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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Bolivie : quelles perspectives apr&#232;s la victoire &#233;lectorale du MAS ?
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		<dc:date>2020-11-07T12:04:27Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Bolivie
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		<description>&lt;p&gt;Le 18 octobre dernier, Luis Arce, candidat du MAS, a remport&#233; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de Bolivie au premier tour avec 55,10 % des suffrages, contre 28,83 % &#224; son principal concurrent de centre droit Carlos Mesa et 14 % &#224; Luis Fermando Camacho qui repr&#233;sentait l'extr&#234;me droite. &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH135/arton14038-94511.jpg?1788714691' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='135' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 18 octobre dernier, Luis Arce, candidat du MAS&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MAS (Movimiento al Socialismo), fond&#233; en 1997 et dirig&#233; par Evo Morales.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;,a remport&#233; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de Bolivie au premier tour avec 55,10 % des suffrages, contre 28,83 % &#224; son principal concurrent de centre droit Carlos Mesa et 14 % &#224; Luis Fermando Camacho qui repr&#233;sentait l'extr&#234;me droite. Une claque donc pour les putschistes qui avaient renvers&#233; Evo Morales le 10 novembre 2019. Celui-ci, &#224; la suite d'&#233;meutes suscit&#233;es par l'accusation de trucage de l'&#233;lection d'octobre 2019, avait d&#251; d&#233;missionner sous la pression de l'arm&#233;e. Morales, r&#233;fugi&#233; en Argentine, n'avait pu participer &#224; ce nouveau scrutin. Le MAS &#233;tait donc repr&#233;sent&#233; par Luis Arce, qui fut pendant quatorze ans ministre de l'&#201;conomie de Morales, avec comme candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence David Choquehuanca. Un bin&#244;me que Morales pr&#233;sentait comme &#171; l'alliance des indig&#232;nes avec les Blancs sains &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;claration cit&#233;e par le magazine digital Erbol. https://erbol.com.bo/nacional/e&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. De l'exil, Morales n'a pas renonc&#233; &#224; la d&#233;magogie indig&#233;niste. Ironie du sort, si Choquehuanca, qui cultive le style vestimentaire &#171; indien &#187; est bien d'origine aymara, il est issu d'une tr&#232;s riche famille qui a conserv&#233; sa position sociale depuis la conqu&#234;te espagnole, notamment en fournissant des hommes pour combattre la r&#233;volte de Tupac Katari de 1870. Luis Arce est quant &#224; lui un &#233;conomiste tr&#232;s mod&#233;r&#233; dont les premi&#232;res d&#233;clarations ont &#233;t&#233; des appels &#224; l'union nationale. Il doit d'ailleurs rencontrer les autres candidats pour tenter de passer des accords avec eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Le MAS, au cours de quinze ans de r&#232;gne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La situation de la Bolivie est aujourd'hui tr&#232;s diff&#233;rente de celle de 2005 quand Morales a &#233;t&#233; &#233;lu pour la premi&#232;re fois dans l'enthousiasme populaire apr&#232;s plusieurs soul&#232;vements qui avaient chass&#233; du pouvoir&#8230; le m&#234;me Carlos Mesa qui vient de tenter sans succ&#232;s d'y revenir. Le MAS (Mouvement vers le socialisme), coalition interclassiste qui r&#233;unit les syndicats ouvriers, plusieurs associations paysannes, des associations de commer&#231;ants et artisans, mais aussi la puissante f&#233;d&#233;ration des coop&#233;ratives mini&#232;res&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces coop&#233;ratives fonctionnent en r&#233;alit&#233; comme des entreprises capitalistes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, portait les espoirs des classes laborieuses. Au cours de quinze ans de r&#232;gne, le MAS a &#233;t&#233; rong&#233; par la corruption et le client&#233;lisme. Une partie de ses cadres s'est int&#233;gr&#233;e dans le syst&#232;me, une autre a &#233;t&#233; renouvel&#233;e par des arrivistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Bolivie a connu un certain d&#233;veloppement, mais celui-ci a repos&#233; avant tout sur la vente de mati&#232;res premi&#232;res comme le p&#233;trole ou le lithium, qu'elle n'a pas les moyens d'exploiter sans faire appel aux capitaux et &#224; la technologie des &#201;tats imp&#233;rialistes. Peu avant la chute de Morales, des accords avaient d'ailleurs &#233;t&#233; sign&#233;s avec des soci&#233;t&#233;s chinoises et allemandes pour l'extraction et le traitement des &#233;normes r&#233;serves du d&#233;sert d'Uyuni, estim&#233;es les plus importantes du monde. Des accords qui avaient fait grincer les dents de ceux qui auraient pr&#233;f&#233;r&#233; confier ce pactole &#224; des compagnies am&#233;ricaines, en particulier la bourgeoisie de la province de Santa Cruz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les royalties g&#233;n&#233;r&#233;es par cette exploitation de mati&#232;res premi&#232;res n'ont b&#233;n&#233;fici&#233; qu'&#224; une fraction de la population, avec le d&#233;veloppement d'une bureaucratie d'&#201;tat et d'une petite bourgeoisie, sans que ne change le sort de l'immense majorit&#233; des paysans, mineurs et ouvriers. C'est sans doute ce qui explique que les r&#233;actions au renversement de Morales soient rest&#233;es limit&#233;es, d'autant que les dirigeants du MAS se sont bien gard&#233;s de les encourager. De son c&#244;t&#233;, la nouvelle petite bourgeoisie ne s'est pas montr&#233;e reconnaissante envers Morales et a largement contribu&#233; &#224; sa chute.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Comment les putschistes se sont d&#233;consid&#233;r&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le comportement des putschistes, dont la figure de proue &#233;tait Jeannine A&#241;ez, une ancienne pr&#233;sentatrice TV ultra r&#233;actionnaire, devait rapidement non seulement d&#233;cevoir, mais provoquer la r&#233;volte. A&#241;ez elle-m&#234;me inaugurait son pouvoir en br&#251;lant un wiphala, le drapeau traditionnel aymara, dans le palais pr&#233;sidentiel et en multipliant les d&#233;clarations racistes. Les putschistes r&#233;primaient dans le sang plusieurs tentatives de r&#233;volte, notamment une tentative de blocage de l'a&#233;roport de El Alto, qui dessert La Paz, faisant plusieurs dizaines de morts. Enfin, les nouveaux venus sombraient tr&#232;s vite dans une corruption &#233;hont&#233;e. Parmi les scandales r&#233;cents, on peut citer l'achat &#224; des prix prohibitifs de lots d'appareils respiratoires qui ne fonctionnaient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime transitoire d'A&#241;ez s'est donc tr&#232;s vite d&#233;consid&#233;r&#233;, y compris aupr&#232;s de la petite bourgeoisie. La gestion de la crise sanitaire a en particulier &#233;t&#233; catastrophique : avec 769 morts par million d'habitants, la Bolivie se place au troisi&#232;me rang mondial apr&#232;s le P&#233;rou et la Belgique. Encore ces chiffres sont-ils probablement sous-estim&#233;s du fait qu'un certain nombre de victimes de la Covid sont mortes dans leur village, loin de toute structure m&#233;dicale, donc sans avoir &#233;t&#233; test&#233;es. M&#234;me si le budget de la sant&#233; a &#233;t&#233; augment&#233; sous Morales, ses moyens restent d&#233;risoires dans un pays qui figure comme le plus pauvre du continent sud-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A&#241;ez et ses amis, qui ont sans doute senti ce discr&#233;dit grandissant, ont tent&#233; de reporter l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, sous pr&#233;texte d'&#233;pid&#233;mie, mais cette tentative s'est heurt&#233;e &#224; divers mouvements, surtout dans les campagnes, avec des blocages de route, forme traditionnelle de lutte des paysans boliviens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un gouvernement d'union nationale pour faire accepter des sacrifices &#224; la population ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est donc davantage par rejet du pouvoir putschiste, identifi&#233; comme r&#233;actionnaire, favorable &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et m&#234;me raciste, corrompu et incapable de faire face &#224; l'&#233;pid&#233;mie, que la majorit&#233; de la population s'est prononc&#233; pour Arce et Choquehuanca. L'extr&#234;me droite tente aujourd'hui de remettre en cause son &#233;chec cuisant en organisant des blocages dans les r&#233;gions de l'Oriente&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Bolivie est un &#201;tat f&#233;d&#233;ral qui compte neuf provinces dirig&#233;es par des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; qu'elle contr&#244;le, notamment la province de Santa Cruz, la plus riche du pays gr&#226;ce au p&#233;trole, dont la bourgeoisie a toujours r&#234;v&#233; de faire s&#233;cession. Mais cette tentative va probablement faire long feu. Diverses institutions comme le Tribunal constitutionnel et la Cour supr&#234;me ont reconnu la validit&#233; de l'&#233;lection. L'&#201;glise elle-m&#234;me, apr&#232;s quelques h&#233;sitations, n'a pas bronch&#233; et les cercles dirigeants de l'arm&#233;e ne se sont pas exprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luis Arce attaque son mandat dans un contexte difficile, avec l'&#233;pid&#233;mie qui perdure et un recul de 11 % du PIB, alors que d&#233;j&#224; l'&#233;conomie s'essoufflait &#224; la veille de la chute de Morales. Il n'a fait que des promesses tr&#232;s modestes, comme la cr&#233;ation de bons alimentaires et la mise &#224; l'&#233;tude d'un imp&#244;t sur la fortune. La dette de la Bolivie s'est creus&#233;e et Arce va tenter de la ren&#233;gocier avec le FMI. Arce place beaucoup d'espoirs dans l'exploitation du lithium et annonce la cr&#233;ation de 41 soci&#233;t&#233;s nationales dans ce but, mais on voit mal comment il pourrait se passer des capitaux et de la technologie des grandes puissances. Il tente de r&#233;tablir un consensus et se garde bien d'appeler ses partisans &#224; se mobiliser. Son projet de gouvernement d'union nationale, s'il voit le jour, laisse augurer une politique faite de compromis qui ne remettra pas en cause les privil&#232;ges de la bourgeoisie. La population de son c&#244;t&#233; nourrit probablement moins d'illusions dans le retour d'Arce que les intellectuels tiers-mondistes qui l'encensent. Elle a su se mobiliser pour emp&#234;cher A&#241;ez de reporter les &#233;lections. Il est permis d'esp&#233;rer que les ouvriers, les mineurs et les paysans boliviens sauront d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts comme ils l'ont toujours fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 novembre 2020, G&#233;rard Delteil&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Photo &#8212; Source : &lt;a href=&#034;https://twitter.com/LuchoXBolivia&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;compte Twitter de Luis Arce&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;MAS (Movimiento al Socialismo), fond&#233; en 1997 et dirig&#233; par Evo Morales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D&#233;claration cit&#233;e par le magazine digital Erbol. &lt;a href=&#034;https://erbol.com.bo/nacional/evo-binomio-del-mas-es-una-alianza-de-ind%C3%ADgenas-con-%E2%80%98blancos-sanos%E2%80%99&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://erbol.com.bo/nacional/evo-b...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ces coop&#233;ratives fonctionnent en r&#233;alit&#233; comme des entreprises capitalistes et des investisseurs &#233;trangers participent souvent &#224; leur capital.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La Bolivie est un &#201;tat f&#233;d&#233;ral qui compte neuf provinces dirig&#233;es par des gouverneurs et b&#233;n&#233;ficiant d'une certaine autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Bolivie : Chute d'Evo Morales : la fin d'un r&#233;gime qui s'&#233;tait lui-m&#234;me d&#233;consid&#233;r&#233; aux yeux des populations pauvres qui l'avaient port&#233; au pouvoir
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		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Chute-d-Evo-Morales-la-fin-d-un-regime-qui-s-etait-lui-meme-deconsidere-aux</link>
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		<dc:subject>Monde
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		<description>Le 24 novembre, apr&#232;s plusieurs jours de n&#233;gociations, la pr&#233;sidente par int&#233;rim autoproclam&#233;e de la Bolivie, Jeanine &#193;&#241;ez, ex-vice-pr&#233;sidente (centre-droit) de la chambre des s&#233;nateurs, signait un accord avec les parlementaires du MAS, le mouvement d'Evo Morales, pour mettre en place de nouvelles &#233;lections pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives&#8230; sans l'ancien pr&#233;sident r&#233;fugi&#233; au Mexique. &#192; cette occasion, Bible &#224; la main, elle posait fi&#232;rement devant les cam&#233;ras, en compagnie d'une &#233;lue&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 24 novembre, apr&#232;s plusieurs jours de n&#233;gociations, la pr&#233;sidente par int&#233;rim autoproclam&#233;e de la Bolivie, Jeanine &#193;&#241;ez, ex-vice-pr&#233;sidente (centre-droit) de la chambre des s&#233;nateurs, signait un accord avec les parlementaires du MAS, le mouvement d'Evo Morales, pour mettre en place de nouvelles &#233;lections pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives&#8230; sans l'ancien pr&#233;sident r&#233;fugi&#233; au Mexique. &#192; cette occasion, Bible &#224; la main, elle posait fi&#232;rement devant les cam&#233;ras, en compagnie d'une &#233;lue indienne du MAS en brandissant le document sign&#233;. Ces transactions revenaient de fait &#224; l&#233;galiser le coup d'&#201;tat du 10 novembre. L'accord des d&#233;put&#233;s du MAS, majoritaires &#224; l'assembl&#233;e, &#233;tait en effet n&#233;cessaire pour donner un semblant de l&#233;gitimit&#233; au putsch et tenter de mettre fin aux manifestations de protestation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Morales comptait davantage sur l'arm&#233;e que sur la population&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Car c'est bien d'un coup d'&#201;tat dont on peut parler, dans ce pays qui en a d&#233;j&#224; connu 188 depuis sa cr&#233;ation en 1825, Morales ayant &#233;t&#233; fortement incit&#233; &#224; abandonner le pouvoir par son chef d'&#233;tat-major, le g&#233;n&#233;ral Williams Kaliman, qui d&#233;clarait pourtant r&#233;guli&#232;rement &#234;tre &#171; son fr&#232;re &#187;. Le g&#233;n&#233;ral lui-m&#234;me n'en a pas &#233;t&#233; r&#233;compens&#233; : Jeanine &#193;&#241;ez, la nouvelle pr&#233;sidente par int&#233;rim s'est empress&#233;e de le remplacer par un autre, le g&#233;n&#233;ral Carlos Orellana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morales n'avait pourtant pas cess&#233; de choyer l'arm&#233;e&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Morales a notamment offert aux galonn&#233;s un centre de commandement et de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, que ce soit par des augmentations de solde, par du mat&#233;riel militaire ou des louanges. Une arm&#233;e sur laquelle il comptait davantage que sur la population pour conserver le pouvoir : le pr&#233;sident n'a pas lanc&#233; le moindre appel &#224; ses partisans pour le soutenir face aux manifestations hostiles qui se multipliaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment en est-on arriv&#233; &#224; cette situation, alors que l'&#233;lection de Morales, ancien dirigeant syndicaliste des &#171; cocaleros &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les cocaleros sont des petits paysans cultivateurs de coca, une culture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, les cultivateurs de coca, en janvier 2006 avec 53,74 % des voix avait suscit&#233; de grands espoirs dans la population ? Cette victoire &#233;tait survenue apr&#232;s le renversement de son pr&#233;d&#233;cesseur, Gonzalo S&#225;nchez de Lozada, dit Goni, richissime propri&#233;taire d'une mine d'&#233;tain vivant la plupart du temps aux &#201;tats-Unis, par une vigoureuse r&#233;volte ouvri&#232;re et populaire, dont les &#233;tapes marquantes avaient &#233;t&#233; les &#171; guerres &#187; de l'eau et du gaz. La population de El Alto, cit&#233; d'un million d'habitants qui domine La Paz s'opposait alors &#224; la privatisation de l'eau et &#224; la vente des r&#233;serves de gaz &#224; des compagnies &#233;trang&#232;res. Au prix de nombreuses victimes, elle remportait ces conflits et chassait Goni.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La tentative de construire un capitalisme national&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Morales, sur les conseils de son vice-pr&#233;sident, l'ancien gu&#233;rillero &#193;lvaro Garc&#237;a Linera, s'engagea alors dans une politique visant &#224; construire un capitalisme national. Les axes de cette politique &#233;taient un appui au d&#233;veloppement du &#171; petit capitalisme andin &#187;, selon l'expression de Garc&#237;a Linera, et la nationalisation des hydrocarbures, par le biais de l'YPFB&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;YPFB : Yacimientos Petrol&#237;feros Fiscales Bolivianos (en fran&#231;ais Gisements (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, une compagnie nationale charg&#233;e de centraliser ces ressources. En fait, il ne s'agissait que d'une nationalisation en trompe-l'&#339;il, dans la mesure o&#249; la Bolivie ne disposait pas des moyens techniques indispensables pour exploiter et commercialiser ces ressources. Il lui fallut passer des compromis avec les compagnies &#233;trang&#232;res comme le g&#233;ant br&#233;silien Petrobras et leur offrir des garanties. Seul le sous-sol fut nationalis&#233;, les installations restant aux mains des compagnies p&#233;troli&#232;res. En pratique, cette politique revenait &#224; obtenir une redistribution plus favorable de la rente gazi&#232;re et p&#233;troli&#232;re en faveur de l'&#201;tat, qui n'en r&#233;cup&#233;rait que 15 % lors de l'arriv&#233;e de Morales. Cette rente augmenta donc r&#233;ellement, toutefois dans des proportions difficiles &#224; &#233;tablir. Mais Morales, gr&#226;ce &#224; cette manne, adopta un certain nombre de mesures sociales telle la mise en place d'un minimum vieillesse et d'un syst&#232;me national de sant&#233;. Lequel est rest&#233; dans bien des r&#233;gions &#224; l'&#233;tat de projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morales favorisa aussi le d&#233;veloppement des coop&#233;ratives mini&#232;res regroup&#233;es dans la Fencomin (voir notre encadr&#233;), en r&#233;alit&#233; des entreprises capitalistes avec des participations &#233;trang&#232;res, au d&#233;triment du secteur d'&#201;tat, provoquant ainsi l'hostilit&#233; des syndicats des mineurs d'&#201;tat. Cette orientation devait donner lieu &#224; de nombreux et parfois sanglants conflits entre les deux cat&#233;gories de mineur&lt;em&gt;s,&lt;/em&gt; telle la bataille de Huanuni qui fit 14 morts et 80 bless&#233;s graves en octobre 2006. Morales et Garc&#237;a Linera se trouv&#232;rent donc oblig&#233;s de jouer un jeu d'&#233;quilibre entre la Fencomin et la COB (Central Obrera Boliviana &#8211; Centrale ouvri&#232;re bolivienne). Apr&#232;s avoir donn&#233; un coup de barre &#224; droite, il en donna un &#224; gauche en autorisant les peones (man&#339;uvres) des coop&#233;ratives &#224; se syndiquer &#8211; autorisation toute th&#233;orique vu la nature des relations qui existent dans les mines priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, le nouveau pr&#233;sident se lan&#231;ait dans une d&#233;magogie &#171; indianiste &#187; effr&#233;n&#233;e, allant jusqu'&#224; proc&#233;der &#224; des sacrifices de lamas dans le palais pr&#233;sidentiel, selon de vieilles coutumes quechuas et aymaras. Il n'&#233;tait d'ailleurs pas le premier &#224; jouer cette carte : sous Goni, on voyait d&#233;j&#224; la Wiphala, le drapeau aymara, figurer dans de nombreuses manifestations officielles et des jeunes filles r&#233;citer des po&#232;mes &#224; la gloire de Tupac Katari&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chef indien qui dirigea une r&#233;volte contre les Espagnols au xviiie si&#232;cle.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; devant des tribunes de militaires. Mais Morales lui donnait davantage de cr&#233;dibilit&#233; en raison de ses origines&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Morales est un m&#233;tis aymara originaire de la r&#233;gion mini&#232;re d'Oruro dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Cette d&#233;magogie, en m&#234;me temps que ses tirades anti-imp&#233;rialistes, devaient d'ailleurs lui apporter une grande popularit&#233; dans les milieux europ&#233;ens tiers-mondistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morales &#233;tait pourtant bien loin d'&#234;tre le repr&#233;sentant des Indiens, qui avec les m&#233;tis constituent 85 % de la population bolivienne. Il n'h&#233;sita d'ailleurs pas &#224; r&#233;primer des populations indiennes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment en 2011, quand de nombreuses organisations indig&#232;nes organis&#232;rent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;. &lt;/strong&gt;Comme il n'h&#233;sitait pas non plus &#224; envoyer la police contre les mineurs ou des commandos de cocaleros saccager les locaux syndicaux des enseignants en gr&#232;ve en 2008 ou &#224; soutenir le licenciement de 900 salari&#233;s d'une usine textile d'&#201;tat en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un jeu d'&#233;quilibre entre les diff&#233;rentes forces sociales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La politique de Morales a donc consist&#233; &#224; louvoyer entre diverses forces sociales, notamment entre celles qui composent le MAS (Movimento al socialismo). Le MAS n'est en effet pas un parti politique, mais un regroupement d'une multitude d'organisations et de syndicats, allant des coop&#233;ratives mini&#232;res aux associations paysannes, dont les cocaleros, en passant par toutes sortes de corporations, comme les chauffeurs de taxi, les camionneurs ou les vendeurs de billets de loterie. Tout appui trop prononc&#233; &#224; une cat&#233;gorie risquant de lui faire perdre celui d'une autre. Si modestes soient sa politique sociale et ses vell&#233;it&#233;s de contr&#244;le de l'&#201;tat sur l'&#233;conomie, toujours accompagn&#233;e d'indemnisations aux anciens propri&#233;taires, elles suffirent n&#233;anmoins &#224; irriter la bourgeoisie, en particulier la plus riche, celle qui r&#232;gne sur les quatre provinces&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Bolivie est un &#201;tat f&#233;d&#233;ral qui compte dix provinces g&#233;r&#233;es par des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; de l'Oriente, qui repr&#233;sente pr&#232;s du tiers du pays&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces quatre provinces constituent l'entit&#233; dite du Media Luna, &#224; la fronti&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La crise de 2008&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir de cette bourgeoisie repose &#224; la fois sur la propri&#233;t&#233; terrienne et sur les hydrocarbures. Celle-ci n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; afficher des pr&#233;tentions &#224; la s&#233;cession pour profiter pleinement de ces ressources sans les partager avec ceux qu'elle consid&#232;re comme les &#171; pouilleux des Andes &#187;. Un conflit faillit &#233;clater en 2008, apr&#232;s que des mercenaires au service des propri&#233;taires terriens eurent mitraill&#233; une foule de paysans, avec femmes et enfants, qui marchaient en direction de Cobija, la capitale du Pando&lt;em&gt;, &lt;/em&gt;pour revendiquer une r&#233;forme agraire&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;80 % des terres de cette r&#233;gion sont aux mains de propri&#233;taires repr&#233;sentant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les bandes fascistes des Jeunesses de Santa Cruz, compos&#233;es d'un m&#233;lange de fils de famille, de lumpens et de mercenaires s'attaqu&#232;rent aux militants du MAS et aux syndicalistes, mettant le pays au bord de la guerre civile. Morales, apr&#232;s avoir menac&#233; d'envoyer l'arm&#233;e, temporisa et finit par accorder une autonomie suppl&#233;mentaire aux &#201;tats de l'Oriente. Ce qui revenait &#224; abandonner les paysans pauvres &#224; leur sort. Apr&#232;s cette crise, la popularit&#233; de Morales se maintint pourtant au plus haut. Il obtint ainsi pr&#232;s de 67 % des suffrages quand il remit son mandat en jeu par un r&#233;f&#233;rendum en ao&#251;t 2008.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1246 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L480xH796/carte_bolivie-393c7.png?1788078835' width='480' height='796' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Un d&#233;veloppement &#233;conomique qui n'a pas profit&#233; &#224; tout le monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es qui suivirent, Morales se lan&#231;a dans une politique &#233;conomique &#171; extractiviste &#187; reposant avant tout sur la vente des mati&#232;res premi&#232;res. Le dernier &#233;pisode de cette politique fut, &#224; partir de 2012, la signature de contrats avec des compagnies chinoises et allemandes pour exploiter les gisements de lithium d&#233;couverts dans le d&#233;sert d'Uyuni, apr&#232;s une tentative infructueuse de mettre sur pieds une usine de traitement purement bolivienne.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'exp&#233;rience de l'exploitation du lithium au Chili (par une entreprise dont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; C'est cette politique extractiviste et la hausse des cours des mati&#232;res premi&#232;res sur le march&#233; mondial qui ont permis, selon les chiffres officiels, de faire passer le PIB de la Bolivie de 9 milliards de dollars en 2006 &#224; 41 milliards de dollars en 2019, le salaire minimum officiel de 60 dollars mensuels &#224; 310 dollars et de r&#233;duire le taux d'extr&#234;me pauvret&#233; de 38 % &#224; 15 %. Mais, derri&#232;re ces chiffres que mettent en avant les admirateurs de Morales, la r&#233;alit&#233; est certainement moins reluisante. D'une part toute une partie de la population, notamment paysanne, vit en auto-subsistance, tandis qu'une autre vit de travaux &#171; informels &#187; et ne sont pas concern&#233;es par les minimas sociaux. Sans compter les employeurs qui ne les respectent pas. Un exemple est frappant. Comment expliquer que, dans un tel contexte d'enrichissement de l'&#201;tat, pour satisfaire les patrons et actionnaires des coop&#233;ratives mini&#232;res, Morales ait l&#233;galis&#233; le travail des enfants &#224; partir de dix ans en 2014&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;https://www.lemonde.fr/planete/article/2014/07/05/la-bolivie-autorise-le-travail&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Promotion d'une nouvelle bureaucratie et petite bourgeoisie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il est certain qu'une couche sociale petite bourgeoise et bureaucratique s'est d&#233;velopp&#233;e autour de l'appareil d'&#201;tat, notamment gr&#226;ce &#224; une politique client&#233;liste syst&#233;matique. Une grande partie des dirigeants d'associations locales ont ainsi &#233;t&#233; coopt&#233;s avec leurs familles et leurs proches &#224; des postes divers souvent cr&#233;&#233;s &#224; leur intention. L'un des symboles de cette promotion sociale est le centre commercial aux normes internationales ouvert &#224; La Paz et reli&#233; &#224; El Alto par un t&#233;l&#233;ph&#233;rique construit par une entreprise autrichienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle petite bourgeoisie ne semble pas avoir &#233;t&#233; plus reconnaissante envers Morales que ne l'a &#233;t&#233; l'arm&#233;e. C'est une partie de ses enfants qui est descendue dans la rue, en compagnie de jeunes plus modestes et de ch&#244;meurs, pour contester le refus du Pr&#233;sident de reconna&#238;tre le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum qui lui interdisait de briguer un troisi&#232;me mandat, puis les r&#233;sultats des r&#233;centes pr&#233;sidentielles qui lui accordaient 47 % des suffrages.