gauche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Accents jacobins et quasiment nationalistes au Parti des travailleurs ; euphorie &#224; la perspective de s'amalgamer &#224; la gauche du Non et d'appara&#238;tre aux m&#234;mes tribunes que les M&#233;lenchon et autres Buffet chez la Ligue communiste r&#233;volutionnaire ; discr&#233;tion et manque d'enthousiasme &#224; se joindre &#224; un concert dont les t&#233;nors ne sont &#233;videmment pas du camp des travailleurs pour Lutte ouvri&#232;re : chacune des organisations d'extr&#234;me gauche marque bien ses diff&#233;rences non seulement dans ses arguments mais dans son style de campagne. Pourtant cette fois, aucune ne manque &#224; l'appel. Pratiquement toute l'extr&#234;me gauche s'est plac&#233;e dans le camp du Non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses raisons ? Pour la plupart elle se contente de les puiser en tout ou partie dans l'argumentaire de cette gauche dont elle recherche les bonnes gr&#226;ces, voire l'alliance. Ainsi la LCR reprend &#224; son compte sans nuance ni r&#233;serve le th&#232;me d'une constitution europ&#233;enne qui aggraverait la situation actuelle. Elle va jusqu'&#224; laisser entendre que les constitutions nationales actuelles, y compris donc la constitution fran&#231;aise, seraient quand m&#234;me une protection pour les droits sociaux et d&#233;mocratiques. &lt;em&gt;&#171; Ce document impose une r&#233;vision des constitutions nationales qui devront &#234;tre en concordance avec les l&#233;gislations europ&#233;ennes, et imprime en profondeur que le droit europ&#233;en primera sur toutes les constitutions nationales... &#187;&lt;/em&gt; regrette &lt;em&gt;Rouge&lt;/em&gt; dans son dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte ouvri&#232;re elle-m&#234;me a abandonn&#233; le point de vue exprim&#233; encore en 2000 (Constitutions, r&#233;f&#233;rendums, pl&#233;biscites, suppl&#233;ment au n&#176;1679 de Lutte Ouvri&#232;re) : &#171; C'est pourquoi, du point de vue des int&#233;r&#234;ts des travailleurs, toutes les constitutions bourgeoises sont &#224; combattre. Et toute participation &#224; un r&#233;f&#233;rendum constitutionnel, m&#234;me par un vote n&#233;gatif, revient &#224; l&#233;gitimer la propri&#233;t&#233; bourgeoise. &#187; Notre organisation a certes refus&#233;, &#224; juste titre, de s'associer &#224; une campagne &#233;lectorale du Non avec des partis ou des hommes responsables de la d&#233;gradation sociale. Elle r&#233;p&#232;te &#171; qu'une victoire du non ne changera rien &#224; l'organisation &#233;conomique et sociale, au capitalisme, &#224; la course au profit, &#224; la concurrence qui sont les causes des crises, du ch&#244;mage et de la pauvret&#233; &#187;. Mais elle n'en appelle pas moins &#224; voter contre la constitution europ&#233;enne, ce qui est qu'on le veuille ou non, une mani&#232;re de laisser entendre que l'adoption de celle-ci aggraverait les choses ou rendrait plus difficiles les combats de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un encouragement aux luttes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En fait, si l'on rejette les mauvaises raisons pioch&#233;es dans l'argumentaire de nos adversaires politiques, la seule qui pourrait inciter les r&#233;volutionnaires &#224; appeler &#224; participer au r&#233;f&#233;rendum serait que cette participation soit un encouragement &#224; engager le combat sur d'autres terrains. Ainsi, pour la LCR, &lt;em&gt;&#171; demain, une victoire du Non serait un formidable encouragement &#224; nos luttes ici et en Europe &#187;&lt;/em&gt;. De m&#234;me Arlette Laguiller d&#233;clarait au journal &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 11/12/2004 que &lt;em&gt;&#171; un Non &#224; la constitution donnerait une victoire morale aux travailleurs &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me reste d'abord que le Non est loin d'&#234;tre acquis. Les sondages le donnent certes gagnant aujourd'hui. Mais en cinq semaines la tendance peut s'inverser. Si le Oui l'emporte, les travailleurs devront-ils consid&#233;rer qu'ils ont subi une d&#233;faite, m&#234;me si une majorit&#233; d'entre eux a vot&#233; Non ? Car il n'y a pas que la classe ouvri&#232;re appel&#233;e aux urnes. Les privil&#233;gi&#233;s, qui votent proportionnellement en bien plus grand nombre et qui ne voient pas une partie d'entre eux &#233;limin&#233;e d'avance de la participation au scrutin (cas des travailleurs immigr&#233;s, en particulier ceux venant des pays non europ&#233;ens), peuvent suffire &#224; faire pencher la balance dans l'autre sens. Doit-on prendre le risque d'un d&#233;couragement de la partie la plus politis&#233;e et la plus motiv&#233;e du monde du travail devant un r&#233;sultat &#233;lectoral qu'on aura contribu&#233;, par des pronostics hasardeux ou des pr&#233;dictions douteuses, &#224; faire appara&#238;tre comme un revers pour elle ? Le r&#244;le des r&#233;volutionnaires n'est-il pas au contraire de relativiser d'avance le r&#233;sultat et de souligner que, quel qu'il soit, il ne changera rien &#224; la situation objective ni des travailleurs ni de leurs possibilit&#233;s de lutter quand ils le voudront ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'ailleurs une victoire du Non serait-elle automatiquement une victoire des travailleurs ? Appara&#238;trait-elle m&#234;me ainsi ? Rien n'est moins s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, un slogan comme &lt;em&gt;&#171; Non &#224; l'Europe des patrons et Oui &#224; l'Europe des travailleurs &#187;&lt;/em&gt;, qui justifie les prises de positions de la plupart des organisations d'extr&#234;me gauche, sonne bien, clair et m&#234;me juste. Sauf qu'aucun bulletin de vote de ce type ne sera disponible le 29 mai pour permettre d'exprimer ce point de vue. Ce sera Non ou Oui. Le reste de la phrase sera sans doute pr&#233;sent... dans certaines t&#234;tes, mais nulle part ailleurs. Et donc il ne sera pas d&#233;compt&#233;. Au final, toutes les sortes de Non, souvent contradictoires, vont s'additionner et se fondre. Et tout le monde le sait parfaitement, y compris ceux qui affirment aujourd'hui que la victoire du Non serait la victoire d'un Non de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant plus que dans les motivations pour voter Non, m&#234;me parmi les travailleurs, les revendications sociales conscientes se m&#234;lent &#224; bien d'autres sentiments, parfois bien r&#233;actionnaires : peur de l'Europe, peur des d&#233;localisations, peur de la concurrence des travailleurs &#233;trangers, voire relents x&#233;nophobes ou racistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est d'ailleurs que de voir la liste des tendances politiques qui appellent &#224; voter Non pour se convaincre que ce vote ne permettra pas d'exprimer clairement les int&#233;r&#234;ts propres &#224; la classe ouvri&#232;re. A qui sera donc due une victoire du Non : aux communistes r&#233;volutionnaires comme Arlette Laguiller ou Olivier Besancenot, ou aux d&#233;fenseurs des int&#233;r&#234;ts des classes poss&#233;dantes, eux-m&#234;mes bien divers, depuis les tenants de la gauche gouvernementale comme Buffet, Emmanuelli ou M&#233;lenchon jusqu'aux r&#233;actionnaires x&#233;nophobes et racistes comme de Villiers ou Le Pen ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Montrer notre solidarit&#233; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certes une victoire du Non serait un camouflet pour Chirac. Et cela seul justifie pour beaucoup un vote Non, sans se pr&#233;occuper plus avant des cons&#233;quences ou de la suite. C'est bien d'ailleurs d'abord pour &#234;tre &#224; l'unisson avec ce sentiment populaire que LCR (&lt;em&gt;&#171; une victoire du Non (...) serait aussi un d&#233;saveu cinglant pour Chirac et Raffarin &#187;&lt;/em&gt;) comme Lutte Ouvri&#232;re (&lt;em&gt;&#171; Pour justifier l'appel &#224; voter &#171; non &#187;, il suffirait de dire que c'est un moyen d'expression limit&#233;, mais un moyen, comme l'ont &#233;t&#233; les &#233;lections r&#233;gionales et europ&#233;ennes, pour d&#233;savouer le gouvernement Chirac-Raffarin et rejeter par la m&#234;me occasion le projet de Constitution &#187; &lt;/em&gt;lit-on dans &lt;em&gt;Lutte de Classe&lt;/em&gt; de septembre 2004) appellent &#224; voter Non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montrer notre solidarit&#233; avec ce sentiment qui anime aujourd'hui une bonne partie de la classe ouvri&#232;re pourrait &#234;tre une vraie raison qui am&#232;ne l'extr&#234;me gauche &#224; appeler &#224; voter Non. Mais le d&#233;sir d'affirmer une solidarit&#233; avec les plus conscients, les plus combatifs ou les plus r&#233;volt&#233;s de notre classe ne peut pourtant faire oublier les cons&#233;quences possibles d'un geste politique et les illusions et d&#233;sillusions qu'il contribue &#224; renforcer. Un vote qui d&#233;savouerait Chirac et Raffarin peut suffire &#224; r&#233;jouir nombre de travailleurs... dans un premier temps. Mais apr&#232;s ? Quand Chirac, sinon Raffarin qu'on nous dit de toute mani&#232;re condamn&#233; &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance, continuera la m&#234;me politique comme si de rien n'avait &#233;t&#233; ? Le pr&#233;sident a d&#233;j&#224; annonc&#233; qu'il ne d&#233;missionnerait pas ; la plupart de ses opposants ont dit eux-m&#234;mes qu'ils n'entendaient pas le mettre en cause avant la date de la fin de son mandat, dans deux ans ; et la suite des &#233;lections r&#233;gionales et europ&#233;ennes de l'an dernier... nous a montr&#233; que la gauche, celle du Oui comme celle du Non, ne fera pas un geste pour exploiter une victoire &#233;lectorale et d&#233;stabiliser le pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne vaut-il pas mieux, d&#232;s aujourd'hui, mettre l'accent sur la n&#233;cessit&#233;, r&#233;f&#233;rendum ou pas, victoire du Oui ou du Non, de pr&#233;parer et d'engager le combat sur un autre terrain ; et d&#232;s maintenant, plut&#244;t que de sp&#233;culer sur ce qu'on peut attendre du r&#233;f&#233;rendum, mettre en garde contre ce qu'il ne faut pas en attendre ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Mieux &#224; faire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, contrairement &#224; la gauche, la LCR comme LO soulignent aussi que au-del&#224; du r&#233;f&#233;rendum, la lutte des travailleurs sera n&#233;cessaire pour inverser le rapport de forces avec le patronat fran&#231;ais ou europ&#233;en. Mais ces r&#233;serves ne s'effacent-elles pas derri&#232;re ce qui appara&#238;t forc&#233;ment aujourd'hui, et appara&#238;tra de plus en plus au fur et &#224; mesure que nous approcherons du jour du scrutin, comme l'essentiel : le fait de m&#234;ler notre voix &#224; celles d'adversaires ouverts ou de faux amis de la classe ouvri&#232;re pour un appel &#224; faire un geste politiquement confus et sans perspective ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'une partie de l'&#233;lectorat populaire se saisisse de l'occasion pour exprimer m&#234;me de mani&#232;re confuse un ras-le-bol, c'est une chose. Que les r&#233;volutionnaires les y appellent instamment, c'en est une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce que Chirac feint de consulter le peuple sur un sujet (tout en esp&#233;rant une r&#233;ponse sur un autre d'ailleurs) que les r&#233;volutionnaires doivent se sentir oblig&#233;s d'obtemp&#233;rer et de participer &#224; la consultation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce qu'un M&#233;lenchon nous incite par &lt;em&gt;&#171; devoir citoyen &#187;&lt;/em&gt; &#224; &lt;em&gt;&#171; prendre nos responsabilit&#233;s &#187;&lt;/em&gt; (comme ses pareils sans doute ont su le faire au moment du second tour des pr&#233;sidentielles en 2002 ?) que nous devons nous sentir tenus de nous positionner et de cocher les seules cases du questionnaire : Oui ou Non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est m&#234;me pas parce que des travailleurs de notre entourage ont envie de se saisir de l'occasion pour d&#233;savouer Chirac qu'il faut faire d'un sentiment que nous comprenons, mais dont nous connaissons toutes les limites, une consigne de vote... qui loin de faire la clart&#233; accro&#238;t encore la confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, c'est sur un autre terrain, celui des gr&#232;ves, de la rue, que le m&#233;contentement doit s'exprimer pour &#234;tre efficace et changer les choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 avril 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Editorial : Un si lointain dimanche de r&#233;f&#233;rendum...
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Un-si-lointain-dimanche-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Un-si-lointain-dimanche-de</guid>
		<dc:date>2005-03-07T13:16:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;f&#233;rendum
</dc:subject>

		<description>Chirac s'est donc prononc&#233; : ce sera le dimanche 29 mai. Dans 12 semaines. Les commentateurs s'&#233;tonnent. D'habitude (car le recours au r&#233;f&#233;rendum comme moyen de diversion est devenu une longue habitude en France) il n'y a que trois ou quatre semaines entre l'annonce et la tenue. &lt;br /&gt;Chirac prend-t-il le risque de laisser le temps au Non de grignoter peu &#224; peu du terrain et finalement de l'emporter ? &lt;br /&gt;Le m&#233;contentement social grandit et s'exprime : mouvement des lyc&#233;ens contre la loi&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-38-mars-avril-2005-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 38, mars-avril 2005
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Referendum-+" rel="tag"&gt;R&#233;f&#233;rendum
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chirac s'est donc prononc&#233; : ce sera le dimanche 29 mai. Dans 12 semaines. Les commentateurs s'&#233;tonnent. D'habitude (car le recours au r&#233;f&#233;rendum comme moyen de diversion est devenu une longue habitude en France) il n'y a que trois ou quatre semaines entre l'annonce et la tenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chirac prend-t-il le risque de laisser le temps au Non de grignoter peu &#224; peu du terrain et finalement de l'emporter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement social grandit et s'exprime : mouvement des lyc&#233;ens contre la loi Fillon, mouvements encore limit&#233;s et dispers&#233;s sur les salaires et m&#234;me journ&#233;es d'action que se sentent oblig&#233;es de programmer les conf&#233;d&#233;rations syndicales... Or s'il est une raison qui pourrait pousser &#224; aller aux urnes &#224; la fin mai et y mettre un bulletin Non, c'est bien le m&#233;contentement devant les coups redoubl&#233;s qu'ass&#232;nent les patrons et le gouvernement. Dire Non &#224; Chirac, Raffarin et toute leur bande est vraiment la seule raison qui pourrait faire changer une opinion qui aujourd'hui, selon les sondages, soit serait plut&#244;t pour le Oui (parce qu'&#224; juste raison ses sentiments la portent &#224; &#234;tre favorable &#224; l'Europe, objet officiel de ce r&#233;f&#233;rendum), soit surtout se contre-fiche du r&#233;f&#233;rendum en &#233;crasante majorit&#233;. Point besoin d'ailleurs des sondages, il suffit d'interroger ses coll&#232;gues de travail ou ses voisins sur ce qu'ils pensent du r&#233;f&#233;rendum. Du quoi... ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Chirac prend un risque (un bien petit risque sans doute mais on ne sait jamais... De Gaulle lui-m&#234;me a fini par se faire prendre &#224; son propre jeu...) c'est justement pour cette raison. Car il lui faut sans doute une majorit&#233; de Oui, mais il lui faut aussi &#233;viter une abstention trop massive qui ridiculiserait le r&#233;f&#233;rendum, son r&#233;sultat quel qu'il soit et toute tentative pour utiliser politiquement celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or les tentatives entreprises il y a d&#233;j&#224; des mois pour en faire l'enjeu de l'ann&#233;e n'ont jusqu'ici gu&#232;re produit d'effets. Celles de la droite pour dramatiser l'&#233;ventualit&#233; de l'entr&#233;e de la Turquie dans l'Union europ&#233;enne n'ont pas vraiment remu&#233; les &#233;lecteurs. Le pr&#233;-r&#233;f&#233;rendum du Parti socialiste n'a concern&#233; qu'une demi-douzaine de pr&#233;tendants &#224; la candidature aux prochaines pr&#233;sidentielles. Bien difficile de soulever l'int&#233;r&#234;t des gens pour une consultation dont le r&#233;sultat ne changera rien &#224; leur sort (et sans doute m&#234;me pas au sort du gouvernement m&#234;me au cas o&#249; l'image de Chirac serait un peu &#233;corn&#233; par une rebuffade de l'&#233;lectorat) et ne changera pas plus &#224; celui de l'Europe que ses classes dirigeantes continueront &#224; construire dans leur seul int&#233;r&#234;t m&#234;me si, en France ou ailleurs, une majorit&#233; d'&#233;lecteurs disent Non &#224; la constitution