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Et maintenant ?

lundi 18 juin 2012

Financiers de tous pays et dirigeants européens poussent un ouf de soulagement au vu du résultat des élections législatives. Pas les nôtres, où le suspense se limitait à l’ampleur de la victoire de la gauche, mais celles de Grèce. La droite conservatrice l’emporte de peu.

Les attaques redoublées contre la coalition de gauche Syriza – non seulement de la part d’Angela Merkel, championne de l’austérité, mais aussi de celui qui y met plus de pommade, François Hollande – montraient ces derniers jours à quel point ils craignent la réaction de la population. Non pas tant que Syriza au pouvoir (qui se contentait d’annoncer qu’elle renégocierait les plans « d’aide », c’est-à-dire d’étranglement de la Grèce) aurait menacé réellement le capital financier de l’Union Européenne. Mais parce que sa victoire aurait conforté l’exaspération du peuple grec, sur fond de manifestations, grèves et protestations de toutes sortes.

Fin des « cadeaux » électoraux

Ici, l’élection n’était pas encore gagnée que François Hollande annonçait la couleur de la suite : « pas de dépenses publiques supplémentaires », mais le « sérieux budgétaire ». Le mini-coup de pouce au Smic ou la retraite à 60 ans uniquement pour quelques uns, risquent bien d’être les seules miettes concédées aux travailleurs avant longtemps.

Hollande, qui se veut le champion du « dialogue social  », a réaffirmé la semaine dernière sa volonté de discuter chaque mesure avec les syndicats… et surtout le patronat, lors de la « grande conférence sociale » qui doit se tenir les 9 et 10 juillet prochains. Faire pratiquer la collaboration de classe aux syndicats reste la meilleure manière de faire passer les potions amères qui mijotent d’ores et déjà dans les ministères.

Les attaques attendront donc en principe la rentrée, voire l’hiver. Encore que ! Le ministre du budget Moscovici annonce une baisse des recettes. Et la Cour des Comptes ne fait pas mystère des recommandations de rigueur qu’elle adressera à la fin du mois.

Pas de barrière aux licenciements

Entretemps, le ministre du Redressement Productif, Arnaud Montebourg, continue sa tournée des entreprises qui licencient. Pas pour proposer aux travailleurs menacés de se défendre tous ensemble. Bien au contraire, il s’agit de voir au cas par cas, boîte par boîte, comment « unir nos forces »… avec les patrons et les banquiers, autour de « projets industriels  ». Des projets qui n’offrent aucune garantie pour l’emploi et les salaires, tout juste la promesse d’aider les capitalistes à continuer de faire des profits, au nom de la défense du « made in France ».

Comment se défendre ?

Le Parti Socialiste dispose à l’Assemblée Nationale d’une majorité absolue. Il a donc les mains libres, mais pour quelle politique ? Face à lui, l’UMP et le Front National rivaliseront de démagogie réactionnaire. Il n’y a rien de bon à attendre de ce côté-là pour nous, travailleurs.

La véritable opposition à l’austérité de gauche qui se profile, ne viendra pas du théâtre parlementaire, dont le grand patronat et les banquiers se fichent pas mal. Leurs seules craintes viennent d’ailleurs. De nos réactions, dans les entreprises, dans la rue. Comme l’expliquait ce week-end un éditorial du journal Le Monde, référence de la gauche respectueuse et responsable, le gouvernement « devra éteindre les incendies provoqués par les plans sociaux ». Eteindre ? C’est à voir.

Eh oui, les capitalistes n’ont pas fini de flipper devant la colère de la population, en France, comme en Grèce. Comme en Espagne où en ce moment même les résistances aux expulsions de logement se multiplient, où les grèves éclatent ici et là, dans la santé, l’éducation ou chez les mineurs. C’est cet embrasement social que redoutent par-dessus tous nos ennemis. C’est là notre espoir. Car c’est cela qui pourrait enfin changer la donne.