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le discr&#233;dit de Morales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes qui ont conduit au coup d'&#201;tat ne sont en effet pas parties des r&#233;gions o&#249; les forces r&#233;actionnaires sont les plus puissantes, comme Santa Cruz, mais bien de La Paz et m&#234;me de Cochabamba, pourtant fief des cocaleros. Que les derniers scrutins aient &#233;t&#233; truqu&#233;s ou non, le m&#233;contentement de la population et le discr&#233;dit de Morales parmi des couches sociales qui l'avaient soutenu peut difficilement &#234;tre contest&#233;. &#192; l'origine de ce rejet, il y a une stagnation de l'&#233;conomie li&#233;e &#224; la chute des cours des mati&#232;res premi&#232;res, le ch&#244;mage d'une partie importante de la jeunesse et aussi la corruption qui ronge le MAS depuis longtemps et a &#233;clabouss&#233; des proches de Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite r&#233;actionnaire de l'Oriente, &#224; laquelle la pr&#233;sidente par int&#233;rim &#193;&#241;ez et l'ultra religieux Luis Fernando Camacho&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luis Fernando Camacho, surnomm&#233; le &#171; Bolsonaro bolivien &#187; est un ancien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; appartiennent, n'a donc fait que surfer sur cette r&#233;volte et en profiter pour occuper la place, avec la complaisance des &#233;lus du MAS.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les manifestations anti-putschistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est pourtant r&#233;gl&#233;. En d&#233;pit des consignes des dirigeants du MAS et de la COB (Centrale ouvri&#232;re bolivienne), les manifestations hostiles aux putschistes ont &#233;t&#233; puissantes. Reprenant les traditions des guerres de l'eau et du gaz, des dizaines de milliers de travailleurs de El Alto ont bloqu&#233; la raffinerie de Senkata qui alimente la r&#233;gion de La Paz. Il a fallu l'intervention de l'arm&#233;e, avec tanks et h&#233;licopt&#232;res pour les d&#233;loger. Les combats ont fait huit morts. Et lorsque la foule a tent&#233; de descendre sur La Paz en portant les cercueils, elle a &#233;t&#233; mitraill&#233;e par la police. Des paysans ont tent&#233; de marcher sur la capitale et des &#233;meutes ont &#233;clat&#233; dans diff&#233;rentes r&#233;gions. Seuls les mineurs ne se sont pas ou peu mobilis&#233;s pour le moment. Contrairement &#224; ce qu'a pu &#233;crire la presse occidentale, ces manifestants, sauf dans quelques secteurs, ne revendiquaient pas le retour de Morales mais le d&#233;part des putschistes. C'est donc bien une alternative, &#224; la fois aux &#233;l&#233;ments r&#233;actionnaires qui se sont empar&#233;s du pouvoir et au r&#233;gime client&#233;liste mis en place par Morales qui est &#224; l'ordre du jour. Et aussi la jonction de ces luttes avec celles des pays d'Am&#233;rique latine voisins, comme le Chili et l'Argentine. Car, &#224; l'&#233;chelle de la seule Bolivie, pays le plus pauvre de la r&#233;gion en d&#233;pit de ses richesses mini&#232;res, les perspectives restent in&#233;vitablement limit&#233;es. Le courage et la combativit&#233; que la classe ouvri&#232;re de Bolivie a montr&#233;s par le pass&#233; permet de penser que la clique des putschistes n'aura pas la t&#226;che facile, m&#234;me si les partis qui expriment les int&#233;r&#234;ts des travailleurs sont faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 d&#233;cembre 2019, Georges Riviere&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Pour en savoir plus&lt;/em&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Articles tr&#232;s document&#233;s du chercheur Claude le Gouil :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Sur la crise du r&#233;gime Morales :&lt;/em&gt; &lt;a href=&#034;https://lundi.am/La-crise-politique-bolivienne-vue-depuis-le-bas&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://lundi.am/La-crise-politique...&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Sur la politique mini&#232;re de Morales : &lt;/em&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/cal/4337&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ca...&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ideas/1695&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/id...&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Article de &lt;em&gt;La Izquierda diario&lt;/em&gt;, li&#233;e au courant trotskiste PTS-LOR-CI : &lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;http://www.laizquierdadiario.com/Bolivia-abajo-el-golpe-de-Estado-de-la-Policia-y-la-derecha-avalado-por-las-FF-AA&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.laizquierdadiario.com/Bo...&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Article de Pablo Sol&#243;n&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ancien trotskiste et ancien partisan de Morales, Sol&#243;n souligne notamment que les manifs contre Morales n'ont pas &#233;t&#233; lanc&#233;es par l'extr&#234;me droite. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://systemicalternatives.org/2019/11/11/est-ce-quil-y-a-eu-un-coup-detat-en-bolivie-et-quelle-est-la-situation-actuelle/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://systemicalternatives.org/20...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Morales a notamment offert aux galonn&#233;s un centre de commandement et de surveillance ultra moderne construit par la firme fran&#231;aise Thal&#232;s. https://bo.ambafrance.org/La-Bolivie-inaugure-son-premier-systeme-de-radars&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les cocaleros sont des petits paysans cultivateurs de coca, une culture traditionnelle de cette plante dont les feuilles, m&#226;ch&#233;es, sont un puissant &#233;nergisant et trompe la faim des populations des Andes. Dans les ann&#233;es 1980, en Bolivie, la crise de l'&#233;tain et la fermeture des mines ont provoqu&#233; un retour &#224; la terre et un d&#233;veloppement consid&#233;rable de la culture du coca dont le produit, pour des usages pharmaceutiques, mais surtout pour le trafic de la coca&#239;ne, &#233;tait devenu pour les paysans l'activit&#233; d'exportation la plus rentable. &#171; Nous avons non seulement d&#233;fendu la feuille de coca mais aussi la souverainet&#233; nationale &#187; d&#233;clarait encore en 2017 Evo Morales apr&#232;s avoir, au nom de la d&#233;fense des petits paysans et de la tradition, augment&#233; une nouvelle fois la surface l&#233;gale attribu&#233;e &#224; cette culture. L'ann&#233;e 2018 a notamment vu le d&#233;veloppement d'affrontements entre cultivateurs de coca d'un c&#244;t&#233;, l'arm&#233;e et la police de l'autre venues faire appliquer les limites impos&#233;es aux surfaces de culture par le gouvernement Morales lui-m&#234;me, ainsi que des rivalit&#233;s entre paysans des deux principales r&#233;gions productrices.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;YPFB : Yacimientos Petrol&#237;feros Fiscales Bolivianos (en fran&#231;ais Gisements p&#233;trolif&#232;res fiscaux boliviens) consacr&#233;e &#224; l'exploration, &#224; l'exploitation, au raffinage et &#224; la vente de p&#233;trole, du gaz et de ses produits d&#233;riv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chef indien qui dirigea une r&#233;volte contre les Espagnols au xviiie si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Morales est un m&#233;tis aymara originaire de la r&#233;gion mini&#232;re d'Oruro dans l'Altiplano.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Notamment en 2011, quand de nombreuses organisations indig&#232;nes organis&#232;rent des manifestations pour s'opposer &#224; la construction d'une route dite &#171; bi-oc&#233;anique &#187;, financ&#233;e par le Br&#233;sil, et destin&#233;e &#224; relier le Br&#233;sil au Chili au travers de l'Amazonie, au d&#233;triment de 100 km de r&#233;serves prot&#233;g&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La Bolivie est un &#201;tat f&#233;d&#233;ral qui compte dix provinces g&#233;r&#233;es par des gouverneurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ces quatre provinces constituent l'entit&#233; dite du Media Luna, &#224; la fronti&#232;re du Br&#233;sil. Leur richesse repose &#224; la fois sur le p&#233;trole et sur une agriculture industrielle, avec de grands domaines produisant notamment du soja.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;80 % des terres de cette r&#233;gion sont aux mains de propri&#233;taires repr&#233;sentant 10 % de la paysannerie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'exp&#233;rience de l'exploitation du lithium au Chili (par une entreprise dont la famille Pinochet est actionnaire !), dans des conditions &#233;quivalentes, montre que cette activit&#233; est peu cr&#233;atrice d'emplois. En revanche, les conditions de travail dans un d&#233;sert glac&#233; o&#249; la temp&#233;rature descend en dessous de &#8722;20 &#176;C sont &#233;pouvantables.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;https://www.lemonde.fr/planete/article/2014/07/05/la-bolivie-autorise-le-travail-des-enfants-des-10-ans_4451592_3244.html&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luis Fernando Camacho, surnomm&#233; le &#171; Bolsonaro bolivien &#187; est un ancien dirigeant des Jeunesses cruc&#233;nistes. Pour se pr&#233;senter &#224; la prochaine pr&#233;sidentielle, il s'est alli&#233;... &#224; un leader indien de Potosi, catholique comme lui. &#193;&#241;ez est une ancienne pr&#233;sentatrice TV. Dans le gouvernement provisoire, on trouve aussi l'homme d'affaires Arthur Murillo, s&#233;nateur et gros propri&#233;taire h&#244;telier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le secteur minier : de l'&#233;tatisation au capitalisme sauvage
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-secteur-minier-de-l-etatisation-au-capitalisme-sauvage</link>
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		<dc:date>2019-12-10T22:11:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie
</dc:subject>

		<description>&#192; la suite de la r&#233;volution de 1952, qui expropria les barons de l'&#233;tain, les mines furent nationalis&#233;es et g&#233;r&#233;es par la Comibol (Corporaci&#243;n Minera de Bolivia). Les mineurs, fer de lance de la r&#233;volution, impos&#232;rent des r&#233;formes sociales importantes, notamment en mati&#232;re de droit du travail, de sant&#233;, de logement et de scolarisation des enfants. Les mineurs et leur puissant syndicat, la F&#233;d&#233;ration syndicale des travailleurs miniers de Bolivie (FSTMB), qui appartient &#224; la Centrale&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Bolivie-463-" rel="directory"&gt;Bolivie
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la suite de la r&#233;volution de 1952, qui expropria les barons de l'&#233;tain, les mines furent nationalis&#233;es et g&#233;r&#233;es par la Comibol (Corporaci&#243;n Minera de Bolivia). Les mineurs, fer de lance de la r&#233;volution, impos&#232;rent des r&#233;formes sociales importantes, notamment en mati&#232;re de droit du travail, de sant&#233;, de logement et de scolarisation des enfants. Les mineurs et leur puissant syndicat, la F&#233;d&#233;ration syndicale des travailleurs miniers de Bolivie (FSTMB), qui appartient &#224; la Centrale ouvri&#232;re bolivienne (COB), jou&#232;rent un r&#244;le cl&#233; jusque dans les ann&#233;es 1980 o&#249; la baisse du cours de l'&#233;tain affaiblit ce secteur. Une politique de lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie fut alors entreprise avec objectif de liquider la Comibol dont les effectifs pass&#232;rent de 30 000 &#224; 7 000 aujourd'hui. Son poids a donc consid&#233;rablement baiss&#233; par rapport au secteur coop&#233;ratif et priv&#233; qui emploie plus de 70 000 mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les &#171; coop&#233;ratives &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Non seulement Morales ne mit pas un terme &#224; cette politique, mais il encouragea les coop&#233;ratives mini&#232;res regroup&#233;es au sein de la Fencomin. On comptait ainsi 1 642 coop&#233;ratives en 2014, soit une augmentation de 700 % depuis 2006. Ces coop&#233;ratives, poss&#233;d&#233;es par une minorit&#233; de &#171; socios &#187; (associ&#233;s) emploient des peones (man&#339;uvres), parfois &#224; la journ&#233;e, dont de nombreux adolescents et enfants, pour des salaires d&#233;risoires dans des conditions terribles. En une seule ann&#233;e, on a par exemple compt&#233; 120 morts dans les seules mines du Cerro Rico de Potos&#237;, o&#249; il n'existe quasiment aucun &#233;quipement m&#233;dical. Les cadres, contrema&#238;tres et mineurs qualifi&#233;s sont g&#233;n&#233;ralement des m&#233;tis, alors que les peones viennent de villages indiens et parlent parfois &#224; peine l'espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mines n'ont de coop&#233;ratives que le nom. Bien souvent, des investissements capitalistes nationaux ou &#233;trangers entrent dans leur capital. La politique de leurs patrons consiste &#224; lancer des ch&#244;meurs mis&#233;rables &#224; l'assaut de terres riches en minerais (&#233;tain, or, argent) appartenant au secteur d'&#201;tat ou &#224; des communaut&#233;s villageoises, ce qui donne parfois lieu &#224; des batailles sanglantes. Ces patrons utilisent aussi &#171; leurs &#187; mineurs comme masse de man&#339;uvre pour faire pression sur le gouvernement quand celui-ci parle d'imposer des r&#233;glementations. C'est ainsi par exemple qu'en ao&#251;t 2016, Rodolfo Illanes, vice-ministre de l'Int&#233;rieur fut lynch&#233; par des mineurs de coop&#233;ratives de Panduro qui s'opposaient &#224; des projets d'encadrement de leurs activit&#233;s. La l&#233;galisation du travail des enfants &#224; partir de dix ans r&#233;sulte d'ailleurs tr&#232;s probablement de la pression de la Fencomin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me minier de la Bolivie est donc beaucoup plus proche du capitalisme sauvage que de l'&#233;conomie &#233;tatis&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Une revanche de la bourgeoisie blanche raciste ?
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Une-revanche-de-la-bourgeoisie-blanche-raciste</link>
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		<dc:date>2019-12-10T22:11:05Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie
</dc:subject>

		<description>De nombreux commentateurs ont mis en avant les d&#233;clarations racistes de Jeanine &#193;&#241;ez, la pr&#233;sidente par int&#233;rim autoproclam&#233;e, et celles de Luis Fernando Camacho, ancien dirigeant des Jeunesses Cruc&#233;nistes, et les drapeaux aymaras, les wiphalas, br&#251;l&#233;s publiquement. Certains n'h&#233;sitent pas &#224; en tirer la conclusion qu'on risquerait d'assister au retour d'un pouvoir raciste blanc &#224; caract&#232;re colonial comme celui qui a s&#233;vi jusqu'au milieu du vingti&#232;me si&#232;cle. On assisterait donc &#224; un&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De nombreux commentateurs ont mis en avant les d&#233;clarations racistes de Jeanine &#193;&#241;ez, la pr&#233;sidente par int&#233;rim autoproclam&#233;e, et celles de Luis Fernando Camacho, ancien dirigeant des Jeunesses Cruc&#233;nistes, et les drapeaux aymaras, les wiphalas, br&#251;l&#233;s publiquement. Certains n'h&#233;sitent pas &#224; en tirer la conclusion qu'on risquerait d'assister au retour d'un pouvoir raciste blanc &#224; caract&#232;re colonial comme celui qui a s&#233;vi jusqu'au milieu du vingti&#232;me si&#232;cle. On assisterait donc &#224; un affrontement entre une population indienne dirig&#233;e par Morales et une bourgeoisie blanche revancharde. La r&#233;alit&#233; est beaucoup plus complexe. Dans un pays o&#249; 85 % de la population est m&#233;tis ou indienne, l'&#233;tablissement d'un pouvoir ouvertement raciste, hors la r&#233;gion de Santa Cruz o&#249; la domination d'une bourgeoisie blanche n'a jamais cess&#233;, parait tout &#224; fait invraisemblable. Jeanine &#193;&#241;ez, face aux r&#233;actions hostiles, s'est d'ailleurs empress&#233;e d'embrasser la wiphala devant les cam&#233;ras. Fernando Camacho quant &#224; lui, dit Macho Camacho, le &#171; Bolsonaro bolivien &#187;, pour briguer la pr&#233;sidence de la r&#233;publique aux prochaines &#233;lections, a choisi comme candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence un &#233;lu municipal indien de Potos&#237;, Marco Pumari. Cette association en bin&#244;me n'est pas une nouveaut&#233;. Le pr&#233;sident Gonzalo S&#225;nchez de Lozada, dit Goni, avait lui-m&#234;me comme vice-pr&#233;sident Victor Hugo Cardenas, ancien dirigeant katariste (nationaliste indien). Et Garc&#237;a Linera, le vice-pr&#233;sident de Morales, est aussi&#8230; un ancien gu&#233;rillero katariste. Le katarisme, on le voit, m&#232;ne &#224; tout&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On compte en Bolivie 36 nations indig&#232;nes reconnues par la Constitution mise en place par Morales et disposant th&#233;oriquement de droits sur leurs territoires. Cette population indienne et ses tr&#232;s nombreuses organisations sont tr&#232;s divis&#233;es, en premier lieu en fonction d'int&#233;r&#234;ts locaux, mais aussi de rivalit&#233;s client&#233;listes. La d&#233;signation des futurs notables, sources de pr&#233;bendes, compte souvent bien davantage que les enjeux nationaux. En jouant syst&#233;matiquement sur la corde de &#171; l'indianisme &#187;, du moins en paroles, tout en entrant en conflit avec des communaut&#233;s indiennes en raison de sa politique &#171; extractiviste &#187; d'exploitation maximum des richesses mini&#232;res&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2012, par exemple, un conflit &#233;clatait &#224; Mallku Khota, dans la r&#233;gion de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Morales a largement contribu&#233; &#224; exacerber ces contradictions, &#224; diviser sa base sociale et &#224; en jeter une partie dans les bras de divers d&#233;magogues de droite. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 2012, par exemple, un conflit &#233;clatait &#224; Mallku Khota, dans la r&#233;gion de Potos&#237;, entre des communaut&#233;s mobilis&#233;es contre une entreprise mini&#232;re canadienne et les futurs b&#233;n&#233;ficiaires de ce projet. Ces communaut&#233;s revendiquaient la cr&#233;ation d'une entreprise communautaire g&#233;r&#233;e selon les &#171; us et coutumes &#187;. Les affrontements firent un mort, de nombreux bless&#233;s, des prises d'otages. L'arrestation du principal leader des opposants, Cancio Rojas, pourtant personnalit&#233; officielle du MAS, fut ressentie comme un &#171; emprisonnement politique &#187; d&#233;cid&#233; par le gouvernement Morales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Bolivie : Morales face aux coop&#233;ratives mini&#232;res : Les cons&#233;quences sanglantes d'une politique de capitulation et de division
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		<dc:date>2016-10-05T21:07:05Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Bolivie
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		<description>Le 25 ao&#251;t dernier, trois mineurs boliviens &#233;taient tu&#233;s par la police et le vice-ministre de l'Int&#233;rieur, Rodolfo Illanes, &#233;tait retenu en otage et lynch&#233; par un groupe de mineurs de la r&#233;gion de Potos&#237; qui bloquaient les routes depuis plusieurs jours. &#192; l'origine de ce violent conflit, la modification de la loi sur les coop&#233;ratives mini&#232;res promulgu&#233;e par le pr&#233;sident Morales. Le gouvernement bolivien est souvent pr&#233;sent&#233; comme &#171; progressiste &#187;, voire r&#233;volutionnaire et il est&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-107-septembre-octobre-2016-342-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 107, septembre-octobre 2016
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 25 ao&#251;t dernier, trois mineurs boliviens &#233;taient tu&#233;s par la police et le vice-ministre de l'Int&#233;rieur, Rodolfo Illanes, &#233;tait retenu en otage et lynch&#233; par un groupe de mineurs de la r&#233;gion de Potos&#237; qui bloquaient les routes depuis plusieurs jours. &#192; l'origine de ce violent conflit, la modification de la loi sur les coop&#233;ratives mini&#232;res promulgu&#233;e par le pr&#233;sident Morales. Le gouvernement bolivien est souvent pr&#233;sent&#233; comme &#171; progressiste &#187;, voire r&#233;volutionnaire et il est encens&#233; par divers politiciens comme M&#233;lenchon. Pourtant, s'il est vrai que l'arriv&#233;e &#224; la pr&#233;sidence de Morales en 2006 avait fait na&#238;tre beaucoup d'espoirs, celui-ci s'est caract&#233;ris&#233; par une d&#233;magogie indig&#233;niste verbale, mais n'a pratiquement rien chang&#233; dans le pays le plus pauvre du continent sud-am&#233;ricain, en particulier dans le secteur minier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Des entreprises qui n'ont de coop&#233;rative que le nom&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'exploitation des mines comprend en Bolivie trois secteurs : les entreprises d'&#201;tat, qui emploient 7 500 personnes, le secteur priv&#233; qui en emploie 8 000 et le &#171; secteur coop&#233;rativiste &#187;, de loin le plus important, qui en emploie pr&#232;s de 119 000. Les coop&#233;ratives mini&#232;res se sont d&#233;velopp&#233;es &#224; partir de 1985, quand le gouvernement de l'&#233;poque, dirig&#233; par Paz Estenssoro, a entrepris de d&#233;manteler la Comibol mise en place apr&#232;s la r&#233;volution de 1952 pour g&#233;rer la nationalisation g&#233;n&#233;rale du secteur minier. Les mineurs avaient en effet jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans ce mouvement et r&#233;ussi &#224; imposer une r&#233;glementation relativement protectrice et diverses institutions sociales cog&#233;r&#233;es par un puissant syndicat. Face &#224; une baisse des prix des minerais (&#233;tain, argent, zinc et or) sur le march&#233; mondial, Estenssoro optait pour une politique de flexibilisation du travail et licenciait des dizaines de milliers de mineurs. En compensation, ceux-ci se voyaient autoris&#233;s &#224; g&#233;rer &#224; leur compte des gisements mis &#224; leur disposition par l'&#201;tat, souvent les moins rentables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990, c'est le pr&#233;sident Gonzalo S&#225;nchez de Lozada, dit Goni, lui-m&#234;me propri&#233;taire d'une mine moderne en association avec des capitaux nord-am&#233;ricains, qui achevait le d&#233;mant&#232;lement de la Comibol. Ainsi allaient se d&#233;velopper ces coop&#233;ratives qui passaient de 454 en 1990 &#224; 778 en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite, ces coop&#233;ratives allaient perdre tout caract&#232;re &#233;galitaire et se transformer en entreprises capitalistes. Dans ces coop&#233;ratives, seuls les &lt;em&gt;socios&lt;/em&gt; (soci&#233;taires propri&#233;taires de parts) ont le droit de vote, et encore pas tous. Ces &lt;em&gt;socios&lt;/em&gt; constituent la direction, l'encadrement et effectuent les travaux les plus qualifi&#233;s. Les travaux les plus p&#233;nibles, comme le transport du minerai, souvent &#224; dos d'homme dans des sacs et en poussant des wagonnets dans les boyaux, le tri sur le carreau de la mine sont ex&#233;cut&#233;s par les &lt;em&gt;peones&lt;/em&gt; (man&#339;uvres) parmi lesquels beaucoup de femmes et d'enfants. Ces derniers, pay&#233;s &#224; la t&#226;che et embauch&#233;s souvent au jour le jour, peuvent passer plus de douze heures d'affil&#233;e au fond et tiennent en m&#226;chant des feuilles de coca. Ils ne disposent pas de la moindre protection sociale, les conditions de travail sont &#233;pouvantables et les accidents quotidiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les coop&#233;ratives d'Oruro et Potos&#237;, on voit des enfants de huit ans &#233;dent&#233;s porter de lourds sacs de minerais dans des boyaux &#233;troits, chauss&#233;s de baskets d&#233;chir&#233;s et sans casque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esp&#233;rance de vie d'un &lt;em&gt;pe&#243;n&lt;/em&gt; qui commence &#224; travailler &#224; dix ans est estim&#233;e &#224; trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;em&gt;socios&lt;/em&gt; sont eux g&#233;n&#233;ralement pay&#233;s au poids du minerai extrait qu'ils vendent parfois directement &#224; des n&#233;gociants itin&#233;rants. Dans certaines mines, chaque &#233;quipe de &lt;em&gt;socios&lt;/em&gt; g&#232;re son propre filon, en concurrence avec les autres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Morales et la Fencomin : une alliance conflictuelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les g&#233;rants de ces coop&#233;ratives allaient donc s'enrichir et se regrouper dans une association puissante : la Fencomin (F&#233;d&#233;ration nationale des coop&#233;ratives mini&#232;res). Non seulement, quand il parvint &#224; la pr&#233;sidence en 2006, suite au mouvement populaire qui avait renvers&#233; Goni, Evo Morales ne chercha pas &#224; mettre fin &#224; cette situation, mais il fit de la Fencomin un de ses principaux partenaires. Les coop&#233;ratives font d'ailleurs partie du &lt;em&gt;Movimento al Socialismo&lt;/em&gt; (MAS), le parti pr&#233;sidentiel, qui est en fait un regroupement h&#233;t&#233;rog&#232;ne d'associations paysannes, parmi lesquelles les &lt;em&gt;cocaleros&lt;/em&gt; (cultivateurs de coca) dont Morales fut le dirigeant, et de corporations qui vont des vendeurs de billets de loterie aux commer&#231;ants et chauffeurs de taxis. C'est donc la petite bourgeoisie qui domine tr&#232;s largement dans le MAS. Le premier geste de Morales fut de nommer Walter Villarroel, pr&#233;sident de la Fencomin, ministre du secteur minier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coop&#233;ratives b&#233;n&#233;ficiaient de nombreux avantages, comme des imp&#244;ts plus faibles que ceux du secteur priv&#233; et l'absence de toute r&#233;glementation et protection sociales. Une partie d'entre elles faisaient m&#234;me appel &#224; des participations d'investisseurs &#233;trangers attir&#233;s par cette production tr&#232;s rentable bien qu'elle soit le plus souvent d&#233;pourvue de tout mat&#233;riel moderne. Encourag&#233;s, les patrons du secteur coop&#233;ratif en voulurent toujours plus et cherch&#232;rent &#224; s'accaparer de nouveaux gisements, au d&#233;triment des entreprises d'&#201;tat et des communaut&#233;s paysannes dont elles entendaient s'accaparer le sol. Il en r&#233;sulta de tr&#232;s violents conflits. En octobre 2006, les combats entre les mineurs salari&#233;s de Huanuni et des coop&#233;rativistes qui voulaient s'emparer de gisements firent 14 morts et 80 bless&#233;s graves. Plusieurs affrontements oppos&#232;rent aussi les coop&#233;rativistes &#224; des paysans. La tactique des patrons des coop&#233;ratives consiste le plus souvent &#224; inciter des centaines de ch&#244;meurs affam&#233;s &#224; occuper des terres riches en minerais de fa&#231;on ill&#233;gale et &#224; faire ensuite l&#233;galiser l'op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la d&#233;gradation de la situation et &#224; la pression des syndicats de mineurs salari&#233;s, qui restent puissants, Morales destitua Villarroel apr&#232;s le massacre de Huanuni. Ce qui n'emp&#234;cha pas la Fencomin de rester au sein du MAS et Morales de lui offrir un cadeau suppl&#233;mentaire en l&#233;galisant le travail des enfants &#224; partir de 10 ans en 2014.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le &#171; petit capitalisme andin &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, dans le cadre d'une politique qui vise &#224; d&#233;velopper un capitalisme national, &lt;em&gt;&#171; un petit capitalisme andin &#187;&lt;/em&gt;, selon les termes du vice-pr&#233;sident &#193;lvaro Garc&#237;a-Linera, id&#233;ologue du r&#233;gime, Morales cherche &#224; &#233;viter que le secteur minier ne retombe enti&#232;rement entre les mains du capital imp&#233;rialiste. Apr&#232;s avoir donn&#233; un grand coup de barre &#224; droite, il a donc donn&#233; un petit coup &#224; gauche en faisant passer une loi qui contraindrait les coop&#233;ratives &#224; obtenir l'autorisation de l'&#201;tat pour s'associer au capital &#233;tranger et autoriserait les &lt;em&gt;peones&lt;/em&gt; &#224; se syndiquer. Bien que la syndicalisation de ces travailleurs surexploit&#233;s soit tr&#232;s hypoth&#233;tique, en raison notamment des r&#233;seaux de client&#233;lisme et des liens souvent familiaux qui les rendent &#233;troitement d&#233;pendants des &lt;em&gt;socios&lt;/em&gt;, ces dispositions ont suscit&#233; la col&#232;re des patrons de la Fencomin. Ceux-ci, selon leurs habitudes, ont donc lanc&#233; leur main-d'&#339;uvre dans des actions comme les coupures de route et le blocage complet de la ville de Potos&#237;. Le gouvernement a ripost&#233; par une tr&#232;s violente r&#233;pression : la police a tir&#233; sur les barrages de mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Morales d&#233;nonce un &lt;em&gt;&#171; complot imp&#233;rialiste &#187;&lt;/em&gt; comme il le fait chaque fois qu'il est vigoureusement contest&#233;. Des centaines de mineurs ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et une dizaine inculp&#233;s pour le meurtre du ministre. En d&#233;pit des discours virulents, les ponts ne sont pourtant pas rompus entre Morales et la Fencomin, qui joue un r&#244;le majeur en raison du poids du secteur minier dans l'&#233;conomie bolivienne. D'autant qu'il a subi un &#233;chec &#233;lectoral&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 21 f&#233;vrier 2016, 51,3 % des &#233;lecteurs ont refus&#233; de donner &#224; Morales et &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et qu'il affronte simultan&#233;ment la col&#232;re de 900 salari&#233;s licenci&#233;s de l'usine textile d'&#201;tat Enatex.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation est bien &#233;videmment le fruit de la politique faite d'h&#233;sitations et de compromissions de Morales vis-&#224;-vis de la bourgeoisie, en d&#233;pit de ses tirades enflamm&#233;es contre l'imp&#233;rialisme. Pour mettre fin &#224; la division sanglante entre mineurs engendr&#233;e par cette politique, l'objectif des organisations ouvri&#232;res devrait &#234;tre de rassembler les mineurs des divers secteurs pour imposer le r&#233;tablissement de la nationalisation compl&#232;te des mineurs sous le contr&#244;le des mineurs eux-m&#234;mes. Mais ce n'est pas la politique de la COB, la grande centrale ouvri&#232;re, qui pratique une politique de compromis vis-&#224;-vis du MAS et du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 septembre 2016, &lt;strong&gt;Georges RIVIERE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le 21 f&#233;vrier 2016, 51,3 % des &#233;lecteurs ont refus&#233; de donner &#224; Morales et &#224; Linera la possibilit&#233; de se repr&#233;senter &#224; la pr&#233;sidence et &#224; la vice-pr&#233;sidence pour un quatri&#232;me mandat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Bolivie : Succ&#232;s &#233;lectoral de Morales, qui ne r&#232;gle rien
