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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> C&#244;te d'Ivoire : le viol comme distraction t&#233;l&#233;vis&#233;e
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		<description>Une &#233;mission t&#233;l&#233;vis&#233;e, cens&#233;e d&#233;noncer le viol, a suscit&#233; une vague d'indignation en C&#244;te d'Ivoire. Lundi 30 ao&#251;t, en fin d'apr&#232;s-midi, &#224; une heure de grande &#233;coute, la t&#233;l&#233;vision priv&#233;e Nouvelle cha&#238;ne ivoirienne (NCI) a diffus&#233; en direct et en public son &#233;mission &#171; La t&#233;l&#233; d'ici vacances &#187;, consacr&#233;e au viol. L'animateur a invit&#233; un homme, qu'il a pr&#233;sent&#233; comme un ancien violeur, &#224; expliquer comment il s'y prenait pour abuser de ses victimes. Pour mieux illustrer les propos de l'ex-violeur, l'animateur, riant devant&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une &#233;mission t&#233;l&#233;vis&#233;e, cens&#233;e d&#233;noncer le viol, a suscit&#233; une vague d'indignation en C&#244;te d'Ivoire. Lundi 30 ao&#251;t, en fin d'apr&#232;s-midi, &#224; une heure de grande &#233;coute, la t&#233;l&#233;vision priv&#233;e Nouvelle cha&#238;ne ivoirienne (NCI) a diffus&#233; en direct et en public son &#233;mission &#171; La t&#233;l&#233; d'ici vacances &#187;, consacr&#233;e au viol. L'animateur a invit&#233; un homme, qu'il a pr&#233;sent&#233; comme un ancien violeur, &#224; expliquer comment il s'y prenait pour abuser de ses victimes. Pour mieux illustrer les propos de l'ex-violeur, l'animateur, riant devant un public goguenard, a mis &#224; sa disposition un mannequin qu'il l'a aid&#233; &#224; allonger au sol et lui a demand&#233; alors d'expliquer avec force d&#233;tails la mani&#232;re de violer une femme. &#192; peine termin&#233;e, l'&#233;mission a suscit&#233; des r&#233;actions outr&#233;es sur les r&#233;seaux sociaux de personnalit&#233;s ivoiriennes et d'anonymes et l'animateur a aussit&#244;t &#233;t&#233; suspendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations de d&#233;fense des droits des femmes ont appel&#233; &#224; une manifestation de protestation qui s'est d&#233;roul&#233;e le lendemain dans les rues d'Abidjan, la capitale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> C&#244;te d'Ivoire : dix ans d&#233;j&#224;, coucou le revoil&#224; !
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire
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		<description>L'ancien pr&#233;sident Laurent Gbagbo a annonc&#233; qu'il rentrerait dans son pays le 17 juin prochain. Il l'avait quitt&#233; en 2010 apr&#232;s avoir perdu l'&#233;lection pr&#233;sidentielle contre Alassane Ouattara. Apr&#232;s sa d&#233;faite, ses supporters avaient provoqu&#233; des massacres, plus de 3 000 morts, sans compter les bless&#233;s, les tentatives de meurtres, les viols, etc. Il avait d'abord &#233;t&#233; amnisti&#233; par son successeur en 2018, puis acquitt&#233; de &#171; crimes contre l'humanit&#233; &#187; par la Cour p&#233;nale internationale le 31 mars dernier. Elle&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ancien pr&#233;sident Laurent Gbagbo a annonc&#233; qu'il rentrerait dans son pays le 17 juin prochain. Il l'avait quitt&#233; en 2010 apr&#232;s avoir perdu l'&#233;lection pr&#233;sidentielle contre Alassane Ouattara. Apr&#232;s sa d&#233;faite, ses supporters avaient provoqu&#233; des massacres, plus de 3 000 morts, sans compter les bless&#233;s, les tentatives de meurtres, les viols, etc. Il avait d'abord &#233;t&#233; amnisti&#233; par son successeur en 2018, puis acquitt&#233; de &#171; crimes contre l'humanit&#233; &#187; par la Cour p&#233;nale internationale le 31 mars dernier. Elle avait estim&#233; qu'il n'&#233;tait pas au courant des m&#233;faits commis par ses partisans. Ce qui avait entrain&#233; des protestations de la Ligue internationale des droits de l'homme et de sa branche ivoirienne. Rappelons que ce sympathique personnage pr&#233;side le Front populaire ivoirien et se dit m&#234;me &#171; de gauche &#187;. Mieux vaut &#234;tre sourd que d'entendre &#231;a.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Alassane Ouattara r&#233;&#233;lu pr&#233;sident en C&#244;te d'Ivoire : &#171; business as usual &#187; pour les affaires &#171; fran&#231;africaines &#187;
</title>
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		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire
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		<dc:subject>Afrique
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		<dc:subject>Monde
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		<description>Mercredi 11 novembre, apr&#232;s les durs affrontements qui ont fait encore une dizaine de morts en tout d&#233;but de semaine entre partisans et opposants d'Alassane Ouattara, d&#233;cr&#233;t&#233; finalement r&#233;&#233;lu pour un troisi&#232;me mandat &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique de C&#244;te d'Ivoire, ledit Ouattara et son principal opposant Konan B&#233;di&#233; se r&#233;conciliaient. Coup de th&#233;&#226;tre pour le moins surprenant. Ou pas tant que &#231;a quand on sait que la r&#233;&#233;lection contest&#233;e de Ouattara, &#224; la suite du scrutin du 31 octobre, &#233;tait lourde de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/local/cache-vignettes/L150xH109/arton14071-8b1b7.jpg?1634343023' width='150' height='109' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mercredi 11 novembre, apr&#232;s les durs affrontements qui ont fait encore une dizaine de morts en tout d&#233;but de semaine entre partisans et opposants d'Alassane Ouattara, d&#233;cr&#233;t&#233; finalement r&#233;&#233;lu pour un troisi&#232;me mandat &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique de C&#244;te d'Ivoire, ledit Ouattara et son principal opposant Konan B&#233;di&#233; se r&#233;conciliaient. Coup de th&#233;&#226;tre pour le moins surprenant. Ou pas tant que &#231;a quand on sait que la r&#233;&#233;lection contest&#233;e de Ouattara, &#224; la suite du scrutin du 31 octobre, &#233;tait lourde de heurts sanglants &#224; venir ou pour le moins d'une instabilit&#233; politique dommageable &#224; bien des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques locaux et internationaux. D'o&#249; ce rabibochage in extremis, dont l'avenir dira la solidit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ouattara &#8211; briguant un troisi&#232;me mandat &#224; 78 ans &#8211;, a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu avec 94 % des voix. Qui dit mieux par les temps qui courent ?&#8230; mais avec un taux de participation officiel d'&#224; peine 55 % des &#233;lecteurs et l'appel au boycott des oppositions dont la principale, celle de Konan B&#233;di&#233; qui fut pr&#233;sident de 1993 &#224; 1999. Certes, les affrontements qui ont &#233;clat&#233;, avant et apr&#232;s le scrutin, d&#233;clench&#233;s par des militants de l'opposition ou par des soutiens de Ouattara, ont fait plus de 80 morts et pr&#232;s de 500 bless&#233;s. Certes, dans les heures qui ont suivi le scrutin, Ouattara lui-m&#234;me a fait arr&#234;ter des leaders de l'opposition ou les a assign&#233;s &#224; r&#233;sidence. Certes, dans les quinze derni&#232;res ann&#233;es, les in&#233;galit&#233;s sociales ont explos&#233; en C&#244;te d'Ivoire. Qu'importe tout cela ! Le minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res en France a servi les paroles habituelles d'appel au dialogue &#8211; quelques autres puissances aussi, probablement. Et les voil&#224; provisoirement &#233;cout&#233;s : r&#233;conciliation ! Il faut rappeler que c'est l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais lui-m&#234;me qui a plac&#233; Alassane Ouattara au pouvoir en 2011, en intervenant militairement en C&#244;te d'Ivoire lors d'une guerre aussi &#171; fran&#231;africaine &#187; que toutes celles que la France a men&#233;es sur ce continent depuis l'&#233;poque de la d&#233;colonisation. L'essentiel &#233;tait et est toujours que l'ordre r&#232;gne. Et vite !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les fruits pourris du pass&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1993, Houphou&#235;t-Boigny, le principal soutien de la France dans la r&#233;gion, d&#233;c&#233;dait apr&#232;s avoir exerc&#233; le pouvoir durant plus de 30 ans &#224; la t&#234;te de la C&#244;te d'Ivoire. Il avait &#233;t&#233; ministre en France de 1956 &#224; 1961 avant de devenir un des artisans, c&#244;t&#233; africain, de la perp&#233;tuation de la domination fran&#231;aise en Afrique &#224; la suite des ind&#233;pendances des ann&#233;es 60. Sa succession rev&#234;tait une importance cruciale pour l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. La pr&#233;sence permanente d'une base militaire, l'acc&#232;s au port d'Abidjan pour la circulation des marchandises, l'exploitation de ressources du pays ont toujours fait de la C&#244;te d'Ivoire un des pays centraux pour la domination &#233;conomique, politique et militaire de la France en Afrique. La course &#224; la succession s'ouvrait alors. S'y affrontaient, &#224; l'&#233;lection de 1995, un certain Alassane Ouattara, ex-Premier ministre ayant commenc&#233; sa carri&#232;re internationale comme num&#233;ro deux du FMI dans les ann&#233;es 80, et un certain Konan B&#233;di&#233; qui avait assur&#233; l'int&#233;rim en tant que pr&#233;sident du Parlement, fils de cultivateur de cacao (la premi&#232;re richesse du pays).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est B&#233;di&#233; qui finit par emporter le morceau. Pour se maintenir au pouvoir, il a us&#233; de toutes les ficelles, &#224; commencer par celle du &#171; diviser pour mieux r&#233;gner &#187;. Il sera le premier &#224; introduire le concept de &#171; l'ivoirit&#233; &#187;, une notion raciste, bas&#233;e sur le droit du sang en vigueur, cens&#233;e d&#233;terminer qui est ivoirien et qui ne l'est pas. Le but : &#233;carter du pouvoir Ouattara, pr&#233;sent&#233; comme non-ivoirien car descendant de parents burkinab&#233;s. Mais les implications n'&#233;taient pas seulement politiciennes puisque des lois, comme celle emp&#234;chant l'acc&#232;s &#224; la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, &#233;taient adopt&#233;es et surtout, parce qu'un racisme allait se renforcer &#224; l'encontre des habitants du nord du pays, la plupart &#233;trangers et appartenant aux populations les plus pauvres. C'est ce m&#234;me B&#233;di&#233;, donc, qui aujourd'hui apr&#232;s avoir appel&#233; &#224; ne pas reconna&#238;tre la r&#233;&#233;lection de Ouattara&#8230; vient de &#171; briser la glace &#187; (c'est le terme de leur r&#233;cente d&#233;claration commune) avec son concurrent de longue date.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;2000-2010 : Laurent Gbagbo au pouvoir, jusqu'&#224; ce que Paris en d&#233;cide autrement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me protagoniste, Laurent Gbagbo (quant &#224; lui d'origine plus modeste bien qu'&#233;tant parvenu &#224; faire des &#233;tudes en France), finira par prendre le pouvoir en 2000. 40 ans apr&#232;s leur arriv&#233;e aux affaires, ces trois-l&#224; s'affrontent toujours pour l'acc&#232;s &#224; la mangeoire pr&#233;sidentielle ! Gbagbo arrive au pouvoir apr&#232;s une &#233;lection pr&#233;sidentielle, en accord avec son principal concurrent le g&#233;n&#233;ral Gu&#233;&#239; (qui avait renvers&#233; un an plus t&#244;t par un coup d'&#201;tat le pr&#233;sident B&#233;di&#233;), il &#233;carte tous les autres candidats. Dont Ouatarra, pour d&#233;faut d'&#171; ivoirit&#233; &#187;. Le r&#233;sultat de l'&#233;lection lui-m&#234;me, o&#249; chacun des deux candidats se d&#233;clarait &#233;lu, a &#233;t&#233; tranch&#233; &#224; coups de fusil contre les manifestants des deux camps, avant que le ralliement de la gendarmerie &#224; Gbagbo ne fasse pencher le &#171; d&#233;compte des voix &#187; en sa faveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les int&#233;r&#234;ts de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, de Total, Bouygues, Bollor&#233; et tous les autres &#233;taient conserv&#233;s. Gbagbo, li&#233; aux socialistes fran&#231;ais, montrait patte blanche en se pr&#234;tant au jeu tr&#232;s opaque et &#171; fran&#231;africain &#187; du financement des campagnes &#233;lectorales fran&#231;aises : trois millions pour Chirac en 2002, au moins autant pour Sarkozy par la suite. Entretemps il avait obtenu le soutien du gouvernement fran&#231;ais, apr&#232;s quelques h&#233;sitations, face aux r&#233;bellions dans le nord du pays, en &#233;change notamment de la concession &#224; Bouygues du port de conteneurs d'Abidjan et du contrat de gestion de l'eau et de l'&#233;lectricit&#233; &#224; Bollor&#233;. Gauche ou droite, les bons comptes font les bons amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le docile Gbagbo ne l'&#233;tait pourtant pas assez aux yeux du &#171; pays des droits de l'homme &#187; : il se permettait quelques d&#233;clarations manquant fonci&#232;rement de loyaut&#233; vis-&#224;-vis de la m&#233;tropole ; il parlait de diversifier les investissements &#233;trangers dans son pays &#8211; comprendre ouvrir des chantiers &#224; des capitaux non-fran&#231;ais ; il souhaitait aussi revoir les accords de &#171; coop&#233;ration &#187; militaire sign&#233;s lors de l'ind&#233;pendance en 1961, en introduisant l'id&#233;e du d&#233;mant&#232;lement de la base militaire fran&#231;aise qui stationne en permanence en C&#244;te d'Ivoire. Autant de raisons pour l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais de vouloir se passer de ses services. L'occasion sera saisie lors de la crise ouverte par l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2010. Sur fond de fraudes en tous genres et de tensions dans la rue, le scrutin ne donnait aucun vainqueur clair et permettait une fois de plus aux deux candidats, Gbagbo comme Ouattara, de revendiquer la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France est intervenue alors directement avec l'op&#233;ration militaire Licorne, aux c&#244;t&#233;s et sous couvert d'une intervention militaire de l'ONU &#8211; parce que le droit d&#233;mocratique international, c'est important, voyez-vous. Gbagbo est alors arr&#234;t&#233; et &#233;cart&#233; du pouvoir et Ouattara reprend les r&#234;nes, laissant une soci&#233;t&#233; ivoirienne compl&#232;tement divis&#233;e et meurtrie par un bilan de 5 000 morts, au passage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation en 2020, avec un Ouattara vainqueur &#171; d&#233;mocratiquement &#187;, pour la troisi&#232;me fois, est donc directement le produit des ann&#233;es pass&#233;es o&#249; la guerre et les in&#233;galit&#233;s sociales ont pes&#233; de tout leur poids sur la classe ouvri&#232;re et les pauvres de C&#244;te d'Ivoire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un eldorado capitaliste avec tous ses ravages sociaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ouattara est au pouvoir depuis quinze ans. Les avanc&#233;es ont &#233;t&#233; spectaculaires&#8230; du point de vue des riches. Il a permis &#224; la C&#244;te d'Ivoire de retrouver sa place r&#233;gionale dominante et d'&#234;tre de nouveau l'ar&#232;ne o&#249; s'affrontent des int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes rivaux. La croissance officielle pharaonique du pays, de 6 % &#224; 11 % chaque ann&#233;e entre 2011 et 2019, est le reflet d'un d&#233;veloppement capitaliste o&#249; de grandes multinationales accumulent des profits dans les fili&#232;res du b&#226;timent, des transports ou encore du cacao (la C&#244;te d'Ivoire en est le premier producteur mondial).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;142 milliards de francs CFA (216 millions d'euros) ont &#233;t&#233; octroy&#233;s &#224; une entreprise d'&#201;tat chinoise du BTP pour construire des ponts, des autoroutes urbaines et des bretelles d'acc&#232;s permettant de d&#233;velopper des quartiers d'affaires florissants. En contrepartie, le pays compte des centaines de milliers de &#171; d&#233;guerpis &#187;. C'est le nom qui est donn&#233; aux populations des bidonvilles qui se font expulser pour laisser place aux chantiers de ces projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux nouvelles usines de transformation de graines de cacao ont &#233;t&#233; construites sur place. Les chantiers de construction sont pris en charge par l'&#201;tat ivoirien. Mais d&#232;s que ces entreprises seront op&#233;rationnelles, il est d&#233;j&#224; pr&#233;vu que des capitaux priv&#233;s puissent y &#234;tre investis. Pendant que des petits planteurs sont victimes de la concentration industrielle op&#233;r&#233;e dans leur secteur par Ouattara, d&#232;s son installation au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quartier r&#233;sidentiel pour riches d'Abidjan, nomm&#233; &#171; Beverly Hills &#187;, permet &#224; la classe dirigeante du pays de vivre &#224; l'abri, dans des r&#233;sidences luxueuses gard&#233;es par de hauts murs. Les hommes d'affaires y ont leurs quartiers, tout comme Ouattara et la plupart des leaders de l'opposition institutionnelle. Dans les zones rurales du pays ou les quartiers pauvres d'Abidjan, la mis&#232;re continue de se d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le bruit des bottes fran&#231;aises dans toute la r&#233;gion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;&#233;lection de Ouattara est &#224; l'image du m&#233;pris des aspirations populaires. La victoire de son concurrent n'aurait pas &#233;t&#233; autre chose. Leur soudaine alliance ne peut momentan&#233;ment tranquilliser que ceux qui sont du bon c&#244;t&#233; du manche. Pour la population, c'est une autre affaire. L'&#233;pisode de l'intervention militaire fran&#231;aise de 2011 est encore dans toutes les t&#234;tes, de plus en plus mal vue. La base d'Abidjan sert notamment de support strat&#233;gique &#224; l'op&#233;ration Barkane, le d&#233;ploiement militaire fran&#231;ais au Mali d&#233;cid&#233; en 2013 par Fran&#231;ois Hollande, sous ce pr&#233;sident Ibrahim Boubacar Ke&#239;ta (dit IBK), renvers&#233; r&#233;cemment par des militaires putschistes qui ne renient pas cette politique. Cette guerre au Mali se m&#232;ne au nom de l' &#171; anti-terrorisme &#187;, nous dit-on&#8230; Comme celle de 2011 en C&#244;te d'Ivoire &#233;tait men&#233;e &#171; pour le respect de la d&#233;mocratie &#187;&#8230; Vieilles formules passe-partout, m&#234;mes politiques guerri&#232;res pour d&#233;fendre des int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques fran&#231;ais &#8211; et plus largement g&#233;opolitiques occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme dans le milieu des grands de ce monde tout est bien qui finit bien, le pr&#233;sident Ouattara &#171; troisi&#232;me mandat &#187; vient d'accorder un nouveau passeport &#224; un autre de ses ennemis, l'ancien pr&#233;sident Laurent Gbagbo. Un avion pr&#233;sidentiel, disent les m&#233;dias ce 13 novembre, devrait &#234;tre affr&#233;t&#233; pour le ramener en C&#244;te d'Ivoire depuis La Haye, o&#249; comme par miracle la pr&#233;tendue supr&#234;me Cour p&#233;nale internationale vient de l'acquitter d&#233;finitivement, apr&#232;s des ann&#233;es d'incarc&#233;ration et de proc&#232;s pour corruption et crimes de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C&#244;te d'Ivoire est &#224; l'image de bien des pays d'Afrique de l'Ouest. Toute la r&#233;gion vit, ou survit, au rythme des parties d'&#233;chec de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Les richesses qui y sont produites le sont pourtant par des millions de pauvres et d'exploit&#233;s. L'espoir, c'est leur r&#233;volte contre cette exploitation et contre les dirigeants politiques qui en sont les complices. Une r&#233;volte qui, partant d'un pays, pourrait trouver un &#233;cho dans toute la r&#233;gion aupr&#232;s de ceux qui n'ont aujourd'hui pas d'autres perspectives que la guerre et la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vladimir Akali et Justine Bonnel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> C&#244;te d'Ivoire : 5e jour de gr&#232;ve des employ&#233;s de la fonction publique
