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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> L'&#233;galit&#233; n'est pas une valeur bourgeoise
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Banlieue
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		<description>Macron a d&#233;voil&#233; la semaine derni&#232;re ses intentions concernant les banlieues. Son id&#233;e, c'est de ne rien changer. Enfin, il a promis des stages en classe de 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&#8230; qui existent d&#233;j&#224;. R&#233;seaux de transport en commun insuffisants, discrimination &#224; l'embauche&#8230; tout &#231;a, ce n'est pas le probl&#232;me du pr&#233;sident des riches. &lt;br /&gt;Cela dit, les gouvernements pr&#233;c&#233;dents n'ont rien fait de mieux pour les habitants des quartiers populaires. Ils avaient la pudeur de se cacher derri&#232;re des projets vides&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Macron a d&#233;voil&#233; la semaine derni&#232;re ses intentions concernant les banlieues. Son id&#233;e, c'est de ne rien changer. Enfin, il a promis des stages en classe de 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&#8230; qui existent d&#233;j&#224;. R&#233;seaux de transport en commun insuffisants, discrimination &#224; l'embauche&#8230; tout &#231;a, ce n'est pas le probl&#232;me du pr&#233;sident des riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les gouvernements pr&#233;c&#233;dents n'ont rien fait de mieux pour les habitants des quartiers populaires. Ils avaient la pudeur de se cacher derri&#232;re des projets vides pour soi-disant r&#233;tablir l'&#233;galit&#233;. Macron, lui, ne prend pas la peine de soigner les apparences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suppression de 120 000 postes de fonctionnaires et celle des contrats aid&#233;s r&#233;duit en plus les moyens allou&#233;s aux services publics et &#224; la vie associative dans les quartiers populaires. L'&#233;galit&#233; entre tous, les bourgeois n'en veulent pas. Il n'y a que nous, travailleurs, qui pouvons nous en soucier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Le mythe de la &#171; police de proximit&#233; &#187;
</title>
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		<dc:date>2006-01-13T21:19:35Z</dc:date>
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Police
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		<description>Parmi les arguments avanc&#233;s par la gauche pour faire porter &#224; la droite et au gouvernement la responsabilit&#233; des r&#233;voltes des banlieues de novembre 2005, il y a le reproche d'avoir abandonn&#233; la police dite de &#171; proximit&#233; &#187;. En effet, peu de temps apr&#232;s son arriv&#233;e au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, Nicolas Sarkozy proclamait que le r&#244;le de la police n'&#233;tait pas de faire de la pr&#233;vention, voire de l'&#233;ducation, mais de la r&#233;pression. Un commandant de police de Marseille, connu pour organiser&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-43-janvier-fevrier-2006-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 43, janvier-f&#233;vrier 2006
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Banlieu-+" rel="tag"&gt;Banlieue
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parmi les arguments avanc&#233;s par la gauche pour faire porter &#224; la droite et au gouvernement la responsabilit&#233; des r&#233;voltes des banlieues de novembre 2005, il y a le reproche d'avoir abandonn&#233; la police dite de &#171; proximit&#233; &#187;. En effet, peu de temps apr&#232;s son arriv&#233;e au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, Nicolas Sarkozy proclamait que le r&#244;le de la police n'&#233;tait pas de faire de la pr&#233;vention, voire de l'&#233;ducation, mais de la r&#233;pression. Un commandant de police de Marseille, connu pour organiser des parties de foot avec des jeunes, &#233;tait m&#234;me sanctionn&#233; et mut&#233; pour cette raison !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS et PCF r&#233;clament donc aujourd'hui le r&#233;tablissement de la police de proximit&#233;. Ainsi, &#201;velyne Sire-Marin, ex-pr&#233;sidente du Syndicat de la magistrature proche du PS, constatant que la police est &lt;em&gt;&#171; souvent per&#231;ue comme hostile aux habitants &#187;&lt;/em&gt;, d&#233;nonce son fonctionnement actuel et, notamment, le comportement des Brigades anti-criminalit&#233;, les trop fameuses Bac d&#233;test&#233;es par une bonne partie des habitants des cit&#233;s, particuli&#232;rement les jeunes. Et elle pr&#233;conise leur remplacement par des &#238;lotiers et des policiers de proximit&#233; qui &lt;em&gt;&#171; travailleraient en lien avec les intervenants sociaux charg&#233;s de la pr&#233;vention &#187;&lt;/em&gt;. Bien form&#233;s et bien encadr&#233;s, ces policiers respecteraient m&#234;me les jeunes, en &#233;vitant par exemple de les tutoyer !