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Contre le chômage et la précarité, manifestons le 11 décembre !

lundi 6 décembre 1999

Les rafales de plans dit sociaux avec leur cortège de licenciements continuent à déferler dans ce pays, en dépit de la « bonne conjoncture » dont se réjouissent les milieux patronaux et gouvernementaux. Comme on l’a vu chez Michelin qui, en même temps que des profits records, annonce 7500 suppressions d’emplois pour promettre des jours encore meilleurs à ses actionnaires.

Le chômage et la précarité touchent aujourd’hui 6 millions de personnes en France. Cette situation est inacceptable à l’heure où les entreprises se portent si bien et sont si fières de l’afficher.

Le gouvernement Jospin prétend que le chômage est en recul, mais les 300 000 créations d’emplois dont il se vante correspondent exactement aux 300 000 emplois-jeunes créés, en fait des emplois précaires qui n’offrent pas de véritable avenir aux jeunes concernés. Au lieu de lutter efficacement contre la précarité, le gouvernement contribue ainsi à la généraliser et, avec la loi Aubry, il donne des armes aux patrons pour s’attaquer aux acquis des salariés.

La loi Aubry, présentée hypocritement comme un remède pour créer des emplois, en supprime au contraire en permettant aux entreprises, grâce à la flexibilité et l’annualisation du temps de travail, de produire davantage avec des effectifs réduits et sans avoir à investir.

La loi Aubry sert aussi à réduire les salaires, rognant sur une prime ou une autre, supprimant les majorations pour heures supplémentaires et récupérant ici ou là des temps de pause. Alors que la Bourse bat chaque jour des records et que les profits des grandes entreprises crèvent déjà tous les plafonds.

Et le gouvernement qui distribue déjà des milliards aux patrons licencieurs veut, toujours au nom de cette loi Aubry, y ajouter une réduction des charges patronales, essayant de la faire payer aux caisses de chômage ou de sécurité sociale et aux contribuables.

Dans le même temps le gouvernement mène dans les services publics, hôpitaux, transports, postes et dans toutes les entreprises sous son contrôle, la même politique de suppressions d’emplois que les patrons dans les entreprises du secteur privé.

Pour mettre fin au chômage, nous devons imposer au patronat et au gouvernement des mesures d’urgence. A commencer par :

L’interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits.

Le contrôle direct des travailleurs sur les comptes des grandes entreprises et des capitalistes, ainsi que l’utilisation des fonds publics.

L’arrêt de toutes les subventions aux patrons et l’utilisation de l’argent public pour créer des emplois utiles dans les services publics : hôpitaux, enseignement, transports, postes, etc.

Le retrait de la loi Aubry. Pas de flexibilité, mais de véritables embauches et une vraie réduction du temps de travail.

Aucune réduction, aucun blocage des salaires, mais rattrapage de notre pouvoir d’achat avec de 1500 à 2500 F de plus par mois.

Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, des mouvements de résistance se déroulent dans de nombreuses entreprises. Pour s’opposer à la flexibilité, aux suppressions d’emplois, aux réductions ou au blocage des salaires. Que ce soit dans des entreprises de l’automobile, des entreprises de nettoyage, des mines, dans des banques, dans les transports, des postes ou des hôpitaux, tous les secteurs sont touchés. Il est nécessaire de faire converger toutes les luttes pour leur donner une efficacité supplémentaire.

Le 11 décembre, à l’appel du Parti Communiste, de Lutte Ouvrière l’organisation d’Arlette Laguiller, de la LCR l’organisation d’Alain Krivine, de mouvements de chômeurs et de diverses autres organisations, dans de nombreuses villes dans tout le pays des travailleurs se rassembleront et manifesteront dans la rue.

Après le 16 octobre cette journée peut être un nouveau pas pour permettre de préparer un mouvement tous ensemble de grande ampleur : une grève générale, qui seule nous permettra d’obtenir satisfaction. Comme en novembre-décembre 1995, ou mieux, comme en mai 68 ou en juin 36.

Manifestons nombreux le 11 décembre !