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		<dc:subject>Gr&#232;ve
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		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire
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		<description>En C&#244;te d'Ivoire, la mise en application de la r&#233;forme des retraites ne passe pas. Recul de 5 &#224; 10 ans de l'&#226;ge de d&#233;part en retraite, baisse des pensions de 30 &#224; 50 %, fin du versement des pensions aux veuves et familles de travailleurs d&#233;c&#233;d&#233;s&#8230; Ces mesures ont attis&#233; la col&#232;re et, depuis le milieu de semaine derni&#232;re, une gr&#232;ve illimit&#233;e s'est &#233;tendue &#224; presque tout le secteur public. &lt;br /&gt;Le pr&#233;sident Ouattara a d&#233;clar&#233; la gr&#232;ve &#171; ill&#233;gale &#187; et r&#233;p&#232;te que sa r&#233;forme sera appliqu&#233;e int&#233;gralement, mais les&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/+-Greve-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/+-Cote-d-Ivoire-+" rel="tag"&gt;C&#244;te d'Ivoire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En C&#244;te d'Ivoire, la mise en application de la r&#233;forme des retraites ne passe pas. Recul de 5 &#224; 10 ans de l'&#226;ge de d&#233;part en retraite, baisse des pensions de 30 &#224; 50 %, fin du versement des pensions aux veuves et familles de travailleurs d&#233;c&#233;d&#233;s&#8230; Ces mesures ont attis&#233; la col&#232;re et, depuis le milieu de semaine derni&#232;re, une gr&#232;ve illimit&#233;e s'est &#233;tendue &#224; presque tout le secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Ouattara a d&#233;clar&#233; la gr&#232;ve &#171; ill&#233;gale &#187; et r&#233;p&#232;te que sa r&#233;forme sera appliqu&#233;e int&#233;gralement, mais les travailleurs ne semblent pas c&#233;der &#224; ces menaces.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> C&#244;te d'Ivoire : l'ordre imp&#233;rialiste r&#232;gne, place aux affaires
</title>
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		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Afrique
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		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire
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		<description>Le 11 avril 2011, en permettant aux soldats d'Alassane Ouattara d'arr&#234;ter son rival Laurent Gbagbo dans son palais pr&#233;sidentiel, le corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais Licorne mettait un terme&#8230; provisoire &#224; un affrontement qui durait depuis le deuxi&#232;me tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles, le 28 novembre 2010. &lt;br /&gt;La France comme l'ONU s'&#233;taient empress&#233;s de reconna&#238;tre la victoire de Ouattara avec 54 % des suffrages. La l&#233;gitimit&#233; de ces r&#233;sultats, contest&#233;s par Gbagbo et par le Conseil constitutionnel, compos&#233; de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/-Numero-75-avril-mai-2011-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 75, avril-mai 2011
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/+-Afrique-+" rel="tag"&gt;Afrique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/+-Cote-d-Ivoire-+" rel="tag"&gt;C&#244;te d'Ivoire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 11 avril 2011, en permettant aux soldats d'Alassane Ouattara d'arr&#234;ter son rival Laurent Gbagbo dans son palais pr&#233;sidentiel, le corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais Licorne mettait un terme&#8230; provisoire &#224; un affrontement qui durait depuis le deuxi&#232;me tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles, le 28 novembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France comme l'ONU s'&#233;taient empress&#233;s de reconna&#238;tre la victoire de Ouattara avec 54 % des suffrages. La l&#233;gitimit&#233; de ces r&#233;sultats, contest&#233;s par Gbagbo et par le Conseil constitutionnel, compos&#233; de ses proches, n'avait rien d'&#233;vident, dans la mesure o&#249; la C&#244;te d'Ivoire &#233;tait divis&#233;e depuis pr&#232;s de dix ans en deux r&#233;gions contr&#244;l&#233;es militairement par chacun des deux rivaux. La campagne m&#233;diatique selon laquelle Ouattara aurait &#233;t&#233; &#171; d&#233;mocratiquement &#233;lu &#187; et l'arm&#233;e fran&#231;aise aurait vol&#233; au secours de cette d&#233;mocratie bafou&#233;e par Gbagbo est donc clairement mensong&#232;re. L'Union africaine proposait ainsi un partage du pouvoir et/ou la tenue de nouvelles &#233;lections, propositions rejet&#233;es par Ouattara et ses soutiens internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Gbagbo, un nationaliste&#8230; en paroles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La C&#244;te d'Ivoire, qui faisait figure de vitrine du capitalisme africain dans les d&#233;cennies 1970-1980, au point qu'on parlait alors du &#171; miracle ivoi&#173;rien &#187;, sous la f&#233;rule du dictateur Houphou&#235;t-Boigny, a connu une certaine stabilit&#233; jusqu'&#224; la mort de celui-ci en 1995. Depuis sa disparition, plusieurs coups d'&#201;tat se sont succ&#233;d&#233; jusqu'&#224; l'arriv&#233;e au pouvoir de Laurent Gbagbo qui, en octobre 2000, remportait une victoire &#233;lectorale contre le g&#233;n&#233;ral putschiste Robert Gu&#233;&#239;. Deux ans plus tard, en septembre 2002, &#233;clatait une r&#233;bellion arm&#233;e dans le nord. Les opposants, dirig&#233;s notamment par Ouattara et Guillaume Soro, tentaient un coup d'&#201;tat qui tournait court. La situation &#233;volua rapidement vers une guerre civile entre le sud tenu par le gouvernement officiel et le nord contr&#244;l&#233; par les rebelles (voir &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/En-Cote-d-Ivoire-dechiree-deux-pions-de-la-France-a-fric' class='spip_in'&gt;notre article dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro de &lt;em&gt;Convergences r&#233;volutionnaires&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;). Une longue s&#233;rie d'affrontements interrompus par des tractations et des compromis provisoires, conclus sous l'&#233;gide de l'ex-puissance coloniale, avait suivi. Le gouvernement fran&#231;ais avait alors envoy&#233; un corps exp&#233;ditionnaire de 4 000 hommes, baptis&#233; Licorne. Le bombardement de la base militaire fran&#231;aise de Bouak&#233; par des avions pilot&#233;s par des mercenaires ukrainiens engag&#233;s par Gbagbo, le 6 novembre 2004, avait fait neuf morts et fournit &#224; Chirac l'occasion de donner l'ordre &#224; l'arm&#233;e fran&#231;aise de d&#233;truire l'aviation de Gbagbo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, il &#233;tait clair que le torchon br&#251;lait entre Paris et le pr&#233;sident ivoirien, m&#234;me si l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais conserva pendant encore quelques ann&#233;es deux fers au feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en d&#233;pit de discours parfois tr&#232;s violemment anti-fran&#231;ais, Gbagbo n'avait rien d'un farouche nationaliste hostile au pillage de son pays, dont la moiti&#233; de l'&#233;conomie au moins (voir notre encadr&#233;) est contr&#244;l&#233;e par des entreprises fran&#231;aises. Il n'a jamais pris la moindre mesure de nationalisation &#224; l'encontre des grands trusts comme Bouygues ou Bollor&#233;, &#224; qui il avait notamment accord&#233; la concession du port d'Abidjan. En ce mois d'avril, &#224; la veille de son arrestation, il tentait encore de signer des contrats et de vendre des stocks de caf&#233; et de cacao &#224; diverses entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Pourquoi l'imp&#233;rialisme a-t-il choisi Ouattara ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On peut donc se demander pourquoi l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais a finalement choisi Ouattara, au risque de d&#233;stabiliser davantage le pays, alors que Gbagbo restait solidement install&#233; dans la partie la plus importante du pays, dont la capitale. Pour que les affaires marchent, il faut que l'ordre r&#232;gne. L'exp&#233;dition &#233;clair des forces de Ouattara, lanc&#233;e fin mars 2011, qui devait aboutir &#224; la chute de Gbagbo, a en effet &#233;t&#233; encadr&#233;e et &#233;quip&#233;e par les conseillers militaires fran&#231;ais. Dans les anciens territoires coloniaux, les interventions par &#171; rebelles &#187; interpos&#233;s pour se d&#233;barrasser d'un dirigeant encombrant, mettre la main sur des richesses ou &#233;vincer des capitalistes concurrents sont monnaie courante. &#192; l'&#233;poque de la guerre froide, la domination de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais dans ses chasses gard&#233;es africaines faisait figure de rempart contre l'URSS et n'&#233;tait pas ou peu contest&#233;e par les autres &#201;tats occidentaux. Depuis l'effondrement du bloc sovi&#233;tique, le poids de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais a diminu&#233; en Afrique. Les rivalit&#233;s imp&#233;rialistes se sont accentu&#233;es et chacun veut sa part du g&#226;teau. Les conflits d'int&#233;r&#234;ts ne sont pas toujours faciles &#224; d&#233;m&#234;ler, car ils opposent non seulement les &#201;tats, mais parfois des capitalistes et trusts de m&#234;mes &#201;tats qui parient sur des hommes de paille diff&#233;rents&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, certains chefs d'&#201;tat africains sont tent&#233;s de mener un jeu d'&#233;quilibre entre les diverses grandes puissances pour se m&#233;nager une petite marge d'autonomie. Le pr&#233;sident-dictateur du Cameroun, Paul Bya, a ainsi assez bien r&#233;ussi &#224; diversifier ses &#171; partenaires &#187; imp&#233;rialistes et il n'y a plus un seul soldat fran&#231;ais sur le territoire camerounais. Il semble que Gbagbo ait tent&#233; de jouer cette carte d&#232;s 2002, en s'adressant notamment &#224; la Chine, &#224; la Russie, &#224; divers investisseurs asiatiques et surtout aux &#201;tats-Unis qui prenaient des parts importantes dans des entreprises strat&#233;giques comme la Sifca, qui contr&#244;le, entre autres, la moiti&#233; de la production du cacao. Ce n'est pas un hasard si, lors des manifestations anti-fran&#231;aises organis&#233;es par les partisans de Gbagbo en 2005, &#233;taient brandies des pancartes r&#233;dig&#233;es en anglais demandant l'aide des Am&#233;ricains. Toutefois, Washington ne devait pas jouer le jeu attendu et acceptait de soutenir Paris par ONU interpos&#233;. Enfin, par sa personnalit&#233; et ses liens personnels avec Bouygues et m&#234;me Sarkozy, Ouattara, ancien commis du Fonds mon&#233;taire international et affairiste enrichi par d'innombrables trafics et pots de vins, qui poss&#232;de des entreprises dans plusieurs pays, offrait davantage de garantie de fiabilit&#233; que Gbagbo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit ce qu'il en est des mensonges r&#233;p&#233;t&#233;s sur &#171; la protection des populations civiles &#187;. Des populations qui ont &#233;t&#233; les premi&#232;res &#224; souffrir de l'offensive des troupes de Ouattara, comme en atteste le massacre de Du&#233;kou&#233; qui, selon les t&#233;moins d'organisations comme la Croix rouge, a fait entre 800 et un millier de victimes. Ouattara lui-m&#234;me vient d'ailleurs d'&#234;tre contraint de reconna&#238;tre la responsabilit&#233; de ses troupes. Celles-ci, en entrant dans Abidjan, se sont comport&#233;es comme de vulgaires pillards, au point qu'il &#233;tait difficile pour la population de distinguer parmi les bandes arm&#233;es qui volaient, ran&#231;onnaient, violaient, celles qui appartenaient &#224; l'arm&#233;e de Gbagbo de celles de son rival ou des hordes de voyous agissant pour leur propre compte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Quel avenir ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette intervention militaire de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais dans un pays africain cens&#233; &#234;tre &#171; ind&#233;pendant &#187; vient s'ajouter &#224; une tr&#232;s longue liste qui commence en 1964 au Gabon pour prot&#233;ger le pr&#233;sident M'Ba, o&#249; figurent entre autres les massacres commis au Cameroun &#224; la fin des ann&#233;es soixante pour soutenir le dictateur Ahidjo, les exp&#233;ditions au Za&#239;re en 1977, le renversement de Bokassa en 1979, au Tchad, en Mauritanie et surtout l'op&#233;ration Noro&#238;t au Rwanda en 1990, qui devait aboutir au terrible g&#233;nocide de 1994. L'intervention en C&#244;te d'Ivoire est d'ailleurs loin d'&#234;tre termin&#233;e, puisque le ministre de la d&#233;fense Longuet a annonc&#233; l'envoi de gendarmes pour maintenir l'ordre dans les rues d'Abidjan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est douteux que cette exp&#233;dition suffise pour r&#233;tablir durablement le calme dans ce pays. D'une part, elle va sans aucun doute susciter l'hostilit&#233; voire la haine d'une grande partie de la population contre un pr&#233;sident port&#233; au pouvoir par l'ancienne puissance coloniale. D'autre part, les forces qui soutiennent Ouattara sont tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes et leur unit&#233; tr&#232;s fragile. Le pouvoir et les moyens financiers consid&#233;rables qui en d&#233;coulent lui ont sans doute permis d'acheter le ralliement de chefs militaires jusqu'alors consid&#233;r&#233;s comme des fid&#232;les de Gbagbo, mais leur appui reste aussi probl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule force sociale qui pourrait mettre fin &#224; ces sanglants conflits d'int&#233;r&#234;ts et de clans, c'est la classe ouvri&#232;re de C&#244;te d'Ivoire, qui compte des millions de travailleurs, aussi bien ceux qui sont employ&#233;s dans l'industrie et les ports que ceux qui triment dans les plantations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile de savoir comment ces &#233;v&#233;nements ont &#233;t&#233; v&#233;cus par les travailleurs ivoiriens, mais, par le pass&#233;, ils ont montr&#233; qu'ils &#233;taient capables de d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts, comme par exemple lors de la longue gr&#232;ve des transporteurs d'avril 2010, celle des dockers de juin 2009 ou celle des 600 000 planteurs de cacao en octobre 2006. S'il y a un espoir de sortir de l'impasse sanglante dans laquelle l'imp&#233;rialisme, ses trusts et ses valets enferment le peuple ivoirien, il viendra du prol&#233;tariat, et nous devons lui apporter toute notre solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 avril 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;George RIVIERE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Un pays pill&#233; par l'imp&#233;rialisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La C&#244;te d'Ivoire est riche en ressources naturelles. Ce pays se place au premier rang de nombre de productions agricoles : cacao, coton, caoutchouc, caf&#233;, huile de palme, bananes, ananas. &#192; ces richesses traditionnelles, vient s'ajouter le p&#233;trole et le gaz naturel qui vient d'&#234;tre d&#233;couvert par Total au large des c&#244;tes ivoiriennes. Ouattara se serait d'ailleurs engag&#233;, avant m&#234;me d'occuper le fauteuil de pr&#233;sident, &#224; accorder l'exclusivit&#233; de ce gaz &#224; la France par un contrat qui entrerait en vigueur lors de son arriv&#233;e au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le poids de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais reste consid&#233;rable : on recense environ 600 entreprises fran&#231;aises, dont 240 filiales de grands groupes (voir &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/En-Cote-d-Ivoire-dechiree-deux-pions-de-la-France-a-fric' class='spip_in'&gt;&lt;em&gt;CR&lt;/em&gt; 74&lt;/a&gt;), qui repr&#233;sentent environ la moiti&#233; de l'&#233;conomie du pays. &#192; noter, simple exemple, qu'une des premi&#232;res actions militaires terrestres de l'arm&#233;es fran&#231;aise &#224; Abidjan au cours des derniers &#233;v&#233;nements a consist&#233; &#224; s'emparer du port pour permettre l'exportation de stocks de cacao qui y &#233;taient entrepos&#233;s, alors que le cours de ce produit atteignait son plus haut niveau depuis 1979&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des centaines d'autres soci&#233;t&#233;s officiellement &#171; ivoiriennes &#187; sont en effet g&#233;r&#233;es par des hommes de paille. Ce pays, dot&#233; d'infrastructures modernes, est particuli&#232;rement convoit&#233;, bien qu'il fasse encore partie des chasses gard&#233;es de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Sa l&#233;gislation est particuli&#232;rement favorable aux investisseurs &#233;trangers. Au point que, selon la Chambre de commerce franco-ivoirienne, le retour sur investissement est de l'ordre de 30 %, soit trois fois plus que celui d'une entreprise fran&#231;aise consid&#233;r&#233;e comme tr&#232;s rentable. En revanche, la situation de la population s'est fortement d&#233;grad&#233;e depuis les ann&#233;es 1980, le PIB par habitant tombant de 1 000 dollars &#224; 600 dollars par an. Selon l'Union G&#233;n&#233;rale des Travailleurs de C&#244;te d'Ivoire (UGTCI), la moiti&#233; de la population ivoirienne survit aujourd'hui avec moins de quatre cent francs CFA par jour, soit 0,6 euro&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sources : UGTCI, minist&#232;re du Commerce ext&#233;rieur de la France, chambre de Commerce franco-ivoirienne.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> En C&#244;te d'Ivoire d&#233;chir&#233;e, deux pions de la France-&#224;-fric !
