<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
	<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
	<description>Site de la fraction L'&#201;tincelle, groupe trotskiste partie prenante du NPA, et de sa revue Convergences r&#233;volutionnaires.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Convergences r&#233;volutionnaires</title>
		<url>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/local/cache-vignettes/L144xH19/siteon0-663c7.png?1634151360</url>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/</link>
		<height>19</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title> Mourir d'abord, revendiquer ensuite ?
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Mourir-d-abord-revendiquer-ensuite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Mourir-d-abord-revendiquer-ensuite</guid>
		<dc:date>2020-03-27T17:32:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>CFDT
</dc:subject>
		<dc:subject>Politique
</dc:subject>

		<description>&#171; La continuit&#233; &#233;conomique doit se faire &#224; l'aune de la s&#233;curit&#233; sanitaire des travailleurs &#187;. Cette d&#233;claration du dirigeant de la CFDT Laurent Berger r&#233;sume l'attitude des diff&#233;rentes centrales syndicales. Puisque la continuit&#233; &#233;conomique doit se faire, alors il s'agit de passer de r&#233;unions en r&#233;unions avec patronat et gouvernement pour discuter des fameuses conditions de la s&#233;curit&#233; sanitaire des travailleurs : les gestes barri&#232;res ? Des masques et du gel, alors qu'il en manque d&#233;j&#224; dans les h&#244;pitaux ? &lt;br /&gt;La&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Breves-" rel="directory"&gt;Br&#232;ves
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-CFDT-+" rel="tag"&gt;CFDT
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&#171; La continuit&#233; &#233;conomique doit se faire &#224; l'aune de la s&#233;curit&#233; sanitaire des travailleurs &#187;&lt;/em&gt;. Cette d&#233;claration du dirigeant de la CFDT Laurent Berger r&#233;sume l'attitude des diff&#233;rentes centrales syndicales. Puisque la continuit&#233; &#233;conomique doit se faire, alors il s'agit de passer de r&#233;unions en r&#233;unions avec patronat et gouvernement pour discuter des fameuses conditions de la s&#233;curit&#233; sanitaire des travailleurs : les gestes barri&#232;res ? Des masques et du gel, alors qu'il en manque d&#233;j&#224; dans les h&#244;pitaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La meilleure des s&#233;curit&#233;s pour les travailleurs est de ne pas aller au travail. Les dirigeants des conf&#233;d&#233;rations se refusent &#224; dire quelles sont les activit&#233;s essentielles &#224; la gestion de la crise sanitaire pour appeler les salari&#233;s des autres secteurs &#224; rester chez eux. Les r&#233;actions des travailleurs face &#224; leurs mises en danger (droits de retrait, gr&#232;ves&#8230;) n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;clench&#233;es depuis les sommets des appareils syndicaux, c'est le moins qu'on puisse dire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Il n'y a pas pire sourd&#8230;
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Il-n-y-a-pas-pire-sourd</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Il-n-y-a-pas-pire-sourd</guid>
		<dc:date>2016-06-12T23:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Loi Travail
</dc:subject>
		<dc:subject>CFDT
</dc:subject>

		<description>Le secr&#233;taire de la conf&#233;d&#233;ration CFDT a d&#233;clar&#233; que &#171; les blocages viennent de salari&#233;s et d'agents qui ne sont pas concern&#233;s par le projet de loi &#187;. Il tente de semer la division entre salari&#233;s du public et du priv&#233;, alors que les conditions de travail des uns et des autres sont li&#233;es. Les bloqu&#233;s ont d'ailleurs plus que de la sympathie pour les bloqueurs. Mais Laurent Berger, qui se veut le roi du dialogue, d&#233;plore &#171; la d&#233;rive des mouvements d'extr&#234;me gauche &#187; ! Et, quand, dans son interview, il&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Breves-" rel="directory"&gt;Br&#232;ves
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Loi-Travail-+" rel="tag"&gt;Loi Travail
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-CFDT-+" rel="tag"&gt;CFDT
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le secr&#233;taire de la conf&#233;d&#233;ration CFDT a d&#233;clar&#233; &lt;em&gt;que &#171; les blocages viennent de salari&#233;s et d'agents qui ne sont pas concern&#233;s par le projet de loi &#187;.&lt;/em&gt; Il tente de semer la division entre salari&#233;s du public et du priv&#233;, alors que les conditions de travail des uns et des autres sont li&#233;es. Les bloqu&#233;s ont d'ailleurs plus que de la sympathie pour les bloqueurs. Mais Laurent Berger, qui se veut le roi du dialogue, d&#233;plore &#171; la d&#233;rive des mouvements d'extr&#234;me gauche &#187; ! Et, quand, dans son interview, il affirme que &lt;em&gt;&#171; ce texte pose comme base le Code du Travail &#187;&lt;/em&gt;, il faut supposer qu'il a rat&#233; au moins le principal&#8230;ou qu'il d&#233;rive.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La CFDT recentr&#233;e et renforc&#233;e&#8230; dans la collaboration de classe
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-CFDT-recentree-et-renforcee-dans-la-collaboration-de-classe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-CFDT-recentree-et-renforcee-dans-la-collaboration-de-classe</guid>
		<dc:date>2002-07-09T16:25:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>
		<dc:subject>CFDT
</dc:subject>

		<description>En mai dernier la CFDT a tenu son 45&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s. Elle est en progression et se trouve ainsi confort&#233;e dans sa politique de &#171; recentrage &#187;. Avec Edmond Maire &#8211; le pr&#233;d&#233;cesseur de Jean Kaspar et de Nicole Notat &#8211; la CFDT avait amorc&#233; ce virage qui selon les v&#339;ux de sa direction, devait la sortir de l'image de l'apr&#232;s 1968 o&#249; elle n'avait pas h&#233;sit&#233; &#224; se faire passer pour quelque peu &#171; gauchiste &#187; &#8211; sans toutefois rien vraiment entreprendre pour d&#233;border la CGT &#8211; puis de la p&#233;riode suivante o&#249; elle s'afficha&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Numero-22-juillet-aout-2002-" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 22, juillet-ao&#251;t 2002
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-CFDT-+" rel="tag"&gt;CFDT
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En mai dernier la CFDT a tenu son 45&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s. Elle est en progression et se trouve ainsi confort&#233;e dans sa politique de &#171; &lt;em&gt;recentrage &#187;&lt;/em&gt;. Avec Edmond Maire &#8211; le pr&#233;d&#233;cesseur de Jean Kaspar et de Nicole Notat &#8211; la CFDT avait amorc&#233; ce virage qui selon les v&#339;ux de sa direction, devait la sortir de l'image de l'apr&#232;s 1968 o&#249; elle n'avait pas h&#233;sit&#233; &#224; se faire passer pour quelque peu &#171; gauchiste &#187; &#8211; sans toutefois rien vraiment entreprendre pour d&#233;border la CGT &#8211; puis de la p&#233;riode suivante o&#249; elle s'afficha ouvertement pour l'Union de la gauche. Aux yeux de ses dirigeants, cette image la desservait dans ses relations avec le patronat et, si elle avait pu un temps lui ramener des adh&#233;rents, ne paraissait plus un gage de d&#233;veloppement aussi assur&#233;, une fois Mitterrand install&#233; &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'interlocuteur privil&#233;gi&#233; du patronat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est dans le droit fil de ce &#171; &lt;em&gt;recentrage &#187;&lt;/em&gt; que la conf&#233;d&#233;ration a &#233;t&#233; amen&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es, avec Nicole Notat &#224; sa t&#234;te, &#224; faire le choix d'&#234;tre le syndicat appuyant le Medef dans sa &#171; &lt;em&gt;refondation sociale&lt;/em&gt; &#187;, approuvant le PARE et avec lui les nouvelles contraintes contre les ch&#244;meurs, et d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale se pr&#234;tant &#224; toutes les initiatives patronales de remise en question des protections sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a sept ans elle avait d&#233;j&#224; appuy&#233; le gouvernement de droite d'Alain Jupp&#233; dans sa tentative, avort&#233;e pour cause de quasi gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, de remise en cause de la S&#233;curit&#233; sociale et du syst&#232;me de retraite des salari&#233;s du service public. Elle ne fait donc que persister en proposant l'alignement par le bas du secteur public sur le priv&#233; &#224; 40 ans d'anciennet&#233;, fi&#232;re aussi d'avoir &#233;t&#233; la premi&#232;re conf&#233;d&#233;ration &#224; donner son aval &#224; l'&#233;pargne salariale, ces embryons de fonds de