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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> L'adieu aux armes
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		<description>Mardi dernier &#224; Chicago, Barack Obama entour&#233; d'une flop&#233;e de stars du show-biz, a fait ses adieux, en tant que pr&#233;sident, &#224; l'Am&#233;rique et au monde. Il a jug&#233; son bilan plut&#244;t positif. Pourtant, les r&#233;sultats des interventions militaires poursuivies ou d&#233;clench&#233;es par ce prix Nobel de la paix, en Irak, Syrie, Afghanistan, Libye, Yemen, Pakistan, Somalie, etc., est plus que discutable. Des milliers de victimes civiles, des violations continues des droits de l'homme par les forces&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mardi dernier &#224; Chicago, Barack Obama entour&#233; d'une flop&#233;e de stars du show-biz, a fait ses adieux, en tant que pr&#233;sident, &#224; l'Am&#233;rique et au monde. Il a jug&#233; son bilan plut&#244;t positif. Pourtant, les r&#233;sultats des interventions militaires poursuivies ou d&#233;clench&#233;es par ce prix Nobel de la paix, en Irak, Syrie, Afghanistan, Libye, Yemen, Pakistan, Somalie, etc., est plus que discutable. Des milliers de victimes civiles, des violations continues des droits de l'homme par les forces am&#233;ricaines, et un Moyen-Orient &#224; feu et &#224; sang o&#249; les groupes djihadistes, que ces interventions &#233;taient cens&#233;es combattre, n'ont cess&#233; de gagner en force et en influence !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> &#201;lections am&#233;ricaines 2012 : La fin d'une lune de miel
</title>
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		<description>Le 6 novembre, Barack Obama a remport&#233; un total inattendu de 51 % des voix, contre 48 % pour Romney. R&#233;&#233;lu pour un second mandat donc, mais rien &#224; voir avec 2008. &lt;br /&gt;En 2008, des millions de gens s'&#233;taient enthousiasm&#233;s. Obama se pr&#233;sentait comme un espoir de changement et beaucoup voulaient croire en lui. Il obtint 53 % des voix, contre 46 % pour le r&#233;publicain, John McCain. Son &#233;lection fut alors consid&#233;r&#233;e comme un symbole de la victoire des luttes afro-am&#233;ricaines contre le racisme&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-84-novembre-decembre-2012-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 84, novembre-d&#233;cembre 2012
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Barack-Obama-+" rel="tag"&gt;Barack Obama
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 6 novembre, Barack Obama a remport&#233; un total inattendu de 51 % des voix, contre 48 % pour Romney. R&#233;&#233;lu pour un second mandat donc, mais rien &#224; voir avec 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, des millions de gens s'&#233;taient enthousiasm&#233;s. Obama se pr&#233;sentait comme un espoir de changement et beaucoup voulaient croire en lui. Il obtint 53 % des voix, contre 46 % pour le r&#233;publicain, John McCain. Son &#233;lection fut alors consid&#233;r&#233;e comme un symbole de la victoire des luttes afro-am&#233;ricaines contre le racisme et un r&#233;f&#233;rendum contre les ann&#233;es George W. Bush. Le soir des &#233;lections des milliers de personnes &#233;taient descendues dans les rues de tout le pays pour f&#234;ter l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Espoir et changement ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quatre ans apr&#232;s, l'enthousiasme a disparu. Il avait promis de redresser l'&#233;conomie et de r&#233;parer les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par les banques et les grandes entreprises ; de revenir sur les r&#233;ductions d'imp&#244;ts accord&#233;es par Bush aux plus riches ; de mettre fin aux guerres en Irak et en Afghanistan ; une r&#233;forme du syst&#232;me de sant&#233; pour r&#233;duire le co&#251;t des soins et assurer une couverture m&#233;dicale &#224; tous les Am&#233;ricains ; de revenir sur les dispositifs de s&#233;curit&#233; et les restrictions des libert&#233;s individuelles, d&#233;velopp&#233;s sous Bush ; de commencer &#224; s'attaquer &#224; la crise environnementale. Autant de promesses non tenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des quatre derni&#232;res ann&#233;es, le ch&#244;mage a atteint son plus haut niveau depuis des d&#233;cennies. 27 millions de travailleurs restent sans emploi. Le &lt;em&gt;&#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt;Programme d'adaptation abordable&lt;/em&gt; &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt;, cr&#233;&#233; en 2009 et destin&#233; &#224; favoriser les cr&#233;dits immobiliers, n'avait servi, en janvier 2012, qu'&#224; un peu plus de 900 000 emprunteurs. &#192; comparer aux quelque douze millions qui ont, depuis 2007, vu leur maison saisie. Les d&#233;penses de sant&#233; ont augment&#233; de 150 % depuis 1998. Et les prix des produits alimentaires de base ont grimp&#233; de 10 % depuis juin dernier. 46,7 millions de citoyens am&#233;ricains, et un enfant sur trois, sont d&#233;pendants de l'aide alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, les 500 plus grandes entreprises am&#233;ricaines ont r&#233;alis&#233; leurs plus hauts profits depuis 1929. Jamais aux USA tant de richesses n'avaient &#233;t&#233; concentr&#233;es entre les mains de si peu de monde : les 400 Am&#233;ricains les plus riches gagnent plus que les 150 millions les plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi, cette fois-ci, peu de gens dansaient dans les rues apr&#232;s la r&#233;&#233;lection d'Obama.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_651 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH491/electioneu2012-8b842.png?1787978419' width='400' height='491' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;&#171; Mais quelle alternative avons nous ? &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les gens avaient le sentiment qu'il fallait voter pour Obama. Pour beaucoup, ce fut une r&#233;ponse au m&#233;pris absolu de Romney qui a affirm&#233; que 47 % des Am&#233;ricains sont des parasites improductifs sur le dos des riches capitalistes, ces &lt;em&gt;&#171; cr&#233;ateurs d'emplois &#187;&lt;/em&gt;, comme les appellent les r&#233;publicains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;duire les imp&#244;ts pour les riches, sabrer dans les services publics, r&#233;duire les d&#233;penses pour l'environnement, attaquer les syndicats, &#233;tendre les guerres dans le monde, promettant d'accroitre la violence contre les peuples irakien et afghan, faire machine arri&#232;re sur le droit des femmes &#224; un avortement l&#233;gal et s&#251;r. Tels &#233;taient les objectifs affich&#233;s des r&#233;publicains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens ont &#233;t&#233; soulag&#233;s que 62 millions de personnes aient vot&#233; contre la campagne de Romney et aient donn&#233; aux d&#233;mocrates une majorit&#233; plus forte au S&#233;nat et un plus grand nombre de si&#232;ges &#224; la Chambre des repr&#233;sentants, mais pas la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, cette fois-ci, seulement 57 % des &#233;lecteurs ont particip&#233; au vote, contre 63 % en 2008 et 60 % en 2004. De toute &#233;vidence, la lune de miel est finie avec Obama. Le train-train politicien est de retour. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Francisco, le 15 novembre 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Craig VINCENT &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_652 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH121/obama-2-a3514.png?1787978419' width='500' height='121' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les &#233;lections am&#233;ricaines : aucun enjeu pour la classe ouvri&#232;re !
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Les-elections-americaines-aucun-enjeu-pour-la-classe-ouvriere</link>
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		<dc:date>2012-05-19T20:33:58Z</dc:date>
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		<dc:subject>Elections
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		<dc:subject>Barack Obama
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		<description>Le d&#233;mocrate Barack Obama contre le r&#233;publicain Mitt Romney : la comp&#233;tition pr&#233;sidentielle se r&#233;sume une fois de plus au choix entre deux candidats qui repr&#233;sentent les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie. Deux candidats qui jouent suivant les m&#234;mes r&#232;gles : r&#233;colter le maximum d'argent pour pouvoir dire, non ce qu'ils pensent... mais ce qu'ils pensent leur apporter le plus grand nombre de suffrages. &lt;br /&gt;En toile de fond, l'offensive contre la population &lt;br /&gt;C'est la premi&#232;re &#233;lection&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-81-mai-juin-2012-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 81, mai-juin 2012
&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Barack-Obama-+" rel="tag"&gt;Barack Obama
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;mocrate Barack Obama contre le r&#233;publicain Mitt Romney : la comp&#233;tition pr&#233;sidentielle se r&#233;sume une fois de plus au choix entre deux candidats qui repr&#233;sentent les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie. Deux candidats qui jouent suivant les m&#234;mes r&#232;gles : r&#233;colter le maximum d'argent pour pouvoir dire, non ce qu'ils pensent... mais ce qu'ils pensent leur apporter le plus grand nombre de suffrages.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;En toile de fond, l'offensive contre la population&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est la premi&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle depuis le d&#233;but de la crise &#233;conomique mondiale et l'offensive contre la classe ouvri&#232;re qui a suivi. Depuis 2007, environ 25 millions d'emplois ont &#233;t&#233; perdus, sans le moindre signe d'une am&#233;lioration prochaine. Parties &#224; la chasse aux bas salaires dans les pays pauvres, beaucoup d'entreprises ont r&#233;duit leur production aux &#201;tats-Unis. Et celle qui demeure est r&#233;alis&#233;e par moins de travailleurs soumis &#224; une intensit&#233; de travail accrue &#8211; la plus importante jamais enregistr&#233;e depuis 1929 &#8211; avec une couverture sant&#233;, des pensions de retraite et des salaires r&#233;duits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;quence en a &#233;t&#233; la r&#233;alisation de profits record, qui, pour les 500 plus grandes entreprises am&#233;ricaines, ont &#233;t&#233; aussi les plus importants depuis 1929. Leurs r&#233;serves en caisse atteignent des sommes faramineuses. En moyenne, le profit tir&#233; de chaque travailleur n'a jamais &#233;t&#233; aussi &#233;lev&#233;. La bourgeoisie s'est servie de cette crise pour augmenter les cadences. Et les plus grandes entreprises en ont profit&#233; pour avaler ou &#233;liminer les plus petites, en tout cas pour sortir de cette p&#233;riode dans la meilleure situation depuis des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette m&#234;me p&#233;riode, les banques ont re&#231;u environ 12 000 milliards de dons ou de pr&#234;ts pratiquement sans int&#233;r&#234;ts. Ainsi, apr&#232;s une d&#233;cennie de guerre en Irak et en Afghanistan, le budget f&#233;d&#233;ral conna&#238;t le plus grand d&#233;ficit jamais enregistr&#233;, avec une dette publique de pr&#232;s de 15 000 milliards de dollars. Ce d&#233;ficit, impos&#233; par la bourgeoisie, est utilis&#233; comme pr&#233;texte pour r&#233;duire les d&#233;penses des services sociaux &#224; l'&#233;chelle f&#233;d&#233;rale comme &#224; celle des &#201;tats. Dans les deux cas, il s'agit de diminuer les imp&#244;ts des entreprises et des plus riches, en compensant les pertes par des r&#233;ductions massives dans l'&#233;ducation, la sant&#233;, les aides aux pauvres, les transports publics, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, les banques, les grandes entreprises et les super riches n'ont jamais &#233;t&#233; plus riches. Et les in&#233;galit&#233;s jamais aussi grandes. Les 1 % les plus riches contr&#244;lent plus de 38 % de la richesse du pays. Les 400 Am&#233;ricains les plus riches poss&#232;dent davantage que les 150 millions les plus pauvres alors que 99 % de la population ont vu leur revenu diminuer en moyenne de 17 % depuis 2007.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des candidats choisis par le monde des affaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, aux diff&#233;rents niveaux de toutes les &#233;lections, la pr&#233;-s&#233;lection des candidats est faite par l'argent, le leur ou celui qu'ils recueillent l&#224; o&#249; il y en a, c'est-&#224;-dire au sein de la bourgeoisie. Et, dans la plupart des cas, c'est bien le candidat qui a recueilli le plus d'argent qui est &#233;lu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e sera probablement celle de l'&#233;lection la plus ch&#232;re de l'histoire. C'est en effet la premi&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle depuis la nouvelle loi appel&#233;e &#171; Citoyens Unis &#187; pass&#233;e en janvier 2010. Avec le soutien de la plupart des grandes entreprises et des banques, elle avait pour but d'&#233;liminer toute limitation dans le financement des campagnes. Celui-ci a donc augment&#233; de 338 % par rapport &#224; 2006. Et, &#233;videmment, les sommes vers&#233;es pour chaque candidat ont atteint cette ann&#233;e de nouveaux records. Par exemple, Mitt Romney, le probable nomin&#233; pour le Parti R&#233;publicain, a lev&#233; trois ou quatre fois plus que les autres candidats de son parti dans les primaires.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_608 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH424/obama-a1edc.png?1787854582' width='300' height='424' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Le th&#233;&#226;tre politique d'Obama&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Obama, lors de sa premi&#232;re campagne pr&#233;sidentielle, s'&#233;tait fait &#233;lire sur la promesse d'incarner l'espoir et le changement. Ces quatre derni&#232;res ann&#233;es ont &#233;t&#233; consacr&#233;es &#224; sauver les banques, les grandes entreprises et les riches tout en taillant dans les budgets de la sant&#233;, de l'&#233;ducation et des services sociaux pour alimenter celui des guerres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette fois encore, il promet de repr&#233;senter le monde du travail. La preuve ? Le renflouement de l'industrie automobile et la reprise qui a suivi pour celle-ci. C'est cette politique qui a sauv&#233; les entreprises du secteur, dit-il. Elle peut &#234;tre appliqu&#233;e dans tout le pays pour aider &#224; la reprise de l'ensemble de l'&#233;conomie. Il n'oublie qu'une chose : la seule reprise dans l'automobile a &#233;t&#233; celle des profits des compagnies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie automobile n'a &#233;t&#233; renflou&#233;e que pour mieux enfoncer ses salari&#233;s qui ont d&#251; consentir d'&#233;normes sacrifices. L'administration d'Obama leur a impos&#233; des baisses des salaires et des pensions, des conditions plus d&#233;savantageuses dans les contrats d'assurance sant&#233;, des licenciements en masse. Les nouveaux embauch&#233;s de l'automobile gagnent aujourd'hui 50 % de moins que les plus anciens aux c&#244;t&#233;s de qui ils travaillent pour le m&#234;me travail. Si cette m&#234;me politique &#233;tait appliqu&#233;e dans tout le pays, ce serait un cauchemar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les manifestations suscit&#233;es par Occupy Wall Street &#224; l'automne dernier, Obama se sent oblig&#233; de faire semblant de s'attaquer &#224; l'aggravation des in&#233;galit&#233;s. Ces derniers temps il a promis d'augmenter les imp&#244;ts des plus riches Am&#233;ricains qui sont aussi les plus riches de la plan&#232;te. Leurs imp&#244;ts devraient, a-t-il dit, &#234;tre au m&#234;me taux que ceux des travailleurs. Pas de quoi fouetter ces riches, qui devraient payer bien plus pour que l'&#233;galit&#233; fiscale ait un semblant de r&#233;alit&#233;. Mais, m&#234;me si une telle mesure &#233;tait vot&#233;e &#8211; ce qui est tr&#232;s improbable car la majorit&#233; du Congr&#232;s s'y oppose &#8211; il y a tellement de niches ou d'&#233;chappatoires fiscaux que les riches continueraient &#224; payer proportionnellement moins d'imp&#244;ts. Sans compter que, dans le m&#234;me temps, Obama propose d'abaisser les imp&#244;ts des entreprises de 35 % &#224; 28 %. Abaisser les imp&#244;ts pesant sur les entreprises au moment o&#249; celles-ci n'ont jamais fait autant d'argent : voil&#224; &#224; quoi se r&#233;sume le combat d'Obama pour l'&#233;galit&#233; fiscale !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Mitt Romney : l'ami des riches pour l'amour des pauvres&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, Mitt Romney, bien s&#251;r, a plus de mal &#224; pr&#233;tendre &#234;tre du c&#244;t&#233; des travailleurs. Banquier d'affaires, dont la fortune personnelle se monte &#224; plus de 250 millions de dollars, son revenu annuel a &#233;t&#233; de 20 millions ces deux derni&#232;res ann&#233;es. La derni&#232;re soci&#233;t&#233; qu'il a dirig&#233;e, Bain Capital, est bien connue comme repreneur d'entreprises en difficult&#233;. Bain Capital pr&#234;te aux entreprises sur le point de faire faillite, r&#233;organise le personnel, impose des licenciements et des baisses de salaires. Si cela r&#233;ussit elle les reprend, quand cela &#233;choue elle les coule d&#233;finitivement. De toute mani&#232;re les pr&#234;ts de Bain Capital sont rembours&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, la campagne de Romney se r&#233;duit &#224; s'opposer &#224; Obama et &#224; exploiter les sentiments d'insatisfaction de la population &#224; son &#233;gard. Dans la plupart de ses discours, il se contente de rappeler les promesses non tenues de la pr&#233;c&#233;dente campagne d'Obama et jure la main sur le c&#339;ur qu'il fera mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une diff&#233;rence cependant entre les deux : alors qu'Obama se sent oblig&#233; de s'attaquer, en paroles, &#224; l'in&#233;galit&#233; grandissante, Romney affirme ouvertement sa sympathie pour les riches. Et, s'il veut des baisses d'imp&#244;ts pour ceux-ci, c'est en fin de compte, explique-t-il, pour favoriser l'emploi. C'est pourquoi il n'accro&#238;tra pas les imp&#244;ts des super riches mais les baissera. En ce qui concerne les banques et les grandes entreprises, cette baisse serait m&#234;me de 35 % &#224; 25 % !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 % en plus ou en moins de baisse d'imp&#244;ts pour les banques et les multinationales ! Le v&#233;ritable enjeu de ces &#233;lections de 2012 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Francisco, 11 mai 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Craig VINCENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Barack Obama &#8212; Un an apr&#232;s
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Barack Obama
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		<description>Moins de deux ans apr&#232;s l'&#233;lection de Barack Obama &#224; la pr&#233;sidence des &#201;tats-Unis, l'enthousiasme s'est &#233;vanoui. Le pr&#233;sident qui appelait au &#171; changement &#187; n'a rien chang&#233;. &lt;br /&gt;L'administration d&#233;mocrate a fait un grand battage autour du rappel de ses troupes en Irak. Des troupes seront bien retir&#233;es, mais les chiffres officiels ne font pas appara&#238;tre qu'il y aura encore, m&#234;me apr&#232;s le d&#233;part de l'arm&#233;e, plus de 100 000 personnes dans des entreprises priv&#233;es qui font office de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-71-octobre-2010-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 71, octobre 2010
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Moins de deux ans apr&#232;s l'&#233;lection de Barack Obama &#224; la pr&#233;sidence des &#201;tats-Unis, l'enthousiasme s'est &#233;vanoui. Le pr&#233;sident qui appelait au &#171; changement &#187; n'a rien chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration d&#233;mocrate a fait un grand battage autour du rappel de ses troupes en Irak. Des troupes seront bien retir&#233;es, mais les chiffres officiels ne font pas appara&#238;tre qu'il y aura encore, m&#234;me apr&#232;s le d&#233;part de l'arm&#233;e, plus de 100 000 personnes dans des entreprises priv&#233;es qui font office de sous-traitants et de fournisseurs aupr&#232;s de l'arm&#233;e pour l'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, la guerre en Afghanistan s'est intensifi&#233;e (voir notre article &lt;em&gt;&#171; D'une guerre &#224; l'autre &#187;&lt;/em&gt;). Depuis 2001, plus de 1 100 soldats am&#233;ricains ont &#233;t&#233; tu&#233;s en Afghanistan, dont plus de 500 depuis qu'Obama est entr&#233; en fonction. Ceux qui ne sont pas tu&#233;s ram&#232;nent la guerre chez eux. Le Bureau des V&#233;t&#233;rans explique qu'en moyenne 18 v&#233;t&#233;rans de l'arm&#233;e se suicident chaque mois, la plupart &#233;tant des soldats ayant tout juste achev&#233; leur service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident avait promis de fermer la prison militaire de Guantanamo, &#224; Cuba. Non seulement il n'a pas tenu cette promesse mais son administration a d&#233;cid&#233; d'y maintenir en d&#233;tention sans proc&#232;s 47 prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des gens esp&#233;raient du moins qu'il s'attaquerait &#224; la question du syst&#232;me de sant&#233; am&#233;ricain, totalement d&#233;faillant. Les &#201;tats-Unis d&#233;pensent deux fois plus que les autres pays industrialis&#233;s pour l'assurance maladie (les assurances priv&#233;es pr&#233;levant un tiers de chaque dollar d&#233;pens&#233; pour la sant&#233;), alors que pr&#232;s de 50 millions d'Am&#233;ricains sont sans couverture sociale et que 14 000 d'entre eux, chaque jour, perdent leur couverture. En fait, la nouvelle loi est un recul par rapport &#224; ce qui existait d&#233;j&#224; pour bien des gens. Le programme Medicare Advandage, qui am&#233;liorait un peu la couverture sociale des personnes &#226;g&#233;es (le &#171; programme Medicare &#187;) a &#233;t&#233; r&#233;duit. Les femmes qui choisissent de se faire avorter ne sont pas couvertes pour cet acte. Enfin les sans-papiers, ainsi que leurs enfants, sont exclus du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration Obama continue de renflouer les entreprises, comme le faisait l'administration Bush. Suite au plan Paulson de 700 milliards de dollars, Obama a l&#226;ch&#233; 60 milliards de plus pour l'industrie automobile, soi-disant pour sauver des emplois. En fait, les grosses compagnies ont licenci&#233; des milliers d'ouvriers depuis le d&#233;but de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;conomique a frapp&#233; de plein fouet la classe ouvri&#232;re. En 2009, le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvret&#233; est mont&#233; &#224; 44 millions, le record depuis 50 ans que cette statistique existe. La distribution de coupons alimentaires a touch&#233; son maximum historique au mois d'ao&#251;t avec plus de 40 millions de personnes b&#233;n&#233;ficiaires ce mois-ci. Ao&#251;t 2010 a aussi &#233;t&#233; le record de tous les temps pour les expulsions de logements : plus de 95 000 dans le mois. On s'attend &#224; ce que l'ann&#233;e 2010 s'ach&#232;ve avec plus de 1,2 million d'expulsions au total, 12 fois plus qu'en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration Obama a aussi encourag&#233; des coupes majeures et des attaques contre le syst&#232;me &#233;ducatif public. La principale r&#233;forme concernant l'&#201;ducation, appel&#233;e &lt;em&gt;&#171; Race to the top &#187;&lt;/em&gt; (&#171; La course au sommet &#187;), force chaque &#201;tat &#224; entrer en comp&#233;tition avec les autres pour gagner une aide f&#233;d&#233;rale de 4,35 milliards de dollars. Avec cette loi, les &#201;tats ne toucheront cet argent que si les &#233;coles ayant de mauvais r&#233;sultats &#224; des tests standardis&#233;s licencient tout leur personnel enseignant et recommencent tout &#224; z&#233;ro. Dans le m&#234;me temps, 100 milliards de plus &#233;taient d&#233;bloqu&#233;s pour financer l'&#233;tablissement de &lt;em&gt;&#171; charter schools &#187;&lt;/em&gt;, des &#233;coles sous contrat mises en places et g&#233;r&#233;es par des compagnies priv&#233;es utilisant souvent de jeunes profs non syndiqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec toutes ces attaques, un sentiment de cynisme s'est profond&#233;ment r&#233;pandu dans la population. Les slogans de la campagne pr&#233;sidentielle tels que &lt;em&gt;&#171; hope &#187;&lt;/em&gt; (&#171; espoir &#187;) et &lt;em&gt;&#171; change &#187;&lt;/em&gt; (&#171; changement &#187;) sont devenus d&#233;sormais la cible de blagues dans les grands medias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, le pr&#233;sident garde un certain capital de confiance : &lt;em&gt;&#171; Il faut lui laisser le temps&#8230; &#187;&lt;/em&gt;. Bien des gens en reviennent au fait qu'il est Afro-am&#233;ricain, le premier d'entre eux &#224; gagner la pr&#233;sidence. Certes, un pr&#233;sident dont la popularit&#233; acquise lors de la campagne &#233;lectorale aupr&#232;s des pauvres, en ces temps de crise, a permis &#224; la bourgeoisie am&#233;ricaine de s'en sortir grassement. Du moins pour le moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Craig VINCENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Le mouvement Tea Party&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'&#233;lection de Barack Obama &#224; la pr&#233;sidence des &#201;tats-Unis, la droite radicale et conservatrice am&#233;ricaine tente de relever la t&#234;te sous le nom de mouvement &#171; Tea Party &#187;, dont les deux porte-parole sont Glenn Beck, un pr&#233;sentateur sur la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision conservatrice &lt;em&gt;Fox News&lt;/em&gt;, et Sarah Palin, ancienne candidate r&#233;publicaine &#224; la vice-pr&#233;sidence des &#201;tats-Unis. L'espace qu'occupe le Tea Party dans les m&#233;dias est cependant plus en rapport avec le soutien de milliardaires et de groupes de m&#233;dias qu'avec le nombre de ses militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement est issu de divers courants de la droite r&#233;actionnaire et anti-&#233;tatiste am&#233;ricaine, n&#233;s de l'opposition au programme de sauvetage de la finance am&#233;ricaine (qualifi&#233; par eux de &#171; socialiste &#187; !) puis au projet d'assurance sant&#233;, propos&#233;s par l'administration Obama en 2009. Non directement affili&#233;s au Parti r&#233;publicain (qu'ils critiquent aussi parfois), les mouvements Tea Party se r&#233;f&#232;rent aux symboles des &#171; p&#232;res fondateurs &#187; am&#233;ricains. La d&#233;nomination du mouvement est un jeu de mots sur le terme &#171; party &#187;, qui d&#233;signe un parti politique mais fait aussi r&#233;f&#233;rence &#224; la &lt;em&gt;Boston Tea Party&lt;/em&gt;, en 1773, un des &#233;v&#233;nements annonciateurs de la guerre d'ind&#233;pendance am&#233;ricaine, durant lequel des colons am&#233;ricains avaient jet&#233; &#224; la mer des caisses de th&#233; de la Compagnie anglaise des Indes orientales.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH500/tea_party2-0d2de.png?1787840531' width='400' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Le 2 octobre &#224; Washington : Des dizaines de milliers de travailleurs contre la crise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Environ 150 000 personnes venant d'un peu partout aux &#201;tats-Unis se sont retrouv&#233;es le samedi 2 octobre &#224; Washington lors du rassemblement &lt;em&gt;One Nation Working Together &lt;/em&gt; (&#171; Une nation unie au travail &#187;). La plupart des participants &#233;taient des travailleurs de secteurs divers, des &#233;tudiants, des familles, des membres d'organisations communautaires et des membres d'organisations de gauche. Le rassemblement &#233;tait organis&#233; par des syndicats, des groupes militant en faveur de la paix, de la justice sociale, des droits civiques ou de l'&#233;cologie, ainsi que des sections du Parti d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de discours se sont succ&#233;d&#233; &#224; la tribune avec le m&#234;me objectif : contrer les rassemblements organis&#233;s par la droite, notamment autour du Parti r&#233;publicain et des mouvements &lt;em&gt;Tea Party&lt;/em&gt;. Il s'agissait aussi, en cette situation de crise sociale et &#233;conomique, de transformer la col&#232;re et l'insatisfaction grandissantes en un soutien &#224; la politique du Parti d&#233;mocrate. Le message des orateurs &#233;tait sans ambigu&#239;t&#233; : manifester son opposition &#224; l'extr&#234;me droite en allant voter d&#233;mocrate lors des prochaines &#233;lections du 2 novembre (&#233;lections nationales des repr&#233;sentants au Congr&#232;s, au S&#233;nat, mais aussi locales dans les diff&#233;rents &#201;tats).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains, notamment parmi les travailleurs afro-am&#233;ricains, n'ont pas totalement retir&#233; leur soutien &#224; l'administration Obama. Ceux-l&#224; sont peut-&#234;tre partis du meeting affermis dans leur soutien aux d&#233;mocrates. Mais la plupart des travailleurs pr&#233;sents n'ont port&#233; que peu d'int&#233;r&#234;t &#224; des discours qui n'apportaient aucune solution &#224; leurs probl&#232;mes, en se contentant de les appeler &#224; bien voter pour le 2 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ce rassemblement a &#233;t&#233; un &#233;v&#233;nement important. Pour la plupart, c'&#233;tait la premi&#232;re fois qu'ils participaient &#224; une telle manifestation politique (et surtout de cette taille), parfois m&#234;me la premi&#232;re fois qu'ils osaient protester publiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C.V.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Obama, d'une guerre &#224; l'autre
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		<dc:subject>USA
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		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Irak
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		<dc:subject>Barack Obama
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		<description>Barack Obama l'avait promis. Il l'a fait. Une moiti&#233; de sa promesse seulement : pas celle d'arr&#234;ter la guerre d'Irak, puisqu'il laisse la bagatelle de 50 000 soldats sur place, mais celle de transf&#233;rer massivement des troupes d'Irak en Afghanistan, remettant au premier plan cette &#171; guerre oubli&#233;e &#187; pendant les ann&#233;es des grandes op&#233;rations d'Irak. &lt;br /&gt;Le mythe des &#171; seuls &#187; 50 000 hommes cantonn&#233;s en Irak &#224; des missions d'entra&#238;nement des troupes irakiennes n'a pas tenu longtemps. Le&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Barack Obama l'avait promis. Il l'a fait. Une moiti&#233; de sa promesse seulement : pas celle d'arr&#234;ter la guerre d'Irak, puisqu'il laisse la bagatelle de 50 000 soldats sur place, mais celle de transf&#233;rer massivement des troupes d'Irak en Afghanistan, remettant au premier plan cette &#171; guerre oubli&#233;e &#187; pendant les ann&#233;es des grandes op&#233;rations d'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mythe des &#171; seuls &#187; 50 000 hommes cantonn&#233;s en Irak &#224; des missions d'entra&#238;nement des troupes irakiennes n'a pas tenu longtemps. Le mardi 31 ao&#251;t, l'Irak devait devenir &lt;em&gt;&#171; un pays souverain et ind&#233;pendant &#187;&lt;/em&gt; et l'arm&#233;e am&#233;ricaine rester enferm&#233;e dans ses cantonnements. Mais, le dimanche 5 septembre, celle-ci participait &#224; une bataille rang&#233;e &#224; Bagdad aux c&#244;t&#233;s de l'arm&#233;e irakienne, h&#233;licopt&#232;res et drones &#224; l'appui ; quelques jours plus tard, ses h&#233;licopt&#232;res et chasseurs-bombardiers F16 intervenaient pr&#232;s de la ville de Bakouba, au nord de la capitale, alors que, selon le commandement, l'arm&#233;e am&#233;ricaine n'avait plus effectu&#233; de bombardement depuis juillet 2009 ; et, le 15 septembre, elle participait &#224; l'assaut d'un suppos&#233; &lt;em&gt;&#171; repaire d'Al Qaida &#187;&lt;/em&gt; &#224; Falloudja, &#224; l'ouest. Un beau d&#233;but pour cette &lt;em&gt;&#171; Aube nouvelle &#187;&lt;/em&gt;, surnom de la nouvelle mission am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intensification de la guerre en Afghanistan, quant &#224; elle, se poursuit de plus belle&#8230;. Comme l'est son extension territoriale, avec la multiplication des incursions au Pakistan.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Irak : bilan des d&#233;g&#226;ts &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de milliers de victimes dans la population irakienne (entre 200 000 &#224; 600 000 selon les estimations), 1,7 million d'exil&#233;s &#224; l'&#233;tranger, 1,5 million de d&#233;plac&#233;s &#224; l'int&#233;rieur par les destructions de guerre, par les exodes communautaires impos&#233;s par les affrontements entre milices rivales ou par les murs &#233;rig&#233;s par les USA entre les quartiers de Bagdad notamment, tel est le seul bilan des sept ans d'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la reconstruction tant promise, elle n'a fait qu'alimenter la corruption et b&#233;n&#233;ficier aux reconstructeurs, soci&#233;t&#233;s am&#233;ricaines et britanniques surtout, sans que pratiquement rien (sauf des installations militaires) ne se reconstruise. &lt;em&gt;Le Monde &lt;/em&gt;du 30 septembre cite&lt;em&gt; &#171; une prison de 40 millions de dollars (31,5 millions d'euros) vide, dans le d&#233;sert pr&#232;s de Bagdad &#187; &lt;/em&gt;dont l'entreprise am&#233;ricaine a interrompu la construction sous pr&#233;texte d'ins&#233;curit&#233;, apr&#232;s avoir largement d&#233;pass&#233; les co&#251;ts pr&#233;visionnels. Ou &lt;em&gt;&#171; une station d'&#233;puration de 100 millions de dollars (78,7 millions d'euros) &#224; Fallouja, o&#249; les eaux us&#233;es continuent de s'&#233;couler dans la rue &#187;&lt;/em&gt;. Ou un h&#244;pital de 50 millions de dollars dont la construction a &#233;t&#233; interrompue&#8230; Quelque 5 milliards de dollars se seraient purement et simplement &#233;vapor&#233;s, selon un rapport officiel (un dixi&#232;me de la somme consacr&#233;e par l'&#201;tat am&#233;ricain pour la reconstruction) et seraient all&#233;s alimenter la corruption, non seulement des notables ou chefs de guerres irakiens, mais aussi des interm&#233;diaires occidentaux ou officiers sup&#233;rieurs am&#233;ricains, dont un responsable du CPA (l'autorit&#233; provisoire de la coalition en Irak), condamn&#233; en f&#233;vrier 2007 pour blanchiment d'argent et march&#233;s truqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Hommes d'affaires en ch&#226;teaux&#8230; forts&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le chaos dans lequel est plong&#233; le pays et bien que la production p&#233;troli&#232;re ne soit remont&#233;e qu'&#224; 2,4 millions de barils par jour &#8211; soit son niveau de la p&#233;riode de l'embargo entre les deux guerres d'Irak &#8211;, les affaires tournent. Les compagnies fran&#231;aises, en retard pourtant sur les am&#233;ricaines ou anglaises, font leur retour : au &lt;em&gt;&#171; Ch&#226;teau &#187;&lt;/em&gt;, un immeuble face &#224; l'ambassade de France, dans une rue surveill&#233;e par des miradors, se succ&#232;dent les hommes d'affaires de Lafarge, Sanofi-Aventis, Alstom ou Sofinfra (soci&#233;t&#233; li&#233;e &#224; l'industrie d'armement fran&#231;aise, sp&#233;cialis&#233;e dans la construction de casernes&#8230; et d'h&#244;pitaux). Il leur en co&#251;te quelque 800 &#8364; aupr&#232;s d'une agence de mercenaires arm&#233;s pour escorter leurs petites personnes de l'a&#233;roport au centre de Bagdad, ou 2 000 &#8364; pour une escorte de la journ&#233;e. Le jeu doit en valoir le prix. Et qu'on ne nous fasse pas pleurer si l'un d'entre eux se trouve un jour pris en otage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la population en revanche, c'est la p&#233;nurie dans tous les domaines. Les coupures permanentes d'&#233;lectricit&#233; (1 heure d'alimentation sur 5 tout au plus) au d&#233;but de l'&#233;t&#233; ont soulev&#233; des &#233;meutes qui ont co&#251;t&#233; son poste au ministre de l'&#201;lectricit&#233; par int&#233;rim. La population irakienne est capable de se r&#233;volter, malgr&#233; les troupes d'occupation ou l'arm&#233;e irakienne reconstitu&#233;e, malgr&#233; les milices rivales qui multiplient les attentats et cultivent les clivages religieux et communautaires pour conserver leurs fiefs. C'est bien l&#224; le seul espoir.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_495 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L250xH413/obama_petrole-08f95.png?1787840531' width='250' height='413' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Le bourbier afghan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2009, &#224; l'investiture d'Obama, il y avait un peu plus de 50 000 hommes de troupes de l'OTAN en Afghanistan, dont 20 000 am&#233;ricains. Ils sont aujourd'hui pr&#232;s de 150 000, dont plus de 100 000 am&#233;ricains. Bien plus que le summum atteint par les troupes russes (120 000) au temps de leur guerre. Et c'est sans compter les dizaines de milliers de suppl&#233;tifs lou&#233;s par les arm&#233;es de l'OTAN aupr&#232;s de soci&#233;t&#233;s de &#171; services &#187; et de mercenaires priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Obama vient de tripler les effectifs, c'est que la guerre, qui avait sembl&#233; ais&#233;e &#224; ses d&#233;buts, &#224; l'automne 2001, au point d'encourager Bush &#224; se lancer ensuite dans l'occupation de l'Irak, commen&#231;ait &#224; tourner vinaigre. Au moment de l'invasion, les troupes talibanes chass&#233;es du pouvoir, et les autres groupes arm&#233;s de seigneurs de guerre locaux (ceux qui ne se sont pas ralli&#233;s aux USA pour devenir ministres du gouvernement provisoire ou gouverneurs de r&#233;gions), avaient pass&#233; la fronti&#232;re pakistanaise ou s'&#233;taient fondus dans la nature. La corruption du r&#233;gime mis en place par les USA leur a vite rendu du cr&#233;dit aux yeux de la population, et la mis&#232;re des camps de r&#233;fugi&#233;s afghans de l'autre c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re pakistanaise a fabriqu&#233; une jeune g&#233;n&#233;ration de r&#233;volt&#233;s o&#249; recruter de nouvelles troupes. &#192; partir de 2005-2006, les Talibans sont r&#233;apparus sur le terrain, ont repris peu &#224; peu le contr&#244;le de villes ou de r&#233;gions enti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation des troupes d'occupation n'a rien enray&#233;. Le nombre d'attentats r&#233;pertori&#233;s par l'arm&#233;e am&#233;ricaine est pass&#233; de 100 &#224; 200 par mois entre 2005 et 2006, &#224; 400 par mois fin 2008, et 1 000 en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un reportage du &lt;em&gt;Monde diplomatique&lt;/em&gt; de septembre dernier sur les ressources financi&#232;res des Talibans (nom sous lequel sont rang&#233;s p&#234;le-m&#234;le tous les groupes arm&#233;s oppos&#233;s au r&#233;gime, m&#234;me s'ils sont d'une autre mouvance) raconte comment ils peuvent taxer une entreprise de construction de route si elle veut pouvoir continuer ses travaux. Comment des entreprises (y compris sous-traitantes des arm&#233;es am&#233;ricaines et alli&#233;es) pr&#233;f&#232;rent les payer pour garantir la s&#233;curit&#233; d'un convoi, plut&#244;t que d'embaucher des gardes arm&#233;s plus co&#251;teux. Ou comment ils ont repris leur place dans le monde des affaires et des trafics. Affaires et trafics (y compris trafic de drogue) auxquels la famille m&#234;me du pr&#233;sident Karza&#239; n'est pas &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Vers un marchandage avec le &#171; diable &#187; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections afghanes du 18 septembre dernier, sous contr&#244;le des forces d'occupation, sont loin de redonner du cr&#233;dit au r&#233;gime ! Les r&#233;sultats ne sont toujours pas publi&#233;s : d&#233;j&#224; 300 000 bulletins invalid&#233;s pour fraude dans au moins 227 bureaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les prises de contact avec les chefs talibans ou une partie d'entre eux, pour voir s'il ne serait pas possible, dans un &#171; processus de paix &#187;, de r&#233;-associer tout ce beau monde &#224; la gestion du pays, sont aujourd'hui officielles. Apr&#232;s tout, Karza&#239; n'avait-il pas soutenu un temps les talibans apr&#232;s leur arriv&#233;e au pouvoir ? Les USA n'avaient-ils pas financ&#233; tous les chefs de guerre religieux du temps de la guerre russe, avant de les diaboliser en 2001 pour justifier l'invasion du pays ? Cela n'est en rien contradictoire avec l'intensification de la guerre en cours. Tant pour affaiblir ou diviser les interlocuteurs potentiels que parce que leur &#233;ventuel retour au pouvoir, sous la houlette am&#233;ricaine, se fera sur le dos d'une population qu'il faut terroriser et briser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une fuite en avant bien classique, pour couper de leurs bases arri&#232;re sur la fronti&#232;re pakistanaise les groupes arm&#233;s hostiles &#224; l'occupation, l'arm&#233;e am&#233;ricaine multiplie les raids au Pakistan. Comme la France pendant la guerre d'Alg&#233;rie bombardait le village de Sakiet en Tunisie, ou l'arm&#233;e am&#233;ricaine exportait au Cambodge et au Laos la guerre du Vietnam. Ces derniers mois l'escalade am&#233;ricaine ne se limite plus &#224; des actions de commandos de ses services secrets de l'autre cot&#233; de la fronti&#232;re, ni &#224; quelques survols de reconnaissance par ses drones : les forces de l'OTAN multiplient les bombardements et les raids d'h&#233;licopt&#232;res avec leurs morts et leurs bavures. Ainsi, le 30 septembre, deux militaires pakistanais &#233;taient abattus par erreur par un h&#233;licopt&#232;re am&#233;ricain. Excuses de l'OTAN et tout est rentr&#233; dans l'ordre avec le gouvernement pakistanais, si ce n'est avec la population.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_496 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH262/afg-0d6d6.png?1787840531' width='300' height='262' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;De la route de la Soie &#224; la route du Lithium&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour s'ent&#234;ter dans une guerre qui s'enlise de plus en plus, co&#251;te des centaines de milliards et risque de d&#233;stabiliser le Pakistan, le grand voisin, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain &#224; ses raisons : garder son contr&#244;le sur toute la r&#233;gion et ses richesses. Et, au-del&#224;, des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques dont l'Afghanistan lui-m&#234;me &#8211; s'il n'est pas riche en p&#233;trole comme l'Irak &#8211;, n'est pas d&#233;pourvu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin de l'URSS, les strat&#232;ges am&#233;ricains aiment &#224; &#233;voquer la vieille &lt;em&gt;&#171; route de la Soie &#187;&lt;/em&gt; qui joignait jadis la M&#233;diterran&#233;e &#224; l'Asie centrale et la Chine, &#224; travers les br&#232;ches des montagnes d'Afghanistan. Ils baptisent du nom de &lt;em&gt;&#171; nouvelle route de la Soie &#187; &lt;/em&gt;leur projet d'ouverture vers l'Asie centrale et leur convoitise de ses richesses. La route dont ils parlent n'est pas un vieux chemin de terre, mais un projet d'ol&#233;oducs et gazoducs traversant un Afghanistan sous leur contr&#244;le. Qui plus est, cet &#233;t&#233;, les g&#233;ologues am&#233;ricains auraient d&#233;couvert de consid&#233;rables ressources mini&#232;res pour l'instant inexploit&#233;es : cuivre, fer, cobalt et, surtout, lithium, dont les r&#233;serves afghanes seraient comparables &#224; celles de Bolivie, premier producteur mondial de ce m&#233;tal tr&#232;s recherch&#233; par les industriels (pour les batteries d'ordinateurs, t&#233;l&#233;phones portables et bient&#244;t voitures &#233;lectriques). Plus int&#233;ressant que la chasse &#224; Ben Laden invoqu&#233;e par Bush et reprise par Obama ! Les experts des trusts miniers, emmen&#233;s dans les valises de l'arm&#233;e am&#233;ricaine, ne ch&#244;ment pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BELIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Obama pr&#233;sident, l'oncle Sam change de look... mais pas de cibles
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Barack Obama