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Bolivie-Succes-electoral-de-Morales-qui-ne-regle-rien</link>
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		<dc:date>2009-03-07T10:10:51Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie
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		<description>Le 25 janvier 2009, le nouveau projet de constitution pr&#233;sent&#233; par Evo Morales &#233;tait approuv&#233; par 61,43&#8200;% des &#233;lecteurs. C'est un succ&#232;s &#233;lectoral du r&#233;gime, puisque Morales n'avait &#233;t&#233; &#233;lu en 2005 qu'avec 57,3&#8200;% des suffrages. Le point le plus important&#8230; pour Morales est qu'il pourra solliciter un nouveau mandat aux prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles, alors que l'ancienne constitution interdisait la r&#233;&#233;lection du m&#234;me pr&#233;sident. &lt;br /&gt;Une r&#233;forme agraire virtuelle &lt;br /&gt;Pourtant, ce succ&#232;s&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-62-mars-avril-2009-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 62, mars-avril 2009
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 25 janvier 2009, le nouveau projet de constitution pr&#233;sent&#233; par Evo Morales &#233;tait approuv&#233; par 61,43&#8200;% des &#233;lecteurs. C'est un succ&#232;s &#233;lectoral du r&#233;gime, puisque Morales n'avait &#233;t&#233; &#233;lu en 2005 qu'avec 57,3&#8200;% des suffrages. Le point le plus important&#8230; pour Morales est qu'il pourra solliciter un nouveau mandat aux prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles, alors que l'ancienne constitution interdisait la r&#233;&#233;lection du m&#234;me pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une r&#233;forme agraire virtuelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ce succ&#232;s n'a pu &#234;tre obtenu que gr&#226;ce &#224; un compromis sign&#233; avec une partie de la droite le 25 octobre 2008, compromis qui &#233;limine de la constitution la plupart des &#233;l&#233;ments pouvant g&#234;ner la bourgeoisie et les propri&#233;taires fonciers. Par exemple, si les &#233;lecteurs se sont prononc&#233;s majoritairement pour une limitation de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re &#224; 5 000 hectares, cette disposition n'est pas r&#233;troactive et ne s'appliquera qu'aux propri&#233;t&#233;s acquises&#8230; apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum. Or certains latifundiaires de l'Oriente poss&#232;dent jusqu'&#224; un million d'hectares ! On comprend que les paysans sans terre de cette r&#233;gion soient en col&#232;re. Certains ont d&#233;j&#224; entrepris des occupations de terres, et le vice-pr&#233;sident Garcia Linera les a menac&#233;s de r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;f&#233;rendum n'a pas davantage r&#233;gl&#233; le conflit qui oppose le gouvernement central aux riches provinces de l'Oriente qui revendiquent l'autonomie, la droite reste majoritaire dans les r&#233;gions de Santa-Cruz, du Beni, de Tarija et de Pando (o&#249; un terrible massacre de paysans a &#233;t&#233; perp&#233;tr&#233; par les hommes du pr&#233;fet &#224; la solde des oligarques). D&#232;s le lendemain du r&#233;f&#233;rendum, les partis de droite se sont empress&#233;s de demander des n&#233;gociations pour &#233;tablir un nouveau compromis ! De son c&#244;t&#233;, le patronat a lanc&#233; un appel &#224; l'union nationale face &#224; la crise pour mettre fin &#224; la &#171; bi-polarisation &#187; du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le front social, le gouvernement doit faire face au m&#233;contentement des travailleurs. La crise frappe durement la Bolivie. La hausse des prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; rend la vie tr&#232;s difficile, la malnutrition augmente de fa&#231;on catastrophique et la baisse des prix des minerais affecte les revenus des mineurs dont les salaires sont souvent calcul&#233;s en fonction de la production et des ventes. Face aux r&#233;actions des travailleurs, le gouvernement r&#233;pond de plus en plus souvent par la r&#233;pression. D&#233;but janvier, les brigades anti-&#233;meutes ont ainsi &#233;t&#233; envoy&#233;es contre les employ&#233;s de la Caisse nationale de sant&#233; qui occupaient le si&#232;ge de cette institution pour d&#233;noncer la corruption de la direction, exiger la transparence sur les comptes et le contr&#244;le sur la r&#233;partition des m&#233;dicaments. Plusieurs militants syndicalistes sont poursuivis par la justice, en particulier quinze mineurs de Huanuni qui avaient particip&#233; au blocage d'une route au cours duquel la police avait tir&#233; sur les manifestants, tuant deux d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le gouvernement peut compter sur le soutien de la direction nationale de la centrale syndicale COB pour essayer de freiner les revendications ouvri&#232;res, plusieurs secteurs de la conf&#233;d&#233;ration contestent sa politique et ont m&#234;me refus&#233; de soutenir le nouveau projet de constitution, en particulier le syndicat des enseignants et une partie de celui des mineurs. Les 4 000 mineurs de Huanuni, &#224; la suite d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale et de d&#233;bats acharn&#233;s, viennent d'ailleurs d'&#233;lire une nouvelle direction plus radicale qui affirme vouloir pr&#233;server l'ind&#233;pendance de classe face au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Corruption et scandales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La situation est d'autant plus d&#233;licate pour Evo Morales qu'il doit faire face &#224; une s&#233;rie de scandales retentissants, dont le plus significatif est celui qui atteint Santos Ramirez, sixi&#232;me pr&#233;sident de la compagnie nationale YFPB depuis la nationalisation (th&#233;orique) des hydrocarbures. Celui-ci aurait touch&#233; d'&#233;normes pots de vins pour attribuer des champs p&#233;troliers &#224; diverses compagnies &#233;trang&#232;res, 450 000 dollars en liquide ont &#233;t&#233; retrouv&#233;s &#224; son domicile &#224; la suite d'un cambriolage rocambolesque. Or Ramirez, ancien syndicaliste et dirigeant du MAS, passe pour le num&#233;ro trois du r&#233;gime, apr&#232;s Garcia Linera et Morales. Dans cette affaire sordide, il est tout aussi significatif que sont mouill&#233;s non seulement des dirigeants du MAS, mais des politiciens de droite et des oligarques de Santa-Cruz. Le ministre des douanes et celui des forces navales (bien que la Bolivie n'ait aucun acc&#232;s &#224; la mer&#8230;) ont aussi &#233;t&#233; impliqu&#233;s dans des trafics divers, notamment de contrebande avec le Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Bolivie, la corruption est un mal end&#233;mique. Le client&#233;lisme est un syst&#232;me de gestion de l'&#201;tat. Le gouvernement n'h&#233;site pas &#224; &#171; acheter &#187; des opposants, des syndicalistes combatifs, des dirigeants d'associations, comme ceux des associations de quartier de El Alto, la banlieue populaire de La Paz, en leur attribuant des postes bien r&#233;mun&#233;r&#233;s qui leur permettent de placer &#224; leur tour leurs amis et les membres de leur famille. Les d&#233;put&#233;s fra&#238;chement &#233;lus &#224; l'assembl&#233;e du MAS avaient d&#233;fray&#233; la chronique en se votant, parmi les premi&#232;res mesures, la dotation &#224; chacun d'eux d'un t&#233;l&#233;phone portable ultrasophistiqu&#233;, dont le prix repr&#233;sente plusieurs ann&#233;es de salaire d'un ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces scandales portent gravement atteinte &#224; la cr&#233;dibilit&#233; du gouvernement au moment o&#249; Morales esp&#232;re pouvoir prendre un nouveau d&#233;part gr&#226;ce &#224; son succ&#232;s &#233;lectoral. Seul le contr&#244;le de la population sur les &#233;lus pourrait bien &#233;videmment endiguer cette corruption, particuli&#232;rement r&#233;voltante dans cette p&#233;riode de crise. Mais de ce contr&#244;le ni le MAS ni Morales ne veulent car leur objectif est d'essayer de g&#233;rer les institutions au prix de compromis avec la bourgeoisie, les propri&#233;taires fonciers et les oligarques, compromis qui ne peuvent se faire &#224; terme que sur le dos des ouvriers et paysans boliviens. Reste que ceux-ci ont montr&#233; plus d'une fois qu'ils &#233;taient capables de s'organiser et de se mobiliser malgr&#233; des obstacles d'une autre ampleur que les discours populistes et indig&#233;nistes de Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 f&#233;vrier 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges RIVIERE&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Morales &#224; la recherche d'alli&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 16 f&#233;vrier, Morales rencontrait Sarkozy &#224; l'&#201;lys&#233;e. Si, en France, l'&#233;v&#233;nement est pass&#233; inaper&#231;u, &#233;clips&#233; par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Guadeloupe, en Bolivie, la presse a salu&#233; l'appui accord&#233; par le pr&#233;sident fran&#231;ais &#224; son homologue bolivien et a montr&#233; les deux hommes dans les bras l'un de l'autre, tout sourire d&#233;ploy&#233;. Sarkozy aurait-il &#233;t&#233; touch&#233; par la gr&#226;ce de l'indig&#233;nisme ? En fait, son objectif essentiel &#233;tait&#8230; de pr&#233;senter son ami Bollor&#233; &#224; Morales. Bollor&#233; lorgne en effet sur le gisement de minerai de lithium, un des plus importants du monde, qui vient d'&#234;tre d&#233;couvert &#224; Uyuni, une r&#233;gion d&#233;sertique et mis&#233;rable &#224; la fronti&#232;re du Chili. Or des compagnies nord-am&#233;ricaines aimeraient elles aussi mettre la main sur ce pactole, car le cours de ce minerai a connu une ascension fulgurante en raison de l'augmentation de la fabrication de batteries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les affaires continuent pendant la crise et Morales s'efforce de trouver des alli&#233;s pour compenser l'hostilit&#233; des &#201;tats-Unis. Sarkozy en a profit&#233; pour lui vendre quelques h&#233;licopt&#232;res, comme Poutine l'avait fait la veille. L'&#201;tat fran&#231;ais se chargera aussi de cr&#233;er une &#233;cole pour former&#8230; de futurs fonctionnaires boliviens. La presse bolivienne ne pr&#233;cise pas si les policiers feront partie du lot. Au-del&#224; des grands discours nationalistes et des c&#233;r&#233;monies en costumes traditionnels, Morales est donc pr&#234;t &#224; accorder des concessions mini&#232;res et des brevets de d&#233;fenseurs des droits des peuples &#224; des personnages comme Sarkozy et Poutine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G.R.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Bolivie : Face &#224; la violence des oligarques, Morales temporise
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Bolivie
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		<description>Le 11 septembre 2008, des mercenaires mitraillaient une foule de paysans, femmes et enfants, qui marchaient en direction de Cobija, la capitale du Pando. Bilan : au moins 20 morts, une quarantaine de bless&#233;s graves par balles et 106 disparus &#8212; des cadavres d&#233;j&#224; retrouv&#233;s dans un rio. Ce massacre est le plus important depuis celui du 20 septembre 2003 contre une manifestation &#224; La Paz, commis par les militaires et policiers aux ordres de l'ex-pr&#233;sident aujourd'hui r&#233;fugi&#233; aux&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-60-novembre-decembre-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 60, novembre-d&#233;cembre 2008
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 11 septembre 2008, des mercenaires mitraillaient une foule de paysans, femmes et enfants, qui marchaient en direction de Cobija, la capitale du Pando. Bilan : au moins 20 morts, une quarantaine de bless&#233;s graves par balles et 106 disparus &#8212; des cadavres d&#233;j&#224; retrouv&#233;s dans un rio. Ce massacre est le plus important depuis celui du 20 septembre 2003 contre une manifestation &#224; La Paz, commis par les militaires et policiers aux ordres de l'ex-pr&#233;sident aujourd'hui r&#233;fugi&#233; aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La rente p&#233;troli&#232;re au service du capitalisme andin ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;lu en d&#233;cembre 2005, Morales est venu au pouvoir &#224; la faveur des larges mobilisations de 2003 et 2005 r&#233;unissant ouvriers, paysans et larges couches de la petite bourgeoisie. Son parti, le MAS &#8211; Mouvement vers le socialisme &#8211; est lui-m&#234;me un genre de f&#233;d&#233;ration qui r&#233;unit diverses organisations sociales, syndicats paysans mais aussi coop&#233;ratives de mineurs devenues de v&#233;ritables entreprises priv&#233;es, associations de commer&#231;ants et d'artisans. Sa politique de balancier, tant&#244;t temporisateur, tant&#244;t porte-parole de quelques revendications populaires, est appel&#233;e par son vice-pr&#233;sident lui-m&#234;me, Alvaro Garcia Linera ex-gu&#233;rillero devenu social-d&#233;mocrate, &lt;em&gt; &#171; le d&#233;veloppement du capitalisme andin &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien dirigeant syndical des cultivateurs de coca s'est heurt&#233; d'entr&#233;e &#224; la farouche opposition des &#171; oligarques &#187;, les grandes familles qui r&#232;gnent sur les quatre r&#233;gions de l'Oriente formant la coalition dite de la &#171; Media luna &#187; (croissant de lune), Santa Cruz, Tarija, B&#233;ni, Pando. Leur pouvoir repose &#224; la fois sur la propri&#233;t&#233; terrienne, souvent acquise en expulsant les paysans par la violence, et sur la rente p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re. Ces r&#233;gions comptent moins de 30 % de la population de la Bolivie mais repr&#233;sentent plus la moiti&#233; de son PNB, 28 % pour la seule r&#233;gion de Santa Cruz, gr&#226;ce aux ressources en hydrocarbures, exploit&#233;es par des compagnies &#233;trang&#232;res, br&#233;siliennes, argentines, chiliennes, mais aussi espagnoles et fran&#231;aises : Total alli&#233; au g&#233;ant russe Gazprom vient ainsi de signer un nouveau contrat. C'est cependant Petrobras (Br&#233;sil) qui se taille la part du lion avec pr&#232;s de 47,3 % de la production locale. Jusqu'&#224; l'arriv&#233;e de Morales, la part des revenus p&#233;troliers qui revenait &#224; l'&#201;tat bolivien se limitait &#224; 15 %, un pillage sans vergogne. L'indignation de la population apr&#232;s l'annonce de la construction d'un nouveau pipeline de gaz en direction du Chili a d'ailleurs &#233;t&#233; une des causes de la chute du pr&#233;sident pr&#233;c&#233;dent, &#171; Goni &#187;, en 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morales a annonc&#233; en fanfare la &#171; nationalisation des hydrocarbures &#187;, mais il s'agissait de la seule nationalisation des sols, les compagnies &#233;trang&#232;res conservant la ma&#238;trise de l'exploitation et de la commercialisation. Ainsi des contrats &#233;taient ren&#233;goci&#233;s au coup par coup dans l'opacit&#233; la plus compl&#232;te (en th&#233;orie, partage du capital des entreprises 50/50 et hausse des taxes sur la production des hydrocarbures ; mais on ignore ce qui rentre concr&#232;tement dans les caisses de l'&#201;tat bolivien, les p&#233;troliers continuant &#224; agir sans le moindre contr&#244;le, avec toute latitude pour minimiser leur production et leurs profits r&#233;els).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des propri&#233;taires richissimes arc-bout&#233;s sur leurs privil&#232;ges&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Morales, &#224; son arriv&#233;e au pouvoir, a annonc&#233; des r&#233;formes sociales, dont une r&#233;forme agraire, essentiellement de terres non cultiv&#233;es ou appartenant &#224; l'&#201;tat, une augmentation du salaire minimum et une retraite &#233;tendue &#224; toute la population, au-del&#224; de 60 ans, de 18 &#8364; par mois pour tous ceux qui n'ont aucun autre revenu et 13 &#8364; pour les autres. C'est peu mais non n&#233;gligeable dans un pays (le plus pauvre de l'Am&#233;rique du Sud) o&#249; le salaire minimum, loin d'&#234;tre toujours respect&#233;, s'&#233;tablit &#224; 65 &#8364; par mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi modeste soit ce programme social, les oligarques n'ont pas voulu l&#226;cher un boliviano pour ceux qu'ils consid&#232;rent comme &#171; les pouilleux des Andes &#187;. Ils menacent de faire s&#233;cession et multiplient les actions contre le pouvoir central : en particulier des &#171; paros &#187;, c'est-&#224;-dire la paralysie de toute une r&#233;gion, par arr&#234;ts de travail et blocages des routes &#8211; les salari&#233;s &#233;tant souvent pay&#233;s par leurs patrons pour y participer. Depuis quelques mois, aid&#233;s des pr&#233;fets r&#233;gionaux et des &#171; Civiques &#187; (conseils r&#233;gionaux &#233;lus tenus par la droite) qui les repr&#233;sentent, ils ont engag&#233; l'escalade. Leurs troupes de chocs, telles les Jeunesses de Santa Cruz, un m&#233;lange d'&#233;tudiants fils de familles ais&#233;es, de lumpen et de mercenaires, se sont attaqu&#233;es aux b&#226;timents officiels : douanes, instituts de la r&#233;forme agraire, stations de radio et de TV, et m&#234;me commissariats de police et a&#233;roports, interdisant &#224; l'avion pr&#233;sidentiel de s'y poser !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus grave encore pour le gouvernement, ces groupes ont coup&#233; l'approvisionnement en gaz et p&#233;trole des pays voisins et fait sauter des ol&#233;oducs. Ils se livrent &#224; la chasse aux militants du MAS, aux syndicalistes, aux journalistes, aux m&#233;decins coop&#233;rants cubains (d&#233;test&#233;s par les m&#233;decins lib&#233;raux boliviens en raison de leur &#171; concurrence &#187; gratuite et d&#233;nonc&#233;s comme &#171; terroristes &#233;trangers &#187;). Cette campagne prend des accents racistes anti-indiens, car une bonne partie des privil&#233;gi&#233;s de ces r&#233;gions se consid&#232;re comme europ&#233;enne et h&#233;riti&#232;re directe des conquistadores.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'arrogance des oligarques et de leurs troupes, Morales s'est content&#233; de d&#233;clarations ronflantes sans la moindre port&#233;e. S'il n'est pas avare de d&#233;magogie indig&#233;niste avec f&#234;tes coutumi&#232;res, danses et sacrifices de lamas, l'homme qui se pr&#233;sente comme le &#171; Tupac Katari&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chef indien qui mena une r&#233;bellion contre les Espagnols au XVIIIe si&#232;cle.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#187; contemporain, plut&#244;t que de s'appuyer radicalement sur le mouvement populaire, pr&#233;f&#232;re flatter l'arm&#233;e en lui promettant des augmentations de soldes et du mat&#233;riel moderne. Ainsi ballot&#233; au sommet d'un appareil d'&#201;tat qu'il a du mal &#224; contr&#244;ler, il a tent&#233; de l&#233;gitimer son pouvoir en mettant son mandat pr&#233;sidentiel en jeu et a obtenu 67 % des suffrages le 10 ao&#251;t 2008, contre 53 % lors de son &#233;lection de d&#233;cembre 2005. R&#233;f&#233;rendum qui n'a rien r&#233;gl&#233; : les Civiques restent majoritaires sur le plan &#233;lectoral et aussi arrogants dans leurs r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le pouvoir m&#233;nage les oligarques mais sa police tire sur les mineurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mansu&#233;tude vis-&#224;-vis de la droite s'accompagne d'un durcissement contre les plus pauvres. Le 4 ao&#251;t 2008, la police a tir&#233; sur des mineurs d'Oruro, tuant deux d'entre eux et faisant de nombreux bless&#233;s graves. Les mineurs &#233;taient en gr&#232;ve pour le retour &#224; la retraite par r&#233;partition &#224; 50 ans pour leur corporation, supprim&#233;e par Goni au profit d'un syst&#232;me par capitalisation et fonds de pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, des commandos du MAS s'attaquaient &#224; des permanences syndicales de mineurs, puis &#224; des locaux de syndicalistes enseignants, eux aussi en gr&#232;ve. Le MAS s'effor&#231;ait &#224; cette occasion de dresser des parents d'&#233;l&#232;ves contre les gr&#233;vistes, organisait des manifestations aux cris de &lt;em&gt; &#171; les profs au boulot ! &#187; &lt;/em&gt;. Des cocaleros, qui constituent la force de frappe de Morales, s&#233;questraient m&#234;me des enseignants ! &#192; cette occasion, le gouvernement d&#233;non&#231;ait &#171; les provocateurs gauchistes et trotskystes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expulsion de l'ambassadeur des &#201;tats-Unis, le 11septembre, sous l'accusation de complot avec les oligarques, est davantage un geste de d&#233;magogie nationaliste qu'une action efficace contre ces derniers. Surtout que, le m&#234;me jour, l'abominable tuerie du Pando soulevait une immense col&#232;re dans tout le pays. Deux jours apr&#232;s le massacre, Morales se r&#233;signait &#224; proclamer l'&#233;tat de si&#232;ge dans la r&#233;gion et envoyait un d&#233;tachement militaire arr&#234;ter le gouverneur, Leopoldo Fernandez, grand propri&#233;taire terrien li&#233; aux narcotrafiquants. Incarc&#233;r&#233; dans une prison de la r&#233;gion de La Paz, ce personnage est d&#233;sormais l'enjeu d'un conflit entre le gouvernement et l'appareil judiciaire qui tente de le sauver. C'est ainsi que la Cour supr&#234;me exige son transfert &#224; Sucre, capitale administrative o&#249; il serait probablement remis en libert&#233; en attendant les r&#233;sultats de l'enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, Morales n'a pas c&#233;d&#233;, et il lui est difficile de le faire, tant la mobilisation populaire est forte : manifestations, meetings et marches se multiplient. Mais l'arm&#233;e rest&#233;e jusqu'&#224; pr&#233;sent relativement silencieuse a fait savoir par la voix de son commandant en chef le g&#233;n&#233;ral Trigo, qu'elle n'entendait pas se laisser instrumentaliser par le pouvoir politique et qu'elle sommait les protagonistes de cesser leurs actions violentes et de n&#233;gocier&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Morales parvient &#224; diviser la droite au prix de nouveaux reculs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise inqui&#232;te ses voisins car le Br&#233;sil, l'Argentine et dans une moindre mesure le Chili d&#233;pendent &#233;troitement des hydrocarbures boliviens. L'UNASUR, qui regroupe 12 pays latino-am&#233;ricains, s'est r&#233;unie &#224; Santiago du Chili le 15 septembre pour apporter un soutien formel &#224; Morales, mais surtout pour le contraindre au compromis avec les oligarques. Le pr&#233;sident br&#233;silien Lula s'oppose &#224; toute augmentation du prix de vente des hydrocarbures boliviens et pr&#233;tend faire r&#233;gner l'ordre r&#233;gional. Seul Ch&#225;vez se dit pr&#234;t &#224; envoyer son arm&#233;e soutenir Morales et &#171; ordonne &#187; aux militaires boliviens d'ob&#233;ir au pr&#233;sident &#233;lu &#8211; rodomontades qui ont d&#233;clench&#233; une vague de r&#233;actions nationalistes, y compris parmi les syndicats : des dirigeants de la COB des mineurs ont menac&#233; d'acheter des armes pour combattre d'&#233;ventuels envahisseurs v&#233;n&#233;zu&#233;liens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression de l'UNASUR a &#233;t&#233; efficace : 24 heures plus tard, Morales reprenait les n&#233;gociations avec les Civiques et signait un pr&#233;-accord comportant une augmentation de la part de la rente p&#233;troli&#232;re per&#231;ue par les r&#233;gions et une autonomie accrue. En &#233;change de quoi, les oligarques accepteraient l'&#233;tablissement de la &#171; renta dignidad &#187;, la modeste retraite universelle, et s'engageraient &#224; &#233;vacuer les institutions occup&#233;es. Dans la foul&#233;e, Morales signait un &#171; pacte de d&#233;fense de la d&#233;mocratie &#187; avec la direction nationale de la COB, la puissante conf&#233;d&#233;ration des syndicats. Le CEPB (l'&#233;quivalent bolivien du Medef) et l'&#201;glise saluaient aussit&#244;t ces accords comme un &lt;em&gt; &#171; grand pas en avant vers la paix sociale &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, les oligarques toujours plus arrogants revenaient sur leur accord et Morales engageait alors un nouveau bras de fer avec la droite. Le MAS et ses principaux alli&#233;s, les &#171; secteurs sociaux &#187; (syndicats de paysans, de cultivateurs de coca, associations, corporations de commer&#231;ants et artisans, etc.) organisaient &#224; la mi-octobre une marche sur le congr&#232;s, qui r&#233;unissait pr&#232;s de 100 000 personnes, mais &#224; laquelle l'aile gauche de la COB (mineurs et enseignants) refusait de participer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de la droite acceptait finalement un compromis. En &#233;change de la possibilit&#233; de se repr&#233;senter en 2009, mais pas en 2014 comme il le souhaitait, et de soumettre la nouvelle constitution &#224; un r&#233;f&#233;rendum, Morales revoyait sa copie ! Parmi les modifications les plus importantes, on note de nouvelles concessions sur l'autonomie des provinces, la non-r&#233;troactivit&#233; de la disposition de la r&#233;forme agraire pr&#233;voyant la distribution des terres non utilis&#233;es, ce qui laissera le temps aux oligarques d'&#233;chapper &#224; cette mesure, et des concessions sur l'exploitation des richesses naturelles par les soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res. Le web magazine &lt;em&gt; Econoticias &lt;/em&gt; &#233;crivait &#224; ce propos : &lt;em&gt; &#171; Le nouveau projet de constitution l&#233;galise le pillage du pays. &#187; &lt;/em&gt; Toutefois, une partie de la droite de l'Oriente estimait ces concessions insuffisantes, ce qui entra&#238;nait la cr&#233;ation d'un nouveau parti ultra.