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	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
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		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
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		<title> Accueil des mineurs isol&#233;s &#233;trangers : l'exemple toulousain
</title>
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		<dc:date>2019-10-29T22:50:50Z</dc:date>
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		<dc:subject>Mineurs &#233;trangers
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		<dc:subject>Politique
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		<description>L'accueil des mineurs isol&#233;s &#233;trangers (ou d&#233;sormais mineurs non accompagn&#233;s) doit, selon la loi, &#234;tre assur&#233; par l'aide sociale &#224; l'enfance, d&#233;pendant du conseil d&#233;partemental. &lt;br /&gt;Le conseil d&#233;partemental de Haute-Garonne, comme d'autres, a cr&#233;&#233; un dispositif d&#233;partemental, d'accueil, d'&#233;valuation et d'orientation des mineurs isol&#233;s, ou DDAEOMI. &#192; Toulouse, c'est l'Anras (association nationale de recherche et d'action solidaire) qui, par d&#233;l&#233;gation de service public, assure cet &#171; &lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-France-Europe-Etats-Unis-Une-meme-sale-politique-anti-migrants-" rel="directory"&gt;DOSSIER : France, Europe, &#201;tats-Unis. Une m&#234;me sale politique anti-migrants
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Mineurs-etrangers-+" rel="tag"&gt;Mineurs &#233;trangers
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'accueil des mineurs isol&#233;s &#233;trangers (ou d&#233;sormais mineurs non accompagn&#233;s) doit, selon la loi, &#234;tre assur&#233; par l'aide sociale &#224; l'enfance, d&#233;pendant du conseil d&#233;partemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conseil d&#233;partemental de Haute-Garonne, comme d'autres, a cr&#233;&#233; un dispositif d&#233;partemental, d'accueil, d'&#233;valuation et d'orientation des mineurs isol&#233;s, ou DDAEOMI. &#192; Toulouse, c'est l'Anras (association nationale de recherche et d'action solidaire) qui, par d&#233;l&#233;gation de service public, assure cet &#171; accueil &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis juillet 2016, les jeunes mineurs arrivant &#224; Toulouse sont donc &#171; mis&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&#224; l'abri &#187; dans un b&#226;timent pendant environ cinq jours pour &lt;em&gt;&#171; une &#233;valuation &#233;tay&#233;e et bienveillante &#187;. &lt;/em&gt;Les entretiens sont men&#233;s par diff&#233;rents travailleurs sociaux, qui produisent un rapport final transmis au procureur. Lors de ces entretiens il semble qu'on cherche &#224; les faire se contredire (certains, &#224; une &#233;tape ou une autre de leur p&#233;riple migratoire, ont d&#233;clar&#233; &#234;tre majeurs pour ne pas &#234;tre bloqu&#233;s dans un pays o&#249; ils ne souhaitaient pas rester). &#171; L'&#233;valuation bienveillante &#187; est g&#233;n&#233;ratrice de beaucoup de stress et facilite la d&#233;stabilisation du jeune &#171; &#233;valu&#233; &#187;. Officiellement, l'&#233;valuation prend en compte le &lt;em&gt;&#171; d&#233;veloppement physique &#187;&lt;/em&gt; : pourtant, sans &#234;tre tr&#232;s physionomiste, certains des recal&#233;s semblent tr&#232;s jeunes&#8230; Elle devrait tenir compte des documents d'identit&#233; pr&#233;sent&#233;s (dont le DDAEOMI n'est pas habilit&#233; &#224; contester lui-m&#234;me la validit&#233;) mais il semble que ce soit rarement le cas (ne serait-ce que parce que beaucoup pr&#233;f&#232;rent ne pas voyager avec les originaux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les chiffres officiels, pour 2018, sur la Haute-Garonne :&lt;/p&gt;