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		<description>Les nouvelles venues des &#201;tats-Unis ces derni&#232;res ann&#233;es avaient pourtant de quoi d&#233;sesp&#233;rer. 2000-2004, premier mandat de Bush : deux guerres au Proche-Orient, les gesticulations pitoyables sur l'axe du Mal et les armes de destruction massive ; des baisses d'imp&#244;ts obsc&#232;nes pour les plus riches sur fond de d&#233;molition acc&#233;l&#233;r&#233;e des &#171; acquis sociaux &#187; ; une politique environnementale toujours plus irresponsable&#8230; Quatre ans de ce r&#233;gime, pour qu'en 2004, l'&#233;lectorat am&#233;ricain remette&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-USA-+" rel="tag"&gt;USA
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Barack-Obama-+" rel="tag"&gt;Barack Obama
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les nouvelles venues des &#201;tats-Unis ces derni&#232;res ann&#233;es avaient pourtant de quoi d&#233;sesp&#233;rer. 2000-2004, premier mandat de Bush : deux guerres au Proche-Orient, les gesticulations pitoyables sur l'axe du Mal et les armes de destruction massive ; des baisses d'imp&#244;ts obsc&#232;nes pour les plus riches sur fond de d&#233;molition acc&#233;l&#233;r&#233;e des &#171; acquis sociaux &#187; ; une politique environnementale toujours plus irresponsable&#8230; Quatre ans de ce r&#233;gime, pour qu'en 2004, l'&#233;lectorat am&#233;ricain remette Bush en selle pour quatre ann&#233;es suppl&#233;mentaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers sondages &#233;voquant la victoire d'Obama ont donc laiss&#233; perplexe. Au sortir de l'&#232;re Bush, dans le pays dont les fondations m&#234;mes reposent sur l'esclavage ? O&#249; en 1955 Rosa Parks d&#233;clenchait une temp&#234;te pour n'avoir pas c&#233;d&#233; sa place de bus &#224; un Blanc, et o&#249; certains &#201;tats interdisaient encore les mariages mixtes douze ans plus tard &#8211; quand Obama avait 5 ans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1936, Roosevelt refusait de recevoir &#224; la Maison blanche le champion olympique Jesse Owens, de peur qu'une photo de lui serrant la main d'un Noir ne compromette son avenir politique. Aujourd'hui un Noir succ&#232;de &#224; Roosevelt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Historique &#187;, &#171; inou&#239; &#187;, la presse a ressorti les superlatifs ; pour une fois justifi&#233;s. L'&#233;lection d'un Noir &#224; la t&#234;te de la premi&#232;re puissance du monde est une nouvelle &#233;tonnante, qui manifeste d'abord ceci : le peuple am&#233;ricain, que beaucoup (&#171; nouveaux beaufs &#187; franchouillards en t&#234;te) aiment &#224; repr&#233;senter en cow-boy &#224; la bible et au fusil, a chang&#233;. La domination des &lt;em&gt; wasps &lt;/em&gt; (les &lt;em&gt; white anglo-saxon protestants &lt;/em&gt;, dont se sont longtemps r&#233;clam&#233;es ses &#233;lites) s'est dilu&#233;e : m&#234;me les couches dominantes commencent &#224; exprimer la mosa&#239;que am&#233;ricaine. Mais surtout, le peuple am&#233;ricain est capable de d&#233;sir de changement et d'ouverture d'esprit comme d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, qu'un repr&#233;sentant de l'&#233;lite noire acc&#232;de &#224; la pr&#233;sidence n'abolit pas plus les barri&#232;res raciales que le pouvoir d'une Benazir Bhutto n'a soulag&#233; l'&#233;crasante oppression des femmes au Pakistan. Et les Noirs am&#233;ricains ne cesseront pas d'&#234;tre opprim&#233;s parce qu'un homme de leur couleur de peau sera pour quatre ans premier fonctionnaire de l'appareil de r&#233;pression. Il n'emp&#234;che : &#224; combien de millions de Noirs dans le monde cette &#233;lection a-t-elle donn&#233; un sentiment de fiert&#233; et de revanche ? D'une fa&#231;on symbolique, mais profonde, l'&#233;lection d'Obama les venge de l'abjection universelle du racisme. Et il ne s'agit pas que de bons sentiments : des luttes comme celle du LKP de Guadeloupe, en f&#233;vrier dernier, ont trouv&#233; un encouragement dans cette &#233;lection, &#224; laquelle le collectif a d'ailleurs explicitement fait r&#233;f&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le syst&#232;me qu'il sert a fait appel &#224; Obama. Car si cet outsider est arriv&#233; au pouvoir, c'est en partie parce qu'il a &#233;t&#233; choisi par une partie des repr&#233;sentants de la classe dominante am&#233;ricaine, &#224; la faveur d'une crise elle aussi &#171; historique &#187;. Personne ne sait jusqu'o&#249; iront ses cons&#233;quences &#233;conomiques, sociales, politiques. Mais ce qui est certain, c'est que dans ce contexte, un homme neuf et populaire &#224; la t&#234;te du premier imp&#233;rialisme mondial peut &#234;tre un atout important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut d'ailleurs pas exclure que la pr&#233;sidence Obama soit l'occasion pour l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain d'une red&#233;finition de certains axes strat&#233;giques, que la crise imposera peut-&#234;tre. Mais pour l'heure, derri&#232;re le changement de style, la politique esquiss&#233;e par la nouvelle administration se caract&#233;rise plut&#244;t par la continuit&#233;. Sur le plan int&#233;rieur, o&#249; sa politique de soutien massif de l'&#201;tat au secteur financier et industriel est le strict d&#233;veloppement de celle de Bush avant son d&#233;part. En politique &#233;trang&#232;re la rh&#233;torique sur le terrorisme est reprise en l'&#233;tat, et le d&#233;part annonc&#233; d'Irak signifie le recentrage d'objectifs de guerre sur l'Afghanistan et le Pakistan &#8211; m&#234;me si cela s'accompagne du souci d'un plus grand consensus diplomatique. Les principales nouveaut&#233;s de l'administration d'Obama concernent l'introduction d'un peu de charit&#233; d'&#201;tat dans des domaines comme l'assurance maladie ou l'aide de survie aux plus pauvres. &#192; part cela, la &#171; rupture &#187; porte sur des questions d'ordre moral ou symbolique, comme la recherche sur les cellules souches, l'autorisation de l'IVG ou l'usage de la torture. &#192; la mani&#232;re d'un Mitterrand abolissant la peine de mort en 1981, Obama monnaie en d&#233;but de mandat les mesures peu co&#251;teuses qui permettront peut-&#234;tre de prolonger sa popularit&#233;. Et cela semble d'ailleurs marcher pour le moment : alors que les milliards engloutis dans les plans de sauvetages de banques et des grosses entreprises ont suscit&#233; dans la population un certain m&#233;contentement &#224; l'encontre du gouvernement, la d&#233;fiance &#233;pargne encore Obama. Mais au bilan, on est encore loin m&#234;me d'un nouveau New Deal, malgr&#233; la comparaison r&#233;p&#233;t&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans parler de ce qui serait n&#233;cessaire pour soulager vraiment la population am&#233;ricaine qui prend la crise de plein fouet. De la puissante vague d'espoirs et d'illusions qui a port&#233; Obama au pouvoir, il pourrait donc rapidement ne pas rester grand-chose. Ce qui m&#233;riterait de durer, pourtant, c'est l'espoir suscit&#233; &lt;em&gt; quand m&#234;me &lt;/em&gt; que le monde peut changer. M&#234;me si les symboles n'y suffiront pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 avril 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Beno&#238;t MARCHAND&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_377 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH255/ecran-032e0.png?1787888778' width='500' height='255' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Recyclage
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		<description>Noire, d&#233;mocrate, sur fond de crise : la pr&#233;sidence Obama est cens&#233;e &#234;tre celle de la rupture. Et puisque cette image est une condition essentielle de son cr&#233;dit politique, le nouveau locataire de la Maison blanche a pris soin de doser la composition de son administration. Celle-ci r&#233;v&#232;le finalement, derri&#232;re une pinc&#233;e de nouveaux, une &#233;quipe qui se caract&#233;rise surtout par la continuit&#233; : un signe difficilement contestable d'une volont&#233; de donner des gages &#224; une classe dirigeante&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Noire, d&#233;mocrate, sur fond de crise : la pr&#233;sidence Obama est cens&#233;e &#234;tre celle de la rupture. Et puisque cette image est une condition essentielle de son cr&#233;dit politique, le nouveau locataire de la Maison blanche a pris soin de doser la composition de son administration. Celle-ci r&#233;v&#232;le finalement, derri&#232;re une pinc&#233;e de nouveaux, une &#233;quipe qui se caract&#233;rise surtout par la continuit&#233; : un signe difficilement contestable d'une volont&#233; de donner des gages &#224; une classe dirigeante am&#233;ricaine qui peut accepter la rupture&#8230; tant qu'elle ne met pas en cause, si elle ne les sert pas, ses int&#233;r&#234;ts essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les personnels recycl&#233;s, les plus nombreux proviennent de la pr&#233;c&#233;dente administration d&#233;mocrate de Clinton, dont la politique &#233;trang&#232;re diff&#233;rait peu de celle des Bush. La plupart des membres du cabinet Obama ont soutenu les guerres en Irak et Afghanistan, &#224; commencer par Hillary Clinton elle-m&#234;me, la nouvelle ministre des affaires &#233;trang&#232;res. Son conseiller Dennis Ross est un faucon notoire. Le National Security Advisor (Conseiller &#224; la s&#233;curit&#233; nationale) James Jones est un ancien dirigeant de Boeing (qui produit, &#224; c&#244;t&#233; des avions civils, des syst&#232;mes d'armements) et de la &#171; major &#187; p&#233;troli&#232;re Chevron, deux profiteurs majeurs des guerres du Proche-Orient. Quant au ministre de la D&#233;fense, Obama a carr&#233;ment pr&#233;f&#233;r&#233; reconduire celui de Bush, Robert Gates, responsable de l'intensification de la guerre depuis le printemps 2007 et d&#233;sormais pri&#233; de s'occuper de l'Afghanistan et du Pakistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plus d'ambigu&#239;t&#233;s sur la question palestinienne. L'ancien s&#233;nateur George Mitchell, nouveau m&#233;diateur dans la guerre d'Isra&#235;l contre Gaza, a un pass&#233; r&#233;put&#233; moins unilat&#233;ralement pro-isra&#233;lien que ses pr&#233;d&#233;cesseurs. La nomination de Charles Freeman comme pr&#233;sident du National Intelligence Council (Conseil national du renseignement) a m&#234;me provoqu&#233; la col&#232;re de la droite isra&#233;lienne qui a men&#233; campagne contre lui, l'accusant d'&#234;tre pro-palestiniens, jusqu'&#224; obtenir une d&#233;mission docilement accept&#233;e par la nouvelle administration. Les choix initiaux d'Obama sur ce sujet sont d'ailleurs loin d'aller tous dans le m&#234;me sens : la nomination de Rahm Emanuel comme secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la Maison blanche, un des plus importants postes de l'administration pr&#233;sidentielle, a au contraire r&#233;joui la m&#234;me droite isra&#233;lienne. Ancien conseiller de Bill Clinton, Emanuel a fait un service militaire en Isra&#235;l et vigoureusement d&#233;fendu la guerre en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuit&#233; aussi en ce qui concerne la politique &#233;conomique, o&#249; nombre des nouveaux conseillers sont des responsables directs de la crise actuelle. Larry Summers, ancien ministre des finances de Clinton, a grandement contribu&#233; &#224; la d&#233;r&#233;glementation du syst&#232;me financier des ann&#233;es 1990. Le nouveau secr&#233;taire au tr&#233;sor, Timothy Geithner, a derri&#232;re lui une longue carri&#232;re bancaire : Banque de la r&#233;serve f&#233;d&#233;rale de New-York, Fonds mon&#233;taire international et diff&#233;rents &#171; hedge funds &#187; &#8211; il est de ceux qui ont mis sur pied les premiers plans de subventions massives aux banques, lesquels ont profond&#233;ment choqu&#233; l'opinion populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, l'image neuve du pr&#233;sident semble pourtant l'avoir prot&#233;g&#233; contre le m&#233;contentement que provoque sa politique &#171; de relance &#187;. C'est bien l&#224; sa premi&#232;re qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Craig VINCENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_376 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH235/recycalge-d5553.png?1787888778' width='300' height='235' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> De l'Irak &#224; l'AfPak : r&#233;&#233;valuation des buts de guerre
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/De-l-Irak-a-l-AfPak-reevaluation-des-buts-de-guerre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/De-l-Irak-a-l-AfPak-reevaluation-des-buts-de-guerre</guid>
		<dc:date>2009-04-30T19:38:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>USA
</dc:subject>
		<dc:subject>Imp&#233;rialisme
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Irak
</dc:subject>
		<dc:subject>Barack Obama
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		<dc:subject>Afghanistan
</dc:subject>

		<description>Le vote de novembre 2008 a exprim&#233; un profond ras-le-bol &#224; l'encontre de Bush, son arrogance, ses mensonges et sa politique guerri&#232;re. D&#233;j&#224; en 2006 la population am&#233;ricaine avait &#233;lu une majorit&#233; d&#233;mocrate au congr&#232;s, en partie dans l'espoir d'arr&#234;ter la guerre en Irak. Lors des derni&#232;res primaires les candidats d&#233;mocrates Obama et Clinton avaient jou&#233; sur le sentiment anti-guerre, d&#233;clarant tous les deux qu'ils y mettraient fin s'ils &#233;taient &#233;lus. &lt;br /&gt;Ces changements de discours ont&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le vote de novembre 2008 a exprim&#233; un profond ras-le-bol &#224; l'encontre de Bush, son arrogance, ses mensonges et sa politique guerri&#232;re. D&#233;j&#224; en 2006 la population am&#233;ricaine avait &#233;lu une majorit&#233; d&#233;mocrate au congr&#232;s, en partie dans l'espoir d'arr&#234;ter la guerre en Irak. Lors des derni&#232;res primaires les candidats d&#233;mocrates Obama et Clinton avaient jou&#233; sur le sentiment anti-guerre, d&#233;clarant tous les deux qu'ils y mettraient fin s'ils &#233;taient &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces changements de discours ont pay&#233; &#233;lectoralement. Expriment-ils aussi la volont&#233;, de la part de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, d'infl&#233;chir sa politique afin de sortir du bourbier irakien ? Une nouvelle &#233;quipe gouvernementale peut &#234;tre une bonne occasion pour changer sans trop de ridicule. M&#234;me si inversement, une nouvelle t&#234;te permet aussi de continuer comme avant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il faut rappeler que ce qui n'&#233;tait que la future &#233;quipe Obama, avait adopt&#233; la politique de Bush. Obama lui-m&#234;me, quand il &#233;tait s&#233;nateur, avait vot&#233; les cr&#233;dits de guerre (des centaines de milliards de dollars) chaque fois que Bush le r&#233;clamait, tout comme une majorit&#233; de d&#233;mocrates, y compris Hillary Clinton et l'actuel vice-pr&#233;sident Joseph Biden. Ces deux derniers avaient m&#234;me vot&#233; pour la guerre en Irak en 2003&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Biden d&#233;clarait qu'elle serait &#171; une marche pour la paix et la s&#233;curit&#233; &#187; .&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Obama, lui, a certes les mains blanches de ce vote&#8230; car il n'&#233;tait pas s&#233;nateur &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Changements de ton&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Obama a certes fait un certain nombre de gestes symboliques depuis son entr&#233;e en fonction : promesse de fermer Guantanamo d'ici un an (m&#234;me si d'autres centres de d&#233;tention seront l&#224; pour prendre le relais), d&#233;clarations contre la torture&#8230; Le voyage au Proche-Orient de la nouvelle ministre des affaires &#233;trang&#232;res, Hillary Clinton, a &#233;t&#233; l'occasion d'affirmer une volont&#233; de dialogue avec des &#201;tats auparavant d&#233;nonc&#233;s comme terroristes, tel que la Syrie et l'Iran. Le sommet des Am&#233;riques de la fin avril a vu Obama afficher une attitude plus conciliante &#224; l'&#233;gard des leaders &#171; de gauche &#187; du sous-continent latino-am&#233;ricain, serrer la main de Chavez&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui lui a offert un exemplaire des &#171; Veines ouvertes de l'Am&#233;rique latine &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et m&#234;me reconna&#238;tre que la strat&#233;gie des USA &#224; l'&#233;gard de Cuba &lt;em&gt; &#171; n'avait pas march&#233; &#187; &lt;/em&gt;. Le ton n'est plus celui du &lt;em&gt; &#171; Avec nous ou contre nous &#187; &lt;/em&gt; de Bush. Les &#201;tats-Unis semblent vouloir montrer qu'ils cherchent &#224; asseoir leur position dominante sur plus de concertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on s'en r&#233;jouit peut-&#234;tre dans les ambassades, les populations, celles du Proche-Orient (mais aussi des &#201;tats-Unis) ont, elles, des raisons d'&#234;tre beaucoup plus prudentes. Obama ne remet pas en question le concept de &#171; guerre contre le terrorisme &#187; lanc&#233; par Bush&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il reprend d'ailleurs la tradition du d&#233;fi viril depuis les salons de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il a manifest&#233; ses intentions de la fa&#231;on la plus claire qui soit en autorisant, quelques jours &#224; peine apr&#232;s &#234;tre entr&#233; en fonction, le bombardement d'un village pakistanais &#224; la fronti&#232;re afghane&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le bilan est de 22 morts (dont au moins trois enfants).&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Et si la nouvelle administration se dit contre la guerre en Irak, elle propose en revanche de l'&#233;tendre en Afghanistan, voire &#224; l'&lt;em&gt; AfPak &lt;/em&gt;, la nouvelle r&#233;gion Afghanistan-Pakistan d&#233;sormais d&#233;finie comme une seule entit&#233; par les strat&#232;ges de Washington. Obama vient de demander au Congr&#232;s une rallonge, encore une &#8211; la dix-huiti&#232;me des guerres d'Irak et d'Afghanistan &#8211;, pour le troisi&#232;me trimestre 2009 du budget militaire. Le nouveau pr&#233;sident d&#233;mocrate porterait ainsi la d&#233;pense &#224; 150 milliards de dollars pour cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me en Irak les op&#233;rations militaires ne sont pas cens&#233;es s'arr&#234;ter imm&#233;diatement. Le rapatriement va se poursuivre pendant 18 mois, tr&#232;s lentement au d&#233;but (les 12 000 premiers soldats am&#233;ricains rentreront d'ici 6 mois, le gros des 142 000 ne partira pas avant la fin de l'ann&#233;e) et entre 35 000 et 50 000 soldats resteront jusqu'&#224; fin 2011. Ce qui suit &#224; peu pr&#232;s le calendrier &#233;tabli en novembre 2008 alors que Bush &#233;tait encore pr&#233;sident. Un Irak sans troupes am&#233;ricaines : pas pour tout de suite... Surtout, les troupes ainsi lib&#233;r&#233;es pourront aller renforcer le contingent en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_391 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L140xH241/g20_obama_sarkozy-76ee4.png?1787880469' width='140' height='241' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Quand la guerre se d&#233;place &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Car Obama l'a redit dans son discours du 27 mars dernier : le nouvel objectif afghan n'est que l'adaptation de la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; accus&#233; de prosp&#233;rer pr&#233;cis&#233;ment au pays des Talibans. Le nouveau pr&#233;sident compte donc commencer par envoyer 21 000 hommes suppl&#233;mentaires en Afghanistan pour doubler le nombre de soldats am&#233;ricains pr&#233;sents dans ce pays. Il s'agit d'intensifier la guerre qui a commenc&#233; &#224; d&#233;border au Pakistan : ainsi, malgr&#233; la baisse des effectifs en Irak, le nombre global de GIs mobilis&#233;s au Proche-Orient devrait encore augmenter pour la fin 2009. L'intensification afghane aurait comme mod&#232;le l'envoi des renforts ordonn&#233; par Bush en Irak au d&#233;but 2007.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Obama affirme d'ailleurs que cette intensification a &#233;t&#233; un succ&#232;s en Irak, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les renforts am&#233;ricains en Irak ont pourtant fait des dizaines de milliers de morts et des centaines de milliers d'exil&#233;s. Les habitants de Bagdad vivent dans des ghettos ethniquement purifi&#233;s. Et les millions d'Irakiens qui sont partis ne reviennent pas, preuve que le &#171; calme &#187; est encore tr&#232;s relatif. Le nouvel effort de guerre en Afghanistan va signifier de m&#234;me une aggravation des bombardements et des raids, arrestations et d&#233;tentions. La recette qui a si bien mont&#233; la population irakienne contre les &#201;tats-Unis, qui avait men&#233; &#224; une recrudescence de violence terroriste en Irak, va &#234;tre appliqu&#233;e en Afghanistan. Bref, la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; men&#233;e par les &#201;tats-Unis (et par les pays qu'ils entra&#238;nent dans cette guerre) va continuer &#224; cr&#233;er les terroristes de demain, pr&#233;cis&#233;ment en terrorisant la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la guerre que m&#232;ne Isra&#235;l contre les Palestiniens. Lors des attaques sur Gaza, Bush, encore pr&#233;sident, avait d&#233;clar&#233; qu'Isra&#235;l avait le droit de se d&#233;fendre contre les tirs de roquettes. Obama, interrog&#233;, avait bott&#233; en touche en arguant du fait que deux administrations ne peuvent envoyer diff&#233;rents signaux en m&#234;me temps dans une situation aussi volatile&#8230; Depuis, il a r&#233;p&#233;t&#233; &#224; son tour qu'Isra&#235;l avait &#171; le droit de se d&#233;fendre &#187;. Et il a garanti l'habituelle manne financi&#232;re et militaire des &#201;tats-Unis &#224; Isra&#235;l (plus de 2 milliards de dollars en seule aide militaire, tous les ans, depuis 2000). Certes Obama a fait quelques gestes symboliques. Son premier coup de fil diplomatique a &#233;t&#233; pour Mahmoud Abbas, le pr&#233;sident de l'autorit&#233; palestinienne, et l'ancien candidat d&#233;mocrate John Kerry a &#233;t&#233; d&#233;p&#234;ch&#233; &#224; Gaza pour&#8230; constater les d&#233;g&#226;ts apr&#232;s l'intense campagne de bombardements isra&#233;liens. Hillary Clinton a adopt&#233; un nouveau ton vis-&#224;-vis du Hamas (grand Satan terroriste sous Bush), &#233;voquant m&#234;me la possibilit&#233; d'un gouvernement d'union nationale palestinien dont il pourrait faire partie. Mais le r&#244;le jou&#233; par Isra&#235;l dans la r&#233;gion est tellement strat&#233;gique qu'il est hors de question qu'Obama laisse tomber ce pion occidental. Et m&#234;me les changements symboliques ont d&#233;j&#224; montr&#233; leurs limites, comme les revirements dans le choix des diplomates am&#233;ricains charg&#233;s de la question palestinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est certes pas impossible que la pr&#233;sidence Obama pr&#233;pare un certain changement de pied apr&#232;s des ann&#233;es de politique &#233;trang&#232;re d'affrontement brutal de Bush. Apr&#232;s tout, la strat&#233;gie des &#171; n&#233;ocons &#187; a cruellement montr&#233; ses limites en Irak, et Bush lui-m&#234;me avait fini par annoncer qu'il fallait lever le pied. Mais les signaux envoy&#233;s aujourd'hui ne semblent pas confirmer cette hypoth&#232;se &#8211; tout au plus que le nouveau pr&#233;sident prend pragmatiquement acte de la demi-d&#233;faite irakienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Michel CORDOBA &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_383 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L500xH235/navire-a8b2c.png?1787880469' width='500' height='235' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Biden d&#233;clarait qu'elle serait &lt;em&gt; &#171; une marche pour la paix et la s&#233;curit&#233; &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Qui lui a offert un exemplaire des &lt;em&gt;&#171; Veines ouvertes de l'Am&#233;rique latine &#187;&lt;/em&gt;, le classique anti-imp&#233;rialiste d'Eduardo Galeano !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il reprend d'ailleurs la tradition du d&#233;fi viril depuis les salons de la Maison blanche, avec des d&#233;clarations comme : &lt;em&gt; &#171; Sachez ceci : notre r&#233;solution est plus forte et ne peut &#234;tre bris&#233;e, vous ne pourrez pas nous survivre, et nous vous vaincrons &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le bilan est de 22 morts (dont au moins trois enfants).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Obama affirme d'ailleurs que cette intensification a &#233;t&#233; un succ&#232;s en Irak, o&#249; la situation se serait calm&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Plans d'urgence pour Wall Street
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Barack Obama
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		<description>La campagne d'Obama a &#233;t&#233; l'une des plus ch&#232;res de l'histoire am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; de puissants soutiens priv&#233;s. Si ce fait &#224; lui seul n'explique &#233;videmment pas la victoire, il montre au moins que cette &#233;lection est aussi le projet d'une partie du plus puissant &#171; big business &#187; du monde : dans les circonstances exceptionnelles de la crise, un homme nouveau est un atout pour les classes dominantes &#233;tats-uniennes. Les colossaux plans de sauvetage mis sur pied par Obama, bien sup&#233;rieurs&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-USA-+" rel="tag"&gt;USA
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Barack-Obama-+" rel="tag"&gt;Barack Obama
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La campagne d'Obama a &#233;t&#233; l'une des plus ch&#232;res de l'histoire am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; de puissants soutiens priv&#233;s&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme celui de Warren Buffet, premi&#232;re fortune mondiale en mars 2008 et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Si ce fait &#224; lui seul n'explique &#233;videmment pas la victoire, il montre au moins que cette &#233;lection est aussi le projet d'une partie du plus puissant &#171; big business &#187; du monde : dans les circonstances exceptionnelles de la crise, un homme nouveau est un atout pour les classes dominantes &#233;tats-uniennes. Les colossaux plans de sauvetage mis sur pied par Obama, bien sup&#233;rieurs &#224; leurs &#233;quivalents europ&#233;ens, montrent qu'elles n'ont pour l'heure qu'&#224; se f&#233;liciter de leur choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore que pour la politique &#233;trang&#232;re, l'action &#233;conomique d'Obama s'inscrit dans la continuit&#233; de celle de George W. Bush. D&#232;s septembre 2008, les g&#233;ants de la banque et de l'assurance Fannie &amp; Freddie Mae et AIG b&#233;n&#233;ficiaient d'une aide de 350 milliards de dollars. Puis les banques touchaient une enveloppe globale de 700 milliards, suivies d'une autre de 800 milliards&#8230; Le montant global des aides vers&#233;es ou promises est aujourd'hui estim&#233; &#224; 8 500 milliards de dollars. Des sommes fantastiques justifi&#233;es par le &lt;em&gt; Too big to fail &lt;/em&gt;, l'adage &#171; trop gros pour tomber &#187;. Mais la seule certitude est que la population ne verra rien de ces sommes, alors que les banques en profitent pour se racheter entre elles, voire payer les primes et salaires ind&#233;cents de ceux-l&#224; m&#234;mes qui ont provoqu&#233; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Des milliards pour les entreprises&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'administration Obama a pr&#233;sent&#233;, en plus des plans de sauvetages bancaires, un &lt;em&gt; stimulus plan &lt;/em&gt; (plan de relance). Ce New Deal est estim&#233; &#224; 900 milliards de dollars, pour l'essentiel consacr&#233; aux entreprises, apr&#232;s pr&#233;l&#232;vement d'une petite d&#238;me sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Obama pr&#233;tend que quatre millions d'emplois pourraient &#234;tre &#171; cr&#233;&#233;s ou sauv&#233;s &#187; gr&#226;ce &#224; son plan. Mieux que rien &#233;videm&#173;ment ; mais dans les deux ans &#224; venir ce sont six millions de personnes qui vont arriver sur le march&#233; du travail qui compte d&#233;j&#224; douze millions de ch&#244;meurs (chiffre &#233;videmment provisoire). Les quatre millions d'emplois promis seront vite d&#233;risoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan de relance promet &#233;galement 140 milliards pour l'Education, &#224; r&#233;partir entre la r&#233;novation et la construction d'&#233;coles et l'augmentation des d&#233;penses p&#233;dagogiques. C'est une inversion de la tendance des derni&#232;res d&#233;cennies &#8211; de la part d'un pr&#233;sident par ailleurs soutien fervent d'une &#233;ducation privatis&#233;e. Mais les besoins r&#233;els sont l&#224; encore d'un autre format : selon diff&#233;rentes associations, les fonds n&#233;cessaires &#224; une remise en &#233;tat correcte des &#233;coles se situeraient entre 400 et 500 milliards de dollars. Les 140 milliards ne pourront pas grand-chose contre les licenciements annonc&#233;s de nombreux profs ou les fermetures d'&#233;coles, pas plus qu'ils ne rendront l'universit&#233; accessible &#224; la majorit&#233; de la population, dans un pays o&#249; les droits d'inscription sont r&#233;dhibitoires, m&#234;me dans les universit&#233;s publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan pr&#233;voit pr&#232;s de 160 milliards pour la S&#233;curit&#233; sociale, dont 87 milliards pour le syst&#232;me Medicaid, qui aide les plus pauvres et les personnes &#226;g&#233;es &#224; se procurer une assurance sant&#233; (un syst&#232;me lui-m&#234;me particuli&#232;rement mal portant). Pas de quoi soulager le sort des millions de personnes qui en sont exclues (de l'ordre de 10 % de la population), ni rendre les milliards supprim&#233;s les derni&#232;res ann&#233;es. Restent 70 milliards affect&#233;s aux assurances ch&#244;mage, afin de prolonger de sept mois les allocations, et d'aider les personnes licenci&#233;es &#224; garder les assurances sant&#233; qui ne seront plus prises en charge par les employeurs. Mais aujourd'hui, seuls 30 % des ch&#244;meurs touchent des allocations et le plan Obama ne changera rien &#224; cela : c'est de 80 &#224; 100 milliards suppl&#233;mentaires qu'il faudrait pour couvrir les ch&#244;meurs qui ne le sont pas. Et qu'est-il cens&#233; se passer apr&#232;s les sept mois de rallonge ? Le plan n'a quand m&#234;me pas la pr&#233;tention de r&#233;soudre la crise d'ici l&#224;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trente milliards sont allou&#233;s &#224; l'entretien des autoroutes et des ponts. L'American Society of Civil Engineers (Association am&#233;ricaine de g&#233;nie civil) estime qu'il en faudrait 50 fois plus pour remettre en &#233;tat sur cinq ans les infrastructures de base de la premi&#232;re puissance du monde. 80 milliards sont promis en aide d'urgence aux d&#233;ficits budg&#233;taires des &#201;tats. L&#224; aussi une inversion de tendance &#8211; mais les d&#233;ficits cumul&#233;s s'&#233;l&#232;vent &#224; 150 milliards (la Californie &#224; elle seule doit 42 milliards).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin 150 milliards sont pr&#233;vus sur dix ans pour le d&#233;veloppement des &#171; &#233;nergies alternatives &#187;. Une aubaine pour les entreprises priv&#233;es du secteur, m&#234;me si l'int&#233;r&#234;t &#233;cologique d'un certain nombre de ces alternatives &#8211; parmi lesquels le charbon et le gaz naturel &#8211; est plus que douteux, voire nul en ce qui concerne l'&#233;mission de gaz &#224; effets de serre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#8230; quelques miettes pour les travailleurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trois cents milliards sont consacr&#233;s aux baisses d'imp&#244;ts. Les travailleurs toucheront une prime sp&#233;ciale, de l'ordre de 400 dollars par personne, vers&#233;e par tranches de 20 dollars par semaine sur cinq mois. Les entreprises, elles, auront 50 milliards en baisse d'imp&#244;ts. 3 000 dollars seront enfin allou&#233;s aux employeurs pour chaque emploi cr&#233;&#233;, ind&#233;pendamment du salaire vers&#233; ou de la dur&#233;e du contrat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan de relance permettra probablement d'offrir un soulagement &#224; la fraction des travailleurs concern&#233;s, mais sans commune mesure avec ce qui serait n&#233;cessaire. Ce n'est &#233;videmment pas faute de moyens, quand le montant total des sommes annonc&#233;es approche les 10 000 milliards de dollars&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le choix politique est absolument clair : il faut sauver le &#171; big business &#187;. Obama a d'ailleurs ouvertement dit les choses le 29 janvier, lorsqu'il s'est lanc&#233; dans une critique des grands cadres des banques et leurs bonus ind&#233;cents en pleine temp&#234;te de licenciements. Un peu de morale sur ces r&#233;mun&#233;rations &#171; honteuses &#187;, pour expliquer enfin : &lt;em&gt; &#171; l'heure viendra de faire des profits, et de toucher des dividendes. Mais on n'en est pas encore l&#224; &#187; &lt;/em&gt;. L'heure pr&#233;sente est celle des secours d'urgence pour stabiliser la situation &#233;conomique, afin que les capitalistes puissent retrouver au plus vite bonus et superprofits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. V.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_378 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH276/obama1-11b3e.png?1787888778' width='400' height='276' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Comme celui de Warren Buffet, premi&#232;re fortune mondiale en mars 2008 et auteur de la phrase &lt;em&gt; &#171; Il y bien une guerre des classes en Am&#233;rique, et c'est ma classe qui est en train de gagner &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Les bureaucraties syndicales, bons soutiers des D&#233;mocrates
</title>
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		<dc:subject>USA
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Syndicats
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		<dc:subject>Barack Obama
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		<description>C'est sans doute dans le monde du travail que l'&#233;lection de Barack Obama a &#233;t&#233; port&#233;e par le plus d'espoirs et de ferveur. Joli tour de force de la vieille machine d&#233;mocrate am&#233;ricaine : alors qu'on pouvait la croire aussi rouill&#233;e que les machines &#224; voter du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle qu'on peut encore voir en Louisiane, elle a r&#233;ussi &#224; transformer le candidat d'un parti rompu &#224; la gestion des affaires de la plus puissante bourgeoisie du monde en candidat des exploit&#233;s. &#192; moins que&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est sans doute dans le monde du travail que l'&#233;lection de Barack Obama a &#233;t&#233; port&#233;e par le plus d'espoirs et de ferveur. Joli tour de force de la vieille machine d&#233;mocrate am&#233;ricaine : alors qu'on pouvait la croire aussi rouill&#233;e que les machines &#224; voter du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle qu'on peut encore voir en Louisiane, elle a r&#233;ussi &#224; transformer le candidat d'un parti rompu &#224; la gestion des affaires de la plus puissante bourgeoisie du monde en candidat des exploit&#233;s. &#192; moins que l'exploit exprime surtout la p&#233;nurie politique am&#233;ricaine, o&#249; la classe ouvri&#232;re n'a aucune organisation susceptible de d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne Obama a b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien sans faille des syndicats, l'AFL-CIO et sa scission de 2005, la coalition &lt;em&gt; &#171; Change to win &#187; &lt;/em&gt; (&#171; Le changement, pour gagner &#187;). Cette alliance syndicats-Parti d&#233;mocrate remonte aux ann&#233;es 1930 : depuis Roosevelt, les leaders syndicaux ont toujours pr&#233;tendu trouver chez les D&#233;mocrates les politiciens les plus &#171; favorables au Travail &#187;. La collaboration a cependant rarement &#233;t&#233; aussi pouss&#233;e que lors des &#233;lections de 2008, au sortir de huit ann&#233;es d'une administration Bush cyniquement anti-ouvri&#232;re.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est plus g&#233;n&#233;ralement &#224; l'union sacr&#233;e syndicat-patronat-administration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Avec les compliments de Warren Buffet et des m&#233;tallos&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est une habitude des syndicats am&#233;ricains d'arroser syst&#233;matiquement les politiciens lors des &#233;lections. Celles de 2008 ont vu 56 millions de dollars passer des caisses syndicales &#224; celles du Parti d&#233;mocrate. Obama a pu ainsi b&#233;n&#233;ficier, &#224; c&#244;t&#233; des cadeaux de ses amis milliardaires &#224; la Warren Buffet, d'un certain nombre de cotisations de travailleurs... Le soutien est surtout politique : les syndicats incitent leurs membres &#224; voter pour les candidats officiels. T&#233;l&#233;phone, mail, courrier ou discours, tout l'appareil est mobilis&#233;, de l'union locale au niveau national. L'activisme de l'UAW a ainsi &#233;t&#233; un ingr&#233;dient essentiel de la victoire d'Obama dans des &#201;tats de l'automobile comme le Michigan ou l'Ohio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'une part importante de la classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine soit noire a &#233;videmment facilit&#233; le soutien &#224; Obama &#8211; m&#234;me si localement les pr&#233;jug&#233;s racistes des travailleurs blancs ont pu jouer de fa&#231;on oppos&#233;e. Mais d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les syndicats ont apport&#233; leur soutien de fa&#231;on tr&#232;s acritique au mieux plac&#233; des candidats d&#233;mocrates. Lors des primaires, c'est d'abord Hillary Clinton qui a eu les faveurs de la majorit&#233; des chefs syndicaux. Le syndicat des camionneurs (Teamsters Unions), membre de la coalition &lt;em&gt; &#171; Change to Win &#187; &lt;/em&gt;, fut le premier &#224; soutenir Obama, en f&#233;vrier 2008. C'est seulement apr&#232;s que le vent eut tourn&#233; dans les sondages que la majorit&#233; des directions syndicales se d&#233;cida &#224; laisser tomber Clinton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis son &#233;lection, Obama a fait quelques renvois d'ascenseur pour consolider l'union sacr&#233;e. Il a soutenu le &lt;em&gt; Lilly Ledbetter Fair Pay Act &lt;/em&gt;, une loi contournant une d&#233;cision de la Cour supr&#234;me qui limitait &#224; 180 jours le d&#233;lai accord&#233; aux travailleurs pour se retourner contre leur employeur en cas de discrimination sexuelle. Il soutient aussi &lt;em&gt; l'Employee Free Choice Act &lt;/em&gt; : ce projet de loi, auquel il avait particip&#233; comme s&#233;nateur, devrait permettre de faciliter la syndicalisation et les &#233;lections professionnelles. Un coup de pouce aux hi&#233;rarchies syndicales surtout, puisqu'il cr&#233;e un cadre juridique permettant l'affiliation passive des salari&#233;s, en l'absence de toute structure militante r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;De la cuisine et des luttes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la petite et grande cuisine des bureaucraties syndicales et leurs compromissions avec l'appareil d&#233;mocrate, il reste &#233;videmment des militants de base, organis&#233;s ou non dans les syndicats, susceptibles de mener des luttes sur les lieux de travail. L'automne dernier, alors que la Republic Windows and Doors Company de Chicago (portes et fen&#234;tres) annon&#231;ait son d&#233;p&#244;t de bilan, 240 salari&#233;s furent menac&#233;s de licenciement sans paiement des derniers salaires. Le 5 d&#233;cembre, les travailleurs occup&#232;rent l'usine. L'occupation fut organis&#233;e avec le soutien de militants de United Electrical Workers, un syndicat ayant une tradition radicale. Cette lutte eut un petit &#233;cho national et Obama se fendit de quelques mots de soutien, apr&#232;s quoi les patrons se d&#233;p&#234;ch&#232;rent de d&#233;bloquer un pr&#234;t pour payer les travailleurs et r&#233;gler l'affaire. Six jours apr&#232;s le d&#233;but de l'occupation, les travailleurs obtenaient leurs arri&#233;r&#233;s, avec deux mois d'assurance maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 janvier, des milliers de profs d&#233;filaient &#224; Los Angeles pour protester contre l'annonce de licenciement de 2 300 des leurs, au pr&#233;texte d'un d&#233;ficit de 500 millions de dollars de leur circonscription scolaire. Les manifestants d&#233;fil&#232;rent derri&#232;re une banderole constatant : &lt;em&gt; &#171; Nouveau gouvernement, m&#234;me vieille politique&#8230; Sans changement, pas d'espoir &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi isol&#233;s soient-ils, des mouvements comme celui des profs ou la gr&#232;ve de Chicago montrent pourtant que, m&#234;me lorsque les syndicats se r&#233;duisent &#224; de purs appareils gestionnaires des &#171; int&#233;r&#234;ts des travailleurs &#187;, il peut exister en leur sein des militants pour organiser la lutte. C'est qu'&#224; un moment ou &#224; un autre, les travailleurs peuvent prendre conscience de leurs int&#233;r&#234;ts de classe et reprendre la lutte sur cette base. Alors que la violence de la crise pourrait rapidement dissiper les illusions en Obama, rien d'impossible &#224; ce que de tels exemples finissent par convaincre &#224; une &#233;chelle autrement plus large. C'est alors que l'extr&#234;me gauche, aussi faible soit-elle aujourd'hui (aucun groupe d'un poids significatif, ni d'extr&#234;me gauche, ni m&#234;me de gauche n'est pr&#233;sent dans le monde du travail, sans parler de lui proposer une politique ind&#233;pendante), aurait un r&#244;le &#224; jouer&#8230; &#192; condition de se d&#233;pouiller de tout suivisme vis-&#224;-vis des bureaucraties syndicales comme des d&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Victor FRANKS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_382 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH161/travailleurs-21a1e.png?1787888778' width='300' height='161' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est plus g&#233;n&#233;ralement &#224; l'union sacr&#233;e syndicat-patronat-administration pr&#233;sidentielle qu'on assiste, comme lorsque Ron Gettlefinger, secr&#233;taire de l'UAW (&#171; United Auto workers &#187;, syndicat des travailleurs de l'automobile), s'est joint aux patrons des trois plus grandes marques automobiles lors de leur visite &#224; Washington pour aller demander 25 milliards de dollars afin d'&lt;em&gt; &#171; emp&#234;cher la faillite des constructeurs automobiles et les terribles cons&#233;quences que cela entra&#238;nerait &#187; &lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La gueule de bois de Martin Luther King
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		<dc:date>2009-04-30T19:38:42Z</dc:date>
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		<dc:subject>Racisme
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		<dc:subject>USA
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Barack Obama
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		<description>La victoire d'Obama a pu &#234;tre pr&#233;sent&#233;e comme la r&#233;alisation du &#171; r&#234;ve &#187; de Martin Luther King. De fait, qu'un Noir acc&#232;de &#224; la pr&#233;sidence de la premi&#232;re puissance du monde est plus qu'un symbole, un sympt&#244;me : quelque chose a chang&#233;. Pour autant, cette &#233;lection est loin de signifier que le foss&#233; entre les Noirs et le reste de la soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; combl&#233;. &lt;br /&gt;Depuis l'&#233;poque de Martin Luther King, la communaut&#233; noire am&#233;ricaine s'est accrue : 18,9 millions soit 10,5 % de la population en&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Obama-president-l-oncle-Sam-change-de-look-mais-pas-de-cibles-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Obama pr&#233;sident, l'oncle Sam change de look... mais pas de cibles
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Racisme-+" rel="tag"&gt;Racisme
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Barack-Obama-+" rel="tag"&gt;Barack Obama