Giscard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les lyc&#233;ens qui ont raison, assez jeunes encore pour ne laisser aucune man&#339;uvre politicienne les d&#233;tourner de manifester leur opposition &#224; une loi Fillon qui ob&#232;re l'avenir d'une partie d'entre eux et qui - Oui ou Non le 29 mai - s'appliquera si la rue ne la balaie pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les travailleurs qui entrent en lutte ici ou l&#224; pour les salaires ou contre les licenciements, d&#232;s aujourd'hui, dans des conditions difficiles vu l'immobilisme des dirigeants syndicaux, qui ont raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le r&#244;le de l'extr&#234;me gauche, plut&#244;t que de sauter &#224; pieds joints dans le pi&#232;ge qui est tendu aux travailleurs, est de r&#233;p&#233;ter que l'int&#233;r&#234;t de ceux-ci, qu'ils d&#233;cident finalement de voter Oui, de voter Non ou de s'abstenir, est de r&#233;server toute leur &#233;nergie &#224; pr&#233;parer le mouvement d'ensemble qui seul pourrait changer radicalement leur sort... et peut-&#234;tre celui de toute la classe ouvri&#232;re europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 mars 2005&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_143 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L200xH256/pape-19178.gif?1788081618' width='200' height='256' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Attac et la constitution europ&#233;enne
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Attac-et-la-constitution-europeenne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Attac-et-la-constitution-europeenne</guid>
		<dc:date>2004-09-30T19:58:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;f&#233;rendum
</dc:subject>
		<dc:subject>Attac
</dc:subject>

		<description>Si formellement Attac n'a pas encore d&#233;termin&#233; sa position sur le prochain r&#233;f&#233;rendum sur la constitution europ&#233;enne, elle ne fait pas myst&#232;re de son opposition &#224; ce projet. Du moins &#224; son contenu. L'association a en effet formul&#233; 21 exigences visant &#224; rendre le texte acceptable. &lt;br /&gt;En janvier 2003 d&#233;j&#224; Attac lan&#231;ait une campagne de p&#233;tition pour soutenir une plate-forme de propositions visant &#224; faire de l'Union europ&#233;enne le cadre juridique et le moteur &#171; du plein emploi et du&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-35-septembre-octobre-2004-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 35, septembre-octobre 2004
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Referendum-+" rel="tag"&gt;R&#233;f&#233;rendum
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Attac-+" rel="tag"&gt;Attac
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si formellement Attac n'a pas encore d&#233;termin&#233; sa position sur le prochain r&#233;f&#233;rendum sur la constitution europ&#233;enne, elle ne fait pas myst&#232;re de son opposition &#224; ce projet. Du moins &#224; son contenu. L'association a en effet formul&#233; 21 exigences visant &#224; rendre le texte acceptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2003 d&#233;j&#224; Attac lan&#231;ait une campagne de p&#233;tition pour soutenir une plate-forme de propositions visant &#224; faire de l'Union europ&#233;enne le cadre juridique et le moteur &#171; &lt;em&gt;du plein emploi et du bien-&#234;tre social &lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; De meilleures institutions, des r&#232;gles et des moyens au service du plein (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Car, si l'association voit dans l'Union europ&#233;enne d'aujourd'hui un des rouages de la mondialisation, cela ne l'emp&#234;che pas d'entretenir l'illusion sur la possibilit&#233; qu'elle serve au contraire &#224; combattre cette m&#234;me mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La CEE : paradis originel ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Attac distingue en effet deux p&#233;riodes dans l'histoire de la construction europ&#233;enne. Aux institutions actuelles, qualifi&#233;es de &#171; n&#233;o-lib&#233;rales &#187;, elle oppose l'Europe des &#171; p&#232;res fondateurs &#187;, Schuman et consorts. Celle-ci aurait contribu&#233; au plein emploi, permis le d&#233;veloppement des services publics et m&#234;me cr&#233;&#233; un contexte permettant aux travailleurs d'arracher des droits sociaux. Ces succ&#232;s auraient &#233;t&#233; possibles parce que les &#201;tats membres de la Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne (CEE), lorsqu'ils ont supprim&#233; leurs barri&#232;res douani&#232;res, ont r&#233;gul&#233; la concurrence, en s'inspirant de la doctrine &#233;conomique dite &#171; keyn&#233;sienne &#187;, du nom de son auteur, Keynes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'UE et le n&#233;o-lib&#233;ralisme, site de la commission Europe d'ATTAC.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, ap&#244;tre de l'intervention de l'&#201;tat dans l'&#233;conomie. Ils montreraient qu'un tel cadre politique &#171; &lt;em&gt;peut isoler, au moins partiellement, une r&#233;gion du monde des rigueurs de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale &lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; une fa&#231;on quelque peu tendancieuse de rosir un pass&#233; dans lequel il n'a jamais &#233;t&#233; question que de construire l'Europe des capitalistes pour les capitalistes. Les textes d'Attac le soulignent eux-m&#234;mes : l'histoire de la construction europ&#233;enne commence par la cr&#233;ation de la CECA organisme charg&#233; de la vente du charbon et de l'acier. La CEE na&#238;t peu apr&#232;s, et multiplie les agences, telles l'Euratom, charg&#233;es du d&#233;veloppement et de l'organisation d'un secteur de l'&#233;conomie. La Politique agricole commune, qui demeure jusqu'&#224; aujourd'hui &#171; &lt;em&gt;la principale d&#233;pense du budget commun &lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Lib&#233;raliser le commerce et la finance, l'exemple de l'Union europ&#233;enne &#187;. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et qui consiste &#224; arroser les gros agriculteurs de subventions&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les 18 % les plus riches, c&#233;r&#233;aliers et betteraviers notamment, per&#231;oivent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, voit alors le jour. On admirera ainsi le paradoxe qui fait qu'Attac n'a que louange pour la CEE mais combat aujourd'hui sa grande &#339;uvre aux c&#244;t&#233;s de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; croire que la CEE, n&#233;e il y a cinquante ans dans un contexte de forte croissance &#233;conomique internationale et regroupant des puissances imp&#233;rialistes, constituerait la recette applicable &#224; d'autres r&#233;gions du Tiers Monde aujourd'hui... L'Europe de l'Ouest &#233;tait certes &#233;prouv&#233;e par la guerre et incapable de rivaliser avec les Etats-Unis, mais rien &#224; voir avec l'Am&#233;rique latine ou l'Afrique dont le probl&#232;me est toujours de sortir du sous-d&#233;veloppement et de se soustraire au pillage imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association altermondialiste attribue d'autres vertus &#224; la CEE : elle aurait permis &#171; &lt;em&gt;l'augmentation du pouvoir d'achat des populations &lt;/em&gt; &#187; et un &#171; &lt;em&gt; rattrapage vis-&#224;-vis des &#201;tats-Unis dans de nombreux domaines &lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; entre la fin de la Seconde guerre mondiale et les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le champ de ruines europ&#233;en de 1945, tout &#233;tait &#224; reconstruire. Alors il n'est pas &#233;tonnant que le pouvoir d'achat et le d&#233;veloppement industriel et technologique y ait cr&#251; plus vite qu'aux Etats-Unis, d&#233;j&#224; parvenus au fa&#238;te de leur puissance&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Etats-Unis d&#233;tiennent en 1945 les deux tiers des stocks d'or mondiaux et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. D'autant plus que c'&#233;tait l'int&#233;r&#234;t des Etats-Unis eux-m&#234;mes : entre 1958 et 1966, ils ont multipli&#233; par quatre le volume des capitaux investis dans la CEE. Certes, la cr&#233;ation de la CEE a favoris&#233; ces tendances. Mais si le pouvoir d'achat des travailleurs europ&#233;ens a cr&#251;, c'est d'abord parce qu'ils ont lutt&#233; pour cela.