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Le 26 novembre, commençons à construire le « tous ensemble » !

lundi 18 novembre 2002

Le gouvernement pousse ses pions dans sa guerre contre les retraites. Ainsi Fillon le ministre des affaires sociales s’en est-il pris aux préretraites, annonçant que les salariés devront « cotiser plus longtemps ». Et la suppression du Congé de fin d’activité pour les fonctionnaires a été votée la semaine dernière : ce dispositif leur permettait au bout de 37,5 années de partir en retraite sans attendre 60 ans ; il sera supprimé dès le premier janvier prochain ! Une attaque qui en annonce d’autres.

Depuis des mois déjà, le gouvernement Raffarin, prenant le relais de Jospin, prépare le terrain, martelant que le système actuel n’est plus viable, que le nombre de retraités croît dangereusement. Pour ces messieurs, les travailleurs vivent décidément trop vieux de nos jours…

S’il fallait trouver de quoi remplir les caisses, il n’y aurait pourtant aucun mal à trouver des coffres pleins : les comptes de nombre de grosses entreprises sont plus que bien portants et les riches ne manquent pas. Mais c’est dans d’autres poches, celles des travailleurs, que le gouvernement entend se servir.

Fillon remet notamment sur le tapis l’alignement de la durée de cotisation des travailleurs du public, sur les 40 années du privé. Pour faire passer sa mesure, il use bien sûr de la vieille ficelle de la division : c’est au nom de l’« équité  » que le ministre demande « des sacrifices ». Le même vieux culot des larbins politiques des patrons, dénonçant de prétendus privilégiés parmi ceux qu’ils exploitent ! L’équité, ce serait de commencer par ramener ceux du privé aux 37 ans et demi, comme avant que Balladur, en 1993, ne s’en prenne à eux en diminuant leurs revenus. L’équité ce serait aussi de les calculer comme avant, non plus en fonction des 25, mais des 10 meilleures années de salaires. Le gouvernement actuel, au contraire, veut étendre à tout le monde le calcul le plus défavorable d’ici 2008.

Les retraites ne sont d’ailleurs qu’une des batailles que gouvernement et patronat veulent mener contre nous. Concernant la Sécu, un porte-parole de Raffarin annonçait il y a trois semaines son intention de rembourser toujours moins les risques de santé, et même de ne plus prendre en charge que les « maladies graves ». Et puis, il y a le service public, toujours plus menacé par des privatisations, au détriment des travailleurs et des usagers. Et encore cette autre bataille que livrent les patrons contre notre emploi et contre notre niveau de vie, multipliant les licenciements, bloquant ou réduisant les salaires et étendant la précarité.

Non on ne peut plus se laisser faire ! Bernard Thibault pour la CGT a déclaré : « Tous les indicateurs sont au rouge !  » Effectivement. Dommage que la combativité des dirigeants de sa centrale, comme d’autres, semble refuser à prendre la même couleur que « les indicateurs ». Pourquoi faut-il pour les appels aux journées d’action, que la règle soit de répondre en ordre dispersé ? Le 12 novembre, il y avait grève des agents de l’ANPE ; le 14, c’était aux gaziers et électriciens ; pour le 28, la CGT-services sociaux appelle les travailleurs de la Sécurité sociale à débrayer ; le 5 décembre, ce sera au tour des agents des collectivités territoriales ; le 8 décembre – un dimanche - les 5 principaux syndicats d’enseignants organisent un rassemblement unitaire…

Un rendez-vous plus important est cependant pris pour le 26 novembre : les six fédérations syndicales de la SNCF et quatre syndicats de La Poste et de France Télécom appellent à manifester ; la fédération des fonctionnaires CGT dit vouloir s’y associer ; Force Ouvrière a déposé un préavis de grève pour les fonctionnaires, et a même étendu son appel au privé. D’autres syndicats ont décidé également de s’associer à la grève, à la SNCF, à la Poste et dans l’enseignement.

Cette journée doit être un succès. Plus nous serons nombreux à nous y joindre, plus nous marquerons un pas important pour préparer la suite.

Comme en 95, mieux qu’en 95, public et privé tous ensemble !