Sarkozy et Hollande en campagne : Arnaques, frime et beaux cyniques !
lundi 5 mars 2012
Sarkozy et Hollande se sont lancés cette quinzaine à la reconquête de l’électorat ouvrier. Pas facile !
Sarkozy : bluff, bluff et re-bluff…
Bluff à SeaFrance où Sarkozy promettait aux salariés reconversion à la SNCF à des postes inacceptables. Bluff à Lejaby, repris par l’ami Arnault, qui laisse sur le carreau 350 des 500 salariés. Bluff à Pétroplus où Sarkozy annonce avoir fait signer à Shell un contrat pour le redémarrage du site, alors que les syndicats révèlent que Shell n’a toujours pas versé sa part et que 20 millions manquent toujours. Bluff à ArcelorMittal Florange, où comme à Pétroplus, Sarkozy a promis une somme de 150 millions d’euros sur les fonds publics pour… octobre Après les élections ! D’autant que le PDG du groupe, Lakshmi Mittal, explique que le redémarrage au second semestre de 2012 n’aurait lieu qu’en cas de reprise économique. Bref, un « foutage de gueule » en règle, comme n’hésite pas à le dire un syndicaliste du site.
Chez Hollande, pas moins de « foutage de gueule »
Pour rivaliser, le candidat socialiste a sorti son projet de loi pour « obliger » les groupes à céder les sites rentables qu’ils entendent fermer… si repreneur il y a. Tu parles d’une contrainte ! Et s’il n’y a pas de repreneur ? Ou si ce dernier ne reprend qu’une partie du personnel laissant au repreneur suivant le soin de tailler encore les effectifs et de se servir sur la bête, comme c’est le cas la plupart du temps ?
Là-dessus, voulant amuser le peuple, le même François Hollande propose de créer une nouvelle tranche d’imposition au taux de 75 % sur les « revenus » de plus d’un million d’euros par an. D’abord, pas de panique : seuls le premier euro au-dessus du million et les suivants seront taxés à 75 %, tous ceux en-dessous ne le seraient qu’à 45 % comme le préconise déjà le candidat socialiste (moins que les 48 % sous Raffarin, et les 60 % du temps de Giscard !). C’est cela la division en « tranches ». Ensuite, il ne faut pas confondre « patrimoine », c’est-à-dire la richesse accumulée au fil du temps et son supplément réalisé chaque année, appelé « revenu », et qui, seul, leur serait taxé. Pour ne donner qu’un exemple : en France, en 2010, les 10 % des ménages les plus riches détenaient 24 % des « revenus », mais 48 % du patrimoine total ; les 50 % les moins riches devant se contenter de 7 % du patrimoine total. Pas de quoi fouetter un riche donc, ni atténuer les inégalités.
Un cinéma sur fond de réelles luttes sociales
Les entreprises du CAC 40 dont les profits ont encore augmenté par rapport à l’année précédente, peuvent donc se rassurer. Philippe Varin, PDG de PSA, lui-même rémunéré 8 900 € par jour, peut continuer à menacer des sites de production, à commencer par ceux de SevelNord, Madrid ou Aulnay en invoquant 20 % de surcapacités en Europe à l’occasion de son alliance stratégique avec General Motors. Rien qui empêchera la direction de Renault, avec un Carlos Ghosn qui touche 9,7 millions d’euros annuels, de continuer à casser les salaires.
En fait, si Sarkozy et Hollande se bousculent à la sortie des entreprises pour faire leur cinoche et prétendre « se battre pour l’emploi », c’est avant tout parce que les ouvriers, eux, continuent à se battre. A Lejaby, à Petroplus, à ArcelorMittal ou à PSA Aulnay et maintenant à Renault Cléon, Le Mans ou Guyancourt où les débrayages se sont propagés cette semaine sur les salaires suite aux annonces d’augmentations dérisoires. Ce sont ces luttes et non un bulletin de vote qui, lorsqu’elles convergeront et se coordonneront, forceront patrons et gouvernements à imposer l’interdiction des licenciements, le partage du travail entre tous, l’augmentation des salaires de 300 € minimum.
Seuls les candidats de l’extrême gauche défendent ce programme de lutte. C’est le programme de Philippe POUTOU, candidat du Nouveau parti anticapitaliste et lui-même ouvrier de l’automobile qui, en se présentant, porte la voix de tous ceux qui se battent dans les entreprises et ailleurs contre la voracité des patrons.