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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Students for a Democratic Society (SDS)
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		<description>Le mouvement des &#233;tudiants pour une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique (SDS) &#233;tait une organisation nationale de militants &#233;tudiants n&#233;e en 1960 &#224; l'Universit&#233; du Michigan. En 1968, elle comptait des milliers de membres &#224; travers tout le pays : la plupart des &#233;tudiants militants et des organisations &#233;tudiantes aux &#201;tats-Unis &#233;taient li&#233;s au SDS. L'organisation avait tout d'abord grandi &#224; travers le soutien apport&#233; au Mouvement pour les droits civiques ; plus tard, elle &#233;volua en se concentrant sur&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement des &#233;tudiants pour une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique (SDS) &#233;tait une organisation nationale de militants &#233;tudiants n&#233;e en 1960 &#224; l'Universit&#233; du Michigan. En 1968, elle comptait des milliers de membres &#224; travers tout le pays : la plupart des &#233;tudiants militants et des organisations &#233;tudiantes aux &#201;tats-Unis &#233;taient li&#233;s au SDS. L'organisation avait tout d'abord grandi &#224; travers le soutien apport&#233; au Mouvement pour les droits civiques ; plus tard, elle &#233;volua en se concentrant sur le mouvement contre la guerre du Vietnam. &#192; la fin des ann&#233;es 1960 et au d&#233;but des ann&#233;es 1970, en m&#234;me temps que la guerre du Vietnam approchait de sa fin, l'organisation se fragmenta en diverses fractions aux perspectives politiques diff&#233;rentes. Elle cessa d'exister au milieu des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes s'organisaient sur les campus et o&#249; ils vivaient, sur des questions locales, des probl&#232;mes li&#233;s &#224; l'enseignement et, bien s&#251;r, sur la guerre du Vietnam. On trouvera dans les pages de ce dossier trois exemples des questions qui agitaient les campus universitaires am&#233;ricains en 1968 et du militantisme organis&#233; (&#224; l'Universit&#233; Columbia de New York, &#224; l'Universit&#233; d'&#201;tat &lt;br class='autobr' /&gt;
de Caroline du sud, &#224; Orangeburg et &#224; l'Universit&#233; d'&#201;tat de San Francisco).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> 1967 et 1968 &#224; l'Universit&#233; Columbia de New York
</title>
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		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>Mai 1968
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		<description>Une des luttes les plus importantes se d&#233;roula &#224; l'Universit&#233; Columbia, une universit&#233; priv&#233;e &#233;litiste de New York. Au printemps et &#224; l'&#233;t&#233; 1968, cette universit&#233; devint le c&#339;ur de manifestations de grande ampleur contre le racisme et l'implication de l'Universit&#233; dans la guerre du Vietnam. &lt;br /&gt;&#192; partir de 1965, des ententes avaient &#233;t&#233; conclues pour que l'Universit&#233; construise un gymnase &#224; Morningside Park, un parc public qui desservait Harlem, un quartier historiquement noir. La&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une des luttes les plus importantes se d&#233;roula &#224; l'Universit&#233; Columbia, une universit&#233; priv&#233;e &#233;litiste de New York. Au printemps et &#224; l'&#233;t&#233; 1968, cette universit&#233; devint le c&#339;ur de manifestations de grande ampleur contre le racisme et l'implication de l'Universit&#233; dans la guerre du Vietnam.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; partir de 1965, des ententes avaient &#233;t&#233; conclues pour que l'Universit&#233; construise un gymnase &#224; Morningside Park, un parc public qui desservait Harlem, un quartier historiquement noir. La communaut&#233; de Harlem s'y opposait parce qu'il s'agissait d'une appropriation de biens publics par l'Universit&#233;. Les membres de la communaut&#233; de Harlem &#233;taient cens&#233;s avoir un acc&#232;s &#171; d&#233;rob&#233; &#187; au sous-sol du gymnase o&#249; ils auraient l'usage d'&#171; installations communautaires &#187;. C'&#233;tait une fa&#231;on non officielle de cr&#233;er une s&#233;gr&#233;gation dans le gymnase et de r&#233;duire l'acc&#232;s des habitants de Harlem &#224; la portion congrue. En 1968, le projet Morningside &#233;tait connu &#224; Harlem sous le nom de &#171; Gym Crow&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Allusion &#224; Jim Crow, auteur de lois s&#233;gr&#233;gationnistes connues sous le nom de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1967, des militants &#233;tudiants du SDS d&#233;couvrirent des documents montrant les liens existant entre l'Universit&#233; Columbia et l'IDA &#8211; l'Institute for Defense Analyses, institut d'analyses des questions de d&#233;fense &#8211;, un think-tank de recherches sur les armements en liaison avec l'arm&#233;e am&#233;ricaine. Jusque-l&#224;, l'engagement de l'Universit&#233; n'&#233;tait pas connu publiquement. Les &#233;tudiants &#233;taient indign&#233;s que leur universit&#233; participe &#224; la mise au point d'armements en pleine guerre du Vietnam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 f&#233;vrier 1968, environ 150 personnes manifest&#232;rent contre le projet du Morningside Park. 12 &#233;tudiants furent arr&#234;t&#233;s. &#192; quelques dizaines de m&#232;tres de l&#224;, environ 200 militants du SDS manifestaient contre la tenue d'une session d'embauche sur le campus par la compagnie Dow Chemical. Cette derni&#232;re avait particip&#233; &#224; la cr&#233;ation de l' &#171; agent orange &#187;, un herbicide, en fait un d&#233;foliant, utilis&#233; par l'arm&#233;e am&#233;ricaine pour d&#233;truire les plantations et la v&#233;g&#233;tation au Vietnam. Ce produit chimique d&#233;vasta les campagnes vietnamiennes, empoisonnant des millions de Vietnamiens, mais aussi des soldats am&#233;ricains. Le 15 mars, la col&#232;re &#233;tudiante s'&#233;tait renforc&#233;e : 3 500 &#233;tudiants et 1 000 membres du corps enseignant qui se sentaient de leur c&#244;t&#233; organis&#232;rent un boycott d'une journ&#233;e des cours pour faire conna&#238;tre et d&#233;noncer la collaboration de l'Universit&#233; avec l'appareil militaire. Le 27, 1 500 &#233;tudiants manifest&#232;rent encore, exigeant l'arr&#234;t de la collaboration de l'Universit&#233; avec l'IDA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs semaines plus tard, apr&#232;s l'assassinat de Martin Luther King, l'administration de l'Universit&#233; organisa une c&#233;r&#233;monie pour honorer sa m&#233;moire et son &#339;uvre. La c&#233;r&#233;monie fut interrompue par des militants &#233;tudiants d&#233;non&#231;ant pareille &lt;em&gt;&#171; obsc&#233;nit&#233; &#187;&lt;/em&gt; et interpellant l'Universit&#233; sur son hypocrisie alors qu'elle mettait en &#339;uvre son projet de gymnase. Le 23 avril, quelque 300 &#233;tudiants du SDS et de la &lt;em&gt;Student Afro-American Society&lt;/em&gt; (SAS), une organisation politique noire de Columbia, occup&#232;rent les principaux b&#226;timents du campus pour protester contre la guerre et le gymnase. Encourag&#233;s par l'occupation, 4 000 &#233;tudiants se mirent en gr&#232;ve &#224; Columbia la semaine suivante. L'occupation des b&#226;timents dura six jours avant que la police ne r&#233;prime brutalement les &#233;tudiants et n'arr&#234;te 700 personnes. Ces arrestations ont radicalis&#233; des milliers d'&#233;tudiants. Dans la foul&#233;e, l'Universit&#233; Columbia a &#233;t&#233; ferm&#233;e pour le reste du semestre. &#192; la fin de l'ann&#233;e scolaire, manifestations et publicit&#233; n&#233;gative contraignirent Columbia &#224; annuler la construction du gymnase de Morningside Park et &#224; se dissocier de l'IDA. Des militants &#233;tudiants &#224; travers le pays appel&#232;rent &#224; constituer &lt;em&gt;&#171; deux, trois, de nombreux Columbias &#187;&lt;/em&gt;. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Allusion &#224; Jim Crow, auteur de lois s&#233;gr&#233;gationnistes connues sous le nom de Jim Crow Laws, promulgu&#233;es entre 1876 et 1964 dans certains &#201;tats et municipalit&#233;s du Sud des &#201;tats-Unis et qui ne furent abolies partiellement qu'en 1954 et totalement qu'en 1964.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le Mouvement Noir de lib&#233;ration en 1968
</title>
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		<description>Nous ne sommes que des cadavres ambulants, tant que nous ne luttons pas. &#8211; James Forman &lt;br /&gt;Dans les ann&#233;es 1950, les Noirs am&#233;ricains du sud des &#201;tats-Unis vivaient sous un r&#233;gime d'apartheid &#8211; un syst&#232;me o&#249; la s&#233;gr&#233;gation &#233;tait totale. Les Blancs vivaient dans leurs quartiers, avaient leurs propres toilettes, h&#244;pitaux, &#233;coles ou leurs places r&#233;serv&#233;es &#224; l'avant des bus publics. Les Noirs devaient se contenter d'&#233;quipements publics de pi&#232;tre qualit&#233;&#8230; quand ils existaient. C'&#233;tait un&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Nous ne sommes que des cadavres ambulants, tant que nous ne luttons pas.&lt;/em&gt; &#8211; James Forman&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1950, les Noirs am&#233;ricains du sud des &#201;tats-Unis vivaient sous un r&#233;gime d'apartheid &#8211; un syst&#232;me o&#249; la s&#233;gr&#233;gation &#233;tait totale. Les Blancs vivaient dans leurs quartiers, avaient leurs propres toilettes, h&#244;pitaux, &#233;coles ou leurs places r&#233;serv&#233;es &#224; l'avant des bus publics. Les Noirs devaient se contenter d'&#233;quipements publics de pi&#232;tre qualit&#233;&#8230; quand ils existaient. C'&#233;tait un syst&#232;me brutal, entretenu par des forces de police violentes et par des groupes terroristes comme le Ku Klux Klan. Entre 1877 et 1950, plus de 4 000 Noirs sont morts lynch&#233;s aux &#201;tats-Unis. Les corps noirs pendus aux arbres &#233;taient un avertissement adress&#233; &#224; tous les Noirs : toute opposition serait mat&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le nord, le racisme prenait des formes diff&#233;rentes. Il n'y avait que quelques pancartes affichant &#171; R&#233;serv&#233; aux Blancs &#187;, pas d'imp&#244;t par t&#234;te &#8211; plus injuste que l'imp&#244;t sur le revenu puisqu'il frappait autant les Noirs pauvres que les riches Blancs &#8211; ni de m&#233;tayage, la forme d'exploitation la plus r&#233;pandue des agriculteurs noirs dans le Sud. N&#233;anmoins, les Noirs du nord vivaient en g&#233;n&#233;ral tout comme ceux du sud dans des quartiers surpeupl&#233;s o&#249; r&#233;gnait la s&#233;gr&#233;gation, fr&#233;quentaient des &#233;coles pauvrement dot&#233;es et de fait r&#233;serv&#233;es aux Noirs, et encaissaient les coups des flics..&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le d&#233;but du Mouvement des droits civiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ces circonstances qu'a explos&#233; le Mouvement des droits civiques. En 1954, la Cour Supr&#234;me ordonna aux &#233;coles publiques de s'ouvrir aux Noirs &lt;em&gt;&#171; &#224; la vitesse la plus m&#251;rement r&#233;fl&#233;chie &#187;&lt;/em&gt;, une phrase floue que les racistes utilis&#232;rent pour ralentir la fin de la s&#233;gr&#233;gation dans les &#233;coles publiques. Ce jugement changea peu de choses. Mais beaucoup de gens y virent une base l&#233;gale pour porter leurs revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lynchage d'Emmet Till &#224; l'&#233;t&#233; 1955 vint apr&#232;s cette victoire juridique. Till &#233;tait un jeune Noir de 14 ans de Chicago qui rendait visite &#224; sa famille au Mississippi. Lors des fun&#233;railles, sa m&#232;re fit ouvrir son cercueil. Les images du corps meurtri d'Emmet Till d&#233;clench&#232;rent l'indignation &#224; travers tout le pays. La m&#234;me ann&#233;e, la communaut&#233; noire de Montgomery boycotta le service public des bus jusqu'&#224; ce qu'il soit contraint de mettre fin &#224; la s&#233;gr&#233;gation. Les ann&#233;es qui suivirent, des militants noirs organis&#232;rent leurs communaut&#233;s en multipliant les sit-in, les &lt;em&gt;&#171; freedom rides &#187;&lt;/em&gt; (voyages de la libert&#233;, en bus), les campagnes d'inscription des &#233;lecteurs, et plus encore. Les succ&#232;s des peuples africains dans la lutte pour la d&#233;colonisation les inspir&#232;rent &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force du mouvement r&#233;sidait dans le fait qu'il &#233;tait populaire et tirait profit des talents et de l'engagement de gens ordinaires. Des luttes locales ont &#233;t&#233; souvent men&#233;es par des femmes et des jeunes, nombre d'entre eux n'ayant qu'une &#233;ducation sommaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un parti pour les Noirs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1964, Fannie Lou Hammer et d'autres militants form&#232;rent le &lt;em&gt;Mississippi Freedom Democratic Party&lt;/em&gt; (MFDP, parti d&#233;mocrate de la libert&#233; du Mississippi). Le Parti d&#233;mocrate tenait dans cet &#201;tat des &#233;lections r&#233;serv&#233;es aux Blancs pour &#233;lire leurs chefs, tous blancs. Le MFDP fit irruption &#224; la Convention nationale des d&#233;mocrates &#224; Atlantic City et se battit pour faire reconna&#238;tre ses d&#233;l&#233;gu&#233;s. Les dirigeants d&#233;mocrates nationaux refus&#232;rent de les investir, leur offrant des postes honoraires &#224; la place. Bien des militants noirs en tir&#232;rent la conviction qu'il leur fallait un parti &#224; eux. Certains form&#232;rent en Alabama le &lt;em&gt;Lowndes County Freedom Organization&lt;/em&gt;, un parti politique ind&#233;pendant enracin&#233; dans la communaut&#233; noire. Il &#233;tait connu pour son symbole &#8211; une panth&#232;re noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mouvement des droits civiques avait r&#233;ussi &#224; rendre ill&#233;gales les discriminations raciales dans les lieux publics et dans le mode de scrutin. Mais la s&#233;gr&#233;gation continuait dans les emplois et le logement priv&#233;. &#192; travers le pays, la police perp&#233;tuait toutes sortes de pratiques racistes. Pendant l'&#233;t&#233; 1967, une s&#233;rie d'&#233;meutes &#233;clat&#232;rent dans de nombreuses villes &#224; travers tout le pays. Celles de Detroit et de Newark furent parmi les plus importantes. Mais les soul&#232;vements ne se limitaient pas aux grandes villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle ambiance donna naissance &#224; de nouvelles organisations. En 1966, Bobby Seale et Huey Newton form&#232;rent le &lt;em&gt;Black Panther Party&lt;/em&gt; pour l'autod&#233;fense &#224; Oakland, en Californie, reprenant la panth&#232;re comme symbole.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La r&#233;action gouvernementale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233;e sur ordre du pr&#233;sident Johnson pour analyser les r&#233;voltes urbaines de 1967, la Commission Kerner avertissait : &#171; La s&#233;gr&#233;gation et la pauvret&#233; ont cr&#233;&#233; dans les ghettos raciaux un environnement destructeur compl&#232;tement &#233;tranger &#224; la plupart des Am&#233;ricains blancs. Ce que les Blancs n'ont jamais totalement compris &#8211; mais que le N&#232;gre ne pourra jamais oublier &#8211; est que la soci&#233;t&#233; blanche est profond&#233;ment impliqu&#233;e dans ce ghetto. Les institutions blanches l'ont cr&#233;&#233;, les institutions blanches l'entretiennent, et la soci&#233;t&#233; blanche l'approuve. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces facteurs combin&#233;s ont pr&#233;par&#233; le terrain pour 1968 : un mouvement de masse construit sur la base d'une d&#233;cennie de mobilisations, d'une tradition d'organisation sur le terrain, d'une frustration grandissante envers des changements acquis &#224; pas de tortue, et l'intensification de la r&#233;pression gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, apr&#232;s les r&#233;voltes urbaines de 1967, le FBI intensifia ses attaques sur le Mouvement noir de lib&#233;ration. Il utilisa son programme de contre-espionnage (COINTELPRO), cr&#233;&#233; dans les ann&#233;es 1950 pour &lt;em&gt;&#171; accro&#238;tre les luttes de faction, causer des perturbations, et cr&#233;er des d&#233;fections &#187; &lt;/em&gt;au sein du Parti communiste des &#201;tats-Unis. Les nouveaux objectifs du programme &#233;taient clairement affich&#233;s dans une note interne du FBI :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8226; Pr&#233;venir la coalition de groupes nationalistes militants noirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Pr&#233;venir la mont&#233;e d'un &#171; messie &#187; qui pourrait unifier et &#233;lectriser le mouvement militant nationaliste noir. Malcolm X pourrait &#234;tre un tel messie&#8230; King pourrait &#234;tre un concurrent r&#233;el &#224; ce titre s'il abandonnait sa suppos&#233;e &#171; ob&#233;issance &#187; aux &#171; doctrines blanches lib&#233;rales &#187; (la non-violence) et embrassait le nationalisme noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Pr&#233;venir la croissance &#224; grande &#233;chelle d'organisations noires militantes, particuli&#232;rement dans la jeunesse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de mars 1968, le FBI d&#233;tailla son programme pour d&#233;truire les organisations noires dans un rapport interne adress&#233; &#224; ses agences locales. Ce rapport soulignait les objectifs du programme, aussi bien que les cibles les plus importantes : le SNCC (Comit&#233; de coordination des &#233;tudiants non violents, alors en pleine radicalisation), le SCLC (l'organisation de King), la &lt;em&gt;Nation of Islam&lt;/em&gt;, ou le &lt;em&gt;Revolutionary Action Movement&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La gr&#232;ve des &#233;boueurs de Memphis&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours seulement apr&#232;s le massacre d'Orangeburg (voir &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Fevrier-1968-a-l-Universite-d-Etat-de-Caroline-du-sud-a-Orangeburg' class=&#034;spip_in&#034;&gt;encadr&#233;&lt;/a&gt;), les &#233;boueurs de Memphis entr&#232;rent en gr&#232;ve. Leur travail &#233;tait ext&#233;nuant, dangereux, et la paye &#233;tait si basse que beaucoup de travailleurs survivaient gr&#226;ce &#224; des bons alimentaires. M&#234;me si la plupart des travailleurs &#233;taient noirs, les douches &#233;taient r&#233;serv&#233;es &#224; la poign&#233;e de Blancs employ&#233;s comme chauffeurs des camions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier, deux &#233;boueurs moururent broy&#233;s par un camion qui dysfonctionnait. Le 11 f&#233;vrier, environ 700 travailleurs vot&#232;rent unanimement la gr&#232;ve. Ils portaient des pancartes disant &lt;em&gt;&#171; Je suis un homme &#187;&lt;/em&gt;, une affirmation de leur dignit&#233; face &#224; un syst&#232;me qui la niait. Leur pr&#233;c&#233;dente gr&#232;ve, en 1966, avait &#233;chou&#233; faute d'appuis dans la population. Les gr&#233;vistes en avaient tir&#233; les le&#231;ons. Ils obtinrent cette fois-ci un soutien important de la communaut&#233; noire de Memphis, souvent li&#233;e aux &#233;glises noires. Apr&#232;s que la police eut gaz&#233; les manifestants pacifiques, les dirigeants des &#233;glises locales cr&#233;&#232;rent un groupe pour aider les &#233;tudiants locaux &#224; s'organiser et appel&#232;rent &#224; l'aide des dirigeants nationaux en vue, dont Martin Luther King. Des travailleurs et le Mouvement des droits civiques s'unissaient &#224; Memphis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, apr&#232;s plus d'une d&#233;cennie de d&#233;fil&#233;s et de cellules de prison, King avait compris que la focalisation sur les lieux publics et le droit de vote n'avait peu ou prou rien chang&#233; au quotidien et aux conditions de travail de la plupart des Noirs aux &#201;tats-Unis. Il vit la n&#233;cessit&#233; d'&#233;tendre le mouvement aux luttes &#233;conomiques et pr&#233;parait la &lt;em&gt;Poor People's Campaign&lt;/em&gt; (litt&#233;ralement la campagne pour les pauvres) quand la gr&#232;ve de Memphis &#233;clata.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police joua son r&#244;le habituel lors de la gr&#232;ve, notamment en assassinant un jeune de 16 ans nomm&#233; Larry Payne et en matraquant plusieurs manifestants alors qu'ils &#233;taient allong&#233;s face contre terre sur le parvis d'une &#233;glise. Le maire blanc de la ville, Henry Loeb, d&#233;clara la loi martiale et fit appeler 4 000 gardes nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;King d&#233;cida d'organiser en r&#233;ponse une marche &#224; Memphis. Le 3 avril, il s'adressa aux travailleurs en gr&#232;ve dans un discours connu plus tard sous le titre &lt;em&gt;&#171; I've been on the Mountaintop &#187;&lt;/em&gt; (je suis all&#233; au sommet de la montagne). La nuit suivante, il &#233;tait assassin&#233; sur le balcon de son h&#244;tel. Quatre jours plus tard seulement, sa femme Coretta Scott King mena plus de 42 000 personnes &#224; travers la ville dans une marche silencieuse pour r&#233;clamer justice pour les &#233;boueurs. Le 16 avril, la ville capitula enfin. Mais ces travailleurs durent menacer de faire gr&#232;ve &#224; nouveau pour que les &#233;lus municipaux augmentent vraiment les salaires et reconnaissent le syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Pourquoi ont-ils tu&#233;
