Pour préparer le tous ensemble contre les patrons et le gouvernement, le 7 mars manifestons avec les chômeurs, le 15 mars votons Lutte Ouvrière.
lundi 2 mars 1998
C’est l’euphorie, paraît-il, à la bourse, chez les patrons et même au gouvernement. Tout va bien pour tout ce beau monde.
La valeur des actions a fait un bond de près de 15 % en deux mois (comparez avec l’augmentation de nos salaires !), elle a doublé en deux ans. On annonce la croissance pour cette année, donc celle des profits, au point que les capitalistes envisageraient d’en consacrer une partie à l’investissement. Au point que le budget de l’Etat enregistrerait des rentrées supplémentaires inattendues, 40 milliards estime le ministre des finances.
En janvier les associations de chômeurs et de travailleurs précaires réclamaient le relèvements des minima sociaux de 1500 F mensuel. Cela ne porterait le RMI qu’à 3638 F, l’allocation aux chômeurs en fin de droits à 3765 F. Bien insuffisant ! Pourtant face à la révolte des chômeurs, Jospin refusait cette augmentation sous prétexte que l’Etat n’avait pas les 70 milliards nécessaires.
Aujourd’hui il en aurait trouvé 40. Mais Jospin n’a pas changé sa position. Il l’a redit la semaine dernière : toujours pas question de consacrer plus que les deux ou trois milliards déjà promis aux 7 millions de chômeurs, de précaires ou d’exclus que compte le pays. Les 40 milliards qui permettraient, d’après les comptes du gouvernement lui-même, d’augmenter les minima sociaux de 800 F mensuels seront affectés à d’autres tâches : par exemple celle de combler le déficit budgétaire créé par les exemptions de charges et d’impôts accordées aux patrons.
« Il ne faut pas développer l’assistanat, mais l’emploi », clament hypocritement les Jospin et les Strauss-Kahn. La même vieille rengaine chantée par tous les gouvernements de droite comme de gauche ! Pendant ce temps le chômage ne faisait que grandir. Il continue encore comme le montrent les derniers chiffres officiels : plus 0,2 % d’inscrits à l’ANPE en janvier, plus 6,6 % de chômeurs de longue durée en un an. Et il continuera si nous n’y mettons bon ordre. Comment pourrait-il en être autrement ? Des plans sociaux sont en train un peu partout. Ce week-end encore des milliers de travailleurs de la région d’Alès et de Nîmes, menacée après d’autres, manifestaient leur colère. Supprimer des emplois, « c’est fou » ! Mais pas seulement à Perrier. Renault lui-même, dont l’Etat est l’actionnaire principal, en prévoit 2700.
La loi contre l’exclusion que la ministre Aubry doit présenter le 25 mars sera aussi bidon que celle sur les 35 heures. Les associations de chômeurs, même celles qui auraient bien voulu trouver une justification à leur préjugé favorable pour ce gouvernement, ont maintenu leur manifestation ce 7 mars à Paris, Marseille, Toulouse, Nancy ou Rennes.
Avec les chômeurs qui manifesteront samedi, il faut qu’il y ait le maximum de travailleurs. Car le chômage est un fléau qui nous menace tous, privés d’emploi ou encore en activité. Et nous n’y mettrons fin qu’en nous mettant tous ensemble. Il ne faut rater aucune occasion de montrer notre colère.
Pour la même raison il faut que le dimanche suivant, 15 mars, le maximum de suffrages se portent sur les listes de Lutte Ouvrière aux élections régionales. Car Lutte Ouvrière est le seul parti à l’échelle nationale, à se présenter au nom des travailleurs : contre la gauche qui soutient ce gouvernement, contre la droite, qui a soutenu les gouvernements précédents tout aussi responsables de la situation, et contre le Front national qui voudrait seulement venir prendre part au partage des postes et du pouvoir. Car Lutte Ouvrière est le seul parti à proposer des mesures d’urgence, de salut public dit Arlette Laguiller, correspondant aux intérêts des travailleurs : l’interdiction des licenciements et la réquisition des entreprises qui suppriment des emplois ; ou encore la création d’emplois utiles avec l’argent trouvé grâce à l’arrêt des subventions au patronat et le relèvement des impôt sur les profits et le capital.
Des mesures que nous imposerons par la lutte d’ensemble, chômeurs, travailleurs, exclus, dans les entreprises et dans la rue.