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quelles perspectives ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce compromis a fait retomber pour le moment la tension politique. Rien n'est r&#233;gl&#233; pour autant, car d'une part le sort du pr&#233;fet Fernandez reste en suspens, d'autre part de nombreuses organisations syndicales et populaires rejettent ces accords. Le pacte sign&#233; entre la COB et Morales est lui aussi refus&#233; par de nombreux syndicalistes dont les mineurs de la r&#233;gion d'Oruro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par de nombreux aspects, la situation de Morales rappelle donc celle d'Allende au Chili en 1973, et un coup d'&#201;tat n'est pas &#224; &#233;carter dans un pays qui en a connu 180 &#8211; un par an en moyenne &#8211; depuis sa fondation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la crise &#233;conomique et les hausses de prix alimentaires ont des cons&#233;quences terribles pour la majeure partie de la population, alors que la baisse des cours des mati&#232;res premi&#232;res prive les mineurs d'une partie de leurs revenus. On voit ainsi des mineurs, des fonctionnaires et m&#234;me des policiers quitter leur service pour effectuer des petits boulots ou aller travailler la terre dans leurs villages ! Le 12 novembre, &#224; Cochabamba, des policiers entamaient une gr&#232;ve de la faim et se crucifiaient en place publique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, il est in&#233;vitable que le pouvoir se heurte &#224; nouveau t&#244;t ou tard aux revendications des travailleurs et des masses populaires. Tout va d&#233;pendre de la capacit&#233; de celles-ci, non seulement &#224; poursuivre leur mobilisation pour obtenir justice et mettre au pas les oligarques, mais &#224; se doter d'une direction susceptible de leur donner des perspectives politiques, et d'organes de pouvoir propres, y compris arm&#233;s, pour les imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 novembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges RIVIERE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;L'extr&#234;me gauche bolivienne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les deux principales organisations se r&#233;clamant du trotskysme sont le Parti ouvrier r&#233;volutionnaire (POR) et la Ligue ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire (LOR), qui &#233;dite le quinzomadaire &lt;em&gt; Palabra Obrera &lt;/em&gt;. Les divergences entre ces deux groupes portent, en plus du le r&#244;le pass&#233; du POR lors de la r&#233;volution de 1952 au cours de laquelle ce parti a appuy&#233; l'aile gauche de la bureaucratie syndicale de la COB, sur la tactique &#224; mener au sein des syndicats et des assembl&#233;es de d&#233;l&#233;gu&#233;s. Les deux restent tr&#232;s faibles mais jouent un r&#244;le non n&#233;gligeable parmi les enseignants, dans certaines entreprises et dans les organisations populaires de El Alto (banlieue de La Paz), la plus grande concentration prol&#233;tarienne du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux organisations critiquent s&#233;v&#232;rement la politique de Morales (&#171; &lt;em&gt; Plus dur avec les travailleurs, plus conciliant avec les capitalistes &lt;/em&gt; &#187; titrait r&#233;cemment &lt;em&gt; Palabra Obrera &lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux menaces fascistes et de coup d'&#201;tat, elles appellent &#224; constituer des comit&#233;s ouvriers et populaires d'autod&#233;fense pour combattre les groupes fascistes, sans se faire d'illusion sur la police et l'arm&#233;e. Des mouvements de jeunesse anti-fascistes se sont &#233;galement constitu&#233;s dans lesquels intervient la LOR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, seize organisations de jeunesse (parmi lesquelles ne figurent ni la LOR ni le POR) de Plan 3000, cit&#233; populaire de la banlieue de Santa Cruz qui compte 250 000 habitants, ont mis sur pied une formation intitul&#233;e &#171; Escadron rouge&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le terme &#171; rouge &#187; ne doit pas laisser penser que cette formation se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#187; qui tentent de contrer l'extr&#234;me droite. Les fr&#233;quentes descentes de ces derniers contre des militants de gauche, syndicalistes et du MAS, leurs ratonnades contre les &#171; Indiens &#187;, sont ici ou l&#224; tomb&#233;es sur des barricades et des embuscades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G.R.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chef indien qui mena une r&#233;bellion contre les Espagnols au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le terme &#171; rouge &#187; ne doit pas laisser penser que cette formation se revendique du communisme. Il existe aussi depuis longtemps une organisation de paysans arm&#233;s, les &#171; ponchos rouges &#187;, qui ne sont pas davantage communistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Bolivie : Evo Morales, entre r&#233;volte populaire et pression de la bourgeoisie r&#233;actionnaire
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		<dc:date>2007-03-23T22:43:41Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Bolivie
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		<description>Le 9 f&#233;vrier, Evo Morales envoyait 200 militaires prendre le contr&#244;le de Vinto, complexe m&#233;tallurgique appartenant au trust suisse Glencor, et annon&#231;ait &#171; le d&#233;but d'une &#232;re nouvelle pour l'industrie mini&#232;re &#187;. L'&#233;v&#233;nement fut abondamment comment&#233; par la presse bolivienne et &#233;trang&#232;re&#8230; et d&#233;cri&#233; par le patronat bolivien et la Suisse. &lt;br /&gt;Mais selon le gouvernement lui-m&#234;me, il s'agirait de la nationalisation d'une entreprise &#171; acquise dans des conditions frauduleuses &#187;. Un cas&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-50-mars-avril-2007-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 50, mars-avril 2007
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 9 f&#233;vrier, Evo Morales envoyait 200 militaires prendre le contr&#244;le de Vinto, complexe m&#233;tallurgique appartenant au trust suisse Glencor, et annon&#231;ait &lt;em&gt;&#171; le d&#233;but d'une &#232;re nouvelle pour l'industrie mini&#232;re &#187;&lt;/em&gt;. L'&#233;v&#233;nement fut abondamment comment&#233; par la presse bolivienne et &#233;trang&#232;re&#8230; et d&#233;cri&#233; par le patronat bolivien et la Suisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais selon le gouvernement lui-m&#234;me, il s'agirait de la nationalisation d'une entreprise &lt;em&gt;&#171; acquise dans des conditions frauduleuses &#187;&lt;/em&gt;. Un cas particulier donc. D'autre part Glencor pourra n&#233;gocier de confortables indemnit&#233;s. Cette op&#233;ration rappelle l'occupation spectaculaire en mai dernier des principaux sites p&#233;troliers et gaziers par l'arm&#233;e, premier acte d'une nationalisation-spectacle qui n'a gu&#232;re fait trembler les poss&#233;dants&#8230; et qui est loin d'&#234;tre encore faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car depuis son arriv&#233;e au pouvoir, entre les attentes de la population pauvre face aux promesses qu'il avait faites et la r&#233;sistance de la bourgeoisie, des trusts, voire des chefs de l'arm&#233;e, Morales tergiverse. Et les affrontements de ces derniers mois ont montr&#233; le foss&#233; qui se creuse entre son r&#233;gime et la population qui l'a &#233;lu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 janvier en effet, un &#171; bloqueo &#187; g&#233;n&#233;ral (blocage des routes d'acc&#232;s) fut organis&#233; autour de la ville de Cochabamba par les organisations de paysans et cocaleros (cultivateurs de coca, souvent anciens mineurs licenci&#233;s) rejoints par des manifestants, encore plus nombreux, issus de la population pauvre de la ville. Ensemble ils exigeaient le d&#233;part du pr&#233;fet de la r&#233;gion, Manfredo Reyes Villa. Ancien militaire form&#233; dans une base am&#233;ricaine au Panama, proche de l'ex-pr&#233;sident ha&#239; Sanchez de Lozada, celui-ci &#233;tait partisan d'une autonomie de sa province (revendication de la bourgeoisie locale) et venait de r&#233;primer violemment des manifestations. Durant plusieurs jours, la ville fut aux mains des manifestants, les b&#226;timents publics, le si&#232;ge de la TV Unitel envahis, et la pr&#233;fecture encercl&#233;e et incendi&#233;e. Pas un v&#233;hicule ne pouvait circuler ou sortir de la ville sans l'autorisation des piquets. Face aux insurg&#233;s, les autorit&#233;s locales envoy&#232;rent non seulement la police, arm&#233;e de gaz et de balles en caoutchouc, mais aussi des comit&#233;s civiques, milices de droite et d'extr&#234;me droite, et l'Union des jeunes de Cochabamba, un groupe paramilitaire cr&#233;&#233; par le pr&#233;fet Reyes. Les affrontements firent deux morts et pr&#232;s de 200 bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement se d&#233;cida alors &#224; intervenir en envoyant l'arm&#233;e afin de renforcer les forces de police d&#233;bord&#233;es. Et alors que le vice-ministre Rada d&#233;non&#231;ait &lt;em&gt;&#171; les &#233;l&#233;ments extr&#233;mistes de Cochabamba &#187;&lt;/em&gt;, Morales &#171; d&#233;missionnait &#187; sa ministre de l'Int&#233;rieur, Alicia Mu&#241;oz, qui avait d&#233;nonc&#233; la r&#233;pression polici&#232;re et demand&#233; la t&#234;te du chef de la police. Puis il accueillait la nouvelle de l'&#233;lection d'une &lt;em&gt;&#171; pr&#233;fecture populaire &#187;&lt;/em&gt; par les insurg&#233;s par cette d&#233;claration : &lt;em&gt;&#171; Le gouvernement respecte la d&#233;cision de l'assembl&#233;e populaire de Cochabamba, mais r&#233;affirme la l&#233;gitimit&#233; du pr&#233;fet Reyes &#187;&lt;/em&gt;. Et, avec la vague promesse d'un &lt;em&gt;&#171; r&#233;f&#233;rendum de r&#233;vocation du pr&#233;fet &#187;&lt;/em&gt;, il obtenait des principaux dirigeants du mouvement la lev&#233;e du blocage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que la r&#233;volte de Cochabamba commen&#231;ait &#224; faire tache d'huile, gagnant notamment El Alto, l'immense banlieue populaire de La Paz, o&#249; comme dans bien d'autres villes, des manifestations et des rassemblements eurent lieu en solidarit&#233; avec les insurg&#233;s de Cochabamba et contre le pr&#233;fet local qui avait apport&#233; son soutien &#224; Reyes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'&#224; l'appel des associations et des syndicats d'El Alto, un grand &#171; paro bloqueo &#187; se pr&#233;parait, que tous les quartiers et places de la ville se transformaient en forums, que les premi&#232;res barricades s'&#233;difiaient, le gouvernement alterna l&#224; aussi promesses de n&#233;gociations et menaces (appels d&#233;conseillant &#224; la population de participer au &#171; paro &#187; et quadrillage de la ville par la police et l'arm&#233;e). Les organisations &#224; l'initiative de la mobilisation d&#233;command&#232;rent le blocage.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une nationalisation des p&#233;troles qu'on attend toujours&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 3 f&#233;vrier, c'est dans la ville de Camiri (dans la r&#233;gion du Chaco), qu'apr&#232;s un &lt;em&gt;bloqueo&lt;/em&gt; de plusieurs jours pour demander &lt;em&gt;&#171; une v&#233;ritable nationalisation des hydrocarbures et des raffineries &#187;&lt;/em&gt;, des habitants, r&#233;unis en assembl&#233;e populaire, d&#233;cidaient d'investir plusieurs installations p&#233;troli&#232;res, dont une raffinerie Shell. &lt;em&gt;&#171; Ces installations sont le fruit du travail des ouvriers boliviens, la production doit leur revenir, et non aux multinationales qui continuent &#224; s'approprier ces richesses sans que la population en profite. Nous sommes tout &#224; fait capables de faire tourner les raffineries tout seuls &#187;&lt;/em&gt;, d&#233;clarait Miko Orgaz, l'un des dirigeants du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action du gouvernement ne se fit pas attendre : le jour m&#234;me, des commandos d'&#233;lite de l'arm&#233;e furent envoy&#233;s &#224; l'assaut des diff&#233;rents sites occup&#233;s. Apr&#232;s plusieurs heures d'affrontement, faisant une dizaine de bless&#233;s, ils en reprirent le contr&#244;le. Trois jours plus tard, le &lt;em&gt;bloqueo&lt;/em&gt; qui paralysait toute la r&#233;gion &#233;tait lev&#233;, une partie des dirigeants du mouvement acceptant de signer un accord avec le gouvernement o&#249; celui-ci ne s'engageait pas &#224; grand chose : restructurer la YFPB (l'organisme d'&#201;tat charg&#233; de chapeauter l'industrie des hydrocarbures) et reverser une partie des profits &#224; la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Morales : un demi pas en avant, deux pas en arri&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements de Camiri montrent les limites de la politique d'Evo Morales. Port&#233; au pouvoir il y a un an par de puissants mouvements sociaux, il avait inclus dans son programme les revendications de leurs dirigeants - nationalisation des hydrocarbures et convocation d'une assembl&#233;e constituante. Un programme loin d'&#234;tre r&#233;volutionnaire, mais dont la population bolivienne attend toujours un d&#233;but de r&#233;alisation. Les d&#233;crets pris en rafale par le gouvernement Morales n'ont rien chang&#233; : coinc&#233; entre la r&#233;sistance de plus en plus acharn&#233;e de la droite et des patrons et les aspirations des classes populaires, Morales tergiverse, temporise&#8230; finalement aux d&#233;pens de ces derni&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa politique vis-&#224;-vis des mines priv&#233;es est de ce point de vue &#233;difiante : d&#233;cr&#233;t&#233;e en octobre 2006, la nationalisation des mines fut abandonn&#233;e fin d&#233;cembre, sous la pression des patrons des mines transform&#233;es en coop&#233;ratives pour &#233;viter leurs fermetures au moment o&#249; elles paraissaient peu rentables pour les grands trusts, et qui sont aujourd'hui des entreprises priv&#233;es presque comme les autres, mais auxquelles tiennent une partie de leur employ&#233;s. Le gouvernement appelait alors secteur d'&#201;tat et priv&#233; &#224; &lt;em&gt;&#171; cohabiter et coop&#233;rer harmonieusement &#187;&lt;/em&gt;. Et d&#233;but f&#233;vrier, Morales qui avait cette fois d&#233;cid&#233; d'augmenter les imp&#244;ts sur ces mines de 60 &#224; 70 %, dut &#224; nouveau s'incliner face &#224; une manifestation de 20 000 mineurs de coop&#233;ratives, arm&#233;s de dynamite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi sur tous les fronts que Morales a recul&#233;. C'est le cas pour le fonctionnement de l'Assembl&#233;e constituante promise lors de son &#233;lection pour transformer les institutions : les d&#233;cisions y seront finalement prises &#224; la majorit&#233; des 2/3 et non &#224; la majorit&#233; simple, ce qui permettra &#224; la droite de bloquer toute r&#233;forme d'ampleur, le MAS ne disposant que de 50 % des si&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Exasp&#233;ration et radicalisation de la population bolivienne ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si les rassemblements, manifestations et r&#233;voltes de ces derniers mois semblent avoir &#233;t&#233; massifs, avec un &#233;cho certain dans le pays, ils sont rest&#233;s n&#233;anmoins locaux, ou tout au plus r&#233;gionaux. Leurs revendications restaient limit&#233;es : la destitution, &#224; Cochabamba, d'un pr&#233;fet r&#233;actionnaire lui-m&#234;me oppos&#233; &#224; Morales ; un m&#233;lange de revendications sociales, mais aussi r&#233;gionalistes et indig&#233;nistes &#224; Camiri, dont la r&#233;gion est majoritairement peupl&#233;e d'indiens Guaranis. Ceux qui en ont pris la direction, leaders paysans ou syndicalistes plus ou moins proches pour la plupart du parti de Morales ou de la COB, la principale centrale syndicale, se sont vite content&#233;s, pour sonner l'heure de la tr&#234;ve, d'un geste ou d'une promesse de ce qu'ils consid&#232;rent probablement encore comme &#171; leur &#187; gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car Evo Morales semble toujours b&#233;n&#233;ficier de la confiance d'une grande partie de la population bolivienne, et en particulier de la paysannerie. La personnalit&#233; et le pass&#233; de l'homme y sont pour beaucoup : d'origine indienne, longtemps dirigeant du syndicat des cocaleros, fer de lance des grandes luttes de 2003 puis de 2005, Morales incarne encore aux yeux des classes populaires (indiennes &#224; plus de 60 %) une v&#233;ritable rupture avec les r&#233;gimes pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, Morales dispose au sein de la population de s&#233;rieux relais &#224; travers le MAS (parti tr&#232;s h&#233;t&#233;roclite au large spectre, de l'extr&#234;me gauche nationaliste au centre gauche, mais tr&#232;s implant&#233; parmi la paysannerie), mais aussi gr&#226;ce &#224; la COB, la puissante centrale syndicale bolivienne, qui tout en critiquant parfois violemment les atermoiements de Morales, soutient fondamentalement son gouvernement. L'attitude des dirigeants locaux du MAS et des syndicats de Cochabamba et d'El Alto l'a confirm&#233; : aux avant-postes de la contestation, tr&#232;s offensifs, ceux-ci n'ont pas tard&#233; &#224; rentrer dans le rang. Renvoi d'ascenseur, la COB s'est vu offrir le poste de ministre du Travail lors du dernier remaniement minist&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela semble avoir permis &#224; Morales de reprendre sans trop de difficult&#233; le contr&#244;le de la situation &#224; Cochabamba et &#224; Camiri, et d'en &#233;viter la contagion. Mais la droite et le patronat revigor&#233;s par ces concessions successives n'ont pas fini d'avancer leurs exigences, de vouloir reprendre jusqu'aux plus minimes concessions faites &#224; la population pauvre du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 mars 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agathe MALET&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Bolivie : Morales &#224; la crois&#233;e des chemins ?
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		<description>L'&#233;lection d'Evo Morales le 18 d&#233;cembre 2005 &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat bolivien a suscit&#233; parmi la population bien des espoirs. Un Indien aymara, le fondateur du Mas (Mouvement vers le socialisme), au pouvoir ! Avec au programme : convocation d'une Assembl&#233;e constituante et nationalisation des hydrocarbures, deux revendications phares des ouvriers et paysans en lutte depuis des ann&#233;es. Ces luttes ont d'ailleurs fait tomber deux pr&#233;sidents, S&#225;nchez de Lozada (octobre 2003) et son successeur&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;lection d'Evo Morales le 18 d&#233;cembre 2005 &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat bolivien a suscit&#233; parmi la population bien des espoirs. Un Indien aymara, le fondateur du Mas (Mouvement vers le socialisme), au pouvoir ! Avec au programme : convocation d'une Assembl&#233;e constituante et nationalisation des hydrocarbures, deux revendications phares des ouvriers et paysans en lutte depuis des ann&#233;es. Ces luttes ont d'ailleurs fait tomber deux pr&#233;sidents, S&#225;nchez de Lozada (octobre 2003) et son successeur Carlos Mesa (printemps 2005) avant de porter au pouvoir Morales, l'un des principaux leaders de ce mouvement, &#224; la t&#234;te du syndicat des paysans cultivateurs de coca. Dans ces conditions, celui-ci ne pouvait donc promettre moins. Un an apr&#232;s, qu'en est-il ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des d&#233;buts paisibles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est dans un climat plut&#244;t pacifi&#233; que Morales a mis en &#339;uvre son programme. En mars 2006, il a fait promulguer la loi de convocation de l'Assembl&#233;e Constituante. Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai, il a sign&#233; le d&#233;cret de nationalisation des hydrocarbures qui d&#233;cidait un repartage des profits : 82 % pour l'&#201;tat bolivien, 18 % pour les compagnies p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres &#224; prendre avec des pincettes : au-del&#224; de l'annonce, les accords (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Tr&#232;s populaire, cette mesure ne lui a cependant pas ali&#233;n&#233; les plus riches. La r&#233;action de la bourgeoisie bolivienne a &#233;t&#233; mod&#233;r&#233;e (&#224; part &#224; Santa Cruz, r&#233;gion de l'Oriente, la plus riche du pays, qui veut faire s&#233;cession depuis quelques ann&#233;es). Une partie des classes moyennes ais&#233;es a m&#234;me vot&#233; pour Morales, pensant que c'&#233;tait la meilleure fa&#231;on d'en finir avec l'instabilit&#233; sociale. Quant aux grandes compagnies p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res, toutes &#233;trang&#232;res (parmi lesquelles Total), apr&#232;s avoir pouss&#233; des cris d'indignation, elles ont sign&#233; les nouveaux contrats. Estimant sans doute, elles aussi, que Morales calmerait une situation susceptible, en se prolongeant, de mettre &#224; mal bien plus encore leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, le nouveau pr&#233;sident a d'embl&#233;e cherch&#233; &#224; rassurer. En mettant sur pied, pour commencer, un gouvernement tr&#232;s composite dans lequel ont pris place plusieurs politiciens bourgeois aux affaires dans les ann&#233;es 1990, tels Carlos Villegas aux hydrocarbures, Hernando Larerazabal ou encore Salvador Ric (fortune estim&#233;e &#224; 30 millions d'euros) aux travaux publics. Mais l'appartenance au Mas n'est pas plus un gage de radicalit&#233;, comme le montre l'exemple du vice-pr&#233;sident Garc&#237;a Linera. Ce sociologue, ancien gu&#233;rillero qui passe pour l'inspirateur de Morales, se dit de &lt;em&gt;&#171; centre gauche &#187;&lt;/em&gt; et adepte d'un &lt;em&gt;&#171; petit capitalisme andin &#187;&lt;/em&gt;. Le Mas est en effet une coalition de tendances diverses : les cocaleros de Morales y c&#244;toient des syndicalistes, des intellectuels de gauche, d'ex-mao&#239;stes, d'ex-gu&#233;rilleros et m&#234;me les patrons de la Fencomin, la f&#233;d&#233;ration des mines coop&#233;ratives (priv&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ces premiers mois, ce sont les &#233;l&#233;ments les plus droitiers du gouvernement qui ont donn&#233; le ton. Le vice-pr&#233;sident Garc&#237;a Linera se d&#233;clarait pour une &lt;em&gt;&#171; sortie de crise pact&#233;e &#187;&lt;/em&gt; &#224; laquelle devait contribuer la nouvelle Assembl&#233;e constituante, et il s'est entendu avec l'opposition pour que l'approbation de la nouvelle constitution n&#233;cessite une majorit&#233; des deux-tiers. Le Mas ne disposant que de 50 % des si&#232;ges, cette r&#232;gle a profit&#233; &#224; la droite. Il a m&#234;me promis l'autonomie aux patrons s&#233;cessionnistes de Santa Cruz. Et rassur&#233; les propri&#233;taires terriens : la r&#233;forme agraire sera &lt;em&gt;light&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la t&#234;te du minist&#232;re des Mines, le dirigeant de la Fencomin Villarroel a commenc&#233; par favoriser les coop&#233;ratives priv&#233;es... encourageant ainsi 4 000 mineurs coop&#233;rativistes &#224; attaquer les 5 et 6 octobre la mine d'&#201;tat de Huanuni afin de s'en emparer. L'attaque a fait de nombreuses victimes : en tout 21 morts et plus de 50 bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Volte-face &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce massacre a oblig&#233; Morales &#224; faire volte-face : il a pris le parti des mineurs salari&#233;s de Huanuni et de leur syndicat (la FSTMB, li&#233;e &#224; la Cob, la puissante centrale syndicale) contre les coop&#233;rativistes. Il a renvoy&#233; son &#171; ami &#187; Villarroel, remplac&#233; par un dirigeant de la FSTMB, et d&#233;cr&#233;t&#233; la nationalisation de toutes les mines. Avec promesse d'int&#233;grer les mineurs coop&#233;rativistes au secteur d'&#201;tat, et de salaires &#233;lev&#233;s pour ceux de Huanuni (3 300 bolivianos, soit 330 &#8364;, alors que le salaire moyen en Bolivie est de l'ordre de 50 &#8364;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels revirements se sont multipli&#233;s, Morales &#233;tant oblig&#233; de contre-balancer les propos ou les mesures de certains membres de son gouvernement, sous la pression des masses qui l'ont port&#233; au pouvoir. Il est ainsi revenu sur la loi des deux-tiers &#224; la Constituante, pourtant ent&#233;rin&#233;e par son gouvernement, et s'est prononc&#233; pour la majorit&#233; absolue. L'opposition ne cesse depuis de le traiter de &lt;em&gt;&#171; dictateur &#187;&lt;/em&gt; et de &lt;em&gt;&#171; fasciste &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette bataille de la Constituante a marqu&#233; le d&#233;but d'un durcissement de l'opposition de la droite et des poss&#233;dants qui s'est cristallis&#233;e aussi autour de la question de la r&#233;forme agraire, revendication paysanne essentielle dans un pays o&#249; 80 % des terres sont concentr&#233;es entre les mains de 10 % de propri&#233;taires terriens. Cette r&#233;forme agraire reste pourtant tr&#232;s modeste : elle consisterait en achats de terres et de mat&#233;riel par l'&#201;tat &#224; l'aide de cr&#233;dits de la Banque mondiale pour les distribuer aux paysans et en une confiscation des terres non cultiv&#233;es (on ne sait dans quelle proportion). Ce qui n'emp&#234;che pas les propri&#233;taires terriens de r&#233;clamer des indemnisations et d'exiger que la v&#233;rification que les terres sont cultiv&#233;es soit effectu&#233;e non tous les six mois comme le souhaite le gouvernement mais tous les... cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Radicalisation des deux camps&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Assembl&#233;e constituante et r&#233;forme agraire sont donc, depuis 3 mois, les deux chevaux de bataille de l'opposition qui s'est lanc&#233;e dans une v&#233;ritable campagne de d&#233;stabilisation du gouvernement. Tant sur le terrain parlementaire : blocage au Parlement et au S&#233;nat afin d'emp&#234;cher le gouvernement de l&#233;gif&#233;rer... que dans la rue : cr&#233;ation de &#171; comit&#233;s