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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Il y a 50 ans, Feyzin : la premi&#232;re catastrophe industrielle dans le couloir de la chimie
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		<dc:date>2016-02-11T20:57:13Z</dc:date>
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		<dc:subject>R&#233;gion lyonnaise
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		<dc:subject>Entreprises
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		<dc:subject>Histoire
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		<dc:subject>Feyzin
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		<dc:subject>Catastrophes industrielles
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		<description>&#192; l'aube du 4 janvier 1966, une cuve de stockage de propane explose &#224; la raffinerie Rh&#244;ne-Alpes de Feyzin, dans le couloir de la chimie, &#224; dix kilom&#232;tres du centre-ville de Lyon. 18 morts, 80 bless&#233;s &#8211; sapeurs-pompiers et ouvriers du site. Cette catastrophe industrielle, comme &#224; Seveso, Bhopal ou AZF, s'est inscrite dans la m&#233;moire ouvri&#232;re. &lt;br /&gt;Le &#171; fleuron &#187; de l'industrie fran&#231;aise &lt;br /&gt;Le &#171; couloir de la chimie &#187;, zone industrielle au sud de Lyon, s'&#233;tend le long du Rh&#244;ne et de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-103-janvier-fevrier-2016-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 103, janvier-f&#233;vrier 2016
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Region-lyonnaise-+" rel="tag"&gt;R&#233;gion lyonnaise
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L150xH106/arton8774-c776d.png?1788707678' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'aube du 4 janvier 1966, une cuve de stockage de propane explose &#224; la raffinerie Rh&#244;ne-Alpes de Feyzin, dans le couloir de la chimie, &#224; dix kilom&#232;tres du centre-ville de Lyon. 18 morts, 80 bless&#233;s &#8211; sapeurs-pompiers et ouvriers du site. Cette catastrophe industrielle, comme &#224; Seveso, Bhopal ou AZF, s'est inscrite dans la m&#233;moire ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Le &#171; fleuron &#187;
de l'industrie fran&#231;aise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; couloir de la chimie &#187;, zone industrielle au sud de Lyon, s'&#233;tend le long du Rh&#244;ne et de l'autoroute A7. Aujourd'hui, il regroupe des entreprises majeures du secteur chimique et de ses d&#233;riv&#233;s : Arkema, Solvay, Bluestar Silicones, Kem One et la raffinerie Total qui en occupe une large partie au sud de ce territoire, sur la commune de Feyzin. Le d&#233;veloppement de ce site remonte aux ann&#233;es 1960. Feyzin est alors une petite bourgade. D'un c&#244;t&#233; le plateau du Haut-Feyzin, zone agricole du Nord-Is&#232;re, et en contrebas la plaine alluviale du Rh&#244;ne avec ses zones de mar&#233;cages et de gravi&#232;res. Il faut attendre 1959 et les &#171; Trente glorieuses &#187;, pour que soit cr&#233;&#233;e une zone industrielle dans le quartier des Razes, ins&#233;r&#233;e entre le Rh&#244;ne, la nouvelle autoroute A7 et la nationale 7. En reconstruction apr&#232;s le deuxi&#232;me conflit mondial, la France utilise l'afflux de capitaux am&#233;ricains pour d&#233;velopper son autonomie &#233;nerg&#233;tique. Les conglom&#233;rats publics cherchent &#224; d&#233;velopper l'acheminement et le raffinement sur le sol fran&#231;ais du p&#233;trole import&#233; du Gabon et du Sahara. Le 22 f&#233;vrier 1963 la nouvelle soci&#233;t&#233; &#171; Rh&#244;ne-Alpes, Union pour le raffinage et la p&#233;trochimie &#187; est cr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour du raffinage sont r&#233;unis des groupes chimiques priv&#233;s et publics&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment la SNPA, Solvay, Progil et Ugine.