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		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Afrique
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		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire
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		<description>Cela fait maintenant presque trois mois que deux candidats &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de C&#244;te d'Ivoire se sont d&#233;clar&#233;s vainqueurs. &lt;br /&gt;L'un, Alassane Ouattara, a les faveurs d'un &#171; conseil &#233;lectoral &#187; et de la &#171; communaut&#233; internationale &#187;, Obama en t&#234;te et, derri&#232;re, Sarkozy. L'autre, Laurent Gbagbo, a celles d'un Conseil constitutionnel et probablement du gros de l'appareil d'&#201;tat ivoirien, notamment de l'arm&#233;e. Le bras de fer entre les &#171; deux pr&#233;sidents &#187; a fait officiellement plus de 350 morts dans la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/+-Cote-d-Ivoire-+" rel="tag"&gt;C&#244;te d'Ivoire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela fait maintenant presque trois mois que deux candidats &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de C&#244;te d'Ivoire se sont d&#233;clar&#233;s vainqueurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un, Alassane Ouattara, a les faveurs d'un &#171; conseil &#233;lectoral &#187; et de la &#171; communaut&#233; internationale &#187;, Obama en t&#234;te et, derri&#232;re, Sarkozy. L'autre, Laurent Gbagbo, a celles d'un Conseil constitutionnel et probablement du gros de l'appareil d'&#201;tat ivoirien, notamment de l'arm&#233;e. Le bras de fer entre les &#171; deux pr&#233;sidents &#187; a fait officiellement plus de 350 morts dans la population. Chacun des deux camps a brandi les tricheries, bourrages d'urnes et coups de force &#8211; y compris violents et sanglants. Un Ouattara qui a la b&#233;n&#233;diction du monde imp&#233;rialiste et du gros de ses sous-fifres mais reste n&#233;anmoins clo&#238;tr&#233; dans l'h&#244;tel du Golf. Un Gbagbo qui se pavane toujours et ignore toutes les pressions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ubuesque et serait franchement risible si cette concurrence entre deux candidats &#224; la repr&#233;sentation en C&#244;te d'Ivoire des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et politiques des grandes puissances, n'&#233;tait pas en train de g&#233;n&#233;rer des affrontements sanglants. Et les grandes puissances, par la voix de l'ONU, de craindre une &#171; escalade de la violence &#187; et les pr&#233;mices d'une &#171; guerre civile &#187;. Mais c'est l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui a la responsabilit&#233; la plus lourde dans cette situation dramatique dans laquelle le pays s'enfonce.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le pr&#233; carr&#233; de Bollor&#233;, Total, Orange, Bouygues, EDF, la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale et les autres&#8230;.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De toutes les ex-colonies d'Afrique, c'est la C&#244;te d'Ivoire &#224; laquelle la France tient le plus. Et quand l'imp&#233;rialisme aime, il le montre : sur les 10 000 soldats fran&#231;ais pr&#233;sents de fa&#231;on permanente en Afrique, 2 400 sont en C&#244;te d'Ivoire, o&#249; la France poss&#232;de encore une base militaire. Pourquoi tant d'affection ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste plus de 600 entreprises tenues par des Fran&#231;ais. 150 sont filiales de grands groupes. Le groupe Bollor&#233; poss&#232;de le port de commerce d'Abidjan et la ligne de chemin de fer Abidjan-Ouagadougou ; il est &#233;galement tr&#232;s pr&#233;sent dans l'agro-alimentaire, le coton et le tabac. Total contr&#244;le les 150 stations-service du pays et l'exploitation du p&#233;trole offshore, Orange les t&#233;l&#233;communications, EDF une bonne part du r&#233;seau &#233;lectrique, Accor, l'h&#244;tellerie. Depuis la construction pharaonique de la basilique de Yamoussoukro, le groupe Bouygues a obtenu de nouveaux contrats... sans compter la distribution de l'eau. Le secteur bancaire est enti&#232;rement sous la coupe des grandes banques fran&#231;aises &#8211; la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, le Cr&#233;dit Agricole, la BNP et Le Cr&#233;dit Lyonnais. De m&#234;me que la monnaie, puisque le franc CFA est sous le contr&#244;le du Tr&#233;sor public fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une &#171; d&#233;colonisation &#187; particuli&#232;rement bien soign&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement fran&#231;ais n'avait rien trouv&#233; &#224; redire sur le caract&#232;re dictatorial du r&#233;gime d'Houphou&#235;t-Boigny ni sur son parti unique. Au cas o&#249;, les troupes fran&#231;aises &#233;taient l&#224; pour servir de garde du corps &#224; ce grand ami de la France, ce qu'elles firent &#224; plusieurs reprises. C'est la p&#233;riode dite du &#171; miracle ivoirien &#187;, surtout pour les patrons fran&#231;ais et les dignitaires du r&#233;gime. &#192; sa mort, Houphou&#235;t-Boigny avait accumul&#233; une fortune personnelle de 60 milliards de francs fran&#231;ais (pr&#232;s de 10 milliards d'euros, plus que le PNB ivoirien).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend mieux pourquoi ses trois successeurs concurrents en titre (B&#233;di&#233; et nos deux candidats de la r&#233;cente &#233;lection pr&#233;sidentielle, Gbagbo et Ouattara) se disputent depuis si violemment son h&#233;ritage (politique).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Ouattara, l'homme du FMI&#8230;, &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1990, du vivant d'Houphou&#235;t, c'est justement Alassane Ouattara qui &#233;tait son Premier ministre. Alors directeur-adjoint du FMI (Fonds mon&#233;taire international), il &#233;tait charg&#233; de mettre en place le Plan d'ajustement structurel (PAS), qui organisait privatisations, libre-&#233;change, et r&#233;ductions des services publics. Mais, &#224; la mort d'Houphou&#235;t en 1993, c'est Henri B&#233;di&#233; qui revendiqua l'int&#233;rim pr&#233;sidentiel. Au m&#234;me moment, le pr&#233;tendu &#171; miracle ivoirien &#187; commen&#231;ait &#224; battre de l'aile, le ch&#244;mage s'&#233;tendait, la mis&#232;re s'accroissait. Dans un pays o&#249; l'immigration (notamment du Mali et du Burkina Faso) repr&#233;sente 25 % de la classe ouvri&#232;re, la classe politique ivoirienne, B&#233;di&#233; en t&#234;te, n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; instrumentaliser la x&#233;nophobie en cr&#233;ant de toutes pi&#232;ces le concept d'&#171; ivoirit&#233; &#187; (d&#233;finition restrictive de l'identit&#233; nationale qui impose de prouver ses origines ivoiriennes pour voter et &#234;tre &#233;ligible), ce qui permit d'&#233;loigner Ouattara, originaire du Nord (l'actuel Burkina Faso), de la comp&#233;tition &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; s'allie au &#171; socialiste &#187; Gbagbo&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ouattara alla alors chercher un alli&#233; providentiel dans la personne du socialiste Gbagbo (eh oui !). Ce dernier, &#171; ivoirien de souche &#187;, &#233;tait alors dans l'opposition et avait fond&#233; dans la clandestinit&#233; son parti, le FPI (Front populaire ivoirien), en adh&#233;rant &#224; l'Internationale socialiste. L'&#233;lection pr&#233;sidentielle tant attendue par les deux &#171; alli&#233;s &#187; n'a jamais eu lieu. 1999 : putsch du g&#233;n&#233;ral Gue&#239;, qui se pr&#233;senta aux pr&#233;sidentielles de 2000 contre le seul adversaire rescap&#233; de l'&#171; ivoirit&#233; &#187;, Laurent Gbagbo, qui remporta l'&#233;lection. Gue&#239; refusa de c&#233;der le pouvoir. Gbagbo se proclama vainqueur &#224; la radio et s'imposa, avec l'aide de la France, qui fut la premi&#232;re &#224; reconna&#238;tre la victoire du nouveau pr&#233;sident soi-disant &#171; socialiste &#187;. Dix ans plus tard, on a une impression de d&#233;j&#224; vu, les r&#244;les &#233;tant invers&#233;s entre Ouattara et Gbagbo.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;2002 : la C&#244;te d'Ivoire coup&#233;e en deux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La tentative de coup d'&#201;tat perp&#233;tr&#233;e en 2002 par les officiers de Ouattara, sur des bases ne relevant pas moins de l'ethnisme que ses rivaux, a d&#233;finitivement s&#233;par&#233; le pays en deux. L'arm&#233;e fran&#231;aise mit en concurrence Gbagbo avec les rebelles, amis de Ouattara, pour le forcer &#224; la docilit&#233;. L'&#201;tat fran&#231;ais d&#233;cida d'organiser une rencontre qui se solda, en janvier 2003, par la signature des accords Marcoussis. Il se posait en &#171; force d'interposition &#187;. En 2004, Gbagbo lan&#231;a une offensive vers le Nord, avec l'accord tacite de la France. On ne saura peut-&#234;tre jamais si le bombardement d'une base des forces d'interposition fran&#231;aises &#224; Bouak&#233;, en novembre 2004, a &#233;t&#233; un accident, comme l'a pr&#233;tendu l'&#233;tat-major ivoirien, ou s'il s'est agi d'une mesure d&#233;lib&#233;r&#233;e. Mais ce bombardement offrit en tout cas le pr&#233;texte &#224; l'arm&#233;e fran&#231;aise de tenter un coup de force contre le r&#233;gime de Gbagbo au Sud et de lancer l'op&#233;ration &lt;em&gt;Licorne&lt;/em&gt;. L'arm&#233;e fran&#231;aise en profita pour d&#233;truire la flotte ivoirienne, mais se heurta &#224; ce qu'elle appella elle-m&#234;me une v&#233;ritable &#171; insurrection &#187; populaire. Une dizaine de milliers de manifestants, sur appel du FPI, le parti de Gbagbo, se mobilis&#232;rent, l'arm&#233;e fran&#231;aise tira sur la foule, sans sommation, &#224; la mitrailleuse et au canon&#8230; mais fut contrainte de se retirer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les profiteurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si les petites entreprises subirent le poids de la tourmente en s'empressant de le reporter sur les travailleurs, par des fermetures, des licenciements et des bas salaires, les &#233;v&#233;nements de 2004 n'ont, par la suite, pas emp&#234;ch&#233; les grandes entreprises de fonctionner et m&#234;me de se renforcer. D&#232;s 2004, Bollor&#233; r&#233;cup&#233;rait la concession du terminal &#224; conteneur du port d'Abidjan, En 2010, il s'offrait deux belles locos pour son train (Sitarail) et poursuivait des n&#233;gociations avec Areva pour sortir l'uranium du Niger via le port d'Abidjan. Ses filiales profit&#232;rent de l'&#233;conomie de guerre et du trafic de cacao, au Nord comme au Sud. Bouygues se vit attribuer la construction du 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; pont d'Abidjan et du barrage hydro-&#233;lectrique et se lan&#231;a dans l'exploitation du gaz et du p&#233;trole. Vinci travailla sur le nouveau chantier pharaonique de Yamoussoukro. &#192; l'automne 2010, Total fit son entr&#233;e dans le secteur de l'exploitation p&#233;troli&#232;re en C&#244;te d'Ivoire et obtint une participation majoritaire dans une soci&#233;t&#233; b&#233;n&#233;ficiant d'un permis d'exploration tr&#232;s prometteur au large d'Abidjan. Le pompon revint &#224; Sagem qui remporta le march&#233; des cartes d'identit&#233; et des cartes &#233;lectorales s&#233;curis&#233;es, r&#233;clamant le double du prix r&#233;el, malgr&#233; des irr&#233;gularit&#233;s signal&#233;es par le haut-repr&#233;sentant des Nations Unies&#8230; pour les &#233;lections en C&#244;te d'Ivoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population, quant &#224; elle, b&#233;n&#233;ficie, depuis bient&#244;t 10 ans, du triste privil&#232;ge de subir deux bandes arm&#233;es &#224; la fois. Elle est rackett&#233;e des deux c&#244;t&#233;s. Le ch&#244;mage s'aggrave. Dans les villages, la mis&#232;re devient insupportable. Il ne manquait plus finalement que les menaces persistantes de la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ces &#233;lections de 2010, la France croyait avoir trouv&#233; un moyen de r&#233;unifier le pays au mieux de ses int&#233;r&#234;ts. Qu'est-ce que &#231;a changera pour les travailleurs que ce soit Gbagbo ou Ouattara qui l'emporte ? Les deux savent trop bien que ce ne sont pas les urnes mais les armes qui assurent le pouvoir. Ils aimeraient entra&#238;ner les travailleurs dans une guerre civile ? Quelle que soit l'issue, elle servirait les int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2008, des manifestations contre la chert&#233; de la vie ont &#233;clat&#233; dans plusieurs quartiers d'Abidjan. Presque au m&#234;me moment, des manifestations de m&#234;me nature fleurissaient &#224; Dakar, quelques semaines plus t&#244;t, au Burkina Faso, au Cameroun et dans bien d'autres pays africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population tunisienne a montr&#233; qu'une dictature, m&#234;me soutenue par la France, n'est pas immortelle. Esp&#233;rons que les Ouattara, les Gbagbo et leurs donneurs d'ordres imp&#233;rialistes le mesureront ces prochains temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 f&#233;vrier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;o BASERLI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_523 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/local/cache-vignettes/L300xH415/cote-d-ivoire-4672b.png?1533520560' width='300' height='415' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;&#171; Une aide fran&#231;aise tr&#232;s li&#233;e &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt; &#171; Pour le business hexagonal, qui repr&#233;sente un tiers du PIB ivoirien, le meilleur est &#224; venir, au risque de faire sauter le tabou sur l'aide li&#233;e &#187;. &lt;/em&gt;Ce ne sont pas les r&#233;dacteurs gauchistes de &lt;em&gt;Convergences r&#233;volutionnaires&lt;/em&gt; qui le disent, mais &lt;em&gt;La Lettre du Continent&lt;/em&gt; (n&#176;592 du 15 juillet 2010), laquelle se pr&#233;sente comme &lt;em&gt;&#171; la publication de r&#233;f&#233;rence des cercles dirigeants et des milieux d'affaires en Afrique de l'Ouest et dans les pays du golfe de Guin&#233;e &#187;&lt;/em&gt;. Citation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;Sur les 6 100 milliards F CFA de la dette ivoirienne, la cr&#233;ance de la France atteint 2 700 milliards (5,1 milliards &#8364;) ! Un pactole qui passera en 2011 &#224; l'ardoise magique du PPTE (pays pauvres tr&#232;s endett&#233;s). Une partie de l'annulation de la dette bilat&#233;rale fran&#231;aise sera reconvertie en C2D (contrat d&#233;sendettement-d&#233;veloppement) pour des projets d'infrastructures et la relance du business fran&#231;ais. De quoi mieux comprendre l'euphorie du ministre ivoirien de l'&#233;conomie et des finances, Charles Diby Koffi, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet &#224; Paris, devant les hommes d'affaires fran&#231;ais mobilis&#233;s par Ubifrance. Avec la Banque Lazard comme conseiller financier et BNP-Paribas comme chef de file du Club de Londres, Diby &#233;tait en l&#233;vitation au sommet de la Tour Eiffel ! &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Pour en savoir plus : &lt;/h3&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Samu&#235;l Foutoyet, &lt;em&gt;Nicolas Sarkozy ou la Fran&#231;afrique d&#233;compl&#233;x&#233;e&lt;/em&gt;, &#233;d. Tribord 2009&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Rapha&#235;l Granvaud, &lt;em&gt;Que fait l'arm&#233;e fran&#231;aise en Afrique ?&lt;/em&gt;, &#233;d. Agone 2009 (notamment chap. 15 et 18 consacr&#233;s &#224; la C&#244;te d'Ivoire)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Vladimir Cagnolari, &lt;em&gt;C&#244;te d'Ivoire, les h&#233;ritiers maudits de F&#233;lix Houphou&#235;t-Boigny&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/em&gt;, janvier 2011&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; &lt;em&gt;Lutte de Classe&lt;/em&gt; (s&#233;rie 1993 &#8211; ), N&#176; 39, 45, 48, 53, 67, 70, 75, 84, 85, 90, 113 (articles 1998-2008)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip'&gt;&lt;li&gt; Sur les int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais en C&#244;te d'Ivoire, Cf. les articles de &lt;em&gt;La Lettre du Continent&lt;/em&gt; consacr&#233;s &#224; la C&#244;te d'Ivoire (num&#233;ros 572, 579, 589, 590, 592, 605 et 606).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> C&#244;te d'Ivoire : la population entre trois feux