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Changer les &#233;cussons... &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gauche, pendant vingt ans au pouvoir, avait tout loisir de mettre sur pied cette police &#224; visage humain au service de la population... si une telle police &#233;tait imaginable dans le contexte actuel. Qu'avons-nous eu en fait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; police de proximit&#233; &#187; est entr&#233;e en service en avril 1999 (dix-huit ans apr&#232;s la premi&#232;re &#233;lection de Fran&#231;ois Mitterrand &#224; la pr&#233;sidence et la formation du premier gouvernement PS &#224; participation PCF... il faut croire que l'accouchement a &#233;t&#233; difficile) en vertu d'une loi de 1995. Jean-Pierre Chev&#232;nement occupait alors le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur et Philippe Massoni, d&#233;j&#224; en place sous les gouvernements de droite, dirigeait la Pr&#233;fecture de police. Sur le papier, on visait &#224; rendre la police &#171; plus visible, plus proche, plus accessible &#187;. En pratique, outre quelques mesures comme d'ouvrir les commissariats de quartier jusqu'&#224; 20 heures au lieu de 19 heures, l'op&#233;ration a consist&#233; pour l'essentiel &#224; faire fabriquer quelques milliers d'&#233;cussons portant le sigle &#171; Police urbaine de proximit&#233; &#187; et &#224; les coudre sur les blousons des fonctionnaires concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_183 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH230/ps-c04ae.gif?1788403536' width='300' height='230' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Un an plus tard, le 18 avril 2000, au cours d'un colloque r&#233;unissant le ministre de l'Int&#233;rieur et la cr&#232;me de la Pr&#233;fecture de police, le bilan &#233;tait dress&#233;. &#192; l'en croire, les d&#233;lits sur la voie publique auraient recul&#233; de 6,75 % tandis que les infractions r&#233;v&#233;l&#233;es augmentaient de 11 % et les gardes &#224; vue de 15 %. Comme d'habitude des chiffres sans grande signification dans la mesure o&#249; l'on ne sait jamais exactement de quelle fa&#231;on ces statistiques sont &#233;tablies et, en tout cas, qui ne prouvent en aucune fa&#231;on que la police avait pris un visage humain pour les habitants et les jeunes des quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;... &#224; d&#233;faut du comportement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En fait, sur le terrain, et en particulier dans les cit&#233;s de banlieue, rien n'avait chang&#233; et les Bac effectuaient toujours leurs descentes muscl&#233;es et provocatrices. Cr&#233;&#233;es en 1994, sous Pasqua, compos&#233;es de volontaires s&#233;lectionn&#233;s notamment pour leur aptitude physique au combat et b&#233;n&#233;ficiant de primes substantielles, ces brigades pratiquent des op&#233;rations &#171; coups de poing &#187; qui consistent &#224; contr&#244;ler tous ceux qu'elles rencontrent dans les rues. Ceux qui ont alors la malchance de croiser leur route, y compris les automobilistes en r&#232;gle pour peu que leur peau soit un peu fonc&#233;e, sont plaqu&#233;s au sol mains sur la nuque et, fr&#233;quemment, insult&#233;s et frapp&#233;s sans la moindre raison. &#201;velyne Sire-Marin, citant un rapport &#233;manant du Centre de recherche du minist&#232;re de la Justice, note que, pour la seule r&#233;gion parisienne, en 2002, &#171; &lt;em&gt;les all&#233;gations de violences polici&#232;res &#233;taient compatibles avec les blessures constat&#233;es sur 1 000 personnes re&#231;ues aux urgences de l'H&#244;tel-Dieu&lt;/em&gt; &#187;. Jamais la gauche, au cours de son passage au pouvoir, n'a envisag&#233; de les supprimer, ni m&#234;me de limiter leurs interventions et leurs pr&#233;rogatives ou de sanctionner leurs comportements. Quant au nombre des &#171; bavures &#187; mortelles dues &#224; des policiers en service, il est rest&#233; stable sous la gauche comme sous la droite, au rythme de 15 &#224; 20 victimes par an. Soit au total 196 personnes tomb&#233;es sous les balles ou les coups des policiers entre 1977 et 2001. Encore ne s'agit-il que des cas recens&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Recensement effectu&#233; par l'historien Maurice Rajsfus dans La police et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comportement de la gauche a &#233;t&#233; si peu diff&#233;rent de celui de la droite en mati&#232;re de police que Daniel Vaillant, ancien ministre de l'Int&#233;rieur du gouvernement Jospin, au cours d'une conf&#233;rence de presse du PS cit&#233;e dans &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 31 mai 2002 reprochait &#224; Sarkozy de lui avoir emprunt&#233; son programme r&#233;pressif. &lt;em&gt;&#171; C'est du copi&#233;-coll&#233;. Je retrouve presque mot pour mot les objectifs inscrits dans deux documents de d&#233;marche strat&#233;gique pr&#233;par&#233;s depuis huit mois que j'ai remis &#224; Nicolas Sarkozy lors de la passation des pouvoirs. &#187;&lt;/em&gt; De m&#234;me, le projet de r&#233;tablir des &#171; centres ferm&#233;s &#187; pour les mineurs d&#233;linquants, c'est-&#224;-dire des &#171; maisons de correction &#187;, tout comme les dispositions interdisant les rassemblements dans les cages d'escaliers ont, entre autres, &#233;t&#233; adopt&#233;s par la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc tout aussi difficile de penser que le retour de celle-ci au gouvernement entra&#238;nerait une modification radicale de cette politique r&#233;pressive que d'imaginer qu'elle s'opposerait par exemple aux fermetures d'entreprises et aux licenciements, alors qu'elle ne l'a jamais fait non plus. Ou qu'elle ferait autrement que Sarkozy qui, lui aussi, sait jouer sur les mots : n'a-t-il pas baptis&#233; les CRS &#171; police de proximit&#233; &#187; apr&#232;s les &#233;meutes des banlieues... et promis une nouvelle &#171; police ferroviaire &#187; apr&#232;s les incidents dans un train de la Saint-Sylvestre ? La valse des &#233;cussons n'est pas finie...