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Tous dans le même bateau : Avis de tempête sociale en Europe !

lundi 22 octobre 2012

Ce samedi, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté au Royaume-Uni contre la politique d’austérité du Premier ministre David Cameron. Son gouvernement venait d’annoncer qu’il allait encore tailler dans les dépenses sociales, en annulant par exemple l’aide au logement pour les moins de 25 ans. Le chômage des jeunes n’a jamais été aussi fort, et ils étaient nombreux à manifester à Londres, Glasgow en Écosse ou Belfast en Irlande du Nord, aux côtés des pompiers, infirmières, enseignants et bien d’autres catégories.

Partout en Europe, au Nord comme au Sud, la population est confrontée à ces attaques. En Grèce s’est déroulée cette semaine la deuxième grève générale du mois d’octobre, contre de nouvelles baisses des salaires et des retraites. Les manifestations rassemblaient les salariés du public et du privé mais aussi de nombreux petits commerçants. Une nouvelle grève est prévue le 14 novembre, date à laquelle les syndicats portugais et espagnols appelleront aussi à se mobiliser.

Dans tous les pays, de l’Espagne à l’Irlande, de la Grèce à l’Angleterre, tout comme en France, les gouvernements de gauche ou de droite s’entendent pour faire payer la population. Une servilité envers les plus riches qui est si visible qu’elle provoque la colère, comme au Portugal où le Premier ministre est maintenant surnommé « le Robin des bois des patrons » !

En France, la tourterelle du MEDEF

Hollande n’en est plus très loin depuis l’affaire des « pigeons », dont il n’est pas difficile de deviner qui est le pigeon de qui. Un chahut en ligne suffit à faire roucouler le gouvernement aux oreilles du patronat. Tous invoquent la « crise », mais derrière ce refrain se cache uniquement la volonté de sauvegarder les profits des plus grosses entreprises. Et pour cela, tout est bon : fermetures d’entreprises, suppressions d’emplois, qui sont souvent présentées comme des plans de départs volontaires mais vont tout autant envoyer les salariés à Pôle emploi, ou plans dits de « compétitivité ». Renault veut ainsi imposer à ses trois usines espagnoles le blocage des salaires jusqu’en 2016, des baisses de primes et l’augmentation du nombre d’heures de travail annuelles. Un avant-goût de ce qu’ils entendent imposer à leurs salariés en France, tout comme PSA l’a déjà fait cet été à Sevelnord.

Face à cette situation, la colère monte. Il ne se passe pas un jour sans qu’on entende parler de mobilisation des travailleurs : les Petroplus à Rouen ou les Technicolor à Angers dont la liquidation judiciaire de l’entreprise vient d’être prononcée dans les deux cas ; les PSA qui se battent contre le plan de 8 000 suppressions d’emplois et la fermeture du site d’Aulnay-Sous-Bois. Et bien d’autres.

Le cynisme de leur patron a mobilisé les salariés d’Ikea en grève ce week-end : diviser par trois la prime d’intéressement qui équivalait jusque là presque à un 13e mois, alors que le chiffre d’affaire a lui augmenté de 3,2 % cette année, ne passe vraiment pas !

Pour un jeudi chaud, ce 25 octobre !

Tout le problème serait de coordonner ces luttes, pour que chacun ne se retrouve plus isolé. Cette semaine, plusieurs actions sont prévues : jeudi 25 octobre les salariés de PSA manifestent le matin au siège, avenue de la Grande Armée, puis l’après-midi à Bercy où doit se tenir une rencontre tripartite État-syndicats-PSA organisée par le gouvernement. Le même jour, les salariés de la SNCF sont appelés à la grève, tout comme les Sanofi qui affrontent eux aussi un plan de suppressions d’emplois. Le lendemain ce sont les salariés d’Air France qui sont appelés à la grève contre les 5 122 suppressions d’emplois prévues par le plan Transform 2015.

Ces actions sont pour tous les travailleurs qui le souhaitent l’occasion de prendre des contacts, quels que soient les secteurs, pour préparer la suite.