&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 1076 &#233;valuations ont &#233;t&#233; lanc&#233;es,&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 800 ont pu &#234;tre conduites jusqu'au bout,&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class='spip' role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 165 ont permis une reconnaissance de minorit&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Parmi les 800 jeunes &#171; &#233;valu&#233;s &#187; il y a donc eu 635 jeunes dont la minorit&#233; a &#233;t&#233; contest&#233;e par le DDAEOMI, soit plus de 79 %. Le procureur a syst&#233;matiquement valid&#233; ces contestations. La grande majorit&#233; des recal&#233;s viennent d'Afrique noire, tandis que ceux qui viennent du Maghreb sont pour la plupart reconnus mineurs. Il semblerait que l'existence d'accords avec les pays du Maghreb pour faciliter l'expulsion des jeunes lors de leurs 18 ans (et leur absence avec les pays sub-sahariens) ne soit pas &#233;trang&#232;re &#224; cette diff&#233;rence de traitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Officiellement, les recal&#233;s sont inform&#233;s des recours possibles. Mais le DDAEOMI cherche &#224; les dissuader de les faire, en insistant sur les sanctions p&#233;nales encourues en cas de fausse d&#233;claration. Les recal&#233;s sont ensuite mis &#224; la rue. Enfin, pas tout &#224; fait : bien souvent on leur donne aujourd'hui l'adresse d'un b&#226;timent d&#233;saffect&#233; de l'h&#244;pital Purpan o&#249; la mairie a ouvert en juin 2019 un lieu de vie pour eux. Elle ne l'a fait que contrainte, car auparavant le &#171; lieu de vie &#187; de ces jeunes &#233;tait un squat ouvert par AutonoMIE (dans un b&#226;timent propri&#233;t&#233; de la mairie), devenu insalubre, avec un risque d'incendie important&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On vient d'apprendre que ce lieu d'h&#233;bergement fermerait fin f&#233;vrier 2020&#8230; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute la mairie (de droite) a-t-elle craint un accident grave et pr&#233;f&#233;r&#233; ne pas voir ces jeunes s'ajouter aux nombreux sans abri de Toulouse. Peut-&#234;tre, en cette p&#233;riode pr&#233;&#233;lectorale, cherche-t-elle aussi &#224; se donner le beau r&#244;le face au conseil d&#233;partemental (&#224; majorit&#233; PS) ? Toujours est-il que c'est gr&#226;ce aux militants et aux avocats d'AutonoMIE que les jeunes h&#233;berg&#233;s ont un toit et peuvent engager leur recours pour faire reconna&#238;tre leur minorit&#233;. Et gr&#226;ce &#224; des professeurs b&#233;n&#233;voles que beaucoup peuvent suivre des cours, voire &#234;tre scolaris&#233;s, durant les longs mois que peut durer le recours.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Dans environ neuf cas sur dix la minorit&#233; de ces &#171; pr&#233;sum&#233;s majeurs &#187; est finalement reconnue par les juges&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui jette un gros doute sur le s&#233;rieux de l'&#233;valuation initiale. Mais l'essentiel pour le conseil d&#233;partemental n'est-il pas d'avoir gagn&#233; des mois o&#249; il n'a pas eu &#224; prendre en charge ces jeunes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cerise sur le g&#226;teau, une r&#233;cente loi a d&#233;cid&#233; que le dispositif &#171; jeune majeur &#187; mis en place pour les jeunes atteignant 18 ans ne serait ouvert qu'aux jeunes pris en charge par l'aide sociale &#224; l'enfance avant 16 ans et demi. Les quelques mois gagn&#233;s par le conseil d&#233;partemental permettront donc dans bien des cas de s'affranchir de tout devoir envers ces jeunes migrants apr&#232;s leurs 18 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;21 octobre 2019, F&#233;lix Rolin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On vient d'apprendre que ce lieu d'h&#233;bergement fermerait fin f&#233;vrier 2020&#8230; avec retour des jeunes dans ce b&#226;timent &#171; r&#233;habilit&#233; &#187;&#8230; et avec moins de places d'accueil qu'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L&#224;-bas ils fuient la guerre, ici ils vivent &#224; la rue : Jeunes migrants et &#233;tudiants solidaires, pour un monde sans fronti&#232;res
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Jeunes-migrants-et-etudiants-solidaires-pour-un-monde-sans-frontieres</link>
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		<dc:date>2017-12-13T22:06:45Z</dc:date>
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		<dc:subject>Mineurs &#233;trangers
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		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Migrants
</dc:subject>