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		<dc:date>2005-03-07T13:39:42Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire
</dc:subject>

		<description>En novembre 2004, deux journ&#233;es d'&#233;meutes et de destructions des biens de Fran&#231;ais rappelaient que la France maintient bien des milliers de soldats en C&#244;te d'Ivoire. Jeune Afrique racontait dans son num&#233;ro du 5 d&#233;cembre 2004 les crimes et m&#233;faits de l'arm&#233;e fran&#231;aise durant ces journ&#233;es : &#171; le 6 novembre (...) entre dix et trente morts. &#187;...&#171; le 9 novembre, devant l'h&#244;tel Ivoire, la foule appara&#238;t joyeuse et d&#233;termin&#233;e avant que des coups de feu tir&#233;s depuis les blind&#233;s fran&#231;ais la dispersent dans la&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En novembre 2004, deux journ&#233;es d'&#233;meutes et de destructions des biens de Fran&#231;ais rappelaient que la France maintient bien des milliers de soldats en C&#244;te d'Ivoire. &lt;em&gt;Jeune Afrique&lt;/em&gt; racontait dans son num&#233;ro du 5 d&#233;cembre 2004 les crimes et m&#233;faits de l'arm&#233;e fran&#231;aise durant ces journ&#233;es : &lt;em&gt;&#171; le 6 novembre (...) entre dix et trente morts. &#187;...&#171; le 9 novembre, devant l'h&#244;tel Ivoire, la foule appara&#238;t joyeuse et d&#233;termin&#233;e avant que des coups de feu tir&#233;s depuis les blind&#233;s fran&#231;ais la dispersent dans la panique la plus totale (57 civils tu&#233;s et 2 226 bless&#233;s). &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une indignation... tardive&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ennemi semble donc maintenant Laurent Gbagbo qui est pourtant arriv&#233; au pouvoir, le 25 octobre 2000, avec la caution et l'aide de la France. Une bienveillance qui ne s'est pas d&#233;mentie entre 2000 et 2004, ni lors des massacres dans les quartiers populaires d'Abidjan, ni quand il a d&#251; faire face &#224; la mutinerie de l'arm&#233;e le 19 septembre 2002, ni depuis que les mutins occupent le nord et l'ouest du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu une attaque de l'aviation ivoirienne contre les troupes fran&#231;aises pour d&#233;clencher en repr&#233;sailles, d&#233;but novembre 2004, la destruction de l'aviation ivoirienne et la condamnation de la politique de Gbagbo. En d&#233;clarant &#171; &lt;em&gt;nous ne voulons pas laisser se d&#233;velopper une situation pouvant conduire &#224; l'anarchie ou &#224; un r&#233;gime de nature fasciste&lt;/em&gt; &#187;, Chirac faisait allusion aux bandes de jeunes nationalistes x&#233;nophobes et racistes mobilis&#233;es et encadr&#233;es par l'arm&#233;e, la gendarmerie et les escadrons de la mort qui s&#233;vissent et terrorisent Abidjan... depuis 4 ans. Les nouvelles ne parviennent pas vite &#224; l'&#201;lys&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Escadrons de la mort&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'action de ces &#171; groupes patriotes &#187; n'a rien &#224; voir avec une r&#233;volte spontan&#233;e contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Elle est patronn&#233;e par la femme de Gbagbo et b&#233;n&#233;ficie de l'impunit&#233; comme l'avait montr&#233; un premier massacre, le 26 octobre 2000 : dans la zone industrielle de Yopougon, on retrouva un charnier de 57 corps dont de nombreux jeunes assassin&#233;s et tortur&#233;s. &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 7 d&#233;cembre 2000 peut d&#233;j&#224; &#233;crire : &lt;em&gt;&#171; Les violences ont &#233;t&#233; extr&#234;mes &#224; l'&#233;gard d'immigr&#233;s ouest-africains, notamment &#224; Port Bou&#235;t II et &#224; Adjam&#233;. &#187; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mois qui suivent, les exactions se multiplient contre des quartiers pauvres terroris&#233;s. Les cadavres jonchent les rues et personne n'ose m&#234;me y toucher tant la peur de ceux que l'on appellera les &#171; escadrons de la mort de Gbagbo &#187; est grande. Toutes les enqu&#234;tes internationales, notamment en ao&#251;t 2001 celle de &lt;em&gt;Human rights watch&lt;/em&gt;, accuseront directement Gbagbo. En f&#233;vrier 2002, &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; titre &#171; &lt;em&gt;les escadrons de la mort de Gbagbo&lt;/em&gt; &#187; et d&#233;nonce &#171; l'enl&#232;vement de 500 personnes &#187;. L'ONU proteste contre &lt;em&gt;&#171; la destruction des bidonvilles qui continue de mani&#232;re assez intense&lt;/em&gt; &#187;. Des dizaines de milliers de travailleurs voient leurs demeures br&#251;l&#233;es au lance-flamme et certains y trouvent la mort. Tout cela, alors que les troupes fran&#231;aises &#233;taient encasern&#233;es juste &#224; c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'homme de la France&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette tourmente qui dresse depuis 4 ans Ivoiriens contre &#233;trangers, ceux du nord contre ceux du sud, chr&#233;tiens contre musulmans, ethnies contre ethnies, n'a rien &#224; voir avec la mobilisation des deux ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes contre la corruption, la mis&#232;re et la dictature. Alors, en 1999 et 2000, les manifestants d'Abidjan &#233;taient aussi bien originaires du nord que du sud. Ils &#233;taient surtout adversaires des classes dirigeantes qui avaient b&#226;ti des fortunes lors de la grande &#233;poque du parti unique PDCI et de la corruption g&#233;n&#233;rale. L'inspecteur g&#233;n&#233;ral des arm&#233;es fran&#231;aises, le g&#233;n&#233;ral Germanos, parlait de &#171; situation explosive &#187; et, en novembre, un rapport de l'&#201;tat major fran&#231;ais remis &#224; Chirac classait le pays en &#171; zone orange ou danger imminent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du soul&#232;vement populaire qui a fait tomber le pouvoir militaire du g&#233;n&#233;ral Gue&#239;, les 24-25 octobre 2000, les manifestants qui ont attaqu&#233; et pris un &#224; un les &#233;difices publics, au prix de nombreuses victimes, &#233;taient des travailleurs, des ch&#244;meurs et des jeunes de toutes origines ethniques. Ce sont eux qui ont assur&#233; le succ&#232;s de Gbagbo. Mais ce sont les &#171; barons &#187; de l'ancien parti unique PDCI, la grande bourgeoisie ivoirienne et l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui ont finalement d&#233;cid&#233; et pr&#233;f&#233;r&#233; Gbagbo &#224; Ouattara. Ce dernier conserve en effet de son poste &#224; la direction du FMI l'image d'un homme li&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain alors que Gbagbo, qui fait partie de l'Internationale socialiste et est personnellement li&#233; &#224; la &#171; Fran&#231;afrique de gauche &#187;, &#224; Henri Emmanuelli ou Michel Charasse, a l'appui du Parti socialiste alors au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Briser la mobilisation populaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La population pauvre a le sentiment que c'est la rue qui fait et d&#233;fait les pr&#233;sidents. Le Monde du 27 octobre 2000 &#233;crit &#171; Le g&#233;n&#233;ral Gue&#239; a &#233;t&#233; contraint de c&#233;der le pouvoir sous la pression de la rue. Laurent Gbagbo est proclam&#233; vainqueur du scrutin pr&#233;sidentiel. Mais la C&#244;te d'Ivoire est au bord de la guerre civile. &#187; Pour contrecarrer le d&#233;veloppement de cette mobilisation populaire Gbagbo va donc imm&#233;diatement faire appel &#224; une d&#233;magogie susceptible de la diviser. Le racisme anti-dioulas ou anti-&#233;trangers, il ne l'invente pas mais il lui donne un cadre politique et des organisations. D&#232;s le lendemain de sa prise du pouvoir, il lance dans les quartiers populaires et pauvres de la capitale des bandes de jeunes d&#233;class&#233;s et des &#233;tudiants encadr&#233;s par des gendarmes et des groupes de militants de son parti, le Front populaire ivoirien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais la radicalisation de la jeunesse d'Abidjan a une nouvelle connotation : hostile aux &#171; Dioulas &#187; (terme sous lequel ils englobent les ethnies du nord), aux musulmans (Gbagbo a fait incendier des mosqu&#233;es) et aux &#233;trangers. Gbagbo relance la notion d'&#171; ivoirit&#233; &#187; qui pr&#233;tend que les gens du nord ne seraient pas de vrais Ivoiriens mais plut&#244;t des burkinab&#233;s ou des &#233;trangers. Les violences se multiplient lors des &#233;lections l&#233;gislatives de d&#233;cembre 2000. De nombreuses personnes sont tortur&#233;es et des femmes viol&#233;es par les bandes de Gbagbo. Les troupes fran&#231;aises sont toujours cantonn&#233;es &#224; deux pas, en plein Abidjan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des gr&#232;ves &#233;clatent pourtant en avril-mai 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C&#244;te d'Ivoire &#233;tant l'un des rares pays d'Afrique o&#249; les travailleurs d'industrie sont nombreux et concentr&#233;s, la classe ouvri&#232;re est une force et donc une menace. Pour d&#233;tourner celle-ci Gbagbo accentue encore sa politique &#171; fasciste &#187;, comme dirait Chirac. L'argent qui n'existe pas pour les travailleurs, il le trouve pour les bandes de nervis recrut&#233;s parmi la jeunesse pauvre, les fameux &#171; patriotes &#187;, ou des membres de la F&#233;d&#233;ration estudiantine et scolaire de C&#244;te d'Ivoire, la FESCI. Des milliers de jeunes sont ainsi encadr&#233;s par le pouvoir et mobilisables &#224; tout moment. Ceux qui refusent de manifester &#224; leurs c&#244;t&#233;s sont molest&#233;s. Les exactions (vol, viol, assassinat) sont nombreuses contre les habitants originaires du nord ou &#233;trangers et restent impunies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que tout le Nord du pays est aux mains des &#171; rebelles &#187;, c'est ouvertement, &#224; la t&#233;l&#233;vision et &#224; la radio gouvernementales (les autres ayant &#233;t&#233; volontairement supprim&#233;es) que Gbagbo appelle au meurtre contre les burkinab&#233;s et &#224; l'incendie contre les bidonvilles qu'il accuse d' &#171; h&#233;berger des assaillants &#187;. Des milliers de gens du nord et d'&#233;trangers sont expuls&#233;s violemment d'Abidjan. Les exactions touchent cette fois les villes de province et les campagnes. Les paysans pauvres et les ouvriers agricoles sont tr&#232;s durement frapp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les troupes fran&#231;aises poursuivent leur occupation militaire mais leur intervention n'a rien r&#233;gl&#233;. Elle n'a mis fin ni &#224; la r&#233;bellion militaire qui tient le nord et l'ouest du pays ni aux exactions du r&#233;gime du dictateur Gbagbo. La population ivoirienne vivait d&#233;j&#224; sous la menace des bandes arm&#233;es locales, gouvernementales ou rebelles. S'y ajoute maintenant celle d'une arm&#233;e &#233;trang&#232;re europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 f&#233;vrier 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert PARIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_144 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/local/cache-vignettes/L300xH302/afrique-5d06c.gif?1530598951' width='300' height='302' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> C&#244;te d'Ivoire : le panier de crabes
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire
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		<description>Du 15 au 24 janvier, dans la banlieue parisienne, &#224; Marcoussis, la France a r&#233;uni les protagonistes de la crise ivoirienne et les a pratiquement forc&#233;s &#224; s'entendre sur un compromis. Ils &#233;taient tous l&#224;, les partis politiques -le FPI, le parti gouvernemental, repr&#233;sent&#233; par son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral et premier ministre d'alors, le RDR d'Allassane Ouattara, consid&#233;r&#233; comme le principal opposant &#224; Gbagbo, le PDCI, l'ancien parti unique dirig&#233; par l'ex-dictateur Henri Konan B&#233;di&#233;, le PIT de Francis Wodi&#233; ou&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du 15 au 24 janvier, dans la banlieue parisienne, &#224; Marcoussis, la France a r&#233;uni les protagonistes de la crise ivoirienne et les a pratiquement forc&#233;s &#224; s'entendre sur un compromis. Ils &#233;taient tous l&#224;, les partis politiques -le FPI, le parti gouvernemental, repr&#233;sent&#233; par son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral et premier ministre d'alors, le RDR d'Allassane Ouattara, consid&#233;r&#233; comme le principal opposant &#224; Gbagbo, le PDCI, l'ancien parti unique dirig&#233; par l'ex-dictateur Henri Konan B&#233;di&#233;, le PIT de Francis Wodi&#233; ou l'UDPCI de feu le g&#233;n&#233;ral Robert Gu&#233;i- mais aussi les mouvements rebelles baptis&#233;s pour la circonstance &#171; forces nouvelles &#187;, MPCI et son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Guillaume Soro, MPIGO et MPJ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_48 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/local/cache-vignettes/L500xH281/cote-d_ivoire-58d80.png?1642777901' width='500' height='281' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les accords de Marcoussis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au terme de 9 jours de discussions, ces politiciens ont d&#251; donner leur accord sur un certain nombre de points. Un gouvernement d'union nationale, &#171; compos&#233; de fa&#231;on &#233;quilibr&#233;e &#187; et qui comprendrait tout le monde, serait form&#233;. Ce gouvernement devrait &#234;tre dirig&#233; par un premier ministre &#171; de consensus &#187;, irr&#233;vocable, dot&#233; de toutes les pr&#233;rogatives de l'ex&#233;cutif, autonome donc par rapport au pr&#233;sident de la r&#233;publique. Sa mission serait de regrouper et de d&#233;sarmer les diff&#233;rentes forces militaires du pays pour former une nouvelle arm&#233;e o&#249; s'int&#233;greraient les rebelles, d'expurger la constitution des articles x&#233;nophobes bas&#233;s sur l'ivoirit&#233;, de r&#233;soudre pacifiquement la question du code foncier en tenant compte des droits et des int&#233;r&#234;ts de toutes les couches de la population, d'accorder la nationalit&#233; ivoirienne aux populations injustement accus&#233;es d'&#234;tre &#171; &#233;trang&#232;res &#187; alors qu'elles se sont &#233;tablies dans le pays depuis des d&#233;cennies et, &#224; terme, de pr&#233;parer des &#233;lections libres. Pour ce faire un nouveau code &#233;lectoral serait promulgu&#233; permettant d'&#234;tre candidat &#224; condition d'&#234;tre &#171; n&#233; de m&#232;re ou de p&#232;re ivoirien d'origine &#187; et non des deux comme aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un comit&#233; de suivi compos&#233; des repr&#233;sentants de l'Onu, de l'Union africaine, de la Cedeao (Communaut&#233; des Etats de l'Afrique de l'Ouest), de l'Union europ&#233;enne notamment devait &#234;tre mis sur pied pour veiller &#224; l'application desdits accords qui auraient auraient d&#233;pouill&#233; en quelque sorte l'actuel dictateur Gbagbo de tout pouvoir r&#233;el jusqu'aux &#233;lections de 