civiques &#187; appelant &#224; des marches de propri&#233;taires terriens, &#224; une gr&#232;ve de la faim, et, le 24 novembre, &#224; un &#171; paro nacional &#187; (blocages, manifs et gr&#232;ves). Sans remporter jusqu'ici de v&#233;ritable succ&#232;s : quelques centaines de manifestants, autant de gr&#233;vistes de la faim, parmi lesquels une poign&#233;e de d&#233;put&#233;s et de pr&#233;fets, un g&#233;n&#233;ral, un grand patron. Mais, tout en &#233;tant engag&#233;s dans des n&#233;gociations avec le gouvernement, les dirigeants de la Fencomin ont continu&#233; de fomenter occupations de mines et barrages de routes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette agitation anti-gouvernementale a r&#233;pondu celle de larges secteurs de la classe ouvri&#232;re et de la paysannerie, derri&#232;re notamment la Cob et les associations de quartiers (dont la Fejuve, regroupant les habitants d'El Alto, l'immense banlieue populaire de La Paz). Depuis octobre, dans la capitale La Paz, conducteurs de bus, enseignants, &#233;tudiants, vendeurs des rues, chauffeurs de taxis, artisans, personnels de sant&#233;, retrait&#233;, etc., ont d&#233;fil&#233; les uns apr&#232;s les autres. Ainsi les travailleurs de la presse exigeant que l'&#201;tat prenne le contr&#244;le de la presse pour que celle-ci soit &lt;em&gt;&#171; mise au service des ouvriers, des paysans et des classes moyennes progressistes &#187;&lt;/em&gt;. La Fejuve, elle, exigeait le d&#233;part de la soci&#233;t&#233; Aguas Del Illimani, filiale de Suez, charg&#233;e de la gestion de l'eau &#224; El Alto, qui pratique un v&#233;ritable racket, et demandait la d&#233;mission du ministre des Eaux accus&#233; de tra&#238;ner volontairement en longueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les campagnes, des paysans pauvres (organis&#233;s par la CSTUCB, principal syndicat paysan proche de la Cob) ont entam&#233; des marches qui ont converg&#233; le 28 novembre sur La Paz o&#249; se sont retrouv&#233;s plusieurs milliers de manifestants accueillis chaleureusement par de nombreux habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les heurts entre partisans des deux camps se sont multipli&#233;s : attaques de gr&#233;vistes de la faim par des militants du Mas, de membres des &#171; comit&#233;s civiques &#187; contre des boutiques tenues par des commer&#231;ants pro-Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la pression montante, Morales a alors multipli&#233; les annonces et les d&#233;crets spectaculaires : r&#233;forme de la protection des travailleurs agricoles qui renforce les sanctions contre le travail forc&#233;, interdit le paiement &#224; la journ&#233;e, oblige les patrons &#224; fournir un moyen de transport &#224; tous les salari&#233;s habitant &#224; plus de 2 km de leur lieu de travail et &#224; compter le temps de trajet dans le temps de travail ; baisse de l'&#226;ge de la retraite des mineurs et des m&#233;tallos, &#224; 50 ans pour les hommes et 45 pour les femmes ; m&#233;decine gratuite ; hausse de 5 % du salaire minimum, qui passe de 500 &#224; 525 bolivianos (50 &#8364;), hausse bien modeste en regard du doublement promis lors de son arriv&#233;e au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour le moment, toutes ces mesures restent &#224; l'&#233;tat de d&#233;clarations. Le Mas peine &#224; faire voter ses projets de loi face aux man&#339;uvres de la droite. Et, une fois vot&#233;es ou d&#233;cr&#233;t&#233;es, les r&#233;formes ne sont gu&#232;re suivies d'effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une part croissante de la population, avide de changements rapides, tend alors de plus en plus &#224; agir d'elle-m&#234;me : des paysans se saisissent des terres ; &#224; l'appel de la Cob, les salari&#233;s de cinq h&#244;pitaux et treize polycliniques ont &#233;cart&#233; leurs anciennes directions et en ont mis en place de nouvelles sous le contr&#244;le des &#233;lus du personnel, initiative imit&#233;e dans des maisons de retraite, avec la participation des retrait&#233;s ; dans la r&#233;gion de Caranta, plusieurs centaines d'habitants ont occup&#233; les installations p&#233;troli&#232;res de la compagnie br&#233;silienne Petrobras et s&#233;questr&#233; certains cadres pour exiger que la compagnie finance la r&#233;fection des routes de la r&#233;gion ou mette en place un service de distribution de gaz aux habitants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les va-et-vient de Morales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Morales semble pour le moment soutenir ces mouvements, et m&#234;me la plupart des occupations &#171; sauvages &#187;. Il appelle notamment les paysans sans terre &#224; poursuivre leur mobilisation. Interpell&#233; &#233;nergiquement dans les meetings o&#249; il se rend, il n'est d'ailleurs pas en position de faire moins. Mais, dans le m&#234;me temps, il poursuit les n&#233;gociations avec l'opposition, la Fencomin, les comit&#233;s civiques, etc., qui l'am&#232;nent &#224; des compromis : fin d&#233;cembre, il a fini par c&#233;der sur la r&#232;gle des deux-tiers &#224; la Constituante et renonc&#233; &#224; nationaliser toutes les mines, tol&#233;rant un secteur priv&#233; &#224; c&#244;t&#233; du secteur d'&#201;tat. Surtout, les paysans, les mineurs salari&#233;s, la population des faubourgs, etc., ne sont pas invit&#233;s en masse &#224; appliquer eux-m&#234;mes les r&#233;formes... qui sans cela n'auront gu&#232;re de r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son bras arm&#233;, il semble le chercher plut&#244;t du c&#244;t&#233; de... l'arm&#233;e. Celle-ci doit &#234;tre selon lui, &lt;em&gt;&#171; partie prenante du changement social &#187;&lt;/em&gt;. C'est sur elle qu'il s'est appuy&#233; le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 2005, lors de la nationalisation des hydrocarbures, en l'envoyant occuper les sites gaziers et p&#233;troliers. C'est elle qu'il a envoy&#233;e en d&#233;cembre 2006 face aux groupes d'extr&#234;me droite qui occupaient divers b&#226;timents publics de Santa Cruz. Le 12 d&#233;cembre, c'est encore &#224; elle qu'il a fait appel pour d&#233;fendre l'unit&#233; nationale face aux menaces de s&#233;cession de Santa Cruz. Et il multiplie les gestes en sa faveur : annonce de son &lt;em&gt;&#171; renforcement &#187;&lt;/em&gt; et de sa &lt;em&gt;&#171; modernisation &#187;&lt;/em&gt;, c&#233;r&#233;monie de &lt;em&gt;&#171; d&#233;coration collective pour 196 ann&#233;es de fid&#233;lit&#233;s, de d&#233;vouement... &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si l'arm&#233;e semble pour l'instant se ranger derri&#232;re le gouvernement, c'est en mettant des nuances. Le 7 d&#233;cembre, le g&#233;n&#233;ral en chef des forces arm&#233;es boliviennes d&#233;clarait que l'arm&#233;e &#233;tait en &lt;em&gt;&#171; &#233;tat d'alerte pour se tenir pr&#234;te &#224; maintenir la paix civile et l'unit&#233; du pays &#187;&lt;/em&gt; et qu'elle &#233;tait attach&#233;e au respect de la Constitution et de la r&#232;gle de la majorit&#233; des deux-tiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommes-nous d&#233;j&#224; arriv&#233;s &#224; la crois&#233;e des chemins ? Devant l'exacerbation des tensions, l'arm&#233;e pourrait bien en effet d&#233;cider d'intervenir, avec l'aval de Morales ou non, pour restaurer l'ordre. Ou bien l'impatience de la population va-t-elle tourner &#224; l'exasp&#233;ration et &#224; l'insurrection pour imposer &#224; Morales la r&#233;alisation des espoirs qu'il a fait na&#238;tre, sous peine d'&#234;tre balay&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re, c'est en ne comptant que sur ses luttes, comme elle l'a fait ces derni&#232;res ann&#233;es, que la population bolivienne pourra imposer aux classes poss&#233;dantes un v&#233;ritable repartage des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 janvier 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agathe MALLET&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_234 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH301/morales-fee09.gif?1788714692' width='400' height='301' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Les mines entre les &#171; coop&#233;ratives &#187; et l'&#201;tat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1980 plus de 20 000 mineurs de l'entreprise d'&#201;tat, la Comibol, furent licenci&#233;s &#224; la suite d'une importante gr&#232;ve. La Comibol passa de 30 000 &#224; 7 000 salari&#233;s. Des milliers de mineurs durent quitter les villes mini&#232;res (les logements appartenant &#224; l'entreprise), une partie d'entre eux s'installant dans la r&#233;gion tropicale de Chapare et se reconvertissant en cultivateurs de coca (ils formeront la principale base du Mas). D'autres all&#232;rent grossir les bidonvilles d'El Alto, banlieue de La Paz. D'autres encore se regroup&#232;rent et occup&#232;rent les mines abandonn&#233;es que l'&#201;tat leur donna en concession et constitu&#232;rent des coop&#233;ratives... d'o&#249; a surgi peu &#224; peu une couche dirigeante qui s'est enrichie lors de la remont&#233;e du prix de l'&#233;tain et en exploitant f&#233;rocement une majorit&#233; de peones, mineurs pay&#233;s &#224; la journ&#233;e, charg&#233;s du transport du minerai dans des conditions ex&#233;crables, priv&#233;s de droit syndical...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la remont&#233;e du cours de l'&#233;tain, l'&#201;tat d&#233;cida de remettre la main sur plusieurs mines conc&#233;d&#233;es aux coop&#233;rativistes, dont celle de Huanuni. Mais cela aiguisa aussi la voracit&#233; des coop&#233;ratives, constitu&#233;es en f&#233;d&#233;ration, la Fencomin. Celle-ci, ces derni&#232;res ann&#233;es, devint un puissant groupe de pression &#233;conomique dans les r&#233;gions mini&#232;res (maintes coop&#233;ratives sont devenues des filiales de grosses soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res, telle la britannique RGB qui exploitait la mine de Huanuni), obtenant des gouvernements successifs la garantie que son statut serait pr&#233;serv&#233; tout en s'emparant une &#224; une de mines aussit&#244;t privatis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de Morales au pouvoir n'allait pas au d&#233;but contrarier la puissante Fencomin (employant 60 000 mineurs). Et pour cause : celle-ci fut l'alli&#233;e du Mas contre l'ancien pr&#233;sident d&#233;mis S&#225;nchez de Lozada et la Cob, la puissante centrale syndicale concurrente (une bonne partie des dirigeants de la Fencomin est d'ailleurs au Mas). Et, &#233;change de bons proc&#233;d&#233;s, Morales confiait en d&#233;cembre 2005 le minist&#232;re des mines &#224; l'un de ses dirigeants...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chiffres &#224; prendre avec des pincettes : au-del&#224; de l'annonce, les accords sign&#233;s avec les compagnies sont rest&#233;s secrets... et devaient &#234;tre ren&#233;goci&#233;s en octobre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Bolivie : la r&#233;volution au bout du gazoduc ?
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		<dc:date>2006-07-03T14:36:05Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Bolivie
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		<description>Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai dernier, quand le nouveau pr&#233;sident bolivien a annonc&#233; la nationalisation des hydrocarbures de son pays, un concert d'exclamations indign&#233;es s'est lev&#233; de par le monde : &#171; consternant &#187; pour le pr&#233;sident de la firme espagnole Repsol, &#171; inamical &#187; pour celui de la br&#233;silienne Petrobras, un dirigeant p&#233;trolier occidental, cit&#233; par Le Figaro (12-06-2006), s'exclamant m&#234;me : &#171; Morales a franchi toutes les limites. C'est bien simple, il ne nous reste rien ! &#187; Tout ce tapage avec&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai dernier, quand le nouveau pr&#233;sident bolivien a annonc&#233; la nationalisation des hydrocarbures de son pays, un concert d'exclamations indign&#233;es s'est lev&#233; de par le monde : &lt;em&gt;&#171; consternant &#187;&lt;/em&gt; pour le pr&#233;sident de la firme espagnole Repsol, &lt;em&gt;&#171; inamical &#187;&lt;/em&gt; pour celui de la br&#233;silienne Petrobras, un dirigeant p&#233;trolier occidental, cit&#233; par &lt;em&gt;Le Figaro&lt;/em&gt; (12-06-2006), s'exclamant m&#234;me : &lt;em&gt;&#171; Morales a franchi toutes les limites. C'est bien simple, il ne nous reste rien ! &#187;&lt;/em&gt; Tout ce tapage avec aussi les petits chantages &#224; la clef, diff&#233;rentes multinationales annon&#231;ant qu'elles suspendaient pour l'instant leurs projets d'investissement, ou envisageaient un retrait du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nationalisation : presque un retour &#224; la normale... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si des limites ont bel et bien &#233;t&#233; franchies, ce sont celles de l'hypocrisie. Car cette mesure, parfaitement l&#233;gitime, non seulement n'est pas une surprise, mais n'a rien d'extraordinaire en soi. Depuis des si&#232;cles les puissances imp&#233;rialistes n'ont cess&#233; de piller les richesses de ce pays, aujourd'hui le plus pauvre de l'Am&#233;rique du sud : l'or, l'argent, le cuivre, l'&#233;tain, et maintenant le gaz. Il faut aussi rappeler que si les mesures de Morales gonfleront les recettes de l'Etat bolivien, celui-ci doit tout de m&#234;me consacrer pr&#232;s de 30 % de son budget au remboursement de sa dette &#224; l'&#233;gard des capitalistes &#233;trangers ! Qui est donc le voleur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la nationalisation, elle est plut&#244;t la r&#232;gle que l'exception dans le monde. 80 % des r&#233;serves d'hydrocarbures du globe appartiennent &#224; des compagnies nationales (comme l'Aramco saoudienne, la Pemex mexicaine, la PDVSA v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, etc.), suite &#224; un mouvement de nationalisation enclench&#233; depuis longtemps en Am&#233;rique latine dans les ann&#233;es 1930, au Moyen-orient dans les ann&#233;es 1950-1960. En Bolivie, la nationalisation n'est finalement qu'un retour &#224; la situation d'avant... 1996. Cette ann&#233;e l&#224;, le pr&#233;sident Losada promulguait une loi qui privatisait &#171; &#224; la surface &#187; les puits de gaz, et surtout laissait les compagnies priv&#233;es compl&#232;tement libres dans leurs choix de commercialisation et d'utilisation des b&#233;n&#233;fices, en &#233;change d'un tr&#232;s faible taux d'imposition de 18 %. Pour le coup la Bolivie se distinguait vraiment dans le monde par la g&#233;n&#233;rosit&#233; des conditions offertes aux trusts du p&#233;trole !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nationaliser n'est certes pas exclure les multinationales des profits du gaz bolivien. Morales l'a d'ailleurs dit et r&#233;p&#233;t&#233;, il veut les &lt;em&gt;&#171; faire payer plus &#187;&lt;/em&gt; sans &lt;em&gt;&#171; expulser, ni confisquer, ni exproprier &#187;.&lt;/em&gt; Ce qui a sans doute le plus d&#233;rang&#233; les g&#233;ants du p&#233;trole et du gaz, c'est la d&#233;cision du repartage des profits. Les compagnies devront payer 82 % de royalties et imp&#244;ts sur leurs b&#233;n&#233;fices, le rapport instaur&#233; en 1996 &#233;tant donc compl&#232;tement invers&#233;. Morales remet ainsi en cause des contrats qui laissaient seulement des miettes &#224; l'Etat bolivien, et qui ont &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;s quand les prix des hydrocarbures en g&#233;n&#233;ral &#233;taient bien plus bas qu'aujourd'hui, avec le p&#233;trole entre 10 et 20 dollars le baril contre plus de 70 dollars maintenant (sur le march&#233; mondial les prix du gaz ont tendance &#224; s'indexer sur les prix du p&#233;trole). Il a bien l'intention de profiter de cette envol&#233;e des prix mondiaux, et de ne pas laisser les multinationales, qui ont engrang&#233; des profits records encore cette ann&#233;e, toucher seules le jackpot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce compte c'est le pr&#233;sident de la compagnie (publique) br&#233;silienne Petrobras qui remporte la palme de l'hypocrisie : sa firme, la plus touch&#233;e par les mesures, puisqu'elle contr&#244;le 43 % de l'exploitation du gaz bolivien, achetait jusque-l&#224; le m&#232;tre cube de gaz 3,6 dollars, trois fois moins que la moyenne mondiale, quatre fois moins que son prix aux Etats-Unis ! Le gouvernement bolivien voudrait lui une hausse de deux petits dollars, et c'est cela que les dirigeants de Petrobras, soutenus par le pr&#233;sident br&#233;silien Lula, appellent une spoliation ! Le d&#233;cret de nationalisation, qui donne par ailleurs 180 jours aux compagnies pour ren&#233;gocier leurs contrats avec l'Etat bolivien, est donc avant tout un levier politique pour leur arracher davantage d'argent, et sans doute avoir un droit de regard sur ce que devient le gaz. Aujourd'hui en effet, sur l'ensemble de la production, qui est encore loin d'avoir atteint son plein d&#233;veloppement, 12,6 % seulement sont consacr&#233;s au march&#233; int&#233;rieur, essentiellement pour les entreprises, 2 % seulement de cette consommation int&#233;rieure allant &#224; la consommation des particuliers (soit environ 40 000 familles). En clair : la population, surtout les 70 % de pauvres que compte officiellement le pays, ne dispose pas de cette &#233;nergie &#224; bon march&#233; que pourrait &#234;tre le gaz, et se contente du bois de chauffage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nationalisation ou expropriation ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;gitimes, les mesures annonc&#233;es par Morales ont aussi leurs limites. L'un de ses rivaux politiques, le dirigeant de la Centrale Ouvri&#232;re Bolivienne (la COB), Jaime Solares, a d'ailleurs d&#233;nonc&#233; l'insuffisance du d&#233;cret pr&#233;sidentiel, en critiquant le &lt;em&gt;&#171; show de Morales &#187;&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;&#171; une nationalisation &#224; moiti&#233; &#187;, &lt;/em&gt;qui ne pr&#233;voit &lt;em&gt;&#171; ni confiscation ni expropriation &#187;. &lt;/em&gt;Mais ne s'agit-il pas de sa part d'un radicalisme de fa&#231;ade ? Le personnage lui-m&#234;me n'inspire pas confiance par ses choix politiques : il y a un an, au plus fort de la r&#233;volte de la population contre le pouvoir, il en appelait &#224; des secteurs soi-disant progressistes de l'arm&#233;e et affirmait : &lt;em&gt;&#171; Nous avons besoin d'un colonel Chavez &#187; &lt;/em&gt;qui serait sorti des rangs de l'arm&#233;e, pour exercer une dictature populiste et nationaliste. Il envoyait m&#234;me une d&#233;l&#233;gation de syndicalistes en discuter avec l'&#233;tat-major ! Une position qu'il ne reniait pas vraiment en d&#233;cembre 2005, &#224; la veille de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle qui a port&#233; Morales au pouvoir, puisqu'il disait dans un entretien &#224; la revue &lt;em&gt;Inprecor&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;&#171; Je n'ai jamais appel&#233; les militaires &#224; un coup d'Etat. J'ai simplement dit que si un militaire patriote et engag&#233; aupr&#232;s du peuple, comme Chavez au Venezuela, prenait le pouvoir en Bolivie, je serais le premier &#224; le soutenir, pour en finir avec l'injustice sociale et la mis&#232;re. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il par ailleurs forc&#233;ment cons&#233;quent de r&#233;clamer aujourd'hui une expropriation pure et simple - m&#234;me si l'objectif reste l&#233;gitime - de ces trusts qui pillent les richesses du pays ? Il ne suffit pas de poss&#233;der les hydrocarbures, il faut aussi ma&#238;triser la prospection, l'exploitation, le raffinage, la commercialisation. C'est sur ce terrain que les multinationales imposent leurs int&#233;r&#234;ts et leur domination partout dans le monde. L'Etat bolivien aurait-il r&#233;ellement la possibilit&#233; de tirer profit de son gaz, par ses propres moyens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut des techniciens et des capitaux pour exploiter industriellement le gaz, et la Bolivie ne les a pas. C'est pour cette raison que Morales fait d'ailleurs mine de faire jouer la concurrence : pour se passer de Repsol, de Petrobras ou de Total, il pourrait s'adresser &#224; des compagnies de pays en voie de d&#233;veloppement capables de prendre le relais, et moins gourmandes sur les profits : la chinoise CNPC, l'indienne ONGC, ou encore... la compagnie nationale v&#233;n&#233;zu&#233;lienne PDVSA, contr&#244;l&#233;e politiquement par Chavez !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Resterait &#224; vendre ce gaz. Certes il y a une conjoncture favorable, l'envol&#233;e des prix des hydrocarbures, qui fait que les Etats d&#233;velopp&#233;s et les compagnies de raffinage ou de commercialisation ont particuli&#232;rement besoin d'acheter ces ressources. Mais le gaz bolivien, m&#234;me s'il repr&#233;sente les deuxi&#232;mes r&#233;serves en importance du continent sud am&#233;ricain, n'est pas non plus comparable au p&#233;trole v&#233;n&#233;zu&#233;lien par exemple, qui compte pour une bonne part des importations am&#233;ricaines de p&#233;trole. Le monde imp&#233;rialiste, s'il veut &#171; punir &#187; la Bolivie, peut s'en passer, bien plus que les Boliviens peuvent se passer de leurs clients ext&#233;rieurs. De plus, le gaz ne se transporte pas comme le p&#233;trole. Il ne peut pas &#234;tre mis en barils pour &#234;tre vendu en n'importe quel endroit du monde. A moins de le liqu&#233;fier, par des proc&#233;d&#233;s complexes et on&#233;reux, il doit &#234;tre vendu &#224; des clients qui sont directement au bout du gazoduc. Il faut donc trouver un accord avec les pays voisins, &#224; commencer par le Br&#233;sil de Lula, le plus gros client, dont la compagnie Petrobras est justement la premi&#232;re &#224; s'indigner de la nationalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marges de man&#339;uvre d'un Morales pour tirer davantage profit du gaz ont donc elles aussi leurs limites. Ce n'est pas dans la mod&#233;ration des premi&#232;res mesures prises par Morales qu'il y a forc&#233;ment une fronti&#232;re entre une politique r&#233;ellement r&#233;volutionnaire dont le but serait d'assurer le pouvoir des masses pauvres et une politique de compromis r&#233;formiste visant &#224; se concilier &#224; tout prix la bienveillance des grandes puissances. La premi&#232;re devrait peut-&#234;tre avoir recours aux m&#234;mes compromis tactiques, temporaires ou in&#233;vitables, vis-&#224;-vis de ces grandes puissances que la seconde, mais les assortirait d'une orientation dans d'autres domaines qui n'est pas celle de Morales aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'appuyer sur l'arm&#233;e et l'appareil d'Etat ou sur les classes populaires ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les m&#233;thodes de Morales, elles, n'ont rien de r&#233;volutionnaire et peuvent pr&#233;parer de tristes lendemains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morales a envoy&#233; l'arm&#233;e occuper les 56 champs de gaz et de p&#233;trole du pays, histoire para&#238;t-il &lt;em&gt;&#171; d'assurer l'approvisionnement &#187;,&lt;/em&gt; et c'est au milieu des uniformes qu'il a lu son d&#233;cret. Une d&#233;monstration de force dont on voit mal comment elle pourrait renforcer le poids de la Bolivie vis-&#224;-vis des multinationales... Cette mise en sc&#232;ne, un peu absurde, a en revanche la vertu de mettre en avant les forces arm&#233;es, comme si c'&#233;tait sur elles qu'il fallait compter pour la reconqu&#234;te du gaz !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nationalisation est d'abord une victoire des classes populaires, des paysans indiens, des mineurs, des travailleurs, des habitants des banlieues mis&#233;rables de La Paz. Ces derni&#232;res ann&#233;es elles ont men&#233; des luttes extr&#234;mement dures. En 2000, ce fut la &#171; guerre de l'eau &#187; : la population de la ville de Cochabamba s'est mobilis&#233;e et malgr&#233; le d&#233;ploiement de l'arm&#233;e a impos&#233; le d&#233;part d'une filiale du groupe am&#233;ricain Bechtel qui avait fait main basse sur l'eau et ses profits. Un succ&#232;s rapidement imit&#233; dans la r&#233;gion de La Paz, o&#249; les habitants des quartiers pauvres ont expuls&#233; la filiale de la compagnie fran&#231;aise Suez. Puis vinrent les deux &#171; guerres du gaz &#187;. En 2003 la d&#233;cision du gouvernement de vendre le gaz &#224; la multinationale Pacific LNG, pour exportation vers le march&#233; am&#233;ricain, met le feu aux poudres et lance dans la rue des centaines de milliers de travailleurs et de paysans qui y voient un nouveau bradage des richesses du pays. Dans un climat de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, des marches de mineurs et de paysans convergent vers la capitale, et le 17 octobre, alors que 200 000 manifestants occupent La Paz et font le si&#232;ge du palais pr&#233;sidentiel, le pr&#233;sident Losada s'enfuit pour Miami. En juin 2005, c'est au tour de son successeur, Carlos Mesa de prendre la fuite. Il avait tent&#233; de louvoyer face aux revendications populaires, d'un c&#244;t&#233; organisant un referendum sur la nationalisation des puits, portant de 18 &#224; 50 % les imp&#244;ts et royalties que les multinationales doivent payer sur les profits de leur exploitation des hydrocarbures, d'un autre c&#244;t&#233; refusant de concr&#233;tiser ses engagements sur la nationalisation et affirmant que les contrats d&#233;j&#224; pass&#233;s avec les firmes &#233;trang&#232;res ne pouvaient pas &#234;tre r&#233;vis&#233;s. A nouveau les classes populaires se mobilisent, bloquent les transports et les routes, occupent des puits, ferment des gazoducs, et investissent la capitale malgr&#233; la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le d&#233;part de Mesa, le parlement s'engage &#224; imposer dans un d&#233;lai de quelques mois de nouvelles &#233;lections pr&#233;sidentielles, qui vont porter au pouvoir Morales. Dans ces conditions, on voit mal comment celui-ci aurait pu &#234;tre &#233;lu en d&#233;cembre dernier sans promettre la nationalisation. Et une fois &#233;lu, comment il pouvait renier compl&#232;tement ses promesses, d'autant plus qu'il ne manque pas d'organisations de toutes sortes pour le surveiller sur ce terrain : les syndicats paysans, la COB, des organisations indiennes, et tout un r&#233;seau d'associations de lutte, comme la Fejuve, la f&#233;d&#233;ration des comit&#233;s de quartiers d'El Alto, la cit&#233; de la banlieue de La Paz d'o&#249; sont souvent parties les insurrections de ces derni&#232;res ann&#233;es. Le d&#233;cret de nationalisation intervient en tout cas &#224; la veille de l'&#233;lection cet &#233;t&#233; d'une assembl&#233;e constituante, qui pourrait permettre &#224; Morales et son parti, le MAS, d'affermir son emprise politique sur le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'arm&#233;e cens&#233;e prot&#233;ger les puits nationalis&#233;s, et ainsi mise en vedette, elle s'est elle aussi, effectivement, distingu&#233;e dans ces &#233;v&#232;nements : elle a tir&#233; &#224; de nombreuses reprises sur la foule des manifestants, faisant plus de 100 morts. L'&#233;tat-major responsable de ces crimes est toujours en partie l&#224;. Morales et son gouvernement envisagent des remaniements en son sein, mais avec prudence, quitte m&#234;me &#224; multiplier les manifestations de respect &#224; son &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela conforte les reproches qui lui sont adress&#233;s par un certain nombre de ses adversaires politiques, parmi ceux qui ont particip&#233; aux r&#233;voltes r&#233;centes, de vouloir &#224; tout prix le compromis avec l'appareil d'Etat en place. En 2003, il avait d&#233;j&#224; milit&#233; pour une &#171; tr&#234;ve &#187; du mouvement, pour voir ce qu'allait faire le nouveau pr&#233;sident Mesa... En juin 2005, quand les travailleurs ont cette fois chass&#233; Mesa, Morales a reconduit la m&#234;me politique. Il a appel&#233; la population &#224; interrompre sa mobilisation et &#224; respecter les r&#232;gles constitutionnelles. Un compromis a en r&#233;alit&#233; &#233;t&#233; pass&#233; alors avec les partis traditionnels de la bourgeoisie bolivienne, l'&#233;glise catholique et l'&#233;tat-major : le congr&#232;s (domin&#233; par la droite) nommait un pr&#233;sident int&#233;rimaire &#171; mod&#233;r&#233; &#187; en attendant des &#233;lections anticip&#233;es, en &#233;change d'un retour au calme. Le 9 juin l'amiral Luis Aranda, alors commandant en chef des forces arm&#233;es boliviennes, faisait une d&#233;claration officielle en faveur de cette op&#233;ration : &lt;em&gt;&#171; le Congr&#232;s doit interpr&#233;ter, de la mani&#232;re la plus claire possible, le sentiment du peuple &#187;.