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LA BOURSE S’ENVOLE ET LE CHOMAGE S’ACCROIT. AUX TRAVAILLEURS DE S’EN MELER !

lundi 4 août 1997

Le chômage a encore augmenté ces deux derniers mois. Et ce n’est pas fini. Les plans de licenciements vont se succéder dans les mois qui viennent.

Et le plan anti-chômage du gouvernement Jospin, c’est quoi ? 350 000 « emplois jeunes » dans le secteur public ou para public... en cinq ans ! Cela ne fera, sur plus de 3 500 000 chômeurs, que 150 000 emplois précaires et au rabais pour la fin 1998, dans un an et demi, quand de toute façon les grandes entreprises en auront supprimés deux ou trois fois plus ! Pour les 350 000 autres créations d’emplois promis pendant la campagne électorale, Jospin compte sur les négociations avec le patronat en septembre, cette fameuse conférence sur l’emploi, les salaires et le temps de travail qui n’ira pas plus loin que l’égoïsme patronal.

Dans le même temps, la bourse de Paris bat des records. Parce que le patronat sait bien que le gouvernement Jospin ne prendra aucune mesure sérieuse contre les profits afin de juguler le chômage et qu’il n’a aucunement l’intention de mettre des bâtons dans les roues des licencieurs.

Certains à gauche, en particulier au Parti Communiste, nous disent qu’il nous faudrait aider ce gouvernement à pencher du bon côté. Mais comment ? En faisant confiance aux ministres communistes, ces otages du gouvernement qui eux-mêmes n’attendent que des bonnes paroles des ministres socialistes ?

Pour stopper le chômage, les travailleurs ont besoin de mesures d’urgence et radicales : ce n’est pas 150 000 malheureux emplois-jeunes sous-payés qu’il faut créer en un an et demi, mais au bas mot 2 millions de vrais emplois utiles, tout de suite, dans les services publics, hôpitaux, transports, enseignement... En même temps, il faut interdire les licenciements et confisquer les profits énormes des entreprises qui ont licencié et voudraient continuer. Une politique économique en faveur des travailleurs, c’est 1500 F d’augmentation mensuels pour tous et les 35 heures immédiates sans diminution de salaire (et pas avec « modération des salaires » comme dit cet hypocrite de Jospin). Oui, toutes ces vraies mesures, prises ensemble, renverseraient la situation économique et sociale en faveur des travailleurs.

Impossible, utopique ? Non. Ce n’est qu’une question de rapport de force. Mais ce n’est pas en faisant confiance à ce gouvernement que nous les obtiendrons. Cette conférence sur l’emploi en septembre, nous pourrions faire en sorte qu’elle se déroule sous la pression de la mobilisation ouvrière, sous le contrôle des grèves et de vastes manifestations de rue.

Voilà ce que proposeraient et prépareraient les dirigeants syndicaux et ceux du Parti Communiste, s’ils étaient plus préoccupés de se mettre à la tête des luttes que de soutenir leurs amis au gouvernement.

Le patronat, lui, est déjà très mobilisé. Tous ses plans de licenciements sont prévus pour les mois qui viennent. Et les ministres socialistes les ont déjà acceptés en nous avertissant que le chômage allait encore s’aggraver.

Mais il n’y a aucune fatalité. Cette logique économique scélérate n’est jamais que la loi de ceux qui nous l’imposent. Que les travailleurs montrent leur force, qu’ils affirment par dizaines, centaines de milliers, partout dans le pays, dans les entreprises et dans la rue, qu’ils se défient de ce gouvernement comme des autres et qu’ils défient le patronat, et c’est la loi des travailleurs qui fera autorité, pas celle du patronat.

Voilà le programme de mesures et de mobilisation sur lequel, tout de suite, les travailleurs combatifs, les militants de toute opinion syndicale ou politique, militants du PC aux côtés des militants révolutionnaires, peuvent se mettre d’accord et s’unir pour les semaines à venir.

Si l’on ne veut pas que la conférence de septembre entre patronat et syndicats soit bidon, mettons-la sous notre surveillance et notre pression. Préparons-nous à être des centaines de milliers de travailleurs à manifester dans la rue nos exigences, au moment où syndicats, patrons et gouvernement vont soi-disant discuter de notre sort. Ce serait le seul moyen sérieux pour que les choses aillent dans le bon sens !