Fin de mission pour les licencieurs !
lundi 15 septembre 2003
Le chômage explose, ou n’en finit pas d’exploser. Selon les statistiques officielles, il atteindrait les 10 % de la population active à la fin de l’année. Soit près de 3 millions de travailleurs. Dans la réalité, les tentacules de la pieuvre sont plus longues. Le nombre de ceux qui sont acculés au chômage frise le double de ceux qui sont encore indemnisés par l’Unedic. Car tout est fait pour accorder chichement et supprimer allégrement les allocations. Grâce entre autres à ce PARE, prétendu « pacte d’aide au retour à l’emploi » entre le Medef et les syndicats CFDT, CFTC et CGC, parrainé par l’ancien gouvernement Jospin il y a 2 ans, qui a fait perdre à certains jusqu’à 7 mois d’indemnisation. Les conséquences tombent comme la guillotine : 250 000 personnes vont perdre toute allocation en 2004.
La situation économique était-elle si difficile pour la grande bourgeoisie française ? Est-elle prise à la gorge, menacée de faillite par la concurrence internationale ? Que non ! Ses multinationales Renault, Peugeot-Citroën, Total, Alcatel, Carrefour, etc… exploitent et profitent au-delà des frontières. Ses quelque 15 % de taux de profit restent assurés. Ses actions en bourse tiennent le coup, même si elles connaissent des fluctuations à la baisse. Sans parler de la fortune personnelle de ses Pdg, hauts cadres, anonymes mais richissimes rentiers. Et tout ce beau monde a largement bénéficié de l’aide des gouvernements, quels qu’ils soient.
Des cadeaux renouvelés ont été faits au patronat, par l’Etat, les régions, les communes, sous forme de subventions, ristournes fiscales voire prise en charge quasi-totale de certains salaires. Chaque fois, on nous a dit que c’était pour créer des emplois. Mais chaque fois, les patrons voyous ont empoché pour surexploiter et continuer à licencier. C’est ainsi que les cascades de licenciements n’ont pas cessé. Après la vague du printemps (Metaleurop, Daewoo, ACT, Matra, etc…), c’est la vague de l’été (Tati, Altadis, STMicroelectronics, etc…), sans oublier toutes les autres entreprises, grandes ou plus petites, qui ne connaissent pas de saison. Et ces cadeaux au patronat représentent autant d’argent en moins dans les caisses de l’Etat pour financer, entre autres, les emplois nécessaires dans les transports (on annonce encore quelque 3000 suppressions de postes à la SNCF), les hôpitaux, les écoles, la construction de logements sociaux. D’où l’insécurité accrue pour les gosses des collèges et lycées, pour les vieux et les malades des hôpitaux.
Les gouvernements passent tout au patronat, y compris le recours général à la précarisation du travail. Tous les prétextes sont bons. Les prétendues 35 heures ont permis d’asservir davantage les travailleurs aux horaires patronaux. L’introduction des statuts d’intérimaires, CDD, prestataires de services, sous-traitants, a permis de surexploiter et de licencier davantage ! Les patrons de l’automobile jouent de l’accordéon avec leurs milliers d’intérimaires ou prestataires. Tirés dedans, poussés dehors, et vivent ces précaires qui sont pour eux une formidable « variable d’ajustement aux fluctuations de la demande ».
Le chômage frappe d’abord les plus faibles, les jeunes, les femmes, les vieux. Il frappe plus durement certaines régions - 6 sur 22 en France connaissent un taux officiel de chômage de plus de 10 %. Des villes sont ruinées, des familles ouvrières sinistrées. Mais nous sommes tous concernés et la rage doit devenir riposte. Car les 30 millions de travailleurs de ce pays, des intermittents aux cheminots, en passant par les intérimaires de l’automobile, ont les moyens de prendre le taureau par les cornes. De faire barrage tous ensemble à la politique du patronat qui détruit l’emploi pour sauvegarder ses profits. Oui, il va falloir se mobiliser. A commencer par ceux qui ont encore du travail et conservent des ressources militantes jusque dans les petites entreprises. Les enseignants qui se sont tournés vers les travailleurs du privé au printemps peuvent y aider. Une vaste coordination contre le chômage, les licenciements et la précarité est bel et bien d’actualité.