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Arrêtons l’offensive anti-sociale du patronat et du gouvernement, agissons tous ensemble !

lundi 22 novembre 1999

Lionel Jospin et le gratin de la gauche internationale viennent de tenir à Florence un sommet des « progressistes ». Le premier ministre français s’est même payé le luxe de dénoncer le « capitalisme chimiquement pur... ». Et pourtant ! Que sort-il des laboratoires de la gauche plurielle, sinon une mixture qui renforce le patronat et rétrécit les droits des salariés ?

Meilleur exemple de cette chimie anti-sociale : la loi Aubry, projet-phare du gouvernement Jospin. Flexibilité, austérité salariale, suppression de primes et de pauses, absence d’embauches, ce cocktail contient tous les ingrédients favoris des grands patrons. Le pompon, c’est que les députés de la majorité viennent d’acquiescer à la demande des industriels de l’agro-alimentaire : le temps d’habillage ne sera plus comptabilisé comme temps de travail. Habillage et déshabillage représentent pourtant plus de trente minute par jour (dans le lait, le chocolat, la charcuterie...), soit 114 heures par an (trois semaines de travail non payé !).

Un peu partout, des réactions de colère des salariés se produisent lorsqu’ils découvrent comment, concrètement, la loi Aubry se traduira dans leur existence quotidienne.

L’audiovisuel public est en grève depuis la semaine dernière pour protester contre le peu d’embauches prévues dans le cadre des 35 heures. Les grèves et préavis se multiplient dans les bureaux de poste. A la FNAC, tous les approvisionnements sont interrompus par une grève du centre logistique contre les conditions de passage aux 35 heures. Le patron de la FNAC, le multimilliardaire Pinaut, laisse la moitié de ses employés végéter dans l’intérim !

Pour beaucoup les 35 heures sont aussi synonyme de baisses de salaires. Pour les employés du bus et du métro lyonnais, l’addition est salée : la perte avoisine 1600 F par an. Il ont eu bien raison de cesser le travail, de même que leurs collègues de Marseille qui eux, touchent déjà 600 à 1000 francs par mois de moins qu’ailleurs !

Vus les profits faramineux des grandes entreprises, vus les surplus au budget de l’Etat, vus les records battus par la bourse, il est vraiment choquant que Martine Aubry prétende bloquer ou réduire les salaires. Au contraire ! C’est le moment pour tous d’exiger que soient restitués les 1500 à 2500 F de pouvoir d’achat perdus depuis le début des années 80. Comme l’ont fait les salariés de deux sous-traitants de l’usine qui produit la voiture Smart en Moselle. En bloquant cette semaine la production de véhicules et en dressant des barrages, les uns ont obtenu une rallonge annuelle de 7000 F, les autres une hausse mensuelle de 200 à 500 F nets.

Chez Renault, que le magazine « l’Expansion » vient de classer dans le peloton de tête des profits, et qui a racheté cash le japonais Nissan, la direction a eu le culot de diminuer la prime d’intéressement de 40%. Les salariés ne l’entendaient pas de cette oreille : quelques jours de grève à l’usine de Flins ont permis de récupérer une prime de 2250 F pour tous les salariés du groupe.

Comme quoi, les entreprises ont bien assez de trésorerie pour faire des concessions lorsque les travailleurs se montrent déterminés. La rentabilité des grands groupes est telle qu’elle leur permettrait aisément, à la fois d’augmenter les salaires, de diminuer le temps de travail sans aucune mesure de flexibilité, et d’embaucher massivement.

Les mouvements actuels sont un début. Pour atteindre pleinement leur objectif il faut qu’ils s’élargissent en une vague de grèves et de manifestations, comme celle de décembre 1995, et même au delà, comme en mai 68 ou en juin 36. C’est bien pour cela qu’il faut que les travailleurs se servent de chaque occasion de se rassembler, de centraliser toutes les volontés de lutte. Ainsi la manifestation du mardi 30 novembre, appelée par la C.G.T. Mais aussi, le samedi 11 décembre prochain, la journée nationale de manifestations, à travers toute la France, qu’organisent le Parti Communiste Français, Lutte Ouvrière, le courant d’Arlette Laguiller, la Ligue Communiste Révolutionnaire d’Alain Krivine, ainsi que diverses associations, notamment celles des chômeurs. Une occasion de nous compter pour les luttes de demain.