		<description>On ne sait pas combien ils sont, peut &#234;tre 25 000 sur le territoire en d&#233;cembre 2017 selon les organisations humanitaires. Ce sont des jeunes migrants venus pour la plupart d'Afrique sub-sah&#233;lienne, que la po&#233;sie administrative avait d&#233;nomm&#233;s Mineurs isol&#233;s &#233;trangers (MIE) et d&#233;sormais Mineurs non accompagn&#233;s (MNA). Depuis quinze jours, &#224; Lyon, Lille, Toulouse et Nantes se sont constitu&#233;es des &#233;quipes qui les soutiennent en rendant leur lutte visible via des occupations de salles de&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-116-decembre-2017-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 116, d&#233;cembre 2017
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Mineurs-etrangers-+" rel="tag"&gt;Mineurs &#233;trangers
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Migrants-+" rel="tag"&gt;Migrants
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On ne sait pas combien ils sont, peut &#234;tre 25 000 sur le territoire en d&#233;cembre 2017 selon les organisations humanitaires. Ce sont des jeunes migrants venus pour la plupart d'Afrique sub-sah&#233;lienne, que la po&#233;sie administrative avait d&#233;nomm&#233;s Mineurs isol&#233;s &#233;trangers (MIE) et d&#233;sormais Mineurs non accompagn&#233;s (MNA). Depuis quinze jours, &#224; Lyon, Lille, Toulouse et Nantes se sont constitu&#233;es des &#233;quipes qui les soutiennent en rendant leur lutte visible via des occupations de salles de campus universitaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;&#192; Nantes : la douceur d'une municipalit&#233; de gauche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'hiver arrivant, les militantes et militants soutenant ces jeunes migrants &#8211; d&#233;bout&#233;s du droit d'asile par la pr&#233;fecture &#8211; ont d&#233;cid&#233; d'occuper l'ancienne &#233;cole des Beaux-Arts situ&#233;e en plein centre-ville de Nantes. Aucune structure et aucune solution en effet n'avait &#233;t&#233; trouv&#233;e pour ces pr&#232;s de 64 jeunes &#224; la rue. La r&#233;ponse de la mairie socialiste fut ferme et rapide &#224; l'issue d'une seule journ&#233;e d'occupation : le 19 novembre, par un beau dimanche bien froid, elle d&#233;ploie plus de 120 CRS qui &#233;vacuent &#224; coups de matraque les occupants pacifiques. La disproportion de l'intervention en a surpris plus d'un mais c'&#233;tait sans compter sur les calculs &#233;lectoraux des prochaines municipales. On devine sans efforts les priorit&#233;s de la Maire et on s'en souviendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants prennent la d&#233;cision d'une occupation pacifique du campus. La Censive, un des b&#226;timents situ&#233; au milieu du campus de sciences humaines, &#233;tait le lieu le plus propice : central, facile &#224; am&#233;nager, accessible et politiquement au c&#339;ur de plusieurs &#233;quipes qui se sont connues pendant le mouvement contre la loi Travail de 2016.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un carrefour plus qu'une occupation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'occupation se fit sans &#233;cueils. L'organisation fut le mot d'ordre central. D'abord il fallait loger les jeunes migrants, les nourrir, les aider &#224; se reconstruire. Ensuite, il fallait &#234;tre visibles et rompre l'isolement. Enfin, en les entourant des &#233;quipes militantes &#233;tudiantes, il &#233;tait possible de concevoir une protection &#8211; dont tous les militants mesurent la fragilit&#233; &#8211; tout en cr&#233;ant une pression sur la pr&#233;sidence d'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois les salles du sous-sol de la Censive am&#233;nag&#233;es, c'est une v&#233;ritable petite Commune qui vit le jour. Un garde-manger propre et organis&#233; pouvant nourrir des dizaines de personnes, des salles d'&#233;tudes avec les livres en libre disposition, sans oublier des commodit&#233;s adapt&#233;es, des espaces de repos et un lieu de vie commun. Une fois la position consolid&#233;e, les jeunes sont venus plus nombreux chaque jour. La pr&#233;sidence d'universit&#233; n'&#233;tait pas enthousiaste mais ne voulait pas prendre la responsabilit&#233; d'une &#233;vacuation. Tout en demandant l'&#233;vacuation des locaux universitaires, elle a commenc&#233; &#224; s'agiter aupr&#232;s de la Mairie et du D&#233;partement qui est l&#233;galement responsable de l'accueil des mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Un r&#233;pit apr&#232;s parfois des ann&#233;es de p&#233;riple &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce type d'occupation est bien entendu pr&#233;caire. Les risques d'&#233;vacuation sont r&#233;els et les fausses alertes n'ont pas manqu&#233;. Toutefois cette