Martin Luther King ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Martin Luther King fut assassin&#233; au moment o&#249; il commen&#231;ait &#224; lier le Mouvement des droits civiques aux probl&#232;mes mondiaux au c&#339;ur du capitalisme, notamment au mouvement contre la guerre et aux luttes sociales. Un an avant sa mort, il pronon&#231;a son discours &lt;em&gt;&#171; Au-del&#224; du Vietnam &#187;&lt;/em&gt;. C'&#233;tait un coup direct port&#233; au capitalisme am&#233;ricain. King voyait dans la guerre du Vietnam une &lt;em&gt;&#171; ennemie des pauvres &#187;&lt;/em&gt;, appelait &#224; &lt;em&gt;&#171; passer d'une soci&#233;t&#233; orient&#233;e vers les choses &#224; une soci&#233;t&#233; orient&#233;e vers les personnes &#187;&lt;/em&gt; et critiquait l'intervention militaire des &#201;tats-Unis en Am&#233;rique latine comme une &lt;em&gt;&#171; mission pour maintenir l'ordre social au b&#233;n&#233;fice de nos investissements &#187;&lt;/em&gt;. C'en &#233;tait trop pour les cercles dirigeants des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le meurtre de King indigna des millions d'Am&#233;ricains. Des &#233;meutes &#233;clat&#232;rent dans plus de cent villes. Les &#233;missions d'information diffusaient en boucle des images de King d&#233;fendant la non-violence, mais cela ne contint qu'&#224; la marge la rage visc&#233;rale qui submergea le pays. Les troupes de la Garde nationale et de l'arm&#233;e se d&#233;ploy&#232;rent dans de nombreuses villes pour faire cesser les troubles. Environ 40 personnes furent tu&#233;es, 2 600 bless&#233;es et 21 000 arr&#234;t&#233;es dans la r&#233;pression de la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une nouvelle &#232;re : le Black Power&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1968, un nombre croissant de membres de la communaut&#233; noire commen&#231;aient &#224; penser comme Stokely Carmichael : &#171; Nous voulons le Black Power, C'est vrai&#8230; le pouvoir aux Noirs. Nous n'avons pas &#224; avoir honte de cela&#8230;. Nous avons suppli&#233; le pr&#233;sident, c'est tout ce que nous avons fait, supplier et supplier. Il est temps que nous nous levions et prenions les choses en mains. &#187; James Forman le formulait tr&#232;s simplement : &#171; Notre lutte est clairement contre le racisme, le capitalisme et l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1966, Huey Newton et Bobby Seale avaient fond&#233; le &lt;em&gt;Black Panther Party&lt;/em&gt; pour l'autod&#233;fense &#224; Oakland en Californie. Les Black Panthers portaient l&#233;galement des armes charg&#233;es et surveillaient la police afin de dissuader les violences polici&#232;res. Ils appelaient &#224; un changement r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine et, alors que des sections locales se r&#233;pandaient &#224; travers le pays, l'image de ces militants noirs hommes et femmes inspirait des millions de personnes mais mena&#231;ait les &#233;lites du pays. Huey Newton observait : &lt;em&gt;&#171; Nous avons deux maux &#224; combattre, le capitalisme et le racisme. Nous devons d&#233;truire les deux. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'un rassemblement le 17 f&#233;vrier 1968, H. Rap Brown et Stokely Carmichael du SNCC furent d&#233;clar&#233;s membres honoraires du &lt;em&gt;Black Panther Party.&lt;/em&gt; Carmichael esp&#233;rait en fait que les deux groupes pourraient fusionner et aboutir &#224; une formidable organisation avec des racines dans le sud profond o&#249; le SNCC &#233;tait organis&#233;, et dans les communaut&#233;s urbaines o&#249; grossissaient les &lt;em&gt;Black Panthers&lt;/em&gt;. Dans ces villes, ils organisaient des petits d&#233;jeuners gratuits, des programmes de lutte contre l'addiction aux drogues et rendaient aux Noirs leur fiert&#233; et leur assurance. Ils commenc&#232;rent &#224; cr&#233;er des coalitions avec d'autres organisations radicales et &#224; entretenir des relations avec des militants du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La Coalition Arc-en-ciel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; Chicago, Fred Hampton mit sur pied la section de l'Illinois du &lt;em&gt;Black Panther Party&lt;/em&gt;. Bobby Lee adh&#233;ra peu apr&#232;s. Lee et Hampton rencontr&#232;rent des membres des &lt;em&gt;Young Lords&lt;/em&gt;, un groupe politique radical portoricain, et les &lt;em&gt;Young Patriots&lt;/em&gt;, un groupe radical de Blancs pauvres originaires du Sud. Bobby Lee se souvient : &lt;em&gt;&#171; Il a fallu que je tra&#238;ne avec ces mecs, que je casse la cro&#251;te avec eux, que je passe du temps &#224; la salle de billard. J'ai d&#251; dormir sur leur canap&#233;, dans leur quartier. Puis il a fallu que je les invite dans le mien. C'est comme &#231;a que s'est construite la &lt;/em&gt;Rainbow Coalition&lt;em&gt; (la Coalition Arc-en-ciel), tr&#232;s lentement. &#187;&lt;/em&gt; Pour Lee, Coalition Arc-en-ciel &#233;tait un &lt;em&gt;&#171; nom de code pour lutte de classe &#187;&lt;/em&gt;, tandis que Fred Hampton exhortait les militants &#224; combattre le racisme avec &lt;em&gt;&#171; la solidarit&#233;. Nous n'allons pas combattre le capitalisme avec le capitalisme noir, mais avec le socialisme. &#187;&lt;/em&gt; &#192; la fin de 1968, la Coalition commen&#231;a &#224; participer &#224; des luttes communes contre la pauvret&#233; et les violences polici&#232;res. Ses militants cr&#233;&#232;rent des cliniques de quartier, organis&#232;rent des petits d&#233;jeuners gratuits et des manifestations d'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le &lt;em&gt;Black Panther Party&lt;/em&gt; &#233;tait une organisation en partie hors-sol et largement publique. Cela faisait de ses militants des cibles faciles pour la police et le FBI. Pendant deux jours apr&#232;s l'assassinat de King, les &lt;em&gt;Black Panthers&lt;/em&gt; patrouill&#232;rent dans Oakland en conseillant aux jeunes de garder la t&#234;te froide. Ils craignaient que la police se saisisse du plus mince pr&#233;texte pour d&#233;clencher la terreur. Dans la nuit du 6 avril, quelques Panthers furent pris dans une fusillade avec la police d'Oakland. Eldridge Cleaver et Bobby Hutton se cach&#232;rent dans la cave d'une maison. Plus de 50 officiers de police noy&#232;rent le b&#226;timent sous une gr&#234;le de balles et de gaz lacrymog&#232;nes. Quand la maison prit feu, Cleaver et Hutton furent contraints d'en sortir. Plus &#226;g&#233;, Cleaver dit &#224; Hutton, qui n'avait que 17 ans, de sortir &#171; &#224; poil &#187; de sorte que la police ne puisse pr&#233;tendre qu'il &#233;tait arm&#233;. Hutton garda n&#233;anmoins son pantalon. Cleaver d&#233;crit la suite : &lt;em&gt;&#171; Les porcs montr&#232;rent du doigt un v&#233;hicule de patrouille au milieu de la rue et nous dirent de courir dedans. Le petit Bobby, &#224; demi &#233;touff&#233; par les gaz lacrymog&#232;nes, avan&#231;a de son mieux en tr&#233;buchant, et quand il se fut &#233;loign&#233; de moi d'environ 10 m&#232;tres, les porcs se l&#226;ch&#232;rent sur lui avec leurs armes. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La police et le FBI
assassinent les leaders&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; Chicago, &#224; peine un an apr&#232;s la cr&#233;ation de la &lt;em&gt;Rainbow Coalition&lt;/em&gt;, Fred Hampton fut brutalement assassin&#233; par la police locale, avec le soutien du FBI, alors qu'il dormait dans son lit. Un autre Panther, Mark Clark, fut &#233;galement assassin&#233; dans le raid, et plusieurs autres Panthers furent bless&#233;s. Aucun d'entre eux ne tira le moindre coup de feu. Des dizaines d'autres Panthers furent assassin&#233;s au cours d'op&#233;rations semblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un lieutenant de Nixon t&#233;moigna des ann&#233;es apr&#232;s : &#171; Nous savions que nous ne pouvions rendre ill&#233;gal ni le fait d'&#234;tre Noir ni celui de s'opposer &#224; la guerre, mais en poussant l'opinion &#224; associer les hippies avec la marijuana et les Noirs avec l'h&#233;ro&#239;ne, et en criminalisant lourdement les deux, [&#8230;] nous pouvions arr&#234;ter leurs leaders, perquisitionner leurs domiciles, interrompre leurs r&#233;unions et les diffamer soir apr&#232;s soir dans les &#233;missions d'information. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une note recommandait ainsi de &lt;em&gt;&#171; donner l'impression que Carmichael est un informateur de la CIA &#187;&lt;/em&gt;. En quelques ann&#233;es, les &lt;em&gt;Black Panthers&lt;/em&gt; accus&#232;rent Carmichael d'&#234;tre un agent de la CIA, le SNCC fut dissous, et Carmichael perdit la plus grande part de sa cr&#233;dibilit&#233; dans la lutte de lib&#233;ration noire. L'&#201;tat perturbait et d&#233;truisait d&#233;lib&#233;r&#233;ment les organisations noires radicales qui gagnaient en popularit&#233; en 1968.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Dodge Revolutionary Union Movement (DRUM)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; D&#233;troit, une brutale acc&#233;l&#233;ration de la cha&#238;ne d'assemblage de la principale usine automobile Dodge eut lieu en mai 1968. Il &#233;tait presque impossible pour les ouvriers de tenir la cadence. Du coup, 4 000 d'entre eux lanc&#232;rent le 2 mai une gr&#232;ve sauvage. Malgr&#233; la participation conjointe de Blancs comme de Noirs, ce sont les Noirs que Dodge punit le plus durement, licenciant plusieurs d'entre eux. Cela exacerba les tensions &#224; l'usine, o&#249; les Noirs en avaient assez du climat hostile et extr&#234;mement raciste. Ils &#233;taient souvent rel&#233;gu&#233;s aux postes les plus durs, les moins pay&#233;s, maltrait&#233;s par les chefs d'&#233;quipe, et avaient peu de possibilit&#233;s d'avancement. Les dirigeants blancs et conservateurs du syndicat de l'automobile UAW se montraient insensibles &#224; leurs probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que plusieurs ouvriers noirs form&#232;rent le &lt;em&gt;Dodge Revolutionary Union Movement &lt;/em&gt;(DRUM, mouvement syndical r&#233;volutionnaire de Dodge) pour d&#233;fier le racisme et l'exploitation aussi bien dans l'usine que dans le syndicat. Ils publi&#232;rent un texte qui d&#233;clarait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; DRUM est une organisation des ouvriers noirs opprim&#233;s et exploit&#233;s. Elle constate que les ouvriers noirs sont victimes d'un esclavage inhumain. Elle constate aussi que les ouvriers noirs constituent 60 % et plus de toute la main d'&#339;uvre de l'usine d'assemblage Hamtramck et, par cons&#233;quent, d&#233;tiennent un pouvoir exclusif. &#187; Le texte d&#233;non&#231;ait aussi les violences polici&#232;res et le racisme g&#233;n&#233;ral auquel les Noirs &#233;taient confront&#233;s &#224; D&#233;troit et aux &#201;tats-Unis. Le 8 juillet, DRUM organisa une gr&#232;ve sauvage de 3 000 ouvriers noirs qui dura trois jours. Bien des ouvriers blancs respect&#232;rent les piquets de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DRUM inspira la cr&#233;ation d'organisations similaires dans d'autres usines et entreprises &#224; travers la ville. Elle impulsa la fondation de la &lt;em&gt;League of Revolutionary Black Workers&lt;/em&gt; (ligue des ouvriers noirs r&#233;volutionnaires) en 1969, qui aspirait &#224; coordonner les groupes isol&#233;s dans une organisation ouvri&#232;re militante. La &lt;em&gt;League&lt;/em&gt; voulait la r&#233;volution, pas des r&#233;formes. Bien qu'ils se soient finalement dissous dans les ann&#233;es 1970, DRUM et la &lt;em&gt;League&lt;/em&gt; ouvraient une nouvelle voie au mouvement de lib&#233;ration des Noirs. Les membres de la &lt;em&gt;League&lt;/em&gt; affirmaient clairement que la lib&#233;ration des Noirs n&#233;cessitait la fin du capitalisme et croyaient dans la capacit&#233; de la classe ouvri&#232;re noire &#224; mener la lutte pour changer la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Mouvement noir de lib&#233;ration a &#233;t&#233; l'un des plus puissants de l'histoire des &#201;tats-Unis. Des gens ordinaires montr&#232;rent qu'en se mobilisant et en s'organisant eux-m&#234;mes, ils pouvaient d&#233;fier un syst&#232;me raciste qui tyrannisait les Noirs depuis 500 ans. Ce mouvement d&#233;mantela les lois de s&#233;gr&#233;gation &#171; Jim Crow &#187;, inspira les mouvements am&#233;rindiens et chicanos. Mais, surtout, ses participants montr&#232;rent le seul chemin menant &#224; un changement r&#233;el : celui qui pousse les gens ordinaires &#224; s'engager, mener leur propres luttes et travailler collectivement &#224; combattre pour un monde nouveau. Ce faisant, ils apprirent que c'&#233;tait possible et gagn&#232;rent une fantastique confiance en eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, le mouvement se termina au d&#233;but des ann&#233;es 1970. Il y eut plusieurs causes &#224; son d&#233;clin : la r&#233;pression gouvernementale intense des organisations militantes noires, les assassinats cibl&#233;s de ses leaders, les divisions parmi les Noirs sur la strat&#233;gie &#224; adopter, et un sentiment g&#233;n&#233;ral d'&#233;puisement apr&#232;s pas loin de deux d&#233;cennies de luttes sans que s'engagent d'autres cat&#233;gories de pauvres et de travailleurs, en particulier parmi les Blancs. De plus, le Parti d&#233;mocrate d&#233;tourna l'&#233;nergie de bien des militants des mouvements de masse vers les &#233;lections. Aujourd'hui, la faillite de cette strat&#233;gie est patente. Une nouvelle &#233;lite politique noire &#8211; allant des maires de D&#233;troit, Oakland ou Baltimore au premier Pr&#233;sident noir du pays &#8211;, est apparue. Mais la majorit&#233; des Noirs conna&#238;t des conditions de vie bien trop proches de celles de 1968. &lt;em&gt;&#171; Je suis un homme &#187;&lt;/em&gt; a &#233;t&#233; remplac&#233; par &lt;em&gt;&#171; Black Lives Matter &#187;&lt;/em&gt; &#8211; les vies des Noirs ont de l'importance. C'est un cri, une exigence de justice rendue n&#233;cessaire par le fait que la qualit&#233; de vie de la plupart des Noirs aux &#201;tats-Unis est toujours incroyablement compromise par la nature brutale et perverse du racisme g&#233;n&#233;ral. La pauvret&#233;, les incarc&#233;rations de masse, les violences polici&#232;res et bien d'autres formes de discrimination constituent toujours la r&#233;alit&#233; cruelle du capitalisme et du racisme du xxie si&#232;cle. L'h&#233;ritage du Mouvement de lib&#233;ration des Noirs est la conscience que les gens ordinaires ont la capacit&#233; de changer cela. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Mai 1968 dans le monde &#8211; II
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Mai 1968
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		<description>Nous poursuivons dans ce num&#233;ro de Convergences R&#233;volutionnaires la publication de notre dossier Mai 68 dans le monde. Dans notre num&#233;ro 119, nous avions publi&#233; une premi&#232;re partie sur Mai 68 en France et en Europe. Dans ce num&#233;ro, il sera essentiellement question des &#201;tats-Unis o&#249; trois mouvements de contestation, contre la guerre du Vietnam, dans les universit&#233;s et le mouvement noir de lib&#233;ration, se sont d&#233;roul&#233;s dans le m&#234;me temps, commen&#231;ant m&#234;me &#224; converger. Cette convergence&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Mai-1968-dans-le-monde-II-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Mai 1968 dans le monde &#8211; II
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Mai-1968-+" rel="tag"&gt;Mai 1968
&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous poursuivons dans ce num&#233;ro de &lt;em&gt;Convergences R&#233;volutionnaires&lt;/em&gt; la publication de notre dossier &lt;em&gt;Mai 68 dans le monde&lt;/em&gt;. &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Mai-1968-dans-le-monde-I-En-France-et-en-Europe-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dans notre num&#233;ro 119, nous avions publi&#233; une premi&#232;re partie sur Mai 68 en France et en Europe&lt;/a&gt;. Dans ce num&#233;ro, il sera essentiellement question des &#201;tats-Unis o&#249; trois mouvements de contestation, contre la guerre du Vietnam, dans les universit&#233;s et le mouvement noir de lib&#233;ration, se sont d&#233;roul&#233;s dans le m&#234;me temps, commen&#231;ant m&#234;me &#224; converger. Cette convergence &#233;tant le cauchemar des couches dirigeantes am&#233;ricaines, les appareils policier et militaire am&#233;ricains utilis&#232;rent tous les moyens pour l'annihiler : r&#233;pression brutale, proc&#232;s iniques, condamnations, emprisonnements, et m&#234;me assassinats cibl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 68 a &#233;veill&#233; &#224; l'action politique jeunes et moins jeunes dans de nombreux pays. En dehors des &#201;tats-Unis, nous ne parlerons ici que de ce qui s'est pass&#233; au Mexique et au Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les articles que nous publions ici sont la traduction d'extraits de la brochure publi&#233;e par nos camarades du groupe r&#233;volutionnaire am&#233;ricain &lt;em&gt;Speak Out Now&lt;/em&gt;. Ceux qui lisent l'anglais pourront se reporter &#224; la brochure compl&#232;te que ces camarades ont mise sur leur site : &lt;a href=&#034;https://revolutionaryworkers.org/1968-be-realistic-demand-the-impossible/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://revolutionaryworkers.org/19...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#201;tats-Unis : Le mouvement contre la guerre du Vietnam
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		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-mouvement-contre-la-guerre-du-Vietnam</link>
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		<dc:date>2018-06-13T23:58:19Z</dc:date>
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		<dc:subject>Mai 1968
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		<description>La guerre men&#233;e par les &#201;tats-Unis au Vietnam a &#233;t&#233; au centre de nombreux mouvements en 1968. La prise de conscience croissante de la brutalit&#233;, du m&#233;pris de la vie humaine manifest&#233;es par l'arm&#233;e am&#233;ricaine &#8211; au nom de la lutte pour &#233;tendre la d&#233;mocratie &#8211; ont mis en pi&#232;ces les illusions que beaucoup avaient envers les &#201;tats-Unis. &lt;br /&gt;L'indignation morale fut souvent &#224; l'origine de l'opposition &#224; la guerre. Beaucoup puis&#232;rent leur motivation dans le combat acharn&#233; du peuple vietnamien.&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Mai-1968-+" rel="tag"&gt;Mai 1968
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La guerre men&#233;e par les &#201;tats-Unis au Vietnam a &#233;t&#233; au centre de nombreux mouvements en 1968. La prise de conscience croissante de la brutalit&#233;, du m&#233;pris de la vie humaine manifest&#233;es par l'arm&#233;e am&#233;ricaine &#8211; au nom de la lutte pour &#233;tendre la d&#233;mocratie &#8211; ont mis en pi&#232;ces les illusions que beaucoup avaient envers les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'indignation morale fut souvent &#224; l'origine de l'opposition &#224; la guerre. Beaucoup puis&#232;rent leur motivation dans le combat acharn&#233; du peuple vietnamien. Il devenait de plus en plus &#233;vident que l'arm&#233;e am&#233;ricaine ne pourrait pas &#234;tre victorieuse sans une escalade qui finirait par provoquer un conflit ouvert avec l'Union sovi&#233;tique ou la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement antiguerre mit le gouvernement am&#233;ricain au banc des accus&#233;s aux yeux de l'opinion publique. Il ne pouvait d&#233;sormais plus pr&#233;tendre &#234;tre &#224; la t&#234;te de la plus grande d&#233;mocratie du monde. Le gouvernement avait perdu toute cr&#233;dibilit&#233; aux yeux de millions de personnes qui avaient &#233;t&#233; t&#233;moins des atrocit&#233;s pratiqu&#233;es dans les combats et montr&#233;es tous les jours &#224; la t&#233;l&#233;vision. Beaucoup ressentirent l'horreur de la guerre aupr&#232;s de jeunes soldats qu'ils connaissaient et qui &#233;taient rentr&#233;s du Vietnam. En 1968, la guerre avait creus&#233; un profond foss&#233; au sein de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine qui commen&#231;ait &#224; s'exprimer politiquement et socialement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela ne s'est pas fait en une fois. Au d&#233;but, le mouvement contre la guerre &#233;tait faible : une centaine de manifestants au Boston Common (le plus ancien jardin de la ville de Boston) en 1965 et, un peu partout dans le pays, des manifestations du m&#234;me ordre. Mais il a grossi et s'est r&#233;pandu, entra&#238;nant des groupes tr&#232;s divers au sein de la population, ainsi que quelques personnalit&#233;s dont bien peu auraient pens&#233; qu'elles s'engageraient contre la guerre et le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communaut&#233;s religieuses jou&#232;rent leur r&#244;le, d&#233;non&#231;ant le caract&#232;re immoral de la guerre que les &#201;tats-Unis menaient contre le peuple vietnamien. Deux pr&#234;tres, les fr&#232;res Berrigan, s'engag&#232;rent dans des actions anti-guerre. Lors de la premi&#232;re, Philip Berrigan se rendit, avec d'autres militants, dans les locaux d'un bureau de conscription de Baltimore, dans le Maryland, o&#249; ils asperg&#232;rent de sang les documents. Il fut lib&#233;r&#233; sous caution ; son fr&#232;re et d'autres militants le rejoignirent et tous se rendirent dans les locaux du bureau de conscription de Catonsville, toujours dans le Maryland. Ils s'empar&#232;rent des documents de conscription qu'ils br&#251;l&#232;rent &#224; l'ext&#233;rieur sous les yeux de journalistes. Norman Morrison, un Quaker pacifiste de 32 ans, p&#232;re de trois enfants, s'aspergea de k&#233;ros&#232;ne s'immolant par le feu devant le Pentagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes de militantes comme &lt;em&gt;Women's International League for Peace and Freedom&lt;/em&gt; &#8211; WILPF, ligue internationale des femmes pour la paix et la libert&#233; &#8211;, et &lt;em&gt;Women Strike for Peace&lt;/em&gt; &#8211; femmes en lutte pour la paix &#8211; fournirent de l'aide aux jeunes appel&#233;s. Elles organis&#232;rent des manifestations silencieuses et des marches contre la guerre. De nombreux artistes s'engag&#232;rent publiquement. Des chanteurs, comme Eartha Kitt, des &#233;crivains comme Norman Mailer, des r&#233;alisateurs et des acteurs comme Jane Fonda, des po&#232;tes comme Amari Baraka, des auteurs de th&#233;&#226;tre comme Arthur Miller, des journalistes comme Seymour Hersh se servirent de leur talent et de leur notori&#233;t&#233; pour rendre publiques les atrocit&#233;s de la guerre et construire le mouvement anti-guerre. Des universitaires tels Howard Zinn ou Noam Chomsky particip&#232;rent aux manifestations contre la guerre, mettant leur carri&#232;re en p&#233;ril. Benjamin Spock, un p&#233;diatre reconnu, auteur d'un ouvrage devenu la bible de nombreux parents, prit position contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces voix se joignirent deux autres forces essentielles : celle du mouvement des &#233;tudiants et de la jeunesse, le Mouvement pour les droits civiques (&lt;em&gt;Civil Rights Movement&lt;/em&gt;) et ceux du &lt;em&gt;Black Power&lt;/em&gt;. Des militants &#233;tudiants organis&#232;rent des manifestations de protestation dans les campus ainsi que des manifestations, aussi bien locales que nationales, contre la guerre. Malcom X, Martin Luther King et Muhammad Ali, le champion du monde de boxe, prirent position contre la guerre et lanc&#232;rent un badge sur lequel on pouvait lire : &lt;em&gt;&#171; Aucun Vietnamien ne m'a jamais trait&#233; de N&#233;gro. &#187;&lt;/em&gt; Tous ces dirigeants, tous ces groupes ont largement contribu&#233; &#224; &#233;tablir un lien entre la guerre au Vietnam et la guerre raciste men&#233;e aux &#201;tats-Unis m&#234;mes contre les Noirs et toutes les personnes de couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me facteur important pour amener &#224; la fin de la guerre : ceux qui constituaient les rangs de l'arm&#233;e am&#233;ricaine. Au Vietnam, il s'agissait pour une large de part de jeunes appel&#233;s. Leur point de vue de d&#233;part sur la guerre avait pu &#234;tre diff&#233;rent et ils avaient peut-&#234;tre &#233;t&#233; convaincus par la propagande qui avait accompagn&#233; leur formation. Mais, une fois au Vietnam, c'&#233;tait une autre histoire. La capacit&#233; &#224; se battre et le d&#233;vouement des Vietnamiens qui d&#233;fendaient leur pays &#233;tait exceptionnels. L'opposition &#224; la guerre, dont la plupart des soldats avaient &#233;t&#233; t&#233;moins au pays, leur fournissait une grille de lecture pour comprendre leur r&#244;le au front : on les faisait se battre pour une cause qui n'avait rien &#224; voir avec les valeurs qu'ils &#233;taient suppos&#233;s d&#233;fendre. Ils s'opposaient &#224; l'autorit&#233; de leurs officiers, n'avaient pour eux aucun respect, voire les m&#233;prisaient, ce qui mina l'arm&#233;e am&#233;ricaine en profondeur. Ces trois facteurs &#8211; la r&#233;sistance des Vietnamiens, l'importante opposition &#224; la guerre et les dissensions &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de l'arm&#233;e &#8211; aboutirent &#224; la fin de la guerre et &#224; la victoire du peuple vietnamien face &#224; l'arm&#233;e la plus puissante du monde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les mouvements &#233;tudiants
