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Le 25 mai, votons pour l’Europe des travailleurs !

lundi 19 mai 2014

La campagne des élections européennes s’apparente de plus en plus à un concours à qui se montrera le plus « patriote », le plus nationaliste. En bonne position, il y a le FN de Marine Le Pen dont c’est le fonds de commerce bien connu. Mais d’autres le suivent de très près, quand ils ne le dépassent pas. Et le gouvernement PS n’est pas en reste.

L’arnaque du « patriotisme économique »

Arnaud Montebourg a pris un décret censé surveiller les prises de contrôle par des capitaux étrangers de certaines entreprises de secteurs considérés « stratégiques ».

Ces nouvelles gesticulations, en pleine période électorale, ne doivent pas faire illusion. De telles réglementations sont monnaie courante sur la planète et n’ont jamais fait trembler les multinationales. Parmi les premiers à réagir au décret, les patrons de General Electric ont expliqué que cela ne changeait rien à leurs projets dans l’affaire Alstom.

Et quand bien même ce décret aurait une réalité, quel intérêt pour les travailleurs ? Avoir des patrons « français » ne protège en rien contre les licenciements, les attaques sur les salaires ou sur les conditions de travail. Alstom a supprimé des milliers d’emplois ces dernières années, un exemple parmi tant d’autres. Car les multinationales françaises ont exactement le même but que les américaines : engranger le maximum de profit, en menant la lutte de classe contre leurs salariés, dans tous les pays où elles les font travailler.

Pour les travailleurs, d’ici comme d’ailleurs, la vraie question, c’est comment riposter aux politiques patronales soutenues par les États. C’est cette lutte qu’il nous faut préparer, qu’on soit dans une entreprise possédée par des bourgeois français, américains ou chinois !

Le « traité transatlantique », tout nouveau moulin à vent...

Côté Front de gauche, mais aussi chez les Verts, c’est la surenchère avec le FN à qui sera le plus critique d’un traité de libre-échange en cours de discussion entre les États-Unis et l’Union Européenne. On ne peut que se méfier de ces négociations menées en secret. Mais pointer aujourd’hui du doigt cet éventuel futur traité amène surtout à détourner les regards. De quoi satisfaire ceux qui mènent ici et maintenant leur politique contre la population travailleuse.

Tous ceux qui prônent le retour au protectionnisme, à droite comme à gauche, sont des démagogues qui surfent sur des sentiments anti-allemands ou anti-américains. Le capitalisme repose sur l’exploitation des travailleurs au niveau mondial. Lorsqu’un État prend des mesures protectionnistes, ce sont les profits de sa bourgeoisie, pas les intérêts de la classe ouvrière, qu’il défend. Enrégimenter les travailleurs derrière un tel projet, au nom d’intérêts communs nationaux, a mené à des catastrophes historiques comme la guerre et le fascisme, surtout en période de crise.

La classe ouvrière est internationale

Aux élections de dimanche prochain, seules les listes présentées par l’extrême gauche révolutionnaire, NPA et LO, défendent les intérêts des travailleurs et des classes populaires, en affirmant que ce n’est que par la lutte que l’on pourra mettre un coup d’arrêt aux mauvais coups patronaux et gouvernementaux. Ces listes internationalistes affirment que les travailleurs n’ont à avoir aucune solidarité avec la bourgeoisie de ce pays et qu’ils ont tout à gagner à se considérer solidaires avec leurs frères des autres pays d’Europe, comme des autres continents. L’avenir, ce n’est pas le repli national, une impasse qui coûterait cher aux classes populaires. Non, l’avenir viendra de la contestation du capitalisme par les travailleurs et les peuples.