petite avanc&#233;e a fait le tour des milieux de migrants sans-papiers &#224; la rue. Ils s'estiment eux-m&#234;mes &#224; pr&#232;s de 350 &#224; Nantes qui vivent cach&#233;s et dans un d&#233;nuement complet. La plupart viennent d'Afrique, Guin&#233;e, C&#244;te d'Ivoire, Mali, mais aussi Soudan, Libye et m&#234;me jusqu'au Y&#233;men. Le fran&#231;ais est une langue minoritaire, et l'on entend l'arabe, le nouchi, le peul, et bien d'autres langues dans les couloirs du campus occup&#233;. Les itin&#233;raires sont porteurs de toutes les souffrances des exils forc&#233;s, des trafics humains, des guerres oubli&#233;es (voir encadr&#233;) ; ces rescap&#233;s ne parlent pas facilement. Leurs parcours en moyenne pour arriver en France ont dur&#233; de deux &#224; trois ans. Mais cette occupation v&#233;cue comme un repos par ces r&#233;fugi&#233;s ne souffre d'aucun temps mort. Des discussions et des cours sont organis&#233;s par des &#233;tudiants et des instituteurs b&#233;n&#233;voles ; des m&#233;decins sont venus assurer les premiers soins et souvent constater les blessures invisibles et terribles sur les esprits. Et puis il faut penser &#224; la suite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La recherche de l'extension &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s de l'occupation a fait venir d'autres migrants, l'espace de Censive est vite devenu exigu. Une id&#233;e fut port&#233;e, celle d'occuper un ch&#226;teau &#8211; plut&#244;t une maison de ma&#238;tre &#8211; situ&#233;e sur le campus. Elle pr&#233;sentait le double avantage d'&#234;tre une solution aux limites de places et d'avoir une port&#233;e symbolique, cette ancienne grande demeure ayant &#233;t&#233; celle d'un commer&#231;ant enrichi par le commerce triangulaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'initiative de doctorants en histoire et sociologie notamment, un appel de soutien en direction du milieu universitaire fut lanc&#233;. Non sans quelques petites tensions, l'appel fut tr&#232;s largement appuy&#233; par toutes les organisations syndicales allant du Sgen-Cfdt &#224; Solidaires en passant par le Snes-sup. L'appel se centrait sur le droit &#224; l'&#233;ducation de ces jeunes et contre l'expulsion. Cela a suffi pour que la pr&#233;sidence fulmine de col&#232;re. La pression fut forte sur l'Unef &#8211; pourtant bien mal en point sur le plan militant et peu pr&#233;sente dans l'action &#8211; avec des menaces sur les subventions, le local, leur demandant m&#234;me de donner les noms des &#171; vrais responsables &#187;. Ce qu'ils ont refus&#233; de faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;quipes visitent les cours pour pr&#233;senter la lutte, avec souvent un bon accueil, malgr&#233; parfois l'hostilit&#233; de certains professeurs et certaines fili&#232;res. Qu'importe ! Il faut &#339;uvrer &#224; faire conna&#238;tre ce combat l&#233;gitime. On &#233;voque l'id&#233;e de parrainages, tout en gardant &#224; l'esprit une d&#233;fense collective unie. Des professeurs seraient volontaires, des lettres ont &#233;t&#233; envoy&#233;es &#224; des &#233;lus municipaux que l'on sait sensibles &#224; ces probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour, rien n'est gagn&#233; et tout reste &#224; conqu&#233;rir. Les obstacles juridiques et administratifs sont &#233;normes mais la principale difficult&#233; est politique. Il reste &#224; accumuler des forces pour exercer la pression suffisante afin d'obtenir une simple justice. Une soci&#233;t&#233; qui traite de la sorte des enfants est une soci&#233;t&#233; bien malade, et nous sommes chaque jour de plus en plus nombreux &#224; nous en rendre compte. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Correspondants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;Parcours