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quel virage ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La construction europ&#233;enne n'a jamais eu le moindre contenu social, au mieux parfois quelques retomb&#233;es involontaires. Attac le reconna&#238;t d'ailleurs quand elle regrette que l'Europe n'ait &#171; &lt;em&gt;pas r&#233;ussi &#224; &#233;tablir des politiques communes concernant la sant&#233;, les retraites, les conditions de travail ou les politiques d'&#233;ducation et de recherche&lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;raliser le commerce et la finance...&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pose la question de l'importance qu'attache Attac au virage vers le n&#233;o-lib&#233;ralisme que la construction europ&#233;enne aurait pris dans une deuxi&#232;me p&#233;riode de son histoire. Un virage que d'ailleurs l'association peine &#224; situer. Il est cens&#233; commencer avec la crise de 1973, mais &#171; &lt;em&gt;on peut, cependant, interpr&#233;ter jusqu'au milieu des ann&#233;es 1980 l'int&#233;gration [=la construction] europ&#233;enne dans la continuit&#233; des premiers pas accomplis dans les ann&#233;es 1950&lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem Le m&#234;me flou artistique se retrouve dans L'UE et le n&#233;o-lib&#233;ralisme.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car que l'Europe ait &#233;t&#233; d'abord keyn&#233;sienne ou pas, puis jusqu'au milieu des ann&#233;es 80 &#171; &lt;em&gt;potentiellement ni keyn&#233;sienne ni n&#233;olib&#233;rale&lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;raliser le commerce et la finance...&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, pour se convertir enfin compl&#232;tement &#224; l'ultra-lib&#233;ralisme, l'important n'est-il pas la constance dans la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des trusts europ&#233;ens sans la moindre pr&#233;occupation sociale ? Pourquoi alors s'obstiner &#224; monter au pinacle une CEE de jadis pour l'opposer &#224; l'UE d'aujourd'hui ? Sinon pour promouvoir le retour &#224; une politique fondamentalement tout aussi &#233;loign&#233;e des int&#233;r&#234;ts des classes populaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attac pr&#233;conise de cr&#233;er un mod&#232;le social europ&#233;en, afin d'harmoniser les droits sociaux par le haut&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Qu'il faille &#233;tendre les plus favorables d'entre eux &#224; tous les travailleurs europ&#233;ens, voil&#224; un point o&#249; les r&#233;volutionnaires se retrouvent avec l'association altermondialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment y parvenir ? Pour Attac il serait possible d'amener l'Union europ&#233;enne &#224; mener une politique qui aurait pour objectif le bien-&#234;tre de tous ses citoyens, le plein emploi et une protection sociale de haut niveau, en &#171; &lt;em&gt;r&#233;formant le cadre institutionnel de l'Europe&lt;/em&gt; &#187;, notamment la constitution europ&#233;enne&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De meilleures institutions...&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc la raison de faire un mythe des d&#233;buts de la CEE (dont les institutions &#233;taient pourtant encore moins d&#233;mocratiques que celles de l'UE, s'il est possible) : proposer &#224; la population et aux travailleurs europ&#233;ens de faire de changements institutionnels leurs objectifs plut&#244;t que de compter sur leurs seules luttes pour d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts. Comme si d&#233;fendre les services publics, interdire les licenciements ou am&#233;liorer les conditions de vie et de travail pouvait &#234;tre obtenu en donnant plus de pouvoir &#224; un parlement, en &#233;lisant un pr&#233;sident de telle fa&#231;on plut&#244;t que de telle autre ou en changeant la mani&#232;re dont les ministres sont d&#233;sign&#233;s ! Deux si&#232;cles de changements institutionnels incessants dans un pays comme la France ont pourtant appris qu'il n'y avait rien &#224; attendre pour les exploit&#233;s des &#233;volutions dans ces sph&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu PARANT&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; &lt;em&gt;De meilleures institutions, des r&#232;gles et des moyens au service du plein emploi et du bien &#234;tre social en Europe&lt;/em&gt; &#187;, 1/1/2003. Source : &lt;a href=&#034;https://www.attac.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.attac.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;L'UE et le n&#233;o-lib&#233;ralisme&lt;/em&gt;, site de la commission Europe d'ATTAC.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; &lt;em&gt;Lib&#233;raliser le commerce et la finance, l'exemple de l'Union europ&#233;enne &lt;/em&gt; &#187;. 20/1/2004. Source : &lt;a href=&#034;https://www.attac.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.attac.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les 18 % les plus riches, c&#233;r&#233;aliers et betteraviers notamment, per&#231;oivent 80 % des sommes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les Etats-Unis d&#233;tiennent en 1945 les deux tiers des stocks d'or mondiaux et produisent plus de 50 % des articles manufactur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Lib&#233;raliser le commerce et la finance...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Idem Le m&#234;me flou artistique se retrouve dans &lt;em&gt;L'UE et le n&#233;o-lib&#233;ralisme&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Lib&#233;raliser le commerce et la finance...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;De meilleures institutions...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Editorial : Le seul r&#233;f&#233;rendum &#224; pr&#233;parer : dans la lutte, la rue, la gr&#232;ve
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-seul-referendum-a-preparer-dans</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-seul-referendum-a-preparer-dans</guid>
		<dc:date>2004-09-30T19:45:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;f&#233;rendum
</dc:subject>

		<description>Chirac lui-m&#234;me ne doit pas en revenir. Certes, en inventant un r&#233;f&#233;rendum au beau milieu d'une p&#233;riode de trois ans sans &#233;lections (trois ans, vous vous rendez compte, comment la classe politique pourrait-elle tenir !) il en esp&#233;rait certainement, outre une division de la gauche, une polarisation des attentions sur ce sujet plut&#244;t que sur ceux qui concernent vraiment la vie des gens. Mais un tel d&#233;cha&#238;nement de passions (le plus souvent feintes, bien s&#251;r) alors que nous sommes plus&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-35-septembre-octobre-2004-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 35, septembre-octobre 2004
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Referendum-+" rel="tag"&gt;R&#233;f&#233;rendum
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chirac lui-m&#234;me ne doit pas en revenir. Certes, en inventant un r&#233;f&#233;rendum au beau milieu d'une p&#233;riode de trois ans sans &#233;lections (trois ans, vous vous rendez compte, comment la classe politique pourrait-elle tenir !) il en esp&#233;rait certainement, outre une division de la gauche, une polarisation des attentions sur ce sujet plut&#244;t que sur ceux qui concernent vraiment la vie des gens. Mais un tel d&#233;cha&#238;nement de passions (le plus souvent feintes, bien s&#251;r) alors que nous sommes plus d'un an avant que le r&#233;f&#233;rendum n'ait lieu et sans m&#234;me la certitude qu'il aura lieu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, on ne s'&#233;tonne pas que le Parti socialiste tout entier, des &#171; &#233;l&#233;phants &#187; aux animaux de moindre envergure, se soit ru&#233; sur l'occasion. Pour ces gens tout est bon pour &#233;viter d'intervenir, de faire campagne sur les probl&#232;mes de la population laborieuse, le ch&#244;mage, les bas salaires, les conditions de travail, ou m&#234;me d'en parler s&#233;rieusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le psychodrame autour des &#233;tats d'&#226;me de Fabius et de ses chamailleries avec ses pairs ne pr&#234;terait qu'&#224; rire s'il n'avait d'autre cons&#233;quence que de r&#233;gler des comptes au sein de la direction du PS, voire de d&#233;cider qui sera ou ne sera pas le candidat du parti aux prochaines pr&#233;sidentielles. Mais il vient se surajouter aux campagnes pour le non