mettent le feu au pays&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le militantisme chez les &#233;tudiants s'&#233;tait d&#233;velopp&#233; dans les ann&#233;es 1960 et joua un grand r&#244;le dans les &#233;v&#233;nements de 1968. Apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, l'acc&#232;s &#224; l'universit&#233; s'&#233;tait simplifi&#233; et l'origine sociale des &#233;tudiants se modifia. Une majorit&#233; d'&#233;tudiants venaient toujours des classes ais&#233;es mais il y en avait davantage qui, issus des classes moyennes et de la classe ouvri&#232;re, pouvaient acc&#233;der &#224; l'enseignement sup&#233;rieur du fait des co&#251;ts peu &#233;lev&#233;s et des bourses gouvernementales telles que celles permises par le GI Bill &#8211; cette loi de 1944 assurant le financement des &#233;tudes des soldats d&#233;mobilis&#233;s. Ces &#233;tudiants n'&#233;taient pas aussi atteints par la peur du communisme qui avait permis d'&#233;touffer toute contestation durant la p&#233;riode du maccarthysme qu'avaient connue leurs parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la croissance &#233;conomique et le faible niveau du ch&#244;mage, de nombreux &#233;tudiants &#233;taient moins inquiets de leur avenir que les g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes. Ils entraient d&#233;sormais en contact avec des id&#233;es nouvelles, s'int&#233;ressaient &#224; la politique. Les &#233;tudiants de couleur trouvaient leur inspiration dans les mouvements r&#233;volutionnaires anticoloniaux et dans le Mouvement pour les droits civiques. En 1968, certains &#233;taient beaucoup plus attir&#233;s par la perspective de militer que par l'id&#233;e de s'installer et de trouver un bon travail. Nombreux exprimaient des doutes sur le &#171; r&#234;ve am&#233;ricain &#187; cens&#233; &#233;clore dans une soci&#233;t&#233; ouvertement raciste et oppressive.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les &#233;tudiants et le mouvement anti-guerre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1968, il existait une frange de militants &#233;tudiants exp&#233;riment&#233;s issus d'un certain nombre de mouvements sociaux diff&#233;rents. En 1960 &#233;tait n&#233; le SDS &#8211; &lt;em&gt;Students for a Democratic Society&lt;/em&gt;, les &#233;tudiants pour une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique, lequel devint une organisation &#233;tudiante nationale radicale, pr&#233;sente sur les campus et au dehors pendant les neuf ann&#233;es qui suivirent. Le SDS, les militants &#233;tudiants du Mouvement des droits civiques et ceux qui militaient &#224; Berkeley autour du &lt;em&gt;Free Speach Movement&lt;/em&gt; &#8211; le mouvement pour la libert&#233; d'expression &#8211; ont tous contribu&#233; &#224; promouvoir le militantisme &#233;tudiant, ce qui contribua beaucoup &#224; saper le soutien populaire &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, si la participation des &#233;tudiants &#224; la lutte contre la guerre s'accrut, c'&#233;tait essentiellement d&#251; &#224; la conscription. La machine de guerre am&#233;ricaine s'appuyait sur l'enr&#244;lement dans l'arm&#233;e de jeunes gens, faisant ainsi de la guerre une question de vie ou de mort. &#202;tre inscrit &#224; l'universit&#233; signifiait disposer d'un sursis tant qu'on poursuivait ses &#233;tudes. &#202;tre exclu de l'universit&#233; pouvait signifier faire partie du prochain convoi pour le Vietnam. De quoi les contraindre &#224; affronter la r&#233;alit&#233; de la guerre. De quoi rendre plus facile pour d'autres l'expression de leur opposition &#224; la guerre du Vietnam. Le mouvement &#233;tudiant permit &#224; certains soldats de s'exprimer et rejoindre les manifestations contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Dans l'arm&#233;e : de l'opposition individuelle &#224; la r&#233;sistance organis&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1968 est celle o&#249; le nombre de soldats engag&#233;s au Vietnam a &#233;t&#233; le plus grand : 536 100. C'est aussi celle o&#249; il y a eu le plus de victimes : 16 592 en 1968, contre 11 153 en 1967 et 6 143 en 1966. La proposition de Johnson d'entamer des pourparlers de paix fit s'interroger les soldats sur les raisons de continuer &#224; se battre pour la victoire. Les conscrits &#233;taient nombreux et beaucoup d'engag&#233;s l'avaient fait dans l'espoir d'&#233;viter les zones de combat. Ils n'avaient aucun int&#233;r&#234;t &#224; risquer leur vie ou &#224; tuer des Vietnamiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les GI, la r&#233;sistance &#224; la guerre est peu &#224; peu pass&#233;e de l'opposition individuelle &#224; l'action collective. Les unit&#233;s de combat &#233;taient de plus en plus souvent dirig&#233;es par des officiers inexp&#233;riment&#233;s, incomp&#233;tents ou uniquement int&#233;ress&#233;s par les promotions qu'ils pouvaient recevoir au combat. Ces officiers donnaient souvent l'impression d'&#234;tre pr&#234;ts &#224; sacrifier la vie de ceux qui &#233;taient sous leurs ordres &#224; des fins personnelles. La discipline dans l'arm&#233;e s'est donc lentement d&#233;lit&#233;e. Certains soldats refusaient ouvertement d'ob&#233;ir aux ordres, surtout lorsqu'ils &#233;taient envoy&#233;s dans une situation o&#249; ils risquaient de devoir combattre. De tels actes de d&#233;sob&#233;issance pouvaient ou non &#234;tre suivis de sanctions. Parfois, des unit&#233;s enti&#232;res de combat pr&#233;tendaient ob&#233;ir aux ordres : mais, au lieu de sortir pour une patrouille de nuit, ils trouvaient un lieu s&#251;r o&#249; attendre tranquillement, voire se d&#233;foncer. Quelques heures plus tard, ils retournaient au camp pr&#233;tendant avoir termin&#233; leur patrouille. La guerre tra&#238;nant en longueur, la menace du &#171; fragging &#187; planait sur les t&#234;tes des officiers de commandement. Le mot &#171; fragging &#187; d&#233;signait l'utilisation d'une grenade &#224; fragmentation contre un officier, souvent quand il faisait sombre et pendant son sommeil : la victime vis&#233;e pouvait &#234;tre tu&#233;e ou gri&#232;vement bless&#233;e. On a rapport&#233; des centaines de cas de &#171; fragging &#187;, quelques-uns ayant donn&#233; lieu &#224; des poursuites par l'arm&#233;e. La menace et la crainte du &#171; fragging &#187; a permis de limiter les exigences des officiers envers leurs soldats.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Opposition organis&#233;e et ouverte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les soldats noirs sont souvent partis &#224; la guerre avec une conscience diff&#233;rente de celle de beaucoup de Blancs. En 1968, une grande partie du &lt;em&gt;Black Freedom Movement&lt;/em&gt;, particuli&#232;rement dans le nord des &#201;tats-Unis, &#233;tait pass&#233;e du Mouvement pour les droits civiques au &lt;em&gt;Black Power&lt;/em&gt;. Certains commenc&#232;rent &#224; trouver des similitudes entre leur condition aux &#201;tats-Unis m&#234;mes et celle du peuple vietnamien en lutte pour son autod&#233;termination et contre la domination &#233;trang&#232;re. Le r&#244;le de l'appareil militaire am&#233;ricain, oppresseur &#224; l'&#233;tranger mais aussi de leur propre communaut&#233;, leur apparut plus clairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soul&#232;vements de la population noire dans les villes balay&#232;rent le pays en r&#233;ponse &#224; l'assassinat de Martin Luther King en avril. Des d&#233;tachements de l'arm&#233;e et de la Garde nationale furent envoy&#233;s pour r&#233;primer les &#233;meutes, unit&#233;s souvent constitu&#233;es de v&#233;t&#233;rans du Vietnam. Le v&#233;t&#233;ran du Vietnam ayant grandi &#224; Memphis, le Noir Terry Whitmore, a livr&#233; ses r&#233;flexions &#224; ce propos :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce que vous voyez aujourd'hui, c'est ce que j'ai vu, ce qui se passait aux &#201;tats-Unis [...] les mecs cavalent dans les rues avec sur le dos le m&#234;me genre d'uniforme qu'on a mis sur le mien. Ils sont &#224; Memphis, ils cognent sur les gens, mais attendez [...] qu'est-ce qu'on fait au Vietnam, on cogne sur les gens... vous, vous cognez sur les Noirs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hypocrisie qu'il y a &#224; demander &#224; des GI noirs de participer au meurtre du peuple vietnamien pendant qu'on utilisait les forces arm&#233;es contre les Noirs aux &#201;tats-Unis n'est pas pass&#233;e inaper&#231;ue pour des soldats noirs comme Whitmore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition s'organisa davantage. Cela se traduisit, par exemple, en ao&#251;t 1968 : des unit&#233;s de la Garde nationale en provenance de Fort Hood, dans le Texas, devaient &#234;tre d&#233;p&#234;ch&#233;es &#224; Chicago pour r&#233;primer une &#233;norme manifestation contre la guerre planifi&#233;e &#224; l'ext&#233;rieur de la Convention d&#233;mocrate. Environ 100 soldats noirs bas&#233;s &#224; Fort Hood se regroup&#232;rent assis au beau milieu de la nuit, manifestant pour protester contre l'ordre de s'envoler pour Chicago le lendemain. Au matin, 43 des soldats noirs qui avaient refus&#233; les ordres furent arr&#234;t&#233;s et d&#233;f&#233;r&#233;s en cour martiale. Les autres, catalogu&#233;s comme &#171; subversifs &#187;, ne furent pas envoy&#233;s &#224; Chicago. Les actes des &#171; 43 de Fort Hood &#187; sont l'un des plus importants actes de d&#233;sob&#233;issance connus de l'histoire militaire am&#233;ricaine. D'autres actes de moindre envergure, mais spectaculaires, eurent lieu dans les ann&#233;es qui suivirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;sob&#233;issance ouverte de soldats am&#233;ricains et celle des communaut&#233;s noires des villes se produisirent &#224; un moment o&#249; l'arm&#233;e am&#233;ricaine &#233;tait &#224; la crois&#233;e des chemins au Vietnam. Apr&#232;s l'&#233;pisode d&#233;mobilisateur politiquement et militairement de l'offensive du T&#234;t, accompagn&#233; d'une opposition croissante &#224; la guerre, d&#233;ployer des troupes suppl&#233;mentaires &#233;tait devenu plus difficile. La plupart des soldats envoy&#233;s sur les lignes de front &#233;taient des pauvres, qui comprenaient souvent de nombreux jeunes Noirs des quartiers d&#233;favoris&#233;s. L'id&#233;e que cette g&#233;n&#233;ration fournirait une force combattante fiable &#233;tait un pari que la classe dirigeante n'&#233;tait plus pr&#234;te &#224; faire. La r&#233;sistance dans les rues des &#201;tats-Unis mina l'effort de guerre am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;300 journaux clandestins :
un outil d'organisation
pour les soldats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias dominants avaient peut-&#234;tre r&#233;v&#233;l&#233; certains aspects de la guerre, mais pas de quoi organiser un mouvement anti-guerre. L'opposition grandissante au sein de l'arm&#233;e avait besoin de ses propres outils. Il y eut des centaines de journaux alternatifs ou clandestins &#224; travers tout le pays qui refl&#233;taient une opposition aux aspects r&#233;pressifs de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. Des militants anti-guerre et des soldats politis&#233;s commenc&#232;rent &#224; publier des journaux destin&#233;s aux GI. Ils donnaient la parole &#224; ceux de la base et &#233;taient une source d'inspiration pour la contestation et les tentatives d'organisation. Ces journaux se d&#233;velopp&#232;rent surtout dans les bases militaires. Ils refl&#233;taient les pr&#233;occupations et le point de vue des soldats. En devenant rapidement des p&#244;les d'attraction, ils permirent &#224; davantage de soldats radicaux au franc-parler de se prononcer contre la guerre et d'organiser leurs camarades soldats. Ces journaux pr&#233;sentaient souvent des titres et des BD pleins d'humour. L'un d'eux joua sur les mots d'un des slogans destin&#233;s &#224; recruter pour l'arm&#233;e, FTA : Fun, Travel, and Adventure qu'il transforma en : Fuck The Army. On estime qu'il y a eu environ 300 journaux de GI pendant la guerre du Vietnam. Si un soldat &#233;tait pris &#224; lire ou &#224; distribuer un journal clandestin, il risquait la cour martiale et la prison. Pour &#233;viter cela, les soldats trouv&#232;rent des moyens clandestins d'imprimer et distribuer les journaux &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de chaque base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;seau de caf&#233;s s'organisa aussi pr&#232;s des bases militaires. Ces caf&#233;s servaient aux soldats de points de rassemblement collectif quand ils n'&#233;taient pas en service. C'&#233;taient des lieux o&#249; ils pouvaient se retrouver pour discuter de la guerre et &#233;couter des analyses politiques radicales, loin des oreilles indiscr&#232;tes de leurs officiers. La guerre tra&#238;nant en longueur, la r&#233;sistance se d&#233;veloppa et des r&#233;seaux se mirent en place pour venir en aide aux soldats qui refusaient de combattre. Il y a eu des niveaux record de d&#233;sertion &#8211; 50 000 tout au long de la guerre. La Su&#232;de ayant offert aux d&#233;serteurs la possibilit&#233; de demander l'asile politique, ces r&#233;seaux organis&#232;rent les voyages vers ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e am&#233;ricaine avait beau &#234;tre la puissance destructrice la plus importante de la plan&#232;te, ses propres forces, particuli&#232;rement celles qui &#233;taient au combat, ne constituaient pas une partie fiable de cette machine &#224; tuer perfectionn&#233;e. La victoire des Vietnamiens sur l'arm&#233;e am&#233;ricaine mena&#231;ait. La classe dirigeante am&#233;ricaine envoya plus de 2 millions et demi d'hommes dans cette guerre, quelques femmes aussi. 58 220 furent tu&#233;s, 303 644 bless&#233;s. Le peuple vietnamien a vaincu les &#201;tats-Unis, mais le prix qu'il paya fut &#233;norme. La plus grande partie du pays &#233;tait en ruine et l'on estime le nombre de personnes tu&#233;es au Vietnam, au Laos et au Cambodge entre deux millions et demi et trois millions et demi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, la victoire des Vietnamiens contre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, jointe au mouvement &#233;tudiant, au &lt;em&gt;Black Freedom Movement&lt;/em&gt; et &#224; la radicalisation des soldats am&#233;ricains a laiss&#233; une &#233;norme empreinte sur la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. Outre l'indignation et le sentiment d'horreur devant les atrocit&#233;s commises par le gouvernement am&#233;ricain, un aspect essentiel de 1968 a &#233;t&#233; le changement dans la perception de ce qui &#233;tait possible. Le mouvement se rendit compte de son pouvoir et, avec la croissance de ce dernier, il y eut une brusque mont&#233;e de confiance dans la capacit&#233; des peuples &#224; changer la soci&#233;t&#233; par en bas et &#224; cr&#233;er un monde d&#233;barrass&#233; de la violence brutale du racisme et de l'oppression. Toute une g&#233;n&#233;ration s'est trouv&#233;e p&#233;n&#233;tr&#233;e d'id&#233;alisme, au meilleur sens du mot.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> F&#233;vrier 1968 &#224; l'Universit&#233; d'&#201;tat de Caroline du sud, &#224; Orangeburg
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>Universit&#233;
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		<dc:subject>Mai 1968
</dc:subject>

		<description>En f&#233;vrier 1968 eut lieu l'un des incidents les plus violents sur un campus universitaire de l'histoire des &#201;tats-Unis. Le 5 f&#233;vrier, des &#233;tudiants de la South Carolina State University, une universit&#233; traditionnellement noire, se dirig&#232;rent vers All-Star Bowling Lanes &#224; Orangeburg. Malgr&#233; la loi de 1964 sur les droits civiques, la s&#233;gr&#233;gation y existait toujours. Les &#233;tudiants organis&#232;rent un sit-in au bowling jusqu'&#224; ce que la police arrive. Les &#233;tudiants se dispers&#232;rent alors&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En f&#233;vrier 1968 eut lieu l'un des incidents les plus violents sur un campus universitaire de l'histoire des &#201;tats-Unis. Le 5 f&#233;vrier, des &#233;tudiants de la &lt;em&gt;South Carolina State University&lt;/em&gt;, une universit&#233; traditionnellement noire, se dirig&#232;rent vers All-Star Bowling Lanes &#224; Orangeburg. Malgr&#233; la loi de 1964 sur les droits civiques, la s&#233;gr&#233;gation y existait toujours. Les &#233;tudiants organis&#232;rent un sit-in au bowling jusqu'&#224; ce que la police arrive. Les &#233;tudiants se dispers&#232;rent alors pacifiquement. Le lendemain, les &#233;tudiants retourn&#232;rent en plus grand nombre au bowling pour y faire encore un sit-in. Les flics arr&#234;t&#232;rent 15 &#233;tudiants et en frapp&#232;rent brutalement plusieurs autres. En col&#232;re face &#224; la r&#233;pression polici&#232;re, plus de 100 &#233;tudiants se r&#233;unirent le soir du 8 f&#233;vrier sur le campus de l'Universit&#233; pour protester contre la politique raciste des autorit&#233;s de l'&#201;tat et du bowling. Au cours de ce rassemblement, les manifestants organis&#232;rent un grand feu de camp que la police s'effor&#231;a d'&#233;teindre. C'est alors que l'un des officiers re&#231;ut un projectile parti de la foule. Ce fut le pr&#233;texte utilis&#233; par les policiers pour ouvrir le feu sur la foule d&#233;sarm&#233;e : trois &#233;tudiants furent tu&#233;s, vingt-sept autres bless&#233;s. Par la suite, les neuf officiers de police qui avaient tir&#233; sur les manifestants furent blanchis de toutes les charges qui pesaient sur eux. La seule personne qui fut jet&#233;e en prison apr&#232;s ces &#233;v&#233;nements fut Cleveland Sellers, un &#233;tudiant responsable de la section de l'Universit&#233; du &lt;em&gt;Student Nonviolent Coordinating Committee&lt;/em&gt; &#8211; SNCC, comit&#233; de coordination des &#233;tudiants pour la non-violence. Il fut accus&#233; d'incitation &#224; l'&#233;meute pour avoir pris part au rassemblement de ce soir-l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Novembre 1968 &#224; l'Universit&#233; d'&#201;tat de San Francisco, le Front de lib&#233;ration du Tiers-Monde
</title>
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		<dc:subject>USA
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>Universit&#233;
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		<dc:subject>Mai 1968
</dc:subject>

		<description>&#192; l'Universit&#233; d'&#201;tat de San Francisco, &#224; la fin de 1968, le Third World Liberation Front &#8211; TWLF, le front de lib&#233;ration du Tiers-Monde &#8211; organisa des gr&#232;ves contre l'administration du campus. &#192; l'origine de ces gr&#232;ves, un large front d'&#233;tudiants de couleur : organisations &#233;tudiantes de Chicanos, de Noirs, de Chinois, de Philippins et d'Am&#233;rindiens, toutes &#233;taient partie prenante. Alors que le programme d'&#233;tude du syst&#232;me scolaire californien &#233;tait enti&#232;rement centr&#233; sur les racines&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'Universit&#233; d'&#201;tat de San Francisco, &#224; la fin de 1968, le &lt;em&gt;Third World Liberation Front&lt;/em&gt; &#8211; TWLF, le front de lib&#233;ration du Tiers-Monde &#8211; organisa des gr&#232;ves contre l'administration du campus. &#192; l'origine de ces gr&#232;ves, un large front d'&#233;tudiants de couleur : organisations &#233;tudiantes de Chicanos, de Noirs, de Chinois, de Philippins et d'Am&#233;rindiens, toutes &#233;taient partie prenante. Alors que le programme d'&#233;tude du syst&#232;me scolaire californien &#233;tait enti&#232;rement centr&#233; sur les racines europ&#233;ennes, elles exigeaient que soient mis en place des programmes d'&#233;tudes tourn&#233;s vers d'autres peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le TWLF concevait son combat comme s'int&#233;grant dans la lutte du Tiers-Monde contre la domination de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain qui non seulement faisait la guerre dans des pays comme le Vietnam, mais aussi sur son propre territoire, &#224; travers l'oppression des peuples de couleur. Les &#233;tudiants organis&#232;rent diverses actions, comme des sit-in, pour r&#233;clamer l'ouverture de cursus d'&#233;tudes ethniques. Elles voulaient aussi que l'Universit&#233; cesse de couvrir de son prestige acad&#233;mique le &lt;em&gt;Selective Service office&lt;/em&gt;, l'agence gouvernementale en charge de la conscription pour le Vietnam. Le TWLF contraignit le Pr&#233;sident de l'Universit&#233;, John Summerskill, &#224; d&#233;missionner. Ce n'&#233;tait qu'une concession provisoire puisque les nouveaux administrateurs n'avan&#231;aient aucun plan pour faire droit aux demandes du TWLF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des mois de gr&#232;ve, le 6 novembre 1968, &#233;tudiants et membres du corps enseignant gagn&#233;s &#224; leur cause entam&#232;rent la plus longue gr&#232;ve &#233;tudiante de l'histoire des &#201;tats-Unis puisqu'elle dura jusqu'au 21 mars 1969. Piquets d'information, actions plus directes pour bloquer les acc&#232;s au campus, mais aussi rassemblements et groupes de discussion : les moyens d'action &#233;taient vari&#233;s. La gr&#232;ve dut faire face &#224; une r&#233;pression s&#233;v&#232;re de la part de la police, en particulier un ratissage au cours duquel 450 manifestants furent arr&#234;t&#233;s. La gr&#232;ve paralysa le d&#233;roulement des cours sur le campus et a fini par faire fermer l'Universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de la gr&#232;ve, en mars 1969, l'Universit&#233; accepta les demandes du TWLF. Cela donna naissance &#224; la &lt;em&gt;School of Ethnic Studies&lt;/em&gt;, l'&#233;cole d'&#233;tudes ethniques, une premi&#232;re dans les universit&#233;s am&#233;ricaines. Cela permit aussi d'augmenter le nombre d'enseignants noirs. Les &#233;tudiants ont &#233;galement jou&#233; un r&#244;le majeur dans l'embauche d'un nouveau corps enseignant pour les &#233;tudes ethniques. Il y a aujourd'hui des centaines de d&#233;partements d'&#233;tudes ethniques &#224; travers le pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Mexique : &#171; Les agitateurs sont la faim et la mis&#232;re, pas nous ! &#187;