de vies bris&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Peu importent leurs pr&#233;noms, peu importent les villes d'o&#249; ils viennent, leurs t&#233;moignages nous livrent la r&#233;alit&#233; du monde, o&#249; la responsabilit&#233; de la Fran&#231;afrique n'est jamais loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Nantes, la plupart sont des jeunes hommes, et on a pu y voir quatre jeunes filles. Un tiers d'entre eux sont mineurs, leurs parcours s'&#233;talent sur deux ou trois ans souvent terribles. Deux voies de passages, deux voies vers l'horreur. La premi&#232;re passe par la Libye &#8211; avec un prix indicatif de 700 euros pour les passeurs par entr&#233;e &#8211; et tous les t&#233;moignages recueillis se r&#233;pondent et se compl&#232;tent. L'esclavage est une norme, la torture et les violences sont habituelles. Il est impossible de tout restituer et l'on devine derri&#232;re des silences lourds des atrocit&#233;s demeur&#233;es jusqu'ici dans l'oubli. Certains d'entre eux ont pris des photos sur leurs portables dont le contenu d&#233;passe ce que le reportage de CNN laisse deviner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre voie est celle du Maroc &#8211; 2000 euros pour le passage et donc moins utilis&#233;e &#8211; o&#249; la violence est diff&#233;rente. Elle n'est pas le fait de mafias, mais de l'arm&#233;e : brutale, sanguinaire et sans piti&#233;. Dans ce pays, les migrants survivent de mille ruses pour mendier, improviser des spectacles et parfois travailler. Selon leurs t&#233;moignages, la population semble moins hostile qu'en Libye ou en Alg&#233;rie o&#249; les rassemblements sont parfois dispers&#233;s par des jets d'acide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, que veulent- ils ? Juste travailler. Ils sont chaudronniers, m&#233;tallos, cuisiniers, travailleurs agricoles ; ce ne sont pas des inconnus, ce sont nos fr&#232;res de classe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le PS fait du &#171; d&#233;ni de minorit&#233; &#187;
</title>
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		<dc:subject>Mineurs &#233;trangers
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		<dc:subject>Politique
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		<description>Les r&#233;fugi&#233;s mineurs et isol&#233;s qui arrivent en France b&#233;n&#233;ficient en th&#233;orie d'une prise en charge obligatoire par le pays d'accueil jusqu'&#224; leur majorit&#233;. &#192; Nantes comme ailleurs, c'est au d&#233;partement de les prendre en charge, mais faute de subventions suffisantes, le conseil d&#233;partemental (PS) fait du &#171; d&#233;ni de minorit&#233; &#187;, en ignorant volontairement l'&#226;ge des enfants alors qu'il est &#233;vident. Les associations locales &#233;valuent &#224; 30 % le taux de mineurs &#233;trangers qui sont ainsi&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;fugi&#233;s mineurs et isol&#233;s qui arrivent en France b&#233;n&#233;ficient en th&#233;orie d'une prise en charge obligatoire par le pays d'accueil jusqu'&#224; leur majorit&#233;. &#192; Nantes comme ailleurs, c'est au d&#233;partement de les prendre en charge, mais faute de subventions suffisantes, le conseil d&#233;partemental (PS) fait du &#171; &lt;em&gt;d&#233;ni de minorit&#233;&lt;/em&gt; &#187;, en ignorant volontairement l'&#226;ge des enfants alors qu'il est &#233;vident. Les associations locales &#233;valuent &#224; 30 % le taux de mineurs &#233;trangers qui sont ainsi refoul&#233;s, jet&#233;s &#224; la rue, livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes. Un tel m&#233;pris de la part des autorit&#233;s locales PS n'est que le prolongement de la politique du gouvernement envers les migrants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> L'Aide sociale &#224; l'enfance sacrifi&#233;e
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-Aide-sociale-a-l-enfance</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-Aide-sociale-a-l-enfance</guid>
		<dc:date>2015-03-23T22:20:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Secteur social
</dc:subject>
		<dc:subject>Enfance
</dc:subject>
		<dc:subject>Mineurs &#233;trangers
</dc:subject>
		<dc:subject>Limousin
</dc:subject>

		<description>&#201;pingl&#233; en 2009 par la Cour des comptes, le fonctionnement de l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE) fait couler beaucoup d'encre. Les six milliards de budget d&#233;pens&#233;s &#171; sans que l'on cherche &#224; contr&#244;ler les acteurs, ni l'efficacit&#233; des interventions &#187; sont agit&#233;s tel un &#233;pouvantail. Une proposition de loi a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e l'&#233;t&#233; dernier visant &#224; &#171; s&#233;curiser le parcours des enfants plac&#233;s &#187;, les auteures, s&#233;natrices PS et UDI, invoquant m&#234;me la cr&#233;ation d'un &#171; Conseil national de la protection&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

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&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-98-mars-avril-2015-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 98, mars-avril 2015
