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Contre la pauvreté et pour la défense des intérêts des travailleurs

lundi 23 février 2004

Un million d’enfants pauvres en France ! C’est le C.E.R.C. (Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale) qui a annoncé la nouvelle la semaine dernière. 8 % des enfants vivent ainsi sous le seuil de pauvreté dans ce pays. On est sous le seuil de pauvreté avec 579 € par mois pour une personne seule, 862 € pour un couple, 1216 € pour une famille avec deux enfants. Et pas vraiment riche au-delà quand on est un travailleur… Ces chiffres pour scandaleux qu’ils soient, sont encore en dessous de la réalité, car l’étude porte sur la période 1999 à 2000. Depuis la situation a empiré et les statistiques ne tiennent évidemment pas compte de tous ceux qui échappent au recensement comme les enfants des travailleurs sans papiers.

Ces enfants qui partent ainsi dans la vie dans les plus mauvaises conditions, vivant dans des logements surpeuplés, courant des risques de santé, guettés par l’échec scolaire, appartiennent à des familles de travailleurs mal payés, précarisés ou chômeurs. Car le principal facteur de pauvreté dans ce pays résulte des difficultés de l’emploi.

Le gouvernement prétend lutter contre le chômage. Mais que fait-il à part taper sur les chômeurs et leur voler une partie de leurs maigres revenus, en raccourcissant les délais d’indemnisation par les ASSEDIC, ou en leur supprimant l’ASS pour les réduire au RMI ? Plus que jamais la fabrique d’enfants pauvres est en marche ! Enrayer la précarité ? Pas question, au contraire Raffarin et Fillon se préparent à l’accroître et la généraliser avec leur projet de « contrats de mission ». Stopper la baisse des salaires ? Mais il faudrait stopper la montée du chômage qui la favorise. Pas question pourtant d’interdire les licenciements. Au contraire le pouvoir donne l’exemple : au lieu de créer des emplois nécessaires dans les services publics, les hôpitaux, les transports, les écoles, il continue d’en supprimer. Et il continue en même temps de vider les caisses de l’Etat en arrosant toujours davantage les patrons, sous prétexte de favoriser l’emploi, alors qu’ils n’en créent pas un seul mais licencient à tour de bras !

Nous aurons l’occasion de nous exprimer pour dire non à cette politique, lors des élections régionales dans moins de quatre semaines. Pas question bien sûr de voter pour ces partis de la droite aujourd’hui au pouvoir qui multiplient les coups contre les salariés, sabrent les retraites, démolissent la sécurité sociale, démantèlent les services publics mais ouvrent toujours plus largement les caisses de l’Etat aux patrons licencieurs.

Voter pour la gauche ? Certes depuis qu’elle n’est plus aux affaires elle se met à dénoncer bruyamment les mesures de la droite. Mais voter pour elle ce serait amnistier tous ces gouvernements qui au nom de la gauche depuis plus de vingt ans ont mené une politique de droite et préparé le terrain à celle-ci. Ils ont mis en route les mêmes prétendues réformes contre les retraites et la sécurité sociale, privatisé à tour de bras, accru la précarité, se refusant d’imposer quoi que ce soit au patronat en matière de licenciements, lui servant la soupe au prétexte que ce qui est bon pour les entreprises serait bon pour les travailleurs. L’ex-gauche plurielle voudrait se refaire une virginité, mais ne s’engage même pas à revenir sur les mesures prises par l’actuel gouvernement ne serait-ce qu’en matière de retraites ou de sécurité sociale !

Voter pour le Parti Communiste ? Lorsqu’il ne se présente pas sur les listes du Parti socialiste il se dit la « Gauche populaire »… et n’a d’autre but que d’apporter ses voix à la gauche « pas populaire » avec laquelle il a gouverné sans empêcher la mise en œuvre d’aucune de ses mesures anti-ouvrières !

Quant aux travailleurs qui voudraient voter pour le Front National, mieux vaut qu’ils sachent que le parti de le Pen ne s’attaquera pas aux intérêts du patronat auquel il ne fait aucunement peur. Son programme prévoit de le soutenir. Il se propose même de remettre en cause les règles des congés payés, de la durée du travail, et veut supprimer des emplois publics.

Le seul moyen d’exprimer clairement notre volonté de défendre nos intérêts de travailleurs, c’est de voter pour les listes communes de Lutte Ouvrière et de la Ligue Communiste Révolutionnaire.