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L’actionnariat des salariés de la Redoute, un modèle ?

jeudi 16 février 2023

Les médias parlent beaucoup du rachat de la Redoute par les Galeries Lafayette et surtout du fait que les salariés qui ont accepté d’acheter des actions de la Redoute vont se partager 100 millions d’euros. Ce qui fait, en moyenne, 66 000 euros pour chacun des 1500 salariés. Une prime intéressante, mais tout de même pas de quoi en faire des concurrents de Bolloré ou Bernard Arnault. À cette occasion, on nous vante l’actionnariat des travailleurs, en prétendant que cela aboutirait à faire de chacun de nous un capitaliste qui auraient droit au chapitre dans la gestion des entreprises et que ça réglerait beaucoup de problèmes.

Le cas de la Redoute est plutôt l’exception qui confirme une règle selon laquelle ceux qui achètent des actions perdent leur argent. L’actionnariat ouvrier qui conduirait à une société harmonieuse et équitable est une vieille lubie que défendait déjà… de Gaulle et avant lui d’autres défenseurs du capitalisme. L’objectif est d’inciter à la collaboration des salariés avec leurs patrons, car nous deviendrions tous actionnaires. Ce système ne peut rien régler du tout car il ne met pas fin aux lois du capitalisme, dont l’une des principales est la production en fonction du profit et non des besoins humains. C’est la propriété privée des entreprises qu’il faudra abolir pour établir une société où les crises et les licenciements ne seront plus que de mauvais souvenirs. Quant aux salariés du groupe, les vrais actionnaires décisionnaires les jetteront sans hésiter sur le pavé s’ils estiment pouvoir s’en passer…

C’est d’ailleurs dans les 26 magasins des Galeries Lafayette que des débrayages ont eu lieu il y a deux jours contre des menaces de licencier des centaines d’employés, mini-actionnaires ou pas.

Mots-clés Économie