pension &#224; la fran&#231;aise que Laurent Fabius a fait passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lionel Jospin premier ministre, accorda une certaine place au PCF et &#224; la CGT &#8211; consid&#233;r&#233;s comme indispensables pour faire passer en milieu ouvrier les mesures les plus impopulaires &#8211; et la CFDT fut remis&#233;e au second plan. La gauche plurielle avait plus besoin de la caution de la CGT que de celle de la CFDT, m&#234;me si celle-ci ne la marchanda pas, par exemple lors de la loi Aubry qui introduisait plus de flexibilit&#233; dans les horaires et permettait des baisses de salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;faut d'&#234;tre l'interlocuteur privil&#233;gi&#233; du gouvernement, la CFDT devint donc celui du patronat. Le Medef entama contre le gouvernement une gu&#233;guerre pour les besoins de laquelle la bonne volont&#233; de la CFDT &#224; son &#233;gard lui rendit un grand service. Les relations entre le gouvernement Jospin et la CFDT n'en furent en cons&#233;quence pas des plus sereines. Et c'est sans doute sans trop de regret que Nicole Notat et son successeur Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que voient aujourd'hui le gouvernement repasser &#224; la droite. La conf&#233;d&#233;ration s'est d'ailleurs distingu&#233;e en appelant la premi&#232;re &#224; voter Chirac au second tour de la pr&#233;sidentielle &#8211; ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; la secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale sortante, de proclamer lors du dernier congr&#232;s son refus de m&#233;langer politique et syndicalisme &#8211; et en manifestant le premier mai aux c&#244;t&#233;s de la CGT et des partis politiques de gauche, ralli&#233;s eux aussi au vote Chirac, ce qu'elle n'avait pas fait depuis des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le syndicat qui monte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En se situant comme &#171; &lt;em&gt;le syndicat de la n&#233;gociation et non pas de la gr&#232;ve &#187;&lt;/em&gt;, en montrant sa volont&#233; de collaborer indiff&#233;remment avec les gouvernements de droite ou de gauche comme avec le patronat, cahin-caha la CFDT se pr&#233;sente aujourd'hui comme le gros syndicat qui monte, qui monte&#8230; Et effectivement, du moins du point de vue de l'appareil conf&#233;d&#233;ral, la politique de recentrage a &#233;t&#233; globalement payante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'obligation du mandatement syndical pour signer tout accord, introduite avec la loi sur les 35 heures, a amen&#233; des salari&#233;s &#224; s'affilier &#224; un syndicat. Et la CFDT a &#233;t&#233; la plus choisie. Elle est pr&#233;sente dans 42,5 % des accords et a d&#233;sign&#233; 13 000 mandat&#233;s. Nul doute que face &#224; un certain nombre de petits patrons, pour le moins r&#233;ticents &#224; toute introduction d'un syndicat dans leur entreprise, il doit &#234;tre plus facile &#224; des salari&#233;s de faire passer une &#233;tiquette CFDT, qui a la r&#233;putation d'entretenir des bonnes relations avec le patronat, qu'une &#233;tiquette CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenue l'interlocuteur privil&#233;gi&#233; du patronat, la CFDT a aussi pu b&#233;n&#233;ficier de l'appui de celui-ci pour conqu&#233;rir des postes tenus dans le pass&#233; par d'autres comme FO et jug&#233;s de premi&#232;re importance par les conf&#233;d&#233;rations, comme la direction de la Caisse nationale de l'assurance maladie et celle de l'UNEDIC. Et bien d'autres encore, beaucoup moins voyants mais pas moins utiles &#224; l'existence d'un appareil qui ne vit pas que des cotisations de ses syndiqu&#233;s et qui aspire m&#234;me &#224; d&#233;pendre le moins possible de ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance de la CFDT se fait ainsi sur une base bien diff&#233;rente de celle qui fut &#224; l'origine de la constitution des syndicats, ces organisations de combat contre l'exploitation capitaliste. Cette CFDT, qui se veut &#171; &lt;em&gt;moderne&lt;/em&gt; &#187;, ne se r&#233;clame &#233;videmment pas de la lutte de classes. Encore moins que la CGT, laquelle a aussi jet&#233; cette r&#233;f&#233;rence par-dessus bord mais seulement il y a quelques ann&#233;es. C'est sans complexe que la CFDT peut entretenir les vieilles lunes de la collaboration de classes, car c'est depuis toujours qu'elle se veut gestionnaire et non contestataire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Le retour aux sources&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La CFDT est n&#233;e au sein de la CFTC &#8211; la conf&#233;d&#233;ration des syndicats chr&#233;tiens mis sur pied par la hi&#233;rarchie de l'Eglise catholique pour faire pi&#232;ce dans le mouvement ouvrier aux id&#233;es socialistes et remplacer l'esprit de classe par l'opium de la religion &#8211; une organisation qui a toujours eu comme objectif principal, m&#234;me lorsqu'elle faisait l'unit&#233; d'action avec la CGT, de contrecarrer l'influence de celle-ci. Et si en 1964 la majorit&#233; de la CFTC a d&#233;cid&#233; de jeter l'&#233;tiquette &#171; &lt;em&gt;chr&#233;tienne&lt;/em&gt; &#187; aux orties pour la remplacer par l'adjectif &#171; &lt;em&gt;d&#233;mocratique &#187;&lt;/em&gt;, ce ne fut que dans l'espoir de mieux remplir cet objectif de toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie pas que, en d&#233;pit de ces orientations, les travailleurs ou les militants qui viennent &#224; la CFDT n'entendent pas d&#233;fendre sinc&#232;rement les int&#233;r&#234;ts des travailleurs ou ne sont pas pr&#234;ts pour cela &#224; participer et organiser les luttes. Beaucoup, les circonstances aidant, se retrouvent en contradiction avec la doctrine et les dirigeants de leur organisation. Heureusement, ce n'est pas toujours un lit de roses pour ces directions syndicales, CGT comme CFDT d'ailleurs, o&#249; pr&#233;dominent aujourd'hui au sommet les m&#234;mes aspirations &#224; jouer le r&#244;le de courroie de transmission du patronat et du gouvernement au sein de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi ces derni&#232;res ann&#233;es certains accords, appr&#233;ci&#233;s comme de v&#233;ritables capitulations mais ratifi&#233;s par les sommets en opposition flagrante avec les aspirations de la base syndicale ou des appareils locaux, amen&#232;rent des militants ou des syndicats entiers &#224; quitter la CFDT : chez Michelin dans la chimie, &#224; RVI ou &#224; Renault dans l'automobile, dans le commerce, &#224; l'ANPE, des militants ont abandonn&#233; la CFDT pour cr&#233;er des syndicats SUD ou rejoindre soit la CGT, soit la FSU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport d'activit&#233; a cependant &#233;t&#233; approuv&#233; &#224; 78,51 % des d&#233;l&#233;gu&#233;s du 45&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s, le meilleur score para&#238;t-il obtenu par un secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral sortant. Et incontestablement les oppositions sont apparues affaiblies par rapport aux congr&#232;s pr&#233;c&#233;dents. Pourtant la r&#233;signation de la centrale devant les plans sociaux et le refus de se prononcer contre les licenciements dans des entreprises affichant des profits passent mal aupr&#232;s de certains militants qui s'en sont fait l'&#233;cho &#224; la tribune. L'acceptation de l'alignement des retraites du secteur public &#224; 40 annuit&#233;s comme dans le priv&#233; n'est pas aval&#233; par tous comme du bon pain, bien que Nicole Notat n'ait pas manqu&#233; d'en justifier une nouvelle fois la n&#233;cessit&#233;. La signature d'accords par-dessus la t&#234;te des int&#233;ress&#233;s, le fonctionnement impos&#233; par la direction et une certaine brutalit&#233; dans les rapports conduisant &#224; &#233;liminer des militants ont &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trahisons de ses dirigeants ne doivent donc pas faire oublier aux militants ouvriers lutte de classe qu'ils peuvent trouver des alli&#233;s dans la CFDT et qu'il y a toujours n&#233;cessit&#233; de s'adresser &#224; ses militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis GUILBERT&lt;/p&gt;
&lt;hr class='spip' /&gt;&lt;h3 class='spip'&gt;Premi&#232;re conf&#233;d&#233;ration syndicale fran&#231;aise ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon Nicole Notat et les chiffres du rapport d'activit&#233;, la conf&#233;d&#233;ration se porte bien. Elle se pr&#233;tend m&#234;me avec 865 528 adh&#233;rents &#8211; historiquement son effectif le plus &#233;lev&#233; &#8211; la premi&#232;re organisation syndicale fran&#231;aise, devant la CGT qui n'en revendique elle que 700 000. Une affirmation discut&#233;e et discutable. On compte un adh&#233;rent pour 8 cotisations mensuelles per&#231;ues en une ann&#233;e et le collectage est diff&#233;rent de l'une &#224; l'autre des centrales, la CFDT &#233;tant au pr&#233;l&#232;vement automatique pour 80 % des cotisants.
