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Pour l’interdiction des licenciements, manifestons tous à Paris le 16 octobre

lundi 11 octobre 1999

Samedi prochain, 16 octobre, manifestons tous ensemble à Paris contre les licenciements et le chômage ainsi que contre l’aggravation des conditions de travail et la flexibilité que veut imposer, sous couvert de 35 heures, la loi Aubry.

Lutte ouvrière et la Ligue communiste révolutionnaire appellent à cette manifestation dont le Parti communiste a pris l’initiative car il est indispensable que tous les militants ouvriers, que le plus grand nombre possible de travailleurs se retrouvent au coude à coude dans la rue pour faire entendre leurs revendications et montrer que la classe ouvrière est prête à se mobiliser.

De nombreuses autres organisations y appellent également, certaines, MDC ou Verts, qui sont parties prenantes comme le PC de la gauche gouvernementale, certes, mais aussi diverses organisations et associations de défense du monde du travail, dont des associations de chômeurs.

L’annonce, il y a quelques semaines, des licenciements à Michelin a suscité l’indignation générale. Des Michelins, il y en a partout : Elf-Total-Fina, Usinor, les grandes banques, les trusts Rhône-Poulenc-Hoechst, Bosch et bien d’autres qui ont déjà annoncé ou ont dans leurs cartons des plans de restructurations, licenciements ou suppressions d’emplois.

Mais le gouvernement ne fait rien contre. Pire, il les soutient, ouvertement ou en sous-main. Comment s’en étonner, puisque Jospin a commencé par donner l’exemple il y a deux ans avec la fermeture de l’usine de Vilvorde par Renault, entreprise dont l’Etat est le principal actionnaire ?

« L’amendement Michelin » à la loi des 35 heures proposé par des députés socialistes n’est qu’un alibi. Les entreprises qui licencient seraient seulement tenues à signer un accord sur les 35 heures ou à avoir au moins à ce sujet « engagé sérieusement et loyalement des négociations ». C’est à dire tenues à rien.

Pour lutter réellement contre le chômage il ne faut ni faux semblant ni simple moratoire : il faut interdire les licenciements, à commencer dans les grandes entreprises qui font des profits, sous peine de réquisition de l’entreprise.

En 1998 le patronat a reçu quelques 170 milliards de francs d’aides de l’Etat sans que le chômage n’ait cessé de croître. 105 milliards d’aides nouvelles sont prévus pour eux dans le cadre de la loi des 35 heures, aux frais de l’Etat, des caisses de Sécurité sociale et de l’Unedic, sans aucune obligation d’embauche en contrepartie.

Il faut imposer le contrôle des travailleurs sur les comptes de leurs entreprises et imposer le contrôle de la population laborieuse sur l’utilisation des fonds publics.

Au lieu de multiplier les cadeaux au patronat, l’argent public doit être utilisé à embaucher dans les services publics. Dans les hôpitaux, où le gouvernement est au contraire en train de supprimer des lits et fermer des services. Dans l’Education Nationale, où l’on voit aujourd’hui les lycéens manifester contre le manque de professeurs et de moyens. Dans les transports en communs, à la Poste où les effectifs sont insuffisants.

Cela les travailleurs ne peuvent pas l’attendre du gouvernement, ni d’aucun débat parlementaire. Ils devront l’imposer par leurs luttes.

C’est pourquoi il faut être le plus nombreux possible le 16 octobre à 14 heures, place de la Madeleine, à Paris,

pour l’interdiction des licenciements

contre la loi Aubry pour une vraie réduction du temps de travail sans flexibilité et avec embauches correspondantes

pour la suppression des cadeaux aux patrons et la création d’emplois dans les services publics

pour le contrôle des comptes publics et privés par les travailleurs eux-mêmes.

La manifestation du 16 octobre est une première étape. Elle ne devra pas rester sans lendemain mais être un point d’appui pour préparer le mouvement d’ensemble qui sera nécessaire pour mettre un coup d’arrêt aux licenciements et imposer de telles mesures.