Avec LO et la LCR, pour faire reculer les patrons et le gouvernement !
lundi 16 février 2004
Abracadabra, pour les restaurateurs, Raffarin sort sans aucune difficulté 1,5 milliards d’euros de son chapeau ! Encore des allègements de charges patronales, sous prétexte de créer de l’emploi ! On commence à connaître la chanson. C’est sans doute pour cela qu’il y a selon les statistiques officielles 140 000 chômeurs de plus en 2003 qu’en 2002… Chirac se dit prêt à batailler pour obtenir de l’Europe la baisse de la TVA pour les restaurants. Et la TVA sur les produits de première nécessité, qui touche aussi bien les familles ouvrières que les plus riches ?
« Il faut savoir faire des économies » nous dit-on : et vlan, 426 nouveaux médicaments qui ne seront plus remboursés. Et vlan, 6 000 bureaux de poste sur 12 000 qui devraient être fermés. Et vlan, des milliers d’enseignants en moins dans les écoles à la prochaine rentrée. Ce qui s’ajoute aux indemnités de chômage coupées pour beaucoup depuis le 1er janvier. Malheur aux plus vulnérables, aux personnes âgées, aux chômeurs privés de toute indemnité… Selon la fondation de l’abbé Pierre, on en revient en 2004 à la situation de 1954 : il y a autant et plus de sans domicile qui meurent de froid dehors. Les restos du cœur ont enregistré une hausse de 10 % des personnes ayant demandé de l’aide cette année.
Et c’est sur le sort d’un Juppé qu’on voudrait nous faire pleurer ! La loi dont Juppé serait victime, que la droite avait pourtant votée dans une belle unanimité à l’époque du gouvernement Balladur, serait « excessive dans sa brutalité » !
Et la politique menée contre les classes populaires par le gouvernement Chirac-Raffarin-Sarkozy, qui a poursuivi et amplifié les coups portés déjà par les Jospin et Aubry, elle n’est pas brutale ?
Le gouvernement s’en prend aux travailleurs, aux classes populaires, pour redistribuer des cadeaux au grand patronat et à la bourgeoisie. Quant aux dirigeants de l’ex-gauche gouvernementale, PS en tête mais PC et Verts à leur traîne, ils ne s’engagent nullement à annuler les mesures anti-ouvrières de l’actuel gouvernement. Même pas à revenir à la retraite à 37 ans et demi pour tous !
Si déjà l’Etat et les collectivités locales se faisaient restituer les sommes indûment versées, sous prétexte d’aide à l’emploi, à un patronat qui a pourtant continué à licencier, il n’y aurait plus de trou à la sécurité sociale. Il y aurait de quoi embaucher largement dans les services publics, voire résorber ainsi le chômage. Il y aurait de quoi payer les retraites. Et les 50 milliards d’euros qui viennent d’être mis sur la table par le trust pharmaceutique Sanofi pour son OPA sur le concurrent Aventis en dit long sur le fric accumulé par la surexploitation des travailleurs, ici et dans le monde. Mais que fait le gouvernement contre cette grande délinquance patronale et affairiste ? Rien.
Dans la loi du ministre de la justice Perben, des « bandes organisées » sont visées. Mais il ne s’agit pas des délits financiers, que la loi écarte prudemment… Ne croyez pas non plus qu’il s’agisse des cliques secrètes qui commanditent la mort de milliers d’emplois dans les conseils d’administration des grands trusts. Ni même des seuls proxénètes. Demain, pourront tomber sous le coup de cette loi des travailleurs en grève, des militants syndicaux qui auront bousculé une porte ou retenu leurs directeurs pour s’opposer à un plan de licenciement.
Qu’à cela ne tienne. C’est bien en « bande organisée », immense et forte de ses millions de membres, contre ce gouvernement et les patrons, que les travailleurs doivent se rassembler et opposer un programme de défense des classes populaires : augmentation du niveau de vie, interdiction des licenciements et de toute forme de précarité, embauches massives, entre autres dans les services publics. Nous devrons aller contrôler les comptes et contester les choix des grandes entreprises et de leurs richissimes actionnaires.
Une première victoire d’étape dans ce sens sera de s’exprimer massivement en faveur des listes communes de Lutte Ouvrière et de la Ligue communiste révolutionnaire, avec Arlette LAGUILLER et Olivier BESANCENOT qui conduiront celle de la région parisienne.