pratiquement d&#233;j&#224; entam&#233;es par le PCF et m&#234;me une partie de l'extr&#234;me gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi tout est fait par cette gauche pour persuader ceux qui peuvent lui pr&#234;ter attention, c'est-&#224;-dire la majorit&#233; des travailleurs combatifs et des militants du mouvement ouvrier, que la question d&#233;cisive des dix-huit mois &#224; venir sera ce r&#233;f&#233;rendum et son r&#233;sultat. D&#233;j&#224; des directions nationales des syndicats se positionnent, CFDT pour le oui, Sud pour le non, et la discussion enfle parmi les militants, notamment de la CGT, allum&#233;e par les partisans du non, mais tisonn&#233;e par le fait qu'aucune autre perspective de combat ne leur est propos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait l&#224; le pi&#232;ge tendu par Chirac : distraire des vrais probl&#232;mes, agiter un leurre. Car tout le monde sait, et bien des partisans du oui comme du non le disent ouvertement, que quel que soit le r&#233;sultat il n'aura pas de cons&#233;quences fondamentales sur la construction europ&#233;enne : rejet&#233;e la constitution propos&#233;e laisserait les choses en l'&#233;tat o&#249; elles sont d&#233;j&#224;, adopt&#233;e elle ne les aggraverait ni ne les am&#233;liorerait. Comme il n'aura pas non plus de cons&#233;quence sur la politique fran&#231;aise puisque, qu'on dise oui, qu'on dise non ou qu'on s'abstienne, Chirac restera pr&#233;sident et la droite majoritaire au parlement. Qu'est-ce que les victoires successives et rapproch&#233;es de la gauche aux &#233;lections r&#233;gionales et aux europ&#233;ennes ont chang&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ? Alors il est de la plus grande importance que les travailleurs, les militants ouvriers, syndicalistes, de gauche se persuadent que, quelle que soit l'attitude qu'il conviendra d'adopter dans les urnes quand Chirac nous aura d&#233;livr&#233; sa question, qu'ils penchent pour le non ou l'abstention - ce qui &#224; notre avis ne pourra &#234;tre r&#233;ellement d&#233;cid&#233; que dans le contexte politique et social du r&#233;f&#233;rendum lui-m&#234;me - ce n'est absolument pas le probl&#232;me qui est &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les attaques patronales et gouvernementales s'intensifient et se multiplient, contre les services publics, contre les salaires et le temps de travail, et que tout est fait pour pressurer les plus pauvres pour donner encore aux plus aux riches - le projet de budget 2005 en &#233;tant la parfaite illustration- c'est de pr&#233;parer la contre-offensive dont il convient de se pr&#233;occuper. De rien d'autre et surtout pas des fausses questions pos&#233;es par nos adversaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas ce devrait &#234;tre l'attitude de l'extr&#234;me gauche. Sans ambigu&#239;t&#233;. Sans essayer de marier les contraires comme, par exemple, le fait la LCR qui propose deux campagnes parall&#232;les. Car, dans l'atmosph&#232;re que toute la gauche s'emploie &#224; aider la droite &#224; cr&#233;er, la campagne pour le non au r&#233;f&#233;rendum a toutes les chances de prendre le pas, pour ne pas dire d'&#233;touffer, celle contre la casse de la Poste et des services publics. Or c'est celle-ci qu'il faudrait d&#233;velopper et tenter de mener &#224; bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 septembre 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Et si on se faisait un petit r&#233;f&#233;rendum ?
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Et-si-on-se-faisait-un-petit-referendum</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Et-si-on-se-faisait-un-petit-referendum</guid>
		<dc:date>2004-06-23T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;f&#233;rendum
</dc:subject>

		<description>Ca n'a donc pas tra&#238;n&#233;. S'il fallait un exemple comme quoi les &#233;lections n'engagent que les &#233;lecteurs qui croient qu'il va &#234;tre tenu compte de l'opinion qu'ils expriment par leur vote mais surtout pas les politiciens qui feignent de la leur demander en se pr&#233;sentant &#224; leurs suffrages, on ne pourrait gu&#232;re en fournir de meilleur que ces &#233;lections europ&#233;ennes, survenues elles-m&#234;mes dans la foul&#233;e des r&#233;gionales de mars. &lt;br /&gt; Comme si de rien n'&#233;tait &lt;br /&gt;Exemple fourni d'abord par la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans Lutte de classe
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Referendum-+" rel="tag"&gt;R&#233;f&#233;rendum
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ca n'a donc pas tra&#238;n&#233;. S'il fallait un exemple comme quoi les &#233;lections n'engagent que les &#233;lecteurs qui croient qu'il va &#234;tre tenu compte de l'opinion qu'ils expriment par leur vote mais surtout pas les politiciens qui feignent de la leur demander en se pr&#233;sentant &#224; leurs suffrages, on ne pourrait gu&#232;re en fournir de meilleur que ces &#233;lections europ&#233;ennes, survenues elles-m&#234;mes dans la foul&#233;e des r&#233;gionales de mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;Comme si de rien n'&#233;tait &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple fourni d'abord par la droite, aujourd'hui aux commandes de l'Etat. Bien s&#251;r, Jean-Pierre Raffarin averti par la racl&#233;e &#233;lectorale re&#231;ue deux mois auparavant, avait pris ses pr&#233;cautions. Ces &#233;lections europ&#233;ennes, voyez-vous, ne le concernaient pas, ni lui ni sa politique. Personne ne pouvait songer &#224; sanctionner l'un ou l'autre par son vote. Il avait m&#234;me pouss&#233; la grandeur d'&#226;me &#224; appeler &#224; voter soit pour l'UMP, soit&#8230; pour le PS, c'est-&#224;-dire le principal parti d'opposition, au pr&#233;texte d'inviter les &#233;lecteurs &#224; ne pas gaspiller leur voix sur les petites formations qui au Parlement europ&#233;en ne comptent pas et ne peuvent faire entendre la voix de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne pouvait pas mieux dire que le gouvernement entendait bien continuer sa politique contre vents et mar&#233;es, urnes et bulletins de vote. Certes, aurait-il m&#234;me plus ouvertement engag&#233; son sort avant les &#233;lections, qu'il n'aurait sans doute pas davantage tenu compte des r&#233;sultats. Tous les membres du gouvernement s'&#233;taient impliqu&#233;s dans la campagne des r&#233;gionales (&#224; un moment, il faut le dire, o&#249; les sondages ne pr&#233;disaient pas encore au parti gouvernemental la d&#233;route qu'il allait subir). Le gouvernement n'en a pas moins poursuivi comme si rien n'&#233;tait, Jacques Chirac se contentant de virer quelques ministres ou secr&#233;taires d'Etat qui comptaient pour du beurre mais confirmant, geste essentiel, le premier ministre lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement fait donc ce qu'il avait annonc&#233;, apr&#232;s avoir annonc&#233; ce qu'il ferait : poursuivre l'offensive tous azimuts contre les travailleurs et les classes populaires. La pr&#233;sentation des textes privatisant l'EDF-GDF et le plan de &#171; r&#233;forme &#187; de la S&#233;curit&#233; sociale devant l'assembl&#233;e nationale se font tr&#232;s exactement selon le calendrier &#233;tabli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;Le Parti socialiste a tout son temps &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne n'attend sans doute de ce gouvernement qu'il entende les &#233;lecteurs lorsque ces derniers le d&#233;savouent. Mais que dire de l'attitude de la pr&#233;tendue opposition, lorsque les m&#234;mes &#233;lecteurs l'approuvent ! Car les vainqueurs des &#233;lections aussi bien r&#233;gionales qu'europ&#233;ennes, le Parti socialiste et tous ses leaders, Fran&#231;ois Hollande en t&#234;te, ont fait campagne en appelant &#224; sanctionner le gouvernement en votant pour leurs listes. Les &#233;lecteurs l'ont fait. Que fait donc maintenant le PS pour faire appliquer la sanction ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hollande au soir du 13 juin a bien appel&#233; &#224; la d&#233;mission de Raffarin. Apr&#232;s les r&#233;gionales le PS avait d&#233;j&#224; fait mine de rager devant le maintien &#224; son poste du chef du gouvernement. Sans y croire certainement, puisqu'il reste muet sur la mani&#232;re de l'imposer. Ou plut&#244;t puisqu'il condamne par avance et sans appel la seule voie qui permettrait &#224; coup s&#251;r d'&#233;vincer Raffarin&#8230; et faire &#233;chec &#224; sa politique. &#171; &lt;em&gt;Par les urnes, pas par la rue&lt;/em&gt; &#187; avait sentencieusement &#233;nonc&#233; le premier secr&#233;taire du PS d&#232;s le soir du premier tous des r&#233;gionales. Des fois que les &#233;lecteurs, dans l'enthousiasme de la victoire, envisagent d'installer de force un des &#233;l&#233;phants du parti &#224; Matignon !