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour habiller ces accords d'une caution internationale et &#233;viter qu'ils n'apparaissent pour ce qu'ils &#233;taient, le fait de la seule volont&#233; de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, la France r&#233;unissait dans la foul&#233;e, &#224; Paris toujours, les chefs d'Etat de la Cedeao, ainsi que ceux du Gabon, Omar Bongo, et de l'Afrique du Sud, Thabo Mb&#233;ki, &#233;galement pr&#233;sident de l'Union africaine, Kofi Annan, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Onu, les bailleurs des fonds de la C&#244;te d'Ivoire et le pr&#233;sident ivoirien. Devant ce beau monde, ce dernier signa le protocole qui venait d'&#234;tre conclu. Et il nomma un premier ministre &#171; de consensus &#187;, en la personne de Seydou Diarra. Il semblerait m&#234;me qu'il ait accept&#233; que les minist&#232;res de la D&#233;fense et de l'Int&#233;rieur reviennent aux rebelles. En tout cas, quand Guillaume Soro, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du MPCI, d&#233;clara que ces deux postes avaient &#233;t&#233; attribu&#233;s au MPCI avec l'accord de Gbagbo, le camp de celui-ci n'&#233;mit aucune protestation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les palinodies de Gbagbo&#8230; et des autres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, pr&#232;s de deux mois apr&#232;s la signature des accords, le gouvernement dit de r&#233;conciliation peine toujours &#224; voir le jour. Et pour cause ! D&#232;s son retour &#224; Abidjan, le dictateur ivoirien faisait marche arri&#232;re. Il pr&#233;sentait les accords qu'il avait sign&#233;s comme de simples &#171; propositions &#187; et refusait de c&#233;der ses pr&#233;rogatives et d'admettre les repr&#233;sentants des rebelles dans un quelconque gouvernement. Dans le m&#234;me temps, il l&#226;chait ses partisans les plus x&#233;nophobes dans la rue, pour aller manifester devant certains symboles des int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais dans le pays, l'ambassade, le si&#232;ge d'Air France, la base militaire o&#249; sont stationn&#233;s des milliers de soldats fran&#231;ais, des &#233;tablissements scolaires fran&#231;ais. En r&#233;ponse, et pour avertir le dictateur ivoirien que les militaires fran&#231;ais n'&#233;taient nullement l&#224; pour le soutenir inconditionnellement s'il n'acceptait pas un compromis voulu par Paris, la France organisait le rapatriement d'une partie de ses ressortissants. De leur c&#244;t&#233;, les rebelles, ne jurant plus alors que par leur amiti&#233; avec la France, menacaient de reprendre les hostilit&#233;s et de descendre sur Abidjan. Et les autres partis ivoiriens, notamment le PDCI, le RDR et le PIT, faisaient chorus pour r&#233;clamer l'application des accords, &#224; l'unisson des dirigeants de la Cedeao, de l'Union africaine, de l'Onu et de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ces pressions, Gbagbo finit par accepter l'entr&#233;e des rebelles au gouvernement tout en continuant &#224; leur refuser les minist&#232;res qui leur avaient &#233;t&#233; initialement destin&#233;s. De leur c&#244;t&#233; les rebelles mettaient eux aussi de l'eau dans leur vin. Ce qui les int&#233;ressait, disaient-ils, c'&#233;tait &#171; l'esprit des accords &#187;, c'est-&#224;-dire la formation d'un gouvernement pilot&#233; par un premier ministre irr&#233;vocable, dot&#233; de toutes les pr&#233;rogatives, et non la question des postes minist&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rebelote donc lors du dernier sommet France-Afrique, toujours &#224; Paris, les 20 et 21 F&#233;vrier dernier, en l'absence de Gbagbo, mais en pr&#233;sence de Seydou Diarra : les dirigeants des principaux partis politiques et ceux des mouvements rebelles retombaient d'accord sur la formation d'un gouvernement &#171; de r&#233;conciliation nationale &#187;. Gouvernement que le dictateur ivoirien rejeta pourtant pour en composer un autre de son cru domin&#233; par les siens. Nouvelle col&#232;re donc des opposants, RDR comme mouvements rebelles, qui exig&#232;rent &#224; nouveau l'application stricte des &#171; accords de Marcoussis &#187;, y compris le respect de la distribution pr&#233;vue des postes minist&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle tentative de conciliation, tenue au Ghana, sous l'&#233;gide du dictateur local, Kufuor, pr&#233;sident en exercice de la Cedeao, vient d'accoucher d'un nouveau compromis. Laborieux au point de n'avoir pu d&#233;cider des deux minist&#232;res cl&#233;s et de confier le soin de leur trouver des titulaires &#224; un conseil regroupant tous les partis. La fin de la pi&#232;ce ? On peut en douter : lors de la premi&#232;re r&#233;union du nouveau gouvernement, &#224; Yamossoukro, un certain nombre de si&#232;ges sont rest&#233;s vides, les repr&#233;sentants de certains partis ayant pr&#233;f&#233;r&#233; s'abstenir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les embarras de Paris&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La com&#233;die jou&#233;e par les diff&#233;rents valets ivoiriens de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, tombant dans les bras les uns des autres un jour, pour se menacer le lendemain, puis s'embrasser &#224; nouveau le surlendemain, est malheureusement une trag&#233;die pour des milliers d'Ivoiriens, d&#233;plac&#233;s, expuls&#233;s, pill&#233;s et massacr&#233;s par les uns ou les autres de ces dictateurs ou aspirants dictateurs, dont aucun ne repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts des travailleurs ou des pauvres, mais tous aspirent &#224; recevoir l'onction de l'ancien colonisateur et toujours actuel exploiteur fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si celui-ci, dont l'intervention militaire n'a nullement pour objectif de prot&#233;ger la population des affres d'une guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e, h&#233;site toujours &#224; prendre parti et en reste encore &#224; chercher un compromis, c'est que parmi les clans en pr&#233;sence il npas &#233;vident de trouver celui qui s'imposera finalement aux autres. Et donc de miser &#224; coup s&#251;r sur celui qui &#224; l'avenir pourra restaurer et pr&#233;server l'ordre social qui permet &#224; des groupes capitalistes fran&#231;ais, les Bouygues ou les Bollor&#233;, de s'enrichir de fa&#231;on scandaleuse de l'exploitation des masses populaires ivoiriennes. C'est d'ailleurs bien parce qu'il sait qu'il est sur la sellette comme les autres que Gbagbo utilise parfois le chantage des manifestations anti-fran&#231;aises, un moyen paradoxal de chercher &#224;&#8230; s'attirer les bonnes gr&#226;ces de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 mars 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bienvenu CESAIRE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> C&#244;te d'Ivoire : Dix ans de combat des chefs
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire
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		<description>Devenue ind&#233;pendante en 1960, la C&#244;te d'Ivoire, premier producteur mondial du cacao, avait connu une situation de relative stabilit&#233; et m&#234;me quelques progr&#232;s sur le plan &#233;conomique et social. La qualification de &#171; miracle ivoirien &#187; &#233;tait pourtant un peu h&#226;tive. &lt;br /&gt;A partir des ann&#233;es 80, la chute drastique du prix du cacao sur le march&#233; mondial priva l'Etat ivoirien et les bourgeois locaux, &#171; les grottos &#187;, des profits &#233;normes auxquelles ils &#233;taient habitu&#233;s. L&#224;-dessus se pr&#233;senta le FMI, pour exiger de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/-Numero-25-janvier-fevrier-2003-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 25, janvier-f&#233;vrier 2003
&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Devenue ind&#233;pendante en 1960, la C&#244;te d'Ivoire, premier producteur mondial du cacao, avait connu une situation de relative stabilit&#233; et m&#234;me quelques progr&#232;s sur le plan &#233;conomique et social. La qualification de &#171; miracle ivoirien &#187; &#233;tait pourtant un peu h&#226;tive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir des ann&#233;es 80, la chute drastique du prix du cacao sur le march&#233; mondial priva l'Etat ivoirien et les bourgeois locaux, &#171; les grottos &#187;, des profits &#233;normes auxquelles ils &#233;taient habitu&#233;s. L&#224;-dessus se pr&#233;senta le FMI, pour exiger de l'Etat ivoirien, en banqueroute et d&#233;j&#224; en guenilles, de vendre le peu qui lui restait pour payer ses dettes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La fin du &#171; miracle ivoirien &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une s&#233;v&#232;re politique d'aust&#233;rit&#233; fut alors impos&#233;e et appliqu&#233;e : blocage des salaires, d&#233;graissage et licenciements dans la fonction publique, aggrav&#232;rent encore les conditions de vie des masses populaires d&#233;j&#224; bien d&#233;grad&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'application de toutes ces mesures provoqua, en 1990, des r&#233;voltes, des &#233;meutes et des gr&#232;ves. Dans l'espoir de d&#233;samorcer la col&#232;re populaire, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, inquiet de l'agitation dans sa chasse gard&#233;e, obligea alors le dictateur F&#233;lix Houphou&#235;t-Boigny, qui r&#233;gnait depuis 30 ans appuy&#233; sur un parti unique, le PDCI, Parti d&#233;mocratique de la C&#244;te d'Ivoire, &#224; instaurer le multipartisme. Alors naquirent des associations, comme la FECI, la F&#233;d&#233;ration des &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants de la C&#244;te d'Ivoire, et plusieurs partis d'opposition dont le principal &#233;tait le FPI, le Front populaire ivoirien, cr&#233;&#233; par Laurent Gbagbo. Dans le m&#234;me temps, Houphou&#235;t-Boigny nomma Alassane Ouattara, ancien haut fonctionnaire du FMI, premier ministre. De 1990 &#224; 1993, celui-ci poursuivit la politique d'aust&#233;rit&#233;, continua les licenciements dans la fonction publique, diminua encore les d&#233;penses de l'Etat et privatisa des secteurs importants tels que l'eau et l'&#233;lectricit&#233; (r&#233;cup&#233;r&#233;s par des groupes fran&#231;ais comme Bollor&#233; ou Bouygues).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le pugilat des dauphins&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1993, Houphou&#235;t Boigny mourut. Alors &#233;clata &#224; la t&#234;te de l'Etat et du PDCI une lutte farouche entre Alassane Ouattara, le premier ministre, et Henri Konan B&#233;di&#233;, le pr&#233;sident de l'assembl&#233;e nationale. Ce fut le clan B&#233;di&#233; qui l'emporta : sous pr&#233;texte que la constitution stipulait que, en l'absence du pr&#233;sident de la R&#233;publique, ce serait au pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e de le remplacer, celui-ci, appuy&#233; par les faucons du PDCI et l'arm&#233;e, s'empara du pouvoir. Ouattara et ses fid&#232;les n'eurent plus d'autre choix que de quitter le PDCI, puis de cr&#233;er en 1994 un nouveau parti, le RDR, le Rassemblement des r&#233;publicains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assista alors &#224; une recomposition du paysage politique ivoirien : le FPI de Gbagbo, qui pr&#233;tendait &#234;tre une organisation socialiste, s'allia avec le RDR, qui n'&#233;tait autre chose qu'un bout de l'ancien parti unique qui avait impos&#233; la dictature de Houphou&#235;t Boigny pendant plus trente ans, pour former &#171; le Front r&#233;publicain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour contrecarrer l'influence grandissante de Ouattara au sein de la petite bourgeoisie, y compris dans les rangs du PDCI, le dictateur B&#233;di&#233; se tailla un code &#233;lectoral sur mesure, bas&#233; sur &#171; l'ivoirit&#233; &#187;. L'objectif &#233;tait d'&#233;carter son rival de la course &#224; la pr&#233;sidence. Pour cela, ce code, &#224; l'origine de la x&#233;nophobie actuelle qui empoisonne l'atmosph&#232;re du pays, stipulait que ne pourrait &#234;tre candidat &#224; la pr&#233;sidence que quelqu'un qui est ivoirien, n&#233; de p&#232;re et de m&#232;re eux-m&#234;mes ivoiriens et ayant v&#233;cu en C&#244;te d'Ivoire sans discontinuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s sa publication, les dirigeants du Front r&#233;publicain le d&#233;nonc&#232;rent comme x&#233;nophobe, tribaliste et con&#231;u pour permettre au PDCI de rester au pouvoir, tr&#232;s exactement ce qu'il &#233;tait en effet. Ils organis&#232;rent des manifestations monstres qui rassembl&#232;rent des centaines des milliers de personnes pour exiger son retrait. Et devant l'intransigeance du gouvernement &#224; maintenir son code, le Front r&#233;publicain lan&#231;a une campagne dite &#171; boycott actif &#187; qui consistait &#224; ne pas prendre part &#224; la mascarade &#233;lectorale, voire &#224; l'emp&#234;cher.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Les renversements d'alliance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La dictature de B&#233;di&#233; &#233;tait impopulaire et r&#233;guli&#232;rement en butte &#224; des gr&#232;ves et des manifestations de travailleurs ou d'&#233;tudiants. Pourtant en attisant les pr&#233;jug&#233;s de toutes sortes entre les diff&#233;rentes populations du pays, en cr&#233;ant m&#234;me des probl&#232;mes l&#224; o&#249; il n'y en avait pas auparavant, Nord contre Sud, musulmans contre chr&#233;tiens, ethnies contre ethnies, la politique de &#171; l'ivoirit&#233; &#187; lui offrit une sorte de sursis jusqu'&#224; ce que, le 24 d&#233;cembre 1999, une mutinerie de soldats e&#251;t raison de cette dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les petits soldats, r&#233;volt&#233;s contre leurs conditions de vie, menac&#233;s d'&#234;tre priv&#233;s de leur solde, port&#232;rent &#224; leur t&#234;te le g&#233;n&#233;ral Gu&#233;&#239;. En prenant le pouvoir, celui-ci annula le code &#233;lectoral et opta pour des arrangements constitutionnels de nature &#224; permettre &#224; Ouattara de se pr&#233;senter aux &#233;lections. Il s'entoura aussi d'officiers et de soldats connus pour &#234;tre proches du leader du RDR, qui de plus re&#231;ut nombre important de minist&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en fallait pas plus pour que le FPI rompe l'alliance qui le liait au RDR et accuse Gu&#233;&#239; de rouler pour Ouattara. Bien plus, Gbagbo n'h&#233;sita pas &#224; s'allier &#224; ses anciens ennemis du PDCI, et constituer avec eux &#171; le Front patriotique &#187;, autour d'une plate forme politique inspir&#233;e de&#8230; &#171; l'ivoirit&#233; &#187;. Puis il y eut m&#234;me mieux : quand ayant pris go&#251;t au pouvoir, le g&#233;n&#233;ral Gu&#233;&#239; d&#233;cida de se porter candidat aux &#233;lections pr&#233;sidentielles, ce fut &#224; ce camp qu'il finit par se rallier pour ensemble concocter un nouveau code &#233;lectoral encore plus x&#233;nophobe que le pr&#233;c&#233;dent et exclure Ouattara de la course pr&#233;sidentielle. Et, pour rassurer ses nouveaux alli&#233;s ou &#233;carter toute menace, le g&#233;n&#233;ral Gu&#233;&#239; se d&#233;barrassa aussi des ses anciens compagnons, officiers et soldats, consid&#233;r&#233;s comme proches du leader du RDR, accus&#233;s de tentative de coup d'Etat et arr&#234;t&#233;s ou exclus de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un socialiste au pouvoir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Seuls Gbagbo du FPI et le g&#233;n&#233;ral Gu&#233;&#239; eurent le droit de se pr&#233;senter aux &#233;lections. Pas m&#234;me B&#233;di&#233;. En excluant ses principaux rivaux, le g&#233;n&#233;ral Gu&#233;&#239;, fort d'&#234;tre &#224; la t&#234;te de l'Etat et de jouir du soutien de l'arm&#233;e, &#233;tait tellement s&#251;r de faire une bouch&#233;e de Gbagbo. que, le jour des &#233;lections, avant m&#234;me la fin du d&#233;pouillement, il se rua &#224; la t&#233;l&#233;vision et se proclama vainqueur. Cela provoqua l'indignation non seulement des dirigeants du FPI et des autres partis mais surtout de dizaines de milliers de gens, venus de tous les horizons, RDR compris, qui descendirent dans la rue et s'affront&#232;rent &#224; la partie de l'arm&#233;e fid&#232;le &#224; Gu&#233;&#239;. Leur d&#233;termination &#233;tait telle que la gendarmerie bascula de leurs c&#244;t&#233;s, se rallia &#224; Gbagbo et porta &#224; ce dernier au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants du RDR, qui avaient particip&#233; &#224; la chute du dictateur Gu&#233;&#239;, ne l'entendaient pourtant pas de cette oreille. Ils r&#233;clam&#232;rent l'organisation de nouvelles &#233;lections avec, cette fois-ci, la participation de leur leader. Le pr&#233;sident fra&#238;chement install&#233; au pouvoir r&#233;agit alors brutalement : des militaires et des militants des FPI descendirent dans les quartiers habit&#233;s par les gens du Nord ou les musulmans en g&#233;n&#233;ral et leur firent une chasse syst&#233;matique. Ils br&#251;l&#232;rent des mosqu&#233;es, incendi&#232;rent des magasins, assassin&#232;rent, viol&#232;rent et oblig&#232;rent des milliers de leurs victimes &#224; quitter le pays sous pr&#233;texte qu'ils auraient &#233;t&#233; &#171; des &#233;trangers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, afin de diviser les masses laborieuses exasp&#233;r&#233;es et &#233;trangl&#233;es par tant de probl&#232;mes sociaux et de d&#233;tourner leur attention des v&#233;ritables causes de leur situation, le &#171; socialiste &#187; Gbagbo reprit la politique de &#171; l'ivoirit&#233; &#187;, pour en faire ouvertement l'id&#233;ologie officielle du r&#233;gime et cr&#233;a, en cons&#233;quence, les conditions qui d&#233;bouch&#232;rent sur la partition actuelle du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B.C.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> C&#244;te d'Ivoire : Sous le parapluie de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais