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		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Les-agitateurs-sont-la-faim-et-la-misere-pas-nous</link>
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>Mexique
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		<dc:subject>Mai 1968
</dc:subject>

		<description>Le Mexique, en 1968, avec la p&#233;riode de croissance &#233;conomique qu'il avait connue (le &#171; miracle mexicain &#187;), &#233;tait consid&#233;r&#233; comme une nation moderne et stable. Il &#233;tait lanc&#233; dans les pr&#233;paratifs pour devenir la premi&#232;re nation d'Am&#233;rique latine &#224; h&#233;berger les Jeux olympiques d'&#233;t&#233;. Le Mexique se pr&#233;sentait donc comme une &#171; nation progressiste &#187;, pr&#234;te &#224; rejoindre la sc&#232;ne mondiale des &#171; grandes d&#233;mocraties &#187;. &lt;br /&gt;Mais la vie de la majorit&#233; des Mexicains &#233;tait toute diff&#233;rente. La&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Mexique, en 1968, avec la p&#233;riode de croissance &#233;conomique qu'il avait connue (le &#171; miracle mexicain &#187;), &#233;tait consid&#233;r&#233; comme une nation moderne et stable. Il &#233;tait lanc&#233; dans les pr&#233;paratifs pour devenir la premi&#232;re nation d'Am&#233;rique latine &#224; h&#233;berger les Jeux olympiques d'&#233;t&#233;. Le Mexique se pr&#233;sentait donc comme une &#171; nation progressiste &#187;, pr&#234;te &#224; rejoindre la sc&#232;ne mondiale des &#171; grandes d&#233;mocraties &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais la vie de la majorit&#233; des Mexicains &#233;tait toute diff&#233;rente. La croissance &#233;conomique avait surtout profit&#233; aux poss&#233;dants. Si, pour certains, il y eut une l&#233;g&#232;re am&#233;lioration des conditions d'existence, la majorit&#233; continuait de vivre dans des bidonvilles ou des villages mis&#233;reux avec un maigre acc&#232;s aux services sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement mexicain d'alors &#233;tait dirig&#233; par le Parti R&#233;volutionnaire Institutionnel (PRI), au pouvoir depuis sa fondation en 1929. Il se targuait de promouvoir la d&#233;mocratie, tout en infligeant au peuple un r&#232;gne autoritaire, corrompu et r&#233;pressif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; de la presse et la vie publique &#233;taient quasi inexistantes, les m&#233;dias officiels appartenaient &#224; l'&#201;tat et toute information critiquant l'action du gouvernement &#233;tait censur&#233;e. Le pouvoir emp&#234;chait de m&#234;me la cr&#233;ation de syndicats ind&#233;pendants et toute manifestation publique &#233;tait imm&#233;diatement r&#233;prim&#233;e par les &lt;em&gt;granaderos&lt;/em&gt; (l'&#233;quivalent de nos CRS). Le m&#234;me sort n'&#233;tait pas &#233;pargn&#233; aux politiciens critiques de la dictature du PRI, rapidement pouss&#233;s &#224; la d&#233;mission sous peine de cons&#233;quences fatales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les Jeux olympiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1968 &#233;tait une ann&#233;e bien particuli&#232;re pour le Mexique : le pays avait &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233; pour accueillir les Jeux olympiques et le gouvernement ne l&#233;sina pas sur les d&#233;penses d'infrastructure et d'h&#233;bergement dont le co&#251;t total fut de 176 millions de dollars, soit 1,2 milliard de dollars d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'accueillir les Jeux &#233;tait vu comme un succ&#232;s par les &#233;lites, il y eut des critiques virulentes et m&#234;me une vague d'indignation contre le gouvernement qui d&#233;pensait autant d'argent sur les Jeux alors que tant de Mexicains devaient se battre pour survivre. Mais le pr&#233;sident D&#237;az Ordaz et son gouvernement persistaient &#224; affirmer qu'il &#233;tait vital d'accueillir les Jeux et que rien ne les en emp&#234;cherait.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Naissance d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1940, le Mexique avait connu une industrialisation massive, un accroissement de la population urbaine et la cr&#233;ation d'une classe ouvri&#232;re industrielle. Le gouvernement dut investir dans les services publics, dont l'&#233;ducation, et c'est ainsi que, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire du pays, des familles n'appartenant pas &#224; l'&#233;lite purent envoyer leurs enfants &#224; l'universit&#233; ce qui donna naissance &#224; une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'&#233;tudiants issus de la classe moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais 1968 approchait : comme dans beaucoup de pays &#224; la m&#234;me &#233;poque, ces &#233;tudiants se radicalis&#232;rent. Influenc&#233;s par leur exposition aux mouvements internationaux contre l'exploitation et l'oppression, ils commenc&#232;rent &#224; remettre en question la soci&#233;t&#233; dans laquelle ils vivaient. Ils s'&#233;veill&#232;rent toujours davantage &#224; la mis&#232;re rampante, aux terribles in&#233;galit&#233;s qui les entouraient et au manque g&#233;n&#233;ral de libert&#233; et de d&#233;mocratie. Venant de milieux plut&#244;t privil&#233;gi&#233;s, le fait que, contrairement &#224; la majorit&#233; du peuple, ils vivaient dans de bonnes conditions cr&#233;a un sentiment de culpabilit&#233; et de col&#232;re. Certains s'offusquaient que la g&#233;n&#233;ration de leurs parents ait accept&#233; de tels niveaux d'in&#233;galit&#233;. Par d&#233;fiance, de nombreux &#233;tudiants rompirent avec la culture pass&#233;e et d&#233;velopp&#232;rent leurs propres normes et id&#233;es. Influenc&#233;s par la contre-culture de &lt;em&gt;La Onda &lt;/em&gt;(la vague), ils adopt&#232;rent la mode des cheveux longs, des v&#234;tements d&#233;contract&#233;s et du &lt;em&gt;&#171; rocanrol &#187;&lt;/em&gt; (rock'n'roll) &#8211; non seulement comme des formes d'expression individuelle, mais aussi comme des moyens de d&#233;fier le &lt;em&gt;statu quo&lt;/em&gt; social. En 1968, un mouvement d'opposition &#233;tudiante commen&#231;a ainsi &#224; &#233;merger.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Juillet 68 : l'&#233;tincelle
du mouvement &#233;tudiant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 22 juillet fut le point de d&#233;part du mouvement &#233;tudiant de 1968 : les CRS de Mexico City r&#233;prim&#232;rent violemment une bagarre, chose plut&#244;t commune entre &#233;tudiants lorsqu'il y a un match de foot. L'attaque de la police fut si brutale que, dans les jours, qui suivirent, pour protester, les &#233;tudiants de nombreuses universit&#233;s et lyc&#233;es se lanc&#232;rent dans des gr&#232;ves de la faim et occup&#232;rent de nombreux b&#226;timents de l'&#201;cole pr&#233;paratoire nationale n&#176;1. Des affrontements &#233;clat&#232;rent entre policiers et &#233;tudiants. Le 30 juillet, l'arm&#233;e se joignit &#224; la police pour &#233;touffer le mouvement. De nombreuses personnes furent tu&#233;es lorsque l'arm&#233;e utilisa un bazooka afin de forcer l'entr&#233;e des b&#226;timents occup&#233;s et arr&#234;ter les &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Ao&#251;t 68 : une marche
de 100 000 personnes, les &#233;tudiants s'organisent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action brutale du gouvernement aux manifestations attisa la col&#232;re et le m&#233;contentement parmi les &#233;tudiants. Apr&#232;s l'attaque au bazooka, les &#233;tudiants de l'UNAM, qui n'&#233;taient pas encore mobilis&#233;s, se joignirent aux manifestations. Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; ao&#251;t eut lieu une marche d'&#233;tudiants de l'UNAM qui r&#233;unit 100 000 personnes. Quelques jours plus tard, les &#233;tudiants de l'Institut polytechnique national (IPN) organis&#232;rent leur propre marche de soutien. Les manifestations et les gr&#232;ves s'&#233;tendirent &#224; d'autres villes et universit&#233;s du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de structurer leur mouvement naissant, les &#233;tudiants form&#232;rent le 2 ao&#251;t un Comit&#233; national de gr&#232;ve (CNH). Le CNH &#233;tait une coalition d'&#233;tudiants de l'UNAM et de l'IPN, ainsi que du Coll&#232;ge du Mexique (ColMex), et d'autres universit&#233;s. Le CNH devint l'organe principal du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les demandes des &#233;tudiants, initialement limit&#233;es &#224; l'autonomie universitaire et au probl&#232;me des d&#233;bouch&#233;s professionnels, s'&#233;largirent &#224; d'autres revendications, sociales et politiques et, chose in&#233;dite, &#224; la critique ouverte de la pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 ao&#251;t, le CNH appela &#224; une gr&#232;ve &#233;tudiante et annon&#231;a la poursuite des actions, dont des manifestations massives et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale jusqu'&#224; ce que le gouvernement r&#233;ponde favorablement aux revendications : lib&#233;ration des prisonniers politiques, d&#233;mission du pr&#233;fet de police de Mexico City, dissolution des &lt;em&gt;granaderos&lt;/em&gt;, r&#233;paration financi&#232;re des familles des victimes tu&#233;es ou bless&#233;es par les forces gouvernementales et suppression des lois liberticides. Mais les &#233;tudiants aspiraient &#224; l'&#233;galit&#233; sociale, &#224; la responsabilit&#233; gouvernementale et &#224; une d&#233;mocratie plus directe. Ils voulaient que l'&#201;tat cesse de financer l'&#233;lite du Mexique et investisse pour r&#233;pondre aux besoins de la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;27 ao&#251;t :
500 000 manifestants
sur la place Z&#243;calo de Mexico &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sous la direction du CNH, les manifestations &#233;tudiantes se g&#233;n&#233;ralis&#232;rent, les efforts du gouvernement pour les r&#233;primer s'intensifiant de leur c&#244;t&#233;. Le CNH organisa des manifestations massives, dont celle du 27 ao&#251;t &#224; la Z&#243;calo (&#171; place de la Constitution &#187;), la place principale de Mexico. Cette manifestation r&#233;unit pr&#232;s d'un demi-million de personnes &#8211; &#233;tudiants, parents, enseignants, infirmiers, travailleurs du rail, chauffeurs de taxi, etc. La place Z&#243;calo &#233;tant situ&#233;e &#224; proximit&#233; des lieux de pouvoir, le gouvernement y vit une menace directe &#224; son autorit&#233; et envoya l'arm&#233;e ainsi que la police afin de chasser par la force les manifestants qui refusaient de quitter la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long du mouvement, le gouvernement du PRI s'effor&#231;a de ternir l'image du mouvement avan&#231;ant, entre autres, qu'il &#233;tait dirig&#233; par les communistes et des agitateurs &#233;trangers. Des contre-manifestations furent alors organis&#233;es par le PRI pour tenter de gagner le soutien de l'opinion publique. Le plus souvent, ce fut un &#233;chec, les participants &#224; ces manifestations allant m&#234;me jusqu'&#224; applaudir les &#233;tudiants ! &#192; rebours de la vague de contestation qui grandissait, le pr&#233;sident annon&#231;a qu'il n'accepterait aucune des demandes &#233;tudiantes et que son gouvernement ne tol&#233;rerait plus la contestation sociale, m&#234;me si cela impliquait l'usage de la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les &#233;tudiants continu&#232;rent &#224; manifester. Le 13 septembre, ils organis&#232;rent une marche silencieuse pour prouver au public que, contrairement aux all&#233;gations gouvernementales, ils n'avaient aucune volont&#233; d'&#234;tre violents et irresponsables. Alors qu'approchait la date du 12 octobre, d&#233;but des Jeux olympiques, le pr&#233;sident Diaz Ordaz et son gouvernement d&#233;cid&#232;rent d'envoyer l'arm&#233;e occuper les campus de l'UNAM et de l'IPN, bastions du mouvement. La population s'indigna de voir la traditionnelle autonomie de l'UNAM viol&#233;e &#8211; autonomie qui interdisait la pr&#233;sence des forces de l'ordre sur le campus. Des affrontements &#233;clat&#232;rent entre les manifestants et les forces de l'ordre et dur&#232;rent plusieurs jours. Des centaines d'&#233;tudiants et d'enseignants furent battus et arr&#234;t&#233;s. Pour d&#233;noncer de telles violences et l'occupation militaire des campus, le CNH appela &#224; un rassemblement suivi d'une manifestation pour le 2 octobre &#224; la Plaza de las Tres Culturas, dans le quartier du Tlatelolco de Mexico City.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;2 octobre 68 : le massacre du Tlatelolco &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 2 octobre, pr&#232;s de 15 000 personnes se rassembl&#232;rent pacifiquement au Tlatelolco pour entendre les orateurs et se pr&#233;parer &#224; marcher sur le campus du Casco De Santo Tomas de l'IPN. Pendant les discours, des h&#233;licopt&#232;res du gouvernement qui survolaient la zone largu&#232;rent sur la foule ce qui semblait &#234;tre des fumig&#232;nes de signal. Juste apr&#232;s, des unit&#233;s sp&#233;ciales de l'arm&#233;e firent irruption sur la place avec des tanks, enfermant les manifestants dans une nasse. Pendant qu'ils s'approchaient, des snipers plac&#233;s dans des b&#226;timents voisins ouvrirent aveuglement le feu, abattant &#233;tudiants et soldats. La confusion &#233;tait totale. Des soldats commenc&#232;rent &#224; retourner le feu et l'on s'enfuit sans savoir qui tirait sur qui. Simultan&#233;ment, un groupe d'hommes arm&#233;s, habill&#233;s en civil et la main gauche couverte d'un gant blanc, envahirent le b&#226;timent pour arr&#234;ter les meneurs de la CNH qui pronon&#231;aient leurs discours. Lorsqu'enfin la fusillade cessa, on d&#233;nombra plus de 300 morts (en r&#233;alit&#233; sans doute beaucoup plus) : &#233;tudiants, militaires, civils. Le gouvernement fit plus tard &#233;tat de 1 345 arrestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce massacre &#233;tait une offensive planifi&#233;e par le gouvernement qui l'avait nomm&#233;e &#171; Op&#233;ration Galeano &#187;. Les troupes avaient re&#231;u l'ordre d'&#233;touffer une bonne fois pour toutes le mouvement en investissant la place et en arr&#234;tant les meneurs. Les hommes au gant blanc appartenaient au &#171; Bataillon olympique &#187;, une unit&#233; mise sur pied pour prot&#233;ger les JO. Par ailleurs, la troupe n'avait pas &#233;t&#233; inform&#233;e de la pr&#233;sence d'une unit&#233; du Haut commandement pr&#233;sidentiel (EMP) sur les &#233;tages sup&#233;rieurs des b&#226;timents entourant la place alors que les EMP avaient express&#233;ment re&#231;u l'ordre de faire feu sur la foule afin d'induire une r&#233;action de la troupe et de provoquer un massacre dans les deux bords.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement tenta de masquer l'ampleur du d&#233;sastre dans les jours qui suivirent. Le massacre &#233;tait pr&#233;sent&#233; par les m&#233;dias officiels comme une r&#233;volte violente des &#233;tudiants qui aurait forc&#233; l'arm&#233;e &#224; intervenir. Le gouvernement annon&#231;a qu'il n'y avait eu &#171; que &#187; 43 morts. En r&#233;alit&#233;, de nombreuses personnes furent port&#233;es disparues et l'on sait que des corps ont &#233;t&#233; l&#226;ch&#233;s par avion dans le Golfe du Mexique. Il n'y eut aucune enqu&#234;te de la part du gouvernement sur cette trag&#233;die et beaucoup de temps s'&#233;coula avant que les gens d&#233;couvrent le sort terrible qui avait &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; &#224; leurs proches. Certains ne le connurent jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le 17 octobre, lors de la remise des m&#233;dailles du 200 m&#232;tres &#224; ces JO de Mexico, comme en &#233;cho &#224; la r&#233;volte &#233;tudiante, les athl&#232;tes noirs &lt;strong&gt;Tommie Smith&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;John Carlos, m&#233;dailles d'or et de bronze du 200 m&#232;tres, lev&#232;rent leur poing gant&#233; symbole du pouvoir noir, en signe de d&#233;fi contre le drapeau am&#233;ricain&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au Japon : Contre la guerre du Vietnam et le gouvernement
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>Japon
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		<dc:subject>Mai 1968
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		<description>L'une des manifestations les plus impressionnantes de la fin des ann&#233;es 1960 s'est d&#233;roul&#233;e au Japon, contre la guerre du Vietnam et le gouvernement. Des milliers d'&#233;tudiants casqu&#233;s et arm&#233;s d'&#233;pieux, faisant partie du Zengakuren (la F&#233;d&#233;ration japonaise des associations d'autogestion &#233;tudiantes), une fraction radicale du mouvement &#233;tudiant, ont parad&#233; avec leurs armes dans les rues de Tokyo et d'autres villes, affrontant la police. &lt;br /&gt;&#192; l'issue de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Mai-1968-dans-le-monde-II-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Mai 1968 dans le monde &#8211; II
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'une des manifestations les plus impressionnantes de la fin des ann&#233;es 1960 s'est d&#233;roul&#233;e au Japon, contre la guerre du Vietnam et le gouvernement. Des milliers d'&#233;tudiants casqu&#233;s et arm&#233;s d'&#233;pieux, faisant partie du Zengakuren (la F&#233;d&#233;ration japonaise des associations d'autogestion &#233;tudiantes), une fraction radicale du mouvement &#233;tudiant, ont parad&#233; avec leurs armes dans les rues de Tokyo et d'autres villes, affrontant la police.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'issue de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, le Japon a &#233;t&#233; occup&#233; par les &#201;tats-Unis. L'&#206;le d'Okinawa, si&#232;ge de la plupart des bases militaires am&#233;ricaines, &#233;tait encore &#224; cette &#233;poque sous le contr&#244;le direct de l'&#233;tat-major am&#233;ricain et 147 bases &#233;taient r&#233;parties dans le reste du pays. Le trait&#233; de coop&#233;ration mutuelle et de s&#233;curit&#233; entre les &#201;tats-Unis et le Japon (AMPO) &#233;tablissait de fait l'autorit&#233; absolue des &#201;tats-Unis sur le quotidien des Japonais. Depuis 1960, date &#224; laquelle le trait&#233; &#233;tait arriv&#233; &#224; &#233;ch&#233;ance et avait &#233;t&#233; reconduit, une forte opposition s'&#233;tait d&#233;velopp&#233;e contre la domination am&#233;ricaine. Une ligue s'est constitu&#233;e, r&#233;unissant 1 633 organisations : des syndicats de travailleurs, de paysans ou de professeurs, des cercles de po&#233;sie, des troupes de th&#233;&#226;tre, des organisations &#233;tudiantes ou f&#233;minines, des associations de m&#232;res et des groupes li&#233;s au Parti socialiste japonais et au Parti communiste japonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai et juin 1960, des manifestations massives se sont tenues devant la Di&#232;te (le Parlement japonais) pour s'opposer &#224; l'adoption du nouveau trait&#233;. Une &#233;tudiante de l'Universit&#233; de Tokyo fut tu&#233;e lors d'un affrontement avec la police. Sa mort renfor&#231;a le sentiment d&#233;j&#224; tr&#232;s r&#233;pandu selon lequel le gouvernement ne prenait absolument pas en compte les attentes de la population. Le Japon traversait alors une p&#233;riode de profonds changements : alors que seulement 28 % de la population vivait en ville en 1945, cette proportion atteignait 72 % en 1970. En parall&#232;le, l'&#233;conomie se d&#233;veloppait &#224; toute vitesse : en 1948, le revenu par habitant &#233;tait d'environ 100 dollars, contre 1 269 dollars aux &#201;tats-Unis. Vingt ans plus tard, le Japon &#233;tait devenu la deuxi&#232;me &#233;conomie du monde capitaliste, devant l'Allemagne de l'Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les villes, presque la moiti&#233; de la population avait entre 15 et 34 ans. Le nombre d'universit&#233;s avait augment&#233; en cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement, d'abord circonscrit au milieu militant &#233;tudiant, s'&#233;tendit &#224; la majorit&#233; des &#233;tudiants et au reste de la population &#224; mesure que la guerre du Vietnam s'enlisait. Le Japon &#233;tait une zone de transit et d'approvisionnement cruciale pour l'arm&#233;e am&#233;ricaine. De plus, une part significative de l'industrie japonaise &#233;tait d&#233;di&#233;e au mat&#233;riel militaire pour la guerre au Vietnam &#8211; munitions, napalm, phosphore, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;1967 : &#233;tudiants et jeunes ouvriers contre l'engagement du Japon
dans la guerre du Vietnam &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements ont en r&#233;alit&#233; commenc&#233; d&#232;s octobre 1967, lorsque des militants &#233;tudiants et des jeunes travailleurs ont tent&#233; d'emp&#234;cher le Premier ministre, Sat&#333; Eisaku, de se rendre dans le Vietnam du Sud, visite per&#231;ue comme un engagement suppl&#233;mentaire du Japon dans la guerre du Vietnam. Plus de 4 000 policiers anti-&#233;meute furent mobilis&#233;s pour boucler l'a&#233;roport. Des membres du Zengakuren affront&#232;rent la police et un &#233;tudiant fut tu&#233;. Les affrontements furent diffus&#233;s sur la cha&#238;ne nationale de t&#233;l&#233;vision. La sympathie pour les &#233;tudiants mobilis&#233;s allait croissant et l'on estime &#224; 80 % la part de la population oppos&#233;e &#224; la guerre du Vietnam &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;1968 : &#171; du Kanda
au Quartier Latin &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1968 s'est ouverte sur l'annonce par l'arm&#233;e am&#233;ricaine de son intention de faire accoster l'USS Enterprise, en partance pour le Vietnam, dans le port de Sasebo, alors base am&#233;ricaine. En plus d'&#234;tre propuls&#233; &#224; l'&#233;nergie nucl&#233;aire, cet &#233;norme porte-avions &#233;tait soup&#231;onn&#233; de transporter des armes nucl&#233;aires. Ce port &#233;tait situ&#233; &#224; moins de 50 kilom&#232;tres de Nagasaki, o&#249; les &#201;tats-Unis avaient largu&#233; la deuxi&#232;me bombe atomique sur la population civile japonaise en 1945. Cela a &#233;t&#233; per&#231;u comme un affront impardonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des groupes &#233;tudiants de Tokyo et d'autres universit&#233;s &#233;tablirent leur quartier g&#233;n&#233;ral &#224; l'Universit&#233; de Sasebo. Deux jours avant que l'Enterprise accoste, la police anti&#233;meute japonaise donna l'assaut contre les &#233;tudiants qui tentaient de traverser un pont menant &#224; la base navale am&#233;ricaine. Un &#233;crivain japonais raconta ainsi que &lt;em&gt;&#171; les lieux &#233;taient une v&#233;ritable sourici&#232;re... La police continuait de faire pleuvoir les coups sur les &#233;tudiants qui, pris par surprise et sans d&#233;fense, couraient dans tous les sens. Ils les frappaient jusqu'&#224; ce qu'ils s'&#233;vanouissent et gisent sans connaissance sur le sol. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La brutalit&#233; de la police avait fait 450 bless&#233;s et renvers&#233; l'opinion, qui &#233;tait rest&#233;e jusque-l&#224; assez hostile au radicalisme des &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le mouvement des Zenky&#333;t&#333;