Reste qu'aux derni&#232;res &#233;lections prud'homales, celles de 1997, la CGT repr&#233;sentait 33,11 % des suffrages, devant la CFDT qui en recueillait 25,34 % (&lt;em&gt;Liaisons Sociales&lt;/em&gt;). Reste que dans les &#233;lections aux comit&#233;s d'entreprises &#8211; qui concernent donc les entreprises de 50 salari&#233;s et plus &#8211; pour 1998-99 la CGT &#233;tait &#224; 23 %, encore m&#234;me si c'est tout juste devant la CFDT &#224; 22,3 % (Source &lt;em&gt;MES-Dares&lt;/em&gt;). Reste aussi &#224; regarder les forces militantes r&#233;elles, celles qui comptent dans les mouvements, et pas seulement le nombre d'adh&#233;rents ou les r&#233;sultats &#233;lectoraux. Reste enfin &#224; mesurer le poids de l'une et de l'autre des organisations dans les luttes syndicales et pas la seule pr&#233;sence dans les n&#233;gociations de toutes sortes&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Apr&#232;s les congr&#232;s CFDT et CGT : Vers un syndicalisme de bonne compagnie ?
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Apres-les-congres-CFDT-et-CGT-Vers-un-syndicalisme-de-bonne-compagnie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Apres-les-congres-CFDT-et-CGT-Vers-un-syndicalisme-de-bonne-compagnie</guid>
		<dc:date>1999-03-31T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>CGT
</dc:subject>
		<dc:subject>CFDT
</dc:subject>

		<description>Les deux principales conf&#233;d&#233;rations syndicales fran&#231;aises, la CGT et la CFDT, viennent de tenir leur congr&#232;s. Celui de la CFDT, le 44&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, marque la fin d'une p&#233;riode avec la dissolution de l'opposition au recentrage : Notat a stabilis&#233; son emprise. Pour son 46&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s, la CGT, avec Bernard Thibault, a engag&#233; sa mutation vers un syndicalisme de &#171; proposition &#187;, sur la m&#234;me voie que la CFDT. &lt;br /&gt;Quels sont les enjeux du nouveau profil unitaire et consensuel des deux principales conf&#233;d&#233;rations fran&#231;aises ?&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Apres-les-congres-CFDT-et-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Apr&#232;s les congr&#232;s CFDT et CGT : o&#249; vont les syndicats ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-CGT-+" rel="tag"&gt;CGT
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-CFDT-+" rel="tag"&gt;CFDT
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les deux principales conf&#233;d&#233;rations syndicales fran&#231;aises, la CGT et la CFDT, viennent de tenir leur congr&#232;s. Celui de la CFDT, le 44&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, marque la fin d'une p&#233;riode avec la dissolution de l'opposition au recentrage : Notat a stabilis&#233; son emprise. Pour son 46&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s, la CGT, avec Bernard Thibault, a engag&#233; sa mutation vers un syndicalisme de &#171; proposition &#187;, sur la m&#234;me voie que la CFDT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les enjeux du nouveau profil unitaire et consensuel des deux principales conf&#233;d&#233;rations fran&#231;aises ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault, &#224; la suite de Nicole Notat, invoque &#171; la crise du syndicalisme &#187; et la baisse des effectifs pour se convertir &#224; un syndicalisme plus &#171; moderne &#187;, plus &#171; ouvert &#187;, plus enclin au &#171; d&#233;bat &#187;, et ne jure plus que par la n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, cette phras&#233;ologie est tout aussi &#233;trang&#232;re &#224; une v&#233;ritable d&#233;mocratie ouvri&#232;re qu'&#224; l'unit&#233; des travailleurs dans les luttes. Les dirigeants syndicaux membres ou li&#233;s aux partis de la gauche plurielle entendent pour l'heure &#233;viter tout affrontement avec le gouvernement Jospin. Celui-ci a d'ailleurs besoin d'eux pour imposer aux travailleurs les diff&#233;rents volets de son offensive anti-ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme fran&#231;ais n'&#233;prouve plus depuis longtemps le besoin de faire miroiter les vertus de l'Etat providence, et exige plus des directions syndicales : que la d&#233;finition des conditions de vie et de travail soit laiss&#233;e au libre jeu des n&#233;gociations &#224; froid, &#224; partir des besoins patronaux. Quand les dirigeants syndicaux signent des accords justifiant la d&#233;gradation des conditions de vie de la classe ouvri&#232;re, ils s'opposent &#224; toute mobilisation remettant en cause leur engagement : la bourgeoisie esp&#232;re ainsi &#233;viter ces gr&#232;ves o&#249; elle est oblig&#233;e de l&#226;cher plus que ce qu'elle avait pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, la partie n'est pas encore gagn&#233;e pour les tenants du recentrage &#224; la Notat ou Thibault. D'ores et d&#233;j&#224; l'application de la Loi Aubry, l'attitude par rapport au gouvernement, les premi&#232;res esquisses sur les fonds de pension, am&#232;nent des milliers de militants combatifs &#224; contester et refuser le cours des directions. Des gr&#232;ves et des luttes non pr&#233;vues par les appareils, ainsi que la jonction des r&#233;volutionnaires avec ces milliers de militants syndicaux, peuvent redonner son &#233;lan au mouvement ouvrier et rendre caducs les calculs savants de tous ceux qui r&#234;vent d'une classe ouvri&#232;re bien encadr&#233;e pour &#234;tre mieux exploit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. : &lt;em&gt;Entre et au sein des deux courants qui publient Convergences R&#233;volutionnaires, comme au sein des organisations auxquelles ils appartiennent, sur la base d'une m&#234;me analyse fondamentale partag&#233;e, il peut exister des diff&#233;rences d'appr&#233;ciation sur les probl&#232;mes abord&#233;s par ce dossier. Nous rappelons donc que les articles sign&#233;s engagent d'abord leur auteur et non l'ensemble de la r&#233;daction.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le congr&#232;s CFDT : un franc succ&#232;s bureaucratique
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-congres-CFDT-un-franc-succes-bureaucratique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Le-congres-CFDT-un-franc-succes-bureaucratique</guid>
		<dc:date>1999-03-31T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>
		<dc:subject>CFDT
</dc:subject>

		<description>La CFDT vient, avec son 44&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s, d'asseoir solidement l'autorit&#233; de la direction conf&#233;d&#233;rale autour de Nicole Notat. Pourtant son bilan depuis le congr&#232;s de 1995 est sal&#233;. &lt;br /&gt;La CFDT a approuv&#233; le plan Jupp&#233; contre la S&#233;cu &#224; l'automne 1995, combattu frontalement le mouvement de l'hiver 95. C'est sous la pr&#233;sidence de Notat (&#233;lue avec les voix patronales) que l'UNEDIC a men&#233; de lourdes attaques contre les ch&#244;meurs : g&#233;n&#233;ralisation de la d&#233;gressivit&#233; des allocations, allongement des dur&#233;es de cotisations&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Apres-les-congres-CFDT-et-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Apr&#232;s les congr&#232;s CFDT et CGT : o&#249; vont les syndicats ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-CFDT-+" rel="tag"&gt;CFDT
