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Stop à l’insécurité sociale

lundi 29 septembre 2003

Le trou de la Sécu serait paraît-il « abyssal ».

La même information qui passe en boucle, c’est évidemment une campagne politique : celle du gouvernement d’abord, qui voudrait taire les critiques préventivement, et nous persuader du caractère prétendument inéluctable de ses réformes, bien avant de s’y… risquer. Car les grèves du printemps dernier sur les retraites l’ont rendu prudent. Son rêve serait évidemment de pouvoir nous désarmer en répétant ses mensonges aussi longtemps qu’il faudra, avant de nous attaquer !

C’est aussi une campagne menée directement par les patrons, et pas n’importe lesquels : parmi ceux qui alimentent quotidiennement les agences de presse en prétendues révélations ou analyses, on trouve comme par hasard le petit cercle des amis de Claude Bébéar, c’est à dire AXA, le plus important groupe d’assureurs privés qui ne cache pas depuis longtemps son intention de vouloir apporter ses « solutions » : une Sécurité sociale minimale pour les coup les plus durs de la vie, et pour le reste, le recours à des complémentaires privées, du moins pour ceux qui auront les moyens de cotiser !

Nous aurions tort de tomber dans le panneau.

Car cette histoire de déficit de la Sécurité Sociale ressemble surtout à une belle baudruche. Cela concerne presque exclusivement l’assurance maladie (rappelons que le régime d’assurance vieillesse par exemple restera excédentaire encore quelques années, ce qui n’a pas empêché le gouvernement l’année dernière de nous prédire une catastrophe sur les retraites !). En chiffres bruts, cela peut paraître impressionnant : un déficit de 3,4 milliards en 2002, probablement 8,9 milliards en 2003, et paraît-il 11,2 milliards en 2004 pour le régime général. Mais sur l’ensemble du budget de la Sécurité sociale (234 milliards d’euros en 2002), cela représentera au pire un déficit de moins de 5 %, à comparer au déficit du budget de l’Etat : 55 milliards prévus en 2004, soit un déficit de près de 18 % ! Et le gouvernement ne passe pas son temps à nous parler du trou de son budget quand il fait des cadeaux fiscaux aux riches et verse des milliards de subventions au grand patronat.

Quant aux solutions pour combler le trou comparativement modeste de la Sécu, on les connaît : 6 milliards d’exonérations de charges sociales dont bénéficie le patronat en 1995, et déjà 18 milliards en 2002 ! (le double du déficit de la Sécu de 2003 !). C’est ce dérapage que nous ne pouvons plus tolérer. C’est cela qui doit prendre fin, immédiatement, comme les exonérations fiscales et cadeaux en tous genres aux riches qui creusent actuellement un peu plus le budget de l’Etat, en asphyxiant les services publics !

Ajoutons les 3 milliards de dettes patronales à la Sécu, et 3 milliards de recettes supplémentaires à chaque fois que les salaires auront été augmentés de 1 %, on trouvera les solutions, non seulement pour retrouver des comptes équilibrés, voire excédentaires, mais pour revenir sur toutes les attaques qui se sont succédées depuis des années : notamment les dernières, concernant le remboursement des médicaments ou le relèvement de forfait hospitalier. Avec 13 euros exigés pour chaque jour d’hospitalisation, celui-ci risque de plonger dans la détresse nombre de familles, dont les revenus sont insuffisants pour payer cette somme en plus de tout le reste.

Il y a urgence à préparer la riposte. Les dernières attaques montrent que le gouvernement n’attendra pas l’année prochaine même s’il a différé son plan de réformes : c’est dès aujourd’hui qu’il veut modifier sensiblement le régime des remboursements. Exigeons que les patrons payent ce qu’ils doivent à la Sécu. Exigeons aussi l’arrêt des licenciements et l’arrêt des attaques contre l’indemnisation des chômeurs : ce sera le meilleur moyen de préserver les recettes de la Sécurité sociale pour l’avenir, et de préserver notre avenir tout court !