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		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire
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		<description>Trois mois apr&#232;s la mutinerie qui a &#233;clat&#233; dans la nuit du 18 au 19 septembre, la C&#244;te d'Ivoire est aujourd'hui un pays d&#233;pec&#233; sous la coupe des bandes arm&#233;es pr&#234;tes &#224; toutes les exactions, en particulier des nervis gouvernementaux, contre la population. Et la dictature de Gbagbo n'a pu se maintenir sur une partie du pays que gr&#226;ce &#224; l'intervention arm&#233;e de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. &lt;br /&gt;Des rebelles en ordre dispers&#233; &lt;br /&gt;Le Nord est entre les mains d'une r&#233;bellion dirig&#233;e par le MPCI, Mouvement patriotique de C&#244;te&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trois mois apr&#232;s la mutinerie qui a &#233;clat&#233; dans la nuit du 18 au 19 septembre, la C&#244;te d'Ivoire est aujourd'hui un pays d&#233;pec&#233; sous la coupe des bandes arm&#233;es pr&#234;tes &#224; toutes les exactions, en particulier des nervis gouvernementaux, contre la population. Et la dictature de Gbagbo n'a pu se maintenir sur une partie du pays que gr&#226;ce &#224; l'intervention arm&#233;e de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Des rebelles en ordre dispers&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Nord est entre les mains d'une r&#233;bellion dirig&#233;e par le MPCI, Mouvement patriotique de C&#244;te d'Ivoire, qui regroupe des militaires qui avaient particip&#233; au coup d'Etat qui a fait tomber la dictature de B&#233;di&#233; en d&#233;cembre 1999, avant que le g&#233;n&#233;ral Gu&#233;&#239; d&#8211;qu'ils avaient pourtant port&#233; au pouvoir&#8211; et Gbagbo ensuite ne les chassent de l'arm&#233;e parce qu'ils auraient &#233;t&#233; proches d'un candidat au pouvoir rival, Alassane Ouattara. Pourchass&#233;s et condamn&#233;s par la dictature de Gbagbo sous pr&#233;texte d'une tentative de coup d'Etat en janvier 2001, ils se sont organis&#233;s dans les pays voisins, au Burkina Faso notamment. Depuis septembre, apr&#232;s avoir pris le contr&#244;le de toute la r&#233;gion du nord, ils ont &#233;tabli leur si&#232;ge &#224; Bouak&#233;, la deuxi&#232;me ville du pays. Ils exigent le d&#233;part de Gbagbo du pouvoir, la dissolution de la constitution bas&#233;e sur la politique x&#233;nophobe de &#171; l'ivoirit&#233; &#187; et l'organisation de nouvelles &#233;lections. Des revendications qui sont quasiment les m&#234;mes que celles du RDR d'Alassane Ouattara, dont d'ailleurs certains dirigeants du MPCI sont issus, comme Guillaume Soro, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de l'Ouest, notamment Man, la principale ville de la r&#233;gion, est elle sous la coupe d'une autre organisation militaire, le Mpigo, Mouvement populaire du grand Ouest, cr&#233;&#233; par des fid&#232;les, militaires et politiciens, de l'ancien dictateur Gu&#233;&#239; assassin&#233; par les forces gouvernementales &#224; l'occasion des &#233;v&#233;nements du 18 septembre. Les dirigeants de Mpigo revendiquent aussi le d&#233;part de Gbagbo qu'ils accusent d'&#234;tre responsable du meurtre de leur leader.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de ces deux organisations, vient d'&#234;tre cr&#233;&#233; le MPJ, Mouvement pour la justice et la paix, issue d'une scission du MPCI. Ses responsables affirment que c'est parce qu'ils n'&#233;taient pas d'accord avec les discussions engag&#233;es courant octobre par le MPCI avec la dictature d'Abidjan, et d&#233;j&#224; sous l'&#233;gide de la France, qu'ils ont d&#233;cid&#233; de former une autre organisation dont l'objectif serait d'en finir militairement avec le pouvoir de Gbagbo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, au-del&#224; de l'hostilit&#233; commune au dictateur en place, il est difficile pour le moment de voir ce qui diff&#233;rencie ou rassemble ces trois groupes dont ce qu'on sait du programme politique est bien succinct surtout pour ce qui concerne les pauvres et les travailleurs de C&#244;te d'Ivoire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La France en force de la paix&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cela laisse d'autant plus les mains libres &#224; la France pour rester ma&#238;tre du jeu et man&#339;uvrer &#224; sa guise : depuis le d&#233;ploiement de 2500 soldats fran&#231;ais dont la mission serait de prot&#233;ger les ressortissants occidentaux et de veiller sur l'application d'un cessez-le feu sign&#233; entre le MPCI et le gouvernement de Gbagbo, jusqu'&#224; la convocation &#224; Paris, ce 15 janvier prochain, de tous les acteurs de la crise, clan gouvernemental, partis politiques, groupes rebelles&#8230; qui vont, semble-t-il, finalement tous obtemp&#233;rer. Au grand soulagement sans doute de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui, en for&#231;ant les politiciens et rebelles ivoiriens &#224; s'entendre cherche surtout &#224; sauvegarder l'ordre social en vigueur qui a permis jusqu'ici &#224; Bouygues, Bollor&#233; et autres capitalistes fran&#231;ais ayant la mainmise sur l'&#233;conomie de ce pays de tirer le maximum de profits de l'exploitation des masses laborieuses ivoiriennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celles-ci n'ont donc rien &#224; attendre de cette r&#233;union. Au mieux ce qui sera baptis&#233; du nom de paix ne sera qu'un compromis entre diff&#233;rents clans pour se partager le pouvoir et participer au pillage du pays et &#224; l'exploitation de la population. En attendant sans doute qu'un de ces clans juge que les rapports de force ont &#233;volu&#233; en sa faveur et reprenne les hostilit&#233;s pour tenter de se d&#233;barrasser de ses rivaux. Au pire le clan en question ne vient &#224; Paris que pour couvrir ses men&#233;es terroristes et guerri&#232;res sur le terrain et permettre &#224; la France, dont il recherche les faveurs, de continuer &#224; jouer &#224; la pacificatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 janvier 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bienvenu CESAIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_35 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/local/cache-vignettes/L350xH316/art609-1-82422.gif?1535610367' width='350' height='316' alt=&#034;image 350 x 316
&#034; title=&#034;image 350 x 316
&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> C&#244;te d'Ivoire : la r&#233;conciliation des brigands
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire
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		<description>Le jour de le cl&#244;ture du forum dit de r&#233;conciliation nationale en C&#244;te d'Ivoire, au d&#233;but du mois de janvier dernier, on a vu l'actuel dictateur Laurent Gbagbo et ses principaux rivaux, notamment Alassane Ouattara et Robert Gu&#233;&#239;, se tomber dans les bras et s'embrasser, alors que, quelque temps auparavant, ces m&#234;mes politiciens, sous pr&#233;texte de se combattre les uns les autres, avaient pouss&#233; les populations les unes contre les autres dans des massacres ethniques et x&#233;nophobes. &lt;br /&gt;Sont donc oubli&#233;s le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/-Numero-20-mars-avril-2002-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 20, mars-avril 2002
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le jour de le cl&#244;ture du forum dit de r&#233;conciliation nationale en C&#244;te d'Ivoire, au d&#233;but du mois de janvier dernier, on a vu l'actuel dictateur Laurent Gbagbo et ses principaux rivaux, notamment Alassane Ouattara et Robert Gu&#233;&#239;, se tomber dans les bras et s'embrasser, alors que, quelque temps auparavant, ces m&#234;mes politiciens, sous pr&#233;texte de se combattre les uns les autres, avaient pouss&#233; les populations les unes contre les autres dans des massacres ethniques et x&#233;nophobes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont donc oubli&#233;s le poison de la x&#233;nophobie et de la haine ethnique qu'ils avaient inocul&#233;s dans le pays ! Oubli&#233;es aussi les cons&#233;quences d&#233;sastreuses de cette politique : les massacres, les assassinats, les viols, les vols, les expulsions de ceux qui avaient &#233;t&#233; d&#233;sign&#233;s comme des &#171; &#233;trangers &#187;, les incendies des maisons, des mosqu&#233;es ou des &#233;glises ! Effac&#233;s &#233;galement les emprisonnements, les arrestations arbitraires, les bastonnades des gens dont le seul tort &#233;tait d'&#234;tre d'une autre r&#233;gion ou religion !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du m&#234;me monde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant, cependant, dans tout cela ! Au-del&#224; des apparences et des rivalit&#233;s personnelles ou de circonstances, ces gens-l&#224; appartiennent au m&#234;me monde et surtout ils d&#233;fendent le m&#234;me ordre social, les int&#233;r&#234;ts des riches de la C&#244;te d'Ivoire et ceux de l'imp&#233;rialisme, fran&#231;ais notamment. Ni les couches poss&#233;dantes ivoiriennes, ni les dictateurs des pays voisins, ni la France surtout ne voyaient d'un bon &#339;il le pourrissement de la situation. L'Elys&#233;e comme Matignon, mais surtout les Bollor&#233; et autres Bouygues qui contr&#244;lent l'essentiel de l'&#233;conomie de ce pays, avaient peur que la crise politique n&#233;e de la chute du dictateur B&#233;di&#233; en 1999 n'aggrave encore la crise sociale. Aussi &#233;tait-il de leur int&#233;r&#234;t de d&#233;samorcer le risque d'une explosion sociale et de trouver un compromis entre les diff&#233;rents pr&#233;tendants au pouvoir, m&#234;me si, en l'occurrence, les Gbagbo, Ouattara et autres B&#233;di&#233;, pourraient appara&#238;tre comme des pantins &#224; la botte des v&#233;ritables poss&#233;dants, les &#171; barons &#187; (potentats du r&#233;gime d'Houphou&#235;t) et les &#171; grotos &#187; (les riches).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend alors mieux pourquoi ce forum organis&#233;, pr&#233;tendaient-ils, pour r&#233;soudre les probl&#232;mes de la C&#244;te d'Ivoire n'a parl&#233; d'aucune des pr&#233;occupations essentielles de la population, des travailleurs, des paysans pauvres, des petits soldats, des &#233;tudiants, des femmes, des jeunes d&#233;soeuvr&#233;s, etc. Rien sur la mis&#232;re dans laquelle s'enfoncent des pans entiers de la soci&#233;t&#233; ivoirienne ! Rien sur les salaires mis&#233;rables dont d&#233;pendent des dizaines de personnes par famille ! Rien sur les maladies b&#233;nignes qu'on pourrait soigner &#224; moindres frais et qui, pourtant, font des ravages dans ce pays ! Rien sur le manque d'eau potable qui tue des milliers de gens dans les quartiers populaires des grandes ville comme Abidjan, la capitale, ou dans les villages, alors que dans les quartiers riches une minorit&#233; de parasites l'utilise pour remplir ses piscines, arroser ses jardins ou laver ses voitures ! Rien sur les logements v&#233;tustes, les baraques, o&#249; sont entass&#233;s des millions de gens, sans le moindre confort, sans eau, sans &#233;lectricit&#233;, &#224; c&#244;t&#233; des &#233;gouts &#224; ciel ouvert, alors que les bourgeois, ivoiriens et autres, ont villas luxueuses et ch&#226;teaux ! Rien aussi sur la p&#233;nurie des &#233;coles, des coll&#232;ges, des lyc&#233;es, des universit&#233;s, des dispensaires, des h&#244;pitaux ou des maternit&#233;s, alors que les femmes sont en majorit&#233; r&#233;duites &#224; accoucher dans des conditions dignes du Moyen-Age !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En paix ou en guerre, toujours nos ennemis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ils se sont battus entre eux, leur combat n'&#233;tait pas celui des masses exploit&#233;es. Mais quand ils se r&#233;concilient, c'est pour mieux river ces masses &#224; l'exploitation et &#224; l'ordre des riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les embrassades et les accolades actuelles de ces politiciens ne mettent m&#234;me pas les pauvres &#224; l'abri de futurs massacres. Aujourd'hui, sous la houlette de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, au nom d'un pr&#233;tendu &#171; int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur du pays &#187;, ils pourraient tous se retrouver au sein d'un m&#234;me gouvernement dit d'union nationale. Certains ont d&#233;j&#224; gouvern&#233; ensemble dans le pass&#233;. Mais le pass&#233; nous a appris aussi que la haine de l'autre, pr&#233;tendument &#171; diff&#233;rent &#187; ou &#171; &#233;tranger &#187; parce qu'il est d'une autre ethnie ou d'une autre r&#233;gion, fait partie de l'arsenal dont ils sont pr&#234;ts &#224; se servir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que demain la r&#233;volte des exploit&#233;s menace et les m&#234;mes iront &#224; nouveau fouiller dans les poubelles de l'ethnisme, de la x&#233;nophobie ou de la religion pour opposer les opprim&#233;s les uns aux autres. Il n'est m&#234;me pas exclu que lors des prochaines &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales les m&#234;mes politiciens qui pr&#233;tendent se r&#233;concilier aujourd'hui, ne cherchent pas, pour des raisons purement d'ambition personnelle, &#224; enflammer &#224; nouveau les haines et provoquer les affrontements ethniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 mars 2002, &lt;strong&gt;Bienvenu CESAIRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Une correspondance de C&#244;te d'Ivoire : Chert&#233; de la vie, ins&#233;curit&#233; et fronde sociale
