Des fleurs pour les « Pigeons » voyous, mais les CRS et les lacrymos contre les ouvriers
mardi 9 octobre 2012
Hollande vient donc de choisir ouvertement son camp. Pour les ouvriers d’Arcelor, de Sanofi, de Goodyear et de PSA venus protester au Salon de l’auto contre les licenciements, il a envoyé les gendarmes mobiles, les CRS casqués et les tirs de lacrymos. Mais pour les voyous du patronat déguisés en pigeons, courbettes, remords et cadeaux fiscaux.
La semaine dernière, donc, un petit gang de pigeons-postiches débarquait sur internet. Panique au gouvernement. Tous à plat-ventre ! Le ministre délégué au budget, tout tremblant, leur tend la caisse. Et voilà comment, avec une simple pétition sur le web, des patrons millionnaires de start-up très prospères, prétendant être plumés par la hausse de la taxation des plus-values sur la revente spéculative d’entreprises, ont réussi à faire reculer piteusement le gouvernement.
Et qui sont-ils, ces malheureux « pigeons » ? Parmi eux, un certain Xavier Niel, fondateur de Free (8e fortune française). Entre autres volatiles pleins aux as qui menacent même de jouer les pigeons voyageurs en s’expatriant en Suisse ou en Belgique afin de payer moins d’impôts.
Pitié pour les patrons voyous, mais « budget de combat » contre la population
Bien entendu, la présidente du Medef, Laurence Parisot, s’est félicitée de la déballonnade du gouvernement. Il faut dire que tous les voeux du patronat sont exaucés. Voilà que, la même semaine, le gouvernement Hollande mène la charge contre les salariés : il veut « abaisser le coût du travail » (vieille revendication patronale) par une diminution des charges patronales de 40 milliards, qui serait compensée par une hausse de la CSG.
Pendant que l’on distribue les cadeaux aux patrons, les impôts vont augmenter, et pas seulement pour les plus favorisés comme on voudrait nous le faire croire : du simple fait du maintien du gel du barême d’imposition sur le revenu (non réévalué en fonction de l’inflation), 10 millions de foyers fiscaux verront leur impôts augmenter l’an prochain.
Par ailleurs, restrictions budgétaires, coupes claires dans les services publics et les prestations sociales. C’est ce que Hollande a appelé un « budget de combat » ... mais contre le monde du travail.
Il a suffi d’un buzz sur le net pour que le gouvernement plie devant les patrons. Mais les salariés de Sanofi, Arcelor, Doux, PSA... et tous les autres doivent se contenter de belles paroles, avant de recevoir des lacrymogènes. Terminées, les rodomontades d’un Montebourg. Selon Le Parisien, il aurait évoqué à propos de la fermeture de l’usine d’Aulnay « un mal nécessaire pour permettre au groupe de se remettre sur de bons rails », pour le plus grand bien de la famille Peugeot !
Dans le même temps, gouvernement et patrons ont lancé des discussions avec les confédérations syndicales pour leur faire avaler des « Accords-compétitivité-emploi », par lesquels les salariés devraient accepter le blocage de leurs salaires, la réduction des jours de congés et des horaires de travail plus flexibles. Des accords d’entreprise type Sevelnord dont tant de travailleurs ces dernières années se sont mordu les doigts avant de se révolter.
Face à l’entente Patrons-gouvernement, aux travailleurs de se coordonner
Chaque jour nous apprend que telle ou telle entreprise va licencier ou est menacée de fermeture. Dans le secteur public également des emplois sont supprimés. Les luttes ne doivent pas rester isolées, chacun se battant dans son entreprise, le dos au mur.
Face à l’entente patronat-gouvernement, l’heure est à la coordination de nos luttes. Car c’est cela la grande trouille du patronat et du gouvernement : que les réactions ne restent pas isolées, mais se transforment en une contre-offensive d’ensemble.
Voilà pourquoi la journée de manifestations de ce 9 octobre ne doit pas rester une simple protestation contre l’austérité et les licenciements, mais être une étape pour engager tous ensemble de vraies batailles.