Dans la rue et par la grève générale nous gagnerons !
dimanche 1er juin 2003
Bien que le mouvement de protestation se soit amplifié ces dernières semaines, que les manifestations, locales, régionales ou nationales se soient succédées sans faiblir, avec un nombre de grévistes sans cesse en augmentation, le gouvernement se prétend toujours résolu à faire passer l’allongement de la durée de cotisation et l’amputation des retraites. Tout en se préparant dans la foulée à une attaque contre la sécurité sociale et au démantèlement des services publics, suppressions d’emplois à l’appui, encourageant ainsi les patrons licencieurs du privé à continuer.
Raffarin caresse encore l’espoir que la protestation n’ira pas beaucoup plus loin, qu’il parviendra à nous mener en bateau jusqu’aux vacances et aura les mains libres pour faire la loi, dans notre dos et sur notre dos. Dans sa dernière prestation télévisée, il a répété que les décisions doivent maintenant être prises au Parlement. Et de nous promettre une discussion dont l’issue est connue d’avance. Il sera sur son terrain : les politiciens de son bord y sont d’autant plus majoritaires que la comédie du plébiscite de Chirac l’an dernier a favorisé leur élection en nombre. Nul doute que ces députés soient tout disposés à nous faire subir un sort auquel leur situation de privilégiés leur permet d’échapper. Nul doute qu’ils soient dans le camp de tous ces actionnaires et de tous ces patrons aux profits toujours florissants, qui s’en sont mis plein les poches et les coffres toutes ces dernières années, mais ont le front de prétendre qu’il n’y a d’autre salut pour les retraites que de les démolir.
La majorité qui travaille, produit toutes les richesses et fait tout fonctionner dans ce pays, devrait-elle se soumettre à cette minorité de politiciens aux ordres ?
Raffarin, Fillon et Cie espèrent encore que nous nous contenterons de montrer notre force, mais que nous éviterons de nous en servir pleinement. Ils misent sur la division et la lassitude. Ils aimeraient faire décrocher les personnels de l’enseignement - les premiers à riposter et jusque-là les plus résolus - avant que toutes les autres catégories de travailleurs n’entrent dans la danse.
Ainsi, après avoir reculé l’échéance du projet sur l’autonomie des universités, Ferry et Sarkozy reçoivent les syndicats de l’éducation nationale, un par un. Ils espèrent trouver d’autres Chérèque pour venir leur manger dans la main. Puisque les dirigeants des confédérations syndicales - Blondel et Thibault inclus - proclament en toute occasion ne pas vouloir refaire un mai 68 ni même un novembre 95, le gouvernement veut encore croire qu’après avoir semé le vent il ne récoltera pas la tempête. Seule une grève générale aurait pourtant le pouvoir de faire remballer les sales projets de Raffarin et de ses ministres, ceux-ci le savent et le craignent par dessus tout.
Le 3 juin nous sommes de nouveau appelés à faire grève et à manifester. Des mouvements sont prévus dans les transports publics, chez les routiers, dans les postes et les télécoms, aux impôts, dans l’énergie, et aussi dans nombre de grosses entreprises du secteur privé comme Renault, Alstom, SNECMA, dans l’industrie chimique ou dans des entreprises de la grande distribution… Et bien sûr également dans l’enseignement. Cette journée doit être une nouvelle étape pour généraliser la lutte, l’amplifier, la reconduire.
Travailleurs du public et du privé, nous devons être encore plus nombreux dans la grève et dans la rue. Pas pour que les directions syndicales et le gouvernement se retrouvent une fois encore autour du tapis vert et finissent par accepter ce qui doit être refusé. Pas pour que l’un ou l’autre des dirigeants syndicaux ait l’occasion de nous refaire le coup de la direction de la CFDT. Mais pour le retrait du plan Fillon, l’annulation des mesures Balladur dans le privé et les 37,5 ans pour tous !
Il n’y aura pas de moment plus favorable qu’en ce début juin pour mettre un coup d’arrêt aux attaques gouvernementales et patronales. A nous travailleurs de trancher de la suite à donner au mouvement. Multiplions les assemblées et coordinations de grévistes, décidons la grève jusqu’à satisfaction. Les dirigeants syndicaux devront bien suivre, et les ministres lâcher prise !