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La victoire d'Obama a pu &#234;tre pr&#233;sent&#233;e comme la r&#233;alisation du &#171; r&#234;ve &#187; de Martin Luther King. De fait, qu'un Noir acc&#232;de &#224; la pr&#233;sidence de la premi&#232;re puissance du monde est plus qu'un symbole, un sympt&#244;me : quelque chose a chang&#233;. Pour autant, cette &#233;lection est loin de signifier que le foss&#233; entre les Noirs et le reste de la soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; combl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'&#233;poque de Martin Luther King, la communaut&#233; noire am&#233;ricaine s'est accrue : 18,9 millions soit 10,5 % de la population en 1960, 39 millions soit 12,85 % des 304 millions d'habitants en 2008. Tr&#232;s concentr&#233;s dans certaines parties du pays (54,8 % habitent les &#201;tats du Sud, 88 % vivent dans des zones urbaines), les Noirs sont moins cantonn&#233;s qu'il y a cinquante ans dans des quartiers sp&#233;cifiques, surtout dans les grandes villes de l'Ouest et du Sud. Mais les centres urbains du Middle West et du Nord-Est regroupent toujours les ch&#244;meurs et les m&#232;res seules avec enfants (en 2000, 48 % du total des m&#233;nages noirs sont des femmes c&#233;libataires, qui survivent souvent sans pension alimentaire). Les services publics y sont encore plus absents qu'ailleurs : manque de transports en commun, moins d'&#233;coles et d'h&#244;pitaux, aides au logement inadapt&#233;es...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Afro-am&#233;ricains sont les premi&#232;res victimes de probl&#232;mes sanitaires : 52 % des s&#233;ropositifs am&#233;ricains ; taux de mortalit&#233; infantile 80 % plus &#233;lev&#233; que la moyenne nationale et similaire &#224; celui de certains pays du tiers monde. 21 % des Noirs n'ont pas d'assurance sant&#233; (13 % pour les Blancs), et l'esp&#233;rance de vie est de 5 ans inf&#233;rieure &#224; celle des Blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1998, 14,7 % des Noirs et 25 % des Blancs avaient fait 4 ann&#233;es ou plus d'&#233;tudes sup&#233;rieures. Les Noirs sont peu pr&#233;sents chez les avocats (3,3 %), ing&#233;nieurs (3,7 %), m&#233;decins (4,2 %) et l'enseignement sup&#233;rieur (5 %). Ils sont surrepr&#233;sent&#233;s en revanche dans l'arm&#233;e am&#233;ricaine (22 %, pr&#232;s du double de leur proportion dans la population) qui repr&#233;sente pour eux une v&#233;ritable &#233;chappatoire au ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois contre la s&#233;gr&#233;gation obtenues par les luttes des ann&#233;es 1950 et 1960 et l'&#233;l&#233;vation globale du niveau de vie ont permis une am&#233;lioration progressive du sort des Noirs : alors que 90 % vivaient en dessous du seuil de pauvret&#233; avant la Seconde guerre mondiale, ils auraient &#233;t&#233; 24 % en 2005 (m&#234;me si ce &#171; seuil &#187; change n&#233;cessairement de signification sur un demi-si&#232;cle). Mais les in&#233;galit&#233;s demeurent : &#224; la m&#234;me date, ce sont 8 % des Blancs et 22 % des Latinos qui se seraient trouv&#233;s dans le m&#234;me cas. Le revenu m&#233;dian moyen des m&#233;nages noirs &#233;tait encore de 67 % seulement de celui des Blancs en 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Noirs sont particuli&#232;rement victimes des exactions polici&#232;res&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un rapport minist&#233;riel indique par exemple qu'entre 1994 et 1997, la moiti&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et les comportements racistes des forces de l'ordre sont fr&#233;quemment couverts par la Justice.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce fut par exemple le cas c&#233;l&#232;bre d'un jeune Noir non arm&#233;, assassin&#233; en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Il y a aujourd'hui en prison un homme emprisonn&#233; pour 106 adultes am&#233;ricains blancs, un pour 36 adultes hispaniques, et un Noir pour 15. En 2005, 42 % des prisonniers pourrissant dans les couloirs de la mort &#233;taient noirs&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et critiqu&#233; pour ses effets pervers : dans ces &#233;coles &#224; pr&#233;dominance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;s&#233;gr&#233;gation a paradoxalement eu &#224; certains endroits des cons&#233;quences n&#233;fastes dans les ghettos. La petite bourgeoisie noire les a quitt&#233;s avec ses boutiques, ses emplois et ses services, ne laissant derri&#232;re elle que des concentr&#233;s de probl&#232;mes sociaux : m&#232;res c&#233;libataires pauvres, drogue, guerre des gangs (aux USA les victimes des homicides sont &#224; 49 % des Noirs), ch&#244;mage massif.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_384 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L300xH305/chaise-51e73.png?1787888778' width='300' height='305' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Un bilan de l'Affirmative Action&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1960, soucieuse de diminuer les tensions sociales et raciales qui d&#233;stabilisaient le pays, les administrations Kennedy et Johnson ont mis en place une politique &lt;em&gt; d'Affirmative action &lt;/em&gt; (discrimination positive). Celle-ci a jou&#233; un r&#244;le essentiel dans le d&#233;veloppement de la petite bourgeoisie noire en ouvrant l'acc&#232;s aux universit&#233;s et aux postes qualifi&#233;s, ou encore par les passations de contrat publics avec des soci&#233;t&#233;s d'entrepreneurs noirs. Le &lt;em&gt; busing &lt;/em&gt; fut mis en place, un syst&#232;me d'inscription scolaire des &#233;l&#232;ves noirs hors de leurs quartiers pour qu'ils se m&#233;langent dans de meilleurs &#233;coles auparavant quasi-exclusivement compos&#233; de Blancs (des bus pay&#233;s par les pouvoirs publics les y amenaient quotidiennement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces politiques de discrimination positive furent progressivement d&#233;laiss&#233;es &#224; partir des ann&#233;es 1980, notamment sous la pr&#233;sidence Clinton (plusieurs &#201;tats dont la Californie et la Floride ont interrompu leurs programmes de discrimination positive ces 15 derni&#232;res ann&#233;es), ce qui a contribu&#233; &#224; un retour en arri&#232;re : l'universit&#233; de Berkeley, par exemple, y a mis fin : le nombre de ses &#233;tudiants issus des minorit&#233;s a chut&#233; de 55 %. Ceci est all&#233; de pair avec la baisse des aides sociales dont les Noirs et Hispaniques b&#233;n&#233;ficient prioritairement. Le &#171; busing &#187; fut aussi d&#233;laiss&#233;3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La haine raciale a-t-elle diminu&#233; ? Beaucoup de pr&#233;jug&#233;s subsistent. Blancs et Noirs se fr&#233;quentent plus qu'avant, notamment sur les lieux de travail, mais ne se m&#233;langent pas beaucoup, chacun habitant souvent dans des quartiers diff&#233;rents. L'abolition par la Cour supr&#234;me des lois prohibant les mariages interraciaux dans les 16 derniers &#201;tats ne date que de 1967. Aujourd'hui encore, les mariages mixtes sont rares et suscitent de fortes r&#233;probations (2 % environ des femmes noires am&#233;ricaines mari&#233;es le sont avec un Blanc ou un Latino). Le mariage multiracial reste un des forts tabous de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Bouleversements d&#233;mographiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Blancs repr&#233;sentent aujourd'hui 67 % de la population am&#233;ricaine. Mais du fait de l'immigration et des dynamiques d&#233;mographiques, ils ne devraient plus &#234;tre que 47 % en 2050. Les USA seront alors &lt;em&gt; &#171; un pays de minorit&#233;s &#187; &lt;/em&gt;. La proportion de Noirs devrait rester stable autour de 13 %, les Hispaniques passer de 14 % &#224; 29 % et les Asiatiques de 5 % &#224; 9 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces changements d&#233;mographiques bousculent aussi les r&#244;les politiques et sociaux. De nouveaux probl&#232;mes ont apparus avec l'arriv&#233;e massive de Latinos (la minorit&#233; hispanique d&#233;passe en nombre les Noirs depuis 2005). Certains Noirs pauvres se sentent en concurrence pour les emplois peu qualifi&#233;s avec les Asiatiques ou Hispaniques, qui bouleversent la pr&#233;dominance noire dans certains quartiers pauvres ou villes, diluant aussi le poids politique des Noirs aux &#233;lections. La m&#233;fiance des Noirs peut grandir face &#224; une communaut&#233; qui op&#232;re mieux et plus rapidement son int&#233;gration &#8211; surtout lorsque ce sentiment est instrumentalis&#233;e par des courants nationalistes&#8230; Selon le magazine &lt;em&gt; l'Expansion &lt;/em&gt;, le nombre d'entreprises noires est de 1,2 millions pour un revenu d&#233;gag&#233; de 89 milliards de dollars, alors que les 1,6 millions d'entreprises Latinos d&#233;gagent 222 milliards. Il faut pourtant souligner que ces chiffres bruts, parfois utilis&#233;s par les Noirs eux-m&#234;mes pour conforter leur pr&#233;jug&#233; selon lequel &lt;em&gt; &#171; les autres communaut&#233;s sont favoris&#233;es &#187; &lt;/em&gt;, occulte compl&#232;tement la diff&#233;rence des histoires : les immigrations latinos ou asiatiques ont drain&#233; avec elles une partie de leurs &#233;lites, y compris bourgeoises, ce qui n'a &#233;videmment pas &#233;t&#233; le cas pour les Noirs, au moins jusqu'&#224; un pass&#233; tr&#232;s r&#233;cent&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me si Obama lui-m&#234;me, dont le p&#232;re &#233;tait un Kenyan venu aux USA faire de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution de l'&#233;quilibre ethnique des USA offrirait pourtant la possibilit&#233; d'une alliance des Noirs avec les Hispaniques pour conqu&#233;rir l'&#233;galit&#233; politique et sociale &#8211; une alliance qui pourrait d'autant plus s'ouvrir aux travailleurs blancs que tous sont maintenant touch&#233;s par la crise. M&#234;me si celle-ci a d'abord frapp&#233; les minorit&#233;s : officiellement, le ch&#244;mage a cr&#251; de 0,4 % entre d&#233;cembre 2008 et janvier 2009, pour atteindre 7,6 % de la population active, mais ce taux a augment&#233; de 0,5 % chez les Hispaniques pour atteindre 9,7 % ; et de 0,7 % pour atteindre 12,6 % chez les Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les nouvelles &#233;lites noires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les puissantes luttes du Mouvement des droits civiques, dans les ann&#233;es 1950-60 ont durablement impos&#233; certains droits politiques des Noirs. Certaines &#233;lites noires ont vu s'ouvrir des possibilit&#233;s de carri&#232;res politiques de plus en plus s&#233;rieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de Noirs demeurent certes &#224; l'&#233;cart du syst&#232;me &#233;lectoral. Privation de droit de vote &#224; cause de leurs s&#233;jours en prison, marginalisation sociale... toutes ces raisons expliquent leurs taux d'abstention record&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le scandale des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2000 en Floride a clairement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pourtant, depuis 1965, ils ne sont plus soumis aux restrictions de leur droit de vote (test scolaire et taxe dans certains &#201;tats qui en &#233;cartaient beaucoup), et un nouveau d&#233;coupage &#233;lectoral a &#233;t&#233; mis en &#339;uvre pour accro&#238;tre le nombre d'&#233;lus noirs (ou hispaniques). Alors qu'en 1970 il y avait 10 Noirs au congr&#232;s, ils &#233;taient 41 en 1995. Ils sont pass&#233;s sur la m&#234;me p&#233;riode de 170 &#224; 604 dans les assembl&#233;es l&#233;gislatives f&#233;d&#233;rales de diff&#233;rents &#201;tats. Le premier gouverneur noir d'un &#201;tat fut &#233;lu en 1990, et en 1992 le premier s&#233;nateur noir (et m&#234;me, une s&#233;natrice !). Il n'y avait en 1964 que 104 &#233;lus noirs dont aucun maire ; ils &#233;taient 9 000 en 1997. De grandes villes &#224; forte communaut&#233; noire comme Gary (1968), D&#233;troit (1973), Washington (1974), Atlanta (1974), Oakland (1978) eurent les premiers maires noirs, voire des villes o&#249; la communaut&#233; noire est faible (Seattle et Denver dans les ann&#233;es 1990). Des politiciens noirs ont commenc&#233; &#224; &#234;tre nomm&#233;s &#224; des postes importants de l'administration dans les ann&#233;es 1970. Parmi les ascensions les plus spectaculaires, celle du conservateur Colin Powell, chef d'&#233;tat-major des arm&#233;es en 1989, puis premier secr&#233;taire d'&#201;tat noir (aux affaires &#233;trang&#232;res) en 2000, ainsi que celle de Condoleezza Rice qui lui succ&#233;da au m&#234;me poste sous Bush en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mont&#233;e en puissance des politiciens noirs s'est faite parall&#232;lement &#224; l'av&#232;nement d'une v&#233;ritable bourgeoisie noire. On y retrouve, dans un r&#244;le traditionnel, des vedettes du sport ou du spectacle. Mais la bourgeoisie noire n'est plus d&#233;sormais cantonn&#233;e au monde de l'&lt;em&gt; entertainment &lt;/em&gt; &#8211; comme l'illustre l'exemple du magnat milliardaire des m&#233;dias Robert L. Johnson, lequel a commenc&#233; &#224; s'enrichir en fondant des cha&#238;nes c&#226;bl&#233;es sp&#233;cifiques pour la communaut&#233; noire. Michelle Obama est elle-m&#234;me un symbole des nouvelles &#233;lites noires. Issue du ghetto du South Side &#224; Chicago, elle a b&#233;n&#233;fici&#233; &#8211; comme son mari d'ailleurs &#8211; des lois de la d&#233;s&#233;gr&#233;gation pour gravir les &#233;chelons : universit&#233; de Harvard, formation d'avocate, puis vice-pr&#233;sidence des affaires externes de la tr&#232;s riche Universit&#233; de m&#233;decine de Chicago, avec un salaire annuel de 300 000 dollars en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire d'Obama marque finalement une &#233;tape importante du processus qui a vu l'affirmation de cette &#233;lite noire, qui s'est battue pour se faire accepter et a fini par gagner une certaine place dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise am&#233;ricaine. Ce qui est un progr&#232;s incontestable. Tout en laissant b&#233;ants les probl&#232;mes sociaux, mais aussi et encore raciaux, dont la solution est bien au-dessus des moyens d'une soci&#233;t&#233; capitaliste cong&#233;nitalement in&#233;galitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Hersh RAY&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_380 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L450xH226/bonpres-3a434.png?1787888778' width='450' height='226' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un rapport minist&#233;riel indique par exemple qu'entre 1994 et 1997, la moiti&#233; des conducteurs contr&#244;l&#233;s sur l'autoroute qui traverse l'&#201;tat du New Jersey sont des Noirs et des Hispaniques. Sur certains secteurs, les Noirs repr&#233;sentent 90 % des contr&#244;l&#233;s. &lt;em&gt; Too brown to drive &lt;/em&gt;, dit la blague afro-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce fut par exemple le cas c&#233;l&#232;bre d'un jeune Noir non arm&#233;, assassin&#233; en 1999 de 41 balles par la police du Bronx pour avoir voulu sortir son portefeuille de sa poche lors d'un contr&#244;le, et dont les assassins en uniforme furent acquitt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Et critiqu&#233; pour ses effets pervers : dans ces &#233;coles &#224; pr&#233;dominance blanche, les enfants noirs se sentaient parfois mal &#224; l'aise et rejet&#233;s. Les Blancs retiraient leurs enfants des &#233;coles o&#249; les Noirs &#233;taient trop nombreux, et le busing contribua de fait &#224; inciter les blancs &#224; quitter les centre villes pour aller s'installer dans des banlieues lointaines (dans les ann&#233;es 90 &#224; D&#233;troit il y avait 98 % d'&#233;l&#232;ves non blancs dans les &#233;coles, les &#233;l&#232;ves blancs allant en dehors de la ville). Globalement, dans les ann&#233;es 2000, le brassage scolaire aux USA reste encore tr&#232;s limit&#233; : 70 % des &#233;l&#232;ves Noirs sont dans des &#233;coles o&#249; les Blancs sont minoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;M&#234;me si Obama lui-m&#234;me, dont le p&#232;re &#233;tait un Kenyan venu aux USA faire de solides &#233;tudes et reparti ensuite poursuivre sa carri&#232;re politique en Afrique, est de fait issu de ces nouvelles immigrations noires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le scandale des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2000 en Floride a clairement montr&#233; la persistance d'une discrimination raciale. Des &#233;lecteurs des comt&#233;s ou quartiers noirs furent priv&#233;s du droit de vote car on exigeait des papiers administratifs inhabituels. Les bureaux manquaient, certains ferm&#232;rent trop t&#244;t, de nombreux &#233;lecteurs noirs ayant m&#234;me &#233;t&#233; radi&#233;s de mani&#232;re arbitraire. De plus, dans cet &#201;tat la loi privait 25 % des hommes noirs du droit de vote pour avoir eu affaire &#224; la justice (la plupart du temps pour des d&#233;lits mineurs). C'est cet mise &#224; l'&#233;cart du scrutin d'une partie de la communaut&#233; noire - qui vote environ &#224; 85 % pour les d&#233;mocrates - qui permit &#224; Bush de remporter cet &#201;tat-cl&#233;, donc les &#233;lections f&#233;d&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Le plan anticrise d'Obama : Yes we cash !
</title>
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		<dc:date>2009-03-07T10:13:08Z</dc:date>
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		<dc:subject>Barack Obama
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		<description>&#171; C'est le d&#233;but de la fin &#187;, a dit Obama le 17 f&#233;vrier, en signant son plan de relance &#224; 850 milliards de dollars (675 milliards d'euros). Son secr&#233;taire au tr&#233;sor, Tim Geithner, &#233;tait rest&#233; plus prudent le 10 f&#233;vrier en d&#233;voilant un nouveau plan de sauvetage de la finance de 2 000 milliards : celui-ci pourrait n&#233;cessiter des &#171; ressources suppl&#233;mentaires &#187; , avait-il indiqu&#233; aux s&#233;nateurs. Ajout&#233;e aux aides d&#233;j&#224; accord&#233;es dans le cadre du plan Paulson, l'addition monte pour&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;, 
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&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Crise-+" rel="tag"&gt;Crise
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; C'est le d&#233;but de la fin &#187;&lt;/em&gt;, a dit Obama le 17 f&#233;vrier, en signant son plan de relance &#224; 850 milliards de dollars (675 milliards d'euros). Son secr&#233;taire au tr&#233;sor, Tim Geithner, &#233;tait rest&#233; plus prudent le 10 f&#233;vrier en d&#233;voilant un nouveau plan de sauvetage de la finance de 2 000 milliards : celui-ci pourrait n&#233;cessiter des &lt;em&gt; &#171; ressources suppl&#233;mentaires &lt;/em&gt; &lt;em&gt; &#187; &lt;/em&gt;, avait-il indiqu&#233; aux s&#233;nateurs. Ajout&#233;e aux aides d&#233;j&#224; accord&#233;es dans le cadre du plan Paulson, l'addition monte pour l'instant &#224; pr&#232;s de 3 000 milliards de dollars, un cinqui&#232;me du PIB des USA.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Nouveau Pr&#233;sident, vieilles m&#233;thodes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Obama a pr&#233;sent&#233; son plan de relance comme un moyen de lutter contre le ch&#244;mage. L'&#233;conomie am&#233;ricaine a perdu 3,6 millions d'emploi en 2008, dont deux millions durant les quatre derniers mois. Mais il ne s'agit pas de stopper l'h&#233;morragie en interdisant les licenciements. Les aides au secteur automobile, &#224; Chrysler, Ford et General Motors, qui atteignent d&#233;j&#224; les vingt-cinq milliards, vers&#233;es sur les fonds du plan Paulson avec l'accord du nouveau Pr&#233;sident, ne sont assorties que de l'engagement d'un retour &#224; la &#171; &lt;em&gt; rentabilit&#233; financi&#232;re &lt;/em&gt; &#187;. Le gouvernement encourage toutes les mesures de &lt;em&gt; &#171; compression des co&#251;ts &#187; &lt;/em&gt; : donc les licenciements des int&#233;rimaires, plans sociaux, baisses de salaires et coupes sombres dans la protection sociale (qui est directement financ&#233;e par l'entreprise aux &#201;tats-Unis). Le syndicat de l'automobile UAW soutient ces plans et &#339;uvre aupr&#232;s des salari&#233;s pour justifier tous les sacrifices. C'est &#231;a l'avantage d'un pr&#233;sident se disant proche des travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Cr&#233;dits d'imp&#244;ts surtout pour les entreprises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Premier volet : des cr&#233;dits d'imp&#244;ts pour les particuliers. Mais comme l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral a revu &#224; la baisse les transferts de fonds qu'il envisage vers les &#201;tats au bord de la faillite comme la Californie, ceux-ci ne manqueront pas d'augmenter les imp&#244;ts locaux, frappant tous les foyers. &#192; l'inverse, pas question de revenir sur les baisses d'imp&#244;ts spectaculaires accord&#233;es par Bush aux plus riches (un &#171; bouclier fiscal &#187; &#224; l'am&#233;ricaine), alors que c'&#233;tait une promesse du candidat Obama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cr&#233;dits d'imp&#244;ts pour les entreprises sont bien plus spectaculaires : d&#233;ductions fiscales sur les plus-values, aide pour &#233;ponger les dettes, aide pour investir dans des &#233;quipements et, cerise sur le g&#226;teau, possibilit&#233; pour les entreprises faisant moins de quinze millions de chiffre d'affaire de r&#233;partir les pertes de 2008 sur les cinq ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes et donc d'obtenir... le remboursement des imp&#244;ts d&#233;j&#224; pay&#233;s ! Ces deux premiers volets du plan repr&#233;sentent 40 % des 850 milliards du plan. Le reste se d&#233;compose en 10 % pour le logement et 50 % dits &#171; d'investissement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un plan de relance des profits...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus de trois millions de m&#233;nages am&#233;ricains se sont retrouv&#233;s &#224; la rue l'an dernier, faute de pouvoir rembourser leur cr&#233;dit. Pour ces familles, dont certaines ont plant&#233; leurs tentes dans les villes am&#233;ricaines, rien. C'est pour les quatre millions de m&#233;nages encore dans leurs murs mais menac&#233;s de saisie que l'&#201;tat s'est engag&#233;, pour un montant maximum de 75 milliards, &#224; payer les remboursements hypoth&#233;caires. Vu les cr&#233;dits sous lesquels croulent les familles pauvres, cette somme ne r&#232;glera pas le probl&#232;me pendant longtemps. Le plan s'accompagne d'un doublement du soutien de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral aux organismes de refinancement hypoth&#233;caire Fannie Mae et Freddie Mac, qui va passer de 200 &#224; 400 milliards de dollars. Elles au moins ne seront pas &#224; nouveau &#224; d&#233;couvert !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le volet &#171; investissements &#187; de son plan qui permet &#224; Obama de parler de &#171; grands travaux &#187; et de se comparer ainsi &#224; Roosevelt. Dr&#244;les d'investissements de l'&#201;tat o&#249; le gouvernement s'est engag&#233; &#224; &lt;em&gt; &#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt; ne cr&#233;er aucun emploi public &#187;. &lt;/em&gt; Le financement se fera par cr&#233;dit d'imp&#244;ts. Ainsi, les 100 milliards pour l'&#201;ducation se r&#233;sument &#224; des avantages fiscaux pour l'investissement dans la formation professionnelle et pour la r&#233;novation ou la construction d'&#233;tablissements scolaires : en somme, des cadeaux &#224; l'&#233;cole priv&#233;e (un march&#233; juteux aux &#201;tats-Unis) et aux b&#233;tonneurs. Rien pour l'&#201;ducation publique. Les mesures portant sur la fameuse &lt;em&gt; &#171; &lt;/em&gt; &lt;em&gt; croissance verte &#187; &lt;/em&gt; qui permettrait de sortir le capitalisme de la crise... enrichiront elles aussi surtout les entreprises de travaux publics. Et moins d'un quart des cr&#233;dits (98 milliards) sont consacr&#233;s aux infrastructures, alors que, selon la Soci&#233;t&#233; des ing&#233;nieurs civils, il en faudrait vingt fois plus rien que pour remettre en &#233;tat les routes, ponts et r&#233;seaux &#233;lectriques du pays.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#8230; peut en cacher un autre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si les mesures du plan de relance d'Obama ont largement &#233;t&#233; mises en avant par la Maison blanche, le contenu du nouveau plan de sauvetage du syst&#232;me financier bien plus co&#251;teux, 2 000 milliards de dollars d'engagements pour l'instant, reste plus discret. Son auteur, Tim Geithner, avait promis que ce ne serait pas une r&#233;&#233;dition du plan Paulson. Or il s'agit d'un quasi-copier-coller, en plus cher. &#192; une diff&#233;rence pr&#232;s : l'administration Bush avait renonc&#233; &#224; l'id&#233;e de racheter les &#171; actifs toxiques &#187; des banques. Obama propose la cr&#233;ation d'une structure publique, dot&#233;e de 1 000 milliards de dollars, dont la fonction sera de le faire. L'&#201;tat rach&#232;terait au prix fort ces titres qui n'ont plus de prix en bourse car plus personne n'en veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second paquet de 1 000 milliards doit permettre &#224; l'&#201;tat de voler au secours des banques en difficult&#233; en achetant des parts de leur capital. Mais attention, pas de nationalisation, a dit le nouveau Pr&#233;sident. L'&#201;tat injecte de l'argent dans les institutions financi&#232;res au moment o&#249; elles vont le plus mal, pour s'en retirer au profit du priv&#233; quand elles iront mieux, sans demander &#224; contr&#244;ler l'usage des subventions massives accord&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le gouvernement propose de donner un coup de fouet au cr&#233;dit en encourageant la titrisation des nouveaux pr&#234;ts. C'est le proc&#233;d&#233; qui permet &#224; l'&#233;tablissement &#233;metteur du cr&#233;dit de se d&#233;barrasser du risque en revendant sa cr&#233;ance sous forme de titres &#233;changeables sur les march&#233;s, cette m&#234;me titrisation qui a &#233;t&#233; le facteur d'amplification et de propagation de la crise des subprimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rapha&#235;l PRESTON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le Parti d&#233;mocrate am&#233;ricain, de l'esclavage &#224; Obama : un d&#233;fenseur loyal du capitalisme
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du</link>
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		<dc:subject>USA
</dc:subject>
		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Brochure
</dc:subject>
		<dc:subject>Barack Obama
</dc:subject>

		<description>En septembre 2008, le Revolutionary Workers Group a publi&#233; une brochure portant sur le Parti d&#233;mocrate am&#233;ricain : &#171; The Democratic Party. From Slavery to Obama : Loyal Defenders of Capitalism &#187; Les racines du Parti d&#233;mocrate &#8211; l'esclavage La guerre civile &#8211; Combat des D&#233;mocrates pour maintenir l'esclavage Le parti du racisme et de la terreur dans le Sud 1877 &#224; 1914 &#8211; Contr&#244;ler la classe ouvri&#232;re Premi&#232;re guerre mondiale : la guerre des D&#233;mocrates pour l'imp&#233;rialisme La grande&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Brochures-" rel="directory"&gt;Brochures
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-USA-+" rel="tag"&gt;USA
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&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Barack-Obama-+" rel="tag"&gt;Barack Obama
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;En septembre 2008, le&lt;/em&gt; &lt;a href=&#034;http://www.revolutionaryworkersgroup.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Revolutionary Workers Group&lt;/a&gt; &lt;em&gt;a publi&#233; une brochure portant sur le Parti d&#233;mocrate am&#233;ricain :&lt;/p&gt;
&lt;a href=&#034;https://speakoutsocialists.org/a-history-of-the-democratic-party-from-slavery-to-obama-loyal-defenders-of-capitalism/. Vous pouvez en lire ci-dessous la traduction fran&#231;aise.}
&lt;p&gt;----------------------&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- [Introduction -&gt; art1841#intro&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; The Democratic Party. From Slavery to Obama : Loyal Defenders of Capitalism &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#racines' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les racines du Parti d&#233;mocrate &#8211; l'esclavage&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#guerre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La guerre civile &#8211; Combat des D&#233;mocrates pour maintenir l'esclavage&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#racisme' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le parti du racisme et de la terreur dans le Sud&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#1877' class=&#034;spip_in&#034;&gt;1877 &#224; 1914 &#8211; Contr&#244;ler la classe ouvri&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#GM' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Premi&#232;re guerre mondiale : la guerre des D&#233;mocrates pour l'imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#1929' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La grande d&#233;pression : Roosevelt et les D&#233;mocrates sauvent le capitalisme&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#froide' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Truman, le premier pr&#233;sident de la guerre froide&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#kennedy' class=&#034;spip_in&#034;&gt;John F. Kennedy : un faux espoir de changement&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#johnson' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lyndon Johnson : le pr&#233;sident de la guerre du Vietnam&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#1968' class=&#034;spip_in&#034;&gt;1968 &#8211; Une ann&#233;e de luttes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#carter' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'administration Carter&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#clinton' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La pr&#233;sidence de Bill Clinton&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#apresclinton' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Br&#232;ve histoire du Parti d&#233;mocrate depuis Bill Clinton&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#2008' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les primaires du Parti d&#233;mocrate et les &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2008&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#obama' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un autre regard sur la campagne pr&#233;sidentielle de Barack Obama&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-Parti-democrate-americain-de-l-esclavage-a-Obama-un-defenseur-loyal-du#conclusion' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Conclusion&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_353 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L400xH484/dessinusa-49334.png?1787909322' width='400' height='484' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;intro&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On nous pr&#233;sente les &#233;lections pr&#233;sidentielles am&#233;ricaines de 2008 comme historiques, et dans un certain sens, elles le sont. Les primaires du Parti d&#233;mocrate ont vu s'affronter un candidat noir et une femme. La s&#233;lection de Barack Obama comme candidat officiel des D&#233;mocrates aux pr&#233;sidentielles signifie qu'un Noir peut devenir pr&#233;sident des &#201;tats-Unis. On con&#231;oit que l'aspiration &#224; l'effondrement des barri&#232;res raciales &#224; la Maison Blanche soit tr&#232;s importante. Un pr&#233;sident noir pourrait repr&#233;senter un geste d'opposition au racisme, profond&#233;ment ancr&#233; dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. Pour tous ceux qui ont particip&#233; &#224; ce long combat contre le racisme ou pour les droits des femmes, cela ressemble &#224; une victoire, &#224; quelque chose d'inimaginable il y a 40 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les messages d'espoir et de rupture avec la politique du pass&#233; lanc&#233;s par Obama sont bienvenus et particuli&#232;rement encourageants, en comparaison avec la campagne de McCain bas&#233;e sur la m&#234;me politique de peur que celle de l'administration Bush. Pour de nombreux supporters d'Obama, il ne s'agit pas de mettre le bon bulletin dans l'urne, il y a un r&#233;el espoir de changer les choses au travers de ces &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Changer l'histoire ou gains symboliques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les quatre ans la population am&#233;ricaine est confront&#233;e &#224; la question des &#233;lections &#8211; voter pour le pr&#233;sident ainsi que pour certains repr&#233;sentants &#224; l'&#233;chelle nationale, d'&#201;tat et locaux. Les m&#233;dias et les politiciens r&#233;p&#232;tent que ces &#233;lections repr&#233;sentent une occasion de changer notre avenir. Mais chaque &#233;lection a montr&#233; la futilit&#233; de placer un bulletin dans l'urne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si voter pouvait vraiment changer les choses, pourquoi les besoins &#233;l&#233;mentaires de la population ne sont pas satisfaits ? Pourquoi les n&#233;cessit&#233;s et les aspirations du plus grand nombre ne sont pas repr&#233;sent&#233;es ? Ce n'est quand m&#234;me pas parce que les gens votent contre leurs int&#233;r&#234;ts. Si le vote comptait r&#233;ellement, il y aurait d&#233;j&#224; un bon syst&#232;me de soins, d'&#233;ducation, de transports, d'emploi, tout ce &#224; quoi la grande majorit&#233; aspire et que tant de politiciens promettent avant de se faire &#233;lire. Et il y a longtemps que toutes les guerres auraient cess&#233;. L'histoire montre clairement que les &#233;lections ne sont pas le moyen de changer les choses pour la majorit&#233; de la population de cette soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Croire que l'&#233;lection d'un Noir &#224; la Maison Blanche va au-del&#224; d'une victoire symbolique, c'est ignorer la r&#233;alit&#233; des 30 derni&#232;res ann&#233;es, pendant lesquelles on a vu l'&#233;lection de Noirs, de Latinos, de femmes aux postes de maires, gouverneurs et membres du congr&#232;s. Quel a &#233;t&#233; le r&#233;sultat ? Il n'y a qu'&#224; voir l'&#233;tat des villes, les prisons satur&#233;es et les conditions de vie de nombreux travailleurs, des minorit&#233;s et des femmes aujourd'hui. La vie ne s'est pas am&#233;lior&#233;e pour ceux qui sont soi-disant repr&#233;sent&#233;s par ces politiciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti d&#233;mocrate a beau se pr&#233;senter comme l'ami, le partisan et le d&#233;fenseur des travailleurs, des minorit&#233;s et des femmes, son pass&#233; montre une r&#233;alit&#233; bien diff&#233;rente. Le parti d&#233;mocrate, d&#232;s ses origines, apr&#232;s la r&#233;volution am&#233;ricaine jusqu'&#224; la candidature d'Obama aujourd'hui, a toujours repr&#233;sent&#233; les int&#233;r&#234;ts de la classe dirigeante. Il a d&#233;but&#233; en tant que parti des esclavagistes du Sud puis, apr&#232;s la d&#233;faite de ce syst&#232;me, a toujours d&#233;fendu les int&#233;r&#234;ts du monde des affaires et des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa cr&#233;ation, le Parti d&#233;mocrate a &#339;uvr&#233; avec le Parti r&#233;publicain pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de la classe dirigeante am&#233;ricaine. Sous les gouvernements de ces deux partis, les 10 % les plus riches de la population ont largement accru leur part de richesses aux d&#233;pens des autres. Les codes des imp&#244;ts ont permis aux grandes soci&#233;t&#233;s de ne payer pratiquement pas d'imp&#244;ts et aux riches de pr&#233;server leur patrimoine, alors que les classes moyennes et les travailleurs payent plein pot. Les lois ont toujours favoris&#233; les riches et, lorsque les profits ont &#233;t&#233; menac&#233;s, les politiciens d&#233;mocrates ont particip&#233; au renflouement des grandes soci&#233;t&#233;s et des banques proches de la faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;mocrates ont souvent utilis&#233; la loi Taft Hartley ainsi que d'autres lois anti-ouvri&#232;res contre les syndicats et les travailleurs en gr&#232;ve. Ils ont appel&#233; l'arm&#233;e f&#233;d&#233;rale, r&#233;prim&#233; les travailleurs en gr&#232;ve, et utilis&#233; les services de Cointelpro et des commandos pour espionner et attaquer les militants des mouvements noirs et anti-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les D&#233;mocrates ont paru agir &#171; dans l'int&#233;r&#234;t &#187; des opprim&#233;s, c'&#233;tait seulement qu'ils y &#233;taient forc&#233;s par la pression de mouvements sociaux, par la lutte dans les usines et dans la rue et chez les jeunes et les &#233;tudiants. C'est seulement quand la classe dirigeante a &#233;t&#233; confront&#233;e &#224; l'agitation massive des travailleurs et des pauvres, au cours de la d&#233;pression des ann&#233;es trente, que l'administration de Roosevelt a fait passer des lois qui pr&#233;tendaient satisfaire les masses populaires. Kennedy et Johnson ne sont pas intervenus au cours du mouvement pour les droits civiques des Noirs des ann&#233;es soixante ni n'ont fait passer aucune loi sur les droits civiques avant que la nature raciste du syst&#232;me am&#233;ricain ne soit mise &#224; nu devant le monde entier. Quand les m&#233;dias ont commenc&#233; &#224; montrer des Noirs combattant le syst&#232;me s&#233;gr&#233;gationniste du Sud, face &#224; la violence de la police et de la foule blanche raciste, les politiciens n'ont plus eu d'autre choix que d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti d&#233;mocrate pr&#233;tend &#234;tre le parti de la paix et le d&#233;fenseur de la libert&#233; dans le monde. En r&#233;alit&#233;, les D&#233;mocrates ont soutenu la participation des &#201;tats-Unis &#224; tous les conflits du vingti&#232;me si&#232;cle, de la premi&#232;re guerre mondiale &#224; la guerre d'Irak. Bien entendu, lorsque la population manifeste contre ces guerres, au point que cette opposition puisse &#234;tre utilis&#233;e pour remporter une &#233;lection, les politiciens d&#233;mocrates sont pr&#234;ts &#224; se pr&#233;senter comme des candidats anti-guerre. C'est ce qu'ils ont fait pendant la guerre du Vietnam et maintenant avec la guerre en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s t&#244;t dans leur histoire, les D&#233;mocrates sont devenus ma&#238;tres dans l'art de coopter et de canaliser les luttes sociales. Ils ont une tradition &#233;labor&#233;e d'avoir l'air de r&#233;pondre aux aspirations des mouvements sociaux. Puis ils appellent ceux qui ont mobilis&#233; leurs forces dans la lutte &#224; &#171; trouver des solutions dans les limites du syst&#232;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois &#233;lus, les D&#233;mocrates l&#233;gif&#232;rent sur ce que les masses ont d&#233;j&#224; obtenu par leur propre lutte. L'histoire est alors &#233;crite comme si les politiciens avaient obtenu la victoire, alors qu'ils ne font que s'attribuer le m&#233;rite de ce que le peuple a d&#233;j&#224; accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; chaque fois que les travailleurs ou les animateurs de mouvements sociaux ont cru &#224; ces mensonges et ont fait confiance &#224; ces politiciens, quel a &#233;t&#233; le r&#233;sultat ? Toujours et encore, le leurre du &#171; travailler dans le cadre du syst&#232;me &#187; a amen&#233; ceux qui avaient montr&#233; leur capacit&#233; d'organisation &#224; devenir les fonctionnaires et les bureaucrates du syst&#232;me qu'ils combattaient. Et pour ceux qui sont actifs dans les luttes, au lieu d'apprendre &#224; compter sur leurs propres luttes, c'est direction l'isoloir. C'est arriv&#233; aux syndicats, aux organisations pour les droits civiques et pour les droits des femmes et m&#234;me &#224; des organisations se disant de gauche et r&#233;volutionnaires. En cons&#233;quence ceux qui se sont engag&#233;s dans ces luttes ont fini par &#233;changer leurs r&#234;ves d'une soci&#233;t&#233; diff&#233;rente, de justice sociale et d'&#233;galit&#233; &#233;conomique, contre une nouvelle &#233;quipe de politiciens et des r&#233;formes temporaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette brochure analyse le r&#244;le jou&#233; par le Parti d&#233;mocrate depuis sa fondation. Nous examinerons les int&#233;r&#234;ts que ce parti a d&#233;fendus. Quand on regarde l'histoire du Parti d&#233;mocrate, on voit une tendance &#224; d&#233;fendre un syst&#232;me bas&#233; sur la cupidit&#233; et l'exploitation &#8211; un syst&#232;me capitaliste qui maintient toutes les divisions (de classe, de race, etc.) de cette soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;racines&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les racines du Parti d&#233;mocrate &#8211; l'esclavage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Parti d&#233;mocrate a &#233;t&#233; fond&#233; dans la p&#233;riode qui a suivi la r&#233;volution am&#233;ricaine de 1776. Une des premi&#232;res batailles politiques majeures vit l'affrontement des deux groupes de la bourgeoisie qui avait soutenu la r&#233;volution contre la Grande-Bretagne. Le groupe le plus puissant &#233;tait celui des grands propri&#233;taires terriens du Sud (Virginie, Georgie, Caroline du Nord et du Sud). Sa richesse provenait de l'exploitation d'Africains arrach&#233;s &#224; leur terre et transplant&#233;s de force comme esclaves vers les plantations du Sud. Les plantations produisaient du coton et d'autres cultures qui &#233;taient imm&#233;diatement vendus en Europe. Les grands propri&#233;taires se prenaient pour des nobles europ&#233;ens, vivant sur leur domaine avec leurs serviteurs et leurs parures import&#233;es d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre groupe de la bourgeoisie am&#233;ricaine &#233;tait celui des riches marchands du Nord. Certains de ces marchands avaient profit&#233; du commerce des esclaves, mais au fur et &#224; mesure qu'ils s'enrichissaient, ils recherchaient de nouvelles possibilit&#233;s d'investir. Ils d&#233;siraient un gouvernement central fort qui puisse construire des routes, des voies navigables et toutes les infrastructures n&#233;cessaires pour amener des marchandises sur le march&#233; int&#233;rieur et vers les zones industrielles. Ils voulaient &#233;galement une banque centrale forte, qui puisse imposer des droits de douane afin de prot&#233;ger leurs entreprises de la comp&#233;tition des capitalistes europ&#233;ens en avance sur eux. Les d&#233;fenseurs des int&#233;r&#234;ts des marchands &#233;taient organis&#233;s en Parti f&#233;d&#233;raliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propri&#233;taires d'esclaves &#233;taient oppos&#233;s &#224; l'&#233;tablissement de droits de douane qui rompraient leur lien direct avec les march&#233;s europ&#233;ens et &#224; un gouvernement central puissant qui entraverait le commerce des esclaves. Le groupe de propri&#233;taires esclavagistes organis&#233; autour de ces objectifs s'appelait le Parti d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit entre ces deux groupements se jouait au Congr&#232;s et aux &#233;lections pr&#233;sidentielles. En 1787, alors que la Constitution &#233;tait &#233;bauch&#233;e, ces deux groupes de la bourgeoisie se mirent d'accord sur la fa&#231;on de gouverner le pays. Cet accord fut inclus dans la constitution sous le nom de &#171; compromis des trois cinqui&#232;mes &#187;. La classe dirigeante des &#201;tats du Sud obtenait une repr&#233;sentation proportionnelle &#224; la chambre des d&#233;put&#233;s, bas&#233;e sur la population blanche plus trois cinqui&#232;mes de la population noire. Cela signifiait que chaque esclave donnait aux esclavagistes trois cinqui&#232;mes de voix suppl&#233;mentaire &#224; la chambre. Ce compromis r&#233;v&#233;lait l'importance de l'&#233;conomie esclavagiste et en fin de compte assurait aux propri&#233;taires d'esclaves le contr&#244;le du pays. Les D&#233;mocrates constitu&#232;rent le parti au pouvoir durant la plupart des premi&#232;res ann&#233;es des &#201;tats-Unis. Avant la guerre civile, treize des dix-huit pr&#233;sidents am&#233;ricains ont appartenu au Parti d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti f&#233;d&#233;raliste et le Parti d&#233;mocrate &#233;taient unis dans le but de cr&#233;er les &#201;tats-Unis par la conqu&#234;te et le g&#233;nocide. Ils &#233;taient tous deux d'accord sur le fait que les &#201;tats-Unis domineraient le continent nord-am&#233;ricain apr&#232;s avoir enlev&#233; des terres au Mexique et aux Indiens. Ils voulaient que l'&#201;tat se serve de l'arm&#233;e pour d&#233;gager de nouveaux territoires permettant &#224; l'Union de s'&#233;tendre. Le candidat d&#233;mocrate Andrew Jackson fut &#233;lu pr&#233;sident en 1828. La premi&#232;re mesure qu'il prit fut de proposer la &#171; loi d'expulsion des Indiens &#187; (Indian removal act) qui passa en 1830. Sous Jackson et son successeur d&#233;mocrate Martin Van Buren, 70 000 Indiens &#224; l'Est du Mississippi furent terroris&#233;s et expuls&#233;s par l'arm&#233;e. En 1845, un autre pr&#233;sident d&#233;mocrate entra&#238;na les &#201;tats-Unis dans une guerre avec le Mexique pour acqu&#233;rir les territoires du Texas et de Californie. Cette ann&#233;e, John O'Sullivan, l'&#233;diteur d'un des principaux magazines d&#233;mocrates, &#233;crivait que les &#201;tats-Unis avaient &lt;em&gt;&#171; pour destin&#233;e &#233;vidente de s'&#233;tendre sur le continent &#187;...