Dimanche prochain, en votant pour l’extrême gauche, Censurons la politique du gouvernement !
lundi 7 juin 1999
Quand les grands trusts licencient ou ferment des usines, comme ce fut le cas de Renault à Vilvoorde, il ne leur vient pas à l’idée de le soumettre au parlement européen. Quand les chefs d’Etat, dont le tandem Chirac-Jospin, décident de bombarder l’ex-Yougoslavie, pas davantage ! Le parlement européen qu’on doit élire dimanche est moins que toute autre institution le lieu où quoi que ce soit se décide.
Mais si quelque chose peut y être utile, ce sont les quelques élus de la liste d’extrême gauche conduite par Arlette Laguiller et Alain Krivine que vous y enverrez et qui y feront entendre la voix des travailleurs d’Europe, mille fois mieux que les centaines de députés socialistes, communistes ou verts qui sont muets quand leurs partis sont au gouvernement et qu’ils y mènent, au nom de la gauche, une politique aussi anti-ouvrière que la droite.
Oui la censure s’impose.
Il faut en finir avec cette politique qui fait que depuis vingt ans les riches deviennent plus riches, les pauvres et les chômeurs plus nombreux.
Il faut en finir avec cette politique qui détourne toujours davantage d’argent public vers les caisses d’un patronat qui n’embauche pas et au contraire augmente ses profits en licenciant, en flexibilisant, en surexploitant.
Il faut en finir avec cette politique que les classes populaires paient par la diminution de leur niveau de vie et par une dégradation de tous les services publics, éducation, transports, santé, culture.
Et puis nous pouvons aussi montrer que nous condamnons totalement cette politique désastreuse qui a conduit à bombarder la partie la plus pauvre de l’Europe. La guerre menée par le tandem Chirac-Jospin, dans le peloton de l’OTAN, serait sur le point de se terminer, nous dit-on. Mais comme elle a commencé : pour le bonheur des trusts, la désolation et la misère accrue des peuples.
Les Jospin et Chirac ont claironné que Milosevic était un criminel de guerre, mais c’est avec les généraux dudit criminel qu’ils entrent en pourpalers !
Ils ont claironné qu’ils voulaient le bien des Kosovars, mais leurs bombardements ont accéléré l’exode d’un million d’entre eux. Et maintenant, ils sont surtout préoccupés que le retrait des troupes serbes du Kosovo et l’avance concomitante des troupes de l’OTAN, se fassent sans qu’aucun vide, aucun pouce de terrain ne soit laissé aux combattants de l’UCK. Par scrupules pour la population kosovare qui pourrait ne pas se sentir représentée par l’UCK ? Que non ! Les grandes puissances n’ont rien à faire du droit du peuple kosovar à l’indépendance. Les grandes puissances ont déjà décidé pour lui. Pas d’indépendance ! Il faut donc désarmer l’UCK, y compris avec l’aide des troupes de Milosevic !
Le sort que les grandes puissances réservent au Kosovo, c’est celui de super-base militaire de l’OTAN, au cœur de l’Europe et contre les peuples. Rien d’étonnant si dans ces conditions, si peu de Kosovars pourront et même voudront rentrer dans un pays dévasté et occupé pour des années voire des dizaines d’années.
Mais le drame n’en est pas un pour tout le monde. Les trusts de l’armement ont fait des super-bénéfices. Des dizaines de milliards de francs sont allés dans leur poche. La manne s’annonce maintenant pour les trusts du bâtiment. Bouygues et quelques autres sont dans les starting-blocs pour reconstruire ponts, routes, usines… Après les dizaines de milliards de francs de la guerre, d’autres dizaines de milliards de francs seront prélevés, dans la poche des contribuables de France, d’Allemagne ou des Balkans pour la reconstruction.
Oui, il faut combattre cette politique et se préparer, tous ensemble à l’échelle européenne, à mettre en avant un programme d’interdiction des licenciements, de réquisition voire d’expropriation des entreprises qui font des profits et licencient, de création de tous les postes nécessaires dans les services publics, de contrôle des travailleurs sur l’économie.
Mais nous pouvons déjà censurer cette politique, dimanche prochain. Le seul bulletin de vote qui pèsera plus que son poids de papier, parce qu’il exprimera la colère et l’espoir du monde du travail, c’est celui en faveur d’Arlette Laguiller et d’Alain Krivine.