&lt;/em&gt; Peuple dont il avait bien du sang sur les mains. Les classes populaires &#233;taient donc convi&#233;es &#224; rentrer &#224; la maison, leurs organisations de lutte &#224; patienter, &#224; se mettre en veilleuse, et surtout &#224; ne rien faire pour &#233;branler les piliers de l'appareil d'Etat. Pour le MAS, il fallait donc d&#233;sormais tout miser sur la future &#233;lection pr&#233;sidentielle et le triomphe du camarade Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et demain ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on peut saluer chez Morales une relative d&#233;termination face aux grandes compagnies qui pillent son pays, on peut aussi consid&#233;rer qu'il n'avait gu&#232;re le choix. Reste encore &#224; savoir &#224; quoi l'argent repris aux multinationales pour mieux doter le budget de l'Etat sera employ&#233;. Sans doute Morales comme Chavez, voudra &#224; la fois tenter de construire un embryon d'industrie nationale bas&#233; sur ces ressources, d&#233;velopper des programmes sociaux, relever (un peu) le salaire minimum. (Il vient de le doubler, mais il est vrai que la somme est si faible !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour changer profond&#233;ment et durablement les conditions d'existence des classes populaires, il faudrait bien d'autres mesures : transformer les structures m&#234;mes de l'&#233;conomie. La timide r&#233;forme agraire qui vient d'&#234;tre annonc&#233;e semble bien &#233;loign&#233;e d'un tel objectif. Des familles de petits paysans et des communaut&#233;s indiennes ont re&#231;u 24 800 kilom&#232;tres carr&#233;s de terres, prises sur le domaine... public. Il s'agirait en d&#233;finitive de redistribuer deux millions d'hectares de terres de l'Etat, puis, seulement apr&#232;s, l'Etat tenterait de r&#233;cup&#233;rer des terres priv&#233;es sous-exploit&#233;es ou &#171; usurp&#233;es &#187;. On voit mal du coup comment une telle r&#233;forme pourrait r&#233;ellement s'attaquer &#224; la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re priv&#233;e, qui accapare les meilleures terres du pays. La Bolivie atteint m&#234;me les records br&#233;siliens d'in&#233;galit&#233; dans la r&#233;partition : alors que la moiti&#233; de la population est rurale, 90 % des terres seraient exploit&#233;es par seulement 50 000 familles, le reste &#233;tant laiss&#233; &#224; la sueur de trois millions de petits paysans. On compte &#233;galement 250 000 paysans sans terre, dont certains n'attendent pas la tr&#232;s hypoth&#233;tique r&#233;alisation des promesses du gouvernement. Des occupations se sont multipli&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es, et les milices arm&#233;es par les grands propri&#233;taires ont abattu des dizaines de paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morales semble pr&#234;t &#224; imiter ainsi la politique que m&#232;ne Chavez au Venezuela, mais avec moins de moyens que celui-ci. Evitant d'un c&#244;t&#233; de trop irriter les grandes puissances qui veillent aux int&#233;r&#234;ts de leur multinationales, il veut de toute &#233;vidence trouver un compromis d'une part avec les classes populaires, qui ont prouv&#233; leur force ces derni&#232;res ann&#233;es et qui l'ont port&#233; au pouvoir, et d'autre part l'appareil d'Etat bolivien, son arm&#233;e, et la bourgeoisie. Il est remarquable d'ailleurs que les milieux patronaux, y compris la bourgeoisie de Santa Cruz, l&#224; o&#249; sont concentr&#233;es les r&#233;serves de gaz, n'ont en rien critiqu&#233; la nationalisation, car apr&#232;s tout eux aussi peuvent esp&#233;rer n&#233;gocier &#224; cette occasion un partage plus favorable des b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait beaucoup de monde &#224; essayer de contenter. Que se passera-t-il quand retomberont les prix mondiaux du p&#233;trole, et avec eux ceux du gaz, quand ces nouvelles rentr&#233;es financi&#232;res pour l'Etat se tariront ? Alors que Morales se sera appuy&#233; sur l'arm&#233;e, comment se comportera-t-il vis-&#224;-vis des luttes des travailleurs, qu'il aura jusque-l&#224; davantage tent&#233; d'apaiser que de favoriser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre Morales refusera-t-il de faire ces choix. Peut-&#234;tre m&#234;me, pourquoi pas, aura-t-il le culot de demander &#224; la bourgeoisie bolivienne de payer au moins une part de la facture ? De tels hommes, l'Am&#233;rique du sud en a d&#233;j&#224; connus, certains ont fini renvers&#233;s, voire ex&#233;cut&#233;s, par l'arm&#233;e sur laquelle ils avaient incit&#233; les classes populaires &#224; compter, et qu'ils avaient m&#234;me recommand&#233;e &#224; la confiance de leurs &#233;lecteurs et partisans... Le malheur, c'est que ce genre de politiciens entra&#238;ne alors tous les travailleurs dans leur chute, et on retourne &#224; la case d&#233;part, celle o&#249; la bourgeoisie gouverne &#224; l'aise, et s'arrange avec les grandes compagnies &#233;trang&#232;res pour organiser le pillage des richesses du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;cret de Morales ne peut certes que rencontrer le soutien des r&#233;volutionnaires. Et ici en France en particulier, il doit alerter notre vigilance contre d'&#233;ventuelles men&#233;es d'un groupe comme Total ou du gouvernement fran&#231;ais, visant &#224; s'opposer &#224; sa mise en &#339;uvre ou &#224; la faire payer au peuple bolivien. Mais la population bolivienne, pour d&#233;fendre ce qui est d&#233;j&#224; acquis et surtout pour acc&#233;der plus pleinement aux richesses nationales et au produit de son travail ne pourra compter, comme elle l'a d&#233;j&#224; fait depuis cinq ans, que sur ses luttes et son organisation ind&#233;pendante afin d'assurer elle-m&#234;me le pouvoir. Sans laisser son sort entre les mains de Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30-06-2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Tribune : Bolivie : le gouvernement du MAS et le processus r&#233;volutionnaire
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		<dc:date>2006-06-28T11:36:55Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Tribune
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		<dc:subject>Bolivie
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		<description>Convergences r&#233;volutionnaires entend contribuer aux d&#233;bats de l'extr&#234;me gauche et ouvre ses colonnes aux groupes et militants communistes et r&#233;volutionnaires. Ci-dessous, une tribune que nous ont fait parvenir les militants argentins et boliviens de la Fraction trotskyste pour la Quatri&#232;me internationale. Depuis l'an 2000 et la &#171; Guerre de l'eau &#187; de Cochabamba jusqu'au soul&#232;vement insurrectionnel spontan&#233; d'Octobre 2003 et les journ&#233;es de Juin 2005, la Bolivie a connu cinq ann&#233;es&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-46-juillet-aout-2006-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 46, juillet-ao&#251;t 2006
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Convergences r&#233;volutionnaires&lt;em&gt; entend contribuer aux d&#233;bats de l'extr&#234;me gauche et ouvre ses colonnes aux groupes et militants communistes et r&#233;volutionnaires. Ci-dessous, une tribune que nous ont fait parvenir les militants argentins et boliviens de la Fraction trotskyste pour la Quatri&#232;me internationale.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis l'an 2000 et la &#171; Guerre de l'eau &#187; de Cochabamba jusqu'au soul&#232;vement insurrectionnel spontan&#233; d'Octobre 2003 et les journ&#233;es de Juin 2005, la Bolivie a connu cinq ann&#233;es intenses de lutte de classe au cours desquelles les masses ont fait tomber deux pr&#233;sidents.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de masse a accumul&#233; une grande exp&#233;rience de lutte et d'organisation. On songera ainsi &#224; la Coordination pour l'eau et la vie de Cochabamba, aux blocages routiers paysans aymara ou aux Comit&#233;s de quartier (Fejuve) de El Alto, la grande banlieue ouvri&#232;re et populaire de La Paz, et &#224; leur r&#244;le au cours de l'insurrection d'Octobre. Les grands mouvements d'Octobre et de Juin n'ont pourtant pas mis fin &#224; l'ordre constitutionnel. Dans les deux cas, la succession &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat s'est faite dans le cadre parlementaire. Les mouvements n'ont pas non plus mis en &#233;chec l'arm&#233;e et la police. Enfin, aucun organe r&#233;el et d'envergure de double pouvoir n'a vu le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation r&#233;volutionnaire que traverse la Bolivie a donc avanc&#233; autant qu'elle a pu dans le cadre des limites impos&#233;es par les organisations r&#233;formistes et bureaucratiques (cf. le r&#244;le d&#233;cisif jou&#233; par le MAS&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouvement Vers le Socialisme, MAS, dirig&#233; par Evo Morales, actuel pr&#233;sident (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; - et, dans une moindre mesure, les capitulations du MIP&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le MIP est un parti indig&#233;niste de base aymara de moindre envergure qui a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et de la direction de la COB&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien que n'ayant plus le m&#234;me poids qu'auparavant, la Centrale Ouvri&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; - pour permettre &#224; la bourgeoisie de gagner du temps). De plus, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, c'est le combatif mouvement paysan et indig&#232;ne qui s'est retrouv&#233; au centre de la sc&#232;ne politique alors que le prol&#233;tariat, durement touch&#233; par la restructuration capitaliste des ann&#233;es 1980 et 1990, n'est pas intervenu dans son ensemble en tant que sujet social et politique diff&#233;renci&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le MAS au gouvernement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement d'Evo Morales incarne un projet de front populaire qui s'appuie sur les organisations de masses pour canaliser leurs &#233;nergies par une politique de r&#233;formes partielles en collaboration avec la bourgeoisie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce caract&#232;re se lit dans la composition du gouvernement o&#249; si&#232;gent, c&#244;te &#224; c&#244;te, des repr&#233;sentants traditionnels de la bourgeoisie et des dirigeants reconnus du mouvement social et indig&#232;ne dont le r&#244;le est de donner une image &#171; populaire &#187; du gouvernement. En tant qu'administrateur de l'&#201;tat semi-colonial, le MAS poursuit donc son r&#244;le de frein de la lutte de classe qu'il a jusqu'ici men&#233; &#224; bien. Cette politique n'en est pas moins fortement teint&#233;e de contradictions d&#233;coulant du caract&#232;re semi-colonial d'un pays comme la Bolivie, asphyxi&#233; par la domination imp&#233;rialiste. Le MAS essaie d'&#233;largir sa marge de man&#339;uvre afin de favoriser le d&#233;veloppement d'un capitalisme national - le fameux &#171; capitalisme andino-amazonien &#187; du vice-pr&#233;sident Garc&#237;a Linera - en r&#233;formant le r&#233;gime politique - convocation d'une Assembl&#233;e constituante - et en n&#233;gociant avec le capital &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les mesures prises par Morales en mai&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ses trois premiers mois &#224; la t&#234;te du pays, le gouvernement du MAS n'a cess&#233; de faire des concessions &#224; la droite sans modifier la politique &#233;conomique men&#233;e par les cabinets pr&#233;c&#233;dents, n&#233;gociant avec l'opposition r&#233;actionnaire pour que soit possible la tenue d'une Assembl&#233;e constituante dont le sort a &#233;t&#233; li&#233; au r&#233;f&#233;rendum fait sur mesure pour les oligarchies r&#233;gionales&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La bourgeoisie latifundiste des provinces orientales de la Bolivie, Santa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Cette politique a donn&#233; un coup de fouet &#224; la droite et a oblig&#233; Morales &#224; reprendre l'initiative en adoptant le D&#233;cret 28 701. Annonc&#233; le premier mai, il pr&#233;voit, entre autres mesures, la &#171; nationalisation des hydrocarbures &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec la nationalisation des hydrocarbures, Morales n'entend en fait que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit en fait d'un &#171; virage semi-nationaliste &#187; de la part du MAS qui entend durcir le ton d'un discours au contenu somme toute tr&#232;s mod&#233;r&#233; visant en fait &#224; ren&#233;gocier les contrats d'exploitation avec les multinationales p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res et les latifundistes, en &#233;vitant d'en appeler &#224; la mobilisation des masses et contribuant de surcro&#238;t &#224; redorer le blason de l'arm&#233;e en lui confiant la t&#226;che d'occuper les installations p&#233;troli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La r&#233;action bourgeoise et imp&#233;rialiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le caract&#232;re limit&#233; des mesures adopt&#233;es, le D&#233;cret n'en a pas moins suscit&#233; l'opposition d'importants secteurs bourgeois, notamment les entrepreneurs, financiers et latifundistes enrichis au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es des quelques miettes que leur laissent les Majors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, bien que la bourgeoisie de Santa Cruz et PODEMOS, la coalition de droite de Tuto Quiroga, candidat malheureux aux derni&#232;res pr&#233;sidentielles, sont les opposants les plus farouches du D&#233;cret, le gros de la classe dominante est plus favorable &#224; une approche mod&#233;r&#233;e visant &#224; faire pression sur le MAS. C'est &#233;galement la ligne de l'imp&#233;rialisme, consistant &#224; faire pression et &#224; temporiser, notamment par le biais de ses agents r&#233;gionaux, les pr&#233;sidents Lula et Kirchner, alors que Ch&#225;vez renforce son r&#244;le r&#233;gional &#224; travers son rapprochement avec Morales, garantissant ainsi sa mod&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, bien que s'ouvre probablement une phase de tiraillements et de tensions politiques au cours de laquelle le MAS sera appel&#233; &#224; jouer un r&#244;le de m&#233;diateur entre les espoirs des masses - qui ont fait de la lutte pour la nationalisation des hydrocarbures une des revendications nationales - et la pression de la bourgeoisie et de l'imp&#233;rialisme. Ces tiraillements et tensions seront bien entendu &#224; l'ordre du jour des d&#233;bats de la future Assembl&#233;e constituante. Quelle doit donc &#234;tre la politique des socialistes r&#233;volutionnaires pour mettre la r&#233;action en &#233;chec et d&#233;velopper de concert la mobilisation ind&#233;pendante des masses ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Une politique r&#233;volutionnaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le programme du cabinet masiste ne r&#233;pond pas aux revendications populaires et pr&#233;serve la grande propri&#233;t&#233; et le pouvoir &#233;conomique qui constituent l'assise des forces r&#233;actionnaires. Sans rompre avec le grand capital et l'imp&#233;rialisme, il n'est pas possible de r&#233;soudre les probl&#232;mes agraires, d&#233;mocratiques et nationaux qui ne sont que le sous-produit d'un d&#233;veloppement capitaliste rachitique et de l'oppression imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que socialistes r&#233;volutionnaires, nous appelons &#224; ne pas apporter le moindre soutien au gouvernement actuel, &#224; maintenir l'ind&#233;pendance politique des syndicats et accompagner patiemment les masses dans leur exp&#233;rience politique, en luttant pour d&#233;velopper leur mobilisation et pour qu'elles ne comptent que sur leurs propres forces et m&#233;thodes de lutte : l'auto-organisation ouvri&#232;re et populaire ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le MAS se voit oblig&#233; de prendre des mesures conduisant &#224; un affrontement r&#233;el avec des secteurs bourgeois et les multinationales, nous nous situons du c&#244;t&#233; de la lutte de classe des masses contre la r&#233;action et l'imp&#233;rialisme, sans pour autant appuyer politiquement le gouvernement et sans laisser de c&#244;t&#233; le combat pour une strat&#233;gie de pouvoir ouvrier et paysan, ce qui aujourd'hui signifie lutter pour la constitution de comit&#233;s et autres organismes de front unique des masses afin d'unifier les forces sociales en partant des revendications les plus imm&#233;diates dans la perspective de d&#233;faire la r&#233;action bourgeoise et imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une t&#226;che centrale est aujourd'hui de contribuer &#224; la r&#233;organisation de la classe ouvri&#232;re en unifiant ses rangs et en combattant pour l'ind&#233;pendance politique la plus large, lui permettant de se pr&#233;parer &#224; disputer &#224; d'autres secteurs l'h&#233;g&#233;monie sur le mouvement social, en liant les revendications ouvri&#232;res aux grands probl&#232;mes nationaux comme l'expulsion des multinationales, la renationalisation sous contr&#244;le ouvrier et des usagers des entreprises privatis&#233;es, la r&#233;volution agraire, la liquidation de toutes les formes d'oppression raciste, la lutte pour une Assembl&#233;e constituante. Ce combat est central pour que le monde du travail puisse diriger l'alliance ouvri&#232;re, paysanne et populaire n&#233;cessaire pour en finir avec la domination bourgeoise et imp&#233;rialiste, autant de t&#226;ches que seul, &#224; partir de la conqu&#234;te r&#233;volutionnaire du pouvoir, un gouvernement ouvrier, paysan et indig&#232;ne bas&#233; sur les organisations de masses pourra mener &#224; bien, d&#233;butant par l&#224; m&#234;me la construction du socialisme et en &#233;tendant internationalement le processus &#224; travers la lutte pour une Conf&#233;d&#233;ration de R&#233;publiques Socialistes d'Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Pour la solidarit&#233; internationale &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans leur lutte, les masses combatives du petit pays andin ont besoin de l'appui d'un alli&#233; fondamental : les travailleurs et la jeunesse des pays centraux. Une campagne active de d&#233;nonciation du r&#244;le des multinationales couvertes par leurs gouvernements imp&#233;rialistes, comme Total en France par exemple, de la part des socialistes r&#233;volutionnaires de France, de l'&#201;tat espagnol ou des &#201;tats-Unis, d&#233;fendant le droit &#224; la nationalisation de la Bolivie de ses ressources strat&#233;giques sous contr&#244;le ouvrier serait un grand pas en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Paz, 15 juin 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eduardo MOLINA&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eduardo Molina est un des dirigeants de la Ligue Ouvri&#232;re R&#233;volutionnaire-Quatri&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Mouvement Vers le Socialisme, MAS, dirig&#233; par Evo Morales, actuel pr&#233;sident du pays, &#233;lu en d&#233;cembre 2005 [NdT].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le MIP est un parti indig&#233;niste de base aymara de moindre envergure qui a jou&#233; un r&#244;le important dans les mouvements sociaux qui ont travers&#233; l'Altiplano Nord et El Alto [NdT].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bien que n'ayant plus le m&#234;me poids qu'auparavant, la Centrale Ouvri&#232;re Bolivienne, la principale conf&#233;d&#233;ration syndicale du pays, continue &#224; jouer un r&#244;le politique et de r&#233;f&#233;rent id&#233;ologique d'importance [NdT].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La bourgeoisie latifundiste des provinces orientales de la Bolivie, Santa Cruz et Tarija, dont les int&#233;r&#234;ts propres sont intrins&#232;quement li&#233;s &#224; ceux des multinationales gazi&#232;res pr&#233;sentes dans ces r&#233;gions, revendique une plus grande autonomie par rapport au pouvoir central de La Paz afin d'administrer plus directement les retomb&#233;es &#233;conomiques d&#233;coulant du pillage des hydrocarbures [NdT].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Avec la nationalisation des hydrocarbures, Morales n'entend en fait que modifier les r&#232;gles du jeu des contrats d'exploitation sans pour autant changer substantiellement l'&#233;tat de fait faisant des Majors l'acteur central des juteux contrats d'exploitation et de commercialisation des hydrocarbures. La &#171; r&#233;volution agraire &#187; annonc&#233;e modifie &#224; la marge la pr&#233;c&#233;dente loi n&#233;o-lib&#233;rale de &#171; r&#233;forme agraire &#187; sans liquider la grande propri&#233;t&#233; terrienne. En m&#234;me temps, la politique mini&#232;re bas&#233;e sur la privatisation des ressources reste la m&#234;me comme le d&#233;montre l'affaire du Mut&#250;n, un des principaux gisements ferreux mondial. La fameuse &#171; dignification du travail &#187; qu'entend d&#233;fendre le MAS &#224; travers, notamment, l'abrogation du contrat de gr&#233; &#224; gr&#233; reste lettre morte dans la mesure o&#249; ce sont les pratiques h&#233;rit&#233;es de la dictature qui restent en vigueur dans les usines. Pour ce qui est des accords pass&#233;s avec le Venezuela et Cuba, il ne s'agit que d'une mesure de pression destin&#233;e &#224; &#233;largir la marge de man&#339;uvre de la Bolivie &#224; l'&#233;gard des &#201;tats-Unis et des pays limitrophes les plus importants comme le Br&#233;sil, l'Argentine et le Chili sans rompre en rien avec l'imp&#233;rialisme [NdT].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eduardo Molina est un des dirigeants de la Ligue Ouvri&#232;re R&#233;volutionnaire-Quatri&#232;me Internationaliste de Bolivie (LOR-CI), membre de la Fraction Trotskyste pour la Quatri&#232;me Internationale (FTQI). C'est un des r&#233;dacteurs de &lt;em&gt;Palabra Obrera&lt;/em&gt;, journal de la LOR-CI. Pour une analyse plus fouill&#233;e du processus bolivien voir un ensemble d'articles se trouvant sur le site francophone de la FTQI. [NdT]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Bolivie et Equateur : deux mouvements, une seule perspective
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		<dc:date>2005-10-13T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Bolivie
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		<dc:subject>&#201;quateur
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		<description>Bolivie (mai-juin 2005) et Equateur (avril et ao&#251;t 2005), ont &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de luttes dans lesquelles les travailleurs, les ch&#244;meurs, les &#233;tudiants, les Indiens et les paysans se sont oppos&#233;s aux gouvernants et &#224; la bourgeoisie. Ces mobilisations massives ont bloqu&#233; totalement les capitales, La Paz (Bolivie) et Quito (Equateur), l'activit&#233; &#233;conomique, administrative et politique, les communications et l'approvisionnement ainsi qu'une grande partie de la production et de la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Equateur-+" rel="tag"&gt;&#201;quateur
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Bolivie (mai-juin 2005) et Equateur (avril et ao&#251;t 2005), ont &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de luttes dans lesquelles les travailleurs, les ch&#244;meurs, les &#233;tudiants, les Indiens et les paysans se sont oppos&#233;s aux gouvernants et &#224; la bourgeoisie. Ces mobilisations massives ont bloqu&#233; totalement les capitales, La Paz (Bolivie) et Quito (Equateur), l'activit&#233; &#233;conomique, administrative et politique, les communications et l'approvisionnement ainsi qu'une grande partie de la production et de la distribution d'hydrocarbures des deux pays, contraignant leurs pr&#233;sidents &#224; la d&#233;mission. Depuis plus de cinq ans, ce ne sont ni les &#233;lections ni les coups d'&#233;tat qui d&#233;font les gouvernements &#233;quatoriens et boliviens : c'est la rue. En Bolivie comme en Equateur, ce sont les organisations ouvri&#232;res, plut&#244;t que les organisations paysannes ou indiennes, qui ont marqu&#233; la lutte, notamment par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Les puits ont &#233;t&#233; bloqu&#233;s par des salari&#233;s du p&#233;trole et du gaz eux-m&#234;mes, travaillant &#224; la production, au raffinage et &#224; la distribution, et non plus par des manifestants ext&#233;rieurs. Des milliers d'autres salari&#233;s de multiples secteurs (sant&#233;, mines, transport, &#233;ducation...) se sont &#233;galement mobilis&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bolivie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;La r&#233;volution ouvri&#232;re de 1952 et ses cons&#233;quences
