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Renforcer le parti des luttes !

lundi 4 juin 2012

Les ouvriers d’Arcelor-Mittal à Florange viennent d’apprendre la fermeture du site pour six mois supplémentaires. Six mois de chômage, avec une paye amputée, au bout desquels ils ne savent toujours pas si les hauts-fourneaux vont redémarrer et si leur emploi sera conservé. Vendredi des dizaines se sont rassemblés devant leur direction, à Saint-Denis. Ce lundi, ils rencontrent Hollande et son ministre du « redressement productif ». Mais ils comptent sur leur détermination pour que Hollande « ne fasse pas l’impasse sur sa promesse »… de campagne électorale.

À nous de jouer notre propre carte

Car à peine l’élection présidentielle passée, les plans de licenciements et fermetures d’entreprises explosent. Dans l’automobile (avec notamment PSA), la téléphonie (SFR), la grande distribution (Auchan, Carrefour, Conforama), les transports (Air-France, SNCM), la chimie (Pétroplus), sans parler de La Poste et d’une multitude de plus petites entreprises.

Jusque dans l’agro-alimentaire, avec Doux, le grossiste de la volaille. En plus des travailleurs menacés de licenciements, ce sont les paysans, les volaillers bretons, qui ne sont plus payés depuis des semaines. Alors que ministres et hauts fonctionnaires sont au chevet du PDG du groupe, pour le renflouer, ce Monsieur Doux est allé, derrière le dos des « négociateurs », déposer le bilan. Cela témoigne à la fois du peu de poids du nouveau gouvernement face à tous ces patrons voyous, mais surtout de son absence totale de volonté de s’appuyer, pour les contraindre, sur les forces et les espoirs des travailleurs.

Le ministre de l’esbroufe du « redressement », Montebourg, n’a pas proposé une seule mesure concrète et radicale pour enrayer les licenciements. Aucune interdiction ! Aucune rétorsion ! Il déclare au contraire qu’en ce domaine il faut s’attendre à « des échecs » ! C’est sûr, quand on se contente de promettre aux patrons de nouvelles subventions, tout en leur laissant les mains libres.

« Tables rondes » pour tenter de nous endormir.

Montebourg promet des « tables rondes », comme à Fralib, où il explique qu’il va falloir, « qu’Unilever mette de l’eau dans son vin ». Question de dire qu’aux travailleurs aussi et surtout, il compte demander de nouveaux sacrifices.

L’aider à noyer le vin, ou le poisson, c’est ce que le gouvernement attend des syndicats avec sa « grande conférence économique et sociale » prévue avant le 14 juillet. Il a déjà des volontaires pour ce petit jeu, à commencer par François Chérèque, qui au nom de la CFDT affirme l’« infaisabilité du Smic à 1700 euros » ! Dans les hautes sphères syndicales, on se montre bien plus intéressé par une telle grand messe que par la préparation de la nécessaire riposte du monde du travail.

Pourtant, avec la crise engendrée par l’avidité des patrons et des banquiers, des travailleurs entrent en lutte. En Grèce, comme en Espagne où les mineurs étaient en grève la semaine dernière, comme dans le reste du monde. Jusqu’à cette révolte des étudiants du Québec contre l’augmentation des frais d’études, auxquels parents et grands parents se sont joints. Partout, la colère est bel et bien là, et éclate, contre l’austérité imposée aux travailleurs et aux plus pauvres.

Nous serons une majorité... de travailleurs en lutte !

Reste ici en France, l’épisode des législatives. La gauche voudrait nous faire croire qu’il serait décisif que Hollande ait une majorité à la chambre des députés. Une majorité pour décider séance tenante l’interdiction des licenciements, l’augmentation des salaires et le Smic à 1 700 euros, entre autres ? Ou pour continuer à nous lanterner en nous faisant croire que notre avenir dépendrait d’on ne sait quelle « croissance » qui au mieux sera celle des profits ?

Il n’y a rien à attendre de ces élections. Tout ce que nous pouvons faire, c’est montrer notre colère et notre méfiance en votant pour les candidats d’extrême gauche là où ils se présentent, se réclamant de notre camarade Philippe Poutou, candidat du NPA aux présidentielles, ou de Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière. Et en votant ainsi pour un programme de défense des intérêts du monde du travail, que nous imposerons tous ensemble par nos luttes.