&lt;/em&gt; Autrement dit, c'&#233;tait le droit divin des &#201;tats-Unis de diriger par la violence le continent nord-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour maintenir leur emprise sur le gouvernement, les D&#233;mocrates ont essay&#233; de monter la classe ouvri&#232;re du Nord contre les capitalistes du Nord. Ils pouvaient s'opposer &#224; la politique &#233;conomique des capitalistes parce qu'ils avaient des int&#233;r&#234;ts bien diff&#233;rents. Ils se pr&#233;sentaient comme les d&#233;fenseurs des travailleurs du Nord et des petits fermiers contre les riches marchands. D&#232;s les ann&#233;es 1790, ouvriers qualifi&#233;s et fermiers du Nord s'&#233;taient organis&#233;s en clubs politiques, pour combattre la politique de leurs employeurs dans le Parti f&#233;d&#233;raliste. La plupart des travailleurs n'avaient pas le droit de vote. &#201;taient exclus ceux qui ne poss&#233;daient pas un minimum de biens ou ne pouvaient payer une taxe &#233;lev&#233;e sur le lieu de scrutin. Ces lois avaient pour but d'emp&#234;cher les ouvriers et les fermiers d'avoir un poids politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les D&#233;mocrates ont pu coopter un certain nombre de fermiers et de travailleurs en soutenant certaines de leurs revendications &#8211; pour la journ&#233;e de dix heures, pour le droit de vote pour les non propri&#233;taires. Ils pouvaient se poser en champions des pauvres dans le Nord, alors qu'ils exploitaient brutalement les esclaves dans le Sud. Mais tous les travailleurs ne furent pas dup&#233;s et amen&#233;s &#224; s'allier avec les cousins esclavagistes des capitalistes. Entre 1828 et 1834, des travailleurs constitu&#232;rent leur propre parti et pr&#233;sent&#232;rent des candidats travailleurs aux &#233;lections dans 61 villes, non sans un certain succ&#232;s. Mais les D&#233;mocrates gard&#232;rent le contr&#244;le de la majeure partie des ouvriers et des fermiers du Nord et, dans le cadre du Parti d&#233;mocrate, les ont entra&#238;n&#233;s dans leur activit&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;guerre&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La guerre civile &#8211; Combat des D&#233;mocrates pour maintenir l'esclavage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les marchands du Nord continuaient &#224; d&#233;velopper la production industrielle et pour cela avaient de plus en plus besoin de moyens de transport, d'acc&#232;s aux mati&#232;res premi&#232;res et de protection contre les march&#233;s europ&#233;ens plus puissants. Les propri&#233;taires du Sud, eux, constataient que la culture intensive du coton privait leurs plantations de sols fertiles. Ils commenc&#232;rent &#224; chercher de nouveaux territoires plus au Sud et &#224; l'Ouest. Une question se posait : les nouveaux territoires seraient-ils un espace r&#233;serv&#233; au d&#233;veloppement de l'industrie et des march&#233;s ou aux nouvelles plantations employant des esclaves ? Si le Congr&#232;s restait sous le contr&#244;le des D&#233;mocrates, les propri&#233;taires d'esclaves contr&#244;leraient les richesses du pays. Entre les industriels du Nord et les grands propri&#233;taires du Sud, une lutte &#224; mort se d&#233;veloppait pour d&#233;cider quel syst&#232;me d'exploitation r&#233;girait les nouveaux territoires et &#224; terme le pays entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quilibre du rapport de forces se maintint, dans un premier temps, les capitalistes du Nord pr&#233;f&#233;rant trouver un compromis avec les propri&#233;taires du Sud. D&#233;velopper le conflit perturberait le commerce et pousserait &#224; une confrontation que les marchands du Nord craignaient de perdre. Le vieux Parti f&#233;d&#233;raliste avait &#233;t&#233; r&#233;organis&#233; dans les ann&#233;es 1830 en Parti Whig par des f&#233;d&#233;ralistes qui soutenaient la politique de compromis avec les d&#233;mocrates. Les Whigs s'opposaient aux D&#233;mocrates lors des &#233;lections, critiquaient la politique d&#233;mocrate, et s'affirmaient contre l'esclavage dans les nouveaux territoires. Par contre, ils acceptaient la domination du Sud bas&#233;e sur le compromis des trois cinqui&#232;mes. Petit &#224; petit, ils c&#233;daient aux d&#233;sirs des D&#233;mocrates. En 1850 par exemple, le pr&#233;sident Whig Millard Fillmore insista pour que la Californie et les autres territoires pris au Mexique, soient des &#201;tats sans esclaves. En &#233;change du soutien des d&#233;mocrates, il signa la &#171; loi des esclaves fugitifs &#187; (fugitif slave act) qui promettait l'aide du gouvernement f&#233;d&#233;ral pour traquer les esclaves qui s'&#233;taient enfuis dans un &#201;tat non-esclavagiste. Ce qui voulait dire que m&#234;me dans les &#201;tats o&#249; l'esclavage &#233;tait interdit, un esclave restait un esclave et pouvait &#234;tre arr&#234;t&#233; et ramen&#233; &#224; son propri&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me esclavagiste n'a jamais &#233;t&#233; incontest&#233;. Les premiers opposants &#224; l'esclavage furent les esclaves eux-m&#234;mes. Le syst&#232;me a toujours &#233;t&#233; menac&#233; par une r&#233;volte g&#233;n&#233;ralis&#233;e des esclaves. En 1791, les esclaves ha&#239;tiens ont renvers&#233; l'administration coloniale fran&#231;aise et cr&#233;&#233; leur propre gouvernement. L'id&#233;e qu'une telle r&#233;volte g&#233;n&#233;rale puisse se produire sur le sol am&#233;ricain &#233;tait source d'espoir pour les esclaves et un cauchemar pour leurs propri&#233;taires. De nombreuses r&#233;voltes locales eurent lieu. La plus importante se produisit en 1811 quand les 500 esclaves d'une plantation proche de la Nouvelle-Orl&#233;ans s'arm&#232;rent et march&#232;rent en direction des plantations voisines pour tenter de lancer une r&#233;volte g&#233;n&#233;rale. En 1822, un esclave affranchi du nom de Denmark Vessey fomenta une grande r&#233;volte d'esclaves en Caroline du Sud, mais le complot fut d&#233;couvert avant qu'il n'&#233;clate. En 1831, un esclave nomm&#233; Nat Turner dirigea une c&#233;l&#232;bre r&#233;volte d'esclaves, qui mit les territoires du Sud sur leur garde par crainte d'autres r&#233;bellions. Les r&#233;voltes &#233;taient toujours &#233;cras&#233;es par l'arm&#233;e et la police, leurs chefs et les participants ex&#233;cut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Nord des gens s'organisaient politiquement pour lutter en faveur de l'abolition de l'esclavage. Ils &#233;taient connus sous le nom de Mouvement abolitionniste. Les abolitionnistes, dans le Nord, avaient pour dirigeants des personnalit&#233;s religieuses, comme le quaker William Lloyd Garrison, et des ex-esclaves, comme Frederick Douglass. Les abolitionnistes &#233;ditaient une abondante litt&#233;rature condamnant l'esclavage sur une base morale. Les id&#233;es abolitionnistes fournissaient ainsi des arguments moraux aux opposants de l'esclavage. Le Mouvement abolitionniste ne fut jamais un mouvement de masse, mais ses critiques du syst&#232;me mena&#231;aient l'&#233;lite du Sud qui craignait tout ce qui pouvait encourager les r&#233;voltes d'esclaves. En 1830, le ministre des postes am&#233;ricain interdit l'envoi de litt&#233;rature abolitionniste vers le Sud. Les ma&#238;tres d'&#233;coles suspects d'&#234;tre des abolitionnistes furent expuls&#233;s des &#201;tats du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte entre le Nord et le Sud devint impossible &#224; contenir malgr&#233; les compromis du parti whig. Des batailles sanglantes se produisirent dans les nouveaux territoires. En 1855, Le Kansas se fit conna&#238;tre sous le nom de &#171; Kansas sanglant &#187; en raison des luttes arm&#233;es entre colons pro et anti-esclavagistes. En 1859, l'abolitionniste John Brown, qui s'&#233;tait battu contre des colons pro esclavagistes au Kansas, dirigea un raid sur l'arsenal militaire de Harpers Ferry en Virginie de l'Ouest. Brown esp&#233;rait s'emparer de l'arsenal et rallier les esclaves des environs pour fomenter une r&#233;volte. Sa tentative &#233;choua, John Brown jug&#233; et ex&#233;cut&#233; mais cette affaire devint un symbole de la lutte contre l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conflits qui se d&#233;roulaient en dehors du cadre politique aboutirent &#224; une modification dramatique du syst&#232;me des deux partis. De nombreux capitalistes du Nord en avaient assez des compromis avec le Sud et d&#233;siraient affaiblir leurs adversaires en frappant au c&#339;ur du syst&#232;me. Ils form&#232;rent un nouveau parti politique totalement oppos&#233; aux d&#233;mocrates, le Parti r&#233;publicain. Tout comme le parti Whig, le Parti r&#233;publicain d&#233;fendait les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des capitalistes du Nord. Mais contrairement aux Whigs, les R&#233;publicains exigeaient la fin de la domination du Sud sur le gouvernement f&#233;d&#233;ral. Ils commenc&#232;rent &#224; utiliser, dans leur rh&#233;torique, certains arguments condamnant l'esclavage, emprunt&#233;s aux abolitionnistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la cr&#233;ation du Parti r&#233;publicain, le conflit entre l'&#233;lite des marchands du Nord et les D&#233;mocrates du Sud apparut au grand jour. En 1860, le r&#233;publicain Abraham Lincoln, un avocat des compagnies de chemins de fer, fut &#233;lu pr&#233;sident. Les D&#233;mocrates sudistes firent s&#233;cession quand ils virent que les R&#233;publicains prenaient le pouvoir. Onze &#233;tats du Sud, du Texas aux Carolines, quitt&#232;rent l'Union pour former les &#201;tats Conf&#233;d&#233;r&#233;s d'Am&#233;rique. C'&#233;tait le d&#233;but de la guerre civile. En r&#233;alit&#233;, elle prit la forme d'une r&#233;volution men&#233;e par le Nord contre la domination politique des esclavagistes. Pour en finir avec le pouvoir des propri&#233;taires du Sud, les R&#233;publicains &#233;taient conduits &#224; d&#233;truire le syst&#232;me esclavagiste qui en &#233;tait le fondement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre civile fit rage pendant quatre ans et il sembla que le Nord allait &#234;tre battu. Le Sud avait une arm&#233;e plus efficace et exp&#233;riment&#233;e. Les officiers les plus dou&#233;s avaient &#233;t&#233; des propri&#233;taires d'esclaves &#8211; une tradition aristocratique des plantations. Cependant, le Nord avait une arme qu'il pouvait utiliser contre le pouvoir des esclavagistes. Il y avait quatre millions de Noirs qui vivaient dans la Conf&#233;d&#233;ration du Sud. Les esclaves r&#233;alisaient que la guerre civile signifiait un bouleversement du syst&#232;me esclavagiste. Comme les forces de r&#233;pression &#233;taient parties en guerre, des milliers d'esclaves quittaient les plantations quand les forces nordistes approchaient. Ces esclaves rebelles pouvaient fournir les forces dont les capitalistes du Nord avaient besoin pour battre les propri&#233;taires sudistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1864, Abraham Lincoln signa la proclamation d'&#233;mancipation, lib&#233;rant les esclaves du Sud. C'&#233;tait une man&#339;uvre militaire et la reconnaissance que des milliers d'esclaves avaient pris leur libert&#233; et constituaient une force puissante dans ce conflit. En indiquant que la victoire du Nord signifierait leur libert&#233;, les R&#233;publicains pouvaient alors se servir des esclaves qui venaient de se lib&#233;rer pour bloquer l'&#233;conomie du Sud, couper les lignes de ravitaillement de l'arm&#233;e conf&#233;d&#233;r&#233;e, et donner &#224; l'Union un avantage militaire &#233;crasant. Mais Lincoln et les R&#233;publicains n'&#233;taient pas du tout abolitionnistes. En fait, la proclamation ne d&#233;clarait pas que tous les esclaves seraient libres, mais seulement ceux des &#201;tats s&#233;cessionnistes. Cela laissait subsister l'esclavage dans certains &#233;tats du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la proclamation d'&#233;mancipation, l'arm&#233;e de l'Union l'emporta et le Sud fut occup&#233; par ses troupes. &#192; la fin de la guerre en 1865, le Congr&#232;s signa le treizi&#232;me amendement &#224; la constitution, qui prohibait l'esclavage dans l'ensemble des &#201;tats-Unis. Le pouvoir des esclavagistes organis&#233;s dans le Parti d&#233;mocrate &#233;tait tomb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;racisme&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Le parti du racisme et de la terreur dans le Sud&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Lincoln fut assassin&#233; peu de temps apr&#232;s la fin de la guerre et le pouvoir passa &#224; son vice-pr&#233;sident, le D&#233;mocrate du Nord, Andrew Johnson. Certains D&#233;mocrates du Nord, comme Johnson, avaient rejet&#233; la Conf&#233;d&#233;ration et soutenu le Nord pendant la guerre. M&#234;me s'ils avaient soutenu le Nord, ils ne voulaient pas d'une restructuration radicale du Sud et pr&#233;f&#233;raient passer une alliance avec les esclavagistes vaincus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes nordistes voulaient reconstruire le Sud afin que le coton et autres produits agricoles du Sud puissent alimenter les usines et les villes du Nord. Pour cela, il leur fallait trouver des leaders qui puissent gouverner le Sud dans leur int&#233;r&#234;t. Le pr&#233;sident Johnson accorda son pardon aux ex-propri&#233;taires d'esclaves qui revinrent dans leurs propri&#233;t&#233;s et il leur laissa le contr&#244;le politique du Sud. Ils utilis&#232;rent imm&#233;diatement leur pouvoir politique retrouv&#233; ainsi que leur richesse et leurs terres pour r&#233;tablir un syst&#232;me qui avait tout de l'esclavage sauf le nom. Ils mirent leur veto sur les nouvelles constitutions des &#201;tats qui donnaient le droit de vote aux Noirs. Pendant une courte p&#233;riode il sembla que les propri&#233;taires des plantations allaient regagner le contr&#244;le du Sud et que la guerre civile allait recommencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les capitalistes du Nord n'&#233;taient pas dispos&#233;s &#224; rendre le pouvoir politique aux propri&#233;taires sudistes qu'ils venaient juste de battre. Initialement, il ne manqua qu'une voix aux r&#233;publicains pour mettre Johnson en accusation devant le Congr&#232;s. Mais en 1868 le r&#233;publicain Ulysses Grant, un g&#233;n&#233;ral nordiste pendant la guerre civile, fut &#233;lu pr&#233;sident avec un programme politique visant &#224; reconstruire totalement le Sud pour contrecarrer les anciens esclavagistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Sud &#233;tait toujours occup&#233; par l'arm&#233;e de l'Union qui l'avait divis&#233; en districts militaires. Sous Grant, toute personne qui avait soutenu la Conf&#233;d&#233;ration ne pouvait briguer une fonction officielle, ce qui s'appliquait &#224; la majorit&#233; des propri&#233;taires de plantations. Des conventions furent tenues pour r&#233;diger un nouvel ensemble de lois et de constitutions d'&#201;tats. Les capitalistes nordistes comptaient sur les ex-esclaves noirs ainsi que sur les Blancs pauvres pour emp&#234;cher les grands propri&#233;taires d'exercer leur contr&#244;le politique. Cette p&#233;riode, connue sous le nom de &#171; Reconstruction &#187;, fut l'une des exp&#233;riences d&#233;mocratiques les plus importantes dans l'histoire des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant une courte p&#233;riode, la classe dirigeante fut contenue, et il appartenait aux pauvres, fermiers et travailleurs, de prendre les d&#233;cisions politiques. Qu'ont-ils fait ? Des Noirs et des Blancs parmi les pauvres et les travailleurs furent &#233;lus aux gouvernements d'&#201;tats. Ils coop&#233;raient car ils avaient les m&#234;mes buts et des int&#233;r&#234;ts identiques. Ils pass&#232;rent des lois pour am&#233;liorer leur condition de vie. Ils mirent en place les premi&#232;res &#233;coles publiques, comme en Caroline du Sud. Ils construisirent des routes et des ponts pour les petits fermiers. Ils garantirent l'&#233;galit&#233; des droits entre citoyens noirs et blancs. L'exp&#233;rience de la Reconstruction gagna m&#234;me le niveau f&#233;d&#233;ral. En 1869, Il y eut deux s&#233;nateurs et vingt d&#233;put&#233;s noirs au Congr&#232;s. Le Congr&#232;s ratifia le quatorzi&#232;me amendement &#224; la constitution qui garantissait l'&#233;galit&#233; des droits entre les races.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les terres des anciennes plantations, d&#233;tenues par le gouvernement f&#233;d&#233;ral apr&#232;s la guerre, furent rendues &#224; leurs anciens propri&#233;taires. Si les R&#233;publicains laissaient aux anciens esclaves une certaine libert&#233; politique, ils ne voulaient tout de m&#234;me pas renverser les rapports de propri&#233;t&#233; dans le Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'exp&#233;rience de la Reconstruction, l'&#233;lite du Sud et ses repr&#233;sentants du Parti d&#233;mocrate firent comprendre aux nordistes qu'ils acceptaient la d&#233;faite du syst&#232;me esclavagiste et qu'ils ne menaceraient pas le nouvel ordre social. Surtout, les riches industriels du Nord d&#233;siraient que le Sud soit une source stable de produits agricoles, ce que l'aristocratie sudiste leur garantit. Un accord fut donc conclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience d&#233;mocratique de la Reconstruction &#233;tait vuln&#233;rable en raison d'une faiblesse cong&#233;nitale. Son existence reposait sur la protection des fusils de l'Union, d'une arm&#233;e qui avait &#233;cras&#233; les esclavagistes et ouvert un espace politique pour les Noirs et les Blancs pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands propri&#233;taires terriens et leurs repr&#233;sentants d&#233;mocrates utilis&#232;rent leur richesse et leur autorit&#233; pour organiser des groupes paramilitaires comme le Ku Klux Klan. Durant les ann&#233;es 1860 et 1870 le KKK et d'autres groupes terroris&#232;rent les Noirs et les Blancs qui s'&#233;taient organis&#233;s politiquement. Ils tabassaient ceux qui r&#233;sistaient, br&#251;laient leurs maisons et parfois les lynchaient. Cette violence avait pour but de reprendre les acquis des pauvres au cours de la Reconstruction et de dresser un mur entre les Blancs et les Noirs. Les terres du Sud appartenaient toujours aux grands propri&#233;taires qui les louaient aux paysans contre une part importante de leur r&#233;colte. En 1877, l'arm&#233;e de l'Union fut retir&#233;e du Sud, laissant les gouvernements issus de la Reconstruction &#224; la merci des grands propri&#233;taires sudistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propri&#233;taires r&#233;organis&#232;rent le Parti d&#233;mocrate afin de reprendre, &#224; leur profit, le contr&#244;le des corps l&#233;gislatifs &#233;tatiques et f&#233;d&#233;raux. Les D&#233;mocrates recouvr&#232;rent les &#233;tats du Sud et prirent place &#224; c&#244;t&#233; des R&#233;publicains au Congr&#232;s. Ils firent voter des lois s&#233;gr&#233;gationnistes (les &#171; lois Jim Crow &#187;) dans les &#201;tats du Sud. Ces lois institutionnalisaient la s&#233;gr&#233;gation &#233;tablie par la violence et &#244;taient aux Noirs toute voix au chapitre politique. En 1896 la Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis abolit de fait le quatorzi&#232;me amendement, lorsqu'elle jugea l&#233;gal le syst&#232;me qui refusait aux Noirs l'&#233;galit&#233; de droits &#224; l'&#233;ducation, au logement, au travail et qui transformait donc une partie de la population en citoyens de seconde zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population du Sud avait ainsi &#233;t&#233; divis&#233;e, conquise par la force et les D&#233;mocrates r&#233;int&#233;gr&#233;s dans le syst&#232;me politique, en tant que parti du racisme et de la terreur. De leurs mains ils avaient an&#233;anti l'exp&#233;rience la plus d&#233;mocratique de l'histoire des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;1877&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;1877 &#224; 1914 &#8211; Contr&#244;ler la classe ouvri&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La victoire du Nord en 1865 signifiait la victoire du capitalisme industriel. Dans les d&#233;cennies qui suivirent la guerre civile, l'industrie se d&#233;veloppa rapidement sur l'ensemble du continent &#224; l'aide de subventions gouvernementales, des barri&#232;res douani&#232;res pour se prot&#233;ger des industries &#233;trang&#232;res et gr&#226;ce au d&#233;veloppement des transports, en particulier des chemins de fer. Les produits agricoles du Sud n'&#233;taient plus export&#233;s vers les manufactures britanniques. Les ressources du Sud &#233;taient d&#233;sormais &#224; la disposition de l'industrie du Nord. Les industriels am&#233;ricains prospect&#232;rent les march&#233;s &#233;trangers pour vendre leurs produits. Les D&#233;mocrates devinrent l'opposition loyale &#224; la politique r&#233;publicaine de d&#233;veloppement industriel et d'imp&#233;rialisme et continu&#232;rent &#224; encadrer la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des capitalistes soutenaient le Parti r&#233;publicain qui privil&#233;giait les droits de douanes, le d&#233;veloppement int&#233;rieur et les guerres imp&#233;rialistes &#8211; ce qui prot&#233;geait et &#233;tendait leurs march&#233;s. Le Parti d&#233;mocrate &#233;tait en mesure de repr&#233;senter non seulement l'aristocratie traditionnelle du Sud mais &#233;galement d'autres groupes capitalistes qui s'occupaient d'import-export, de banque et de chemins de fer avec l'&#233;lite du Sud. Ces capitalistes &#8211; on les appelait les &#171; D&#233;mocrates bourbon &#187; &#8211; s'opposaient aux R&#233;publicains sur la question des barri&#232;res douani&#232;res, des imp&#244;ts trop &#233;lev&#233;s et sur les guerres imp&#233;rialistes &#8211; tout ce qui pouvait contrarier ou ralentir le bon fonctionnement du march&#233;. Les D&#233;mocrates constituaient donc une &#233;quipe dirigeante de rechange au cas o&#249; la majorit&#233; des capitalistes d&#233;cidait de changer de strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des fermiers n'avaient pas les moyens de poss&#233;der des machines agricoles et n'&#233;taient pas comp&#233;titifs sur le march&#233;. Ils furent oblig&#233;s de vendre leurs fermes aux grands propri&#233;taires et de migrer vers les villes o&#249; ils devinrent ouvriers dans le secteur industriel en expansion rapide. &#192; c&#244;t&#233; des travailleurs am&#233;ricains, beaucoup d'immigrants &#8211; d'Irlande, d'Italie, d'Europe de l'Est, de Chine et d'autres pays &#8211; furent employ&#233;s dans les usines, les mines et les chemins de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les villes enfl&#232;rent suite &#224; cet afflux de travailleurs am&#233;ricains et &#233;trangers. De 1860 &#224; 1914 la population de New York s'accrut de 150 000 &#224; 4 millions d'habitants. Chicago, de 110 000 &#224; 2 millions, et Philadelphie de 650 000 &#224; un million et demi. Il en r&#233;sulta une importante classe ouvri&#232;re compos&#233;e &#224; la fois d'immigrants et de natifs d'Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les D&#233;mocrates contr&#244;laient ces nouvelles communaut&#233;s de travailleurs industriels en d&#233;veloppant des &#171; structures politiques &#187;. Ces structures politiques &#233;changeaient des votes contre des services. Pour avoir ses poubelles ramass&#233;es et sa rue balay&#233;e, il fallait payer en votant bien. Pour avoir un travail ou un logement dans un quartier particulier il fallait passer un accord avec le chef politique local. Les machines d&#233;mocrates dans des villes comme Chicago, Boston et New York garantissaient le vote des travailleurs au Parti d&#233;mocrate. Sans elles, il &#233;tait difficile d'avoir un logement et des services municipaux essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le le plus important des D&#233;mocrates &#233;tait de r&#233;pondre aux probl&#232;mes que la classe ouvri&#232;re posait aux capitalistes. Avec le d&#233;veloppement du capitalisme, la r&#233;sistance des travailleurs &#224; l'exploitation s'accroissait. Le capitalisme a une tendance inh&#233;rente &#224; l'effondrement quand la course aux profits et les investissements conduisent la production &#224; exc&#233;der la demande. Le syst&#232;me s'arr&#234;te alors brusquement de fonctionner. En p&#233;riode de surproduction les travailleurs perdent leur emploi et ne peuvent plus acheter les marchandises qu'ils ont produites. L'&#233;conomie est alors prise dans un cercle vicieux de licenciements et de baisse du pouvoir d'achat. Ces d&#233;pressions p&#233;riodiques signifiaient la faim, l'ins&#233;curit&#233; et la mis&#232;re pour de nombreux travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1873 marqua le d&#233;but d'une profonde d&#233;pression &#233;conomique. D&#232;s 1877, travailleurs et fermiers du Nord se r&#233;voltaient. Les patrons des chemins de fer avaient essay&#233; de se servir de la d&#233;pression pour r&#233;duire les salaires des cheminots. Cela provoqua une formidable gr&#232;ve des cheminots, qui fut en fait la plus grande action coordonn&#233;e jamais men&#233;e par des travailleurs am&#233;ricains jusque-l&#224; et qu'on appelle le grand soul&#232;vement de 1877. La gr&#232;ve se propagea &#224; travers le pays de la c&#244;te Est &#224; la c&#244;te Ouest &#224; la vitesse d'une locomotive, entra&#238;nant dans la bataille les cheminots et d'autres fractions de la classe ouvri&#232;re. De plus en plus de travailleurs s'engag&#232;rent dans la gr&#232;ve qui paralysa des villes enti&#232;res. Les industriels du Nord exig&#232;rent que les R&#233;publicains r&#233;priment la r&#233;volte des travailleurs. La r&#233;pression de la gr&#232;ve par l'&#201;tat fut brutale. Elle fut men&#233;e par des troupes f&#233;d&#233;rales sp&#233;cialement amen&#233;es du Sud, pour r&#233;tablir l'autorit&#233; des patrons. Les villes occup&#233;es par les travailleurs en gr&#232;ve furent assi&#233;g&#233;es par les troupes gouvernementales. Une centaine de personnes furent tu&#233;es lors des confrontations avec la police et l'arm&#233;e, et un millier de travailleurs jet&#233;s en prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises de chemins de fer c&#233;d&#232;rent sur les salaires, mais le gouvernement installa des garnisons pour surveiller les travailleurs et prot&#233;ger les capitalistes en cas de gr&#232;ves ult&#233;rieures. Des casernes et des arsenaux de la garde nationale furent &#233;difi&#233;s dans les grandes villes, avec des postes fortifi&#233;s pour pouvoir tirer sur les travailleurs. La gr&#232;ve avait secou&#233; les capitalistes am&#233;ricains jusqu'&#224; la moelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette d&#233;monstration de force des travailleurs &#224; l'&#233;chelle nationale, il devint essentiel pour les capitalistes, du Nord comme du Sud, de d&#233;tourner l'&#233;nergie des travailleurs de l'organisation collective. Dans les ann&#233;es 1880 les D&#233;mocrates accus&#232;rent les R&#233;publicains d'&#234;tre les valets du grand capital. Comme les D&#233;mocrates &#233;taient en minorit&#233; au Congr&#232;s et ne d&#233;tenaient pas la pr&#233;sidence, ils pouvaient mettre les probl&#232;mes sur le dos des R&#233;publicains et appara&#238;tre comme une alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux travailleurs n'&#233;taient pas dupes de la politique des D&#233;mocrates. Depuis le grand soul&#232;vement de 1877, des travailleurs avaient commenc&#233; &#224; s'organiser politiquement pour d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts propres. Le Parti socialiste am&#233;ricain fut constitu&#233; en 1901 d'un regroupement de petits groupes r&#233;volutionnaires. Des travailleurs r&#233;volutionnaires avaient &#233;galement commenc&#233; &#224; cr&#233;er des syndicats radicaux, surtout parmi les immigrants non qualifi&#233;s et les couches les plus pauvres de la classe ouvri&#232;re. Le plus important fut l'IWW (Industrial Workers of the World, ou travailleurs industriels du monde), fond&#233; en 1905 pour organiser les travailleurs, non seulement pour la lutte salariale et les conditions de travail mais aussi pour la r&#233;volution. L'IWW fut un syndicat industriel regroupant tous les travailleurs d'une branche, quel que soit leur niveau de qualification, leur race ou leur sexe. En 1912 il regroupait environ 50 000 ouvriers dans ses rangs, dont un grand nombre sur la c&#244;te du Pacifique. Au sein du Parti socialiste et des IWW, une partie consid&#233;rable de la classe ouvri&#232;re avait pris conscience de ses int&#233;r&#234;ts propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;GM&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Premi&#232;re guerre mondiale : la guerre des D&#233;mocrates pour l'imp&#233;rialisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'expansion &#233;conomique aux &#201;tats-Unis s'&#233;tait &#233;galement produite en Europe. Les &#201;tats capitalistes europ&#233;ens s'&#233;taient engag&#233;s dans une comp&#233;tition mondiale pour accaparer les ressources et les d&#233;bouch&#233;s. Chaque &#201;tat d&#233;veloppait des forces militaires pour prot&#233;ger sa zone et accro&#238;tre son influence. Finalement la concurrence entre pays aboutit &#224; un conflit ouvert, la Premi&#232;re guerre mondiale. L'Allemagne entra en conflit avec la France et l'Angleterre alors qu'elle tentait de p&#233;n&#233;trer le march&#233; chinois et d'acqu&#233;rir des mati&#232;res premi&#232;res en Afrique. L'Allemagne et ses alli&#233;s entr&#232;rent en guerre contre la France, l'Angleterre et leur alli&#233;e la Russie. Peu de temps apr&#232;s l'Europe &#233;tait en flammes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1914, les capitalistes am&#233;ricains pr&#233;f&#233;r&#232;rent rester en dehors du conflit europ&#233;en. Ils se satisfaisaient de vendre des marchandises aux deux camps et de regarder leurs concurrents europ&#233;ens se mettre en pi&#232;ces. La classe dirigeante &#233;tait anti-guerre puisqu'elle pouvait tirer profit de cette &#171; neutralit&#233; &#187;. Les R&#233;publicains avaient une position plus favorable &#224; la guerre tandis que la position soi-disant anti-guerre des D&#233;mocrates plaisait &#224; la population qui ne voulait pas &#234;tre entra&#238;n&#233;e dans le conflit. La plupart des am&#233;ricains voyaient dans la guerre mondiale une affaire purement europ&#233;enne &#8211; dans laquelle ils ne voulaient pas &#234;tre entra&#238;n&#233;s. Le candidat d&#233;mocrate &#224; la pr&#233;sidence, Woodrow Wilson, se pronon&#231;a contre l'entr&#233;e des &#201;tats-Unis dans la guerre mondiale. Il recueillit la majorit&#233; aux &#233;lections et fut &#233;lu pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wilson commen&#231;a &#224; gouverner soutenu par une opinion publique d&#233;favorable &#224; la guerre ainsi que par une importante fraction de la classe capitaliste qui ne voulait pas se risquer d'entrer en guerre. Mais, d&#232;s 1917, m&#234;me les capitalistes les plus prudents avaient compris que la guerre en Europe d&#233;ciderait du contr&#244;le futur des ressources &#224; l'&#233;chelle mondiale. Les &#201;tats-Unis s'&#233;taient de plus enfonc&#233;s dans une nouvelle crise &#233;conomique avec une industrie qui produisait trop et un march&#233; satur&#233;. Le financement de la production de guerre avec l'argent public offrait une solution pour sortir de la crise. Wilson et d'autres politiciens commenc&#232;rent &#224; arguer que les &#201;tats-Unis devraient entrer en guerre pour &#171; rendre le monde plus s&#251;r pour la d&#233;mocratie &#187;. Le Parti d&#233;mocrate virait de position. Bien qu'&#233;lu sur une plate-forme anti-belliciste, Wilson entra&#238;na les &#201;tats-Unis dans la guerre en 1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des millions d'Am&#233;ricains &#233;tant contre la guerre et des manifestations massives furent organis&#233;es dans les grandes villes. Les r&#233;volutionnaires avaient anticip&#233; ce retournement et &#233;taient au centre de l'effort d'organisation contre la guerre. L'administration de Wilson r&#233;prima durement le mouvement anti-guerre. La r&#233;pression visait toute protestation et rendit ill&#233;gale toute critique de la guerre. Toute personne impliqu&#233;e ou associ&#233;e au mouvement r&#233;volutionnaire &#233;tait pers&#233;cut&#233;e. Les militants anti-guerre, les socialistes et les anarchistes furent mis en prison. Eugene Debbs, le candidat socialiste aux &#233;lections pr&#233;sidentielles, opposant &#224; la guerre, se pr&#233;senta &#224; des &#233;lections alors qu'il &#233;tait en cellule. Plus de deux cents r&#233;volutionnaires furent expuls&#233;s en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression porta un coup majeur au mouvement ouvrier. Mais en 1917 surgit un &#233;l&#233;ment nouveau dans la situation mondiale : la r&#233;volution ouvri&#232;re en Russie. Les travailleurs am&#233;ricains militant ou soutenant le Parti socialiste ou les IWW virent dans la Russie un exemple pour trouver la voie d'un combat politique se donnant pour objectif le renversement des capitalistes, de leurs partis politiques et leurs &#201;tats. Malgr&#233; une dure r&#233;pression, la plupart des militants socialistes et de l'IWW s'&#233;taient regroup&#233;s et 1919 vit la formation du Parti communiste des &#201;tats-Unis. Ce parti regroupa les meilleurs organisateurs du mouvement ouvrier. Il repr&#233;sentait une voix politique qui avait le potentiel de briser l'emprise du Parti d&#233;mocrate sur la classe ouvri&#232;re et les pauvres des USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;50 000 Am&#233;ricains tu&#233;s durant la premi&#232;re guerre mondiale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre fit rage en Europe jusqu'&#224; la d&#233;faite de l'Allemagne et de ses alli&#233;s en 1918. Les &#201;tats-Unis sortirent de la guerre mondiale avec un avantage d&#233;cisif sur l'Europe &#8211; la guerre n'avait pas eu lieu sur leur territoire. Mais 50 000 Am&#233;ricains &#233;taient morts et une g&#233;n&#233;ration enti&#232;re avait v&#233;cu les horreurs de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue &#233;conomique, la guerre avait arrang&#233; les affaires des capitalistes. Ils avaient vendu des armes et des marchandises aux deux camps au d&#233;but de la guerre et avaient ensuite b&#233;n&#233;fici&#233; des d&#233;penses de temps de guerre. La valeur des investissements boursiers avait augment&#233; de 16,4 %. En comparaison, la situation des travailleurs restait mis&#233;rable. Les salaires dans l'industrie n'avaient augment&#233; que de 1,4 %. Il y avait 25 000 accidents mortels par an et 100 000 ouvriers restaient handicap&#233;s suite aux accidents de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant cette p&#233;riode, les travailleurs &#8211; pour un grand nombre d'entre eux, des soldats d&#233;mobilis&#233;s &#8211; organis&#232;rent des gr&#232;ves importantes de la c&#244;te Ouest &#224; la c&#244;te Est, de Seattle aux &#201;tats de la Caroline. Le jeune Parti communiste s'activait &#224; organiser les travailleurs, en particulier dans le Sud que le mouvement ouvrier n'avait auparavant jamais touch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;1929&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La grande d&#233;pression : Roosevelt et les D&#233;mocrates sauvent le capitalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1929 vit le commencement d'une crise majeure de l'&#233;conomie, la Grande d&#233;pression. Le syst&#232;me capitaliste dont la tendance est d'acc&#233;l&#233;rer la production atteignit une nouvelle limite, les march&#233;s &#233;tant une nouvelle fois satur&#233;s de marchandises. L'&#233;conomie s'effondra et des millions de travailleurs perdirent leur emploi. La population subissait le ch&#244;mage et la faim, c&#244;toyant des richesses d&#233;mesur&#233;es. L'effondrement du syst&#232;me engendra la r&#233;volte des travailleurs au cours des ann&#233;es 1930 et 1940. Les repr&#233;sentants politiques du capitalisme &#8211; d&#233;mocrates et r&#233;publicains &#8211; &#233;taient confront&#233;s au double probl&#232;me de red&#233;marrer l'&#233;conomie et d'emp&#234;cher la population de contester le syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;chelle mondiale, une autre menace envers le syst&#232;me se profilait sous la forme d'une nouvelle guerre mondiale. L'Allemagne se r&#233;armait et reconstruisait son industrie. Le capitalisme allemand, avec Hitler et les Nazis &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat, mena&#231;ait de s'emparer de nouveaux territoires et de d&#233;fier le reste de l'Europe et les &#201;tats-Unis pour acqu&#233;rir un espace accru sur le march&#233; mondial. De m&#234;me, les capitalistes japonais d&#233;veloppaient rapidement une industrie et des ambitions militaires, mena&#231;ant de devenir une puissance r&#233;gionale en Asie. Les lignes de fracture commen&#231;aient &#224; se profiler entre pays capitalistes, pour un nouveau conflit visant &#224; accaparer les ressources mondiales. Pour assurer une place au capitalisme am&#233;ricain, les capitalistes devaient mobiliser la population pour qu'elle d&#233;fende la primaut&#233; de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande d&#233;pression s'abattit alors que les R&#233;publicains &#233;taient toujours &#224; la t&#234;te du pays. La situation n&#233;cessitait des mesures radicales et les D&#233;mocrates &#233;taient id&#233;alement plac&#233;s pour critiquer le non interventionnisme des R&#233;publicains dans l'&#233;conomie et dans l'ar&#232;ne internationale. En 1932 le candidat d&#233;mocrate &#224; la pr&#233;sidence fut Franklin D. Roosevelt. Roosevelt &#233;tait un s&#233;nateur ais&#233; de New York qui avait &#233;t&#233; secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la marine. L'image de Roosevelt fut retouch&#233;e pour qu'il apparaisse comme un homme du peuple, pr&#234;t &#224; d&#233;fendre la nation contre la cupidit&#233; et la corruption. Son slogan durant la campagne &#233;lectorale fut &#171; la Nouvelle Donne &#187; (the New Deal), il promettait un changement par rapport aux administrations pr&#233;c&#233;dentes. La Nouvelle Donne marquait un changement profond dans la mani&#232;re dont le Parti d&#233;mocrate se pr&#233;sentait. Il proposait que le gouvernement injecte de grosses sommes pour red&#233;marrer l'&#233;conomie et, au lieu de r&#233;sister au mouvement montant des travailleurs, quelques r&#233;formes pour les sortir de la mis&#232;re et du ch&#244;mage. La population r&#233;pondit &#224; l'appel de Roosevelt en lui donnant une &#233;crasante majorit&#233; aux &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la population n'attendait pas sagement qu'un sauveur vienne &#224; sa rescousse. Les travailleurs commenc&#232;rent &#224; s'organiser et &#224; agir pour r&#233;pondre directement &#224; leurs besoins. La population s'empara de nourriture dans les magasins et les entrep&#244;ts afin de nourrir les affam&#233;s. Des comit&#233;s de ch&#244;meurs furent cr&#233;&#233;s &#224; travers tout le pays, comptant des dizaines de milliers de membres, sous la direction du Parti communiste. Ces comit&#233;s emp&#234;chaient les expulsions, faisaient pression sur les autorit&#233;s pour que l'eau et le gaz ne soient pas coup&#233;s lorsque les factures n'&#233;taient pas pay&#233;es &#224; temps, et luttaient contre la discrimination envers les Noirs et les immigrants. &#192; Seattle les p&#234;cheurs &#233;changeaient le produit de leur p&#234;che contre du bois &#224; br&#251;ler coup&#233; dans les for&#234;ts. M&#233;decins, infirmi&#232;res, coiffeurs, couturi&#232;res &#233;changeaient leurs services contre des marchandises, d&#233;montrant que la seule chose qui ne fonctionnait pas &#233;tait l'&#233;conomie bas&#233;e sur la course aux profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1934 la classe ouvri&#232;re se lan&#231;a dans une s&#233;rie de gr&#232;ves qui impliqu&#232;rent un million et demi de travailleurs &#224; San Francisco (Californie), Minneapolis (Minnesota) et Toledo (Ohio). Ces trois grandes gr&#232;ves suscit&#232;rent l'&#233;mulation des travailleurs de tout le pays. Les luttes men&#233;es par les travailleurs contraignirent Roosevelt et les D&#233;mocrates &#224; &#233;dicter une l&#233;gislation paraissant r&#233;pondre aux aspirations du mouvement. Roosevelt fit voter la loi Wagner qui &#233;tablit un conseil national sur les relations du travail (NLRB, National Labor Relations Board). La loi Wagner donnait aux travailleurs le droit de former des syndicats et de mener des n&#233;gociations collectives au travers du NLRB. Les patrons ne voulaient pas traiter avec les syndicats mais pr&#233;f&#233;raient la m&#233;diation du gouvernement lorsque les syndicats ne pouvaient pas &#234;tre directement stopp&#233;s. Il &#233;tait plus facile de contr&#244;ler le NLRB que des travailleurs prenant conscience de leur force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1936 une nouvelle sorte de gr&#232;ve balaya le pays &#8211; les gr&#232;ves avec occupation d'usine (les &#171; sit-down &#187;). Les sit-down d&#233;but&#232;rent dans des usines de caoutchouc d'Akron. Au lieu de quitter l'usine, les travailleurs en gr&#232;ve s'assirent &#224; c&#244;t&#233; de leur machine et refus&#232;rent de bouger. Les travailleurs prenaient de fait l'usine en otage, emp&#234;chant les patrons de red&#233;marrer la production avec d'autres travailleurs &#224; leur place (p&#233;jorativement, les &#171; jaunes &#187;, les briseurs de gr&#232;ve, &#171; scabs &#187;). La plus importante de ces gr&#232;ves eut lieu en 1936-37 dans l'usine General Motors (GM) &#224; Flint dans le Michigan. Les travailleurs occup&#232;rent les usines pendant 44 jours, bloquant totalement l'empire GM. Apr&#232;s la gr&#232;ve de Flint, il y eut une &#233;ruption de gr&#232;ves &#224; travers le pays. Ces gr&#232;ves furent tellement massives que Roosevelt et les D&#233;mocrates d&#233;cid&#232;rent d'intervenir et de mettre en place des m&#233;diations avec les syndicats pour que les travailleurs y mettent fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vague de gr&#232;ves n'&#233;tait pas seulement un soul&#232;vement contre les patrons et la crise provoqu&#233;e par la Grande d&#233;pression. Les travailleurs se r&#233;voltaient aussi contre la structure archa&#239;que des syndicats corporatistes. Les travailleurs qualifi&#233;s &#233;taient organis&#233;s depuis 1886 dans l'American Federation of Labor (AFL, f&#233;d&#233;ration am&#233;ricaine du travail). L'AFL avait pour politique d'&#233;viter les gr&#232;ves et pr&#233;f&#233;rait compter sur les qualifications monnayables de ses membres pour n&#233;gocier salaires et conditions de travail. Mais l'AFL r&#233;alisa la puissance de la vague de gr&#232;ves et mit sur pied un comit&#233; d'organisation industriel dirig&#233; par John Lewis, du syndicat des mineurs, pour organiser de nouveaux syndicats industriels. &#192; partir de ce comit&#233; Lewis cr&#233;a le Congress of Industrial Organizations (CIO, conf&#233;d&#233;ration des organisations industrielles). Cette conf&#233;d&#233;ration regroupait les travailleurs sans souci de leur qualification ou de leur couleur de peau. C'&#233;tait le nouveau type d'organisation &#8211; le syndicat industriel &#8211; que des milliers parmi les travailleurs et militants r&#233;cemment organis&#233;s consid&#233;raient comme le leur. Les militants du Parti communiste jou&#232;rent un r&#244;le important dans la construction des nouveaux syndicats de la CIO. Partout dans le pays, les travailleurs obtenaient des conventions collectives, formaient des syndicats et rejoignaient la CIO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CIO fut construite gr&#226;ce &#224; l'esprit militant des travailleurs, mais elle devint tr&#232;s t&#244;t une structure pour r&#233;fr&#233;ner leur combativit&#233;. La CIO commen&#231;a &#224; contr&#244;ler ses membres de mani&#232;re plus stricte, d&#233;courageant les gr&#232;ves et l'esprit militant. Lewis fit la d&#233;claration suivante aux patrons : &lt;em&gt;&#171; un accord avec la CIO est une bonne protection contre les sit-downs &lt;/em&gt;(gr&#232;ves avec occupation)&lt;em&gt;, les lie-downs &lt;/em&gt;(gr&#232;ves de la sieste)&lt;em&gt; ou tout autre type de gr&#232;ve &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait malheureusement pas d'organisation de masse pouvant offrir une perspective diff&#233;rente aux travailleurs. Seul le Parti communiste aurait pu organiser une opposition r&#233;elle &#224; la politique de Lewis et de la CIO. C'&#233;tait de loin le parti le plus important de la classe ouvri&#232;re. Mais il avait &#233;t&#233; profond&#233;ment influenc&#233; par les &#233;v&#233;nements en Russie. La r&#233;volution russe fut une r&#233;volution ouvri&#232;re, mais elle se produisit dans un pays sous-d&#233;velopp&#233;. Les r&#233;volutionnaires avaient esp&#233;r&#233; que son exemple d&#233;clencherait d'autres r&#233;volutions, dans les pays industrialis&#233;s d'Europe. Dans toute l'Europe, les travailleurs firent des tentatives r&#233;volutionnaires mais elles &#233;chou&#232;rent. Sans soutien, la classe ouvri&#232;re russe &#233;puis&#233;e, ne put garder le pouvoir. Une couche de bureaucrates, Joseph Staline &#224; sa t&#234;te, s'empara du pouvoir. Ces bureaucrates l'utilis&#232;rent pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts nationaux born&#233;s de la Russie au lieu d'&#233;tendre la r&#233;volution, accaparant les privil&#232;ges du pouvoir et de la richesse. Partout dans le monde, Staline et ses s&#233;ides convertissaient les partis communistes en outils de la politique &#233;trang&#232;re russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis comme dans de nombreux pays, la bureaucratie prit le contr&#244;le du Parti communiste et le transforma, de parti de la r&#233;volution des travailleurs en un outil au service de la bureaucratie. En 1935, le PC am&#233;ricain apporta son soutien complet &#224; Roosevelt et aux d&#233;mocrates parce que la Russie esp&#233;rait s'allier avec les &#201;tats-Unis contre la menace croissante de l'Allemagne. Le PC avait men&#233; bien des combats d&#233;cisifs au d&#233;but de la vague de gr&#232;ves ouvri&#232;res. Mais le soutien du PC &#224; Lewis, &#224; Roosevelt et aux d&#233;mocrates pendant les ann&#233;es trente signifia qu'il n'y avait plus d'opposition organis&#233;e &#224; la politique d&#233;mocrate de captation &#224; leur profit des luttes des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1939, la seconde guerre mondiale d&#233;buta quand l'Allemagne envahit la Pologne, ce &#224; quoi la France et l'Angleterre ripost&#232;rent en lui d&#233;clarant la guerre. Les D&#233;mocrates sous Roosevelt reprirent les positions d&#233;fendues sous Woodrow Wilson, soutenant que l'utilisation de la puissance militaire permettrait &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain de se prot&#233;ger et de gagner de l'influence sur les affaires mondiales. Les capitalistes am&#233;ricains &#233;taient d&#233;j&#224; pr&#233;occup&#233;s par l'essor du Japon et son invasion de la Chine en 1937. Roosevelt faisait pression en vue d'une intervention militaire directe en Europe contre l'Allemagne et en Asie contre le Japon. En 1941, les Japonais bombard&#232;rent Pearl Harbour. Cette attaque directe sur un territoire am&#233;ricain donna &#224; Roosevelt le pr&#233;texte pour mobiliser la population am&#233;ricaine pour la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, la r&#233;sistance de la population russe puis l'entr&#233;e en guerre des &#201;tats-Unis entra&#238;n&#232;rent la d&#233;faite des forces allemandes. Apr&#232;s la guerre, les repr&#233;sentants des vainqueurs, Staline pour la Russie, Roosevelt pour les &#201;tats-Unis et Churchill pour l'Angleterre, se rencontr&#232;rent &#224; Yalta en Ukraine, pour se partager les march&#233;s mondiaux et les sph&#232;res d'influence dans le monde. &#192; la Russie fut accord&#233; le contr&#244;le de l'Europe de l'Est y compris l'Allemagne de l'Est. Les &#201;tats-Unis et la Grande-Bretagne se partag&#232;rent les zones riches en mati&#232;res premi&#232;res du Moyen-Orient, d'Afrique et d'Asie. Des territoires que l'Angleterre avait domin&#233; pass&#232;rent sous contr&#244;le am&#233;ricain. L'Arabie Saoudite, par exemple, re&#231;ut une aide am&#233;ricaine et en &#233;change consentit &#224; ce que la compagnie p&#233;troli&#232;re am&#233;ricaine ARAMCO exploite le p&#233;trole de la r&#233;gion. Ce f&#251;t le d&#233;but du soutien am&#233;ricain au r&#233;gime saoudien, une monarchie religieuse brutale qui ne tiendrait pas une semaine sans l'aide financi&#232;re, les ventes d'armes et l'intervention occasionnelle des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde guerre mondiale fut l'occasion pour Roosevelt d'&#233;viter la chute libre de l'&#233;conomie am&#233;ricaine. Il ordonna le gel des salaires, alors que l'&#233;conomie am&#233;ricaine &#233;tait en expansion rapide, pour contribuer &#224; la guerre. Les bureaucrates syndicaux promirent un moratoire des gr&#232;ves, soi-disant pour aider l'effort de guerre. Quand les travailleurs refus&#232;rent d'honorer cette promesse, la police et la garde nationale furent d&#233;p&#234;ch&#233;es sur les lieux. Avant que l'arm&#233;e occupe le Japon et l'Europe, Roosevelt avait ordonn&#233; aux troupes d'&#233;craser les gr&#232;ves sur le territoire m&#234;me des &#201;tats-Unis. Apr&#232;s-guerre, la loi Taft-Hartley fut vot&#233;e, permettant au gouvernement d'interdire les gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, le capitalisme am&#233;ricain prosp&#233;ra avec la passation d'&#233;normes contrats militaires et la garantie de profits financ&#233;s par l'&#201;tat. &#192; l'apog&#233;e de la production de guerre, les contrats militaires repr&#233;sentaient 34 % du PNB am&#233;ricain. L'&#233;conomie de guerre &#233;tablie durant la guerre a &#233;t&#233; maintenue jusqu'&#224; maintenant, avec un budget militaire annuel moyen de 278 milliards de dollars. C'est en conservant une &#171; &#233;conomie de guerre permanente &#187; que le capitalisme am&#233;ricain a pu maintenir un taux de profit garanti, sans lequel il aurait &#233;t&#233; prisonnier du m&#234;me cycle de crises qui a amen&#233; la grande d&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu du vingti&#232;me si&#232;cle, un changement profond affecta la structure sociale du pays. Le racisme qui faisait des Noirs des citoyens de deuxi&#232;me zone, fut &#233;branl&#233; par le bas et le haut. Un bouleversement du syst&#232;me raciste s'av&#233;rait n&#233;cessaire pour les capitalistes eux-m&#234;mes. Le boom &#233;conomique des ann&#233;es quarante offrit de nouvelles occasions pour les Noirs d'&#233;chapper au racisme du Sud. Pendant la guerre, les Noirs quitt&#232;rent le Sud en grand nombre pour les centres industriels du Nord et de l'Ouest, o&#249; ils furent affect&#233;s &#224; la production de guerre. Les &#201;tats-Unis &#233;taient critiqu&#233;s pour leur racisme dans le monde entier, en particulier par l'Union sovi&#233;tique. Les &#201;tats-Unis tentaient d'appara&#238;tre comme un mod&#232;le de libert&#233; et de d&#233;mocratie, sp&#233;cialement dans les r&#233;gions o&#249; ils essayaient d'&#233;tendre leur influence, en Afrique et en Asie. L'existence d'une population noire terroris&#233;e et priv&#233;e de droit de vote &#233;tait embarrassante. Sous Roosevelt, les politiciens d&#233;mocrates locaux du Sud maintenaient l'ordre raciste, mais au niveau national le parti commen&#231;a &#224; promettre des r&#233;formes. Les promesses d&#233;mocrates et les nouvelles opportunit&#233;s qui s'offraient, entraient en r&#233;sonance avec les espoirs des Noirs am&#233;ricains et, quand ils pouvaient voter, ils donn&#232;rent leur bulletin de vote aux D&#233;mocrates. Entre temps, le racisme envers les Am&#233;ricains d'origine japonaise d&#233;passa les limites, par sa brutalit&#233;. Pendant la guerre, Roosevelt signa l'acte ex&#233;cutif 9066 ordonnant l'internement de 100 000 Am&#233;ricains, originaires du Japon, dans des camps aux USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ces nouveaux espoirs de changement pour la communaut&#233; noire, d&#233;buta la r&#233;sistance. En 1941, le syndicat des porteurs des wagons-lits, dirig&#233; par A. Philip Randolph, fit peser la menace d'une marche de masse, contre le racisme, des Noirs sur Washington. En 1943, le quartier new-yorkais de Harlem vit une d&#233;ferlante d'&#233;meutes provoqu&#233;es par l'existence de logements insalubres et les discriminations professionnelles. Ce type de r&#233;ponse contre le racisme &#233;tait loin de ressembler &#224; ce que les D&#233;mocrates avaient en t&#234;te pour r&#233;former le syst&#232;me de s&#233;gr&#233;gation du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roosevelt meurt en 1945 alors qu'il &#233;tait encore pr&#233;sident en exercice. Son vice-pr&#233;sident Harry S. Truman lui succ&#232;de. Les D&#233;mocrates apr&#232;s la mort de Roosevelt se retrouvent face &#224; de nouveaux enjeux. Ils ont besoin de maintenir le boom de l'&#233;conomie du temps de guerre et de s&#233;curiser le monde d'apr&#232;s-guerre pour p&#233;renniser l'exploitation par les trusts am&#233;ricains et aussi contenir la mar&#233;e montante du mouvement des droits civiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle aujourd'hui de Roosevelt et du New Deal en termes &#233;logieux. On se souvient de Roosevelt comme du sauveur de la classe ouvri&#232;re. Les politiciens et les experts diront qu'il faut un nouveau Roosevelt et un nouveau New Deal. Mais le but de Roosevelt &#233;tait de sauver le syst&#232;me et d'assurer l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine dans le monde vis &#224; vis des autres puissances capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;froide&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Truman, le premier pr&#233;sident de la guerre froide &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident (d&#233;mocrate) Truman continua la politique imp&#233;rialiste &#233;tablie sous Roosevelt. Il supervisa la fin de la seconde guerre mondiale ainsi que le d&#233;but de la guerre froide, la lutte contre l'Union Sovi&#233;tique mais aussi contre l'opposition int&#233;rieure et contre les mouvements d'ind&#233;pendance dans le reste du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la phase finale de la guerre mondiale, Truman ordonna l'utilisation de bombes atomiques sur les villes d'Hiroshima et de Nagasaki. Ces armes, les plus monstrueuses que l'humanit&#233; ait connu, tu&#232;rent instantan&#233;ment 200 000 civils. On savait bien, avant les bombardements, que le Japon allait d&#233;poser les armes. Mais Truman voulait utiliser la bombe pour d&#233;montrer au reste du monde que les &#201;tats-Unis &#233;taient pr&#234;ts &#224; utiliser la force la plus d&#233;vastatrice pour contr&#244;ler les ressources mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, l'Europe &#233;tant affaiblie, l'Union sovi&#233;tique et les &#201;tats-Unis devenaient les deux puissances majeures de la plan&#232;te. Bien que l'Union sovi&#233;tique ait d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;, elle repr&#233;sentait encore une force qui restait en dehors des limites du capitalisme. Malgr&#233; la trahison de la classe ouvri&#232;re par la bureaucratie stalinienne, l'Union sovi&#233;tique &#233;tait tout de m&#234;me un frein &#224; l'imp&#233;rialisme. Les quarante ans qui suivirent la seconde guerre mondiale furent marqu&#233;s par la lutte entre les &#201;tats-Unis et l'Union sovi&#233;tique, la Guerre froide. Des mouvements nationalistes embras&#232;rent les colonies d'Afrique, d'Asie et du Moyen-Orient, visant &#224; obtenir l'ind&#233;pendance nationale vis-&#224;-vis des anciens r&#233;gimes coloniaux. L'Union sovi&#233;tique soutenait ces mouvements, esp&#233;rant affaiblir les pays imp&#233;rialistes en leur coupant l'acc&#232;s aux march&#233;s et aux mati&#232;res premi&#232;res. Les &#201;tats-Unis soutenaient les anciens pouvoirs coloniaux europ&#233;ens ou intervenaient directement comme en Cor&#233;e, au Vietnam ou en Afghanistan, pour contr&#244;ler les populations mais aussi pour contrer l'Union Sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur, la guerre froide servait de pr&#233;texte aux attaques contre les syndicats et les travailleurs. Le Parti communiste fut pr&#233;sent&#233; comme une dangereuse menace interne, bien qu'il ait amen&#233; la classe ouvri&#232;re et ses organisations &#224; soutenir Roosevelt, et la guerre, et fait tout ce qu'il pouvait pour assujettir les travailleurs au parti d&#233;mocrate. En 1949, plus de 140 membres du PC furent emprisonn&#233;s sous couvert de la loi Smith. La figure embl&#233;matique de cette chasse aux sorci&#232;res durant guerre froide, fut le s&#233;nateur du Wisconsin, Joseph McCarthy. Sous McCarthy, les syndicats furent purg&#233;s de tout &#233;l&#233;ment ayant &#233;t&#233; li&#233; au PC ou &#224; une organisation radicale. Les communistes et les diff&#233;rents courants radicaux furent expuls&#233;s des syndicats alors qu'ils avaient jou&#233; un r&#244;le majeur dans leur cr&#233;ation. Des milliers de travailleurs furent mis sur listes noires, circulant parmi les patrons, qui les privaient de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1949, les politiques &#233;trang&#232;res du Parti d&#233;mocrate et du Parti r&#233;publicain &#233;taient quasiment identiques. Leur diff&#233;rence r&#233;sidait dans la mani&#232;re et le genre d'illusions qu'ils d&#233;veloppaient pour obtenir le soutien de la population. L'&#232;re Roosevelt laissa aux D&#233;mocrates une image de d&#233;fenseurs des travailleurs (m&#234;me si certains D&#233;mocrates du Sud restaient partisans de la s&#233;gr&#233;gation raciale). Les R&#233;publicains apparaissaient plus acharn&#233;s envers le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre froide donna aux R&#233;publicains l'occasion de regagner la pr&#233;sidence en 1949. Dwight Eisenhower, le candidat r&#233;publicain, usa d'une rh&#233;torique de guerre froide. Il critiqua le Parti d&#233;mocrate pour son impuissance &#224; d&#233;fendre les Am&#233;ricains contre l'Union Sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;kennedy&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;John F. Kennedy : un faux espoir de changement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Kennedy fut le premier pr&#233;sident d&#233;mocrate apr&#232;s l'&#232;re de Truman. Les D&#233;mocrates, &#224; l'&#233;poque de Kennedy, pr&#233;tendirent qu'Eisenhower avait laiss&#233; l'Union sovi&#233;tique surclasser les &#201;tats-Unis durant la guerre froide. Kennedy partageait la m&#234;me politique que ses pr&#233;d&#233;cesseurs. Dans les ann&#233;es cinquante, il fut l'un des anti-communistes les plus enrag&#233;s, exhortant le gouvernement &#224; faire la chasse aux communistes et les tra&#238;ner en justice sous pr&#233;texte qu'ils repr&#233;sentaient une menace nationale. Kennedy projeta une politique &#233;trang&#232;re plus dure &#224; l'&#233;gard du communisme que la politique d'Eisenhower. C'est sous la pr&#233;sidence de Kennedy, en 1961, qu'eut lieu l'invasion rat&#233;e de la Baie des Cochons, &#224; Cuba, par des exil&#233;s cubains, organis&#233;s et arm&#233;s par les &#201;tats-Unis. Il fut aussi directement responsable de l'engagement accru des Am&#233;ricains au Vietnam. Cependant, son administration se trouva confront&#233;e &#224; un mouvement massif de la population noire pour les droits civiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Vietnam, d'abord une colonie fran&#231;aise, &#233;tait un des endroits du globe o&#249; la population se soulevait pour mettre &#224; bas la domination des pays imp&#233;rialistes. Chaque succ&#232;s des opprim&#233;s donnait espoir aux autres peuples luttant dans le monde. Les &#201;tats-Unis avaient soutenu la France depuis 1954 car ils craignaient les cons&#233;quences d'une victoire vietnamienne. L'arm&#233;e am&#233;ricaine maintenait des bases militaires en Chine, aux Philippines, au Japon, Taiwan et Cor&#233;e du Sud. Si les Vietnamiens chassaient les fran&#231;ais, cela pouvait inciter d'autres pays &#224; en faire autant avec les forces arm&#233;es am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les D&#233;mocrates bataillaient durant la guerre froide, un mouvement social majeur se d&#233;veloppait dans la population noire. Les v&#233;t&#233;rans noirs de la guerre mondiale avaient d&#233;couvert un monde europ&#233;en o&#249; les Blancs ne recevaient pas une &#233;ducation raciste. En Europe, leur vision d'ensemble s'&#233;tait approfondie. Ils constataient que le racisme n'&#233;tait pas naturel et que la soci&#233;t&#233; pouvait &#234;tre diff&#233;rente. La migration vers les villes, le travail dans l'industrie et l'exp&#233;rience de la guerre avaient &#233;largi l'exp&#233;rience des Noirs am&#233;ricains. Ils &#233;taient sur le chemin de r&#233;aliser eux-m&#234;mes les changements qu'ils d&#233;siraient. Cette pression se fit sentir en 1954 quand la Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis d&#233;cida, dans la d&#233;cision &#171; Brown contre le conseil de l'&#233;ducation &#187;, d'invalider la doctrine &#171; s&#233;par&#233;s mais &#233;gaux &#187; qui formait la base l&#233;gale du syst&#232;me s&#233;gr&#233;gationniste depuis les ann&#233;es 1890. La Cour supr&#234;me n'envisagea aucune voie concr&#232;te pour en finir avec la s&#233;gr&#233;gation dans le Sud, ce sont les Noirs qui le firent eux-m&#234;mes. Ils organis&#232;rent des manifestations et des boycotts pour obliger les autorit&#233;s locales et les employeurs &#224; prendre leurs responsabilit&#233;s face au probl&#232;me du racisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1960 des &#233;tudiants de Caroline du Nord d&#233;cid&#232;rent d'occuper le comptoir de restauration rapide Woolworth. Cette forme d'action directe se d&#233;veloppa en quelques semaines dans quinze villes de cinq &#201;tats du Sud. Plus de 3 600 participants &#224; ces actions furent emprisonn&#233;s un certain temps mais la force du nombre obligea les comptoirs &#224; accepter l'int&#233;gration de la population noire. D'apr&#232;s le minist&#232;re de la justice, il y eut 1 412 manifestations en trois mois seulement en 1963. Cette ann&#233;e-l&#224;, les militants des droits civiques organis&#232;rent une marche sur Washington qui regroupa 200 000 participants. Le pr&#233;sident Kennedy et d'autres personnalit&#233;s politiques se h&#226;t&#232;rent de saluer le mouvement et pr&#233;tendirent &#234;tre du c&#244;t&#233; des manifestants, alors qu'ils n'avaient rien fait pendant que la population se faisait rosser et assassiner dans le Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;johnson&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Lyndon Johnson :le pr&#233;sident de la guerre du Vietnam&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Kennedy fut assassin&#233; en 1963. Son vice-pr&#233;sident, Lyndon Johnson lui succ&#233;da. Il poursuivit la politique int&#233;rieure et &#233;trang&#232;re de Kennedy. Son r&#244;le le plus notable fut d'intensifier la pr&#233;sence am&#233;ricaine au Vietnam jusqu'&#224; la guerre totale. Aux USA, il fut confront&#233; &#224; une pouss&#233;e du mouvement pour les droits civiques et au d&#233;veloppement d'un mouvement pacifiste puissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1964, l'administration Johnson concocta une mise en sc&#232;ne, en vue d'une intervention massive, en manipulant les informations sur les &#233;v&#233;nements du Vietnam. L'administration pr&#233;tendit que des navires am&#233;ricains avaient &#233;t&#233; assaillis alors qu'ils patrouillaient le Golfe du Tonkin. Johnson d&#233;crivit l'&#233;v&#233;nement comme une attaque sans provocation de la part des troupes am&#233;ricaines. En r&#233;alit&#233; ces bateaux avaient p&#233;n&#233;tr&#233; dans les eaux territoriales nord-vietnamiennes et l'agression fut une pure invention &#8211; elle n'a jamais eu lieu. Johnson avait besoin d'un pr&#233;texte pour entrer en guerre et avec l'aide des m&#233;dias il transforma les &#233;v&#233;nements du Golfe du Tonkin en un nouveau Pearl Harbor, afin de convaincre l'opinion publique am&#233;ricaine. Le Congr&#232;s adopta, &#224; la quasi-unanimit&#233;, une r&#233;solution pour entrer en guerre fond&#233;e sur ce mensonge. Il instaura la conscription pour &#233;toffer les rangs de l'arm&#233;e et faire la guerre. En 1964, les &#201;tats-Unis envoy&#232;rent 200 000 hommes au Vietnam, puis 200 000 de plus en 1966, et en 1968 il y avait 500 000 am&#233;ricains combattant au Vietnam. La politique militaire am&#233;ricaine &#233;tait se soumettre la population par la terreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; l'escalade au Vietnam, s'intensifiait la lutte des Noirs contre le racisme. En 1964 les organisations pour les droits civiques appel&#232;rent &#224; des manifestations de masse dans le Mississippi, au c&#339;ur du Sud s&#233;gr&#233;gationniste. Durant l'&#233;t&#233; des groupes de jeunes se rendirent dans le Mississippi et durent affronter l'extr&#234;me violence des racistes locaux. Ces activistes esp&#233;raient qu'en risquant leur vie &#224; agir sur le terrain, ils attireraient l'attention sur les crimes dans le Sud. Trois militants furent tu&#233;s de sang froid avec l'aide de la police de Philadelphie (Mississippi). De m&#234;me que sous Kennedy, Johnson &#233;tait peu dispos&#233; &#224; d&#233;fendre les droits civiques des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement f&#233;d&#233;ral essayait de canaliser le mouvement vers les actions l&#233;gales. En 1965 l'administration Johnson signa la loi f&#233;d&#233;rale sur le droit de vote qui assurait l'acc&#232;s aux urnes, d&#233;mantelant les lois locales con&#231;ues pour emp&#234;cher les Noirs de voter. Les D&#233;mocrates pensaient que s'ils pouvaient faire croire &#224; la population noire qu'ils repr&#233;sentaient ses aspirations, ils pourraient l'emp&#234;cher d'agir dans son propre int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; l'administration Johnson essayait de calmer le mouvement en passant des lois, la col&#232;re explosait dans les ghettos noirs. En 1964 une manifestation &#224; Harlem d&#233;g&#233;n&#233;ra en &#233;meute qui dura trois jours. En 1965 le ghetto de Watts, &#224; Los Angeles, fut le si&#232;ge d'une insurrection de cinq jours. Pendant l'&#233;t&#233; 1967 une vague d'&#233;meutes d&#233;ferla, les plus importantes ayant lieu &#224; Detroit et &#224; Newark. Une commission d'enqu&#234;te du congr&#232;s nota huit soul&#232;vements majeurs cet &#233;t&#233; l&#224;, ainsi que 33 &#233;meutes et 133 d&#233;sordres &#171; mineurs &#187;. La population noire avait vu sa conscience &#233;voluer au travers de sa lutte pour acqu&#233;rir des droits fondamentaux. Son mot d'ordre de &#171; droits civiques &#187; se mua en &#171; pouvoir noir &#187; (black power). C'&#233;tait un nouvel &#233;tat d'esprit &#8211; ce que la classe dirigeante ne voulait pas c&#233;der pacifiquement, la population noire &#233;tait pr&#234;te &#224; l'obtenir par la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup commen&#231;aient &#224; faire le lien entre la lutte pour les droits civiques et la guerre au Vietnam. En 1966, le comit&#233; de coordination des &#233;tudiants non-violents (SNCC, Student Nonviolent Coordinating Committee), une des plus importantes organisations pour les droits civiques, fit une d&#233;claration contre la guerre et demanda le retour des troupes. En 1967, Martin Luther King, un des principaux porte-parole du mouvement, prit position contre la guerre, accusant les &#201;tats-Unis d'&#234;tre &lt;em&gt;&#171; les plus grands pourvoyeurs de violence dans le monde &#187;&lt;/em&gt;. Le lien entre la guerre, le racisme, le capitalisme et la politique &#233;trang&#232;re am&#233;ricaine, devenait de plus en plus &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contestation la plus importante se d&#233;roula au sein de l'arm&#233;e. De nombreux soldats avaient particip&#233; au mouvement pour les droits civiques et &#233;taient politis&#233;s. Pourquoi combattre les Vietnamiens alors que leurs v&#233;ritables ennemis &#233;taient aux &#201;tats-Unis ? Les soldats distribuaient des journaux clandestins sur la ligne de front. Ils commen&#231;aient &#224; refuser de combattre. Des soldats furieux lanc&#232;rent des grenades dans les tentes de leurs officiers. Des milliers d'entre eux d&#233;sertaient. Rien qu'en 1967, 47 000 soldats furent signal&#233;s &#171; port&#233;s disparus &#187;. Les jeunes conscrits refusaient de s'enr&#244;ler. En 1966, 380 appel&#233;s furent poursuivis pour avoir refus&#233; le service militaire. &#192; la fin des ann&#233;es soixante, 33 960 jeunes avaient refus&#233; de servir. Entre 50 000 et 100 000 conscrits avaient fui au Canada pour ne pas &#234;tre envoy&#233;s au Vietnam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;1968&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;1968 &#8211; Une ann&#233;e de luttes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1968 fut une ann&#233;e de crise pour la classe dirigeante et le parti d&#233;mocrate. Les Nord-vietnamiens lanc&#232;rent l'offensive du T&#234;t le 30 janvier, date du Nouvel an vietnamien. Les forces vietnamiennes frapp&#232;rent l'arm&#233;e am&#233;ricaine dans plus d'une centaine de villes et lanc&#232;rent un assaut majeur sur la capitale, Sa&#239;gon. Au plus fort de l'attaque, le drapeau du Front national de lib&#233;ration flotta sur l'ambassade am&#233;ricaine. Cette attaque traumatisa une opinion am&#233;ricaine de plus en plus hostile &#224; la guerre. Les politiciens pr&#233;tendaient que la guerre &#233;tait presque termin&#233;e, que la victoire am&#233;ricaine &#233;tait proche. L'offensive du T&#234;t d&#233;montra que c'&#233;tait un mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis Martin Luther King fut assassin&#233; en Avril. Imm&#233;diatement, les quartiers d&#233;sh&#233;rit&#233;s des villes am&#233;ricaines explos&#232;rent de col&#232;re. Cette indignation mit Baltimore, Boston, Chicago, Detroit, Kansas City, Newark, Washington et d'autres villes &#224; feu et &#224; sang. &#192; la fin de l'&#233;t&#233;, 125 villes am&#233;ricaines avaient connu des soul&#232;vements urbains. Les forces de police locales ne pouvant toujours contenir ces &#233;meutes, la garde nationale fut envoy&#233;e du Sud et du Midwest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les D&#233;mocrates avaient de la peine &#224; r&#233;agir &#224; ces d&#233;fis majeurs &#224; leur autorit&#233;. Une partie de l'organisation jugea que la continuation de la guerre serait trop co&#251;teuse. Les grands quotidiens et les cha&#238;nes nationales commenc&#232;rent &#224; r&#233;v&#233;ler les doutes que leurs propri&#233;taires entretenaient sur la guerre et &#224; critiquer la politique du gouvernement. Le mouvement pour les droits civiques, le &#171; Black power &#187; et les r&#233;voltes urbaines faisaient comprendre aux capitalistes qu'ils ne pouvaient plus compter sur la population pour se battre &#224; l'&#233;tranger et qu'ils &#233;taient confront&#233;s &#224; une r&#233;sistance de plus en plus forte &#224; l'int&#233;rieur. N&#233;anmoins, la guerre repr&#233;sentait un investissement important et des fractions de la classe capitaliste refusaient d'admettre la d&#233;faite au Vietnam et ne voulaient pas faire de concessions au mouvement noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1968 fut aussi une ann&#233;e d'&#233;lections. Les primaires d&#233;mocrates devinrent le champ d'une rivalit&#233; &#233;lectorale entre des candidats qui voulaient changer de politique et ceux qui voulaient garder le cap. Il y avait deux candidats anti-guerre : un s&#233;nateur pas tr&#232;s connu, Eug&#232;ne McCarthy du Minnesota, et le bien plus c&#233;l&#232;bre s&#233;nateur Robert Kennedy (le fr&#232;re de JFK) de New York. Ces deux politiciens avaient assum&#233; diff&#233;rents postes gouvernementaux pendant des ann&#233;es. McCarthy &#233;tait un s&#233;nateur en marge du parti d&#233;mocrate. Il avait constamment critiqu&#233; la guerre du Vietnam. &#192; l'approche des &#233;lections, il gagna en popularit&#233;, comme le montra l'&#233;lection primaire du New Hampshire de 1968, o&#249; il recueillit 42 % des voix, contre 49 % pour Johnson. Sa candidature for&#231;ait le parti d&#233;mocrate &#224; reconsid&#233;rer son attitude vis-&#224;-vis du mouvement anti-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kennedy, d'autre part, membre de la riche famille Kennedy, avait &#233;t&#233; ministre de la justice durant l'administration de son fr&#232;re et plus tard s&#233;nateur de New York. Il n'avait jamais dit un seul mot contre la guerre du Vietnam jusqu'aux primaires du New Hampshire. Apr&#232;s ces primaires, Kennedy prit position contre la guerre. Les arguments habituels furent utilis&#233;s pour excuser l'apparition tardive de ses convictions pacifistes. Il avait &#233;t&#233; &#171; pragmatique &#187; et voulait rester &#171; &#233;ligible &#187; avant 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition de candidatures anti-guerre divisa le parti d&#233;mocrate. Ces positions populaires contre la guerre eurent un impact sur certains politiciens qui demand&#232;rent un changement de politique, mais une large section de l'appareil du parti, en particulier les &#233;lus locaux des villes et des &#201;tats, soutenaient Johnson et la continuation de la guerre. De nombreux d&#233;mocrates du Sud tourn&#232;rent le dos au parti et apport&#232;rent leur soutien au candidat du parti ind&#233;pendant, George Wallace, le gouverneur ouvertement raciste de l'Alabama. Avec le parti divis&#233; en trois et sa cote de popularit&#233; en baisse, Lyndon Johnson, finalement, annon&#231;a &#224; la t&#233;l&#233;vision qu'il ne se pr&#233;senterait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection fixait l'attention et devenait un d&#233;rivatif pour ceux qui s'&#233;taient engag&#233;s dans les mouvements sociaux des ann&#233;es 60. Ils &#233;taient enthousiasm&#233;s de voir que leurs opinions &#233;taient reprises par des personnalit&#233;s politiques de l'establishment comme McCarthy et Kennedy. Et il &#233;tait extraordinaire de voir Lyndon Johnson renoncer &#224; se pr&#233;senter suite aux pressions contre lui et contre la guerre. La population eut l'illusion qu'elle changeait vraiment les choses parce que les politiciens changeaient de refrain. Elle ne comprenait pas que l'&#233;mergence de politiciens contre la guerre &#233;tait une nouvelle tentative des D&#233;mocrates de r&#233;cup&#233;rer les forces de la population. Les gens &#233;taient encore une fois tromp&#233;s par les m&#234;mes promesses de politiciens qui &#233;taient &#171; r&#233;ellement &#187; de leur c&#244;t&#233;. Puis, au mois de mai, Robert Kennedy, qui avait gagn&#233; la primaire de Californie, fut abattu. Pour beaucoup ce fut d&#233;moralisant &#233;tant donn&#233; la somme d'espoir et d'&#233;nergie qui avait &#233;t&#233; investie en Kennedy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction pro-guerre du parti domina la convention nationale d&#233;mocrate qui se tint &#224; Chicago en ao&#251;t. &#192; l'ext&#233;rieur de la convention, des milliers de personnes manifestaient contre la guerre. Le maire d&#233;mocrate de Chicago, Daley, ordonna &#224; la police d'utiliser la force. La Convention fut cern&#233;e de milliers de policiers, par la garde nationale et entour&#233;e de barbel&#233;s. Malgr&#233; la violence, la contestation continua &#224; se d&#233;cha&#238;ner pendant huit jours. &#192; l'int&#233;rieur de la convention, le candidat partisan de la guerre, le vice-pr&#233;sident de Johnson, Hubert Humphrey, obtient presque trois fois plus de voix que le candidat anti-guerre, Eug&#232;ne McCarthy. De m&#234;me qu'aujourd'hui, le candidat d&#233;mocrate n'&#233;tait pas choisi seulement par le vote populaire. Les chefs du parti avaient le pouvoir d'annuler des votes d&#233;cisifs. Les vrais d&#233;cideurs au parti &#8211; les compagnies donatrices et les politiciens professionnels &#8211; avaient r&#233;solu que sans Kennedy ils n'essaieraient pas d'en appeler au sentiment anti-guerre. Le candidat pro-guerre Hubert Humphrey devint celui du parti d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections de 1968 consist&#232;rent en la confrontation de deux candidats pro guerre &#8211; Hubert Humphrey et Richard Nixon. Humphrey ali&#233;nait tous ceux qui &#233;taient contre la guerre et ne faisait rien d'important pour se d&#233;marquer de son adversaire. Il s'identifiait dans l'esprit des &#233;lecteurs &#224; Lyndon Johnson. Nixon joua sur la peur de beaucoup d'Am&#233;ricains qui ne comprenaient pas la r&#233;volte des ghettos et les pertes am&#233;ricaines au Vietnam. Nixon gagna l'&#233;lection avec une campagne visant la &#171; majorit&#233; silencieuse &#187; d&#233;sirant un retour &#224; l'ordre et &#224; la normale. Nixon avait &#233;galement sugg&#233;r&#233; qu'il avait un plan pour terminer la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s 1968 : d&#233;sordre chez les D&#233;mocrates&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un parti divis&#233; int&#233;rieurement, les D&#233;mocrates &#233;taient en pleine d&#233;confiture. En 1972, le candidat soutenu par les supporters de Kennedy et de McCarthy, George McGovern, s&#233;nateur du Dakota du Sud, remporta la nomination d&#233;mocrate. McGovern promit le retour imm&#233;diat des troupes du Vietnam ainsi qu'une r&#233;duction des d&#233;penses militaires. Pendant ce temps, les autres leaders du parti d&#233;mocrate non seulement s'oppos&#232;rent &#224; McGovern, mais firent activement campagne contre lui apr&#232;s sa nomination. Le r&#233;sultat fut une campagne schizophr&#233;nique o&#249; les leaders d&#233;mocrates faisaient campagne contre le candidat d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la population, aux &#233;lections de 1972, il n'y avait aucun choix clair. Les D&#233;mocrates &#233;taient divis&#233;s et sans direction. Pour beaucoup ils ne repr&#233;sentaient plus une alternative s&#233;rieuse. 55,2 % de la population seulement vota malgr&#233; le climat politique tendu. Nixon fut r&#233;&#233;lu &#224; une large majorit&#233;, mais seulement par ceux qui se d&#233;plac&#232;rent pour aller voter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population n'arr&#234;ta pas de r&#233;sister. En fait beaucoup de gens devenaient pr&#234;ts &#224; tout pour trouver des moyens d'arr&#234;ter la machine de guerre qui ne semblait pas se soucier des protestations. L'opposition pris de nombreuses formes, collectives et individuelles. Les v&#233;t&#233;rans form&#232;rent le groupe &lt;em&gt;V&#233;t&#233;rans du Vietnam Contre la Guerre&lt;/em&gt; et organis&#232;rent des manifestations de soldats revenus du Vietnam devant la Maison Blanche. Daniel Ellsberg, un employ&#233; haut plac&#233; du Pentagone, divulgua &#224; la presse des documents secrets, &#171; les papiers du Pentagone &#187;. Les femmes, dont un grand nombre avait &#233;t&#233; actives dans les mouvements pour les droits civiques et contre la guerre, commenc&#232;rent &#224; militer pour trouver des solutions &#224; leurs probl&#232;mes. Ce mouvement, le mouvement f&#233;ministe, combattait pour changer la mani&#232;re dont les femmes &#233;taient trait&#233;es dans la soci&#233;t&#233;. Le mouvement demandait un salaire &#233;gal pour un travail &#233;gal, le m&#234;me acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation et des garderies gratuites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;carter&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;L'administration Carter&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jimmy Carter devint pr&#233;sident alors qu'il y avait un profond manque de confiance dans le gouvernement et le syst&#232;me &#233;lectoral. Beaucoup de gens pensaient que le gouvernement &#233;tait responsable des probl&#232;mes et n'avait aucun souci des gens ordinaires. La population venait de vivre deux mouvements sociaux majeurs (pour les droits civiques et contre la guerre), une r&#233;volte dans l'arm&#233;e, suivis par des mouvements pour les droits des femmes, des homosexuels, des prisonniers, des Indiens, et pour la protection de l'environnement. Au cours des dix ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, beaucoup de gens avaient eu la preuve que s'ils voulaient des changements, il valait mieux compter sur leur propre action que sur les politiciens. Coexistait avec cette confiance en soi, une m&#233;fiance profonde envers le gouvernement dans son ensemble, nourri par les mensonges sur le Vietnam, les assassinats et les emprisonnements des militants politiques, et enfin le scandale du Watergate qui obligea Nixon &#224; d&#233;missionner. Seulement 53 % des inscrits particip&#232;rent &#224; l'&#233;lection de 1976. Carter fut &#233;lu avec 50 % des votants, soit 25 % de la population inscrite sur les listes &#233;lectorales. On ne peut pas dire qu'il &#233;tait vu comme une solution aux probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa campagne, Carter essaya de regagner la confiance d'un public d&#233;sillusionn&#233; en pr&#233;tendant partager les m&#234;mes vues politiques. Bien que Carter ait soutenu la guerre jusqu'&#224; la fin, il essaya de convaincre les gens qu'il avait &#233;t&#233; oppos&#233; &#224; la guerre. Il promit des r&#233;ductions du budget militaire, de garantir une assurance sant&#233; aux plus d&#233;munis et de diminuer les in&#233;galit&#233;s sociales entre les populations noire et blanche. Il tenta de gagner le respect de la population en apparaissant comme un fermier du Sud, ordinaire et bon travailleur. En fait, Carter &#233;tait un producteur de cacahu&#232;tes millionnaire qui avait h&#233;rit&#233; la terre de son p&#232;re. Une fois &#233;lu, il fit m&#234;me quelques nominations symboliques pour continuer la com&#233;die. Il nomma une femme noire, Patricia Harris, secr&#233;taire d'&#201;tat au logement et au d&#233;veloppement urbain, un v&#233;t&#233;ran du mouvement pour les droits civiques, Andrew Young, ambassadeur aux Nations Unies, et un ancien militant anti-guerre pour diriger une nouvelle agence gouvernementale charg&#233;e des &#171; Peace Corps &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les autres membres de son administration repr&#233;sentaient la continuit&#233; avec les administrations pass&#233;es. Son conseiller pour la s&#251;ret&#233; nationale, Zbigniew Brzezinski, et son ministre de la d&#233;fense, Harold Strong, &#233;taient de chauds partisans de la guerre du Vietnam, tandis que son ministre de l'&#233;nergie, James Schlesinger, ministre de la d&#233;fense sous Nixon, pr&#233;conisait un accroissement continu du budget militaire. Les autres membres du cabinet &#233;taient fortement li&#233;s &#224; l'&#233;lite du monde des affaires, comme la commission trilat&#233;rale, un groupement international de capitalistes, tels que David Rockefeller et des experts en politique &#233;trang&#232;re, tels que Brzezinski. La raison d'&#234;tre de la commission trilat&#233;rale &#233;tait d'am&#233;liorer les strat&#233;gies militaires et &#233;conomiques internationales des multinationales am&#233;ricaines en d&#233;veloppement. Ce groupe avait choisi de soutenir Carter car ils pensaient qu'apr&#232;s le scandale du Watergate aucun candidat r&#233;publicain ne pourrait &#234;tre &#233;lu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La politique &#233;trang&#232;re de Carter&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carter a &#233;t&#233; d&#233;crit par les m&#233;dias comme un militant humanitaire. Il a m&#234;me re&#231;u le prix Nobel de la paix en 2002. Mais quand on regarde la politique &#233;trang&#232;re r&#233;elle de Carter, on voit le contraire de l'humanitaire. On voit un soutien sans faille au monde des affaires, un soutien constant &#224; des dictateurs brutaux et une politique de r&#233;pression des mouvements populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours pr&#233;sidentiel de 1980, Carter donna cet avertissement : &lt;em&gt;&#171; Que notre position soit bien claire : toute tentative de la part d'une force &#233;trang&#232;re pour prendre le contr&#244;le de la r&#233;gion du Golfe Persique sera per&#231;ue comme mena&#231;ant les int&#233;r&#234;ts vitaux des &#201;tats-Unis, et en tant que telle sera repouss&#233;e par tous les moyens n&#233;cessaires, y compris la force militaire. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine Carter &#233;tait bien un avertissement au reste du monde que les &#201;tats-Unis n'h&#233;siteraient pas &#224; d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts p&#233;troliers au Moyen-Orient en utilisant la force. Elle r&#233;sumait tout simplement les interventions de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain depuis un si&#232;cle et pr&#233;sentait le mod&#232;le de politique &#233;trang&#232;re qui allait perdurer pendant les ann&#233;es de l'administration Carter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;La dictature de Suharto&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste avant l'entr&#233;e en fonction de Carter, l'arm&#233;e indon&#233;sienne dirig&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Suharto envahit la petite &#238;le du Timor Oriental et en quelques ann&#233;es massacra 200 000 personnes, environ un tiers de la population de l'&#238;le. L'administration Carter donna son appui sans r&#233;serves &#224; Suharto et augmenta m&#234;me l'aide militaire &#224; son gouvernement de 80 %, soit plusieurs centaines de millions de dollars. Sans l'aide am&#233;ricaine l'arm&#233;e de Suharto aurait pu &#234;tre &#224; court d'armes et &#234;tre vaincue par la r&#233;sistance du Timor. Les &#201;tats-Unis refusaient un tel sc&#233;nario car le gouvernement de Suharto se montrait extr&#234;mement favorable aux d&#233;sirs am&#233;ricains. Durant la pr&#233;sidence de Nixon, avec l'encouragement de la fondation Ford, les &#201;tats-Unis soutinrent la prise de pouvoir du g&#233;n&#233;ral Suharto, par un coup d'&#201;tat contre un mouvement nationaliste en Indon&#233;sie. Suharto arriv&#233; &#224; la t&#234;te du pays, transf&#233;ra l'&#233;conomie et les ressources (principalement le p&#233;trole, les minerais et le bois) indon&#233;siennes &#224; des compagnies am&#233;ricaines. L'administration Carter n'h&#233;sita pas &#224; aider militairement ce tyran brutal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Soutien &#224; Mobutu&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Za&#239;re, Mobutu Sese Seko prit le pouvoir par un coup d'&#201;tat en 1965. Son r&#233;gime fut brutal d&#232;s le d&#233;but. Il amassa une fortune personnelle alors que le pays s'enfon&#231;ait dans la dette et que l'&#233;conomie s'&#233;croulait. Il ordonnait des pendaisons publiques et la torture des personnes suspectes d'&#234;tre des opposants. Mobutu condamnait parfois &#224; mort des membres de son gouvernement, les faisait torturer, puis leur pardonnait et leur faisait r&#233;int&#233;grer le gouvernement, mais cette fois avec l'assurance qu'ils n'oseraient pas le trahir. C'&#233;tait sa m&#233;thode pour s'assurer de la loyaut&#233; de ses collaborateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Publiquement, l'administration Carter essaya de prendre des distances vis &#224; vis de Mobutu, mais en fait elle repr&#233;sentait un soutien majeur &#224; son r&#233;gime. L'essentiel de l'aide am&#233;ricaine &#224; l'Afrique sub-saharienne, sous Carter, alla &#224; Mobutu. En 1977, un soul&#232;vement contre Mobutu &#233;clata dans la province du Sud, le Shaba. L'administration Carter, ainsi que la France et la Belgique, r&#233;agirent vite, exp&#233;diant une aide de deux millions de dollars en &#233;quipement militaire. Les &#201;tats-Unis permirent aux soldats marocains, &#233;quip&#233;s de mat&#233;riel am&#233;ricain, de voler au secours de Mobutu et d'&#233;craser la r&#233;volte. Peu de temps apr&#232;s les journaux rapport&#232;rent que, dans les coulisses, la CIA recrutait des mercenaires qu'elle envoyait au Za&#239;re soutenir la faible arm&#233;e de Mobutu.