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Sommet anti-social

lundi 15 février 2010

Sarkozy a donc convoqué les syndicats à son « sommet social » pour lancer la dernière mouture de la réforme scélérate des retraites, qu’il promet pour septembre. En fait, cette nouvelle attaque engagée contre nos retraites n’est que l’un des volets de l’attaque générale contre nos emplois, nos salaires, nos conditions de vie. Si l’on interdisait les licenciements, les suppressions de postes et embauchait massivement dans les services publics, c’en serait fini du chômage et les salaires provisionneraient largement les caisses de retraites.

Nos retraites, sur toute une vie, ce n’est jamais que du salaire différé. Mais pour les patrons, la baisse du montant des retraites, comme les licenciements et le gel des salaires, fait partie de la baisse du coût du travail, et c’est autant pour leurs profits.

La retraite Proglio et la nôtre

Henri Proglio, le nouveau PDG d’EDF, vient de faire valoir ses droits à la retraite… de chez Véolia. A 60 ans et six mois, il n’a pas ses 40 annuités, le pauvre, à peine 38. Mais sa retraite Véolia sera néanmoins d’un million d’euros par an. Manifestement, il n’y a pas de problème de financement des retraites pour un monsieur Proglio et tous ses confrères. En revanche, pour les salariés ordinaires, les caisses seraient vides, on irait dans le mur... en 2050 ! Donc sus au futurs vieux ! Ils pourront toujours aller faire la queue aux restos du cœur, ou mourir rapidement.

En réalité, de l’argent où puiser la retraite des vieux (qui ne sont pas PDG !), il y en a. Et comment. Il suffirait de prélever d’autorité une modeste quote-part dans les milliards de dividendes des actionnaires du CAC40 et autres grands groupes qui licencient.

Les gains de productivité ont largement de quoi combler la dépense supplémentaire due à l’allongement de l’espérance de vie, vu qu’aujourd’hui on produit bien plus de richesses en 30 ans de travail qu’en 40 ans il y a une vingtaine d’années. Alors… dans quarante ans !

Le plus lamentable, dans cette histoire, c’est la façon dont les leaders syndicaux nationaux se sont précipités à la convocation de Sarkozy en se contentant de quémander de « ne pas précipiter les discussions » sur la réforme, au lieu d’organiser réellement la riposte d’ensemble des salariés.
Donc cette riposte, sur les retraites comme sur l’emploi et les salaires, aux travailleurs de s’y préparer et de l’engager, sans rien attendre d’en haut. Car la lutte de classe, il ne faudrait pas qu’elle ne se mène que d’un côté, celui du patronat.


Un projet de loi Besson crapuleux

Eric Besson, le ministre de l’immigration, prépare un nouveau projet de loi destiné à renforcer encore la traque contre les immigrés clandestins. En six ans, le code d’entrée et de séjour des étrangers a été modifié cinq fois visant à fragiliser encore plus la partie la plus précaire de la classe ouvrière.

Le nouveau projet Besson donne le droit de détenir des personnes entrées illégalement en France sur n’importe quel point du territoire. Il leur refuse toute possibilité de recours ou de démarche puisqu’ils pourront être expulsés en 48 heures là ou ils disposent aujourd’hui de 30 jours pour constituer des dossiers, faire des appels et engager des procédures de régularisation. Il aggrave les moyens de l’arbitraire policier et renforce le dispositif global d’une véritable chasse à l’homme sur tout le territoire.

Soutenons les 6000 grévistes sans papiers !

Il y a une solution simple, la seule efficace et juste, pour lutter contre la surexploitation des travailleurs sans papiers. C’est leur régularisation générale. C’est ce que réclament les 6000 travailleurs sans papiers en grève depuis quatre mois dans plusieurs dizaines d’entreprises. Ils travaillent en France depuis parfois plus d’une dizaine d’années, cotisent et payent des impôts le plus souvent. Pour en finir avec la surexploitation, la traque et l’exclusion des droits les plus élémentaires, ils ont choisi l’arme des travailleurs, la grève. Saluons le courage et la détermination de ces camarades, dont la lutte nous concerne tous, car elle fait partie de la lutte générale à mener contre l’arbitraire patronal et la dégradation des conditions de vie de l’ensemble du monde du travail !