Les fauteurs de destruction massive !
lundi 24 mars 2003
Cela faisait des mois qu’on nous annonçait la découverte d’armes de destruction massive en Irak : les voilà. Elles sont en effet terribles. Mais leurs utilisateurs sont les généraux américains, anglais et australiens. Depuis jeudi dernier, des centaines de missiles ont frappé l’Irak, et il y a tout à craindre que cette barbarie ne fasse que commencer. Pour écraser ce petit pays épuisé, les chefs de guerre occidentaux ont tout de même eu besoin de masser 300 000 hommes à ses frontières, 1300 avions de combats, plus de 2000 chars. Et un énorme arsenal qui comprend peut-être quelques-unes des nouveautés fièrement présentées par l’état-major américain, comme ces mini-bombes nucléaires, ou les MOAB (surnommées « mères de toutes les bombes ») qui créent une immense flamme d’un diamètre de 500 mètres. La première guerre du Golfe, il y a douze ans, avait tué plus de 100 000 Irakiens. L’embargo a fait un million de morts. De combien de victimes cette fois la population irakienne va-t-elle payer la folie criminelle des dirigeants occidentaux ?
L’armée américaine a baptisé son opération de bombardements « choc et stupeur »… Voilà le vrai nom de ce que Bush appelle ailleurs une guerre de libération ! Il y a un siècle, les dirigeants des grandes puissances, France et Grande-Bretagne en tête, menaient des expéditions terroristes dans le monde entier pour mieux le dépecer et se le partager. Aux temps de ces guerres coloniales, ils prétendaient apporter au canon la civilisation et le progrès. Aujourd’hui, ils remettent ça sous un déluge de missiles en nous parlant de démocratie et de paix. Leur cynisme n’a pas changé. Leurs buts non plus. Ce qu’ils veulent, c’est se disputer le pillage de la planète, et pour cela asservir des régions entières. La population irakienne paie ainsi les frais des rivalités impérialistes dans le contrôle du Moyen-orient, avec ses énormes réserves de pétrole.
Les peuples du monde entier sont pourtant majoritairement opposés à la croisade de Bush. Depuis des mois, des millions de personnes sont descendues dans les rues de la planète pour crier leur refus. Il ne peut pas y avoir de signe plus clair que ceux qui prétendent diriger le monde en notre nom le font en réalité contre nous. Les intérêts que servent les Bush, Blair ou Aznar, ce sont ceux des grands groupes capitalistes. Et pour les dirigeants de ces grandes puissances, l’avidité des trusts pétroliers ou autres pèse bien plus que l’opinion des peuples qui ne sont pour eux que des masses électorales !
Cela vaut évidemment pour Chirac aussi. Le gouvernement français a pu prendre quelques distances avec l’aventure militaire de Bush parce que les intérêts des capitalistes français en Irak ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux des USA. Mais Chirac n’en est pas moins dans le camp impérialiste. Il marchande simplement sa part. Et s’il ne prête pas main-forte pour le moment aux massacreurs en Irak, rien ne dit qu’il ne finira pas par y aller. D’ailleurs, est-ce qu’il ne montre pas dès aujourd’hui ce que vaut sa prétendue opposition en ouvrant l’espace aérien français aux bombardiers B52 venant de Grande-Bretagne ?
Ne nous rangeons pas derrière Chirac pour lutter contre cette guerre ! Ce serait non seulement absurde, mais dangereux pour l’avenir. Car on peut être sûr qu’il va profiter des couronnes que certains lui tressent pour faire passer ses attaques sur un autre front cette fois, le front social. Ici, loin des déluges de feu dans le Golfe en effet, les attaques contre les travailleurs continuent : plans de licenciements, menaces contre l’emploi public, contre les retraites ou la sécurité sociale…
Chirac est bien un responsable de ce même ordre capitaliste qui dépense des milliards pour massacrer des peuples pauvres, et qui exploite et licencie ici. Dans toutes les luttes nécessaires contre la folie de ce système, on ne peut compter que sur nos propres forces. Mais ensemble, car nous sommes le nombre !