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le vrai changement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, si la police est consid&#233;r&#233;e par une partie de la population et, en particulier, par les jeunes comme une menace, une autre partie de cette population (ou parfois la m&#234;me quand elle a affaire aux petits d&#233;linquants et aux actes d'incivilit&#233; qui aggravent les conditions de vie dans certains quartiers) compte sur la police pour la prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera d'abord que, avec 229 562 policiers et gendarmes, la France est d&#233;j&#224; un des pays d'Europe qui compte le plus de policiers par t&#234;te d'habitant&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sarkozy a annonc&#233; son intention d'embaucher 13 500 policiers suppl&#233;mentaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Soit un policier pour 233 habitants (dont un pour cent &#224; Paris !), contre un pour 304 en Allemagne et un pour 276 en Grande-Bretagne. Il est clair que ni les Bac ni les CRS n'ont supprim&#233; les comportements asociaux. De v&#233;ritables policiers de proximit&#233; pourraient-ils y parvenir ? Mais comment ? Ni la r&#233;pression, m&#234;me &#171; humaine &#187;, ni d'ailleurs la pr&#233;vention et l'&#233;ducation, quelles que soient leurs formes, ne s'attaquent aux causes fondamentales de la d&#233;linquance et de l'incivilit&#233;, &#224; savoir le ch&#244;mage, la d&#233;sagr&#233;gation de la soci&#233;t&#233;, l'absence de perspective des jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre l'ins&#233;curit&#233; ne peut donc &#234;tre men&#233;e efficacement que dans le cadre d'une action collective pour donner des perspectives de vie d&#233;cente pour tous les habitants des cit&#233;s, en aucun cas en renfor&#231;ant la police ou changeant son &#233;tiquette. L'organisation et la mobilisation de la classe ouvri&#232;re et de l'ensemble de la population pour transformer la soci&#233;t&#233;, en entra&#238;nant la majorit&#233; de la jeunesse dans l'action, ferait sans aucun doute reculer la d&#233;linquance et les comportements agressifs. Dans ce cadre, et dans ce cadre seulement, des policiers pourraient jouer un r&#244;le positif pour r&#233;gler les petits probl&#232;mes, d&#233;lits et conflits quotidiens, de m&#234;me qu'une police professionnelle d'investigation resterait indispensable pour identifier et neutraliser les grands d&#233;linquants. Mais ces corps ne n&#233;cessiteraient pas d'effectifs pl&#233;thoriques et, surtout, ils agiraient sous le contr&#244;le de la population et des autorit&#233;s d&#233;sign&#233;es par elle, c'est-&#224;-dire seraient responsables devant cette population et &#233;ventuellement r&#233;vocables par elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, aujourd'hui, la police remplit quand m&#234;me des fonctions utiles, comme la surveillance de la circulation routi&#232;re, le recueil des plaintes, la recherche des criminels, etc., son r&#244;le fondamental reste de d&#233;fendre l'ordre &#233;tabli, c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; qui repose sur l'exploitation de l'homme par l'homme. Illusoire donc de croire qu'on peut la transformer sans s'attaquer aux fondements de cette soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui a vraiment des illusions sur une police de proximit&#233; ? Peut-&#234;tre les politiciens de gauche ou les r&#233;formistes de tous poils ? Et encore ! Mais bien moins les habitants et les jeunes des quartiers populaires pour qui la police est souvent au contraire... trop proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges DEWAER&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH234/prox-aa83b.gif?1788403536' width='300' height='234' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Recensement effectu&#233; par l'historien Maurice Rajsfus dans &lt;em&gt;La police et la peine de mort&lt;/em&gt;, &#201;ditions L'esprit frappeur, 2002. Rajsfus pr&#233;cise : &#171; &lt;em&gt;Ce chiffre est loin de t&#233;moigner de la v&#233;ritable r&#233;alit&#233; car il aurait &#233;t&#233; n&#233;cessaire de disposer de l'ensemble des informations de la presse de province qui nous font d&#233;faut.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sarkozy a annonc&#233; son intention d'embaucher 13 500 policiers suppl&#233;mentaires et 2 000 CAE (contrats d'acc&#232;s &#224; l'emploi cr&#233;&#233;s par la gauche), c'est &#224; dire &#171; sous-policiers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Non, la France ne br&#251;le pas... encore !
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Non-la-France-ne-brule-pas-encore</link>
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		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Banlieue
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		<description>S'il est une chose que souligne l'explosion des banlieues, c'est qu'il y a urgence. Non urgence &#224; &#171; r&#233;duire la fracture sociale &#187;, comme dit Jacques Chirac, ni &#224; r&#233;tablir ordre et fermet&#233;, les ma&#238;tres-mots de Nicolas Sarkozy, ni &#224; &#171; faire reculer la peur &#187; et &#171; impliquer tous les citoyens, toutes g&#233;n&#233;rations confondues, pour construire de vraies alternatives politiques &#187;, comme d&#233;clarait, &#224; l'autre extr&#233;mit&#233; de l'h&#233;micycle, l'orateur du PCF avec, comme les autres, 2007 en ligne de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans Lutte de classe
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Banlieu-+" rel="tag"&gt;Banlieue