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La CFDT vient, avec son 44&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s, d'asseoir solidement l'autorit&#233; de la direction conf&#233;d&#233;rale autour de Nicole Notat. Pourtant son bilan depuis le congr&#232;s de 1995 est sal&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CFDT a approuv&#233; le plan Jupp&#233; contre la S&#233;cu &#224; l'automne 1995, combattu frontalement le mouvement de l'hiver 95. C'est sous la pr&#233;sidence de Notat (&#233;lue avec les voix patronales) que l'UNEDIC a men&#233; de lourdes attaques contre les ch&#244;meurs : g&#233;n&#233;ralisation de la d&#233;gressivit&#233; des allocations, allongement des dur&#233;es de cotisations ouvrant droit &#224; allocation, flicage syst&#233;matique des ch&#244;meurs. Le r&#233;sultat en a &#233;t&#233; le grand mouvement des ch&#244;meurs de l'hiver 1997. Dans la foul&#233;e, derri&#232;re le drapeau trompeur de la lutte pour l'emploi et les 35 heures, la CFDT a sign&#233; des centaines d'accords loi De Robien puis loi Aubry g&#233;n&#233;ralisant la flexibilit&#233;. Malgr&#233; cette politique pro-patronale sans pudeur, la CFDT a &#233;t&#233; sans doute la conf&#233;d&#233;ration qui s'est le plus d&#233;velopp&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es, principalement dans les secteurs &#224; faible implantation syndicale, peu marqu&#233;s par les luttes d'envergure, &#224; l'exception notable des routiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1995 &#224; 1998, l'opposition interne, Tous Ensemble, s'appuyant sur des responsables de f&#233;d&#233;rations, notamment la F&#233;d&#233;ration des transports et de l'ANPE et de forts points d'appuis locaux et r&#233;gionaux (Basse Normandie) est clairement apparue en opposition &#224; la ligne de Notat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bureaucratie conf&#233;d&#233;rale est parvenue &#224; laminer politiquement cette opposition qui l'avait mise en minorit&#233; au dernier congr&#232;s conf&#233;d&#233;ral, m&#234;me si finalement son poids num&#233;rique dans le congr&#232;s &#233;tait stable (autour de 7000 mandats, repr&#233;sentant 15 000 adh&#233;rents). Un savant travail de laminage et d'isolement contre l'opposition pendant deux ans, un ratissage syst&#233;matique des mandats favorables &#224; la direction pour le congr&#232;s, ont produit leur effet : de 18 500 mandats en 1995 &#224; 27 100 en 1998 !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;L'effondrement de l'opposition&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; des man&#339;uvres bureaucratiques, le courant Tous Ensemble a &#233;t&#233; travers&#233; par une crise. Apr&#232;s novembre d&#233;cembre 95, beaucoup de militants CFDT se pronon&#231;aient pour un d&#233;part de la CFDT. Les dirigeants de Tous Ensemble s'y oppos&#232;rent, mettant en avant la bataille pour un congr&#232;s extraordinaire et faisant miroiter la possibilit&#233; d'obtenir la d&#233;mission de Notat, sur la base d'un accord avec les syndicats dits du &#171; centre &#187; (UD Loire Atlantique et Rh&#244;ne, Habillement Cuirs Textile, notamment). Plusieurs milliers de militants quitt&#232;rent alors la CFDT, le plus souvent pour fonder des syndicats SUD, notamment chez les cheminots et les enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de la CFDT fut assez habile pour &#233;touffer l'opposition plut&#244;t que l'exclure. Mieux, quelques mois avant le congr&#232;s, Notat sut mettre au placard ses discours les plus provocateurs et annoncer en grande pompe sa volont&#233; unitaire vis-&#224;-vis de la CGT. Ces petits changements verbaux, auxquels s'est ajout&#233; le soutien aux mesures du gouvernement de gauche, ainsi que les succ&#232;s &#233;lectoraux de la CFDT, ont affaibli les volont&#233;s de contestation de ces syndicats dits du centre. Les militants de Tous Ensemble qui avaient clairement refus&#233; le chemin d'un d&#233;part massif, soit vers les SUD, soit vers la CGT, se sont trouv&#233;s sans aucune perspective. Cela s'est sold&#233; par leur isolement au congr&#232;s, puis la d&#233;cision de dissoudre leur association au d&#233;but de 1999. Ce qui juge de la limite d'une d&#233;marche fond&#233;e sur un accord d'appareils plut&#244;t que sur une orientation alternative &#224; Notat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si beaucoup de militants CFDT ont &#233;t&#233; d&#233;moralis&#233;s, d&#233;boussol&#233;s par les positions de la conf&#233;d&#233;ration, il en reste &#233;videmment de nombreux qui attendent autre chose d'un syndicat et qui vont se trouver encore plus d&#233;munis au sein de la CFDT avec l'all&#233;geance du centre et la dissolution de Tous Ensemble. Le rapprochement bureaucratique CGT-CFDT ne va pas pour autant leur donner de nouvelles perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une page est vraiment tourn&#233;e dans la CFDT. Pourtant, m&#234;me si les partisans de Notat verrouillent compl&#232;tement les instances conf&#233;d&#233;rales et f&#233;d&#233;rales, ils ne peuvent emp&#234;cher sur le terrain, dans les entreprises, les militants qui le souhaitent de maintenir un syndicalisme de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lo&#239;c CHEVILLARD&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La mont&#233;e de l'appareil CFDT : 20 ans de recentrage
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-montee-de-l-appareil-CFDT-20-ans-de-recentrage</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-montee-de-l-appareil-CFDT-20-ans-de-recentrage</guid>
		<dc:date>1999-03-31T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>
		<dc:subject>CFDT
</dc:subject>

		<description>Depuis son origine l'objectif de la CFDT (ex-CFTC) a &#233;t&#233; de cr&#233;er une grande conf&#233;d&#233;ration anticommuniste, se r&#233;clamant ouvertement du r&#233;formisme et de la collaboration avec le patronat et les gouvernements, afin de contrebalancer l'influence dominante de la CGT dans la classe ouvri&#232;re. Hormis la p&#233;riode d'apr&#232;s mai-juin 1968, o&#249; la CFDT moins implant&#233;e pratiqua une certaine surench&#232;re &#171; gauchiste &#187; qui lui donna une aur&#233;ole plus &#171; radicale &#187; et lui fournit un apport militant, la CFDT a fondamentalement&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-DOSSIER-Apres-les-congres-CFDT-et-" rel="directory"&gt;DOSSIER : Apr&#232;s les congr&#232;s CFDT et CGT : o&#249; vont les syndicats ?