(comit&#233;s de lutte) s'&#233;tend &#224; des centaines d'universit&#233;s et des milliers de lyc&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Du Kanda au Quartier Latin. &#187; &lt;/em&gt;C'&#233;tait le slogan adopt&#233; par les &#233;tudiants de l'Universit&#233; de Tokyo : le Kanda est le quartier universitaire de Tokyo, dont ils voulaient faire un &#233;picentre de la r&#233;volte, &#224; l'image du Quartier Latin en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1968, l'opposition &#224; l'augmentation des frais d'inscription, aux enseignements format&#233;s qui faisaient taire tout esprit critique, &#224; la corruption et &#224; la nature oppressive de l'&#233;ducation grandit sur les campus. Les Zenky&#333;t&#333;, des comit&#233;s de lutte locaux implant&#233;s dans les campus, mirent en place une f&#233;d&#233;ration nationale. Ces comit&#233;s &#233;taient ouverts &#224; tous, ind&#233;pendamment de l'affiliation politique, et &#233;taient organis&#233;s pour laisser le plus d'espace possible &#224; la discussion et aux prises de d&#233;cision d&#233;mocratiques. Le &#171; mouvement des Zenky&#333;t&#333; &#187; s'&#233;tendit &#224; des centaines d'universit&#233;s et &#224; des milliers de lyc&#233;es dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1968, des &#233;tudiants de l'Universit&#233; de Tokyo, la plus r&#233;put&#233;e du Japon, et de l'Universit&#233; Nihon, un &#233;tablissement immense regroupant quasiment un dixi&#232;me de la population &#233;tudiante japonaise, mirent en place des Zenky&#333;t&#333;, occup&#232;rent et barricad&#232;rent leurs campus respectifs. Les universit&#233;s occup&#233;es furent baptis&#233;es &#171; zones lib&#233;r&#233;es &#187;, et &#233;taient d&#233;fendues par des &#233;tudiants casqu&#233;s et arm&#233;s de b&#226;tons. Les m&#233;dias faisaient preuve de sympathie &#224; l'&#233;gard des &#233;tudiants s'opposant &#224; la police, per&#231;us comme des d&#233;fenseurs des libert&#233;s acad&#233;miques et individuelles. Ces gr&#232;ves et occupations se r&#233;pandirent dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Six mois de gr&#232;ves &#233;tudiantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'action la plus retentissante eut lieu &#224; l'Universit&#233; de Tokyo. Des &#233;tudiants en m&#233;decine protestaient alors contre les conditions de travail des internes, contraints de travailler dans les h&#244;pitaux, sans r&#233;mun&#233;ration, une fois leur cursus termin&#233;. L'administration et les facult&#233;s de m&#233;decine refusant de prendre en compte leurs revendications, ils se mirent en gr&#232;ve et 17 &#233;tudiants furent exclus de l'&#233;tablissement. Le conflit s'envenima durant les mois suivants, jusqu'en juin o&#249; environ 40 &#233;tudiants choisirent d'occuper le principal amphith&#233;&#226;tre. Deux jours plus tard, 1 200 policiers anti&#233;meute furent envoy&#233;s pour expulser les &#233;tudiants. L'&#201;cole de Litt&#233;rature s'est mise en gr&#232;ve et le pr&#233;sident de l'Universit&#233; organisa une rencontre dans le b&#226;timent principal, l'Auditorium Yasuda. Plus de 6 000 &#233;tudiants y vinrent. Lorsqu'il commen&#231;a &#224; faire la le&#231;on aux &#233;tudiants, ceux-ci protest&#232;rent car ils s'attendaient &#224; pouvoir discuter. Le pr&#233;sident s'enfuit alors, pr&#233;textant des probl&#232;mes au c&#339;ur. Le Zenky&#333;t&#333; organisa alors l'occupation du b&#226;timent. D'autres fili&#232;res ralli&#232;rent par la suite la gr&#232;ve, qui dura six mois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;1969 : des jeunes de tout le Japon rejoignent l'occupation de l'universit&#233; de Tokyo &#8211; Deux jours de combat contre la police&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'ann&#233;e 1969, la plupart des gr&#232;ves dans le pays et &#224; l'Universit&#233; de Tokyo avaient cess&#233;. Cependant, le b&#226;timent central, avec sa tour tr&#232;s imposante, &#233;tait devenu le symbole de la r&#233;sistance &#233;tudiante. Des &#233;tudiants et des jeunes de tout le pays rejoignaient l'occupation. Le gouvernement exigea que cela cesse et envoya 8 500 policiers. Les h&#233;licopt&#232;res largu&#232;rent du gaz lacrymog&#232;ne et plusieurs canons &#224; eau furent mobilis&#233;s. Les policiers attaqu&#232;rent les &#233;tudiants barricad&#233;s dans le b&#226;timent et qui ripost&#232;rent par des jets de pierres, de briques et de cocktails Molotov sur les assaillants. Des jeunes venant de tout le Japon afflu&#232;rent &#224; Tokyo pour rejoindre le combat, prenant la police &#224; revers. L'attaque dura 21 heures et fut diffus&#233;e en direct sur la t&#233;l&#233;vision nationale ; on estime &#224; 70 % le nombre de foyers qui regard&#232;rent le bilan le dimanche. En deux jours de combat, 653 policiers, 141 &#233;tudiants et 6 autres personnes pr&#233;sentes avaient &#233;t&#233; bless&#233;es. 819 &#233;tudiants furent arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les occupations ne se sont pas termin&#233;es de mani&#232;re aussi brutale. &#192; l'Universit&#233; Nihon, 35 000 &#233;tudiants avaient organis&#233; une gr&#232;ve et une occupation au m&#234;me moment, contre la corruption massive &#224; l'Universit&#233; et l'&#233;ducation &#171; &#224; la cha&#238;ne &#187;. La gr&#232;ve se termina au bout de six mois avec la d&#233;mission de plusieurs responsables de l'Universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de l'attaque &#224; l'Universit&#233; de Tokyo, les Zenky&#333;t&#333; de plus de 200 universit&#233;s se mirent en gr&#232;ve. En juillet 1969, la Di&#232;te adopta une Loi de Contr&#244;le des Universit&#233;s qui permettait au ministre de l'&#201;ducation de mettre sous tutelle tout &#233;tablissement qui ne parviendrait pas &#224; mettre fin &#224; un conflit sur son campus en moins de six mois. Cette menace mit fin aux occupations des campus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le mouvement ne s'est pas limit&#233; aux campus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'attention ait &#233;t&#233; majoritairement concentr&#233;e sur les manifestations &#233;tudiantes et les occupations d'universit&#233;s, de plus en plus de gens s'organis&#232;rent autour de leurs propres revendications et contre la guerre du Vietnam, ce qui donna lieu &#224; des mouvements d'ampleur vari&#233;e dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 31 mars 1968, des milliers d'&#233;tudiants rejoignirent les paysans qui s'opposaient &#224; la construction de l'A&#233;roport international de Narita et affront&#232;rent la police. La lutte s'est poursuivie pendant des ann&#233;es, et certains paysans refusent encore aujourd'hui de quitter leur terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet, des travailleurs du rail appel&#232;rent les &#233;tudiants de deux universit&#233;s &#224; les aider &#224; arr&#234;ter un train transportant des marchandises &#224; destination du Vietnam. &#201;tudiants et travailleurs envahirent les voies et grimp&#232;rent &#224; bord pour discuter avec les travailleurs pr&#233;sents dans la cabine. Apr&#232;s 9 heures, la police dispersa la manifestation et le train reprit son voyage mortel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 octobre, &#224; Tokyo, Osaka et Kyoto, des &#233;chauffour&#233;es eurent lieu entre policiers et &#233;tudiants, faisant 80 bless&#233;s et aboutissant &#224; 188 arrestations. La loi anti&#233;meute, qui avait &#233;t&#233; suspendue, fut restaur&#233;e et 800 000 personnes descendirent dans la rue pour protester contre cette d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement radical &#233;tudiant de la fin des ann&#233;es 1960 a ensuite commenc&#233; &#224; d&#233;cliner. Comme ailleurs dans le monde, certains militants se sont tourn&#233;s vers des actions terroristes pour tenter de d&#233;stabiliser l'empire. Ils ont form&#233; des petits groupes organis&#233;s sur le mod&#232;le militaire et ont eu recours &#224; des attaques terroristes, se lan&#231;ant dans des kidnappings de personnes haut plac&#233;es, des d&#233;tournements d'avions et des assassinats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements &#233;tudiants avaient &#233;t&#233; l'&#233;tincelle qui donna naissance &#224; des mouvements plus larges dans la population contre la guerre du Vietnam et la poursuite de l'occupation d'Okinawa par l'arm&#233;e am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#192; lire : Mai 68 au S&#233;n&#233;gal
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		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Livre
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		<dc:subject>S&#233;n&#233;gal
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		<dc:subject>Mai 1968
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		<description>Mai 68 au S&#233;n&#233;gal &lt;br /&gt;Senghor face aux &#233;tudiants et au mouvement syndical &lt;br /&gt;de Omar Gueye &lt;br /&gt;&#201;ditions Karthala, octobre 2017, 336 p., 24 &#8364;. Au S&#233;n&#233;gal, Mai 68 a commenc&#233; le 29 du mois. Alors que les &#233;tudiants protestaient contre un projet de r&#233;duction des bourses, la police les &#233;vacua violemment du campus de Dakar, faisant un mort. Cette intervention provoqua un mouvement de contestation d'une ampleur in&#233;dite, incluant les lyc&#233;ens, mais aussi les travailleurs et toute une partie de la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Mai-1968-+" rel="tag"&gt;Mai 1968
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mai 68 au S&#233;n&#233;gal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Senghor face aux &#233;tudiants et au mouvement syndical&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;de Omar Gueye &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ditions Karthala, octobre 2017, 336 p., 24 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;Au S&#233;n&#233;gal, Mai 68 a commenc&#233; le 29 du mois. Alors que les &#233;tudiants protestaient contre un projet de r&#233;duction des bourses, la police les &#233;vacua violemment du campus de Dakar, faisant un mort. Cette intervention provoqua un mouvement de contestation d'une ampleur in&#233;dite, incluant les lyc&#233;ens, mais aussi les travailleurs et toute une partie de la population, surtout dans les villes. Le pouvoir en place ne reprit le dessus, avec difficult&#233;, qu'en septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre d'Omar Gueye d&#233;crit les multiples facettes de ce mouvement. Il analyse &#233;galement comment le pr&#233;sident de l'&#233;poque &#8211; L&#233;opold S&#233;dar Senghor, plus connu en France pour son &#339;uvre litt&#233;raire que pour son &#171; &#339;uvre &#187; &#224; la t&#234;te d'un &#201;tat pas vraiment lib&#233;r&#233; de la tutelle coloniale &#8211; affronte la contestation : avec l'aide des marabouts, contre un pan du mouvement syndical qui le soutenait jusque-l&#224; sans h&#233;sitations et m&#234;me, dans une certaine mesure, contre l'&#201;glise catholique &#224; laquelle il appartenait. Omar Gueye souligne &#233;galement les ambigu&#239;t&#233;s d'un mouvement &#233;tudiant qui se voulait &#224; l'avant-garde des luttes des masses pauvres, tout en se mobilisant pour conforter ses propres positions dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.P.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Mai 68 dans le monde
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		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Mai 1968
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		<description>Le mouvement de mai 1968, qui s'est traduit en France par la plus grande gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qu'ait connue le pays depuis celle de juin 1936, gr&#232;ve d&#233;clench&#233;e dans la foul&#233;e d'une r&#233;volte de la jeunesse &#233;tudiante, n'a pas &#233;t&#233;, loin s'en faut, qu'un ph&#233;nom&#232;ne fran&#231;ais. &lt;br /&gt;Ses causes m&#234;mes, celles qui avaient conduit &#224; un &#233;veil politique d'une fraction de la jeunesse, sont &#224; chercher dans l'actualit&#233; mondiale des ann&#233;es 1960. Dans le soul&#232;vement des peuples coloniaux au lendemain de la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement de mai 1968, qui s'est traduit en France par la plus grande gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qu'ait connue le pays depuis celle de juin 1936, gr&#232;ve d&#233;clench&#233;e dans la foul&#233;e d'une r&#233;volte de la jeunesse &#233;tudiante, n'a pas &#233;t&#233;, loin s'en faut, qu'un ph&#233;nom&#232;ne fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses causes m&#234;mes, celles qui avaient conduit &#224; un &#233;veil politique d'une fraction de la jeunesse, sont &#224; chercher dans l'actualit&#233; mondiale des ann&#233;es 1960. Dans le soul&#232;vement des peuples coloniaux au lendemain de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale et le d&#233;veloppement du mouvement noir aux USA, lui-m&#234;me en partie inspir&#233; par les r&#233;volutions coloniales en Afrique. Dans l'indignation soulev&#233;e en Europe, aux &#201;tats-Unis ou au Japon, par les horreurs de la guerre du Vietnam, la guerre am&#233;ricaine qui y avait pris le relais de la guerre fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reviendrons dans le &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Mai-1968-dans-le-monde-II-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;dossier du prochain num&#233;ro de &lt;em&gt;Convergences R&#233;volutionnaires,&lt;/em&gt; celui du mois de juin&lt;/a&gt;, sur l'ensemble du contexte des ann&#233;es 1960 dans lequel ces mouvements ont &#233;clat&#233; et sur 1968 dans le monde, notamment aux &#201;tats-Unis, au Japon ou au Mexique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;sent dossier se limite, lui, essentiellement aux &#233;v&#233;nements de Mai 68 en France, ainsi que dans les pays voisins, Allemagne et Italie, o&#249; les mouvements, &#233;troitement li&#233;s entre eux, ont eu une &#233;volution et une port&#233;e assez semblables. Nous y parlons &#233;galement des &#233;v&#233;nements de 1968 en Tch&#233;coslovaquie qui ont fortement marqu&#233; l'actualit&#233; politique en Europe cette ann&#233;e-l&#224;. La r&#233;volte contre l'intervention des chars russes en Tch&#233;coslovaquie pour mettre fin aux tentatives (pourtant assez timides) de lib&#233;ralisation du r&#233;gime entreprise par Alexander Dub&#269;ek et, surtout, mettre fin &#224; la contestation populaire que cette petite ouverture avait encourag&#233;e, donnait raison en France et en Italie &#224; ceux qui critiquaient la bureaucratie stalinienne, en premier lieu aux courants trotskystes, dans ces pays o&#249; les partis communistes staliniens avaient un quasi-monopole sur le mouvement ouvrier et faisaient la chasse &#224; tous leurs dissidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, l'&#233;veil politique d'une fraction de la jeunesse a &#233;t&#233; le fruit de la mont&#233;e des protestations contre la sale guerre d'Alg&#233;rie qui avaient fini par gagner une fraction de plus en plus large de la jeunesse et du milieu militant, malgr&#233; les partis de gauche qui portaient une lourde responsabilit&#233; dans ces guerres et malgr&#233; la pleutrerie du Parti communiste. (L'utilisation du napalm et la torture en Alg&#233;rie, sous un gouvernement fran&#231;ais socialiste, n'avait pas grand-chose &#224; envier aux armes chimiques du dictateur Al Assad aujourd'hui.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation &#233;conomique en 1968 n'&#233;tait pas marqu&#233;e par une ann&#233;e de crise, comme cela avait &#233;t&#233; le cas dans les ann&#233;es 1930, d'o&#249; &#233;tait sortie la gr&#232;ve de juin 1936. C'&#233;tait presque le contraire. 1968 &#233;tait plut&#244;t ann&#233;e de plein emploi. Les ann&#233;es qui avaient suivi la fin de la guerre mondiale avaient &#233;t&#233;, dans les pays comme la France, l'Italie, l'Allemagne ou le Japon, une p&#233;riode d'expansion du d&#233;veloppement industriel, apr&#232;s tant d'ann&#233;es de destruction. Mais c'est la classe ouvri&#232;re qui avait pay&#233; les frais de cette croissance, par l'intensification du travail, des semaines de plus de 45 heures dans les usines en France malgr&#233; la loi des 40 heures de 1936. Des guerres coloniales d'Indochine d'abord, puis d'Alg&#233;rie. Les travailleurs en France avaient &#233;galement pay&#233; la note par les politiques d'aust&#233;rit&#233; des gouvernements successifs. La petite paysannerie, ruin&#233;e par l'industrialisation de l'agriculture, et sa jeunesse quittaient la campagne pour les usines. Sans parler de ces centaines de milliers de travailleurs immigr&#233;s que les entreprises fran&#231;aises allaient chercher, notamment en Afrique du nord, pour remplir leurs chaines de production, mais dont beaucoup n'&#233;taient log&#233;s que dans des bidonvilles, celui de Nanterre ou d'ailleurs, qui n'ont fini par dispara&#238;tre qu'au cours des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si bien qu'on ne peut pas dire que cette ann&#233;e 1968, o&#249; l'on a tant parl&#233; de r&#233;volution, entre autres parce que les r&#233;voltes des peuples colonis&#233;e en avaient suscit&#233; l'espoir, &#233;tait une de ces p&#233;riodes r&#233;volutionnaires o&#249; le vieux monde s'effondre et conduit tout droit &#224; la barbarie si on ne le renverse pas, comme c'&#233;tait le cas en 1936, &#224; la veille de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. On pourrait plut&#244;t dire, pour les gr&#232;ves de 1968, que le monde du travail, qui avait fait durement les frais de la reprise &#233;conomique de l'apr&#232;s-guerre sans en voir les fruits, demandait enfin son d&#251;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mouvement de Mai 68 n'est pas all&#233; au bout des espoirs de changement du monde d'une partie de la jeunesse qui y participait, il a &#233;t&#233; au moins le point de d&#233;part d'un essor des organisations communistes r&#233;volutionnaires que nous connaissons aujourd'hui, m&#234;me si elles sont encore bien trop faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes aujourd'hui dans une situation bien diff&#233;rente de 1968 : d'un c&#244;t&#233; un contexte social en partie plus dur avec le ch&#244;mage massif (m&#234;me si le niveau de vie dans un pays comme la France est plus &#233;lev&#233; qu'en 1968), de l'autre une combativit&#233; pour l'instant moins explosive qu'en 1968. Mais nous avons &#224; retenir de Mai 68 les le&#231;ons de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, de sa force mais aussi de la trahison des directions syndicales et des partis pr&#233;tendument ouvriers qui ont fini par la juguler. Particuli&#232;rement en ce mois de mai 2018 en France, o&#249; la &#171; convergences des luttes &#187; (gr&#232;ve des cheminots, des salari&#233;s des hypermarch&#233;s Carrefour, des employ&#233;s d'Air France, des &#233;boueurs, des hospitaliers sans oublier la contestation &#233;tudiante qui gagne toutes les universit&#233;s&#8230;) est &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1092 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/IMG/png/commejesuisdevenuenragevo24.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH794/commejesuisdevenuenragevo24-b3b7e.png?1787933794' width='500' height='794' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> La gr&#232;ve &#224; Renault Billancourt
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-greve-a-Renault-Billancourt</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>Renault
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		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Mai 1968