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il est une chose que souligne l'explosion des banlieues, c'est qu'il y a urgence. Non urgence &#224; &lt;em&gt;&#171; r&#233;duire la fracture sociale &#187;,&lt;/em&gt; comme dit Jacques Chirac, ni &#224; r&#233;tablir ordre et fermet&#233;, les ma&#238;tres-mots de Nicolas Sarkozy, ni &#224; &lt;em&gt;&#171; faire reculer la peur &#187;&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;&#171; impliquer tous les citoyens, toutes g&#233;n&#233;rations confondues, pour construire de vraies alternatives politiques &#187;&lt;/em&gt;, comme d&#233;clarait, &#224; l'autre extr&#233;mit&#233; de l'h&#233;micycle, l'orateur du PCF avec, comme les autres, 2007 en ligne de mire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a urgence &#224; pr&#233;parer l'explosion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'explosion des banlieues, d'une fraction la plus d&#233;sh&#233;rit&#233;e de la jeunesse ouvri&#232;re, c'est celle de la mis&#232;re et du ch&#244;mage qui &#233;clate &#224; la figure de la soci&#233;t&#233;. M&#234;me si elle &#233;clate de fa&#231;on absurde, sans conscience politique sauf celle de se sentir exclu, en cassant ou br&#251;lant n'importe quoi, m&#234;me une &#233;cole ou la voiture de son voisin smicard ou ch&#244;meur, question de montrer sa col&#232;re contre une injustice et une bavure de trop, de se faire entendre ou de se venger du m&#233;pris dont la jeunesse des quartiers pauvres est victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout r&#233;pressif...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse du pouvoir est telle qu'on pouvait l'attendre : arrestations et condamnations s&#233;v&#232;res pour faire payer cher aux jeunes en r&#233;volte leurs incartades ; proclamation de l'&#233;tat d'urgence et du couvre-feu, que m&#234;me des maires de droite jugent d&#233;risoires et inutiles, pour satisfaire la client&#232;le &#233;lectorale la plus r&#233;actionnaire. Et du c&#244;t&#233; des mesures dites sociales, l'apprentissage d&#232;s 14 ans, dont bien des patrons ne veulent m&#234;me pas, ou le &lt;em&gt;&#171; service civique &#187;&lt;/em&gt;, c'est-&#224;-dire des simili-emplois qui seraient offerts, promet Chirac, &#224; 50 000 jeunes. Pour un Smic, comme auxiliaire de police, pour le couvert et 300 &#1028; de solde dans le cadre du minist&#232;re de la d&#233;fense ou pour 500 &#1028; si le jeune pr&#233;f&#232;re travailler dans l'associatif. Le tout accompagn&#233; de la promesse de quelques &lt;em&gt;&#171; contrats d'accompagnement &#187;&lt;/em&gt; d'un an dans les &#233;coles, l'environnement ou la sant&#233;, r&#233;serv&#233;s aux jeunes inscrits au ch&#244;mage. Des dispositifs qui existent d&#233;j&#224; et que l'on se contente de faire mousser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse du Parti socialiste a &#233;t&#233; de la m&#234;me eau. Il a commenc&#233; par approuver les mesures s&#233;curitaires, y compris l'instauration de l'&#233;tat d'urgence, m&#234;me si une semaine plus tard il n'a pas os&#233; voter sa prolongation pour trois mois. Et par affirmer sa solidarit&#233; avec le gouvernement, Julien Dray ajoutant &#224; l'adresse de ceux qui demandaient la d&#233;mission de Sarkozy (Marie-George Buffet notamment) que ce serait donner la victoire aux &#233;meutiers. A quand la petite main &lt;em&gt;&#171; touche pas &#224; mon flic &#187;&lt;/em&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PS peut bien apr&#232;s cela d&#233;plorer que ce gouvernement de droite n'ait pas donn&#233; aux collectivit&#233;s locales suffisamment de subventions pour les &#233;quipements sociaux, ou ait d&#233;fait ce que la gauche avait fait, &#224; commencer par la police de proximit&#233;. Comme si la solution au probl&#232;me des banlieues &#233;tait une question de guerre des polices, chaque camp pr&#233;tendant avoir la meilleure flicaille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;...ou dialogue citoyen &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lus communistes, eux, se sont retrouv&#233;s le mercredi 9 novembre au si&#232;ge du Parti communiste, place du colonel Fabien, pour discuter de la situation. Ils ont bien s&#251;r &#233;voqu&#233;, rapporte &lt;em&gt;L'Humanit&#233;&lt;/em&gt;, le ch&#244;mage et les licenciements. Ils ont la mis&#232;re sous les yeux dans leurs communes, ces logements dont &lt;em&gt;&#171; les portes, nombreuses, s'ouvrent sur cinq, six, sept personnes vivant dans 30 m&#232;tres carr&#233;s : o&#249; est l'&#201;tat r&#233;publicain invoqu&#233; quand &#231;a flambe mais qui abandonne les familles &#224; cette vie au nom du march&#233; et du sacro-saint lib&#233;ralisme ? &#187;&lt;/em&gt;, disait Raymonde Rogow, une maire-adjointe de Grigny (Essonne), pour expliquer le d&#233;sarroi et la r&#233;volte des jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils ont exprim&#233; aussi une autre inqui&#233;tude, la leur. Comme Thierry Aury, conseiller municipal &#224; Beauvais (Oise) qui, lorsqu'il entend des propos comme &lt;em&gt;&#171; aujourd'hui, ce sont les jeunes, mais demain cela pourrait &#234;tre nous... &#187;&lt;/em&gt;, ajoute : &lt;em&gt;&#171; dans les entreprises o&#249; fusent les licenciements, l'exasp&#233;ration est profonde. Les responsables syndicaux passent des heures pour convaincre de ne pas user de la violence. Il n'est pas s&#251;r que le mur sur lequel se heurtent de plus en plus les salari&#233;s en tous les domaines ne suscite rapidement des explosions. &#187;&lt;/em&gt; Pas pour les souhaiter, d'&#233;vidence, plut&#244;t pour se proposer comme pompier de l'incendie social !