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Mélenchon : des tirades nationalistes comme seul programme

mercredi 5 octobre 2016

L’affaire Alstom a été l’occasion pour bon nombre de politiques d’arborer des discours patriotiques et cocardiers. Jean-Luc Mélenchon a été l’un des plus zélés, dans une tribune publiée dans Le Monde du 15 septembre 2016. Il s’en est pris à la politique des gouvernants qui « prive la France de conglomérats puissants, fleurons technologiques et industriels ». Il demande même que les responsables soient traduits en justice au nom de l’atteinte aux « intérêts fondamentaux de la nation », pour défendre « l’indépendance nationale ». Il reproche férocement à Akiem, une filiale commune de la SNCF et de la Deutsche Bank, d’avoir commandé 44 locomotives à un constructeur allemand et s’en prend aux règles européennes qui entraveraient une intervention salutaire de l’État pour donner des marchés publics à Alstom.

‘Protectionnisme solidaire’… du patronat français

En somme, il faudrait des patrons qui pensent plus français. S’il épingle les 41 milliards versés par Hollande aux patrons (le pacte de responsabilité), c’est pour lui reprocher de bénéficier à des secteurs « non soumis à la concurrence internationale ». À croire qu’il voudrait que l’État aide plutôt les patrons qui défendent le pavillon français dans cette concurrence internationale. On imagine que c’est cela, son « protectionnisme solidaire », un de ses axes de sa campagne présidentielle. Vive l’impérialisme français protégé !

Il faudrait faire passer l’appétit des actionnaires après le progrès social, explique-t-il. Comment ? Il faudrait « moduler les droits de vote des actionnaires selon un engagement de durée de la présence au capital, renforcer les droits des salariés dans la gestion des entreprises ». Bref, renforcer les droits des actionnaires « fidèles », et encourager la « participation » (l’acquiescement) de représentants des salariés. L’association capital/travail à la de Gaulle. Subversif, Mélenchon ? Pas sûr que ça tremble dans les bureaux des PDG !

Pour conclure, explique Mélenchon, il faudrait nationaliser Alstom, pour entamer une « reconquête industrielle ». En indemnisant les actionnaires, comme l’avait fait Mitterrand ? Et pour jeter les bases d’un « fleuron industriel », c’est-à-dire un grand trust capitaliste ? Mélenchon se pose en bon conseilleur de la bourgeoisie française, qui regrette un temps perdu et mythifié d’un capitalisme « national » à la de Gaulle ou Pompidou. Non, le problème des travailleurs d’Alstom n’est pas de faire un champion industriel bien français, ni de faire des locomotives françaises pour les chemins de fer français (ah, le tout TGV !). Il s’agit pour eux de défendre leurs conditions d’existence.

M.C.

Mots-clés Alstom , Front de gauche , Jean-Luc Mélenchon , nationalisme , Politique