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dictatures &#224; travers le monde&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Salvador, l'administration Carter apporta son aide aux escadrons de la mort, responsables de l'assassinat de milliers de personnes qui s'opposaient aux r&#233;formes agraires gouvernementales qui entra&#238;naient l'expulsion de milliers de paysans de leurs terres, d&#233;volues ensuite &#224; des compagnies am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carter offrit un soutien constant au r&#233;gime de Somoza, au Nicaragua, responsable du viol, de la torture et du meurtre de milliers de nicaraguayens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour maintenir les bases militaires et les investissements am&#233;ricains aux Philippines, l'administration Carter poursuivit l'aide militaire des dix pr&#233;c&#233;dentes ann&#233;es au dictateur Ferdinand Marcos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant l'administration Carter, les &#201;tats-Unis ont toujours mis leur veto sur les r&#233;solutions de l'ONU destin&#233;es &#224; imposer des sanctions au r&#233;gime d'Apartheid d'Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration Carter maintint &#233;galement une aide militaire cons&#233;quente au Shah d'Iran, qui garantissait l'acc&#232;s du p&#233;trole iranien aux compagnies am&#233;ricaines. Sous le Shah, la Savak, la police iranienne form&#233;e par la CIA, tortura et assassina des milliers d'iraniens. Ses m&#233;thodes brutales de torture incluaient les chocs &#233;lectriques, le fouet, le tabassage, l'insertion de d&#233;bris de verre ou d'eau bouillante dans le rectum, la fixation de poids aux testicules et l'arrachage de dents. Bref, l'administration Carter repr&#233;senta ind&#233;niablement la continuation de la domination militaire et de la brutalit&#233; des administrations pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les mensonges de Camp David&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre aspect du mensonge sur l'h&#233;ritage politique de Carter est le programme soi-disant pro-palestinien qu'il essaya d'avancer lors des accords de Camp David en 1978. Ces accords, sign&#233;s par Isra&#235;l et l'&#201;gypte, ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s comme une concession majeure d'Isra&#235;l aux Palestiniens des territoires occup&#233;s. Ils ont &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;s comme une promesse au peuple palestinien d'avoir son propre &#201;tat. Pour sa signature du trait&#233;, l'Egypte re&#231;ut des milliards de dollars d'aide militaire am&#233;ricaine. Par contre, le pr&#233;tendu &#201;tat palestinien ne repr&#233;sentait rien de plus que quelques &#238;lots de terres reli&#233;s par des points de contr&#244;le isra&#233;liens. En fait, les accords de Camp David ont soutenu l'expansion des colonies isra&#233;liennes dans les territoires palestiniens, et n'ont rien conc&#233;d&#233; aux Palestiniens sinon un accroissement de la colonisation isra&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La politique &#233;conomique de Carter : dons aux entreprises et attaques contre les travailleurs et les pauvres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un aper&#231;u de l'&#233;conomie montre bien les int&#233;r&#234;ts d&#233;fendus par Carter au cours de son administration : 1 % de la population poss&#233;dait plus de 33 % de la richesse du pays. Les 10 % les plus riches poss&#233;daient 30 fois plus que les 10 % les plus pauvres. Et 83 % des actions &#233;taient dans les mains de seulement 5 % de la population. Pendant que les profits d'Exxon Mobil, par exemple, augmentaient de 56 % pour atteindre plus de quatre milliards de dollars, et que son PDG gagnait 830 000 dollars par an, plus de dix millions d'enfants n'avaient pas de couverture m&#233;dicale. Dix-huit millions d'enfants n'avaient jamais pu voir un dentiste. Les prix de la nourriture et des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; augmentaient plus vite que les salaires avec une inflation atteignant 18 % en 1980. Le taux de ch&#244;mage officiel &#233;tait entre 6 et 8 %, mais pour les Noirs il &#233;tait de 20 &#224; 30 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carter avait &#233;t&#233; &#233;lu en promettant de r&#233;duire le budget militaire am&#233;ricain et de diminuer les ventes d'armes &#224; travers le monde. Mais au cours de sa pr&#233;sidence &#224; la Maison Blanche il ne fit ni l'un ni l'autre. Les &#201;tats-Unis rest&#232;rent le premier marchand d'armes mondial, avec un chiffre constant de 9,5 milliards de dollars par an d'exportation d'armes. De plus, lors de sa premi&#232;re proposition de budget au Congr&#232;s, Carter accr&#251;t le budget militaire de 10 milliards de dollars, r&#233;servant mille milliards de dollars &#224; l'arm&#233;e pour les cinq ans &#224; venir. En m&#234;me temps, il supprima 25 millions de dollars destin&#233;s aux &#233;coliers pauvres. Carter a &#233;galement encourag&#233; les attaques interdisant l'acc&#232;s des femmes &#224; l'avortement. En 1976, il signa l'amendement Hyde qui proscrivait l'utilisation de fonds f&#233;d&#233;raux pour rembourser (&#224; travers Medicaid, le syst&#232;me de sant&#233; pour les plus d&#233;munis) l'avortement des femmes d&#233;munies. Critiqu&#233; &#224; propos de l'injustice criante de cette loi, il r&#233;pondit &lt;em&gt;&#171; Comme vous le savez, dans la vie il y a beaucoup de choses qui sont injustes, bien des choses que les riches peuvent se payer mais pas les pauvres &#187;&lt;/em&gt;. Il changea &#233;galement la l&#233;gislation fiscale, augmentant les imp&#244;ts de la moiti&#233; la plus pauvre de la population et r&#233;duisant de 18 milliards de dollars les imp&#244;ts des entreprises et des plus riches. Et Carter commen&#231;a &#224; d&#233;r&#233;guler les industries cl&#233;s comme les transports routiers, maritimes et le trafic a&#233;rien. La d&#233;r&#233;gulation signifiait que le gouvernement annulait les r&#232;gles fixant la limitation des prix et contr&#244;lant la formation de monopoles. Carter supprima ces r&#232;gles et ouvrit la voie au d&#233;veloppement acc&#233;l&#233;r&#233;e des monopoles dans ces industries, avec une plus grande part des profits allant &#224; un nombre r&#233;duit de compagnies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant toute sa pr&#233;sidence Carter a encourag&#233; les attaques des patrons contre les travailleurs. Entre 1977 et 1978 plus de 165 000 mineurs se mirent en gr&#232;ve dans la r&#233;gion montagneuse des Appalaches. Les compagnies mini&#232;res de charbon essayaient d'imposer un nouveau contrat, obligeant les travailleurs &#224; payer leur assurance sant&#233; et pr&#233;voyant des licenciements en masse. Moins de mineurs dans les mines signifiait des conditions de travail encore plus dures et dangereuses. Les compagnies tentaient &#233;galement de supprimer le droit de gr&#232;ve dans certaines conditions et de permettre les licenciements des travailleurs reconnus comme organisateurs de gr&#232;ves sauvages, devenues plus fr&#233;quentes pour se d&#233;fendre contre des conditions de travail de plus en plus dangereuses. Vers la fin de la gr&#232;ve, Carter mena&#231;a les travailleurs d'utiliser la loi Taft-Hartley, qui autorisait le gouvernement &#224; envoyer des troupes f&#233;d&#233;rales casser les gr&#232;ves. Dix jours apr&#232;s la menace de Carter d'envoyer l'arm&#233;e, le syndicat des mineurs (United Mine Workers) poussa les mineurs &#224; accepter le nouveau contrat. Ce fut un &#233;norme recul, non seulement pour les mineurs, mais pour toute la classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carter cr&#233;a &#233;galement les conditions qui permirent de d&#233;manteler le syndicat des contr&#244;leurs a&#233;riens (PATCO, Professional Air Traffic Controllers Organization), qui comptait 17 000 membres. Durant les ann&#233;es 1970, les contr&#244;leurs durent accepter des concessions, telles que travailler en sous-effectif, des heures suppl&#233;mentaires obligatoires et des r&#233;ductions de salaire. Mais ils repr&#233;sentaient une force tr&#232;s organis&#233;e capable d'emp&#234;cher des concessions plus importantes. Le gouvernement voulait briser le syndicat pour imposer de drastiques r&#233;ductions de salaires. Ce qui fut accompli en 1981 quand le pr&#233;sident Reagan licencia 11 000 des 17 000 contr&#244;leurs ce qui entra&#238;na l'&#233;limination du syndicat PATCO. Mais encore une fois, c'est Carter qui ouvrit la voie. Un an avant la fin du contrat des contr&#244;leurs, Carter d&#233;cida la mise en place de ce qu'on appela une &#171; management strike contingency force &#187; (force de gestion de gr&#232;ve) avec l'objectif de former des contr&#244;leurs rempla&#231;ants (des jaunes), et de faire pression sur les travailleurs les plus militants avant le d&#233;clenchement de toute gr&#232;ve. Du coup, lorsque Reagan d&#233;cida de casser le syndicat, les jaunes &#233;taient d&#233;j&#224; form&#233;s et disponibles, pr&#234;ts &#224; prendre la place des 17 000 contr&#244;leurs. Alors quand on pense &#224; Reagan et la destruction du PATCO, on devrait aussi penser &#224; Carter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jimmy Carter fut un v&#233;ritable repr&#233;sentant du parti d&#233;mocrate &#8211; un &#226;pre d&#233;fenseur de la classe dirigeante du pays, un adversaire farouche de la population ouvri&#232;re et des pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;clinton&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La pr&#233;sidence de Bill Clinton&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur fond d'une guerre interminable, de difficult&#233;s &#233;conomiques, d'une administration Bush arrogante, ouvertement scandaleuse et r&#233;actionnaire, au cours des ann&#233;es 2000-2008, celle de son pr&#233;d&#233;cesseur Clinton a myst&#233;rieusement l&#233;gu&#233; un h&#233;ritage positif. Au fil des ann&#233;es certains ont commenc&#233; &#224; percevoir les ann&#233;es Clinton comme l'oppos&#233; des ann&#233;es Bush. Les gens se rappellent de Clinton, car il a r&#233;ussi &#224; &#233;quilibrer le budget, &#224; d&#233;velopper l'emploi, &#224; d&#233;finir des priorit&#233;s dans l'&#233;ducation, &#224; aider les afro-am&#233;ricains. Le seul point noir du point de vue des m&#233;dias et de la population semble avoir &#233;t&#233; le fait d'avoir menti lors du scandale avec son assistante de la Maison Blanche, Monica Lewinsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits indiquent tout de m&#234;me que, dans le domaine de l'&#233;conomie, l'administration Clinton a toujours suivi les volont&#233;s du patronat et men&#233; une politique ext&#233;rieure imp&#233;rialiste extr&#234;mement agressive, o&#249; primaient les int&#233;r&#234;ts des grandes soci&#233;t&#233;s. Loin d'apporter du nouveau, Clinton a continu&#233; de transf&#233;rer le peu de richesses de la classe ouvri&#232;re et des pauvres pour l'amener droit dans les poches des grandes soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La campagne &#233;lectorale de Clinton&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bill Clinton a &#233;t&#233; &#233;lu et r&#233;&#233;lu avec un taux de participation de moins de 60 %, ce qui signifie que plus de 40 % des am&#233;ricains ont d&#233;cid&#233; de ne pas voter du tout. &#192; l'issue des deux campagnes &#233;lectorales, il a &#233;t&#233; &#233;lu par moins 50 % des &#233;lecteurs. Ce n'&#233;tait pas un pr&#233;sident tr&#232;s populaire non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de sa campagne de 1992 il a essay&#233; d'appara&#238;tre comme un outsider &#224; Washington, comme celui qui pouvait apporter de nouvelles solutions &#224; de vieux probl&#232;mes. Il a critiqu&#233; les autres candidats pour leur d&#233;pendance aux int&#233;r&#234;ts patronaux, vu le financement de leur campagne. Afin de perp&#233;trer cette image d'homme nouveau, il s'est engag&#233; pendant les primaires de 1992 &#224; ne pas toucher &#224; l'argent des Comit&#233;s d'action politique (PAC). Ces PAC sont des organismes informels aux d&#233;finitions floues, cr&#233;&#233;s pour financer diff&#233;rentes campagnes et peuvent &#234;tre directement li&#233;s &#224; des compagnies priv&#233;es, des m&#233;c&#232;nes ou des groupes de pression. La d&#233;cision de Clinton d'&#233;carter les fonds des PAC n'&#233;tait qu'un stratag&#232;me &#233;lectoral, visant &#224; se diff&#233;rencier des autres candidats d&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, plusieurs mois avant les premi&#232;res primaires, Clinton collecta des sommes plus importantes que ses adversaires d&#233;mocrates, car au tout d&#233;but sa campagne avait r&#233;solument sollicit&#233; Wall Street, Hollywood, les soci&#233;t&#233;s de haute technologie, de t&#233;l&#233;phonie, d'informatique, des conglom&#233;rats de m&#233;dias et bien d'autres. Son image d'outsider n'&#233;tait qu'une strat&#233;gie &#233;lectorale, b&#226;tie sur un mensonge, comme la plupart des artifices &#233;lectoraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clinton n'a pas &#233;t&#233; un homme nouveau ni &#224; Washington, ni dans les milieux d'affaires. Plus de la moiti&#233; de ses conseillers de campagne connaissaient tr&#232;s bien Washington, faisant partie du personnel permanent travaillant pour des soci&#233;t&#233;s priv&#233;s et des gouvernements &#233;trangers, dans l'industrie de tabac, les compagnies d'assurance, les compagnies p&#233;troli&#232;res ou gazi&#232;res, les banques d'investissement et autres cercles d'affaires. En tant que gouverneur d'Arkansas, Clinton &#233;tablit de solides relations avec tout le milieu d'affaires important et de grands propri&#233;taires terriens gouvernant l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un de ses soutiens les plus influents, Tyson Foods, la plus grande compagnie priv&#233;e d'Arkansas en 1995, &#233;tait 110&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; sur la liste de Fortune 500. Lors de sa campagne pr&#233;sidentielle de 1992, le porte-parole de Martin Marietta Corporation (un des principaux producteurs d'armements) a bien d&#233;crit les relations de Clinton avec les industriels : &lt;em&gt;&#171; Je pense que les d&#233;mocrates se rapprochent plus des industriels et les industriels se rapprochent plus des D&#233;mocrates. &#187;&lt;/em&gt; Clinton n'&#233;tait pas un homme nouveau ni pour Washington, ni pour le milieu des affaires, en r&#233;alit&#233; il &#233;tait leur fid&#232;le serviteur de longue date.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;quilibre budg&#233;taire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Clinton est venu au pouvoir, il s'est retrouv&#233; face &#224; une dette publique de quatre mille milliards de dollars, accumul&#233;e sous les administrations Carter, Reagan et Bush, essentiellement &#224; cause de l'important accroissement des d&#233;penses gouvernementales. Clinton promit de supprimer le d&#233;ficit. Deux solutions s'imposaient : soit r&#233;duire de mani&#232;re drastique les d&#233;penses militaires, qui &#233;taient &#224; l'origine du d&#233;ficit, soit d'augmenter l'imp&#244;t sur les grandes fortunes, le groupe qui compte un pour cent de la population, dont la richesse ne cessait d'augmenter, alors que le revenu du reste de la population continuait de baisser. Au lieu de faire ce choix, l'administration Clinton a d&#233;cid&#233; de r&#233;duire fortement le budget des services sociaux destin&#233; aux couches les plus pauvres et les plus vuln&#233;rables de la population et de ne pas introduire de nouveaux imp&#244;ts sur les grandes fortunes. Le budget militaire a &#233;t&#233; r&#233;duit lui aussi, mais dans une moindre mesure &#224; ce qu'on attendait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que Clinton ait pris ces fonctions, l'Union sovi&#233;tique avait d&#233;j&#224; cess&#233; d'exister officiellement, terminant ainsi quelques d&#233;cades de guerre froide entre les &#201;tats-Unis et l'Union sovi&#233;tique. La justification pour maintenir un niveau aussi &#233;lev&#233; de d&#233;penses militaires n'&#233;tait plus valable. L'administration pr&#233;c&#233;dente, celle de George H.W. Bush, avait d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; r&#233;duire les d&#233;penses militaires avec le programme qui s'appelait &#171; Le dividende de paix &#187;, en le justifiant par le fait que la guerre froide allait se terminer. L'administration Bush a r&#233;duit les d&#233;penses militaires de pr&#232;s de 17 %, &#224; la fin de son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous Clinton il y avait de bonnes raisons de s'attendre &#224; des r&#233;ductions significatives des d&#233;penses militaires. &#192; l'&#233;poque il y avait des projets d'allouer des fonds importants &#224; l'&#233;ducation, &#224; la r&#233;novation des &#233;quipements urbains et &#224; des programmes sociaux dont la population avait tellement besoin. Au lieu de cela, &#224; la fin du second mandat de Clinton les d&#233;penses militaires ont &#233;t&#233; r&#233;duites de 7 % seulement. Ces r&#233;ductions furent obtenues en grande partie par des fermetures des bases militaires obsol&#232;tes, des retraits de vaisseaux v&#233;tustes des forces navales et la r&#233;duction des effectifs d'active. &#192; part ces r&#233;ductions, les d&#233;penses de l'arm&#233;e sont rest&#233;es au niveau de la guerre froide. Ces r&#233;ductions n'avaient rien &#224; voir avec des coupes budg&#233;taires significatives dans les d&#233;penses militaires. En fait, une plus grande part du budget de l'arm&#233;e s'est trouv&#233;e concentr&#233;e dans les mains des grands fabricants d'armements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En annexe &#224; ce petit &#171; dividende de paix &#187; se trouvait un suppl&#233;ment que l'on peut appeler un &#171; dividende de guerre &#187;. Sous Clinton les &#201;tats-Unis sont devenus le plus grand marchand d'armes du monde et vendaient plus d'armements que l'ensemble des autres pays. Cette croissance rapide eut lieu, car les USA prirent la place de l'Union sovi&#233;tique comme fournisseur d'armes &#224; de nombreux pays. Sous Clinton l'interdiction de vendre des armes sophistiqu&#233;es &#224; l'Am&#233;rique du Sud a &#233;t&#233; lev&#233;e. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, les compagnies am&#233;ricaines fabriquaient plus d'armes pour les autres pays que pour le Pentagone. Cela a &#233;t&#233; un vrai cadeau aux fabricants d'armes et un coup dur pour les pauvres du monde entier, vivant sous les dictatures auxquelles les USA fournissaient ces armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point de la strat&#233;gie Clinton visant &#224; r&#233;duire la dette de quatre mille milliards de dollars, consistait &#224; priver les pauvres de fonds. En 1997 Clinton r&#233;duisit de plus de cinq milliards de dollars le budget de l'&#233;ducation. On a refus&#233; les soins &#224; dix millions et demi d'enfants qui n'avaient pas de protection sociale. Le programme d'aide au logement, r&#233;duite sous Reagan, a &#233;t&#233; supprim&#233; tout court sous Clinton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque la plus importante contre les pauvres consistait en le fait que Clinton a quasiment supprim&#233; les allocations sociales. Ces mesures ont &#233;t&#233; introduites en plusieurs &#233;tapes. Clinton a supprim&#233; celles vers&#233;es aux travailleurs immigr&#233;s, en r&#232;gle ou clandestins. Plus d'un million d'immigr&#233;s en r&#232;gle ont re&#231;u une lettre expliquant que dans quelques mois ils n'allaient plus toucher d'aide financi&#232;re ou de tickets d'alimentation s'ils n'obtenaient pas la nationalit&#233; am&#233;ricaine. La condition de devenir citoyen am&#233;ricain &#233;tait bidon, car la proc&#233;dure prenait beaucoup plus de temps que ces quelques mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des r&#233;ductions et suppressions d'allocations de la s&#233;curit&#233; sociale ont &#233;t&#233; introduites par la loi, intitul&#233;e hypocritement &#171; loi de r&#233;conciliation sur l'emploi &#187; (Work Opportunity Reconciliation Act) adopt&#233; en 1996. D'apr&#232;s cette loi les familles pouvaient recevoir l'allocation pendant deux ans seulement, les b&#233;n&#233;ficiaires des allocations &#224; vie les perdaient au bout de trois ans, et les adultes sans enfants n'avaient le droit aux tickets d'alimentation que pour une dur&#233;e totale de trois mois en trois ans. Ces mesures &#224; elles seules ont permis la r&#233;duction les d&#233;penses sociales de plus de dix milliards de dollars par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;cision, qui mettait les plus pauvres dans une situation encore plus d&#233;sesp&#233;r&#233;e, devait, selon la version officielle, leur procurer des emplois et supprimer leur d&#233;pendance de l'aide gouvernementale. L'administration arguait que le fait de perdre des allocations pousserait les gens &#224; trouver un emploi. Ce programme est connu sous le nom de &#171; welfare to work &#187; (allocations pour l'emploi), c'est-&#224;-dire, abandonnez les allocations et allez travailler. Mais la logique &#233;tait inverse : les gens ne restaient pas au ch&#244;mage ou n'avaient pas des emplois pr&#233;caires &#224; cause des allocations, au contraire, ils touchaient des allocations &#224; cause du ch&#244;mage et des emplois pr&#233;caires. Il n'y avait pas assez d'emplois pour tous les ch&#244;meurs, aussi la majorit&#233; de ceux qui avaient un emploi, ont vu leur revenu baisser tous les ans depuis les ann&#233;es 1970. Chaque fois qu'on recrutait, il y avait plus de postulants que d'embauches. &#192; New York, plus de 100 000 personnes ont r&#233;pondu aux 2 000 offres d'emploi du d&#233;partement de sant&#233; et d'hygi&#232;ne. &#192; Chicago, plus de 7 000 se sont pr&#233;sent&#233;es au rendez-vous pour postuler aux 550 emplois d'une cha&#238;ne de restaurants. Globalement, il ne s'agissait pas de passer des allocations &#224; l'emploi, mais de la pauvret&#233; &#224; une plus grande pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte Clinton a r&#233;ussi &#224; &#233;quilibrer le budget mais en r&#233;duisant des millions de gens &#224; la mis&#232;re noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Envoyer les pauvres en prison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut se demander ce qui arrivait &#224; ceux &#224; qui on coupait les allocations et qui ne trouvaient pas d'emploi. Ne pouvant trouver du travail et n'ayant pas d'argent, ils se tourn&#232;rent vers la petite d&#233;linquance. Vu le fait que les effectifs de la police ont &#233;t&#233; augment&#233;s et les peines durcies, de nombreux pauvres se sont retrouv&#233;s en prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous Clinton la population carc&#233;rale explosa, devint plus importante que pendant les douze ann&#233;es d'avant, sous l'administration r&#233;publicaine. Clinton a orchestr&#233; la plus grande augmentation de la population carc&#233;rale de toute l'histoire des &#201;tats-Unis. Reagan a termin&#233; son mandat avec pr&#232;s de 49 000 nouveaux d&#233;tenus dans des prisons f&#233;d&#233;rales. Clinton avait incarc&#233;r&#233;, &#224; la fin de son deuxi&#232;me mandat, plus de 147 000 nouveaux d&#233;tenus dans des prisons f&#233;d&#233;rales, plus de 500 000 dans des prisons des &#201;tats, soit aux alentours de deux millions de personnes derri&#232;re les barreaux et plus de 4,5 millions en libert&#233; conditionnelle. Plus de 70 % d'entre eux venaient des quartiers les plus pauvres. Sous Clinton pour la premi&#232;re fois on a d&#233;pens&#233; plus d'argent pour construire des prisons que pour l'&#233;ducation. En 1996, 2,6 milliards de dollars pour b&#226;tir des prisons, et seulement 2,5 milliards, pour construire des universit&#233;s. Sous Clinton, la construction de prisons est devenue une v&#233;ritable industrie, avec des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es les construisant, mettant &#224; disposition des surveillants, fournissant nourriture et v&#234;tements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance fulgurante du nombre de prisons et des effectifs de d&#233;tenus est le r&#233;sultat direct de la politique de r&#233;duction du budget des services sociaux de Clinton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;lude &#224; l'USA PATRIOT Act&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la loi &#171; USA PATRIOT Act &#187; de 2001, existait une loi sur &#171; l'antiterrorisme et la peine de mort effective &#187; de 1996, promulgu&#233;e par Clinton apr&#232;s l'attentat &#224; Oklahoma City en 1995. Elle supprimait &lt;em&gt;l'habeas corpus&lt;/em&gt; des suspects de terrorisme, ce qui voulait dire que des gens pouvaient &#234;tre arr&#234;t&#233;s et d&#233;tenus sans la moindre preuve. Les accus&#233;s ne pouvaient contester l'accusation de terrorisme, car la loi autorisait l'&#201;tat &#224; utiliser des preuves secr&#232;tes contre les personnes, preuves qu'il n'aurait jamais &#224; produire ou &#224; justifier. En outre, cette loi &#233;tendait la d&#233;finition du terrorisme, ainsi le gouvernement pouvait plus facilement accuser quelqu'un d'&#234;tre un terroriste. Tous ces changements rendaient la d&#233;fense envers les accusations de terrorisme presque impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi introduisait aussi de nouveaux d&#233;lais d'appel pour l'ensemble des d&#233;tenus, sans rapport avec leurs crimes. Elle limitait le d&#233;lai d'appel en cas de peine de mort &#224; six mois, et celui des autres peines, &#224; un an. Cela signifiait que pass&#233; ce d&#233;lai, aucun condamn&#233; ne pouvait plus faire appel. Cela a port&#233; un coup tr&#232;s dur &#224; beaucoup de d&#233;tenus condamn&#233;s &#224; tort &#224; la peine capitale, qui avaient besoin d'un d&#233;lai largement sup&#233;rieur &#224; six mois, afin de constituer un dossier. En m&#234;me temps, le nouveau dispositif emp&#234;chait les appels fond&#233;s sur de nouvelles preuves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si dans l'affaire de l'attentat d'Oklahoma City, seuls des citoyens am&#233;ricains ont &#233;t&#233; condamn&#233;s, la nouvelle loi a &#233;largi les possibilit&#233;s de l'&#201;tat d'expulser des &#233;trangers. Cela a rendu possible l'expulsion de n'importe quel &#233;tranger condamn&#233; pour un crime, sans tenir compte de la gravit&#233; du crime ou du temps pass&#233; depuis. Cela s'applique m&#234;me aux &#233;trangers titulaires d'un permis de s&#233;jour permanent et mari&#233;s &#224; des citoyens am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration Clinton a ouvert la voie au grave recul des libert&#233;s civiles depuis 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ALENA et le pillage du monde par les capitalistes am&#233;ricains&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du ch&#244;mage s'expliquait, entre autres, par le fait que de nombreuses usines am&#233;ricaines fermaient, car leurs patrons voulaient augmenter la marge de profit en utilisant une main d'&#339;uvre moins co&#251;teuse dans les pays pauvres. Les administrations am&#233;ricaines cons&#233;cutives ont men&#233; une politique favorisant la p&#233;n&#233;tration des compagnies am&#233;ricaines dans les pays &#233;trangers, afin de profiter de leurs mati&#232;res premi&#232;res et leurs richesses et aussi de d&#233;velopper des march&#233;s d'exportations sans restrictions. L'ALENA (l'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain), instaur&#233;e par l'administration Clinton, est l'exemple type d'une telle politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet accord a lev&#233; pratiquement les barri&#232;res douani&#232;res emp&#234;chant la p&#233;n&#233;tration des compagnies et des produits am&#233;ricains sur le territoire canadien et mexicain. Globalement l'ALENA a accru le ch&#244;mage aux &#201;tats-Unis et au Mexique, et pouss&#233; des millions de Mexicains au d&#233;sespoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ALENA visait, entre autre, la disparition du march&#233; agroalimentaire mexicain. L'exemple du ma&#239;s est r&#233;v&#233;lateur. Avant l'ALENA le ma&#239;s &#233;tait une des cultures les plus importantes du Mexique, et l'industrie du ma&#239;s l'employeur le plus important du pays. Mais quand l'ALENA a supprim&#233; les barri&#232;res commerciales et les tarifs d'importations du Mexique, les compagnies agroalimentaires am&#233;ricaines ont inond&#233; le march&#233; mexicain de ma&#239;s vendu &#224; des prix artificiellement bas, car aux &#201;tats-Unis ces compagnies recevaient des subventions gouvernementales. Ce flot de ma&#239;s, co&#251;tant trois fois rien, a ruin&#233; la majorit&#233; des petits agriculteurs mexicains, car ils ne pouvaient concurrencer de si bas prix. Tr&#232;s vite le Mexique s'est transform&#233; d'un pays produisant son propre ma&#239;s en un pays importateur de ma&#239;s. En peu de temps plus d'un million d'agriculteurs et d'ouvriers agricoles ont perdu leur source de revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; l'ALENA, des millions d'agriculteurs pauvres et d'ouvriers quitt&#232;rent le pays &#224; la recherche d'un gagne-pain. Des paysans &#233;taient expuls&#233;s de leurs terres par l'arm&#233;e mexicaine. Un grand nombre de ces lopins de terre fut vendus, en fin de compte, aux compagnies am&#233;ricaines pour en faire des exploitations agricoles. Les paysans, qui travaillaient cette terre depuis des si&#232;cles, en ont &#233;t&#233; chass&#233;s, pour y revenir, ensuite, en tant qu'ouvriers agricoles, pour le compte de compagnies am&#233;ricaines, pour un salaire de mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mexique faisant partie de l'ALENA, les capitalistes am&#233;ricains ont &#233;difi&#233; des usines dans tout le pays et m&#234;me cr&#233;&#233; de nouvelles zones industrielles tout au long de sa fronti&#232;re avec les &#201;tats-Unis, connue sous le nom de &lt;em&gt;maquiladoras&lt;/em&gt;. Ces zones sont de vraies enclaves am&#233;ricaines, car elles n'appliquent pas de tarifs sp&#233;ciaux aux produits import&#233;s aux &#201;tats-Unis. Des millions de paysans &#233;tant chass&#233;s de leur terre, le nombre de ch&#244;meurs cherchant d&#233;sesp&#233;r&#233;ment du travail au Mexique est mont&#233; en fl&#232;che. Les capitalistes am&#233;ricains ont profit&#233; de l'absence de travail pour embaucher les ouvriers &#224; des salaires de mis&#232;re. La l&#233;gislation du travail, les normes de s&#233;curit&#233;, de salaires et d'environnement, sont presqu'inexistants au Mexique. Les capitalistes am&#233;ricains en ont tir&#233; profit, avec le soutien de l'&#201;tat mexicain, de son arm&#233;e et de la police, pour imposer des conditions de travail infernales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des cons&#233;quences bien r&#233;elle de l'ALENA a &#233;t&#233; la mont&#233;e de l'immigration de la population mexicaine. N'ayant plus de terre pour vivre, ni de grain &#224; vendre, et faisant face &#224; une concurrence acharn&#233;e pour le travail des nouvelles usines am&#233;ricaines au Mexique, beaucoup de Mexicains ont fui le pays &#224; la recherche d'un autre gagne-pain. Il va de soi qu'une grande partie s'est dirig&#233;e vers les &#201;tats-Unis. L'administration Clinton &#233;tait au courant de ce qui allait arriver, une fois que l'ALENA serait mis en application. Voil&#224; pourquoi, &#224; peine quelques mois apr&#232;s l'adoption de l'ALENA, Clinton a fait passer une loi appel&#233;e &#171; l'Operation gardien &#187; (&#171; Operation Gatekeeper &#187;). Cette loi pr&#233;voyait le d&#233;ploiement des moyens militaires renforc&#233;s au long de la fronti&#232;re entre les &#201;tats-Unis et le Mexique. Elle a doubl&#233; le budget du Service de l'immigration et de la naturalisation (Immigration and Naturalization Service, INS) &#224; concurrence de 800 millions de dollars, doubl&#233; le nombre de garde-fronti&#232;res, la longueur des cl&#244;tures &#233;lectrifi&#233;es et tripl&#233; le nombre de d&#233;tecteurs enterr&#233;s et d'appareils de surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an apr&#232;s l'adoption de l'ALENA Clinton a cr&#233;&#233; l'Organisation mondiale du commerce (OMC). L'OMC &#233;tablit de nouvelles r&#232;gles dans les relations commerciales entre pays. Ces r&#232;gles favorisent les membres de l'OMC les plus influents. Les &#201;tats-Unis utilisent l'OMC comme un moyen de contr&#244;ler l'application de la politique &#233;conomique favorisant les compagnies am&#233;ricaines. Par ce biais les capitalistes am&#233;ricains prennent contr&#244;le de l'&#233;conomie de pays &#233;trangers. La politique de l'administration Clinton quant &#224; l'ALENA n'est qu'un exemple parmi tant d'autres de la politique &#233;conomique internationale des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pratiquement tous les &#201;tats faisant partie de ce que l'on appelle le monde en voie de d&#233;veloppement ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de plier leur &#233;conomie aux r&#232;gles qui profitent aux capitalistes am&#233;ricains. Gr&#226;ce &#224; cr&#233;ation de l'OMC il est devenu encore plus facile pour les capitalistes am&#233;ricains de poursuivre cette politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une politique &#233;trang&#232;re habituelle : destruction, d&#233;vastation, domination&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Tous ensemble nous devons aussi faire face &#224; de nouveaux dangers provenant des armes chimiques et biologiques, des &#201;tats voyous, des terroristes et du crime organis&#233; cherchant &#224; les acqu&#233;rir. Saddam Hussein n'a pas pass&#233; la meilleure partie de cette d&#233;cennie et d&#233;pens&#233; une grande partie des richesses de son pays au profit du peuple irakien, mais &#224; d&#233;velopper des armes nucl&#233;aires, chimiques et biologiques et des missiles pour les acheminer&#8230; Je sais que je parle au nom de ceux qui sont pr&#233;sent dans cette chambre de d&#233;put&#233;s, r&#233;publicains aussi bien que d&#233;mocrates, quand je dis &#224; Saddam Hussein : &lt;/em&gt;&#171; Vous ne pouvez pas d&#233;fier la volont&#233; du monde entier &#187;&lt;em&gt;, et quand je lui dis &lt;/em&gt;&#171; Vous avez utilis&#233; des armes de destruction massive dans le pass&#233;, et nous sommes r&#233;solus &#224; vous priver de la capacit&#233; de le faire &#224; l'avenir. &lt;em&gt; &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci n'est pas une citation de George W. Bush, avant le d&#233;but de la seconde guerre avec l'Irak en mars 2003. Elle est extraite du discours de Bill Clinton sur l'&#233;tat de l'Union en 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clinton a &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident juste apr&#232;s la premi&#232;re guerre du Golfe en 1991. L'invasion a dur&#233; six semaines, pr&#232;s de deux mille tonnes de bombes ont &#233;t&#233; d&#233;vers&#233;es chaque jour sur le pays et plus de 250 000 personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es. L'Irak &#233;tait en ruine. Tout au long de ses deux mandats l'administration Clinton maintint les sanctions &#233;conomiques &#224; l'encontre de ce pays d&#233;vast&#233;. Il &#233;tait clair, d&#232;s le d&#233;but, que les sanctions, qui limitaient le commerce avec l'Irak, interdisant l'importation de substances chimiques d&#233;cisives servant &#224; produire des m&#233;dicaments de base et &#224; purifier l'eau, aboutissait &#224; l'appauvrissement d'une population menant une existence d&#233;j&#224; mis&#233;rable. Apr&#232;s douze ann&#233;es de sanctions plus de 750 000 enfants sont morts de la faim et des maladies. Le secr&#233;taire d'&#201;tat de Clinton Madeleine Albright a affirm&#233; en 1996 que m&#234;me si 500 000 enfants &#233;taient morts &#224; cause des sanctions, &#171; cela aurait valu la peine &#187;. Les sanctions ont aussi renforc&#233; le r&#233;gime de Saddam, car elles ont unifi&#233; la population contre cette menace ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les sanctions &#233;conomiques n'&#233;taient pas le seul &#233;l&#233;ment de la politique de Clinton envers l'Irak. Sous Clinton l'Irak a &#233;t&#233; la cible de bombardements prolong&#233;s, les plus intenses depuis le Vietnam. Bien que la majorit&#233; des Nations Unies s'y soit oppos&#233;e, les &#201;tats-Unis et la Grande Bretagne ont bombard&#233; des cibles suspectes dans des soi-disant &#171; zones d'exclusion a&#233;rienne &#187;, des zones o&#249; les &#201;tats-Unis ont d&#233;cid&#233; d'emp&#234;cher l'Irak de faire voler ses avions et de mener toute activit&#233; militaire. Des milliers de tonnes de bombes ont &#233;t&#233; l&#226;ch&#233;es au-dessus de l'Irak durant la pr&#233;sidence de Clinton, tuant de nombreux civils. En 1993, Clinton a donn&#233; l'ordre &#224; l'aviation militaire am&#233;ricaine de d&#233;truire les centres de renseignement irakiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre volet des sanctions obligeait l'Irak &#224; laisser les inspecteurs de la Commission sp&#233;ciale de l'ONU (UNSCOM) rechercher et d&#233;monter toute installation pouvant produire des armes de destruction massive. L'UNSCOM ne devait servir qu'&#224; d&#233;manteler les sites de fabrication d'armes en Irak. Mais au lieu de cela, sous Clinton, la CIA a utilis&#233; clandestinement l'UNSCOM pour avoir acc&#232;s &#224; l'Irak et espionner le r&#233;gime de Saddam. Elle a men&#233; des op&#233;rations secr&#232;tes &#224; partir des locaux de l'UNSCOM, organis&#233; des &#233;coutes de leurs communications et a employ&#233; des agents de la CIA comme inspecteurs de l'UNSCOM. Les renseignements, obtenus &#224; l'aide de ces moyens, permettaient d'identifier des &#171; zones d'exclusion a&#233;rienne &#187;, des cibles pour des bombardements incessants par les forces am&#233;ricaines et britanniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1998, la politique secr&#232;te visant &#224; &#171; changer le r&#233;gime &#187; a &#233;t&#233; rendue publique. Le 31 octobre, Clinton a sign&#233; &#171; l'Acte de lib&#233;ration de l'Irak &#187;, de par lequel le changement de r&#233;gime en Irak devenait la politique officielle des &#201;tats-Unis. En d&#233;cembre 1998, Clinton a donn&#233; l'ordre de bombarder massivement pendant quatre jours le territoire irakien, avec l'objectif al&#233;atoire de supprimer Saddam Hussein et, en tout cas d'affaiblir son r&#233;gime. Clinton a pr&#233;tendu que le motif des bombardements &#233;tait le renvoi, par Saddam Hussein, des inspecteurs de l'UNSCOM et le refus de l'Irak de se soumettre aux &#233;quipes d'inspection, ce qui impliquait que les sites de production existaient toujours. Mais d'apr&#232;s l'inspecteur en chef Scott Ritter, ses &#233;quipes ont r&#233;ussi &#224; identifier et &#224; d&#233;monter la plus grande partie des usines d'armements, supprimant ainsi toute menace provenant d'Irak. Ils ont &#233;t&#233; expuls&#233;s uniquement &#224; cause de la CIA qui utilisait l'UNSCOM &#224; des fins d'espionnage. Ritter a donn&#233; sa d&#233;mission en 1998, avant le bombardement, quand il a appris que la CIA utilisait et manipulait l'UNSCOM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de Clinton envers l'Irak a pos&#233; les pr&#233;mices de l'invasion de l'Irak en 2003 et &#224; son occupation qui continue &#224; ce jour. Et en 2003, quand l'invasion de l'Irak &#233;tait d&#233;j&#224; en cours, Clinton a fait une apparition rapide &#224; l'&#233;mission t&#233;l&#233;vis&#233;e &lt;em&gt;60 minutes &lt;/em&gt;pour soutenir la d&#233;cision du pr&#233;sident Bush de d&#233;clencher la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Kosovo : la soi-disant guerre humanitaire&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'obstacle de l'Union sovi&#233;tique a disparu en 1991, les &#201;tats-Unis ont entendu cr&#233;er des bases militaires et &#233;tablir de nouvelles relations &#233;conomiques avec les pays de l'ancien bloc sovi&#233;tique. Des tensions ethniques existant sur le territoire de l'ex-Yougoslavie ont justifi&#233; une intervention am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un diff&#233;rend important est apparu en Serbie, une partie de l'ex-Yougoslavie. Dans la province du Kosovo la population &#233;tait favorable &#224; l'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de la Serbie, &#224; cause des tensions ethniques entre les Albanais kosovars majoritaires et les Serbes. En 1999 le pr&#233;sident de la Serbie Slobodan Milosevic a donn&#233; l'ordre d'attaquer le Kosovo. Lors de cette agression pr&#232;s de 2 000 Kosovars ont trouv&#233; la mort. En 1995 Milosevic s'&#233;tait d&#233;j&#224; montr&#233; brutal envers les mouvements oppositionnels de Bosnie-Herz&#233;govine, tuant des milliers de gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aide de l'OTAN, les &#201;tats-Unis ont propos&#233; d'&#233;tablir un contr&#244;le total sur le Kosovo et d'occuper la Yougoslavie. Cette proposition fut rejet&#233;e par le gouvernement serbe, comme une tentative explicite d'occuper le pays, et il a &#233;mis une contre-proposition qui r&#233;prouvait l'occupation de l'OTAN, mais appelait &#224; des n&#233;gociations. La contre-proposition a &#233;t&#233; rejet&#233;e vu l'influence des &#201;tats-Unis sur l'OTAN, et les forces de l'OTAN, men&#233;es par les &#201;tats-Unis, ont re&#231;u l'ordre de commencer &#224; bombarder le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces bombardements ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s dans les m&#233;dias am&#233;ricains, comme un moyen d'arr&#234;ter la purification ethnique au Kosovo et le d&#233;placement forc&#233; des Albanais de cette province. Mais deux mois apr&#232;s les bombardements, plus de 800 000 Albanais, de toute fa&#231;on, ont &#233;t&#233; forc&#233;s de quitter Kosovo. En r&#233;alit&#233;, la campagne de bombardements a acc&#233;l&#233;r&#233; et aggrav&#233; les attaques contre les Albanais et leur exode du Kosovo. Des milliers de civils ont &#233;t&#233;s tu&#233;s par les bombardements de l'OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les motifs de l'attaque de la Yougoslavie sont apparus au grand jour, aussit&#244;t apr&#232;s les bombardements. Les &#201;tats-Unis ont commenc&#233; &#224; stationner des troupes, par milliers, sur le territoire de l'ex-Yougoslavie. Les militaires am&#233;ricains ont occup&#233; 1 000 acres de terre agricole au sud-est du Kosovo et ont de suite commenc&#233; &#224; construire le Camp Bondsteel, &#224; l'&#233;poque la plus grande base militaire am&#233;ricaine. Il abrite pr&#232;s de 7 000 soldats &#8211; les trois quarts des troupes am&#233;ricaines au Kosovo. Il dispose de plus de 24 km de routes et de plus de 300 b&#226;timents. Il est si grand qu'il inclut trois quartiers commerciaux diff&#233;rents, des boutiques de vente en d&#233;tail, un bowling, un club de gymnastique ouvert 24h/24, une &#233;glise, une biblioth&#232;que et des h&#244;pitaux, parmi les plus modernes d'Europe. Peu apr&#232;s l'ouverture de la base, la Compagnie p&#233;troli&#232;re albanaise, mac&#233;donienne et bulgare (AMBO), appartenant aux &#201;tats-Unis, a &#233;t&#233; propuls&#233;e pour finaliser les projets de construction d'un grand ol&#233;oduc transbalkanique, de la Mer Noire &#224; la Mer Adriatique, &#224; travers l'ex-Yougoslavie et le Kosovo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on a &#171; vendu &#187; &#224; la population am&#233;ricaine comme une campagne morale de bombardements, n'&#233;tait qu'un pas des &#201;tats-Unis, visant &#224; instaurer une pr&#233;sence militaire et &#233;conomique dans l'ancien bloc sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autres catastrophes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Somalie&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1993 l'administration Clinton a utilis&#233; l'arm&#233;e am&#233;ricaine pour mener une intervention d&#233;sastreuse dans un conflit civil en Somalie au b&#233;n&#233;fice des compagnies p&#233;troli&#232;res am&#233;ricaines. Vers la fin de 1990 pratiquement deux tiers de la campagne somalienne a &#233;t&#233; mise &#224; disposition des compagnies am&#233;ricaines (Chevron, Amoco, Conoco, et Phillips) pour prospecter du p&#233;trole, sous la pr&#233;sidence de Mohamed Siad Barre. En janvier 1991, suite &#224; des ann&#233;es de s&#233;cheresse et de pauvret&#233; effroyable en Somalie, Barre a &#233;t&#233; renvers&#233; par des groupes rebelles li&#233;s &#224; divers clans somaliens. &#192; cette &#233;poque le pays a &#233;t&#233; pr&#233;cipit&#233; dans des conflits chaotiques entre factions rebelles. Tant que la Somalie &#233;tait d&#233;chir&#233;e par des combats internes, les projets de prospection p&#233;troli&#232;re am&#233;ricains devaient &#234;tre stopp&#233;s. Ainsi en 1993 l'administration Clinton a donn&#233; &#224; l'arm&#233;e l'ordre d'intervenir dans le conflit. La raison officielle de la mission am&#233;ricaine &#233;tait de fournir l'aide humanitaire &#224; la population du pays appauvrie. Mais tr&#232;s rapidement