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire
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		<description>Ce pouvoir a r&#233;ussi en l'espace de 16 mois l'exploit de mettre les m&#233;nages des Ivoiriens &#224; un niveau de pauvret&#233; jamais v&#233;cu. Les prix des denr&#233;es alimentaires ne cessent de grimper et personne ne sait quand ils se stabiliseront. Les prix de l'&#233;lectricit&#233;, de l'eau, du t&#233;l&#233;phone d&#233;j&#224; hors de prix pour les travailleurs ont connu encore des augmentations. &lt;br /&gt;Les prix du transport risquent d'augmenter avec la rumeur de la prochaine augmentation des prix de la patente et de la vignette. &#171; La mort subite &#187; (le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce pouvoir a r&#233;ussi en l'espace de 16 mois l'exploit de mettre les m&#233;nages des Ivoiriens &#224; un niveau de pauvret&#233; jamais v&#233;cu. Les prix des denr&#233;es alimentaires ne cessent de grimper et personne ne sait quand ils se stabiliseront. Les prix de l'&#233;lectricit&#233;, de l'eau, du t&#233;l&#233;phone d&#233;j&#224; hors de prix pour les travailleurs ont connu encore des augmentations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prix du transport risquent d'augmenter avec la rumeur de la prochaine augmentation des prix de la patente et de la vignette. &#171; La mort subite &#187; (le fait de ne pouvoir faire qu'un seul repas par jour, dans l'apr&#232;s-midi ) qui &#233;tait la pratique seulement dans les quartiers tr&#232;s pauvres &#233;tend ses tentacules &#224; d'autres quartiers jug&#233;s jusque l&#224; relativement ais&#233;s, aux grand &#233;tonnement des anciens pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police nationale agit &#224; sa guise dans certains commissariats. Un bandit mis en d&#233;tention se retrouve imm&#233;diatement en libert&#233; contre esp&#232;ces sonnanteq. Cela est tellement scandaleux que dans certains quartiers, des milices d'autod&#233;fense cr&#233;&#233;es par les populations ont commenc&#233; &#224; voir le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus scandaleux des faits divers fut l'assassinat d'un honn&#234;te citoyen par la police judiciaire dans le quartier d'Adjam&#233;, enlev&#233; devant sa famille et battu &#224; mort avant de d&#233;couvrir qu'il s'agissait d'une erreur. A qui le tour ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le front social est en &#233;bullition, c'est le moins qu'on puisse dire. De m&#233;moire d'Ivoirien on n'a jamais vu autant de mouvements de protestation et de gr&#232;ves en un si court r&#232;gne (16 mois).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aggravation de la pauvret&#233;, ajout&#233;e &#224; la d&#233;magogie et autres mensonges entretenus par le pouvoir a &#233;largi le front de la revendication sociale de sorte qu'il ne se passe plus de semaine sans qu'il n'y ait des mouvements de protestation, r&#233;ussis ou avort&#233;s, ou des manifestations d'humeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A titre r&#233;capitulatif, non exhaustif, il y a eu du 22 mai 2001 au 7 f&#233;vrier 2002 au moins douze mouvements de gr&#232;ve, neuf manifestations d'humeur : des greffiers, des enseignants du primaire public, des agents p&#233;nitenciers, des agents de la police nationale, des agents de douane, de la police (sous-officiers), des greffiers &#224; nouveau, des assistants sociaux, des w&#244;r&#244;-w&#244;r&#244; (taxis), des enseignants du SYNARES, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La spontan&#233;it&#233; des mouvements dans leur ensemble mis &#224; part quelques mouvements &#224; relent de r&#232;glements de compte (police) refl&#232;te l'acuit&#233; de la situation socio-&#233;conomique. Le pouvoir voit le danger se profiler &#224; l'horizon et devant son incapacit&#233; &#224; le r&#233;sorber, il veut gagner du temps &#224; travers des slogans du genre &#171; nous voulons un Etat ouvrier et non un Etat princier &#187; (d&#233;claration du pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale) ou encore &#171; vous avez le r&#233;gime le plus proche de vous &#187;, &#171; &#233;vitez de tuer la poule aux oeufs d'or &#187; (dixit le chef de l'Etat et son premier ministre). Ou encore &#171; nous sommes oblig&#233;s de prot&#233;ger les patrons parce que c'est eux qui cr&#233;ent les emplois, mais nous sommes pour les ouvriers et les travailleurs &#187;. De telles sornettes d&#233;bit&#233;es &#224; longueur de discours, quand dans le m&#234;me temps les mairies d'Abobo, de Cocody, la SIR ou Fraternit&#233; Matin (le quotidien du r&#233;gime) jettent plus de 800 travailleurs &#224; la rue, cela ne peut que mettre en &#233;vidence la nature de ce pouvoir soi-disant protecteur des travailleurs et ajouter &#224; leur d&#233;sillusion d&#233;j&#224; grande, la col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la gr&#232;ve des sous-officiers, le ministre de l'int&#233;rieur parti discuter avec les gr&#233;vistes a v&#233;cu des heures chaudes avec l'explosion d'une bombe lacrymog&#232;ne et a manqu&#233; de se faire kidnapper. Ce jeudi 21 f&#233;vrier, c'&#233;tait au tour du ministre de l'emploi de faire l'am&#232;re exp&#233;rience de la col&#232;re des ch&#244;meurs. Partis au nombre de deux mille r&#233;clamer leur allocation, les propos dilatoires du ministre ont courrouc&#233; les ch&#244;meurs qui ont molest&#233; s&#233;rieusement le cher ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abidjan, 27 f&#233;vrier 2002, S.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> C&#244;te d'Ivoire : Tout est morose ici&#8230;
</title>
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		<dc:date>2001-09-21T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire
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		<description>Le texte que nous publions ci-dessous est fait de larges extraits d'une correspondance priv&#233;e, &#224; laquelle nous avons donc conserv&#233; son style. Nous la publions parce qu'elle nous appara&#238;t r&#233;v&#233;latrice de la situation de la C&#244;te d'Ivoire apr&#232;s l'accession au pouvoir de Laurent Gbagbo et du FPI et des massacres perp&#233;tr&#233;s par ce pouvoir contre les suppos&#233;s partisans de ses adversaires politiques du RDR de Ouattara. &#8230;Je suis communiste, mais comment me d&#233;p&#234;trer d'une situation dans laquelle on me colle, &#224;&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/-Numero-17-septembre-octobre-2001-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 17, septembre-octobre 2001
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org:4430/+-Cote-d-Ivoire-+" rel="tag"&gt;C&#244;te d'Ivoire
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le texte que nous publions ci-dessous est fait de larges extraits d'une correspondance priv&#233;e, &#224; laquelle nous avons donc conserv&#233; son style. Nous la publions parce qu'elle nous appara&#238;t r&#233;v&#233;latrice de la situation de la C&#244;te d'Ivoire apr&#232;s l'accession au pouvoir de Laurent Gbagbo et du FPI et des massacres perp&#233;tr&#233;s par ce pouvoir contre les suppos&#233;s partisans de ses adversaires politiques du RDR de Ouattara. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&#8230;Je suis communiste, mais comment me d&#233;p&#234;trer d'une situation dans laquelle on me colle, &#224; tort, l'&#233;tiquette de RDR ? Parce que je parle contre Gue&#239;, contre Gbagbo, contre B&#233;di&#233; et que, comme c'&#233;taient ADO et les nordistes qui subissaient le m&#233;pris et le courroux du r&#233;gime, je prenais parti ouvertement pour eux, mais avec toutes sortes de pr&#233;cisions qui d&#233;finissaient mon bord politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'habite un village &#233;bri&#233;. L'Ebri&#233; est une ethnie appartenant au grand groupe Akan. C'est une ethnie particuli&#232;rement conservatrice et tr&#232;s x&#233;nophobe. Donc mes prises de position passaient pour favorable au RDR. Tous mes amis du quartier, y compris l'un de p&#232;re libanais et de m&#232;re baoul&#233;, d&#233;fendaient avec rage cette sale politique d'&#233;puration. J'&#233;tais d&#233;sesp&#233;r&#233;ment seul contre tous. Les gens ne raisonnaient plus. Ils manifestaient ce qu'ils avaient de plus ignoble, de plus animal. On le voyait &#224; travers leur regard haineux, les menaces qu'ils prof&#233;raient. Mais je ne pouvais me r&#233;soudre au silence. Si je me tais, ce n'est pas les murs qui parleront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ce qui devait arriver, arriva. Je fus d&#233;nonc&#233; &#224; la police par je ne sais qui. L&#224;-bas, on me fit entendre que j'&#233;tais un faux Ivoirien, que je poss&#233;dais ill&#233;galement une carte d'identit&#233; ivoirienne. Accusations fallacieuses mais devant lesquelles il me faut me justifier dans une situation de suspicion et de m&#233;pris g&#233;n&#233;ralis&#233;s. Ma carte d'identit&#233; ne me conf&#233;rant plus la citoyennet&#233;, que pouvais-je faire ? J'ai d&#251; passer 5 jours et 4 nuits dans un cachot sombre, exigu et humide. Au terme du 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; jour, contre toute attente, et sans que je ne sus trop pourquoi, on me lib&#233;ra avec de s&#233;v&#232;res mises en garde. Je rentrai au quartier avec toute la puanteur de quelqu'un qui venait de passer 5 jours au trou. D&#233;pit&#233;, pas tant par l'exp&#233;rience de la taule, que par la mesquinerie, la m&#233;chancet&#233; et l'hypocrisie des gens...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;C'est affaibli par un m&#233;chant paludisme que je quittai le quartier (au moment o&#249; des milices d'autod&#233;fenses s'organisaient pour, disent-ils, emp&#234;cher les envahisseurs dioula de s'emparer du pouvoir) pour le village o&#249; je comptais me soigner convenablement &#224; moindre frais. Mais j'avais d&#233;j&#224; le sentiment que la capitale allait s'embraser. J'y suis rest&#233; pendant 7 mois. Les troubles sanglants qui s'abattirent sur Abidjan m'y trouv&#232;rent loin. Et j'avais eu raison, ou plut&#244;t la maladie m'avait &#233;t&#233; d'un grand secours, puisque &#224; mon retour du village, il s'est trouv&#233; des gens pour me dire ouvertement que si j'avais &#233;t&#233; l&#224; pendant les &#233;v&#233;nements, ils m'auraient fait passer de mauvais moments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant quelques uns sont en train de perdre leurs illusions, tenaill&#233;s qu'ils sont par la mis&#232;re quotidienne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Police et mis&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans l'administration, la corruption est presque l&#233;gale, quoi qu'on dise. Surtout chez la police o&#249; cela est plus visible. La police agit presque &#224; sa guise parce qu'elle pense, et &#224; raison d'ailleurs, que le nouveau r&#233;gime lui doit bien cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le pouvoir de son c&#244;t&#233;, partag&#233; entre la peur du sourd m&#233;contentement qui gronde dans les diff&#233;rents corps de la police et de la gendarmerie d'une part et du jugement de l'opinion nationale et internationale de l'autre, titube dans ses prises de d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s des gendarmes impliqu&#233;s dans l'affaire du charnier, et le conflit policiers/magistrats illustrent parfaitement cet &#233;tat de fait. Pour les premiers cit&#233;s, malgr&#233; les preuves accablantes des diff&#233;rents rapports qui sont sans appel, la justice pi&#233;tine. Le r&#233;gime a peur d'avoir affaire &#224; la gendarmerie qui est rest&#233;e solidaire. Un magistrat a &#233;t&#233; gifl&#233; par un commissaire de police (une femme) et &#224; une r&#233;union de crise, le ministre de l'int&#233;rieur aurait fait savoir &#224; l'ensemble des commissaires qu'il n'entreprendrait rien pour emp&#234;cher la justice de suivre son cours. La r&#233;action fut imm&#233;diate. Nous attendons de voir comment le pouvoir viendra la chercher pour la juger &#8211; clament en ch&#339;ur les policiers qui estiment que le ministre n'a pas &#233;t&#233; juste vis &#224; vis d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie est extr&#234;mement ch&#232;re et ce ne sont pas les r&#233;centes augmentations du prix du gaz et de l'&#233;lectricit&#233; qui arrangeront les choses. Pourtant, il y a eu un fait nouveau et int&#233;ressant lors des r&#233;centes augmentations. Pour la premi&#232;re fois, deux organisations de consommateurs ont appel&#233; &#224; protester. L'appel a &#233;t&#233; faiblement suivi parce qu'il a manqu&#233; de pr&#233;paration, mais il n'en demeure pas moins que c'est une tr&#232;s bonne initiative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Abidjan oubli&#233; de Dieu et des hommes politiques (les quartiers pr&#233;caires), la mis&#232;re a atteint un tel niveau qu'on peut perdre facilement la vie parce qu'on poss&#232;de 1000f, une montre ou autres choses susceptibles d'int&#233;resser un bandit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'int&#233;rieur du pays, c'est encore plus grave. La mis&#232;re ajout&#233;e aux incessants conflits opposant autochtones et allog&#232;nes dans l'ouest et le sud-ouest, rendent ces zones f&#233;briles et pr&#234;tes &#224; exploser du jour au lendemain. Le FPI avant son accession au pouvoir avait, dans ces zones, pr&#234;ch&#233; la d&#233;magogie, le mensonge et la haine, pr&#233;tendant d&#233;tenir la solution du probl&#232;me foncier. Donc le FPI au pouvoir, les populations de ces r&#233;gions, consid&#233;rant na&#239;vement et b&#234;tement le pouvoir FPI comme le leur, commettent toutes sortes d'exactions et d'abus &#224; l'encontre des allog&#232;nes et &#233;trangers qu'ils accusent d'occuper leurs terres. Avec la complicit&#233; ou l'impuissance du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus grave, la localit&#233; de Bonoua, dans le sud, s'est &#233;rig&#233;e en une sorte de territoire autonome avec un conseil supr&#234;me des sages, qui a cr&#233;&#233; des lois interdisant toutes activit&#233;s aux &#233;trangers sous le regard complice ou impuissant du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le port est d&#233;sesp&#233;r&#233;ment vide. Ceux qui peuvent d&#233;placent leurs activit&#233;s pour le Togo, le B&#233;nin etc&#8230; Tout est morose ici&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abidjan, le 23 juillet 2001 S.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La C&#244;te d'Ivoire, chasse gard&#233;e fran&#231;aise
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Afrique
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		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire