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; G&#233;rin, le maire de V&#233;nissieux (banlieue de Lyon), pour qui l'explosion des banlieues est &lt;em&gt;&#171; l'&#233;chec de vingt-cinq ann&#233;es d'accompagnement social du ch&#244;mage &#187;&lt;/em&gt;, avait d&#233;j&#224; envisag&#233; la veille dans &lt;em&gt;Le Parisien &lt;/em&gt;une &#233;ventuelle solution : la priorit&#233; &#233;tant l'emploi des jeunes, il serait pr&#234;t dans sa ville, &lt;em&gt;&#171; &#224; aider un artisan qui accepterait de former un apprenti &#187;&lt;/em&gt;. Pas d&#232;s 14 ans, tout de m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sident de l'Association nationale des &#233;lus communistes et r&#233;publicains, Bernard Birsinger, le maire de Bobigny (Seine-Saint Denis) concluait la r&#233;union, &#233;crit toujours &lt;em&gt;l'Humanit&#233;&lt;/em&gt;, en se f&#233;licitant de la mobilisation citoyenne suscit&#233;e par les violences. Il est sans doute positif que dans quelques villes on ait pu voir des adultes, souvent des militants associatifs ou syndicaux, tenter de surveiller les &#233;quipements collectifs et de dialoguer avec les jeunes r&#233;volt&#233;s, dont ils comprenaient la col&#232;re sans approuver la fa&#231;on de l'exprimer, plut&#244;t que d'appeler la police &#224; la rescousse. Mais pour leur montrer la voie d'un autre combat plus &#233;nergique, plus efficace contre le racisme, le ch&#244;mage et la mis&#232;re qui sont le lot quotidien des banlieues ? Ou leur faire la morale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maire PCF en tout cas n'a propos&#233; que &#171; d'inventer des espaces de rencontres, de vigilance, d'&#233;changes entre les citoyens de tous &#226;ges, de toutes origines, avec les membres de la police, de la justice qui le souhaitent, avec les &#233;lus, avec les &#233;tablissements scolaires qui le voudraient ? Des lieux ouverts, o&#249; chacun pourrait apprendre &#224; se conna&#238;tre, &#224; conna&#238;tre la r&#233;alit&#233; de sa vie, de ses questionnements, de ses vexations, de ses recherches, avec dignit&#233; et respect ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes sans avenir et sans emploi, rejet&#233;s par une &#233;cole qui n'est pas faite pour eux, ou qui, m&#234;me lorsqu'ils r&#233;ussissent quelques &#233;tudes, restent au ch&#244;mage &#224; cause de leur origine sociale ou leur couleur de peau, devraient-ils donc apprendre &#224; se sentir &lt;em&gt;&#171; citoyens &#187;&lt;/em&gt; et &#224; go&#251;ter les d&#233;lices r&#233;publicains du dialogue avec le juge, le flic et les &#233;lus ? C'est cela, la solution du PCF ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ton d'un Bernard Thibault, secr&#233;taire de la CGT, sonne un peu plus juste. Il ne parle pas, lui, de crise des banlieues, ne va pas chercher de sociologues pour interpr&#233;ter le malaise des jeunes, ni d'enqu&#234;teurs pour pister le voyou. Il parle de &lt;em&gt;&#171; crise sociale &#187; &lt;/em&gt;et dit, dans un interview au &lt;em&gt;Monde&lt;/em&gt; que, m&#234;me si dans la r&#233;volte des jeunes &lt;em&gt;&#171; on n'a pas vu de banderoles, de drapeaux syndicaux,&lt;/em&gt; [...]&lt;em&gt; il est bien question d'emploi, de moyens pour vivre et de dignit&#233; &#187;.&lt;/em&gt; Il en conclut n&#233;anmoins : &lt;em&gt;&#171; quand les col&#232;res ne trouvent plus le moyen de s'exprimer dans un cadre collectif, par des moyens d&#233;mocratiques, ce doit &#234;tre un souci permanent et urgent pour le gouvernement &lt;/em&gt; &#187;. Mais si la col&#232;re ne trouve plus de moyens collectifs de s'exprimer, &#224; qui la faute ? Aux gouvernements successifs ? Sans aucun doute. Aux exploiteurs de tous poils ? Certainement. Mais qu'en est-il aussi de la responsabilit&#233; de ceux dont le souci aurait d&#251; &#234;tre d'offrir des perspectives &#224; ces col&#232;res... et qui ne l'ont pas fait ? A commencer par les chefs syndicalistes comme Bernard Thibault ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui, une crise sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise sociale s'approfondit depuis des ann&#233;es avec l'accroissement du ch&#244;mage, la baisse g&#233;n&#233;rale du pouvoir d'achat et la multiplication des emplois pr&#233;caires, intermittents ou &#224; temps partiels qui ne donnent pour vivre qu'une fraction de Smic. Elle se manifeste d'autant plus dans les quartiers pauvres qu'ils deviennent des ghettos &#224; ch&#244;meurs, ghettos que ceux qui ont un emploi fixe s'efforcent de quitter pour loger dans des cit&#233;s moins d&#233;grad&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'y ajoute la d&#233;t&#233;rioration des services publics faute de personnel, des logements faute d'entretien et de cr&#233;dits, de l'&#233;ducation faute d'enseignants en nombre suffisant pour pouvoir s'occuper et faire progresser des enfants qui n'ont ni aide scolaire ni culture &#224; domicile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, quoi qu'en disent toutes les bonnes &#226;mes de gauche qui se penchent sur le &lt;em&gt;&#171; malaise des banlieues &#187;&lt;/em&gt;, il ne suffirait pas de r&#233;habiliter et r&#233;nover les barres de HLM ou de mettre &#224; disposition plus d'&#233;quipements sociaux, d'enseignants ou d'&#233;ducateurs (alors que toute la politique budg&#233;taire des gouvernements de gauche comme de droite depuis des ann&#233;es va dans le sens oppos&#233;), pour que ces jeunes &#224; la d&#233;rive retrouvent go&#251;t &#224; l'&#233;cole, espoir en l'avenir... quand cette &#233;cole n'offre pour avenir que ch&#244;mage et pr&#233;carit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;boussol&#233;e peut-&#234;tre, mais pas r&#233;sign&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai que chez une partie de ces fils d'ouvriers ou de ch&#244;meurs qui ont pris le coup de sang &#224; l'annonce de la mort de deux d'entre eux poursuivis (ou se croyant poursuivis, peu importe) par la police, c'est souvent plus la d&#233;brouillardise et l'individualisme qui priment, &#224; l'image de ce que la soci&#233;t&#233; leur enseigne, que la solidarit&#233; avec leur classe ou entre eux. Pas compl&#232;tement tout de m&#234;me : si la r&#233;volte s'est propag&#233;e en un tournemain de villes en villes, c'est bien qu'ils se sentent partout les victimes du m&#234;me m&#233;pris et du m&#234;me harc&#232;lement d'une police raciste et anti-jeunes... quand les jeunes sont pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et