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Au sein de la raffinerie est aussi construite, en 1965, la plus grande unit&#233; de craquage &#224; la vapeur d'Europe. Le complexe repr&#233;sente 30 % de la chimie organique du pays. La raffinerie est alors pr&#233;sent&#233;e par l'&#201;tat comme l'un de ses fleurons industriels. D&#233;j&#224; largement automatis&#233;e, elle emploie n&#233;anmoins pr&#232;s de 300 travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun p&#233;rim&#232;tre de s&#233;curit&#233; n'a &#233;t&#233; envisag&#233; autour du site. L'A7 avec ses milliers de voitures quotidiennes longe la raffinerie. Les pouvoirs locaux autorisent m&#234;me la construction, en 1965, d'un groupe scolaire&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aujourd'hui, groupe scolaire Georges Brassens.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; attenant au site.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un accident auquel personne n'&#233;tait pr&#233;par&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;4 janvier 1966, 6h 40 du matin : un agent pompiste de la raffinerie re&#231;oit l'ordre de pratiquer une purge pour une prise d'&#233;chantillon sous la sph&#232;re de stockage 443, situ&#233;e &#224; quelques dizaines de m&#232;tres de la route. Assist&#233; d'un pompier du site et d'un laborantin, la proc&#233;dure est mal ex&#233;cut&#233;e. Le propane stock&#233; &#224; -40 degr&#233;s s'&#233;chappe et br&#251;le l'op&#233;rateur. Syst&#232;me unique de vannes sur l'ensemble des raffineries fran&#231;aises, ce dispositif avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; la cause de deux accidents en 1965, sans que la direction ne prenne aucune mesure. Apr&#232;s l'accident, l'op&#233;rateur incrimin&#233; expliquera devant ses juges : &lt;em&gt;&#171; j'ai toujours fait comme &#231;a. &lt;/em&gt;[&#8230;] &lt;em&gt;On ne m'a dit comment pratiquer r&#233;ellement que trois jours apr&#232;s la catastrophe &#187;. &lt;/em&gt;Cette fois-ci, la vanne reste ouverte au maximum, quinze litres &#224; la seconde s'&#233;chappent de la sph&#232;re en un lourd nuage blanc qui rase le sol&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le propane &#233;tant plus lourd que l'air ambiant, il reste fix&#233; au sol.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; en direction de la route. Les ouvriers n'ont aucun &#233;quipement pour &#233;voluer dans un tel environnement. Ils lancent imm&#233;diatement l'alerte. Le nuage toxique traverse l'autoroute mais c'est la 2 CV d'un travailleur arrivant sur le site par la petite route CD 4 qui borde le site qui est l'agent de mise &#224; feu. Le gaz s'embrase, des flammes de plus de 40 m&#232;tres s'&#233;chappent de la sph&#232;re de stockage et le feu se r&#233;pand sous ses voisines. Le conducteur malheureux sera retrouv&#233; dans un foss&#233;, gravement bless&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains travailleurs arrivant sur le site ne se rendent pas imm&#233;diatement compte de la gravit&#233; de l'incendie. Danielle Michon, employ&#233;e au service Achats en 1966 et qui a fait toute sa carri&#232;re &#224; la raffinerie se souvient : &lt;em&gt;&#171; Des incidents, on en avait vu d'autres, en p&#233;riode de d&#233;marrage, et &#231;a ne nous inqui&#233;tait pas, ces flammes. On trouvait cela presque normal &#187;. &lt;/em&gt;Les sapeurs-pompiers de Vienne puis de Lyon arrivent sur place peu &#224; peu. Des travailleurs des usines voisines se pr&#233;cipitent spontan&#233;ment sur les lieux avec des canons &#224; mousse, notamment de la Rhodiac&#233;ta. Le syst&#232;me anti-incendie se r&#233;v&#232;le rapidement insuffisant, les cuves d'eau sont limit&#233;es et on ne peut acc&#233;der au canal tout proche. Sans pr&#233;paration, ni concertation, travailleurs et sapeurs-pompiers s'affairent &#224; refroidir les sph&#232;res voisines. &#192; 8 h 50, la sph&#232;re 443 explose. Toutes les personnes pr&#233;sentes dans un p&#233;rim&#232;tre de 150 m&#232;tres sont souffl&#233;es. L'explosion est ressentie &#224; plus de 30 kilom&#232;tres &#224; la ronde, toutes les vitres se brisent dans un rayon de 2 kilom&#232;tres. Onze personnes meurent sur le coup, quarante sont gravement bless&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt minutes plus tard, une deuxi&#232;me sph&#232;re explose, suivie d'une troisi&#232;me &#224; 9 h 50. Un nuage de fum&#233;e s'&#233;l&#232;ve &#224; 1 300 m&#232;tres d'altitude, tout le quartier des Razes est &#233;vacu&#233;. Deux cuves explosent encore jusqu'&#224; 11 h 30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan Orsec&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Acronyme de &#171; Organisation des Secours &#187;. Institu&#233; en 1952.