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si la Bolivie est souvent connue &#224; l'ext&#233;rieur parce que Che Guevara y a men&#233; sa derni&#232;re gu&#233;rilla dans les campagnes, son histoire est essentiellement marqu&#233;e durant plusieurs d&#233;cennies par des luttes ouvri&#232;res tr&#232;s dures, sanglantes le plus souvent, mais aussi parfois victorieuses. Et ce pays a connu la seule v&#233;ritable r&#233;volution prol&#233;tarienne de toute l'Am&#233;rique Latine, celle de 1952. Celle-ci, dirig&#233;e par les organisations ouvri&#232;res (organisations syndicales comme la puissante f&#233;d&#233;ration des mineurs de Juan Lechin et organisations politiques r&#233;volutionnaires comme le POR trotskyste de Guillermo Lora), a &#233;clat&#233; en avril 1952, avec pour principale force les mineurs arm&#233;s. Ce sont eux qui ont pris les bases militaires a&#233;riennes, gagn&#233; la bataille de La Paz et pris le pouvoir le 11 avril 1952. Mais ces organisations, toutes sans exception, ont remis ce pouvoir au MNR de Paz Estenssoro. Ce parti r&#233;formiste au pass&#233; national-socialiste, pr&#233;tendait r&#233;aliser un vaste programme d'ind&#233;pendance nationale et de d&#233;veloppement &#233;conomique. Il avait un large soutien dans la population, notamment dans la petite bourgeoisie, mais ne disposait d'aucune force capable de faire tomber le r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MNR faisait illusion, en se disant favorable &#224; la nationalisation des mines. En 1952, si l'Etat bourgeois a pu nationaliser les richesses du sous-sol, sous la pression r&#233;volutionnaire des travailleurs, ce ne fut certainement pas pour les mettre au service des exploit&#233;s. Paz Estenssoro ne s'est attaqu&#233; qu'aux mines d'&#233;tain et encore, seulement celles des trois plus grandes compagnies. Contrairement aux promesses faites, il les a indemnis&#233;es et c'est la population qui en a pay&#233; le prix. Loin d'aider au d&#233;veloppement du pays, la nationalisation avec indemnisation a amen&#233; l'&#233;conomie bolivienne au bord du gouffre, paup&#233;ris&#233; les travailleurs et les paysans et rendu le pays encore plus d&#233;pendant. Le nationalisme pr&#233;tendument anti-imp&#233;rialiste de la petite bourgeoisie et d'une partie de la bourgeoisie et des chefs militaires a montr&#233; ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La haute bourgeoisie, momentan&#233;ment d&#233;stabilis&#233;e, a tr&#232;s vite repris le contr&#244;le du gouvernement. Le pouvoir a cependant &#233;t&#233; contraint d'associer les directions syndicales au r&#233;gime durant les ann&#233;es qui ont suivi, et surtout, la classe ouvri&#232;re s'est sentie assez forte pour mener des combats importants et faire reculer patrons et gouvernants. La centrale ouvri&#232;re COB, construite le 16 avril 1952, dans la foul&#233;e de la r&#233;volution, est rest&#233;e une &#233;pine dans le pied du pouvoir (m&#234;me si son leader Juan Lechin est devenu par la suite ministre des mines !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations syndicales ouvri&#232;res se sont oppos&#233;es directement &#224; Paz Estenssoro d&#232;s 1956, alors qu'il lan&#231;ait un plan &#233;conomique de sacrifices impos&#233; par les USA. En 1963 et 1964, le leader nationaliste restructurait les mines d'Etat et brisait toute protestation en faisant tirer &#224; balles sur les mineurs. Finalement les militaires prenaient le pouvoir et, pour de nombreuses ann&#233;es, la Bolivie entrait dans l'&#232;re des coups d'&#233;tat. Les chefs militaires, notamment le g&#233;n&#233;ral Barrientos, tenaient un discours nationaliste, populiste d&#233;magogique. Ils gagnaient une certaine popularit&#233; dans les campagnes mais amplifiaient encore les attaques contre les ouvriers qui ripostaient, notamment de mai &#224; septembre 1965.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1969, le pouvoir devait &#224; nouveau composer avec le mouvement ouvrier, r&#233;int&#233;grant m&#234;me des mineurs licenci&#233;s en 1965. Les travailleurs, et tout particuli&#232;rement les mineurs, rest&#232;rent une force invaincue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;1971-1985 : nouvelle offensive contre les travailleurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1971, le coup d'&#233;tat militaire du g&#233;n&#233;ral Hugo Banzer est dirig&#233; directement contre la classe ouvri&#232;re. Les syndicats ouvriers sont d&#233;clar&#233;s ill&#233;gaux en 1974, de m&#234;me que les gr&#232;ves ouvri&#232;res. C'est encore &#224; la r&#233;sistance des travailleurs des mines et du textile que se heurte en 1975 la dictature. Les droits politiques sont suspendus. Les mines, occup&#233;es militairement, mais les gr&#232;ves continuent tout au long des ann&#233;es 1975 &#224; 1977. En 1979, la classe ouvri&#232;re r&#233;pond par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale au coup d'&#233;tat du colonel Busch. En juillet 1980, le pr&#233;sident Garcia Meza, &#224; l'&#233;cole des militaires tortionnaires argentins, fait assassiner de nombreux leaders ouvriers et bombarde les mines. De 1982 &#224; 1985, sous la pr&#233;sidence de Siles Suazo, une vague de gr&#232;ves ouvri&#232;res est organis&#233;e par la centrale syndicale COB. En mars 1985, celle-ci am&#232;ne 10.000 mineurs arm&#233;s de dynamite &#224; La Paz pour une &#171; marche contre la faim &#187; qui se transforme en vingt jours de si&#232;ge de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra le retour au pouvoir de Paz Estenssoro en 1985, l'ancien vainqueur de la r&#233;volution de 1952, pour v&#233;ritablement briser la force politique et sociale de la classe ouvri&#232;re bolivienne. C'est apr&#232;s une entente avec l'ex-dictateur Banzer qu'Estenssoro devient pr&#233;sident et il annonce imm&#233;diatement une remise au pas des mineurs. Les mines d'Etat sont d&#233;clar&#233;es non rentables et r&#233;organis&#233;es en vue d'&#234;tre privatis&#233;es. Onze mines ferment et 23.000 mineurs sont licenci&#233;s. En septembre 1985, la COB d&#233;clenche la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e. Le gouvernement r&#233;plique par la loi martiale, arr&#234;te des centaines de leaders syndicalistes. En 1986, 30.000 mineurs, 18.000 ouvriers, 20.000 employ&#233;s de banque et des milliers d'employ&#233;s d'Etat sont licenci&#233;s. Une nouvelle confrontation a lieu en ao&#251;t 1986, au cours de laquelle 10.000 mineurs envahissent la capitale. Elle se solde par un nouvel &#233;chec : &#224; nouveau la loi martiale et l'arrestation des leaders. Juan Lechin, ayant &#233;chou&#233; dans une nouvelle tentative de conciliation, d&#233;missionne de la direction de la COB qui va d&#233;sormais d&#233;river de plus en plus &#224; droite, devenant m&#234;me l'auxiliaire de la dictature. Pour les mineurs, c'est la r&#233;pression, les licenciements, la mis&#232;re et la d&#233;moralisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;1993-2001 : Indiens et paysans en t&#234;te&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de salari&#233;s licenci&#233;s, en particulier les mineurs, sont contraints, pour survivre, de devenir planteurs de coca. Ils apportent au mouvement paysan une exp&#233;rience de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ouvriers mis au pas, c'est la paysannerie et les Indiens qui tiennent dor&#233;navant le devant de la sc&#232;ne dans la protestation collective. La r&#233;pression lanc&#233;e d&#232;s 1988 contre les paysans de la coca par le gouvernement bolivien, &#224; la demande des USA, provoque de nombreuses r&#233;actions et contribue &#224; leur organisation autour des syndicats paysans et des partis indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1993, le gouvernement proc&#232;de &#224; des privatisations massives (chemin de fer, p&#233;trole, &#233;lectricit&#233;, fonderies, t&#233;l&#233;communications, compagnies a&#233;riennes). Les services publics se d&#233;gradent. La mis&#232;re augmente, tout particuli&#232;rement dans les campagnes. Les cocaleros (des paysans cultivant la feuille de coca et non des trafiquants de la coca&#239;ne), organis&#233;s notamment par Evo Morales, m&#232;nent la lutte depuis 1997. La r&#233;volte contre la mainmise sur le service public de l'eau par le trust am&#233;ricain &lt;em&gt;Bechtel&lt;/em&gt; d&#233;bute en avril 2000 dans la vall&#233;e de Cochabamba. La population descend dans la rue, construit des centaines de barricades, occupe pendant plusieurs jours la place principale et fait reculer Hugo Banzer. En avril 2000, le service de l'eau est retir&#233; &#224; &lt;em&gt;Bechtel&lt;/em&gt;. La Coordination de l'eau regroupe d&#233;sormais producteurs de coca, cultivateurs, ouvriers et &#233;tudiants. La lutte se poursuit en 2001 (d'avril &#224; septembre) avec la r&#233;volte des paysans de la coca dirig&#233;e par Evo Morales et Felipe Quispe, les deux principaux leaders indiens paysans. En juin 2002, cette radicalisation paysanne se traduit sur le plan politique par le score &#233;lectoral important (21% des voix malgr&#233; un truquage manifeste) pour Evo Morales qui a fond&#233; le MAS, Mouvement pour le Socialisme, un parti de type social-d&#233;mocrate. Le MAS choisit de reconna&#238;tre les r&#233;sultats truqu&#233;s et se donne d&#233;sormais pour objectif la conqu&#234;te du gouvernement par les &#233;lections. Cela n'emp&#234;che pas le gouvernement de continuer la r&#233;pression des paysans de la coca (20 morts).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;2003 : La lutte passe de la campagne aux villes, la classe ouvri&#232;re repart &#224; l'offensive&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un mouvement de masse des ch&#244;meurs et des jeunes est d&#233;clench&#233; contre les nouveaux imp&#244;ts promulgu&#233;s en f&#233;vrier 2003. Des affrontements opposent la police mutin&#233;e et l'arm&#233;e. En avril 2003, la centrale syndicale COB se radicalise lors de son congr&#232;s et &#233;lit une nouvelle direction. Un nouveau mouvement des paysans surgit en septembre 2003 contre le plan d'&#233;radication de la coca. Il est suivi d'une lutte conjointe des paysans et des travailleurs contre l'exportation du gaz vers les USA, en septembre-octobre 2003. Trois forces en mouvement s'additionnent alors, se coordonnent et se renforcent mutuellement : les paysans, les Indiens et les travailleurs, sans que ces derniers aient un r&#244;le dirigeant. Les Indiens sont r&#233;volt&#233;s par l'oppression sp&#233;cifique qui les frappe. Il existe pr&#232;s de trente ethnies indiennes (aymaras, quechuas, guaranis...) en Bolivie, elles regroupent ensemble pr&#232;s de 80% de la population et c'est de loin la fraction la plus pauvre. La question de la vente du gaz bolivien devient vite le point commun des mouvements sociaux des campagnes et des villes. La revendication de &#171; &lt;em&gt;la renationalisation du gaz bolivien sans indemnisation &lt;/em&gt; &#187; alors mise en avant, est un objectif que la bourgeoisie bolivienne ne peut satisfaire sans renoncer &#224; la plus grande part de ses revenus et &#224; ses bonnes relations avec l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul 18% des revenus du gaz &#233;chappent aux trusts &#233;trangers, Petrobras (Br&#233;sil), Repsol (Espagne), ExxonMobil (&#201;tats-Unis) et Total (France). Le trust fran&#231;ais Total poss&#232;de &#224; lui seul 23% des r&#233;serves de gaz de la Bolivie. Malgr&#233; des r&#233;serves de gaz estim&#233;es &#224; 100 milliards de dollars (deuxi&#232;me pays producteur d'Am&#233;rique Latine apr&#232;s le Venezuela) et celles de p&#233;trole estim&#233;es &#224; 27 milliards de dollars, la Bolivie est le deuxi&#232;me pays le plus pauvre de l'Am&#233;rique du sud, juste devant Ha&#239;ti ! Cinq mille familles riches d&#233;tiennent 1 700 millions de dollars en banque pendant que 600 000 familles pauvres doivent survivre avec moins de 41 euros par mois. 63% de la population vit en dessous du minimum vital. Le peuple bolivien, qui a d&#233;j&#224; vu lui passer sous le nez l'or, l'argent, l'&#233;tain et le p&#233;trole, refuse qu'on lui vole encore le gaz !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 2003, le gouvernement veut vendre le gaz &#224; la multinationale Pacific LNG. Le 15 septembre 2003, les paysans de la r&#233;gion de Titicaca bloquent les autoroutes pour protester contre la vente du gaz aux USA. Le 17 septembre 2003, ils sont rejoints par les faubourgs de Cochamba et de la Paz. Le 19 septembre, 150.000 manifestants occupent les principales villes du pays exigeant la r&#233;cup&#233;ration du gaz par le peuple et le d&#233;part du pr&#233;sident Lozada. Le 20 septembre, suite &#224; un massacre de manifestants bloquant routes et chemin de fer &#224; Warisata, c'est la mobilisation g&#233;n&#233;rale. Le 24 septembre, un blocage massif des routes est organis&#233;. Le 29 septembre, la centrale syndicale COB appelle &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e. A la surprise g&#233;n&#233;rale, y compris celle des dirigeants de la centrale, le mot d'ordre du syndicat est tr&#232;s suivi et la gr&#232;ve s'&#233;tend r&#233;ellement. Les mineurs d&#233;cident de marcher sur La Paz. A El Alto, (faubourg de 800.000 habitants dominant La Paz sur la hauteur de l'altiplano &#224; 4000 m d'attitude, et banlieue-dortoir qui regroupe les indiens paup&#233;ris&#233;s et urbanis&#233;s dans des taudis en parpaings), les forces de l'ordre interviennent et tuent deux personnes, acc&#233;l&#233;rant ainsi la mobilisation autour d'El Alto. Avec l'appui des indiens Aymaras, El Alto devient, &#224; partir du 6 octobre, l'&#233;picentre de la r&#233;volte. La mobilisation y est conduite par la F&#233;d&#233;ration des comit&#233;s de quartiers, la FeJuve, dirig&#233;e par Abel Mamani et par la Centrale syndicale COR d'Edgar Patani, (syndicat r&#233;gional d'El Alto, membre de la COB mais relativement ind&#233;pendant). Le mouvement d'El Alto contamine d'autres villes (Oruro, Chuquisaca, Potosi, Cochamba). Au bout d'une semaine de lutte, le leader des cocaleros de la vall&#233;e de Cochamba, Evo Morales, rejoint la lutte. Du 9 au 11 octobre, une attaque militaire d'El Alto provoque un massacre (50 morts sur les 80 victimes que fait la r&#233;pression en octobre). Le 10 octobre, la route d'El Alto &#224; La Paz est envahie par l'arm&#233;e (h&#233;licopt&#232;res, chars, camions de troupes). La population d'El Alto massivement mobilis&#233;e met en d&#233;route les forces de l'ordre et d&#233;met toutes les autorit&#233;s locales pour s'autog&#233;rer. Du 12 au 16 octobre 2003, un v&#233;ritable soul&#232;vement part de la ville d'El Alto vers La Paz. Le 12 octobre, la COB appelle &#224; la r&#233;sistance civile et &#224; la chute du gouvernement de Lozada. Le 13 octobre, apr&#232;s 48 heures de face &#224; face dans El Alto entre les forces de l'ordre et les manifestants, ces derniers descendent sur La Paz qui est compl&#232;tement occup&#233;e. Le 14 octobre, il y a un million et demi de manifestants aux fun&#233;railles des morts d'El Alto. Le 15 octobre, les mineurs de Huamani marchent eux aussi sur La Paz arm&#233;s de b&#226;tons de dynamite et font reculer l'arm&#233;e. Le 17 octobre 2003, alors que 200.000 manifestants encerclent le congr&#232;s, le pr&#233;sident Sanchez de Lozada d&#233;missionne. Son successeur Carlos Mesa, qui est son vice-pr&#233;sident, fait trois promesses : organiser un r&#233;f&#233;rendum sur la question du gaz, voter une nouvelle loi sur les hydrocarbures afin d'augmenter les 18% de l'Etat bolivien dans l'exploitation du gaz et du p&#233;trole, et la convocation d'une assembl&#233;e, jusque-l&#224; rejet&#233;e par Lozada. Mesa s'engage &#224; &#233;tablir les responsabilit&#233;s des gouvernants, de l'arm&#233;e et de la police dans les massacres de la guerre du gaz. Sur ces bases, Mesa obtient de nombreux soutiens dont celui de Evo Morales et aussi de certains partis indiens. Il r&#233;ussit m&#234;me &#224; se faire acclamer &#224; El Alto ! Evo Morales a appel&#233; &#224; soutenir le gouvernement pour &#171; &lt;em&gt;la d&#233;fense de la d&#233;mocratie&lt;/em&gt; &#187; et la COB en a fait autant au nom du &#171; &lt;em&gt;repli strat&#233;gique&lt;/em&gt; &#187;. Felipe Quispe, consid&#233;r&#233; comme un leader radical, d&#233;clare mettre &#171; &lt;em&gt;son opposition en veilleuse&lt;/em&gt; &#187; face &#224; Mesa. Un r&#233;f&#233;rendum est organis&#233; le 18 juillet 2004 dans lequel 70% des votants se prononcent pour que l'Etat r&#233;cup&#232;re les hydrocarbures. Mais les organisations contestataires, &#224; l'exception du MAS de Evo Morales, appellent &#224; l'abstention. Elle atteint 50%. Tout cela n'emp&#234;che pas Mesa de remettre en route un plan d'ajustement structurel pr&#233;voyant la mise aux ench&#232;res des richesses en gaz boliviennes, plan qui met &#224; nouveau le feu aux poudres en mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre contestation venue du bord diam&#233;tralement oppos&#233;, va d&#233;stabiliser Mesa, celle de la haute bourgeoisie de la r&#233;gion de Santa Cruz, la plus riche et la plus r&#233;actionnaire de Bolivie. Cette bourgeoisie latifundiaire occupe les basses terres fertiles de l'Ouest et a d&#233;velopp&#233; une &#233;conomie agro-exportatrice. Elle craint que le mouvement paysan ne domine l'Assembl&#233;e constituante et impose dans la r&#233;gion de Santa Cruz une r&#233;forme agraire, ce qu'elle a toujours r&#233;ussi &#224; &#233;viter jusque-l&#224;. Elle conteste &#233;galement que l'ensemble du pays puisse &#234;tre consult&#233; sur des richesses appartenant &#224; sa r&#233;gion (p&#233;trole de Santa Cruz et gaz naturel de Tarija). Elle tente de profiter des mouvements identitaires et r&#233;gionaux pour jouer sa carte contre le pouvoir central de La Paz : l'autonomie de la province mini&#232;re la plus riche du pays (20% de la population mais 40% du PIB et 60% des exportations). Le comit&#233; civique de Santa Cruz lance un r&#233;f&#233;rendum sur cette question. L'incapacit&#233; de Mesa &#224; faire entendre raison &#224; la haute bourgeoisie de Santa Cruz lui fait perdre le soutien d'Evo Morales. Il suffit cependant que Mesa menace de d&#233;missionner pour que Morales lui redonne son soutien au nom des risques pour la d&#233;mocratie !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;2005 : La guerre du gaz&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 17 mai 2005, le vote impos&#233; par le pr&#233;sident Mesa de la loi sur les hydrocarbures met le feu aux poudres. Si elle porte la taxation du gaz &#224; 50%, cette loi, loin de proposer la renationalisation des hydrocarbures, l&#233;galise au contraire les privatisations d'hydrocarbures pr&#233;c&#233;dentes. Une marche paysanne organis&#233;e par le MAS d'Evo Morales, partie le 16 mai de la ville de Caracollo, atteint La Paz le 27 mai avec 40.000 manifestants. Les syndicats de travailleurs, reprochant au MAS de ne pas mettre en avant la nationalisation des hydrocarbures, contestent la direction de la lutte &#224; Evo Morales et appellent &#224; des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales illimit&#233;es dans les villes de La Paz, Oruro, Potosi, Cochabamba et Sucre. Les centrales syndicales r&#233;gionales rejoignent ainsi la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d&#233;clench&#233;e dans la ville d'El Alto d&#232;s le 23 mai avec pour revendications la d&#233;mission de Mesa et &#171; &lt;em&gt;la nationalisation sans indemnisation des hydrocarbures&lt;/em&gt; &#187;. La ville d'El Alto est insurg&#233;e et occup&#233;e par les travailleurs, la capitale coup&#233;e de tout approvisionnement en nourriture et en combustible par des blocages de routes, et envahie par les manifestants. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale s'&#233;tend aux autres villes. Les travailleurs de la capitale loin d'attendre passivement l'arriv&#233;e de cette marche monstre descendant des montagnes, se sont eux-m&#234;mes mobilis&#233;s (travailleurs, habitants des bidonvilles et des quartiers ouvriers). Le 31 mai, une d&#233;monstration de force rassemblant les mouvements sociaux pour la renationalisation, mouvement ouvrier, paysan et indien, a lieu sur la place Murillo de la capitale, place qui regroupe toutes les institutions d'Etat boliviennes. L'ensemble du pays est paralys&#233; par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et h&#233;riss&#233; de tr&#232;s nombreuses barricades. Le 6 juin, il y a v&#233;ritablement de la r&#233;volution dans l'air avec les centaines de milliers d'ouvriers et de paysans qui ont pris La Paz et l'ont transform&#233;e en un gigantesque meeting-d&#233;bat d'ouvriers, de paysans et d'&#233;tudiants, &#224; l'initiative de la COB et des organisations d'El Alto. Sous la pression du mouvement et devant le vide du pouvoir, les dirigeants annoncent la formation d'une Assembl&#233;e nationale ouvri&#232;re et paysanne avec comme programme la nationalisation des hydrocarbures au service du peuple. Le pr&#233;sident Carlos Mesa doit d&#233;missionner le 6 juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'entra&#238;ner un reflux du mouvement, la d&#233;mission de Mesa l'enflamme, la population craignant le coup d'Etat militaire ou le &#171; coup d'Etat constitutionnel &#187;. En effet, constitutionnellement le candidat &#224; la succession est le pr&#233;sident du s&#233;nat qui n'est autre que le chef de la haute bourgeoisie de Santa Cruz, Vaca Diez, le plus d&#233;test&#233; des repr&#233;sentants de la classe dominante bolivienne. Refusant cette perspective, 80.000 manifestants investissent imm&#233;diatement La Paz et plus de 120 blocages ont lieu dans tout le pays &#224; l'initiative des syndicats COB et CSUTCB (syndicat des paysans travailleurs de Bolivie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 juin, les travailleurs du p&#233;trole de Senkhata, principal centre d'approvisionnement et de stockage de la capitale, partent en gr&#232;ve et occupent les installations. Ils proposent d'organiser avec les syndicats ouvriers le contr&#244;le de la distribution de combustible. La station de pompage de Sayari est &#233;galement occup&#233;e ainsi que le pipeline de Sica, avec l'appui des salari&#233;s. Les travailleurs de la sant&#233; et les instituteurs sont particuli&#232;rement mobilis&#233;s. El Alto, banlieue de La Paz, est encore une fois le point le plus chaud et donne le ton de la mobilisation g&#233;n&#233;rale. Une assembl&#233;e populaire d&#233;fiant le pouvoir d'Etat y est organis&#233;e par les syndicats ouvriers et les comit&#233;s populaires. Vaca Diez tombe le 9 juin 2005, avant m&#234;me d'&#234;tre intronis&#233;. Les masses r&#233;volt&#233;es (surtout des mineurs) ont investi la ville de Sucre (capitale constitutionnelle) o&#249; il comptait se faire nommer en douce. La mort d'un manifestant &#224; Sucre, le mineur Juan Coro, tu&#233; par la police, a achev&#233; de radicaliser les travailleurs. La mobilisation des mineurs des coop&#233;ratives d'Oruro, la gr&#232;ve des travailleurs de l'a&#233;roport et la paralysie de la ville de Sucre, occup&#233;e par les manifestants, ont contraint la bourgeoisie &#224; reculer. Elle a renonc&#233; &#224; faire usage de la r&#233;pression devant un d&#233;but d'armement des travailleurs (une colonne arm&#233;e de 3000 paysans d'Omasuyos notamment). Lui succ&#232;dent dix jours de vide du pouvoir combl&#233;s avec peine par les man&#339;uvres dilatoires de l'Eglise. Finalement un nouveau pr&#233;sident est nomm&#233; : le pr&#233;sident de la Cour Supr&#234;me, Eduardo Rodriguez. Il d&#233;bute son mandat sur une position beaucoup plus faible que Mesa. Sa nomination n'entra&#238;ne pas les illusions dont avait b&#233;n&#233;fici&#233; son pr&#233;d&#233;cesseur. Il affirme que son principal mandat est d'organiser de nouvelles &#233;lections g&#233;n&#233;rales (pr&#233;sidentielles et parlementaires) en esp&#233;rant d&#233;tourner les espoirs populaires vers les urnes. Appuyant cette man&#339;uvre, l'id&#233;e selon laquelle &#171; &lt;em&gt;le mouvement est suspendu jusqu'aux &#233;lections &lt;/em&gt; &#187; est propag&#233;e par diverses organisations dont le MAS. Rodriguez d&#233;clare lors de son investiture : &#171; &lt;em&gt;Je demanderai une tr&#234;ve, un espace de paix nous permettant de nous donner la main pour r&#233;soudre les probl&#232;me des m&#232;res qui n'ont pas de lait pour leurs enfants, pas de gaz pour cuisiner et les meilleurs des citoyens qui sont &#224; la rue&lt;/em&gt;. &#187; En ce qui concerne les revendications populaires, les gouvernants op&#232;rent de petits reculs prudents : une ren&#233;gociation des contrats en Bolivie avec un nouveau partage plus favorable &#224; l'Etat bolivien notamment. Rodriguez d&#233;clare que &#171; &lt;em&gt;Les hydrocarbures appartiennent &#224; l'Etat et il faut trouver la meilleure mani&#232;re de r&#233;cup&#233;rer ce que la nature a donn&#233; &#224; notre pays.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quelle est la politique des dirigeants du mouvement ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les leaders appellent &#224; la &#171; &lt;em&gt;suspension du mouvement&lt;/em&gt; &#187;, le justifiant par la n&#233;cessit&#233; de &lt;em&gt;&#171; permettre aux familles de reprendre des forces et constituer des stocks de nourriture et d'essence dans l'&#233;ventualit&#233; d'une nouvelle mobilisation &lt;/em&gt; &#187;. Le dirigeant de la COB Jaime Solares ne jure plus que par une alliance avec les militaires, &lt;em&gt;(&#171; l'arm&#233;e doit conduire le processus donnant ses droits au peuple&lt;/em&gt; &#187; ou encore &lt;em&gt;&#171; on pourra vraiment parler d'un vrai gouvernement quand les militaires imposeront que le peuple ait le dernier mot &#187;&lt;/em&gt;), avant d'accepter le compromis avec le nouveau pr&#233;sident Rodriguez et le report de la lutte, qu'il appelle un &#171; &lt;em&gt;repli strat&#233;gique&lt;/em&gt; &#187;. Evo Morales du MAS, (Mouvement pour le Socialisme) parle de &#171; &lt;em&gt;la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre la d&#233;mocratie&lt;/em&gt; &#187; et se d&#233;clare &#171; &lt;em&gt;une opposition l&#233;gale et responsable &#187;&lt;/em&gt;. Il affirme : &#171; &lt;em&gt;il faut soutenir la transition constitutionnelle&lt;/em&gt; &#187; et soutient que l'on ne peut triompher que par les &#233;lections. Il avance la n&#233;cessit&#233; du &lt;em&gt;&#171; respect constitutionnel &lt;/em&gt; &#187; et de la &#171; &lt;em&gt;voie &#233;lectorale&lt;/em&gt; &#187;. Contrairement &#224; la COB, Evo Morales n'est m&#234;me pas clair sur le maintien de l'objectif du mouvement : la renationalisation des hydrocarbures sans indemnisation. Le seul engagement qu'il prend en tant que candidat aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de d&#233;cembre 2005 est la d&#233;p&#233;nalisation de la culture de la coca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dirigeant, au d&#233;part apparemment le plus radical, celui des travailleurs d'El Alto, ville en insurrection, Felipe Quispe du Mouvement Indig&#232;ne PachaKutik et dirigeant de la COR, (le syndicat r&#233;gional d'El Alto), bien que d&#233;non&#231;ant Evo Morales comme tra&#238;tre, donne sa caution &#224; Rodriguez. Les positions des autres dirigeants ne valent pas mieux : ils pr&#233;tendent qu'il faut voir ce qu'il va faire concernant les hydrocarbures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les man&#339;uvres politiciennes qui voudraient bien voir le mouvement se dissoudre dans les &#233;lections pr&#233;sidentielles de d&#233;cembre 2005 (dont les sondages donnent Evo Morales vainqueur), la lutte est loin d'&#234;tre termin&#233;e. Les communaut&#233;s indiennes, les Huaorani de la r&#233;serve Yasuni bloquent la production de la firme br&#233;silienne P&#233;trobras en juillet 2005. D&#233;j&#224; des assembl&#233;es de travailleurs ont appel&#233; &#224; la reprise de la lutte. C'est le cas notamment dans la ville d'El Alto. Le 20 ao&#251;t, 29 organisations ont constitu&#233; le &#171; &lt;em&gt;front ouvrier, paysan et indig&#232;ne&lt;/em&gt; &#187; pour pr&#233;parer la suite et pr&#233;senter une alternative &#233;lectorale au MAS. L'op&#233;ration politicienne d'Evo Morales n'est pas soutenue par les principales organisations radicales qui ont dirig&#233; le dernier mouvement : FeJuve, COR, COB... La bourgeoisie ne s'y trompe pas : les financiers de City group Smith Barney affirment ainsi en septembre 2005 que &lt;em&gt;&#171; la situation en Bolivie reste inqui&#233;tante et mena&#231;ante pour des trusts p&#233;troliers comme Repsol.&lt;/em&gt; &#187; Des mouvements de contestation, comme la &#171; &lt;em&gt;Rencontre continentale pour la nationalisation des hydrocarbures&lt;/em&gt; &#187; convoqu&#233;e notamment par le syndicat COB du 12 au 14 ao&#251;t 2005 &#224; La Paz en Bolivie, posent &#224; l'&#233;chelle de toute l'Am&#233;rique latine la question de l'expropriation, sans indemnisation, des multinationales p&#233;troli&#232;res. Le mouvement bolivien a fait tache d'huile en Am&#233;rique latine, influen&#231;ant notamment la lutte en Equateur d'ao&#251;t 2005. Celle-ci a mis en avant la ren&#233;gociation des contrats avec les multinationales, revendiquant notamment un rapport 50-50 de partage des revenus entre compagnies p&#233;troli&#232;res et Etat.&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Equateur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;1993-99 : La r&#233;volte des paysans indiens&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme la Bolivie, ce pays andin de 12 millions d'habitants est riche en hydrocarbures et sa population est pauvre. Le gaz et le p&#233;trole ne profitent qu'aux trusts am&#233;ricains et &#224; la bourgeoisie comprador. L'Equateur est le 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; plus grand producteur de p&#233;trole en Am&#233;rique latine, avec une production de 541 000 barils de brut par jour, dont 201 000 provenant de la soci&#233;t&#233; d'Etat PetroEcuador et le reste des soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res. Le p&#233;trole est le principal produit export&#233; de l'Equateur et a rapport&#233; 3,9 milliards de dollars en 2004 mais la population n'en a pas vu l'ombre. Dans ce pays, en 1999 plus de 60% des 12 millions d'habitants vivaient en dessous du seuil de pauvret&#233; et le ch&#244;mage d&#233;passait 50%. Selon la revue &#233;conomique Econoticias du 26 mars 2003 : &#171; &lt;em&gt;Pour l'exportation du gaz vers les USA, pour chaque dollar qui revient &#224; l'Etat et aux r&#233;gions, les entreprises &#233;trang&#232;res re&#231;oivent 20 dollars.