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-CFDT-+" rel="tag"&gt;CFDT
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis son origine l'objectif de la CFDT (ex-CFTC) a &#233;t&#233; de cr&#233;er une grande conf&#233;d&#233;ration anticommuniste, se r&#233;clamant ouvertement du r&#233;formisme et de la collaboration avec le patronat et les gouvernements, afin de contrebalancer l'influence dominante de la CGT dans la classe ouvri&#232;re. Hormis la p&#233;riode d'apr&#232;s mai-juin 1968, o&#249; la CFDT moins implant&#233;e pratiqua une certaine surench&#232;re &#171; gauchiste &#187; qui lui donna une aur&#233;ole plus &#171; radicale &#187; et lui fournit un apport militant, la CFDT a fondamentalement gard&#233; la m&#234;me orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle l'a r&#233;affirm&#233;e apr&#232;s la d&#233;faite &#233;lectorale de la gauche en 1978. La CFDT &#171; recentr&#233;e &#187; ne se voulait plus ni de droite ni de gauche. Elle se d&#233;clarait pr&#234;te &#224; se recycler dans les n&#233;gociations et la collaboration avec tout gouvernement, de droite comme de gauche. C'est ce qu'elle fait depuis 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par un syndicalisme &#171; de terrain &#187;, comme elle le r&#233;p&#232;te &#224; longueur de colonnes dans les magazines envoy&#233;s &#224; ses adh&#233;rents, totalement r&#233;formiste &#233;videmment, la CFDT a regagn&#233; en nombre d'adh&#233;sions ce qu'elle a perdu du fait de sa politique collaborationniste. Aujourd'hui elle se vante d'&#234;tre la premi&#232;re organisation syndicale du pays avec 720 000 adh&#233;rents. Bien s&#251;r, sa capacit&#233; de mobilisation et sa repr&#233;sentativit&#233; &#233;lectorale sont loin d'en faire la conf&#233;d&#233;ration la plus importante, mais sur son propre terrain elle marque des points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car tandis qu'elle cautionne la politique anti-ouvri&#232;re des gouvernements et signe des accords qui ent&#233;rinent le recul de positions collectives pour les travailleurs, elle pr&#244;ne la d&#233;fense individuelle et le syndicalisme &#171; de service &#187;, le substitut habituel dans les p&#233;riodes de baisse de la lutte de classe. D'autre part elle m&#232;ne une politique de recrutement parmi les couches les moins organis&#233;es et souvent les plus pressur&#233;es par l'exploitation patronale. Ainsi, la F&#233;d&#233;ration des services &#8212; qui regroupe entre autres les travailleurs du commerce &#8212; annonce des progressions en adh&#233;rents de 200 % en quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et au niveau des &#233;lections professionnelles, si la pr&#233;pond&#233;rance de la CGT est &#233;vidente dans les grosses entreprises, celle de la CFDT est fr&#233;quente dans les PME.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;Une grosse machine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, une politique volontariste de syndicalisation se double d'une gestion tr&#232;s centralis&#233;e de l'appareil syndical, avec des moyens modernes, &#224; l'instar d'une entreprise. Le pr&#233;l&#232;vement automatique des cotisations est effectif &#224; 90 %, ce qui assure des rentr&#233;es financi&#232;res r&#233;guli&#232;res. L'informatisation des structures syndicales et leur interconnexion rend aussi les liens rapides et efficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout dans les quinze derni&#232;res ann&#233;es la CFDT a selectionn&#233; un gros appareil. Rien qu'&#224; Paris, elle dispose de plusieurs si&#232;ges : celui de la Conf&#233;d&#233;ration qui occupe plus de 200 personnes (salari&#233;s et permanents), celui des f&#233;d&#233;rations, celui de l'Union R&#233;gionale des Syndicats d'Ile de France o&#249;, selon une plaquette r&#233;cente travaillent une quarantaine de responsables et salari&#233;s, l'immeuble des syndicats. Cela, sans compter les si&#232;ges des 7 unions d&#233;partementales d'Ile-de-france ext&#233;rieures &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CFDT annonce 150 000 militants. Bien s&#251;r, ce chiffre recouvre un degr&#233; de militantisme tr&#232;s variable qui va du simple d&#233;l&#233;gu&#233; au responsable national. Mais c'est &#224; cet ensemble de militants qu'elle adresse sa presse, ses circulaires, propose (comme dans chaque syndicat) des s&#233;ries de formations de diff&#233;rents niveaux au travers desquelles s'op&#232;re, parall&#232;lement au fonctionnement syndical quotidien, la s&#233;lection des futurs responsables. Elle a montr&#233; qu'elle &#233;tait capable d'organiser des gros rassemblements militants, comme &#224; Charl&#233;ty &#224; Paris en mai 1998 sur le th&#232;me de la r&#233;duction du temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention de la CFDT, comme pour les autres syndicats europ&#233;ens ou fran&#231;ais, passe par un r&#233;seau fait de milliers de relations avec les gestionnaires d'entreprises ou des organismes de l'Etat. Et la CFDT participe &#224; la gestion de certaines institutions &#233;tatiques comme les autres syndicats. Mais sa politique ouvertement collaborationniste lui donne un plus. Car l'obtention de certains postes &#224; responsabilit&#233; comme la pr&#233;sidence de certains conseils d'administration (la S&#233;curit&#233; Sociale ou l'UNEDIC) passe obligatoirement, vu les rapports de force actuels, par des alliances avec des organisations patronales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un plus ? Du moins tant que le calme social demeure et que le rapport de force n'est pas en faveur de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ang&#232;le ROSSIN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Les syndicats SUD... Des militants de la CFDT changent d'adresse
</title>
		<link>https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Les-syndicats-SUD-Des-militants-de-la-CFDT-changent-d-adresse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Les-syndicats-SUD-Des-militants-de-la-CFDT-changent-d-adresse</guid>
		<dc:date>1996-06-01T19:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>


		<dc:subject>Politique
</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicats
</dc:subject>
		<dc:subject>CFDT
</dc:subject>
		<dc:subject>SUD
</dc:subject>

		<description>En janvier et f&#233;vrier 1996, des militants de la FGTE (F&#233;d&#233;ration CFDT des transports et de l'&#233;quipement) quittaient la CFDT pour cr&#233;er un syndicat SUD-Rail dont les candidats aux &#233;lections professionnelles de mars 96 recueillaient 20 % des voix en moyenne, soit les suffrages d'environ 10 000 &#233;lecteurs, dans les r&#233;gions et &#233;tablissements o&#249; ils se pr&#233;sentaient (Paris Sud-Est, Paris St-Lazare, Rouen, Clermont-Ferrand, Lyon, Paris-Nord, Amiens, Tours, Chamb&#233;ry...environ un tiers du total). &lt;br /&gt;Dans ces&lt;span class=&#034;fin_article&#034;&gt;&lt;/span&gt;

-
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Les-articles-dans-Lutte-de-Classe-" rel="directory"&gt;Les articles dans Lutte de classe
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Politique-71-+" rel="tag"&gt;Politique
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-Syndicats-+" rel="tag"&gt;Syndicats
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-CFDT-+" rel="tag"&gt;CFDT
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/+-SUD-+" rel="tag"&gt;SUD