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		<description>(Racont&#233;e par notre camarade Michel, un ouvrier de l'usine, militant de Voix ouvri&#232;re) &lt;br /&gt;En 1968, l'usine de Renault-Billancourt comptait 35 000 ouvriers. Elle s'&#233;tendait sur 75 hectares. Un beau jardin ! Le centre de l'usine &#233;tait l'&#206;le Seguin, une &#238;le de 11 hectares et d'un kilom&#232;tre de long au milieu de la Seine. C'&#233;tait l&#224; mon lieu de travail. &lt;br /&gt;D&#233;j&#224; avant la gr&#232;ve, il y avait une ambiance particuli&#232;re, comme partout d'ailleurs. Parce que nous, en &#233;quipe du soir, on entendait&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(Racont&#233;e par notre camarade Michel, un ouvrier de l'usine, militant de Voix ouvri&#232;re&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le groupe trotskyste Voix ouvri&#232;re a &#233;t&#233; dissout par le gouvernement au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1968, l'usine de Renault-Billancourt comptait 35 000 ouvriers. Elle s'&#233;tendait sur 75 hectares. Un beau jardin ! Le centre de l'usine &#233;tait l'&#206;le Seguin, une &#238;le de 11 hectares et d'un kilom&#232;tre de long au milieu de la Seine. C'&#233;tait l&#224; mon lieu de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; avant la gr&#232;ve, il y avait une ambiance particuli&#232;re, comme partout d'ailleurs. Parce que nous, en &#233;quipe du soir, on entendait quelquefois le bruit des grenades. Je pense que c'est la Seine qui amenait &#231;a. Et parmi les gars, le climat montait : ils suivaient l'actualit&#233; de loin, mais ils disaient merde, qu'est-ce qu'on attend, parce que depuis que les &#233;tudiants se bagarrent, nous il n'y a pas de raison de ne rien faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il y avait eu cette fameuse gr&#232;ve du 13 mai, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui avait bien march&#233;. C'est les syndicats qui l'avaient lanc&#233;e. Nous on l'a faite avec tout le monde. Rien n'&#233;tait pr&#233;vu apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 mai les ouvriers de Sud-aviation, &#224; Nantes, s'&#233;taient mis en gr&#232;ve. On en avait peu parl&#233; &#224; l'usine, mais quand le lendemain on a su que Renault-Cl&#233;on aussi se mettait en gr&#232;ve, &#231;a int&#233;ressait plus, car c'&#233;taient des fr&#232;res de lutte. Et, le 16 mai, le bruit courait qu'il s'&#233;tait pass&#233; quelque chose &#224; la place Nationale, l'une des grandes entr&#233;es de l'usine. C'&#233;taient des jeunes de la F&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants r&#233;volutionnaires, organisation de jeunes d'un des groupes trotskystes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FER, organisation de jeunesse de l'OCI, le groupe trotskyste anim&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qui &#233;tait venue, sur la coupure du midi. Du bout de l'&#238;le o&#249; l'on travaillait, la traverser de bout en bout puis prendre le pont, &#231;a faisait loin, 1 800 m&#232;tres. Alors, on a fait une r&#233;union dans ce qu'on appelait &#171; l'all&#233;e wagonni&#232;re &#187; &#8211; autrefois, il y avait un train qui amenait les pi&#232;ces l&#224;. Et c'est l&#224;, un peu en dehors de l'atelier, qu'on avait l'habitude de se r&#233;unir quand on avait des trucs &#224; se dire. On s'est r&#233;uni et on s'est dit : qu'est-ce qu'on fait ?&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1098 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH453/quartierlo-74dcd.png?1788561044' width='500' height='453' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;(Dessin paru dans Lutte ouvri&#232;re d'ao&#251;t 1968)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il y avait quand m&#234;me une tendance &#224; la gr&#232;ve. On n'&#233;tait pas nombreux, mais avec, parmi nous, pas mal de jeunes. Alors, il y a un d&#233;l&#233;gu&#233; CGT qui vient. On lui dit : toi, qu'est-ce que tu sais ? Parce qu'on n'avait pas de t&#233;l&#233;phone, ni mobile bien s&#251;r, ni fixe ; dans les ateliers, t&#233;l&#233;phoner nous &#233;tait impossible. Pour savoir ce qui se passait, on a demand&#233; au d&#233;l&#233;gu&#233; &#171; va voir au syndicat &#187;. Il nous a dit &#171; je n'ai pas de v&#233;lo &#187;. Enfin les mecs en ont eu marre, et on est tous partis pour remonter l'&#238;le. C'&#233;tait en fin d'apr&#232;s-midi. Il y avait tellement d'ambiance, qu'&#224; nous voir d&#233;bouler en groupe, nombreux, 100 &#224; 150 ouvriers, ceux qui travaillaient en &#171; normale &#187; (l'&#233;quipe de jour &#224; cheval sur le matin et l'apr&#232;s-midi) ont pris peur et sont partis. Il faut dire qu'il y avait beaucoup d'immigr&#233;s qui n'&#233;taient l&#224; que depuis peu de temps et craignaient d'avoir des ennuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est parti comme &#231;a, sans aucun appel &#224; la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors on remonte l'&#238;le, on franchit le pont qui va vers le Bas-Meudon, de l'autre c&#244;t&#233; de la Seine. Et, l&#224;, les gars se sont d&#233;brouill&#233;s. Personne ne leur a rien dit. Dans leur t&#234;te, il y avait l'id&#233;e de tenir le si&#232;ge ici. Ils sont all&#233;s chercher des containers, des grosses caisses en ferraille, o&#249; il y avait des petites pi&#232;ces dedans, c'est vachement lourd, et puis les petites pi&#232;ces &#233;taient faciles &#224; utiliser, si besoin. Ils ont align&#233; &#231;a avec un car &#224; fourche. Il y avait un copain qu'on appelait le pompier parce qu'il avait &#233;t&#233; pompier : il a commenc&#233; &#224; former les gars &#224; tenir les lances &#224; incendie, parce que tu ne tiens pas &#231;a comme un jet d'eau, il y a une pression terrible. Enfin on s'est organis&#233; comme &#231;a. On est all&#233; voir les gardiens. Ils ont compris tout de suite et sont partis. Nous nous sommes install&#233;s pour passer la nuit, en allant chercher des mousses et tout &#231;a, et la nuit s'est bien pass&#233;e. Sauf qu'au petit matin, il y en a qui sont venus nous &#171; aider &#187; (entre guillemets), nous chapeauter, plut&#244;t. C'&#233;tait des membres du PC et de la CGT, qui &#233;taient accourus parce qu'ils savaient qui &#233;tait l&#224;. Et ils venaient pour nous calmer un peu ou tout au moins pour jouer l'inertie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dehors il y avait un foyer en construction pour personnes du 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#226;ge et, sur la grue, un drapeau tricolore. Les mecs ont vu &#231;a et les plus alertes ont grimp&#233; chercher ce drapeau. Ils l'ont d&#233;chir&#233; pour garder le rouge qu'ils ont mis en drapeau sur la porte de l'usine. Au grand dam des pontes syndicaux et des responsables politiques du PC, qui ne nous reprochaient pas tant le drapeau rouge en soi que le fait d'avoir d&#233;chir&#233; le drapeau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 mai, le mouvement &#233;tait aussi parti d'autres secteurs de l'usine, bien que la CGT ait eu un langage temporisateur, expliquant qu'il fallait patienter, que le comit&#233; ex&#233;cutif devait se r&#233;unir l'apr&#232;s-midi, qu'il allait d&#233;cider de la suite &#224; donner&#8230; C'&#233;tait entre autres des jeunes du milieu des secteurs de professionnels autour de la Place nationale. Tout de suite, les jeunes qui en voulaient le plus se sont spontan&#233;ment post&#233;s aux diff&#233;rentes portes de l'usine. C'est ainsi que nous en avons vu un bon nombre arriver &#224; la porte du Bas-Meudon. Mais, apr&#232;s un court flottement, la CGT a repris les choses en main. Elle a mis le hol&#224; en disant qu'il ne fallait pas d'&#233;l&#233;ments ext&#233;rieurs, qu'il fallait que ce soit une &#171; gr&#232;ve responsable &#187;. Un cort&#232;ge &#233;tudiant assez nombreux qui &#233;tait venu pour rencontrer les ouvriers de Billancourt s'est retrouv&#233; devant les grandes portes du quai Stalingrad, grilles ferm&#233;es, et des militants CGT s'&#233;taient mis sur le devant. On ne peut pas dire qu'il y ait eu fraternisation vraiment sympathique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les responsables CGT s'&#233;taient dit : on ne peut pas laisser &#231;a. Et la CGT a appel&#233; &#224; un grand rassemblement, dans l'apr&#232;s-midi du 17 mai, sur l'esplanade, un grand hall dans l'&#238;le Seguin, proche de la porte du Bas-Meudon. Il &#233;tait tr&#232;s vaste car c'est l&#224; que les trains qui amenaient les pi&#232;ces man&#339;uvraient, et c'est l&#224; que se sont tenus toutes les AG. Les gars sont venus &#224; l'assembl&#233;e. Beaucoup &#233;taient au boulot encore ce jour-l&#224; vu que, s'il y avait des secteurs comme le n&#244;tre o&#249; il y avait quelques militants, il y en avait d'autres qui n'ont pas particip&#233; en masse. La CGT a fait voter la gr&#232;ve. Les gars ont lev&#233; la main, mais la plupart sont repartis chez eux. Les syndicats ne les incitaient pas &#224; faire autre chose : qu'ils rentrent chez eux et qu'ils viennent aux nouvelles pour les AG. Et &#231;a s'est pass&#233; toujours comme &#231;a. Il y avait presque tous les jours un meeting de toute l'usine le matin, toujours nombreux. Les gars venaient voir, &#233;taient contents que &#231;a se passe bien, tout le monde levait la main, parce qu'il y avait quand m&#234;me une sacr&#233;e ambiance. Mais on ne leur proposait rien et ils rentraient chez eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, une poign&#233;e de militants d'extr&#234;me gauche, avons essay&#233; d'organiser un peu les gars. Le PC et la CGT, eux, ont organis&#233; surtout une esp&#232;ce de service d'ordre. &#192; la centrale, o&#249; &#233;tait mon atelier et o&#249; &#233;taient tous les &#233;quipements centraux de l'usine (centrale &#233;lectrique, vapeur, etc.), il n'y avait jamais personne. Mais le syndicat y avait mis quelques mecs pour monter la garde, par crainte des gars qui voudraient tout casser. Au point que j'ai eu de la peine &#224; y retourner pour prendre mes affaires. Ils faisaient vraiment du z&#232;le ! Et puis, il y avait un truc : c'&#233;tait la sortie du tout nouveau mod&#232;le de Renault, la R6. Elle n'&#233;tait pas encore pr&#233;sent&#233;e au public, mais il y en avait d&#233;j&#224; un petit stock au Bas-Meudon, recouvert par des toiles. L&#224; aussi, la CGT s'est empress&#233;e de mettre une garde pour pas qu'on aille d&#233;voiler les secrets commerciaux de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre coin, nos tentatives d'organiser les gars avaient peu de poids en comparaison de celui de la CGT qui chapeautait. Ce qu'elle avait appel&#233; &#171; comit&#233; de gr&#232;ve &#187; n'&#233;tait qu'un comit&#233; intersyndical, CGT, FO et CFDT. La CGT pouvait dire : il y a les trois syndicats, vous voyez c'est d&#233;mocratique. Mais les ouvriers du rang n'avaient pas leur mot &#224; y dire.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1100 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH730/degaullepave-fca10.png?1788561044' width='500' height='730' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;(Dessin paru dans Lutte ouvri&#232;re d'ao&#251;t 1968)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La cantine de l'usine &#233;tait, &#224; l'&#233;poque, g&#233;r&#233;e par les syndicats, en l'occurrence la CGT. Un sacr&#233; pactole financier pour le syndicat et un grand nombre de permanents. Elle a fonctionn&#233; pendant la gr&#232;ve, o&#249; l'on pouvait manger pas cher. Et ils ont organis&#233; quelques spectacles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'attitude de la CGT vis-&#224;-vis des &#233;tudiants n'avait pas plu &#224; tout le monde. Il y avait eu des engueulades, et les relations devenaient tendues entre les jeunes les plus combatifs et l'appareil militant de la CGT qui s'opposait &#224; toutes les initiatives qui ne venaient pas de lui. Au bout de quelques jours, les jeunes ont eu plut&#244;t tendance &#224; rejoindre les &#233;tudiants aux manifestations, et &#224; se bagarrer contre les flics, l&#224; o&#249; il y avait quelque chose qui se passait, plut&#244;t que de rester clo&#238;tr&#233;s &#224; l'int&#233;rieur de la bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, les camarades de Voix ouvri&#232;re de l'usine, avons distribu&#233; un bulletin o&#249; nous disions qu'il fallait qu'on s'organise, qu'on prenne nos affaires en main. Je me rappelle que, lorsqu'on l'a diffus&#233;, les &#171; staliniens &#187; (militants du PC) ont essay&#233; de nous piquer nos paquets. Mais &#224; nous, en tout cas, qui &#233;tions ouvriers de l'usine, connus depuis des ann&#233;es, il leur &#233;tait difficile de nous taper dessus. Si on &#233;tait rentr&#233;s la gueule en sang &#231;a l'aurait foutu mal pour eux. Mais, parmi les copains qui &#233;taient venus nous aider &#224; diffuser, un certain nombre ont &#233;t&#233; agress&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a &#233;t&#233; comme &#231;a une dizaine de jours, et puis il y a eu les accords de Grenelle, n&#233;goci&#233;s dans le week-end des 25 et 26 mai entre gouvernement et syndicats. Le salaire minimum &#233;tait port&#233; &#224; 519 F, mais encore bien en dessous des 600 F demand&#233;s depuis des ann&#233;es par les syndicats. L'augmentation g&#233;n&#233;rale des salaires pour le secteur priv&#233; &#233;tait fix&#233;e &#224; 7 % plus 3 % promis pour octobre, alors que l'inflation annuelle &#233;tait de plus de 8 %. On &#233;tait loin du compte. Quant aux jours de gr&#232;ve 50 % seraient pay&#233;s &#224; condition que les ouvriers viennent travailler en plus pour les r&#233;cup&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est chez nous, &#224; Billancourt, que le lundi matin le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, Georges S&#233;guy, est venu vanter les m&#233;rites de l'accord. Il est mont&#233; sur la passerelle et nous a &#233;num&#233;r&#233; la liste des revendications satisfaites : un fourre-tout o&#249; il n'y avait pas une seule augmentation uniforme annonc&#233;e, mais une s&#233;rie de petits trucs, cat&#233;gorie par cat&#233;gorie. Personne n'arrivait &#224; s'y retrouver. Jusqu'au moment o&#249; il a dit : &lt;em&gt;&#171; le Conseil National du Patronat Fran&#231;ais a accept&#233; de payer 50 % des salaires pendant la dur&#233;e de la gr&#232;ve avec une modalit&#233; de r&#233;cup&#233;ration selon les cas&#8230; &#187;&lt;/em&gt; Alors l&#224;, &#231;a a gueul&#233;. Car tout le monde a bien compris : il fallait revenir bosser et faire plus d'heures pour rattraper la gr&#232;ve. On n'avait pas fait une gr&#232;ve aussi puissante pour &#231;a. Ce jour-l&#224;, le hall de l'&#238;le Seguin &#233;tait plein, 5 000 &#224; 10 000, je ne sais pas mais &#231;a d&#233;bordait sur le pont allant de l'entr&#233;e de l'&#238;le, &#224; l'ext&#233;rieur. Et ce n'&#233;tait pas une petite minorit&#233; qui avait hu&#233; S&#233;guy, qui avait protest&#233; qu'on se fichait de notre gueule, c'&#233;tait vraiment une grosse partie de l'assistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, devant les hu&#233;es, S&#233;guy a fait volte-face : il venait juste nous demander notre avis. L'avis il l'avait eu. Toute la presse a relay&#233; sa m&#233;saventure dans l'&#238;le Seguin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la gr&#232;ve a continu&#233; son cours. Comme ont suivi leur cours les perp&#233;tuelles attaques des tracts du PCF ou de la CGT contre les &#171; gauchistes-Marcellin &#187;, pr&#233;tendus suppl&#233;tifs du ministre de l'Int&#233;rieur, Raymond Marcellin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Billancourt, la gr&#232;ve a dur&#233; jusqu'au lundi 17 juin. S&#233;guy n'est pas revenu, c'est le secr&#233;taire CGT de l'usine qui a appel&#233; &#224; la reprise en pr&#233;sentant une s&#233;rie de petites concessions accord&#233;es par la direction de Renault. Avec un chantage de la direction &#224; la cl&#233; : ces concessions ne tiennent que si le travail reprend le mardi 18 juin. La CGT a organis&#233;, dans la foul&#233;e, un vote &#224; bulletins secrets pour la reprise. Les nouvelles concessions &#233;taient maigrichonnes : outre l'augmentation de 10 % des salaires annonc&#233;e (o&#249; &#233;taient compt&#233;s les 3 % qu'on avait d&#233;j&#224; eus en janvier) on avait rajout&#233; la mensualisation des &#171; horaires &#187;, c'est-&#224;-dire des ouvriers qui n'avaient pas un salaire mensuel fixe, mais &#233;taient pay&#233;s au nombre d'heures travaill&#233;es. Mais cette mensualisation n'&#233;tait en r&#233;alit&#233; que pour les &#171; horaires &#187; de plus de 55 ans seulement, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans le pays, c'&#233;tait la d&#233;crue des gr&#232;ves. En dissolvant le parlement, de Gaulle avait donn&#233; un pr&#233;texte aux directions syndicales et aux partis de gauche de sonner la fin de la r&#233;cr&#233;. Les carburants &#233;taient revenus. Des bo&#238;tes, les unes apr&#232;s les autres, reprenaient, apr&#232;s que les syndicats y avaient n&#233;goci&#233; localement de petites satisfactions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Billancourt, la reprise a &#233;t&#233; vot&#233;e par 78 % des pr&#233;sents, contre 22 % pour la continuation. Mais au meeting, pr&#233;vu en fin d'apr&#232;s-midi pour annoncer les r&#233;sultats du vote, c'&#233;taient les 22 % de &#171; jusqu'au-boutistes &#187; qui &#233;taient rest&#233;s &#224; l'usine et firent entendre aux dirigeants syndicaux ce qu'ils pensaient de leur pr&#233;tendue victoire : &lt;em&gt;&#171; vendus &#187;, &#171; CGT d&#233;mission &#187;...&lt;/em&gt; Il y a eu des cartes syndicales d&#233;chir&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la gr&#232;ve, avec les sympathisants et des travailleurs qu'on avait gagn&#233;s &#224; notre point de vue, on se r&#233;unissait dans le parc de Saint-Cloud pour d&#233;battre de la situation. Des fois il y avait jusqu'&#224; 40 personnes. C'&#233;tait pour eux plus int&#233;ressant que de rester &#224; ne rien faire avec les staliniens. Et il faisait beau. De ces travailleurs-l&#224; il en est rest&#233; pour les ann&#233;es suivantes un bon petit noyau autour des camarades de l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1099 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH461/seguy-d29b3.png?1788561044' width='500' height='461' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;(Dessin paru dans Lutte ouvri&#232;re d'ao&#251;t 1968)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le groupe trotskyste Voix ouvri&#232;re a &#233;t&#233; dissout par le gouvernement au lendemain de Mai 68 et s'est r&#233;organis&#233; sous le nom de Lutte ouvri&#232;re, dont la Fraction l'&#201;tincelle est issue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;FER, organisation de jeunesse de l'OCI, le groupe trotskyste anim&#233; par Pierre Lambert.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Tch&#233;coslovaquie 1968 : La contestation du r&#233;gime et la r&#233;volte contre les tanks de l'URSS stalinienne
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Mai 1968
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		<description>Le 21 ao&#251;t 1968, 6 300 chars des troupes du Pacte de Varsovie &#8211; chars sovi&#233;tiques et de pays satellites &#8211; envahirent la Tch&#233;coslovaquie, mettant un terme brutal &#224; ce qu'on avait appel&#233; le &#171; Printemps de Prague &#187; : une vague de r&#233;formes r&#233;pondant &#224; une partie des aspirations de la jeunesse et des intellectuels tch&#233;coslovaques initi&#233;e en janvier 1968 par le tout nouveau secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Parti communiste tch&#232;que, Alexander Dub&#269;ek. Libert&#233; d'expression, autogestion, la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 21 ao&#251;t 1968, 6 300 chars des troupes du Pacte de Varsovie &#8211; chars sovi&#233;tiques et de pays satellites &#8211; envahirent la Tch&#233;coslovaquie, mettant un terme brutal &#224; ce qu'on avait appel&#233; le &#171; Printemps de Prague &#187; : une vague de r&#233;formes r&#233;pondant &#224; une partie des aspirations de la jeunesse et des intellectuels tch&#233;coslovaques initi&#233;e en janvier 1968 par le tout nouveau secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Parti communiste tch&#232;que, Alexander Dub&#269;ek. Libert&#233; d'expression, autogestion, la Tch&#233;coslovaquie affirmait pr&#233;senter un &#171; socialisme &#224; visage humain &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'invasion de la Tch&#233;coslovaquie eut un &#233;norme retentissement dans le monde, en particulier en France. Pour la premi&#232;re fois de son histoire, le Parti communiste fran&#231;ais prit ses distances avec Moscou et condamna l'invasion. Il faut dire que la France sortait &#224; peine de la plus grande gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qu'elle ait connue avec celle de juin 1936, gr&#232;ve brad&#233;e au profit d'&#233;lections g&#233;n&#233;rales qui, en juin, avaient consacr&#233; l'&#233;chec cuisant des partis de la gauche r&#233;formiste et r&#233;v&#233;l&#233; aux yeux de beaucoup l'impasse de leur &#233;lectoralisme. L'intervention des chars russes pour &#233;craser un vent de libert&#233; a d'embl&#233;e suscit&#233; l'indignation d'une jeunesse ouvri&#232;re politis&#233;e et privait les militants du PC d'un de leurs arguments favoris sur l'&#171; exemple &#187; sovi&#233;tique : pour beaucoup, il n'y avait gu&#232;re de diff&#233;rence entre les &#201;tats-Unis &#233;crasant le peuple vietnamien et l'URSS &#233;crasant la libert&#233; sous les chenilles de leurs chars en Tch&#233;coslovaquie. Les deux &#171; superpuissances &#187; &#233;taient confondues dans un m&#234;me opprobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Deuxi&#232;me Guerre mondiale permit &#224; Staline et &#224; la bureaucratie sovi&#233;tique d'&#233;tendre leur domination &#224; certains &#201;tats d'Europe de l'Est : un butin de guerre et non le r&#233;sultat d'une r&#233;volution. Les ouvriers d'Europe de l'Est se sont soulev&#233;s &#224; plusieurs reprises durant les ann&#233;es 1950 : en Allemagne de l'Est en 1953, en Pologne et en Hongrie en 1956. Dans le cas de la Hongrie, la r&#233;pression &#233;choua dans un premier temps. La r&#233;volte se mua en r&#233;volution, le gouvernement s'effondra et les conseils ouvriers nouvellement form&#233;s prirent le pouvoir dans plusieurs villes. L'arm&#233;e sovi&#233;tique envahit la Hongrie et &#233;crasa la r&#233;volution avec une brutalit&#233; extr&#234;me, causant des milliers de morts et 200 000 r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le printemps de Prague&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Durant les ann&#233;es 1960, l'industrie tch&#233;coslovaque avait pris du retard par rapport &#224; celle de ses concurrents. Les exportations vers l'URSS avaient chut&#233; et la Tch&#233;coslovaquie plongeait dans la crise &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1967, quelques &#233;crivains r&#233;put&#233;s et des &#233;tudiants exprim&#232;rent leurs griefs contre le r&#233;gime, qui ne tarda pas &#224; s'occuper d'eux. Le syndicat des &#233;crivains fut dissous, les &#233;tudiants furent r&#233;prim&#233;s. Cependant, peu apr&#232;s, le soul&#232;vement de masse qui couvait &#233;clata, suite &#224; un &#233;v&#233;nement mineur. Le premier secr&#233;taire du Parti communiste, le conservateur Anton&#237;n Novotn&#253;, avait &#233;t&#233; remplac&#233; par Alexander Dub&#269;ek. Bien qu'ouvertement loyal &#224; l'URSS, Dub&#269;ek repr&#233;sentait l'aile du PC qui plaidait pour des r&#233;formes. S'accrochant au pouvoir, Novotn&#253; tenta un coup d'&#201;tat, qui &#233;choua. Puis il envoya ses alli&#233;s faire de l'agitation dans les usines en sa faveur. L'aile &#171; r&#233;formiste &#187; derri&#232;re Dub&#269;ek r&#233;agit en faisant de l'agitation parmi les ouvriers, mais aussi parmi les &#233;crivains et les journalistes, qui saisirent l'opportunit&#233; de mettre en lumi&#232;re la corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e du gouvernement Novotn&#253;. Suite aux r&#233;v&#233;lations, de nombreux politiciens durent d&#233;missionner, voire se suicid&#232;rent. Les &#171; r&#233;formistes &#187; du Parti communiste furent pris par surprise par cette vague de contestation massive. Les journaux et les films du monde entier devinrent soudainement accessibles, on jouait des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre ouvertement contestataires : ce fut le Printemps de Prague.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'URSS mit en demeure Dub&#269;ek de maintenir l'ordre et les chars sovi&#233;tiques entr&#232;rent dans le pays sous pr&#233;texte de man&#339;uvres de routine. Dub&#269;ek appela le peuple &#224; la retenue dans la mise en &#339;uvre des r&#233;formes mais il &#233;tait trop tard pour contenir le mouvement. La censure s'effondra. Dans les usines, les ouvriers commenc&#232;rent &#224; chasser les dirigeants officiels des syndicats et &#224; faire valoir leurs propres revendications, telles que l'&#233;lection d&#233;mocratique des directeurs d'usine par des conseils ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;20 ao&#251;t 1968 : les chars sovi&#233;tiques
