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« Parés » pour… le travail forcé ? Non merci !

lundi 19 juin 2000

Seules la CFDT et la CFTC ont annoncé à ce jour qu’elles signeraient le projet patronal dit Plan d’Aide au Retour à l’Emploi ou PARE.

De quoi s’agit-il ? D’une nouvelle escroquerie pour forcer les chômeurs à accepter n’importe quel emploi, même n’ayant rien à voir avec leur qualification, sous peine de se voir couper totalement les vivres. La corde se resserrerait autour du cou des chômeurs en quatre crans. Au premier rejet d’une proposition de travail : une lettre de rappel. Au deuxième rejet : réduction de 20 % des allocations. Au troisième refus : suspension des allocations. Enfin au quatrième et dernier avis : suppression des allocations !

Et ce n’est pas tout. Les patrons, et tout particulièrement les grandes entreprises florissantes qui licencient à tour de bras et sont les principales responsables du chômage, verraient leur taux de cotisation diminuer et toucheraient le cadeau de 40 milliards de francs. Et les patrons s’arrogeraient le droit de n’embaucher que des CDD, pour une durée de 18 mois à 5 ans. Bonjour la lutte contre la précarité !

Face à cela, les médias retiennent surtout que les centrales syndicales sont divisées, puisque deux seulement sur cinq veulent signer, Notat ayant couru la première promettre son autographe. C’est évidemment un problème pour les autres - CGT, FO et CGC - qui ne voudraient pas se voir exclues, en cas de non signature, de la gestion des caisses chômage, c’est-à-dire de postes, sinécures, contreparties financières et honneur-et-privilège de participer à la gestion des affaires de la bourgeoisie.

C’est bien pourquoi ça renâcle. Blondel, pour FO, insiste sur le fait que ce ne serait pas ça une vraie négociation et ne désespère pas de grappiller quelque chose au patronat d’ici la fin du mois. Quant à Thibaut, pour la CGT, il en appelle… aux pouvoirs publics, à ces ministres prétendus de gauche qui durant 14 ans sur 19 ans, n’ont pourtant cessé de prendre des mesures contre les travailleurs et les plus pauvres. Sacro-sainte concertation oblige, c’en est même fini, de la part des dirigeants de la CGT, de prétendre en appeler… aux travailleurs ?

Il est pourtant mensonger de laisser croire que les travailleurs pourraient obtenir une quelconque aide du gouvernement dit “ de gauche ”. C’est déjà un tel gouvernement - et la même Martine Aubry - qui a mis en place en 1992 cette allocation unique dégressive qui fait que le revenu des chômeurs fond comme neige au soleil. Alors que 55 % des chômeurs (un pourcentage déjà indécent !) étaient indemnisés par l’UNEDIC en 1993, ils n’étaient plus que 41 % en 1999 ! Parmi eux, 80 % touchent moins que le SMIC et la moitié moins de 4700 F. Pourtant on nous dit qu’il y a un excédent dans les caisses de l’UNEDIC, estimé à plus de 70 milliards pour les trois ans à venir.

A ce jour, Martine Aubry fait la moue devant les projets patronaux. Le gouvernement qui subit déjà l’impopularité de ses prétendues 35 heures, préférerait ne pas assumer une nouvelle arnaque contre les travailleurs, à quelques mois des municipales ! Mais ce sont des simagrées politiciennes. Que nous importe de savoir si la nouvelle mesure anti-ouvrière doit se décider en réunion « bipartite », patronat-syndicats, ou « tripartite », le gouvernement s’adjoignant aux autres larrons. N’oublions pas, en tout cas, ce qu’ils fricotent contre nous : obliger le maximum de chômeurs à prendre un travail sous-payé, égal ou même inférieur à leurs actuelles indemnités de chômage ! C’est ce qui s’est généralisé en Angleterre ou aux Etats-Unis. Les gouvernants se féliciteront d’avoir moins de chômeurs dans leurs statistiques. Les patrons d’avoir une main-d’œuvre moins chère et plus précaire.

Et nous ?

L’offensive contre nous tous se poursuit. La seule réponse à donner aux patrons et aux ministres, celle qu’ils n’auront pas volée, c’est une riposte bien sentie des travailleurs et des chômeurs tous ensemble.

Les patrons réclament aujourd’hui leur PARE… mais gare à eux si nous réclamons la nôtre. Et toute la nôtre.