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Oui, il faut passer à la vitesse supérieure !

mardi 5 octobre 2010

Ce sont à nouveau 2 ou 3 millions de travailleurs qui sont descendus dans la rue samedi dernier, dans plus de 200 villes. Et pas tous les mêmes que les 7 et 23 septembre. De nombreux salariés du privé ont défilé, beaucoup en famille. Même les jeunes commencent à s’y mettre.

C’est par une loi que le gouvernement Sarkozy veut nous empêcher d’accéder à la retraite dès 60 ans. Mais le Parti socialiste, s’il s’oppose à ce volet du texte, accepte l’augmentation du nombre d’annuités pour une pension complète : il annonce déjà que, s’il prend le relais au pouvoir, il continuera tout comme la droite à allonger la durée de cotisation. Dans un cas comme dans l’autre, cela exclura des millions de retraités de demain du droit à une pension correcte. Bref, pour les travailleurs, pas question de s’en remettre à de vagues promesses électorales et d’attendre 2012 pour leur faire remballer la réforme. C’est maintenant qu’on peut gagner.

À qui vont les milliards ?

L’État, pour mieux subventionner les riches, se sert à pleines brassées dans les caisses des services collectifs : le système de soins est saccagé, les budgets de la Sécu et des hôpitaux amputés.

D’un côté les retraites et salaires de misère, le chômage et la précarité, de l’autre des centaines de milliards d’un coup de baguette pour sauver les fortunes flambées dans la dernière crise financière. C’est la solidarité nationale à leur sauce : Cosette doit travailler plus pour rembourser les dettes de jeux des Thénardier. Ce serait une question de compétitivité nationale ! Victor Hugo n’aurait rien compris !

Nous pouvons gagner

Les hommes au pouvoir et les patrons craignent profondément qu’une vraie colère n’éclate tant nos motifs d’indignation sont profonds. Ils sont d’ailleurs d’autant plus agressifs qu’ils sont sur le qui-vive.

Sarkozy et Fillon prétendent ne pas vouloir « plier » face à notre mobilisation… Mais la force de millions de salariés en colère pourrait bien les briser. Les atouts du gouvernement, pour l’heure, ce sont nos propres hésitations mais aussi le manque de détermination des dirigeants des principales confédérations syndicales. Jusqu’ici, ils se sont bien gardés d’en appeler clairement à la préparation de la grève générale mais ils pourraient bien être contraints de courir après la base, qui commence sérieusement à se manifester.

Les initiatives de la base

Le gouvernement, lui, espère l’épuisement et le délitement des défilés. Mais il pourrait avoir des surprises. Localement, des travailleurs, des équipes militantes, des fédérations syndicales ont décidé de ne pas attendre les consignes confédérales et en appellent déjà à des grèves reconductibles, tels la CGT, FO et Sud à la RATP après le 12 octobre. Des grèves locales ont éclaté spontanément sur les restructurations, les baisses d’effectifs, les salaires ou les conditions de travail. Et pas seulement à Marseille.

Il suffirait d’une pichenette pour que notre colère enflamme et coordonne toutes les contestations et luttes locales.

La colère est grande dans les rangs ouvriers. Chaque secteur se sent poussé vers la lutte avec le désir de participer à une bagarre que chacun pressent puissante et salutaire si elle prenait toute son ampleur dans une grève générale à la « Mai 68 »… mais en espérant un peu se glisser à la suite d’un plus gros contingents, de cheminots ou d’autres.

Au fond, peu importe qui embraye. Tous les secteurs sont susceptibles d’être la locomotive ! L’industrie, comme le commerce, la restauration, les services, les étudiants, les précaires, la SNCF, l’EDF, les salariés du nettoyage ou du bâtiment, les supermarchés, les fast-food, les profs, les centres d’appels, les hospitaliers, les ports ou les terminaux pétroliers… Tous les secteurs salariés qui entrent en lutte sont à égalité : chacun exprime le ras-le-bol d’une même classe ouvrière. Et l’on s’y retrouve tous.

Battons le fer chaud de la contestation générale contre la réforme des retraites : ne laissons pas passer ce hold-up social.

Soyons nombreux en grève et dans la rue le mardi 12… et le lendemain. Non seulement pour montrer notre force mais pour préparer la suite. Il est temps de faire remballer aux gouvernants leur politique.