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait l'immense majorit&#233; de ceux qui ont vot&#233; contre Raffarin se moquent bien du nom du premier ministre. C'est sa politique qu'ils entendaient condamner, et ont en effet condamn&#233;e par deux fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est sur les moyens de changer celle-ci et d'en imposer une autre que le PS reste muet. Non, le PS n'a rien &#224; proposer &#224; ceux qui lui ont accord&#233; une certaine confiance&#8230; sinon de continuer &#224; le faire et de patienter. Car il faut &#234;tre &#233;minemment patient avec un parti qui avoue sans fard qu'il se donne encore dix-huit mois pour &#233;laborer le projet politique qui pourrait lui servir de programme&#8230; pour les &#233;lections de 2007 (pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives). Le PS sait qu'il appellera &#224; voter pour lui, mais il ne sait pas encore pour quoi ! Le PS esp&#232;re revenir au pouvoir mais il ne sait pas la politique qu'il y m&#232;nera alors ! Le PS pr&#233;tend n'avoir toujours pas d'id&#233;e sur les probl&#232;mes de toutes sortes qui assaillent les couches populaires aujourd'hui et pour lesquels elles r&#233;clament justement une autre politique. Emploi, ch&#244;mage, salaires, services publics, s&#233;curit&#233; sociale ? Conna&#238;t mal ! Besoin de 18 mois suppl&#233;mentaires pour se faire une position ! Le vide politique complet. Il n'y a qu'en candidats &#224; la candidature que le PS conna&#238;t le trop plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;Le leurre &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute ces candidats sentent-ils que les perspectives offertes par leur parti risquent d'appara&#238;tre un peu minces et de laisser les &#233;lecteurs sur leur faim. Les voil&#224; donc qui, &#224; peine les urnes rang&#233;es, se sont empar&#233;s de la question cruciale&#8230; de la constitution europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, si un Laurent Fabius &#233;tale ses &#233;tats d'&#226;me &#224; propos d'une constitution &#224; laquelle il n'avait gu&#232;re pr&#234;t&#233; attention jusqu'ici, c'est d'abord pour se placer aupr&#232;s des &#233;lecteurs et militants socialistes, tenter de prendre une petite longueur d'avance et faire un croche-pied &#224; ses copains Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang ou Fran&#231;ois Hollande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le tapage qui a commenc&#233; au PS et qui vient de tous les c&#244;t&#233;s et de toutes les tendances (les premiers &#224; enfourcher ce cheval de bataille &#233;tant m&#234;me les soi-disant courants de gauche, Nouveau monde d'Henri Emmanuelli ou Nouveau parti socialiste de Vincent Peillon ) a sans doute d'autres raisons que de servir les strat&#233;gies personnelles de tel ou tel &#171; pr&#233;sidentiable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait cette question de la constitution europ&#233;enne tombe m&#234;me &#224; pic pour un PS qui n'entend surtout pas s'impliquer dans les luttes sociales imm&#233;diates et urgentes. Quoi de mieux qu'un &#233;ventuel objectif &#8211; obtenir un r&#233;f&#233;rendum sur la constitution europ&#233;enne &#8211; qui semble moins lointain que les &#233;lections de 2007 mais maintiendrait l'attention des &#233;lecteurs sur le bulletin de vote ? Un objectif qui, m&#234;me en admettant qu'il soit atteint et que Chirac le d&#233;cide, n'obligerait pas plus, quel que soit le r&#233;sultat du scrutin, le gouvernement &#224; changer de politique que ne l'ont fait les r&#233;gionales et les europ&#233;ennes ? Un objectif enfin qui est le leurre parfait pour les travailleurs et les militants qui, s'ils s'y laissaient prendre, seraient ainsi d&#233;tourn&#233;s des vrais probl&#232;mes comme des vrais terrains de lutte ? Ainsi, il y a dix ans, on a voulu faire croire &#224; l'importance d'un r&#233;f&#233;rendum sur le trait&#233; de Maastricht. Et aujourd'hui encore des militants ouvriers abus&#233;s par le PCF (aussi parfois par certains groupes d'extr&#234;me gauche) voient en ce trait&#233; la cause de tous les maux, m&#234;me si l'exemple actuel du gouvernement fran&#231;ais, comme de plusieurs de ses homologues europ&#233;ens, montre qu'il sait s'asseoir sur les r&#232;gles de Maastricht&#8230; sans rien changer &#224; sa politique anti-ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie peut d&#233;cid&#233;ment compter sur le Parti socialiste. Au gouvernement, on l'a encore vu avec Jospin, il m&#232;ne les affaires du pays au d&#233;triment du monde du travail. Quand il perd les &#233;lections, comme lors des derni&#232;res pr&#233;sidentielles, il invite les travailleurs &#224; reporter leurs suffrages et leurs espoirs sur la droite et Chirac&#8230; et quand il les gagne, il les lanterne dans l'attente de nouvelles &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;Prolonger l'alliance LO-LCR &lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique du PS correspond sans aucun doute &#224; sa vraie nature de parti de la bourgeoisie. Plus inqui&#233;tant serait de voir une partie de l'extr&#234;me gauche emprunter le m&#234;me chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On savait que l'alliance LO-LCR passerait par quelques turbulences en cas de mauvais r&#233;sultat &#233;lectoral, puisque cette alliance avait les &#233;lections pour seul objectif, m&#234;me si certains dont nous-m&#234;mes esp&#233;raient la voir d&#233;border sur d'autres terrains, et d'abord le terrain social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat des europ&#233;ennes fut effectivement mauvais. Celui des r&#233;gionales lui-m&#234;me n'avait pas &#233;t&#233; tr&#232;s bon (m&#234;me s'il &#233;tait loin avec plus de 4,5 % des suffrages de &#171; l'&#233;chec &#187; complaisamment relat&#233; par tous les m&#233;dias). Sans perspective d'&#233;lections avant trois ans, chacune des deux organisations va-t-elle donc reprendre ses billes et son bonhomme de chemin sans plus se pr&#233;occuper de ce que l'autre fait ou ne fait pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure o&#249; nous &#233;crivons, nous n'avons encore que des informations partielles ou incompl&#232;tes sur l'orientation arr&#234;t&#233;e ou simplement esquiss&#233;e par le tout r&#233;cent Comit&#233; national de la LCR. Mais s'il s'av&#233;rait que la LCR entend consacrer l'essentiel de ses efforts dans les mois qui viennent &#224; une campagne pour un &#171; non de gauche &#224; la constitution europ&#233;enne &#187;, cela signifierait que la LCR revient sur l'orientation qu'elle avait adopt&#233;e depuis un an&#8230; et sur l'alliance avec LO, alliance fond&#233;e sur la n&#233;cessit&#233; d'une distinction claire entre la gauche bourgeoise et gouvernementale et l'extr&#234;me gauche r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car une telle campagne ne signifierait pas seulement que la LCR, qu'elle le veuille ou non, pr&#234;terait sa voix et ses forces militantes &#224; l'op&#233;ration de diversion que s'appr&#234;te &#224; lancer la gauche. Elle signifierait aussi que la LCR met &#224; nouveau au premier plan de ses pr&#233;occupations la recherche d'alliances du c&#244;t&#233; de la gauche de la gauche (cette n&#233;buleuse qui va des opposants du PCF &#224; la gauche du PS en passant par des courants Verts). Avec la circonstance aggravante que cette fois-ci, la gauche de la gauche pourrait bien englober&#8230; jusqu'&#224; des gens comme Laurent Fabius.