l'objectif r&#233;el de la pr&#233;sence am&#233;ricaine en Somalie s'est clarifi&#233;e : il s'agissait d'&#233;craser certaines factions rebelles, d'en finir avec le conflit et de reprendre la prospection p&#233;troli&#232;re am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis ont attaqu&#233; une assembl&#233;e d'anciens de tribus alli&#233;es et ont fait exploser la maison dans laquelle ils se trouvaient, tuant presque tout le monde &#224; l'int&#233;rieur. Cela n'a fait que monter la population contre les &#201;tats-Unis. Plus tard les &#201;tats-Unis ont donn&#233; l'ordre d'attaquer l'un des groupes rebelles, ma&#238;tre de la capitale, la ville la plus peupl&#233;e de Somalie, Mogadiscio. L'attaque s'est sold&#233;e par un d&#233;sastre et a eu pour r&#233;sultat la mort de 19 soldats am&#233;ricains et de plus de 2 000 Somaliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ha&#239;ti&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1991 Jean Bertrand Aristide devint le premier pr&#233;sident ha&#239;tien d&#233;mocratiquement &#233;lu, apr&#232;s des d&#233;cennies de dictature militaire dans le pays, soutenues par les &#201;tats-Unis. Aristide &#233;tait un pasteur protestant tr&#232;s connu qui venait d'une famille ha&#239;tienne pauvre. Les &#201;tats-Unis n'&#233;taient pas s&#251;rs qu'ils puissent lui faire confiance, car il avait &#233;t&#233; &#233;lu en promettant d'employer une partie des richesses d'Ha&#239;ti pour financer l'assistance aux pauvres. Imm&#233;diatement apr&#232;s les &#233;lections, il a &#233;t&#233; renvers&#233; par un coup d'&#201;tat appuy&#233; par la CIA. Ce putsch a instaur&#233; une dictature extr&#234;mement brutale pendant quatre ans. Durant cette p&#233;riode (1991-1994) la situation d'Ha&#239;ti empira. Le gouvernement putschiste entreprit le pillage de l'&#233;conomie et accr&#251;t la production et le commerce de drogue. Il &#233;tait &#233;vident que sa politique d&#233;stabilisait le pays, poussant la population &#224; continuer l'agitation. Quand Clinton, au pouvoir en 1994, rencontra Aristide c'&#233;tait afin de n&#233;gocier son r&#233;tablissement &#224; la pr&#233;sidence. Aristide devait coop&#233;rer avec les &#201;tats-Unis, les aidant &#224; prendre en main l'&#233;conomie ha&#239;tienne, ce qui signifiait transf&#233;rer les richesses du pays sur les comptes bancaires des capitalistes am&#233;ricains, loin des masses en complet d&#233;nuement, du pays le plus pauvre de l'h&#233;misph&#232;re ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Palestine / Isra&#235;l&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clinton a initi&#233; des n&#233;gociations entre le premier ministre isra&#233;lien Ehud Barak et le pr&#233;sident de l'Autorit&#233; palestinienne Yasser Arafat. Selon la l&#233;gende, Isra&#235;l a propos&#233; aux Palestiniens un g&#233;n&#233;reux accord de paix concernant plus de 90 % des terres qu'ils poss&#233;daient &#224; l'origine. Et, pour avoir favoris&#233; une offre aussi g&#233;n&#233;reuse, Clinton a &#233;t&#233; montr&#233; comme un dirigeant puissant, qui a r&#233;ussi ce que certains consid&#233;raient comme impossible. En r&#233;alit&#233;, cet accord ne proposait aux Palestiniens que le nom d'un &#201;tat palestinien. L'accord pr&#233;voyait de couper la Palestine en quatre entit&#233;s s&#233;par&#233;es par des barrages routiers et des postes de contr&#244;le isra&#233;liens. Les colonies isra&#233;liennes importantes sur les terres palestiniennes, o&#249; vivent plus de 300 000 habitants isra&#233;liens, &#233;taient cens&#233;es rester en place ainsi que les 482 km de routes reliant les colonies. Les Palestiniens, chass&#233;s de leurs maisons &#224; cause de la cr&#233;ation de ces colonies, n'avaient pas le droit au retour. Le projet, soi-disant g&#233;n&#233;reux, n'&#233;tait, une fois de plus, qu'un moyen de forcer la Palestine &#224; accepter officiellement d'&#234;tre r&#233;duite au statut de colonie permanente d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Rwanda&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plusieurs d&#233;cennies d'occupation coloniale de Belgique, la population rwandaise vivait dans un complet d&#233;nuement. L'occupation coloniale et imp&#233;rialiste exacerbait les rivalit&#233;s ethniques pour diviser la population. Au d&#233;but des ann&#233;es 1990 un conflit s'est transform&#233; en guerre civile ouverte. En 1994 la guerre civile s'est intensifi&#233;e et a atteint un niveau g&#233;nocidaire. En 100 jours entre 500 000 et plus d'un million de rwandais ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par des groupes paramilitaires extr&#233;mistes. Ces massacres ont &#233;t&#233; de loin plus meurtriers que la soi-disant &#171; purification ethnique &#187; en cours &#224; cette date en Yougoslavie ou que la guerre des chefs tribaux somaliens. L'administration Clinton n'a rien fait pour prot&#233;ger la population contre le g&#233;nocide, montrant que sa d&#233;fense des causes humanitaires, en politique &#233;trang&#232;re, &#233;tait motiv&#233;e par des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques am&#233;ricains et non par l'objectif de sauver des vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le changement climatique &#8211; ce n'est pas une grande menace&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est un secret pour personne que les &#201;tats-Unis, en br&#251;lant des &#233;nergies fossiles, sont le plus gros &#233;metteur de gaz carbonique de la plan&#232;te. Quand le carbone est &#233;mis dans l'atmosph&#232;re, il se lie &#224; l'oxyg&#232;ne pour former du dioxyde de carbone, le gaz prioritairement responsable du r&#233;chauffement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie du faux h&#233;ritage de Clinton r&#233;side dans le fait que son administration pr&#233;tendait mettre l'&#233;cologie &#224; l'ordre du jour. Ce mythe s'est renforc&#233; depuis que le vice-pr&#233;sident de Clinton, Al Gore, a fait un film sous le titre&lt;em&gt; Une v&#233;rit&#233; embarrassante&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;An Inconvenient Truth)&lt;/em&gt;. Dans ce film, il montre certaines raisons &#233;conomiques du changement climatique, et ce faisant se pr&#233;sente comme un &#233;cologiste convaincu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable bilan de l'administration Clinton dans le domaine de l'environnement est terrifiant. D'abord, un objectif d'ordre secondaire de divers accords commerciaux appuy&#233;s par l'administration Clinton visait le contournement des normes environnementales par les soci&#233;t&#233;s am&#233;ricaines. Quand les compagnies am&#233;ricaines obtenaient l'acc&#232;s aux pays en voie de d&#233;veloppement dans le monde, elles en profitaient pour &#233;chapper aux lois environnementales r&#233;gissant la production. Apr&#232;s avoir install&#233; leurs entreprises dans les pays en voie de d&#233;veloppement, le plus souvent, les dirigeants de ces soci&#233;t&#233;s pouvaient les faire fonctionner en se moquant des cons&#233;quences sur l'environnement de ces pays. Quel est le r&#233;sultat d'une telle libert&#233; ? Des fleuves pollu&#233;s, des for&#234;ts et des prairies d&#233;truites, des villes inond&#233;es et la disparition des esp&#232;ces en danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens se souviennent aussi que l'administration Clinton a ratifi&#233; le Protocole de Kyoto, un accord international pr&#233;voyant des restrictions limit&#233;es sur la pollution dans le monde. Il est vrai que sous l'administration Clinton, les &#201;tats-Unis ont sign&#233; cet accord mais elle n'a jamais soumis le protocole &#224; la ratification du S&#233;nat. Aussi cette signature reste lettre morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, la politique de Clinton envers l'environnement ne favorisait pas sa pr&#233;servation, mais sa destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de ses deux mandats pr&#233;sidentiels sur tous les fronts &#8211; celui des services sociaux, de la politique &#233;trang&#232;re, de l'environnement, et m&#234;me celui des libert&#233;s civiles &#8211; Clinton a d&#233;fendu bec et ongles les int&#233;r&#234;ts de la classe dominante aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;apresclinton&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Br&#232;ve histoire du Parti d&#233;mocrate depuis Bill Clinton&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant les huit ann&#233;es de l'administration Bush, les D&#233;mocrates ont tent&#233; la plupart de temps de prendre leurs distances, en critiquant de temps &#224; autre certains points de sa politique. Mais en d&#233;pit de ces critiques, les d&#233;mocrates ont dans l'ensemble soutenu et vot&#233; plusieurs points de la politique qu'ils pr&#233;tendaient rejeter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11 Septembre 2001 : le &#171; PATRIOT Act &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s le 11 Septembre le projet de loi &#171; USA PATRIOT Act &#187; a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; devant le Congr&#232;s et vot&#233; presque &#224; l'unanimit&#233; (un s&#233;nateur seulement a vot&#233; contre). Une fois adopt&#233;, le &#171; Patriot Act &#187; a servi de fondement pour &#233;largir les pouvoirs de la police et a consid&#233;rablement limit&#233; les libert&#233;s civiles. Le Patriot Act est une extension de la &#171; Loi sur l'anti-terrorisme et la peine de mort &#187;, adopt&#233;e sous Bill Clinton en 1996. Le Patriot Act a pratiquement supprim&#233; &lt;em&gt;l'habeas corpus&lt;/em&gt; pour ceux que le gouvernement am&#233;ricain suspecte d'&#234;tre terroristes. &lt;em&gt;Habeas corpus&lt;/em&gt; signifie le droit d'une personne &#224; un proc&#232;s avec des preuves pr&#233;sent&#233;es aux juges pour prouver son innocence. Mais de par le Patriot Act, le gouvernement peut placer des gens en d&#233;tention en tant que suspects de terrorisme, ind&#233;finiment, sans aucun jugement, et souvent sans acc&#232;s &#224; un avocat ou sans visite de sa famille. Il permet aussi d'expulser des personnes suspect&#233;es de terrorisme, vers un pays choisi par les &#201;tats-Unis. Le Patriot Act donne tout facilit&#233; &#224; la police d'organiser des &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques, de perquisitionner &#224; domicile, d'acc&#233;der au courrier &#233;lectronique, au courrier personnel, aux relev&#233;s bancaires et ainsi de suite. Gr&#226;ce au Patriot Act la police peut arr&#234;ter, placer en d&#233;tention, interroger, espionner et perquisitionner chez n'importe quelle personne suspect&#233;e de terrorisme, ou qui peut lui servir &#224; enqu&#234;ter sur le terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion &#171; terroriste &#187; est une notion intentionnellement extensive, incluant n'importe qui, permettant au gouvernement am&#233;ricain d'accuser de terrorisme ceux qu'il souhaite impliquer. La d&#233;finition inclut des d&#233;clarations vagues et floues, telles que tout individu &lt;em&gt;&#171; qui entend intimider ou contraindre la population civile &#187;&lt;/em&gt;, ou &lt;em&gt;&#171; influencer la politique du gouvernement par intimidation ou coercition &#187;&lt;/em&gt;, ou &lt;em&gt;&#171; utiliser un dispositif dangereux avec intention de mettre en danger, directement ou indirectement, la s&#233;curit&#233; d'un ou de nombreux individus, ou de causer des dommages substantiels &#224; la propri&#233;t&#233; &#187;&lt;/em&gt;. Ces attendus peuvent tr&#232;s bien s'appliquer &#224; une gr&#232;ve de travailleurs bien organis&#233;e, en dehors de leur lieu de travail, ou &#224; une manifestation de masse contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; en 2003 des groupes de d&#233;fense des droits de l'homme estimaient que pr&#232;s de 15 000 personnes avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es et d&#233;tenues par le gouvernement am&#233;ricain de par le Patriot Act. Et au moins 3 208 d'entre elles ont &#233;t&#233; expuls&#233;es. Depuis ce nombre a presque doubl&#233;. Dans la majorit&#233; des cas, il n'a pas &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; de preuve contre ces personnes. Des gens ont souvent &#233;t&#233; d&#233;tenus durant des mois, sans que leur famille ait la moindre id&#233;e de ce qui leur arrivait. Ceux qui ont &#233;t&#233; expuls&#233;s ne revoyaient parfois leur famille que quelques heures avant d'&#234;tre embarqu&#233;s dans l'avion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Patriot Act est entr&#233; en vigueur en Octobre 2001 et &#233;tait suppos&#233; expirer en 2006. Mais en Mars 2006 le Congr&#232;s a vot&#233; un projet de loi rendant le Patriot Act permanent. Il est pass&#233; gr&#226;ce au soutien quasi-unanime des voix d&#233;mocrates et r&#233;publicaines. Et en 2007 le Congr&#232;s, contr&#244;l&#233; par les D&#233;mocrates a, comme un seul homme, adopt&#233; HR 1955, &#171; l'Acte de pr&#233;vention de la radicalisation violente et du terrorisme dans le pays &#187; (Violent Radicalization and Homegrown Terrorism Prevention Act). Cette loi &#233;tend la capacit&#233; du gouvernement am&#233;ricain &#224; qualifier des groupes de citoyens am&#233;ricains de terroristes et de les mettre derri&#232;re les barreaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'invasion d'Afghanistan : l'op&#233;ration &#171; libert&#233; immuable &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 octobre 2001, moins d'un mois apr&#232;s les attentats du 11 Septembre, l'arm&#233;e am&#233;ricaine a envahi et occup&#233; l'Afghanistan. Cette agression a re&#231;u d&#232;s le d&#233;but un soutien unanime des D&#233;mocrates, aussi bien que des R&#233;publicains. Le jour o&#249; les bombardements ont commenc&#233;, le Congr&#232;s a rendu publique une d&#233;claration bipartite, garantissant &lt;em&gt;&#171; un soutien sans faille &#224; l'op&#233;ration militaire, ordonn&#233;e par le pr&#233;sident Bush en cours le jour m&#234;me &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invasion avait pour pr&#233;texte le fait que le chef pr&#233;sum&#233; des attentats du 11 Septembre, Oussama Ben Laden, et son organisation terroriste, Al Qa&#239;da, se trouvaient en Afghanistan. Les &#201;tats-Unis ont accus&#233; le r&#233;gime brutal des Talibans, au pouvoir, en Afghanistan, de prot&#233;ger Al Qa&#239;da. L'arm&#233;e am&#233;ricaine a lanc&#233; un ultimatum vis-&#224;-vis des Talibans, leur enjoignant de livrer Oussama Ben Laden ou d'avoir &#224; affronter l'attaque am&#233;ricaine. Les Talibans ont r&#233;pondu &#224; l'ultimatum en demandant l'ouverture de n&#233;gociations et demandant des preuves tangibles qu'Oussama Ben Laden &#233;tait bien responsable des attentats. Les &#201;tats-Unis attaqu&#232;rent quand m&#234;me l'Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences des bombardements et de l'occupation qui a suivi ont &#233;t&#233; tragiques. Selon des estimations, plus 3 700 civils afghans ont perdu la vie en une ann&#233;e d'occupation. Les &#201;tats-Unis bombardaient r&#233;guli&#232;rement les villages, massacrant des familles enti&#232;res. Au moins deux fois les &#201;tats-Unis ont bombard&#233; des centres de distribution d'aide alimentaire de la Croix Rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s l'invasion, les Talibans ont perdu le pouvoir et recul&#233; jusqu'au Pakistan. Le pays est gouvern&#233; par l'arm&#233;e am&#233;ricaine et un gouvernement fantoche dirig&#233; par Hamid Karza&#239;, un ancien consultant de la compagnie p&#233;troli&#232;re Unocal. Karza&#239; a aid&#233; les &#201;tats-Unis &#224; n&#233;gocier avec les Talibans en 1999 en vue de construire un ol&#233;oduc en direction de la mer Caspienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objectifs officiels de cette guerre visaient &#224; capturer Oussama Ben Laden, &#224; d&#233;poser le r&#233;gime des Talibans et &#224; am&#233;liorer les conditions d'existence de la population afghane. Aucun de ces objectifs n'a &#233;t&#233; atteint, et la situation de la majorit&#233; des Afghans a empir&#233;. Plus de 50 000 soldats de l'OTAN (en majorit&#233; des am&#233;ricains) occupent le pays. Plus de civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s par les troupes de l'OTAN que par les Talibans. Pr&#232;s de 20 000 civils en ont &#233;t&#233; victimes. Le gouvernement fantoche d'Hamid Karza&#239;, soutenu par les &#201;tats-Unis, s'est pratiquement effondr&#233;. Des groupes rivaux de seigneurs de la guerre, incluant les Talibans qui se sont r&#233;organis&#233;s, contr&#244;lent pr&#232;s de 75 % du pays. Les femmes afghanes vivent constamment dans la peur d'&#234;tre kidnapp&#233;es ou viol&#233;es. Sur la liste de 177 pays class&#233;s selon l'indice de pauvret&#233;, l'Afghanistan occupe l'avant derni&#232;re place. Plus de 6,5 millions d'Afghans risquent de mourir de faim. Au moins 40 % de la population est au ch&#244;mage et n'a aucun revenu. Vivre en Afghanistan est une catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 2008, les D&#233;mocrates et les R&#233;publicains continuent &#224; voter, sans &#233;tats d'&#226;me, les augmentations de budget militaire et de contingents de troupes occupant l'Afghanistan, car ils pr&#233;tendent que c'est un combat crucial de la soi-disant &#171; guerre contre le terrorisme &#187;. Mais les v&#233;ritables int&#233;r&#234;ts des &#201;tats-Unis en Afghanistan n'ont rien &#224; voir avec la guerre contre le terrorisme. L'occupation de l'Afghanistan et les bases militaires am&#233;ricaines implant&#233;es dans les pays voisins, au Nord, permettent aux &#201;tats-Unis de s'incruster dans une r&#233;gion clef d'Asie centrale contr&#244;l&#233;e auparavant par l'Union sovi&#233;tique, qui a des chances de devenir vers 2010 la troisi&#232;me productrice de p&#233;trole et de gaz dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'invasion de l'Irak &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration Bush a tent&#233; d'obtenir un appui &#224; sa guerre contre l'Irak sur trois id&#233;es cl&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Saddam Hussein &#233;tait impliqu&#233; dans les attentats du 11 Septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Saddam Hussein devait &#234;tre renvers&#233;, parce que son r&#233;gime &#233;tait en possession d'armes de destruction massive, ce qui constituait une menace s&#233;rieuse vis-&#224;-vis des &#201;tats-Unis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Il &#233;tait vital d'&#233;tablir une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; que le lien entre Saddam Hussein et les attentats du 11 Septembre &#233;tait une absurdit&#233;, un mensonge fabriqu&#233; de toutes pi&#232;ces. Pendant des d&#233;cennies Saddam Hussein et son parti la&#239;c au pouvoir, le Baas, ont brutalement r&#233;prim&#233; les militants islamistes en Irak. Les relations entre Saddam Hussein et Oussama Ben Laden n'&#233;taient rien moins qu'antagoniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les all&#233;gations de possession d'armes de destruction massive &#233;taient, comme il a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; plus tard, non seulement fausses, mais reposant sur des preuves fabriqu&#233;es de toutes pi&#232;ces par l'administration Bush. De telles armes n'ont jamais &#233;t&#233; trouv&#233;es en Irak. Le chef des inspecteurs de l'ONU a t&#233;moign&#233; que ces armes avaient &#233;t&#233; d&#233;truites dans les ann&#233;es 1990. Plusieurs documents, dont l'administration Bush s'est servie pour justifier le d&#233;clenchement de la guerre, ont &#233;t&#233; identifi&#233;s depuis comme des faux. Un certain nombre d'employ&#233;s du Pentagone et de fonctionnaires de l'administration Bush ont publiquement reconnu que le pr&#233;texte &#224; la guerre a &#233;t&#233; con&#231;u sur des faux et de fieff&#233;s mensonges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la pr&#233;tention de construire une d&#233;mocratie en Irak, un mensonge d&#232;s le d&#233;but, s'est av&#233;r&#233;e absolument erron&#233;e d&#232;s le premier jour de l'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; une opposition massive &#224; la guerre dans le monde et aux &#201;tats-Unis, avant m&#234;me qu'elle ne s'engage, et de s&#233;rieux arguments &#224; l'encontre des motifs d'entr&#233;e en guerre &#233;labor&#233;s par l'administration Bush, le Congr&#232;s a tout de m&#234;me vot&#233; le feu vert &#224; Bush pour d&#233;clencher la guerre en Irak. 86 D&#233;mocrates sur 126 ont vot&#233; la r&#233;solution. Parmi ceux qui ont vot&#233; contre la r&#233;solution, certains ne s'opposaient pas &#224; l'intervention militaire, mais pr&#233;f&#233;raient user initialement d'un peu plus de diplomatie. Le fait que les D&#233;mocrates soutenaient &#233;nergiquement la guerre &#233;tait surtout visible au travers de leur approbation continue du budget de guerre et de l'accroissement du contingent en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui plus de cinq ans se sont &#233;coul&#233;s depuis le d&#233;but de l'invasion, la vie quotidienne reste impossible pour une grande partie du peuple. Le ch&#244;mage atteint 70 %. Le salaire moyen de ceux qui travaillent est de 150 $ par mois. Le prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; a doubl&#233; depuis le d&#233;but de l'occupation. Seulement 37 % des maisons irakiennes sont raccord&#233;es aux &#233;go&#251;ts. Un quart des enfants irakiens souffrent de malnutrition chronique. 70 % des cas de mortalit&#233; infantile r&#233;sultent d'une simple diarrh&#233;e ou de maladies respiratoires. 90 % des h&#244;pitaux manquent de moyens. Selon des estimations, plus d'un million d'Irakien seraient morts. Selon l'ONU, 100 000 personnes par mois quittent le pays, et le nombre d'Irakiens vivant actuellement dans d'autres pays arabes d&#233;passerait les deux millions. Sur le territoire irakien il y a pr&#232;s de 2,5 millions de personnes d&#233;plac&#233;es en Irak m&#234;me. Les escadrons de la mort et des milices provoquent des attentats suicides, causant la mort de pr&#232;s de cent Irakiens par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit des discussions concernant le retrait des troupes, les &#201;tats-Unis n'ont manifestement aucune intention de quitter l'Irak. &#192; pr&#233;sent, les &#201;tats-Unis disposent de plus de 15 bases militaires importantes. Ils finissent de construire leur ambassade qui co&#251;terait plus de 740 millions de dollars. L'ambassade comprend 21 b&#226;timents, une alimentation en eau distincte avec une station de purification, une centrale &#233;lectrique et un syst&#232;me de bus priv&#233;. En plus de ces bases, les &#201;tats-Unis essaient, en vain, de faire passer au parlement irakien une loi qui mettrait le p&#233;trole irakien &#224; disposition des &#201;tats-Unis pour les d&#233;cennies &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;lections partielles au Congr&#232;s en 2006&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lecteurs n'ont pas choisi de pr&#233;sident d&#233;mocrate lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2004. John Kerry &#233;tait le candidat du Parti d&#233;mocrate, mais la population avait du mal &#224; percevoir la diff&#233;rence entre lui et Bush. Kerry a vot&#233; en faveur du PATRIOT Act et de l'invasion de l'Irak. Il &#233;tait un farouche partisan de la guerre en Afghanistan. Pendant toute sa campagne il a pr&#233;sent&#233; une politique &#233;trang&#232;re tout aussi agressive que celle de George Bush.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, pendant les &#233;lections au Congr&#232;s en 2006 les candidats du Parti d&#233;mocrate ont essay&#233; de changer de strat&#233;gie et se sont pr&#233;sent&#233;s comme des opposants purs et durs &#224; Bush et &#224; la guerre. Les &#233;lecteurs ont vot&#233; en masse pour envoyer des D&#233;mocrates au Congr&#232;s. Les D&#233;mocrates ont gagn&#233; 29 si&#232;ges &#224; la Chambre des repr&#233;sentants, 6 si&#232;ges au S&#233;nat, et ont pris 6 postes de gouverneurs aux R&#233;publicains. Les &#233;lections ont donn&#233; aux d&#233;mocrates la majorit&#233; aux deux chambres du Congr&#232;s : 51 D&#233;mocrates contre 49 R&#233;publicains au S&#233;nat et 233 D&#233;mocrates contre 202 R&#233;publicains &#224; la Chambre des repr&#233;sentants. Beaucoup ont vot&#233; pour les D&#233;mocrates, car ils pensaient que c'&#233;tait un moyen d'arr&#234;ter la guerre et de cong&#233;dier l'administration Bush. Avant les &#233;lections quelques notables d&#233;mocrates ont milit&#233; activement pour le renvoi (l'&lt;em&gt;impeachment&lt;/em&gt;). Une fois les D&#233;mocrates &#233;lus en majorit&#233; au Congr&#232;s, leurs appels agressifs contre la guerre se sont tus. Tr&#232;s vite, Nancy Pelosi, r&#233;cemment &#233;lue pr&#233;sidente de la Chambre des repr&#233;sentants, a d&#233;clar&#233; que l'&lt;em&gt;impeachment&lt;/em&gt; n'&#233;tait plus &#224; l'ordre du jour. Et chaque fois que les D&#233;mocrates ont eu l'occasion de voter, ils ont effectivement vot&#233; pour continuer la guerre. Tous les projets de loi pour financer la guerre, propos&#233;s par Bush, ont &#233;t&#233; adopt&#233;s par un Congr&#232;s &#224; majorit&#233; d&#233;mocrate. Cela signifiait que la majorit&#233; des D&#233;mocrates avaient vot&#233; en leur faveur. Chaque nouvelle nomination de l'administration Bush &#233;tait approuv&#233;e par le Congr&#232;s. Quatre mois seulement apr&#232;s avoir &#233;t&#233; &#233;lus au Congr&#232;s les D&#233;mocrates ont vot&#233; un budget suppl&#233;mentaire de 150 milliards de dollars afin de couvrir les d&#233;penses militaires en Irak et en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;2008&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les primaires du Parti d&#233;mocrate et les &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2008&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les primaires du Parti d&#233;mocrate ont d&#233;but&#233; avec plusieurs candidats ayant peu de diff&#233;rence entre eux. Ils ont opt&#233; pour la strat&#233;gie utilis&#233;e lors des &#233;lections au Congr&#232;s deux ans plus t&#244;t, et ont fait campagne contre la guerre et contre Bush. Apr&#232;s le premier tour des primaires il n'en est rest&#233; que deux : Barack Obama et Hilary Clinton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup se sont int&#233;ress&#233;s &#224; leur campagne, car chacun des candidats offrait en apparence quelque chose de nouveau : Barack Obama pouvait devenir le premier pr&#233;sident noir, et Hilary Clinton, la premi&#232;re pr&#233;sidente femme. En r&#233;alit&#233; ces candidats n'&#233;taient pas si diff&#233;rents l'un de l'autre, ni de l'administration Bush.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos de la soi-disant guerre contre le terrorisme, Obama et Hilary Clinton ont tous deux fermement soutenu le Patriot Act, l'occupation de l'Afghanistan et de l'Irak. L'un et l'autre ont vot&#233; pour la prorogation du Patriot Act. Obama et Clinton ont fait campagne pour renforcer les troupes et accro&#238;tre le financement de l'occupation de l'Afghanistan. Malgr&#233; le fait qu'Hilary Clinton ait vot&#233; pour la r&#233;solution et approuv&#233; l'invasion de l'Irak, elle pr&#233;tendait que si elle avait su ce qu'elle savait actuellement, elle ne l'aurait jamais fait. Obama n'&#233;tait pas s&#233;nateur au moment du vote, et lors de sa campagne, pr&#233;tendait s'&#234;tre oppos&#233; &#224; la guerre en Irak d&#232;s le d&#233;but. L'histoire de leurs votes au Congr&#232;s ne va pas dans le sens de leur discours de campagne. Tous deux ont toujours ratifi&#233; les projets de loi soumis au Congr&#232;s pour consolider le financement de l'occupation et envoyer plus de troupes en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux candidats ont promis un soutien ferme au gouvernement isra&#233;lien qui m&#232;ne une politique brutale d'occupation de la Palestine depuis plus de 50 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les deux soutenaient les all&#233;gations de l'administration Bush affirmant que l'Iran constitue une menace s&#233;rieuse &#224; l'encontre des &#201;tats-Unis. Ils pr&#233;tendaient qu'elle &#233;tait suffisamment grave pour justifier des raids contre l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propositions d'Obama et de Clinton &#224; propos du syst&#232;me de sant&#233; ont suscit&#233; beaucoup d'espoir. Les deux candidats promettaient d'assurer l'acc&#232;s aux soins &#224; chaque citoyen du pays. Mais si leurs propositions d'acc&#232;s aux soins &#233;taient mises en application, elles rendraient l'acc&#232;s aux soins m&#233;dicaux analogues &#224; la souscription d'une assurance automobile. De par la loi, l'achat d'une assurance sant&#233; deviendrait obligatoire et les gens pourraient m&#234;me recevoir des amendes s'ils ne le faisaient pas. Leurs propositions ne permettent pas de r&#233;soudre le probl&#232;me de fond du syst&#232;me de sant&#233;, &#224; savoir son co&#251;t exorbitant qui le rend inaccessible &#224; des millions de personnes. L'exigence d'avoir un syst&#232;me de sant&#233; ne veut pas dire que les gens pourront &#224; l'aide d'une baguette magique trouver des moyens pour le payer. Leurs propositions contiennent de vagues recommandations d'allouer des fonds et d'aider les faibles revenus, mais globalement elles manquent de pr&#233;cision. Malgr&#233; le fait qu'une petite partie de la population pourrait ainsi obtenir une aide minime quant &#224; l'acc&#232;s aux soins, leurs propositions ne sont gu&#232;re qu'un moyen d'enrichir les compagnies d'assurances, d&#233;j&#224; richissimes, en remettant en leurs mains l'argent du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les campagnes de Barack Obama et d'Hilary Clinton s'apparentent aux campagnes des D&#233;mocrates pr&#233;c&#233;dents. Obama et Clinton ont essay&#233; de toutes leurs forces d'avoir l'air de repr&#233;senter une esp&#233;rance r&#233;elle de changement, mais en r&#233;alit&#233; ils proposent une politique gu&#232;re diff&#233;rente de celles appliqu&#233;es par les D&#233;mocrates dans le pass&#233;. On voit leur &#171; couleur &#187; v&#233;ritable quand on comprend &#224; quel point la bourgeoisie leur fait confiance. Les plus importants souscripteurs de leurs campagnes sont les fabricants d'armes, les grandes banques et institutions financi&#232;res, les m&#233;dias et autres grandes compagnies. Cette liste inclut Goldman Sachs, Citigroup, JP Morgan Chase, Lockhead Martin, Boeing, Time Warner. Mener une campagne traditionnelle requiert le soutien des grands trusts et des banques. Le pr&#233;sident de la Commission &#233;lectorale f&#233;d&#233;rale Michael Toner a estim&#233; que, pour &#234;tre pris au s&#233;rieux, un candidat doit collecter au moins 100 millions de dollars vers la fin 2007 et pr&#233;voir que pour les campagnes de 2008 il lui faudra d&#233;penser au moins un milliard de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;obama&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un autre regard sur la campagne pr&#233;sidentielle de Barack Obama&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas surprenant que beaucoup de travailleurs soient enthousiasm&#233;s de voter Obama. C'est leur mani&#232;re d'exprimer leur d&#233;go&#251;t de la politique men&#233;e par le gouvernement au cours des derni&#232;res ann&#233;es. Pour certains c'est un vote contre l'administration Bush et le parti r&#233;publicain repr&#233;sent&#233; par le s&#233;nateur McCain. Alors que le racisme continue &#224; diviser le pays, on comprend qu'un grand nombre de Noirs voteront pour Obama. Un Noir &#224; la pr&#233;sidence serait per&#231;u par beaucoup comme un symbole marquant la fin des barri&#232;res raciales qui ont r&#233;duit les chances des Noirs pendant si longtemps. Beaucoup sont &#233;galement attir&#233;s par le message de changement d'Obama. Obama parle souvent de changer les choses &#224; Washington et de tenir t&#234;te aux gros bonnets des affaires. Pour la plupart des travailleurs, qui arrivent &#224; peine &#224; joindre les deux bouts, il faut bel et bien du changement. Mais si Obama peut changer le visage du pr&#233;sident, il ne changera pas les int&#233;r&#234;ts d&#233;fendus par Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les actions politiques d'Obama montrent ses priorit&#233;s plus clairement que ses discours de campagne. Comme on l'a vu plus haut, Obama a vot&#233; en faveur du Patriot Act chaque fois que c'&#233;tait n&#233;cessaire. Il a vot&#233; et approuv&#233; des budgets de centaines de milliards de dollars pour les guerres d'Irak et d'Afghanistan. Il pr&#233;voit d'augmenter le nombre de soldats am&#233;ricains en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que s&#233;nateur, Obama a vot&#233; pour une loi qui rend plus difficile pour les travailleurs de poursuivre des entreprises en justice. En 2005, il a vot&#233; pour la loi de &#171; justice dans les recours collectifs &#187; (class action fairness act) qui a supprim&#233; le droit de d&#233;poser des recours collectifs dans les tribunaux d'&#201;tats. Maintenant, ces recours ne peuvent &#234;tre d&#233;pos&#233;s qu'aupr&#232;s de tribunaux f&#233;d&#233;raux, qui traitent moins ces cas et statuent le plus souvent en faveur des grandes soci&#233;t&#233;s. Obama a vot&#233; contre une loi qui aurait limit&#233; les taux d'int&#233;r&#234;ts que les compagnies de cartes de cr&#233;dit imposent &#224; leur clients (ces taux peuvent d&#233;passer 20 % et faire plonger de nombreux m&#233;nages dans la faillite ou la dette perp&#233;tuelle). Il a &#233;galement vot&#233; une loi qui permet aux compagnies d'assurance maladie de s'excuser au lieu d'&#234;tre condamn&#233;es &#224; payer des dommages et int&#233;r&#234;ts en cas d'erreurs m&#233;dicales. Il a soutenu des lois permettant aux compagnies mini&#232;res d'acheter &#224; tr&#232;s bas prix des terrains publics et de ne pas rembourser les villes et &#201;tats o&#249; ils exploitent ces mines. En tant que s&#233;nateur de l'Illinois, Obama &#224; pass&#233; une loi limitant les &#233;missions polluantes des grandes entreprises, ce qui lui a valu le soutien des &#233;cologistes. Obama pr&#233;tend favoriser les alternatives au p&#233;trole, parlant de l'&#233;thanol comme d'une source d'&#233;nergie propre, puisque produit &#224; partir du ma&#239;s. Un des leaders de l'industrie de l'&#233;thanol est Archer Daniels Midland, une compagnie agricole bas&#233;e dans l'Illinois, un contributeur majeur aux campagnes d'Obama. Le processus de conversion du ma&#239;s en &#233;thanol, combin&#233; aux quantit&#233;s plus importantes d'&#233;thanol n&#233;cessaires pour faire tourner les moteurs, rend l'&#233;thanol plus pollueur que l'essence. L'industrie agricole a contribu&#233; pour plus d'un million de dollars &#224; la campagne d'Obama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus importantes contributions &#224; la campagne d'Obama proviennent de banques multinationales, de puissants cabinets d'avocats, de pollueurs producteurs d'&#233;nergie, et d'&#233;normes compagnies de m&#233;dias. Au sommet de la liste se trouve Goldman Sachs qui a fourni plus de 500 000 $ pour la campagne d'Obama. Goldman Sachs est une des plus grandes banques d'investissement au monde. Dans son comit&#233; directeur sont repr&#233;sent&#233;es des firmes telles que General Motors, Pfizer, la plus grande firme pharmaceutique au monde, KB Home, une des plus grandes compagnie de b&#226;timent aux &#201;tats-Unis, United Health Group, une des plus grandes compagnies d'assurance sant&#233; aux &#201;tats-Unis, Temple Inland, une gigantesque firme de bois de charpente, leader mondial de la d&#233;forestation, BankOne Corp, une institution financi&#232;re sp&#233;cialis&#233;e dans les op&#233;rations de cr&#233;dit. Ces compagnies sont li&#233;es aux trusts, tels McDonald, General Electric et d'autres firmes majeures dans les grands secteurs d'activit&#233; industrielle. Obama a choisi Joe Biden comme candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence. Biden est un familier de longue date &#224; Washington, avec 35 ans d'exp&#233;rience dans la d&#233;fense de la classe dirigeante am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biden, &#224; la diff&#233;rence d'Obama, &#233;tait au S&#233;nat quand a eu lieu le vote l&#233;gitimant la guerre en Irak. Il a vot&#233; en sa faveur. Il affirmait &#224; ce moment que la guerre en Irak serait une &lt;em&gt;&#171; marche pour la paix et la s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biden a aussi vot&#233; en faveur de tous les projets de loi de financement de la guerre en Irak et en Afghanistan. Biden a m&#234;me fait mieux que l'administration Bush quand il a fait la proposition d'accro&#238;tre le budget de guerre, de 13 milliards de dollars, la plus grande partie de cet argent tombant dans les poches des fabricants d'armes. Biden soutient le projet d'envoyer plus de troupes en Afghanistan. Biden est aussi un chaud partisan de l'occupation de la Palestine par Isra&#235;l. Il a accept&#233; des dizaines de milliers de dollars de contributions de campagne &#233;lectorale des diff&#233;rents lobbys isra&#233;liens. Biden a aussi vot&#233; pour faire passer et proroger le Patriot Act.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, Biden a aussi vot&#233; la l&#233;gislation qui a s&#233;v&#232;rement r&#233;duit la possibilit&#233; pour les travailleurs d'avoir acc&#232;s &#224; des dispositifs d'aide en cas de surendettement. Une v&#233;ritable offensive contre les travailleurs et un cadeau aux compagnies de cartes de cr&#233;dit. Les expulsions de locataires priv&#233;s de moyens sont facilit&#233;es pour les propri&#233;taires de logements. Elle permet m&#234;me aux cr&#233;diteurs de faire transf&#233;rer des allocations parentales pour payer les dettes des parents. Elle prot&#232;ge les riches, leur permettant de garder des capitaux investis dans le patrimoine immobilier. Elle permet de m&#234;me aux cr&#233;diteurs de donner de fausses informations sur les cartes de cr&#233;dit. Les compagnies de cartes de cr&#233;dit avaient essay&#233; de faire passer cette l&#233;gislation depuis des ann&#233;es. Quand elle a &#233;t&#233; effectivement adopt&#233;e en 2005, ces compagnies avaient d&#233;pens&#233; 34 millions de dollars pour le lobbying et les contributions de campagne &#233;lectorale pendant les neuf ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. La compagnie de cr&#233;dit MBNA a son si&#232;ge au Delaware, un &#201;tat repr&#233;sent&#233; par Biden au Congr&#232;s. Elle a contribu&#233; pour des dizaines de milliers de dollars &#224; sa campagne s&#233;natoriale et m&#234;me &#233;t&#233; m&#234;l&#233;e &#224; un scandale dans lequel un cadre de MBNA a vers&#233; une somme importante pour acheter la maison de Biden. Pour tout le monde il est &#233;vident que ce n'&#233;tait qu'un moyen de plus pour verser de l'argent en plus dans les poches de Biden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biden a aussi jou&#233; un r&#244;le important en s'en prenant aux pauvres et aux travailleurs dans les ann&#233;es 90. Biden a aid&#233; &#224; faire passer la l&#233;gislation propos&#233;e par l'administration Clinton pour priver d'aide sociale des millions de gens. Obama a aussi appuy&#233; cette l&#233;gislation qui a r&#233;duit l'attribution de tickets de nourriture, l'assistance m&#233;dicale et diff&#233;rentes aides &#224; ceux qui en ont le plus besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours, les bas salaires, la mont&#233;e des prix, l'enrichissement des capitalistes, entra&#238;nent pour les travailleurs, des conditions d'existence de plus en plus dures, justifiant leur aspiration au changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne faut pas se tromper, nous n'avons pas besoin d'un simple changement symbolique. Ce changement que nous voulons ne peut venir de la pr&#233;sidence d'Obama/Biden ou du Parti d&#233;mocrate qu'ils repr&#233;sentent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;conclusion&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Conclusion &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; un moment o&#249; la majorit&#233; de la population en a par-dessus la t&#234;te des guerres en Irak et en Afghanistan, un moment o&#249; la crise &#233;conomique menace sa vie et son gagne pain, avec les prix de l'essence et de la nourriture qui montent en fl&#232;che, l'augmentation du ch&#244;mage, des saisies, l'absence de soins m&#233;dicaux et l'augmentation de la criminalit&#233;, il y a n&#233;cessit&#233; et un potentiel pour de nouvelles luttes sociales aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la c&#244;te de popularit&#233; de l'administration Bush et de la majorit&#233; d&#233;mocrate au Congr&#232;s est en dessous de 20 %, il y a une grande d&#233;sillusion et un m&#233;contentement &#233;vident &#224; l'encontre de la situation politique et des deux grands partis qui dirigent le gouvernement. La population a vraiment toutes les raisons d'attendre un changement qui sorte de l'ordinaire politique des &#233;lections pr&#233;sidentielles et du lancement sur le march&#233; de nouveaux candidats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas le moment de refaire les erreurs pass&#233;es et de placer ses espoirs dans les D&#233;mocrates et les &#233;lections. Qu'on prenne les quinze minutes n&#233;cessaires &#224; d&#233;poser un bulletin simplement pour exprimer sa condamnation de la politique men&#233;e au cours des huit ans de Bush, &#231;a se comprend. Mais il ne doit pas y avoir d'illusions que ce vote puisse mener &#224; un changement significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus important que cette &#233;lection, est d&#233;cisif ce que la population est r&#233;solue &#224; faire. Notre futur ne repose pas sur des choix &#233;lectoraux, comme cette brochure tente de le montrer, en d&#233;voilant les trahisons des D&#233;mocrates dans le pass&#233;. Les D&#233;mocrates sont pass&#233;s ma&#238;tres dans l'art de la tromperie. Nos espoirs de changements ne doivent pas &#234;tre investis dans l'acte passif de voter pour l'un des deux grands partis et leurs candidats pr&#233;s&#233;lectionn&#233;s et pr&#233;approuv&#233;s, empaquet&#233;s par les m&#233;dias pour notre consommation, comme si on choisissait un article dans un centre commercial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir sera d&#233;termin&#233; par ce que le peuple am&#233;ricain d&#233;cidera de faire aujourd'hui et demain, en le d&#233;cidant sur les lieux de travail, dans les quartiers et dans la rue. Il d&#233;pendra de la mobilisation de la population, de sa force et de ses luttes. Elle devra choisir ses propres leaders, sur la base de leurs actions, afin de savoir en qui elle peut faire confiance et de qui elle doit se m&#233;fier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie am&#233;ricaine a deux principaux partis &#224; son service. Avoir une v&#233;ritable alternative, cela signifie avoir des organisations qui servent et repr&#233;sentent vraiment la classe ouvri&#232;re et les couches opprim&#233;es, c'est-&#224;-dire une vaste majorit&#233; de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire un parti de la classe ouvri&#232;re est l'objectif du Revolutionary Workers Group (RWG). Bien s&#251;r, nous savons que nous ne pouvons pas le faire &#224; nous seuls. Mais nous savons &#233;galement que c'est dans l'int&#233;r&#234;t de cette majeure partie de la population et qu'il y a de nombreux groupes et militants qui partagent cet objectif, et encore plus de monde qui pourrait se retrouver sur cet objectif. C'est pour cela que nous invitons tous ceux qui partagent ce but, &#224; se joindre &#224; nous pour aider &#224; organiser des travailleurs, des jeunes, &#233;tudiants ou jeunes travailleurs, tous ceux qui sont pr&#234;ts &#224; se battre contre la soci&#233;t&#233; capitaliste et &#224; tourner le dos aux partis capitalistes et &#224; leurs politiciens, qu'ils se pr&#233;sentent comme progressistes, conservateurs, d&#233;mocrates ou r&#233;publicains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti d&#233;mocrate recycle simplement la m&#234;me strat&#233;gie. Nous avons besoin d'une alternative bas&#233;e sur nos propres int&#233;r&#234;ts, nos propres forces, notre propre &#233;nergie et nos propres efforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui n'apprennent rien de l'histoire r&#233;p&#232;teront les erreurs du pass&#233;. Ceux qui &#233;tudient l'histoire ont au moins la chance de tirer les le&#231;ons des luttes du pass&#233; et de voir les pi&#232;ges qui seront tendus. Esp&#233;rons que cela nous aidera &#224; choisir une voie nouvelle dans l'avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> USA : Barack Obama est &#233;lu et le changement&#8230; &#224; venir !