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En janvier et f&#233;vrier 1996, des militants de la FGTE (F&#233;d&#233;ration CFDT des transports et de l'&#233;quipement) quittaient la CFDT pour cr&#233;er un syndicat SUD-Rail dont les candidats aux &#233;lections professionnelles de mars 96 recueillaient 20 % des voix en moyenne, soit les suffrages d'environ 10 000 &#233;lecteurs, dans les r&#233;gions et &#233;tablissements o&#249; ils se pr&#233;sentaient (Paris Sud-Est, Paris St-Lazare, Rouen, Clermont-Ferrand, Lyon, Paris-Nord, Amiens, Tours, Chamb&#233;ry...environ un tiers du total).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces secteurs, SUD-Rail mordait parfois sur les autres syndicats, y compris sur la CGT. A Paris St-Lazare par exemple, SUD-Rail faisait 28,45 % des voix aux CE, contre 40 % pour la CGT qui reculait de 5 % et 10,5 % pour la CFDT qui reculait de 23 %. Sur la r&#233;gion Paris Sud-Est, SUD-Rail faisait plus de 28 %, contre 1 % pour la CFDT qui perdait 27,47 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la direction de la SNCF et pour les repr&#233;sentants des grandes conf&#233;d&#233;rations (CGT, CFDT, FO), jalouses de leur sacro-saint monopole de pr&#233;sentation de candidats et qui avaient ensemble ou s&#233;par&#233;ment contest&#233; en justice les candidatures de SUD, la claque &#233;tait s&#233;rieuse. Sud-Rail ass&#233;nait la preuve de sa repr&#233;sentativit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, &#224; l'&#233;chelle nationale, Sud-Rail recueillait &#171; seulement &#187; 4,5 % des suffrages, un r&#233;sultat cependant du m&#234;me ordre que celui de FO ou de la CFTC. SUD-Rail arrivait tr&#232;s loin derri&#232;re la CGT qui gagnait + 3,2 % des voix et frisait les 50 % &#224; la suite des gr&#232;ves de novembre- d&#233;cembre 95 dont ses militants avaient &#233;t&#233; la locomotive. SUD-Rail arrivait loin derri&#232;re la CFDT, qui accusait certes une perte de 7 % des voix mais avait gard&#233; n&#233;anmoins le gros de ses adh&#233;rents et &#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau sigle syndical est donc apparu, dans un contexte de lutte sociale o&#249; les cheminots gr&#233;vistes ont d&#251; non seulement affronter la Direction de la SNCF et le gouvernement Jupp&#233;, mais ont trouv&#233; aussi, contre eux, la bureaucratie de la CFDT, en la personne de Nicole Notat qui, spectaculairement, d&#232;s la mi-novembre 95 &#224; la t&#233;l&#233;, apportait son soutien au plan Jupp&#233; de r&#233;forme de la S&#233;curit&#233; Sociale. D'o&#249; divers incidents ensuite, entre Nicole Notat et des responsables syndicaux exprimant les sentiments des gr&#233;vistes. Dans les milieux CFDT du public comme du priv&#233;, le passif est d'ailleurs loin d'&#234;tre r&#233;gl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;LES SUD SE MULTIPLIENT&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;SUD-Rail n'est pas le premier n&#233; de la famille. Apr&#232;s le mouvement de gr&#232;ve des infirmi&#232;res de 1988, le CRC s'&#233;tait constitu&#233;, &#224; l'initiative de militants exclus de la CFDT. Apr&#232;s le mouvement de gr&#232;ve des postes et centres de tri de 1988, SUD-PTT s'&#233;tait cr&#233;&#233;, &#224; l'initiative de responsables syndicaux mis &#224; la porte. Et ce nouveau syndicat SUD (Solidaires, Unitaires, D&#233;mocratiques) avait remport&#233; un succ&#232;s notable aux &#233;lections aux Commissions paritaires de mars 1989, semblable &#224; celui de SUD-Rail aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces &#233;lections, au niveau local, l&#224; o&#249; la bureaucratie CFDT de la Poste avait suspendu des militants contestataires, la chute &#233;lectorale de la CFDT fut importante. La CFDT perdait au profit de ses dissidents la moiti&#233; ou plus de ses voix, passant m&#234;me souvent derri&#232;re le SUD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau des bureaux de Poste de Paris, le SUD obtenait 16,03 % des suffrages et passait devant la CFDT. Dans les services financiers de Paris, sur 5 350 suffrages exprim&#233;s, le SUD faisait 16,11 % et passait aussi devant la CFDT. Dans certains centres de tri de Paris ou de la r&#233;gion parisienne, le SUD faisait de 20 &#224; 50 % des voix, l&#224; encore loin devant la CFDT. SUD faisait un bon score aussi aux T&#233;l&#233;coms de la r&#233;gion parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;chelle nationale, SUD recueillait 4,95 % des suffrages (5,88 % aux T&#233;l&#233;coms et 4,50 % &#224; La Poste) et comme SUD-Rail aujourd'hui, arrivait loin derri&#232;re la CGT (35,13 %), loin derri&#232;re la CFDT (24,51 %) bien qu'elle ait perdu 2 %, loin aussi derri&#232;re FO (20,23 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1989, les dissidents de la CFDT affirmaient qu'il faudrait dor&#233;navant compter avec SUD aux PTT. Sept ans apr&#232;s, on peut dire qu'ils ont tenu leur pari et probablement au-del&#224; de ce qu'ils esp&#233;raient. Ils ont r&#233;ussi &#224; construire un petit appareil qui a gagn&#233; sa repr&#233;sentativit&#233; &#224; l'&#233;chelle nationale, sur le terrain militant comme sur le plan juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SUD-PTT a progress&#233; sur le terrain &#233;lectoral. Aux T&#233;l&#233;coms, il est pass&#233; de 5,88 % en 1989, &#224; 27,8 % aujourd'hui. A La Poste, il est pass&#233; de 4,50 % en 1989, &#224; 14,4 % aux &#233;lections au Conseil d'Administration d'octobre 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1989, on comptait 65 d&#233;partements o&#249; le nouveau syndicat n'avait pas d'adh&#233;rents, mais d&#232;s 1993, il &#233;tait pr&#233;sent dans la quasi-totalit&#233; des d&#233;partements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce jour, SUD-PTT revendique 8 000 adh&#233;rents et 60 000 &#233;lectrices et &#233;lecteurs. Il a pignon sur rue. SUD ne se prive pas d'utiliser les possibilit&#233;s financi&#232;res et mat&#233;rielles que l'administration accorde aux organisations syndicales en fonction de leurs r&#233;sultats aux &#233;lections lot de jours de d&#233;tachement, postes de permanents ou semi-permanents, locaux syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;UNE REACTION CONTRE L'INTOLERANCE DE LA BUREAUCRATIE DE LA CFDT&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les fondateurs de SUD, selon la presse, seraient une bande de gauchistes de la Poste et des T&#233;l&#233;coms. Mais d'autres personnalit&#233;s ont fortement contribu&#233; &#224; la naissance et &#224; la croissance des SUD... Les Edmond Maire et Nicole Notat, la derni&#232;re &#233;tant devenue le symbole de la bureaucratie de la CFDT, de plus en plus servile &#224; l'&#233;gard des patrons et des gouvernements, contre laquelle la partie la plus consciente des militants de la CFDT est en conflit. Car l'apparition des syndicats SUD est d'abord une affaire de famille propre &#224; la CFDT, un &#233;pisode de l'histoire de cette conf&#233;d&#233;ration, si ce n'est le d&#233;but de la fin d'une exp&#233;rience que beaucoup ont prise pour nouvelle... il y a 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970, dans la foul&#233;e de mai 68, le rapport de forces syndical a un peu chang&#233; avec le renforcement de la CFDT, n&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 60 d'une scission du syndicat chr&#233;tien CFTC, et l'afflux vers ce syndicat de jeunes, certes davantage techniciens et employ&#233;s qu'ouvriers, politis&#233;s par les &#171; &#233;v&#233;nements &#187; et avides d'autres formes d'organisation et de politique que ce qu'offraient la CGT et le PC. Certains &#233;taient franchement r&#233;formistes mais d'autres aspiraient &#224; des bouleversements radicaux. La CFDT a alors b&#233;n&#233;fici&#233; de l'adh&#233;sion et du dynamisme d'un bon nombre de militants du PSU, de la LCR, du courant anarcho-syndicaliste et dans une moindre mesure de LO. Ils contribu&#232;rent &#224; la faire exister. Les militants de la LCR en particulier, cherch&#232;rent &#224; l'&#233;poque, avec d'autres militants d'extr&#234;me-gauche ou syndicalistes radicaux, &#224; constituer dans la CFDT une opposition &#171; lutte de classe &#187; ou du moins qui se disait telle. En fait, les dirigeants de la CFDT mirent vite un terme &#224; l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1978, devant l'exigence des capitalistes et de leur &#201;tat de maintenir les profits malgr&#233; la crise, la marge de man uvre des bureaucraties syndicales se r&#233;duisit consid&#233;rablement. Au d&#233;but des ann&#233;es 80, la CFDT op&#233;ra un &#171; recentrage &#187; quasi-publicitaire. Elle milita quasi-ouvertement pour le patronat, en cherchant &#224; convaincre les travailleurs que l'heure &#233;tait &#224; la solidarit&#233; et au partage, entre exploit&#233;s &#233;videmment, de la mis&#232;re et des sacrifices en mati&#232;re d'emploi, de salaires, de prestations sociales, d'avantages qu'on croyait acquis. La bureaucratie de la CFDT parmi les premi&#232;res, mais pas la seule, s'engagea dans une politique de n&#233;gociation &#224; tout-va, de signature de contrats pourris en faveur des patrons. Mais tandis que le nombre des syndiqu&#233;s cotisant diminuait dramatiquement, de luxueux immeubles