Les coups bas de la France d’en haut... Ca suffit !
lundi 22 septembre 2003
L’Etat vole au secours de qui dans l’affaire Alstom ? Sûrement pas des 120 000 salariés de l’entreprise ! La moindre des choses aurait été que le gouvernement exige le maintien de l’emploi. Or il a refusé de prendre tout engagement à ce sujet.
Alstom s’est endetté pour acheter d’autres sociétés et élargir son capital au profit de ses propriétaires les actionnaires, en engraissant au passage banquiers et nombre d’autres intérêts privés. Malgré les généreuses commandes de l’Etat, notamment pour EDF ou la SNCF, le trou tarde à être comblé. Alors le gouvernement - la main sur le cœur et généreux avec le porte-monnaie des contribuables - va passer à nouveau à la caisse. Si les profits sont toujours sûrs d’être privatisés, les pertes seront une fois encore « nationalisées ». La machine pourra continuer à tourner, ainsi en a décidé le gouvernement.
Le premier plan dit de sauvetage avait été refusé par Bruxelles, mais c’était pour ouvrir la porte à un second, lequel augmente la mise au pot de l’Etat de 500 à 800 millions d’euros… en ne lui laissant aucun moyen de contrôle sur les décisions de l’entreprise. C’est avant tout sur le dos des salariés que le « redressement » devra se faire.
Qu’à cela ne tienne ! Cela n’empêchera pas ce gouvernement, comme les précédents d’ailleurs, de prétendre en arrosant les patrons et les riches que « c’est bon pour l’emploi ». Ils ont même le culot, au moment où la plus grande vague de licenciements déferle sur ce pays, de noyer un peu plus les victimes. 600 000 à 800 000 chômeurs de longue durée vont perdre jusqu’à 8 ou 9 mois d’indemnités avec l’application des nouvelles dispositions de l’UNEDIC. Et le gouvernement décide en plus en limitant à 2 ans l’allocation spécifique de solidarité (ASS), touchée par les chômeurs en fin de droit, de réduire la charge de ce relais directement payé par l’Etat. Quant aux plus de 55 ans, ils garderont l’ASS… mais perdront la majoration de 40 % dont ils bénéficiaient jusque-là. Cette mesure va faire 130 000 victimes en 2004 et encore davantage les années suivantes. Elle se traduira par une augmentation du nombre des RMIstes et surtout du nombre de ceux qui n’auront plus rien du tout pour vivre.
Pour François Fillon il s’agit de « favoriser le retour à l’emploi »… quand l’évolution démographique commencera à faciliter la baisse du chômage ! Et le même d’en rajouter en déclarant au Journal du Dimanche : « On ne peut indemniser le chômage indéfiniment ».
Du cynisme, ce gouvernement n’en manque décidément pas. Après la décision de baisser à nouveau l’impôt sur le revenu payé par les plus riches, il annonce l’augmentation de la taxe sur le gazole payée essentiellement par les familles les plus modestes. Il dérembourse les médicaments et augmente le forfait hospitalier. Face aux 15 000 morts de la canicule de cet été mettant à nu l’incurie de l’Etat, le délabrement du système hospitalier et du système de santé, il veut supprimer un jour férié au nom d’une prétendue solidarité… dont les principaux bénéficiaires ne seront pas les vieux mais les patrons. Après avoir réduit l’APA (allocation d’autonomie aux personnes dépendantes) et sucré 100 millions d’euros destinés aux maisons de retraite ! Après avoir montré sa belle sollicitude pour le 3° et le 4° âge en allongeant le temps de cotisation pour toutes les retraites avec une diminution des pensions !
Et quoi encore ?
Ce n’est pas la baisse dans les sondages qui va arrêter ce gouvernement. Impopulaire, il ne craint pas de l’être, du moment qu’il sert ses maîtres les patrons et les riches. Il n’aime certes pas trop être chahuté, comme Raffarin l’a encore été par les salariés en colère lors d’une visite à la SNECMA de Corbeil à la fin de la semaine dernière. Il n’a pas aimé les grèves et les manifestations du printemps dernier non plus. Reste que nous ne pourrons pas nous en tenir là si nous ne voulons pas continuer à faire les frais de l’appétit de profits sans limite des exploiteurs capitalistes. Et nous gardons les moyens, tous ensemble, non seulement de leur mener la vie dure, mais de les faire réellement renoncer à leurs sales projets.