Grèce : coup d’arrêt (provisoire ?) à la criminalisation de l’aide aux migrants
samedi 14 janvier 2023
La justice grecque a annulé la procédure pour « espionnage » à l’encontre de vingt-quatre travailleurs humanitaires sur l’île de Lesbos, dans le nord-est de la mer Égée. Une décision prise par le tribunal de Mytilène, en raison de vices de procédure, qui met un terme à un procès controversé, critiqué des ONG qui ont dénoncé la criminalisation des bénévoles portant secours aux migrants. Une procédure distincte visant ces mêmes travailleurs humanitaires pour « trafic de migrants, blanchiment d’argent et fraude » est toutefois toujours en cours d’instruction. « Ce genre de procès est vraiment inquiétant, parce qu’il criminalise les actions qui sauvent la vie des gens et crée un dangereux précédent », a dénoncé Elizabeth Throssell, une porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Cette action en justice a été présentée au Parlement européen comme « la plus grande affaire de criminalisation de la solidarité en Europe ». Quant à Amnesty International, elle l’a qualifiée de « farce ». Ce qui ne semble pas empêcher les autorités grecques de poursuivre leur chasse aux migrants et à ceux qui les aident.