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;pingl&#233; en 2009 par la Cour des comptes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La protection de l'enfance &#187;, Rapport de la Cour des comptes, octobre 2009.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, le fonctionnement de l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE) fait couler beaucoup d'encre. Les six milliards de budget d&#233;pens&#233;s &lt;em&gt;&#171; sans que l'on cherche &#224; contr&#244;ler les acteurs, ni l'efficacit&#233; des interventions &#187;&lt;/em&gt; sont agit&#233;s tel un &#233;pouvantail. Une proposition de loi a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e l'&#233;t&#233; dernier visant &#224; &lt;em&gt;&#171; s&#233;curiser le parcours des enfants plac&#233;s &#187;,&lt;/em&gt; les auteures, s&#233;natrices PS et UDI, invoquant m&#234;me la cr&#233;ation d'un &lt;em&gt;&#171; Conseil national de la protection de l'enfance &#187;&lt;/em&gt;&#8230; Beaucoup de bruit pour dissimuler une difficult&#233; majeure : outre les in&#233;galit&#233;s territoriales criantes, les budgets &#233;tant allou&#233;s par les d&#233;partements, c'est surtout l'insuffisance des moyens face &#224; l'ampleur de la t&#226;che qui saute aux yeux des travailleurs sociaux&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le nombre de jeunes pris en charge par les services de protection de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, le nombre de familles en difficult&#233; augmente et, de l'autre, les organismes sociaux sont satur&#233;s. &#192; titre d'exemple, en 25 ans, le nombre d'appels au 119 &lt;em&gt;(&#171; All&#244; enfant en danger &#187;&lt;/em&gt;) a tout bonnement tripl&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Enfance en danger : en 25 ans, le 119 a tripl&#233; son nombre d'appels &#187;, AFP, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Quant au 115, num&#233;ro d'urgence sociale sur lequel les travailleurs sociaux se rabattent souvent pour trouver un h&#233;bergement aux jeunes, il est totalement satur&#233;. D&#233;but f&#233;vrier, le personnel du 115 de Seine-Saint-Denis (93), en gr&#232;ve pour le premi&#232;re fois, signalait 19 000 appels quotidiens, parmi lesquels moins de 500 peuvent &#234;tre honor&#233;s, apr&#232;s un temps d'attente de plusieurs heures parfois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'extr&#234;me pauvret&#233; qui augmente et, surtout, au peu de solutions p&#233;rennes d'aide sociale propos&#233;es par l'&#201;tat&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Aujourd'hui il faut compter huit ans en moyenne pour obtenir une place (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, les &lt;em&gt;&#171; &#233;coutants &#187;&lt;/em&gt; du 115, impuissants, en sont r&#233;duits &#224; g&#233;rer la mis&#232;re. De l'autre c&#244;t&#233; du t&#233;l&#233;phone, il n'est pas rare, pour les travailleurs sociaux, de passer la journ&#233;e &#224; tenter d'obtenir une place pour un jeune sans aucun soutien parental. &lt;em&gt;&#171; Il n'y a pas de place, Madame, rappelez &#224; 22 heures &#187;&lt;/em&gt;. On est tent&#233; de rester trois heures de plus au boulot, mais on sait que &#231;a ne changerait rien. Et l'on se r&#233;signe &#224; envoyer le jeune &#224; la rue&#8230; avec 20 euros d'une &lt;em&gt;&#171; caisse noire &#187;&lt;/em&gt; que les coll&#232;gues alimentent de leurs poches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoute le fait que l'appareil judiciaire, seul capable d'ordonner une mesure de protection mais de plus en plus surcharg&#233;, se d&#233;sengage, laissant les &#233;ducateurs de l'ASE bricoler des solutions. &#192; d&#233;faut d'une mesure impos&#233;e aux familles par le juge, comme le placement n&#233;cessaire d'un enfant sans consentement des parents, en cas de fratricide par exemple, l'ASE doit souvent se d&#233;brouiller en mettant en place de simples visites d'un &#233;ducateur &#224; la famille. Et pour cause, aux yeux de l'&#201;tat, une mesure de protection de l'enfance &#171; co&#251;te cher &#187;. Pour un placement, il faut compter entre 100 et 700 euros par jour et par enfant suivant le tarif et le degr&#233; de sp&#233;cialisation du foyer. Le tr&#232;s n&#233;cessaire travail avec les familles et le maintien du lien parents-enfant deviennent