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, d&#233;clench&#233; par le pr&#233;fet de l'Is&#232;re, a une valeur toute symbolique car cela fait d&#233;j&#224; pr&#232;s de trois heures qu'on s'affaire sur un accident industriel in&#233;dit dans le monde.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Berthet L&#233;a, &#171; Feyzin, 4 janvier 1966 : la premi&#232;re grande catastrophe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; C'est la premi&#232;re fois qu'une industrie d'hydrocarbures est en cause. Le ph&#233;nom&#232;ne Bleve&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Boiling Liquid Expanding Vapor Explosion (Vaporisation violente &#224; caract&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qui a caus&#233; l'&#233;clatement des parois d'un stockage de gaz liqu&#233;fi&#233;, se produit pour la premi&#232;re fois. Une seule explosion d'une sph&#232;re est connue avant 1966, au Canada. Le feu n'est circonscrit que dans la nuit du 4 au 5 janvier. Le choc est consid&#233;rable. Seize sapeurs-pompiers et deux ouvriers ont perdu la vie. Il y a plus de 80 bless&#233;s. La population locale h&#233;site &#224; rentrer chez elle pendant plusieurs jours. On commence &#224; se poser des questions sur cette usine qui n'avait jamais inform&#233; la population locale, qui avait employ&#233; peu de gens locaux et n'avait favoris&#233; que des embauches de personnes de r&#233;gions g&#233;ographiques &#233;loign&#233;es pour limiter la conscience collective. La CFDT, alors seul syndicat sur le site, souligne que 80 % des salari&#233;s n'ont re&#231;u aucune information syst&#233;matique sur les r&#232;gles de s&#233;curit&#233;. La CGT locale &lt;em&gt;&#171; manifeste son anxi&#233;t&#233; et son inqui&#233;tude devant un tel d&#233;sastre dans une entreprise qui se dit la plus moderne de France &#187;&lt;/em&gt;. Un comit&#233; intersyndical de soutien aux victimes se cr&#233;e rapidement, regroupant les Unions d&#233;partementales CGT, CFDT et FO ainsi que les syndicats professionnels des industries chimiques, des employ&#233;s communaux et des sapeurs-pompiers. Le 3 f&#233;vrier 1966, place des Razes, &#224; Feyzin, 1 500 personnes se mobilisent avec pour slogans : &lt;em&gt;&#171; UGP assassins &#187;&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;&#171; la s&#233;curit&#233; avant le profit &#187;&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;&#171; UGP Rh&#244;ne-Alpes recherche le profit au m&#233;pris de la s&#233;curit&#233; des travailleurs &#187;&lt;/em&gt;. Les ann&#233;es suivantes, avec l'expansion de la raffinerie, aucune mesure particuli&#232;re n'est prise. Les services de l'&#201;tat tout comme les pouvoirs locaux, &#233;chappent aux inculpations de la justice. Les personnes jug&#233;es responsables de la catastrophe ne sont que des particuliers : les deux op&#233;rateurs pr&#233;sents, les deux directeurs de la raffinerie et le Colonel directeur du service d'incendie de Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Et aujourd'hui ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut attendre les ann&#233;es 1970 pour qu'on parle de &#171; risques technologiques &#187;. L'accident de l'usine Icmesa de Seveso (Lombardie) en 1976 dont d&#233;coulera la directive europ&#233;enne du m&#234;me nom en 1982, acc&#233;l&#232;re la prise de mesures. En 2003, deux ans apr&#232;s AZF, la loi Bachelot met en place des p&#233;rim&#232;tres de s&#233;curit&#233; autour des &#171; sites sensibles &#187; (PPRT, pour Plan de