Convergences révolutionnaires

Site de la fraction L’Étincelle

Accueil > Éditos de bulletins > Pitié pour les patrons voyous ?

URL : https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Pitie-pour-les-patrons-voyous

Pitié pour les patrons voyous ?

lundi 10 septembre 2012

Sur TF1 dimanche soir, Hollande nous a donc expliqué qu’il voulait une société solidaire… des patrons ! Il veut « plus de souplesse et plus de protection » pour les salariés ET les entreprises. Traduction : la protection pour le patronat, la flexibilité pour les salariés ! Il souhaite un « compromis historique » avec le patronat, du « donnant-donnant » qui soit « gagnant-gagnant ». Autrement dit, il demande aux syndicats de négocier les plans de licenciements, la précarisation du travail et les bas salaires. Aux salariés de donner double, aux patrons de gagner doublement ! Et de sa part, le compromis commence par « accompagner  », donc accepter… « les plans de licenciements déjà en cours  », à commencer par celui de PSA.

Quant à sa minuscule annonce électorale, la taxe de 75% sur la part des revenus supérieure au million d’euros, promesse « symbolique » comme il l’a rappelé lui-même, elle n’aura pas résisté longtemps à la pression estivale du patronat.

Ceux qui pleurent la bouche pleine

Mesure symbolique, mais c’en était trop pour les grands patrons. Ils ont défilé les uns après les autres fin août à l’Élysée pour verser leurs larmes de crocodiles. Jean marc Ayrault, lui, est allé prêter son épaule à l’université d’été du Medef, pour les écouter pleurer sur leur sort. La 4e fortune mondiale, Bernard Arnault, patron de LVMH, a même entrepris les démarches pour se faire naturaliser belge et échapper, par principe, à cette fiscalité marginale. Qu’il parte-donc, bon débarras, et qu’on lui confisque sa fortune, laquelle équivaut à la moitié du budget de l’Education nationale !

Mais, dit Hollande, pas question de mesures « confiscatoires »… mêmes symboliques ! Et la stratégie d’intimidation a eu facilement raison du gouvernement socialiste, pris de pitié pour ses pauvres patrons. Résultat : la taxe de 75 % intègrera d’autres impôts déjà prélevés sur le salaire comme la CSG, ce qui en diminuera le montant à 67%. Elle ne concernera que les revenus du travail mais plus ceux du capital et, a confirmé Hollande, elle sera provisoire. Sans compter qu’elle ne s’appliquerait finalement qu’à partir de deux millions d’euros pour les couples. Ouf !

Montebourg et Hollande au chevet de PSA

Il n’y a pas qu’en matière de fiscalité que le gouvernement socialiste est pris de pitié pour le patronat. En matière d’emploi également. Le rapport d’expert commandé par le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, est en passe de « confirmer la grande fragilité du groupe » et de faire « valider » le plan de fermeture de l’usine Peugeot-Citroën d’Aulnay-sous-Bois. Est-il si fragile, le groupe PSA qui dispose de 10 milliards de fonds propres ? Fragile, la famille Peugeot, dont la fortune augmente de deux millions d’euros par jour depuis deux ans ? Il n’y a guère que Montebourg et Hollande pour faire semblant d’y croire.

Notre stratégie face à leur rouleau compresseur

Il n’y pas que PSA que le gouvernement laisse licencier impunément ! Les plans de licenciements tombent les uns après les autres, Air France, Sanofi, Doux, Alcatel Lucent, et bien d’autres.

Pour empêcher ces licenciements, nous ne pourrons pas compter sur le baratin de Hollande ou Montebourg. Il faudra bien en passer par la lutte collective, la lutte d’ensemble.

Le 29 septembre, un rassemblement est prévu à la cité des 3000 à Aulnay où habitent plusieurs centaines de camarades de PSA. Le 9 octobre, les syndicats CGT de PSA et de Renault appellent à manifester nationalement. Ces manifestations, pour dire « Non aux licenciements », « Non aux accords de compétitivité  », peuvent être le point de départ d’une lutte qui regrouperait tous les salariés, nombreux, menacés par les licenciements, les restructurations ou les suppressions de postes. Il n’y a guère que cela que les patrons redoutent. Eux ont leur stratégie pour intimider le gouvernement, à nous de mettre en œuvre la notre pour faire reculer tous ces patrons voyous.