&lt;/em&gt; &#187; La crise &#233;conomique &#233;quatorienne des ann&#233;es 90 frappe particuli&#232;rement les masses paysannes et indiennes. Selon le &lt;em&gt;Monde Diplomatique&lt;/em&gt; d'avril 2005 les Indiens sont &lt;em&gt;&#171; 5 millions sur une population totale de 13 millions. (..) Leur situation &#233;conomique et sociale demeure catastrophique et (..) 80 &#224; 90% dispose de moins de 2 euros par jour. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale organisation indienne, La CONAIE, Conf&#233;d&#233;ration des nationalit&#233;s indig&#232;nes d'Equateur, est une organisation rurale aux revendications essentiellement identitaires. Son bras politique est un parti pr&#244;nant l'autonomie indienne appel&#233; Pachakutif. Un tr&#232;s grand nombre d'autres formes d'organisation existent parmi les masses indiennes : coordination des mouvements sociaux, f&#233;d&#233;ration &#233;vang&#233;lique indig&#232;ne, conf&#233;d&#233;ration des associations de quartiers de l'Equateur... De marche en mobilisation, les organisations indiennes ont obtenu une reconnaissance l&#233;gale, certains de leurs droits &#224; la terre et un acc&#232;s au pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 7 f&#233;vrier 1997, le pr&#233;sident Bucaram est destitu&#233;. En 1998, Jamil Mahuad est &#233;lu pr&#233;sident. Il est &#224; la fois sous la pression du mouvement populaire face &#224; qui il s'affirme contre la dollarisation de l'&#233;conomie, et de la bourgeoisie bancaire et agro-industrielle qui lui impose de sauver les banques priv&#233;es, quitte &#224; couler les revenus de l'Etat. Il est particuli&#232;rement sous la pression de la haute bourgeoisie de Guayaquil, laquelle joue un r&#244;le &#233;quivalent de celle de Santa Cruz en Bolivie, celle d'une aile de droite radicale exigeant de faire davantage payer la population, quitte &#224; r&#233;primer, mena&#231;ant sinon d'organiser son autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;2000 : Les Indiens abattent le pouvoir puis le reconstituent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;conomique ne cesse de s'aggraver, frappant particuli&#232;rement les plus pauvres : la population en dessous du seuil de pauvret&#233; passe de 12% en 1995 &#224; 21% en 1999 (et 77% dans la population rurale) alors que les prix augmentent de 52% par an (contre 22,9% en 95). Une vingtaine de banques font faillite entre 98 et 99. Le 9 juillet 1999 une gr&#232;ve des transports &#233;clate contre la hausse des prix des carburants, mouvement qui paralyse le pays pendant quinze jours. Une occupation symbolique et pacifique de la capitale &#224; l'appel de la CONAIE est violemment r&#233;prim&#233;e (17 bless&#233;s par balles, 561 arrestations). Devant la chute de la monnaie de 197% et sous la pression de la bourgeoisie, le pr&#233;sident Mahuad se r&#233;sout finalement le 9 janvier 2000 &#224; annoncer la dollarisation, en m&#234;me temps qu'un nouveau gel des avoirs bancaires des particuliers. Les masses indiennes contestent la politique du pr&#233;sident Jamil Mahuad de dollarisation de l'&#233;conomie qui accro&#238;t la d&#233;pendance vis-&#224;-vis des USA, des prix du p&#233;trole et des investissements &#233;trangers, ne sauvant, momentan&#233;ment, que l'oligarchie bancaire. Avec la dollarisation, le pouvoir d'achat s'effondre car le sucre, monnaie nationale, est port&#233; au taux de 25.000 sucres pour un dollar contre 20.000 juste avant et 5700 en 1998. Cens&#233;e bloquer l'inflation, cette mesure ne ralentit m&#234;me pas sa croissance puisqu'elle atteint 91% fin 2000. &#171; &lt;em&gt;La dollarisation de l'&#233;conomie &#233;quatorienne a d&#233;truit l'&#233;conomie paysanne &lt;/em&gt; &#187; &#233;crit &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 23 ao&#251;t 2005 et la chute du prix de la banane y a provoqu&#233; un recul catastrophique du niveau de vie des paysans &#233;quatoriens. L'Equateur est pass&#233; en 2000, du 72&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; rang mondial au 91&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; pour le niveau de pauvret&#233;, selon le rapport du PNUD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 janvier, un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est lanc&#233;. Le pr&#233;sident d&#233;cr&#232;te l'Etat d'urgence. Le 11 janvier, un &#171; &lt;em&gt;parlement des peuples indig&#232;nes&lt;/em&gt; &#187; est proclam&#233;, qui d&#233;nonce les politiques gouvernementales comme la dollarisation de l'&#233;conomie ou les privatisations. Il formulait ainsi ses objectifs : &#171; &lt;em&gt;une &#233;conomie mixte de march&#233; solidaire auquel participent les patrons priv&#233;s en respectant leur responsabilit&#233; sociale, &#233;thique et environnementale. &lt;/em&gt; &#187; Le 16 janvier 2000, une marche massive des Indiens afflue sur la capitale Quito qu'elle occupe compl&#232;tement du 19 au 21 janvier. C'est &#224; cette date qu'un groupe de jeunes officiers conduits par le colonel Lucio Guttierrez, d&#233;clare soutenir les Indiens. Les organisations indiennes sans appeler les soldats &#224; se solidariser d'elles, ont conclu un pacte avec une partie de l'appareil militaire du colonel Guttierrez. Celui-ci d&#233;clarait &#234;tre parfaitement capable de man&#339;uvrer les dirigeants indiens : &#171; &lt;em&gt;notre relation avec eux remonte &#224; de nombreuses ann&#233;es. Depuis nous avons constamment travaill&#233; avec cette classe... sp&#233;cialement la classe indig&#232;ne. &lt;/em&gt; &#187; Il forme une junte de salut national avec un ex-pr&#233;sident de la Cour supr&#234;me et Antonio Vargas pr&#233;sident de la CONAIE. Le palais du congr&#232;s est occup&#233;. Les g&#233;n&#233;raux tentent un coup d'&#233;tat qui destitue Mahuad le 21 janvier mais &#233;choue le 22 du fait de la mutinerie d'une partie des officiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement en masse, occupant la capitale Quito, a mis &#224; bas le r&#233;gime en trois jours mais les organisations indiennes n'ont pas pris le pouvoir. Syndicalistes paysans et indig&#233;nistes, aussi r&#233;formistes les uns que les autres n'ont eu de cesse que de le remettre au colonel Lucio Guttierez, sous pr&#233;texte que celui-ci avait pris la t&#234;te de la mutinerie. Cette op&#233;ration s'est faite avec la b&#233;n&#233;diction de tous ses dirigeants, y compris ceux du PCMLE, mao&#239;ste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants militaires qui acc&#232;dent au pouvoir font appel imm&#233;diatement &#224; des politiciens connus comme les pires repr&#233;sentants de la bourgeoisie. Cela n'emp&#234;che pas ces leaders de mouvements paysans, indig&#233;nistes et associatifs (y compris les mao&#239;stes) d'accepter des postes de ministres et de se discr&#233;diter. Quant &#224; la haute bourgeoisie, elle poursuit ses pressions sur ce nouveau pouvoir comme elle l'avait fait avec les pr&#233;c&#233;dents. Celle de Guayaquil organise un r&#233;f&#233;rendum d'autonomie de la province.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;2005 : r&#233;volte et occupation des puits de p&#233;trole&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En avril 2005, le pr&#233;sident Guttierrez est &#224; son tour contest&#233;. Ayant trait&#233; de &#171; hors-la-loi &#187; les 5000 manifestants qui le conspuaient le 13 avril par un concert de casseroles devant son domicile, le mouvement d&#233;cide de s'appeler lui-m&#234;me &#171; &lt;em&gt;la r&#233;bellion des hors-la-loi&lt;/em&gt; &#187;. Du 14 au 21 avril les masses &#233;quatoriennes exasp&#233;r&#233;es occupent la capitale Quito aux cris de &#171; &lt;em&gt;Lucio dehors ! Qu'ils s'en aillent tous !&lt;/em&gt; &#187;. Devant son incapacit&#233; &#224; imposer l'&#233;tat d'urgence, le pr&#233;sident Lucio Guttierrez d&#233;missionne le 20 avril. Encercl&#233; par les manifestants, il s'enfuit en h&#233;licopt&#232;re et donne le pouvoir au pr&#233;sident Alfredo Palacio. C'est le troisi&#232;me pr&#233;sident &#224; chuter en huit ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 ao&#251;t, les habitants &#233;quatoriens de deux provinces p&#233;troli&#232;res les plus pauvres du Nord-Est du pays, Sucumbios et Orellana, coupent les routes et occupent deux a&#233;roports et 200 puits de p&#233;trole. Ils sont suivis &#224; partir du 15 ao&#251;t par la gr&#232;ve des salari&#233;s du p&#233;trole qui bloquent la production et la livraison et exigent que l'Etat ren&#233;gocie les contrats de vente du p&#233;trole avec les compagnies p&#233;troli&#232;res. La bourgeoisie est prise &#224; la gorge, le p&#233;trole &#233;quatorien ne sortant quasiment plus du pays. Les livraisons de brut aux USA (dont l'Equateur est le cinqui&#232;me fournisseur mondial) sont compl&#232;tement interrompues. Pendant douze jours &#224; partir du lundi 15 ao&#251;t les habitants et salari&#233;s de deux provinces d'Amazonie bloquent les puits malgr&#233; les attaques des forces de r&#233;pression et l'&#233;tat d'urgence d&#233;cr&#233;t&#233; par le gouvernement. La production p&#233;troli&#232;re &#233;quatorienne chute de 200.000 &#224; 10.000 barils/jour. Le journal &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 23 ao&#251;t &#233;crit &#171; &lt;em&gt;Les habitants de ces r&#233;gions p&#233;troli&#232;res se sentent des laiss&#233;s-pour-compte de l'exploitation de l'or noir qui fournit le quart du PIB du pays mais les maintient dans la mis&#232;re &#187;. &lt;/em&gt;Les gr&#233;vistes et les habitants revendiquent notamment que l'argent revienne davantage aux r&#233;gions, qu'il cr&#233;e des emplois, permette de faire fonctionner les services publics et de construire 200 km de routes et autres infrastructures. La nationalisation sans indemnit&#233; des hydrocarbures est au centre d'un ensemble de revendications concernant le d&#233;veloppement &#233;conomique, la d&#233;fense des services publics, la d&#233;fense des travailleurs et des peuples ainsi que les revendications d&#233;mocratiques (r&#233;forme agraire, question indienne...). Les manifestants scandent &#171; &lt;em&gt;des routes et des emplois&lt;/em&gt; &#187; et r&#233;clament que l'Etat ren&#233;gocie avec les compagnies. Ils s'attaquent en particulier au trust Occidental Petroleum (Oxy) qui paie 12 dollars le baril vendu sur le march&#233; au prix de 60 dollars !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour arr&#234;ter la gr&#232;ve et l'occupation des puits, le pr&#233;sident Alfredo Palacio fait donner l'arm&#233;e et d&#233;cr&#232;te l'&#233;tat d'urgence contre ceux qui occupaient les puits, blessant des centaines de travailleurs, proc&#233;dant &#224; de nombreuses arrestations. Les manifestants et les gr&#233;vistes n'ont pas c&#233;d&#233; &#224; l'&#233;tat d'urgence. Le gouvernement a repris le contr&#244;le plus tard, le 18 ao&#251;t, apr&#232;s avoir annonc&#233; qu'il donnerait l'ordre aux soldats de tirer. Ainsi il est parvenu &#224; mettre en place un simulacre de n&#233;gociation avec l'aide des responsables des provinces qui avaient particip&#233; au mouvement, sans pouvoir pour autant faire reprendre la production et la livraison de p&#233;trole. L'ol&#233;oduc est dynamit&#233;, les pompes et installations p&#233;troli&#232;res endommag&#233;es et les locaux des compagnies p&#233;troli&#232;res d&#233;vast&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants &#233;quatoriens ont seulement obtenu que soient transf&#233;r&#233;s aux autorit&#233;s locales une partie des imp&#244;ts pay&#233;s par les compagnies p&#233;troli&#232;res, ainsi qu'un engagement de celles-ci de d&#233;velopper les infrastructures r&#233;gionales. Autrement dit, une miette.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quelles perspectives pour les travailleurs et les populations pauvres de Bolivie et d'Equateur ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nonc&#233; de cette s&#233;rie de batailles sans v&#233;ritable victoire pour les travailleurs peut sembler d&#233;courageante. Cela fait six ans que la r&#233;volte gronde en Bolivie et en Equateur, avec toute une s&#233;rie de mobilisations contre la mis&#232;re, contre les gouvernements successifs, contre l'imp&#233;rialisme et contre la classe dirigeante qui lui est li&#233;e. Six ans que les travailleurs relancent la lutte, redonnent du poids &#224; leurs organisations discr&#233;dit&#233;es par les compromissions de leurs leaders, font reculer les classes dirigeantes et tomber les gouvernants. Et six ans que les directions, syndicales et politiques des masses ouvri&#232;res, indiennes et paysannes sauvent les classes dirigeantes, en se contentant de changements de gouvernements, en lanternant les travailleurs et en d&#233;voyant leur lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu des efforts, des sacrifices consentis, les r&#233;sultats semblent relativement minimes. Mais le bilan ne se r&#233;sume pas &#224; ce seul constat. Les travailleurs ne sont pas pour autant gagn&#233;s par le d&#233;couragement. Au contraire : de 2000 &#224; 2003 et de 2003 &#224; 2005 dans ces deux pays, la mobilisation et la participation massive de la classe ouvri&#232;re, n'a cess&#233; de s'amplifier. De nouvelles g&#233;n&#233;rations de travailleurs et de militants se sont form&#233;es au travers de ces exp&#233;riences. Une partie de la bourgeoisie, de ses hommes politiques et des dirigeants de l'imp&#233;rialisme US, semblent avoir per&#231;u le danger. Dans les &#233;v&#233;nements r&#233;cents, ils ont en cons&#233;quence fait pression pour &#233;viter un affrontement d&#233;cisif. Celui-ci ne peut cependant &#234;tre &#233;ternellement diff&#233;r&#233;. La plus grande menace dans l'imm&#233;diat restant toutefois que le mouvement populaire soit d&#233;voy&#233;, divis&#233; ou tromp&#233; par la d&#233;magogie de militaires radicaux et nationalistes, ou par les illusions sem&#233;es par des leaders r&#233;formistes comme Evo Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas en rester aux &#171; solutions &#187; trompeuses du pass&#233;, la classe ouvri&#232;re doit d&#233;velopper sa propre politique. Il ne s'agit pas seulement d'&#234;tre l'aile marchante de la mobilisation de toutes les couches sociales opprim&#233;es. Il faut aussi qu'elle soit organis&#233;e en tant que classe, c'est-&#224;-dire de mani&#232;re ind&#233;pendante. Dans les quartiers certes, mais aussi et surtout dans les usines, les mines, les puits de p&#233;trole ou les bureaux. En m&#234;me temps qu'elle met en avant des revendications de tous les opprim&#233;s (la r&#233;forme agraire, les droits des Indiens, le contr&#244;le des richesses par la population), il faut aussi qu'elle mette sur pied ses comit&#233;s de mobilisation, qu'elle en fasse des embryons d'un nouveau pouvoir et d&#233;fende ses propres objectifs. Un pouvoir par lequel les travailleurs contr&#244;leront que les principales richesses produites dans le pays ne soient pas &#224; nouveau accapar&#233;es par les classes dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question des hydrocarbures, revendication qui unifie la lutte, comme sur toutes les autres questions, les travailleurs doivent avoir des objectifs qui les distinguent des directions r&#233;formistes bourgeoises et petites bourgeoises. La nationalisation ne suffit pas, m&#234;me si elle est assortie de l'absence d'indemnisation. La bourgeoisie imp&#233;rialiste a mille moyens de se faire indemniser en faisant payer la population. L'objectif doit &#234;tre la socialisation des richesses et non seulement leur nationalisation. Cela suppose que les travailleurs organisent eux-m&#234;mes le contr&#244;le de la production, de la distribution des hydrocarbures mais aussi de toute l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre seulement en avant des aspirations g&#233;n&#233;rales d&#233;mocratiques, c'est noyer les travailleurs dans la masse des opprim&#233;s des campagnes. C'est risquer qu'&#224; nouveau, les revendications imm&#233;diates du mouvement, y compris celles des paysans et des Indiens, soient renvoy&#233;es aux calendes grecques, ou plut&#244;t boliviennes et &#233;quatoriennes !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Bolivie : quand l'eau et le gaz provoquent la r&#233;volte
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		<dc:subject>Monde
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		<description>En octobre 2003, la r&#233;volte de la population bolivienne a fait tomber le gouvernement du pr&#233;sident Sanchez de Lozada. Il laissait la place &#224; son vice-pr&#233;sident Carlos Mesa. C'&#233;tait suffisant pour que ce dernier re&#231;oive l'&#171; appui critique &#187; des dirigeants des forces d'opposition, le MAS (Mouvement vers le Socialisme) d'Evo Morales, la COB (Centrale ouvri&#232;re bolivienne) principale centrale syndicale et le MIP (Mouvement indig&#232;ne Pachakuti) dont l'un des dirigeants Felipe Quispe dirige&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Amerique-du-Sud-une-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Am&#233;rique du Sud : une nouvelle gauche&#8230; contre les travailleurs
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Bolivie-+" rel="tag"&gt;Bolivie
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En octobre 2003, la r&#233;volte de la population bolivienne a fait tomber le gouvernement du pr&#233;sident Sanchez de Lozada. Il laissait la place &#224; son vice-pr&#233;sident Carlos Mesa. C'&#233;tait suffisant pour que ce dernier re&#231;oive l'&lt;em&gt;&#171; appui critique &#187;&lt;/em&gt; des dirigeants des forces d'opposition, le MAS (Mouvement vers le Socialisme) d'Evo Morales, la COB (Centrale ouvri&#232;re bolivienne) principale centrale syndicale et le MIP (Mouvement indig&#232;ne Pachakuti) dont l'un des dirigeants Felipe Quispe dirige aussi la Conf&#233;d&#233;ration syndicale unique des travailleurs paysans (CSUTCB). Mais les luttes des ouvriers et paysans pauvres n'en continuent pas moins.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un pays riche de ressources et de r&#233;voltes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Bolivie est l'un des pays les plus pauvres d'Am&#233;rique du Sud. Mais elle est riche en mati&#232;res premi&#232;res, l'argent, l'&#233;tain que les pays imp&#233;rialistes pillent depuis des si&#232;cles, et aujourd'hui le gaz naturel. C'est aussi un pays riche en luttes, o&#249; paysans et ouvriers se sont plus d'une fois r&#233;volt&#233;s. En 1952 notamment o&#249; gr&#232;ves de mineurs et &#233;meutes avaient renvers&#233; le gouvernement et impos&#233; la nationalisation des mines d'&#233;tain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1985, les principaux secteurs d'&#201;tat ont &#233;t&#233; privatis&#233;s : les chemins de fer, les compagnies a&#233;riennes, les mines, l'&#233;lectricit&#233;, le t&#233;l&#233;phone, et m&#234;me l'eau. Pour les plus grands profits des multinationales am&#233;ricaines ou europ&#233;ennes. Ces privatisations ont entra&#238;n&#233; de nombreux licenciements. Sur les 30 000 employ&#233;s de la COMIBOL, la compagnie mini&#232;re, 23 000 ont perdu leur emploi. Ces anciens mineurs n'ont souvent pas eu d'autre possibilit&#233; pour survivre que de rejoindre la cohorte des cultivateurs de coca.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quand l'eau met le feu aux poudres...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La privatisation de l'eau a entra&#238;n&#233; la hausse de son prix, catastrophique dans un pays o&#249; sept personnes sur dix vivent au-dessous du seuil de pauvret&#233;. En 2000, dans la ville de Cochabamba, a &#233;clat&#233; la premi&#232;re &lt;em&gt;&#171; guerre de l'eau &#187;&lt;/em&gt;. La population, regroup&#233;e en Coordination de d'eau, s'est mobilis&#233;e pour r&#233;clamer la d&#233;-privatisation et le d&#233;part de l'entreprise Aguas del Tunari, filiale du groupe am&#233;ricain Bechtel. Le gouvernement a envoy&#233; l'arm&#233;e. Mais, devant la d&#233;termination des habitants, il a d&#251; c&#233;der et rompre le contrat avec Bechtel, qui lui r&#233;clame maintenant d'exorbitantes indemnit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion de La Paz, c'est le consortium fran&#231;ais Aguas del Illimani (alias Suez-Lyonnaise des eaux) qui a repris la distribution de l'eau. Les prix ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par six. Les compteurs n'&#233;tant plus relev&#233;s, suite aux licenciements massifs de personnel, la compagnie a exig&#233; le r&#232;glement d'une facture forfaitaire tous les mois, quelle que soit la consommation, et le paiement au comptant de pr&#232;s de 1 100 bolivianos pour se faire installer l'eau, au lieu de 730 bolivianos &#233;tal&#233;s sur cinq ans avant la privatisation. (Un ouvrier gagne en moyenne 1 800 bolivianos par mois). Depuis novembre 2004, la population de La Paz se mobilise &#224; son tour pour demander des comptes &#224; la compagnie et au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;... et quand il y a de l'eau dans le gaz&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout autour de la question du gaz que le m&#233;contentement s'est cristallis&#233; au cours de l'ann&#233;e 2003. Le pays &#233;tait agit&#233; par les marches et blocages de routes de paysans cocaleros (cultivateurs de coca) protestant contre les campagnes d'&#233;radication men&#233;es par le gouvernement. En f&#233;vrier, sur conseil du FMI, ce dernier cr&#233;ait un imp&#244;t suppl&#233;mentaire. Cette fois, la police de La Paz, elle-m&#234;me, se soulevait, entra&#238;nant lyc&#233;ens, ouvriers, et ch&#244;meurs ! Le palais pr&#233;sidentiel &#233;tait mis &#224; sac, les membres du gouvernement introuvables... L'arm&#233;e, charg&#233;e de la r&#233;pression, faisait 33 morts et plus de 200 bless&#233;s. Mais l'imp&#244;t &#233;tait retir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il a &#233;t&#233; question, en septembre, de vendre le gaz naturel &#224; la firme transnationale Pacific LNG, les milliers de paysans de l'Altiplano qui marchaient encore sur La Paz pour d&#233;fendre les cultures de coca y rajout&#232;rent la revendication de non vente du gaz. Reprise &#224; travers tout le pays. Le 19 septembre, la centrale syndicale COB, ainsi que le leader des cocaleros, Evo Morales, lan&#231;aient un appel &#224; une mobilisation nationale. Le 8 octobre, la COB appelait &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e. Les marches de paysans et mineurs convergeaient vers la capitale en r&#233;clamant d&#233;sormais la d&#233;mission du pr&#233;sident, Sanchez de Lozada. Les 16 et 17 octobre, plus de 200 000 personnes, mineurs arm&#233;s de b&#226;tons de dynamite et paysans manifestaient &#224; La Paz et faisaient le si&#232;ge du palais gouvernemental. Le pr&#233;sident fit sa valise pour Miami.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les le&#231;ons oubli&#233;es de la &#171; r&#233;volution bolivienne &#187; de 1952&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une telle combativit&#233; ne s'&#233;tait pas revue depuis les r&#233;voltes ouvri&#232;res de 1949 et 1950 et le soul&#232;vement arm&#233; d'avril 1952 o&#249; des milices de mineurs, appuy&#233;es par des paysans en armes, renversaient le gouvernement. Mais d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque, la COB, dont le fer de lance &#233;tait les ouvriers des mines, s'&#233;tait content&#233;e de l'arriv&#233;e au pouvoir du chef du Mouvement national r&#233;volutionnaire (MNR), l'avocat Victor Paz Estenssoro, dont l'arm&#233;e avait jusque-l&#224; emp&#234;ch&#233; l'&#233;lection pour arr&#234;ter le mouvement. Paz Estenssoro se voulait d&#233;fenseur des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie nationale contre les int&#233;r&#234;ts &#233;trangers. Le fondateur de la COB, le syndicaliste Juan Lechin, devenait ministre des Mines et du P&#233;trole avant de se retrouver, de 1960 &#224; 1964, vice-pr&#233;sident de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1953, le gouvernement Paz Estenssoro renouait avec les USA et c&#233;dait aux trusts de l'&#233;tain. En 1955, il favorisait l'implantation en Bolivie de la Gulf Oil Company. En 1964, &#224; l'&#233;poque o&#249; l'imp&#233;rialisme &#233;tait partout contest&#233; dans le tiers monde, face &#224; une remont&#233; de la contestation sociale, l'arm&#233;e prenait les r&#234;nes du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Quelles directions pour ces luttes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec le renversement, en octobre 2003, du pr&#233;sident Sanchez de Lozada, l'histoire semble se r&#233;p&#233;ter, tout au moins en ce qui concerne les trahisons des leaders du mouvement. Il a suffi &#224; Carlos Mesa, pour obtenir leur aval, de promettre un r&#233;f&#233;rendum sur la question du gaz et la prochaine r&#233;union d'une Assembl&#233;e constituante qui repr&#233;senterait mieux les Indiens Aymaras et Quechuas. Il a aussi promis d'augmenter jusqu'&#224; 50 % les royalties impos&#233;es aux soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res, de relancer la compagnie publique d'exploitation des hydrocarbures. Mais cela ne l'emp&#234;che pas d'annoncer d'ores et d&#233;j&#224; que remettre en cause les contrats d&#233;j&#224; sign&#233;s avec les multinationales n'est pas envisageable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le leader de la COB, Jaime Solares a pr&#244;n&#233; une tr&#234;ve, pour voir ce qu'allait faire Mesa. Evo Morales, le dirigeant des luttes des cocaleros et du MAS a appel&#233; &#224; la mod&#233;ration du mouvement et apporte son soutien critique au gouvernement. Arriv&#233; en seconde position aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de juin 2002 avec 20,9 % des suffrages, il se voit d&#233;j&#224; futur vainqueur de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle pr&#233;vue pour 2007. Son parti vient d'ailleurs d'avoir un nouveau succ&#232;s aux &#233;lections municipales de d&#233;cembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Felipe Quispe, ancien gu&#233;rillero, dirigeant du MIP, qui a aussi jou&#233; un r&#244;le important dans les luttes de 2003 en organisant la marche, puis la gr&#232;ve de la faim, de milliers de paysans aymaras, il ne parle que d'une &lt;em&gt;&#171; opposition vigilante &#187;&lt;/em&gt;. Les &#171; &lt;em&gt; majorit&#233;s nationales, et avant tout indig&#232;nes &#187;&lt;/em&gt; dont il se veut le d&#233;fenseur (les Indiens aymaras, quechuas ainsi que les Guaranis, paysans tr&#232;s pauvres du Sud du pays, repr&#233;sentent plus de 60 % de la population) n'ont, dit-il, &lt;em&gt;&#171; assist&#233; qu'&#224; un changement de personnes &#187;&lt;/em&gt;. Mais pour lui, Mesa doit encore choisir : &#234;tre un dirigeant qui d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts nationaux, donc un ami, ou &#234;tre l'ami des gringos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mettant en avant les diff&#233;rentes identit&#233;s, paysannes et indiennes, les courants politiques communautaires ont favoris&#233; le d&#233;veloppement de mouvements locaux, au lieu de pousser &#224; l'unification des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un parti d&#233;fendant des perspectives r&#233;volutionnaires devrait au contraire pousser &#224; d&#233;passer les particularismes pour donner aux luttes actuelles l'unit&#233; politique r&#233;volutionnaire d'une lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydie GRIMAL&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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