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Démagogie sécuritaire et mesures anti-immigrés :Un racolage actif sur les trottoirs de Le Pen

samedi 6 mars 2004

On était prévenus. « La lutte contre l’insécurité » était la priorité du gouvernement Raffarin. Cela faisait partie de la démagogie électorale de la droite (de la gauche aussi !) Nommé pour ça, Nicolas Sarkozy a ouvert le tir avec sa loi dite « pour la Sécurité Intérieure » (LPSI) mise en chantier dès octobre 2002, votée en mars suivant et applicable depuis novembre 2003.

Le terrain avait été préparé les mois précédents par des reportages télévisés alarmistes et la publication de chiffres amalgamant chapardages de téléphones portables et meurtres en série. Le succès en a été assuré depuis... par l’élimination d’un certain nombre de plaintes des statistiques.

Les mesures Sarkozy

Douce France

Raide comme leur justice

Dominique Perben, ministre de la justice, vient d’ajouter à cet arsenal sa propre touche, par la loi votée en février 2004.

La grande délinquance garde les privilèges dus à son rang

Sous le prétexte que « l’absentéisme est la première étape vers la délinquance », les parents d’élèves absentéistes devront payer une amende de 750 € et risqueront de se voir supprimer ou réduire les allocations familiales. Mais qu’en est-il de la grande criminalité que les lois Sarkozy et Perben sont censées combattre ?

Quid des politiciens ou patrons véreux, des trafiquants, des proxénètes, des réseaux mafieux, notamment ceux qui profitent scandaleusement de la situation précaire et misérable faite aux sans-papiers ? Eux ne seront pas inquiétés : rien à leur sujet dans les textes. Si ce n’est qu’en cas d’aveu dans les affaires de délit financier, sont prévues… des réductions importantes de peine. Ainsi, des politiciens ou des hommes d’affaires, pour éviter un procès public, pourront négocier une amende dans le secret du cabinet d’un juge.

Si Raffarin et son équipe jouent les shérifs, ce n’est pas contre les grands délinquants, mais contre ceux des milieux populaires et défavorisés qui se sont mis en marge - ceux que leur pauvreté et précarité ont jetés dans les griffes de marlous et voyous d’un tout autre calibre (mafias, proxénètes, gros trafiquants de drogue…).

Agathe MALET


La gauche jalouse de Sarkozy

Les mesures Sarkozy sont « des choses que j’aurais sans doute faites si j’étais resté aux responsabilités (...) On est dans une continuité », a déclaré, le 4 octobre 2002, le ministre socialiste de l’Intérieur sortant, Daniel Vaillant.

Julien Dray rajoutait : « S’il y a eu débat au sein du PS, entre l’abstention ou le rejet lors de l’examen du projet de loi sur la sécurité, c’est que les intentions du gouvernement en matière idéologique étaient moins nettes que pour la justice. Le rôle de l’opposition n’est pas de nier la réalité d’un problème ni d’adopter une démarche de rejet systématique… ».

Avec une pointe de regret, le maire socialiste de Montpellier, Georges Frêche, rajoutait : « Si la gauche avait fait la moitié de la loi Sarkozy, Jospin aurait été élu ».

Ainsi c’est de peu que le PS, après l’arbitrage de François Hollande, décidait finalement de voter contre le projet. Le PCF votait également contre. Mais tous deux en approuvant l’amendement déposé par un député UDF instituant le délit d’outrage au drapeau tricolore et à l’hymne national ! Monter le drapeau, c’est pas ça qui redonnera des couleurs à la gauche !

Marie DARWEN

Mots-clés Immigrés , Police , Politique
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