ainsi un pr&#233;texte pour justifier les &#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Coupes budg&#233;taires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, comme dans l'ensemble de la Fonction publique, la protection de l'enfance subit une baisse importante des budgets, parfois au m&#233;pris m&#234;me des conventions sign&#233;es avec les associations. C'est le cas dans le Finist&#232;re, o&#249; la sauvegarde de l'enfance subit 750 000 euros de restrictions budg&#233;taires r&#233;partis sur le Semo (Services en milieu ouvert), les Maisons de parents et les salari&#233;s de la principale association du secteur, Don Bosco, lesquels perdent ainsi 25 % de leur budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces restrictions budg&#233;taires ont des cons&#233;quences directes. Entre autres, les d&#233;lais de traitement et de d&#233;clenchement des mesures sont de plus en plus longs. &#192; Paris, comptez entre six mois et un an pour une aide &#233;ducative &#224; domicile. Sauf si c'est une &#171; mesure d'urgence &#187;, auquel cas, c'est un traitement express : dans les trois mois en moyenne ! C'est donc aussi la qualit&#233; du suivi du jeune qui s'en ressent. Avec entre 30 &#224; 40 jeunes dans sa &#171; file active &#187; &#8211; c'est-&#224;-dire &#224; suivre simultan&#233;ment &#8211; comment un travailleur social peut-il assurer un suivi sinon rigoureux, du moins minimum ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup refusent de se r&#233;signer. Parmi eux, par exemple, les travailleurs sociaux du Finist&#232;re r&#233;unis en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale ont appel&#233; &#224; construire la mobilisation, qui culminera avec une journ&#233;e d'action le 17 mars. Des salari&#233;s de plusieurs structures de Rouen &#233;taient en gr&#232;ve en d&#233;cembre dernier pour leurs conditions de travail et les conditions d'accueil des personnes &#224; la rue. Leurs coll&#232;gues de Limoges, de leur c&#244;t&#233;, avaient d&#233;j&#224; pris les devants cet &#233;t&#233; avec une mobilisation d'ampleur (voir l'article ci-contre).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;La lutte des &#171; Jeunes mineurs &#233;trangers &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais ce sont aussi certains &#171; usagers &#187; des services de la protection de l'enfance qui se battent pour que ce mot retrouve un sens. En l'occurrence, les &lt;em&gt;&#171; mineurs isol&#233;s &#233;trangers&lt;/em&gt; &#187;, selon la formule sous laquelle la loi les regroupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces jeunes migrants, fuyant la violence dans leur pays d'origine, se mobilisent en ce moment m&#234;me pour leur prise en charge par l'Aide sociale &#224; l'enfance, pourtant pr&#233;vue par la loi. En lieu et place du logement, des soins de sant&#233;, et de l'&#233;ducation que la loi leur garantit, ils sont jet&#233;s &#224; la rue, livr&#233;s &#224; la pr&#233;carit&#233; et au danger, car le manque de moyens dans les structures d'accueil ne permet pas de les accueillir. &#192; Paris, face &#224; la mobilisation de ces jeunes aid&#233;s par les associations, la mairie n'a mis en place qu'une solution d'h&#233;bergement provisoire &#8211; un gymnase. Et, si certains professeurs solidaires se mobilisent &#233;galement et font gr&#232;ve, comme ceux du lyc&#233;e Hector-Guimard (19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.), cela ne permet malgr&#233; tout que des d&#233;pannages temporaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant les d&#233;lais interminables pour l'inscription et les moyens totalement arbitraires employ&#233;s (tests osseux notamment, condamn&#233;s depuis des ann&#233;es par la Commission des Droits de l'Homme et le Comit&#233; consultatif national d'&#233;thique), les jeunes ont fini par occuper, &#224; Paris, la permanence (PAOMIE) charg&#233;e de d&#233;terminer leur &#226;ge en vue d'une admission &#224; l'ASE. Maintenir ces jeunes &#224; la rue est intol&#233;rable, leur prise en charge doit &#234;tre arrach&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 mars 2015, &lt;strong&gt;Joan ARNAUD et Sylvia GUILENA&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h2 class='spip'&gt;