certainement pas chez tous, loin de l&#224;. C'est une fraction de cette m&#234;me jeunesse, issue des m&#234;mes quartiers, des m&#234;mes cit&#233;s, qu'on a vue d&#233;j&#224; dans la rue il y a quelques mois, lors des manifestations lyc&#233;ennes dont la particularit&#233; (comme celle d'ailleurs d'autres mouvements lyc&#233;ens des ann&#233;es pass&#233;es) a &#233;t&#233; de rassembler surtout des lyc&#233;ens de banlieue. Ils &#233;taient m&#234;me plus nombreux que lors du coup de col&#232;re de ces derni&#232;res semaines. Et ils manifestaient pour ne plus &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des &lt;em&gt;&#171; moins que rien &#187;&lt;/em&gt; et pour ne pas se voir offrir seulement des lyc&#233;es de seconde classe et un &lt;em&gt;&#171; bac &#224; deux vitesses qui creuse les in&#233;galit&#233;s sociales &#187;&lt;/em&gt;. Ils n'ont br&#251;l&#233; alors ni voitures ni &#233;coles. Contre eux aussi pourtant, d&#232;s que le mouvement a d&#233;cru, le gouvernement a s&#233;vi, condamnant certains &#224; de lourdes amendes, voire quelques mois de prison ou de travaux d'utilit&#233; publique pour l'occupation d'un lyc&#233;e ou d'une inspection acad&#233;mique ou sous pr&#233;texte d'&lt;em&gt;&#171; outrage &#224; agent &#187;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux mouvements sont diff&#233;rents. Mais ils ont les m&#234;mes causes et les m&#234;mes racines. Et il n'y a pas de barri&#232;re entre les deux, ni entre les participants de l'un et de l'autre, qui vivent ensemble et ont pu &#234;tre &#224; la fois dans l'un et dans l'autre. Et si parmi les casseurs de ces derniers jours, il y en avait probablement aussi qui &#233;taient all&#233;s en bandes jouer au baston et organiser la fauche dans les cort&#232;ges lyc&#233;ens de l'hiver dernier, cela ne montre qu'une seule chose : comment la confusion qui r&#232;gne dans les t&#234;tes et les c&#339;urs de cette jeunesse permettrait facilement &#224; ses ennemis, qui sont aussi les n&#244;tres, police ou extr&#234;mes droites, de la manipuler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car pour que ce soit sa fraction la plus collective et consciente qui donne le ton, il faudrait que le mouvement ouvrier le donne lui-m&#234;me et que des luttes r&#233;solues de la classe ouvri&#232;re offrent aux jeunes, r&#233;volt&#233;s par les conditions qui leur sont faites, des perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des banderoles peu attrayantes &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai, comme dit Bernard Thibault, qu'on ne voit pas la r&#233;volte des jeunes de banlieues arborer de banderoles syndicales. Mais quel mod&#232;le de combativit&#233; donne le syndicalisme &#224; ces jeunes qui ont le sentiment de n'avoir rien &#224; perdre ? Ne parlons m&#234;me pas du mod&#232;le de syndicalisme &#224; la Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que (alors que se pr&#233;pare une gr&#232;ve reconductible &#224; la SNCF, &#224; l'appel de la CGT, FO, SUD-rail et FGAAC, la CFDT-cheminots vient de publier un brillant communiqu&#233; intitul&#233; &lt;em&gt;Gr&#232;ve &#224; la SNCF : la CFDT se prononce contre&lt;/em&gt;). Mais Bernard Thibault lui-m&#234;me ? Qui marchande en direct avec Sarkozy (du temps o&#249; il &#233;tait au minist&#232;re des finances), par-dessus la t&#234;te des ouvriers de Perrier en lutte, la reddition de la CGT et son renoncement &#224; s'opposer au plan de restructuration de l'entreprise et &#224; des centaines de licenciements ? Quel mod&#232;le de d&#233;termination donne-t-il quand il tente de n&#233;gocier avec Villepin un adoucissement du plan de privatisation de la SNCM, et que la CGT appelle les marins &#224; la reprise, apr&#232;s 23 jours de gr&#232;ve, d&#232;s que le Premier ministre tape du poing sur la table en brandissant la menace de liquidation ? Et quelle preuve d'efficacit&#233; quand, en permettant au gouvernement de boucler sans dommage la gr&#232;ve de la SNCM, il lui permet de passer tranquillement &#224; l'op&#233;ration suivante, la privatisation d'EDF ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non qu'il n'y ait pas de r&#233;actions de travailleurs face aux attaques dont ils sont victimes. On vient d'en citer, on pourrait y ajouter celles des transports marseillais et d'autres encore. Mais les conf&#233;d&#233;rations syndicales, y compris celle qui appara&#238;t la plus combattive, la CGT, laissent isol&#233;e chacune des luttes qui &#233;clatent. Elles meublent le calendrier syndical d'actions par cat&#233;gories ou secteurs savamment &#233;chelonn&#233;es dans le temps. Et elles se gardent bien de donner une suite quand une journ&#233;e d'action nationale, comme celle du 4 octobre, peut appara&#238;tre comme un succ&#232;s qui pourrait donner confiance aux travailleurs en leur force et ouvrir la perspective d'une mobilisation d'ensemble du monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'objectif des conf&#233;d&#233;rations n'est que de montrer, au travers de telles journ&#233;es, leurs &lt;em&gt;&#171; repr&#233;sentativit&#233;s &#187;&lt;/em&gt; respectives pour s'asseoir aux tables des n&#233;gociations... auxquelles le gouvernement de Villepin, comme son pr&#233;d&#233;cesseur Raffarin, les invite sans trop de r&#233;ticence. D'autant que toutes les n&#233;gociations ouvertes le sont sur la base des projets gouvernementaux, sur les r&#233;formes qu'il entreprend &#224; la demande du patronat. Si bien qu'on ne n&#233;gocie que l'importance des concessions &#224; faire par les travailleurs, c'est-&#224;-dire toujours des reculs : que ce soit la r&#233;forme des retraites, celle de la s&#233;curit&#233; sociale, la formation professionnelle sur le temps de travail