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les semaines et les mois qui viennent nous en apprendront certainement plus sur les intentions r&#233;elles de la LCR comme sur les nouveaux rapports de force qui en son sein auront pu na&#238;tre de &#171; l'&#233;chec &#187; &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#232;s aujourd'hui le risque de voir la LCR d&#233;river &#224; nouveau devrait inciter LO &#224; ne pas prendre une voie parall&#232;le et ne pas tourner le dos &#224; l'organisation trotskyste avec laquelle elle s'&#233;tait alli&#233;e il y a pr&#232;s d'un an. Au contraire, ce serait une raison de plus pour ne pas se replier sur soi et chercher &#224; prolonger cette alliance et l'&#233;tendre hors du champ &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, il ne peut &#234;tre question d'une alliance LO-LCR dans une campagne pour un r&#233;f&#233;rendum sur la constitution europ&#233;enne, voire pour un &#171; non de gauche &#187; au cas o&#249; ce r&#233;f&#233;rendum aurait lieu. Les deux organisations ne peuvent se retrouver sur des terrains o&#249;, &#224; juste titre, Lutte ouvri&#232;re ne veut pas aller. Pas plus &#233;videmment sur ceux o&#249; la LCR refuserait de mettre les pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, quels que soient les appels du pied que peut lui faire une partie de la gauche dite r&#233;formiste (bien qu'elle m&#233;rite de moins en moins ce nom) ou les yeux doux qu'elle-m&#234;me peut faire &#224; cette gauche, la LCR, en tout cas une grande partie de ses militants comme ceux de LO, reste pr&#233;occup&#233;e d'intervenir dans la lutte de classe et sur les probl&#232;mes qui sont ceux du monde du travail en ce moment m&#234;me, le ch&#244;mage et les licenciements, la casse de la S&#233;curit&#233; sociale ou celle des services publics&#8230; ou d'autres que l'incessante activit&#233; anti-salari&#233;s du gouvernement et des patrons peut &#224; tout moment mettre &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les occasions d'intervenir ensemble, &#224; l'&#233;chelle locale comme nationale, ne peuvent donc manquer ou se r&#233;duire aux occasions &#233;lectorales. N'est-ce pas l&#224; une raison suffisante pour tenter de prolonger l'alliance des deux organisations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 juin 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La question du r&#233;f&#233;rendum et le retour des anti-Maastricht
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-question-du-referendum-et-le-retour-des-anti-Maastricht</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-question-du-referendum-et-le-retour-des-anti-Maastricht</guid>
		<dc:date>2004-05-14T18:35:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Europe
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;f&#233;rendum
</dc:subject>

		<description>Le changement de gouvernement en Espagne a remis &#224; l'ordre du jour l'adoption prochaine du projet de Constitution europ&#233;enne, r&#233;dig&#233; par la convention pr&#233;sid&#233;e par Giscard, et donc relanc&#233; le d&#233;bat sur un possible r&#233;f&#233;rendum sur la question en France - d&#233;bat qui a encore rebondi avec la r&#233;cente d&#233;cision de Blair d'organiser un tel r&#233;f&#233;rendum en Grande-Bretagne. &lt;br /&gt;L'hebdomadaire de la LCR Rouge du 29 avril 2004 explique ainsi qu'il appartient &#171; aux forces progressistes de faire &#233;merger&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Elargissement-a-25-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Elargissement &#224; 25, nouvelle constitution : l'Union europ&#233;enne, une menace pour les travailleurs ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Referendum-+" rel="tag"&gt;R&#233;f&#233;rendum
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le changement de gouvernement en Espagne a remis &#224; l'ordre du jour l'adoption prochaine du projet de Constitution europ&#233;enne, r&#233;dig&#233; par la convention pr&#233;sid&#233;e par Giscard, et donc relanc&#233; le d&#233;bat sur un possible r&#233;f&#233;rendum sur la question en France - d&#233;bat qui a encore rebondi avec la r&#233;cente d&#233;cision de Blair d'organiser un tel r&#233;f&#233;rendum en Grande-Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hebdomadaire de la LCR Rouge du 29 avril 2004 explique ainsi qu'il appartient &#171; aux forces progressistes de faire &#233;merger l'exigence d'un r&#233;f&#233;rendum comme la n&#233;cessit&#233; de voir opposer un &#8220;non&#8221; de gauche &#224; ce trait&#233; institutionnel &#187; qualifi&#233; de &#171; texte constitutionnalisant le militarisme et le lib&#233;ralisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Francis Wurtz, pr&#233;sident PCF du groupe de la Gauche unitaire europ&#233;enne au Parlement europ&#233;en, d&#233;clarait le 20 avril dernier : &lt;em&gt;&#171; le Parti communiste fran&#231;ais demande au Pr&#233;sident de la r&#233;publique l'organisation d'un r&#233;f&#233;rendum sur le projet de Constitution europ&#233;enne &#187;&lt;/em&gt; et appelait, &#224; l'occasion des &#233;lections du 13 juin prochain, &#171; &lt;em&gt;&#224; s'opposer en toute clart&#233; &#224; ce projet qui (...) &#8220;constitutionnalise&#8221; (le) mod&#232;le lib&#233;ral &#187;&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;CommunisteS&lt;/em&gt;, publication hebdomadaire du PCF, n&#176;131, 29 avril 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, le PCF reprend une tradition d&#233;j&#224; ancienne. En 1989, il exigeait de Mitterrand un r&#233;f&#233;rendum sur le trait&#233; de Maastricht (que Mitterrand allait organiser pour de tout autres raisons) ; puis, en 1997, un autre de Chirac, pour s'opposer au projet de monnaie unique... avant de s'y rallier, &#224; la faveur de la victoire inattendue de la &#171; gauche plurielle &#187; qui allait conduire le PCF au gouvernement organisant le passage effectif &#224; l'euro, en janvier 2002.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La dictature des crit&#232;res de convergences !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On serait donc face au danger de voir &#171; constitutionnaliser &#187; une &#171; Europe de Maastricht &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que n'a-t-on pas entendu, en effet, de la part des &#171; anti-Maastricht &#187;, sur la dictature des &#171; crit&#232;res de convergence &#187; par laquelle une &#171; eurocratie &#187; bruxelloise imposerait &#224; tous les &#201;tats de l'Union une baisse des d&#233;penses dites sociales au nom de la r&#233;duction des d&#233;ficits publics ! Les dirigeants fran&#231;ais et allemands se sont charg&#233;s eux-m&#234;mes de d&#233;truire le mythe lorsque, en fonction des int&#233;r&#234;ts bien compris de leurs bourgeoisies respectives, ils ont estim&#233; n&#233;cessaire l'an dernier de d&#233;roger &#224; ces crit&#232;res... tout en continuant &#224; r&#233;duire les d&#233;penses sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les &#201;tats fran&#231;ais ou allemand, comme d'ailleurs les &#201;tats am&#233;ricain et japonais, cherchent effectivement &#224; r&#233;duire leurs d&#233;ficits aux d&#233;pens des d&#233;penses sociales, c'est avant tout pour endiguer leur endettement sans priver leur bourgeoisie nationale de subsides et d'aides en tous genres. De ce point de vue, le renoncement &#224; Maastricht, qui signifierait simplement un repli illusoire vers un &#171; capitalisme national &#187;, ne supprimerait pas une exigence qui r&#233;sulte de la subordination de l'&#201;tat aux int&#233;r&#234;ts bourgeois et non aux pr&#233;tendus diktats d'une entit&#233; supranationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me c'est en fonction des int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux de leur bourgeoisie que certains &#201;tats europ&#233;ens ont fait le choix (peut-&#234;tre r&#233;versible) de renoncer &#224; certains attributs de souverainet&#233;, comme l'abandon de la monnaie nationale au profit de l'euro. Mais les banques centrales nationales n'&#233;taient pas plus que l'actuelle Banque centrale europ&#233;enne plac&#233;es sous quelque contr&#244;le d&#233;mocratique que ce soit de la collectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; mod&#232;le lib&#233;ral &#187; port&#233; par l'&#171; Europe de Maastricht &#187; trouverait aussi son expression dans la d&#233;r&#233;glementation des services publics, ouverts (ou devant &#234;tre ouverts) &#224; la concurrence europ&#233;enne, et dans un nivellement par le bas des droits des travailleurs. Comme si ces attaques contre la classe ouvri&#232;re n'avaient pas commenc&#233; bien avant Maastricht ! Comme si, quelles que soient les couleurs sous lesquelles ils se pr&#233;sentaient, les gouvernements europ&#233;ens n'avaient pas men&#233; &#224; des nuances pr&#232;s des politiques similaires ! Ce n'est pas en r&#233;f&#233;rence &#224; quelque &#171; mod&#232;le &#187; que ce soit, mais pour permettre &#224; leur propre bourgeoisie d'affronter la concurrence