de la CFDT s'&#233;rigeaient &#224; Paris. Rien de fondamentalement nouveau, certes. Rien de propre &#224; la CFDT non plus. Mais la bureaucratie de la CFDT s'est distingu&#233;e par son ostentation dans l'all&#233;geance aux int&#233;r&#234;ts du patronat et de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement au recentrage politique, la bureaucratie de la CFDT entreprit de faire le m&#233;nage contre les militants qui continuaient &#224; pr&#244;ner et organiser la lutte collective. Elle fit la chasse aux oppositionnels et en exclut une belle brochettte, &#224; la suite de gr&#232;ves qu'ils avaient impuls&#233;es ou aid&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces oppositionnels devinrent les &#171; moutons noirs &#187;, comme Edmond Maire les appela. Certains furent donc chass&#233;s du troupeau en 1988. Contre ceux qui restent et sont toujours l&#224;, Notat n'a pas d&#233;sarm&#233;. Pour preuve, le communiqu&#233; qu'elle adressait r&#233;cemment &#224; la presse pour d&#233;noncer &#171; un certain nombre de personnes, organis&#233;es en r&#233;seau et se d&#233;finissant comme membres d'une gauche syndicale &#187;... un &#171; r&#233;seau constitu&#233; de militants connus depuis longtemps dans l'organisation pour y promouvoir les th&#232;ses de l'extr&#234;me gauche, dans laquelle ils militent, ou (faire de) l'opposition syst&#233;matique &#187;. Certains &#171; moutons noirs &#187; cheminots sont maintenant &#224; SUD-Rail et Notat en est probablement &#224; craindre que la nature moutonni&#232;re aidant... davantage encore abandonnent la berg&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;DES EQUIPES ENTIERES QUITTENT LE BATEAU&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car la constitution de syndicats SUD r&#233;sulte d'un d&#233;membrement de la CFDT, de l'&#233;viction ou du d&#233;part volontaire ou des deux &#224; la fois d'&#233;quipes oppositionnelles d&#233;j&#224; constitu&#233;es et qui se sont trouv&#233;es, ces derni&#232;res ann&#233;es, du fait de la crise et du r&#233;tr&#233;cissement des marges de man uvre strictement syndicales, devant de nouvelles emb&#251;ches et des choix &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats SUD, m&#234;me s'ils ont trouv&#233; dans les mouvements de gr&#232;ve une base et un &#233;lectorat, se sont form&#233;s aussi &#224; partir d'&#233;quipes syndicales qui menaient leur opposition dans la CFDT. A la SNCF, des &#233;quipes oppositionnelles, dirig&#233;es souvent par d'ex-militants politiques d'extr&#234;me-gauche convertis au pur syndicalisme, de sensibilit&#233; anarchiste ou trotskyste, ou par des syndicalistes ouvertement r&#233;formistes mais radicaux, assumaient la direction de r&#233;gions ou secteurs importants. Ce n'est pas propre &#224; la SNCF, ni &#224; la CFDT, cela dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; comme ailleurs, des &#233;quipes fonctionnaient parfois comme de petites r&#233;publiques relativement autonomes. C'&#233;tait le cas de la r&#233;gion SNCF Paris Sud-Est, dont les responsables viennent de quitter la CFDT pour cr&#233;er SUD et ont entra&#238;n&#233; dans la dissidence la presque totalit&#233; des 700 adh&#233;rents de l'ex-CFDT. M&#234;me chose &#224; peu pr&#232;s &#224; Paris St-Lazare o&#249; 70 % des adh&#233;rents de l'ex-CFDT, soit environ 400 cheminots, ont rejoint SUD. M&#234;me ph&#233;nom&#232;ne encore, mais en sens inverse, pour ceux qui, tout en se d&#233;clarant oppositionnels et animateurs de secteurs &#171; CFDT en lutte &#187;, sont rest&#233;s au sein de la centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a incit&#233; certains &#224; partir de fa&#231;on pr&#233;cipit&#233;e, alors qu'aucun n'avait &#233;t&#233; mis dehors, c'est probablement l'approche des &#233;lections professionnelles qui viennent d'avoir lieu, trois mois apr&#232;s la gr&#232;ve de d&#233;cembre. Certains pouvaient craindre (et d'autres esp&#233;rer) que les cheminots n'aient pas la m&#233;moire courte et qu'ils utilisent leur bulletin de vote pour infliger &#224; Notat un camouflet bien m&#233;rit&#233;... Mais la gifle rejaillirait alors sur tous ceux qui se pr&#233;senteraient aux &#233;lections sous l'&#233;tiquette CFDT. M&#234;me des militants syndicaux actifs dans la gr&#232;ve risquaient de ne pas &#234;tre r&#233;&#233;lus. Certains r&#233;sultats d'&#233;lections professionnelles dans l'industrie indiquaient une d&#233;saffection &#224; l'&#233;gard de la CFDT, souvent au profit de la CGT, active dans les gr&#232;ves de d&#233;cembre. Rester dans la CFDT, c'&#233;tait donc prendre le risque d'un d&#233;saveu, voire d'une d&#233;confiture &#233;lectorale, m&#234;me pour les oppositionnels qui dans la gr&#232;ve et dans les manifestations avaient pourtant largement marqu&#233; leur opposition &#224; la politique de Notat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains responsables CFDT pouvaient d'ailleurs raisonnablement craindre qu'en l'absence de listes SUD-Rail, un plus net d&#233;placement de voix se fasse en faveur de la CGT. Pour une raison sym&#233;trique, des responsables c&#233;g&#233;tistes se sont obstin&#233;s &#224; contester la repr&#233;sentativit&#233; du SUD et son droit de se pr&#233;senter aux &#233;lections. Pour &#234;tre peu ou prou combatifs, la plupart des syndicalistes n'en restent pas moins jaloux des pr&#233;rogatives de leurs appareils respectifs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est &#233;vident que les fondateurs de SUD-Rail ont pr&#233;f&#233;r&#233; que Notat paie le gros de la facture plut&#244;t qu'eux-m&#234;mes. L'exp&#233;rience de 7 ans d'existence et de d&#233;veloppement de SUD-PTT ne pouvait par ailleurs que les encourager &#224; tenter l'exp&#233;rience de la dissidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne regrettent rien aujourd'hui m&#234;me si le nombre de secteurs ou r&#233;gions qui ont bascul&#233; n'est pas si important que certains l'esp&#233;raient. Mais le succ&#232;s appelant le succ&#232;s, SUD-Rail peut se d&#233;velopper dans l'avenir, s'imposer comme repr&#233;sentatif &#224; l'&#233;chelle nationale et engranger d'autres succ&#232;s aux prochaines &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='spip'&gt;UN NOUVEAU SYNDICALISME ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le contexte de bagarre dans lequel SUD-PTT et SUD-Rail se sont cr&#233;&#233;s leur donne une base incontestablement active. Aux PTT comme &#224; la SNCF, des travailleurs ont saisi l'occasion d'exprimer leur ras l'bol de la politique anti-ouvri&#232;re de la direction de la CFDT. De donner une gifle re&#231;ue pour telle en tout cas &#224; un appareil bureaucratique qui le m&#233;ritait bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peut-on pour autant, comme certains des responsables de SUD ou certains militants d'extr&#234;me-gauche, affirmer qu'on assisterait ici &#224; l'apparition d'un nouveau syndicalisme, plus moderne, plus d&#233;mocratique, plus radical, s'opposant aux vieilles conf&#233;d&#233;rations n&#233;cros&#233;es ? Avec SUD-Rail, &#224; la suite de SUD-PTT et du CRC dans les h&#244;pitaux, puis de la naissance de tous ces &#171; b&#233;b&#233;s SUD &#187;, comme dit la presse, qui voient le jour ici ou l&#224; dans le secteur public (dont le dernier en date dans l'Education, &#224; la suite d'une dissidence du SGEN-CFDT), le syndicalisme serait-il en passe de changer de visage dans le pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, r&#233;p&#233;tons-le, le ph&#233;nom&#232;ne reste essentiellement circonscrit &#224; ce qui &#233;tait le milieu de la CFDT. La CGT, quant &#224; elle, dont l'influence est largement pr&#233;pond&#233;rante tant chez les cheminots que chez les postiers sans m&#234;me parler des travailleurs du reste du pays, n'a pas &#233;t&#233; affect&#233;e par le ph&#233;nom&#232;ne, m&#234;me si tr&#232;s ponctuellement SUD-Rail a pu mordre quelque peu sur son &#233;lectorat comme &#224; Paris St- Lazare apr&#232;s la fin de la gr&#232;ve de d&#233;cembre. En fait, c'est la CGT cheminots qui a &#233;t&#233; la principale b&#233;n&#233;ficiaire, on le comprend, de ce mouvement de d&#233;cembre qu'elle a dirig&#233;. L'apparition de SUD, s'il faut parler de &#171; recomposition syndicale &#187; dans le contexte social actuel, n'est jamais qu'une