ou les contrats &lt;em&gt;&#171; nouvelle embauche &#187;&lt;/em&gt;. Et chaque recul est suivi d'un autre. En ce moment, par exemple, l'indemnisation du ch&#244;mage est &#224; nouveau sur la sellette : syndicats et Medef sont donc invit&#233;s &#224; se mettre autour de la table pour r&#233;sorber le d&#233;ficit de l'UNEDIC, &#233;valu&#233; &#224; 13,6 milliards. La derni&#232;re r&#233;forme, le PARE, avait d&#233;j&#224; pourtant r&#233;duit les dur&#233;es d'indemnisation. Des centaines de milliers de ch&#244;meurs se sont vus couper les indemnit&#233;s brusquement au d&#233;but de l'ann&#233;e suivante. Et maintenant il faudrait choisir entre un nouveau raccourcissement de la dur&#233;e d'indemnisation ou le r&#233;tablissement d'un taux d&#233;gressif ! Combien de Rmistes en plus dans les cit&#233;s, qui n'auront plus de quoi vivre et rien &#224; offrir &#224; leurs gosses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est un nouveau mai 68 qu'il faut pr&#233;parer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas les n&#233;gociations, mais les mobilisations qu'il faut pr&#233;parer. La riposte ouvri&#232;re et la convergence des luttes vers un mouvement d'ensemble, le seul qui pourrait faire reculer gouvernement et patronat. Avec les syndicats ou par-dessus leur t&#234;te. Comme en Mai 68, o&#249; la gr&#232;ve est devenue g&#233;n&#233;rale malgr&#233; des chefs syndicalistes qui n'en voulaient pas, mais y ont finalement contribu&#233; par crainte d'&#234;tre d&#233;bord&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est bien en Mai 68 que la jeunesse ouvri&#232;re a vu, au moins un instant, des perspectives dans le mouvement ouvrier. L&#224; encore avec les directions syndicales... ou sans. Car si ces directions ont tout fait pour fermer les usines, vid&#233;es de leurs travailleurs, aux &#233;tudiants dont elles craignaient la contagion &lt;em&gt;&#171; gauchiste &#187;&lt;/em&gt;, elles n'ont pu emp&#234;cher des jeunes ouvriers ou ch&#244;meurs de banlieue, que la presse surnommait la &lt;em&gt;&#171; p&#232;gre &#187;&lt;/em&gt; et de Gaulle la &lt;em&gt;&#171; chienlit &lt;/em&gt; &#187;, de se joindre aux manifestations, aux c&#244;t&#233;s des &#233;tudiants,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Et &#224; Paris, vendredi dernier, dans de nombreuses usines en gr&#232;ve - des dizaines de jeunes - appartenant souvent &#224; la C.G.T. - sont all&#233;s se battre dans la rue avec les &#233;tudiants &#187;,&lt;/em&gt; &#233;crivait le 28 mai 1968 notre journal d'alors, &lt;em&gt;Voix Ouvri&#232;re&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; C'est sans doute ce qui a fait dire &#224; Pompidou, comme &#224; &lt;/em&gt;l'Humanit&#233;&lt;em&gt; que &#8220;la p&#232;gre &#233;tait descendue dans la rue&#8221;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Et bien oui, les soi-disant voyous, les blousons noirs, la p&#232;gre comme ils disent, &#233;taient dans la rue aux c&#244;t&#233;s des &#233;tudiants. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Parce que ces voyous, ce sont les jeunes ouvriers, les jeunes ch&#244;meurs, les jeunes des banlieues et des quartiers populaires. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Et ceux qui parlent de la classe ouvri&#232;re ont fait semblant de ne pas la reconna&#238;tre lorsqu'elle est descendue dans la rue. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Ces jeunes ont suivi l'exemple des &#233;tudiants. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; La lutte des &#233;tudiants par la contestation violente de l'Etat bourgeois, recouvre le sentiment de r&#233;volte que ressentent les jeunes travailleurs. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Les blousons noirs, ceux des HLM, ceux qui ne trouvent pas de travail, ceux qui sont exploit&#233;s pour 600 F par mois, ont eux, toute l'ann&#233;e, la haine du flic, la haine de l'ordre &#233;tabli et de tous les interdits qu'on leur oppose. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Dans les banlieues ouvri&#232;res, c'est chaque soir que les flics contr&#244;lent leur identit&#233;, lorsqu'ils sont en groupe ou qu'ils roulent en mobylette. Et dans les commissariats c'est aussi toute l'ann&#233;e qu'on passe &#224; tabac. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Et enfin d'autres qu'eux, les &#233;tudiants, se battaient directement, nombreux et organis&#233;s, contre le symbole du pouvoir : les flics. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; Cela repr&#233;sentait enfin autre chose pour eux que ce que leur offre le PC ou la CGT. : Voter non au r&#233;f&#233;rendum - voter pour Mitterrand aux pr&#233;sidentielles - voil&#224; ce que le PC dit aux jeunes ouvriers. Mais que leur importe de bien voter, alors que la plupart d'entre eux n'ont m&#234;me pas le droit de vote, tandis que les flics, les cur&#233;s, les bonnes soeurs, les bourgeois, les vieux de 80 ans, tous les improductifs, eux d&#233;cident de la politique, dans ce pays. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, ce n'est plus Mitterrand, mais Fabius ou Hollande. Les Nike et les surv&#234;t's ont remplac&#233; les blousons noirs. Mais les jeunes des milieux ouvriers connaissent dans leurs quartiers le m&#234;me m&#233;pris, les m&#234;mes brimades qu'alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si diff&#233;rence il y a, c'est que le ch&#244;mage a pris aujourd'hui une proportion dramatique et rend d'autant plus urgente une contre-offensive d'ensemble des travailleurs. Elle seule pourrait redonner espoir &#224; la jeunesse ouvri&#232;re, l'attirer dans ses rangs et donner un sens &#224; ses r&#233;voltes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Editorial : Oui, d&#233;mission ! De qui ?