au mieux de ses int&#233;r&#234;ts, qu'ils s'en prennent &#224; ceux de la classe ouvri&#232;re, que ce soit dans ou hors du cadre de la construction europ&#233;enne, que ce soit ou non sous l'&#233;gide de directives communautaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le r&#233;f&#233;rendum, la vessie pour la lanterne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il faut s'opposer aussi bien &#224; la d&#233;r&#233;glementation des services publics qu'au d&#233;mant&#232;lement des droits du travail ! Mais les travailleurs europ&#233;ens ne pourront le faire ni en en appelant &#224; une politique europ&#233;enne pr&#233;tendument plus &#171; sociale &#187; (&#224; laquelle ne souscrivent quelques politiciens que tant qu'ils sont dans l'opposition ou des bureaucraties syndicales visant surtout &#224; occuper des si&#232;ges dans les instances de concertation europ&#233;ennes), ni en r&#233;clamant la sortie de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, le Parti des travailleurs critique &#224; juste titre l'exigence de pseudo clauses &#171; sociales &#187; dans les trait&#233;s europ&#233;ens... mais c'est pour en rajouter sur la pr&#233;tendue n&#233;cessit&#233; d'abroger le trait&#233; de Maastricht, en expliquant qu'&lt;em&gt;&#171; il ne saurait y avoir d'issue &#224; la situation que sur la ligne de la rupture avec l'Union europ&#233;enne, du rejet de la r&#233;gionalisation, de la reconqu&#234;te de la d&#233;mocratie et de la R&#233;publique une et indivisible &#187;&lt;/em&gt; (d&#233;claration du bureau national du PT - 22 mars 2004). Curieux trotskistes qui entretiennent des illusions sur les vertus de fronti&#232;res nationales d&#233;pass&#233;es par l'histoire et qui ont fait largement la preuve qu'elles ne constituaient aucune protection pour le monde du travail !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maastricht ou pas l'issue est &#224; trouver en relevant le d&#233;fi de la lutte de classe ! C'est bien pourquoi mettre l'accent sur la n&#233;cessit&#233; d'un r&#233;f&#233;rendum sur une constitution europ&#233;enne, dont l'adoption ou le rejet n'aura aucune incidence, alors que l'urgence serait d'organiser la lutte contre la casse sociale et pour la d&#233;fense de la S&#233;cu, l'interdiction des licenciements, l'augmentation des salaires, en revient &#224; tomber dans le pi&#232;ge tendu ou pire vouloir y pousser la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#233;rard WEGAN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Quinquennat ? Zizou jouera-t-il jusqu'en 2006 ?
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Quinquennat-Zizou-jouera-t-il-jusqu-en-2006</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Quinquennat-Zizou-jouera-t-il-jusqu-en-2006</guid>
		<dc:date>2000-09-30T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;f&#233;rendum
</dc:subject>

		<description>La rentr&#233;e 2000 a fait tr&#232;s fort. Les Jeux Olympiques ont commenc&#233; &#224; Sydney, ainsi que la Ligue des Champions en Europe. Et il y a le nouveau film de Clint Easwood au cin&#233;. Et puis ? Ah oui ! Il y a le r&#233;f&#233;rendum sur le quinquennat ! Il parait que ce devait &#234;tre presque aussi int&#233;ressant que les &#233;lections municipales. Ils ont eu une bonne id&#233;e. Ils se sont mis d'accord. Et malheureusement pour eux, &#231;a tombe &#224; l'eau. Car ce n'est pas le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum qui permettra &#224; Chirac de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-11-septembre-octobre-2000-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 11, septembre-octobre 2000
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Referendum-+" rel="tag"&gt;R&#233;f&#233;rendum
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La rentr&#233;e 2000 a fait tr&#232;s fort. Les Jeux Olympiques ont commenc&#233; &#224; Sydney, ainsi que la Ligue des Champions en Europe. Et il y a le nouveau film de Clint Easwood au cin&#233;. Et puis ? Ah oui ! Il y a le r&#233;f&#233;rendum sur le quinquennat ! Il parait que ce devait &#234;tre presque aussi int&#233;ressant que les &#233;lections municipales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils ont eu une bonne id&#233;e. Ils se sont mis d'accord. Et malheureusement pour eux, &#231;a tombe &#224; l'eau. Car ce n'est pas le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum qui permettra &#224; Chirac de perdre du poids, ni &#224; Jospin de regagner les 20 points qu'il a perdu dans les sondages.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux derni&#232;res nouvelles, et au moment o&#249; nous &#233;crivons, &#224; quelques jours du vote, au moins 60 % d'abstention et le NON qui continue de progresser. Tout &#231;a serait assez pr&#233;occupant, quand m&#234;me. Le peuple a la parole et il ne s'en sert m&#234;me pas. Mais que devient la politique ? Et nos institutions ? L'ultra-lib&#233;ralisme a-t-il d&#233;j&#224; tout d&#233;truit ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Puisqu'ils se moquent de nous, moquons-nous...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;forme pour la r&#233;duction du mandat pr&#233;sidentielle de sept &#224; cinq ans laisse le monde du travail indiff&#233;rent. Pour la grande majorit&#233; des salari&#233;s, la question pos&#233;e ne les concerne pas, ses enjeux n'ont d'int&#233;r&#234;t que pour les politiciens et les bonzes. Ils ont raison, car avec l'alternance entre les gouvernants de gauche et de droite - tous au service des actionnaires et de la Jet Set - les questions institutionnelles et le jeu politicien sont en d&#233;calage total avec les pr&#233;occupations sociales essentielles : l'offensive du patronat qui continue en vue de restructurer le rapport capital- travail au d&#233;triment des salari&#233;s, utilisant la croissance (des profits surtout !) et la &#171; net-&#233;conomie &#187; pour &#233;tablir encore plus la pr&#233;carit&#233;, la remise en cause du Code du Travail et les accords collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le PCF appelle &#224; l'abstention et que les Verts n'aient aucune position officielle ne pourra masquer le fait qu'&#224; travers leur participation au gouvernement et leur place dans les institutions ce qui compte vraiment pour eux - comme pour Chirac et Jospin - c'est la stabilit&#233; du syst&#232;me politique, dont ils tirent profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui peut donc s'&#233;tonner qu'on ne nous demande pas de nous prononcer sur les choix essentiels qui nous int&#233;ressent, comme par exemple sur :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'utilisation de la cagnotte de Fabius ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la suppression de la TVA sur les produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la taxation des b&#233;n&#233;fices des grandes compagnies p&#233;troli&#232;res ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'interdiction des licenciement et la redistribution des richesses ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Non, sur ces questions l&#224; on ne nous demande jamais notre avis. Pur hasard &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors si au soir du 24 septembre il faut bien constater que le bon peuple est rester chez lui, ce n'est qu'un juste retour des choses. Il se moque du r&#233;f&#233;rendum bidon comme ceux qui l'organisent se moquent de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rendum, &#233;lections, d&#233;mocratie - pourquoi pas ? Mais &#224; condition de ne pas oublier que ceux qu'on ne nous propose jamais d'&#233;lire sont ceux qui d&#233;tiennent le v&#233;ritable pouvoir dans cette soci&#233;t&#233;. Les &#233;lus et les gouvernements passent, l'Etat et les patrons restent, et aucune r&#233;forme institutionnelle permettra de changer cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, tout ce qu'il reste &#224; faire c'est de s'attaquer &#224; la racine des choses, &#224; ce que les intellectuels de &#171; gauche &#187; appellent le &#171; march&#233; &#187; ou la &#171; mondialisation &#187;, et qui en r&#233;alit&#233; n'est rien d'autre que la propri&#233;t&#233; priv&#233; des moyens de productions et le capitalisme. Les supprimer reste la condition sine qua non, avant de pouvoir parler s&#233;rieusement de d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 septembre 2000, &lt;strong&gt;Marc DORMOY&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