envahissent les villes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand les dirigeants de Moscou constat&#232;rent l'&#233;chec de Dub&#269;ek, ils d&#233;cid&#232;rent d'intervenir directement. Le 20 ao&#251;t 1968, les chars sovi&#233;tiques envahirent les principales villes tch&#233;coslovaques. Dub&#269;ek et ses principaux alli&#233;s furent arr&#234;t&#233;s et envoy&#233;s &#224; Moscou pour y &#234;tre sanctionn&#233;s. La petite arm&#233;e tch&#233;coslovaque &#233;tait impuissante face aux chars sovi&#233;tiques et ne tenta m&#234;me pas de contre-attaquer. N&#233;anmoins, il y eut une r&#233;sistance non violente massive, entre autres d'&#233;normes manifestations &#224; Prague. Des manifestants tentaient de faire barrage aux tanks, souvent avec leur propre corps, et s'adressaient aux soldats. Ils sabot&#232;rent le chemin de fer et les stations de t&#233;l&#233;communications, modifi&#232;rent les panneaux de signalisation pour que les militaires sovi&#233;tiques se perdent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La &#171; normalisation &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si l'invasion n'a dur&#233; que quelques jours, il fallut plus d'un an &#224; l'URSS pour r&#233;tablir la censure et juguler le mouvement. Dub&#269;ek fut renvoy&#233; en Tch&#233;coslovaquie pour annoncer le d&#233;but d'une p&#233;riode de &#171; normalisation &#187;, durant laquelle l'URSS accr&#251;t son emprise sur l'&#201;tat. La pr&#233;tendue normalisation suscita une indignation accrue chez les &#233;tudiants et les journalistes qui continu&#232;rent de d&#233;noncer l'invasion. Juste avant d'&#234;tre interdit, le magazine &lt;em&gt;l'&#201;tudiant &lt;/em&gt;d&#233;non&#231;ait le gouvernement &lt;em&gt;&#171; pour sa trahison du r&#244;le historique assign&#233; &#224; ce pays : &#233;branler la structure inhumaine du stalinisme et trouver une forme humaine &#224; l'ordre socialiste &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les comit&#233;s ouvriers
contre la &#171; normalisation &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le militantisme parmi les ouvriers prit aussi de l'ampleur en r&#233;ponse &#224; la politique de normalisation. La constitution de comit&#233;s d'usines &#233;lus directement par les travailleurs au scrutin secret, d&#233;cid&#233;e avant l'invasion, non seulement ne prit pas fin, mais, alors que le gouvernement appelait prudemment &#224; cesser l'exp&#233;rience &#171; autogestionnaire &#187;, elle s'amplifia &#224; travers tout le pays : en janvier 1969, les conseils &#233;lus, repr&#233;sentant pr&#232;s de 900 000 travailleurs, se r&#233;unirent aux usines Skoda de Plze&#328; (Pilsen). Ce n'est que fin 1969 que le pouvoir &#171; normalis&#233; &#187; y mit un terme mais avec, tout de m&#234;me, des circonlocutions de langage : &lt;em&gt;&#171; L'autogestion et ses lourdes responsabilit&#233;s prendraient trop de temps aux travailleurs, et trop d'&#233;nergie intellectuelle, les privant ainsi des loisirs dont ils ont besoin &#187;&lt;/em&gt; affirma le Comit&#233; central du Parti communiste &#171; normalis&#233; &#187; fin 1969.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les purges&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la contestation, la normalisation se poursuivit peu &#224; peu. Dub&#269;ek commen&#231;a &#224; purger la direction du PC de ses &#233;l&#233;ments &#171; r&#233;formistes &#187; les plus actifs, avant d'&#234;tre lui-m&#234;me contraint de d&#233;missionner. La t&#234;te des syndicats, dont la position et l'autorit&#233; avaient &#233;t&#233; menac&#233;es par les travailleurs, collabora avec l'&#201;tat et purgea les syndicats de leurs dissidents, qui se comptaient par dizaines de milliers. Des enseignants et des journalistes pro-r&#233;formes furent licenci&#233;s et les militants emprisonn&#233;s. Symbole de la rage impuissante de la population, de sa r&#233;volte face &#224; l'invasion sovi&#233;tique, un jeune &#233;tudiant de 20 ans, Jan Palach, s'immola par le feu sur la place Venceslas, &#224; Prague. Vingt ans plus tard, la comm&#233;moration de son geste par les opposants tch&#232;ques fut encore r&#233;prim&#233;e... mais pr&#233;c&#233;da de peu la chute du r&#233;gime pr&#233;tendument socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re vague de protestation de masse, en ao&#251;t 1969, &#224; l'occasion de l'anniversaire de l'invasion sovi&#233;tique, des centaines de milliers de personnes manifestent. Cette fois-ci, Moscou n'eut pas &#224; intervenir car l'arm&#233;e tch&#233;coslovaque se chargea elle-m&#234;me de la r&#233;pression, utilisant un r&#233;giment de tanks contre la population. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ken BUTLER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> 68, un tournant en Allemagne aussi, y compris vers la classe ouvri&#232;re
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/68-un-tournant-en-Allemagne-aussi-y-compris-vers-la-classe-ouvriere</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Allemagne
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Mai 1968
</dc:subject>

		<description>Pour les bien-pensants d'Allemagne, 68 reste une &#233;poque excessive, voire sauvage, o&#249;, dans des combats de rue, des &#233;tudiants aux cheveux longs et sous l'emprise de drogues ont provoqu&#233; la police d'un &#201;tat dit &#171; de droit &#187;. Sans parler de leurs pr&#233;tendues orgies d'amour libre, de culture hippie et Beat Music... agr&#233;ment&#233;es de philosophie de figures de l'&#201;cole de Francfort, puisant au marxisme et &#224; la psychanalyse : Theodor Adorno, Max Horkheimer, Herbert Marcuse entre autres, &#226;g&#233;s&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour les bien-pensants d'Allemagne, 68 reste une &#233;poque excessive, voire sauvage, o&#249;, dans des combats de rue, des &#233;tudiants aux cheveux longs et sous l'emprise de drogues ont provoqu&#233; la police d'un &#201;tat dit &#171; de droit &#187;. Sans parler de leurs pr&#233;tendues orgies d'amour libre, de culture hippie et Beat Music... agr&#233;ment&#233;es de philosophie de figures de l'&#201;cole de Francfort, puisant au marxisme et &#224; la psychanalyse : Theodor Adorno, Max Horkheimer, Herbert Marcuse entre autres, &#226;g&#233;s alors de 65, 72 et 70 ans. Comme quoi ce n'est pas seulement aujourd'hui, avec les Jeremy Corbyn ou Bernie Sanders que la jeunesse se trouve des idoles d'un certain &#226;ge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais les ann&#233;es 1967-68 outre-Rhin n'ont pas seulement effray&#233; le bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Etudiants, travailleurs...
en Allemagne aussi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au tournant des ann&#233;es 1960 et 1970, le pays a connu une renaissance ouvri&#232;re et un rapprochement entre la jeunesse estudiantine et le mouvement ouvrier. D'abord, &#224; l'occasion d'un combat men&#233; en commun, en 1967-1968, par l'organisation politique phare du mouvement &#233;tudiant, le SDS&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SDS, ou Sozialistische Deutsche Studentenbund (Union socialiste allemande (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et une partie de l'appareil syndical de la DGB&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deutscher Gewerkschaftsbund (Conf&#233;d&#233;ration allemande des syndicats), la plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Depuis 1966, les sociaux-d&#233;mocrates &#233;taient revenus au pouvoir dans une &#171; grande coalition &#187; avec la droite conservatrice, et, face &#224; une certaine agitation sociale&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agissait aussi de satisfaire les forces d'occupation (am&#233;ricaines, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, voulaient faire passer une Loi d'urgence (Notstandsgesetze) r&#233;formant la Constitution allemande (Loi fondamentale) dans le sens d'un durcissement de son caract&#232;re r&#233;pressif. La mobilisation commune a vu d&#233;filer dans les rues des dizaines de milliers de manifestants, syndicalistes et jeunes regroup&#233;s autour du SDS et d'une APO.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;APO, ou Ausserparlamentarische Opposition (Opposition extra-parlementaire), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau souffle &#171; de classe &#187; se fait sentir, et des points de rencontres naissent, in&#233;dits jusque-l&#224;, entre &#233;tudiants et travailleurs ; des comit&#233;s contre la promulgation de cette loi d'urgence, initi&#233;s par le SDS et des structures syndicales, auxquels l'appareil central de la DGB met vite le hol&#224;. D&#232;s cette &#233;poque, dans le mouvement &#233;tudiant, il est explicitement question d'un &#171; tournant ouvrier &#187;. Il va trouver une prolongation dans les ann&#233;es suivantes avec l'engagement d'une partie d'ex-lyc&#233;ens et &#233;tudiants, &#224; la fois pour les id&#233;es r&#233;volutionnaires communistes (certes plut&#244;t mao&#239;stes que trotskystes) et pour le combat de classe sur le terrain ouvrier. Une g&#233;n&#233;ration r&#233;volutionnaire s'&#171; &#233;tablit &#187; alors dans de grandes entreprises o&#249; certains sont rest&#233;s et ont milit&#233; ensuite toute leur vie. Certes, dans la grande majorit&#233; des cas, davantage en syndicalistes combatifs qu'en militants r&#233;volutionnaires, les courants r&#233;volutionnaires mao&#239;stes auxquels ils avaient adh&#233;r&#233; ayant vite p&#233;riclit&#233;. &#192; noter que le reflux de la vague r&#233;volutionnaire des ann&#233;es 1967-68 et les difficult&#233;s du militantisme ont d&#233;sesp&#233;r&#233; certains au point de les faire basculer dans le terrorisme de la Fraction arm&#233;e rouge (RAF, &lt;em&gt;Rote Armee Fraktion&lt;/em&gt;, d'Andreas Baader et Ulrike Meinhof). Qui a aussi fortement marqu&#233; l'&#233;poque jusqu'aux ann&#233;es 1972-1974.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'Allemagne des ann&#233;es 1960 ?
Il n'y en a pas une mais deux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est un pays marqu&#233; par cette coupure qui lui a &#233;t&#233; impos&#233;e par les puissances sorties victorieuses de la guerre contre Hitler : les imp&#233;rialismes occidentaux (USA, Grande-Bretagne et France) d'un c&#244;t&#233;, l'URSS de Staline de l'autre. D'abord un partage de zones au lendemain de la guerre, puis une cassure entre une RFA &#224; l'Ouest, une RDA &#224; l'Est avec le tournant de la guerre froide en 1947-1949. Les deux Allemagnes sont s&#233;par&#233;es par une fronti&#232;re &#233;tanche. L'ex-capitale, Berlin, &#238;lot perdu en Allemagne de l'Est, est elle-m&#234;me partag&#233;e en deux par un mur &#233;rig&#233; en 1961. Le 68 allemand se passe int&#233;gralement &#224; l'ouest, mais, &#224; sa fa&#231;on, est un rejet de cet ordre impos&#233; par les vainqueurs. Des deux c&#244;t&#233;s du mur, pour cette jeunesse, et m&#234;me si les id&#233;es restent confuses, c'est mensonges et hypocrisies.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Contre les planqu&#233;s du nazisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;mocratie oblige, les puissances occidentales s'&#233;taient fait fort de &#171; d&#233;nazifier &#187; le pays. Quelques grands responsables du troisi&#232;me Reich furent condamn&#233;s pour l'exemple au proc&#232;s de Nuremberg (1945-1946). Mais les appareils &#233;conomique et &#233;tatique (qu'il fallait bien utiliser pour maintenir l'exploitation et l'ordre capitaliste dans la p&#233;riode troubl&#233;e de l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre), l'administration, la justice, la police, restent truff&#233;s d'anciens nazis. Pas seulement le chancelier de droite en place en 1968, Kurt Georg Kiesinger, mais toute une palette de personnalit&#233;s de premier plan, qui tentaient de se faire oublier, voire masquaient litt&#233;ralement leur pass&#233;. Bien des &#171; bonnes familles &#187; en comptaient, comme la France d&#233;bordait d'ex-p&#233;tainistes ! Une partie de la jeunesse allemande se sentait des comptes &#224; r&#233;gler, parfois des comptes familiaux, surtout que les proc&#232;s Eichmann &#224; J&#233;rusalem en 1961/62, le proc&#232;s Auschwitz &#224; Francfort en 1964/65, avaient relanc&#233; ce scandale d'anciens nazis s'&#233;tant refait une fortune et une honorabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Ni l'Ouest ni l'Est,
l'id&#233;al tiers-mondiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La jeunesse estudiantine allemande, comme celle de bien des pays du monde et tout particuli&#232;rement des &#201;tats-Unis avec laquelle elle avait des liens privil&#233;gi&#233;s, s'est donc dress&#233;e contre le pass&#233; nazi encore vivant, mais aussi contre l'imp&#233;rialisme qui bombardait le Vietnam (un petit peuple lui r&#233;sistant pourtant), contre le pr&#233;tendu &#171; miracle allemand &#187; arrach&#233; par la surexploitation forcen&#233;e de la classe ouvri&#232;re et pour le seul int&#233;r&#234;t des exploiteurs, contre les m&#339;urs et la morale bourgeoises, enfin contre ce bloc dit communiste de l'Est, sous la botte stalinienne, qui n'&#233;tait qu'une caricature de socialisme et communisme. Mais, comme une partie de la jeunesse de l'&#233;poque, celle d'Allemagne s'&#233;tait donn&#233; pour h&#233;ros Che Guevara et Castro, Ho Chi Minh et Mao, le tiers-mondisme plut&#244;t que la r&#233;volution prol&#233;tarienne... qui avait &#233;t&#233; &#233;cras&#233;e par Staline.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les grandes dates d'une mobilisation &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1962 &#224; Munich :&lt;/strong&gt; bataille de rue, de quatre jours, entre la police et pr&#232;s de 4 000 jeunes, apr&#232;s que la police eut arr&#234;t&#233; cinq musiciens pour avoir jou&#233; de la musique apr&#232;s 22 heures le soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1965 :&lt;/strong&gt; important mouvement lyc&#233;ens et &#233;tudiants contre les mauvaises conditions dans les &#233;tablissements scolaires. 200 000 &#233;tudiants de divers &#226;ges participent &#224; des manifestations dans 30 villes diff&#233;rentes. &#192; noter que les universit&#233;s connaissent un afflux dans la p&#233;riode : 330 000 &#233;tudiants en 1964 mais plus d'un million dix ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En juin 1967 :&lt;/strong&gt; visite officielle &#224; Berlin Ouest du Shah d'Iran, Mohammad Reza Pahlavi, &#224; la fois dictateur brutal contre les opposants &#224; son r&#233;gime et vassal de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Une partie de la gauche iranienne est en exil &#224; Berlin &#224; l'&#233;poque et, en marge d'une manifestation contre la venue du Shah, dont une confrontation violente avec les forces de la s&#233;curit&#233; allemandes et iraniennes, un &#233;tudiant allemand, Benno Ohnesorg, est tu&#233; par la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En f&#233;vrier 1968 :&lt;/strong&gt; pour protester contre la guerre du Vietnam qui secoue la jeunesse estudiantine du monde, &#224; commencer par celle des &#201;tats-Unis, une conf&#233;rence internationale se tient &#224; l'universit&#233; technique de Berlin. 6 000 participants et, dans la foul&#233;e, une marche dans la ville rassemblant 12 000 personnes. Un point culminant de la mobilisation contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 11 avril 1968 :&lt;/strong&gt; Rudi Dutschke, un des leaders &#233;tudiants&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rudi Dutschke &#233;tait, avec Hans-J&#252;rgen Krahl, un des principaux dirigeants du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, est tr&#232;s gri&#232;vement bless&#233; par un militant d'extr&#234;me droite. Le mouvement &#233;tudiant en rend responsable le journal &lt;em&gt;Bild&lt;/em&gt;. Il s'en suit des combats de rues. &#192; Berlin des &#233;tudiants attaquent et incendient des camions transportant le quotidien, tandis qu'&#224; Hambourg et Munich des &#233;tudiants mettent &#224; sac les bureaux de la r&#233;daction du journal. Depuis des mois, les &#233;tudiants radicalis&#233;s se mobilisaient contre ce quotidien racoleur, anti-communiste, macho... bien que tr&#232;s populaire. Il symbolisait &#224; leurs yeux toutes les tares de la soci&#233;t&#233; de consommation. En retour, le magnat de la presse Axel Springer, d&#233;tenteur du titre &lt;em&gt;Bild&lt;/em&gt; (dont la tour coll&#233;e au mur de Berlin narguait de sa hauteur Berlin Est), incitait &#224; la haine contre les mobilisations &#233;tudiantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En mai 68 :&lt;/strong&gt; pour protester contre la Loi d'urgence dont nous avons parl&#233; plus haut, plus de 60 000 personnes manifestent &#224; Bonn, capitale de la RFA. La loi n'est pas abrog&#233;e comme le voulaient les manifestants, mais &#171; adoucie &#187; comme l'acceptent les chefs syndicaux qui appellent &#224; d&#233;poser les armes. Mais cette mobilisation est &#224; mettre &#224; l'actif d'une partie du mouvement &#233;tudiant, de sa volont&#233; de tisser des liens avec une classe ouvri&#232;re dont la combativit&#233; avait retrouv&#233; des couleurs les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Elle allait s'exprimer par des gr&#232;ves sauvages retentissantes entre 1969 et 1973, engag&#233;es par des travailleurs &#224; la cha&#238;ne souvent d'origine immigr&#233;e. Le pendant des &#171; gr&#232;ves d'OS &#187; en France, dans ces m&#234;mes ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 4 novembre 1968,&lt;/strong&gt; dernier &#233;pisode marquant : des manifestations de soutien &#224; un avocat de gauche populaire, Horst Mahler, ont lieu &#224; Berlin. Le jour de son proc&#232;s, un millier d'&#233;tudiants, de jeunes ouvriers et de musiciens se rassemblent pour protester. Vifs incidents avec la police : 122 bless&#233;s dans ses rangs, 22 du c&#244;t&#233; des manifestants. L'&#233;v&#233;nement est rest&#233; dans les m&#233;moires sous le nom de &lt;em&gt;Schlacht am Tegeler Weg&lt;/em&gt; (Combat de la rue de Tegel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;v&#233;nement marqua un tournant. Le SDS commen&#231;a &#224; se fracturer. Il avait cristallis&#233; la r&#233;volte &#224; un moment pr&#233;cis, mais ses participants allaient passer &#224; autre chose, &#224; d'autres engagements politiques. Certains ont rejoint la mouvance r&#233;formiste social-d&#233;mocrate ou stalinienne, mais d'autres, par centaines, ont choisi l'engagement r&#233;volutionnaire, en partie aux c&#244;t&#233;s de la classe ouvri&#232;re si ce n'est dans ses rangs. Par la voie du mao&#239;sme, dominante en Allemagne. Mais c'est une autre et nouvelle histoire que nous avons &#233;voqu&#233;e plus haut. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hans BERG&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;SDS, ou Sozialistische Deutsche Studentenbund (Union socialiste allemande des &#233;tudiants), &#233;tait l'organisation &#233;tudiante du SPD, fond&#233;e en 1946, mais qui en fut exclue en 1961 pour son radicalisme, en particulier son d&#233;saccord avec le choix du SPD, au congr&#232;s extraordinaire de Bad-Godesberg en 1959, d'abandonner m&#234;me la r&#233;f&#233;rence au marxisme. En 1968, le SDS a rassembl&#233; environ 2500 membres appartenant &#224; la jeunesse radicalis&#233;e, et &#233;clata deux ans apr&#232;s, ses membres rejoignant les groupes mao&#239;stes, trotskystes ou anarchistes nouvellement issus de la mobilisation de ces ann&#233;es-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Deutscher Gewerkschaftsbund (Conf&#233;d&#233;ration allemande des syndicats), la plus grosse, de loin, des conf&#233;d&#233;rations syndicales du pays, sous le toit de laquelle se trouvent entre autres l'IG Metall (m&#233;tallurgie), Ver.di (services publics).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il s'agissait aussi de satisfaire les forces d'occupation (am&#233;ricaines, anglaises et fran&#231;aises &#224; l'ouest), pr&#234;tes &#224; abandonner leur tutelle en &#233;change d'une nouvelle restriction des libert&#233;s fondamentales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;APO, ou Ausserparlamentarische Opposition (Opposition extra-parlementaire), essentiellement anim&#233;e par le SDS, pour l'action directe, de rue, contre les jeux politiciens et institutionnels des grands partis politiques, SPD et CDU/CSU &#233;tant &#224; l'&#233;poque, depuis 1966, larrons en foire dans une &#171; grande coalition &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rudi Dutschke &#233;tait, avec Hans-J&#252;rgen Krahl, un des principaux dirigeants du SDS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Pour tout savoir sur le 22 mars 1968 &#224; Nanterre : Derri&#232;re la vitre
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Derriere-la-vitre</link>
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		<dc:subject>Culture
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		<dc:subject>Mai 1968
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		<description>C'est la chronique d'une journ&#233;e, le 22 mars 1968, presque ordinaire pour la grande masse des &#233;tudiants de Nanterre &#8211; nouvelle fac d&#233;localis&#233;e en 1964 et toujours en chantier &#8211;, concentrant douze mille jeunes entre voies de chemin de fer, immense bidonville de travailleurs alg&#233;riens et chantiers de construction. Journ&#233;e pr&#233;lude &#224; mai 1968 : des &#233;tudiants &#171; gauchistes &#187;, dont Daniel Cohn-Bendit et Daniel Bensa&#239;d, occupent la salle du Conseil des professeurs, situ&#233;e &#224; l'&#233;tage&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Culture-406-" rel="directory"&gt;Un livre, un film
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Culture-75-+" rel="tag"&gt;Culture
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Livre-+" rel="tag"&gt;Livre
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Mai-1968-+" rel="tag"&gt;Mai 1968