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Absurde ou gratuite, la flamb&#233;e de violence qui secoue le pays depuis 8 jours au moment o&#249; nous &#233;crivons ? Non, sans perspective, ce n'est pas la m&#234;me chose. Mais ce n'est certainement pas &#224; gauche ni dans le mouvement ouvrier qu'on peut ou doit s'en &#233;tonner. &lt;br /&gt;Nous assistons &#224; la r&#233;volte d'une fraction de la jeunesse prol&#233;tarienne, celle qui est la plus d&#233;munie de travail, de cadre de vie social, de culture et d'espoir. Celle aussi du coup, &#233;videmment, qui au quotidien ne voit&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Absurde ou gratuite, la flamb&#233;e de violence qui secoue le pays depuis 8 jours au moment o&#249; nous &#233;crivons ? Non, sans perspective, ce n'est pas la m&#234;me chose. Mais ce n'est certainement pas &#224; gauche ni dans le mouvement ouvrier qu'on peut ou doit s'en &#233;tonner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons &#224; la r&#233;volte d'une fraction de la jeunesse prol&#233;tarienne, celle qui est la plus d&#233;munie de travail, de cadre de vie social, de culture et d'espoir. Celle aussi du coup, &#233;videmment, qui au quotidien ne voit souvent de porte de sortie que dans la d&#233;brouillardise, l'individualisme et la n&#233;cessit&#233; de ne pas se pr&#233;occuper des autres, quand ce n'est pas de les &#233;craser. Ou qui, quand elle laisse &#233;clater son exasp&#233;ration, comme en ce moment, s'engage dans une r&#233;volte aveugle, dans ses m&#233;thodes comme dans ses cibles. Mais c'est quand m&#234;me bien une authentique r&#233;volte d'une partie de notre classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que les r&#233;volt&#233;s d&#233;passent la simple volont&#233; d'exprimer la col&#232;re et la hargne, il leur faudrait prendre conscience d'&#234;tre partie prenante d'un mouvement plus large, que leur combat s'int&#232;gre dans une lutte d'une autre ampleur. Alors, l'explosion pourrait se transformer en autre chose qu'une &#233;meute et se donner d'autres objectifs que casser pour casser, br&#251;ler pour br&#251;ler, quoi qu'on br&#251;le, et m&#234;me si c'est l'&#233;cole du quartier, les bus de la ville ou la voiture du voisin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conscience et ces objectifs, ne comptons pas sur la gauche ou les syndicats pour les apporter. M&#234;me simplement par l'exemple. Ils ont rarement &#233;t&#233; aussi &#233;loign&#233;s... de se les donner pour eux-m&#234;mes. Rarement &#233;t&#233; aussi plats. Rarement montr&#233; moins de volont&#233; de mener le combat pour la d&#233;fense des pauvres et des travailleurs. Comment des jeunes en r&#233;volte pourraient-ils leur pr&#234;ter la moindre attention ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche, y compris la gauche de la gauche, elle, ne pense qu'aux &#233;lections. Belle perspective &#224; offrir aux banlieues en &#233;bullition que de bien voter dans un an et demi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats, y compris la CGT, n'ont qu'un objectif en t&#234;te : disperser et &#233;mietter au maximum les luttes &#233;ventuelles des travailleurs. Quelle perspective de convergence pourraient-ils offrir aux luttes de la jeunesse ? Quand des jeunes en d&#233;cousent avec la police, au risque de se retrouver devant le juge, puis en prison, quelle consid&#233;ration peuvent-ils porter &#224; des gens qui poussent marins de la SNCM ou traminots de la RTM a cesser leur lutte sous la menace d'un d&#233;p&#244;t de bilan ou... d'un jugement du tribunal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour avoir une chance, m&#234;me une chance seulement, d'&#234;tre pris en consid&#233;ration par cette partie de la jeunesse prol&#233;tarienne, sans tradition, sans conscience de classe et sans boussole politique ou sociale, il faudrait que le mouvement ouvrier ait, &#224; d&#233;faut des militants qui lui manquent dans cette fraction du prol&#233;tariat, au moins des dirigeants qui montrent qu'ils ont envie eux-m&#234;mes d'en d&#233;coudre avec ses ennemis, le gouvernement et les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors peut-&#234;tre pourrait-il proposer aux banlieues d'autres moyens, moins stupides et plus efficaces, d'exprimer leur col&#232;re ou de faire entendre leurs revendications. Et faire comprendre aux jeunes que ce n'est pas dans une lutte sans ou m&#234;me contre le reste de la population, mais avec, qu'ils ont des chances de changer leur sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sinon la r&#233;volte d'aujourd'hui soit se dissipera sans r&#233;sultat autre qu'une d&#233;moralisation encore plus grande, soit pire, dressera de plus en plus les r&#233;volt&#233;s contre l'autre partie de la population et des travailleurs, au risque d'&#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;e par les pires ennemis des uns et des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 novembre 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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