Le 13 juin, affirmons notre volonté de défendre nos intérêts de travailleurs
lundi 7 juin 2004
Le 13 juin dans le cadre des élections européennes, on nous demande notre avis et nous aurions tort de ne pas le donner. Tort de laisser croire à ce gouvernement qui nous attaque, nous les travailleurs, que nous l’approuvons ou même que nous sommes indifférents aux sales coups que de jour en jour il porte à nos conditions d’existence. Il y a certes différentes façons de montrer que nous ne voulons pas nous laisser faire, et les élections ne sont pas le moyen le plus efficace pour faire reculer le patronat et le gouvernement. Nous l’avons bien vu après la claque infligée à Raffarin à l’occasion des régionales : il persiste et signe. Mais donner notre avis c’est bien la moindre des choses, et ça ne doit surtout pas nous empêcher avant, pendant et après les campagnes électorales, d’utiliser la vraie force du monde du travail, celle d’une classe ouvrière qui produit tout, fait tout marcher dans le pays, et qui peut aussi tout paralyser.
200 000 personnes ont manifesté samedi 5 juin dans toute la France pour protester contre la « réforme » de la Sécurité Sociale programmée par le gouvernement. Le 27 mai la manifestation nationale d’EDF/GDF a rassemblé près de 80.000 personnes avec la présence de travailleurs d’autres entreprises publiques comme la Poste ou la SNCF.
Cela ne suffit pas non plus bien entendu à faire renoncer Raffarin, Douste-Blazy, Sarkozy. D’autant moins qu’ils espèrent maintenant, que les dirigeants des confédérations syndicales – lesquels n’ont pas montré jusque-là la moindre volonté de préparer un vrai mouvement d’ensemble pouvant aller jusqu’à une grève générale – se saisiront de cette relative faible participation pour nourrir encore leur attentisme et justifier des marchandages autour du tapis vert avec le gouvernement et les patrons, cautionnant d’une façon ou d’une autre les reculs que ces derniers cherchent à nous imposer. C’est à nous de montrer à tout ce beau monde que nous allons bousculer leurs petits calculs. Et nous avons les moyens de leur réserver encore bien des surprises.
Quant aux partis de l’ex-gauche plurielle, ils sont bien en peine de dénoncer véritablement les attaques antisociales qu’ils ont eux-mêmes initiées. Quand ils gouvernaient, ils se sont bien gardés de revenir sur l’allongement à 40 ans de l’âge de la retraite, mise en place par le gouvernement de droite de Balladur, et ils ne s’engagent pas plus, s’ils revenaient au pouvoir, à annuler les mesures de Raffarin ni sur la Sécurité sociale ni sur la retraite. Le gouvernement de Jospin a procédé à deux fois plus de privatisations que la droite. Comment croire alors au slogan de « l’Europe sociale » avancé par le PS ? Lorsque 15 sur 18 gouvernements de l’Union européenne étaient de gauche dans les années précédentes, cela n’a rien empêché des attaques contre le monde du travail. Jospin, Blair ou Schröder ont mené la même politique que Berlusconi ou Aznar.
Et comment faire davantage confiance au Parti communiste, prêt demain à s’unir au PS pour revenir aux affaires et soutenir une politique similaire ?
Le 13 juin prochain, nous pouvons dire notre dégoût de la politique de la droite, sans pour autant amnistier la gauche plurielle, ni tomber dans le piège nationaliste de l’extrême-droite qui essaye de dresser les travailleurs les uns contre les autres.
Partout en Europe, les travailleurs connaissent les mêmes attaques que nous. Et partout, il faut refuser d’être mis en concurrence. A l’Europe des financiers, c’est une Europe des travailleurs que nous devons opposer, une Europe unifiée autour de nos revendications immédiates : salaire minimum européen unique au niveau du plus élevé ; interdiction des licenciements ; alignement des protections sociales sur la plus favorable ; levée des restrictions de circulation, mêmes droits pour les travailleurs immigrés ; des services publics pour la population et pas pour les profits… Montrons clairement notre volonté de défendre nos intérêts de travailleurs, votons aux élections européennes pour les listes communes de Lutte Ouvrière et de la Ligue Communiste Révolutionnaire.