pr&#233;vention des risques technologiques) qui d&#233;limitent des zones d'exposition aux risques et limitent les constructions. Mais les mesures juridiques sont toujours &#224; la remorque des accidents (en 1984, Bhopal, 3 500 morts ; 2001, AZF, &#224; Toulouse, 31 morts).Aujourd'hui, la raffinerie de Feyzin, propri&#233;t&#233; de Total &#8211; comme AZF &#8211; traite plus de 6 millions de tonnes de p&#233;trole par an. Class&#233; Seveso, les risques que repr&#233;sente ce site impose en 2009 un agrandissement du PPRT qui concerne le quartier populaire des Razes. L'entreprise &#8211; qui a r&#233;alis&#233; 10 milliards de b&#233;n&#233;fices en 2010 &#8211; fait reposer sur la population et les pouvoirs locaux le poids financier des mesures d'expropriation. En juin 2011, une fuite de dioxyde de soufre forme un nuage au-dessus de Lyon. Des centaines de personnes sont &#233;vacu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1966, le risque que repr&#233;sente ce genre d'usines n'est pas li&#233; &#224; leur production en soi mais aux conditions dans lesquelles elles produisent. Dans la chimie comme partout ailleurs on rogne sur les effectifs, sur l'entretien des installations et les conditions de travail. La sous-traitance est monnaie-courante. Elle repr&#233;sente plus du quart des effectifs &#224; Arkema ou Solvay. Cela permet aux donneurs d'ordres que sont ces grands groupes de se d&#233;responsabiliser lorsqu'un accident survient. &#192; la raffinerie de Feyzin, on utilise aussi un autre syst&#232;me pour limiter au maximum les effectifs : les op&#233;rateurs sont aussi les pompiers du site&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1966, les dirigeants de la chimie locale influent en permanence sur les repr&#233;sentants politiques locaux pour leur faire admettre, &#224; l'aide du chantage &#224; l'emploi, le risque que repr&#233;sentent leurs usines. Il s'agit de s'accommoder &#224; la v&#233;tust&#233; de nombreux ateliers et au manque d'investissement dans la pr&#233;vention des risques. Sans compter, aujourd'hui, le sous-effectif et la sous-traitance qui ne permettent pas &#224; ceux qui connaissent le mieux les installations, c'est-&#224;-dire les ouvriers, d'avoir un r&#233;el contr&#244;le sur les moyens de production pour assurer leur s&#233;curit&#233; et celle des riverains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elias BARAGAN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Pour en savoir plus : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Feyzin, m&#233;moire d'une catastrophe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Collectif, &#233;ditions Lieux Dits, 2006.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ouvrage collectif, r&#233;dig&#233; sous l'impulsion de la mairie de Feyzin, en 2005, relate les faits de mani&#232;re tr&#232;s d&#233;taill&#233;e, avec en derni&#232;re partie les t&#233;moignages de sapeurs-pompiers, employ&#233;s de la raffinerie et riverains. Le tout est tr&#232;s bien illustr&#233; par des photos de presse et de particuliers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Notamment la SNPA, Solvay, Progil et Ugine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aujourd'hui, groupe scolaire Georges Brassens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le propane &#233;tant plus lourd que l'air ambiant, il reste fix&#233; au sol.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Acronyme de &#171; Organisation des Secours &#187;. Institu&#233; en 1952.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Berthet L&#233;a, &#171; Feyzin, 4 janvier 1966 : la premi&#232;re grande catastrophe industrielle moderne et ses implications politico-administratives &#187;, m&#233;moire de 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ann&#233;e de l'IEP de Lyon, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Boiling Liquid Expanding Vapor Explosion (Vaporisation violente &#224; caract&#232;re explosif).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Du c&#244;t&#233; de Feyzin : Raz(es) le bol !