recomposition aux seuls d&#233;pens de l'appareil CFDT. Ceci, pour relativiser l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, pour &#234;tre nouveau venu, le SUD pratique-t-il un syndicalisme si nouveau ? Certes, ses militants ont la fra&#238;cheur de la dissidence, et l'aura gauchiste et humaniste des militants et surtout ex-militants d'extr&#234;me- gauche qui en sont &#224; l'initiative. A vrai dire, la CFDT elle-m&#234;me avait b&#233;n&#233;fici&#233; d'un tel rafra&#238;chissement dans la foul&#233;e de 1968, avec l'afflux d'une partie des jeunes gauchistes de l'&#233;poque. A l'&#233;poque aussi, elle se targuait d'un langage &#171; neuf &#187;, c'est-&#224;-dire peut-&#234;tre contestataire mais surtout pas marxiste. Elle aussi, tr&#232;s exactement comme SUD aujourd'hui, parlait en termes vagues de &#171; changement social &#187;, de &#171; socialisme autogestionnaire &#187;, mais surtout pas de r&#233;volution sociale. A l'&#233;poque aussi, on mettait &#171; la lutte &#187; &#224; l'honneur, et il y en eut de spectaculaires et symboliques comme celle de Lip, mais pas &#171; la lutte de classe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les militants qui ont impuls&#233; le SUD, qu'il s'agisse d'anarcho-syndicalistes, de catholiques de gauche, d'ex-mao&#239;stes, de plus ou moins trotskystes ou d'ex-trotskystes, se veulent avant tout &#171; pragmatiques &#187; et &#171; comp&#233;tents &#187;. L'id&#233;ologie ? Ils ont d&#233;j&#224; donn&#233; ou ils s'en m&#233;fient, disent-ils volontiers. Autrement dit, ils se veulent avant tout syndicalistes, quel que soit leur pass&#233; de militants politiques quand ils en ont un. Mais des syndicalistes modernes, radicaux, et &#171; d&#233;mocratiques &#187;, &#233;videmment, comme le sigle qu'ils se sont choisis l'exige (SUD : &#171; Solidaires, Unitaires, D&#233;mocratiques &#187;). &#171; D&#233;mocratiques &#187;, car ces militants qui veulent &#224; la fois &#234;tre &#171; diff&#233;rents &#187; et des syndicalistes comme les autres, meilleurs que les autres, ont la hantise de se faire r&#233;cup&#233;rer par le syst&#232;me. Leur garde-fou ? Pas une politique r&#233;volutionnaire, ils n'en ont pas, et n'en veulent pas et s'en tiennent &#224; un programme syndical : d&#233;fense des salaires, des emplois, du service public, &#224; laquelle ils ajoutent, certes, pour &#233;largir un horizon qu'ils reconnaissent &#233;troit, l'implication dans AC ! (Agir contre le Ch&#244;mage), dans le DAL (Droit Au Logement) et autres associations de caract&#232;re plus ou moins charitable. En fait, ils se flattent de privil&#233;gier surtout la d&#233;mocratie interne. C'est ainsi que les statuts de SUD PTT, par exemple, pr&#233;voient qu'un permanent ne doit pas exercer plus de deux mandats d'affil&#233;e. L'intention est louable. Mais ce que ne comprennent pas les militants de SUD, &#224; commencer parmi eux les militants d'extr&#234;me-gauche reconvertis au syndicalisme pur, neuf et ind&#233;pendant, c'est que la d&#233;mocratie ouvri&#232;re, la vraie, cela veut dire bien autre chose que la rotation des postes au sein de son propre appareil syndical, celui qu'on est en train de constituer. Cela consisterait, justement, &#224; avoir une politique dans l'action quotidienne comme dans les mouvements, permettant aux travailleurs d'&#233;chapper &#224; l'emprise des appareils bureaucratiques, y compris celui auquel on appartient. C'est du moins la fa&#231;on dont les militants r&#233;volutionnaires con&#231;oivent le travail syndical. Et pour ce faire, il faut &#234;tre militant politique avant d'&#234;tre syndicaliste, et pas l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Monde du 14-15 avril dernier rapportait des propos o&#249; un responsable de SUD PTT, &#233;galement membre de la LCR, se r&#233;f&#233;rait &#224; la Charte d'Amiens de 1906 (celle du syndicalisme r&#233;volutionnaire), &#224; savoir &#171; la d&#233;fense des revendications imm&#233;diates des salari&#233;s et la lutte pour une transformation d'ensemble de la soci&#233;t&#233;, dans la plus totale ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des partis &#187;. Et pour ce qui est de SUD, il ajoutait, toujours selon le Monde : &#171; On a suffisamment grandi pour que le danger d'&#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233; par un groupuscule ne puisse exister &#187;. Il d&#233;finissait ensuite son organisation syndicale comme &#171; antilib&#233;rale &#187; et non comme &#171; anticapitaliste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comment ces militants d'extr&#234;me-gauche faisant d&#233;sormais profession de syndicalisme ind&#233;pendant se font r&#233;cup&#233;rer, certes pas par un groupuscule, ni encore vraiment par le syst&#232;me, mais d&#233;j&#224; par l'id&#233;ologie du syst&#232;me ! Antilib&#233;ral, mais pas anticapitaliste ? Nicole Notat elle-m&#234;me n'y trouverait pas grand-chose &#224; redire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les militants r&#233;volutionnaires auraient tort de cultiver &#224; l'&#233;gard de SUD les m&#234;mes illusions qu'une partie de l'extr&#234;me-gauche entretint &#224; l'&#233;gard de la CFDT apr&#232;s 1968. Le SUD peut &#234;tre amen&#233; &#224; se d&#233;velopper, &#224; cristalliser autour de lui d'autres syndicats analogues ou rejoindre lui-m&#234;me d'autres n&#233;buleuses au radicalisme moins &#233;vident, voire r&#233;ussir &#224; cr&#233;er une conf&#233;d&#233;ration reconnue &#224; l'&#233;chelle nationale, m&#234;me si ce n'est pas aujourd'hui son objectif explicite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aurait alors pas lieu de regretter la cr&#233;ation d'une nouvelle conf&#233;d&#233;ration syndicale, car le pluralisme syndical, dans ce pays, est d'une certaine fa&#231;on la contrepartie, ou si l'on pr&#233;f&#232;re l'exutoire, &#224; l'absence de d&#233;mocratie ouvri&#232;re au sein des grands appareils syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, les militants r&#233;volutionnaires n'ont aucune raison de revenir sur leur conception de l'intervention syndicale. Tout d'abord, ils se sont toujours refus&#233;s &#224; lier leur sort &#224; un appareil syndical particulier, f&#251;t-ce le plus r&#233;cent, le plus &#171; radical &#187;. Car il n'y a pas de &#171; bons &#187; syndicats, &#224; l'&#233;poque o&#249; leur existence, en tant qu'appareils, est &#233;troitement li&#233;e aux avantages l&#233;gaux et mat&#233;riels que l'&#201;tat bourgeois veut bien leur accorder, plus qu'&#224; l'aspiration des travailleurs &#224; s'organiser. Le SUD, quant &#224; lui, m&#234;me s'il s'en d&#233;fend, m&#234;me s'il affiche aujourd'hui sa combativit&#233; et un certain radicalisme, est un syndicat comme les autres, ne serait-ce que parce qu'il en revendique aussi tous les avantages d'appareil reconnu par l'&#201;tat. Comme les autres, et m&#234;me &#224; son corps d&#233;fendant, il fait partie &#171; du syst&#232;me &#187;, et c'est pr&#233;cis&#233;ment cela les limites du syndicalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il ne semble pas que ce soit l'existence de SUD, ni m&#234;me son d&#233;veloppement &#233;ventuel, qui puisse changer r&#233;ellement les rapports d'influence entre la CGT, la centrale li&#233;e au Parti Communiste, et les autres centrales. Rien ne justifierait aujourd'hui que les r&#233;volutionnaires r&#233;visent l'orientation de leur militantisme au sein des syndicats, qui consiste &#224; privil&#233;gier toutes les fois qu'ils le peuvent, le militantisme &#224; la CGT. Non pas que la CGT soit meilleure que les autres. Mais parce que son influence sur la classe ouvri&#232;re et son poids dans les luttes sont toujours pr&#233;pond&#233;rants, y compris pour les freiner et les trahir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, justement, le r&#244;le des r&#233;volutionnaires, en la circonstance, ne consiste pas &#224; donner aux travailleurs l'adresse d'une nouvelle boutique, (si tant est qu'elle ait plus de vertus que les autres), mais de se trouver avant tout avec eux, l&#224; o&#249; ils sont, d'abord &#224; la CGT, puis quand ce n'est pas possible &#224; la CFDT, FO ou au SUD, afin d'&#234;tre un jour en mesure de contester aupr&#232;s d'eux la direction des appareils les plus influents.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
