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L’arnaque du « dialogue social »

lundi 2 juillet 2012

Arnaud Montebourg part donc en guerre contre le PDG de PSA, Philippe Varin, avec... une gentille lettre. Et quelle lettre ! Le ministre du Redressement productif lui demande timidement de « faire connaître ses intentions au plus vite » ! Serait-il le seul à n’avoir toujours pas compris que le groupe Peugeot-Citroën veut fermer son site d’Aulnay-sous-Bois ? Ensuite, il conseille respectueusement à Varin « le dialogue social » pour « en faire une arme collective ». Mais au service de qui ? Il termine sa lettre par une promesse de « plan d’action pour l’avenir de la filière automobile française ». Traduire : pour l’avenir des actionnaires, pas des salariés ! Car on connaît ce genre de « plan d’action » : dans la continuité du précédent gouvernement, il s’agit d’aider les entreprises à coups d’argent public, pour qu’elles suppriment encore des milliers d’emplois.

Le dialogue social, façon Montebourg, c’est s’en remettre totalement aux « intentions », en fait aux décisions patronales. Le gouvernement est là pour arrondir les angles et tenter de désamorcer la colère des travailleurs dont les emplois sont menacés, par des séries de négociations, comme ce prochain « sommet social », dont le résultat sera toujours en faveur du patronat. D’autant qu’on nous annonce déjà la rigueur « de gauche », pas plus tendre pour le monde du travail que la rigueur de droite.

Comme à Air France, General Motors et ailleurs…

Le plan annoncé récemment par Air France est un exemple on ne peut plus clair de ce « dialogue social ». La direction annonce 5 122 suppressions de postes et entend récupérer dix à douze jours de travail par salarié, imposer le gel des salaires, des embauches, des avancements, la flexibilité accrue avec le rallongement des horaires... sans pour autant s’engager à éviter les licenciements secs.

Le chantage à l’emploi devient une mode dans le monde patronal : de plus en plus de patrons promettent de ne pas fermer en échange de sacrifices de la part des salariés, promesses dont le caractère mensonger ne tarde pas à se révéler. Ainsi, General Motors qui avait imposé aux salariés de Strasbourg le gel des salaires et la suppression de RTT en échange de la promesse de maintenir la production, vient d’annoncer sa décision de fermer le site.

Aux travailleurs de s’imposer

Les travailleurs de PSA n’ont heureusement pas attendu les conseils de Montebourg pour prendre leurs affaires en main : jeudi dernier, ils étaient plus d’un millier rassemblés devant le siège de PSA, avenue de la Grande Armée à Paris, pour crier leur colère et leur refus de toute fermeture d’entreprise. Les plus nombreux, plusieurs centaines, étaient venus d’Aulnay, mais des délégations de tous les sites PSA étaient aussi présentes, ainsi que des travailleurs de Renault, d’Air France et même d’Opel Bochum en Allemagne et de PSA Madrid, aujourd’hui menacées de fermeture tout comme Aulnay. Se regrouper, prendre contact avec tous ceux, si nombreux aujourd’hui dans tous les secteurs, qui sont menacés de perdre leur emploi, c’est ce que nous devrons faire dans la période qui s’ouvre. C’est la seule voie, notre arme collective à nous.

Les suppressions d’emplois prennent bien des visages. Il y a les « ruptures conventionnelles », actuellement 15 à 20 000 par mois, soit environ 200 000 par an. Un gigantesque plan de licenciement invisible. De la même façon, les plans de départs prétendument « volontaires », épargnent aux entreprises les procédures légales d’un plan de licenciement et les recours devant les tribunaux de prud’hommes. Et, dans la fonction publique, ce sont deux fonctionnaires sur trois partant à la retraite qui pourraient ne pas être remplacés.

Quelle que soit la forme prise par les licenciements, le problème est le même pour tous. Mais nous ne devrons pas être réduits à réagir séparément, le dos au mur. Il nous faudra coordonner nos luttes pour être les plus forts face à des patrons et un gouvernement toujours présent pour les épauler dans leurs sales coups.