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		<description>La C&#244;te d'Ivoire est l'un des principaux maillons du dispositif imp&#233;rialiste fran&#231;ais en Afrique. Le pays est devenu le principal exportateur africain en cacao, caf&#233;, bois tropicaux, bananes et agrumes, quasi uniquement en direction de la France et au profit de soci&#233;t&#233;s fran&#231;aises. Celles-ci y sont chez elles, b&#233;n&#233;ficiant des meilleurs conditions pour s'enrichir : main-d'oeuvre bon march&#233; (500 F par mois pour un ouvrier qualifi&#233;, 300 F par mois pour un man&#339;uvre, moins pour un travailleurs des&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La C&#244;te d'Ivoire est l'un des principaux maillons du dispositif imp&#233;rialiste fran&#231;ais en Afrique. Le pays est devenu le principal exportateur africain en cacao, caf&#233;, bois tropicaux, bananes et agrumes, quasi uniquement en direction de la France et au profit de soci&#233;t&#233;s fran&#231;aises. Celles-ci y sont chez elles, b&#233;n&#233;ficiant des meilleurs conditions pour s'enrichir : main-d'oeuvre bon march&#233; (500 F par mois pour un ouvrier qualifi&#233;, 300 F par mois pour un man&#339;uvre, moins pour un travailleurs des plantations). Bollor&#233;, Bouygues, Total-Fina (Elf), Rh&#244;ne Poulenc ont pignon sur rue &#224; Abidjan. On compte deux mille entreprises fran&#231;aises dont cent cinquante plus importantes emploient 30 000 salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;La tutelle fran&#231;aise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant le r&#232;gne d'Houphou&#235;t Bo&#239;gny les minist&#232;res furent truff&#233;s de conseillers fran&#231;ais. L'encadrement et la formation des cadres militaires ivoiriens &#233;tait assur&#233;e en grande partie par la France qui dispose encore aujourd'hui d'une base militaire &#224; Abidjan, le 43&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; BIMA, force d'appoint &#224; l'Etat ivoirien &#224; chaque fois qu'il en a eu besoin. La C&#244;te d'Ivoire s'alignait sur toutes les positions de la France, servant parfois de base de d&#233;part aux interventions militaires de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la vague de contestation qui a menac&#233; le r&#233;gime en 1990, c'est Mitterrand qui par un appui financier massif et imm&#233;diat a permis &#224; Houphou&#235;t de calmer la situation sociale et de reprendre du poids sur ses fonctionnaires et militaires en payant arri&#233;r&#233;s de salaires et bourses des &#233;tudiants. Pour la forme de nouveaux partis ont pu se pr&#233;senter aux &#233;lections mais le truquage syst&#233;matique donnait toujours la majorit&#233; &#224; l'ancien parti unique, le PDCI. Mitterrand, devenu le chantre de la d&#233;mocratie en Afrique, n'y vit rien &#224; redire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la mort d'Houphou&#235;t c'est la France qui a pes&#233; de tout son poids pour maintenir la dictature du PDCI et aider &#224; l'av&#232;nement de l'un des barons de ce parti, Henri Konan B&#233;di&#233;. Pour d&#233;voyer le m&#233;contentement social et faire face &#224; la contestation politique de Laurent Gbagbo et son parti FPI et Alassane Ouattara ancien premier ministre devenu dirigeant du nouveau RDR, B&#233;di&#233; a lanc&#233; la campagne de l'ivoirit&#233;. Une propagande x&#233;nophobe d&#233;signait comme responsables de la situation &#233;conomique catastrophique les travailleurs &#233;trangers et les populations du Nord, partisan d'Ouattara. Malgr&#233; des pogroms tout le personnel politique fran&#231;ais, gauche et droite r&#233;unis, a soutenu B&#233;di&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;D'un homme de paille &#224; l'autre &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1999 une partie de l'Etat-major a choisi de faire revenir son ancien chef, l'ex-g&#233;n&#233;ral Gue&#239;, &#224; la t&#234;te du pays en faisant croire qu'il &#233;tait l'&#233;manation de la r&#233;volte des petits soldats. Les conseillers et barbouzes fran&#231;ais ont alors pullul&#233; avec la venue sur place de l'ancien chef d'Etat-major fran&#231;ais Lacaze. Et la campagne de l'ivoirit&#233; a repris de plus belle, cette fois avec l'aide du FPI, un parti proche de la gauche fran&#231;aise. Gue&#239; d&#233;boulonn&#233; par trois jours d'&#233;meutes, Gbagbo s'est alors proclam&#233; pr&#233;sident, pr&#233;tendant &#234;tre d&#233;mocratiquement &#233;lu alors qu'il n'avait rassembl&#233; que 7% des voix. Victoire de la d&#233;mocratie pour le PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain m&#234;me Gbagbo montrait ce qu'il valait, en organisant des pogroms dans les quartiers populaires d'Abidjan. Des centaines de jeunes et de travailleurs ont subi violences, viols et assassinats organis&#233;s par le pouvoir, nervis du FPI et gendarmerie ensemble. Jospin s'est content&#233; des belles phrases de Gbagbo sur le retour &#224; l'ordre et la mise en place de commissions d'enqu&#234;te, accordant imm&#233;diatement &#224; la C&#244;te d'Ivoire l'annulation de la dette, une allocation de 600 millions de francs et une caution aupr&#232;s des financiers internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une aide du socialiste Jospin au socialiste Gbagbo ? Non, une aide du repr&#233;sentant actuel de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; ses hommes de paille. La preuve, Chirac, autre repr&#233;sentant de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais mais de droite, &#224; lui aussi apport&#233; sa caution. Lors du sommet franco-africain de Yaound&#233; il a assur&#233; que tous les conseillers fran&#231;ais avaient rejoint leurs postes dans les minist&#232;res ivoiriens, d&#233;clarant :&#171; laissons Gbagbo travailler ! &#187;. Devinez pour qui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 Mars 2001, El SAHI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> C&#244;te d'Ivoire : les travailleurs face au populisme
</title>
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire
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		<description>Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de la C&#244;te d'Ivoire, l'arm&#233;e a pris le pouvoir pendant le No&#235;l 1999, en la personne du g&#233;n&#233;ral Gue&#239;, ancien chef d'&#233;tat major du r&#233;gime pr&#233;c&#233;dent. &lt;br /&gt;D'embl&#233;e celui-ci s'est pr&#233;sent&#233; comme un homme nouveau, int&#232;gre et d&#233;mocrate, lui qui avait &#233;t&#233; l'artisan des r&#233;pressions violentes contre les manifestations populaires en 1990 et 1992. &lt;br /&gt;Il est vrai qu'en 1995 il a refus&#233; d'intervenir contre les manifestations de l'opposition politique. Plus exactement il a demand&#233; un ordre&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de la C&#244;te d'Ivoire, l'arm&#233;e a pris le pouvoir pendant le No&#235;l 1999, en la personne du g&#233;n&#233;ral Gue&#239;, ancien chef d'&#233;tat major du r&#233;gime pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'embl&#233;e celui-ci s'est pr&#233;sent&#233; comme un homme nouveau, int&#232;gre et d&#233;mocrate, lui qui avait &#233;t&#233; l'artisan des r&#233;pressions violentes contre les manifestations populaires en 1990 et 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'en 1995 il a refus&#233; d'intervenir contre les manifestations de l'opposition politique. Plus exactement il a demand&#233; un ordre &#233;crit au pr&#233;sident B&#233;di&#233;, souhaitant que ce soit lui qui porte le discr&#233;dit de la r&#233;pression. Et effectivement, depuis la mort d'Houphou&#235;t Boigny, B&#233;di&#233; qui lui a succ&#233;d&#233; &#224; la t&#234;te de l'Etat et repr&#233;sentait exclusivement les int&#233;r&#234;ts des barons du r&#233;gime pr&#233;c&#233;dent, n'a cess&#233; de d&#233;gringoler dans l'opinion populaire en se montrant pour ce qu'il est : &#224; la fois dictatorial et faible, corrompu et incapable.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Un dictateur d&#233;consid&#233;r&#233;&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La chute des cours du cacao et du caf&#233;, ressources principales du pays, et son endettement catastrophique n'ont fait que rendre le pays plus ingouvernable et plus criantes les in&#233;galit&#233;s sociales. Face &#224; la contestation grandissante des travailleurs et des jeunes, B&#233;di&#233; a choisi de jouer sur l'ethnisme et la x&#233;nophobie. Il a lanc&#233; une campagne contre les pr&#233;tendus &#171; faux Ivoiriens &#187;, contre certaines ethnies et a fait attaquer ou expulser de nombreux immigr&#233;s burkinab&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contestation politique n'a fait qu'ajouter &#224; la d&#233;stabilisation. Les dirigeants de l'opposition, l'ancien leader du Front Populaire Ivoirien Laurent Gbagbo (li&#233; au PS fran&#231;ais) et Alassane Ouattara (ancien premier ministre d'Houphou&#235;t puis directeur adjoint du FMI, accus&#233; par le pouvoir d'&#234;tre un &#233;tranger), alli&#233;s au sein du Front R&#233;publicain ont d&#233;nonc&#233; le r&#233;gime. Des manifestations importantes ont &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;es. Les journ&#233;es de gr&#232;ve et de manifestation se sont succ&#233;d&#233;es, allant jusqu'&#224; bloquer la capitale par plusieurs gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales des transports. A ce moment, les rapports des repr&#233;sentants de l'Etat fran&#231;ais en visite en C&#244;te d'Ivoire &#233;taient tr&#232;s inquiets : l'inspecteur g&#233;n&#233;ral des arm&#233;es, Germanos, parlait de &#171; situation explosive &#187; et, en novembre, un rapport de l'Etat major remis &#224; Chirac classait le pays en &#171; zone orange ou danger imminent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup final au r&#233;gime de B&#233;di&#233; a &#233;t&#233; donn&#233; fin d&#233;cembre 1999 par une mutinerie : celle des petits soldats de la poudri&#232;re d'Akou&#233;do. Ces anciens militaires d'une force d'interposition internationale envoy&#233;e en R&#233;publique Centrafricaine, r&#233;clamaient &#224; leur retour qu'on leur paie les primes promises. En C&#244;te d'Ivoire, les petits soldats sont tr&#232;s mis&#233;rables et se prom&#232;nent en guenilles. Du coup l'exemple d'Akou&#233;do a &#233;t&#233; suivi par des soldats de nombreuses casernes. C'est &#224; la faveur de cette mutinerie que l'ex-g&#233;n&#233;ral Gue&#239; est apparu comme l'homme providentiel et a pu prendre le pouvoir sans heurt en 48 heures en mettant en place une junte militaire qui a appel&#233; au gouvernement les principaux partis politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;&#8230; remplac&#233; par un d&#233;magogue populiste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite le g&#233;n&#233;ral Gue&#239;, a montr&#233; qu'il comptait s'adjuger un r&#244;le de Bonaparte, jouant sur l'opposition entre les diverses factions comme entre les diverses forces sociales. Il a cherch&#233; &#224; appara&#238;tre capable d'attaquer les puissants et les corrompus, en fait agissant seulement contre les barons de l'ancien chef d'Etat B&#233;di&#233;. Le pouvoir militaire a remplac&#233; les anciens dirigeants des soci&#233;t&#233;s d'Etat accus&#233;s de vol. Des militaires ont pris d'importantes responsabilit&#233;s dans les entreprises que d&#233;tenait le clan B&#233;di&#233; et commandit&#233; des audits pour d&#233;voiler les d&#233;tournements financiers de l'ancien r&#233;gime accus&#233; d'avoir vid&#233; les caisses du pays vers des comptes en banque suisses. Par cette op&#233;ration dite &#171; mains propres &#187;, Gue&#239; a pu se constituer un tr&#233;sor de guerre et prendre position dans l'appareil &#233;conomique du pays. Mais ce n'est certainement pas le remplacement des caciques de B&#233;di&#233; par des militaires ou par l'&#233;quipe de Ouattara qui permettra d'en finir avec le client&#233;lisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour laisser entendre qu'il ne s'agit pas seulement d'un remplacement d'&#233;quipe mais d'une lutte contre la corruption, le pouvoir a lanc&#233; l'op&#233;ration &#171; balayer la maison &#187;. Il a fait tout un battage m&#233;diatique autour de l'arrestation de policiers pris la main dans le sac en train d'arr&#234;ter les taxis populaires pour racketter la population. Ces policiers ripoux ont &#233;t&#233; montr&#233;s &#224; la t&#233;l&#233;vision et renvoy&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gue&#239; a, d&#232;s son premier jour au pouvoir, eu toute une d&#233;magogie sociale totalement nouvelle en C&#244;te d'Ivoire. Sa premi&#232;re d&#233;claration a consist&#233; &#224; affirmer que, devant la faillite des comptes de l'Etat, il interrompait le paiement des dettes aupr&#232;s des organismes financiers internationaux pour payer les arri&#233;r&#233;s de salaires des fonctionnaires. Il a annonc&#233; une augmentation de 30 % de la paie des militaires et donn&#233; de nombreux gages aux petits soldats. Le r&#233;giment de para-commandos, dont la mutinerie a permis le coup d'Etat, a &#233;t&#233; choisi comme garde pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, le r&#233;gime a tenu &#224; faire croire qu'il prend en compte nombre de revendications des travailleurs. Par exemple, il a donn&#233; satisfaction aux ouvriers de la zone industrielle de Vridi (banlieue d'Abidjan) qui avaient fait gr&#232;ve pour s'opposer &#224; la pratique permanente de travail pr&#233;caire et d&#233;noncer des chefs du personnel d&#233;test&#233;s. Ces derniers seraient remplac&#233;s et les travailleurs auraient obtenu des emplois fixes. Des &#233;tudiants qui avaient &#233;t&#233; radi&#233;s de l'universit&#233; et avaient perdu leur chambre en cit&#233; universitaire pour participation aux manifestations seraient r&#233;int&#233;gr&#233;s. Gue&#239; a m&#234;me parl&#233; de faire revenir les paysans burkinab&#233;s violemment expuls&#233;s par B&#233;di&#233;. Il tient un discours selon lequel &#171; &lt;em&gt;il n'y aura plus de privil&#233;gi&#233;s bien pay&#233;s qui pourront se permettre de ne pas mouiller la chemise pour le pays&lt;/em&gt; &#187;. Et il a choisi de faire un exemple&#8230; avec l'&#233;quipe nationale de football. Celle-ci, trop rapidement &#233;limin&#233;e de la Coupe Africaine des Nations, a &#233;t&#233; enlev&#233;e vers un camp militaire o&#249; elle a subi brimades et discours de r&#233;&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'instabilit&#233; demeure&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la popularit&#233; de Gue&#239;, la crise du pouvoir n'est pas r&#233;gl&#233;e. D'abord il y a les petits soldats qui sont toujours en mouvement et en armes, restent organis&#233;s et m&#233;fiants. Ensuite il y a les travailleurs et les paysans pauvres dont les probl&#232;mes demeurent, &#233;videmment. Enfin la situation politique n'est pas stabilis&#233;e malgr&#233; la participation des principaux partis au gouvernement car la question de la pr&#233;sidence reste en suspens. Le pouvoir militaire affirme qu'il va organiser de nouvelles &#233;lections et a &#233;tabli un nouveau code &#233;lectoral mais, du coup, la lutte pour le pouvoir reprend... L'alliance entre les anciens partis d'opposition, le FPI de Gbagbo et le RDR de Ouattara, a explos&#233;. Ils sont maintenant ennemis jur&#233;s, au point que le FPI s'allie m&#234;me &#224; l'ancien parti unique, le PDCI contre Ouattara. Gbagbo a repris la propagande de B&#233;di&#233; sur l'ivoirit&#233; et les accusations contre Ouattara d'&#234;tre un burkinab&#233; qui voudrait diriger la C&#244;te d'Ivoire ! Le FPI, r&#233;put&#233; parti de gauche et influent aupr&#232;s des militants ouvriers, esp&#232;re ainsi d&#233;tourner l'agitation sociale vers une campagne raciste qui peut mener aux pires exc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces circonstances, il serait indispensable que les travailleurs mettent en avant leur propre programme politique et s'organisent de mani&#232;re ind&#233;pendante. La r&#233;volte des petits soldats pourrait leur permettre de d&#233;sarmer la dictature, &#224; condition de s'adresser &#224; eux sur la base des int&#233;r&#234;ts communs des exploit&#233;s. La r&#233;volte des petits paysans frapp&#233;s par la chutes des cours du cacao peut &#233;galement permettre de fonder l'alliance des exploit&#233;s des villes et des campagnes. Tout l'avenir d&#233;pend de la conscience et de l'organisation des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 avril 2000,
&lt;strong&gt;Robert PARIS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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