Madrid : assassins d’Al-Qaïda et terroristes d’Etat
lundi 15 mars 2004
Les attentats du 11 mars à Madrid sont révoltants. Plus de 200 tués et 1500 blessés dans des trains de banlieue, sur le chemin du travail... Quels que soient ceux qui ont commis cet acte, ce sont des crapules, et rien ne peut excuser leur crime.
Mais la colère, le dégoût, il nous en reste pour le spectacle de la classe politique « gérant la crise ». La première chose que le gouvernement espagnol s’est soucié de mettre en place, c’est une manipulation pour tenter - sans succès - de sauver ses scores électoraux. Les sommets de l’Etat ont tout de suite martelé que les attentats étaient dus aux terroristes basques d’ETA, surtout pas à Al-Qaïda. Le premier ministre Aznar a téléphoné en personne au journal El Pais pour défendre cette thèse officielle. Sa ministre des Affaires étrangères a enjoint à tous les ambassadeurs espagnols de faire de même.
Le gouvernement aurait voulu empêcher que la population fasse un lien entre les attentats et l’engagement espagnol dans la guerre contre l’Irak. Car Aznar est entré en croisade malgré 90 % de l’opinion. Et ce ne sont pas les mensonges sur les armes de destruction massive fantômes, ni le bourbier qu’est devenu l’Irak, qui ont pu retourner la population en sa faveur.
La manipulation a eu ses limites. Au fil des jours, c’est de plus en plus sous les sifflets qu’Aznar a dû lancer ses appels à l’union sacrée, avant d’être sorti électoralement. Samedi, des manifestants criaient « Aznar, l’Espagne paie le prix de ta participation à la guerre en Irak ».
Et pourtant non, c’est n’est pas « l’Espagne » qui a été massacrée jeudi dernier. Ce sont des travailleurs, des gens des milieux populaires, des immigrés. Ce sont toujours ceux-là qui sont en premier les victimes des guerres impérialistes, et de leurs répliques terroristes. Comme en Irak, comme ailleurs, où tous nos dirigeants dits « démocratiques », qui se prétendent tellement choqués aujourd’hui par l’horreur de Madrid, la répandent à bien plus grande échelle.
Ces dirigeants nous demandent de les élire, mais c’est sans demander notre avis qu’ils nous envoient au casse-pipes, engageant des guerres dont nous ne voulons pas.
Votez pour les listes LO-LCR !
Face au chômage, à la généralisation des emplois précaires et à la misère qui s’installe un peu partout, le gouvernement Raffarin n’a rien fait d’autre que multiplier les cadeaux au patronat et faciliter les licenciements en s’attaquant directement aux droits des travailleurs.
Ce gouvernement, aux ordres du Medef, sacrifie cyniquement les services publics, notre droit à la santé et à l’éducation, casse nos retraites et prépare de la même façon la casse de la sécurité sociale.
Le vote du 21 mars en faveur des listes LO-LCR sera d’abord une condamnation de la façon la plus claire la politique patronale de la droite. Ce sera aussi un moyen de montrer une opposition à l’extrême droite de Le Pen dont le programme est celui de Raffarin, mais en pire.
Le vote LO-LCR permettra également de signifier aux partis de l’ex-gauche plurielle que nous n’avons rien oublié. Les attaques de la droite ont toutes été préparées par le gouvernement Jospin. Voter pour ces gens-là serait leur montrer que nous sommes résignés par avance à une alternance où le seul vrai changement est entre le cynisme brutal des uns et l’hypocrisie des autres.
D’ailleurs le Parti socialiste ne s’engage même pas à annuler toutes les mesures réactionnaires de la droite s’il revenait au pouvoir ! Et si le Parti communiste défendait réellement une autre politique, il ne s’engagerait pas par avance à donner ses voix au Parti socialiste au 2° tour, quand ce n’est pas dès le 1° tour comme dans la majorité des régions.
Il n’y a que l’extrême gauche qui défende un programme destiné à lutter vraiment contre le chômage, qui se prononce pour l’interdiction des licenciements, la suppression du secret bancaire et commercial, la suppression de toutes les subventions au patronat et l’utilisation par l’Etat lui-même des fonds ainsi dégagés pour la création des centaines de milliers d’emplois utiles qui manquent dans les services publics ou pour la construction de logements.
Seul le vote pour les listes LO-LCR montrera sans ambiguïté qu’une fraction de la classe ouvrière n’a pas renoncé à imposer par ses moyens propres une autre politique en faveur des intérêts de l’immense majorité de la population.