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est la chronique d'une journ&#233;e, le 22 mars 1968, presque ordinaire pour la grande masse des &#233;tudiants de Nanterre &#8211; nouvelle fac d&#233;localis&#233;e en 1964 et toujours en chantier &#8211;, concentrant douze mille jeunes entre voies de chemin de fer, immense bidonville de travailleurs alg&#233;riens et chantiers de construction. Journ&#233;e pr&#233;lude &#224; mai 1968 : des &#233;tudiants &#171; gauchistes &#187;, dont Daniel Cohn-Bendit et Daniel Bensa&#239;d, occupent la salle du Conseil des professeurs, situ&#233;e &#224; l'&#233;tage hi&#233;rarchique sup&#233;rieur de la tour administrative. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Derri&#232;re la vitre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;de Robert Merle&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collection Folio Gallimard, 9,40 euros.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Il y a 50 ans&lt;/h2&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Pour tout savoir sur le 22 mars 1968 &#224; Nanterre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est la chronique d'une journ&#233;e, le 22 mars 1968, presque ordinaire pour la grande masse des &#233;tudiants de Nanterre &#8211; nouvelle fac d&#233;localis&#233;e en 1964 et toujours en chantier &#8211;, concentrant douze mille jeunes entre voies de chemin de fer, immense bidonville de travailleurs alg&#233;riens et chantiers de construction. Journ&#233;e pr&#233;lude &#224; mai 1968 : des &#233;tudiants &#171; gauchistes &#187;, dont Daniel Cohn-Bendit et Daniel Bensa&#239;d, occupent la salle du Conseil des professeurs, situ&#233;e &#224; l'&#233;tage hi&#233;rarchique sup&#233;rieur de la tour administrative. Autour de la table ovale (dont l'extr&#233;mit&#233; haute &#233;tait habituellement r&#233;serv&#233;e au doyen Grappin), ce fut une nuit d'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale f&#233;brile, en riposte &#224; l'arrestation deux jours avant, le 20 mars, de six des trois cents manifestants qui avaient saccag&#233; le si&#232;ge de l'American Express &#224; Paris, en marge d'une manifestation contre la guerre au Vietnam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le propos de Robert Merle, c'est le climat politique de l'avant mai 68 et les grandes questions qui agitent le milieu &#233;tudiant comme la soci&#233;t&#233;. Mais il les aborde par l'art du d&#233;tail, le prisme d'exp&#233;riences et r&#233;actions personnelles. Parmi la vingtaine de personnages, &#233;tudiants et enseignants, il y a les apolitiques et les &#171; politiques &#187;. Une galerie de portraits cocasse, mordante, &#224; la fois hilarante et &#233;mouvante &#8211; un regard cinglant sur la hi&#233;rarchie professorale, davantage de tendresse &#224; l'&#233;gard des divers types d'&#233;tudiants, de milieux ais&#233;s ou dans la d&#232;che, vantards ou laborieux. Toutes et tous pris dans les affres d'apprentissages amoureux et politiques &#8211; entrem&#234;l&#233;s&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;poque n'&#233;tait pas &#224; la mixit&#233; hommes/femmes et un an auparavant, en mars (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les filles sont montr&#233;es comme elles &#233;taient souvent, plut&#244;t dans l'ombre des &#171; h&#233;ros &#187; autoproclam&#233;s&#8230; mais g&#233;n&#233;ralement bien plus fines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les &#171; gauchistes &#187; de l'&#233;poque sont croqu&#233;s : les mao&#239;stes ou &#171; pro-chinois &#187;, les trotskystes de divers courants (JCR&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jeunesse communiste r&#233;volutionnaire, jeunesse de la future LCR.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ou FER&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants r&#233;volutionnaires, jeunesses &#233;tudiantes du courant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;), les anarchistes de tout poil, dont Cohn-Bendit &#8211; verbe haut, yeux bleus per&#231;ants, tignasse rousse &#8211;, et les staliniens de l'UEC&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Union des &#233;tudiants communistes, li&#233;s au Parti communiste fran&#231;ais.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#8211; tels qu'en leurs certitudes. Le grand parti de la classe ouvri&#232;re, le Parti communiste, auquel ils &#233;taient adoss&#233;s ne pouvait pas se tromper quand il traitait les &#233;tudiants en r&#233;volte d'aventuristes, de provocateurs, de fils &#224; papa irresponsables&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vitre dont il est question dans le titre du roman est celle des chambres de la cit&#233; U s&#233;parant les &#233;tudiants des ouvriers qui sont de l'autre c&#244;t&#233;, sur les &#233;chafaudages des chantiers proches. S&#233;paration mais aspiration &#224; se retrouver. Un rapprochement d&#233;j&#224; dans l'air et dans les envies d'une partie de la jeunesse estudiantine en r&#233;volte. Mai 68 arrivait dans un contexte de mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res, en particulier durant l'ann&#233;e 1967. La convergence couvait et allait imprimer sa marque aux &#171; &#233;v&#233;nements &#187; de mai 68 en France. &#201;tudiants, ouvriers, comment briser la vitre ? Une question toujours d'actualit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1970, quand il &#233;crit ce livre, Robert Merle est lui-m&#234;me prof d'anglais &#224; Nanterre, peut-&#234;tre jaloux &#224; 60 ans&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le romancier Robert Merle a eu le prix Goncourt, en 1949, pour son premier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; de ne pouvoir en &#234;tre. Il n'est pas sp&#233;cialement tendre pour les &#171; gauchistes &#187; mais l'est moins encore pour les staliniens. Au lecteur de juger&#8230; Son reportage, heure par heure, de cette journ&#233;e du 22 mars 1968 est en tout cas de l'excellente sociologie politique et litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michelle VERDIER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'&#233;poque n'&#233;tait pas &#224; la mixit&#233; hommes/femmes et un an auparavant, en mars 1967, des &#233;tudiants avaient envahi le pavillon des filles de la cit&#233; universitaire pour y imposer leur droit de visite. Pour les filles, rendre visite aux gar&#231;ons &#233;tait une tol&#233;rance mais pas un droit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jeunesse communiste r&#233;volutionnaire, jeunesse de la future LCR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants r&#233;volutionnaires, jeunesses &#233;tudiantes du courant trotskiste lambertiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Union des &#233;tudiants communistes, li&#233;s au Parti communiste fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le romancier Robert Merle a eu le prix Goncourt, en 1949, pour son premier roman Un week-end &#224; Zuydcoote relatant l'&#233;pisode de juin 1940, durant la seconde guerre mondiale, o&#249; des troupes anglaises et fran&#231;aises furent accul&#233;es par l'arm&#233;e allemande sur cette plage de la Manche, une partie embarqu&#233;e in extremis, l'autre faite prisonni&#232;re (dont Robert Merle qui a personnellement v&#233;cu l'&#233;v&#233;nement). Merle a ensuite &#233;crit un tr&#232;s grand nombre de romans, dont le c&#233;l&#232;bre La mort est mon m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Pour les jeunes, un nouveau Mai 68 est possible
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
</dc:subject>
		<dc:subject>Mai 1968
</dc:subject>

		<description>Un r&#233;cent sondage r&#233;v&#232;le que pr&#232;s de sept jeunes sur dix estiment qu'un mouvement comme Mai 68 peut se produire &#224; court terme en France. Et 78 % des jeunes interrog&#233;s d&#233;clarent &#234;tre pr&#234;t &#224; participer &#224; des manifestations. &lt;br /&gt;Des chiffres en d&#233;calage avec les habituels discours sur le d&#233;sint&#233;r&#234;t des jeunes pour la politique. Cela traduit une certaine attirance pour l'action politique collective plus que pour les affaires politiciennes. &lt;br /&gt;Et ils ont bien raison, si les choses changent ce&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Mai-1968-+" rel="tag"&gt;Mai 1968
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un r&#233;cent sondage r&#233;v&#232;le que pr&#232;s de sept jeunes sur dix estiment qu'un mouvement comme Mai 68 peut se produire &#224; court terme en France. Et 78 % des jeunes interrog&#233;s d&#233;clarent &#234;tre pr&#234;t &#224; participer &#224; des manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des chiffres en d&#233;calage avec les habituels discours sur le d&#233;sint&#233;r&#234;t des jeunes pour la politique. Cela traduit une certaine attirance pour l'action politique collective plus que pour les affaires politiciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ils ont bien raison, si les choses changent ce sera bien par un nouveau Mai 68.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> 1968 : la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale tue l'ennui !
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/1968-la-greve-generale-tue-l-ennui</link>
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		<dc:date>2008-05-13T19:49:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
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		<dc:subject>Histoire
</dc:subject>
		<dc:subject>Mai 1968
</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement ouvrier
</dc:subject>

		<description>&#171; C'est d&#233;gueulasse, on est noir, on est des vrais charbonniers quand on sort de l&#224; ! &#187; proteste une ouvri&#232;re devant la porte de l'usine Wonder de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), le 10 juin 1968, alors que syndicalistes et patrons engagent les ouvriers &#224; reprendre le travail. &#171; Non, j'y foutrai plus les pieds dans cette taule !... On a rien&#8230; &#187; , continue-t-elle. Mais &#171; il [le patron] a recul&#233;&#8230; &#187; , r&#233;plique un syndicaliste. &#171; Eh oui il a recul&#233;, tiens ! &#187; , r&#233;plique-t-elle. &#171; &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-1968-2008-40-ans-de-" rel="directory"&gt;DOSSIER : 1968-2008 : 40 ans de prol&#233;tarisation de la soci&#233;t&#233; et de luttes de classe
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Mai-1968-+" rel="tag"&gt;Mai 1968
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Mouvement-ouvrier-+" rel="tag"&gt;Mouvement ouvrier
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt; &#171; C'est d&#233;gueulasse, on est noir, on est des vrais charbonniers quand on sort de l&#224; ! &#187; &lt;/em&gt; proteste une ouvri&#232;re devant la porte de l'usine Wonder de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), le 10 juin 1968, alors que syndicalistes et patrons engagent les ouvriers &#224; reprendre le travail&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La sc&#232;ne a &#233;t&#233; film&#233;e par un &#233;tudiant &#171; gauchiste &#187; de l'&#233;cole de Cin&#233;ma de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &lt;em&gt; &#171; Non, j'y foutrai plus les pieds dans cette taule !... On a rien&#8230; &#187; &lt;/em&gt;, continue-t-elle. Mais &lt;em&gt; &#171; il &lt;/em&gt; [le patron] &lt;em&gt; a recul&#233;&#8230; &#187; &lt;/em&gt;, r&#233;plique un syndicaliste. &lt;em&gt; &#171; Eh oui il a recul&#233;, tiens ! &#187; &lt;/em&gt;, r&#233;plique-t-elle. &lt;em&gt; &#171; C'est pas fini, c'est une &#233;tape... Faut pas avoir tout d'un seul coup&#8230; &#187; &lt;/em&gt;, rajoute l'homme &#224; la cravate (fils de Raymond Guyot dirigeant du PCF) qui parle au nom du parti. &lt;em&gt; &#171; C'est qu'il y a une section syndicale forte qui veille&#8230; 200 syndiqu&#233;s maintenant... Et c'est l&#224; la victoire &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le savon est arriv&#233;, au lendemain de mai 68, chez Wonder. Les syndicats aussi, qui n'ont pourtant pas emp&#234;ch&#233; la fermeture de l'usine, en 1985, par Bernard Tapie qui avant de prendre des responsabilit&#233;s dans un gouvernement de gauche, s'&#233;tait fait sp&#233;cialit&#233; et fortune du rachat d'entreprises, pour liquidation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;De la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; la farce du &#171; d&#233;bouch&#233; politique &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &#171; La France s'ennuie [&#8230;] La jeunesse s'ennuie [&#8230;] Les &#233;tudiants fran&#231;ais se pr&#233;occupent de savoir si les filles de Nanterre et d'Antony pourront acc&#233;der librement aux chambres des gar&#231;ons [&#8230;] Quant aux jeunes ouvriers, ils cherchent du travail et n'en trouvent pas&#8230; &#187;, &lt;/em&gt; &#233;crivait le directeur du journal &lt;em&gt; Le Monde &lt;/em&gt;, le 18 mars 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins de 2 mois plus tard, &#224; la suite de la jeunesse &#233;tudiante, la classe ouvri&#232;re montrait les dents : des millions de gr&#233;vistes paralysaient le pays. Les syndicats, en premier lieu la puissante CGT, avaient en vain tent&#233; d'enrayer l'incendie. CGT et Parti communiste, dominants alors dans la classe ouvri&#232;re, n'avaient g&#233;n&#233;ralis&#233; la gr&#232;ve, pied sur le frein, que par crainte d'&#234;tre &#233;vinc&#233;s de sa direction comme leur courant l'avait &#233;t&#233; chez les &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrons et banquiers &#233;taient inquiets et le r&#233;gime gaulliste &#233;branl&#233;. De Gaulle un jour tonnait contre la &lt;em&gt; &#171; chienlit &#187; &lt;/em&gt; qui envahissait les rues, un autre annon&#231;ait un r&#233;f&#233;rendum qu'il retirait, ou courait voir le g&#233;n&#233;ral Massu pour explorer un recours &#233;ventuel &#224; l'arm&#233;e. Il n'eut finalement besoin que de la gauche et des leaders syndicaux, qui vendirent la gr&#232;ve contre le plat de lentilles qu'on leur offrait : la dissolution du parlement et de nouvelles &#233;lections. Le plat leur est pass&#233; sous le nez, avec un nouveau parlement plus &#224; droite que le pr&#233;c&#233;dent, une fois l&#226;ch&#233;e la principale arme de la classe ouvri&#232;re : la gr&#232;ve. Mais pas question pour les politiciens de gauche en 1968, &#224; la diff&#233;rence du g&#233;n&#233;ral de droite en 1958, de devoir leur pouvoir &#224; la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, ce n'est pas la combativit&#233; ouvri&#232;re qui fit d&#233;faut en 1968. Dans ces usines, ces bureaux, ces grands magasins, qui se mettaient en gr&#232;ve sans que personne ne le leur demande, il a manqu&#233; des militants et un parti d&#233;fendant les int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, qui l'aident &#224; s'organiser, &#224; cr&#233;er sa propre direction contestant celle autoproclam&#233;e des appareils syndicaux r&#233;formistes, qui lui donnent des perspectives, y compris de pouvoir au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, Georges S&#233;guy, se fit siffler par les gr&#233;vistes de Renault-Billancourt en annon&#231;ant le r&#233;sultat des accords de Grenelle avec le patronat. Mais faute de direction concurrente, il suffit aux leaders syndicaux d'attendre encore 8 ou 10 jours pour faire reprendre le travail. Usine par usine, secteur par secteur. Quitte &#224; raconter dans telle usine, ou d&#233;p&#244;t RATP ou SNCF, pour convaincre peu &#224; peu que la reprise &#233;tait in&#233;vitable, que le travail avait repris dans tel autre. M&#234;me si c'&#233;tait faux. Car les travailleurs n'avaient ni direction propre, ni m&#234;me simple coordination directe entre eux qui leur permettent de juger par eux-m&#234;mes. Les appareils syndicaux, et surtout la CGT forte de nombreux membres et cadres du PCF, avaient r&#233;ussi &#224; contr&#244;ler ce mouvement qu'ils n'avaient pas voulu, &#224; pousser les travailleurs &#224; faire la gr&#232;ve chez eux, pendant qu'entre &lt;em&gt; &#171; militants responsables &#187; &lt;/em&gt; on occupait l'usine, pour &lt;em&gt; &#171; prot&#233;ger l'outil de travail &#187; &lt;/em&gt;&#8230; et en fermer l'acc&#232;s aux trublions &lt;em&gt; &#171; gauchistes &#187; &lt;/em&gt; qui venaient &#224; la rencontre du monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Apr&#232;s 68, le climat reste chaud&#8230; et des militants ouvriers trotskistes se font conna&#238;tre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mai 68 n'a pas chang&#233; fondamentalement l'&#233;tat d'esprit de la classe ouvri&#232;re. Et les syndicats ont fort peu pay&#233; leur trahison. Ils se sont m&#234;me renforc&#233;s, notamment dans de nombreuses entreprises petites ou moyennes o&#249; ils n'existaient que peu ou pas avant la gr&#232;ve. D'autant que la bourgeoisie leur a fait le cadeau suppl&#233;mentaire de reconna&#238;tre la &#171; section syndicale &#187; d'entreprise et d'accorder de nouveaux avantages &#224; leurs repr&#233;sentants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Changement de paysage syndical pourtant, la CFDT&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La CFDT, nouvelle venue mais issue de la &#171; d&#233;confessionnalisation &#187;, 4 ans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
prenant &#224; la CGT une partie de son influence et de ses voix aux &#233;lections professionnelles les ann&#233;es suivantes. Et changement de climat, &lt;em&gt; &#171; l'esprit de 68 &#187; &lt;/em&gt; continuant &#224; marquer les conflits des ann&#233;es 1970. Avec pour fait notoire l'apparition de l'extr&#234;me gauche sur la sc&#232;ne, et quelques premiers r&#244;les dans des gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En envoyant ses &#233;tudiants &#224; l'usine, le courant mao&#239;ste alors puissant n'y a fait qu'un passage bref, m&#234;me s'il fut parfois marquant. Les trotskistes, en particulier de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire et de Lutte ouvri&#232;re, ont &#224; partir de ces ann&#233;es-l&#224; renforc&#233; leur pr&#233;sence et leur r&#244;le dans la classe ouvri&#232;re. Eux, pour durer, tenter de vraiment s'implanter. Certes avec des politiques diff&#233;rentes qui souvent se sont oppos&#233;es. R&#244;le jou&#233; dans les divers mouvements de la jeunesse scolaris&#233;e du d&#233;but des ann&#233;es 70. R&#244;le de militants d'entreprise de Lutte ouvri&#232;re dans les gr&#232;ves d'OS qui ont marqu&#233; cette p&#233;riode, puis efforts soutenus de ces m&#234;mes militants de Lutte ouvri&#232;re pour que les gr&#232;ves engag&#233;es soient dirig&#233;es par les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes. Des comit&#233;s de gr&#232;ve contestant la supr&#233;matie des bureaucraties syndicales, surgirent ainsi, entre autres, &#224; la Polym&#233;canique &#224; Pantin en 1971, &#224; Ericsson &#224; Colombes en 1972, &#224; Chausson-Gennevilliers en 1975, &#224; Id&#233;al-Standard &#224; Aulnay en 1975, et &#233;videmment au Cr&#233;dit Lyonnais en 1974, o&#249; la gr&#232;ve dirig&#233;e par Arlette Laguiller et ses camarades d&#233;boucha sur une gr&#232;ve des banques. D'autres gr&#232;ves marquantes furent anim&#233;es par des militants ouvriers combatifs, r&#233;formistes sur le plan politique, mais m&#233;fiants &#224; l'&#233;gard des directions syndicales nationales, soucieux de faire participer activement les gr&#233;vistes &#224; l'organisation de leur mouvement. La plus marquante : la gr&#232;ve chez Lip &#224; Besan&#231;on, en 1973, o&#249; les ouvriers menac&#233;s par la fermeture de leur usine ont pendant des mois tenu le coup en r&#233;quisitionnant les stocks, en red&#233;marrant la production, pour vendre eux-m&#234;mes leurs montres afin de payer leurs salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notable donc sur le plan social : la combativit&#233; ouvri&#232;re manifest&#233;e en 1968 ne s'est pas &#233;teinte durant les ann&#233;es 1970. Notable sur le plan politique : l'extr&#234;me gauche trotskiste s'est impos&#233;e dans le paysage, certes faible et divis&#233;e, mais affirmant ses ambitions de battre en br&#232;che le monopole des bureaucraties stalinienne ou social-d&#233;mocrate, y compris dans les entreprises que ces derni&#232;res pr&#233;tendaient &#234;tre leur fief. En 1974, Arlette Laguiller crevait l'&#233;cran en tant que travailleuse trotskyste lors de la campagne pr&#233;sidentielle, d'autant qu'elle venait de diriger la plus grande gr&#232;ve d'employ&#233;s de la d&#233;cennie. En 1978, la LCR qui restait tr&#232;s estudiantine, annon&#231;ait sa volont&#233; de faire un &#171; tournant ouvrier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La gauche sert ses plats r&#233;chauff&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Confront&#233;e &#224; la situation, la CGT ne resta pas les deux pieds dans le m&#234;me sabot. S'il lui fallait se montrer responsable vis-&#224;-vis de la bourgeoisie, elle avait une libert&#233; de man&#339;uvre dans des conflits localis&#233;s qui ne risquaient pas de faire t&#226;che d'huile. Elle prit par exemple l'initiative d'une gr&#232;ve illimit&#233;e avec occupation &#224; l'usine Rateau de La Courneuve en 1974, ann&#233;e o&#249; la direction CGT condamnait &lt;em&gt; &#171; l'aventu&#173;ris&#173;me &#187; &lt;/em&gt; des dirigeants c&#233;d&#233;tistes de la gr&#232;ve de Lip ! D'autant que, l'union de la gauche retrouv&#233;e, avec tous ses retournements de boulevard, les perspectives &#233;lectorales poussaient CGT et PCF &#224; se montrer contestataires face &#224; Pompidou puis Giscard ; face &#224; la concurrence du PS aussi. Quelques journ&#233;es nationales d'action ponctu&#232;rent le calendrier syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cennie s'est cl&#244;tur&#233;e par les luttes des sid&#233;rurgistes du Nord et de Lorraine contre les licenciements massifs programm&#233;s dans ce secteur, o&#249; les travailleurs ont fait gr&#232;ve, affront&#233; la police, et une bonne partie de la population des villes concern&#233;es dans la rue avec eux. Des luttes d&#233;fensives mais tenaces, qui auraient pu &#234;tre le point de d&#233;part d'une offensive de la classe ouvri&#232;re, frapp&#233;e non seulement par les licenciements mais par la hausse vertigineuse des prix, et par les mesures d'aust&#233;rit&#233; prises par le gouvernement de Raymond Barre. Mais la gauche r&#233;ussissait &#224; se requinquer avec son fallacieux &#171; d&#233;bouch&#233; politique &#187;, sa fallacieuse &#171; union &#187; sur un programme de gouvernement adopt&#233; en 1972, pour une victoire &#233;lectorale offerte comme seul horizon : ce ne fut pas gagn&#233; en 1973-1974, pas non plus en 1978, mais ce le fut en 1981 ! Pour qu'enfin au gouvernement, le PS avec Mitterrand, le PC avec ses strapontins, ass&#232;nent &#224; leur tour les coups contre la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BELIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_318 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L350xH204/divan68-3569a.png?1788150016' width='350' height='204' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
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		&lt;hr /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La sc&#232;ne a &#233;t&#233; film&#233;e par un &#233;tudiant &#171; gauchiste &#187; de l'&#233;cole de Cin&#233;ma de Paris (HIDEC), petit court-m&#233;trage (9 minutes) repris 30 ans plus tard dans le film &lt;em&gt; La Reprise &lt;/em&gt; d'Herv&#233; le Roux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La CFDT, nouvelle venue mais issue de la &#171; d&#233;confessionnalisation &#187;, 4 ans plus t&#244;t, de l'ancien syndicat chr&#233;tien CFTC, avait pu sans risque se montrer un peu plus radicale que la CGT ma&#238;tresse du jeu, et su, pour grandir, accueillir dans ses rangs des militants r&#233;volutionnaires ou simplement plus combatifs auxquels la direction de la CGT faisait la chasse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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