</title>
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		<dc:date>2008-12-02T00:10:35Z</dc:date>
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		<description>La victoire de Barack Obama a &#233;t&#233; c&#233;l&#233;br&#233;e dans de nombreux quartiers populaires partout aux USA. Les gens criaient depuis leur fen&#234;tre, descendaient dans les rues en tapant sur des casseroles et en scandant le nom d'Obama. Dans la plupart des grandes villes, la f&#234;te a dur&#233; toute la nuit. Au matin, les journaux ont &#233;t&#233; vite &#233;puis&#233;s, chacun voulant conserver des exemplaires devenus objets de collection. Et il semble que l'ivresse doive continuer jusqu'&#224; sa prise de poste en janvier et&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-60-novembre-decembre-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 60, novembre-d&#233;cembre 2008
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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La victoire de Barack Obama a &#233;t&#233; c&#233;l&#233;br&#233;e dans de nombreux quartiers populaires partout aux USA. Les gens criaient depuis leur fen&#234;tre, descendaient dans les rues en tapant sur des casseroles et en scandant le nom d'Obama. Dans la plupart des grandes villes, la f&#234;te a dur&#233; toute la nuit. Au matin, les journaux ont &#233;t&#233; vite &#233;puis&#233;s, chacun voulant conserver des exemplaires devenus objets de collection. Et il semble que l'ivresse doive continuer jusqu'&#224; sa prise de poste en janvier et probablement au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison de ces r&#233;jouissances est le fait qu'un Noir am&#233;ricain a &#233;t&#233; &#233;lu Pr&#233;sident des USA. Le racisme est encore extr&#234;mement pr&#233;sent et violent dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. C'est une bataille quotidienne dans la vie des Noirs et des membres des minorit&#233;s. Et l'&#233;lection d'Obama est une victoire partielle contre ce racisme. Beaucoup d'&#233;lecteurs &#226;g&#233;s ont vot&#233; pour la premi&#232;re fois simplement pour pouvoir voter pour un Noir. Beaucoup de ceux qui ont vot&#233; pour Obama ont v&#233;cu et particip&#233; au mouvement pour les Droits civiques dans les ann&#233;es 1960, des luttes dans lesquelles Noirs et Blancs ont risqu&#233; leur vie pour combattre un racisme profond&#233;ment install&#233; aux USA. Pour ceux-l&#224;, cette p&#233;riode reste celle de l'exp&#233;rience de la brutalit&#233; quotidienne, des lynchages, attentats, assassinats, incendies de maisons, attaques par des chiens. Qu'au cours de la m&#234;me vie, ils aient pu &#233;lire le premier pr&#233;sident Noir am&#233;ricain, c'est quelque chose que beaucoup pensaient impossible. Le choc a fait couler bien des larmes de joie et suscit&#233; un sentiment de fiert&#233; et de satisfaction dans une large part de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la victoire d'Obama est aussi le r&#233;sultat de l'exasp&#233;ration vis-&#224;-vis de l'administration Bush. Durant les huit derni&#232;res ann&#233;es, la population a d&#251; subir le poids de deux guerres qui ont &#233;puis&#233; le budget f&#233;d&#233;ral cr&#233;ant un d&#233;ficit record et r&#233;duisant les services publics dans presque tous les secteurs. Le ch&#244;mage n'a cess&#233; de grimper, m&#234;me avant la crise &#233;conomique r&#233;cente. Les libert&#233;s civiques, prot&#233;geant les individus de l'intrusion du gouvernement dans leurs vies priv&#233;es, ont recul&#233;. Et maintenant nous traversons la pire crise financi&#232;re depuis la grande d&#233;pression. L'administration Bush appara&#238;t comme responsable de tous ces probl&#232;mes rencontr&#233;s par les USA.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Comment l'&#233;lu du peuple et des bourgeois&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La campagne d'Obama s'est habilement faite derri&#232;re ce slogan, le &#171; changement &#187;. Pour beaucoup, voter Obama c'&#233;tait voter contre la guerre en Irak, ou pour plus d'emplois, ou pour une meilleure couverture sant&#233;, ou pour plus d'&#233;nergies renouvelables, ou pour l'am&#233;lioration du syst&#232;me &#233;ducatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la campagne d'Obama &#233;tait bas&#233;e sur les espoirs et les aspirations populaires &#224; une am&#233;lioration, celle de McCain a vainement tent&#233; de se fonder sur la peur et l'intimidation. Tout ce qu'il a pu offrir, c'&#233;tait de craindre une pr&#233;sidence de Barack Obama, la politique fiscale d'Obama, ses projets de politique &#233;trang&#232;re, etc. Cette strat&#233;gie s'est retourn&#233;e contre lui. Comme il n'a pas &#233;t&#233; capable de convaincre qu'il offrait quoi que ce soit de nouveau, il n'a pas pu appara&#238;tre comme diff&#233;rent de Bush, et les gens ont d'autant moins vot&#233; pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps pourtant, les classes dirigeantes des USA choisissaient aussi Obama contre McCain. &#201;tant donn&#233;s les &#233;checs des guerres en Irak et en Afghanistan et l'&#233;tat catastrophique de l'&#233;conomie, la bourgeoisie a pr&#233;f&#233;r&#233; une nouvelle administration aux affaires, en particulier si celle-ci peut donner l'impression d'offrir quelque chose de nouveau &#224; la population. Dans presque tous les secteurs de l'&#233;conomie, le patronat a vers&#233; plus d'argent &#224; la campagne d'Obama qu'&#224; celle de McCain. C'est m&#234;me le cas des industries qui donnaient traditionnellement plus au Parti r&#233;publicain comme l'armement. Du coup, la campagne d'Obama a &#233;t&#233; la campagne la plus ch&#232;re de l'histoire des USA. Il a &#233;cras&#233; McCain en recevant presque le double de ce qu'a re&#231;u son adversaire, en levant entre 640 et 850 millions de dollars alors que McCain en a recueilli autour de 350 millions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#8230;pourra-t-il satisfaire les deux ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On comprend qu'avec Obama beaucoup de gens esp&#232;rent que les choses vont s'am&#233;liorer, tant la r&#233;alit&#233; de la vie de la plupart est terrible. Plus de 1,2 million d'emplois ont &#233;t&#233; perdus depuis janvier 2008. Ce mois-ci, plusieurs grands magasins ont annonc&#233; leur banqueroute, et encore plus de banqueroutes sont &#224; pr&#233;voir, ce qui signifiera encore plus de licenciements. Il y a aussi les millions de familles qui ne peuvent pas payer leurs traites, et les expulsions &#224; venir dans les mois qui viennent. Durant les derni&#232;res ann&#233;es, les travailleurs ont d&#251; s'endetter massivement sur leurs cartes de cr&#233;dit ne serait-ce que pour pouvoir vivre. Mais maintenant, les compagnies de carte de cr&#233;dit restreignent les conditions d'utilisation de ces cartes, et modifient les termes de paiement. Le r&#233;sultat en est que des millions de gens ne pourront plus s'appuyer sur le cr&#233;dit pour r&#233;gler leurs d&#233;penses quotidiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant Obama a d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; r&#233;v&#233;ler une image plus claire de ce qu'on pourra attendre de son administration. D&#232;s avant l'&#233;lection, il avait vot&#233; en soutien du plan de sauvetage des banques de 700 milliards, dont les r&#233;sultats n'ont en rien all&#233;g&#233; le poids de la crise pour les travailleurs. Il est revenu sur sa position de retirer les troupes d'Irak, et a dit qu'il voulait attendre de s'entretenir avec l'&#233;tat-major militaire. Il a aussi promis d'augmenter le nombre de soldats en Afghanistan. Et r&#233;cemment, il a commenc&#233; &#224; former une &#233;quipe &#233;conomique, pour lui fournir des plans pour g&#233;rer la crise, qui inclut les principaux conseillers &#233;conomiques de l'administration Clinton et le milliardaire Warren Buffet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est probable que l'administration Obama essaiera de faire quelques gestes, &#224; la fois pour se distinguer des R&#233;publicains, et pour donner quand m&#234;me une impression de changement. Ainsi il a promis d'augmenter les imp&#244;ts des plus hauts revenus. Il a aussi promis de fermer le centre de d&#233;tention de Guantanamo Bay &#224; Cuba. Ce serait relativement facile &#224; faire et pourrait servir comme symbole d'opposition &#224; l'administration Bush. Il a aussi plaid&#233; pour des investissements dans les &#233;nergies alternatives. Il s'agirait sans doute de puiser dans les fonds du gouvernement pour donner aux entreprises de gaz naturel, ou d'&#233;nergie &#233;olienne voire solaire. Son administration pourrait m&#234;me essayer de se servir de ces industries pour relancer l'&#233;conomie et l'emploi et mod&#233;rer les effets de la crise. Pourtant, alors que la crise &#233;conomique s'approfondit, et que le gouvernement s'enfonce dans la dette, sa capacit&#233; &#224; impulser des changements acceptables pour les riches et qui apaiseraient les travailleurs semble bien faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; toutes les attaques que les travailleurs ont subies dans la p&#233;riode r&#233;cente, il n'y a pas eu de riposte majeure. Et il n'y a en ce moment aucune organisation, les syndicats ou la gauche, qui chercherait &#224; commencer &#224; mobiliser la population. &#192; part l'organisation d'une petite manifestation de quelques centaines de personnes en septembre contre le plan de sauvetage des banques, les syndicats sont rest&#233;s silencieux. Et, pour l'instant en tout cas, la population est encore gris&#233;e par l'&#233;lection et attend de voir quelles promesses Obama va tenir. Elle ne s'int&#233;resse donc gu&#232;re aux critiques qui peuvent &#234;tre faites de sa politique ou des limites &#224; ce qu'il peut apporter. Les principaux changements que la population d&#233;sire ne tomberont pourtant pas d'en haut. Ils ne pourront &#234;tre obtenus sans lutte. Et ce n'est qu'une question de temps avant que la population n'en puisse plus d'attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Francisco,15 novembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Craig VINCENT &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Nouvelles interdictions du mariage homosexuel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce 4 novembre, en Californie, une proposition de loi a &#233;t&#233; vot&#233;e par les &#233;lecteurs. Cette proposition modifie la constitution de l'&#201;tat de telle sorte que le mariage peut seulement se faire entre un homme et une femme. Les &#201;tats de l'Arkansas et de la Floride ont aussi adopt&#233; une pareille l&#233;gislation. Et il y a &#224; pr&#233;sent trente &#201;tats qui interdisent le mariage homosexuel. Il ne s'agit pas simplement du droit de se marier, mais des avantages &#233;conomiques et l&#233;gaux que cela procure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne pour cette proposition de loi a re&#231;u un financement de 36 millions de dollars. Le principal donateur a &#233;t&#233; l'&#201;glise des Mormons avec 22 millions. D'autres organisations religieuses comme les Chevaliers de Colombus et l'&#201;glise catholique ont donn&#233; autour de 1 million de dollars chacune. La proposition est pass&#233;e avec 52 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup, avant le vote, expliquaient que la forte participation et le vote pour Obama allaient entra&#238;ner le refus de la proposition. C'&#233;tait une erreur. L'un des facteurs d&#233;cisifs a &#233;t&#233; la puissance des communaut&#233;s religieuses noires. On estime que 70 % des Noirs ont vot&#233; pour. Obama lui-m&#234;me a d&#233;livr&#233; un message contradictoire, affirmant que d'apr&#232;s ses convictions religieuses, le mariage devait &#234;tre &#171; entre un homme et une femme &#187; mais que personne ne devait voir ses droits ni&#233;s. Une position d'&#233;quilibriste qui annonce peut-&#234;tre bien des d&#233;sillusions, m&#234;me pour ceux qui esp&#232;rent du nouveau Pr&#233;sident des changements sinon sociaux du moins soci&#233;taux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berkeley, 10 novembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Victor FRANKS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Barack Obama, le candidat de la rupture ? Pas avec le &#171; big business &#187;&#8230;
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Barack-Obama-le-candidat-de-la-rupture-Pas-avec-le-big-business</link>
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		<dc:subject>USA
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		<dc:subject>Monde
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		<dc:subject>Barack Obama
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		<description>Une super-inflation touche les &#201;tats-Unis, des millions de personnes se retrouvent sans emploi et sans logement. Nul doute que dans ce contexte les travailleurs veulent du changement. Barack Obama, candidat d&#233;mocrate aux &#233;lections pr&#233;sidentielles, a donc fait de la rupture le th&#232;me de sa campagne en d&#233;non&#231;ant le gouvernement et en affirmant qu'il est possible de s'opposer aux grandes entreprises capitalistes. Et voter Obama sera sans doute le moyen dont se serviront certains&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-59-septembre-octobre-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 59, septembre-octobre 2008
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-USA-+" rel="tag"&gt;USA
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Barack-Obama-+" rel="tag"&gt;Barack Obama
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une super-inflation touche les &#201;tats-Unis, des millions de personnes se retrouvent sans emploi et sans logement. Nul doute que dans ce contexte les travailleurs veulent du changement. Barack Obama, candidat d&#233;mocrate aux &#233;lections pr&#233;sidentielles, a donc fait de la rupture le th&#232;me de sa campagne en d&#233;non&#231;ant le gouvernement et en affirmant qu'il est possible de s'opposer aux grandes entreprises capitalistes. Et voter Obama sera sans doute le moyen dont se serviront certains travailleurs pour exprimer leur exasp&#233;ration face &#224; la politique gouvernementale et leur opposition au Parti r&#233;publicain. De plus, le racisme restant une division bien pr&#233;gnante aux &#201;tats-Unis, de nombreuses personnes verraient dans le fait d'avoir une pr&#233;sidence noire un symbole fort de la fin de la s&#233;gr&#233;gation qui a si longtemps opprim&#233; les Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Obama peut effectivement changer le visage de la pr&#233;sidence am&#233;ricaine. Mais c'est bien la seule chose qu'il changera. Son CV l'illustre infiniment mieux que n'importe quel slogan &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La campagne la plus co&#251;teuse de toute l'histoire des &#201;tats-Unis&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Obama et McCain ont &#224; eux deux lev&#233; plus de 600 millions de dollars de fonds aupr&#232;s des entreprises. Obama avait proclam&#233; qu'il n'accepterait pas de tels fonds. Mais la majorit&#233; des 390 millions de dollars qu'a co&#251;t&#233;s sa campagne proviennent d'organisations, de lobbyistes ou d'individus proches du &#171; grand business &#187;. Dans la plupart des grandes branches d'industries, banques, compagnies d'assurances ou encore dans les m&#233;dia et la vente d'armes, en passant par le secteur &#233;nerg&#233;tique, les cabinets d'avocats ou encore l'industrie pharmaceutique, il a trouv&#233; de g&#233;n&#233;reux donateurs : AT&amp;T, ConocoPhilips, Lockheed-Martin, Cargill, Banks of America, Wells Fargo, Citygroup, Time-Warner et bien d'autres. Goldman Sachs, l'une des plus grandes banques d'investissement du pays, &#224; elle seule aura vers&#233; 653 000 dollars. Son conseil d'administration comprend des membres de General Motors, Pfizer, KB Home (b&#226;timent), United Health Group ou encore Bank One Corp, des entreprises li&#233;es aussi &#224; McDonald's, General Electric et quelques autres des plus grandes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#234;mes entreprises ont empoch&#233; des milliards gr&#226;ce aux guerres d'Irak et d'Afghanistan. Elles sont directement responsables de la crise du logement ou se sont fait leur beurre sur le dos de la population de la Nouvelle Orl&#233;ans apr&#232;s les d&#233;vastations de l'ouragan Katrina. Ces m&#234;mes entreprises pillent les mati&#232;res premi&#232;res aux quatre coins du globe et d&#233;vastent la plan&#232;te. Leurs PDG touchent plus de 400 fois le revenu moyen d'un travailleur, s'achetant yachts, grandes demeures de luxe et jets priv&#233;s comme d'autres s'ach&#232;tent du lait. Cette &#233;lite reconna&#238;t en Obama un candidat en qui elle peut avoir enti&#232;re confiance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un nouveau venu en politique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Obama n'a pas seulement le soutien du grand capital. Ses votes pass&#233;s en tant que s&#233;nateur montrent qu'il ne s'agit que d'un renvoi d'ascenseur. Il a par exemple soutenu la l&#233;gislation qui a rendu plus difficile aux travailleurs de se d&#233;fendre juridiquement contre les grandes entreprises, loi qui a d&#233;plac&#233; les possibilit&#233;s de recours des cours d'&#201;tat vers les cours f&#233;d&#233;rales, souvent plus favorables au patronat. Il a vot&#233; contre la l&#233;gislation qui permettait de limiter les taux d'int&#233;r&#234;ts que les banques peuvent soutirer &#224; leurs clients en cas de d&#233;passement de leurs plafonds. Il a aussi vot&#233; en faveur d'une loi permettant aux compagnies m&#233;dicales de pr&#233;senter de simples excuses plut&#244;t que des indemnit&#233;s &#224; des patients ayant re&#231;u de mauvais traitements. Il a vot&#233; en faveur de la l&#233;gislation permettant aux compagnies mini&#232;res d'acheter des terrains publics &#224; peu de frais sans indemnit&#233;s pour les &#201;tats et les villes dans lesquelles elles op&#232;rent. Archer Daniels Midland, une des grandes entreprises sp&#233;cialis&#233;es dans la production de ma&#239;s, peut le remercier de son vote dont le r&#233;sultat a &#233;t&#233; le versement d'&#233;normes subventions &#224; ce g&#233;ant de l'agrobusiness. Obama pr&#233;tend que ce vote avait une vis&#233;e &#233;cologique, dans la mesure o&#249; le ma&#239;s sert &#224; la fabrication de l'&#233;thanol. Mais comme la production d'&#233;thanol requiert des quantit&#233;s d'essence consid&#233;rables, elle s'av&#232;re plus polluante que l'essence elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs il a apport&#233; par ses votes son soutien au &#171; Patriot Act &#187;, cette l&#233;gislation qui permet de r&#233;duire consid&#233;rablement les libert&#233;s civiles. Quiconque suspect&#233; de terrorisme peut &#234;tre incarc&#233;r&#233; ind&#233;finiment, sans acc&#232;s &#224; un avocat. Cette loi facilite aussi les &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques, les perquisitions, la lecture d'e-mails ou de courrier, la fouille des comptes bancaires de toute personne suspect&#233;e de terrorisme, c'est-&#224;-dire potentiellement tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'il fait de son opposition &#224; la guerre en Irak un th&#232;me de campagne, il a vot&#233; tous les cr&#233;dits de guerre pour l'Irak et l'Afghanistan. Il a aussi promis un renforcement des troupes stationn&#233;es en Afghanistan. Il soutient pleinement Isra&#235;l dans son occupation des territoires palestiniens. Il ne r&#233;cuse pas plus la possibilit&#233; d'une intervention militaire contre l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Et un vice-pr&#233;sident &#224; la hauteur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Joe Biden qu'il a choisi pour &#234;tre son vice-pr&#233;sident est un habitu&#233; des couloirs de Washington, avec une carri&#232;re politique de 35 ans. Biden a vot&#233; en faveur de l'invasion de l'Irak qu'il d&#233;crivait comme une &#171; &lt;em&gt; marche vers la libert&#233; et la s&#233;curit&#233; &lt;/em&gt; &#187;. Il a m&#234;me surpass&#233; l'administration Bush en proposant d'augmenter de 13 milliards les sommes allou&#233;es aux producteurs d'armement. Il pr&#233;conise un renforcement des troupes en Afghanistan, soutient l'occupation de la Palestine, a accept&#233; des milliers de dollars de lobbyistes pro-Isra&#235;l pour la campagne &#233;lectorale et a vot&#233; en faveur d'un renouvellement du &#171; Patriot Act &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, le m&#234;me homme a favoris&#233; le vote d'une loi r&#233;duisant les possibilit&#233;s de recours des travailleurs en cas de surendettement. Les propri&#233;taires peuvent ainsi plus ais&#233;ment se d&#233;barrasser d'un locataire endett&#233;, voire r&#233;cup&#233;rer les allocations allou&#233;es aux parents pauvres pour rembourser leurs dettes. Particuli&#232;rement appr&#233;ciable dans cette crise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990, Biden a jou&#233; un r&#244;le de premier plan dans les attaques anti-ouvri&#232;res et anti-pauvres. Il a favoris&#233; le vote d'une loi, propos&#233;e par l'administration Clinton, qui permettait de r&#233;duire de plusieurs millions le nombre de personnes b&#233;n&#233;ficiant de la s&#233;curit&#233; sociale, soutenu en cela par Obama. Cette m&#234;me loi a r&#233;duit le montant des bons donnant droit &#224; de la nourriture, l'assistance m&#233;dicale et toutes sortes d'aides aux plus d&#233;munis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rupture, vous avez dit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Craig VINCENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Dis moi qui te soutient je te dirai quel pr&#233;sident tu seras&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contributions &#224; la campagne par secteur &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class='table spip'&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id5526_c0'&gt;Secteurs&lt;/th&gt;&lt;th id='id5526_c1'&gt;Total &lt;/th&gt;&lt;th id='id5526_c2'&gt;D&#233;mocrates&lt;/th&gt;&lt;th id='id5526_c3'&gt; Republicains&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id5526_c0'&gt;Agrobusiness&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c1'&gt;7 271 522 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c2'&gt;2 818 032 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c3'&gt;4 438 690 $&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id5526_c0'&gt;Communications/&#201;lectronique&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c1'&gt;33 079 755 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c2'&gt;24 285 939 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c3'&gt;8 732 497 $&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id5526_c0'&gt;Construction&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c1'&gt;16 410 686 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c2'&gt;6 986 209 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c3'&gt;9 405 627 $&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id5526_c0'&gt;D&#233;fense&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c1'&gt;2 047 781 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c2'&gt;1 086 728 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c3'&gt;953 903 $&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id5526_c0'&gt;&#201;nergie &amp; Mati&#232;res premi&#232;res&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c1'&gt;8 743 698 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c2'&gt;3 266 757 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c3'&gt;5 473 641 $&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id5526_c0'&gt;Finance, Assurance &amp; Immobilier&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c1'&gt;112 126 197 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c2'&gt;58 156 309 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c3'&gt;53 919 567 $&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id5526_c0'&gt;Sant&#233;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c1'&gt;28 978 246 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c2'&gt;17 692 646 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c3'&gt;11 246 092 $&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id5526_c0'&gt;Avocats et lobbyistes&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c1'&gt;72 850 392 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c2'&gt;54 545 033 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c3'&gt;18 274 004 $&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id5526_c0'&gt;Transports&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c1'&gt;6 438 873 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c2'&gt;2 219 454 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c3'&gt;4 212 144 $&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id5526_c0'&gt;Divers&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c1'&gt;62 032 351 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c2'&gt;35 370 630 $&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id5526_c3'&gt;26 525 946 $&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#201;tats-Unis : Barack Obama ou Hillary Clinton ? Une simple question de style
</title>
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		<dc:date>2008-03-21T20:11:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Elections
</dc:subject>
		<dc:subject>USA
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		<dc:subject>Monde
</dc:subject>
		<dc:subject>Barack Obama
</dc:subject>

		<description>Ces &#233;lections primaires, tant disput&#233;es, avant les pr&#233;sidentielles de novembre 2008, permettent simplement au Parti d&#233;mocrate de s&#233;lectionner le candidat dont la rh&#233;torique s&#233;duira le plus d'&#233;lecteurs. Hillary Clinton &#233;voque les ann&#233;es 1990 et passe pour la candidate de l'exp&#233;rience. Obama, plus jeune, se pr&#233;sente comme le nouveau venu, celui qui d&#233;sire rompre avec le climat &#171; affairiste habituel &#187; du monde politicien. Il en appelle au &#171; changement &#187; et invoque les Droits civiques et&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-56-mars-avril-2008-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 56, mars-avril 2008
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Elections-+" rel="tag"&gt;Elections
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-USA-+" rel="tag"&gt;USA
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Monde-73-+" rel="tag"&gt;Monde
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Barack-Obama-+" rel="tag"&gt;Barack Obama
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces &#233;lections primaires, tant disput&#233;es, avant les pr&#233;sidentielles de novembre 2008, permettent simplement au Parti d&#233;mocrate de s&#233;lectionner le candidat dont la rh&#233;torique s&#233;duira le plus d'&#233;lecteurs. Hillary Clinton &#233;voque les ann&#233;es 1990 et passe pour la candidate de l'exp&#233;rience. Obama, plus jeune, se pr&#233;sente comme le nouveau venu, celui qui d&#233;sire rompre avec le climat &#171; affairiste habituel &#187; du monde politicien. Il en appelle au &#171; changement &#187; et invoque les Droits civiques et autres mouvements des ann&#233;es 1960.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait il n'existe aucune diff&#233;rence politique r&#233;elle entre les deux candidats. Pas de d&#233;saccord sur la question de la guerre. Clinton comme Obama sont pour la poursuite de l'occupation militaire de l'Irak et de l'Afghanistan, et m&#234;me pour augmenter les effectifs militaires. Obama va jusqu'&#224; exiger le renforcement de l'intervention am&#233;ricaine en Afghanistan avec intervention &#233;ventuelle au Pakistan. Les deux soutiennent la politique d'occupation de la Palestine par Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de diff&#233;rence &#233;galement sur les probl&#232;mes int&#233;rieurs. Tous deux proposent un programme de sant&#233; garantissant d'&#233;normes profits aux compagnies d'assurance. Tous deux pr&#233;conisent une r&#233;duction insignifiante de 1,6 milliard de dollars des exon&#233;rations fiscales accord&#233;es aux riches au cours de l'administration Bush. Tous deux ont fait porter la responsabilit&#233; des licenciements frappant les travailleurs am&#233;ricains sur la Chine et autres pays qui &#171; volent les emplois am&#233;ricains &#187;. Tous deux proposent des r&#233;ductions d'imp&#244;ts aux entreprises, sous couvert de les inciter &#224; rester aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Derri&#232;re les deux candidats : les m&#234;mes grandes entreprises et la bureaucratie syndicale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La campagne d'Hillary Clinton est financ&#233;e par de grands groupes financiers. Celle de Barack Obama l'est essentiellement par les m&#234;mes groupes. La seule petite diff&#233;rence entre les deux candidats tient &#224; un montant sup&#233;rieur en provenance des soci&#233;t&#233;s immobili&#232;res ou de t&#233;l&#233;communication pour la campagne d'Obama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe deux f&#233;d&#233;rations syndicales aux &#201;tats-Unis : l'AFL-CIO et la conf&#233;d&#233;ration dissidente de 2005, la &lt;em&gt; Change to Win Federation &lt;/em&gt; (f&#233;d&#233;ration &lt;em&gt; Changer pour gagner &lt;/em&gt;). Les deux sont &#233;troitement li&#233;es &#224; l'appareil du parti d&#233;mocrate. Les syndicats ont commenc&#233; par apporter leur soutien &#224; Clinton. C'est en train de changer. Au mois de f&#233;vrier, &lt;em&gt; Change to Win &lt;/em&gt;a rendu public son appui &#224; Obama. Ce qui a son importance dans la mesure o&#249; cette f&#233;d&#233;ration comprend deux des plus grands syndicats des &#201;tats-Unis, celui des camionneurs et l'Union internationale des employ&#233;s des services (&lt;em&gt; Service Employees International Union &lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Deux strat&#233;gies &#233;lectorales &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Hillary Clinton repr&#233;sente la continuit&#233; du parti d&#233;mocrate de la p&#233;riode r&#233;cente. Le Democratic Leadership Council (le &lt;em&gt; Conseil des dirigeants d&#233;mocrates &lt;/em&gt;), un organisme fond&#233; au lendemain de la victoire de Ronald Reagan en 1984, explique que les d&#233;mocrates doivent renoncer &#224; leurs discours en faveur des pauvres et des minorit&#233;s et &#224; l'encontre des entreprises, afin de battre les R&#233;publicains. C'est cette strat&#233;gie qui avait assur&#233; l'&#233;lection de l'administration Clinton dans les ann&#233;es 1990, laquelle s'en est prise au programme d'aide sociale et a renforc&#233; la l&#233;gislation p&#233;nale. Clinton a maintenu les sanctions &#233;conomiques et les bombardements contre l'Irak et a plus augment&#233; les d&#233;penses militaires que Reagan et Bush p&#232;re r&#233;unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1980, Hillary Clinton a obtenu un poste d'avocat d'affaires au service des grandes entreprises de l'Arkansas (dont son mari &#233;tait gouverneur). En 2000, elle se fait &#233;lire s&#233;natrice de New York. Lors de son mandat, elle se situe &#224; l'aile droite du parti d&#233;mocrate en appuyant les exigences militaires de l'administration Bush ainsi que les restrictions des libert&#233;s civiles dont le Patriot Act&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1 La version finale de la loi anti-terroriste adopt&#233;e par une &#233;crasante (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barack Obama, de son c&#244;t&#233;, revient &#224; la rh&#233;torique ant&#233;rieure des D&#233;mocrates, illustr&#233;e par John Kennedy et son &#171; Alliance pour progr&#232;s &#187;, un programme de promesses grandiose visant &#224; mener la guerre aux &#171; &lt;em&gt; ennemis habituels de l'homme : la tyrannie, la pauvret&#233;, la maladie et la guerre elle-m&#234;me &lt;/em&gt; &#187;. Certains dirigeants d&#233;mocrates, dont le s&#233;nateur Ted Kennedy, l'ex-candidat &#224; la pr&#233;sidentielle, le s&#233;nateur John Kerry et l'ancien chef de la majorit&#233; s&#233;natoriale Tom Daschle, pr&#233;conisent de renoncer &#224; la strat&#233;gie du Democratic Leadership Council. C'est ce groupe qui parraine Barack Obama aux pr&#233;sidentielles. Obama insiste sur son affinit&#233; avec Kennedy et s'approprie l'image des mouvements sociaux des ann&#233;es 1960. Pendant le Super Bowl&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2 La finale annuelle de la ligue nationale de football am&#233;ricain&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, l'&#233;v&#233;nement t&#233;l&#233;vis&#233; majeur regard&#233; par 131,7 millions de gens, l'&#233;quipe de campagne d'Obama a fait passer une publicit&#233; regorgeant d'images et de discours de Martin Luther King et de Kennedy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barack Obama a commenc&#233; sa carri&#232;re politique en tant que s&#233;nateur de l'Illinois (l'&#201;tat de Chicago) en 2004. C'est un politicien habile, plaidant la bonne cause en public tout en se mettant au service des entreprises. En 2006, par exemple, il a tra&#238;n&#233; devant les tribunaux de l'Illinois le dirigeant d'Exelon, la plus grande compagnie d'&#233;lectricit&#233; nucl&#233;aire du pays, tout en s'entendant avec la firme pour adapter la l&#233;gislation de l'&#201;tat aux besoins d'Exelon. Et Exelon a d&#233;j&#224; vers&#233; 227 000 $ pour la campagne d'Obama. Aujourd'hui, Obama insiste sur son opposition &#224; la guerre d'Irak en 2003. Mais il n'&#233;tait pas membre du Congr&#232;s &#224; l'&#233;poque et ne pouvait voter ni pour ni contre la guerre. En tant que s&#233;nateur, il a vot&#233; chacun des cr&#233;dits militaires exig&#233;s par l'administration Bush. Il a vot&#233; contre le Patriot Act apr&#232;s son expiration en 2005&#8230; pour voter sa prorogation en 2006. &#201;tant moins connu, il peut pr&#233;tendre plus facilement qu'Hillary Clinton s'&#234;tre oppos&#233; &#224; la politique de Bush.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les al&#233;as de &#171; l'Obama-mania &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On a assist&#233; &#224; un engouement m&#233;diatique croissant en faveur d'Obama, puis &#224; des rassemblements de dizaines de milliers de personnes venues entendre son &#171; message pour le changement &#187;, dans tout le pays. Avant le d&#233;but des primaires, presque tous les commentateurs misaient sur une facile victoire de Clinton, avec sa machine &#233;lectorale bien huil&#233;e et ses r&#233;seaux politiques. Mais la donne a chang&#233;. Obama a d'abord gagn&#233; onze primaires d'affil&#233;e, et les m&#233;dias se sont extasi&#233;s en parlant &#171; d'Obama-mania &#187;. Puis sa veine gagnante s'est heurt&#233;e &#224; une victoire de Clinton le 4 mars. Elle a gagn&#233; l'Ohio, le Texas et Rhode Island en brisant quelque peu l'&#233;lan d'Obama, qui a toutefois, la semaine suivante, le 11 mars, remport&#233; les primaires du Mississipi. Pour l'heure, Obama reste en t&#234;te pour le nombre de d&#233;l&#233;gu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poursuite de la course ne fait pas que des heureux au sein du parti d&#233;mocrate. Certains envisagent mal plusieurs mois suppl&#233;mentaires de rivalit&#233; entre D&#233;mocrates ne pouvant que b&#233;n&#233;ficier aux R&#233;publicains, lesquels ont d&#233;j&#224; choisi leur candidat, John McCain. En outre, d'aucuns s'inqui&#232;tent d'un choix laiss&#233; &#224; la convention d&#233;mocrate en ao&#251;t prochain (Clinton aura alors de meilleures chances de l'emporter car elle b&#233;n&#233;ficie des meilleurs r&#233;seaux et de l'appareil du parti). Dans ce cas tout le processus des primaires risquerait d'appara&#238;tre fort peu &#171; d&#233;mocratique &#187; et les D&#233;mocrates pourraient perdre le soutien, donc le vote, des jeunes &#233;lecteurs qui ont &#233;t&#233; s&#233;duits par la campagne d'Obama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, cette campagne a quelque chose d'in&#233;dit, puisque l'un des candidats est une femme et l'autre un Noir. Cela dit, on ne se sent gu&#232;re concern&#233; par ces primaires au sein de la classe ouvri&#232;re, durement touch&#233;e par les licenciements, le gel des salaires, la remise en cause de tous les acquis et d&#233;sormais la crise du cr&#233;dit immobilier. Les salari&#233;s n'ont pas entendu grand-chose susceptible de soulager leurs difficult&#233;s. On entend toutefois certains exprimer une certaine nostalgie pleine d'illusions sur la &#171; belle &#233;poque &#187; des ann&#233;es Clinton 1990. Mais l'un dans l'autre, il semble qu'on ne discute gu&#232;re des &#233;lections sur les lieux de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Francisco, 13 mars 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Victor JOHNSON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Une d&#233;mocratie en effet&#8230; tr&#232;s primaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections pr&#233;sidentielles se d&#233;roulent en deux &#233;tapes. La premi&#232;re consiste en &#233;lections primaires, celles qui se d&#233;roulent en ce moment. Il s'agit pour les partis de s&#233;lectionner leurs candidats. L'essentiel se joue entre D&#233;mocrates et R&#233;publicains. Ceux qui, dans chaque parti, posent leur candidature, re&#231;oivent le soutien d'autres politiciens et le parrainage d'entreprises. C'est ensuite une affaire de campagne m&#233;diatique, entre ceux qui disposent de fonds suffisants pour prendre part &#224; la comp&#233;tition. Pour ce premier round, Clinton et Obama ont lev&#233; chacun plus de 100 millions de dollars, alors que la v&#233;ritable campagne contre les R&#233;publicains n'a pas encore commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Qui vote aux primaires ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les r&#232;gles g&#233;n&#233;rales des primaires sont fix&#233;es par chaque grand parti national, agr&#233;ment&#233;es d'autres r&#232;gles institu&#233;es par les partis de chaque &#201;tat. R&#233;publicains comme D&#233;mocrates doivent avoir un candidat qui obtient la majorit&#233; des votes des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; leur convention nationale. Mais la fa&#231;on dont les candidats obtiennent les votes des d&#233;l&#233;gu&#233;s peut parfois rester myst&#233;rieuse. C'est aux partis de d&#233;cider qui vote pour leurs candidats. Habituellement cela se limite aux personnes qui se sont inscrites comme membres de l'un des deux partis &#8211; ce qui peut se r&#233;sumer &#224; cocher une case. Bien des gens ne se d&#233;clarent pas ou se d&#233;clarent &#171; ind&#233;pendants &#187;. En cette ann&#233;e &#233;lectorale, en Californie par exemple, les D&#233;mocrates ont ouvert leurs primaires aux &#171; ind&#233;pendants &#187; afin d'obtenir plus de votants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Les R&#233;publicains se m&#233;fient de la proportionnelle&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre d&#233;sign&#233; par le parti r&#233;publicain, un candidat doit obtenir la majorit&#233; des 2380 d&#233;l&#233;gu&#233;s du parti &#224; sa convention de septembre 2008. Chaque &#201;tat d&#233;tient un nombre donn&#233; de d&#233;l&#233;gu&#233;s, fix&#233; par le parti national. Dans certains &#201;tats, on se base sur les pourcentages &#8211; ainsi, par exemple, le candidat qui obtient 50 % des votes dans une primaire, obtient 50 % de ses d&#233;l&#233;gu&#233;s. D'autres &#201;tats ont une primaire fonctionnant selon le principe du &#171; gagnant-prend-tout &#187;, de sorte que le candidat qui obtient le plus de votes r&#233;cup&#233;rera tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s de l'&#201;tat. Le parti de chaque &#201;tat d&#233;cide de sa fa&#231;on de faire &#8211; au pourcentage ou au &#171; gagnant-prend-tout &#187;. C'est John McCain qui a rafl&#233; la mise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;&#8230; et les D&#233;mocrates des d&#233;l&#233;gu&#233;s !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La proc&#233;dure du parti d&#233;mocrate est nettement plus compliqu&#233;e. Les D&#233;mocrates n'ont pas de primaires selon le principe du gagnant-prend-tout. Mais &#224; la diff&#233;rence du parti r&#233;publicain, en plus des 3249 d&#233;l&#233;gu&#233;s de la Convention d&#233;mocrate, il y a 796 &#171; super-d&#233;l&#233;gu&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la Convention, le simple d&#233;l&#233;gu&#233; vote pour tel ou tel candidat selon les r&#233;sultats de la primaire, du moins au premier tour. Les super-d&#233;l&#233;gu&#233;s, en revanche, peuvent voter pour qui ils veulent. Bon nombre des super-d&#233;l&#233;gu&#233;s font partie de l'&#233;lite du parti &#8211; s&#233;nateurs, membres du Congr&#232;s, gouverneurs &#8211; toute la cr&#232;me. Le parti veut avoir la possibilit&#233; de bloquer un candidat populaire au cas o&#249; l'aristocratie du parti pourrait lui &#234;tre hostile. Car les 796 super-d&#233;l&#233;gu&#233;s constituant pr&#232;s de 20 % de la convention, ils peuvent faire tr&#232;s facilement pencher la balance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette &#233;lection, le partage entre les 3249 d&#233;l&#233;gu&#233;s ordinaires se fera de fa&#231;on tr&#232;s serr&#233;e et il semble bien que ce sera aux super-d&#233;l&#233;gu&#233;s de prendre la d&#233;cision lors de la Convention. C'est pourquoi Hillary Clinton et Barack Obama tentent chacun de gagner les faveurs du plus grand nombre de super-d&#233;l&#233;gu&#233;s possibles. Lors de leur campagne, l'un et l'autre ont contribu&#233; au financement des nombreux super-d&#233;l&#233;gu&#233;s qui cherchent &#224; se faire r&#233;&#233;lire, en tentant de conclure le plus de march&#233;s possibles dans les coulisses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Craig HUNT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;1 La version finale de la loi anti-terroriste adopt&#233;e par une &#233;crasante majorit&#233; du congr&#232;s le 25 octobre 2001, un mois et demi apr&#232;s le 11 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;2 La finale annuelle de la ligue nationale de football am&#233;ricain&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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