Conseil g&#233;n&#233;ral de la Haute-Vienne (Limousin) : Les travailleurs sociaux r&#233;agissent contre la suppression de l'aide sociale &#224; l'enfance pour les jeunes majeurs isol&#233;s &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2014, le Conseil g&#233;n&#233;ral de la Haute-Vienne (87), vote &#224; l'unanimit&#233;, Front de gauche compris, la suppression de l'aide sociale &#224; l'enfance pour les jeunes majeurs isol&#233;s entre 18 et 21 ans qui n'auront pas &#233;t&#233; suivis par le Conseil g&#233;n&#233;ral du d&#233;partement (CG87) d&#232;s l'&#226;ge de 15 ans. Mesure discriminatoire qui remet en cause le travail social du personnel pour l'insertion de ces jeunes en difficult&#233; et va mettre &#224; la rue des dizaines de jeunes &#224; l'&#226;ge de 18 ans. Sur les 80 mineurs pris en charge par l'aide sociale &#224; l'enfance, c'est une quarantaine d'entre eux qui sera frapp&#233; par cette d&#233;cision applicable d&#232;s avril 2015.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class='spip'&gt;Fin novembre 2014, les travailleurs sociaux d&#233;clenchent une gr&#232;ve de quinze jours&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ils occupent le parvis du Conseil g&#233;n&#233;ral pour s'opposer &#224; cette d&#233;cision. La pr&#233;sidente du CG87 (PS), qui se cache derri&#232;re les baisses de dotation de l'&#201;tat, campe sur sa position et refuse toute n&#233;gociation. Pire, elle explique que ne pas prendre cette mesure, c'est faire le jeu du FN ! Devant ce mur, les travailleurs sociaux cessent l'occupation du parvis et, sous la houlette des syndicats FSU-CGT-SUD, s'en remettent aux voix juridiques pour annuler cette d&#233;cision. Ils n'en organisent pas moins des rassemblements les 16 janvier et 13 f&#233;vrier 2015 o&#249; plus de 200 personnes manifestent leur indignation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs sociaux ne comptent pas en rester l&#224;. Ils ont mis en place un r&#233;seau de soutien aux jeunes majeurs pour faire face, par de nouvelles mobilisations, aux situations individuelles d&#233;sastreuses qui se profilent &#224; l'horizon pour ces jeunes en difficult&#233;. Mais, si la mobilisation ne monte pas au cran sup&#233;rieur apr&#232;s les &#233;lections d&#233;partementales, ces jeunes se retrouveront &#224; la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ren&#233; SENS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; Bonsoir Monsieur, c'est le 115 de Seine-Saint-Denis... On est d&#233;sol&#233; mais nous n'avons pas trouv&#233; de solution pour vous cette nuit &#187;&lt;/em&gt;. Au bout du fil, l'homme encaisse. &lt;em&gt;&#171; D'accord, c'est comme hier alors &#187;&lt;/em&gt;, r&#233;pond une voix &#233;puis&#233;e. &lt;em&gt;&#171; O&#249; allez-vous dormir ? &#187;&lt;/em&gt;, s'enquiert Ousmane, qui lui conseille, &lt;em&gt;&#171; comme il va faire froid &#187;&lt;/em&gt;, de se r&#233;fugier aux urgences de l'h&#244;pital. &lt;em&gt;&#171; Dehors, &#224; c&#244;t&#233; du coll&#232;ge pour les enfants &#187;&lt;/em&gt;, r&#233;pond son interlocuteur, qui ajoute avant de raccrocher : &lt;em&gt;&#171; Merci de m'avoir rappel&#233;, &#224; demain. &#187;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Extrait du reportage &#171; En Seine-Saint-Denis, le &#8216;115' &#224; bout de souffle &#187;, visuel interactif, LeMonde.fr, du 15 f&#233;vrier 2015.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; La protection de l'enfance &#187;, Rapport de la Cour des comptes, octobre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le nombre de jeunes pris en charge par les services de protection de l'enfance &#233;tait estim&#233; &#224; environ 296 000 fin 2011, dont 275 000 mineurs (48 % d'entre eux sont plac&#233;s en familles d'accueil ou &#233;tablissements) et 21 000 jeunes majeurs. M. Meunier, M. Dini, &#171; Protection de l'enfance : am&#233;liorer le dispositif dans l'int&#233;r&#234;t de l'enfant &#187;, rapport publi&#233; au nom de la Commission des affaires sociales en juin 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Enfance en danger : en 25 ans, le 119 a tripl&#233; son nombre d'appels &#187;, AFP, 28 janvier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Aujourd'hui il faut compter huit ans en moyenne pour obtenir une place dans un centre d'h&#233;bergement d'urgence. Donc, en r&#233;alit&#233;, on g&#232;re des listes d'attente &#187;, confie le directeur du 115 du 93, Abilio Brazil. (Le Monde, 14 f&#233;vrier 2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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