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		<dc:date>2011-11-24T12:02:46Z</dc:date>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;
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		<dc:subject>Total
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		<dc:subject>Feyzin
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		<description>&#192; Feyzin dans le Rh&#244;ne, une zone recoupant essentiellement le quartier des Razes est soumise &#224; un projet de PPRT (Plan de Pr&#233;vention des Risques Technologiques), prescrit en 2009 et qui sera appliqu&#233; d'ici la fin de l'ann&#233;e. Le quartier des Razes, le plus populaire de la commune, n'est en effet s&#233;par&#233; de la raffinerie Total que par l'autoroute et c&#244;toie un autre site class&#233; Seveso : Rh&#244;ne Gaz. &lt;br /&gt;Qui paie le plan de pr&#233;vention ? &lt;br /&gt;Dans le cadre du plan de pr&#233;vention, six maisons, trop&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Dix-ans-apes-la-catastrophe-d-AZF-la-securite-en-question-dans-l-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Dix ans ap&#232;s la catastrophe d'AZF, la s&#233;curit&#233; en question dans l'industrie chimique
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Societe-74-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Total-+" rel="tag"&gt;Total
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Feyzin-+" rel="tag"&gt;Feyzin
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Feyzin dans le Rh&#244;ne, une zone recoupant essentiellement le quartier des Razes est soumise &#224; un projet de PPRT (Plan de Pr&#233;vention des Risques Technologiques), prescrit en 2009 et qui sera appliqu&#233; d'ici la fin de l'ann&#233;e. Le quartier des Razes, le plus populaire de la commune, n'est en effet s&#233;par&#233; de la raffinerie Total que par l'autoroute et c&#244;toie un autre site class&#233; Seveso : Rh&#244;ne Gaz.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Qui paie le plan de pr&#233;vention ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre du plan de pr&#233;vention, six maisons, trop proches de Rh&#244;ne Gaz, vont &#234;tre expropri&#233;es, para&#238;t-il sans d&#233;valorisation. Les habitants de 500 autres domiciles vont &#234;tre oblig&#233;s de faire des travaux de protection de leurs habitations... en majorit&#233; &#224; leurs frais ! Selon les maisons, le co&#251;t des travaux &#224; r&#233;aliser (pose de fen&#234;tres &#224; triple vitrage et triple ancrage, construction d'une pi&#232;ce de confinement, etc.) varie entre 5 000 et 30 000 euros. L'&#201;tat avait promis de mettre la main &#224; la poche, par le truchement de cr&#233;dits d'imp&#244;t, un moyen qui n'est d'ailleurs pas tr&#232;s &#233;galitaire. Aust&#233;rit&#233; oblige, par l'interm&#233;diaire de la loi de finances, il a largement revu &#224; la baisse sa participation. D&#233;sormais, &#171; l'aide &#187; sera au maximum de 3 000 euros. Une chasse aux niches fiscales qui tourne au racket d'un milieu tr&#232;s populaire. Et Total dans tout cela ? Le groupe, qui bat tous les records de profits (10 milliards d'euros de b&#233;n&#233;fices en 2010), ne d&#233;boursera pas un centime en plus de sa cotisation fonci&#232;re habituelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La col&#232;re des habitants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est en octobre dernier, lors d'une r&#233;union d'information sur la carte du Plan de pr&#233;vention, que les 260 habitants alors pr&#233;sents ont pris connaissance de ces mesures. Certains ont &#224; juste titre exprim&#233; leur col&#232;re de devoir payer &#224; la place de Total. Les anciens se souviennent de l'explosion de 1966. Ils se souviennent aussi qu'en 1964 on leur avait pr&#233;sent&#233; l'installation de la raffinerie comme &#233;tant &#171; sans risques &#187;. Et tout le monde a eu une frayeur lors d'un incendie r&#233;cent sur le site. Rien qui incite &#224; avoir une grande confiance dans l'entreprise. On savait d&#233;j&#224; que Total nous ran&#231;onnait &#224; la pompe. On sait maintenant que le groupe pratique aussi le chantage &#224; la s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce probl&#232;me n'est pas sp&#233;cifique &#224; Feyzin. Il se pose aussi pour les habitants du reste du Couloir de la Chimie (Rh&#244;ne), ou autour de l'&#201;tang de Berre (Bouches-du-Rh&#244;ne) par exemple. &#192; Pierre-B&#233;nite (Rh&#244;ne), parmi les habitants concern&#233;s, des retrait&#233;s de l'usine Arkema. Celle-l&#224; m&#234;me qui est &#224; l'origine du PPRT sur cette commune. M&#234;me en retraite, le patron d'Arkema ne vous l&#226;che pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi Bachelot &#233;tait cens&#233;e tirer les le&#231;ons d'AZF. Faire payer les habitants pour &#233;pargner les entreprises qui sont responsables de cette ins&#233;curit&#233;, voil&#224; une le&#231;on de lutte de classes &#224; l'encontre des travailleurs et des milieux populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. H.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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